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L^. ±. me.
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NOUVEAU TRAITÉ
D E
DIPLOMATIQUE
TOME SECOND.
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NOUVEAU TRAITÉ
DIPLOMATIQUE,
OU VON EXAMINE
LES FONDEMENS DE CET ART.
ON ETABLIT DES REGLES
SUR LE DISCERNEMENT DES TITRES,
ET VON EXPOSE aiSTORiqi/EMENT LES CARACTÈRES
DES BULLES PONTIFICALES ET DES DIPLOMES
Donnés en chaque Siècle :
AVEC
DES écLAIRCJSSEMENS SUR UN NOMBRE CONSIDERjIBLE
de peints d’HiJleire , de Chronelegïe , de Littérature , de Critique & de DifeipUne }
cria Réfutât ien de diverfes aceufatiens intentées contre beaucoup d archives
célébrés , & fur tout contre celles des anciennes Eglifes,
Par Dipx RtLiciEux Bénédictins de la Congrégation de S. Maur.
TOMESECOND.
A PARIS,
Chez OsiLiADUi Desfrez, Imprimeur du Roi & du Clergé de France ,
rue S. Jacques, à S. Profper & aux trois Vertus.
M. D C C. L V.
AVEC AP,PR0BAT10N, ET PRIVILEOE D U RO I,
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P « £ F A C F..
J. .
',1 : J- i,i:'
^ s recherches fans nombre , que nous
avons été obligés de Faire, pour àprofbn-
dir'un lujec jtifqu’iciittairé aflèz légére-
'ment furtout en Fraiice & les travaux
incroyables que noiis'àvons eflTuyés, pour
mettre ce fécond tome en état de foutenir les regards
du public éclairé , nous tiendront lieu d’apologie
fur le long 'efpace de tems', quïs’eft écoulé dépuis la;
puWicatioh " du premier. Ce retardement eft venu
iurtout de la gravure ,• & de l’arangement^fy Héma-
tique desdix-lept grandes planches', qui entrent dans
ce volume. . ^ • ■
• * f ^ T ^
' Toutes les 'écritures latines làpldairès'& métalli-
ques,'employées depuis trois niille ans ^ font repré-
lenrées , &>diftinguees parleurs genres & leursefpèces.'
Ces planches ofrent un nombre prodigieux d’infcrip-
tions de tous les fiècles & de tous les *païs , ou la
langue latine' a eu courS. ^ L’irttîme liai/bh 'de ces
monunaens'l' avec 'les rnlf & les diplomeS*^ prouve la
néccinté de ne les pas né^ger , dà'ns'^iin tràité gé-'
néral de Diplôtnatiqué. ’ Lès plahcheS alphabétiques
contiennent plus^de trehré^nullè'càraélères , choilis
Tome II. a
J bv C
ij PREFACE.
fur trois à quatre cent mille. A peine un travail opi-
niâtre de deux années a-t-il fuh , pour former nos
: .i, alphabets généraux des lettres capitales , onciales^
f ! 3emi-onciales , minufcules , curfives & gothiques ,
tirées des marbres , des tables de bronze , des mé-
dailles, des fceaux , des m(T, des, diplômes ou chartes
i- -demeure 4’Etriope. Combien de combinaiibns n’a-t- -
il pas falu f^e pour fixer la defcendance, la figure,
la durée , la fortune & les iriétamorphofes de chacune
des vingt-trois lettres de ralphabct latin ? Cette étude
acablante a produit une hiltoire abécédaire , que les
iàvans defiroient depuis long teiçs. y trouvera
l’art de déterminer l’age & la patrie deS caradères
par la variété des figures &c des traits, qu’ils ont con-
tradés, depuis leur origine jufqu’au xvI^ üècle. D a
donc falu extraire, defüner& faire graver une multi-
tude de lettres extraordinaires. Toutes ces opérations
nous ont infiniment plus coûté , qu’au Libraire-
Imprimeur ; quoique de fon côté il ait été obligé de
faire de très-grands ftab , fur lefquels il ne comptoir
pas i lorfqu if prit des engagemens avec le public ,
par des foufcriptions. ^ . • - ,
Nous n’^fnçcerons pasici dansle ^tail queftions
importantes & des dificultés épineufes, 'éclaircies dan^
ce volume ; foit pour venger la fcieacc dSf écritures
antiques j foit pour montrer qu un antiquaire , égale-
ment judicieux & éclairé, ne manque poim 4e moyens,
pour fixer quelquefois le tems précis , & toujours le
fiècle des, n>ir. ôc .des diplômes. Les aimteurs del’ann
tiquité trouveront à.f^ins^e leur goût 4ans lesr clu-
pitres hiftbriques , ou Ton fait,conoitre l’état & Tu-
lige plus ou moii>s,fréqH€n)ç,4f faix deÇi^iseen chaque
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PREFACE,. iii
iiècle. Les Jurirconfulces faifîronc fans peine ^ dims le
chapitre de la vérification des écritures , les marques
de leur vérité ou de leur faulTeté. Ce feul article eft
le réfultat d’une multitude de faits , d’une leéfure
immenfe , & d’uné infinité de.réfléjdons combinées,
fur les écritures des mlT. & des chartes , dont nous
avons fait un> rigoureux examen. Quoique la tablé
des fommaires placée à la tête de ce fécond tome, foie
un précis des points de diplomati^è dt de littérature
également curieux & intérelTans , qUè nous y «tritons
avec le -plus de foin & d’exaélitude qu’il nouseû poA
fible ; il n’y faut point chercher quantité d’obier-
vations hilloriques & critiques , répandues dans le
corps , &c dans les notes de l’ouvrage. L’explicatioii
des inferiptions , renfermées dans kps dix dernières
planches , produit une variété furprename d’écritUres
& de faits hilloriques , concernant les meeurS les
ufâges des anciens } fans parler des fecours , qu’y
trouveront les dcchifoeurs , les médailliffes , & géné^
râlement tous ceux qui afpirent à la qualité tfanti-
quaires. C’eft principalement en fàveUr de ces derniers
que le plan de ce volume , purement éléméntaire, a
été dirigé.
Nous comptions y faire entrer les écritures latines
des mff. & des diplômes , les liaifons de lettres , les
notes de Tyron, l’orthographe des anciens , la ponc-
tuation , les accens & les chifres romains arabes ,
a ij
1
U) Emydof.
t. 4. ». roi 8.
r«/. 1.
(i) V. tutre i.
tout. p. ti. C
fiiiv.
(t) Eticythp.
t. iw.p. loro.
(</j Ibid.p. 1015.
(t) Ibid.p. 1014.
(/; Jbid.p.ioi^.
P R 'E ’F ' A C E.
A méfure que nous âvançons ; nous reconoiflôns de
plu^ en plus la nécelTicé d epuifer, s’il eft poflîble , tout'
ce qui eft nécclfairement lie avec la fcience des m(T.
6i des diplômes. Ce qui achevé de nous en convain-
cre ; ce font les écarts continuels de ceux , qui entre-
prennent’ d’écrire fur- ces matières , peut être moins
conues en France ;quepartout ailleurs. Qu’on prenne
la peine , pr exemple , d’examiner férieufement l’ar-
ticle , Diplomatique , inféré au iv*. tome de la nou-
velle Encyclopédie', & fourni par M. l’abbé Lenglet.'
Quels- pradoxes cet auteur n’y avance-t-il pas ! A
proprement prier , cet article n’eft qu’un aflèmblage
d’acufations deftituées de preuves , qu’un tiflu de dé-
clamations {i) frivoles', extraites de la Méthode pour
étudier f hijîoiré , & réfutées dans notre premier-
tome. L’auteur prétend néanmoins donner des règles
de Diplomatique , mais quelles règles !
, »' Les diplômes , dit-il , [d) font des aiftes émanés
» ordinairement de l’autorité des Rois f & quelque-'
M fois de perfoi-mes d’un grade inférieur ; « tels que*
les Comtes-, des Ducs ,' les Princes, des Evêques &c.
Ce font donc des aûes publics , folennels , & beau-
coup plus (^) authentiq^ues , que ceux qui ont été'
f* I j •> Le P. Jourdan <jç la conjpa-
»'prrie de Jefus , fe déefcmi , dit-\l.
^ (() Lengfct, contre Ict rirces & les
» diplômes en génial , dans fa Cri-
n tique de rori|ine de la ruai Ton de
»■ France. « Ci la prouve tout au plus ,
que CCS monuniens font (d ) txptfei
a U crittijMt <ut à Ij mauvaifi humeur
des frv.i7is. Au lieu de fc rendre cf-
ckvc des icntiroens du P. Jourdan,
de MM. Baudclot , Wanhon Scc. il
faloit en examiner la folidité. Quant
au premier , fi l’on en juge par fon
texte i il fcmble n'en vpuloir qu’aux I
chartes pai tiaiKèrcs , produites par le
liuc d’tpcmpn , & non aux Diplo-’
mes en génital. C’eil furquoi il étoit.-
fiarfaitenicnt d’acord a. ce D. Mabil-
on: D'ailleurs pour deux ou- trois Je--
fuites , qui n’auront pas clé favorables
anx anciennes archives-; nous foninies
en état de citer un nombre confidéra-
blc de favansde la nicmc Société ; qui
fc font fcit im devoir de les vengtt
. de cette (ej foupçoneufe . imiuii tanmt
t SifdUte en t hue , ^ui ( f) vtim ftu-
vent de U nusugnité des liemmes.
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PREFACE. V
partes devant les fîmples notaires depuis le xi i'. fiècle.
Point du tout ; fi l’on s’en raporte à notre diploma-
, tifte , les chartes (a) & les diplômes font des aSes
particuliers , dont la certitude doit être vérifiée fur
l’aé^e public. Quel eft donc cet a6le public , donc
l’autorité eft fupérieure aux lettres patentes des Rois ?
Car c’eft le nom qu’on peut (i) aonner aux anciens
diplômes. Ne font-ce donc là , que des aRes particu-
liers ? Comme s’ils n’étoient pas revêtus de formalités
& de marques d’authenticité plus frapantes, que celles
de la plupart des pièces , qu’on garde depuis les bas
tems , dans les archives publiques : M. Lenglet con-
fond vifiblemenc les diplômes avec les notices pri-
vées J qui réellement n’ont pas la même autorité que
les aÂes publics j quoiqu’elles fulTent (c) autrefois re-
çues en juftice.
Les diplômes , pourfüit notre {d) auteur , font de
peu d’ufage pour l’hiftoire générale. A ce compte ,
on a eu grand tort de les faire entrer dans la collec-
tion des Hiftoriens de France , dont le plan a été con-
certé avec les plus favans hommes de notre fiècle , &
à la tête defquels fe trouvait feu M. le Chancelier
Da^erteau , dont les lumières fupérieures , la fageflè
& 1 érudition ont briHé avec tant d’éclat. Quoique le
célèbre Père Daniel ait fait ufage des chartes dans foii
Hiftoire de France ; ne lui a-t-on pas reproché dans
des écrits publics d’avoir trop négligé ces fources ?
Arturément l’hiftoire de la Maifon d’Autriche fait
partie de l’hiftoire générale. Le favant P. Fdergott ne
i’a-t-il pascompolec fur (e) les chartes &: les diplômes î
Les commencemens de la troifième race de nos Rois
ae font prefque connus que par ces momimens. Au
{() Encycltjf.
t. 4. p. lOlJ.
CW. I.
il) Ilid.p.\oxi~
ctl. I.
{() F. mttei.-
tom. p. 299. (X
fkiv.
U) Encjclop.
ib. p.ioi^.ctEi.
(f) IbÙL u-
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U) Jeun, des
frvans 1704.
f. 61S.
{b) Etujchp.
ibii. f. 1025.
ni. 2.
(() Ibidtm,
(d)Ibid.f.ioig.
$d. 2.
vj PREFACE.
moyen des anciens titres , on fuplée fouvent au fi-
lence des hiftoriens : les anciens titres fervent (a) à
corriger ce qu’il y a de défedueux dans les auteurs , ^
furtout par raport aux généalogies , à redifier les da-
tes , & a fixer les époques des règnes des Rois. Tel
eft l’ufage qu’en ont fait depuis plus de deux fiècles
un nomore de favans du premier ordre. Et l’on vien-
dra nous dire que les diplômes fervent peu à l'hif
toire générale. \
» Il eft certain, ajoute (^) l’encyclopédifte , qu’on a
n de vrais ades ; furtout dès que l’intérêt n’y eft pas
fi mêlé. « Si l’intérêt dégrade les ades , jufqu’à les
rendre fufpeds j il n’en eft aucun fur lequel on puifle
compter. Eh î qui s’eft jamais avifé d’en demander ,
d’en drelTer & d’en confe^ver un feul , où il n’eut
quelque intérêt dired ou indired* ? Les ades vérita-
Hes , comme les faux, fupofent néceflàirement le mo-
tif d’aquérir , d’ufurper ou de conferver quelque avan-
tage. L’intérêt (c) a toujours été , je ne dis pas la
pierre de touche , mais le grand mobile des aSions
humaines. Quelle règle de diplomatique , que celle
3ui met l’intérêt en ligne de compte , quand il s’agit
e difeerner les ades douteux des véritables i
En voici deux autres , que les antiquaires ne pou^
ront entendre fans étonnement. La première porte ,
fi que des chartes qu’on {d) croiroit du x*. fiecle ou
aes précédens , & qui cependant feroient marquées
» par les années de l’ère chrétienne , qui n’a été en
n uûge dans ces fortes de monumens , que dans l’on-
« zième fiècle , « feroient par cela feul convaincues
de faux. Ce n’eft point ici une de ces méprifes , qui
peuvent èchaper am écrivains les plus exads. M,
Diqitized by Ckjogk
PREFACE. vij
Lenglec répète (a) jplus bas la même chofe d’un ton nid.p.ioii.
capable d’en impofer. Pour faire voir la faufleté de
fa règle , & de la fupofition , fur laquelle elle eft fon-
dée -, n’en apellons pas à D. Mabillon , quoiqu’il ait
très-bien prouvé, que (^) Charlemagne & Louis le
débonaire datoient des années de J. C, au moins les /.is/.Tja ***'
aébes les plus importans , qui concemoient le bien
de l’Etat. Ne nous prévalons ps d’un nombre d’ori-
ginaux du x'. fîècle , & même des précédens , cités
(c) ou publiés (4) dans la Diplomatique , & datés des (o md.f. 17,.
années de rincamation. D. Mabillon (c) a voulu ’‘(d)'ub.6.p.^7^.
foutenir & défendre les titres de fon Ordre,S>c dès-là, fi ^79-
l’on s’enîraporte à M. Lenglet, on ne peut plus (/) comp- 'tîd-
ter avec certitude fur les règles y c^vit ce grand homme a 'fflibid. c*i. i.
propofées. Opolôns uniouementà fon cenfeur l’auto-
rité de favans nullement recufables.David Cafley,garde
de la bibliothèque du Roi de la grande Brétagne ,
parmi les modèles d’écriture qu’il a publiés , nous
{g) ofre vingt-deux chancs des rois anglofaxons , tou- (•) ac4ui»i.
tes datées des années de l’Incarnation; à commencer
à l’an 680. jufqu’en ^éx. Les
ne du X*.
n. portent tous la meme date.
Il eft iacile de^ s’en convaincre en parcourant les (^) (/,)Chr«f.Gu.
modèles publiés par Godfroi Von-BeflTel. Ce favant wk. Ub. 1 1.
abbé croit n^me que l’ère chrétienne étoit quelque-
fois employée dans les diplômes de nos Rois de l^t
féconde race. Ex t^uibus apparet diplomata cpmplurk
(r) quamvisjion ità fréquenter , annis Incarnationis .
fub Carolo & Ludovicopio fuljfe notata. ^
. Si d’Allemagne nous pflbns en' Italie ; nous y croa-
•vons la ^e de leré chrétienne ; introduite dans les
empereurs d’Allemag
«ad I. iu£qu à Henri
diplômes originaux des
fiecle, ou depuis Con-
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(j) Antiq. ital.
t. }. dijfirt. J 4.
cal.^&feq.
{h) Encjdtp. ib.
f. lOi}.
U) Annal. Bt-
utd. t. 4.^. 184.
id) Ordtn. dtt
Biit de France,
t. i.p. 713.
(e) Annal. Be-
ntd,c. ).p. 6Sj.
viij PREFACE.
diplômes, deux (îècJes avanc l’onzième. M. Muratori ,
dont la critique en fait de cliartes eft fi févère , fe dé-
clare [a) hautement pour la certitude & l’authentici-
té de plufieurs , données aux i x & x'. avec l’époque
des années de J. C. La règle propofée dans l’Ency-
clopédie eft donc manifeftement faufle &c dangereufe.
La fécondé ne mérite pas d’être mieux acueillie.
» Il faut, dit-on , (^) examiner fi les fceaux font fains
>1 & entiers , fans aucune fraéhire , fans altération &
3j fans défauts. « L’altération du fceau , opérée par la
fraude , décèle la fupofition des chartes. La règle eft
certaine. Mais pretend-on que les aétes , dont les
fceaux font altérés , brifés , perdus par quelque acci-
dent ou par vétufté , foient autant de pièces fupofées
ou falfifiees ? L’abfurdité de la règle faute aux yeux.
En éfet , combien les dépôts publics ne renferment-
ils pas de milliers d’aéles îincères , dont les fceaux font
altérés , mutilés , défectueux , brifés , détachés ,
perdus î Si l’on fe rabat à dire , que l’altération ou
la perce des fceaux rend les chartes invalides ; ôn con-
tredit l’uf^e &c la jurifprudence des Tribunaux du
royaume. Dès l’an loti. nous voyons le roi (c) Ro-
bert confirmer & renouveller les diplômes de Clo-
vis & de Charlemagne , dont les fceaux étoient tota-
lementdécruits. On a (^/) desaCtes, où il eft dit, qu’ils
devront toujours valoir , quand même le fceau vien-
droip à k perdre. Malgré le mauvais état (e) de la
bulle d’or , qui s’étoit détachée par vétufté d’un di-
plôme de Chérie le chauve , acordé à l’Eglife de
Compiégne ; ce titre fut déclaré authentique l’an
Ï17X. par le Roi même. Ce fait fe trouve configné
dws les regîtres du Paclenjent de Paris. En 1571.
Charles V.
-PREFACE. ix
Ch rks V. confirma (a) des lettres , nonobftant la (“) Ordo». des
fradion du fceau. Le Roi Jean fit la même chofe {h) {b) 'hid.^t!%'
par raport à des privilèges , dont le fceau étoit fé-
paré. Enfin du Luc raporte un (c) arêt rendu en fa- u\Lib.<}.tit.s,
veur de Catherine de Médicis, comtelfe de Clermont ,
contre M. Duprat évêque de cette ville , lequel pré-
cendoit , que les fceaux perdus ou confumés ren-
doient nuis les titres , que cette Princelfe lui opofoit.
Ce n’ell pas ici le lieu de traiter ces matières avec plus
d’étendue. Le peu , que nous en avons dit , doit fufire
pour montrer la faulleté des règles , que notre ency-
clopédifte a données pour fûres ; en même tems qu’il
{d) a voulu rendre fufpeéles celles , que D. Mabillon (<0
a établies fur une longue expérience , fur des faits
conftans &c des monumens certains. Lorfque M. Len- W ibid-p-iot^.
gletnous {e) débite , que les archives des cathédrales &c
des abbaVes font remplies de pièces de mauvais aloi ;
on eft porté à croire , qu’il n’a jamais examiné un feul
original , ni vu d’archives. M. Lancelot de l’Acadé-
mie royale des Infcriptions & Belles-Lettres , fi verfé
dans la fcience des diplômes , ayant oalTé la plus
grande partie de fa vie a feuilleter les cnartriers tant
des Eccléfiaftiques que des Laïques ; déclare dans une
lettre imprimée à Paris en 1731. qu’r/ a [f) trouvé
TRES-PEU d’ originaux faux , & qu il a vu au con-
traire des chartes de tous les fècles refpeclables par
les marques les plus certaines d' authenticité public
jugera fans peine , auquel de nos (i) deux favans^on
(1) M. Lenglct n’eft pas plus d’a-
cord avec M. l’Abbé de Longuerac
fur le tems , où les prétendus faux
aéle* ont été fabtic^ucs » C'eft suR-
»> TOUT, dit alui-ct, (?) dans le xi.
M & XI 1'. fiècles , que Te font fait les
Tome II.
>■ faux titres. <• Celui-là au contraire ,
à l'exemple du P. Germotj , place la Longuet U4-
fabrication des pièces fupofecs fous >*4 purs. i.p. lo.
la première fie ilcondc race. •> Dés
qu’on ib) c/l arivc à la troifième (") tincjtlop.
» race de nos rois,dit l’Entvdopcdiftc, ^ 1 0^4- *•
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U) Engtt/op. ib.
p. 101^.
X P R F F A C E.
doit plutôt s’en raporter. D trouvera encore dans le
volume , que nous lui préfentons , la réfutation de
plufîeurs paradoxes de M. Lenglet fur la vérificatioa
des écritures , fur la durée de la romaine , qu’il pré-
tend (fl) n’avoir été d’ufage que jufqu’au v'. lîècle,&:
fur les archives des anciennes Eglifes , qu’il fcmble
avoir pris à tâche de décrier.
A peine ce volume étoit-il a moitié imprimé, qu’une
mort prématurée , hélas ! a enlevé à la République des
Lettres, & à notre Congrégation , le principal auteur,
non feulement des deux premiers tomes de cet ou-
vrage , mais encore de plufîeurs portions confidéra-
bles de ceux qui fuivront ; s’il plait au Seigneur de
bénir nos travaux & de nous donner allez de fanté
& de force pour fuporter les fatigues , qui en font in-
féparables. La mémoire d’un favantdu mérite de Dom
Touftam , & les fentimens d’eftime , de refpeét &
d’amour qu’il a laiffés dans les cœurs de tous ceux qui
l’ont connu particulièrement , ont fait fur le mien une
trop vive imprellîon,pournepas les tranfmettre à ceux,
qui liront le nouveau Traité de Diplomatique.' Tou-
jours pénétré de la douleur la plus amère & la plus fenfî-
ble, cauféepar la perte irréparable d’im collègue, qui
» on convient qu’ii Te trouve bcau-
« coup moins de ch.iitcs faulTes ou
ualu-rics. Ainfi cela met les grandes
•> maifô is à l’abri des foupçons qu'on
» pouroit tiret des chattes comre l’an-
» cicrncic de leur origine. *« Dans le
vrai, ces deux auteurs nous ont don-
ne leurs imaginations pour des réa-
lités. L’un & l’autre ne font pas plus
croyables que le P. Hardouin , qui
vouloir que les anciens diplômes de
France , d’Italie , d'Allemagne Arc.
fuirent une produélion du xiv. ou
du x\ '. fiécle. Ou poura plus fure-
ment aprétier à leur julle valeur tous
c.s fyltèmes , dont les uns fc dé-
truifent pat les autres ; lorfque nous
aurons donné la partie oe notre nou-
velle Diplomatiqiic, où nous expo-
fons les cmrepriîls des faulliircsslé-
couvertes ,& réprimées dans tous les
tems, à Commença depuis le ptanier
fièclc : les loix portées contre eux par
les deux Puillinces , & les punitions
exemplaires de ces impollcurs , oui
n’ont jamais été fi nombreux que de-
puis le XVI'. fiède.
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PREFACE. xj
m’étoic fi cher & fi néce(Iàire ; je fens tout ce que le de-
voir & la reconoiflance exigent de moi en cette ocafion.
Lié avec lui d’une amitié tendre , réciproque & prefque
fans exemple , pendant près de quarante ans ; j’ai été
plus à portée que perfonne de conoitre à fond , d’ai-
mer &c d’admirer les excellentes qualités de cœur &
d’efprit , l’étendue de génie , les grands talens , les
vertus , en un mot tous les dons de la grâce &: de la
nature , dont Dieu avoh enrichi mon incomparable
ami. Le public a donc droit d’atendre de moi un ta-
bleau fidele du mérite littéraire & perfonel d’un au-
teur , dont rhumilité furpalfoit la vafte & profonde
érudition.
ELOGE HISTORIQUE DE DOM
CHARLE-FRANÇOIS TOUSTAIN.
D O M Touftain ilTu d’une ancienne famille du
pa’is de Caux , autrefois fort (i) diftinguée , na-
quit .au Repas , proche Briouze , diocèle de Séez.
Il rc<jut une nouvelle nai {Tance en J. C. par les eaux
ûcrées du Batème le dix-neufvième jour d’Oétobre ,
( I ) Des mémoires conferves dans la
famille de D. Touftain , nous apiai-
nent , que fes ancêtres croient fei-
gneurs de Bleville & Mandréville. En
1480. ils furent obUgésde quiter le
pais de Caux , défolé par les cavages
des An^ois. Jean Touftain reigneut
de Bleville epoufa Jeanne de Robil-
lars. De ce mariage fonic Aimon
Toiift.'iin, Commandant du fccOnd
bataillon de Picardie, qui époufaMa-
tie- Anne Saler , fille deSainfon S-ilet
chevalier. Seigneur du Repas, & Pro-
cureur Gcnérid au Parlemeut de Nor-
mandie. Aimon eut pour fils Jaque
Touftain feigneur des Landelles , qui
époufa Françoife le Hallier , d'une I
des meilleures fainillesd’ Alençon. De |
ce inariage vint Jague Touftain , pète
d’une nombreufe famille, dont notre
refpeâablc défunt étoit le cadet.Trois
de fes fières font mons au (êrvice du
Roi , & y out dépenfe leurs biens.
D. Touftain fe trouvoit allié à plu-
licurs familles qui fubliftent aujour-
dui avec éclat ; ceft furquoi fa nio-
deftie hil iit^lâ toujours on pro-
fond filence. Il avouoit feulement i
fes amis , que par Françoife le Hal-
lier fa grande mère , il avoir l'avan-
tage d'apartenlr à M. de Fontenelle ,
dont le mérite eft fi célèbre par toute
l’Europe , & qui f.iit tant d’honneur
à la republique des Letnes depuis
quatre-vingt ans.
bij
xij ' ^PREFACE.
l’an 1700. Il écoit fils de Jaque Touftain de Berge-
ville, Lieutenant de cavalerie, & de FraiKjoife Eudes,
alliée d’aflez près à l’illullre maifon de Refnel ; mais
encore plus refpeûable par fa vertu , que par la no-
blcfle de fon origine D. Touftain fe trouvoit le ca-
det d’une nombreufe famille. Dès l’enfance on lui inf-
pira du goût ^our la profellion des armes. Mais né
avec un caraélere doux & tranquille , naturellement
férieux & porté à l’étude ; Dieu fembloit le deftiner
à une milice d’un genre tout diférent. Il aprit avec
beaucoup de facilité les premiers élémens du latin
dans la maifon paternelle. D. Nicolas Touftain fon
frère ainé , alors Religieux de l’abbaïe de S. Martin
de Séez , l’atira dans cette ville , pour lui faire conti-
nuer fes premières études au petit Collège de la ca^
thédrale. Dès - lors on remarqua en lui une maturité
& une prudence, qui ne fe trouve guère que dans un
âge avancé. En 1714. il fut envoyé au Collège de
S. Germer , & placé au rang des jeunes Gentilsnom-
mes, ^u’on (i) y élévoit. D. Paulin Maille , homme
de mérite & Prieur de cette abbaïe , eut toujours pour
le jeune Touftain une eftime &: une afeébon fingu-
lière. Dès fon entrée dans ce Collège , alors fort nom-
breux , le fage étudiant demanda à être agrégé à la
Congrégation de l’Enfant Jésus , établie pour les
écoliers. Il en fuivit tous les exercices avec tant de
piété & d’exaétitude , qu’il devint le modèle des Con-
gréganiftes. La pureté de fes mœurs , fon aplication
continuelle à l’étude, & fes inclinations toutes portées
(1) Les fonds de deux Pricurcs3(r« j Religieux par les abbés commenda-
eonfid- r.-'bles , étoient employés à I taires ; on n’a plus éfé en crat de ren-
cette bonne œuvre. Mais ces doux I dre cet iuipouant fctvke à la Nr>-
Bt':nélices ayant été enlevés aux I bldTc.
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PREFACE. xiîj
au bien & à la vertu le rendirent aimable , & refpec-
table même , non feulement aux penfionaires & aux
écoliers ex’terncs j mais encore à fes ProfelTeurs & aux
autres Religieux de la communauté. Les Congréga-
niftes de l’Enfance de Jésus ne tardèrent pas à l’élire
pour leur Préfet -, quoiqu’il fut l’un des plus jeunes
d’entr’eux. Il remplit les fonéVions de cette première
place avec autant de prudence ^ue de religion.
Lorfqu’il eut achevé fa Rhétorique avec fuccès,
fous le vénérable & très-habile Profefleur D. Gabriel
Guérin ; il ne penfa plus qu’à fe confacrer à Dieu
d’une manière plus ç>articuliere. Mais il ne le fit pas
fans une mure délibération. Après avoir bien pelé ,
avec des perfones , qu’il eftimoit , l’importance d’un
engagement qui dure autant que la vie ; il fe rendit
au Noviciat de l’abbaïe de Jumiège , où il prit l’ha-
bit religieux au mois de Juillet 1717. & prononça
fes vœux folennels le lo. du même mois de l’année
fuivante. La ferveur extraordinaire , avec laquelle il
avoir fait fon année de Noviciat, ne fe ralentit jamais.
L’efprit de pénitence &: de recueillement , la lecture
alfidue de l’écriture fainte & des meilleurs livres de
piété , furtout de ceux dont M. l’abbé Duguet a en-
richi l’Eglife : un éloignement parfait du monde , &
de tous les. emplois & les dignités du Cloître , l’a-
mour de la pauvreté & de la fimplicité religieufe : une
piété tendre , folide , éclairée , jointe à une grande
délicateffe de confcience , &àune parfaite foumiflion
à fes Supérieurs en tout ce qui concerne la règle , qu’il
avoit embraffée , furent les vertus de tous les rems de
là vie religieufe.
Apres avoir, feit avec diftinclion Ion cours de
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xiv PREFACE.
Philofophie & de Théologie dans l’abbaïe de Fécam ,
fous d'excellens maîtres ; fes Supérieurs l’envoyerent
en lyzj. au monaftère de Bonnenouvelle de Rouen
avec plufieurs de fes confrères , pour y aprendre les
langues grèques & hébraïques. Avec une mémoire
heurcufe & une aplication continuelle , il fit des pro-
grès rapides dans cette étude. Il ne fe borna pas la ; il
voulut aquérir des notions de toutes les autres langues
orientales. U étudia même alTez l’italien , l’allemand ,
l’anglois & le hollandois , pour fe mettre en état
d’entendre les auteurs de ces diférens pais. Si d’au-
tres études n’avoient mis fin à celles-ci ; on peut af-
fûter qu’il feroit devenu un des plus habiles hommes
de fon tems , dans la conoifl'ance des langues.
La haute idée , qu’il avoit conijue du Sacerdoce ,
& la crainte de recevoir cet Ordre facré contre la vo-
lonté de Dieu , le retinrent cinq à fix ans dans le
degré du Diaconat ; quoique fes Supérieurs l’eulTent
plufieurs fois follicité de fepréfenter a divers Evêques.
Ce ne fut que par l’avis de Direéleurs , làges & éclai-
rés , & fur un ordie exprès du Chapitre général de
l’an 1719 , qu’il alla recevoir la Pretrife des mains
de M. le Blanc évêque d’Avranches. Jamais D. Toufr
tain ne dit la Mefle qu’avec tremblement & de lon-
gues préparations. Pénétré de la grandeur. des faints
myftères i il lescélébroit toujours diftindtement, fans
précipitation , avec une ferveur & une décence , qui
touchoit les alfiftans. Ses aétipns de grâces étoient
fouvent acompagnées d’une grande abondance de
larmes , qu’il répandoit devant Dieu. Mais il avoit
grand foin de cacher ce don précieux de componétion,
<& plufieurs autres faveurs nngulières , qu’il recevoir
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PRE’ Fa C E. XV
de rems en rems de la bonté de notre Seimeur. Il
n’en devenoit que plus humble , plus recueilli & plus
mortifié. Outre les jeûnes & les autres rigueurs de la
Règle J il pratiquoic des auftérités particulières , ca-
pables de ruiner fon tempérament foible & délicat.
Pendant un rems confidérable , il ne coucha que fur
le plancher de fa cellule , & fon Direéleur fut obligé
d’ufer de fon autorité , pour lui faire reprendre l’u-
fage de fon lit , c’eft-à-aire d’une paillaüe couverte
d'un drap de laine. }
Pendant cinq ans que D. Touftain demeura au
Bec , fa folitude ne fut jamais oifive. Il compofa un
grand nombre d’écrits fur des queftions de Philofo-
phie , de Théologie , & fur des points de morale fort
délicats. Il étudia la Géométrie , l’Algèbre & l’A-
rithmétique. U aprit la Botanique dans fes heures de
récréation , rangeant par dalles , par genres & par
efpèces les plantes de l’enclos &: des environs du mo-
naftère. Il infpira le goût de cette fcience utile &
amufante à plufieurs de fes confrères & à quelques
laïcs de mérite , qui formèrent une très-aimable fo-
ciété. M. le duc de Brancas , qui s’étoit retiré de la
Cour , pour vivre en folitaire dans l’abbaïe du Bec ,
honoroit D. Touftain de fon eftime & de fi bien-
veillance , lui en donnoit des marques en toute
ocafion.
Cependant les Supérieurs majeurs voulant mettre
à profit les grands talens de leur confrère , le char-
gèrent de travailler conjointement avec fon ami , à
une édition des œuvres de S. Théodore Studite , dont
près des deux tiers n’ont pas encore vu le jour. Un-
• ouvrage de cette importance demandoit des fecouis^.
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(j)l''.ce ii.tm
f- }9i-
xvj PREFACE.
3u’on ne trouve point dans une folitude ; quoique
ailleurs aflez bien fournie de livres, D. Toullain
alla donc avec fon collègue demeurer dans l’abbaïe
de S. Ouen de Rouen , où il travailla fans relâche à
revoir &: à examiner les écrits du faint Abbé de Stude.
Par l’étude qu’il fit des diférentes fortes de vers em-
ployés par les anciens Poëtes grecs ; il vint à bout de
découvrir l’efpèce de poëfie , dont S. Théodore s’eft
lervi dans la compofition d’un très-grand nombre
d’Hymnes & de Cantiques , qu’on trouve écrits , fans
diftinélion & en. forme de profe , dans les livres mir.&
imprimés. Cette découverte le conduifit à celle de
la mefure & de la qualité des vers , dont les écrivains
ficrés ont fait ufage dans un nombre de Pfeaumes
de Cantiques de l’ancien Tellament. C’eft ainfi qu’il
retrouva (a) l’ancienne profodie hébraïque. Il avoit
apris par cœur plufieurs pièces de cette Poëfie facrée :
il les répétoit dans fon lit avant le fommeil ; & afin
de les repalTer plus fouvent , il portoit toujours fur lui
un Pfeautier en hébreu,
D. Toullain vint palTer un an à Paris pour conful-
ter les mlT, qui renferment des ouvrages entiers ou
des morceaux de S. Théodore Studite. Il fouilla dans
toutes les bibliothèques & fit un amas prodigieux de
pièces nouvelles , de variantes & de matériaux. Pen-
dant ce féjour dans la Capitale , les difputes excitées
à l’ocafion du nouveau Millèl de Troyes , lui donnè-
rent ocafion de rechercher dans les plus anciens mo-
numens , quel avoit été l’ufage de l’Antiquité fur le
fecret des faints my Hères : c’eft-à-dire fur le ton de
voix ôc la manière , dont on prononçoit autrefois
les paroles de la confécration. Ce nouveau travail •
produifit
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PREFACE. xvij
produifit une DifTertation , ou plutôt un Traité en
forme , où le laborieux & favant îuteur éclaircit la
fignihcation de l’ancienne rubrique & des au-
tres termes de la liturgie , qui ont avec elle quelque
raport de reflemblance ou d’opofition. Ce ne fera
point ma faute ; fi les amateurs de l’Antiquité éclé-
lîaftique ne jouiflent pas bientôt de cet ouvrage, où
règne une critique fine , fage &c judicieufe.
Dom Toufuin étant de retour à Rouen , fe livra
de nouveau à l’étude des ouvrages de S. Théodore ;
il en commeneja la tradudion, &: compofa plufieurs
( 1 ) differtations &c beaucoup ^le notes curieufes , pour
éclaircir quantité de points de la vie & de la dodrine
de S. Théodore, aufll bien que de l’hiftoire affez ob-
^ feure des tems , où cet Abbé de Conftantinople fiii-
foit un fi grand perfonage dans l’Eglife. D. Touftain
n’étoit cependant pas fi ocupé de l’Mirionde ce Père,
qu’il n’entreprit de tems en tems d'autres ouvrages
particuliers. On a de lui deux volumes in-i a. & quel-
ques autres écrits moins étendus , dont le flyle feroic
honneur aux meilleures plumes. Il a laifle un mf. fort
lumineux au fujet du livre de Ratram touchant l’Eu-
charifHe ; fans parler de plufieurs autres , qui ne font
pas ind^nes de voir le jour.
Un mémoire publié à Rouen contre les anciennes
archives , & en particulier contre celles d’une abbaïe
célèbre , vint tout-à-qpup interrompre notre édition
(i) i“. Dlferuth hiftoric4 de Sime-
niiuü 4fud Greets ftckU v 1 1 1“ , ^
turbu , qtut eerum tuefitne nncit4U
fimt.
_ i“. DiÿèrtefM qiû demenfiretur vi-
gbui dues coHtties , qui vu^ tribuuH-
tur feptimu Spudo geuer4Ù , mn fuijfe
Tome II.
4b ei itudites neque éditer
5°. Dijfert4lie de Peulicientrum
ermue, nemine , hifierii , pregreffu,
ujque ad S, Tbeedon Studita lentpere ,
iequevariarum htreticerum diftrimiiu.
Cette dernière diflertadon eft ctès-
ravantc & très-curieurc.
C
i
xvüj PREFACE.
de S. Théodore , déjà fort avancée. D. Touftain
amateur du vrai*ne put foufirir une entreprife auflî
téméraire. Il fe crut obligé de faire rentrer dans le
néant , des fables dont le vulgaire fupofè ordinaire-
ment la réalité , fans en examiner les preuves. Il com-
pofa donc l’ouvrage intitulé : Dkfenfi des Titres de
Vabbaie de S. Ouen de Rouen. On y trouve la Ré-
futatlon de l'écrit d’un anonyme , inféré dans les
mémoires de (a) Trévoux &c. Quant à cette dernière
partie , D- Touftain voulut bien céder ta plume à
fon collègue. Le tout fut imprimé à Rouen en 174 j .
dans un volume in-4"’. ^131. pages -, fans compter
les pièces juftificatives.
incontinent après , les Supérieurs majeurs nou»
cfargèrent de recueillir les mémoires concernant l’hif-
toire de l’abbaïe de S. Vandrille , depuis l’introduc-
tion de notre Réforme jufqua ces derniers tcms..
D. Touftain pafla trois mois dans ce monaftère avec
fon compagnon d’études , &c y compofa un ouvrage
aflez confidérable , donc un exemplaire demeura dans
la bibliothèque de S. Vandrille , & l’autre fut envoyé
à S. Germain des Prés, On y trouve bien des faits in-
tércflans , tant pour l’hiftoire écléfiaftique moderne
du diocèfe de Rouen , que pour celle de la Congué-t
gation de S. Maur.
A la demande du très - Révérend Père Général ,
D. Touftain écrivit une lettBt latine de 54. pages
in-4®. à M. le cardinal Querini. Elle fut imprimée à
Paris au mois d’Avril 1744. & non pas 1754. comme
f orte la date. On y rend compte à fon Eminence de
édition de S. Théodore , &: l’on fait voir que ceux-
là fe trompent, qui refuTent de reconoitre une véritable
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PREFACE. xix
pocfie dans les Tropaires & autres Cantlmies qui por-
tent fon nom chez les Grecs. On propofe de fofides
dificultés au favant Cardinal , qui avoir écrit fur cette
matière. On caraAérife les ouvrages du faint Abbéde
Stude , qui ont été confondus avec d’autres , & que
l’on a perdus. Cette lettre , où l’érudition n’eft pas
épargnée , pût paroitre obfcure à ceux qui n’étoient
pas au fait des ofices de l’Eglife grèque. Mais elle
étoit adreflee à un favant Cardinal de notre Ordre ,
fon verfé dans ce genre de littérature. Si l’on joint
à cette lettre ce que D. Remi Ceillier a dit de notre
édition, à l’article de S. Théodore Studite ; l’on aura
le plan d’une entteprife littéraire , qui nous a coûté
une infinité de peines & de travaux.
Dès la fin de l’année Ï74J . parut la JufiLfication du
mémoire , queD. Touftain avoir fifolidement réfuté.
Il crut devoir non feulement répondre pié à pié à ce
nouvel écrit ; mais encore venger les anciennes ar-
chives des aeufations injuftes portées contr’elles , en
difeutant les faits & éclairciflant plufieurs dificultés ,
que le P. Mabillon n’avoit pu prévoir. Et afin de dé-
f^mer une bonne fois la critique téméraire , en fi-
xant les formules & les ufàges de chaque fiècle ; il
fe détermina avec fon college à compofer l’hiftoure
diplomatique des bulles des Papes , des aéles écléfiaf-
tiques , des chartes des Princes , des Seigneurs & des
perfones privées , depuis la naiffance de J. C. jufqu’à
préfent. Il travailla fur ce plan jufqu’à Pâques de l’an
1747. Alors le très-Révérend Père Général le fit ve-
nir à Paris avec fbn ami inféparable, pour faire impri-
mer ce nouvel ouvrage , fous le fîmple titre d’Eclair-
ciffemens fur la Diplomatique. Pluueuis fâvans à qui
c ij
XX PREFACE.
le mf. fut communiqué , confeillèrent aux auteurs de
n’en point faire à deux fois , &: de travailler à un
nouveau traité de Diplomatique en notre langue,
dans lequel on fupléât au grand ouvrage latin de D.
Mabillon. D. Touftain necrut pas devoir s’afujettir 1èr-
vilement à répéter en francjois , ce qui avoir été dit
en latin. Il porta fes vues plus loin , & ne tarda pas à
reconoitre la néceflïté d’examiner de nouveau , & de
traiter à fond quantité de points & de c^ueftions de
diplomatique , qui ne lui paroilToient point fufilàm-
ment éclaircis. Avec un génie vafte & pénétrant, il ne
pouvoit manquer de fare beaucoup de découvenes
dans les mlT. & les diplômes. J1 trouva la clé des no-
tes tyroniennes ; en forte <^u’il expliquoit , par princi-
pes, toutes celles qui fe préfentoienr, & lifoit couram-
ment le très-ancien Pfeautier de l’abbaïe de S. Ger-
main des Prés , écrit en ces notes. Malheureufement
le tems ne lui a pas permis d’expliquer lui meme, l’ar-
tifice de cette efpèce d’écriture , d’en donner les règles,
& d’en former unDiétionaire,comme il l’avoitprojetté.
Le travail exceflif auquel il s’étoit livre , pour
donner le fécond volume de cette nouvelle Diploma-
tique , avoit beaucoup altéré fà fanté. Il avoit même
des predèntimens que fa fin aprochoit. Il m’a dit plu-
fieurs fois , qu’en le mettant au lit , une foffe ouverte
fe préfentoit devant lui. Quoiqu’il ne fit pas grand
fond fur ce phénomène fingulier ; il penfoit ferieu-
fement à la mort. Il s’apliqua néanmoins tranquille-
ment à l’étude jufqu’au lo, de Mai , que fur les inf-
tances de fès amis & l’avis du médecin , il alla à Saint-
Denis en France , pour fe rétablir. Les remèdes furent
poux lui un poifon mortel , & lui cauferent un flux
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P.REF/AÇE. xxj
hépatique , que rien ne put arêter.J^d»nt 40. jours ^
que dura une fi cruelle maladie; on admira Ta patieijtce*
fa confiance, fa tranquillité , fa parfaite réfignation àU,
volonté de Dieu. Jamais on ne vit plus de grandeur*
dame & de préfence d’efprit. Me voyant plongé dans
l’afliélion la plus amère , &c prêt à fuccomber Tous le
poids de ma douleur ; il m’infpiroit du courage par
des réflexions folides& chrétiennes. Dès les commen-
cemens de fa maladie , il fit une çonfeflîon gé^nérale^
& me témoigna un grand defir de recevoir les der-^
niers Sacremens. Il çonfentit néanmoins qu’on dife-
rât ; parceque le médécin ne voyoit point encore de
danger. Mais le mal fàifànt de nouveaux progrès , j’ac-
quief^ai à la volonté du refpeélable malade, & lui ad-
miniftrai d’abord l’Extrême -OnéHon , &jle lende-
main le faint Viati<^ue. Il reçut l’un & l’autre Sacre-
ment avec l’humilité la plus profonde , la foi la plus
vive , & la piété la plus tendre. Je le vis fondant en
larmes^ la bouche colée fur les piés dç fon crucifix,
ne vodhnt pas par humilité la porter aux mains &
au vifage de l’image de fon Sauveur. Il renouvella
cette pieufe pratique plufieurs fois le jour jufqu’à fâ
mort. Le defir ardent , qu’il avoit de s’unir de plus
en plus à J.;C. ne lui permit pas d’être long tems
/ans recevoir la,fainte Eucharillie. Je célébrai les
divins niyllères dans la chapelle voifine de fa cham-
bre , & lui donnai encore la communion trois fois
pendant fa maladie. Dans une éfiifion de cœur très-
fenfible, & des plus touchantes., lorfque jetois fcul
avec lui ; il demanda à notre Seigneur avec larmes la
. grâce de donner fa vie pour lui , s’il revenoit en fanté.
.11 me recommanda en même tems ,de tenir fccret ce
" • I
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m
ixij P RE F AC E>
mouvement de ferveur qui lui étoit échapé. Car il
avoir grand foin de fuprimer & de cacher tout ce qui
pouvoir donner de lui des idées avantageufes. On eut
de la peine à lui faire abandonner la récitation de
fon Bréviaire , & la leékure de fon nouveau Tefta-
ment grec , qu’il portoit toujours fur lui avec quel-
ques reliques de o. Benoit , de S. Charles , & de
quelques autres fàints. Pour le confoler , je récitois
l’office divin à fes côtés , & lui fàifois de tems en
tems des leélures de piété. Après lui avoir lu les ad-
mirables lettres de M. Dùguet fur le defir de la mort ',
& fur les motifs d’une efpérance humble & chré-
tienne \ il me pria un jour de prendre fon nouveau
Teftament , & de lire le premier chapitre de l’épitre
de S. Paul aux Ephéfîens : lorfque' j’eus achevé , il me
dit d’un ton qui marquoit fon contentement ; voila
l’original ; il eft bien au-deffius de l’éloquence & de la
fublimité* des penfées de M. Duguet.
D.T ouftain conferva toute fa ferveur & fon bon fens
jufqu’au dernier foupir , qu’il rendit le premllr Juillet
17J4. fans agonie & fans éfort , en bailànt l’image de
fon Sauveur expirant fur la croix , à laquelle il étoit lui-
même ataché,parla difpofîtion de fon cœur. Il n’é-
toit âgé que d’environ 55. ans. Après fa mort on re-
marqua fur fon vifàge un air de beauté & de majefté,
qu’on n’avoit point aperçu de fon vivant -, quoique fa
phyfionomie annonçât la férénité &: la candeur de fon
ame. Une mort fi fainte a été le fruit &: la récom-
penfe d’unie pureté angelique , d’un amour ardent pour
J. C. & pour fon Eglife , a’une ferme confiance dans la
feule miféricorde de ce Dieu fait homme pour notre fa-
lut.Unatachement inviolable à tous les aevoirs de fon
Digi ized by C' 'lolt
PREFACE. fxüi
état , une modeftic aimable » une irçible &: religieufe
implicite ; une fincérité vraiment chrédcnne & à l’é-
preuve de tout ; une prudence confonunée avec beau-
coup de fermeté ; une retenue .admirabk danç. les
converlàtions } une piété éclairée , une humilité pôr-
'tée jufqu’à defirer de pafTer pour un homrhe de peu
d’efprit 6c digne de mépris : une étude affidue avec
beaucoup de pénétration ; une vie toujours férieufe
& ocupee de la, leâure 6c de la ptièrc : une grande
douceur de mœurs ^ b^ncoup depolitelTe & de
patience, malgré un fond de vivacité naturelle : toutes
ces grandes parties forment le portrait de D. Touf-
tain , dont la mort a excité les regrets , non feule-
ment des Savans les plus diftingués, & de toute notre
Congrégation ; mais encore de piufieurs Magiftrats
infiniment rcfpedables , 6c furtout de Monfeigneur
le cardinal Paffionci. Son Eminence a bien voulu
prendre part à notre afliéHon , 6c exprimer de la ma-
nière la plus énergique 6c la plus noble , la haute idét
& l’eflime infinie qu'elle avoir conçjes du mérite de
notre vénérable Confrère. ^ '
La belle épitaphe latine, qu’un de fes amis & des
miens a compofée ; le peint avec des couleurs fi vives
& fi naturelles , que ceux qui font fréquenté , ‘ n’au-
ront pas de peine à le reconoitre. Il faut , pour fentir
toute l’énergie 6c la délicateflè de cette pièce j être
auffi rempli que l’auteur des penfées,&: de l’efprit de
fEcriture 6c des faints Pères , donc la leéhire éléve
l'ame, en nàême cenis qu’elle fprttie,^'pnrj,fie le coéut-
■ . • a;-;. I 1
e J. ■ .V-' .• » .
• ii'.jbh il iTiwOi.v;-' ■
Digitiz'ed by Google
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D O- ' M
In laudem gloriat gratix fux. '
Hic requUfcit à laboribus fuis
' DOMNUS'CAROLUS-FRANCISCUS TUSTINUS
Fresbyter ù'Monackus BenediSinus Congreg.fanBi Mauri ,
, ' ‘ Queni' '
Lacrymis magis quant encomüs . . .
Profequi facile :
Quein '
‘ ' • ’ ÏMtidibus aquè ac oBibus > • • • -
-, ' ^ , AJfkqui difficUe : '
Quem
Tatrien p<fl gloriofam confummationem
Celebrare tumm efi :
Pojl triumphalem in portu Jlationem
> Magnificarf fecurum.
•' • : . HIC
Mundum à tentris j cum de mundo non ejjit , coûtas transfuga deferetu ,
. . Tenerum innocentie florem,
Thefaumm J utt cui unicè timebat ^ ipfomet exila de Ægypto
, . Félix in‘ tuto coUocavit.
In profejfusne fanclâ yfpinas inter mortificaiionis ^eandem excolens ^
Illibatum felicior confervavit.
Jnnumeris àm vireutum augmentis , dante incrementum Deo , ensariens,
’ Felicijftmus exornavit , ctanulavit.
H 1 c
Pra laboris ajjîduitate , in omni feri honefiarum fcientiarum genere
Ferfaeiffimus :
Preingenitâ mentis fagacitatejprofundiffunas dificaltatum latebras rinuai
SolertiJJimas :
Pra accepté defuper fapitntU menfurâ j aliis loco preefe
• ^ Dignifimus:
Pré eximiâ , quam Deus dat parvulis intelligentiâ j 'cw^lio prodefje
Potentijfimus :
Laxere nu^is quam lucere, ardere quant fplendere Jluduit ;
, “ • ' Imo luxit inde magis & arjît.
■ . 1 .HIC
Mitiffuni omnium magijbi auditor Jiientiofus , & aSuofus imitator ^
Humiles & tutos vallium , in quibus pinguedo ejî y colles femper incejfit ^
Oifcipuliu mitls & humilis corde.
SaaBifftmi omnium Patriarché fecutus exempta j fpiritum aïïicutus ^
Extra monajlicé difcipUné cancellos numquam excejju j
CicnoDiu prudent & fidelis.
Sapientiam
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XXV
tni'um miiqiltrttm, d'iH4 PMntm, C/tmiM Scriptiir^umfilerfer txquirtttt ,
A fanoTvm formà. verborum ne latum un^m retenu j
Theologus doâior quam nocior.
NIC
Sincere , defccata , que ad omnia utilis ejl ,
Pietatis cultor ajjiduus j
Sic modica non fpemere ^ quajl qui ad fonia manum non mijijjit ;
Sic graves etiam inter lahores or are , quajl qui id unum ageret:
Sic multis intendere , ut non minor ad Jîngula Jitret.
HIC «
Ordinatijfimâ charitatis igné ;
Quem de excelfo miferat Deus in ojftbus ejus,
Affatim eruditus ,
In fanSuarium , nonniji vocatus à Deo , tamquam Aaron intravit :
Ad aras nunquam , nijl diligenter purgatus , accejpe :
Aris nunquam , nijl vehementer accenfus , tdlitit :
Ab aris numquam , niji multo lacrymarum imbre perfufus , difceffic.
Quin
Et extra aras , hojliam fanclam , Deo placentem, corpus fuum exhibent^
Debitum etemo Numini juge facrijùium obtulit ,
Sacerdos non ad horam minijlrans , *
Sacrificus non alienam tantum camem immolons.
Quid plura ;
Sponji & Jponfa , Chrijli fcilicet & Ecclejlé , qelator Jîagranti£îmus !
Hune totus exprejjît j hanc totus deperiit :
Kee nijl de commUnibus utriujque lucris Utari , damnifve dolere fcivit ,
Homo femper in Domino gaudens r
Homp femper pro Ecclefiàgemens.
Non Omni fpiritui credere , (ion circumvenientium fraude feduci ;
Non doclrinâ fuâ fallere ^ non alienis erroribus falli:
Non cedere mundi amoribus , non terroribus JleSi :
Non multigenis , quos fuper peccatores pluit Deus y laqueis irretiri:
Non propria curare j non aliéna faflidire , non alta fapere potuit
Vir oculatijfimus , vir conjlantijjlmus y vir prudentijjimus ,
Vil ipfe fibi viliflimus.
TANDEM
Arduo y abfirufo , magneque molis operi dum defudat ultra vires
Scriptoi animofus ,
Immaturos foetus dimittere non tam fuadetur quam cogitur ,
Ipfe Cslo jam macunis :
Et per XL. dierum moUJliJpmam amtudinem y
Membrorum hinc compage refohità y
Excoclis inde ( quas heu ! nec religiojiora corda vitant) y mimttis fordibus ,
Pane interea paftus > qui confirmât cor hominis, & oleo unclus , quod
exhilarat faciem ;
Tome IL d
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xxvj
Faufium Jihi , eonjunHiJJùno acjîdijjtmo laborum foclo infaujlijjtmum i.
Diem fupremum obiit ,
IngreJJùfjue ejl in cbwidantiâ fepulchrum , quaji infertur acervus tricici-
In cempore fuo.
ANNO REPAR. SALUT. M. DCCLIV. CALEND. JUL..
ÆtAT. VERi) SUÆ UV.- .
HOC •
Qualecnmque memoris ac grati animi monumentam xter-
nz fpeflandi , & defideratifllmi Amici memoriz confecrabar
• Fr. Michael Hautement , Profcflus cjufdem , cujus ille ,
Congregatioais &c Ordixûs Monachiu.
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TABLE
DES SOMMAIRES
CONTENUS DANS CE II. VOLVME.
SUITE DE LA SECONDE PARTIE,
Ou Von continue de donner les éUmens de U Diplomatique, page, i .
SECTION III.
Lettres latines , Ifur origine , leurs formes , leurs tranfmutations t
alphabeu généraux : divifmn de nos écritures par claffes , genres ,
efpèces : révolutions qu'elles ont ejfuyées en divers pais , en diférens
fiicles : quels effets & quelles variétés ont produit Us liaifons & con-
jonüions des Uttres , Us abréviations des mots ? Ufage des figUs , des
notes de Tyron & autres fignes : recherches fur Us nopihres ou chifres^
fur la ponctuation , Us accens , & certaines figures , q(ti entrent dans
V écriture J qui lui fervent dt ornement , & qui concourent à déterminer^
le fiicU , auquel elU apartient : principaux avantages ^ qu'on peut tirer
(Us matùres traitées dans la préfente feSion. pag. j.
, CHAPITRE PREMIER.
Origine immédiate des Uttres latines ; additions anciennes & nouvettes
à V alphabet primitif, réeUes ou fupofées : Uttres tranfportées de Grèce
en Italie : ffième de M. U Préfident Bouhier , fur Uur nombre & fur
. V ancien état de V alphabet : Uttres de ü empereur Claude : partage des
favans fur celles du Roi Chi^eric I : nouveaux éclaircijfemens fur la
figure , V ufage , Vorigine, & la valeur de ces caraclères. pag. 8.
Article Premier.
Lettres latines aportées de Grèce en Italie'. Uur nombre cheq Us Grecs &
Us Latins : additions anciennes faites à Uur alphabet primitif, p. 9. .
I. Rigine des lettres latines : elles ont palTé de Grèce en Italie.
V-/ 11. Rerteinblance ou meme identité des lettres latines les plus
antiques avec les gtèqucs du m«ne âge. UI. Syttèpie de M. le PrcEdecc
dij
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xxviij TABLE
Bouhier fur l’origine des alphabets grec & latin. Ce dernier , félon
lui , plus ancien que le Cadméen , dont il ctoit diférent , & (e même
que l’attique , fut aporté en Italie par les Pclafges. IV. Continuation
du m-me fujet. Nombre des lettres pclalgiques , arriques , latines ,
Cadméennes, ioniques. V. Ancien fyftème redific : nulle conoiflànce
des lettres chez les Grecs Sc chez les Latins avant Cadmus : les uns de
les autres ont reçu fon alphabet. VI. Comment l’ancien alphabet des
Grecs & des Latins a-t-il pù palier pour n’etre que de feize lettres, »
ou de dix-huit au plus î^lL L’alphabet cadmeen , grec & latin
ctoit compofe de vingt-deux clémens. VIll. Règles pour difeerner les
lettres primitives des lecondaires : ccHes qui furent ajoutées à l’alpha-
bet cadméen , en tirent leur origine. IX. Cbangetnens furvenus si
quelques lettres de l’ancien alphabet. X. Etat del’alpnabet Latin, depuis
près de deux mille ans.
Article II.
Lettres poJUrUurement ajoutées ^ ou qu'on prétend F avoir été à celles de»
Latins : vaines tentatives ^ pour en introduire quelques-unes dans
leur alphabet : lettres de l'empereur Claude, pag. j 6.
1. Inventeurs ou plutôt redaurateurs & réformateurs des lettres G te
K. 1 1. C’eft fans fondement que les lettres P. Q. ont été aeufées dé
nouveauté. III. Prétendue invention de l'R ; à quel tems & è quel
auteur attribuée î IV. Ufage de l'X. bxé mal-à-propos au fiècle d’Au-
gufte : il doit remonter bien plus haut. V. L’Y £f le Z précédèrent de
plulieurs fiècles celui d'Augulte. VI. L’F n’eft point une lettte de nou-
velle invention : origine du digamma : parallèle de celui des Eoliens
& des Latins : leur ufage. Vil. Digamma de Claude , fa ligure , les
monumens où il fe trouve , fon emploi , fa duree , fes fuites. VIII. Deux
autres lettres inventées par Claude-
Article III.
Lettres inventées par le Roi Chilperic I, leur nombre , leur jigare , leur
ufage J leur origine : les favans , les mffl & les imprimés peu d'acord
fur ces points : parallèle des mJJ'. & des imprimés : nouveaux éclair-
cijjimens fur la forme & la valeur de ces caraSères. pag. 50.
I. Partage des favans fur les lettres de Chilperic : les mlT. te les
imprimés de Grégoire de Tours & d’Aimoin de Fleuri ne paroillent
pas conformes rientimens de Pafquiet & de VolTius. II. Opinion de
Wormius combatue par D. Ruinart. Nouvelles preuves contre lui ;
fon lyllème quoique reformé , ne fauroir être admis. Fil. Syftème de
M. Eckhart , déleâueux dans prefque toutes fes parties. IV. Senti-
mens de MM. Faucher , Duclos & Schoepflin fur les lettres deChiU
péric. Furcnr-elles inventées pour la teformation des écritiues fle des
livres Tudcfques ? V. Opinion de ceux qui trouvent les lettres de < 'hil-
péric dans l’ancien gotnique : tous les fentimens ptopofés jufqu’ici
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DES SOMMAIRES. xxix
noui laifTent dans l’incettitude. VI. Par quels moyens peut-on par-
venir à conoître an jufte les lettres de Chiîpcric î V II. V taies figures
& valeurs des lettres de ce Prince.
CHAPITRE II.
Lettres nationales ^ lapidaires , métalliques j en relief, en creux , a
claire voie : lettres dorées , argentées , bronqées , étaimées , rouges ,
vertes , & d’autres couleurs : lettres initiales , grifes , ou hijloriées ,
repré fentant toutes fortes de figures , dt hommes , de quadrupèdes ,
d’oi/eaux , de poijjbns , de ferpens, de monfires, de fleurs , de fieu-
^ rons , de feuillages , de grotefques : lettres brodées , entrelajfées ,
poncluées , blafonées , en chaînes , en treillis , en pUafires , en mar-
queterie , en gerbe , en chevelure &c. en quel fiècle , en quel pais
chacune de ces efpèces eurent-elles cours : quel fut leur commence-
• ment & leur durée ? Obfervations hifioriques & critiques fur leurs di-
férens ufages & fur divers autres caraSires , qui montrent avec elles
une forte cTafinité. pag. 6 y
I. Lettres grèques relativement d la Diplomatique : lettres ephé*
fiennes , thraciennes , folutoites , magiques , écléfiaAiques ; caraâères
grecs fur les monumens & dans les aâes publics des Latins : lettres
grèques atribtiécs aux Gaulois. 11. prétendues lettres gauloifus ; lettres
Icripturales & rabbiniques : noms des lettres hébraïques en France au
VI. fiécle, dans les mil. latins : additions aux lettres étrufques : aboli-
rion des lettres tuniques dans le Nord : lettres des Francs &; des Bté-
tons. 111. Lettres des Itlandois : peut-oq compter fut leur vérité?
l’antiquité de leurs caraélères & de leurs mlT. eft-elle fufifamment
eut-oq compter fut leur vérité ?
conllatée l IV. Suplémens de lettres chez les Péruviens , les Mexicains,
Virginiens, Camadois iQuipos , leurs divers ufages. Ils étoient bien
inferieurs i nos lettres , quoique d'une autorité égale à celle de nos
écritures publiques. Roues niétoglyphiques de petites pierres, de grains
de mays , en, peinture &c. V. Diverfes fortes de lettres, pour la plu-
part nationales ; lettres de forme de cours , de tournure t lettres
ooiirgeoifes , aldincs , romaines , bullatiques , impériales , bâtardes £c
autres. VI. Lettres folides, en marqueterie , en telief, en broderie,,
de pierre , de marbre , d’or , d’argent , de bronze , & autres métaux ,
ou fur des matières dures. VII. Lettres fur l’ivoire 8c les os : jurif-
prudence des Gaulois r examen d’un texte important du Querolus :
quel âge peut-on acorder à cette comédie ? Vlll. Lettres écrites , ou
peintes fur les briques, les urnes, les amphores, les tombeaux :-re-
cette de l’ancre des anciens. iX-i Lettres de liqueurs métalliques -fur
le vélin pourpré : velin de couleur de fafran 8c de pavot : commen-
cement de l’ecriture fur le velin en pourpre ; fon progrès , fa durée,
fa décadence. X. Lettres de liqueurs métalliques , furtout d’or Sc
d’argent, écrites fur le vélin 8c le papier blanc. XI. Anciens chryfo-
ipapnes , enlumineurs, calligraphes , t.aehygraphes ; l’art de faire des
lecties d’or, d’argent , de bronze , de fer 8cc : lettres vemillees ôc
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XXX TABLE
cirées. Xll. Lettres rouges & d’autres couleurs : lettres ronges de-
venues blanches par vetulté. XIll. Lettres enclavées , liées , conjointes,
monogrammatiques , perlées , initiales &c. XIV . Lettres hiftoriées en
forme d’hommes, de quadr^des , d'oifeaux , de poilTôns ; lettres fleu-
ronnées , brodées , encrelalTées , blazonées , ornees d’arabefques , de
feuillages , de grotefques : lettres à filigranes , en chevelures en mi-
niatures &c.
CHAPITRE .III
Vfage des atphatets dans quelques cirémonies ddéfiajüques : compila-
teurs d'alphabets étrangers, latins, modernes & (Récritures des derniers
Jiècles : coUeâions (R alphabets & de modèles., tirés des anciens marbres,
bronzes , mjf diplômes, drejjïs ayant & depuis 1700. pag. 114.
1. Auteurs , qui ont publié quelques alphabets latins .parmi un
plus grand nombre d’étrangers : alphabets de Raban , de Ttithème ,
de Hephutne , de Vigencte , de Van-Helft , de Vulcanius de Bruee,
de Nicolas Schmid. 1 1. Continuation du même fiiict. Alphabets «TE-
douard Bernard, de M. Bourguet, de Don Velalquez. III. Compi-
lateurs d’alphabets & de modèles d’écriture latine des derniers fiècles :
Wirlllin , b'anti 8c antres maitres de l’art. IV. Alphabets 8c modèles
de Jean-Baptifte Palatino, deToti, de JolTe d’Hond , de le Gagneur,
&c. V. Auteurs qui ont compilé des alphabets de mlT. de diplômes 3ç
d’autres monumens avant notre fiècle : alphabets 8c modèles de Ha-
mon : D. Mabillon juftijfié. VI. Alphabets 8c modèles de Bouteroue
8c de D. Mabillon. VU. Autenrs qui depuis notre fiècle ont recueilli
d’anciens alphabets latins , 8c futtout ceux des chanes. Alphabets 8c
modèles de D. de Montfeucon , de Hickes , de Heineccius , de Brenc-
mann , de D. Huebet , de Schanai , de Duellius. VUI. Alphabets 8c
modèles de Scheuchzet, de D. Godfiroi Von-Beflèl , de Bating, de
Don Naflare 8c de Don Rodriguez , d’Anderfon , de Walther. IX. Id^
des monumens , fur lefquels doivent être drelTés des alphabets géné-
raux ! eoUeékion complété d’alphabets particuliers , inmfifante d’une
part , 8c de l’autre impouible. X. Inoonveniens des alphabett par fiècles.
CHAPITRE IV.
Recherches fur la defcendance , la figure , la fortune & les tranfmuta-
tions de chacune des vingt-trois lettres de notre alphabet , dans les
infcripùons lapidaires & métalliques , les mff. & les diplômes : avec
l'art d'en fixer Rage , par la variété des formes , des contours ,& des
traits quelles coatraBent de fiècle en fiècle. pag. 145.
1. Conformité des A phéniciens avec les plus anciens A d’Eur^e •.
{principales métamotpholes des A latins ; duree des a a cc dans les mlT. 8c
es diplômes. A des écritures alongées 8c des notes de Tyron. H. Obfer-
varions fut les figures du b 8c du B 8c fur l’age , qu’elles indiquent ;
queue du b curM 8c des autres letues > dont l’élévation efi égale ,
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DES S O M M A I R E S. xxx)
peoc {«vil i fixer leur antiquité. I 11. r & C meme lettre : C carré
anguleux , gothique à pièces détachées : K Q X grec pris pour des
C en notes de Tyron : quel ufage peut-on faire des c niinufcuks &
cutfift , pour diftinguer les écritures des ficelés 3 IV . Reports entre les
principaux D d’europe : origine des D courbe , oncial , minufcule fie
curfif : quels moyens fonmiScnt-ils pour conoitre l'age des mlT. fie des
chartes , où ils fe trouvent 3 Quand le V s’y eft-ii introduit 3 fes progrès ,
fon règne. V. Prefque tous les E des Orienuox Se des Occid^taux fe
reflêmolent : commencement des E ronds fie fermés : lettre originale
d’Yves de Chartres, juftifiée de faux contre le P. Hardouin. E d’Ef-
pagne 8c des mlT. e minu&ttle fie curfif. VI. Origine de l'F fie fes
cransformarions : elles fervent à fixer l’age de diverfes écritures. VII. Le
G prefqae femblable an C , en fut diftit|gué par une virgule : varia-
rions de ce trait fervant à fixer i’age des inlcnptions fie des mflT. g des
chartes : G des notes de Tyron, Vfll. Origine fie forme de l’H.- ^ur-
quoi placée au commencement des noms propres 3 Papebroc réfuté fur
la necellité de l’H à la tète de celui de Louis le débonaire. IX. Pour-
quoi ri eft-il fi diférent de I primordial 3 Formes diverfifiées de l’I , dans
les écritures Se les notes de Tyron : prétendus I grec fie celtibérien :
1 alongé : points fie accens fur l’i J confone fie I voyelle : comment fie
pat quels degrés leur difiiaéUon s’efl-elle établie 3 A. Ufage du K : fes
lévomrions : fa Forme. Le K commençant le nom de Châtie dans les
diplômes du vni*. fiècle, fie le C. dans ceux du ix^. loin de fournir
contre eux des moyens de faux , ne doivent pas meme les rendre fuf-
peéls. XI. Uniformité des L de divers peuples : variétés des L tyro-
niennes ; L fur les médailles égyptiennes fie fyriennes , ou le Lycabas :
forme de L des marbres y des mlT. fie des diplômes. XII. Raports de
notre M avec celle des autres nations : fa figure dans les notes tyro-
niennes : induâions, qu’on peut tiret de fa forme, pour fixer l’age des
écritures. XIII. Notre N majufcule fie minufcule, dans le famaritain
fie l’éaufque :Tes finîtes dans les notes de Tyron. A-t-elle été ajoutée
BU retranchée mal-a-piopos par les copHles des mlT. 3 Origine fie an-
âqufcé de l’N , pour exprimer on nom incertain : fes diverfes formes
fie iisscInRgemetis. XIV . L’O chez les Orientaux , chez les Ermfqnes , .
dans les noces de Tyron r fes tapotts. finguiiers avec le point r diverfité
de fes figures. XV. P latin fie .grec anaennement le même : P ryro-
niens , oillingués par leur pofinon t feutes da P énoncent leur âge.
XVI. Q des diverfes écritures : fupreluon de l’« précédé du Q ; juget
de l’age des mfT. fie des diplômes pat la forme de cette lettre. XVIl. Pa-
tailèle de nts R avec cellet des autres peuples : R tytonienne âge
des anciens monumensindiquépac la diverfitédes fomiesde cette lettre.
XV 111. Origine de l’S latine : S tytonienne rfopreffion de l’S : die fe
traveftit en Z : rettanchoit-on i ou hi dans l'écriture ; pareequ’on l’ajou.
toit à l’S dans la prononciation 3 Petite s finale , quand devenue d’un
ufage ordineite ragé des mlT. fir des chartes déterminé par la diférence
des S ; elles ptènMRC la forme de beaucoupde caraâères des alph.ibet$
lària fit grec, fie des Ghtficec-ea^es.Xl'X, T en croix chei les peuples
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xxxij TABLE
d’Europe , d’Afie & d’Afrique : T majufcules & minufcules des notes
de Tyron : fuprellîon du T : âge des nilT. Sc des chartes reconnu par
les diverfes figures de cette lettre. XX. Comparaifon de TV latin avec
ceux des autres nations : deux fortes d’U en notes de Tyron : divers
ufages des u voyelles ôc confones , ronds , carrés , aigus ; juger par leurs
figures de l’age des mlT. des chanes & même des imprimés. XXI. Ori-
gine & ulage de l’X latin , X. des notes de tyron & des diférens ficelés.
XXll. Pourquoi les notes de Tyron manquent d’Y : antiquité de cette
lettre & du point defilis : juger par la figure des y & par l’ufage ou
l’omiflion de ce point , de l'antiquité des mlT. & des autres monumens.
XXllI. Raports du Z des anciens peuples : Z ryronien : idée des Z des
diférens fiècles. XXIV. Conclufion : on peut juger de l’age des mlT. &
des diplômes par la forme des lettres qui s'y trouvent employées, Sc
pat les autres caraâères , dont ils font révêtus : précautions , dont on
doit fe fervir , pour ne pas faire un ulâge téméraire de la figure des lettres.
CHAPITRE V.
Obfervdtions fur Us quatre pLinches alphabétiques des lettres latines ; Uur
dijlribution par colones , fériés & fou-feries : leurs fources^ leur ufage,
Uur reffembtance , Uur diférence , leurs tranfmutations : caraS'eres
dijlinUifs des capitaUs f onciales f minufcules }curfives ^ ôc. page\iO^.
1. Plan des alphabets latins contenus dans ce volume : leurs fources,
leur utilité pour déchifrer les écritures antiques , & conoitre les révo-
lutions Sc l’age des lettres : lent arangement fyftématique : réponfe aux
dificultés , tirées de la rcfiemblance de quelques figures , apartenant i
des lettres três-diférentes. II. Caufes des transformations des lettres :
infufifance des alphabets jufqu’ici publiés : lettres plus ou moins fu-
jettes aux métamorphofes. 111. Idée générale de la planche XX°. com-
prenant les caraâères romains , employés dans les inferiptions , pen-
dant prés de trois mille ans. IV. Expofiiion détaillée de la première
folone de notre XX*. planche, où l’on raporte l’age, la durée , & les
traits caraéïérifliques des grandes Sc petites fériés des A , B , C , D , E.
V. Colone II'. où l’on trouve les diverfes divifions Sc fou-divifions
des F , G , H , I, K, L , M. VI. Age Sc caraâériftiqucs des fériés & Ibu-
féries de la 111'. colone , où fe voient les N , O , P , Q j R. VII. Qua-
trième colone , où font renfermées les lettres S , T , V , X , Y , Z.
VIII. Planche XXI' : conrrafte de figures alphabétiques , méthode re-
jetée : lettres hiftoriées admifes avec téferve : onciales , capitales , go-
thiques Sc quelques minufcules ou curfives , diftinguées par fériés.
IX. Parallèle des lettres nationales minufcules Sc curfives des mlT. Par
quels élémens de l’alphabet la minufcule fe di(Ungue-t-elle de la ca-
pitale & de l’onciale } En quoi confide la diférence & relTemblance
des lettres nationales î Obfervations for la planche XXll*. X. Idée de
la planche XXllI , contenant les alphabets diplomatiques d’Italie ,
France, Allemagne , grande Bretagne , Efpagne : leur diftribution par
ficelés Sc fériés : avintages qu’on en peut tirer pour 4 diftinûion des
çfpcccs
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DES S‘0 M Ki A I R E S. xioriir
efpèces de caraâères , la comparaifon de leurs raports d’opoCtion &
•de conformité , leur durée , leurs métamorphofes. ’
CHAPITRE VI. '
* V . .1 . ,
Scietue des écritures antiques j fort aquilon nullement impoÿibU. Au-
cune comtradidien n'en fauroit ébranler la tertitude. A-t-elle des
moyens généraux pour reconoitre avec ajfurance leur fincérité ou leur
' fupofition ? Raports de dijjèmblance & de conformité des écritures ,
degrés de variations par où elles pafferent , démontrent leur perpétuité
& leur exijlence j rélatrve à chaque nation , comme à chaque Jiècle.
I/écriture ahfolument ifolée de celle , qui Vavoifine par les lieux ou
par les tems, porte un caraSére de réprobation ^ aujfi formel que f écri-
ture enchaînée avec celle , qui la devance ou qui la fuir , eft. évidem-
ment marquée au coin de la vérité, pag, 344.
I. Les anciens monumens doivent-ils palTêr pour rufpeéU , i pro-
portion de leur antiquité ? Ne leur donne-t-elle pas au contraire une
autorité plus grande ? Exiftence aâueUe des prétendues écritures bar-
bares avouée : mais leurs liailbns avec de plus anciennes éc de plus re^
tentes , méconnues par le P. Germon. 1 1. Râpons de conformité entre
les écritures du meme üéclc St de la meme nation. Diverfité fenfible
entre les écritures des divers (iécles & des diverfes nations. On peut
diftinguer les lîécles par la forme du caraâère, fans crainte de méprife
conlîdérable. 111. Variation, décadence, tranfmutation , renouvelle-
ment, fources de lumières, |>ouren bien juger. Petites notices endoilces
fur les chartes peuvent contribuer â découvrir, leur âge , leur vérité ou
leuriiipofirion. IV. Les barbares devenus maîtres des provinces romaines
de l'Occident , en adoptèrent l'écriture : les raports St la diverfité de
leurs caraâéves St de.ceiut des Romains en prouvent la cenitude & la
fincérité. V. Diplômes mérovingiens & loinbardiques , tous fabriqués
par des impofteurs 3 fupofition impolfible : travaux d'Hercule renou-
velés par les prétendus faullâites , félon le P. Hardouin , pour ruiner
les' anciens monumens firan^ois , lombards , efpagnols. V 1. Inconlé-
ouences des lettres des médailles é l'écriture couraïue , & de la fauHêté
oe quelques chattes il leur totalité. Vil. L'écriture d'un ou de deux
fiécles bien conftatée , on peut delà remonter avec certitude aux plut
anciens monumens du meme genre. ImpolTibilité d'une parfaite imita-
tion des anciens titres , ou que des pièces foufies de nouvelle fabrique,
& données pour très-antiques , ne foient pas reconues pat d'habiles
antiquaires, atentifs i fuivte leiirs principes. Vlll. Difcememcnt des
anciennes écritures non-feulement polfible,maû réel. Grand nombre
«l'ancicru originaux fabriqués, & confervés neanmoins depuis bien des
ficelés , fupofition fans vraifemblance. I X. Les vrais principes du dif-
cemement des pièces mis i quartier, les autres ou rendus fufpieâs ou in-
fufîfans i on fait tomber dans le décri tous les moniiiaent de l’antiqqité.
, Objeélion répondue» Dépôts publics , . où l'on a alilleidexpièccs fauÎTes.
Tome IL . c
- ,:t_ X jA. ft T " '
C H A..P 1 T R E VII,.
Travaux enfftpris par Us rpodfsmfs-t ppur itctOre la conoiffânee des
anciennes écritures. EJl-U pojJihU defixer UfiUU des mjj:& des di-
_ plomas, même amm CharUme^ par U coup (T-eM^par. ks püeet.
de cemparaifon^ par la forme &Xefpèce 4e leurs dcritufes t par leurs
tireonJlaitces & Uars acceÿôires , ^ User combincdfon nci^oquef Jji
réunion de tous les moyens de juger ^-elU nécefpùre f Suj^-elie tou-
jours ï pag, J74!
1. Diflitiftion «ifée des éaimm aiw:icnn«s^iBC:«6<l^ -P«it\on
fixei le.fiède vi Répoufe «1 mMquis li„L’imitaHon «t lfan-
ûenne édinjre pu de* copiAes poÛctieurs , read'telkk &»uion de l’age
de plidieurs mlT extrètnement dificüe îPeuMn affignerie ûèele de ceux
qui ont plus de mille ans > 111. Coup dœil de l’aimquaire décide ordi-
nairement avec fuccès de l’age dev anciennes écritures. IV. Mil. &
diplômes ektés fournirent des pièces de comparufon , pour juger de
ceux qui ne le font pas^Ces-dates ne doivent pas être admifes fans exa-
men. Pu quels fignes s’elTute-t-on de lage des mlT. hébreux. V . Moyens
de M. Mafféi , infufifans .pour teconoitre le üccle de réeriturça ceux
de Cafley réunis, fervent à le découvrir : ifolés , ils n’y parviennent
pas furement. VI. Quels font les moyens diftingués de l’éctitute , pour
juger de l’age des ancien»mlT. jXe jilus ou le moins de changemens de
lettres, de folécifmes & de barbariOnes, VU. Velin très-mince , lignes
tirées , points perçans , alinea, mlT. catéSi.colones.'VUl.,Stiques ou
wotfets : divifion des livres faints en chapitres : indices des paflages de
l’£ctiture : tang des Evangcliûes cliaogc : S. Luc apelé Lucanus .• ufa«
de la vetfionitalique i titre de /a/nt ûmeimé. IX. indices de l’age, des
anciennes écfitnres , tirés ■ des citcotdWcs qui ic*. accompagnent ;
nonduation verfets , continuité de l’écriture , intervales entte les mots ,
^ints fut les i , ancienoeimaiW»tc d’éoriieksoiueun.,;lcs<livres lacrés
& lesiadesi X ÀbteviacioBS fmgoUetcs , Cgfes/cgquentes .miiiialcs des
mures j;plac»s des conjondions dcilçtues, fignuures , feclames. XI.
^yen» tirés de l’éoficute meme , pour.jugetrde fou âge. Xil.-ElLil
impoHiisle dodifcemer auquel des ix. x. xi'.dîèdes .apameanent les
a*î. copiéscdepuisi’an Üoo, julqu'en ixco.iMsOTiles fut l’âge des
mff. oD B'cn peuc ôcn coaclute. XUl. On ji»e.ae loge dca-mU. «par
Jts «haïtes ,-^c de eblui des chartes par lesrmlT.
CIH A P I T R E VJII.- .
, Combien il fut dificiU en tout tems funoae dans, les bas _^cUsj.de
.lire les plus anciennes écritures. Cette difictdté amfiatée i depuis i
Ki;*i fièelc prouve, f antiquité de leur exijlence. Juconveniens. nés de la
.■ npeine y que». auoitèii.dechtfrer ces vieux nwmaaeos.-</irt- d'écrire en
... .emaéunemsipeu tuUné , ignoré du ammupdet^laiques , des >graak
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DES a M:M;'A TR E S. snmr
' mémtt, G ^ti^efbit dis-gouif^fe-. Qudles m fifent tes fitiie»
Ceean a.t-H Jamais'erfft d'érre en vigaaa-f Jufqtt*à,quei j>oiu'.s?.^
U mmiatenu dans tout ksfiieUt ? Ritabüffiment desjignai^,.à /ro»
portion qae U nomkrt deceast-y qui furent écrire fe rmiltijdia.pt
L Gcandccdificultér (ie<üre le* ancnnnes éctitnns poui^lear contem»
por.iins , pki» grande pour lei itècle» pofléheuie n’a é^é-ionnotnéev
que long tcfnt aprèr I» renaUTimoe des letttet. Cooféqueneee dr cette
ificolte^, par raeoit aux tnC & aux chartes , dont les otigkuna. Ibnc
petdur. H. L'arr d'éctire eftimé des Romains : les fenateurs Sd leeeCdare»
lecnkiwnt; le* barbare» le négligent , par une fuite de leur m^is pour
Icsletttes. llli Roi»rteine$ , empereurs , qui ne raxoienrpaeccnnii'
Chademagne ëtok-il de«e nombre ? Aunes rois, princes^ grands , à
quiracrd'écnre-fur (Onjoacsineonmi. IV.EdélUfti^acsqai neiaetiienc:
pasdcrire-, oaqnimc ctognoient pas ligner. V. EroK41-d'iilàge!de hiire
dam Ict-aâes publies St privds tm aveu Iblennel de fon- tucapacitd
diëcrirerDiplonNS'difëiens, oàla fignature des rois mënmnmeas ëroic
n’ëtoirpa» emploiëe; VL Contnts fans écriture ; on y fiiplée par les
insefticaret<, 1er ferment , les duels , les notices. Moines 8s clercs
drei&m pieft|ue coHSilesaâes. VU. Eh vert moyens de IMéer aux
fignanint , en<fiteeurds ceuxqui ne'&voMne pasécriie.>Seurcnptions
pourtdVwmrt fueaux , témoins, croix-, mamueev monogramet avec-
des eftampiUésea'lamesen'reiwNnrlieu, Viii, Art d'écrire non rota-’
letnent étranger aux laïques dans ro« les tems : par quels degrés il fc
renouvella parmi eux. Un en peur juger par le progrès du récablulèmpac
des fignatures. • '■ ’
-n . e H A- ÏM<..T RiÈ -IX. ■
' . ■ . . j '
yérification des écritures r à- quetUs- marques râteneU-m leur vérité tnt
leur fcaifprté f ‘Concours de fous les oaraSireSy queiquefirâ , mais pat
toujours nécefpùre : fujrériorké de la preuve par éetif fur toutes Ut
autres , & notamment fur ceüe par comjraraifon d écriture : reconoif-
fance de la figncuure jrarticipe à-cef avantage : incertitude de la jrreuve
par comparaifon y fon infufifance y furtout en matière criminelle. Quel-
ques difirences entre Us Urieures ne prtntveat point qu'elUs frient dé
à^irentes jrerfrnes. QiteUe drilM jrtut-ort fr promettrr*dervérifita-
tions d'écriture / A qui cet office apartieru^ , G quelU* dldpent être
Us qualités du vérificateur ? Nécejfué du recours aux antiquaires , par
raport aux anciennes chartes. Ufrge des pièces de comparaifon : ne
point outrer Us jsréjugU coutre. kuvMté eût oMiens titres G des o3es
récqns.. Divers moyens pour déeouurir iet artffiaes des.fiofjfritqf^ juf-
quk quel point jseue-onyt compter, f Que doitttn conclure de Iqdi-
fércnce ou de la conformité de fie'ncre ? jmg. 4}>.
. 1 :lj . „ii. ■ , >.i f
I» Jttfqu'iifasf^pmMy iaro dikhuéfirox, uti afte doit-i|>(»n«
-tredire'i'inftoirB,pes'ta Aro£rmeeinpanbilkédes'Eii(s', foiravec'laiduev
À»de oelle-<ù avee (atviatuvaof iDtMsdlieudkH •otcntiqMSÿ'dTdiH
ev
Twtvj ^ T 'A- ' B t E" ’ '
nairemenf préférables' à celles , fournir Thiftoire. 1 1. Concom^ de
tous les caraâèrcs contraires ou tavorables J pour juger delà vérité ou
de la faulTeté des aétes anciens :fentitnent de D. JViabtllon mal expofé
par quelques auteurs, réduit i fa jnl^e valeur. lll> Force de la preuve
par &rit : croît-elle , ou décroît-elle par la mort de fes auteurs ? Parmi
les preuves, .celle par comparaifon d'écritures n’a de fa nature, que le
dcrrder rang.. IV. Reconoiîrance de l’écrirure, fupérieure à toutes les
vérificatians : à quelles conditions admet-on la preuve par comparaifon
d’écriture ? Examen des titres diftinguéde leur vérification. V. Partage
des JC, fut la preuve par comparaifon d’écritures : fon incertitude , font
infuEfance en matière criminelle.. VI. Utilité de l’art de vérifier : juf-
qu'où va quelquefois fa certitude. VII. Qui font les vérificateuis ;•
quelles doivent être leurs qualités leurs talons. VllI. Js’écefliré d’avoir
recours aux antiquaires., ^ur la vérification des écritures antiques..
IX. Contralle de la capacité de l’antiquaire. Si drl’iacapacité du maitrei
écrivain, pour juger des ancierts titres. X. Pièces de comparaifon ,.
quand inutiles ou néeelfaircs : avec quelles précautions doit-on s’en>
fervirîXI..Y a-t>il plus d’aâes faux ou fufpeéls , que de véritables?
Quels font ceux dont ou dcùt futtout fe défier 5 L’expert déclaté pour
le titre ancien plus croyable que celui j qui le réprouve. XII. Moyens-
pour découvrir les artifices des fau/Taires. XllI. Anifices des faullaires
relatifs à lacontrefaéhon,par relTemblance d’écriture : moyens emploiés'
par les experts, pour difeerner les faulfes écritures des véritaÛes. X 1 V.Di-
férences entre les .fignatuies de la même perfone , ne prouvent pas que:
' l’nne ou l’autre , ou toutes les deux foient faulfes : lincérité des ligna •
rures du roi Thierri 111. Si du référendaire Wulfolaecus. XV. Caraélè-
res , félon les expeco ,. d’écritures vraies- & fauHês : en font-ils vérita-
blement diirinéUfs î Air de l’écriture , leur demiere relTource , rarement
décifif.'XVl. Difétence & conformité d’encre : qu’eia peut-on con-,
dure fur j’agp des pièces , pour ou contre leur vérité î Uniformité
d'encre prouve, qu’une pièce n’eft point decliféreos tems.
C H. A P 1 T. R E X..
-•
Ecritures UttitUi ; 'leurs -notions générales caraSérijliques : leurs difiàtc-
. ■ tiens & do>i/îons : Uuf nomenclature , leur deÇcnpàon , leur origine j
> ' Uur.aaeiquiléj (eur-iufage ét. leurs, révolutions, pag. 479.,_
A. R. T 1 c i E 1.
Oioifiens &■ notions générales des écritures ■; leur defcenddnce : matières ..
•\;a\ ' fpécialement deflinées k -la majufiùle , là minufiule & la
-■Al V» V.. vn,..,',., - emtfive. pag.
-• - •
I. Panage des favans fur l'unité & la multiplicité de l’écriture ro-
maine-: c^k<les tnanuicrits & des diplômes traitée-de barbare an xv*. .
Çàde : divifion/des écritures .avant D.Mabillon : fan fyftème combat»
ê py^M^Mafféi.; le» 4à>ginûiatj»iia, dw- ccôtaie» nationales duiveM.-.-
DES SOMMAIRES. xxrcvij
idlës être banies du langage î 11. DiviCoii des écritures en majufcule ,
minufcule , curfive & mixte, propoféc par M. MàfTéi. Eft-elle récevable
& fans ineonvenient J 111. Divifion des écritures en lapidaire & mé-
tallique , en écriture des mlT. & en celle des diplômes. Inconveniens
des autres divifions dans l’exécution de cet ouvrage. IV . Quelles font
en général les écritures majufcules , minufcules , curfives & mixtes >
Leurs vraies & faulîès notions. V. Comment font nées les dîférentes
écritures : leurs qualités elTèntielles & accidentelles, fervant à produire
fie à diftingner leurs genres fit leurs efpèces. VI. Quel ufage fir-on
des écritures , fit fur quelles matières les employa-t-on î Julqn’à ouel
point fie à quel tems furent-elles reçues fur les matières , qui ne leur
étoient pas fl particulièrement réfervees î
Article II.
Notions diJUn3ives & caradérijliques des diverfes fortes tf écritures ma-
ju feules : leur nomenclature , leurs définitions & deferiptions ;■ leur
état y leur ufage dans les inferiptions y Us mjf. & les autres monu-
mens. pag. 497.
S. h
Capitali antique & moderne : fes principales efpeees. /«.49 s.
I. Quelle eft l’écriture capitale î Source de fes genres fit de fes efpèces.
II. Divifion, nomenclature ^ fit defeription des diverfes écritures-
capicalcs.
«.II.
Eeritare onciale, pag. yotf.'
r. Quelle eft l’écriture onciale : difere-t- elle de la capitale } II. Ecri-
rnre onciale confondue avec les autres .* noms qui lui ont été donnés :
fes efpèces. 111. Quelle étoh l’onciale de S. Jerôme , félon Calley M
Cet auteur a-t-il. eu raifon de nier l'exiftence de cette écriture.} IV^.
Ufage de l'écriture onciale : fa durée fit fa fin. .
Article 111.
Etat de t écriture majufèuU y confiderée dans fes principaux genres-,
depuis Us premiers tems y jufqu^à la renaifiance des BelUsAettres y
au XV. fiècU. Coup d’ail des révolutions de. toutes Us écritures
latines, pag. 514.
I. Hiftoire de l’écriture antique des Romains ; deux fortes d’écritures
majufcules ou capitales du fiècle d’Augufte , l’ancienne fit la nouvelle :
monumenrde la première ; elle fe divife en irrégulière fit ruftiqufl :
en r&uliète fit polie.' 1 1. Quelle étoit la double épiture ancienne ; -
perpewté de la ruftique. 111. Ecriture capitale ruftique, ou plus fim-
ple fit négligée , employée dans les mfT. IV . Belle capitale , fa forme ,
fes commencemens , fes principales efpèces , durant te haut , bas fie
moyen empire : préfages de fa chute. V . Décadence de toutes les ef-
pèces der capitales romaines. VL Coup_ d’œil des révolutions de toutes-'
Irii ioinues latines.- . ^
-xxxviij
TABLE
CHAPITRE XI.
Ecritttres gravées, empreintes, tracées <m peintes fur les métaux. Ut
marbres , Us pierres, t ivoire , les vafes de terre ou de vent ,
Us briques , la cire &c. pag. 5jj.
I. Néc«flité de tcûrer det écritures métalliques & lapidaires. IL
Aâes publics ^ particuliers fut les marbres & les métaux : infcriptione
«nvifagées comme des archives publiques : néceUitc de les biui consi-
tte^ pour en faire le difcememenc.
Article I.
Ecritures capitaUs lapidaires & métalliques , fans mélange de Uttres
onciaUs , minufcules & curfives x première Divijîon. Ecriture étrufque
p-éeurfive de la romaine antique .* pUuuhes XXIV. xxv. XXvi,-
XX vu. expliquées. p. 557.
«. L
Ecritures primitives des Etrufques , Latins & Romains. Explication de
la planche XXIV, où font renfermés Us premier , fécond , treÿîè-
me & quatrième genres de la première claffe , & delà premUrt di-
, vijîon des écritures lapidaires & métalliques, pag. 558.
1. Ecritnte primitive des Etrufqnes , ou Tofcans , mère de la romaine.
11. Ecriture latine antique dérivée de l’étrufque. III. Ecriture ruftique
née de la plus ancienne des Latins. IV. Ecriture à traits arondis parles
i>outs. V. Ecriture inclinée en divers fens.
S. I I.
Explication delà planche X XV . renfermant Us cinq ,Jbe & feptiéme gtnreu
des écritures latines , tirées des marbres , des piares-, dex
métaux, 6c pag, f6s,
I. Eaiture élégante , dilHnguée pat les bafes & les fommets de Tes
caraâères. H. Ecnn^ en petites capitales i bafes Sc fommets. III. Ecri-
ture capitale ordinaire , dont les bafes & fommets nailTent dn coips dn
lettres. IV. Ecriture- i trian^, coins & angles faiJlans & retRtans.
ç. 1 1 1.
ExpUcation de la planche XXVI. pag, ftf.
K Bcritnt^ètraits làperflus , brifés , en (orme de cornes dcc. U. Ectî.
nse capitale à traats^ obliques dxcedens & courbes.
«. IV. .
Elanché'e XXvii. expliquée, pag. 594.
E Bvritutb ntëlét!-de iemet , donr lès jambages , les traverios 6t lev '
bifetf oudes fommets paroilTeni coocbes. 11. Ecrictuc en putes ktoes
capitales . conjointes &: enclavées.
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P .E s -S O M M A m E S. xxi^K
' A k T I c :i E 11.
' Ecritures apitoies miUes de lettres oaciaUs ,,mmifcHUsj -mjfives.t
renverfies ; de lettres grèques é* barbares. Seconde dtvijion. Explica-
tion des pUxnchesvingt-JuùtyVingt-neuf, trente & trente-unie me. p. 607.
- • ■ «, I.
Planche yingt-hukiéme contenant le premier St jècond,genre des écritures
capitales mélangées, pag. 608.
’I.-MêI#nge d’écriture onciale avec U capitale. II. Ecritiues capitales
-«iêWearie lettre* minufcoles.
4- U.
.Ecriture curfive che\ les anciens Romains , confiatée par les infcriptions ;
' planche vingt-neuf, renfermant les trois ^ quatre , cinq & -fixième
genres de la fécondé cUvfion. pag. (Su.
I. Ecritoie majuTcule, lapidaire & métallique, mêlée de cur^ve : ,
infcription* totalemenr.«n ce cataâire. ll. Ecrinice toucnée-dans des
fens contraires d Tapolition naturelle. III. Ecriture irr^aliète dansia
' forme , ou la poficioa de fes lettres. IV. Ecriture ^mélaugée de letcies
grèques & latines.
S. III.
Ecritures capitales mêlées de lettres réputées barbares ^;hétérocUtes ,
grèques y .enclavées , conjointes &c. Explication de la planche XXX ^ .
renfermant les feptième & huitième genres de la fécondé divifton.p. 641.
I. Ecriture nielee de lettres eftimécs barbares. II. Ecritures encla-
vées , coojointes , irrégulièseirienc cUrpofées , hétéroclites &c.
' ■ S. IV.
Mélanges des lettres oaciaies, tninufcules ^’cur/îves , avec les capitales
enclavées & conjointes. ExpUtatian de la planche XXXI. contenant
le IX'. genre de la fenoade Dùtjfitm.çPfg.
1. Ecritures enclavm»;tt3(SMV>.4iifcl*^ lettres onciales. II. EcrU-
mies enclavées, ft miili'i ridniifnilr- & cuihves.
ifc 111.
Ecriture gothique modernè-i^f^iaittions , fon origine , fes commen-
cement, fon progrès^ fa duéle fes genres & fes efpèces. J il*. Di-
vifion de la claff: des écritures lapidaires & métalliques, p. 6
I. Quel efi le caraâère gothique, &.d'où lui vient cette dénomi-
uation } Ses commencemens. 1 1. Comment le gothique moderne s’eft- -
il formé ; Sources diverfes de ce caraâère. III. Progrès , diftinâions, .
ufage, durée, &. abolition du gothique majufcule & minttfcule. ■
S. 1.
Gothique métallique & lapidaire en forme majufcule. Explication delà '
planche xxxii'. où font repréfentés les cinq premifrs ggtires dé Ida
des éeriairts eapitaies. pag. .6C6,.
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xl TABLE DES SOMMAIRES!
I. Commencement du gothique modetme. 1 1. Progrès de cette écn-
ture. III. Ecnture capitale i demi-^othiaue. 1 V. bcntures capitales >
où le gothiqae.eft domiftAHt. V. Capirate parement gothique.
i. II-
Suite de lapremiire Subdivijion des dentures gothiques : explication de
la partie de la planche xzxiii. où font renfermas les VI, ^ vil*,
genres du gothique majufiule, pag,
L Ecritare capitale gothique malEve. 1 1. Ecritote gothique .capitale
ineguliere , ou plus barbare. 111. Ecriture gothique , .melce de lettres
maj^cules K tmnufcules.
— <■ III.
' Gothique mintfcule ^ & outra icritura contemporaines , lapidaires St
métalliques, ü'. Subdtvijion, Explication de la fécondé partie
de la planche xxxiti. pag, 68^7
I. Ecriture en pur petit roroaio. II. Ecriture en petit lotnain, melie
^le majufcules & de.cutfives. III. Ecriture minufcule , mélangée de
gothique. IV. Ecriture minufcule à demi-gothique. V,. Ecrinue nù-
nufcule purement gothique.
’ " TABLE
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TA BLE
DES PLANCHES DU TOME IL
Planche XVII. repréléntant l’écriture lombardique
marquetée , la vifigothique capitale ornée de fleurons ,
la franco-gallique ou mérovingienne de lettres capitales en
broderie à filigranes , avec un alphabet de lettrines brodées
de la meme écriture. Page 88.
Planche XVIII. contenant un modèle d’écriture faxone
en grandes lettres dracontines , mélangées de capitales*,
d’onciales , de demi-onciales & de curûves j avec aeux al-
phabets Taxons j l’un de lettres initiales ferpentines , tirant
fur l’écriture curfive ; l’autre de lettres initiales , capitales ,
onciales , demi-onciales , perlées , dorées , argentées
pag. 114.
Planche XIX. Alphabets de lettres à figures d’hommes ,
de quadrupèdes , d’oifeaux ; de poiffons , de ferpens , de
fleurs , de fleurons &cc. tirés des anciens mfT. p. lao.
Planche XX. Alphabet général des lettres latines , tirées
des. ombres , des tables de bronze , des .médailles , des
fceaux & . autres madères dures , depuis la fondation de
Rome ou environ , juTqu’au xvi®. uècle dè' l’cre. chré-
denne, ' v; j ; - '•‘’pàg. 312.
•\'*l <■ ■'» - *
Planche XXI. Alphabet général des lettres capitales , on-
ciales ,'ihaju(cules gothiques des manufcrits ,^àvec quelques
caraâèrès minufcules & cûrûfsV furtout "de ceux qui Te gliA
foient'^ciénnement dans récricâre onciale j pag. 332^
t-" 1 f •
Pl^cl^ ^X ^1,1. Alpfiabçt général, [des lettres latines
Tonte ai ■/
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xlij -• DES. PLANCHES.
minu(^es & curfives avec quelques onciales , depuis les
premiers ficelés , jufqu’au xvi i®. toutes tirées rcfpeétivemenc
des nilT. romaios , îombardiques , wifigochiques , iâxons ,
gallicans , mérovingiens , allemans , carlovingiens , capétiens
& gotlwques , — - pag.
Planche' XXIII. Parallèle a^habéti<^e des lettres majuf-
cules , minufcules 8r curfives des nations d'Europe du rit
latin . propres de leurs diplomes ou chartes ,.diftribuées pat
nombres correfpondans & par ficelés, depuis fe iv*.' jufqu’au
XVII®. ou alphabets généraux des lettres curfives d’Itdie ,
de France , d’Allemagne , de la grande Brétagne & d’Efi-
pagne, pag. 340.
Planche XXIV. Ecricutes primitives des Etrufques , La-
t'ms & Romains. Première clafTe , où font renfermées les
écritures latines lapidaires , métalliques &c. i. 1 1. 1 1 1.
IV®. genres avec leurs. foudivifions , pag. 539,
Planche XXV. Ecritures latines ou romaines , renfermant
les V. VI. & vil®. genres de la première divifion des capi-
tales , fans aucun mélange d’onciales , de minufcules , Sc de
curfives ; tirées des maires , des bronzes Sc des médailles
&c. pag. j6i.
Planche XXVL Suite de la première claflb des écritures
lapidaires Sc métalliques 6cc. où fe trouvent renfermées les
diverfes efpèces du vi 1 1®. genre de capitales à traits excé-
dons âcfupetflos, pag.
Planche XXVU. Genres ix. & x. de la première divi-
fiqn des écritures lapidaires & métalliques , ou font renfer-
mées les infcflptions en' pures capitales , extraordinairement
courbées , enclavées, Sc conjointes, pag. 594.
Planche XXVIII. Seconde divifion de la. clafTe des écri-
tures lapidaires & métalliques SCc. renfermant le i. &le ii.
genre des lettre; capitales, mêlées d’onciales Sc de minuf'
cules , ' ' pag. tfo8‘.
Planche XXIX. Genres ni. iv. v. vjT. de U fécondé
TABLE DES PLANCHES. xliij
Divifion des écritures lapidaires & métalliques , contenant
des infcripcions mélangées de lettres curfives , renvetfées ,
couchées , tranfpofées, irrégulières , grcques, pag. 6it.
Planche XXX. Genres vi i. & vi 1 1. de la fécondé di-
vifion des écritures lapidaires & métalliques , où font com-
prifes diverfes infcriptions en capitales , mêlées de lettres
barbares , hétéroclites , grcques ; enclavées , conjointes , ir-
régulièrement difpofées. pag. 641.
Planche XXXI. Suite de la première clalTe des écritures
lapidaires & métalliques , contenant le ix*. genre de la fé-
condé divifion , où l’on voit les mélanges des lettres onciales,
minufcules &c curfives , avec les capitales enclavées & con-
jointes , pag. ^ J a.
»
Planche XXXII. Troificme divifion des écritures lapi-
daires & métalliques , contenant les cinq premiers genres
de majufcules gothiques modernes , où l’on repréfente le
commencement , le progtès Sc le règne de ces caraâères ,
pag. 667.
Planche XXXIII. Suite de la première fubdivifion des
écritures gothiques , contenant les plus malfives , irrégulières
&: mélangées , tirées des métaux 6c des marbres, ii*^. Sub-
divifion renfermant la minufcule gothique & les autres con-
temporaines , lapidaires , métalliques 6cc. p. 68a.
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nouveau
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CiuJferic a/imir ^tutin a l <iif*ntihfi l*ihn Cr^. Tm^^-
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ATv ■
I
NOUVEAU TRAITÉ
DIPLOMATIQUE.
SUITE DE LA SECONDE PARTIE ,
Où l’on continue de donner Us éUmens de cetteS cience,
Ous avons fini le précédent volume , en
remontant aux fources , d’où les lettres font
émanées : nous les avons vu le partager en
divers canaux , & le répandre d’abord lùr les
contrées les plus proches de leur origine. Nous
alons voir dans celui-ci les progrès , qu’elles
ont faits vers l’Occident , comment elles en ont renouvelé
toute la face , combien elles s’y font multipliées. Oublions
toutes les écrimres du monde , pour nous ocuper de celles
Tome U. A
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s NOUVEAU- TRAFTÉ:
d’Europe. Atachons-nous particulièrement aux Latinei : ellèt.
nous font propres , & nous intérelTent par une infinité d’en-
droits.. Suivons les depuis leur naiffance jufqu’à nos jours ,
fous toutes, les formes , qu’elles ont prifes , dans toutes les -
révolutions, qu’elles ont éprouvées : nous ferons dédomagés-
des travaux inconcevables , où il a falu nous eng^er , pour
débrouiller ce calios ; fi le Public en recueille des fruits , qui
aient quelque proportion avec nos peines. Sans parler de bien
d’autres avantages , qui fe feront fentir dans la fuite ; le génie
des écritures-, & la figure des lettres ne feront pas d’un petit
fecours , pour découvrir le.tems de la plupart des manufcrits. .
L’utilité des obfervations , qui fixent l’age des écritures par
leurs caraébcres fpécifiques^, éclate encore plus à l’^ard de cer-
tains ficelés , où il étoit rare , que les dates ftifT^ apofées-
aux chartes. .Mais , quand il s’agit de pi^cs fauflèis ou fufpeéfes^ .
c’eft alors fur-tout que le caraûère des écritures, avec toutes,
fes circonftances , fournit à la critique les armes les plus vio-
oorieufèst
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1
DE DIPLOMATIQUE: f
II. PARTIE.
SfcT. ni.
SECTION III.
Lettres Latines , leur origine , leurs formes , leurs
tranfmutations : alphabets généraux : divifon de
nos écritures par cl^es y genres , ejpèces : révolu-
lions quelles ont effuyées en divers pais , en difé-
rensjiècles : quels effets & quelles variétés ont
produit les liaijons & conjonaions des lettres , les
abréviations des mots ? Ufage des fgles , des
notes de Tyron & autres Jignes : recherches Jiir les
nombres ou chifres y fur la ponSuation , les accent
& certaines figures , qui entrent dans l'écriture ,
qui lui fervent d’ornement , & qui concourent k
■ déterminer le fiècle , auquel elle apartient : prin-
cipaux avantages , qu on peut tirer des matières
traitées dans la préfente Jeclioa,
Ne laifTons pas tout-à-falc en (ufpens l’efiirlt du
leâeor fur les détails , auxquels il faudra (e prêter
touchant l’origine , la forme , & les tranfmutations
des lettres. Ces claffes , ces genres, ces efpcces d’écritures ,
qui vont l’ocuper dans la fedion , où nous entrons , lui pré-
lenteront des images & des fyftcmes d’un goût & d’un en-
chaînement fi nouveau ; qu’il pouroit croire n’avoir rien vu
de pareil dans les monumens antiques : quoique tout notre
travail en ce genre fè réduife à les copier avec choix ,& à
les ranger avec ordre. Peutctre meme ferok-il plus étoné ,
que fatisfah d’un fi grand apareil de planches & de recher-
ches ; s’il en ignoroit l’ufage , 6c s’il ne voyoit pas , de quelle
importance il eft , qu’il ait fur toutes ces chofes des idées
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II. PARTIE
St CT. III.
4 NOUVEAU TRAITÉ-
nettes & des conoifTances exaftes. On fe livre avec phis dd
confiance à une leûure , dont l’utilité nous eft connue.
En attendant des éclaircifTemens plus aprofondis, réfervés
pour les endroits mcines, où nos anciennes écritures feront dé-
velopées mifes fous les yeux du Public : nous devons fpé-
cialement lui rendre compre des raifons, pour lefquelles , au
lieu de fuivre l’ordre des tems , dans l’arangement de nos
modèles ; nous paroifTons nous atacher à des fyUcmes , dont
le feul nom femble devoir aujourdui mettre en garde tout le
monde contre l’erreur ou contre l’illufion.
Notre ouvrage réimit deux méthodes , la fynthétique &:
l’analytique. Celle-cî^îon vient particulièrement à nos derniers
tomes. En y rapelant les formules des aftes à certains chefs ;
on ne laiflera pas de procéder à bien des égards , félon les
règles de l’analyfe. La diplomatique pour lors devenue hif-
torique , fera nécelTairemenr alfujettie à l’ordre dcs tcms. Il
n’en ell pas ainfi de la diplomatique élémentaire , qui fera
le fujet du préfent volume & du fuivant , comme elle l’a déjà
fait du premier. Elle doit principalement être guidée par
l’autre méthode , qui n’eft point ennemie des fylièmes bien
entendus. 11 eft de fon efl'ence d’envifager le tout ;. avant que
de s’ocuper de fes parties , d’arcter fes regards fur l’arbfe en-
tier, avant que de les porter (ucceflTivement fur fes branches,.
& d'en examiner jufqu’aux derniers rameaux. Ce n’eft qu'en
ce fens, qu’on peut attendre de nous des fyftèmey. Donner
en fait d’écritures de l’ordre à des modes , à des manières ;
des Vues^ générales defeendre aux paniculières ; du grôs pa(^
fer au détail ; voilà quelle eft notre façon de bâtir des fyC-
cèmes. Sous ce point de vue , ils n’ont rien que de très-
innocent.
Il n’en eft pas des fyftèmes de littérature , comme de ceux,
de phyfique. On ne peut manquer de s’égarer dès qu’on,
veut pénétrer le fecret de la nature , dont Ibn auteur s’eft.
rélérvé la conoiftance. Mais réduire une fcience en fyftcme
c’eft en faciliter l’étude à ceux , qui prétendent s’y rendre
habiles. La phyfic^e meme , quand elle fait fe borner à des
fyftèmes de dénombremens, à conftater l’état des erres., leurs
qualités , leur utilité, leurs raports : loin de travailler en vain
four cette vie périftable j peut fervir avancageulëxnenc ai^
Digi!i":xi by Googh
I
DE DIPLOMATIQUE/ f
feul folide & vrai bonheur de l’homme. Elle fournit des
armes à la Religion , fait admirer la fagelTe du Créateur
dans fes ouvrages , excite dans un cœur chrétien les plus
vifs tranfports de refpcél , de reconoiflance &: d’amour, pour
cette Majefté bienfaifante , qui fe fait fentir de toutes pans,
& dont les perfeélions infinies font peintes jufquc dans les
plus foibles produdions de la nature. Si les fyftèmes & les
hypothèfes memes de phyfique ocafionoient des fentimens fi
purs ; ne feroit-il pas jufte de fe réconcilier avec les uns &c
les autres ? Quand les fyllcmes ne meneroient pas fi direc-
tement à Dieu : ne fufiroit-il pas qu’ils lui fuflent raportés pat
amour , pour être irrépréhenlibles : puifqu’on ne fauroit rien
lui raporter de mauvais î
Mais fans infifter fur la fin des fyftcmes ; à ne les confidé-
rer , que du côté des moyens les plus propres à faciliter l’a-
quilition des Iciences : n’a-t-on pas réduit avec grand fiicccs
les animaux , les végétaux , les minéraux en dalles , genres ,
fou-genres, efpcces ? Quoiqu’on n’ait pas encore ateint à cette
précilion , capable de fixer la Cngularité &c la bifarerie de
certains êtres, qui, le refulènt opimatrément auxafibeiations,
auxquelles on voudroit les agréger : les fyftcmes plus ingé-
nieux les uns que les autres , inventés, pour tout aftujétir à
des dénombremens Icientific^ues , ne laiüent pas d’avoir leut
mérite. Leur utilité fe manifefte à proportion qu’ils apla-
niftent plus de dificultés , qu’ils fervent a mettre plus d’or-
dre, & d’enchaînement dans nos idées. Si foqs cq coup d’œil
on, peut; rédqirç en fyftcme certaines portions des ouvrages
ou Créateur ;'on pputà plni forte raifon y foumettre ceux
de^,créacures , les diylfer , les fubdivifer , en décrire .les ufa-
ges , les goûts, les modes , conformément au génie de? di-
vefrs.fièdcs Sc des diférentes n^om. Ce que l’on peut en
géqéral, par report 4ux fcîer»çe$&. aux, arts ,.on le peut en
particulier par tapott i' celui d’écrire. Il n’en eft point ^ qui
ait .porté plus loin la yariété , qui ait plus fouvent diangé,
de forme , qui ak éprouvé plus de viciftitudes. Quelques tra-t
vaux que, de trcs-habiles gens aient entrepris en genre ÿ
tout refte encore a faire du côté de la. méthode. Ce font dei^
matériaux épars , qu’il faut ralTemblet , pour^en cqnftruirc
^ édifice,. où règne l’ordre , la fymmécrie Sc l’unité»
II. partie,
SsCT lil,
Digi ^ ‘V- C--
Il Partie.
«ICT. III.
t NÔTTVËAlT TRAltÊ
Parmi les diftributions diverfes , dont il efl ftifceptîble ;
nous donnons la préférence à celle , dont l’enfeinble réunie
plus de limplicité 6c de noblefl'e avec plus de coniodités. On
aime mieux tâcher de mettre les clafles des écritures dans
un bel ordre , que de les ramener à des idées trop fyftémati-
ques. Rien de plus fimple , rien de moins afeûé , que la dit
tribution de nos écritures. Les marbres & les bronzes d’une
{>art , les manuferits de l’autre , enfin les aétes & les diplômes
es diviiènt ,en autant de clafles. Ce font comme les trois
régnés de la nature , où fe trouve renfermé tout ce qui vé-
gète , tout ce qui vit , 6c tout ce qui refpire. Ces grands ob-
jets fixenr tout d’un coup les idées , fe laiffent faifir fans éfort,
gravent dans la mémoire des traces profondes 6c prefqu’iné-
taçables.
La diftributlon des écritures en majufculcs , minufcules 6£
curfives n’a rien de fi faillant. D’ailleurs chacune d’cntr’elles
(c réproduit Ibuvent fiir les marbres 6c les bronzes , dans les
manuferits , dans les diplômes. On les voit toutes concourir*
plus d’une fois dans la meme pièce , dans la meme page. A
s’en tenir à cette diftribution ; le paflage feroit fréquent des
marbres aux manuferits , 6c des diplômes aux bronzes. De-lk
naitroit la confiifioti 6c le défordre dans les idées : au lieu
^u’en fiiivant notre méthode , tout eft à la place, tout favo-
rife les opérations de la mémoire. Nous commençons donc
par les écritures lapidaires 6c métalliques , nous continuons
par celles des manuferits , nous finilTons par celles des char-
tes. Leurs mélanges enfrntent des fubdivifions , comme leurs
difërcnces produiTcnt des genres 6c des efpoccs.
Que tout y foit réglé fiir la nature des choies ; fans que
jamais il s’y glifle rien d’arbitraire : on ne doit pas l’exiger
en rigueur , nous n’olbns pas meme l’elpércr. Il eft allêz di-
ficile de réduire en méthode des ufages , où le caprice des
nations 6c des particuliers eut tant de part ^ fans laiffer rien
échaper, qui s’en reflente. Les produftions de la nature, toutes
formées 6c difpofées qu’elles font par une fagefle fuprème ,
n’ont pu jufqu’à ce jour être expofées fyftematiguement
fans mclai^e de vues 6c de divifions' arbitraires. Si c’eft ua
défaut dans la defeription des êtres créés 6c ordonés avec
«me de poids 6c de mefure j U eft aftlirémeac fore -léger , s’il
Di., i. «d by Google
DE DIPLOMATTQ'ÛE. ?7. _
•n’eft pas nul , dans un fyftème -de modâ , d« tàsa&èm àc *J
de rapoits , auxquels le halârd phxcôt qu’ùuaîn defleinipr^- n. p'autie.
médité lêitible aroir donné nailtance. 'Mais quand meme ce i ii.
feroit un vrai défaut , il éft .peucccie nécelTaire ,* il eft au
moins racheté par des avantages 'tnen réels. Quand-ce défaut
devroit être mis uniquemenc fur notre conque j tout lefûc-
-cès pofühle , du côté de la précifion , -fùt-il ordinairement le
prix d’un premier-coup d’elTai i Combien moins le pouroit-
il être dans tme matière fi vafbe & il dificile ? Le grand ob-
jet eft de la traiter avec méthode. L’a-t-on trouvée cette mé-
" chode ? Quelque imparfaite qu’elle foit fiipofëe , on a couché
&u but. D’autres moins ocupés{x>uront4a.porcec au degré de
perfeftion , dont elle eft -fulceptiHe.
Quoiqu’il en foie : les caraétères diftinâifii les plus irapans
n’étant pas toujours les plus généraux ; leur dîfcertiemeht a
dû nous donner beaucoup d’exercice , & h’a pu être fc réful-
tat , que d’une longue fuite de combinaifims. ,
Mais quel fera le fruit des détails , où nous nous enga-
geons fur les lettres , fur les écritures Sc tant d’autres objets î
Ce fera de favoir aprécier les antiques , de juger fainement
de Page des anciennes inlcripcions , des manuferits & des
chartes fims dares , de rendre homage au Vtai , dès qu’il fe
préfente , de réprouver le faux avec conoifiàace de caufê , de
banir les critic^ues téméraires & fuperficielles , de laper le
pyrrhonifme hiftooqae par les fondetnéns de former des
antiquaires. Quoique tooeea les parties de notre ouvrage
ceucottient à ces 6as ;t! n’en eft aücuDè qtd puift en fournir
des moyens plus fûrs& plus multipliés ^quela^âipn préfente;
s’il efft poilue d’y traiter tour cb qu’elle anonce^ans letâne.
Le détartl de la feiraae des teores , les diverfês lottes dlé-
critures , les abréviations [éosou mém nombmtfes, lêicmia
diverficé des fiècles & la nature des ouvrages , Pédat des obi-
fres anciens , l’incrûdoâion des* nouveaux , la figure éts
points, leur omiinon , leur qfk^ plus ou moins étendu , ;ta
difttnéhon des mots , les oorreaieos fiâtes en divers temsatUc
manuferits & une mifinité d’autres obfervations n’aaiDicBOt
pu manquer de répandre de grandes lumières fin: un fujsc
aufli intére&nc <£ tout neuf ; s’il eût été n!unié par
des hommes , dantle tbeoe du génie , la multiplicité des
Digiî.tûd by L '-Ogk
II. PARTIE.
Sic T. III.
* .NOUVEAU TRAITÉ
talens & la variété des conoi/Tances euflent eu quelque pro-
porcioD avec fon étendue & fa profondeur. Mais s’il ne nous
eft pas donné de réullir fur tant de matières réunies ; du
moins ell-il de notre devoir de vifer làns cefle à ce but. Une
entreprife d’ailleurs aufli vafte que la notre , envifagée dans là
totalité , ne permet pas de franchir les bornes étroires , où
chacune de fes parties doivent être reflerrées. Nous ne lailTe-
Tons cependant pas de nous étendre alTez , pour ceux , qui
n’exigent pas toujours , que tout foit épuité..
CHAPITRE PREMIER.
Origine immédiate des lettres latines : additions anr
ciennes & nouvelles à V alphabet primitif ^ réelles ou
fupofées : lettres tranfportées de Grèce en Italie :
fyjlème de M. le Préjident Bouhier fur leur nom-
bre & fur l'ancien état de l’alphabet : lettres de l’em-
pereur Claude : partage des favans fur celles du Roi
Chilperic I : nouveaux écUircijfemens fur la f-
gure y tufage , & la valeur de ces caraBères.
SI les lettres latines doivent leur nailTance aux caraâères
orientaux ; elles l’ont fucceffivement donnée à ceux de
prefque cous les Peuples d’Eutope. François , Allemans , Po-
îonois , Efpagnok , Anglois , Danois , Suédois , Italiens ,
nous n’employons point de lettres diférentes. Nos écritures
communes & nationales reconoiffent toutes le même principe,
toutes anoncent le même génie , toutes portent la même
forme & la même figure. Parmi les Européens , chez qui les
lettres latines font en ufage ; ceux-ci n’en ont jamais eu d’au-
tres : ceux-là les ont adoptées , au préjudice de celles , qui
leur étoient propres : tous y font revenus plus d’une fois ,
après s’en être écartés en diverfes manières. Ce ne font point
feulement nos capitales, que nous tenons des Romains ; nous
ne leur fommes pas moins redevables de nos écritures mi-
nufcules & curflvés , fous quelques formes ic dénominations
qu’elles
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DË DIPLOMATIQUE-, 9
tpi’elles foient connues. Apres des aveux fi précis , les fages
Italiens peuvent-ils envier à Charlemagne rhonneur de leur
avoir rendu leur belle écriture , qu’ils avoient comme nous ,
& peutêtre plus que nous perdue en la défigurant ? Il ne doit
point leur paroitre honteux de tenir quelque chofe des Fran-
çois ; fi nous ne devons pas rougir d’avoir tant reçu d’eux.
Article Premier.
Lettres Latines aponies de Grèce en Italie : leur nombre che^
les Grecs If les Latins : additions anciennes faites
à leur alphabet primitif.
I. A N E confidérer, que les raports généraux des caraûcres
Xa. Phéniciens , Ettufques , Latins , fie le commerce des
Sidoniens fie des Tyriens oans la Méditerranée ; rien n’em-
Scche de croire , qu’ils ont eux-mêmes porté la conoilTance
e leurs lettres en Italie, Mais les ( 1 } premières colonies
( I ) Fond^ Tur les témmgnages des an-
cteas , M. Goti dans les Prolteomènes de
Too Uufium Esrmftmm p. L. écablic comme
nn fait coadaiR , que les premiers ,‘qui
oeopereoe l'Iralie^ Aufones ou Aura nets ,
Pélarges , Arcadiens, Oeaotriens <i Tpr-
thdnkns , dtoient Tortis de la Grèce. Sur-
qaoi il renvoie à une DilTercacion f * J de
Théodore Ride , qu’on lâic avoir pris on
parti fort difèrtnede celui de (i) Clavier ,
anfujee des premiers habluos de l'Italie.
Notre habile Antiquaire reproche i Ta-
cite d'avoir fait communiquer aux Etnif-
3ues par Oèmarate l'ufaec des lettres ,
ont ils étoient en pollcnioo , long-tems
avant la naidance de ce Cotinihien , &
plus de trois ficelés avant le liège de
Troie, On pouroit peutêtre bien en ra-
batte au moins deux , làns craindre d'ftre
convaincu d’erreur chronologique par ce
lavant homme.
D. J. Manin dans iôn Ui^clrt fts Cm-
dtiGMMloiiX. i. p. 17t. & dans fa
première Dijf. h^arijitt p. 7. rèveodique
■ux Gaules les Aufones , Aarunccsou Ar-
vemes ; ainC que les plus anciens habitans
d'Italie , Aborigènes , Ombriens , Teu-
tons, Sicuirs. Selon lui , ccs colonies
Tome fl.
Gaaloifes ont fait de cMtMffhes {<)
Grtts , mntérifttremfnt su ttmt quê ett
mimti cMfMàhrtt »nt été pwtét dsm l*
Grèce, Voilà , concioue t'il , une de ces
vérités étmhliés fttr des principes , qm*en ne
ptm rejeter fntu fe breuiller nvec tome t An-
tiquité. Les Gaulois s^nnt peurmnxime (d)
fendnnsentnle de ne rien écrire ; en m igneré
jnfqus Cé/nr, nen feulement , fils sveient
des cmrnÜères « mtsts encere pefi quUs tuf-
ftnt itt (mrsUerei , ^KtUt m iuil t» fttmt.
La conciliation de ces deux vmWr ne Te
fera peutêtre pas fentir à cous les favans
aulfi vivement , qu’à leur auteur. Peutêtre
même fe trouvera-t-il des efprin , qui
auront peine à concevoir , comment des
lentes pouvoienc être Grèqoes , avancd'ê-
ire connues des Grecs ; comment elles fe
confervoienc au milieu d'un peuple , qui
avoit pour maxime de ne rien écrire : 8C
rupofê qu'il en fit quelque ufage 1 com-
ment je la forme (c I cxiltcnce même des
caraâères Gaulois , quoique plus anciens
que Cadmus , quoique répandus en Italie
par les colonies Gauloifes avant l'arivée
des Pélafges , ont été ignorées de cette
multitude de peuples d'Europe , d'Afie je
d'Afiique , avec qui les Gaulois avoicot
II. PARTIE.
$ E c T. III.
Ch Af, I.
Origine des let-
tres Latines : clins
ont palK de Grèce
ça Italie.
{» ) üt frimit
hMU hUiùs CMf.
7.
(h) IiMlUsnti^,
lit. ).
Ç t) Dijfert. X.'
bîfior.f. 19,
{f) liif.f. I*.
& I#.
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II. PARTIE.
SBC T. ni.
C H A B. 7,
A'X T i c 1 1 J.
{a) s. CyprÎAH.
éU Idoi.vAmt^im-
tu»
(b) QrAmmsii^
tà LAtinA •fiudio
HtliAputfehisHA-
nrvtA Uoy. 4*.
MAximi ViÜor'in*
4e re GrAmmstuÀ
h *>44-
(f) DioHyf. H4-
/if- lit. I . .Hfgin
cap.
itb. J.
{4) Ijider, erig,
I. r. ^.Macreb.
SAt$fmAl. itb, X..
e. f» Marsuj Vie--
tùr,col. 1448,
(f) AtrnAl. tih.
4..
,ô NOUVEAtT TRAITÉ
étrangères , qui l’ont peuplée , la conformité rigoureulè Je
fes lettres avec les plus anciennes des Grecs , fes monumens-
des tems les plus réculés , où l’on retrouve le fond de la lan-
gue Grcque, & les témoignages fans nombre des auteurs , de-
puis deux mille ans , ne nous laiflTent pas la liberté de chercher
ailleurs , que dans la Grèce , l’origine immédiate des caraéleres
Latins , Etrufques' , Pélafgiques , Arcadiens. N’a-t-on mis en
ouvre que le Syriaque & l’Hébreu , pour expliquer les ta-
bles Eugubines . ôc les inferiptions antiques en lettres Tof-
canes î Les ténèbres , qui les envelopoient , lêmbloient s’é-
paiflit ; à proportion des éforts , qu’on faifoit , pour les dif-
liper. Rébuté du peu de fucccs de cette méthode ; s’eft-on
ataché particulièrement à la langue Grcque à fes dialeftes,
ainfi qu’à l’ancien Latin ? Des dificultés infurmontables fe
l'ont aplanies : on a commencé à pénétrer dans des myf-
teres , où tout demeuroit voilé , depuis tant de Cèdes, A des
'traits fl frapans , qui ne reconoitra la fource des lettres La-
tines , envilàgées fous toutes leurs faces î r
Il n’eft pas aufli facile de.fe décider fur le nom du prenaier
inftituteur des écoles Latines ; qu’il l’eft de montrer le pais, où
il avoit puifé la conoilTance des lettres. Les uns (a) atribuent
cet honneur à Saturne , les autres [b) à Hercule , la plupart
(c) à Evandre , d’autres (d) à Nicoftrate fa mère, fumommée
Carmente , quelques-uns à Mercure , pluûeurs à Janus. Ta-
cite partage (e) entre Evandre & Démarate la gloire d’avoir
enlèigné les lettres aux (i) Aborigènes & aux Etrufques.
eu tant d'afaires & de raports^pcadanc une
£ longae fuiic de ficelés. L'hooacardc la
France fecoit rouhaiter , que le Fond de
ccRc opinion fe iroüvâtapuyc fut des (on-
démens alTcz folidcs , pour réunir an jour
tous les fufrages.L'autcur, qui a fait des ce-
ckctchesfi extraordinaires 8c finombreu-
fes , téferre aparamment fes plus fortes
preuves pourladificrtatioa.qu'il nous pro-
met fur la conformité des langues Of-
que 8c Gauloife. Engagé i faire voir au
public , djHt Ia ÎAn^ut dts Oftts ttoit
frtfit peur ruet Ia lAngue det Cehei , outre
l'avantage , qu'if prétend en tirer , pour
prouver , que les Romains font d'origine
Celtique ; il nous femble , que notre lan-
gue poutüit y gagner beaiicoup.EnfuiYant
cette veine dans toutes fes branches ti
rameaux on parviendroit peutêtre i
donner des notions plus jufies de la bar-
barie de nos anciens monumeos , bronzes, .
marbres, manuferits , diplômes-, on rc-
monteroit à la fource du François : une
langue originairemenc commune à plo-
lîcurs peuples d'Italie & des Gaules , nous
convainctoit , qu'its fortent de la même
Touche : notre langue paroitroit moins
une langue nouvelle quant au fond , que
quant à la forme.
. ( r ) Suivant Denis d'HalicamalTc, liv. s.
Tonifiés par des renforts de Pélalges te
d'autres Grecs ; ils chaflerent du Latium
les Sicules, qui palToicot pour en avoir été
les p^eraicnuatuMBs.Sailjp(éiaoignagc9-v
Digitized by Gôogle
T5E DIPLOMATIQUE. ti
XJne fi grande diverfité d’opinions en laide fabfUlerune,
qui les réunit toutes. L’Italie , de l’aveu des anciens &c des
modernes , a reçu Ces lettres de la Grèce. Des peuplades de
Pélafges ôc d’Arcadiens , qui fe font fuivies , les ont-elles
aprifes aux nations, qui les avoient précédées en Italie : ou,
ce qui pourtant ne paroit pas meme probable , fes plus an-
ciens habirans en étoient-ils inftruits , lorfque les nouveaux
y fondèrent des établilTemcns ? L’origine des lettres eft tou-
jours la meme : la Grèce n’en a pas moins l’avantage de lut
avoir donné fon alphabet , fa littérature , les fciences Sc les
loix. Mais les raports de limilitude des anciens caraâères
Grecs & Latins Ibnt-ils aülli réels, qu’on nous le fait en-
tendre ?
IL Que récriture Latine originairement dérivée de celle
des Orientaux fût exaâemeat la meme , que celle des an-
ciens Grecs ; nous en avons pour garans (a) Tacite , & (é)
Pline l’Hiftorieru Jls avoient encore fous les yeux une
foule de monumens publics , propres à conftater la relTem-
blance primitive des lettres Grcques & Latines. Le premier
n’y apercevoir nulle diférence : forma litteris Latinis, difoit-
il , qua veurrimis Gracorum. Pline donne pour preuve de
leur conformité une table d’airain du premier âge , tranf-
{)ortée de Delpheau (i) Palais de Rome. S’il ne dit pas , que
a (i) relTemblance continuoit d’être parÉiite ; c’eft que les
lettres Latines de Ion tems , comparées aux anciennes , n’é-
toient plus tout-à-fait les memes. AulTi Tite-Live fupofe-c-il
-quelque dilTemblance entr’clles ; lorfque parlant de certaines
rinferiptions (c) Latines , il fait oblêrver , qu’elles étoient en let-
:tres antiques. Quintilien ajoute, qu’elles n’étoient pas (d) à cous
-Je Porcîus Caton & de Caias Sempro-
AÎus , les plus favaus d'entre les Romains ,
^ plus encore fur la foi d'Anriochus His de
Xenophane» qui avoir conTulcc d'anciens
monumens ; le meme auteur recarde les
Aborigènes» comme de.s peuples d'Acliaie
oud'Arcadie» qu'il croit Ocnotricns.Quoi-
que originaires du pais de la Grèce» oii les
lettres turent le plutôt connues; lU n'en
avoient pas la plus légère teinture » avant
Tarivee cTEvandre en Italie» au jugement
4e Denis (niaUcaiaglTc: puifquc c'cApar
ce Prince Arcadien , qu'il leur fait com*
muniquer la conoiiîance des lettres. Ainlî
quand les Oenotriens & tes Aborigènes
(orcirent de Grèce , les lettres ècoicnr pour
Tes habitaas un phénomène inouï. Voila
ians doute un préjugé bien fort contre les
prétendues Ictues Attiques Sc Pclafgica*
nés, anterieures à Cadmus.
(i) Il écoit dans fa X. région.
(x) Vittrtt Grâcéts
^«4 nmic fu»s LsiinÀ,
B 4
II. PARTIE.
Se CT. III.
Ch A 7. I.
AXTlClt I.
Re/Temblancc ou
même idcncicc Jcü
lecEces Latines 1er
plus antic|ues avec
les Grcques du
même âge.
(m) Aans/. IH,
XI. ». 4.
(i) Lit. 7-f J».
(0 T.ih. nt.
t. J . tdit. Cnnro,
(d) I«/l. M. 4.
«»p. 7.
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II. PARTIE.
SlCT. III.
Cm A P. I.
JLkt 1 cxi I.
l») PnUttr.
Gr*c.f.
Vt NOUVEAU TRÀlTf
égards conformes à celles de fon rems : nec fimiUs hîs noflrîs
earum forme fuerunt : texte qu’il ne faut pas trop prelTer.
Quelques modernes ont prétendu retrouver l’écrirure des an-
ciens Latins dans les caraftères Attiques. Mais où (ont ces.
caraûcres certainement & purement Attiques des premiers
tems ? Si l’on en montre de quatre à cinq cents ans avant
J. C. ils difcrent peu de l’écriture Grèque ordinaire du meme
âge. On avoir beaucoup compté lùr les colones Hérodiennes.
On en eft revenu , depuis que les uns n’y voient , que des
lettres (a) Ioniques ; les autres , qu’une infeription du- fécond
ficelé , dans laquelle on a , dit-on , mal rendu les anciens
caraûcres Grecs en général , qu’on afeûoit d’imiter. S’apuyer
fur ces colones , comme fur de bons modèles des anciennes
lettres , foit Attiques , foît Ioniques : c’eft , félon M. le Pré-
fident Bouliier , donner dans une infigne méprife , quoique
d’après les Scaliger & les Saumaife. Au furplus il faur le con-
foler du peu de fuccès des tentatives faites , pour difeerner
les anciens caraélères Attiques des Cadméens. Cette diftinc-
tion eft au fond peu nécelfaire , & probablement (i) impof-
fible. Peutêtre n’eft-on pas mieux autorifé à confondre les
chifres Latins avec les Attiques. On ne fiiuroic pourtant y
méconoitre de vrais raports , une manière de procéder prel-
que uniforme , une opofition égale aux chifres des Orien-
taux & à ceux de la plupart des Grecs.
Mais fans s’atacher à certaine efpèce de caraÛères Grecs,'
plutôt qu’à toute autre jil nous fufit »ï montrer la reflemblance
(2) si les lettres Attiqoes Tont radica-
lement les mdmes, que les Cadméennes;
•n fent la principale caufe de cette im-
polEbilitd. Les unes & les autres , il cll
vrai , quelle cirentielletnent femblables,
auraient pu fe direrüfier avec la tems : &
c'eft fur quoi sous ne contellctoos pas.
Mais tant qu'on n'acoidera , que Icize
lettres à l'alphabec Attique rimpoHibili-
td de le dillingucr du Cadm^en poura
bien rdüAer à tous les monumens décou-
yens & i découvrir, St l'on le contentoit
de ceux , qui précédèrent la pcrmillion de
faite ufapc dans Athènes des lettres lo-
niqucs;ce qu'on cherche depuis deux cents
ans , on pouroit peutêtre le trouver fur
■enuibte deNoimcl , confctvé daru le
Cabinet de l'Académie des Belles-lettres.
Il renferme ces lerrres ABA^EXHQ
IK^MNO^ft^Ty®X. Mais
comment fe pctfuader , qu'il ne manquât
àl'alphabet Astique , que les lettres 3C*0;
Si d’un autre côté cinq dès nouvelles s'jr
étoient déjà glilTées ÿâquoi bon faire
tant de bruit pour trois, qui en étoient
exclues } Pourquoi Axer , comme a fait
Eusèbe , l'époque de l'iunoduétion de
huit lettres chez tes Athéniens à la 94.
Olympiade, c'ell à dirc 40). avant J.C !
Dès Pan 457. avant l'Incarnation , ne les
empleyoient-ils pas prefque toutes , jul-
que dans les monumens, drelSs par l'au-
torité publique , tel que celui , dont OB.
vient de repiéfcatcrlcs Iccuea l
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1
DE DIPLOMATIQUE; rj
des lettres Grcques en général avec les Latines , pour con-
ftater l’origine immédiate de ces dernières. Or qu’on jette
la vue lür l’alphabet Grec , tel qu’il s’eft conftamment fou-
tenu , depuis plus de deux mille ans ; n’y reconoit-on pas du
• premier coup d’œil ces douze lettres Latines ABEZHIKM
N O T Y ? Qu’on cherche enfuite les autres , qui femblent
diférentes ; non fur les monumens Grecs du bas ou du moyen
•âge ; mais fur ceux de la haute antiquité , bronzes , marbres-,
médailles : n’y trouve -t -on pas aifément ces autres let-
-tres Latines CDFLQCJRSV ;au lieu de celles - ci
TASTa^PSY, quoique pourtant plus ordinaires ?
D’ailleurs les anciens f des Latins ne dircroient point de
ceux des Grecs. Tels, ou à peu près , oh les retrouve encore
fur bien des médailles Latines, jufqu’au fécond fiècle. Comme
chez les Grecs on voit des Y fans pié ; chez les Latins on en
• remarque avec un pié , lors meme qu’ils ne peuvent être que
des V. De part &c d’autre on a des C & des r mus cette forme
• E carée. Si les anciens Latins ne fe fervirent point du © : ce
• que nous ne femmes pas à portée de vérifier pleinement ; les
Etrufques en firent grand ufage. Les Latins memes des tems
poftérieurs afbâèrent en diverfes ocafions de lui donner rang
dans leur écîiture. Refte le s des Grecs , dont les Romains
femblent avoir totalement changé la figure. Avant que la
mode eût prévalu de l’employer , pour rendre les deux con-
fones , qu’il réunit ; les Grecs exprimoient leur double fou
tantôt par K S, & tantôt pat X S. A leur exemple , après avoir
d’abord peint le même fon par X S , comme le démontre la
VU. table Eugubine ; les Latins fe contentèrent de la pre-
mière de ces £ux lettres , pour figurer leur X. Ainfi l’on ne
peut fouhaiter une plus parfaite reflemblance entre toutes
les lettres Grèques (i) & Latines , prifes d’apres les monu»-
mens de la vénérable antiquité.
(i) Lcj râpons des lettres Grcques &
Latines font fi grands ; qu'on ne lauroic
manquer de pafler fans celTc des unes aux
autres, quand on traite de leur origine.
C'eft ce qui nous cft arivé plus d’une fois
dans notre premier volume , au fojet des
lettres Grcques. Il s'agit ici des Latines.
Si nous ae pouvons dvitet de tevenu feu- '
vent fur les Grcqnes nous faifons dn
moins enfotte de ne pas nous répéter.
Mais pouioit on ttonver mauvais , qu'on
traitât plus à fond une matière , qui n’au-
roit ète qu'é'jauchèe î Qj'on fe rapcile
ue l’ècriijie cil la bafe Bc le fondement
e toute Irttèrature , & fpèeialcmcnc d'un
ouvtagc de la oaiaie du nêcse : ti foo
II. PARTIE,
Si CT. III,
Car. I.
Aaricis 1,
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T4
NOUVEAU TRAITÉ
II. PARTIE.
S te T. III.
Ch A». I.
.AUTICtl J.
■Syftcme de M.
,|e Ftdlidcnt
Mais , dira-t-on ; quoique communément on ne poufle pas
fi loin cette telTemblance ; il n’cft peutetre point aujourdui
de favant , qui la mcconoifl'e. II en cft peu , qui ne remontent
aux lettres des Grecs , pour découvrir l’origine immédiate
de celles des Latins. La gtande Jificulté confifte à fixer le
nombre (i) Sc des caraclères , dont les uns & les autres fi-
rent d’abord ufage , & des additions , qui furent fucceflive-
ment admilês dans leur alphabet. C’eft-là le feul point fuC-
ceptible d’éclaircilTemens conlidérables. Au milieu du par-
>.cage des anciens & des modernes & de ceux-ci entr’eux j
.c’efi furquoi l’on ne fait à quoi s’en tenir.
Sans prétendre concilier tant de fentimeiu divers ; nous
«elTairons de les raprocher , au moyen de quelques nouvelles
vues. Mais comme tout le monde n’eft pas égalemenot au
fait de ces difputes ; on ne peut fe dilpenfer d’en retracer
une légère idée. Nous l’emprunterons d’un auteur , plus iJ-
luftre encore par fon favoir , <^ue par le rang difiingué , qu’il
tenoit dans le monde : ou plutôt , a cet égard , nous nous bor-
nerons à l’expofition de fon fyftème , qui ne peut fe foute-
nir , que fur la ruine de tous les autres.
III. Quelques travaux qu’aient entrepris Scaliger , Sau-
maife , Voflius & plufieurs autres fur l’origine lettres
fcca charmi de voir l'origine de nos let-
tres , dibaralTrlc de tant d'opinions con-
traires , qui ne fervoient , qu'à l'obrcur-
cir. Qu'on Te demande en quel rems , le
de quelles contrdes de la Grèce ècoient
fortis les Peuples , qui rèpandirenr l'ufage
des lettres en Italie ; & l'on contiendra de
TimpolTibilitè d'en fixer l'époque , lâns
avoir décerminè en quelque Ëifon celle de
l'arivèe des colonies , de qui les Grecs re-
f orenr leurs premiers caradlcres.
(r) Certe dificulté fe trouve expofèe
|./. ]J. avec force par l'auteur (a) du Traité Jt
rincerlitutU tUiStùnctSf traduit de l'An-
glois. » A la véricè , dit-il , les lettres La-
n tines fcmblent dènvéesdes Gtèques , les
» Gtèques des Phéniciennes , & les Phé-
M niciennes des Hébraïques. On a tâché
*> de prouver cela , tant pat Philloire, que
M par le raport des lettres , en tournant
w les cataélères Hébreux à main droit* ,
<i)PaX-}4* aslcloa floue nuniitc d'écrire. Mais
» comment(é)répondre après à l'objeéUoa
n fuivante ! Cadmus qui npotta les lettres
•> Phéniciennes chez les Grecs n'en anor-
» U , dit-on , que feize. Il en avoir donc
» lailTé quelques - unes en arière. Car
» depuis que nous avons eu des écrits en
» Phénicien ou en Hébreu , Talphaberde
» chacune de ces langues a toujours été 6-
» xe , & de la même étendue qu'il eft à
» préfent. Ce qui ell évident par plulîeat*
» pfcaumes& chapitKS chifrtt par les lec-
» très de rtlphabct. S'il y avoir plus de
» certitude fut l'origine des lettres ; il lo-
» roit moins dificile d'en déterminer le
» nombre Sc d'en fixer la valeur : mais oo
» ne fait que décider fut ces deux pointas
» je les critiques font en grande dilpute
» à l'égard de quelques lettres , lavoir B
» c'en eft ou non «. Ces incertitudes jof-
cifient de refte les difcullîoas ,atU9UsUqfl
flous aloos BOUS livrcfl
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t>E DIPLOMATIQUE; if
<5rcques & Latines , fur la forme & la diférence des caraûcres
Ioniques & Attiques ; ils ne répandirent point fur un fujet fi
întérefiant ces vives lumières, qu’on avoir lieu d’attendre de
leurs recherches & de leur capacité. On croit toujours éga-
lement embaralTé à favoir , quel fût le nombre des lettres de
Cadmus : fi fon alphabet fiit le meme , tjue celui des Grecs
h'abitans de l’Artique , & des Latins , qui le reçurent d’eux.
M. le Préfident Bouhier frapé des contradiâions & des incer-
titudes , auxquelles on s’étoit livré jufqu’alors , propofa vers
le comencement de ce ficelé un fyftcme plus lié , que ceux
qui l’avoient précédé dans la même caricre. L’étendue de fa
dilfertation (i) ne nous permettant pas de la raporter ici
toute entière , on nous faura gré d’en donner au moins le
précis. Malgré l’eftime & les égards , que méritent les fenti-
mens de ce grand homme ; nous ne^ nous ferons pas fcrupule
dans l’ocafion de les explicjuer , de les reftreindre , de les com-
batre. Mais ce ne fera maintenant que par des notes , pour ne
pas rompre l’enchaînement de fes principes.
Nos lettres Latines originaires, non d’Egypté, encore moins
du Nord , mais de Phénicie , tranfplantées en Grèce , avant
Cadmus &c Deucalion , font abfolument les mêmes , que
celles des'Pélalges &’des Athéniens. Elles n’avoient point
encore de nom fixe , lorfqu’elles entrèrent en Grèce : fi ce
n’en que les Pélafges les eufiênt oubliés , au milieu du bruit
des armes & de leurs migrations continuelles. Au/fi les noms
des lettres Hébraïques & Grèques d’une paît ', & des Latines
(i) de l’autre , n’ont enfemble aucune afmité. Diodorede Si-
cile reconoit des lettres Pélafgiques ; mais il a tort de les
faire naître des Cadméennes. Loin d’avoir adopté l’.ilphabet
Cadméen , ou de lui avoir donné leur nom , les Pélalges fu-
rent les ennemis jurés de Cadmus.’ De maitres de la Grèce
qu’ils étoient , ils furent diflipés , cIialTés de contrée en con-
uée , exterminés , anéantis même en quelque forte , jufqu’à
II. PARTIE.-
SlCT. III.
Ch AP. I.
A A T 1 c n I.'
Bouhier fur ton-
ginc des alphabetf
Grec 8c Latin. Ce
dernier , félon lui,
plus ancien que le
Cadmeen , dont il
droit diferent, 8c
le meme que l'Ar-
liquc , fut aportd
en Italie pat ict*
Pdlafges.
(i) De ftri/ch 'Grâcerum ec tatînorum
huent DiJfertMtio. Elle efl à la fin de la Pa-
Idbgrapbic de Di Beto. de Montfaucon.
(i) Si l’on prouve , que les lettres La •
aines ne font point Cadméennes , mais
Attiques : parcequ'etles ne portent point
kt fionu Qttlfh» , h(t» I > tuais
iT.), Bé, Cr' : il faloii donc que les lettres
Attiques ne fulTent pas apellécs ttlfha ,
Hm 8cc. mais A , Bé8cc. Or c'eft ce que
pcrfonc n'a jamais dit , & ce que notre
iiabile Magilcrat n'auroitpas ofé avancer ‘
lui-mcmc. Voila donc un argunicnt,qu'oa '
peut couiocr ça preuve (ouuc loi.
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II. PARTIE.
Sect.III.
C H A P. I.
AftTIClE. I.
té NOUVEAU TRAITÉ
perdre leur nom : &: perfone ne contribua plus que Cad-
mus à leurs dilgraces.
On a COI) tondu avec aufll peu de fondement les lettres
Pélafgiques Cadméeimes , que celles-ci avec les Attiques.
Les Ioniennes au contraire ne fe diftinguèrent des Cadméen-
nes , que par le changement de quelques traits , & l’addition
de quelques caratlères.Au raport de Zénobius, Cadmustua(i)
Linus , parcequ’il enfeignoit des élémens diférens des fiens.
Il y avoit donc des lettres en Grèce avant Cadmus. £h 1
être autres , que les Pélafgiques ? Au tems de
faûions s’élévcrent en Grece , au fujet des let-
tres. Cadmus avec fes Phéniciens n’oublioit rien , pour faire
prévaloir fon alphabet : Orphée , Linus , Pronapide tenoient
pour celui des Pélalges , & s’opofoient à toute nouveauté.
De là l’atachement national des Athéniens pour leurs an-
ciens caraâères. S’ils fe prêtèrent dans la fuite à la commo-
dité des lettres Ioniennes ; ils s’opiniâtrèrent, pendant plus de
mille ans ,à les exclure de (a) leurs monumens publics : car
ils ne furent pas fort dificiles , à les admettre , dans leurs écri-
tures ordinaires.
Les Pélafges portèrent les premiers en Italie les lettres At-
tiques , qu’on apeloit aulTi Pélafgiennes. Ainli nulle difé-
rçnce entre l’alphabet des Attiques &: des Latins. Si ces der-
niers avoient reçu celui de Ca^us , auroient-ils négligé l’a-
vantage de fes lettres numérales , qui dévoient en être envi-
fagées, comme la (3) partie la plus elTentielle , & qui ofroienc
pouvoient-elles
Cadmus . deux
(i) Cent vengeance aonût^t^ plus na-
tvellc ; fi Linos eût connefaic les caraâé-
res de Cadmus, s'il en eût cbangd la forme,
QU s'il eût voulu fe taire palTcr pour en être
fauteur. Par de femblables maneuvres, l'o-
rigine des plus belles ddcouvertes fut cent
fais obfeorcie. De-U combien de cruelles
difpQtes parmi ley AriiAes & les gens de
lentes 1
(s) Si l'on en croit M. Boubier , les
Atbdnieas n^voient alots , <]ue feize let-
tres. Cependant l'on en trouve vingt fur
le marbre Atbdoien de Nointel. M. Gori
va encore plus loin, par rapon à l'alphabet
Etruf^ue. Il ofe avancer , <]u’il ne tut d'a-
Irotd compofiij^ue de douze lentes, &
enfuire de feize. Diftf» dtlV mlphtlti»
f. cxxxtv. lien juge aparamment par le
nombre d'dldmens , dont il croit , que les
Tofeaos pouvoient ou ne ponvaient pas
fe palfcr. On verra bientôt , fi l'on doit
beaucoup compter fur la force de cet ar-
gument.
(ÿ) Il n'étoit pas inutile de le prouver.
M. Boubier ne l'a pas fait. Quand nous
naiterons des nombres ; nous cfpdrons
montrer , que les lentes de Cadmus n'd-
toient point numériques , lorlqu'il les
apona, qu'elles ne le devinrent, qu'aprés
que l'alpbabcr Grec fat complet, & meme
probablement depuis Homère.
des
Diyi'izc“J by Googh
BE diplomatique; \j
3es commodités merveilleuiès , pour les opérations les plus
dificiles de rarithmétique : au lieu qu’il étoit prefque im*
poflible aux Latins d’en venir à bout avec leurs chifres. Qu’ils
aient emprunté ceux des Atti<]|ues , comme l’avancent Scau-
nis &c Prifcien , ou qu’ils les aient trouvés, en comptant fur
leurs doits ; l’arithmétique Cadméenne n’en fera pas moins
regardée comme poftérieure à celle des Latins. 11 eft de
principe , que les arts vont en fe perfeéÜonant. Les nombres
Attiques & Cadméens mis en parallèle ; les derniers font
incomparablement plus expéditifs. On ne préfère pas une
méthode fort embaraflante à une trcs-aifée ; lorfqu’on peut
opter , Sc que la tyranie de la coutume n’afTujétit pas à des
pratiques dificiles. Quel argument plus viélorieux , pour con-
ftater l’antiquité de l’alphabet Attique fur le Cadméen ?
M. le Préfident ne diflimule pas , qu’il s’élève contre une
opinion univerfellement reçue , en donnant aux lettres Grè-
ques & Latines une origine antérieure à l’alphabet de Cad-
mus. Il ne laiffe pas néanmoins de s’autorifer du fufrage de
Diodore de Sicile , qui fupofe des monumens littéraires en
Grèce avant Cadmus , & qui atribue aux Pélafges ( i ) des
lettres particulières ; d’Eufthate , aux termes duquel les feuls
Péla%es confervèrent l’ufage des lettres après le deluge * -,
de Paufanias , qui avoit vu l’épitaphe de Crotopus , contem-
porain de Deucalion. Telles font les autorités formelles du
l'avant Magillrat : fès raifonemens feront le relie.
Toute la Grèce fut apelée Pélafgie ; 'parceque les Pélafges
la poffédoient d’abord toute entière. Comme ils fe maintin-
rent principalement dans l’A nique ; les lettres Pélafgiques,
anciennes , indigènes , Anigues font les mêmes , fous difé-
rcns noms. Les Pélafges les introduifirent (a) en Italie , vers
le tems de Deucalion , ou du fiége de Troie. Auffi M. Bou-
hier rapone-t-il aux caraélères Aniques tout ce qu’ont dit les
(t) Diod«re leor aligne des lettres
propres , mats dont ils ^coient redevables
a Cadmus. Il parle de monumens anrd*
rieurs an deluge de Deucalion : mais Té-
po<]ue de ce deluge eft fort luTpcâe , &
Diodore a pu , comme tant d‘autrcs, tom-
ber dans onc faute de chronologie : EoT-
cbatc apuie le non de divins , doond aux
Tome IL
PélaTges , fur ce qu’ils avoient confervé
les lentes pdries dans le deluge de Deu-
calion : mais outre qu’EuIttiace efl bien
éloigné de leur tems ^ fon autorité pofe
fur un déluge , qui a tout Tair d’être une
fable ,& de navoir point d autre fonde**
ment, que le déluge univerfcl, plus ancien
que celui de DcucaUoa de 1 4 - à 1 5 - Hccies.
c
I 't
II. PARTIE,
Sect. III.
C H A P. I.
AftTlCll L
* De Dcuctliofl
rus doute.
{ A ) Pliftt
lit. 7.f. f(.
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JI. PARTIE.
SlCT. III.
C H A r. I.
A R T I C I. X I.
Conrînuation du
irfme (ujet Nom-
bre des lettres Pd
bfgiques , Atti-
ques , Latines ,
Cadméennes , lo-
siques.
t8 NOUVEAU TRAITÉ '
auteurs fur la reflemblance des lettres Latines & Grcque#*
IV. Selon la plupart des Anciens , les xuies & les autres ne
furent d’abord qu’au nombre de feize.. S. Ifidore en donne
dix-fept aux Latins ; mais il ne faut pas l’écouter. Ariftote
en compte dix-huit primitives chez les Grecs ; mais il faut
l’expliquer. Scaliger & Saumaife fe font trompés , quand ils
ont cru trouver dans les colones Farnefiennes d’Hérode les an-
ciennes lettres Atrit^ues , mal-à-propos apelées Ioniques pat
Scaliger. Les premières ne furpaficrent jamais le nombre de
feize;: & l’on en remarque dix-huit fur ces colones ; outie
le B ,qui n’y paroit pas, & fur l’exiftence duquel on ne peut
néanmoins former aucun doute. Loin de. cônfêntir ,qu’oa>
juge des lettres Latines par les (i) Aniques ; c’oft par celles-
là que M. Bouliier veut faire juger de celles-ci. S’en rapor-
tera-t-il aux anciens grammairiens ?■ Ils varient à bien des
égards. Ils font quelquefois entrer dans l’alphabet primitif
des caraderes., qu’il en exclut : ils en rétranchent , qu’il y
admet..
Il aime donc mieux établir pour règle , qu’on n’à d’abord em-
ployé,quedes lettres (z) abfolumentnéceuaires.Les autres ont
(t) Il femblE que pour en d^tetminer
la (igarc , on dcvtoit s'acaefaer an maibce
de Noiotel , pidfïrablcmcoc à tout antre
aïoyen. Il cft aaedrieur de pins de ;o. ans
à la permilHoo d'employer les lentes Io-
niques, dans les ftionumens publics d'A-
tbeocs. On n'en pouroit pas conclure . il
cil vrai , que les Atbdniens fiiflent bornés
d feize Icrtres ; mais les témoins , qui dé-
|»fcnt en faveur de ce nombre , ne Ibnt
pps allez voilîotde l'age d un monoitKnt
Îî dé'.ilif, pour en étrexnisfurleurparolc.
(i) Ce principe ne paroit pas trop cer-
tain. I*. Ne faut-il pas une métaphylïque
arammaticalc,du moins aulE fubtilc, pour
décompofer les Ions , & les dillinguer pat
des lignes fpécifîques , que pour réduire
plulïeurs de ces fons fous un même ligne )
a°. E(l-on aujouidui bien en état de
prononcer fur ccui , qui dévoient ou qui
ne dévoient pas , il y a près de 4000. ans,
être néccffairemcnc formés par des hom-
tnes , dont on ne connoir pas même la
langue ! Quoique nous ayions celle des
S.omairts prcfque en Ton entier j fetioas-
nous bons juges de leur prosonciatien :
R nous n'étions guides, par un nombre in-
fini de monument contemporains , Se pat
tant d'obfetvarions gtammaiicales , que
les Anciens nous ont tranfmifcs I Com-
ment donc pourions-nous étte b portée de
juger des fous de la voix du peuple , in-
venteur des lettres: Se conléqaemmcnt de
! 'celles , dont il pouvoir , on dont il ne
r pouvoir point fe pafetl Si ce peuple cH
dillingué des Hébreux 4 il ne nous en
I tefte aucun monument , qu’on puilTe feu-
lement déchifrer. S'il n'en eft pas difé-
rent ■, on fera forcé de lui donner bien pbt
de feize lattes. Les Astiques , dit-on , let
Latins Se meme les Grecs en général n'en
avoient pas vingt-deux r*' ,'jord , comme
les Hébreux. Mais pourquoi ne pas fnpo-
fer plutôt, que tout restent l'alpbabet de
ces derotets dans toute Ion intégrité ; ;
quoique tous n'aient pas fiiit un égal ulâ-
ge de quelques-uns de lents caiaocret ?
)*. Ce n'ell point une rigearcafe né-
cclfité , qui détermine d recevoir nne pir-
cic det IcKtcx d'iio xlpiiabcc écnugti, k-
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DE DIPLOMATIQ.UE;
hé dans la fuite mventëes par les grammairiens , pour ré-
duire plufieurs caraâères en un fèul , diftinguer les brèves des
longues , fixer le fon vague de quelques lettres. Cela pofé,
rV (i) cft une nouvelle lettre chez les Latins. Mitoyenne en-
tre ri & l’O , qui la remplacèrent, jufqu’à l’empire d’ Ai^fte ;
de quelle utilité pouvoit-elle être î L’H eft (i) ime afpirée ,
pluroc qu’une lettre : fit nouveauté paroit donc avérée. Celle du
i rejner fiutFe. Il %ac en avoir laie on
long ofiige , poor èae en ^tat iToblcrvet
celleijdonton D*apas belbin. On com-
nenee pat conc adincette. Le dirccme-
mentdu n^cclTaire , de rocile , Sc du fu-
jierflu ne vient qo'aptèv bien des expé-
ziences & des tdll^xions. Telle eft la mar-
che de telprit humain.
4*. Cet dldment , adgligî par les ont
comme inutile i l'êta rail en envre par les
autres. La divetlitd des dialeâes eoei les
’Ctecs devoit produire beaucoup de varia-
tions. Qni peot ezptimct tons les difil-
tens (bos , tons les divers accent , qui le
firent entendre dans chaque contede de la
Crèce, depuis le fidclc de Cadmut , jul^
qu'au tems , on les auteurs couuiKnci-
reot à nous aprendre quelques particula-
litds fut les lettres Grdquet ? Quel nom-
breux alphabet ces Ibns te ces accens
iTantoienrils pat enfantd; fi l'on avoir
pris k tâche de les rendre par autant de
caraftdres i II s'en fimdroit bien , que le
nombre de IHic , te mjmede-vingt qoa-
tre,eûtpn Tafite. Qn'nne langue conti-
nue d'dtre vivante , pendant un milier
'fi'années s à peine fera t-elle reconoilla-
We ; loin que la ptononciarion Ibit la
m£me k tons dgards. De nouveaux Tons
Teront introduits à la place des anciens ,
donc pluficnrs lê fêtant petdas. Commu-
ndment néanmoins la néceffiié ne lait rien
ajouter arts lettres : le fuperfio o’y lait
lien rétranchet. L'alphabet cft toujours le
même. On n*en change pas les caraâéres;
mais on en fait des nfages incomms anx
Cèdes prècèdens s mais ou fiiptée, comme
proA-
ne pas
(i) Il cft Bouctanr ordinaire dans les
trois ubIesifEagabio en lettres latiaes,Si, ^
on peut, a Ion indigence ; mats on
guc le fuperflu , on l’on lèmUe
daigner s*en fetvir.
pateeqoe I'l & l'O ont été fttbftitaés â fV:
ce caraâère doit être tenu pont inutile :
comme il n'eft aucune voyelle , qni ne
cède lônvent (à place à aoe on plufieott
de lès compKnes ; en reftera t-il une ,
dontrinatilicene fort démontrée ; T aura-
t-il même nne feule eonfone , dont on ne
puiflê en dire autattr ! En tm iiKit , cft-il
ancon élément de l'alphabet , auquel ors
n'ait fubftitné'divetfes leitics ? Qnoiqne
ro êe ri aient été mis pour l'y, jufqn'au
legne d’An^uftcKpIufieunGéclesdepaitt
il iK s’enfiuc pas que l'V ne fût pas em-
ployé ponr lui-raéme. Les monomeot ,
où pacoilfent ces fabfticucions , Ibnt pleint
d'exemples , od elles ne pacoilTenc pas.
( 1 ) M. Bonhier adopte Sc combat
tont à tout cette ptétenrion finguliére.
Il s'en amorife, par taport à l'alphabet La-
tin , dont il exclut fH ; il la lejetie com-
me abfurdc, par rapott à l’alphabec Grec:,
od il fadmet. Antre ehofe eft de ne
reconeiere une lettre ai pour voyelle ni
pour conibne; autre ehofe de la cooviin-
cre d'être de nonvelle date. Ceft an ju-
gement de Prifeien (a) feulement une af'
ptrée I qni n'a la cpifticé ni de voyelle ni
de demi-voyelle ni de muette. Vemus, loin
de (ê déclarer (ij poitr la nouveauté de
rH,en apuie l'antiquité, par le fufrage de
quatre anciens Grammairiens ; par un mi>-
nnment, odron voulut, au fécond liécle,
imiter la manière d'éctitc des tems les
plus reculés , pat l'nlâge des anciens
Ioniens , fuivanr leqnél on peignoit
HEKATON pour iiucrif , par celai d'é-
crire THEOS . nniAOS , ■HAPO;<
sour 9EOS , «lAOS . XAPON , svant
l'inctoduébon des O « X ; ou plutôt par-
ceqne la mode de s'en fetvir n'écoit pat
encore géoéialemcat autotilée.
II. PARTIE.'
SïCT. III.
Chap. I.
AXTicia L
W C#/. S44i
(é)Lié. i.r.iC.
Digiti : s! by Googk
II. PARTIE.
S £ c r. III.
Chip, I.
AjI X I c £ 1 I»
20 {NOUVEAU TRAITÉ '
(i)G&du Z n’a pas befoin de preuves. Quoique plufieurS
auteurs anciens nomment l’inventeur du K (a) chez les Latins;
ceux-ci n’ont jamais pu s’en palTer. Prifcien mec l’F parmi
les lettres ajoutées : mais M. Bouhier le réfute. Il conclut
que l’alphabet ancien des Latins , &c par conféquent des
Attiques , confifloit dans ces lettres (jjABCDEFIKLM
(t Le G commun dans les tables
Zügabiacs. Qoand'cclles^qui font cq leC'
tscs Launes auroienc été gravées lo(^
tems après.les Etrufquesi >1 fcroïc di^
cile de rabaider les premières au-dedbos
de l'age de la colonc DuUlieone » oti l'oo
ne voit' point de G. Mais on le voit dans
tmc Cl CS- ancienne iafccipüon , fîgorée à
Ja page 460, du Vtrwenfe, Ce
luononient oc fcmble pas non plus d'un
âge iufèncur à la colone Dullîiennc. Il
pouroic même être bien plus ancien. De
ce que cette colone , qui d'ailleurs o'efl
pas hors de tout foupçoo , emploie le C.
pour te G > & de oc que Carvihus fixa i'u-
fage de J un & de l'autre ; il ne s'enfuit
pas plus , que cette lettre n'ècoit point en-
core invcmcC) qu'on le pouroit conclure
d'une ancienne table d'airain, publiée par
M. le Marquis MafTéi , dans Ion Mufemm
IWucaycpag. 4)7 t ^clle n'éroit que de
treize ligne#. En elFet pas un feul G n'y
paroit i tandis qu'on y trouve plus d'une
fois le C mis pour le G : par exemple
dans N EC OTI.A.. Mais les lignes luU
Tantes ofretu beaucoup de G. Enfin., ce
3ui Tupofe une bien plus haute antû]aité
u G , qu'oo ne penfe ) les Latins fermé*
rent leur G du Z des Grecs , donc il ocupe
Téricabicmem la place. Ce/l un fiiic ,
donc VolBfis oedi/convicntpas; A l’égard
du Z Lacin , en tant que dtmngué du G :
cm ne prétend pas le faire remonter aux
premiers tems , non plus que l’Y diûia*
gué de rV,
(1) Cette lettre , quoique d'au .grand
tl/âge chez les Ecrufques , ne paroit point
dans récriture Latine des tables de Gu>
%lo. N'en inférons pas néanmenas, quelle
fût étrangère à l’alphabcc Latin s mais
qç'uDc lettre ne Fe/l point, pour ne pas fc
trouver daus quelques monumens con/î>
dérables, ou dans un grand nombCc d*aU'
tus de peu d'étendue.
(j) Le fy/lémcdc l'illu/lrc Magiftrar,
tout ingénieux qu’il e/l , vient écboucr .*
devant les tables Eugubioes. Les carac*
teres Latins, qu'elles renfenneuc , font
ABCDEFGHJLMNOPQJISTVX.
Il n'y manque que les élémens- K T Z ,
dont le premier n*c/l sûrement pas nou-
veau i quoiquede peu d'ufiigc en certains
tems , en certaines contrées , oti il étoic.
remplacé par le C ou le Q. Un monu-
I ment de . cette antiquité doit l'emporter ^
fur les auteurs anciens & modernes , qui
difputenc eotr'eux du nombre , de la date .
^ ftc des ioventeurs de tant de lettres ) fans
pouvoir convenir fur un feul article.
Quelqu'un prendra peutétte ocafion de
rV âc de IX, pour rabatre beaucoup de.
‘ J'age , qu'on atribue aux cables Eugubi*
nés ) fous prétexte que le premier n'eft
pas de raÿha^t Cadméen » £c que le
fécond , a'il en étoic , s'y crouvuic déjà r
déplacé. Mais jufqu'ici la foule des favans
's'eil alTcz conflammeoc réunie , pour,
acotder à ces tables l'antiquité la plus re* ^
culée. Du moins ne peur-on nier, qu'elle#
ne foient fort anciennes. Quand même
00 prouvccoic aufC aifément , qu'on a pu
l'avancer , que leur écriture Ladne ne
• précéderoic pas de beaucoup rèce Cbré**
tienne f on ne poureic difeonvenir , qu'el-
,lcs D'culTenc été traafccites fur des mo**^
' numeos très anciens , dont il n-eap».
croyable , qu'on cât,ak<cé,totl><>Snpa'- •
D'un ,&de l'X
chez le* Xadinpoimnt bien toucher au.
' tenu de l'enttde des lentes en Italie. Il y
aplatsrv quanta Ta fiy;Dte , 8c à U.
valeur , a- pu faire pattie de l'al^habe*
Cadméen , en fupolânt qu'il tenou avec
l'F le lixiètue rang. , & qu'alnn leurs Ions
& leurs ufages étoient confondus. Si i’é-
criturc Latine des tables (fEugubio e(l
aufli ancienne , qu'on le penle ordinain*
■ tcmcBt } quelle pteorç , que fX-
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t)E DlFLOMATIQiUr.’ 5»
No P R ST. Il y fait répondre celles-ci : ABTAE (i)
HIKAMNOnPST. Il n’eft point de mot Grec , qui ne
puilîe être rendu par ces derniers caraûères : comme il n’en
eft point de Latin , qui ne puidé l’être par les premiers. j
Que les lettres © s X û. foient nouvelles ; c’eft fiit
quoi to;i5 les auteurs font d’acord : quoiqu’ils atribuent les
unes à Simonide , les autres à Palamède , à Epicharme à
Cadmus le Milélien, Ariftotc a rangé Z T ® parmi les plus
anciennes : mais il ne faut pas prendre cela plus au pié de la
lettre, que quand il les: fait monter à dix-huit. D’ailleui;s le
2 ell une double lettre , &c conl'équemmcnt nouvelle. Sui-
das en raporte l’invention tantôt à Simomde , tantôt à Pa-
lamcde. D’autres la donnent encore à Cadmus de Milet. Les
Pélafges ne l’avoient pas r puifqu’ils n’en ont point fait part
«ux Lacins. Et preuve que ces derniers ne s’en fervirent pas
d’abord ; c’eft que (i) Vélius Longus , Curtius Valérien &c
éâint Ilidore en reconoiifent la nouveauté. Celle du $ n’eft
pas incertaine : quoiqu’on puilTe douter , fi c’eft de Palamè-
de ou de Cadmus lè Miléfien , qu’on-l’a ro^e. Quant àl’V ,
on ne difpute pas moins fur fon inventeur. C’eft Palamède
iblon les uns , Simonide félon les autres : plufieurs l’atri-
buent à Pythagore de Samos* Si cette lettre étoit de la
pretnicre antiquité ; l’on ne pouroit rendre raifon , pour-
2uoi les , anciens auroient (j) toujours écrit o pour OT. En-
n les Latins auroienCu employé ceae lettre : ce qù’on ne
peut apuyer d’aucune preuve. Au refte elle n’étoit pas non
plus nécefiaire aux Grecs. , >
Us n’eurent donc point d’autres lettres qu- ABrAEHIKAM
, .-J' ; Ui U,-.
jiOCDpat i^oint alon &ns ralphabei La-
tin la même place , «piedaiu le Grec ! Le
^co d'ulâee , au on en fiiroit , n'auioit-
jl pas pudana-la, Càtc ocaConcr Ion dé-
placement I
te V e ) ^ qDeIo|M niTons aparentes
^*on a autotife { m répondra tonjoun
jna i l'F. Il y a dans te Latin ooe autre
Jemc telatÎTe à l’R II y a dans le Grec
V» autre cataâéte corteipondjuii à IT.
(ij Ceux qui prêtent cette opinion i
:M>neaateac , ont pris, upc objeéiion,
^'il fe fait , pour tbo' lêntimcnt. Car
^alficôc il le décbmjyw rwtiqiâié da
Z I te même II en demne des prenvee.
(l ) LcaauKon , qui apoitent , qne les
anciens écrivoient O pour OU, Mes mo-
.numens , dont ils apoient ce fait , font
poftérieurs i d'autret , où l'on trouve
également O pour OU ; mais fur lef-
quels on voit auÆ des V en grand nom-
bte. Nul monument des Latins , quelque
ancien qn'il puilTe être , où l'V ne fe
montre. S'il en eft quelqu'un , dont il
paroillê exclus; on no pioavera jamais ,
qu'il Ibit «Tune antiquité fupériente i
ceux , où rv eft employé. L’V ne remonr -
IC P» moussais cnez lcs Ctccs.-
y
11. l'ARTIE;
SfCT. III.
Ch A P. I.
Ak.T( c Ll U
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n. PARTIE.
SiCT. III,
C H A r. I.
A R T I c l Z I.
Ancien fyliime
ccAifié : nulle co-
noifTancc des let-
etes chez les Grecs
& chez les Utms
avant Cadmus : les
uns *c les autres
ont re(u Ton al-
fhabec.
tîaUVEAU TRAITÉ
N O n P 2 T , jufqu’à l’arivée de Cadmus. Il faut bien quH
ait aporté de grands changemens à leur alphabet : puHque
de leur confencement prefque unanime ,d ena palTé (i)
pour l’inventeur. Toutefois il ne l’avoit enrichi que de llx
caraâcres fur le modèle des Phéniciens. De ce nombre trois
feulement avoient chez les Grecs la valeur de lettres , & trois
de fignes numériques. Z © H reviennent aux jaî/i , thith àc (i)
ScAin des Hébreux. Les deux premiers conl'ervent dans l’un
& l’autre alpliabet le meme rang. L'autre ne l’aura (3) per-
du , que par la faute des Pélafges. L’alphabet de Cadmus
fut donc compofé de dix-neuf lettres vériubles. Un palTage
de Tzetzes en fait la preuve. Les Grecs , félon ce texte ,
n’eurent d’abord , que leize lettres ; enfuite dix-neuf -, enha
vingt-quatre , qui hirent réunies en un alphabet par Calliftra.-
te ^ Samos. Voila donc trois états bien marqués de l’alpha-
bet Grec. Les Pélafges l’aportcrent , Cadmus l’augmenta
les Ioniens (4) y mirent la demicte main , &c le communi-
quèrent à tous les Grecs.
V. Tel eft en racourci le fyftème de M. Bouhier. Si l’on
peut tenir contre la force des preuves , qui l’apuient ; on ne
fauroit fe refiifec aux éloges qu’il mérite. Mais fes belles
proportions ne lui donnent pas toute la folidité delirable.
Les notes dont on vient d’acompagner l’efquilTe , qu’on en
a tracée , auront commencé fans doute à découvrir la fra-
gilité de quelques-uns (^) de fes fondemens. A des autorités
(i) S'il l'cft en eSêt , l'objeâioo Ce
tourne en preuve.
(t) On ponroit fur ccli former Je
grandes dihcoltés. A <]Boi bon reconrir
au Sehiit ; tandis que nous avons le Sm-
mtc , qui ocupc pidciRment dans J'al-
phabet Hdbreu lamdme place que le B
dans le Grec ! La relTcmblance du Sa-
mec Phénicien on Samaritain avee le S
Grec , e(l bien phis marquée , que celle
du dernier avec le Schin.
(jJ Si le SMk a été fubftitué par les
Pélafges au Saiwec , quand ils l’ont fait
palTcr dans l'alphabet Grec , fous le nom
de 2 , & C cette lettre eft Cadméenne :
donc les Pébfgcs tenoieot leur alphabet
de Cadmus. Ceft une contradiéUon écha-
fée à l'atcncion du lavant Magiftiat.
(4) Auparavam , chacun avoii le lien |
parccqu'il n'y avoir prclqu'aueunc cou-
tree , prefqu'aucnne ville , qui n'eût quel-
que lettre particulière , ou qui n'en fie
quelque ulagc lingulier , ou qui ne re-
tranenût un ou pluficun élémeat de l'al-
phabet , du moins dans laptalime. Mais
enfin l'ionien eompolï , non de vingt-
quatre , mais de vingt-fept caraéiètes , y
compris les épisèmes , lempUfa fcul tous
les antres.
([) Tous n'ont pas téellement ce dé-
fini. Acotder vingt-deux caraélères à Pal-
phabet de Cadmus , & S'élever contre l«
préjugé , qui le bornoit û feize , tien de
mieux penlï i mais les fopofc dcs-Ioi»
numériques j c'eft trop anticiper fur la
cems. Les Grecs ne conuicnc,que pluCcnif
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.1
OE DIPLOMATIQUE.* Zf
fëellement trop équivoques , pour nous engager dans des
routes contraires à celles , que les anciens nous ont firayées ;
^pol'ons 'des témoignages ^emptoires; Prouvons qu’avant
Cadmus les lettres furent incooimes à l’Italie , comme à la
Grèce. Le filtrage d’Hérodote pouroit feul nous tenir lieu
de beaucoup d’autres,
!'•. Nous n’avons point d'auteur plus ancien , qui ait fait
autant de recherches l'ur l’origine des lettres, ll femble avoir
pu d’aflèz bons mémoires , touchant leur i<itroduâ:ion en
Grèce par les PJiéniciens ; puifqu’il entre lut cela dans des
détails , qui montrent un homme bien au fait de ùl matière.
Il avoir examiné les monumeiu de fa patrie. Si lés lettres
y eulTent été mifes en ufage avant Cadrnus ; eft-il probable , .
qu’il n’en eût découvert aucun , qui précédât l’arivée de ce
prince i S’il eût feulement oui parler de quelqu’un , dans tant
ce voyages , entrepris pour perfeéÜoner fon hilloire ; zélé
qu’il étoit pour la gloire de ion païs , il n’eût eu garde de
fe déclarer , en termes aufli forts , contre l’exillence même
des lettres chez les Grecs avant Cadmus. » Les -Phéniciens
i»de fa (d) compagnie dit-il , entre plufieurs autres fortes
V de belles conoiilances , dont ils enrichirent les Grecs , leur
» aportèrent celle des lettres. Audi ne s’en trouvoit-il point ,
và mon avis , chez eux auparavant Ce texte (i) eft d’une
toute autre clarté , pour nier qu’il y eût en Grèce des lettres
plus ancieimes ; que ne le font ceux , qui femblent en acri-
Duer aux Pélafges avant cette époque.
a°. Des écrivains de beaucoup pôftérieurs, & d’ailleurs en
contradiélion avec eux-mêmes , peuvent-ils balancer l’au-
torité du père de l’hiftoire ? Elle va , cette contradiéHon ;
jufqu’à reconoiae . Cadmiu pour le premier introduâeur des '
lettres en Grèce , qu’on y lupofe en ufage , &c meme con-
figjiées fur des raonumens antérieurs au débarquement de
Odmus. Veut-on épargner à ces écrivains la honte d’une'
f2cleiaptjs,ratilit^ d’an alpbabct de chi-
fr« , & les Phéniciens ciu-mémcs o'en
louilToienc pu encore.
( I ) Si l'a^on contraire étoit connoe ,
dés le tems d'Herodotc ; elle ne pooToit
ttre apoyée , que fat des bruits vaeaes.
fov (râ qn'dk eût ta qqclqne le^té
de vraiicnblance , comme elle étoit
honorable à la Grèce j cet bifloiicn n'an-
toit pu dédaigné d'en' faire do moine
une mention eapreHc : au lieu qu'en l'in-
flouant à peine s il montre (Olÿica J>f B '
elle étoit fondée.
(
n. PARriE..
s ICI. III.
C H A F. I.
A K T-I« li-
(a) Lit. J. c. s*\.
Digitiz&d by Coogit-
NOUVEAU "TRAITÉ
- -ü'!— J" pareille abfurdité ? Il faudra donc dire , qu’il ya vdritàbl«l
Il P ' R.T/E. ment erreur dans leur chronologie : mais qu’ils n’ont jamais
C^H A^i> * r rrcrendu faire ériger ces monumens avant Cadmus : ou bien
A R n c L I t il faudra fupofer , qu’ayant été dreffés après coup , ils font d’un
âge plus récent que celui, dont ils femblent porter la date.
Mais dans l’un & l’autre cas , M.Bouhier perd tous les avanta-
ges, qu’il prétendoit tirer de ces textes raffemblés ^ grands frais.
Au contraire aime-t-il mieux , qu’on ne touche pas à l’anti-
quité des monumens alégués ? Le petit nombre des auteurs,'
iur lefqueis il apuie l’ulâge des lettres en Grèce , avant Cad-
mus, fe réduira nécelTairement prefque à rien , Sc meme doit
être compté pour rien ; puifqu’ils dilènt fur le meme objet
le pour ù. le contre.
}®. Il n’en eft pas ainfi de ceux , qui prennent le parti de
Cadmus : leur fufrage n’eft point chancelant. Tous tien-
nent le meme langage , quant à ce fait principal : La Grèce
doit fes lettres à Cadwtfj. Point de variation à cet égard, de
•la part d’aucun ancien de quelque nom. S’ils fe panagent,'
c’cft fur les circonftances.
Ce que les auteurs dilènt des lettres , aportées de Phénicie
en Grèce par Cadmus v le dilènt des lettres Cadméennes
aportées de Grèce en Italie. Les témoimages , par rapoK au
dernier point , font encore plus uniformes. Il feroit inu-
tile de citer les Scaliger , les Saumailè , les Bochart , les
-Vollius t/C tant d’autres. Ces modernes ne font que les échos
des grammairiens &c des hilforiens Romains fie Grecs , qui
dépolènt en faveur de l’alphabet Cadméen, introduit en Ita-
Marius Viûorin (a) ne fe contente p^ d’en augmenter
mlul. « ‘0^- le nombre ; il s’autorilè encore d’un ancien Latin nommé
Cincius , dont le témoignage eft précis. Denis d’Halicar-
naftè , l’un des auteurs le mieux inftruit des antiquités Ro-
lit. t.f.n- niaines, nous {i>) aprend , que les peuples , qui , foixmte ans
avant la guerre de Troie , vinrent , fous la conduite dE-
vandre , s’établir en Italie , y aportèrent les premiers les
lettres Grcques , dont l’ufage étoit encore tout récent chez
les Arcadiens. Or comme ces peuples étoient Attiques &
Pélafges , il fuit qu’il n’y avoit en Grèce ni lettres Atti-
Pélafgiennes , antérieurement àl’arivée de Cadnuis.
r.'Tp. " Aufli le cardinal(c)Corradini,dans fon ouvrage fur les premiers
peuples
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t)E DIPLOMATIQUE.
>peaplcs de l’ancien Latium (i) , fe déclare-t-il popr cette
lopinion préférablement à celle (i) de Pline : quoiqu’on lui
falTc dire le contraire dans la table des madères , par une
inatention , qui doit être mife fur le compte de l’éditeur.
Quand on n’auroit que les autorités d’Hérodote , de Cin-
cius , de Denis d’Halicxu-nalfe ; ne renverferoient-clles pas
.par les fondemens tont TyAcme , qui rupoleroit des lettres ,
. Pélafgiques en Grèce , Attiques en Italie av^c Cadmus ?
M. Bottliier a-t-il un feul témo^iuge aufli formd i Nous
ne pouvons donc le fuivre fur ce point ; mais nous embraf-
ferons volontiers fon opinion , aumjet des vingt-deux lettres
,de l’alphabet Cadtnéen , & nous: nous éforcerons bientôt
de la conhnuer par de nouvelles preuves. t
,, VI. Mais fi les Grecs & les Latins reçurent d’abord vingt-
deux lenres ; d’où vient que tant d’auteurs anciens & mo-
dernes n’en ont compté que feize , ou bien dix-huit tout au
plus ? 1°. en tenant ce langage, ils ne parloient point des
UpLsèmes ., qui ne laiBbient pas d’etre de vraies lettres , chez
.^uelqtke»-an»ide cês peuples , & notamment chez les La-
tins ; quoiqu’ils fufient reftreints aux pures fonctions de chi-
fres chez plufieurs des Grecs, a”, les variations perpé-
.tuelles de ces auteurs fur les inventeurs de chacune des pré-
tendues lettres ajoutées décèlent la foiblelTe de leurs té-
jxioignages à çet égard. Tout eft chez eux plein d’incertitude ;
• (j.) Ptfri MarctUini Ctnaéliiti S. R. E.
Cardiaalis de primii MntitjHi Latii populis
Rems 1748. T*w. 1. lit. i. cap. 4.
n.
(i) L4 diftrcQCc iformion entte Plioe
& le 'Cardinal ne inmDe pas Tur Tintto-
dudtion des lenres en Grdce pu Cadmus ;
mais fur pelles des memes lentes en ba-
lie par les Arcadiens ou les Wlafgcs. Le
Cardinal en fait exprelTcmcnc honneur
aux prémices , Pline eu raporte la gloire
aux leeonds. Mais Pline , t]ui die I. 4. c.t.
que l’Arcadie fut apciidc Pdlafgie , put
bien dd patladc des Pdlafges , rie les point
diHingucr des Arcadiens. C'dtoit mdme
une voie , .pour concilier les opinions des
tutturs i qui ftnt aporter in Italie les
lottrcs tantâe par Ici Aicadil^ , te. tantôt
t>at les Pcialgcs, tient -pas^
* Tome II ■
moins pour un fait certain , que Cadmus
incioduifii les lettres en Grèce , mtjtu ta
Graciant mtulijfe cVherticeCadmimi.lih.7 .
c. s* r cela fupofe, qu'elles o'y avoicnc
pas pénétré avant lui ,'Sc que les Pclafges
avoicnc adoptéTcsIctttc's , quoique peut-
être en y faifaAt .des «hsigemens conli-
détahlcs. L'écrmte bmfrapMdna > ou i
marche alcetnacivcmrnr contraire , en
auroit pû être nn de lent invenrion. Du
moins les exemples en patoilTecc ils plus
fréquens d^ns le Péleponcfc , que par
tout ailleurs. Ces Thytrénlens au. con-
traire , comme Lydiens , retinrent Pécri-
cure propre aux Orientanx , alant d*
.droite à gauche. C'efl uqe obfervacion
jultifiée par les plus anciens ihoniuuciii
Ectufques. > :
d'
II. PA RTIE.
Sic T. III.
C H A P. I.
Ait TI en L
Comment Pan.
cien alphabet des
Grecs & des La*
tins a-c il pû paf-
fcrpourn’ctrc que
de Icire lentes, ou
de dix -huit au
plus ;
Digitized by C-)Ogle
Il PARTIE
S t CT. III.
Cmap. I.
. Akt I CLI. I.
•1^ NOUiYEAU.i Tll AITÉ
parceque au lieu de remonter à U fource ,'ils ont jugd
du paiticulicr au gdaéral. Un monument en lettres anti-
ques leur a taie prélümer , que tous les auttes étoienc fem-
blables. Ils ont conclu d’un texte mal entendu f, que tel
avoir été l’inventeur de certains caraûcres , qui ne les avoit
4 qu’actddités , & tout au plus fait revivre, ou fervir à un nouvel
,ulà^. De la leur peul de concert fur les lettres inventées
apres coup , & fur leurs inventeurs- j“. Il ailé de com-
prendre , comment ils ont pris le cliange fur un fait aufli
-obfctu: , qu’éloigné de leur rems. Nuis, textes formels d’au-
teurs de la plus liaute antiquité ne portèrent la conviélion
.dans leur efprit^dls ne rédailirent si feize lettres l’alphabet
primitif de Cadmus , des Pélalges & des Arcadiens , que pat
ignorance du nombre des lettres, dont l’alphabet Phénicien
étoit compofe ; que liir des raifons grammatiesdes , qui fupo-
lènt toutefois dans l’alphabet les lettres mêmes , qu’ils préten-
dent devoir en être rétranclrées ’, liir l’ufage des licclcs voitiiis
du leur, où certaines lettres n’a voient , pour ainli, dire, plus
de cours , quoiqii elles ne fùrtênt pas banies de f alphabet^
lût une étude trop fliperfîcielle des monumens antiques ; fur
des notions peu exaûes des lettres , qui avoient aquis une
nouvelle valeur , ou quelque autre fon aprochant de leur fon
primitif. i .. ^ il ' ■-
Or l’ignorance „où 'les anciens étoient furie nombre des
élémens Phéniciens , ne manifefte-t-elle pas la première
caufe de ‘leur erreur fur celui des élémens Grecs & Latins?.
Qu’une lettre ne puilTe erre cenfée niconfbnc ni voyelle,
mais feulement afpiréc ; (èra-ce une railbn pour décider j
qu’elle n’étoit pas en ufage , du moins fous ce dernier rap-
port ? Une lettre cil acréditéé dans un tems ; la mode s’en
pafle dansim autre : elle eft aflbrtie à l’idiome de certain
pais J elle ne convienf pas à un aiitre. S’enfuit-il qù*élle
Ibit exclue de l’alpliabèc ? C’ën feroit donc fait du K en
France , en Italie ^ en Efpagiije. ^ ‘ •
Telle, Icttee,: donc un monument fêta dépourvu-, fe moiw-
trera fur un antre du même t^ms ,, où qaelcju’une de cellei,
^’on avoir trouvées fur ïe premier ne paroitra pas. Secoatrif
râifonablc de les'juger étrangères à l’alphabet^ fur des auto-
tités û ciwncelantes ? On Exé la prohonciation cTmie lettre *.
O. .1 tiusv - ^
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I
DE DIPLOMATIQUE. 17
dont le Ibn étoit incertain ; cette nouveauté détruit-êlle Ibn
être ? Le changement lîirvenu ne prouve-t-il pas au contraire la • * J ^
réalité de fon ancien état ? On diftingue plufieurs fons dans c«”p i.
une lettre : on les aproprie à difêreiues figures , fous lef- AancL» l.
quelles on avoir déjà coutume de la peindre. Soit qu’on
lailfe ces fignes \ leur place , ou qu’on les rélégue à la fin
de l’alphabet : la prononciation de la lettre eft déterminée , ♦
le figne qui doit la répréfenter cft devenu certain ; mais ce
caraâcre étoit-il privé de fa propre exiftence ? N’avoit-il
pas fous lui les memes figures î Ne fcrvoient-elles pas aux
memes fbns ? N’eft-ce pas ce que nous avons vu prefque
de nos jours avant la diflinftion de l’I voyelle & de l’J con-
fone , de l’V confone &: de l’U voyelle ?i Pourquoi n’en fe-*
roit-il pas arivé , par exemple , à peu près autant au fixième
élément de l’alphabet Grec ? Quoi de plus fimple & de plus
naturel , qu’outre l’épisèmon il fe foit partagé en F d V ?
Ses fons &: fes figures auront pam d’abord les memes : on
les aura renfermées fous im feul élément : fês fignes fe feront
multipliés :1a diverfité des fons aura été aperçue , fans qu’on’
en ait alors conflamment varié les fignes : on s’en fera fèr-
vi indiféremment. Enfin l’on en fera venu par degrés à la
fixation des uns &c des autres. La multiplicité des figures'
de la môme lettre aura fourni aux diférens emplois , qu’on
en aura voulu faire. Les méprifes des auteurs &: les diverfet
caufes de leur illufion n’em^chenf 'donc pas , iqùe fes Grecs
n'aicrit rdçu vingt-deux lettres de CadmuS i^’faVoir" lés trois
épisèmts èc toutes les voyelles Sc confones j qui-prédcdeiîC
l’Y ou rV. Cette lettre & les quatre fuivantes âaifont' été
ajoutées dans la fuite : aparamment farts aucune créatibti'
nouvelle de caraûères : mais avec une aplication fpécifii^ue
des diférentes figures , que plufieurs des anciens: élémèhs
contenoient déjà.
VII. Le plus grand nombre des auteurs ( i ) borne l’al^iliabec L airhibet CaJ;
(i) Quand on commença parmi Ici
Grcca & les Latins à réfléchir fur l’ori-
gine des ufages -, on Te figura , que tal-
phabec de Cadmos n’aToic iti compofé
que de Tciae lettres , ou de dix-huit tout
au plus. Artflote , au tapoit de C») Pline ,
droit de ce dcmict xris. PtUtien , (S)
Maxime (r) Viâorin, Marins (d) ViOorin M Hift. 1. 7.c. jS,
n’acordoient aux anciens Giecs que reize (S)
lettres. S.lfidoccen fiioit(r) le aombic à (c) De n gram*
dix-rept.Ilauroitfiilulerdduiceàquinze, mmt.cel. 194^.
le meme à quatorze , fi l’on avou prit à (d) An ünunmdti
la Icmc tout ce qiie des traditions incct- <«l>a4SS. ;
aines publiai eut, toBcfaaotfcsiaaeBteut» {•) l-ii. t. tnr
Dij
Digiiized by Gt-ugle
i8 NOUVEAU TRAITÉ
de Cadmus à feize lettres. Cependant quelques-uns les fonc
monter à dix-fept , d’autres juiqu’à dix-huit. Si l’on pefoirles
fulrages , au lieu de les compter ; les derniers pouroient faire
pancher la. balance; Ariftote , à plus d’un titre mérite cette
II. PARTIE.
StCT. 111.
Ch A P. 1.
ÜRT.IC.1.X. L
iti^en Grec & La diftinétion. U fc poutoit bien faire , qu’il n’auroit eu en vue ,
un, (ftoit conifoCc que les lettres antiques , dont l’ufage s’etoit perpétué jufqu’à
de viogi-dtuxcié- ^^)n tems. Ainll ne comptant pour rien les épisèmes ou chi-
fres numériques ; li ce n’cll en tant que l’un d’eux, auroic
été transforaié en un autre caraâcre :-il ne fe ferok trom-
pé , que fur les dciLx lettres , qu’il atribuè à.Epicharme. On
peut en dire aut.mt de Marins Viftorin ; quand d’une part
j1 admet trois épisèmes- Sc dans l’alphaE>*:r Grec nouveau Sc
dans l’ancien ; &: que de l’autre il . les reconoit dans le di-
gamma Eolique , qui n’étoit pas un fimple cKLffe , &: dans»
les lettres F. G Q des Latins ^ qui» l’étoient encore moins.
Voila des caraéleres ;incierts , fclan lui , quoique non com-
pris dans rénumération de fes feize lettres. Ün peut juger,
j'ar 11 , que les autres écrivains Latins & Grecs (bufenten-
dent cgalepient les épisèmes , Jorfqp’ils^réduilènt les élémens»
Cadmégns à feize , ou dix-huit,. r'
A ces preuves déjà d’un art'ez grand poids s’en joignent-
d’autres, qui paroilî'ent beaucoup plus prefl'ante$,.i' ,
L’alphabet des Phéniciens & des Hébreux renfèrinoit
vingt-dsux élémens , comme il eft dénmntré par les/livrei da
Moyfe,- Celui de Cadmus , poftérieunà Moylê jin’éroit donc
pas Iculement de feize , ni meme d’une ou. dedeux lettres de:
plus. Le premier aporta fans doute en.Grèce toutes celles „
dont on faifoit ulagc en Phénicie. Or ces lettres étoienc
conftamment au nombre de vingt-deux,
Quand l’hiftoire garderoit le, lilence fur l’origine des let-
tres Grcques ; leur tcOemblanca ayet;. les Plwïiiciennes la.
U.
s,
de pJuHcucs ^cmcDS. A B r A E
' iK A M ^ O n ’P £T , nul cara^rc- ne
Teroir fùrcnicnt Cadméen. On iroitmeme
coBceftetrOà Cadmus» £. Ton
ëcoucoic (4^ Maxime Viâorio.Ji rafor>
19^^ te de plus à.-PalaoBéde 1*Y , que dancrcs
onciale pa/fax pour une ktrre inrcncce.
Ib:4i, . pacPytUagoK.' PlvilcBcs onc voula» que
tiff. Patamede ak uouvA0 S (P X » fe.Siino^
Mdc Miüa AôÂotc idvcadjqnc
O X a rpicharme; Sâiht Tfidorc , quf
(é) ne patle ôidioairemcnc , quad'apn^s
les anciens , donne à Palamcdc H X û »
ÀSlmonidc S B Mavtme Vidona \ à
Palamcdc H O Xs 'i' , à Siinooido
/(r)OT. Marius Viâorin^corde àSimonide
(t) b gloire de rinvennon de f> # XtCcA
donc un fait démontre*, que les auccuis,
ne s'icordcsc pas fut rmventeur d'ua&
feule de CCS Jeetres» .
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DE. DrP LO’M ATIQUE. X9
J’écouvriroic. Perfone ne fe refufe à l’évidence de cette rai-
fan. Pourquoi donc ne paS' reconoitre , que k-$ épisimes &c partie.
les lettres Z H© S Portent de la même fourca J Leur con- chap. i.
formité avec les caraûères Phénicieirs n’eft-elle par égale à Astich. h-
celle des autres lettres Grèques ? Le rang de part & d’au-
tre n’eft-il pas le même î Leur nom eft-il aiférent ? Ont-elles
été ajoutées depuis Cadmus à l’alpliabot Phénicien ? Auroit-
»1 .rétranché du lien des lettres , dont les Grecs poiivoient 11
peu fe palTer , qu’ils lurent obligés de les inventer dans la
îuke , s’il eft vrai que d’abord leur alphabet en fut dépourvu ?
La réunion de toutes ces preuves équivaut fans douce à une
démonllracion.
J VIII. Il eft.tems d’établir quelques règles ,,pour diftina Règle* pour d;f.'
guer les. lettres Gadraéennes de .celles , qui ne le font pas j d« 'fe-
£c de faire voir , d’où les dernières tirent leur origine, ' condaires : celle»
f Première règU, Toute lettre de l’alphabet Grec ou Latin , “i°“-
qui s’acorde avec une autre du, Phénicien ou de l’Hébreu Cadm*ei***^!'n'uî
pour le nom , le. rang &c la figure , doit être efUméc Cad- *enc leai origiac,-
méenne.- î ' ;ifn. j,t srrxno'.’i >
. Cette règle ; fur tout après "ce qui a été dit plus haut",
doit pàroitre d’unç fi parfaite évidence , qu’elle ne lailfe pas
h plus léger prétexte au douce. Mais il s’enfuit de là , que
les lettres z H © s ne font de l’invention ni de Palamède , ,
ni de tout autre Grammairien' ou Philofophe qu’on voudra.
Seulement , & c’eft à quoi Palamède auroit pu contribuer
par fon exemple Sc fon autorité ; l’ufage , qu’on en faifoit ,
de rare & d'incertain qu’il étoit , fera devenu plus fréquent ;
Ü aura pris plus de confidence & de faveur. Enfin perfone
n’aura plus fait dificulté de s’en fervir , depuis que. l’alpha-
bet Ionique fût adopté de tous les Grecs.
Seconde règle. Les lettres fiirnuméraires à l’alphabet Phé-
nicien , & qui n’y lai/fcnt aucun vuide , font ajoutées aux . ...
Gadméennes. •
Cette, règle n’efi qu’un corollaire de là précédente.- Aînfi
dans le Grec T ® X ■4' il font ajoutées , & dans le Latin.
V Y Z. Mais comme Yépisemon n’eft pas réellement fur-
nuxnéraire à l’alphabet Phénicien , fit que fa place demeure
vuide dans îè Grec : puifque nul caraâère Grec ne répond
direéfcmenc au Tfade -, le déplacemeoc du SanpJ ne. doit-
• ■»
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II. PARTIE
S H C T. III.
C H A r. I.
A K T 1 c 1. 1 I,
f a) De tnht-
^r.lfb. mpud Putsc,
{. iif4.
{h) Tem. I.pl
VII.
3d NOUVEAU TRAITÉ
pai le faire méconoicre pour un caraâèfe d’origine Phénii
cieniie : d’autant plus qu’il en conferve toujours (i) la figure.
Par la meme raifon l’X Latin ne fera regardé que cbfn>
me une lettre , qui du 14'. rangea été renvoyée au 11®.'
Montrons maintenant , que les lettres , même furnumérai-*
res à l’alphabet Cadméen , en font nées. ' >
Il en fut des lettres chez les Grecs , par taport à leur al-*
phabet , comme des dialeâes , par raport à leur langue. Le
même élément , le même mot iè font diverfifiés , fuivant le
génie Sc l’accent des diférens peuples de la Grèce. Mais dès
que les fons & les caraélères commencèrent à fe fixer ; on
conferva dans leur rang , ceux qui s’écartoient le moins de
la forme & de la prononciation primitive , & l’on rélégua à
la fin de l’alphabet , ceux qui s’en étoient le plus éloignés.
Si le pofte qu’ocupent l’Y & le «D prouve , qu’il leur fut affi-
gné , depuis l’établiflement de l’alphabet Cadméen : on n’en
doit pas inférer , qu’ils en fulTent abfolument exclus. La
fixième lettre leur à douné nailTance , ainfi qu’au digammet
Eolique & à (1) i-nlcnnnof €aû. Comme la même lettre pro-*
duifoit au moins trbis fons -diférens ; en confervant au dt~
gànana fa place ^Üi &dutMeh rejeter- à la fin de l’alphabet
Î’V & le C’eft la pteimère addition faite à l’alphabet
( 1) O A o'â qu'à comparer la Tfadt de
U prclAicre colooede notre VI!’. j>lanchc
du L tome , Sc les Ssnpi des planches X.
& XI. Sc l'on fe convaincra , que la ref-
fcmbUnce ne pouvoir guère être plus
grande.
(aj L'épiiimm la» des GrCcS , apclè
vit par In Grammainens Latins ; lorfque
l'empire Romain Tubniàoit encore , cib
bien vi/iblemcnt le même, que le Van des
Hébreux le des Phéniciens. Scaures nous
(a) eft témoin , que quelques Grecs ape-
loicnt Vam leur digamma. Cette lettre .
qui n'ed autre , que notre F , ne Te voir*
elle pas Ions le lîiicme élément dans l'al-
phabet général, que nous avons donné
(é) de l'ancien Hébreu , Phénicien ou Sa-
maritain I On ne fauroit y méconoitre le
digamma Eolique j dans la quarricme
figure 8c les fuivantes , ni l'T ou l'V
dans les deux premières. N'y découvre-
t-on pas même le O dans les cinq avant
dernières de la première ligne , pour nt
point parler de plulleuts autres figntei
renserfées ! Qu'on jetté apres cela Ica
yeux fur le premier alplnbct Grec gé-
néral. Les dix premières figures de l'rpùè-,
mtn haa Ibnt-cllcs autre enofe que des F f
On ne peut donc nier , que FF , le di~
gamma Eolique , I' V, IT St le q> oc foienr
nés du fiiicme élément Cadméen. Le fi-
gne numérique & l'F Latine ont confervd
leur place. L’V , I T , 8c le ® ont été ren-
voyés à la fin de l'alphabet. Après cela
l'on ne doit pas trouver étrange , que la
digamma Eolique fe confonde (buvenc
avec l'V confone. Il femble que l’V ocu-
poit déjà la dernierc ou l'avant demièrà
fdace , locfqu il fut porté en Italie avec
es autres lettres. La même pofition dans
l'un 8c rautre alphabet Grec 8c Latin eii
fait naitrc l'idée , l'autolitc d'Arillote la
confirme , les plus anciens monumens des
deux nanons v mettent le fceau.
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PE DIPLOMATIQUE. .'31
(CrtCC, àinû. qu’il eft invincibkmçnt prouvé pat le rang ,
:quc ces deux caraclct» tiennent comme lettres & comme
chiîres ; par des mooumens de la plus haute antiquité , où
l’on trouve l’V d’un ufage ordinaire ; par des inferiptions ,
qui n’ont pas moins de 700. ans avant J. C. où le 4^ le reiv
.contre j enfin par l’auixirité d’Ariftote , qui raettoit ces deux
lettres au nombre des Ciuàméçmçs. h’ épisèmon quopa n’eft
autre, que le Q des Latins. U le rnaintint non feulement chez,
eux en qualité de lettre , mais encore parmi quelques na-
tions Grcques , comme leurs monoies en font foi. Lu Q
faifoit (ill’ofice de Imrc chez les Grecs : Matius Vidorin
(a) fatefte , fit r>otts déclare en meme tems , qu’on pouvoit
aprendre dans les livres des Pontifes , pourquoi il avoit CelTé
d’en remplir les £bnétions. Bientôt Û fit oaitre , ou remar-
quer un autre fou aprochanc du lien. Quand donc on vou-
lut les dilHnguer , d’une manière confiante ; on eut foin de
renvoyer à la fin de l’alphabet le x Gtcc , qu’il avoit fait
^loce. L’irmtilitd du Tfadt Cadméen écoic ptefque (t)
( i) Beaucoup d'auteurs fore lavans nom
point compris le fena de ces paroles de
Ylâorio : Ntc G ^mdtm ncc ^ Liuiaai
jittmc ùarcduxit. Ils en ont eemeju , que
les Latins n'avoient ni G ni Q. Ce n'efl
^la penfô* de notre Grammairien. Cc«
rim» Içmc* ]io«voi«nt être cosrtragits ,
fÇnyitC purcmept l.atiaci. & non Grc-
Met: Lq r Grec ocupoir me place fort
oiftcéhtt du G latia , & le Q ne paroiir
&ic peine dao< les livtct Greee. Il Ceta-
bleit donc tuturcL d'en raporret llnvcn-
lion anr Latins. Viflorin art comraite
fetttiewi'^ tnne ft l'wrc lettre font.
d’oseille tÿl ^paixm'dUs fe
maintenoient dans leur âlpU|^ i qoe
k^fhev ks.Gr>eei après «oie dâSint
ktOK otdnsaite, nroic/lilcoaiinud de i'é-
etc pour les rasTons , qu'on pouvoir apren-
4ie,dans les livres des Poori&s. Loin
donc d(| ecpuler ta bsecies , eoiiime
q*apMt( ara d'esude ^dans ^'èctitocc
LatincH il les iugccHt lî^rapies à leur
knj^e i ilMI(e.«scqK>lteeiigèdctdp<m-
l'irrreotien
aux fculs Latiia ,'à l'exclulîon des Grecs.
Toik peenanc imo^ des railbnt ^qei dd-
•cxœipeM. Gotià banii de Ton alphabet
'■ Etruftjuc le C Sc le Q. Mufaon Eeruje.
• tem. i.f. 4I<. ' ' ‘
Poux pcmiver , que les irois dpisèmes
Te font maintenus dans l'alphaber Grec ,
on pent aléguet les pontificaux Latins ,
où l'en voit que l'Evopie , qui fiùfiiit la
dédicace d'une EgULe . éciivott les 17,
lettres ou eataélères de l'alphabet Ciec ,
avec (5 ctofTe fur le pave , couvert de
cendre. Oc les trois épiièmes écoteot de
ce nombre , Se conlecvoicnt la m£mc
place , que dans l'Hèbtcu , ciceplé l'rpt-
limm fmfi, relégué d la 60 de l'alphabcc.
Pom Manèae (èj cite en preuve 7. Pomà.
/veaux, dont le plus ancien cil de 800. an^
& le plus moderne de }'. d 400. Plolicur^
-miT. d'envifofi fvtUeans ont de* alpha,
bers Grecs fbunis des *7. lUêmcs lettres.
(1) Les Grecs pmeiit bien d'abord en
faire quelque ufage ; mais il ne lotpas de
(buée. On a beu de croire néwuiiaios ,
I qq'ils fapçriùcnt eu Italie. Cqtie S fiir-
m notée dun accène dans les tables <fF.u-
gubio en éerirure Laririe a vont l'aie d'uix
Efiut*. y;ell«eAàpeafics lârfigyrc dan*
prcfqi/e cous les cataélèces Oricniaui.*'
^ G*riDiftfa4M' jUfkiAM^Eirmt* I74S^
,trtf.i.L¥L. ... II-. .
IL PARTIE.
StCT. III.
c H * P. I.
A K T I c 1. 1 I.
(m)
(h) R//, n&v.
1. 1. cffi.
,i; . : 1 . .
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•ji NOUVEAU TRAITÉ
— généralement reconnue. Les Grecs n’avoient pas un (êul motj
ir. PARTIE. .qiiJ commençât par ts : ils s’avisèrent d’en laiieun l'p. C’eft
Chef. I. donner le nom acpisemon janpi. Mais comme
A a T. J. Je pf (è trouve à la tête de quatre fois plus de mots que fp ;
par une tranfpofition , dont les exemples ne font pas rares ,
on en forma le 4 » ^ut rejeté à la queue de l’alphabet ,
avec les autres lettres de nouvelle création. Ainfi le 4 n’eft
point , à proprement parler , forti du l'ein de la lettre Cad*
méenne , qui y répond. Elle a léulemcnt ocalioné fa naif-
fance , de même que celle du Janpi , s’il a réellement eu
quelque emploi dillingué des fondions de chifre.
■ . , Les produdions nombreufbs des lettres vau,quoph 8c tfade les
épuisèrent an point de demeurer fans valeur alphabétique. Les
nouveaux fons , qu’elles avoienr mis au jour , firent oublier les
anciens. Et ces élémens mêmes auroient été bientôt oubliés ,
fl l’arithmétique nouvelle des Orientaux , apliquée aux let-
tres Grcques , n’eùt confervé le nom 8c le rang aux deux i
Car pour la troifième , elle avoir déjà perdu l’un 8c l’autre,
8c couroit grand rifque d’être enfevelie dans un éternel oubli.
Les O longs s’écrivirent d’abord par un limple 0 , 8c depuis
par deux. En les raprochant il enréfulta une feule lettre, qui
s’étant acréditée peu à peu , ne lailTa pas d’être réléguée à la
dernière place , où avec le tems elle devint clUfre , comma
celles qui l’avoient devancée , 8c s’y transforma en une in-
finité de figures. L'afedation de finir l’alphabet (i) par une
. voyelle n’entra pour rien dans la formation de cette lettre.
La prétention contraire de Gudling n’eft pas foutenable.
dungemtns IX. Si les inventeurs des lenres ajoutées à l’alphabet Cad-
futrenns à quel- mécn Ont été confondus enfemble ; les lettres ajoutées
mêmes celles qui n’avoient éprouvé que des révo-
lutions , n’eurent pas un meilleur fort. Nous avons vu les pre-
mières , d’abord équivalemment contenues dans l’ancien al-
phabet , enfuite débufquées de leur place , puis fucceflîve-
ment réléguées a la dernière. Voyons maintenant à quelles
viciffitudes fiitcnt expofées ceües , qui fc trouvoient expref-
fément renfermées dans l’alphabet ; mais qui n’étoiqnt point
parfaitement afforties au génie de la langue Grcque. Elles nq
(i)Gmdling.Oiftnivùnmti feUamum | 1701, Itm. (,f> 2-0.
Ttm Untr*ri»m fftilAniium, U»U | 1 ^
pouvoient
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DE DIPLOMATK^UE. 5j
•pouToieflt manquer de (ubir divers changemens , jufqu’à ce
aue le tems & la réfléxion en euflcnt irrévocablement' fixé * i' ^ ‘
J* - Seci. III.
Chae. I.
- Un alphabet porté d’une nation aune autre , dontlalan* Aancttl,
gue eft abfolument diférente , ne conviendra pas , à tous
égards , aux font de cette nouvelle langue. . 11 aura des ca-
taâères , qui lui lèront inutiles ; il en manquera , qui lui
feront néceflaires : parcequ’il n’a pas été précifément fait
pour elle. Qu’arivera-t-il donc ? Il faudra rétrancher des let-
sres , leur en fubftituer d’autres ; ou fi l’on ne les rétran-
che pasd’ufage en deviendra nul ou rare : à moins qu’on n’en
falTe une apUcation diférente , de celle qu’elles avoient ori-
ginairement. Cependant comme la langue Grèque avoit au-
tant de dialeâes , que de peuples qui la parloient ; ces dia-
leéles ocafionoient diverfes prononciations. De là tel ca-
raûère Phénicien , qui ne fervoit point dans une contrée de
la Grèce , fe foutint dans tme.autre. Il aura même pu revi-
vre chez des peuples , qui l’.avoienc rejeté , comme de nul
olâge : parceque la prononciation de ceux , qui l’avoient
conferve , aura prévalu fur celle de leius voifins. C’eft ce
qui aura fitit conferver au (i) 2 & au 0 leur ancien polie ,
à peu près leur fon primitif. Les plus anciens monumens
*Crecs & Latins , 8c le chifte Attique Hixaror dépofcnt en
faveur de l’antiquité de l’H. Mais de pure alpirée qu’elle
droit alors, changée depuis en E long ; elle remplaça chez
les Grecs feulement les deux E , qu’on découvre encore au-
jourdui fiir les infcriptions Grèques , dont l’age fe perd dans
l’obfcurité des premiers tems. L’H ni chez les Latins , ni
chez les Eoufqùes ne perdit point fa qualité de pure afpirée.
Audi quelques anciens grammairiens l’onc-ils rejetée com-
me inutile , mais jamais comme de nouvelle date.
Le E n’étoit point originairement cenfë lettre double.
(i) L’origiaeduZ , Ci place natatcHe
conferr^e , & l'autoriij d'Atifloce , qui
range cette lettre parmi les plus ancien-
nes , doivent pont le moins contrebalan-
cer rargument, tiré du double Ton, qu'elle
laiflè , dit-on , entendre , qu'elle a pu
contraâcr arec le tems dans certaines
province* , qu'elle n'avoit pas fans doute s
quand elle entra dans la Grèce , St qu'elle
Tome IL
n'a pas encore parmi nous. Quand le 3
aurait eu d’abord un double fon , eft -il
prouvé que les Phéniciens n'avoient au-
cune lettre de ctttefortclMaia Vélius(a) Ditnkefr,
Longes fourient & prouve même , que u p, là^p.
Ton l'examine avec foin , on n'y trouve-
ra point ce double fon. Prefque lonces les
niémes raifons militent en faveur du O.
E
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II. PARTIE.
S ï C T. III.
ÇA A>. ï.
A*itcx£ ir-
Erat Hé !‘.ilphi-
bv'[ Latin depuis
pics de deux mille
ans.
(s) V«î. S4i.
34 .NOUVEAU TRAITÉ:
C’ërolt le Samec des Hébreux , dont le fon ne parue peu£«
érre pas d’abord rourafiit correfpondant à la lanpiiie’ dc»^
Grecs. En qualité de lettre double, le H fera donc nouveau ,i
fi rdn veut : mais il exiftoit fous un autre r.iport , qui ne ÿé-
loignoit pas de la prononciation K 2. Quand on celfa d’em-
ployer ces deux caraélèrcs , &: peutetre de les prononcer aulli-
durement ; la lettre s reprit faveur , & fon ufage fut fixé
fans retour. Si le Tfadc des-lors eût eu une valeur numéri-'
que , il eût coafervé fa place. Mais le 'p &:le ^ ,, qui en
éroicnt Ibrtis n’aquirent cette qualité, que depuis leur dé-
placement. Quand donc tous les carafteres eurent une v.i-
îcur certaine 5 comme il en manquoit un , pour rendre l’a-
rithiÿétique Grcqne aufli complète , que commode dans fes
chifres : on fe rapela l’ancienne figure du Tfade fort peu difé^
renie LeA«/7y>/,qui s’étoit mal foutenu dans fon porte,'
tomme lettre , reparut dans un autre , comme chifte. Tiré
de l’oubli , il ferma pour toujours l’alphabet Grec , fans en
être envifagé comme la dernière lettre. On a tout fujet de
croire , qu’il en avoir été rétranché , avant que l’alpliabet des
Ioniens devint numérique. Autrement jamais on ne l’eût dé-#
pouillé de fa valeur de 90 , pour en revêtir Vipisèmon quopat.
S’il en fi.it dédomagé par celle de 900 j il femble qu’on ne fe ®
fouvint de lui , que quand tous les autres caracicrcs curenr
des valeurs afl'urées , qui ne permirent plus de leur faire per-
dre leurs places.
X. Prilcien aurtl peu inftruit des origines de l’alphabeti
Grec, que de celles du Latin , en jugeoit aparamment pat
voie de comparaiibn. Il avoir lu , que les Latins reçurent feu
ze lettres des Grecs. Il ne voyoit point l’F parmi celles de
ces derniers : pareequ’au VI. ficcle , où vivoit cet auteur ,
Vipisèmon n’én conferv’oit pas ménfite la figure. Il crue
donc , que les Latins avoient ajouté l’F aux lettres reçues des
Grecs. L’X Latin ne fe raporte au 3 Grec ni pour le rang ,
ni pour la figure. D’ailleurs on le croyoit de nouvelle inven-
tion , chez les Grecs. U n’en faloit pas tant à Prilcien , pour
le déclarer ajouté chez les Latins. Encore veut-il bien acor-
der (fl) à ces deux le nom de lettres. Mais à peine daigne-t-
îj eu ufer.avec la même générofité , à l’égard de celles , dont
ils enrichirent, félon lui, leur alphabet dans iafuhe. Le K-
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p E P I;P L O M A-T I Qcy E. « 3f
iBc,le-Q font (i) inutiles : 1-Y &: le Z font étrapjPrs : TH
ji’eft qu’une afpiration , & non pas ime lettre. Nprs .«ï’aj^es
.grammairiens plus anciens que Prifcien , & Prifcien lui-
même reconoilfent vingt-trois lettres , chez (a) les Latins.
Ils alfignent à chacune leurs fondions , & font voir , qu’on
*he peut s’en palTer ; ou du moins , qu’on ne "doîr pas e"n
banir l’ufage. Selon Maxime yidoria , op a {b) befoin du K -,
lorfqu’il eu liiivi de la (z) voyelle A , comme dans kalendce \
du Q , lorlqu’il précède l’U voyelle , comme dans Quintes.
Sans l’Y & le Z ^ au lieu â^Hylas &c de Zephynis ,-il taudroit
écrire Hoelas & Depherus. L’H meme , quoique alpirée ,
ne lailTe pas d’être une lettre. Il n’en eft pourtant pas moins
^vrai , que l’Y &c le Z font des lettres ajoutées à l’alphabet
Romain , pour rendre plus aifoment les mors Grecs. Le.Z
cependànt n’ell peutetre pas aufli récent , qu’on le prétend
d’ordinaire : ‘puifqu’au raport de (c) Velius Longus , il fe
trouvoit danslesvea des Saliens., Mais, quant aux vingt une
Vautres lettrcJ,'Afi»'k jeime’ ^^iomede'lcs do'qàtept pour
Xatines.. , (<^ dit çq..^rnier , unà ^ .yiginù.f
tÇraàe duce Y Z. • ' ‘ ‘ , ' ' . _■*
Qu’il nous foit donc permu de conclure , que les Latins
«urent d’abord leurs dix-neuf premières lettrés , èc peutet^c
-meme leur alpirabet complet, excepté l’Y &c le Z. Les té-
moignages incertains de quelques grammairiens mis à part^-,
«pn né fouroit alTigner d’époque , où IV & fX âi^ cpi^
'1sner<ç4' chez, les’ Latins. Nul monument né, peut^établircèctc
Vpmi9n.^,^S J3lus anciens la démentent."
, ( ij Çy kogfgei^tonromic à celui^ !
^inp.ira.n«
( z) Voila ■» Ht. '
Céclc K»nht t pliislbir'Cftgve cart/izi,
dont oiifaifoic plus'J’ufage au VIII. fut
,4<t nioaoiea. Od ^tudioit alun lu gtam-.
,|Oaiiiqas at,cc ardeur. La,ddcilioa de
«oflquet-uns d’entt’eux fut embralTile par
myjffU (avant, pidfitablejoeot à ropinion!
‘wiiweica, M'ao^n'avoit peutécre pas»-l|
cotabtanduam, ouquon oc jugeoir pas’
,dcvoiifa|i{ia^()udciaiuearsplut an-,
‘créas pat ndcedâite’
re«o«Ws!ÿtt J^ut , pour nous,
aprendre ce qui poRnt alors )es. peuples
yeaus du Nord, à fe (suit du K pluciâr que*,
■ n-j.’o.'TC
duC.Siccla dtoifioo pe co)npreadroitpM,
pourquoi les Anglois , enÂ)te plus peu-
ples du Nord , que nous, auroiénr retenu
l'ufase du Cl s tandis qir lê Ki aarair, ftc
employé pat les François , comme par
les Suédois, y .^ThefuuruM munhtâj'um
Sueco - ÜDihicorum jiuiUo Elit Brrni/eri
StKkolm 17} I. 4”. Au relie l'époque de
ce changement n'cIF pas précüemcoc ata-
ebée à l'cmpur dp Chulemagna. ^Oe-.
puis c«tce date , on. ae reuvafa pas coia-
lemenc d l'ulâgc du C. devant l'A ; pas
meme roucafaic dans 1 lot monogmmes.
Sculcmeiu le K prie faveur h £iu' les
diplômes & fut les meoeiet , où le C ae
parut plus 4 ordwaUement. f.i.l,-;}
II. PARTIE.
S I c T. III.
C H A r. I.
Art I c L r I.
(a) Ditmtil. lii.i,
(b) Ctl, tp41.‘
(c) Dt trlbt-
irtfh.f. IZI7.
(J J Tntfeh.
p. 4IJ. & l7^St
ir
'.I ■ U. .
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I- V'- t': s
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7A .s ■■
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II. PARTIE.
SiCT. III.
Chaf. L.
(.î) Dsnie» Lit-
ttTAtUT» • 0/aj
yitrmii -
mi.fel. cnfiW,
f.Jx.yf.CMf.X).
/. itf.
(l) UU, (. 10.
t-io}.
NOUVEAU TRAITÉ.
■ 11 ne fufit pas d’avoir montré l’origine & le nombre de nbs
lettres ; il faut encore parler de celles , qu’on prétend y avoir
été ajoutées , fit des tentatives inutiles faites , pour enrichir
notre alphabet de nouveaux caraûcres.
Article II.
Lettres poJUrieurement ajoutées , ou tju'on prétend T avoir
été à celles des Latins ; vaines tentatives', pour en
introduire quelques-unes dans leur alphabet ;. lettres de
l’Empereur Claude. i
LEs Perfàns & les Turc$ ont ajouté plufieurs caraélcres
à ceux dès Arabes. Divers autres Peuples d’Orienr dû
Midi , du Septentrion , & les Goths memes ont augmenté
de quelques élémens l’alphabet , dont ils étoient redevables
aux Grecs. Si les nations Européennes , qui tiennent lé leur
des Latins en eulTent ufé de la forte ; chacune auroit pour-
vu le fien d’un amplè fuplément. Au relie C elles ne l’ont
pas fait V ce n’ell point que des particuliers n’afent enfanté
bien des projets en ce genre j mais inutilement. Les Prin-
ces eux-mêmes ne lèroient pas plus fùrs. d’y réuffir , que
■ Claude cinquième Empereur des Romains, &Chilpéric , Roi
des François. Leurs nouvelles lettres tombèrent dans l’ou-
■ bli prefqu’aulTitôt qu’elles eurent vu le jour. Ceux qui le
bornèrent a réformer la figure , ou à. fixer la valeur des lèt-
tres , anciennement reçues dans l’alphabet , eurent commu-
nément plus de lùccès. Souvent même on leur fit (i) l’ho-
, neur de lès regarder comme auteurs des leares , dont Hs
avoient feulement déterminé la valeur , 3c réglé l’ufage.
(i) Wâldèmat II. qui regnoir cit Dan-
Dtmatk , au coonnencemenc (aj du crei-
lidme ficcit , paflê peur avoir enrichi
Oilpbabec Runique des lettres ponâades.
Cette addition , fcloti Wormius & quel-
ques autres auteon , cenpreod lëpt let-
tres. Mais on anta- petitdtre- pris pour,
augmematién iTàlphaect , un rcglemem ,
dont le vrai but étoit de bien diftinguer;
auelquer dl2mens , qu'on avoir coutume
de coBlondtfi' Woiiskn ltti-m£me oc.
' paroit pas trop lêrmc dans (on lènriment.
Il femble en cfFct (i) FabandoBcr , pour
attibuer à Utphilas uneaugmcnrarion de
IctitcT aua ftiie , dont il prdtènd, que fes
Goriis dtoienc depuis fi long tems en poP-
rqlCon. la prononciation de certaines let-
■très auta donc feulement dtd ddtermince,
'à la faveur des points par Waldemar,
■que Wormius écrit prefque aufiî fouveot
'Woldcmai. '
./?/
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DE DIPLOMATIQUE.’ 37
T. Les Latins reçurent des Grecs le r & le K avec les au-
très élémens de leur alphabet. Mais l’arondilTement dur,
aulfi fréquent en Italie, que rare en Grèce , le fit confondre ch*i-. i.
avec le K. On commença par détacher la perpendiculaire
de celui-ci : l’en continua par courber fort angle obtus : on finit inventenn on'
par fuprimer fa hafte. On ne retint ( i ) donc du K , que l’angle î’tuKy'r*]fo[mV
réduit en forme de C. La proximité de fon des deux let- tenrs des lettres g-
très K Sc T , &c l’ufage réciproque de l’une pour l’autre dei-
vinrent une nouvelle fource de confùlîon , &c firent infenfi^
blement perdre de vue tous les moyens de les diftinguer.
Les grammairiens-, qui fleurirent feptou huit ficelés , après
ces révolutions alphabétiques , ne trouvant point , ou prçf.
que point de K , dans les anciens livres , fuposcrent que les
premiers Latins l’avoient bani de leur alphabet. Les inferip-
tions des Etrufques , fi voifins des Latins ,«leur auroient
infpiré d’autres idées ; fi ces monumens leur eulTent été con-
Rus , comme à nous. Le déplacemement du G devoit au
moins leur défliller les yeux : mais ils ne les ouvrirent , que
pour confondre encore cette lettre avec le C , âc cottfé-
quemment avec le K.
Quand on (ê fut avifé de fixer les limites duC &duG’,
& d’ôter les caufes de leur confiifion ; on voulut aulfi met-
tre quelque diftinâion entre le C & le K. Si leur pronoiv
ciation n’en fournifibit pas de railbn fufifante ; leur figure
en fervit de prétexte : la dernière lettre devait encore dois
(i ) A U vue de notre alphabet Samari-
tain ou Phdnicien , fl»acbt Vil,
umt 1, f. < (4 ; on penc fe figurer , pat
quelle gradation le K fe cfaaoge en C ca-
/dou tond. Mais comœctet- Latins habi-
loieoi dans le voifinage des Eiiufcjues ,
>at qu'une autre fuite de mdtamorphofes ,
dit» les K de Jenr alphabet , mène droit à
la même figure du C } il ell plus naturel
de penfer , que les K de l'un de ces deux
'peuples auront fubi' le forE dd ccax'de
'f'antre , dans les translbrmations , qu'ils
auront éprouvées. LoTfqae de part fit d'au-
tre les deux bouts' de deux chaînes voifi-
•es ft rrottrent les mêmes i n'eR-il pas
'laifonablc de juger des aneaux imer-
'médiaircs de l'une, qui fe font perdus,
f/a ccaz de l'auuc , qui fnbfiftcBC, daas-,
tonte leur étendue ’ Qii'on jette donc les
yeux fur l'alpliabct général des Etrulqucs,
on y remarquera des K, dont le bâton eft
féparé de l'angle , & d'autres donc l'an-
gle s'arondit. Le cctrifiéme clément de cet
alphabet ofre des C , qui ne font que la
portion du Kfans halle, fout la figure d'à-
bord d'un angle , enfuice d'un demi cer-
cle. PliifieuTS auteurs , te priBcipalcmenc
le célèbre Abbé Cori , n'ont pas fait difi-
culté de réunir lôus un feul élément tov-
' tes CCS 'figures. L'éxincnce d'un bien plik
grand nombre de ctés-ancienS monamerix
désEcnifquesque des Latins , aucorife 'à
s'en rtpotter plutét à ceu» des premiers
que des féconds : quoiqn'il s'agi/Te de ju-
ger des degrés dé tran (mu cations, par kfi-
quele ont paflé Icare letttet;-
«
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II. PARTIE
J l C T. III.
Ch AT, I.
A*r. II.
Ia) Art. I. »,
J y, VI U,
(i) StntUMt-t, it
'Sdcchviml, txfli-
cstit,f, i}7.
•36 .-iNOUVEAU TRAITÉ
fe montrer fur quelques anciens monumens : 6c le conmier.
ce avec les Etrufques &c les Grecs d’Italie ne peimettoit pas ,
qu’on perdît jufqu’au fouvenir de fon exiftence primitive.
Peutetre meme qu’ alors la prononciation du C la plus exaâe
répondoit au r Grec , & celle du G au nôtre , quand il pré-
cède l’E &c l’L Ainfi le K ne devoir pas être aufli inutile ,
qu’il le devint , quelques iiccles plus tard. La diférence du
C & du K , quant au Ibn , put s’éfacer pendant l’intervale
du tems , qui s’écoula encre les grammairiens , donc nous
avoos les ouvrages , &c ceux à qui l’on doit le rétablilTemenc
de l’ancien ordre entre les élémens de l’alphabet Latin. Ce
qui n’écoic aux yeux de ceux-ci , que rendre en partie au
la première valeur , parut à ceux-là un nouveau préfent de
la Grèce, ou meme une véritable invention.
L’antiquité du G Latin a été (a) prouvée par les tables Eu-
-gubines & autres monumens , par le texte même de quel-
ques anciens grammairiens , dont on fe fervoit pour l’ex-
clure de l’alphabet Ladn , 6c par divers autres argumens.
En vain Diomède l’apelle-t-il nouvelle : en vain Plutarque,
Maxime Vidorin 6c Scaurus nomment-ils fon inventeur. En
vain Mathieu Egizzi déctaie-c-il , que (fi) la taUe du Séna-
tus-confulce des Bacchanales renferme) des G -, patcequ’elle
eft poftérieure à ce prétendu inventeur : 6c que celle de
Duillius cn eft dépourvue ; parcequ’elle le précède. Trois
caufes onD jeté danscette erreur la plupart: des ; anciens 6c
des modernes. 1°. Le C Latin ocupe le rang du r : donc ,
felon eux , le G & le C ne dévoient pas être diférens. 1®. Le
C'fiç-le G lèjConfondoient (i) anciennement pour le fon :
nouvelle railbn de les confondre auHi pour la fi^re. 5^. Leur
diftiriêtion même de ce côté-là n’étoic pas ancipanmient
.alTez fenlîble : donc dans des tems beaucoup plus reculés'^
(i) Cette confulion datoic encoie au
tenu d’Augnde. Le Cardinal Noris , dans
les Cénotaphes de Pife, fait voir col. 747,
que ces deux lettres fe prcooicnr encore <
indiféremment l'aoc pour l'autre.. Mais , |
<]uoi qu'en dife D. Lancelot, dans là oou-
velle Méthode i il ne fcmble pas , qu'on |
lit poud'é la confuiion entre ces deux
lettres, jufqu'à fubftuuct le C auC, dansai
l'alphabet Latin. Viélorin , dont il s’au-
torife , ne paroic pas lui être favorable.'
Enelfct, Maxime Si Marius Viétorini,
que, nous avons fous les yeux , nous
montrent le C & le G , plac^ à leur rang
.alphabétique. Conutient auroicnt-il donc
avancé le contraire ! Voyez leur ouvra-
ges , dans la collcâiondos grammaifiegs
j,par PutfcJiius, t. ■
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D E . D I PLO M A T I Q U E.' >5!
fturs fibres n’avoidntf pas ixé marquées par <ks traits plus
pfopres à les diftinçuer.
• Les auteur# atnbuerit-Ia prëtendue' invention du G a
Carvilius , qui [à) florilToic vers l’an 540. de Rome. Plu-
tarque {ly) &c Maxime Vidorin d’après lui , l’apellent Carbi-
Kus Spurius. D’autres , parmi Icfquels Terentius Scaunis (i)
tient le premier rang , le nomment Carrutius. Quoi qu’il en
fbit de Ion vrai nom ; on peut fans fcrupule le dépouiller de
la qualité d’inventeuf du G. Il fufic de lui confêrver le titrç
de réformateur de cette lettre. Elle exiftoit en éfet dès le
éommencement dans le Z , dont elle continua toujours d’o-
cuper la place , & dont probablement elle eut d’abord 1©
fon. Si l’on en croit qnelques favans antiquaires , Carviliok
(c) ne fit qu’ajouter un petit trait au bas du C , pour dif-
tfingiier le G de ce caraflcre , avec lequel il s’étoit confon-
du , de la façon', que nous l’avons expofë plus haut.
L’inventeur du K fut Salvius , fuivant une leçon de faint
Ifidore [<t) de Séville , ou félon une autre plus, autorifée ,
ce fut Sîdufte , non l’hiftorien ; mais le grammairien , quien-
feignoit à Rome entre les deux dernières guerres Puniques.
Pierre diacre du Mont CalTin, dans fon livre des notes , ou plu-
tôt des SigUs Romaines ; fans parler de Salufte , dit que Sal-
vius (1) fut le premier , qui ajouta le K aux lettres Romaines.
- II. A l’ocalion d’une infeription , où le A (3) tenoit la
f I j n tcconoit II lettre G pont
iat^rieotcà CarrHiua ipaiftju’elle ne
Oit pat Teulemeot conlervje , fcloa loi ,
dans le traité d'alliance avec la Grèce i
mais encore dans les Xlt. tables , dont
r) cite le mot farmu. Il ne croyoic donc
pas , que CaiviUin teâi mvaatde : il pen-
fott feulement qu'il lui ivoit donné une
Ibrme nouvelle. C'eft en effet ce que
pottent fes fcmlet bien entetidas.p.ai( ).
, (sy litHram K Salviai mafifiir
jnmus Rtmmis aJjtcit. Oaufqaius, dans
Ibn Traité de l'onliogtaphe , cite ces
mèMer paroles. Après qooi il indi^oc
feulement celles de laint llîdore , qui
airibuent à Salufte l'bouneur de l'ioven-.
(ton du Kt lytdiwib . . . SalU^um ntmi-
nmtmtiSortm vsfipCependaot le Diâion-
pairc de Morcri , ddiciondc 171t. s'ex-
I^queaiofi si /on fdj© ;«DM^nnBdit
» après Salufte ,que l'inventeur du K fut
« un nommé Salvius , & que cette lettte
» étoic commune parmi les ancient Ro-
» mains. •> Le grand Dnftiontire de Tré-
voux, édition de 17 ;i. répète prefque
mit i mot les mêmes paroles : ft ce
n'eft quîl fait dite à Daufquiut , «m
cene ijttrt a été incoantu aux aaeiem Ra -
aiaiaj. Par ce dernier trait , on anra lins
douta vonlu coriger Morcri , dont l'ex-
picflîua à cet égatd nérrut guère moins
fondée dans Daufquios , que celle du Dic-
rionaire de Trévoux. Mais les vraies
bévues , devoioK ûutcc am . peux ,
ont été fidèlement cranferites , Sc précicu*
fcméut confcrvécs,daus les demienrs édi-
tions sic CCI grands corps de Diébenaircs.
f )) On y lifoit pour P£NAS,
Ptaatt.
II. PARTIE.
S a c T. 1 1 L
C H A ». I.
Ann. IL
(") lie aru
graaim. ht. I . raf.
*%) Qae/l. Rsu
maa. LIV,
(fj NartJ C<nt8!
tajfit. Vifaa, Dijf.
4.cel. 74 é.
fd) Orig. I. U
f. 4.
Ceft fans ions
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JI. Partie.
.S R C T. J 1 1.
C H A P. I.
Art. II.
âemenc (|uc les lec-
ttes P. Q. ont ité
Rculîes de non-
▼eaacd.
(«) AnimMÂv. i»
thrmt. Bttfetii,
f. tij.
{i)Orig l. t.r.4.
(f) Matiï VîHt-
r)»i An p»m.
l. t.f. 14J<.
(d)^,ZÀt Baeeh.
t- «f».
(f) AiUi DmMii
*a».
(f) Vtlim Itr-
2«i it cnhûptfh,
f.l-xt*.
Préteodoï înTcn-
cion de t'K : à
^i.cl teins &R quel
auteur auibudc i
40 NOUVEAU TRAITÉ
place du P , Denis d’Halicarnaflê avance , que la dernière
lettre ne fût pas toujours en ufage chez les Latins. Mais Sca-^
liger (it) rejette cette fupofition , comme une faufl'eté ma-
mfefte. Nous ne croyons pas non plus devoir prendre la peine
de la réfuter : tant elle eft deftituée de toute aparence.
On ne comprendroit pas , comment S. Illdore de Séville (^)
aurait donné le Q pour étranger aux langues Hébraïque Sc
Grcque , &r même à toute autre , qu’à la Latine ; fi d’anciens
grammairiens n’avoient traité cette lettre d’inutile , &c ne
l’avoient crue de nouvelle date. A leur avis , avant qu’elle
fut inventée , les mots , dont la fucceflion des ficelés l’a mile
en polTellion, s’écrivoient par le C. Varron, auraportde Cen-
forin , concluoit à la banfr de l’écriture. Licinius Calvus (c)
ne voulut jamais s’en fervir. Quelques-uns en ont dit autant
de M. Caton & de Térence. Mais Matlileu Egizzi (d)
s’élève fortement contre une prétention fi dénuée de preu-
ves. D’un autre côté Donat (i) taxe d’ignorance ceux , qui
traitent la lettre Q d’inutile. Leurs déclamations font en
partie ^apuyées fur fa nouveauté. Cependant ces deux acu-
fations le détruifent. Si elle eût été fuperflue j pourquoi l’au-
toit-on inventée ? pourquoi l’auroit-on reçue ? Si elle étoic
étrangère à l’ancien alphabet ; pouvoit-on l’y faire entrer
par un autre motif, que parce quelle étoit nécelTaire ?
Au défaut de moyens , qui fixent le cems de fa prétendue
invention ; on a recours à la conjonftion des deux (/) let-
tres C & V , renfermées , dit-on , dans le Q : Si pour la
faire mieux paroître , on prête au Q cette figure , qu’on
fupofe d’un âge égal à fon origme. Mais , malgré l’anti-
quité confiante du fl , ôc non pas de cette autre figure ar-
bitraire ; une imagination plus fpécieufe que folide ne fau-
roit preferire contre une lettre , qui prend fa fource dans le
Phénicien , que le Grec conferve dans l’é^isèmon Quopa ,
que les tables Eugubines renferment , qui le trouve confi-
gnée fur les plus antiques monumens , Si fpécialement fur
las monoies aes anciennes colonies Grcques , fondées en Ita-
lie, vers lestems héroïques.
III. Les Latins n’auront point eu d’R anclenement fi
Ton s’en raporte à la plupart de nos modernes. Un auteur
laborieux donne pour un fait confiant & admis par tous
U».
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X
DE DIPLOMATIQUE. 4i
lef{a) favans , qu’alors la lettre R n’ était pas (i) encore in-
ventée. A l’entendre , les {b) peuples d’Italie n’ayant point
cette lettre dans leur alphabet ydifoUnt mclioiibus &: Valefii,
pour melioribus & Valerii.
Du moiiu ne s’eft-il pas chargé de nous aprendre , jufqu’au
nom de l’inventeur de l’R. C’eft, devoir nous dire (c) le P. Hu-
gueJéfuite , Claude Centinianus. M^s parune contradiûion
Imgulicre avec Pomponius, qu’il cite pour garand; au lieu d’af-
furer à Ibn Centinianus l^gloire de l’mvention de cette lettre,
il le repréfentc aullitôt comme lui ayant fubftituc l’S.
. On ne faifoit nul ufage de l’R avant Appius Claudius ,
ainfi parle Thomas {d) Dempfter : mais depuis qu’il l’eut
inventée , on fe lervit indifétemment de l’R &c de l’S. Cet
Appius fiirnomraé CralTus fût , ajoute-t-il , Confiai avec
Camille l’an 40 y. dS Rome. Matthieu Egizzi vient à l’apui
de Dempfter , & s’en autorife. Selon Angelo {e) Roccha ,
ce ne fut pas Centimanus , comme quelques-uns l’écri-
vent mal ; mais Appius (1) Centimalus , qui introduiiit l’u-
fage de l’R.
Il feroit inutile de faire palfer en revue une foule d’au-
tres auteurs , qui ne font que rebatÆ le même difcours.
Tous s’autorifent (/) du manuel de Pomponius. Il tranche
éfeélivement le mot. Appius Claudius , dit-il , inventa (j)
l’R : auparavant on écrivoit Valefii éc Fufii: Valerii bcFurii
(i ) L’invention nouvcile de la lettre R
n'eil point nécelTaite à cet auteur , pour
ttayer Ton fyRcme. Il fe routiendroit
dj^alement , l’il eût dtd d'uGige de fub-
Ibtuer l’S à l’R. Or cet ufage n’eft nulle-
ment douteux. Au rcRe tout les favans
ne lant pas de Ibn avis. Funccius , Trot-
zius , & tout récemment M. TerralTon ,
ont pris le parti cootrairc.
(i) Valére Maxime M l’apelle Clau-
dios Centumalus. Mais l’éditeur du Va-
létc Maxime VMriorMm le fait vivre plus
de cent ans, apres la'date fixée par Demp-
Aer & Matthieu Egizzi.
( 1 ) jlffim Cludius , wuu tx dtnm-
■tins . . . Vtfl hune Affim Clnndmi tjuf-
dem geaeris mnximnm feienlinm hniuu ;
hic Centtmmnnuj npfiUmtui ijl , AffUm
vum ... tdfm Affim Clmedim ,
II.
II. PARTIE.
S EC T. II I.
Ch A P. I.
AxTtcti II;
(a) H^. drtGatt-
In <$• dti GxfiUjs
t.i. Difin.i.f.i.x.
(h) LrO. i.f t«4.
(f) De prHnÂ
ferih. crig. c. 4.
(W) De E/mr. ret
gnii.l. I.f. i.p. i.
(») Bihlleih. Pa-
ticMii. f. 14*"
(f) Digtfl.
lit. 1. L. 1. y. }t.
ijui videmr ni hee fraeeffl^e , R liiternm
invenit : UWt Vnlefi Vnlerii effent , (J*
fe» fupii turii. Le prétendu inventeur .
de l’R n’cA peutetre pas le meme oue
Centemmaous. A s’en tenir à la force des
termes , on diroit plutôt qu’il en feroit
defeendn. Autrement d faodroit , qu’ai
hue tombât fur l’Appius Décemvir. Eu
quoi l'on feroit violence au texte. A la
vérité idem paroit identifier l’inventeur
de TR avec Centemmanns ; mais on pou-
roit avoir mis ce mot pour hem. Le r &
le d fe piononçoicnt te s’écrivoieot faut
celte l’un pour rautre. Les exemples eu
font fans nombre , & dans les mit. & dans
les diplômes , jufqn’au neuvième fiècle.
L'inventeur de l'R , que Pomponius avoir
en vue , feroit donc moins ancien , que
l’Appius CralTus de DcmpAcr , ti même
F
{g) L. t. r. a.
m-i
■1
0igitLdl||pHl^OOgIé
II. PARTIE.
Si CT. III.
C H « P. I.
A I T 1 C l I II.
[ji) Vamil. /. 9*
il.
(^) Jnliùit;, lîh,
1. r. 4.
(f) Tw(i. Ktt*
iaHu^.p. 3 fi.
Ufagc de rX, fixé
mal - a - propos au
fiècle d'Augufte :
il doit rcmontet
bien plus haut.
(d; Lii.ljcl.fii.
U)0risMuc,4.
if] Marti Vic-
tfTwt an Gram-
mat.LucçLx466»
NOUVEAU TRAITÉ
leur furent fubftitués. Aux termes de Ciedron , les (a) Pa-
piriens étoient encore apelds Papifiens , durant le quatrième
kccle de Rome ;mais l’an 41 j Lucius Papirius Crafl'us cefl'a
de fe nommer ainfi. Cette époque qiudre alTez avec celle
de Dempfter. Quintilien (é) parle d’un tems , où l’on (i)
dilbit > y arbos , labos , vapos , clamas , pour
Kalerii y Furii , arbor* labor , vapor 'clamor. Feftus tient
le (1) meme langage. Mais ni lui , ni Cicéron , ni Quin-
tilien n’imaginoient pas , qu’on emploiroit leurs fufrages ^
pour prouver , que les anciens Latins n’avoient point d’R.
Quintilien fupofe vifiblement le contraire. A-t-on jamais dit
Jbbus pour rohur , asbos pour arbor , Soma pour Roma , So-
mutus pour Romulus ? Eft-il néceflaire de rapeler , que l’R
fe trouve dans les plus anciens monuiçens d’écriture Ro-
maine , & notamment fur les tables Eugubines ? Appius
Claudius ne fiit donc pas Tinventenr (c) de cette lettre ;
mais , tout au plus , il. en étendit l’ufage à quelques mots ou
fyllabes , exprimées auparavant par une S. Voila le feul moyen
de concilier l’expreflion peu exade de Pomponius avec les
montunens antiques. _
IV. Au jugement de divers auteurs , les trois dernières
lettres de notre alphabet n’étoient pas encore reçues chez-
les Romains , du rems d’Augufte. Si nous écoutons Prifeien , .
l’X apres coup inventé par les Grecs , fut {d) adopté, par les
Latins ; mais il ne dit point en quel temf. Plufieurs auteurs
en atribuent l’invention à l’Empereur Claude.. S. Ifidore (e)
Pierre diacre après lui , fe contentent de dire , qu’on n’en.-,
ufbit point avant Augufte. Nigidius {f) Figulus , par une
fingularité digne d’un Grammairien , ne voulut jamais s’en .
fêrvir dans fes ouvrages. .
c)ue le Ccntomalus de Valérc Maxime.
Ce qui ne s’ajudcioit pas fi bien arec le
calcul de Cicéron. Au fond , il cil peu
joiponanc de favoir , auquel des Appius
Claudius on doic rapoircr l'invention chi-
mérique de la letrre R. Laiifons donc
cette qjcAion dans fon état probléma*
tique.
(i) A l'oca/ion de cette ancienne pro-
nonciation des Romains, Vigeuére dit
que c cil » ce qu'ont uiutc les rariHeos
*» de tres longue main ; mais le polifTc-
S» ment de la langue , ajoutc-t-i! , leur a
w enfin fait laiflec ce mafy tnafaMlt^ pour
i S) mary maratûi ; & au contraire , rarrttm ■
■ »> pour raifoH »». Traité des thifrts f,
(x) Arbofimfro arbore antiqui dteebant,
rc^o/em pro robore. Sexe. Pomp. Fefti
Marci Verrii Flacci de Verborum figni-
ficationc hbri xx, — Notis illurtravit
Andr, Daccrius — 4%^- }S*
m
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DE DIPLOMATIQUE. * 43
Tout cela ne fauroit obfcurcir la certitude , où nous fom-
mes , de l’exiftence de c^te lettre chez les Romains , avant
l’empire d’Augufte. Plaute , Tùrence & les autres écrivains
Latins du premier âge l’ont employée. Cicéron dans Ibn
Orateur , adrelTé à Brunis , loin de regarder l’X comme une
lettre nouvelle , en parle comme d’un caraûcre , qu’on ré-
tranchoit dc plufieurs (i) mots, afin d’adoucir l’ancien lan-«
gage.
*V. L’Y & le Z font des lettres deux fois empnmtées des
Grecs. Les Latins avoient d'abord reçu d’eux l’une & l’au-
I î. P A i E»
S IC T. 111.
Ch AP. I.
Art icbi 11,
LT & le Z pré.
cédèrent de plâ-
tre dans l’V &c le G. Le fon &c la figure de ces deux lettres d’AiIg^ftcl *
s’étant altérés , partie chez les Grecs , partie chez les Latins 3
(i) Il cite poor exemple sxilt» , me-
tcillu , tnxillm , vexillum , fxxillm , mé-
tamorphofét eo xl» , , tulm , vt-
Inm , f*lm. On liroic du cems dc Quin-
tilien, fut (ii)Ics monumens deXome les
plus anciens,i1/ex«»rrr. Grand nombre de
tables d'airain , lenfetmant autant de Sé-
natus-Confultes , gravés long-tcms avant
Augufte , & rapottés par Gtuter , font
un nlâge ordiiuire de fX. Il en e(l dc
meme dc celles , où les Loii agraires &
la probibition des Bachanales (ont con-
tenues. On voit cette lettre fur la co-
lone Duillicnne , au-delà dc lacjnelle les
auteurs n'ont pas coutame de poulTcr
leurs rcchercbes. cX fc trouve de plus
dans une des tables Eugubines en let-
tres Romaines & en langue Pélafgiqne.
Les plus antiques médailles des Romains
la repréfentent. Rien n'anoncc donc,
qu'elle fût fous Augufte dc fraîche date :
& cette mnltitude de faits entaffés les
uns fur les autres demontte bien clai-
xement tout le contraire.
Mais , dira-t on , tous les anciens gram-
mairiens tombent d'acotd , qu'avant fin-
vention de FX | les mots, où il entre ,
étoient écrits par cr ou ft. Tory (i) dit
avou vu à Rome de vieilles épitaphes,
SJÙ ectte orthographe étoit fuivic. Vof-
fiut atede , que cet ufage (ûc encore ob-
fervé (f) depuis l'Empire des Antonins ,
& qu'il eft eonfigné fut des monumens
Lombardiques. Voila donc des preuves
jurées de la nouveauté de l'X.
La fubfiitution de quelques auues let-
tres à rx , continuée tant de (iccles , de-
puis qu'il fût d'un ufage commun , de
i'aveu de tout le monde , peut-elle être
un garant bien sur de la nouveauté de
cet élément ? On aura beau reculer juf-
qu'au premier âge Forthographec > 3c//,
au heu dc l'Xi on n'en inférera pas mieux
fa non exidcncc alors , qu'on l'autoit
fait, depuis les Lombards : fous prétexte
qu'on l'cxprimoit encore dc leur tems
par c/. Pouroit-on d'aillenis nous répon-
dre , lî les c/ & les /r , qui n'ont pour-
tant jamais prévalu , n'auroient pas été
introduits par des fantaiücs de gram-
mairiens . prévenus dc cette idée , que
toute vraie lettre ne devoir renfermer
qu'un fcul fon. Oc comme celle-ci en
lailToic entendre deux ; il faloit , confé-
3ocmmenc à leur principe , la partaget en
eux lettres. On (ait à quel excès de
délicatelTe en ce genre fc porl#cnt le fa-
meux Nigidius (d) Figulus , Lucius Ac-
cius & Licinins Calvus. ^
11 cil ù peu vrai, que FX ait ociginqire-
ment ptis la place des et 3c/t ; que ceux
qui Fcroploycrcot , oc cefserent pat poqc
cela d'y ajouter FS. Audi voit-on , dans
les plus anciens monumens , prtxfumut ,
mxxfKmxt (J*c.Cette onhogtaphe fe véri-
fie encotc dans quelques médailles des
Empereurs Galba , Vitcllius , Vcfpalîcn ,
Domicicn ; (ans parler d'une infinité
(Fautics preuves , qu'on oc croit pas dc-
Ivoir acumulcr ici , & qu'on oc pouia -Ct
difpcnfcr dc touebex ailleurs. *
Fi;
(a) l«fl. OrA/i
I, I . c. 4.
(i) L'xrt ô> fdtn-
et lit l» vrait frt-
ptnitn lits teçiix,
fcl.lii.f. ♦
(c) De xrte /rua^
Lue. XI. A
(d) Mar.
rin. nTt/nun. /.I,
etl. lift.
II. PARTIE.
Sici. III.
C H A P. I.
A r T I C LÏ II.
(.») Orii. t. 1.
«• 4-
fi) Art grtm.
i. 14JJ.
LT n'eft point
une lettre de nou-
« inreoùoa ;
M
'44 NOUVEAU TRAITÉ
ces derniers' les adoptèrent de nouveau , fous la forme
&: de Z , &c avec la meme valeur ,^11’elles avoient alors en'
Grèce. Mais en quel tems cette adoption fe fit-elle ? Saint
Ifidore (a) nous dit , que (1) jufqu’autems d’Augufte on ne;
les écrivoit point.
Marius {b) Vièlorin nous afllire , qu'Accius ne voulut ja-
mais faire ufage ni de l’Y , ni du Z. D’où l’on pouroit peut-
.êtte conclure la (a) nouveauté de ces lettres ; fi le goût de
fingularité n’étoit ordinairement fa caufè de ces fortes d’aa-
fedacions. Cependant les fragmens de ce Poëte renfermenr
beaucoup à’y. Mais acordons le fait d’Accius , comme in-
dubitable ; il s’enfiiivra du moins, que ces deux lettres pré—
cédèrent de plus d’un fiècle l’empire d’Augufte. Tous , ou
prefque tous les auteurs Latins s’en (ont lêrvis. Nous avona
des Poctes, qui plus de 100. &c même ajo. ans avant l’ère-
Chrétienne , ont compofé des Pièces dramatiques &: autres ,
où ces lettres font fouvent employées. Nous pourions citer en.
faveur de Vy grec Andronicus , Ennius , Plaute , Narvius ,
Pacuvius , Cxcilius &c. A l’égard du Z , on eu voit plufieurs
exemples dans Plaute , dans Nxvius , & dans Cæcifius. Il
feroit inutile de nommer un plus grand nombre de Poëtes
& d’auteurs plus récens , quoiqii’autérieurs à l’empire d’Au-
gufte. Il faut donc faire remonter ces deux lettres au moins
quelques Cèdes au-dcfliis du V'. de Rome. *
VI. Quelques auteurs ont atribué l’invention de l’F aux
Eoliens : mais ces Grecs , ainfi que. les Etrufques & les
U) Put/ch. ttl.
ïiU.
(ff) Ihid. col.
ttSÿi
i', Cd. Il 17,
( i) Il i^uce , qu'en leur place on le
fervoit de deux ff'icàc l’i. On fubftituoit
certainement à l Y encore plutôt 1' V, que
cette deinictc lettre.
(i) Prifeien jugeoit fansdourc Tintro-
dadlion de l'Y grec & dû Z cher, les La-
bas d'un terne fort tecultf. Car il ne dit
pas , que les anciens le fervitenede I'h ,
de deux Jf ou A’fd j avant qu'ilS eulîint
emprunté l'Y & lé Z des Grecs : mais
qu’ils les changèrent en « , en ^ , en /d ,
cnrh, & en d : ce qui fupofe evidem-
incnc leur introdudlion plus ancienne.
Agn.ras (r) Cotnutus, raportd pat CalTio-
dorc , dans (bn Orthogtaphe , avpit oh-
fervé , dans les anciens livtes , des Z tan-
tôt employés , dc tantôt remplacés par Jf..
Sut quoi cet auteur reproche à quelque»
anciens d'avoir poulTé la faulTe dclica-
tcH'e , jufqu'à ne pas vouloir ufer de»
lettres des Grecs , dont ils ne faifoient
pas didculcé d’employer les cxprdlîor.r.
Curtnis (d) Valctianus répète , mot pour
mot , le meme reproche. Or ces plain-
tes cuflènc été fort mal fondées; fi le
Z n'avoit pas été déjà reçu chez les La-
tins , au tems donc iis parient. Les uns
en faifoient donc ufage ; candis que les
autres refufoient de séu lcrvir. Velius
Longus (e) jugeant cccte lettre d'une an-
tiquité plus grande , qu'on ne penfe d'or-
dinaire , en donne pour preuve , qu’elle
fe trouve dans les vers des Salicns.
DE DIPLOMATIQUE. îff
Latins , n’ont fait que nous la conferver &c nous la tranf-
mettre. A entendre (a) le Père Hugue Jéfuite ,^es derniers
la reçurent des Eoliens , ôc l’ajoutèrent à leurs anciennes let-
tres. Sans rapeler ici les principes établis plus haut ; toutes
les dificultés fur la nouveauté de l’F difparoifl'ent 'devant
l’obfervation fuivante. Des monumens latins , où l’F fe trou-
ve , furpalTent de beaucoup en anciquit^ceux des Eoliens ,
où elle le rencontre. Donc ils ne l’ont pas communiquée
après coup aux Latins : puifque ceux-ci en étoient en pof-
fefllon ; nnon avant les Eoliens ; du moins avant le tems ,
où l’on fupofe , que ces Grecs l’auroient inventée ^ ou qu’ils
l’auroient fait adopter à l’Italie.
Le digamma n’eft point le nom , fous lequel cette lettre
fiit d’abord connue en Grèce. 11 tire viliblement cette dénomi-
natidn des grammairiens Grecs. A force de réfléchir «fur fa
ligure , ils crurent y découvrir deux r. Comme ils ne
voyoient plus de lettre femblable dans leur alphabet ; parce-
que Vépisemon iau avoit clrangé de figure , &c que le vrai
vau fe trouvoit déplacé ils prirent !• parti de nommer l’E
digamma. Les Latins , à cet égard , ne firent , que fuivre fie
les idées fie les expreffions des Grecs. Cependant plufieurs
habiles grammairiens de l’une fie de l’autre nation , comme
Didyme , Diomède , Varron , Prifeien , Cenforin , ont re-
connu en termes formels , ou équivalons , que les Eoliens
apeloient autrefois vau leur digamma. Les Latins eux-
racmes le qualifièrent ainfi.
Tous les ufages que les Eoliens firent de leur digamma,
les Latins fe les aproprièrent. Mais ,.au lieu que pour le ren-
dre , les premiers fe contentèrent prefque de la feule F ;
les féconds pafTent pour avoir beaucoup plus varié : fans
doute , pareeque leur F avoit un ufage fixe , qui ne fe pré-
toit pas toujours aux emplois finguliers , qu’on faifoit du
digamma. De meme que les {b) Eoliens écrivirent èc pronon-
eexent QpitTup pour px'rap *, les anciens Latins (i) dirent Bru-
ges pour fruges. Inférer l’F entre deux voyelles ^ lut le plus
(i) Quand les Eolleni mùcnc Cfiraf
{tout /rru; > on tu une Icuie ptendre la
|dace d'un cfpnc. Mats dans irugit pour
fruttf ^op p'aperjoit ^auucIcKcc fûblli-
■ vact a une ancre, Ainn , quoi^u'en dilcnc
Pcircien Sc cane d'aucccs grammairiens
modernes ; le digamma ne femble pas
avoir ui une aplicarion fore jufte.
II. PAR TI H.
s ÉC T. III.
C H a P. I.
Axt ici.a II..
origine du digam-
ena ; parallèle d'à
celui des Eoliens
& des tarins : Itur
ufage.
(a) Dt fritiut
f(rU. mi- c. 4-.
(l>) frife. ttU-
J47.
■V
Digitiz
JI. PARTIE.
S E C T. III.
Ch AP. I.
Aaricii II.
(a)Vrifc.l. I.
t. f.co/.l47.
(i) Ib.ctl. J4<.
(f) Vtjîm dt
mrt. immm. I. I.
c. If.
{i) Sfmheim tU
frtft. mumtfm.Dif-
ftrt. 1. f. 107.
loS. tdit. Ltnd.
1706.
(r) Nflirv. mi~
thod, Quelq. cb~
firv. e, li. ». 7.
(/) î'f-i-
(^) New. iw/rif».
ih) Vcjf. de âtti
gTÂm.Ub, X9,
W IijfîTi. r. r.4.
(t) M»/ Tpm».
/. XCI.
(/) Ttilluih.Vitt.
*■ 14#.
4« NOUVEAU TRAITÉ
grand uiâge , qu’en firenc les Eoliens. Leur but (a) étoit
d’éviter l’hStus : les Latins marchèrent encore ici fur leurs
traces. Chez les uns &c {h) les autres , quelr^uefois le digamma
fe compta pour rien. Tantôt il (c) tint heu d’efprit doux ,
tantôt d’efprit rude. Pour exprimer celui-ci , les Attiques
continuèrent d’ufer de l’H purement afpirée : les autres
Grecs le rendirent par ce caradcre î ; tandis que pour
reprélênter l’efprit doux , ils fe fervirent de cette (i) autre
•i figure.
Le diganuna EoUque avoir fouvent la force (</) de l’H.'
Dom Lancelot obferve (e) d’après S. Ifidore , Chekus 5c
Volllus,que l’H femble être née des efprits. Il conjeélure
que U digamma F , qui repréfentoit prejque la moitié d’un
H , a fouvent paffé pour l’efprit rude. Mais les efprits font
plutôt nés (1) de l’H , quelle ne tire d’eux fon origine ;
puifqu’elle remonte à la plus haute antiquité. Peutctre (eroit-
il aulli naturel de faire fortir les efprits de l’F , que (3) de l’H.
Si l’on en croit Ovide , le X des Grecs s’eft adouci juf.
qu’à faire (f) Flora Chloris. Dom Lancelot au contraire
{g) prétend , que l’efprit rude s’étant changé en C , de là eft
venu » que le C dans les langues vulgaires , n’ell quelque-
» fois que la marque d’une afpiration , ou prononciation
•. plus forte , comme nous voyons encore dans Clotaire ,
» qui eft le même que Lotkaire ; dans Clovis , qui eft le
» même que Louis , ou Louys 5c autres^ fèmblables. •* Mais
(i) Lcx mlT. latins ('A) renferment
quelqnes-uccs de ces moicks d'H réelles,
ou prétendues. Saumaife , dans fes notes
fur la colonc Hétodienne , le prouve par
des glofes de la Bibliothèque Palatine ,
par un S. Ifidore & par d’autres mlf.
Qaiotilien (i) parle de l'une te de l'autre
afpiration , de l'une St de l'autre figure.
Plulieuts anciens geammairiens riennenr
le même langage. En un mot, on remar-
que une afinité très-grande lé) encre l'ef-
pric rude Sc tF des Grecs , des Eoliens &
des Latins.
(1) C'eft le fentiment de Prifeien I. i.
tel. 5 <0. Sergius fut la première édition
de Donat , avance précifémenc tout le
contraire. »/. iSxp.
If) Dans Udctnici cas , il faut couper
l'H en deux ; ee qui fent plus la réfléiioa
do grammairien , que la produétion du
rems , que l'ouvrage d'une longue habitu-
de. C'eR néanmoins à cet caufes , qu'il
faut raporcer les vidlTitudes des ufimes.
Dans le premier cas on n'clt oblige de
faire perdre h TE qu’un périr trait , doue
elle a Ibuvent été dépouillée , & cheas
les Grecs le chez les Latins. D'ailleurs
la double marche de l'ancienne écriture
Gtèque oftoic des F tournées de l'un tc
de l’autre fens. Quoiqu'il en foie , les
taports de l'F avec l'H furent fi mule»-
pliés , que les anciens confondirent en-
femble ces deux lettres , & que des peu-
ples les confondent encore. On dtfoic
autrefois (/) ferdinm pour herdmm , lr»fk
pour trahe , vefo poux veh». ,
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DE diplomatique. 47
h manière d’écrire & de prononcer Hlothanus Sc Chlo-
tharius , Hludovuicus Sc a-t-elle rien de com-
mun avec l’efprit rude des Grecs ? II n’avoir pas meme la
forme de c , lorfque ces noms s’écrivoient de la forte : il
refTembloic plutôt à un h ou à un L .
Le digamma eut principalement la valeur de PV confone.
Ainli le des Grecs , fut le ¥t<mptt des Eoliens , &
le vefpera des Latins. Ceux-ci exprimoiertt quelquefois leur
digamma par deux V V fous fo) Augufte : mais TO fut fob-
ftitué au {p) fécond V avant l’Empereur Claude.
VII. Ce Prflce employa la periliafion (c) & l’autcwrité ,
pour faire recevoir trois nouvelles lettres de fon invention,
fous autant de nouvelles (d) formes. La première étoit un
caraftère uniquement deftiné à faire difeerner les V confones
des V voyelles , qui retinrent leur ancienne figure. Quinti-
Een (tfj ne jugeoit pas défavantageufement de l’utilité du (ij
digamma de Claude. Mais quelle fut fa figure ? Tous con-
viennent , qu’il avoir la forme d’une F : tous ne conviennent
pas de la manière , dont elle étoit tournée.
Sans parler des fituations obliques ; notre F eft lûfoepti-
ble de huit pofitions principales , horifontales & perpendi-
culaires. Il ne s’agit ici , que des dernières. Il n’eft aucune
des quatre fituations'perpendiculaires , que peut prendre l’F,
qui n’ait été attribuée au digamma de Claude. Un des pre-
miers continuateurs du Journal des (/J favans , en 1677.
fait ce Prince inventeur de IT. L’auteur de la Bulle d’or(^)
des enfans Romains de qualité raporte une fameufe infcrip-
tion de Claude , déjà publiée par Angelo Roccha , Gruter
& Fabretti , depuis négligée &: perdue , enfin retrouvée SC
confervée par les feins du célèbre Ficoroni. L’F de Claude
y paroir deux fois , dans les mots AMPLI A '51 T-
TERMINA5 ITQ. Mais elle n’eft , comme on voit ,
que tournée vers la gauche. M. Gori (â) juge pourtant cette
figure préférable à celles , qu’on a données jufqu’à préfent
du digamma de Claude. Mais peutétre ce favant homme
n’aurai«-il point fait atention à une remarque dé fi) Ml Fi-
coroni , portant , que ces deux F étoient doublement
(t } Nous aprenons d*Aniueus Cornotos, I faiic xcsCYOii ccuç ictuc aux KoDuains.
9UC Yatton xyou uwi faoj fucccs d»
II. PARTIE.
Sic T. III.
Chat. I.
Articil II.
(a) Keris Csto.
tmfh. Vif.f. 7(9.
(i)Ii.p.7)7.
Digamma <Tc
Claude ,*fa 6gure,
les monumens, où
il Ce trouve , fon
emploi , fa darde ,
fes fuites.
(e) /. p;
r*p. 41.
(d) T/tcit. »nn*l.
l, I I. e. 4.
i.r.»
(f) Tm.f.f.jS,
(dit. de Cielt.
Cî) Vui- 68.
(/.) Muf. tmtfël-
».i.p.4ij.
[0 r«
ro de' fetnciuli
hili Rêm/eni-
Diglti.r.xJ by Cooglc
II. PARTIE,
Se CT. ni.
C H A P. I.
Article, II.
(a) Dif'f» JeW
sJfahftfi. p, 8l.
{b)NtHv. mith.
p. 714.
(c)-Grmer.p. r 3 <.
CenotMph. Pif. coi,
738.
(d) SeltO» nu-
mifmml» Lcutt,
Pcrif. K84. 4“.
P- «»J- *
(») Deprcfl. nu-
tmfmMum . Diÿin.
p. n.p.p. 109.
(f) Marri Valt-
trii Prohi dt notes
Roman Lajd.Ba-
tav. ijjÿ. 8”.
A.. 10.
UU'i- J-
(h) Col. J4J.
(<) dimal.l. 1 1.
a- a-
{k)Lib. j.f.41.
(/) Tacha ihido
{m) 'SùriiCcn^m
tf^h. Vif,CQÎa“}^$a
4J? NOUVEAU TRAITÉ
renverfôes. Au refte , comme, dans un ouvrage pofténeur J
M. Gori (a) repréfente les deux mêmes mots avec des j j
on a lieu de croire , qu’il fera revenu à l’opinion { i ) com-
mune. D. Lancelot (é) nous donne cette figure pour
celle du digamma inventé par Claude.
Les anciens marbres du tems de cet Empereur, Sc ceux qui
les ont (c) confultés , dépofent en faveur de la fi^re j. Chrif-
tiem Frédéric Rube dans fon Specimen Philologue nujnif-
matico-Latitue , imprimé en 1708. raporte une partie des mo-
numens , où le digamma s’eft confervé. L’on n’en a peut-
être pas de plus célèbre & de plus avéré , touchant la for-
me du digamma de l’Empereur Claude , qu’une de fes mé-
dailles , publiée par {d) M. Seguin , & cité» par le (e) Ba-
ron de Spanheim. Du pié d’une q ainfi difpofée , fort une
palme. C’eft un trophée érigé au digamma , ou plutôt à fon
auteur , à caulè de la viûoire remportée fur les Brétons. On
reconoit (l) au digamma Içs monumens du tems du même
Enyjereur,
( 1/ Le plus grand nombre des anciens
Al des modernes nous le pcigoeor ainfi j.
Il fufira de citer parmi cem-là Probos
(/) , Marcicn (j ) Capcile , 8c Ch) Prif-
cicn. Le premier vivoit fous Ndron , fé-
lon Eusèoe : il cft d'ailleurs ciré par Sud
tone 8c par Aulu-Gelle. Il pounoic bien
avoir écrit fon livre de noces fous Clau-
de, ou cres-peu après 3 fi l'on en juge par
la manière , dont il s’exprime au fujee du
digamma Éelique , en raporcanc les Si-
fltt de l’F. Voici fes termes i j pr» V ut
SERiVS, iVLGVS , lIXIT pro fervos ,
vulgus , viiir. £r digamma JSolicam
apellatur.
(a) Tacite fait mention (<) des tables
de baoBZc , où ce caraâère le confervoit.
Elles noient expofées à la vue de tout le
monde , dans les temples 8c les places pu-
bliques. Suétone dit , que cette manière
d’écrke (k) fubfiftoit de fon tems , dans
les monumens , 8c la plupart des livres.
Mais l'ulage du digamma de Claude 8c
des deux autres Icnrcs de fon invention
ne fc foutint , que (I) de foo vivant.
On peut joindre à Tacite , qui noos
l'alTurc , Quincilicn , Ptifeien , 8c Dio-
mède. On reprit l'VY (»>} après 1a mort
VIII.
de cet Empereur. Le cariinarNons ajou-
te , que fous Marc Aurdle on Ce fervic
d‘vê. Par exemple , on difoic ftrv«m •
crrvom &c. Du cems de CaHîod^re oa
étoic revenu aux deux VV. Ces deux
lettres de ^icc avoieoc principalemeac
déterminé Claude ji fubfticuer à la pre-
mière (bn digamma. Mais on ne lailla
pas den ufer aulTl , devant les autres
voyelles, comme dans dUO, jAL£, lE-
TV$,pour valftVifus. Il (croit peut-
être étranger à notre deifein de nous
étendre davantage fur la prononciation
de rv , ou du digamma de Claude. Mais
on f»c fera pas f^ché de trouver ici ce
qu’en penibic Je trés doâe Abbé Renan-
dot. n II ne fiiuc pas , dit-il , s’étoner »
» qu'il y ait tant de variations dans les
» langues Tur la valeur de cette lettre ,
*> dont peutétre nous ne favons pa^ en-
n core la véritable prononciation. Car il
» n’y a aucune aparence , que les an-
» ciens Hébreux la pronon^aHênt, corn-
» me nous prononçons l'V confone. Les
» Syriens & les Arabes , aulTi-bien que
» la plupart des Orientaux , la pronon-
» cent comme v &: comme W des na-
« tioûS du Nord. Il n‘y a que les Tnres
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DE DIPLOMATIQUE. ^9
VlII. L’antifigœa fous la figure de deux C adoffés DC ,
iut le fécond caradère incroduit par Claude. Il avoir la
valeur du P & de l’S , ou du B & de l’S ; peutccre même
de deux SS, d’un ufage bien plus fréquent dans le Latin,
que les précédentes. Etienne (a) Morin , après avoir fait
exprimer le -ir par rantiiigma , conjeûure , qu’il auroit pu
avoir la force du cA ou dix X des Grecs. Prifcien eft plus
croyable , quand il atribue à la fécondé lettre de Claude
un ton ii>) équivalent au -i-. Selon notre grammairien ce fon
étoit beaucoup plus doux , que celui du ps ou ès des Latins :
mais ils n’osèrent ,nous dit-il , changer leur ancienne écriture.
Les monumens drelTés fous l’empire de Claude , ne nous
ont point encore fait voir fbn fècoiul caradère. S’il y, fut a(E>
mis , on pouroit entendre les termes de Prifcien des tems
poflérieurs à la mort du même empereur. Alors au plus
tard , cette lettre , ainfi que fes compagnes , furent condam-
nées à un éternel oubli.
Nul ancien ne nous a feit conoitre , quelle fiit la troifîè-
me lettre de Claude : nul moderne (i) ne l’a pu deviner.
L > • .
pas plus d'atention. Sur un texte mal
eoteodu de Velius Loogus , il inuginoic
je ne lai tpicUe lettre inTcmce.parClan*
de , pour adoucit l'apretc de l'R.
Tconins, dans Tes notes fur U prtimhri
origitttiU ticritur* , tdfnte le P. Herman
Hugue , pour avoir donné l'X , com-
me une lettre de l’empereur Claude :
quoiqu’elle fe trouve fur la coloné Duil-
licnne , fur les tables d'airain de la Loi
agraire , & fur plulîcurs autres anonur
'mens des plus antiques. Juftc-l.ipfc, com-
mentant Tacite , regarde comme infou-
tenable l'opinion de ceux , qui font
honneur 1 Clande de ripventibn de l'X
latin. Le P.,Hugue'(c) i upréx en avoir
averti , ne iaülè pas de Ce déclarer encore
plus formellement un peu après en fa-
veur de la prétention r^roUvée par cec
illullre auteur. Mais , comme il ne nont-
me point fes garant j elle peut d'aucanc
moins être étayée fur fa propre autorité,
que rantinnué de TX eft démontrée an-
térienre à Claude de plulicurs (éclcs.
P. CoAadau n'ell pas plus heureux ; lorf-
que par (J) deux fors il nous donne cét
empereur pour inventeut de iioccc X., X
•> 8t les Perfans, qni l'ont apris d'eux apa-
» remmène , qui la prononcent comme
» confone. Les Romains la prononfoient
» comme W dufUx. C'eft pourquoi les
» Giecs l’ont fouvent exprimée par « ,
» comme va'rpat V»mn , ce qu'ils &i-
» foient aulG jpar B : & c'étoic apatem-
» ment à canfe de cette di&culié pour
» bien évaluer V , que Claude , qni fiii-
» foit le capable , incroduiCt le digamma.
U Cai on voit dans les inferiptions
» AUrtlAVlT, TEXMINAFIT Scc. Ontrou-
•> ve cett9 mime divetfité dans toutes les
langues d'Europe , qui viennent du La-
tin , pour la prononciation de V». La
plupart des Allcmans le prononcent
toujours comme confone , te difent
» m , ifvtd &c Les Angloit comme i» i
» les Efpagnols te la plupart des Italiens ,
» le ptooonfant comme voydle , lui
» doiinooc la valeur d'M. « Uim. fur f*-
rif. de> leur. jrij. , par M. l'Abhi Rc-
■nuudot. Mon. dt fAtud. dtt lufcrip. ». i.
fMf. lîI-AÎs. I
(i) On doit compter peut rien ceux.,
'qui ont avancé , que Claude' avoit in-
croduit l'R ciicz les Romains'. Le fufrage
de Marcus Vetranius Maurui ne méwe
Tome IL
II. PARTIE.
St CT. III.
Chat. I.
Article II.
Deux autres let-
tres inventées pat
Claude.
(m) Exereit, dt
Ling.f. 184.
(é) Pm/th. tel.
il».
y.i ' Il
-1/ De primM
firiif, oHg, c, 4.
(J) Trmitt hifii
des fiinet, t. X-
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yo NOUVEAU TRAITÉ
Cependant l’auteur de la (a) Bibliothèque Vaticane lènible
ai. PARTIE. Hipofer d’après Lipfe , que cette lettre étoit le 4>, diférente
.SE CT. III, J * ^ I l
Ch A P. 1. oc notre F pour la valeur.
R R TIC Li II. , Au défaut de certitude , qu’il foit permis de fe livrer
UJfms.hj. pour un moment à la conjeélure. Les anciens grammai-
riens , comme Charifius , Diomède , Térentien , Prifcien ,,
diftinguent chez les Latins un I voyelle , & un l 'confone ,
un V confone & un V voyelle. Les figures deftinées à ren-
dre ces lettres , en tant que voyelles Sc confones , n’étoienc
|H>int fixées. Ce qu’on a fzk depuis plus d’un fiècle , Claude
voulut l’exécuter , en diftinguant par le digamma l’V con-
fone de l’V voyelle , lailTée en poflèflion de l’ancierme fi-
gure. Il étoit naturel , qu’il fit la meme chofe , pour diC-
tinguer l’I voyelle de l’I confone. CTeft-là que dévoient le
porter fes vues , après avoir atribüé des figures propres aux
deux leares parallèles à ces deux dernières.
l' A-rticleIIL
Lettres inventées par le Roi Chilpéric /. leur nombre , leur
figure , leur ujage , leur origine r les fav ans , les impri-
més , ù Us mÿ. peu (tacord fur ces points : parâlCele-
des mff. Ù des imprimés : nouveaux écltùrciffemens fur
la forme Ù la valeur des ces caraSères-
i- N n’eft pas moins partagé fur les lettres invent^
de chiipéiic : l« par Chilpérîc 1. que certains auteurs ont*mal-à-
miT. & In impn- pfopgj apclé {b) Childéric , & meme (c) Childebert. Les uns
de Tours, atd’Ai- les Cirent du Grec , les autres du Ruiuque , quelques-uns
moin de Fleuri Jg l’Hébrcu , d’auttes du Gothiquc , du Lombard , de
confoVmc!'"L''iî! l’Angle - Saxon. Certains les font venir des écritures bar-
mem de Pafquicr batés en général , fans en fpéclfier aucune. S’il eft des fa-
<*= Voiiius. ^ qm croient l’ufage de ces lettres borné au lêul Teu i
tonique ; la plupart l’écendent de plus à la langue Latine..
Sitfh. Merim. E- La matière intérelTe trop nos antiquités Françoilës les plus-
trr ^ reculées , pour qu’il nous foit permis de la traiter fuperfi.-
Tf) Nrv* müa cidlement. . , t
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DE DIPLOMATIQUE. •
Grégoire (i) de Tours & Aimoin font les feuls anciens ,
qui nous aient conlèrvé la mémoire xl’un Sic ü finguliec.
Mais , loin d’ctre d’acord enlêmble fur la forme & le (btt
des lettres inventées par Chilpéric ; ils ne le paroiffent pas
avec eux-mêmes , ou plutôt leurs éditions & leurs mlT.
lemblent fe contredire à divers égards. D’un autre côté , û
l’on celToit de les prendre pour guides ; tout deviendroic
arbitraire , fie l’on retomberoit d^ de plus grandes iilcer-
titudes , que celles , dont on cherche à le tirer. Au furplus
les deux témoignagnes n'en valent qu’un. Aimoin (a) n’a
viliblement puile murs aucune autre fource le fait , qui nous
ocupe , que dans le feul Grégoire de Tours. Si donc il fe
trouve entr’eux quelque diférence réelle ; elle exiftoit fans
doute entre les mlT. de Grégoire. Autrement il fâudroit
convenir , qu’elle s’eft glilTée depuis dans ceux d’ Aimoin ;
ou bien plulieurs de ces caufes ont concouru aux variations ,
qu’on remarque entre ces auteurs fie leurs mlT.
L’a* mis par-tout à la tête des nouveaux caraâères de Chil-
péric ne devrait être fujet à nulle conteftation : il n’en eft
pourtant pas à couvert. Les autres n’excédoient certainement
pas le nombre de trois. Cependant quelques modernes (2.)
(i) Il s'exprime ainü (S) Ar riavencioa
des lettres de Chilpdric. AdJuUt mttm
ér Huerai liitnii aajîrii , id tjl , a , Jitm
<jTÂti hakem , te , tbe , lAli , ^uaram
(haraStrf! fatferiffimm, Hi fiau Q i' Z a.
mijît tfifitlai i» mùvtrfas civttaui rt-
pii fie fueri detmnotr, ae litri aati-
^ailHi firipii, planait pumiet referittrentnr.
( 1) Si les autres mfT. de S. Grégoire de
Tours coatCDoieDC eux] canâ^res Chil-
S^ticiens , comme oo pouroir le penCet
e celui du Bec , quoitjue d’ailleurs U fem-
ble n'en anoncer que quatre ; on auioir
liijet de croire , qu'ils autoient fourni
quelque prdtczte à ces auteurs. Mais ils
ne paroiflcnt pas avoir eu conoidance
de ce mf. ni d'autres , qui renformairent
plus de quatre lettres. Pafouiet , fans
faire mention de Va , joint le S à ces
lettres : oc comme la ptemidre n'eft pas
douceufe ; fi l'on récoutoit , on autoit Hx
dlémens Chilpdticieu , au lieu de quatre.
Mais on ne fauroic regarder ces pcopo-
fitions , pour ainfi due , aranedea en
l'air , que comme des paroles , auxquelles
la rdflAion & l'examen n'eurent aucune
part. Toutefois , puifque tant d'auteurs
ont fdrieufement infiftd fut les Ictcccs
9 ÿ X 4' i ‘I ndcelTairc de relever en
peu de mots les inconvéniens de leur fy f.
céme. Sous ce point de vue , il n'dcoit pas
naturel d'introduire le eii des Grecs , ab-
folumenc femblabic , pour la figure, à
rx des Latin ; à moüu que l'on n'eût
fuptimd celni-ci cpmme inutile : ce qui
p’ariva pas ; ou qu'on ne lui eût aifiaad
quelque nouveau ligne : chofe,û quoi roa
ne penià pas. Si l'on ne vouloir parler, quo
de notre X , qui avoit aulTi la valeur d’uue
lettre doublc;oul motif n'obligeoit de l'in»
venter; poifqo'il droit employd chez lesLa-
tiaSidepuit tant de fidcles. Une langue, qui
pour lors avoit dans PF us cataâete , au
moins ptcfqoe eorrclpondaoc au O ne
pouvoir au plus drer ifutilicd de ceç
dldmcnt , que par raport û quelques mots
Grecs. Le .{. paroifibit encore moins nd-
ceilâiie : puifque le nombre de ceux ,
Gij .
II. PARTIE.
Skct. III.
Ch a.r. I.
Akticli I1I«
fa) AJmem. lit,
l.C.qo.
(d) Hifi Fraart
lit. J-. c. 4f. tel,
Xft. Htv.edil.-
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JI. PARTIE.
S E C T. III.
Chat, I.
JI A T I c L E III.
(<•1 Stcherchri île
Taftjuier /. 8. p,
74^.e/û. del66^.
ii) Deariepsit!.
UK t.e. f.
Opinion deWor-
itmis combattic
pat D. Ruinart i
le) De UnerMtu-
tà Bjenie». e. p.
NOUVEAU TRAITÉ
les font monter (a) jufqu’à quatre , fupofant que CKilpé-
ric , outre l’« pavoit ajouté à notre alphabet ces quatre let-
tres doubles des Grecs 0 <p x
Voflîus {i>) eftimoit grcques toutes les lettres de Chilpé-
ric ; quoique quelques-unes foient repréi'entées par Grégoire
de Tours & par (i) Aimoin , fous une figure fort difcrente
des caraûcres grecs , & quoique plufieurs foient rendues
par ^es fons fon diftingués de ceux des lettres grcques ,
qui devroient leur répondre.
' II. Mais Olaus Worm , toujours (c) atentif à faifir ce qui
pouvoir rehaufler la gloire de fa patrie , combat Voflius ^
& révendique aux runes les quatre lettres de Chilpéric.
taxquels il pouvroit s^apliqucr Ce réduit
SreHqDC à rien. Nous cojioilTons cepen-
anc un Plraucicr la:in de l’Abbaie de
È. Ouen, ou pftlmMSy r^péid en ritte à la
^cc de chaque pfeaume , dl prerque con
^mmcnc écrit par ]c Les noces de
ecmf. cinploicnc tégulîcrcmcnt la roeme
femc t uu comincncemcnt du meme mot.
Ce mC CD caraélcFC Saxon peut remon'
ter au feptième (îccle. Mais les autres
expreflions , où entre le p/, fans en ex-
cepter ffalterium, &c. ne font
jamais rendues par le 4^* Ainfi Ton a
tout fujet de croire , que ce raf. copié
en Angleterre , n‘imitc aucune des let-
tres de Chilpéric. Atr contraire Fafeéh-
tion , alors alTcz cemmune de mêler
quelques lettres gréques parmi les lati-
nes , ici fe fint (enrir.
(i .) Trois éditions d'Aimoin repréfen-
tent les lettres de Chilpéric x »
^ th f ^th , d'iine manière uniforme. ITn
nf. iffn récent vient à l'apui, des im^
phmés.Si Ton veut admettre quelque cor>
niption dans les éditions & les mlT d’At-
moin : elle Hoir plutôt être imputée au
tems, qu'àun ddTein prémédité. Du moins
ne feroit-il pas jufte d en charger fau-
teur lui-même. Un de fes mfT. de plus de
5t>o. ans fc raproche beaucoup des H*
gures , 5: pttas encore des valeurs élémen-
taires, exprimées dans les mlT. de Gré-
goire de Tours, Voici les propres ter-
xnes d'Aimoin t AddiMt autem { C/br/pv-
rirus ) noftrit Utteris o ethomigsm Gra-
y très siims , quarttm ch^ra/ieret
sh tffe invertin (um frottis ^eois tne fu9-
fcriffimtis S' jM , T the y ami/. Au fujet
de ce mf. d'Aimoin j la noce de Grégoire
de Tours de D. Ruinart porte a/w« , au
lieu du dernier caraé^rc aw/ , qui fé
trouve dans ion addition à la Diplomatie
que. Ix mf. de S. Grrmain des Prez ,
que nous avons confulté , pour favoir
quelle étoit fi véritable leçon , nous a
convaincus, qu’il faloit lire i*. othomt^
g»m en interligne , defUné à cxpliv^ucr,
ce que c’cR que 1’»: , fuhfcribimm y
f\OMt fiâbferipfimnf ! j®*. encore inter*
inéaire cR explicatif du 4t auiTi-bicm
que explicatif du Quant au der-
nier ^ , il cil fuivi de mii , qu'on
peut aud) lire mu , & mieux ui'i. On
ne pouvoir ^ftingucr ces lettres , il y a
poc. ans dans la minufculc , que par la
force du fens. C'eft dans ce mf. félon
D. Rljinarr qu’il faut poifer la vraie
leçon d’Aimom. Le texte même des édb
rions le prouve. Car fi toutes les let-
tres de Chilpéric convenoient avec les
grètjucs, 6c quant à la valeur , & tjti.int
a la ligure i Aimoin amoir il réduit a une
lettre gr}que , favoir à Fce , les quatre ,
que chilpéric avoir inventées : Comme
fl les autres cufTcnr été étrangères an
grec ? Celles-ci étoicnr par conféquent
bien diférentes de la première. Voila
néanmoins un fait décifif , conf^até non
fealemcnt par ce mf \ mais encore par
cpüs les imprimés. D*oti s’enfuit , que
CCS trots dernières Ictrrcs , aux termes
d’Aimoin , étoicnr diilinguées des grev
ques.
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DE DIPLOMATIQUE. H
'A l’enteiidre , ce Prince n’aura fait , qu’adopter ces carac-
cères feptent^naux. Du refte il avance, tantôt que (a) les
copHies ont défiguré ces lettres , qu’ils n’entendoient pas; chIp.i. .
tantôt que les imprimeurs manquant de caradères , pour a»ticli iir.
les rendre , leur ont fubftitué des élémens de l’alphabet nouTciies preuves
grec , qui avoieM avec eux quelque afinité . ^
' D. Ruinait , dans la nouvelle Appendice (b) a la Diplo- réformé , ne fau-
matique du P. Mabillon , s’éleva contre (i) Olaus Wormius.
Sans avoir vu fon livre , il étoit fort au fait de fes prétentions.
Il eût toutefois été à fouhaiter qu’il l’eût lu ; fes réponfes fe-
roient plus préclfes , 8c nous n’ aurions pas befoin d’y reve-
nir. Malgré l’altération , que les lettres runiques ont éprou-
vées dans les éditions de Grégoire de Tours ; elles ne lait
fent pas , félon Wormius , d’être reconoiflables. Remplacez
(c) le y par le -f , vous aurez l’ae de Chilpéric, Au lieu
du Z , mettez le -1 ; ce fera fon lA : au n fubftituez le Ji ;
vous trouverez l’V , l’U, 6c VW runique , dont la valeur
répond’ à celle du dernier caradere du même Roi. La di-
vÔ£té des deux premières lettres runiques avec celles de
Chilpéric , n’arcte pas notre auteur. Il compte fi fort fur leur
reffemblance de fon , qu’il n’en fera point a deux fois. Tan-
dis qu’il eft en train , il va livrer à fes runes !’« , qu’il étoit
fi naturel d’abandoner au grec. Pour plus grande fureté , il
le métamorphofera en ^ , c’efl-à-dire en o runique , fans
trop s’inquiéter de la diférence de ces deux figures. Il le
cbnfirmeta. dans fon fentiment -.^areeque les Weftgoths ,
fon terme , pour exprimer les Wifigoths, ocupoient
alors la France 6c l’Efpagne , 6c qu’ils ufoient de lettres ru-
niqaes.''Mats c’eft fe reiuermer dans un pofle dont il nous
lêra facile dé fè dlfUgiifiia^; quand nom traiterons de l’ancien-
ne écriture gothique d*Eljiaga«^
(i) Nulle des lettres runraues, puhiitfcs s'acotde pâs moins atec eellcs-d »
^arHickes, dans fon Tr//#r déf vcc les tuniques. Cette figure 4^ t
ftptentritHMles f o‘eil conforme à celles de Grégoire de Tours rend par 4#, eft l'M ru*
Chilpénc, ni pour le fon^ni pour la figure, nique, & leth d'autres langues fepten*
Ce fi’cft pas qu’il n’y en aie quelques-unes trionalc5,dontHickcs a publié les aipha-
de part ée d'autre , qui fe rcficmblenr. bets. Il en faut pourtant ciccptcr celui
Mais le (bo que Grégoire de Tours & Ai- des Huns, ou elle vaut cx.j . Tel cft Je
auoin leur atribuent , n'eft pas le même précis des raifoos de O. RuifUit , coatrt'
des deux côtés. Quoique Wormius me , la cticfe de Wormius.
^‘dJes (bicDt grcques -, Icoi forme oc
roic être admis.
fa) Ihi/i. p.
(h) De re diplomt
I7cp«r
(r) Df lîatratttrâ
Tun e. 1.
Digi’' ' Coogit
II. PARTIE.
S ECT, III.
Ch A P. I,
Àkticli III.
(«} Tm. I.
/. 711.
SylUmc deM.
Eckhait , d^fc-
Aueux daoi prcf-
que coûtes Tes par-
ties.
(i) CtmiumlM-
rius Je rebut Vrttn~
eu Orienuüs, 1. 1 .
t- I»7.
j4 NOUVEAU TRAITÉ
Wormîus auroic pu propofer quelque chofe de plus fpé-
deux ; s’il avoir fu mettre à profit tous les avantages , que
lui fournifToit fon Runique. Qu’on jette les yeux lur notre
(a) XIV'. planche : la colone des runes compofées donne-
ra , première ligne , « , qui aproche du ÿ , quatrième
ligne ea O , dont (i) la prononciation dans le Nord re-
vint à celle de Va. Ce fera donc la deuxième lettre de
Chilpéric. Au-deflbus , dans la colone des runes , dont les
figures font femblables & la valeur diférente , on voit , li-
gne troifième , ce caraâère H . Sans en réformer les traits ,
changez-en la pofition ;»vous aurez le Z. La ligne dernière
vous ofre encore cette figure 7 , peu diférente du Z. Toutes
les deux valent également le r. Ce fera donc la troifième
lettre de Chilpéric. L’alphabet runique contient ces carac-
tères n h A , répondant à l’V &: a l’Y.-' Le premier eft
toUt-à-fait conforme à la figure du quatrième élément de
Chilpéric dans les imprimés , ôc le troifième aproche de
celle , qu’il a dans la plupart des mff. Telle fera donc fa
quatrième lettre. Voila tout ce que le Runique a de plus
relTemblant avec les lettres de ce Prince. Mais ce dénou-
ment ne fatisfait point : pareeque la relTemblance des let-
tres de part & d’autre , n’eft pas entière : outre que c’eft
aller chercher bien-loin les caraûères de Chilpéric , que de
prétendre les trouver dans les runes.
III. M. Eckhart (i) traite également d’erreurs les fentÎA
mens de Gérard Volfius ê£ d’Olaus Wormius. Le premiet
ne voyoit que des lettres grèques , & le fécond que des runi-
ques , dans celles de Chilpéric. Au contraire , félon notre
favant Alleman , il faut y voir une lettre Lombardique ,
une Gothique , une Angloife , & même une note deTyron.
Piiifque le texte de S. Grégoire n’exprune que le fou
(1) de trois lettres ; il eft certain , dit-il, que Chilpéric n en
inventa pas davantage. Le Z étant un caraêlcre fuperflu ,
^i) Cej déni caraâèrej mniquet ont
sn tapon tout autrement marqué aiec
le V , que le^ de Wonnioï. II eft éton-
nant , qu’il n’y ait point penfé , non plus
qu'aux figures du iiiivaot.
(ij II n’étoit pas nécef&iie de mar-
quer le û>a de U lettre • > apti» 1 aroii
déclaré conforme it celai des Grecs , tt
poar la valeur »c pour la figure. C'eft
ce qn'énonccnt clairement cet parole*
du père de notre biftoire : a fieu Grtcà
buhtni. Cependant pluficun de fes mit
le teàdent exprclTénicnt pat un ».
Dicii". .^.1 by Google
-DE DIPLOMATIQUE. yy
:j« le crois ajouté par la feute (i) des copiftes, ou bien l’on
exprime par ce .caraûère la particule et.
La plupart eftiment , que la première lettre eft l’omega
çrec ; mais ils le trompent. Car elle a pour fon , l’« ou l’^
Xj«rmanique. Chilpéric jugea fon addition nécdlàite.; parce-
que Va avoit une double valeur chez les Romains & les
f rançois. Aulfi pour l’exprimer adopta-t-il Va Lomhardique,
oiffez iêmblable à T» grec. Telle eft la (z) figure , que
donnent à celui-là divers modèles (a) delà Diploimui^iede
D. Mabillon.
Le fécond caraûère de Cliilpéric eft le -i' pour le tA^.
U. PARTI.E-
S I C T. 111,
Cha?. I.
AKT 1 C L E IIJ.
(4) De re dipUmi
ub. XLVirr,
XLIX./.438.++>;
(i)Cene pitendoe ioterpobtioa Ce-^
«oit donc bieo ancienne, £Ue Te aoave-
^ic conlîgndc d'ans deux nsiT. piefciue
conicmpotains de Grégoire de Tours.',
4c qui n onr point été copiés l'an Tar
’i'auttc. Le Z eft prerqae nnifotme dans
-tous ceux , dont les anciens & nouveaux'
éditeurs ont fait ufage. Il eft dans cinq,
des plus beaux & des plus anciens ,>
^ue nous avons examinés neus-mémes ,1
où dont nous avons fait figurer les ca-'
jaâéres par des perfoots , fur l’exac-
linidc & la capacité desquelles on peut
complet. C'eft par un tétrancbetnentde
-fi bafe , que le T lui Ait fubftitné dans
■quelques exemplaires d'Airooin. Scs édi -
-ceurs n'ont changé leT en é, que pour faire
quadrer fafigureavec (a valeur ilù,e{hmée
Ctcnuc. En dépit de tous lesmonomens,
fimdta-t-il donna anéantir eette lettre i
Aéduitc le Z en 7 , ne ftipofe que la fu-
pre£on d’une ligne : mais faire valoir au
Z «I , au lieu de th ; c'eft contredire tous
les mST. da Grégoire de Tours te d'Ai-
jnoin. Etoit-il naturel , pour fignificr l'ec ,
de l'inlcrcr tous cerre 7 , au mi-
fieu de caraéicccs de nouvelle invention t
'K*auroit-on pas couru rifquc de le con-
dbndre avec les lettres de Chilpéric î
Caillcnrs le 7 pour fignificr « étoit bien ,
an ufage aux VI. & VU', fiècles, dans
les notes de Tyton : mais rétoit-il dans
récriture majnScule î Cependant tous
les quatre élément de Chilpéric apane-
JKuent à ce genre de lettres,
(1) La coofiMinité de l’a des Eom-
fiards avec l'a eft incooreftablc. Cepen-
dant nnlls aparence ^ la figots. da
dernier ait été tirée de leur écriture ,
dans un tems ,où Us ne fiulôieot , qoe
commencer à s'établir en Italie. L'ori-
gine mémo de l'a Lombardiqge eft pure-
ment Romaiae Un le trouvera de plus ,
s'il le fiinc , dans derécritutcs-Gallica-
nes, antérieures à Chilpéric ; mais il eft
tellement cutfif ; qu'il ne pent convenir
ni à la majufcale ni i la minufegle. Les*
|. antres lettres de Chilpéric font toutefois
des majufcules alTorncs à l'onciale. Pour-
quoi donc la premiéra aoroit-elle été
prife de la cutfive I N'auroit-il pas été
ridicule d'ajufter enfemblé des lettres de
dififrens ordres > Sa figure vérifiée fur les
mlT. des Cathédrales de Paris , de Cam-
brai , & de l'Abba'ie du Bec , eft réelle-
ment majafcule , & ne relTemble que peu-
ou point à r« Lombardique. Si l'on fe
donnoit la peine de oonfulcer les autres
mlT } on ne tematqucroit pas dans la
plupart beaucoup plus de taport avec
cet 4 , auquel M.< EcLhatt femble avoir
voulu faire ;oner on ce nain rfile . en le
plaçant à ia tête des caraâéres Chilpé-
ticiens. Sa découverte n'eft doue apoyee ,
que fiir l'épatgoe des édtnnts . qU fe
(ont contentés des caraâéics , que leur
fonrniftbit l'imprimerie. Mais la V|lcur
de l'ar apliqué i l'a contre ta foi des
,mtr. fafit pour décrier le fpftéme de cer
habile homme. S'il avoir mieux fait fes
recherches dans les noces de Tyron j
probablement il ne fe têroit pat borné au
Z de Chilpéric : il y auroit encore re-
connu ton a valant l'« : & fans douce qu'il
lui auroit acotdé la préfétence fur fon a
Xombardique,
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II. PARTIE.
S C C T. 111.
Ch AP. 1.
Aki IC L 1 1 1 1.
ScDcimcns de
M M. Fauchée ,
Duclos Se Schoep-
Bin fur les lettres
(a) Wm. dtl'A-
t»i. dis Infcrift,
t.lS-f. 17«.74J-
(F) Uteutil d» f«-
ri’oudiULmpu
Pcrjît FrMn-
fcifl f. \ t. (dttJt
P»rh 1 } 8 1 .
(c) Alfmti* illtif-
trMM.f. 814.
NOUVEAU TRAITÉ
emprunté des Goths. C’eft ainfi qu’il eft figuré dans les
Evangiles d’Ulfila. Le troificme eft le v Anglois ou le A ren-
verfé , qui r^ond au W. Voila tout le fyftème de M.
Eckhart expofe par lui-même. La manière d’expliquer les
deux dernières lettres de Chilpéric ne lui eft point particu-
lière.
IV. M. Duclos , dans fon Mémoire fur l’origine & les
révolutions des langues Celtique 6c Françoife du 19. Fé-
vrier 1740. nous (a) donne pour lettres (i) de Chilpéric ,
{1} » Grdgoitc de Tours te Aimoin
•9 parlent de plulieurs ordonnances de
39 Chilpdric , touchant la langue. Ce
n Prince fit ajouter à l'alphabet les quatre
99 lettres grcques O , 'P , Z , N. C'elt ainfi
>9 qu'on Ijs trouve dans Grégoire de
>9 'Tours. Aimoin dit , que c'étoient
uS, 0>,X, n,tc Fauchet prétend
>9 fut la foi de Pithou , 8t fur celle d'un
» mf, qui avoit alors plus de cinq cents
99 ans.^ue les caraéicres, qui furent ajou-
99 tez al'alphabet étoient l'O des Grecs ,
99 le n , le {3 te le T des Hébreux ; c'ell
99 ce qui pouroit faire penfer , que ces ca-
99 raderes , fittent introdnits dans le
99 Franctbcuch pour des fons , qui lui
99 étoient particuliers , te non pas pour te
99 Laûo 9 à qui fes caraéléres fufilbicnr. II
99 ne feroit pas étonnant , que Chilpéric
99 eût emprunté des caraéicres Hébreux ;
99 fi l'on (ait atention , qu'il y avoit beau- <
99 coup de Juifs à là Cour , te entr'anres
99 un nomme Prife , qui étoit dans la plus
99 grande faveur auprès de ce Prince. »
£0 parlant du FI , quatrième earaélère \
4e Chilpéric , lèlon les imprimés de faint
-Grégoire de Tours ; le Préfident ( i )
Fauchet ajoute : 99 que M. Pithou ficur de
99 Savoye , très-favant avocat en la Cour
99 de Parlement , dit être le grand Û des j
99 Grecs ou v , te les chtt , rXofi te vmu
99 dès Hébreux , dont les noms fe trou-
99 vent. encore écrits fut les caraéléres ,
99 qui bien que mal reptéfentez en fes
99 exemplaires te les miens écrits à la main
99 y a cinq cens ans te plus. Ccqui lui lait
99 vrai-fcmblablement penfer , que ces
99 tettres hircot adjoutées par ce Roy ,
.99 non tant pour la langue Latine , ( qui
>9 toujours s'étoit cooicutéç des ficones , j
99 que poue ùder le Franciktbcufch :
99 ( c’elt - à - ditç Françoife Thioife , ) la-
99 quelle avoit befoin de fcmblables let-
91 très , pour fitire fonner plus onvccte-
99 ment fes , W , « W , clir , fit , » , mk ,
99 te autres prononciations , qui lui fonc
99 fréquentes , te ne penvent fc reptéfen-
99 ter par de fimpics lèttrcs Latines. « Le
M. Pithou de Fauchet fc prévaut égale-
ment do crédit de Prife , pour Elire voir,
comment Chilpéric avoir pu chercher
dans l'Hébreu fes caraéléres , qui raan-
quoient à fa langue maternelle.
Fauchet a de plus recours à OtftiJ
Moine de Wiffemboorg , pour montrer
la nécelTité d'ajouter des caraéléres nou-
veaux aux lettres Latines , fetvant à écri-
re l'ancien François. Cependant , fi l'oa
ptedôit un peu ces paroles d'Otfrid , ra-
ponées par Fauchet , touchant le non
ulâge , ou étoient au neuinémc fiécle Ica
Allemans d'écrire en leur langue : Sac
mir» , t/un m/igiitt vires , , . t^itm fcrif~
turi in prepri/i iingnn non bsbere .* on en
concluroit , que Chilpéric auroit plutôt
travaillé en faveur du Latin , que de fil
propre langue i quand il introduifit fea
Quatre nouvelles fetttes. La verfion Tu-
efque (c) ioteilinéaire de la Règle de
S. Bénolt faite par le Moine Kéron , vers
Tan 710. ne fufiroitpas, pour nous in-
fpirer d'autres penfées : puifqu'on la re-
garde comme le premier ouvrage écrit ca
cette langue. Mais du texte d'Otfrid
Fauchet infère feulement pag. 14. qpe
99 l'intention de Chilpéric n'avoit été ta-
99 eue des liens , non plus que les vers ,
99 les hymnes & fes Mclfes : pour le peu
99 de jcfpcél , qu'ils porcùscnt h fa mé-
99 moire depuis Ik mort , ou par leur
feloa
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DE DIPLOMATIQUE. -^7
iclon Aimoin , © ® X n, & félon S. Grégoire, O ■V'L N. Quant
aux élémens , que Chilpérk voulut faire recevoir dans lès
états ; il embralTe l’opinion ic les raifons conieéhirales du
Préfident Fauchet , qui prétendoit , fur la foi dé M. Pithou ,
& d’un ancien mf , que les trois dernières lettres de Chilpéric
étoient , aux termes du Mémoire , & non pas de Fauchet , le
he , le theth &c le {a/n des Flébreux.
Mais que devierment le ÿ & le A de Grégoire dé Tours ?
Comment les retroüver dans le n dans le y î Par quel
lècret tirera-t-on la valeur du uui de ce dernier élément î
Faudra-t-il la chercher dans l’N ? Hé ! quel rapoit a-t-clio
avec le W î
Du refte , Fauchet ne paroit pas avoir été fort prévcml
pour lès caraâcres hébraïquesipuifqu’il nous ligure ces deux(i)
lettres d > d’après un mf. ancien , comme répondans
à la quatrième de Chilpéric. Ce Roi auroit-il donc em-
pnmté le 'P , du Saxon p ? Il vaut précifément l’W ou le
uui des mf. & des imprimés de Grégoire de Tours. Il ne
difère prefque en rien de la quatrième lettre figurée dans
Fauchet. Il eft alTez dificile de n’etre pas fiapé 'œ la con-
venance du A ou du avec le Saxon 7 . Où trouver dei
raports plus marqués , & pour la figure & pour valeur ?
Malgré le parfait acora des mR. 8c des imprimés de
lâint Grégoire de Tours &d’ Aimoin, fur la première lettre'
propre aoocluUace. •• H c(l certain
d'aillcua , qne Chilpéric caltiToit le La-
tin , préférablemeoc i fa langue macer-
nelie. D'oii Forraoat prend ocafion de cé-
lébrer ce Prince. Si fes érudet ^étoient
portées rers le Franc-théocilqoe ; le Pté-
lar poète naaroir pas ttouré grand Injet
d'éloges , dans Ion aplication a une bn-
gne barbare , qa'ilne jugeoiedigne , que
de mépris.
Au refte , ni Pithoo ni Fauebet n'oor
jamais donné le H Sc leT.maislensc leq,
pour des letues de Chilpéric. Nul mf.
de Grégoire de Tours ne range FN par-
mi celles de ee Prince. Comment auroic-
9 ajouté ro, le Z, de l'N à l'alphabet, loir
Latin , Ibit Franc-théoiifque l Ces kt-
1res n'y étoient-cjles pas avant lui ! ' Ce
detnicr at^abeci fmoté'^â saiftkv.
Tome U.
n’étoit-il pat identique avec le Latin
dont il devoit être emprunté 1 Après
tout , les méprifes , que nous relévons
ici , ne font peutétre que des fautes
de copiftes ou d'imptimeur , trop mniti-'
pUées en peu de lignes. Mais les grandr
noms , h l'oanbre delqucls elles paroift.'
fent , pouroient en impolct , h l'on né-
gligeoit d'en avenir. On ne fantoit être'
trop atentif , pour empêcher , que des
fuircs de quelque conféquence , & qu'on
o’aperçoir pas fans travail , ne t'autoti-
Icot , 8c ne le perpétuent. j
(i) Elles ne parndëbt poOrtaot pas dans'
le mf de M. Pithou , enfuite de M.
Colhen, maintenant ;sti. de labiblio-;
theque du Roi. La figure qu'il repréfentt.
8c qui n'eft , que d'une main poftérieoie ,
aptochc plus du A, que de l'W ftutoa.
IL PARTIE.'
Sect IU.
Ch AP. I.
AaTICLE II Li
de Chilpéric. Fu-
rent-elles inven-
tées pour la réfbr-
marioo des écri.
entes tti des livra#
Tudefques 1 , ..
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JI. PARTIE
S E CT. I i L
C M A P. I.
Art 1 C IIJ«
(A)P^.IOf.
•Opinion dé cenx
<|Bi tiooTCst In
kttto de Chilp^.
pic dans l'ancien
Gothii^ue : tous
les rcntiniens pro-
pofés jufqu'ici
nous laiirenc dans
riocetticude..
(M cmimmu; Jt
ft. Fraac. OrsflU.
ht. }.f. lit..
j8 ^ NOUVEAU TE.AITÉ
chÜpéric’cime , que tous difent être Yo ou Yomiga , èt qn'Aî-s
mo:n don: e expreffémenc pour grcque ; M. Schoepflin, dan»,
fon (fl) Aljcce Wujirée., y fubftitue le Tf^. A ce caraflère fl-'
joinc ceux-ci ,^20, aont le dernier fe trouve lèulement
^ns les vieilles éditions de Grégoire de Tours. Et cepen-
dant , c’eft , dit-il',, (ut Fautorité des tneillears (i) mflT, qu’if
atribue ces quatre lettres à Chilpéric.
‘ V. Ceux <pù prétendent tirer de l’ancien Gothique les.
inemes caraâeies , trouvent tant d’afinité entre le n des vieif-
fes éditions dcGr^oire deTours & l’ f^de l’ancien Gothique;
qu’ils (è flatenr d’avoir découveit,dans le raport de cette lettre
avec la quatrième deChilpéric,un figne diftinéüf de l’Ü voyelle
êc de FV ednfone. Ç’aurott été un motif afTez légitime , pour
ttiécoduTre , dans lé Latin ce quatrième caraâcre. Cependant
plufleurs excellens mC. & de la première anti^iité , le pei-
gnent ainfi A. D’autres y font des changemens , qui tou-
jours en confervent à peu près le triangle.
Mais, outre ce caraâère , Fancien Gothique renferme juP-
tement trois élémens extraordinaites , dont le Latin ne co-
Boit point l’ulàge. Le St difêrent pour la figure du jJF
Saxon, convieac a^écioi pom ïztvdiailr. Le ' qu’on doit (i)
(s) Les meilttars mit ne féroieotyas
&ns dôme trop bot» , pose contredira à
ee point , fat k ptemiére lettre , tous
eenz qui onr terri anx anciennes & non-
TcUet dditioBS de Grd^ire de Tours. En
a-t-on de nraillcors , .cm do moins de plus
anciens , que cetn dé. Cambrai 8c de M.
3oU ! Tous detiz (onc prelquc concempo-
nins à leos ameor. Dés mU. plus' anciens
oo plot czceBcos mdriroieot bien d'être
nommés. Mais notre lavant Academi-
câen n'en fyéciSe aocun. Ses trois ancres
lettrer ne paroilTenc pas plus faenteole-
ment^fiitéet; Nous les piélenter lâns anr
rie enpKcation i c'éft raanifeftement les
fupolcr gtdques , an moinsie S' 8c le ü.
er,fi Ict n'étoitpas-toat.à.laic inocilean
ISititi , pour lequel notre aotenr con-
•sieot., que ChilpM anen ttavatllé s le B
8tle Z', en aùgc depuis' (i - ioogeems,
■'étoienc pas des élélneiis, doml’învtn-
âoa fût néceflûire i cette langue. L’ou-
stage, donc M. Seboepflin vient ifcniâ-
' chirlâ RépiAliqne des lettres , eft ifane
'éroditian u vafte , fi pcolônde , fi rér
cherchée 5 qu'on ne œir pas lui fài-
' re de mocts fiir quelques petits é-
catts , Iw quelles légères inatentions.
: Auin ne Tondtions-iKMS pas teléser cel-
. les, qui (croient tant lent peu étrangèces d
notre rujet. Néus aimerions mieux pro-
'■ filer dé lés cnmaz , que de les critiquer.
Ici- même nous D'aariaas aucune répu-
gnance à lôttfcntc à&m qpiaioa , fur la -
<date )8o , M'rrTéKmdfrATee H. Jean (t)
Gcomd'Ecfcliatc„onniac'CcUedela loi
port» par Chilpéric , pour finre rece-
Toit fes quatre léttics.
(a.) De 1< (ôtme 8c dé la Tafeur de eo
' caràéUre , l'Abbé de CudUric prend oc»>
(îoa de eondore , que les lettres gothi-
ques , dites dUtphila , étoicot en oClge^
chez les Fcaacs. I7h monunKot en kur-
ptnS aïKkane écriture , m'fi poomec dq
poblkr dsns 1a fœic , M paroit Cr^
{uopté fi bmctàs Cl coniç^nc.
• J—
Digitized >y
DE DIPLOMATIQUE. y9
Tendre th , nes’ajufte pas moins bien avec la figure du fécond
caraûère de Chüpéric , qu’avec le fon du 5'. Une ancienne
faute de copifte auroic pu ocaûoner cette tranfpoûtion. Ea..
fin le troilleme caraâère particulier à l’ancien Gothique f(S-
roit le^ , dont il n’eft pas pofllble de bien fixer la pro-
nonciation en notre langue. Oeft (a) le Axr des Anglo-
Saxons , le des Anglois , le auA des EcolTois. Le
trouvé par Fauchet dans im mf. ae faint Grégoire , n’a pas
peu de raport avec le ^ , celle de toutes nos lettres , qui
aproche davantage de la Gothique , dont nous parlons.
Mais les raports entre ces caraéleres 8c ceux de Chilpéric
font forcés , foit du côté de la figure , (bit du côté de la
valeur.
Veut-on maintenant (è décider par autorité î On eft a
portée de prendre parti. L’Hébreu , le Grec , le Saxon , le
Gothique , le Runique , 8c le Lombardique meme , vous
invitent à puilêr dans leur alphabet les lettres clierchées.
Les uns veulent tout donner , fans fouirir de partage. Les
autres fe contentent de fournir leur contingent. Mais fii>
pofé que les trois dernières lettres euflènt été d^ la pure
invennon de Chilpéric ; on perdroit bien fon tems a les
chercher dans ces alphabets énangers. Si tant de difouilions
8c de recherches ne portent pas la conviâion dans les ef-
prits ; qu’on juge pr là, quels nuages épais le tems peut
répandre fur des événemens d’une notoriété publique. Au-
toiton pu prévoir nos doutes fur un fait , dont tout le
royaume de Chilpéric rétentiflToit ; lorfqu’il puUia lès nou-
velles lettres , 8c qu’il les envoya dans toutes les villes ,
avec commandement exprès de les enfeigner , 8c d’éfiicer
avec la pierre ponce les (i) livres , pour y fubllituer fes ca-
taélères aux anciens }
f I) •• Ceft-i-dite , comme le mmar-
— (]uc fort bien {t>) Bouieroue , reolemeac
- les lentes , qu'il vouloit cbaogec , te
" qu'en U place des d&cdcs , on dcriioit
U celtes .qu'il avoit inveatdcs. « Les mlT.
ae nous ont conTcrvé aol vellixe de Tc-
sécucion de ces ordres. Gt^oire de
Tours & Aimoin ne nous aprènent pointi
quel en ftu le ruceds. Mais à sa joget
par le lîlence des moaumens, qui nous
fcfteiK; ou croira , que leur ulâgc fut au
plus renlcrmd dans les bornes du règne
de ebilpètic. Il a'eft pourtant pas in-
croyable , qu'on a'en pnifTe découvrir
quelques traces dans des monaincns , qui
ne uor pas connus , ou qu'il n'eu caille
même dans ceux , qui le lonr .auxquelles
ou a'aiitoit pas fait alTc?. «facreatioa.
Hij
II. PARTI
Sect. III.
Ch AF. I,
AarsciE IIL'
(a) HUta. Tl*.
/mt. veitr. limg^
fMTH l.f. I.
fi) Rxckrcl. r«F.’ ■■
dis SMiwiM
Trimttf. 19U
Dir ■ - ~:l by CiKjgk
r «I
■ II. PARTIE
S rcT. III.
C H * r. I.
iAsTictt III.
go NOUVEAU TRAITÉ
Le mal eft-il donc fans remède ?Seroit-il impoflîble de mon-
trer précifcmenc , quelles fiirent les quatre lettres de Cliilpé-
ric , &: quanta la figure , Sc quant à la valeur ^ Un fi grand
partage d’opinions nous avoit d’abord fait envifager ces co-
noiffances comme perdues , pour la République des lettres ,
, ou du moins comme des faits , fur lefquels il faloit fe con-
tehter de conjeéiures & de prol^abilités.
Par (jncis moyens VI. Mais ayant fait réfléxion , que les textes les plus co-
conoi°re*^a”^u'fte '’^mpus lè rétablilfent , foit par le concert ou la pluralité
les lettres de chil- des mlT, foit pat l’autorité prépondérante dcs plus (i) anciens,
f étic I
“( i) Les principaux & lespliis aneiens
md'. Te tduniITentà rendre les Ions des
ipetrer de Cbil^dric par ccHcs-cr Mtihaùi
rangées de fuite , St lâos dtftinâion. On
peut 'donc demander , (î pour aplltjucr
tes Ibns aux quatre caraâdres nou-
veaux i il faut divifer CCS S. lettres ex-
plicatives deux i deux : ou d elles ne
Ibnr', que la valeur des trois derniers :
Mcqdu , que Gidgoire drTouss , làiranc
£iirc d'abordibande à part à l'oméga , Sc
déterminant Ion ^triage par cette ob
ftrvation ; fitm Grfci hihml | avoit fufi-
6mment dxé le fon de la piemicre let-
tre chilpéricicnne. Suivant la première
fupolîtion, Ils vaudroic te th ,Z ru ,
A ni. Suivant la' ibeoade , l'a feroic renr
du par ^ par te , Z par tiw , Sc A par
mù. Le mf. de l'Eglife de Paris , autre
lots de Coibie , tranfeen au pllis tard fur
le déclin do feptidme liccle , ne favori-
fe pas plut l'une de ces hypothères , que
IVutre : li. ce n'eft par rabrurdité , qu'il
ÿ auioit à donner à l'« le fon de l'te ,
avoir repiérenté celui-là ^ comme
Icmblabic.à cous égards, à la dctniéie lét^
Ire des Grecs.
Le mf. de l'Eglife de Cambrai , du
moins copié vers le milieu du même
fiéclè , pxroit décidé pour la diliribation
des lettres explicatives, conformément à
la lecondc lùpolîtion ; en quoi il cil
.1 :t - .1 parfaitement d'acotd uvet prefque tous
* r. crm,Ji!e , vr^, «jo'eprés «oit
•J fT U * premier carteWre avant la-va-
rLj-lr J X- litrr s iJ précé^^rlts fliivaos des Ict-
fnbatvi{i»n des ér . ^ i • ^ r . i
. •' . / très, qui rendent lèurs fons , & nue le
uitufts cnctmltt , ? i c • i
tdifgvm^mu,. pwiroitpaioitre uucfigiuc a|OUtéc
apres coup. Mais Ü fufîr , <|u*êne foie
de la main d'un correâcur tre»- ancien ',
& oiie chaque caràdlèrc foie acompagné
de r» propre valeurs Peu îmwrtc , qu'cllç
le précède , ou qu’elle le loivc. Donner
O^our fécond caraâère de Chilpéric , U
par confcqueiit lui- en prêter cinq : ou
prétendre, que ^ n’eft que le 2, ou que
doit fbnnerr/;c, & ^ ee feroit cou«
per toutes les voies de concilia:i<m entre
ce précieux mf. & les aatres : ce feroit
Ce replonger daos un cabos , dont on ne
Ibrtiroic jamais. Il ferme dc’ plus abTiirdi
de n'a'cordcf nulle valeur exprefte au
premier , & furcout au fécond caraélére
. chilpéricien : tandis que les trois autres
fecolpnc’ efeortés de leurs lettres expli-
. catives. On parle ici dans l'hypothèfc des
^cinq nouveaux, élémens': quoique la né*
èeftité ttéviter cer inconvenicnr dur fu-
ftre, pour étabnr Tidentité de T» de de
En-reduifaot à quatre ces lettres ajou-
tées à l’alphabet *, ft lloo dit que le 0^
valant ilr joiotà rend rô^il s’enfuivra,
^e deux de ces caraâcres aatont valu
car il n’ÿ avoir point alors de diféreoce
fcnüble cotre lès -foiit dW ie d> ; comme
*Iè prouvent une infioitc dc mutations
réciproques dc ces lettres , dans les icfT.
du^Kim. Enfin*, quoi dc pKis ridtcnlc ,
que dé rendre un cara^re inconnu pac
une lettre grcque & deux lacioes } Si l'otr
:f quelque peine k concevoir ce qui vienr
d’érrt'die , au luict du mf; dc Cambrai r
on le comprenora- aifémenc eu jeaaoo
les yeux fur le morceau , que nous eir-
avons fait graver , dans nos modèles d'é-^
.ci](ttr(s*oociaks..
Digiiiiied by ''
£)E DIPLOMATIQUE. ét
ou des plus excellens ; nous avons eu recours à cette
feflburce : & fans vouloir prévenir le jugement du public ;
nous efpérons , pour le moins , que nos recherches ne ièront
pas tout-à-fait mfrudhieufes. .. •
Après avoir confulté le mf. d’Aimoin delà bibliothèque
de S. Germain des Prés ; nous avons cru pouvoir tirer quelque
éclaircidêment du célèbre mf (i)de M Joli. Nous n’ayons pas
pour cela négligé les mlT. 1451. & J9ir. de la bibliothèque du
Roi , dont le premier apartonoit autrefois à l’abbaïe de
■S. Maur-des-Foflés , & le fécond à M., Pithou. Quoique
celui-ci ne Ibit , que du xi®. fiècle , & celui-là du x' ; nous
les avons examinés , avec autant de foin , que s’ils dévoient
Jêuls décider la queftion. Le mf. de l’abbaïe du Bec , que
nous eftimons du xii®. Cède , ne nous a pas paru (1) devoir
être mis à l’écart. Mais celui de Royaumont n’anonçoit
rien , qui prévint afTez en fa faveur , pour enchérir , par de
nouvelles recherches , fur celles du dernier éditeur des ouvres
de S. Grégoire de Tours.
11 ne nous rdloit donc plus à confulier , que le mf. da
I
1.4 mfT 14; I. <9c labpbliothéquq^ÿu
Soi , ne confond poini les fonrdes uoù
derniers caraâores de Chilpétic : mais
comme celui du Bec , i) les didii^ae
•ioA par des poin» ce. (Suie. imw. Quant
aux caraflcres meitKS de nouvelle in-
Tenticn ; il commence par » , Cir lequel
il pofe an a : ce eft mis fur ÿ* , (Se fur
Z , WM fur a. (ar une «(00(1 à peu
ÿr^ fcmblaUe , quoique dgalemcnc Uns
conféquence , le;mf. du Bec ne place pas
to fur l'a , mais celui-cr fur le e. Eu té~.
fompenfe , les mêmes caraâêres , que
dans le mf. précédent .ilôiurfuamoocéa i
(Tes fons , ce , tht , en». -
Le mf. du Roi , n’. jyii. du xi'. (îc-
'ck , ell conforme aux deux premiers ,
en ce qu'il prdfcnee indiftluâcmcnc les
focs téfhtmù. Enfuite il les seprend pat
deux It par trois t de forte qu'ce précédé
y , rSe Z , ami a. Pour plus grand éclait-
«iircmeut , ont main poftérieure ; mais
pourtant ancieune , a mis fut l'a un e >
fiir ce 4’, <( fur l'a . Ainfi , jponr peu
qu'on s'en rapone aux ralT} le ion '« de-
atachd au premiu caraélèrc ,.«e
‘air fécond , tq au eroifiésne , «u au quav
l'.tiicmc. Cette fixation de leurs valeurs
une fois bien conllacéc , rétranchc tout
d'un tX>up une foule de diücultés très-
épineulcs.
(i) Cet ilIullre'Chanoinc dcrEglifcdq
Paris , fis ptéfent de &n mf. à la biblios
, tfaèt^ue du Chapitre. M. l'Abbé de Fleurj
ne s cil pas contenté de nous en acotdeq
la conlmanication; il nous a facilité touq
let mopeni d'en fait; tirer des axalèlcs
exaéb , en noos le confiant arec u^
zèle pour les lettres , telévé par les ma-,
nières les plus oblizeantes. Nous avons
entt'autret eboifi & pafiôgo. même d*
Grégoire de Tours furies lettres de Cbil-
périe. Ou le verra dans nos écritures cw-
. fives Mccoviugiennes.
(i) Nous nous fommes adrelIZs à Oom
Trabouillard , bibliotbécaire de cette ab-
Inue. Il a bien voulu nous copier le texte
de Grégoire de Tours , figurer les carac-
tères de Chilpétic , exprimer leur va.
leur. Son exaâitude nous répond de lent
patlàite conformité avec l'osiginal..
II. PARTIE.
S £ C T. III.
C H A V. J.
A X.T I C L £ Il l
Digilized by Google
ïl. PARTIE.
S K C T. III.
Ch AP. I.
Axr te LM III.
Vraies figures 8C
valeurs des lettres
ideCbilpdnc.
gt NOUVEAU TRAITÉ
la Cathédrale de Cambrai , qui ne cède à nul autre & pots
la beauté & pour l’age. Nos delîrs n’ont pas plutôt été con-
nus à M. FAbbé Marion , par une lettre de D. Bouquet ;
qu’au lieu des caraâères chilpériciens , dont nous avions
uniquement demandé la figure ; fans difërer un inftant , il
<i) nous a fait tirer quinze Ugnes de ce mf. avec une dév
gance , qu’on pouroit à peine égaler ^ daiu la capitale du
royaume.
VU. Munis de ces aouveaux fêcours , nous entreprenons
de fixer les figures , auflU^ien que Les (bns des lettres ^ Clril-
péric : ou plutôt il nous fufira de mettre les imprimés & les
mlT. de Gloire de Tours & d’Aimoin en parallèle fiir (z) dix
(i) Quand nous nous répandrions en
éloges & en rémoignages de rceonoif-
fance : les nns Sc les autres en diroient
moins, ^e la limple ezpofinon d'un fait,
Conformément à 1a difttibntion des va-
leurs de chaque caraâéte des autres mfT ;
noos ftilêas , dans la quatrième eolone ,
l'aplicanea des lettres ntthnuù , lëule-
ment rangées tout de Ciite , dans le mf
de la Cathédrale de Paris. Dans celui du
Roi t4fi. les fécondés doubles valeurs ,
pbcées fin les csraâéres de Chilp^c ,
font d'une mtin poltérieore. Un écrivain
plus {éctoc < mis hCi daoslcjqf du
qui moucre un homme de lettres , i qui
rien ne coûte , quand il s'i^tt d'en bien
ffiétitex. >
Roi fpsi. le 3 contourné for l'o,Ie'i' fiu
M, le A fut ^ . Ceft vifiblement , pour
espliqncr ou rcâifiet les figures , em-
ployées par le premier copiAe. Aiufi ,
taat rail, qu'imprimés , tout (ont oni-
fooncs fur l'o , premict cstaélète du
Chilpdric & fur fil valeur, O.
Pentétre nous obieâera-t-on le 0 dq
mf de Cambrai , pUeé à la fiiim de fo»
coouBC aiwofint quelque fim étranger^
I.
(t) Amâtnrus
éditiom 4e S»
Crtinre 4e
Tems,
m •
ie me
Z the
n m$tm
II.
Edùùm mtmvtl-
Ui dtt Bint-
diMiiu.
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I II.
ilf.d4 Cmmkrmi,
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miliem dm 7*.
RUU.
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I V.
Mf.dtUCmthd.
drmUdtPmrit,
écrit fm U dt-
cUmdu-j'fiitU.
U) a
«
Z tht
A imi
v.
Alf. t4;i. dt
Jm hilitlhi^mt
dmRti dm 10'.
fiiclt.
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ÇJ mt
Z thmt tht
^L/ mmi mim,
VI.
vu.
VIII.
IX.
X.
Hf, J9XI. delm
ilf. dm Bec dt
Mfm dm t Ahhmïe
Mf. fAitneim ,
Mf. 4'Aimetm
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DE DIPLOMATIQUE. kf
loTones , pour faire comprendre auflitôt quels furent ces ca- — ^
radlcres , qu’on cherche aux quatre coins de TEurope , tan-
dis qu’on les a fous les yeux. Les diiicultés ocaGonées par ch\p. i.
le laps dutems , par l’ignorance des anciens ufages ,par les iifv
méprifès des copines , (ont rélblues dans les notes. Ajoutons
néanmoins deux mots , pour éclakcic la a;^e des lettres -de
Chilpéric.
vu comme repréTeataiit onc figvre d>fo-
hmenc diftiogu^e de l'v. Mvit en a tout
lieu de ctoiie j qu'elle ne Tait Fom^a ,
que pour en rendre la valeur. Seroit-il
Srobable, qu'aprdt avoir maniieftd le Ton
es CTO» dernières lettres en conunua par
sahtmi ; Fauteur ou Fjerivain fit une
Splication fpfciale des dlfmens corref-
pondans i chacune d'entr'elles; fans en
nfer de même à Fêgard de la première ,
fiutout après l'avoir rêMtêe i la tête des
aunes i Ainfi , l'on nen fautosc difeon-
venir, cet 8, qui b fuit itamêdiatemene,
an doit être le fôn. Les mfT. dit même
fêcle Sc des fmvaiia , insèrent louvent le
peiat au milieu de FO. lia le font parti-
culiètement , quand if cfV eaelainaiif
eu long. Saint Grégoire , on du moins
ibo ancien copiAe , n'anm donc pré-
tendu mnrqner qu'un O long parce point
dans FO. lofiftera-t-on fur te que cet «
pooéfaié Feit aui Grecs de 9 , Sc au{
Goths J'If'/r i Le t du mf. du Bec fera-
t-il invoqué , pour Fervir d'apoi i une
giétcmieBaoflî iéoéhtenfh qu'ineettame ?
Maia fi Chilpéric avoic vonlh introduire
ik 9 S il éioir tout fimpte , qu'il le fie va-
loir ih : ^«itanc plus qu'il publiait un
aaraâèrc , poot rendre cefon. Loi don-
ner la valeur d'as , ç'aatoit été choquer
la fens commun. Se figater, qoeac Rot
aum voulu par Tes nouveaux earaâèrea
•nriehir la langue Latine ou Tudef^ue
de ktticagothiqaci iC^rflune pure ima-
ghnaiea , démentie par lea Mes. ^os
pâte de l'étude particulièic , qn'avoit
&it ee Mttec do Latin; les aidtcs quV
envoya dan teutes ût villes de ’fbn
reyaome , pour éftcet Ica anciens cnne-
lêres des livies , «c poury iiibftituer les
dens , pouveteni-as t'aehyiti d dtottes
heres , qn'i ceux , ma éteient écrits en
Angne Latine ? QaeU^^we auroitpn
Aire JTh 4uf le haûn è côté dTami ; An
eofuniiu , on eoufoit tifêmcnt , qu’on
aura voulu rendre l'O long des Latins pat
ceini des Grecs.
Le mf. duBec , loin de tepréfenter 1»
ÿ , comme une lènrc difénnte de Fo y
met celle-ci defTos , pour lui -fecvii d'ex-
plication. Ceft donc évidemmenc une
mêipe lettre. Un mf. tel que eeliit
de Cambrai , n'aura point été compris
pat le copifte du Bec. Il aura ignoré r
que longtems avant lui l'en jnetcoic le
point dans qnelquesO. PtenaAt cette fi-
gure pour un 9 , il l'anra réduite à une
rotroe , qnii lui était plus eoonae. U au-
ra même cm , que Cnilpéric avoit don-
né à fon V la figure d'un 9 ; mais il n'en
aura pas été momt convaincu , que Fun de
ces caraâêtts étoit explicadi de Fau-
tre. Cette objeélion fc tourne donc en
preuve. Le 3 d'un des mfT.dn Roi ne &u-
roit Ëüre de difieulté lailboable ; c'eft
vifiblemenc on O , qui n'kA pas toucaikiir
achevé.
La feeonde %ate te Cm valeur et font
eonftantes dans tous les imprimés & les
mff. de Grégoire de Touit & d'Aiaoin.
On n'en peut eiccpter , que le mf. do
Reyaumotit , un d'Aimein très récenq|b
te les éditkmt de Rt auteur. Encore ioF
nos Sc les antres ik s'écatsene-ilsiquepen
de ta aaêma fimsn. Dn refte le mf. do
Royaoaaom n'eit point ancien , te ne pa-
rait pas d’âne grande aoeotité. Le mfl
moderne d’Ainunn te lès imprimés ne
^ font fondés , que far la ùalQê fupofi-
tioa , que les lenres deOiilpétic écotenr
grèques , tc quant è la figure . tt quanr
ilatndear. Da^Ooa &ie 1%, du Z un
T,enfmtelin 9 , afin'Be k nire mieux
qtmdret avec 1a valeur tht. Enfin , pour
l' qu'il ne manqdlt aucune desafpiréei grè-
‘ ques aux lettres de Chilpéric ; les édi>
teurs d'Aimoin Ott mis le « vdampi>, au*
lieu de la deniète lettre <ln ntèotm
’-iy Cîotjgle
<T4 'NpUV'EÀU TRAITÉ
~ Son i^. caraâcre eft l’il , qu’il voulut introduire chez IcK
Î h ^ l’exemple des Grecs , pour diftinguer l’o long de l’o
Char. I.' bref. Le (i) 1®. £,n’eft qu’un compofé del’a & del’c , donc
AiTiciiui. en éfêc,il a la valeur. Le (i) 3®. /A,n’eftnon plus qu’une
jonâion du & de 1’ , dont on flipole ici la halle répé-
tée. Si ces doubles lettres ne font pas ailées à faillr dans
les mlT. modernes ; elles le font dans les anciens. C’eft fur-
tout celui de Cambrai , qui nous en a fait naître l’idée.
Le goût de ces tems-là , pour les conjonétions de lettres , 6c
la facilité de l’aplication montrent la folidité du dénouement.'
Le quatrième caraûcre (3) n’eft qu’un V fermé, un peu
panché vers la gauche , pour valoir le W , ou l’V conlone
(«) V. U létu t- devant l’U voyelle. Beaucoup de (a) noms propres des Fran-
’ qu’on avoir alors coutume de iatimfer , s’écrivoienc
‘ par uui , comme Widolaîcus , Winnocus 6cc.
Ainû tous ces caraélères avec leurs fons ne convenoienc
Ptince. Mail cet trois eanâitet oe t'a-
cocdeot ni arec Ict impnaWs , ai arec les
inlT. de Grégoire de Tours.
La 6guie de la croilicmc lettre e(l in-
variable, dans tous les mlT, te dans toutes
les éditions du même hillorico. Il n'y
manque, qu'une bafe, dans le mr.d'Aimoio
de S.Gcrmain des Peés. A l'égard de la va-
leur; tooc'cd d'aeord : fi l'on en excepte on
mr,qui oe mérite pas beaucoup d’atention.
Enfin tous les mlT. de Grégoire & celui
d'Aimoin de foo. ans , rédoiTcot la qua-
trième lettre de Chilpéric à une figure
triangulaire , ou fort aptochante du trian-
t. Les ouvettotes de quelques - unes ,
les arondilTemeos de quelques autres
ne font , que des variantes de copiftes. .
Sa valeur eA encore mninc fujerte aux
changemens te aux dilTcmblaaces, Car ,
que les uns ajoutent no « , les autres un
s de plus ; ou qu'au lieu de «m , on life
«m , uim . ceU o'afeâe en rien le foo ,
•O du moins n'y caufo aucune diforence .
notable.
Le mf. du Bec donne pour quatrième
eataâère une figure aproclunte de l'a , à
laquelle il en ajoute une autre roonfttueu-
Te ; s'il n'a pas prétendu l'expliquer par
foo moyen : auquel cas ce ne feroit ,
nue le W mal fiùt, (tOBt fut le Go-
uiqiK ooderae, . ;
j'I ] Souvent les A n'avoient point alort
de traverfe. Si l'on aime mieux inclinée
ce caiaâère d'un autre fens ; on y re-
trouvera l'a te l'c. Mais il faut fc foove-
nir , qu'au fixième fiècle les lettres coo-
toumées te renverfées étoient fort è la
mode. En un mot c'eft ici l'ancien e à ce-
dille.que Chilpéricadopta ; s'il n’en fotpxe
l'inventeur. Telle étoit alors fa figure p i
(1) La reifemblance du Z avec ce ca-
raaère aura été caufo , que les copiiles
de Grégoire de Tours , acoucuinés à
peindre la dernière lettre de l'alphabet ,
en auront tellement raproché le troifiè-
me élément de Chilpéric , qu’ils ne tar-
dèrent pas à confondre leurs figures. M.
l'Abbé Lebeuf a découvert , dans un
mf. écléfiaftique d’Autun,one éctime ia-
connue , oii ce caiaéièse $ revient fou-
vent. S'iU du tapwt «wee l’ardu fécond
mf. du Roi, il en a aullt avec le Z, Oa.
tctsouveiait encore plus ailïmeqt , dans
celui d'Autun , les aatres lettres chilpérU
cicanes , du moins quant à la figpre.
()) Le A grec n'a cettaimtmeoc nullo
analogie avec la valeur «w , que lec
anciens mC donnent à cette dernière
Içme de Chilpéric. Mais en fupofimt ua
V formé par une ligne ; on apccfoit aifo-,
ment un grand taport entre la figure tç
lefonaar. _
ya
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t>E DIPLOMATIQUE.
■pas mal à l’état où le trouvoit pour lors la langue Latine. ' —
Les trois derniers rédui/bient , fous une feule figure , ce P ART il
qu’on étoit obligé d’exprimer par plufieurs. Rien déplus aV” iii.
fimple , que cette explication : rien de plus conforme a la
pluralité des mlT. aux plus excellens , aux plus anciens.
Aucune de celles , que a’autres ont propofées , ou que nous
avions imaginé nous-mêmes, ne nous contentoit. Celle-ci,
qui de toutes eft la moins recherchée , Sc la mieux alTor-
tie à la nature des caraêlcres , emporte fans peine notre i’
aquielcement. Olèrions-nous aufli nous flater , qu’il en lèra
de même de celui du public ?
CHAPITRE II.
Lettres nationales , lapidaires , métalliques j en
relief , en creux , à claire voie : lettres dorées ,
argentées , bron:^èes , étaimées , rouges , vertes &
d autres couleurs : lettres initiales , gfifs ou
hijloriées , repréfentant toutes fortes de figures ,
d hommes , de quadrupèdes , d'oifieaux , de
poijfons , de fierpens , de monjlres , de fleurs , de
fleurons , de feuillages , de grotcfques : lettres
brodées , entrelajfées , ponctuées , blafonées , en
chaînes , en treillis , en pilaflreSy en marqueterie y
en gerbe , en chevelure &c. En quel fiècle , en quel
pais chacune de ces ejpèces eurent-elles cours :
quel fut leur commencement , Çt leur durée ? Ob^
fervatidns hifioriques & critiques fur leurs difé-
rens ufàges , & fur divers autres caraWeres , qui
montrent avec elles une forte d'afinité.
IL ne fufit pas d’avoir examiné l’origine de nos lettres
& d avoir cxpofé les augmentations réeles ou prétendues,
qu a éprouvé l’alphabet Latm , depuis deux mille ans ^ il faut
encore faire conoitre fes éléraens par leur nomenclature
Tome II. ^ I
II. PARTIE.
Sect. II f.
c H A P. il.
lettres grècjucs,
icUtivcmenc a la
Diplomarinue :
lettres Ephéficn-
DCSyThracieoncs^
(«) Biblhtiüqtu
Lorf.rine - far D.
C^lms:-préf- p. ix.
è6 NOUVEAU TRAITÉ
générale & particulière , repréfenter leurs diférences fpéci-
fiques, rapeler toutes les notions, qu’elles emportent avec elles..
Les unes tirent leurs dénominations aes peuples ou des
perfones , qui palTent pour en avoir fait ufage , ou meme
pour les avoir inventées : les autres des matières , dont elles
ont été formées , plufieurs des figures , quelles ont prifes ,
quelques-unes , des accidens , qu’elles ont elTuyés. 11 eft
bon nombre de ces lettres , fur lefquelles on coulera légè-
rement ; parcequ’elles rentrent dans le chapitre des écritu-
res , qui exigent de nous des dilcullions plus profondes.
I, On a long-tems retenu quelque ufage des (i) lettres grè-
ques , chez les Latins ; comme des lettres latines , chez les
Grecs. Les inferiptions lapidaires , bronzes , monoies , mlT,,
(a) aftes publics , lettres formées, bulles, diplômes (i) , Sc
(h) T«». I.
f. 704. ^os•
(i) Outre les krtres latines, les Grecs
ont auHl quelquefois employé la langue
Romaine l'ur des monumens publics , où
ils ne failbicnc entrer que les caraéléres
grecs. Ceft ainfi qu’une médaille de
Macrin, fabriquée à Ephefe, porte ♦OTA
£4>£Cl,pour VOTA Efkesiorum.
(i) Par exempte , dans deux diplômes
de Coaile le chauve , de la quatrième &
de la trCDte-uaicmc année de foa règne,
on écrit 1> d’amen par une H. La meme
chofe Ce remarque dans un diplôme de
Charte le lunple , de la feizième de
foo rcgnc4 Les originaux des trois di-
plômes , qui donnent lieu à cette note ,
(bot gardés à la bibliotbèquc du Roi. On
trouve plo/ieurs lignanircs gréques , dans
Its aâes publics d'Icalie.Des éclclîadiques
de divers auttes pais ,foit par vanité , foie
par quelque autre motif , fouferivent
quelquefois en Grec. Mais le plus fou-
Tcot ces Signatures font mclccs de let-
tres grèques & latines. Ou n en dira pas
davantage fur les fouferiptions en let-
tres grenues J pareequ’on fe verra dans
la fuite oblige d y revenir. On ne s’arrê-
tera pas non plus aux mots grecs , qui fe
renconcrent dans les m(T. U cil ordinaire
de les rendre eo caraâcrcs grecs , bien
ou mal Hgufés. Ils le lurent communé^
ment alTez mal , depuis le lixièmc fièclc.
Cela va jufqu'à menre des M pour des
H, comme dans le mf. du Roi ]8io,
.Pcuècrcxccic-cc , parccqu’alors l'M la-
tine empraotoit de tems en tems la forme
de TH.
Tandis que nous Tommes fur les let-
tres grci]ucs,il ne fera pas mutile d'ob-
ferver l'C parfaitement rond, 6c l’S ca-
réc , dans des monumens de plus de
800. avant J. C , publiés au xvi^. vo-
lume des Mémoires de rAcadéinie des
BclIes-lcttrcs. Ce fait c(l bien opofe aux
idées de quelques fav.ins auteurs. On peut
remarquer aulTi , fur les mêmes monu-
mens , les crois conjonébons fuivantes de
Icnres ^ U , fc ra , ^ tr. Nousajou-
ccroDS encore ici quelques lettres grè-
ques plus récentes , pour compléter nos
alphabets- 4 A A. «C Xtt 3
Èe. ih r 71 t*. J ^ Jl.
A A -6- î) X ^8^
i H H H h H ^ A
i>C. >• A' iC P -X 2* . 0 *0 .
TT -tf 7^ *1,. î -V . r y 7^.
/Si ï; <S.i X fh 5ft.
tf% J*. Ô A A (D üi . 900 A.
En raporcanc (^) l’épitaphe de Gordien
Martyr, la feule de toutes les inferip-
tions en Icrcrcs gauloifes , fur laquelle
D. Mabillon croyoit , qu’on pouvoir
compter nous nous fommes comcotés
d’tnunucr nos doutes. Mais nous conoiT-
Tons maintenant tant d*lnferipcions en
lettres grcques , ou partie grèques 6c la-
tines , quoiqu’en langue Romaine j qu'il
nC nous ell guère po/Tible de nous loidic
cooiie le lutimcnc de ceux , qui ne
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DE DIPLOMATIQUE. 67
■antres pièces juridiques des uns & des autres , & plus en-
core des Latins que des Grecs , en font témoins. Ces mo-
numens foumifl'ent quelquefois des lettres grèques extraor-
dinaires , qu’on ne prétend pas raflembler ici. On fe con-
tentera d’en avoir mis en notes quelques-unes , qui ne le trou-
vent pas aflèz précifément figurées , dans les alphabets de
notre premier volume.
Parmi les lettres grèques , dont les noms font empruntés
des nations ou des villes , chez lefquelles elles ont eu cours ,
nous avons quelques peinwÉL ranger les (a) Ephéfiennes &
Thraciennes. L’ufage en füMcrné à la fuperftition , qui leur
avoit donné l’être. Les magiciens , au raport (^) de Plutar-
tarque , failbient réciter les premières aux démoniaques ,
fous prétexte des prétendus foulagemens merveilleux , qu’elles
pouvoient leur procurer. Les Grecs s’en fervoient aufli en
guife de phylaûères & d’amulètes. On croit <^ue les livres
(c) brûlés (i) parles Ephéfiens , après leur converlion , avoient
raport à ces caraâères. Les lettres thraciennes , plus com-
munément apelées , cables thraciennes , paflbient pour être
de l’invention d’Orphée. Cependant Pline (</) avance , que
toute la Thrace étoit exemte de magie. Les lettres folu-
toires ou relaxatoires , litterce folutorue , défignent une au-
tre efpcce de caraâères ( z ) magiques , dont la vertu
veulent pas atribuer anx Gaulois cene
écriture , à l'cxclulîoo des autres peu-
ples. L'inrcription , dont il s'agit , n'a
dté ,• félon (e) M. MaiFiü , jugée bar-
bare , & de Tancien caraâére gaulois ,
mélé de runique ; que parcequ'elle ren-
ferme quelques lettres minofcules , qui
ne (ont pas ordinaires aux marbres. Ce-
pendant fean-Chridophe Harenbcrg \f)
regarde l'épitaphe de Gordien , com-
me alTez conforme à récriture des Ger-
mains. 11 cite meme un ancien incetprète
de Cé(âr , pour prouver l’nfage des let-
tres grèques , chex les Gaulois & les
Germains. Mais , comme il femble fon-
der fon raifonement , (ür ce que les
Druides étoient communs aux Gaulois &
aux Germains t il contredit ouTcrtement
Céfac , donc voici les propres termes :
Ctrmsiü . . . ntjiu Dntiiti baient , jui
reheu eUvinii frtfim. De bcllo Gallico I. (.
( i) Du moins , aux termes de l'écri-
vain (âcré , ne s'agilToit-il que de livres ,
ni ttaitoient de chofes curieufes , mais
c nulle utilité. Ainfi l'on ne dévoie pas
avancer , dans le DiéUonaire Empclopé-
dique 1. 1. p. Z J I, que les premiers Chré-
tiens , ociώs d'abord uniquement de
leur falot , ptulérenc tous les livres , qni
n'avoicnc point de rapon h la Religion,
famais les Chréticos n'ont fait la guerre
par principes, nianx.fcienccs, ni aux beaux
arts. S'ils ont détroit qoelquea chefs-d'oeo-
vre des plus fameux artiftes ; c'ed à la
venu , c'ed aux bonnes moeurs , qo'ils
en ont (ait le facrifice.
(z) Un mf de j oo. ans {f) de la bi-
bliothèque Impériale , en langue Alle-
mande , contient le détail des foies cé-
rémonies , de la compoCtion de l'cnctc
lij
II. PARTIE.
S t c T. III.
c H A P. II.
folutoires , magi-
ques , écléliafli-
ques : caraélères
grecs fut les monu-
mens & dans les
aâcs publics des
Latins: lettres giè-
ques atribuéesaus
Gaulois.
(a) Déprima fer.
erif. em netat ad-
jecù C. W. Tm/s
P- itd &fe<l<l.
{b) liha
T.eptufi. J.
(c) AS. 19 , I>.
(d) Lii. ;o. c. I,
(r) DelC ijferla de
Verena p, }Z9.
(/) Ui/leria Ec-
el^ia Ganderihe~
enenfiteaih. eel-
tegiau diplemaii-
ta. - Haaevera.
>714- M
(g) Treie itiJ,
p. JIJ. }tt.
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II. PARTIE
S I C T. III.
Ch A P. II.
(«) H,/l. Aitgl.
1. +. f. zs.
{h) ht/i. eccitf,
hl'. li.c. li.
{.-) P-tf. J77
fl*'
(d) Pt. XXXVI.
71. (J- /un.
68 NOUVEAU TRAITÉ
confiftoità mettre à couvert , difoit-on , des liens & de la cap-
tivité , ceux qui les portoicnt. Il eft parlé de ces lettres ,
dans riiiftoire {a) du vénérable Bcde. Celles des anciens
Egyptiens , & (lirtout leurs lettres facerdotales , n’étoient
non plus , au jugement {b) de Rufin , qui avoit voyagé en
Egypte , qu’une forte de (i) caraûcres magiques. Mais c’eft
peutctrc trop s’arêter fur des lettres , qui ne méritent , que
d’être enfévelies dans Toubli. Nous avons même héfité , fi
nous devions parler des lettres Ephefiennes & Tliraciennes.
Mais quelqu’im auroit pu s’ima
caraftcres grecs , comme des 1^
ques : ce qui lèroit une grande erreur , en fait de littéran;re.
Nous nous porterons plus volontiers ^ s’il eft polfible , à
r , qu’il faut juger de ces
s Ioniques èc (i) Atti-
& du rofcau , avec lequel dévoient être
écrites les lecties > qu’on faifutt fervir à
de fcinblablcs opérations. Les. caraélcrcs
magiques de toutes les façons , plus ex-
travagantes les unes que tes autres , fc
trouvent dans divers mil. des grandes bi-
bliothèques & des cabinet^ des curieux ;
mais nous n'avons garde de nous en-
foncer dans des recherches auflî vaines ,
dont on ne pouroit tirer d'autres fruits ,
que de prouver » jufqu'à quel excès (Tc-
garcment peut fe porter rciprit humain,
abondoné aià preste corruption.
(i) On n’a pas coutume de traiter de
magiques les lettres facerdotales des
Egyptiens: quelque rupcrflitieui que fut
(puvent l’ufagc , qu’en faifoient leurs
prêtres. Jurqu’à préfent les favaos n’ont
pas réuin à les dêchifrer. Sans favoir
que M. Warbunon eût prétendu , que
les Jctci^s facrées 6c communes , s’il
faut les difliDguer , furent formées fur
le modèle des iîguics hiétoglyphiques i
nous avons reconu cette dcfccnaaDce
dans notre premier (r) volume , au
moins à l'égard de quelqucs-uacs : &
pour en donner un exemple , nous avons
fait voir , que la. lettre O , commune
aux alphabets des Orientaux 6c des Oc*
cidentaux > flgoifiant l'ail en Hébreu ,
étoir reprcfcntéc fous cette forme parmi
les hiéroglyphes » 6c fuj^. les to\iu dot-
tes des murnics. M. lo Gmuc-dc. Caylûs,
dans Ton exccUeju VitfueU {4)
£^yftiennrs , a de beaucoup enchéri far
les vues diiiM* Waibucton > en fkilàoc un
parallèle de it. hiéroglyphes avec un
nombre égal de lettres curlivcs des Egyp-
tiens. II Elut y joindre, un fécond parallèle
de fept autres hiéroglyphes , avec au-
tant de caraclères d’une infâriptioa , mais
dont quelques-uns reviennent aux pre-^
mters. Quoique cet illudrc favant n'aic
point tenré de donner au public un alpha-
bet Egyptien > il eût pu fans douce, s’iK
i'cûx voulu , établit une forte d'analogie,.,
au moins conjeéiuralc , entre plulicurs
des caraélères comparés , 6c ceux efes Hé-
breux , des Samaritains 6c des Grecs. ^
Ç’auroit peuterre été quelques pas de
plus vers la conoifTance de réertrure
Egyptienne , qui manque à la Républi-
que des lettres. Malgré les avances , que.
nous tirerions de fes travaux j nous n'o-
ibns pas hezarder ce qu'il n’a pas juge à
propos d'entreprendre.
Quelques uns pouroicnt néanmoins re-
garder ces écritures , plutôt comme des
caraétcrcs de Bafîlidicns, que comme des
'monumens de la haute antiquiré Egyp-
tienne. Sans parler de pïuficurs figures ,
autauc du goût de ces fameux hérériques,^
que des Egyptiens; le nom de J ESI/
qu’on lit a la planche xi. col. y. li^. $.
I^pouroit faire atrîbuer ces pièces a de
faux Chrétiens , anciens ou modernes ^
qui cepeodant auroient copié des ca-
raâêres antiques , propres aux Egyp»
tiens.
(i) On peut voK ce que nous avons
dit , au fujet de ces lettres , t. r. /. 6 34^.
^8i. r. 1. r. i. art. i.
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DE DIPLOMATIQUE. €9
contenter la louable curiofité de ceux , qui voudrolent (à- ^
voir, ce qu’on dok entendre par écrire en (i) lettres éclé-
fiaAiques. Cuaf, ii.
Les expéditions des a£les , drelTés par les Tribunaux fé-
culiérs , étoient rédigées fur des rouleaux de papier d’Egyp-
te , apelés volumes. Ils étoient écrits en lettres curfives , af-
•fez compliquées , mais fort lifibles pour ces tems-là. Les
écléfiaftiques au contraire portoient les copies des aûes ,
qu’on nommeroit aujourdui grolTes , fur des livres coupés
par les bouts , à peu près comme les nôtres. De là le nom
<le (z) tome , qui fignifie tranché , coupé. L’écriture ^ dont
ils ufoient alors , n’étoit pas la curfive , mais l’onciale ou
kl minufcule. C’eft-là , félon toutes les aparences , ce qu’ü
faut entendre par lettres écléfiaftiques.
On ne fera mention des lettres dominicales du calen- — ^ r--
drier , II connues de tout le monde que pour obferver , ’
quelles n’ont nul raport à la matière que nous traitons.
II. Tory (a) s’étoit perfuadé, qu’avant les Romains ; non retendues fettre»
feulement les lettres grcques , mais encore les (3) hébraïques gmioifcf : itmcf
( 1 ) On a parM de lettres cck^fîaftiqucs,
prifes dans un autre fens , t. i.p. 1)9.
ici «jucAiOn de lettres grcques. M.
TIeori {h) laportc , d’après Tèpiloguc d’A-
^tboo , kiUrd (c) au VI*. tome des Con*
cilcs , que ce diacre de C P. mit au nec^
en lettres écUfMjiiques , tous les :emes des
aAetdu Vr Concile gtfnéral , qui furent
auflitoLfcell^s & ddpofës , danr le palais
4e l’Empereur. Ce même Agachon , en
qualité de Qoeaite ^ aToit écrit en minute
ou en noces , avec pluileurs autres ad-
joints t les aâes du même- Concile , qu'il
rédigea depuis i loiAr en lettres ecUfiaf-
signes , apclêcs amEpar opoEtion aux 1er-
ties Jaïquesi Suivant l’ancien ulàge des
tribunaux Romains , même depuis que
les magiArats curant embraflé le Clirif
tianifmei tout- ce qui s y difotc far une
afairc , une de la parc des gens de Juf-
tice , que des perfones int^elTêes , s’é-
crivoit en même cems , qu'il éroir pio-
noncé. 11 faloit pour cela , que les no-
uires employalTenc les notes dcTyron,
ou une écriture coulée , pleine d'abré-
vcations , ca atteodanc qu'ils le oilTent
au. na>
(1) M. rieuri aoroic pu , dans locafîon («) Vart it U
préfente , éviter de mettre le mot volumt fitence de U vrmie
pour celui de terne. Le premier , comme fropertion des /«-
on fait , rire fon origine de velvere roa* tres.fel. it.
lcr, veittmen rouleau » & le fécond de .
T.>« Km», couvé. (?) fiv*-
(}) Il en aleguoit pour preuve uni *"
grmdi film , qu'il avoir vue » en l'hô-
» tel de Fefeamp , fitui en rUniverfied (c) Lslti lim. S.-
» de Paris , où font , dit-il , graYdet ai. 140}. 14041.
a maintes bonnes lettres hébraïques : pa-
a icillemcnr, continue-t-il , j'en ai vn
a deux autres pierres auflï gravées en
a Hébreu , qui Ibnt en la mueaille de la
a court de la maifon , où pend pour l'cn-
a feigne de trois boittes , aflife en lame
a de la Harpe , droit devant le bout de
a la me du Foin. J'en ai vu audî une au-
” tre pràs les Coideliets , qui fut trou- '■
a vée en la place , où eft de ptéfent édi.
.1 liée une mailbn neuve, qui eft entre
.a la porte de llIiiiverCcé pour fottir à
a S. Germain des Prés te Icfdiclz Corde-
-a deliers, te de ptéfent y ell cncores à
a dciny eferipte , pour autant qu’on l.'a
a rciailicc. Et la fait on fetvit foubs un
a cfgout. « On a fujet de cioirc , car.
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II PARTIE.
S Z C T. III.
Chat. II.
fcriptimlcs & rab-
bioicjucs : nomi
des lettres hébraï-
ques en France,au
Itzicme liccIe,<IaDS
lestnlT. latins : ad-
ditions aux lettres
étrufques : aboli-
tion des lettres tu-
niques dans le
Nord : lettres des
Francs Si des Bté-
tons.
(a) Vtir îJlariM
di Verats lit. XL
x»l. iXf.
70 NOUVEAU TRAITÉ
avoient eu cours dans les Gaules. Quoiqu’il procédé en
preuves par monumens , fur la vérité defqueb on n’a
pas fujet de contefter ; nous n’en jugerons pas plus favora-
blement de lès prétentions.
M. Mafféi s’étant propofé de faire remonter fort haut
l’age de l’écriture courante , & voulant tirer une induûion
en fa faveur de celle des Juifs ; de quelle antiquité , s’écrie-
t-il , n’eft pas chez les (a) Hébreux , l’écriture rabbinique ,
Îui n’eft autre que la curCve , diftinguée de cette manière
’écrire majeftueulè , ^lée feriptur^e ! Il pouroit (è faire ,
que les Rabbins auroient eu de très-bonne heure une écri-
ture curfive. Mais le favant Marquis auroit vraifemblable-
ment bien de la peine à en faire la preuve. Loin de pouvoic
produire de l’écriture rabbinique d’une antiquité fort recu-
lée ; on n’a pas meme encore montré de mlT. hébreux ea
feripturaU , certainement plus anciens , que le dixième fiècle.
D’ailleurs (1 la curlive rabbinique eft fi ancienne ; pourquoi
la Germanique eft-elle encore fi peu liée ? Les lettres ferip-
turales ont pris ce nom des faintes Ecritures ; parcequ’elles
fervent à les tranferire , te que les Juife ne croient pas per-
mis de les copier en d’autres caraâères.
' Au V. ou VI'. fiècle , chez les Latins , plufieurs lettres
hébraïques portent des noms (i) un peu diiérens de ceux,'
^u’on a coutume de leur donner.
ces infcriptioDS h&nïaites ne loDt qne
des ^phaim es de Juifs déplacées. On en
«rouve de remblabics en bien (raacies
villes de France , Si des n>;raames voi-
fins : & d’ailleurs l'ancien cimetière des
Juifs a'étoit pas éloigné.
.(1) Danslepfeaiune BejUiïi)»»«rii/4(>
du pfeauciec , en lettres d'or & d'ar-
gent , de S. GcAnain éseque de Paris ;
siod eft apelé Ipih , le lamcd Itbd , le
smn Btnn , le famech fmneh. Quelques-
sins de ces caraétères conferrent les mè-
anes dénominations , qu'ils ont aujottt-
dbiii. Les autres n'en ont aucune. Un
mC en notes de Tyron do vti.ou
VI 1 1’. fiècle mec pour zain nsi , pont
iod üt . pour lamëd lunch , pour fa-
mée ftuncth , pour jw ft ,pour fehin ftn.
Vaaaaei»r.'Mhttiuèai« fiècle, lèonidant
crois veslïoos des pfêaoraes ï répète
autant de fois les lettres hébra'ïques, dana
le pfeaume i iS : mais ne difere des nâ-
tres , que dans le delah pour dalctb , W
xsi , Tûih , le/> , le /n>. La 'même no-
mehclature a lien dans Falphabet de Ra-
ban , à l'exception dn/< ; mais on y voie
de plus Umteh. Tous les alphabets des
lamentations de Jérémie du mf. iy.de S.
Germain , écrit en toy. font conformes
à l'hébreu d'apcéfeoe ; fi ce n'eft à l'é-
gard du dtlcth Si do ùth. Les méaiet
dénominations , lavoir le nsi, le Umtch
Si le /mh pour le fehin teparoifiTent dans
un autre mf. poftérieur de douze années.
Du tefte l'alphabet hébraïque de Rabaa
eft conforme, quant anx figures, à la plu-
part de celles , qu'on a ceptéfentées uns
notre ptemiet tome , planche Y n I,
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DE DIPLOMATIQUE. 71
Nous ne rapelerons ici les lettres Etrufques , que pour (i)
enrichir l’alphabet général de notre premier tome de quel- partie.
ques caraélères , que des monumens nouvellement décou- c
verts , nous ont fait conoitre.
Nous croyons avoir donné une idée rufifante des lettres
f apres le mf. royal i j 4«- Quelques unes
ont plus oa iDoifiS d afinicé avec les carac-
tères des deux alphabets du mf 17.de
Tabbaïc de S. Germain des Prés. Nous
n’en relèverons pas les diftrcnces. Tout
autre peut les remarquer. R^ao e(l trop
commua , pour que la comparaifon fait
fort dilîcile. D. Calmct , dans fa Biblia-
Ltrrswt , dit avoir remarqué des
iCaraèlères hébreux èbrt diférensdes nôtres,
dans plulîeura anciens mlT.&fur-touc dans
ceux des abbaies de Thole)r, de Muibach
de de S.Gal. Ils revieoneoc , fcloa lui, aux
«araélcrcs Samaritains ou anciens Hé-
breux. Qu’il nous Toit permis de douter
de cette tcnemblancc. Peutétre e(l ellc
plus réele avec les prétendus alphabets
nébreux des mlT. latins • publiés dans no-
tre premier corne. 11 en cR à peu près de
même de l’alphabet hébreu du mf. 1-5&.
du Roi. Les formes de Tes lettres fc ra-
porteot à celles des deux mlT. cités. La
figure ffp du famech cil celle de toutes,
oui s’en écarte le plus.
(0 -A JH hM.
9 f.f M M , Ue ce nombre n^n-
noins , quelques lettres nous paroiflent
Joutcuîes I quant à l'aptopriation à tel ou
«cl élément.!! n'en ell toutefois aucunes ,
•CD faveur dcfquellcs un on pluiîeurs de nos
rtllauratcurs modernes de rdtrufque ne
fe Ibicnt ddclatds. Si l'on s'en raporte
(«) à l'un des plut célèbres } il fàudroit
encore joindre à notre C le ^ & Je 3'.
Quoique la ligure 3 ■ pourdclîgner le t
■e fait pas iuceruine , fit que le meme
auteur Ufe OiA po" • en prenant
l'I' pour le £ ; U elHi décidé (é) pont leP
éttufquc i qu'il n< balance point à lire
EBIS , pour déllgnct Hébé épaule de
Hercule , mot qu'on avoit toujours lu
ETHIS auparavant. Mais lî M-PalTcri lé-
«endique aux Etiufques le S cooue M.
Cori i il agit avec lui de concert , pour
Icas enlévci l'O. Une des plus fones
preuves, qu'on aitaportées, pour leur cen-
fetver cette lettte i c'ell qu'elle fe trouve , , , «
dans l'HERKOLE d'une patèie de la ta- , . V 1' ,
bic VI. de Dempfter. Mais, dit il , fi elle J"‘
renoit (r) lieu d’une vraie lettre i on ne ■'*7^
l'aurait pas faite plus petite , que les 'H"/*
autres, ni déplacée. Et qu'on ne loi ré-
ponde pas , que le graveur s'apercevant *J'”*“*
de fomilGond’nn O , l'aura mif après T'” ' ^ ^
coup. S'il eût été fi fcrapulcux, U auto» '74*-
ajoute une F , qui manque , félon lui ,
dans le nomvoifio MENREA , an lieu de
MENERFA : la néccllitéde cette F étant
prouvée pat les pAères v. fie vi‘. du
même ouvrage. Qu'il foit permis de re- (i) DlJJrrt. it
pliquer I °. qu'on rencontre lot divers mo- HtUnifm* Etntf,
numcoi bien des exemples de lettres fmf. jo.
plus petites ou déplacées ; fans qu'on
en puilTc conclure , que ce ne font pas
de véritables lettres. x°. Nous avons leus
les yeux la Cxième planche de Deaipfter.
L'o, quoique plus petit , n'y eft point hors (e) JM. ». 4»;
de fa place , fit MENERFA s'y trouve
écrit à côté. ) *. M. PalTeti loi-meme con-
vieot,que cette lettre oc manque pas à la
lïxicmc patère , qu'on ne lâutoit dillin-
guet de la fixième planche. 4°, Quand la
lautc fetoit rèele ^ fuivant M M, Gori fie
PilTetl , chez les Ecrurques,!! y avoir plu*
d'une manière de pionoocet MENERVA.
La diminution de l'« n'cft pas rate
fur les monumens antiques ; parriculiè-
rcmeoc , letfqu'il clf bref. Quant au
de M. Gori , qu'il rend par le K ; nom
ne lui envions point l'honneur de cette'
découverte. Mais pourquoi nepoaraic-oa*
: pas lire HERTVL > Qui ne conooit la
traBfmutation du T en R chez des peuples
alTcz voifios de ceux d’HcxcuIanc ? Ce»-'
l' deux lentes dévoient donc Itre pour eux'
; d'une prononciation peu diférente. Par
cette lolution l’on évite d'atribucr au K
une figure , qui ne femble pas trop na-
turelle , ni ifftz ualogue avec celle du >
I K Etatique. Au centmire elle ed puiàitn--
l.ment aflônieauT.
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71 NOUVEAU TRAITÉ
II. PARTIE même volume. Il né nous refte , (ju’ï
Se CT. III. f^re quelques obfervations fur leur durée & leur abolition,
c H A P. II. Avant rintrodudion des lettres (a) latines dans le Nord ; les
runes étoient également en ufage chez les Suédois , les
#4" & «‘mim, Norvégiens , les Danois & les Idandois. Sperling , comme
•nuquà ghrii. on l’a (^) remarqué , les fait celTer totalement au XV'. Cède.
cçmmem»rioiusO- L’autcuT .dcs Chroniqucs Suédoifes .livre premier, raconte ’
Ji»fnU.— 1 6J4. raport de (c) Wormius , qu Olaus Scotkomng roi de Suède
f- 80- . abolit les lettres runiques par une loi : or ce prince mou-
(i)T<rm.i.;.7ii rut en loi 8.’ Notre' auteur ne lailTe pas de fupolêr , que
(f) litttrutHrM les runes fe feront encore maintenues quelque tems chez;
IJ4. les particuliers depuis cette ordonance. Les runes avoienc
déjà commencé à tomber dans un grand diferédit , fous
M i'Ugrû Crifi (r) Quelques ïuteurs (/) en diftinguent
V .F , dt runis Hr?- de deux Ibrtes ; les runes ordinaires &
celles de la province de Hellîngue en
Suède. Les premières n'exigenc pas de
• ■< ■ ■ nouveaux èclaircilTemens : Tes fécondés
- n'onr belbin , que de l'addicion des per-
pendiculaires . communes aux autres ,
pour leur redembler avec la plus grande
«xaâirude. Ainlï pat l’addition d'un trait
aux unes , ou par la (budraèlion du même
trait aux autres , toute difèrence celTe.
M. Eclchan (r) dillingoe aulli deux for-
tes de runes , les communes b les ma-
giques : diflinèlion qui n’emporte pas
divetfiré de caraèières. Notre auteur hait
les plus grands èforrs , pour enléver
aux peuples duNord l'invencion des runes,
b pour la revendiquer à là nation. Qu'ils
ne fe glorifient pas, dit-il , de l’anriqui-
ti de leurs runes. Nous en avons fait
ufage longrems avant eux. Il cite en
preuve ces vers de Vènance Fortunat :
E«rd«r« (/) frMxintit finiMur rn»»
umUit ,
Qiudqiu ffj/rm agit , virgiJs flan»
valet.
(r) Cemment. de
reins franc.
Orien.t.i.Ub. tf.
f. Il*'
if) ta. 7.
Ctirm. 11.
'Or par bartara rsm» , Fortunat dèligne
récriture des Germains : puilqu’il entend
ailleurs par Barbarie , la Gennanie b la
•Q) Ibii. f, 4I#J France. Mais on'regardoit alors comme
barbare quiconque n’étoit ni Grec ni Ro-
enaiu. Fortunat conoilToic les Goths
d’Italie b d’Efpagne. Ces peuples avoient
ppotté avec eux quelques BoauiQcns de
leurs runes : c’eft à quoi le Poète Hue
allnfion.
M. Eckhar: ig) n’ell pas plus heu4
reux , quand il fait abolir les runes ger>
maniques par faiat Boniface : fout pré-
texte qu'il interdifoit par-tout les pbp-
laâères , amiilètes , b ligatures fupetfti-
tieufes. Mais les runes en étoieor-elles
inféparables ? A ce compte leur ulâge
antoit été commun en France , en Ica.
lie , en Grèce. Nous y voyons la fuper-
Ibition des phylaâcrcs très acrédicée , aa
huitième (iècle. Les faints, qui s’élévè-
rcnc à Cooftantinople contre ce relie
d’idolâtrie , s’oposèrenc-ils doac à l’ufage
des tunes en Orient î Les tunes vien-
nent de trouver un nouveau déitnfeac
en Italie , dans la perfone d'un ano-
nvmc , qui a publié en 17 J i. une bro-
enure , fous le tiCTC de Unev» Tra^sfu.-
ratitite delle lettère Eirufehe. Toutes les
écritures prifes jufqu'à préfent pour étruf-
ques font runiques , félon lui. Les Gotha
répandus en Italie les écrivirent ou les
firent graver. L’idée paroit originale ,
mais elle n’ed pas neuve, Plufieurs la-
vans du Nord , zélés pour leur runes
ont (eutenu la même thefe. Ils l’onc
étendue aux médailles Elp^noles b Pu-
niques. Ils n’en font pas encore demeu-
rés là. Les runes , à les entendre , Ibnt
la fource de toutes les écritures; Nous
ne croyons pas devoir réfuter’ lérieufe-,
racnc des wiaginatioas li fingulictes.
Lrri()
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DE DIPLOMATIQUE. 73
*Errîc le viûorieux , père d’Olaüs Scotkoning. En Dane- ^
mark elles ont duré bien davantage. Wormius cite en preu- *sg<,V*n ^
ve les Fartes danoifes , portant pour date l’an 1328. Mais chap. ii’
déjà les runes n’étoient plus d’un ulàge aufli commun , que
les caraélcres latins. Les prémières ne furent profcrites par
aucun decret chez les Danois. Infenfiblement ils s’acoutu-
mèrent aux lettres latines , introduites avec la Religion
dans le Nord. Elles ne furent (a) portées en Iflknde par les «7.’
• Danois , qu’au quarorzicme ficcle,fous Valdemar IV'.
Les lettres & les prétendus alphabets des Francs , fous
les noms de Warthalae , de Doracus d’Hicluis , nous pa-
roirtent trop fufpeâs , pour nous en ocuper férieufement : ♦
d’autant plus qu’on ne reconoit (i) ces caraéfères, dans au-
cun monument de la langue de nos ancêtres. Nous ne ju-
geons pas plus avantageuTement de ceux (2) des anciens
Brétons. •
(i) Cependant (A) Hickes , dont la
critique eft ronvent ftvire à l’excAs ,
'Combat VoflTius & le; autres auteurs ,
qui ont jugé peu favorablement de l'al-
Îhabet des Francs. Il néfout parfaitement
ien l'objeâioa , tirde de Tacite De m»-
ribmGtrmmerMm, par laquelle on prdten-
doit prouver, que les Germains n'avoient
nulle conoilTance des lettres. II apuie fur
le témoignage de l'abbé Trithcme , qui
avoit cité l'aJpliabct de WalFbalde d'un
oif. (î vieux , qu'à peine en pouvoit '^n
diftinguer les caraélères. Il ajoute , que
l'alpbabet de Doracus fe trouve dans le
ml. de Hunibalde , & qu'outre les grands
raports , qu'ont ces deux alphabets avec
plufenrs lettres gréqncs & runiques ; ils
en ont de plus avec celles <fun très-
ancien mf. des Evangiles de l'églife de
Lichclield , écrit en lettres onciales. En-
fin il conclut , que la cenfure de Vof-
fius contre Hunibalde manque du côté
de l'équité. Mais la plupart des favans
ne font pas plus favorables , que Vollîus ,
à cet auteur &buleux. Quelques-uns ne
le croient même , que du douzième
fiècle. An relie Hickes découvre des
traits de conformité entre les alphabets
francs & fon mf. de Licheficld , où d'au-
tres en trouveroient de dilTemMance. Tl
confond la figure de quelques Ictties ,
Tome IL
pour n'avoir pas fait atencion à Icufs {^) GrMmmatirs
tranfmutiitions réciproques. Quoique p. t,
M. Bourguec aie pris la peine de tirer de 4*
Trithcme ces alphabets des Francs , &dc
les inférer dans (bn Recueil; il ne laiilè
pas de les traiter de cbimcriqucs. Et cciE
l'opinion , qui nous paroit incomparable'*
ment ta plus fure. Au premier coup <Ta;il,
entre Talphabct de Doracus & le mf. de
Lichefîeld > on croit apercevoir beaucoup
de rclTcmblaDce. Elle difraroic , dès
qu'en détail on compare chaque carac-
tère. Ce mf. n'cft réellement , qu'une
écriture Anglo • faxonc caréc j avec un
très -petit nombre de lettres (înguliè-
rcs. Hicices Tupofe , que dans fon mf. la
même figure H ferviroir pour le p , Je
ph & l'ivf. L'exemple alégué de fa part
n'anonce, qu'une faute de copifle , ou un
changement de Pen M,c(5mmc étant let-
tres du même organe , S: par conféquent
fort fujcccs à être lubO^icuccs les unes aux
autres,
(t) D. Hyacinthe Morice nout avoir*
communiqué, d'après D. le PeUcrier, deux
alphabets fe) des anciens Brérons Armori- f/) 4 l*
cains. Mais Us om tonc l'air d avoir été fin de Uprgfjta àh
faits à plaifir. AufTi n’aw.nvnous p.7S cm diJhKmire de Is
devoir les publier. M.il à-propos vou- Unguf R .*
droit'on les apuyer fur deux îuGrnpt/onsj p-.Uié k Paris en
l'une trouvée à riouviu , au diocefe de 175a»
K
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II. PARTIE.
S E C T. III.
Chap. II.
Ictrrcî des Iilan-
dois : peut - on
compter fur leur
vente ? l’antiquité
de leurs earaélércs
éc de leurs mlT.
cil elle fulîram-
jficaL coallatée i
(jt) Msf/ff. Paris,
Viu Ahbatum S.
Albani.
1^44.
74 NOUVEAU TRAITÉ
III. Les Irlandois fe glorifient d’avoir eu un alphabet
particulier , avant leur converfion à la Religion chrétiennei
Ils l’apellenc Beth-luis-nion ; pareeque le ^ , 1’/ , \'n en
furent les trois premières lettres , & que ces mots en leur
langue fignifient trois fortes d’arbres fort communs , donc
ils tiroient les tables &c les écorces , fur lefquelles ils avoienr
Léan , l’aucie à faiat Micbcl de Grève, au
diocère de Tréguier. A peine y pouroit-
on découvrir une lettre, qui Te rapottât à
celles des prétendus alpnabets Btétons.
On ne fait même , u loii doit trop
compter fut ces infetiptions. La plupart
des lettres y font conformes aut nôtres.
£n renverumt la premicte on lit ail2-
ment un mot latin. Les deux , qui le
précèdent &: le fuivent , pouruient être
des noms propres. Le dernier répond
peutètrt à durer. La dcusicme fcmbic dé-
buter par les voyelles de l'alphabet , en
répétant TA & l'O par deux fois : fuit le
mot lAy. Le ttoilicme 8c dernier mot cH
aparammene un nom propre. Du relie
on n'a garde de faire de grands éforts ,
pour déchifrer ces deux infcriptions ,
qui pouroicnt bien n'étre qu'un jeu.
Vers la fin du dixième ficclc , ou le
commencement dn onzième, Eailmet (a)
Abbé de faint Alban , faifant faire des
démolitions conlidétabics à Wctbm ou
Wéiulam, ville ruinée à une journée de
Londres ; on découvrit un dépôt de ma-
nuferits , dans la concavité du mur d'un
ancien palais. Là , parmi quelques petits
livres 8c rouleaux , un volume fixa par
Ton élégance la curlolicé des Ipcéla-
tenrs. D'abord il ne fe trouva petfonc
capable de le déchifrer. Enfin un Prêtre
cxcrcmcmcnc aeé , mais fort habile dans
la conoWIâncc des vieilles écritures , des
idiomes 8c des amticjuités britanniques ,
vint à bout de le lire 8c de l'cnteodre.
Au raport de Mathieu Paris , l'écruure
8c la langue de prcfquc tons ces mlT
ésoient cclice, douc onufoic; lorfqoe la
ville de Wérulam fublifloic encore. C'efl
pcucctrc la meilleure preuve , qu'on
puilTc alégucc en faveur de I écriture
patticuliète aux Btétons. Elle ■‘eA toute-
fois pas décifive. Il fufifoic que ces ca-
raélèrts , foit romains , foit anglo-
âuoBsfuilêQC du v ouvif.lièdc, pour
paroictc indéchifrablcs. Que rcAoit-il
apres cela , finon d'en faire honneur aux
plus anciens habicans du pais i Quoique
notre hiAorien ait pu fuivre de bons
mémoires ; comme U n'en fait aucune
mention , il lailTe la liberté de croire ..
qu'il fe fera fondé fur quelque traJicioa
furanéc. Ainli le fait n auroit pour apui , .
qu'un témoignage poAérieur de plus de
deux ficelés. 11 cil d'ailleurs un peu fâ-
cheux , pour la vérification de cette dé-
couvcitc , que les mlf. aient été con>
damnés au feu ; zuljitôc qu'ils futenb
rcconus , pout renfcimcc des fupetAi-
tions payennes : plus faclicux encore ,
3ue ce beau livre , coutenaot l'hiAoire
c faine .Mban.n'atendlc que le moment.,
où elle fcroïc mifc en latin , pour fe ré-
duite audâiût en poulTière. Il n'exiAoie
donc plus de monument ^cs faits rapor-
tés , au tenu de Mathieu Paris. Mais,
quand lent vérité fetoie inconteflablc i
quelques mots lâchés pat notte auteur ,
feroicne douter i fi ces livres n'éioient
pas en Anglofaxon, 8c pour la langue
Scgouc l'écriture : Antijim dit-il.
vel Briimniet $dummli cmfiriflum. Les
mêmes mlT. aptenoicnt les invocatiooet
8c les rites du culte rendu pat les \é-
rulamoisà Mercure, à qui ilsacordoienCc
le fécond tang parmi leurs faux dieux..
8c qu'ils adoroicnt fous le nom de W'o-
den , coofervé dans celui do mercredv
des Ai^lois. Qt il s'y maintient ciitÿse-
aujourdui : au lieu que le bas Oiétoo.
8c le Galois emploient pour l'cxprimer-
un autre terme. Pat conlSqucnt on doù-
atribucx plutôt aux Anglois , qu'aux Bré~
tons ces mlT i quoique Mathieu Patis Ics-
donne tantôt aux uns 8c tantôt aux au-
tres. Pcrfonc du rcAe n'ignore l'étcn-.
due du culte de Vodan chez les nationt-
fcptcnttionales , avant Icut couvetfioaA.
la foi cluéuconc.
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DE DIPLOMATIQUE. 71.
coutume d’écrire. .Ils donnoient encore aux lettres en géné- 7i partie
tal les noms de bois ou de forêt. 11 eft lingulier , que leur s i c r. Ii i.
alphabet ne s’acordàt pas mieux , félon (u) Kennedi , avec c h a p. 1 1.
ceux des Grecs & des Latins , qu’avec aucun autre du mon- ^ cirntitgi-
de , ni pour le nombre des élémens , ni pour l’ordre , ni rW ,
pour la figure , ni pour les dénominations. Les Irlandois
avoient de plus une autre écriture réfervée à leurs doûes. KofMiftmUy ofihè
Elle repréfentoit des (i) branches, deschifresfic des points, Siu»rti—hy Ma-
int de petites lames , dont i’arangement étoit une fcience ,
& dftnt les caraélères renfermoient , nous difent-ils , bien m- i7oj. 8'.
des chofes en peu de figures. Kennedi , qui nous (r) aprend
(i) Les caraâéres inconnas , obfccvés
(S) par M, TAbM Lebcof.fur nne mo-
ooie gaaloife , trouvée proche Auxerre ,
n’auroicnt ils point ijnelque rapotr avec
ceux des ItUndois ! On y voit des 6-
fures , qu'on peut qualifier chifies , &
'autres Icmbiab^ a des branches ou à
des épi5.Sone.ce des lettres, ou des hiéro-
^lypbcs , ou quelque autre chorc’
(i) Notre auteur fait remonter ü des
iniiliets d'années avant J. C. les antiqui-
tés irlandoires. Il n'ignore pas , combien ;
les étrangers font prévenus contre leur i
vérité. Mais une fuite de livres & de I
monumens, gardés en diférenres églifcs ,
lui parole un moyeu fufilânt , pour les
&ire rtioropherde la contradtCion. Cotn-
jDcnt pooroit-on fe refufer à tant de
Eiits hiftociques ; s'ils étoient puifés dans
ks originaux , ou fi du moins il en exif-
toit quelques-uns de ces anciens tcms ,
s]oi pulTenr venir à l’apui de ceux , dont
cm n'autoit que des copieaé Mais à peine
«n cite-t-il un feul , qui ne foir pofté-
lienr au onzième ficelé. Que diroit-on
-de nos diplômes & de nos .mlT : fi l'on
o'en produilbit aucun d'un âge antérieur
■U dixième fiècle; & fi , pour les tems
les plus reculés , les marbres & les bron-
zes ne fupléoienc pas à leur défaut !
Cependant la caulê des mlT. & des di-
plômes feroit incomparablement plus
tàvorabic. Le concert de toutes les na-
tions à conftater les mêmes (airs par des
monumens . donc elles feroient ronces
dépofitaircs , ne lailTeroic pas d'être
d'an xtes - grand poids , quoique les
originaux u'exifiafTciic plus. Ceux des Ir-
landois n'onr poin^'aucrcs garans qu'eux- Htauil it d>-
mêmes. Si , depuR un millier d'années , ttm. t.
leurs écrivains ont donné dans la firble ; ^
ce n'elf pas un titre pour les réalifer, dans
un fièclc aultî éclairé que le nôtre. Ici la
polTefiion fans titre ne fufit pas. Les Ic-
iandois , il cil vrai , font valoir un al-
phabet particulier 1 leur nation , avant
qu'elle eue embralTé le Clirifliauifme. Ils
alègucnt en faveur de leurs prétentiont
une forte d'écriture encore plus ancienne,
3u'ils juflifienc pat des lames , chargées
c cacaéleres , donc ils ne donnent point
l'explication. Pour en juger toutefois ,
avec quelque alîucance , il faudroit qu'on
pût les lire & les entendre. Sans cela ,
qui pouroit nous garantir, que ce ne font *
pas des monumens faits , (bit à plaifir ,
fou fans mauvais dclfcin , foie même
pour en impofer ! Admettons - les pour
véritables ; qui nous répondra , que ce
ne font pas des éciiturcs inintelligibles ,
fort diférenres des iilandoifes ( Malgré
ces dificultés , qui difparoicroicnt fana
doute , en préfcnce de monumens anti-
ques & non équivoques : mais qui, au dé-
faut de cette condition , doivent paroi-
cre alTez forces ; nous nous concenterous
de fufpendrc notre jugement. La ma-
tière n'ell pat fufifammcnc difeutée ; ou ,
fi elle Tell , noos n'en fommes pas alTcz
bien inllruics, pour prendre un parti ir-
révocable.
Il cil de la gloire de la nation irlan-
doife , de nous faire revenir de nos
ptévencions , fi clics font mal fondées,
KiJ
t
»
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II. PARTIE.
Si CT. III.
C H A P. II.
Suplémens de let-
tres chez les Péru-
viens, Méxicains,
VirgiiMCos, Caoa-
dois : quipos >
(a) Kpuv. tfMÏti
ii Diptomat, t. i-.
/■
(é) W"MrÂi~
àt IJilerniâ (5* sn-
ti ;titMtihu$ tjus
j.c;8. »*,
P
fï) Nflifw. Tr, di
df. /. n p. ioj,
<c^
(d) Uv, <. r. 8.
7^ " NOU.VEAU TRAITÉ.
tout ce détail , dans fa differtation angloife fur la famille
royale des Stuarts , ajoute , que Dudley-mac-Firbifch avoit
entre les mains cent cinquante de ces lames , & que le
Chevalier Ware en conlervoit un livre tout rempli.
IV. Si l’antiquité de ces caraflères étoit bien avérée , &C
leur valeur afl'ez connue ; paitctre y découvriroit-on quel-
que analogie avec les manipules de cordelettes des pre-
miers (a) Chinois 6c (i) des Péruviens. Ce n’étoient m des
Ih n’y réurtironr pas par des raifonc-
joeny II nous faut des monumens
certains , & mis à la portée du com-
mun des gens de lettres. En vain lépon-
droicQC‘ils , que le chevalier Makenli
avoit entre les mains im mf. contenant le
catalogue des Rois dVlande , écrit lis
générations avant le tems de faint Pa
tnce. Par le terme écrit » il faut aparanw
ijicnt entendre , compûfé. Ainli le mf.
peut n être pas fort ancien. ReAc à fa-
voir, quelle foi Ton peut ajouter à ce ca-
talogue. Au rcAc il s'en faut bica , que
Warc (é) porte auffi haut , que Kennedi,
les atitiquités bibcrnolfes. L’auteur de
VEJpti critique fur les uacierts huhiturts
des parties feptentrionalts de la grande
Bretagne en de i'ïxojft , imprimé à Lon-
dres en 17x9. obfcrvc , que les
termes hiberoois , qui figniEcnt lettre ,
livre y /ira , écrire , £bnt radicalement
latins , avec une rerminaifoo irlandoife.
Or, comme les Romains ne firent point
la conquête de l'Irlande ul conclut , que
ces exprdiîons avec 1 art d'écrire , n’y
auront été introduites , qu’au cinquième
fiécle par faint Patrice & les autres raif-
fionaircs. Cer argument mérite atenrion :
en fupofant la vérité du fait, les Irlsndois
feroient obligés de rabatre beaucoup de
l’antiquké de leurs caraâcres ,, & con-
traints de renoncer raac à leur alphabet
autochthonc qu’à leurs lames iodéchifra-
blcs.
(i) L'hiftotxc des Yncas , roft du Pé-
toD , compofée par GarciîafTo de la Véga ,
traduite & imprimée en Hollande , ran
1704. panicularifc encore plus la ma
nière de fisrmer les noeuds , tenant lieu
d'écriture aua Péruviens , que ne le
font les auteurs cités j dans noue (cj
précédent volume. Le fujet cft diplomati-
que par tant d'pndroits , 6c d’ailleurs (l.
curieux , que nous ne devons pas cram*
dre d’y revenir, jj Lorfquc les Indiens ,
U dit (d) l’auteur , vouloicnt faire leurs
» comptes , qu’ils marquoienr par le*
n mot quipu y qui (îgnific ruuer ou nœud ,
w & fc prend pour !c compte même ,
» pareeque les ncrods fc faifuient de tou—
*> ce forte de chofes ; ils pienoient orui—
>* nairement des fils d^ difcrentcs cou*»
i* leurs. Car les uns n'en avojenc qu’une
» feule , les autres deux , les autres:
» trois , & ainfi du rcfle. Chaque cou-
, « leur , foit qu’elle fut (impie ou me—
w lée , avoit (à fignificatien particulière.,
w Ces cordons , qui étoient de trois oo«
» quatre fils retors , gros comme de la
>» moyenne ficelle ,6c de U longueur de
»> crois quarts d'aune , étoient enfilés par
» ordre en 4ong dans une autre ficelle ; ce
>3 qui faifôic une cfpéce de frange. Oiv
» jugeoic du contenu de chaque fil par
U la couleur : comme , par exemple , le
» jaune défigooit l’or , te blanc marquoir
*> l’argent , 6c le rouge les gens de guerre.
H Que s’ils VQsdoicnr défigner des cho-
I » (es , dont les couleurs ne fu(TeDC point
< » remarquables y ils les mcttoienc chaco-
»> ne , félon Cots rntie , cosmnençant dc~
I » puis les plus con(idéraMes , jufqu'aux<
! n moindres. Ainfi y par exemple , s'il (e»
I- » f&c agi de blé ou de légumes , ils au-
I rt roieni mis prcmicrcmenr le fromenr,
' 91-puis le f2gle» les pois, les fèves, le*
j n miller 8<c. De même, quand ils avoient
» à rendre compte des asmes , ilr met-
» roienc les premières , celles , qoHIs
f cflimoient les plus noblès , comme le»
» lances , oc enfuire les fiècfaet , les arcs^.
, » les javelots I k$ maiTacs les dmehoe^.
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DE DIPLOMATIQUE. 77
lettres , ni des écritures ; mais des fuplémens aux unes & aux
autres , chez ces derniers.
« les frondes Jtc. Que s'ils vouloienc fai-
« rc un compte des valTàux , ils com*
^ mcn^oienc par les habitans de chaque
n ville , puis par ceux de chatjue provin-
n ce : ce qu'ils faifoiciir ainli. Ils mer-
» toient au premier lil les vieillards de foi-
Xante ans & au-delTus , au fécond ceux
» de cinquante , au trcHlîdme ceux de
n quarante, & ainli des antres, en def-
Cendant de dix en dix ans.jufqu’aux en-
u iàns à la mamelle. Ils lenoient le compte
T> des femmes , félon leurs âges , dans le
a même ordre. Il y avoit dans quelques-
a unes de ces ficelles d'autres petits fils
» lôrt ddlids d'une même couleur, de qui
» fcmbloicnt dire des exceptions de ces
» autres règles gènètales : comme par
a exemple , les petits als , qui ètoient au
w> cordon des femmes ou des hommes
a mariés de tel de td âge , lî^ifioicnt
a ce qu'il y avoit de veufs de de veuves
a cette année là. Car ces comptes ètoient
a commt des annales , qui ne randoient
a raifon que d'une année feulement. On
a obfctvoic toujours dans ces cordons ,
a ou dans ces filets, l'ordre d'unité, com-
a me qui dirait dixaine , centaine , mille,
a dixaine de mille : ils palToieor rarement
a la centaine de mille... Chacun de ces
anombres,qu'ils comptoient parles noeuds
a des filets , éioit divifé de l'autre , de
a les noeuds de chaque nombre dépen-
a doient d'un , comme ceux d'une coide-
a Uère : ce qui fc pouvoir fisire d'autant
a plut facilement , qu'ils ne palloienr )a-
a mais neuf, non plus que las unités de
s les dixaines die. Ut mettoiciit le plus
» grand nombre , qui droit la dixaine-vlc
a miHean pins haut des filets , dt plus bas
a le mille , de ainfi du telle. Les noeuds
a de chaque- fil de de chaque nombre
a étotem éganrlea uns aux. auties,dc pla-
Mcét de la même manière, qu'on boo
a ahcfactnéticien a coutume de les pefet ,
a peut fâiic une giande fuppmacxia. . . .
a Ils comptoient par nonids, continue
a (a) natte- aoteor, toet 1er tribut* que
a i"Y^nca teceveii ^cnx chaque annee;
a fans qu'il y eât aoconc maifoa , qui n'y
«niât l^ifiée , feloA fan genre te la
» quahté. On y voyoit le rfile des genr
a de guerre , de ceux qu'on y avoir tués ,
a des enfans qui nailToicnc , de de ceux
a qui mouroient cous les ans , donc ilsdè'
a ngnoieat le nombre , félon les mois, htr
a un mot , on cnmprencit dans ces netud*
a toutes les choi'es , qui pouvoient être
a fuputées par des nombres , jufqu'à y
a marquer le nombre des batailles de des
a rencontres , des ambalTadcs de la parc
a del'Tnca , de des déclarations, que le;
a Rois avoient données. s»_ficlon le même
(è) autcus a 'ils Ce fctv^^c aufii quel'
a quefois de leurs noeuds , quand il*
a avoient quelque nouvelle à porter ; ils
a les marquoicni en divers fils rangés par
a ordre , de dont les couleurs écoieat di-
a férenccs. Mais néanmoins ils n'obfcr-
a voient pas toujours en cela la même
a méthode. Car tantôt ils menoient une
a couleur devant l'anite , de tantôt ils la
a changcoicnc au rebours. Ces nccuds
a étoicnc comme autant de chifres , paf
a où l'Yncade fes gouvernents s*entcn-
a doient enfcmble , de làvoienc ce qu'il
a fiiloit fiuce eus-mémesi tes couleurs
a des filets marquoient le nombre des
a nns de guerre , les munitions de les
a habits qu'il làloit euvoyer ou tenir
a pects. «
LejournaliAe (r) de Trévoux rtendant
compte d'uoe A^logie Italienne des let-
tres PéiuTiennes , en ce qui tegatde le*
ymfei , commence pat raportet les parO'
les de Madame de Geafigoi ; puis aptèa
bien des détails étrangers aux yaipsr : il y
revient (d) avec fon auteur. Ou ciK Gai-
cilalEs de la Véga , pour lui faire dire en •
cre autres ebofes , que fn ftwiti dm
ytûptt , pwr cmftrvn Uitri iht$ ,
mmfitim ,f»mr nmmmiuymT Imrs füttt
dmmujîyÉu. Le Péruvien cité, comme oo.
le verra bientôt , avance, ptécifément conn
le cooctaire. Umi$ ym ftmrtii ,. enocinue-.
t-oo, mffifmir rntyntràM Ut dtftiiumtiu <U
ettcMlmrtiKoue Icalicnconjeâure
mtim , ymmU Utm ftmitit ftrvir iiiuti-
yturDém, gnérmi Ut ^
ytu l» emlnr tU chair drvtii tut la tuar-
fu dt Chtmmti {«s /s HtatùufCt^îP»
II. PARTIE.
Si CT. 111.
Chas. II,
leurs divers u'à-
ecs. Ils étoient
bien inferieurs à
nos lettres ,quoi'
que d'une autorité
égalé à celle de
nos écritures pu.-
bliques. Ri.ues
liiétoglyphiqucs
de petites picires,.
de grains de mays,,
en peinture , dcc.
(a) Chaf. *.
(i) Ci^. 7;
(e) Fét*<««755:
p. ili.&fyit.
(J) lihê
'--1
Digiti2t,Ki by Googit
II. PARTIE.
S t C T. III.
Cu>«. IL
(4) K^.Ui. lii.
«.cl.
()} ïiv. t.t. f.
(c) liv. J. e. Xf.
(d) Chtf. If.
(<} lUd. c. S.
if) 1. 1. 1. ij.
ji NOUVEAU TRAITÉ
Les hiéroglyphes des Egyptiens &: des Méxicains ne
d^i»3if dtls huit GarciUflb ^ dont
oa s'auCDtife , donne , coame on i'a
'VU , des figuifcihons bien dilürcntcs
b ces couleurs. » Les teaics des cordons ,
U pourfuic le Joumalilce, tantôt pendans,
M taotâc en cercle j les ircdes des nœuds ,
M taniôc üiuples , tantôt doubles, triples ,
» (|nadruplû &c. ne pouvoient aulE man-
» quer de fetvir d'indices , pont les di£l-
a« rens objets «. Ceft fut quoi loTepb
Acofta It GarcilaHô oe s'expliquent point.
L'auteur , dont on rend compte dans le
Journal >> fait une elpcce de diâionaire
»> de tous les 4Ê^ , qu il a ph recueillir de
» la langue pZtuvienne -, il les place dans
B des taUes aa-delTus des jtôfps figutds
M le eolotids , qui les repréiêntent : il
B donne fut la fin de Ton livre , une force
«d'alpbabec , propre à rendre familier
B l’ufage des fxÿar ; & il avoue , qu'il a
B pris tellement l'habitude de cet petits
B cordons & de cet nœuds , qu'il ponr-
B toit Ce pafiêr cotalemenc tffcrimre ,
B d'encre & de papier. « Si Ton prend
Cet paroles au pid de la lettre : on con-
viendra , qu'il cil bien plus habile dans
cet an , que ne le furent jamais tous les
Pdruviens enfemble.
Si Ton prcfiàic , il cil vrai , les expref-
fions d'Acolla , l'on concevroit une gran-
de idde de l'habilecd de ces peuples, en Eut
de danfar. On croiroit , qu'ils («) utoiCnt
de leurs nœuds St de leutb cooleUia difif-
rcmes , roue ce que nous pourions cirer
de nos vingt • trois lettres de l'alphabet.
Une Péruvienne vous Esta , dit-il , fa con-
EtlEon générale , jufqu'aux plus légères
circOnlUnces , avec une poinée de cor-
des. Mais Garcilafib de la Véga Péruvien
lui-mémc , né à Cufco capitale des Yn-
cas , de la Eimille royale , ic feit exercé
dans la feienee des en rabat bean-
coop. On ne pouvoir pas, félon (i) loi,
exptimer pat des nœuds le contenu d'une
ambalTaifc , les paroles exptefles d'une dé-
elamtion do Rot , a te tels autres
B aneasbiftohqaes J pareeque ceschoE»:
B confiAoicnt en des termes acticaWtte’
B vive voix on pat écrit , te que Iwnttuds
s marquoienc bien le nombre, mais non
a paslapatok. Pour Ibfléeali ce définie..
; » Les Quipucamayus ( ou gardes des fisi-
» par } afrtntitm par rawr la fub/latut des '
» Lola tcc. & les enfeignoient les uns aux
» autres par tradiiion , te de père en fils.
» Ils fe fcrvoienc encore , d'un antre
>a moyeu , pour cranfmettre à la pollérité
B leurs exploits mémorables , les ambaf-
» finies Eûtes h IToca , te les téponfes ,
» qu'il y avoir rendues. Les Amautas les
» mettoient en profit , & les téduifoiene
» fucciotemeot eu ferme de fables , tfiia
1 » que les pères les racontalTenc à leurs en-
a, fins le les bourgeois aux gens de villa-
I aa ge . . . Les Araviens ou leurs poètes
; aa compofeienc exprès de petits vos ,
; a, dans Iciquels ils comprenoieoc fuccin>
' aa élément rhifloire , l'ambalTade on U
aa téponfe du Roi , te exprimoieoc de
aa cette manièce ce qu'ils ac pouvoient
aa comprendre pur leurs nœuds .... Ccn
I aa pendant toutes ces chofes , comme l'ex-
‘ aa périeoce le montre , ne pouvoient fer-
la vir , que pour un tems à laite parler de
ai leurs exploits; puilquc les grandes ac-
aa dont ne peuvent être immottalifilcs ,
aa que pat le féal moyen des lettres. <»
C'ell à l'ignorance des lettres , que Gar-
cilalTo atribue l'oubli de grand nombre
(c) de particularités liiiferiqnes , qui n'é-
toienc pas éloignées d'un fiècle le Jetai de
fon cens. On voir clairement pat là , que
les aaifn ne pouvoient ceoit lieu , que de
ebifres; quils tendoieot quelques idées
'grollières , te non pas les paroles , en-
core moins les fons. Par cooféquenc on
étoic bien éloigné d'cii cirer tout ce
[ qu'oo poncoic tiret des lettres de notre
alpbabec.Dn refte les répartitions des im y
poR publics, dit (d) Acofta . émsfenc xé-
glées fut des manjpiftuuftu cuïdelectcS. Oa
y lifoit enalédilieceai ebaqiic parcicu-:
lier ,.ebaqDeiiMi|ttae , chaque pcovin-
• ce dnniait onnttifaoer. Toutes les afeiies
>.fay -'d'ént , de police <c de guerre j-
I; éioienc teofiernies. Tantes leurs cétémo-
I nies y étoinac eomprifes. De gn» 8e pe-
l/fài'isM^ , des filcR blancs , bleus,
tj verd* . 8c ranges décidnienc de tout.’
Cependant Acofta (/) ne croyoit pas
que leurs hiftoiics pulTenc remonter au-
I ddà de quatre cents ans. GatciJalIb de 1%
DE DIPLOMATIQUE'
Solvent pas nou plus palTer pour des lettres v^tni&les j
»
Y^ga L*) fiiienàoit (culemcm , qu’elles
Revoient être kcuI^cs <1c deux cena ans
4c plus pour le moins.
Oo ajoutoic foi aux ^mptt , comme à
4e(cfriturcs publiques. On t'en fervo c
«oncre les véxatious dcsoiiclers. Les plus
(nsplec pauiculicis , leur ijuifti à la main,
fes convainquoient de inalverl'acion de
saur les Commiflâires , envoyés pour ré
parer les torts , ils Ëtifoieot voit qu'on
leur droit redevable de tant : puifqu'au
lieu de payer laaotalité des marebandifes
Bvrées , oo ne leur en avoir fait toueber ,
que teUc panic. Les Quipucamayus, ou
gardes des quipos étoicnr regardés eux-
qiémes , comme des perfones pubbques ,
dont le cémoigoage méritait une entière
cxéaocc. .
» Le nombre de ces Quipucamayus ,
a ou de CCS maicrcs de coiapccs , ainlï
a parle (é) GaccilalTo , devoir eue pto-
a poctioané aux babkans de coures les
a villes des provinces. Pourit petite que
a 6ÛC une ville , il falloir qu'il y en e&c
a quatre , k ainlï toujours en montant
a ju&u'à vingt & à trente ; bien qu'ils
a eu Uct» tfws un même regidre, •< Mats
on ne les raulciplioic , que pont prévenir
la Ctpccchciie. a Lotfque les canumt ou
a gewtlsbommcs, ajoute le même auteur,
a uouloient (r) lavoir rbidoite de Icuts
aïeuls, ou ce qnis'étoit padé déplus
>v ipusiaïqttable dans quelque province, ils
a aloieoc tsouver aullîtôc ces Quipuca-
a quyus , qui pat le moyen des net ods ,
a qn'ils jnrdoacac , & qui leur cenoienc
a lien AsDasie , <f annales te de tegif-
a ties , pouvoiept tendte un fidèle oomp-
» te tk tons les èvénemeos les plus mé*
a rpotoblcs, CcF Quipucaroayns ètoient
aeUigéSj pat Je devoir de leurs char-
r-dc sendip KHlbn de tout ce qu'on
aléar dcmandqic fur leui kiftaise. Afin
at|eaïtaaqaiieraTccplutd'faonneut, ils
a èyadioivnc ibas ccuc cet Doeods , pour
abiaaxstaujipayeacarlaciadicion , qu'ils
3> a*okntJ||(it opioindc leurs ancêtres,
a OoJcscxanxqitdo xrimi otdiaaiceAe
a^Vutautr4t)lâpviccs,afin qu’ils eof-
s^rqas Je Joilix fie s'y pétfcâieoaer tous
atlaU'yOSBS. ‘Par ce mta/t moyeo ils fe t
a tendoieoc capables de dJUbowir do leurs
a (oix < de leurs ordonnancos , de leurs
a coutumes , k de leuis cérétiwoiss. Car
a pat la couleur du filet k pw la nom-
» bre des noeuds , ils aptenoianc ce que
a telle ou telle loi ddlendotl > k queUo
a punition devoir ècte faite de ceux qui
a la violoient . . . Enfin riaa n'écéiapoie
a à Icui conoilTance , & ilspouypieut pat-
a 1er pertinemment de toutes iss ebofes
a de leur pais , qu’ils avoient apcifes par
a ceeurét par iradiiion. Car cbaque mec
I » ou chaque iiooud leur remettoie en raè-
I a moire ce qu'il contenoic. » Les fsbpM
' fctvoient donc de lignes propres à fou-
lager la mémoire k à tapclet les ebo-'
fes , qu'en avoir aptifes. Sans cette pté-
Cjution en vain cût-oufu la valeur k dsa
coulcats k des uiruds k des filées.
Les quipos de cordotu ou de filets u'é-
ooient pat 1a feule manière , donc fc fer-
voient les l’éruvicna , pour fupléer à nos
leucet. Ils y rcu/IilToicac paiement avec
de petuet pierres , difpofi^ en roue. Ils
cniployoïcut ce moyen , au rapoïc d’A-
coua , pour aptendee par coeur le fym-
bole k les prières , que tout fidèle eft
obligéde favoii. S’ils maoquoienc en les
téciianci il leuc fufifoitpour fe redtefiêr,
de jeteer un coup d'ocil fur leurs quipos.
Car Ut étcnJoieot,fcloo lui,ce nom à leurs
rouet de picrtes.*Aulli voyoic - on beau-
' coup de cet roues dans leurs cimcàéfesaa
feixiéme fiède , qui ècoit le premier de
leur couveefion. Les tègles d'amhmèxique
les plus dificUet ne Ut embasaUbteoe pat.
lit s'en ciroienc aifèmcoc par divets aran-
Çewens de grains de mays , dont ^
•loient 'iesaas , At déplaçoiciK les autresi
Les Béciurient crosvoienc encon na
aune fupUmenc d'écriture dans les pein-
tures i mais lit n’y écoiena pat aMiî üabh-
les , que les Méxicains. Cependant le Jé-
fuite Aeofta (J) dit avoir vu la ctwfellioa
généxalc d’on Péravien , où tes dix corn-
maodemenx de Ditn étoiciK peints avec
des sni^uet en ferme de chifiics, qqii
défignoient les péchés contraires. 11 pidé
tend que te plut habile ffpt^ODl ifqit c4|-
pH iliit «aqu» en dueaBam,.
II. PA&TI&
Sx CT. 111.
Cnap. II. '
W Uv.i.ibXTi
(é}lsvi-d;.r. i;
(f) Ch*p. }^
(H) JJH/, 4. t, fy
.11. PARTIE.
St CT, 1 1 E
•CK.tr. II.
(•) ItiJ.
(l) De SpIù hifl.
it U een^Hhe du
Mexique tradMst de
/£ffxiatl.l.t.t, 8.
(e) NrtMW Ortis
t. S-e, lo.
(d) Actft». i, {,
c. 17.
■%6 NOUVEAU TRAITÉ
,(i) mais pour des peintures. Les carailères des fauvages de
(1) Quand les Erpagnols s'emparèrent
du (tl Mèsique , ils y trouveren: des li-
vres equaris ic pliès , compofôs de feuil-
les d'arbres , cnargècs de peintures. Ils
rouloiene fur les antiquités du pais . la
conoilTance des tems , des plantes , des
•nimauz , Sc autres curioficés naturelles.
Des mlT. remplis de Bgures & de carac-
tères inconnus , furent jugés , par ces
nouveaux venus , livres de mi^ie , St
comme tels , condamnés au feu. Les plus
fages Lfpagnols dans la fuite en regté-
tèrent la pette. Mais le mal étoit fait.
Tous les livret Mexicains ne fureur pour-
tant pas dénuits. Plulicurs calendriers
entre autrea > & quelques cadalfrcs ou
ccnfïcrs écbapèreot on naufrage. On fau-
va même les annales du Méxique. En
éfet , tous les Efpaenols ne févirent pas
contre les livres Mexicains avec la meme
ignorance , que firent quelques-uns d'en-
tr'eux , dans certains cantons. Cortès lui-
meme & fa troupe , lerfqu'ils virent pour
{b) la première fois trois ou quatre li-
vres des Méxicains , gardés dans leurs
temples en connurent plus d’admiration ,
que d'envie de les détruire. » Ces livres
» étoicnt de toile , enduite d’une efpcce
» de gomme ou de vernis. Leur figurcetoit
•> commecellcdcsancienstitrescompofifs
» de plufieurs peaux de parchemin fort
M larges 8t collées cofcmÜe. Ils plioicnt
•> cette toile , enlôrtc que chaque double
» fâifoit une feuille , & tout enfcmbic
>’ compofciient le volume. « Ils écoient
écrits des deux côtés , ou plutôt chargés
d'images & de chifres. Depuis la coaqué-
tç des Efpagnok , les Méxicains contl-
ouèreut d'écrire comme auparavaac en
hiéroglyphes. Tout ce qui étoit fufeepti-
ble d'image . ils le reptéfentoieot par fâ
propre figure : tout ce qui ne fétoit pas ,
ils le rcodoient pat des caraéleres. C'eA
ainfi que les nouveaux ptofélytcs éert-
voient le fymbolc , l’orailon dominicale ,
leur coofdTeoa &c. La fàciUté avec la-
quelle ils caprimoient les nocions d'une
Religion fi élevée an-dclTus des feus,
écoaoh.foavenc les Millionaircs.
Mais rien de plus fingulicc , sfpc la coa-
flruâion des caleodripci & des annales
de CCS peuples. La plus
grande révolution de
rems chez eux étoit de
S a. années , apres la-
quelle ils atendoient la
fin du monde. Voyant
qu'elle n'étoit pas encore
arivée , ils rccammcii-
(oient un nouveau fié-
de .dont la durée dcvoit
toujours être la meme.
Ch.tquc lièclc étoit re-
préfenté par une roue ,
partagée en quatre pé-
riodes de 1 ) . années.
Quatre couleurs diverfes
fcrvoicot à les diflin-
guer. Ces quatre parties
etoient à leur tourfubdi-
vilîfcs par quatre années,
diférentiées par les qua-
tre lignes do couteau, ou
du caillou, de la maifbn,
du lapin 8c du rofeau ,
toujours répétés dans le
même ordre. Le nombre
des années joint à ces
lignes , 8c marqué par
autant de petits cercles
ou de zéros , achevoir
de les eataélérifcr ; au
moins durant chaque pé
riodede 1 ans. Quand
le compteétoitpluscon-
lidérablc : on mfoit , à
tant de maifons , à tant
de rofeaux du fièclo cou-
rant , tel événement ell
arivé. Pour être mieux
entendus , nous fiiifons
rcprélcntcr, d’après Jean
(r) de Laet , une période
de CCS treize années. A
côté des (d) roues, les évé-
oernens mémotablcs de
chaque année écoient
peints. Au ligue du to-
feau , pat exemple , l'en
tréc des Efpagiiols au
Méxique étoit déligm'c
par un homme vetv
"0
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DE DIPLOMATIQUE. 8i
( 0 Virginie étoienc aufli hiéroglyphiques. Il en eft de meme'
de rouge, Sc couvert d'un drapeau. Quand
il furvcnoit tjuclcjuc cboTc d'inrportaut ,
on en ira^oit la fîguie , ti l'on la dcp£-
choit en Cour. C'cA ainli («} que fur des
dcapeaus , l'arivéc des Efpagnols fut pein-
te te prcfcntdc au Roi du .Mexique. Cot-
tds voyant (i) les peintres Mexicains o;u-
pés à ngurci fa petite armée , te que leurs
images étoient lâns vie te Ctat mouve-
nicni ; à defTcin d’imprimer plus de ter-
reur à leur maître , i! fît faire rcxcrcicc
à là cavalerie & donna ordre , que fa
jnoufqueterie & fon artillerie fît une dé-
charge générale. Les foldats rangés en
bataille , les chevaux dans fardeur du
combat , le feu , la fumée Sc le bruit des
canons , après avoir éfrayé ces peintres ,
échaufèrent tout autrement leur imagi-
nation , Sc leur fournirent des cxprcllions
incomparablement plus vives.
L’écriture des Méiicains s’élévoit ré-
gnlicremcni de bas (r) en haut. Mars , à
régard de leurs roues j c’étoit du centre
1 la circonfcreiKC , qu’elle procédoit. Le
foleil ocupoit 1c centre : de-li partoient
(dj quatre lignes, verte , bleue , rouge ,
jaune , ou bruire , fclcn de Lact. Flics
ipartageoicnt la roue en quatre parties
égales, dont chacnne éioit fubdivilcc par
itcire degrés , faifant une période d’an-
nées. Celle-ci (ôrmoit un premier cercle
inferit (e) dans un autre beaucoup plus
grand , (ut lequel on éctivoit les evé-
nwens du fiècle les plus remarquables,
on eonferve dans la bibliothèque du Va-
tican des annales méxicaincs , tracées
dans ce goût. On voit quelques mot-
ceaux de ces hiéroglyphes , dans le Af«-
yîur/n l'ermrairwm.McIchiiédcc Thevenot,
au fécond rome de fes Relations , a fait
repréféntei les annales hiéroglyphiques
des Mexicains. Elles remontent jufqii’à
la fondation de leur capitale , Axée à
I an r 5 a I . Leurs Ictrrtïs en donnèrent
l’explication , par ordre du Gouverneur
Ffpagnol. Après avoir fait traduire cette
interprétatiim enfa langue; celui-ci l'en-
voya û Châtie- Quint Mais le vaiftèau ,
qui la portoit , fut pris par les François ,
& rhiltoire méxicaine tomba entre les
mains d'André Thévet. Scs hétitiers la
vendirent depuis i fcfacluyt aumônier de
Tomé IL
rambad'adeue d’Angleterre en Ftanec.
Une nouvelle traduélion de Fcfpagnol
en anglois , Sc tes follicitations de Spel-
man ci^agètcat Purchas à en faire gra-
ver les ^utes hiéioglyphiqucs , publiées
dans la fuite par 'Thevenot , avec une
verlion ftançoife. Les figures de la pre-
mière partie de ce livre renferment les
annales du Méxiquc depuis i)xi. juf
3u’à la conquête des Efpagnols : celles
e la deuxième , les revenus Sc les tributs
du royaume i celles de la troifièrac fes
céiémonies , fa politique , fa difeipline.
Outte les caraârtcs , pour marquer les
unités ; les Méxicains en avoient pour les
viugtaiiMf ,lcs400,les Soo.Le (igné deio.
avoir du raport F une clé , celui de 400.
étoit un demi eetcle fui monté d'une ef-
pèce de pyramide. Cinq clés fur une ligne
Ainfi des autres caraélères répétés au-
tant de (bis , qu’il en étoit befoin. Oc
Lact n’avoit point remarqué de nom-
bre ni plus petit ni plus grand , dans
un ancien livre de leurs tributs , que les
croie , donc on vient de parler , Se donc on
voit ici les figjitct. Au furplus il étoit im-
poffible , félon jofeph (f) Acofia , tfen-
feigner, avec le fecouts des hiéroglyphes,
les pièces compofées par les Poètes & les
orateurs Méxicains. Mais ils avoicnc des
Colégcs , où Ton les faifoit aprendre par
coeur. Ainfi les drfeours, qui ne ponvoienc
être exprimés par leurs cataéleres , (ê con-
fervoient de vive voix Sc par tradition. Et
quand les Efpagnols leur eurent fiiit co-
noitre l'art d'écrire ; ils s’en fervirent,pour
tranfmcttre à la podéricé, les harangues
Sc les poèmes de leurs anciens auteurs ,
qu'ils n'avoient jufque là retenus que par
mémoire.
(ij Outre Ici chanfous , pat lefquuUes
L
II. PARTIT.
S t c r. 111.
Ch a P. II.
(a) Actfin. l. 7.
t. 14.
(à) De Selit liv.
X. e. I. t. p. S7.
à" fuiv.
(e) Ateft» ilU,
c.f.
(A) Itid e. t.
(t) De Selii^ln.
i eh. 17.
(/) Uv.^.e.7,
D
ti NOUVEAU TRAITÉ
de ceux «les Canadois. Le Baron de la Hontan «iaris lés'
” cx*iT/^ Mémoires fur l’Amérique feptencrionale , a fait repréfenter
Ch A F. II! luie expédition des François contre eux , en leurs caraclcres
hiéroglyphiques. Les favans , qui font dificulté d’acordet L:
titre d’hiéroglyphes à ceux des Chinois & des Japonois ^
n’y fautoîént méconoitre au moins des chifres , plutôt rer
préfentatils des penfées que des ions. ^
‘ * . ,;Nous nous étendons fans feçon , dans nos notes , fur lei
Iliplémens d’écriture des Américains : nous n'en ulerons pas
ainfî,à l’égard des lettres memes des Africains & des ( i j Alia-
tiques : quoique la plupart de ces dernières ne s’écartent en
rien de la nature des vrais élémens alphabétiques. Les Eu-'
ropéens font , depuis ^lus de deux lîècles , maitres de l’A-
mérique. C’efl: donc en quelque forte travailler pour lètif
^ littérature , que de Elire conoitre celle des habitans du
nouveau monde , qu’ils ont fubjugué , & de fes vaftes con-
trées , dont ils fe font mis en polfelTion.
Diverfes fortes dt Nous renvoyons aux écritures , les lettres italo-gothi-
fcitrcs,pourlapla- anciennes gotliiques , vifigothiques ou de Tolède 1
lettres de forme , “aiico - galliqucs ou^ mcrovmgiennes , lombardiques , la-»
de cours . de tour! xonès , catoupcs , cà^tienncs , gothiques modernes , &
nure: lettres bout- toutes Celles , (^ui tirent leur dénomination des peuples , qui
jeoifes ,aldiaes , pattâgcnt aujourdui l’Europe. On traitera encore moins
(m) Jes
/AVMns dt 1^81.
)dArs4rt, 4,
les Affiéricaios de Virginie conngnoiencà
leurs defeendans la ni(îmoire des
lucns galles y outre les mooumens c|u'ils
dfigeotem fur leurs champs de batailles «
& qui confiHoient en des monceaux de
pierres , donc le nombre égaloic celui des
morts , reûés Hir la place fils ufoient en-
core , comme les Mexicains , de roues
hiéroglyphiques , compolccs de ibixaucc
années , figurées ^ar autant de rayons ,
acompagnes dliicroglyphcs , pour mar>
Guer les principaux fans arirés , durant
chacune de ces années. Par exemple , un
cygne nageant & jcttanc par le bec de
la Fumée & du feu , dclignoïc le premier
abord des Européens dans leur contrée :
pareequMs étcienc blancs , qu'ils fe fer-
voient d armes à feu , & qu’ils étoient ve-
nus par mer. Ces roues niéxoelyphiqucs
peintes fur des peaux rcponooicnt à la
duiicdc leur liéclc , & fe coofcrvoicnc
dans leurs temples. Les Virgrniens avoient
une autre (brtede caraéleres , oui leur
étoient communs avec pluficurs lauva^es
dAmértque. Ils gravoient dans Icurv
voyages fur leurs bâtons , 3c dans leurs
expéditions militaires , fur leurs arcs ,
certaines lignes ou figures , pour fe »
peler les ciiofes , dont ils apréhendoienc
de perdre le Ibuvenir. Ceft ce t|uc nous
a prenons d’une lettre (<s) de M. Sponfe
fils à M. l'Abbé de la Roque , tirée des
Mémoires de Lejcrer , revenu de YirgU
tiic ^ après dix ans de féjour.
fsl Comens d'avoir fait conoitre U
marclie de leur écriture s nous avons ob-
fervé , que celle des peuples de rindoflan
va de gauche à droite. N^ms aurions po
leur alTocicr nommément les infulaires
de C cyian & de Java , dont la manière'"
d’écrire ne s acordc pas moins bica > à cer
égard ^ avec la notre.
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DE DIPLOMATIQUE. gj
*£hiellement des lettres efpagnoles , françoifes , italiennes ,
angloifes , allemandes , napolitaines , florentines , flaman-
des &c. ■«
On entendoit autrefois par lettres pifanes , les anciens ca-
raûcres, dont les Pandcâes (i) de Florence font écrites. Il
eft parlé des lenres boulonoifes dans un ( a ) inventaire de
Jean duc de Berri. Conçues dans le goût italien , avec de
grands raports aux lettres de (i) forme ; elles étoiem moins
chargées de pointes. Celles-ci tenoient lieu de notre petit
romain ; lorfque le gothique moderne regnoit encore. La
plupart des livres , & fur-tout ceux d’égliie , étoient en ce
caradcre.
Les lettres go^es , telles qu’on les entendoit au commen-
cement du feizieme ficcle , n’étoient qu’une efpcce de ma>-
jufcule gothique , deux ou trois fois plus liaute que large.
En partie d’une é^lTeur outrée , en partie d’un délié fans
proportion avec le plein ; elles parurent formées d’une mai*
nicre bifarc , & comme découpées par les bords ; fans parler
des pointes , dont elles furent hériflfces. On peut en juger
par cette . Malapropos Tory s’étoit-îl figuré , que ces let-
tres avoient (é) cours cirez les Goths , qui réduifirent Rome
en cendres. Ces lettres n’avoient pas de fon teras deux cents
airs d’antiquité. U les apellc lettres { j ) lourdes ; mais
II. PARTIE.
Sect. III.
C H A P. II.
romaines, bullati-
c|uet , impéiialei ,
bâ:ardcs & au:rci.
( •) Ltinf, Rr-
cuei{^ Ht itiv. rei.
$. t. f. t<o. iSl.
(i) Elles furent prifes ^ns nn pillage
'^Amalpfu. LesPinint , entre les mains de
()ui elles cnmbcreot , les confcrvèrcnc
loi^-tems dans leur ville , avant qu'elles
filent tranfporcées à Florence.
(t) Aux quatorzième & quinzième fié-
des on les apelott en vieux François tet-
très d4 fourme. La reine Vérité du
dmviel Péîérin de Philippe (c) de Mailîè-
tes , vit k Rome pns « jui mvoient une
'kmmmhe wrmeiUe y en ImifueUe uvok qua-
tre lettres de fostrme S. P. Ç. R. Si elles
éiircnt atnfî figurées par rameur^ il s'en-
ioivroit, qu'elles devroicm plutôt Ce ra-
|K>rter aux capitades , qu'au petit romain.
Mais Tory 8c Sigifmood Fanri , qui vi-
voieot au commencement du Arizicme
fiède , où les lettres de forme étoient
«ncorc en ufage , ne les repréfenient , *
que comme minufcules. Tory leur donne
beaucoup ck hauteur, Cetu lettre , foloa
lui, (d) veut lire eimj fois aujp large que
haute : ce qui ne doit pas s'entendre de ta
largeur totale de la luctre ; mais de l'é-
paifTeur de fes ^mbages.* 11 ajoute , que
les lettres longues , comme kdfhlpq
f t XK. y doivent ètrt fepcfoii aufiî hautcf«
que larges ; c'eft-i-dire , qu’épaifics.
f f ) Otfft efl expliqué leesrdaut par M.
Ménagé. Il le tire de ptfa ou eufa -y qu'il
rend d'après Saumatfe veflitnemum /pif-
fttm ^ viltefnm. M. du Gange , auquel
il renvoie , for te motbigera , entend par
ce terme , des capes de Beam. Dans un
glofiaire en deux grands volumes sn-fol.
en caraâères lombardiquos du huit ou
neuvième fiècle , hgera eft défini b^s
J id efi vellata : c'efl-à-dire , habit
velu. D. Rivet (e) ne dit rien autre chofe
de ce mf. finon , que (àioc Ifidore eft le
dernier auteur, qiF-on y trouve cké , 8c
qti'il paaoit plut ancka que ceux , dopt il
L ij
(r) JU(i. de VA^
eadém, desînfctipt,
t. lé.p. XX4.
(d) Van la
feience de la vreie
freport.fel, i)8.
(e) HiJI. lirt. de
la l'raxe, t. 4.
p. i8o.
{
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II. PARTIE.
S tCT. III.
C H A F . II.
(I) Cluf. 4.
(c}Pmx. tf.
{d) Ptf. 140.
g4 NOUVEAU TRAITÉ'
elles p^choient beaucoup plus par afeélation exceflrve d’été-
gance mal entendue , que par un excès de gioiriéreté. Ces
memes lettres éroienr qualifiées , avec plus de fondement ,
impériales & bullatiques : parcequ’alors on en faifoit quelque
ufage , de dans les diplômes des Empereurs , &c dans les bulles
des Papes.
Les lettres de cour ou de cours ne fe diftinguoient pas de
récriture , employée pat les oficiers des tribunaux. L’inven-
taire du duc de Berri fe fert de ces mots , comme de ternies
fynonimes. Toutes ces lettres n’étoient pas feulement d’ufa-
ge aux XIV. & xv*. ficelés ; elles y étoient encore diféren-
tiées par la meme nomenclature.
Les lettres torneures des xv. dc xvi'. ficelés nous (ont
repréfentées , vers la fin del’.^r/ ô* fcience de la vraie pro~
portion des lettres , par Tory. Elles ne font autres , que les
kttres majufcules gothiques des m/T. & 4es imprimés. Les
anciens , félon cet auteur , les (a) employoient fur les tom-
bes , les vitres , les tapilFeries. Les imprimeurs en faifoienr en-
core , de fon tems , le frontifpice des livres de. les titres des
cliapitreî.Les mêmes 'fans doute s’apellent lettres tournées
ks \b) Aflifes ( i ) de Jérufalem. Elles auroient pu refl'embler à
YCTToit de parler , quoique tous db ncu-
viéme {îéclc \ & meme de la fin du hui-
tième. Il fut donné eo 1680. par M Joli
ehancre de la cathédrale de Parû ; à l’ah-
haïe de (âim Germaio des Prés. Uoe noce
poflérieure à fa donation » porcc que M.
de Cafeacovedans fc« OiigincS) cite fou-
Kcnc le gloHaire d'Anfdeubiis évéqueGoüi,
auteur peu connih Sur les termes »r-
futiriet y moHtên > ; les citations de
ce Mooficuc fe rcnconttenc , dit en } dans
le glofTaire. Dod l'on conjcâure , que
c'cfl fon Anfilcubus. Cacel cite ^(Tt le
glofTaire d'Anfileubus ou d'Angi’euSus y
qu'il avoic copié fur un mf. de rabbaïc de
MoifTac. Mais les tcitcs raportés par cet
auteur prouvent , que les m(f. n. &
2). de faine Germain cn*font diférens.
Quelques noces éciires dans le même
glofTaire , il y a plus de deux cents ans ,
ic donnent avec encore moins de fonde-
Sientà Papias : puifque , fuivant la chto-
pique d'Aibeiic , il flpriflbic au milieu du,
otiTicme fîcefe. Qiîoiqu'il en foit & d'As*
filcubus êt de fon glofTaire ; il réfultc du *
palTagc y que nous oTre ce grand diélio-
n.iire de faim Ccimain des Prés & des
textes de M. du Cange , que/^ fîgr.ifîe
encore plutôt xc/m/ que IcknU , 3c que
cette fîgniôcacion apliquéc aux habits
étoit connue des le neuvième fiècic. l.ea
lettres peuvent donc être opofees ^
aux lettres tondue* , donc ii fera bien-cot
parlé. Si, vers le tems de la renaifTance dés
lettres , on apliqua la Cgniôcation de /mou
: des aux premières » c'efi aparamment paiv-
cequ'cife coovcfiou d’une part aux habits
, 3c que de Taucre on cotnmençoic à
regarder ccrmmegrofhèrcs les lettres chat'
de poils ou de barbe> telles qu'etoient
les gothiques d'alors.
( s) ïl y cl> dit , que les (c) ^
O* c^urrui tjioient eferit chucuu par
foi de ^runt lettres tournéti, La Thaumaf>
ficre ) dans fes {d) notes , les explique par
Uttret m*jti/eules 0% grAndtt Ititra» U
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I
DE DIPLOMATIQUE.- 8f
celles de Tory ^ fi elles n’écoient -, que du quatorzième fiècle :
mais’ en les raportant à celui ( i ) de Godfroi de Bouillon ,
elles ne pouvoient pas être aufli gothiques. Leur dénomina-
tion étoic empruntée particulièrement de leur rondeur , ou
de ce quelles fembloient faites au tour. Le mot de tournure
s’apliquoit aux lettres , dès le tems de l'aint Bernard. On
loue , dit-il , Ja main , &c non pas la plume de la bonne tour-
nure d’un lettre : de bonâ {a) liteera; tornaturâ.
Les lettres bourgeoifes , qui tiennent le milieu entre les go-
thiques curfives Scelles d’apréfent , pafl'ent pour avoir été in-
ventées par les imprimeurs , vers la fin du xv'. fiècle. Mais
ce ne fut qu’une forme d’écriture pour lors ufitée , qu’ils
adoptèrent. Les minufcules (i) romaines furent à la vérité
mifes en euvre par Alde-Manuce : mais celles , qu’on apelle
aldines , ne font autres , que notre italique maigre & ferrée ,
qui fait place aujourdui à une autre plus élégante. Quant aux
capimles romaines, on les tira des Anciennes inferiptions. Voi-
ci des lettres ^ qui touchent de plus près la diplomatique.
paroitroit fort extraotdinaire, (jii’on écri-
vit encore alors des livres entiers , &
fur-tour des coutumes en lettres majuf-
cules. Mais, comme cc^Jrançois , itanf-
portes en Syrie , pouvenRt afcâer de fui-
vre les ufages des Syriens , au milieu def-
quels ils babiioienc , & qui durant le dou-
aidroe liccle derivoient encore leuts mlT.
en eftranglièlcs ou maj^fcules •, de pa-
reilles letucs laupes ou franfoifes de-
vroient moins nous dtoncr , que li I on
les voyoit alors en Europe. D'un autre
côté Icsaflifcs , drcirdes en date du is.
Janvier fotu ici mention d’autres
jUifcs plus anciennes, dutems deCodüoi
de Bouillon. Des livres entiers en majuf-
cule , au commencement du douaicme
;ficcle , quoique très-rares , & peutetre
fans exemple, nous furprendruient moins,
que s'ils ètoient écrits K la forte au qua-
lonicme. Mais ce qui doit faite cdTer
toute furptife , c'elEque ces aflifes cioicnt
.plutôt en forme dv ebartes, que delivres
Elles font en é£:y apciées ehanct , Uurtt
, du frp$Ucht4 : ii y eft fait mention de
,fceaux & moqogrames do Koi , du Pa- 1
tiùicbc & du Vicomte,; Pt on 4 deti
exemples de cliane» entièrement écritea
en letucs majiifcules, au xi'. liècle.
(1} Une des plus cc'lèbtcs rèdaèlioac
des Ajp/ei de UmfMltm fut laite en ix;o.
pat Jean d ibelin , Comte d’Afcalon. Ceft
même fous foo nom,qti'cllcsoHt vu le jour.
Mais elles ne s’étoient pas.jufqu'a lui.con-
fervées feulemcnr par traditiond:.llcs por-
tent (é) exprebément , qu elles fmtiii ém-
btifs O'mifes en e/irii pat lifiiie Gtdfrej de
Bcuiilent lequel fie ehteee nRûjf P* a Seigner
deu dit tejaume. Les quatre premiers cba-
pitres de ces a/nfesoc permeuent pas non
plutde teculçr leur première collcèlion à
ides tems poftérieuts au règne de Go<b-
’ ftoy ,qui commenfa en lopp. St Soit en
1 1 00. , '
(1) Les lettres d'imprimerie, romaine».,
italiques , conlïdérées lelon leurs di-
vetfes proponions , aparrieonent plutqc
aux arts, qu’à la diplomatique. Ainli noua
nous abbicndrons d’en patler. On perse
voit fut le mot tereSère le Diéhonaire
Encyclopédique, où la matière nouspv
roit epuifee , d’après les méiaokc» d*
M. fessunsee,
11. PARTIE,
S a c T. III.
Chat. II.
la) Bpifi. Iff.
tdii. léÿO.lfm.t.
f- ni-
(i)Peg. t;
Digif ! by Google
$6 NOUVEAU TRAITÉ
■ Vers les commcncemens du i j Cède , on diRlnguoic prîiW
II. PARTIE, cipalement dans les bulles deux fortes de caraftères , les lettres
c'h^a P. 1 1. (**) tondues , tonfte iaterte , &c les lettres barbues ou chargées
(4) Hmhniusprt- mêmcs probablement que les goffes. Une tniUe
f^t.in diplem.fun- de Grégoire ( i) IX. de l’an 1118. porte expreffément la pre-
dM. 4- micte dénomination : &c quoiqu’elle n’énonce pas en termes
formels la feconde , elle la fupofe vifiblement. On employok
alors communément , dans les bulles & diverfes autres char-
^s , des lettres , foit chargées de poils ou de pointes, com-
me par étajges , foit enflées de traits fuperflus , ou qui mon-
toient & oefcendoient , dans quelques caraélcres , au-defl'uS
& au-defl'ous de leurs voilins. Il étoit aflez naturel de qualifier
lettres j tondues celles , d’où de pareilles fuperfluités fe troaA
voient rérranchées. Ces dernières étoient Amples , aprochane
de la minufcule : où (i elles tenoient encore un peu de U
curfive ; du moins rabatoient ou refleroient-elles leurs traits j
loin de les alqnger ou de*les multiplier. j
Nos lettres bâtardes de la fin du quinzième fiècle & du
( I } Ce Pape Hc entrer dans une bulle ,
t'aeifTtnc de renouveler » ces deux
(ortes de knecs , afin de dtftingoer fes
iaddkions de l'ancien texte. Sollicitée par
4‘cmpcreur Conrad , pour autorilcr la tran-
Oacion dulîége épitcopaldeCixeàNaum-
bourg, & acordéc en 1019. par JcanXIX^
elle avotf été rculcment écrire fur da pa>
) pier. Durant le cours de deux fiécles ,
plus par négligence ou d'autres accidens ,
ue par un a§c fore extraordinaire ;*ellc
cojccQ partie eonfumée de vétullé : &
d'ailleurs les lettres , fort diférenres de
celles , dooc on ufok au 1 fiècle , en
l’endoicnt la ledure diücile. CeA pour-
<|Uoi le Pape Grégoire , à la demande du
Ciiapitre de cette égUlê , rétablit fon ti-
tre primitif , par une bulle à Iac]uelle il
^tfnÎDUa la même autorité , <^u'à l'origi-
nal , fuplcam & les kteres & les fyllaocs
les mors , <]U'on préfamoir avoir été
.emplo)^} , dans les endroits détruits ou
éfacés. Ce A>nc ces Taplémens , <pii fu-
rent écrits en lecrres tondues : tmfdenupu^
tiÊitsà éiferettmii J, romiS litifris exMrafi
Lococion (tflgalière ,:mais inconue
aux auteurs de U dcnuéfc édiuM dcM.
du Cange,
Simon^Frédéric Hahn , dans fon di-
plôme de la fondation du monaAcre de
Berg fur l'Elbc , prétend , qu’en compa-
rant te texte , qu’il cite , avec celui de
Pierre le vénétaÉjAe , où il cA parlé du
pier de chife;* fera démontré , qu'aa
zl^ fiècle , on écrivott , non feulement
les livres en ce papier > mais même les
privilèges 6c les bulles. Notre aureift
ignoroit aparatrwnenc , que l’ufagc du pa-
pier (fEgypte fublîAou encore , apres le
milieu du xx% fiècle , 6c qu'on 1 conoif-
fancc de bulles « en ce papier, de Bénotc
IX. 6c de Viâor II. fuccclfcurs de Jean
XIX. La fieone doit donc être ajoutée
aux preuves de Tcmploi du papier d'E*
gypte chez les Latins, au 11*. fiècle. A
l'égard de celui de chife , il cA inouï'»
qu'on l’axe mis en euvre , on ne dit pas
pour acorder des nrivilègcs ou des bulles (
mais des aélcs ^ la moindre procédure
juridique, plus d'un fiècle après Jean XIX.
Ce n'cA pas encore afiêz : on pourotc
ajourer , plus de deux 6c peucétre plus de
trois ficelés : poirque les phxs ancienne»
pièces juridiques en ce papier , qu’on ak
jurqu*ict prodirires , fnieat dcefiécf aAèv
avant (Uns le xiY*.
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DE DIPLOMATIQUE. «7
commencement du xvi'. ne refTembloient guère \ celles, ^
qu’on nomme ainli maintenant. On en ufoic alors dans les if- partie.
imprimés , lorfqu’on y parloit François, Elles peuvent fe ra* chV». if.
porter à la Civilité gothique , qu’on Fait encore lire aux en-
fans. Elles étoient elUmées françoifes , aufli-bien que les let-
tres de forme , de tournure &c les cadeaux : quoique par r.i-
port à tous ces caraûcres , le tems eut amené des ditérences,
ptopres à chaque nation.
Les cadeaux (i) Font de grandes lettres, qu’on place à la
tête des pièces curlives , des livres &c des chapitres , où l’é-
criture courante eft employée. Souvent autant ou plus larges
que hauts ,yils Font rélévés de toutes Fortes d’omemens. Mais
les cadeaux des tems , dont on vient de parler , n’étoient pas
plus femblables aux nôtres , que le gothique à la belle écri-
ture. La lettre ronde de ces ficelés revient .à notre financière;
comme la lettre de fomme &c la lettre bourgeoife ou des mar-
Hl^ands à notre expéditive ou coulée. Au relie les écritures
rondes & .carées de diverfes Forces , dont nous Ferons obli-
gés de parler dans la fuite , nous difpenfcnt ici de nous
étendre fur ces lettres. Les longues ou alongées , cubitales ,
onciales , capitales , majufcules , demlonciales , minufcules ,
très-menues , font également renvoyées aux écritures.
Il ne faut pas s’imaginer , que les fameufes lettres apelées
laureata , dont il eft fi fouvent fait mention , dans les an-
ciens auteurs latins , fulTcnt des caraélcres ornés de lau-
riers. On doit entendre par cette exprelfion, les cables ou les
lettres miflives , que les empereurs ou généraux (a) Romains {») Dtmf/ifr m-
envoyoient au S'énat,& qu’ils acompagnoient de lauriers,pour
marque de quelque viûoire, remportée fur les ennemis. » / . 6 j.
VI. Si les lettres en marqueterie ,literx lithoflratx , fem- lettres fondes,
• blenc du premier coup d’œi^un peu étrangères à la diplo- ’
matiquedes chartes&: des m(T; elles ne le font pas à celle, qui dciie,de’pîerre°ÿ
s’étend jufqu’aux inferiptions. Agncllus {b) parlant d’un 'i': ■nature , d'or,
ouvrage à la raofaique , qu’on voyoit aux côtés d’une églilè,
fait mention de fix lettres , qu’il qualifie lithojlratas. Elles taux , OU fur
, pouvoient induire en erreur : parccque chaque fyllabe du matières dures.
(i) Mcnage dérive ce moc de ra/«n« t I pzr.ifcs , donc Icscadeaux font compofès, i.p.x.
étymologie, qui ne s’acorde pas jnal I ou qui leur lemsi d'oroemeiu,
avec les eaciiaiucmcns , cmtclalTeincns , | - . • ■ .
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II. PARTIE.
S E C T. III.
C K A P. il.
( m) î*Ut/ti rudeiis
mâ. 5. Sc, 1.
Vônmnini'4^
Ænt. Hûfu lih. I.
J.p. 4J.
88 NOUVEAU TRAITÉ
mot , qu’elles compofoient , étoit féparée par un point. Du
relie on trouve beaucoup de lettres capitales , furtout dans les
mil. lombardiques , par compartimens de difèrentes couleurs.
On diroit d’autant de pièces de raport, qui concourent à les
former. Par cet endroit les lettres ( i ) en marquéterie ou bien
à la inoliiïque rentreroient fans contredit dans le plan de la
diplomatique; fùt-elle bornée aux mlT,à l’exclulion des
bronzes &c des marbres.
■ Nous ne nous arcterons point à ces lettres de pierre , en
forme de longues (a) balullrades à claire voie , au-dedans&
au-delîors de quelques cgiilês. II en ell, où l’on lit tout au long
VAve Maria , le Salve Résina , \lnviolata , ou quelque
chofe de pareil. On en voit des exemples remarquables au
(1) Les dcox premières & la qaarTÎcmc
lignes du num I. de la XVII. planche
ferons aif<fmcnc coacesroir ce c]uc nous
entendons par lettres en nurqucrcrie ou
à pièces de raport. Ce meme nomeio rc-
préfente la première page foho du tnf.
X05. de Ja biI>tiotl)dquc de S. Cermain
des Près. Il cfl du 8 ou fîccic. Voici
la leâure de ce morceau : \n nom ( no-
minc ) Dî { Dei ) Pstris eipotentis ( om-
nipotenris) încipï ( incipit ) üi ( liber )
Examnon ^ id rjl ^ ftx Memm , fe$ ( fanc-
6 ^ Ambropi fpifeopi. La croifîcnie ligne
ic les tcois dernières font plutôt beriolccs
^u'cD mofaîque. Les diferentes couleurs ,
dont CCS lettres fc trouvent peintes font
biafonèes fur notre planche , fuivanr ics
s;cglcs de l'art hcraldicjUC. C'cH ce que
nous obfervcrons conRamracnt , par ra-
port aux lettres hiflorièes ygrifes ou de
toute autre couleur que le rn>ir.
La première page fol. verfo du mf. de
faint Germain num. ii).du même âge
ail également en marquéterie , mais
d'une manière alTcx difcrcote. Nous en
inférerons deux lignes , dans notre ca-
pitale lombarJique > pour mettre le lec-
teur à portée d*cn juger Cette magni-
ôque pagceH au xefle cbllribuéc en deux
coiones. Cliaçune contient fept lignes ,
donc la hauteur ell d'un bon pouce , ex*
cepte les fécondes & avant-dcrnicrcs ,
qui furpaflcnc les autres d uo quart en
fus. Les diftances desligocs noot qu'uu
<icrs de«la bauuur de celles-ci ^ & un
quart de l'élévation de ccllcs-Ià. Trois co-
iones ou pilafVrçs , fcnitcnanc deux voû-
tes , avec leur mallir co treillis , renfer-
ment fle partagent récriture. Au dcifoi^
des voûics , & au-dclTus de chaque
mière ligne paroiAcnc deux jeunes per-
foncs , montées fur de grands oifeaux
bridés , mais fans étrier. Elles fe tendent
(a mam , en fe quinanc & fc tournant
le dor. Le nombre 14. du préfent chapi-
tre , douncra l'explication des autres pao
tics de notre planche. Quant au modèle
lombardique , qu'on vient de voir ; nous
eu dévcloperons bientôt quelques autrci
particularités. Cctcc gravure cil eiaâc-
ment conforme à l'original , même à l'é-
gard des dimenfions ; fi ce n'cil que ce
acriiicr furpaHc la copie d'un tiers de
pouce dans fa totalité.
fl) Ces lettres excèdent debcaucorp,
6c même incomparablement en luuccur »
celles donc les anciens ne parloient > qu’a-
vec hyperbole. Ils les apcloîcnt lettrée
4rèS'gran>$ , lettres longues d'une coa-
dcc, liuoTA gfMndts ^ mAximt,dtcutnxné^
eubitum («) Ungk /mrra.Nous ne nions pas
néanmoins , qu'ils n'culTcnc des lettres
très-longues » relatives à la hauteur des
moiiumens ^ où elles éioient placées.
Telles font celles qui compofent l’infcrip-
tion de l’arc de triomphe , érige à Sepeime
Sévère, & à fon fils Marc-Anconin Lie.
Elles n'ont pas moins (b) de deux pics
I d'elevatioo,
dedans
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Lomluiri,
ira
luH
'maflWÈî
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DE .DIPLOMATIQUE. 89
dedans & au-dchors de l’églife paroifliale de la petite ville
de Caudebec en Normandie.
L’ufage de graver fur la pierre ou fur le marbre des épi-
taphes &c autres infcriptions , &c de les remplir de marbre
d’une autre couleur , de cuivre lîmple ou doré , ou de quel-
<jue autre métal , étoit fort à la mode en France , il y a trois
à quatre cents ans. Quelquefois on le contentoit de faire
creuler de petits filions fur les bords de la tombe , qu’on
remplilfoit de lames de bronze , portant en creux ou en re-
lief les inlcriptions ou les épitaphes , dont on vouloit les
décorer. L’origine de cet ulàge remonte fort haut. Des mo-
numens , du tems des Céfars , confervés à Rome , & même
du tems de la République Romaine , trouves dans les rui-
nes de ( I ) Herculane , en font foi. Pline prétend, qu’il y avoit
de fon tems un chêne-verd (a) dans le Vatican , plus ancien
que Rome , fur lequel étoit une infeription en lettres étruC-
ques d’airain.
Les Romains , loin d’avoir configné leurs loix & les faits ,
qu’ils vouloient tranfmettre à la poftérité , fur les lames de
bronze ou les (z) tables d’airain ; n’y employoient encore ,
(i) Dans les premières fouilles ,quc fit
faire co 1 7 1 1 . à Portici le Prince
dui duc d'Elbeuf i encre autres monumens,
OQ découvrit un marbre caré , ou une ba*
fe,fur laquelle on lifoic, en grandes lettres
d'airain^ofèrèes dans le marbre :APPIUS
PUICHER CÂII FILIUS. M.Gori, qui
nous (i) atelVe le fait , ajoute , que ces
lettres écoient en airain de Corinthe. Pour
confirmer ce dernier point par d’autres
exemples i il rapone , qu’au pié du mont
capitolin , Tous Septime Sévère , un arc
de triomphe fut érigé en l'honneur de cet
empereur Sc de Ton fils Marc-Aurèle An*
tonin Pic ; que cet infîgne monument de
la magnificence Romaine fubfifle encore }
de qu'on y voit 4)). lettres , creufées
dans le marbre & remplies d’airain de
Corinthe. 11 cite pour fes garans Famia-
Bo (e) Nardini , & le célèbre (d) Fon-
tanini archevêque d'Ancyre. La continua-
tion du même ufage en Italie cH confia*
tée par les tombeaux des grands Ducs de
Tofeane , oii les lettres des épitaphes
(bot fcellécs avec beaucoup d'art , en
Tome IL
cuivre blanc , dans des traces auparavant
gravdcs fur le porphyre. De p;ircilles
infcriptions de bronze ou de pierre noire
ornent les tombeaux des peribnes de
dilhoAion de Florence. Quelquefois cet
genres font dorfos , principalement quand
elles font fur des tombes de marbre
noir , apeld parangon La France a beau-
coup d'epiupfaes fomblables ou dans le
même goût. On croit de plus fe fouvenir
d'eu avoir vu , dont les lettres font de
marbre blanc ou de Ihic. Mais elle en a
perdu bien davantage' en métal. Celles
fur tout , qui étoient cncha/fées pat la-
mes de cuivre aux extrémités des pierres
fépulchrales , ont , pour la plupart , été
enlevées , avec les épitaphes , le vifage je
les mains , qui étoient de meme matière.
Aparamment que ces dégradations de
tombeaux arivèrent, daas les ravages des
Fluguenois. Auffî ces obfervations ont-
elles plus fpécialcment Icuraplication aux
villes jt provinces, qui s'y trouvèrent les
plus expofées.
i:(s)Lesédilcs je les tribuns du peuple
M
II. PARTIE,
Sec T. III.
C H * F. II.
{») nifi.lii. K.
c. 44.
(i) SymMt littf
tarit — Admi-
randa amiquit.
Hrrealan. f. 107,
lol.
(c) Ktma va.
/.J .r. (.
(d) Dt aniiquil.
Harta. I. I. c. ).
t'*S-
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II. PARTIE.
S t C T. III.
C H A P. II.
(t) Lih. ».
(c) Lit. 10.
(</) S. C/fr. md
ZiMMt.
(r) tlmcTfi, lit.
tdt. c. f.
(f) Tm. amiMl.
(/) Cie. }, Cési-
ii».
(t) Im I. Qdî ta-
bulam. t. D. *d
l*i> ]td,find.
(i) faujim. l. J.
€. JI.
(k) Lckbart cêtn-
mmi.dt rtt.Frjmc.
ftim. ». i.f. S),
90 NOUVEAU traité
fous Tullus Hoftilius , félon (a) Denis d’HalicarnafTe , que deç
planches de chêne. Mais cette opinion ne s’acorde pas avec
i’infcription , raportéepar Pline. D’aütres auteurs contredi-
fent également cette prétention , du moins par raport aux
traités d’alliance. Les Etrufques leurs voilins , gravant des
lettres fur le bronze & les (ij lames de plomb ; eft-il vrai-
femblable , que les Romains ne prohtalfenc pas d’un exemple ,
qui ne pouvoir être indiférent a des hommes aulTi paffionés
pour la gloire î
A l’égard des loix des douze tables , Tite (i) Live & Denis
d’Halicarnafle (c) difent en termes formels, qu’elles furent gra-
vées fur l’airain. Elles l’étoient encore au troifième fiède ;
non feulement à Rome , mais aulTi dans les autres villes de
l’empire. Partout on les voyoit expofées dans le bateau. In-
cifie [d] fini licit Uges duodecim tabuluù publico acre prctfixœ.
Nous ne rapelerons point ici les lettres d’or (e) fur des colones
(i) d’argent , érigées en l’honneur de Julc Céfar , ni la (lame
eorent d'abord l'intendance des cables de
bronze, conferydes au capicole & dans
les temples de Saturne Se de Cérds. Le
C>in en fut dans la fuite confid aox (ju^f-
ceors. Mais , comme on n'en crda point ,
?endant l'abfence de Jule Cdfac , d.ux
dilcs en furent chargés. AiigulEe {f) leui
(iiblUcua des préteurs ou des ptéteciens
Claude tétaldit les queftcucs, Néron m e,
en leur place des préfets du 'Tréfor. L'a >
StS. de Rome , S», ans avant l'ère chré-
tienne ,1a foudre (; ) ébndit plufieurs u-
blcs d'airain II y en eue bien davantage
de confumées , dans l'incendie de Rome
lôus Néron. Les combats du parti de Vi-
ullius contre celui de Vefpafien causè-
rent encore la pene d'un nombre conlî-
dcrable de ces anciens monument. Mais
ce dernier empereur les rétablit , autant
qu'il lui Alt poOîble. Selon le J c. Vé-
nuleius , on fe rendoit coupable (S) du
crime de péculat en aracham ou chan-
geant quel ;ue ebofe aux tables de bron-
ze, expoléet en public , fur lefqnelles les
loix étoienc écrites, ou les bornes des
champs figurées. Tout ce qni concerne
les cwlcs d'airain , gardées à Rome eA
tnùié fiatt an long pat Matthieu Egizxij
dans fon explication du Sénanis-confnlte
des bacbanalcs pag. 1*4. tt fuivanics.
(i) Les Béotiens (i) des environs du
mont Uélicon , monrrétent é Paufanias
auprdHe la foouine d'Hippocréne un
rouleau de plomb fart endommagé par
le lems. On ne laifibit pas d'y voir écrit
le poBrae «THéfiode , intitulé : Ltt tmrm-
ft> d»! j*mi. Il Amble qu'ils vouloient
faire entendre, que ce monumenc étoie
contemporain du même poète , ou qu’il
en aprochoir fort. Mais l'ufage d'écrire
far des lames de plomb tire du livre do
lob des preuves d'une antiquité bcati-
conp plus reculée.
(a) An ix‘. (iécle,Ia fimplicité primitive
avoir repris une bonne panic de les droits.
Le monument trouvé par Marquard Fre-
her (k) dans le cabinet de l’éleéteur Pala»
tin eA plus propre à la conAatet , qu'à y
donner ateinte. C'cA une verge oe fes
de la grolTeur d’un doigt , fur laquelle
on avoir écrit en lettres d'argent p«r,ft dit
fiécle de Charlemagne : Kaaïut iMta.
lUssiT cvBiTÛ iSTs sacus lUXTO.
uiNsvaaM suAM.
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DE DIPLOMATIQUE. ,i
d’Apollon , fur lacuifle (i) duquel le nom du fculpteur droit
écrit , en petits caraûères d’argent. Nous ne dirons rien non
plus d’un volume (i) déterré , dans les ruines deHerculane.
Le cycle de Méton , ou nombre d’or , renfermant une pé-
riode de dix - neuf ans , parut aux Athéniens une invention
fi merveilleufe ; qu’ils la firent peindre ou graver en grands
caraûcres d’or, au milieu de leur place publique.
Les Sénatus-confultes drelTés au fiijet ( a) de la puifTance
Tribunicienne , que Tibère avoir demandée pour fon fils
Drufus ; le Sénateur Hatérius , par un excès de flaterie ,
opina pour les faire écrire en lettres d’or. Il fut ordoné par
un decret femblable , que l’éloge de Claude , compofé par
(é) Sénèque , & lu (c) par Néron en plein Sénat , feroit gravé
for une colone d’argent , &: recité à cluque nouvelle promo-
tion de Confuls.
La flaterie la plus outrée des Romains pour leurs empe-
teurs , n’a jamais pouffé la magnificence auffi loin , dans des
cas rares & fans conféquence , qu’on la voit portée chez les
Siamois , dans des conjonûures aflez ordinaires. Toutes les
fois que leur Roi écrit aux grands Princes , il le fait toujours
for l’or. Les lettres , qu’il adrefla au Pape & à Louis XIV,
étoient écrites chacune fur une lame d’or , d'un pic de lon-
gueur Sc d’un demi pié de largeur & d’épaifleur. Les lettres
d’or, fur des étofes, dont parle (d) Apulée , étoient fans dou-
te plutôt faites en broderie, que peintes avec une liqueur d’or.
VII. Les loix des Décemvirs auroient été écrites fur douze
tables (3) d’ivoire , fi l’on écoutoit le jurifconfulte Pompon ius.
Mais cette (4) opinion , qui paffe pour fingulière , lui atire
tous les jours les reproches des favans. La difpuce gît
(i) L'alâgedes inrcriptioïKfur lacui/Te
«InAatues étoic fort conna dcs^ncieas ,
ft ttés-cominun chez les Eirnf<]Ues. Saine
Jean dans l'Apocalypre (t' y fait une al-
lalïon manifclte. Lt Vni* dt Ditm , nous
dit-il , ptruh icrit fur ft» habit ^ fur fa
tuijji : Li Roi ois Rois it le Sei-
ONEoa Dtt Seioneuxs.
(a) Ccd, félonies noimlles- publi-
ques , une lame ou rouleau d'argent ,
mince comme du papier. Quoiqu'on y ait
décosTcrt des caraâiics grecs , on o'eo
fait pas te cootenu : pareeque la crainte
de les endomager , fait , qu’on o'ofe es
ôter la rouille , ou , félon M. Bonami , le
dérouter ; peutftre faut-il lire tUrtmUar.
())M.Tcrrairon prend un milieu. Cet loix
furent.felon lui, d'abord écrites IbrTivoirc,
& bientôt aptes gravées fur le bronze.
(4) Saint Prudence lib. i. emira Sjftm-
machum, femble pounant la fiivoiifet par
cet paroles :
Dicant eur taniUda fil Itx •
Bit ftx in labulii.
Mij
Il PARTIE.
S a c T. 1 1 1.
Ch A r. II.
(a) Taeil. An-
nal. l. f.n. lo.
(b) Ibid. /.I).
». r.
(e) Dionit —
tiie. rtrum Rem-
tfhem. auth. Je.
Xifhitine — La-
tent— I J J I ■ ,4*-
p. I4*.r p- lif-
lis.
(d) LA. S.
lettres fut l'i-
voire 8t les os : ju-
rifpiudence des
Gaulois : examen
d un teste impor-
tant du Qaerèlm :
(e) tf.lS.
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II. PARTIE.
S B C T. III.
C H A P. II.
quel agc peut on
acorder à cccrcco-
jncdic*
(m) Ncmv. Tr. dt
Dift.t. I./. 4Î4-
{h) I'. cUf. )'•
dtvifn 1. fuhdxv*
9. 1.
(r) QueroIus,4s*
comâdiA nun-
^UMm mnuhAt tdi-
tM , qu4 m vttufto
cùd. mi*. P.auti
A\3\\i\AÛz,infcTtbi~
tur , nnne primitm
à Fttro DétnitLe
AkTelio lucedcnA^
14 , uêtis iüuf-
nStM,
(d) litfi. Uit. de
2«Fr4»./. j.p.184.
(/) M. Ac€éii*lMM‘
li eemed.- — JlMdéo
induftrid frid.
TentmAAni. i Cox.
4\f. ix6i.
91 NOUVEAU TRAITÉ
uniquement dans le fait : car la dificulté n’eft pas de favoir ;
fl l’on pouvoit écrire avec des liqueurs fur l’ivoire , ou bieiï
y graver des lettres. Il eft ITir qu’on faifoit l’un &c l’autre.
Il ne paroit pas nécefl'aite de rien ajouter à ce que nous
avons dit , touchant les écritures (a) fur cette matière : fi ce
n’efl: pour joindre les lettres en relief aux lettres tracées avec
des liqueurs , ou gravées en creux fur 1 ivoire. Mais les pre-
mières (è faifoient plutôt par l’enlevemcntde l’intervalle des
lettres , que par l’élévation de celles-ci au-delfus du niveau
des tables memes. Ainfi c’écoient là proprement des lettres
toutes d’ivoire. Tels font les caraélè’res des diptyques du xv',
fiècle , dont nous donnerons un modèle , dans [o) notre x'.
planche gothique.
Les os furent aufli employés aux mêmes ufages , Sc par-
ticulièrement chez les Gaulois de la Loire. Ils écrivoient défi-
fus les fcntences de mort , qu’ils avoient prononcées au pié
des chênes ; fi l’on prend ( i ) à la lettre , comme l’ont niir
jufqu’ici tous les auteurs j un texte (i) fort fingulier , & fort
(1) Le Ayle comique ne s'acorticroit
pgs mal de fenceDces de more, auHitôt exé*
cu(ce& que rendues , de fcnrcnccs unique-
ment écri es fur les os du sOLipable. Scri-
kmntHr in e^tbusîev<ïïi2\\\x(\oti au genre de
Tuplice, employé par les Gaulois , Sc non
pas à la maciere . fur laquelle ils écri-
voient éfeélivemcnt leurs aiéts de mort.
Par-lii Ton feroitpIutAt entendre, qu'ils ne
les écrivoient point du tout.
(l) lÎAbee (r) <j$ied exoptAS , VAde , Ad
Ligerem vivite •* Q^itid tum f lllie jure
gentium vtvunt hemines : iii nuitum eji
pre^gium : ibi fentenùà CApitAtts de re-
bore preferuntuT (J* îeribuntur in effibm :
illic eÙAm ro^iei perofAnt privA/i jndi-
CA »/ ; ibi tetum licet : fi diva fueris , pA~
tm ApellAberis : fie nofirA loquitur GreciA :
O filvA y 0 /ùiitMdines l quii ves dixis tibe^
rAs } multù mnjefA funly tpuA tAcemus : ra-
men tnterem hoc fufiieit» Ne^e drvtt ego
fum y ne^ue robere $fti e$ipio : nolo jurA hee
filveJhÎM, La comédie, d'où ces paroles
Tooc tirées, porte pourritre : PUuti Que-
relus , ou bien A$eiulmriA. Elle fut publiée
in 8*. A Paris , chez Robert Etienne en
iy<4. par Pierre Daoici Oitéaaois , &
depuis réimprimée par Commeim , avec
les noces du premier éditeur , de Kicters-
hulîus & de Gruter. Pierre Daniel bailli
de l’abbaïe de S. Bénoit-fur-Loire , qu'ü
qnatiHcde phis célébré & de premier co-
Icge de toute la France , profita du pillage
de ce monaflcre , fait par les Huguenots.
Après s'étre emparé d'une bonne partie
de Tes mlT, il eut l'adrcllè d’en racheter à
vil prix plufieors autres. Celui , dans le-
quel notre jlululAtiA Ce trouva renfer-
mée , écoic l'un des plus anciens. L'ab-
baie de S. Rémi de Reims en conferve,
un autre , d’un mérite à peu près égal.
D. Rivet (d) n'a pas co de peine à prou-
ver , que l'auteur de ce drame clè fort
diflingué de S Gildas de Rhuis,oudcGil-
tlas le fage , à qui ouciques-uns (#) l’ont
ambué par une méprilc vifible. D'autres
l'ont cru de la fin du vi*. fiècle : quoi-
que le IVyie foir d'an goût bien diféreot , .
& que , ibus nos premiers Rois François ,
on n'ait jamais rendu la juflice d'une ma-
nière pareille à celle , qu'on voit ici dé-
crue. Selon PierrcDanicl , les Juges Gau-
lois mis en jeu ,n'étoicnt autres , que les
Druides J aiiiiî uommés : parccqu'ils
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DE DIPLOMATIQUE. 9}.
propre à éclaircir la manière , dont les Gaulois adminif-
troient la juIHce. Les Danois , nous le répétons d’après (a)
D. Mabillon . avoient coutume d’écrire leurs lertres , non feu-
lement fur le hêtre &c le frêne
furies os.
prononçoicnc leurs ju^emens fous les ché>
lies > comme il yatoic de Ton cems , die-
il , des juges, qui ezerçoicnc leurs foac-
üons fous les ormes. O ciiUs avoicor pris
le nom de fout l'êtm*.
O. River à raifon de faire remonter
le Querotuty au moins au comm^ccmenc
du fîccic. Ce quil prétend prouver
par fa dédicace à Rutilius Numacianus.
Mais ce dernier mot cfl de trop , & ne
paroit point dans la dédicace. Le nom de
Kutilius ne fut pas rare,chea lesRomains:
& plu/icurs perfonaecs di(Hngués le por-
tcTcnc >du tems de la République & fous
les Céfars. L'opinion de ceux, qui fixent
Je Qjtcrolm à Tempire de Thédofe , cft
Tans doute la plus commune. Son pre-
mier éditeur l'avoic cmbralfcc, fans pour-
tant Tenvifager autrement , que comme
une conjeélure. Taubman & d'autres n'y
trouvèrent rien à redire. M. Goujer, dans
Ibn premier fuplcmemau Moreri , mer la
compofition de la pièce, fousTliéodofc le
Jeune.
Mais , qu'alors les Gaulois de la Loire
exerça/Tent le droit de vie & de mort ,
ne la plaidoirie y abandooéc à de
mples paiTans , que des perfones privées
J pronoD^afieoc des fcntcnces de mort
fans apel , en un mot , qu'il y régnât une
licence entière ; ce font des faits, qu'on
ne perfuadera pas aifcmcnc à ceux , à qui
la politique romaine nc(ï pas tou»fait
inconnue. Elle confilloic principalement
â dépouiller les peuples vaincus du droit
«iu glaive, Sc (buvencà leur faire recevoir
la jurifprudencc des vainqueurs. On a des
preuves en grand nombre , qu'elle fut
lacroduite dans les Gaules , bienroc apres
leur conquête. S'il faut en excepter la
Gaule feptcotrionale 3 on ne prouvera
pas , que cette exception s’étendit au
droit de vie & de mort. On ne maoque-
roir pas même de raifons , pour aller plus
loin. Les Gaulois feptentrionaux peuvent
avoir mieux confervé pluficurs de leurs
, mais encore fur les cornes Sc
anciennes coutumes , ejuc la plupan des
autres peuples. Mais rouicnir, cjuc le droit
roinam n'ait jamais pénetri! dans la Gaule
Cilligéntanc , pas iiicmc à qucli|ucs
égards ; cette pictention paroit fujcite à
de grandes difîeuicés. Coitimcnt l'acoidcr
avec les tciiamcns de S. (i) Ré.iii évcs]ue
de Reims, de S. Petpet (r) évétjuc Je
Tours , de {d) Chadoin & de Bc; tram évé-
<]ucs du Mans , d'Ernicntrudc (.) & de
plu/ieuis autres , dreliés dans les ptovin-
CCS fcptcntrionalcs des Gaules î Les For-
mules Angevines , au moins en (/partie
du commencement du V I lîèclc, ne ren-
ferment clics pas divers monumens de la
jurifpnidcacc romaine , & meme de l'é-
tabliircmcnt d'un tribunal à Angers , où
la julticc étoit tendue , préciE'cmcnt fé-
lon le droit romain î Marculfc autoit-il
inféré des formules romaines (,) dans
:bn recueil ; (i le droit romain eût été
totalement étranger à la France fepten-
ttionale , pour laijucllc il écrivoit î Les
mff. mêmes du code Tliéudolicn ou de
fon interprétation , écrits dans les pro-
vinces fcptcnttionales , k notamment (h)
dans le dioccfc de Bayeux, au ix'. ficelé ,
ne fcmblcnt-ils pas dipofer en faveur du
droit romain , dans ces contrées i Com-
bien d'autres preuves ne pourions-nous
pas acumulcr i combien d'excepiions aux
allégations contraires n: pouriens - nous
pas aporter j fi nous ne craignions de nous
écarter trop de noire but î Qu'on falfc
donc remonter, fi l'on veut , tjuelqucs
branches du droit coutumier , jufqu'aux
anciens Gaulois ; loin d'y trouver à redire;
on auroit tort de ne pas aplaudir aux fa-
vanies rechtrehn , qu'on a produiies fut
une matière aufli intércirame : mais Pex-
clufîon totale donnée au droit romain ,
dans une partie fi confîdérabic des Gaules,
ne peut manquer de trouver des comra-
diéicurs.
Si le texte rapotté ne convient pas au
fiècle des Xhéoslorcs,faudn-t-iil'enieDdic
II. PARTIE.
S e c T. III.
C H A P. II.
(«) Di Tt Difl.
I'l> i. c. I. ». 7,
f. 48.
(h) ZMlfbâBthltffthi
novn mjf.t, I. p,
Sotf, Ai.r/.r tîiji,
Rrm. t. I. /. i,
e. I t.p. 180.
fe) SpieiJtg. t. y,
f. lof.
(d) Mdbil, Ana-
lecl. t. f.p. loj.
1^0.
(r) Dt Tt diflom.
fitpltm. p, pi.
(/) V. noire t.
tom.p. 30). J04.
(/) Bouquet t. 4,
p. 4«J. tyyêj. ,
(*) Mf. dti Roi
». 44'}-
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II. PARTIE.
S E C T. III
C H A P. II.
tetties écrites ou
peioccs fur les bri-
ques , les urnes ,
les amphores , les
toml-ieauz i recet-
te de l encte des
anciens.
(») Gwi Diftf*
MC •IfAbct»
t- »«• 9i-
(k) P. DMttitl
M4-
(f) Ikùl.f. }6,
(W)IW.p.I4.
(») illaf-
trMA auBot, Je.
ÜAtiitl Sthttf-
fimtu. Ptrùdm
itlticA.f. 84. 81,
ïmAtUu Rmbma,
/•
if) Sirstm Uk. 4.
(|) La Ptligicn
du GauIau >. I.
f. *9-
(i)P-M-
(i) P-sy. 18.
^ NOUVEAU TRAITÉ
VIII. Les anciens , fie particulièrement les (a) Etrufoues i
du tems de Plaute , od les Gaulois admi-
nidroient certainement la juftice , fui-
vant la (implicité de leurs anciennes cou-
tumes f fans aparcil de tribunaux , làns
chicane , fans avocats , fans procureurs ,
fans tables de cire ni de bronze î Mais
l'auteur fe diftiiigue nettement de Plaute
8c des anciens dramatiques fatins. Ce ca-
taélcte n’obligeroit pas à la vérité de le
filacer.aprés la conqué e enttere des Gau-
es ; s'il ne citoif (é) Ciceron.Sc s'il ne fai-
foit une allufioD (c) manifcfte irEncide
de Virgile. Nulle autre preuve inconte-
ftable , du côté des ttJits relatifs à l'hif
toire , ne le fera dcfceii ire aii-delfous de
remplie d'Augufte. La defetiption d'ail-
leurs , qu'il fait de la jurifprudence 8c des
moeurs gauloilcs : (bn lîlênce (ur celles
des Chrétiens 81 fiir leur Religion ; quoi-
qu'il eût des ocafîons continuelles d'en
parler , ou du moins d'en peindre quel-
que traits ; les cenfeurs otdinaires fupofés
en plein (d) exercice de leur charge ,
quoique abolie . ou plutôt réunie à
rempire par Augulle : les fencences de
vie 8c de mort , atribuées aux Druides ;
quoiqu'ils culTcne été prolcrits (e) des
Gaules pat les loix te les édits de Tibère
8c de Claude , fembicsic devoir l'emponer
fur les objeâioDS chancelantes , tirées du
llylc I 8c fur des ulàgcs en vigueur , dès
le commcnccfficnr du j 1 1'. fiècle ; mais
dont forigine peut temoutet bien plus
haut. M. Schocpâin . dans l'excellent ou-
vrage , qu'on vient de citer , apuic ce der
nier fait fur Pline , Hijl. haï, /. lo. c. t .
fur Suétone in ClAud. c. if. fur Aurclius
Viaot de CefATitu! c. 4. Il »jou« pag'
]<1 .qu'il n'ell point douteux, que fous
Claude les Druides ne Ce foient réfugiés
au-delà du Rhin , pont s'y mettre en fii
reté. Il avoit dit p. 84. qu'ils avoient
peutetre pafTé chez les Germains. Le tex-
te de Pline fur la piofcription des Drui
des cft formel. Qui fait même, (i ces fen-
tenccs prononcées par les Druides , aux
piés des chênes , 8c fuivies d'exécutions
Unglantes , n'atirèrent pas contre eux
ces loix foudroyantes des empereurs Ro-
mains î Ils n'étoient pas moins jaloux du
diok de vie 8c de mon , qu'ufuipoieut ces
Gaulois , qu'ennemis des facriliecs , od
ils immoloient ou faifoieni (/*;, immoler
des viâimcs humaines. De pareil facri-
ficcs fupofoien- quelques foites de fen—
tcnces , ponces coin te ceux , dont le fang
devoit être lépandu. On fait , que les
Druides éioient juges 8: f i ) fa :nlicareuts
a la fois Quelques progrès qu'eût fait le
droit romain , dès le tems de Jule l é-
far , par toutes les Gaules -, les Druides
s'écoient maintenus , julqu'au tems de
Tibère , dans la polfcirion d'immoler des
hommes , de le choUii des viélimes , 8c
par conféqnent dcprononcer.rclacivemcnc
a la Religion , des arers de mort : cc qui
dut fiifite à I auteur de notre Comédie ,
pour lancer contre eux des traiis faryti-
ques, Ainli nous ferions portés à la croire
antérieure à la fin du i. fiècle , 8c poUé-
ricure à Tibère. Comme étranger , le
poëte dramatique pouvoir ignorer, que la
dignité de fimpic ceofeut eut été fuprimée
à Rome ; fupofé que l'âge de la pièce
aproche de cette époque. S'il paroit s'atri-
buct (h) un difcours barbare 5 ce n'eft
pas fans doute, parccqu'il étoit lui-même
baibare , ou pareequ'iJ tomboit dans de
frèquens barbarifmcs ; puifqu'il écrit ei^
latin , 8c qu'il s'exprime en bons ter-
mes. Mais c'eft , ou parccqu'il foie parler
aux feiences des Grecs une langue bar-
bare , en leur faifanc parler celles des La-
tins :
Qni Grararam difeifUnAt en nAtrAt
hArbAre
£t iMinerum veluJlA veftn neelit tem-
fert,
ou plutôt parcaqu'étant Grec lui-même ,'
il s'exprimoit en une langue étrangère ,
qui par conféqnent écoit pour lui barbare.
Ces mots i Sic (i) nefirA lefnitnr GréctA ,
femblent défigner un auteur Grec , 8c
peutêtre un Maifcillois.
Au lieu de fcrihAntm in ejpbni , Pierre
Daniel veut faire lire fcritmntnr ejibm :
pareeque les ftylecs de for ayant été in-
terdits aux Romains , ils forent obligés
d'en fuhflituer d'os , pour écrire fur leurs
tablettes de cire. Mais féditeur oublie ,
I qu'il s'agit , félon lui.de la manière, dont
1 les Gaulois lendoient U julUce , 8c qu'on
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DE DIPLOMATIQUE. 5>î
traçoient des lettres en (i) encre noire ou rouge ; non lêule-
ment fur des tables de métal ou de marbre , mais de plus
fur des urnes cinéraires àc autres vafes de terre cuite ou de
verre. On a déterré de ces antiques , dont les lettres font eiv
cote d’un noir aufli vif , que fi elles venoient d’être peintes.
Les Académiciens de Cortone , les Muratori , les Bocchi ,
les Gori ont à l’envi célébré la haute antiquité des briques
découvertes en 1737. à cinq milles d’Adria. Elles font cou-
vertes de lettres alTez femblables aux étrufques. On croit
meme y remarquer (a) plufieurs chifres romains. Le dernier
auteur ne relève pas {b) avec moins d’admiration la fraiclieur
& la vivacité des lettres rouges de deux autres urnes de
terre. Plufieurs anciens monumens rendent témoignage à la
coutume établie chez les Etrufques , d’orner leurs tombeaux
d’inferiptions en lettres rouges ou noires. Les (c) Romains
l’opofcà celle Jes Romains. Ainfi fon éru-
dition cil en pure perte.Quelque atccotifs
que nous ayons été nous mêmes à nous en
tenir au pue nécclTaire : nous craindrions
d’avoir palTé ks bornes d'une note ; (i le
fiijec étoic moins important , & s'il ne
fembloit pas remonter à la Tource des
formalités les plus antiques de la jurif-
prudence gauloife.
(i) Il nous eft revenu , que dans le
chapitre , où nous avons traité des li-
queurs , dont 00 s'cH anciennement fervi
pour écrire ; quelques perfones ont é;é
feandalirées de ne pas voir cité une feule
fois Cancparius ; quoiqu'il ait compofé
un gros volume , intitulé : Dt MrAmnt-
tis cuju/cÊimiftêe ifTuris. Peutétre même
s'e(l-oo imaginé .que nous l'aurions pillé
£uis te nommetree qui fetoit un grand cri-
me , en fait de littérature. Mais, pour nous
l’imputer, il faudtoit n'avoir lu .que le d-
tte de noue autcnr.Son livre eli.lî l’on veut
très-digne de l'atention des médecins , des
cfaymi Iles , des natutaliftes , des peintres
& des teinturiers ; mais peu ou point des
autiquairet. Après l'avotr lu ou parcouru
avec foin i nous avons été furptit . que
cet ouvrage ait C peu de taport h notre
bat. A peine en pouvons -nous détacher
quelques traits, qui t'y raportent. Nous
aurions pu tout an plus adopter fa re-
cette de l'cucce dei aacieoa , qu’il avoii
empruntée du livre i}. d'Oribalë. Ils la
(dj compofoient , félon lui , d'tme mine
de noir de fumée , d'une demie livre de
gomme , d'une once & douve oboles de
colle de taureau , d'un denier & trois
oboles d'encre des ouvriers , qui travail-
lent fur le cuir. Les premiers imprimeurs
fc font fervis de l'cncte des anciens. On
a depuis inventé d'autres compolîcions ,
qu'il ne nous apariient pas plus de dé-
crire , que les diverfes manières , dont
les modernes font leur encre Si les pein-
tres leurs couleurs. Caneparius (r) aprend
encore la compoCtion de l’encre perpé-
tuelle ou du Ituc , dont on remplit les
lettres , creufées foc les cables de mar-
bre. Il feroit peutétre plus dangereux
qu'utile de copier les fecrcts , qu’il en-
feigne , ainlî que plufieurs autres au-
teurs, pour faire évanouir l'écriture au
bouc d'un cenain cems , pour l'éfâcer Sc
pour la faire paroitre au gré de l'écri-
vain , ou de celui qui fetoit initié aumy(^
tere. Enfin il donne le fecrec de faire re-
vivre les anciennes écritures , donc on
ne fauroic blâmer l’ufage légitime , Sc
liirtooc quand on Ftplique aoi vieux miC
Au cédé s'il entend , qu'on puilTe faire
di^aroitee une écriture , fans qu'il en
relie aucune trace; ce fiüc ell camefté par
les plus habiles vérificaKats.
II. P A R I I E.
S E c T. III.
Cua?. II.
(•) Difef» Jtlt '
a.’pl-afrrii. p/ry.
exxn. cxM'u.
{b) Paf.
CLXxxyti.
(r) Gw< monu*
menium Jivt C9-
lumbAtium' p» $%•
59-
(«/) Defeript, 4,
f. 5. ^ tj7.
Lcnd.
(i) Tdg,
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II. PARTIE.
S I C T. III.
Chay. II.
(a) Lih. 1. 1, 1.
;.ÿ4. 518.
(h) 'Rudcns
mil. 1. f<en. j.
(c) It/id. Pœntd.
mii. ^.fan. i.
(</) Aftd. t. d,
(») Plmut. Cajîrtm.
mff. 1. /ce». 6.
(f) Euftb. kifi.
lÀ. 5. r. I.
(i'j Hift. lih. X.
{h) Lih. 1. (. t.
(i) Vendredi faim
J.4T/.7.JI. Jû,
96 NOUVEAU TRAITÉ
avoient peutctre emprunté d'eux cet ufage. Ils employoienc
l’encre éc le ( i ) vermillon fur les tuiles , les vafes de verre
&: les bierres : pratique , qui fut imitée par les Chrétiens ,
comme le prouve Boldetti , dans fes (a) obfervations , au
fujet des anciens cimetières des martyrs & des premiers
Chrétiens.
Les autres vales deftinés , foit à puifer l’eau , (bit à con-
ferver le vin , pendant une longue fuite d’années , ou à quel-
que autre ufage , éroient aulTi très-fouvent chargés de let-
tres ou d’infcriptions. De là les noms A'Urnœ (i) litteratæ ,
de Utterat(s (c) fi3Ues epiJloLe , donnés à ces vafes. Ojn di-
Ibit aufli enficulus lituratus. Ces lettres étoient tantôt gra-
vées en creux ou en relief , tantôt écrites avec des liqueurs
fur les urnes ou les amphores : quelquefois on fe contentoit d’y
atacher des billets , qui marquoient leur ufage. Souvent les
tuiles , les briques &c. portoient des inferiptions , où l’on
anonçoit le tems , le lieu , le propriétaire , l’entrepreneur 6c
les ouvriers de leur fabrique.
Il n’étoit pas rare d’imprimer des lettres , jufque fur le front
des efclaves ; d’où viennent ces expreflions chez les anciens :
frontes {d) literati , ou Amplement (e) literati. L’empereur
Théophile pouffa la cruauté , jufqu’à faire écrire douze vers
iambes , fur le front des SS. Théodore & Théophane , en
conféquence furnommés Graptes. En général ces lettres le
faifoient d’abord avec un fer chaud : enfuite on les remplif-
foit d’encre , afin que leur impreffion (z) durât toujours.
( I ) Les lettres fur l'or , comme fur le
marbre , dont on d^coroit les tombeaux ,
en dtoienc remplies : & elles en jettoient
plus dVclat. Uinimm . . . eUricreJqM li-
lermt , v*t in mnrâ , vtl in mnrmor. eiinm
in fefnlchrhfntii.rUn. lib. a.c. 7.
(1) Au lieu de les imprimer ainli fur
la cbair , on fe contentoit fouvent de les
peindre , foit en noir , foit en rouge ,
aptes les avoir gravées fur une tablette de
bois. On ponoit cet écriteau devant les
criminels , 00 les en chargeoit, on l'éle-
Toit au-dclTus de leur tête. S. Anale , l'un
des manyrs de (/j Lion , fut obligé de
faire le cour de ramphicbéacre , précédé
d'une table.portanc cecte infeription laci-
oe : Hic est Attalcs Christianvs.
Nous ne conoilTons tien en ce genre
qui mérite une aullï grande vénération ,
que le titre écrit par Pilate , & mis fur le
haut de la croix de notre Sauveur. Il fut
retrouvé par faintc Héléne avec la vraie
croix. Rufin (f ) Sc Sozomène (h) atef.
renc le fait. Le dernier décrivant la ta-
blette de bois , où étoic ce titre , femble
infinuer , qu'elle avoir été blanchie , poiic
recevoir des lettres d'une autre couleur : -
mais il fait expteflémcnc envif»er l'inf-,
cription , comme s'étant confervée en
caraéicces hébraïques , grecs St latins ,
conformément à ridée i qu'en donne la
texte facré. Comment après cela M. Bail-
lée auroit-il pu faite dite (i) à Sozo-
mcnc , que /« Itortt en éteiau tenue
Dao$
i, -ed by GdOgle
♦
DE DIPLOM A-TIQUE. 97
Dans les ficelés gothiques , qui précédèrent le renouvellement —
des lettres , on a fouvent rempli d’encre les lettres gravées fiir- ‘
les monumens , & notamment fur les pierres fépulchrales. chap. li.
IX. On vient de confidérer les lettres , comme écrites ou
gravées fur les métaux , les pierres , les verres , les terres cuites
&c ; maintenant il faut les envilàger , en tant que tracées avec
des liqueurs métalliques ou minérales , fur le vélin ou fur le
papier. Les mff. totalement en lettres d’or { i ) ne paroiflent
guere moins rares , que ceux , dont toutes les feuilles font
teintes en pourpre. Parmi ces derniers , les uns font enrichis
de lettres d’or , les autres de lettres d’argent. Mais alors le
premier métal (è rélerve certaines portions de ces mff, telles
que les titres , les noms de Dieu &:c.
Il ne faut pas confondre le vélin teint en pourpre avec le
parchemin , couleur de (i) fafran. Mais , fi l’on peut diftin-
guer l’écriture, dite {3) in papavere , de celle qu’on traçoit
Lettres de li-
queurs métalli-
ques fur le vélin
pourpré , de cou-
leur de fafran ou
.de pavot : com*
mcncemcns de
récriture fur le vé-
Jin en pourprerfoa
progrès , fa du ce,
ùl décadence.
rongées^ quaid on la déterra^s’il n'avoir pas
écrit avec un peu trop de précipitation >
& s'il ne s cioit pas fié plus que de raifon
à la fidélité de fa mémoire 1 Le titre de
la croix » fi l’on ajoute foi aux préten-
dons des Romains , fut aporté par faintc
Hélène à Rome, & dcpolédans l’églifc de
(àinte Croix de Jérufalem. Après avoir
^é perdu de vue & caché , pendant plus
de mille ans , il fut (4} découvert, fous
le pontificat d’ionocent VIII. eu 1491.
Une relation du tems nous aprend . qu'on
trouva dans une caHette , indiquée par
cette infeription fîlic ejl sitului vgr£ cru-
tiSf une tablette, où ces paroles écoicot
gravées & peintes en rouge , Jésus Na- I
ZARENUs Rex Juoaeorum. Lcs deux ^
4crnicrcs lettres avoient péri par véruilé.
Le mot entier écoic extrêmement endom-
magé Tant ^64. £ni<48. il ncrcRoit (h)
plus quf Naz ARENUS RE. Lcs icttics hc>
DraVques & grcqucsn'icoiem donc plus au
tems de cette decouverte. moins les
amcucs n*cn foqt-ils nulle mention. »Au-
w jourdui (c) le dtre ne paroit plus blanc,
V ni les lettres rouges . foie à cau^e déjà
M longueur du tems , folt qu’à force d'étre
l»^mauié , CCS couleurs aient difparu. <*
(i) Quoique dans notre premier volu-
me , on ait déjà parlé des écritures en or >
la matierc n'cft pas tellement epurfee ,
Tome II,
qu'on n'y puilTc ajouter des chofes aulll
curieufes qu i(ité:cllànics. O'atÜcurs c*cll
un de CCS fujets , qui fc préfenccut fous (*) BulU ttAU-
I plitficurs faces. Celui-ci convient égale- xAnd. VI. dm 1;.
I ment aux liqueurs» donc on fe fcrvic pour 149^. £#-
! écrire » & aux lettres memes. fixs irsÛ. d» crtu4
I (1) Saint Ifidorc (</) diftiiiguc crois for- i. c. n.
' tes de parchemins» le blanc» le jaune
& le pourpre. Quoiqu'on difc(r) D. Ma- (h) J, Lipf. de
bülon i ou a plus que fujet de douter » fi crucelik. | . r. 14.
le parchemin apelé » félon lui » par Anaf-^
talc le bibliotliécaire ,crocMtmm & ero- Hemore dt S**,
ceem , était réellement pourpré. Ces ^xrie R^éx. fmr
noms s'ajuftem mieux avec la couleur
jaune , qu'on donnotc à certains parchc- J- ^jfers. 4. mrt,
mius. D'ailleurs le (/) creceù *• J* *•
ic \c eci/Axei xçcxaIcTs, répétés plufieurs ^ .
fois dans la X. aéïion du vi®. concile de ' ^ Orig.
CRi ne défignent , que des parchemins^
jaunes. Libre {g)memhrA»Mcee croemte / x ...
pas non plus une autre fignificationj * !,
Le terme xjM.ttro7$ rendu par cretem
Sc crocAtms t h^fiiüc ccnzincmcnt ceuleur
de fmfrmn. n n'cfl pas nécenaire d'en apc- ^ Cencü. Lsk.
1er à tous les léxicographes , pour reéli-
fier une Inatcntion. Si la faute cR d'une {Alhid rt/791
auuc nature ; c’eft que D. MabiUoan'a;
voit pas vu d'ancien vélfo jaune.
fj) Au xif. ficelé On trouva {h) dans Be-
11c tombeau de S. Jlnrcruin une înferip- xed.fetuî. 6.t, 9.
cioi^, énonçant fon nom, & le jour de 809,
N
Oi.jiî by Googk
II. PARTIE.
S E CT III.
C H A F. II.
(«) 3o/efh. Aali-
juh, JmL l. II.
t. i.
Xk) Piiit. ht. 8.
*. 4*-
(r) SlymtltfU.
{d) Pmi, titi.
»M7.
XO\t. IJ.
(/) Csjr^ fttf,
t- xni..
pg NOUVEAU TRAITÉ
en lettres <for ou d’argent , fur le vélin teint en pourpre ; oi»
ne peut nier , qu’il n’y eût des raports entr'elles.
On ne doute point , que les Latins n’aient apris (a) dei-
Grecs ou des Orientaux à rendre l’or liquide , pour en écrire
des livres : mais on ne fait pas bien au jufte , s’ils tiennent
d’eux l’art dépeindre le vélin en pourpre» On a pourtant tout
lieu de le prélumer.
Peutctre n’a-t-on aucun exemple plus ancien de livres en
pourpre , que ceux , dont parle Jule Capitolin , dans fon.
hiltoire de Maxirain le Jeune. En le mettant fous la con-
duite d’un certain grammairien , fa mère fi ) lui fit préfent
de tous les livres d’Homère en pourpre Sc pn lettres d’or. Le
vélin pourpré n’étoit pas fans doute , au commencement du
I r ï'. Cccte , une invention toutafaic nouvelle. Capitolin
n’auroit pas manqué de reléver le prix des livres d’Homère
par cette circonftance. Mais le filence de Pline , fur cet ulà-
ge de la pourpre , femble nous ôter la liberté de le faire re-
monter au-delà de la fin (i) du liccle. C’étoit encore
Ion martyre. Or t prendre ^ b lettre les
termes de l’hiftoire de fa tranfiation ,
cette infeription droit en pavot : rror m-
um /crifium in pMfnvtre. Une ancienne
charte , mife i la fuite de la cbroniqoe
«TVpfal de Jean Scheffèrpag. iji.nir
mention de dalmatiqucs, de chapes , de
draps & d'autres ornemens de pnfMvart.
Les robes pnptmrMtt étoienr con-
nues des anciens , 8t fournirent matière
à quelque trait fâtyriqne de Lucilios con-
tre Torqnare. Voflius (r) fupofè ces èto-
fts tiffues de fin lin. Saumaile {d) fur So-
lin les prétend d'une efpèce de ehevelure
ou de laine, qu'on tiroir de la pourpre, du
buccin & de quelques autres coquillages,
le P. Hardouin entend pat ce terme les
toiles , qu'on rendait èiclatantee avec un
certain pavot. Pline , k b vérité , par-
lant (r ) d'une forte de pavot , dit que fa
flfmcnce ea été donne an lin de féclat :
plufîeuts auteurs y ajoutent de la blan-
cheur. anciens aient bien ou
ihal pris l'étofe pMpMvernlM , pour une
toile de fin lin , apclé kyjpnm } il n'eff
guère polTifle <fcn faire faplication aux
chapes , aux daliaati^ues , i l'infcription,
dont on a parlé. D'un autre c6té lea
anciens ont entendu pat yu>’< ■> ou pnpMner
une partie du corps de la pourpre. Ainfï
nous ferions fort portés à croire , que
ces ornemens des bas fiècles , défignés
fous le nom dt pnpMvcrt , étoienr teintr
en violet ou biao eu pourpre , mais d'un
degré inférieur à la belle k vraie pour-
pre des anciens. L'infcription pouroit
donc avoir été écrite avec une liqueur
pourprée , ou fur une étofé ou du vélin-
de cette couleur. Permis aulli de raportec
les eiprclTioos pMpmvmum , dt pnpMwrt,.
in p^Mvne, moins à la teinture , qu’h I»
matière de l'étofe ou toile tirée de la poutc
pre ou d'autres coquillages lanugineux.
( I jNous ne pouvons nous réfoudre à ren-
dre par fa parente rcs mors , ijuttnin pn~
rtns /ms. Nous croyons.qu'il y a une fautr
dans ^MtdMm-.tm aura lu juidjtm, qui fe ra-
porte à;r«f)ii»iui»,pout enidsm. On trou-
ve bien des excmplcs,daos les plus anciena
mfT. de la tranfmutatioR réciproque du-
If le ia r. Des éditeurs peu au tait auront
mal h propos corigé jntdnm , pour faire
acorder ce relatif avec ferrai.
(i] Si l'on s'en «pone à (f) Cafley j
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DE DIPLOMATIQUE. 99
-quel<|ue chofê d’afTez rare vers le coauoencemeot 4u ly*.
L’évéque Théonas , qui florilToit alors , confeille (a) \ Lit-
cien, grand chaml^llan de l’enrpereur , de ne point faire Chap. Ii.
écrire lûr le pourpre fie en lettres d’or les mlT. entiers , deC- (a) spicilt^i.ii.
tinés pour la bibliothèque du Prince, lins un ordre exprès t f**-
de fa part. Mais fur le déclin du même hècle , les mornes
(b) memes s|ocupoient à faire du vélin pourpré : ce qui fu- (i) s. Efhrem.
polè , que l’ufage en étoit devenu bien plus commun. S. Jé-
rome en (cj parle comme d’une mode de fon tems fort (i) 154;”* ' *
acréditée : injiciuntur membranet colore purpureo : aurum li- (t) tt.
Îmejcit in Hueras. Elle fe maintint avec diltinélioa , durant
CS V. fi£ vi', ficelés.
A peine s’aper^-on , que la barbarie [i) des vu. fi£
VIII. eût fait perme au vélin pourpré quelque choie de fou
éclat , ou qu’on fût moins curieux de fe procurer des livret
£ précieux. Mais malgré le goût décidé du ix'. fiède, pour
la magnificence , en genre de mlT;fur fon déclin , l’art même
de teindre le vélin en pourpre parut fort déchu de fon an-
cienne perfèâion. Dès lors on ne vit guère , que des mlT. en
pourpre rembrunL Ce violet éclatant , ce rouge foncé , ce
bleu gracieux , quoiqu’un peu fombre , ne s’y (}) montrent
plus avec leurs agrémens primitifs.
long cems iraac S. T^rotne , ob faifbit
nfagede la couleur de pourpre fur le pa-
pier ou le parebemio. Il o'ea a pas d’au-
tre preuve que ce vert :
Ntc (d) r> pMrfmm vtUnt smsccmm
fucco.
Ovide ne parle ici toutefois , que d’une
«ouleur poorprde.bien infif ticutc a la vraie
pourpre. Il cil clair d’aüleuts , qu’elle
a'dtoir pas rdpandue fur rintdricur du li-
▼re.mais fculcmcot fur la couverture. Ainlî
BOUS ne cecoooitrons point dans et texte
le vdlin pourprd.
(1) Quelques feuilles écrites, Sc de vdlin
«n pourpre . font confervdci dans la bi-
bliothèque Cortooienne. Certains An-
glois ne font pas dificultd (r) de ks pren-
slre , pour les débris de cet mir. magnifi-
«joes , dont { f) parloit S. /écorne.
(1) S. Wilftidc archevêque cTYorc,
snivti°. £éele, fit à fon éÿife (f ) uo
ptéfcnt , qui parut bien tUBCVcilleux aux
Anglais j lorfqu’il lui donna un livre des (d) tr'^, l, t.‘
Eraugilcs de vélin pourpré , écrit en let- ,l,g_
très ^or , <c couven de lames d’or & .de
pierreries. Ce n’étoit point un ancien mf (<) Cefity prif.
qu’il eût aporté d’Italie ou de Frauce. Il p. XII. BiUuih.
le fit écrire (S) 8c orner lui-mcaic. Il y Brita». 17} f-
ajouta , félon (r) D. Mabillon , une bi- l.f. part. t.«rr.|.
bic fcmblabk à tous égacds.Ce qui prou- p. ] Jo.
ve .que fur la fin du vit* Gécle , 8c le
commencement du v 1 1 1 ‘ ,00 n’avoit pas f r\ -p a
toterrompu i'ufage d'écrire eu or 8c fur le 1/1 rrafat. m
pourpie.
())CcponrpK eftpour k moins ob- . , . ...
feur , rembruni , 8c par conféquenc fana ' rltmn bfi.
éclat. Il n’a ni le beau violet du pfcauckc
de S. Germain des Près , ni k bleu ceo- (h) UaUt. A3m
dré d’une parc, 8c de l'antre k clair 8c bril- SS. futd. 4. paru
lauc, quoique un peu foncé du rof des i.p.ffx.
évaagiles de la mcine abbaic. La dernière
quali^ eft commune au beau mf. des (i) Br rt iBpUat.
epicies 8c des évangiles de M. k cardinal p. 44.
de Soiihifc , 8c à la plus grande partie de
N ij
100 NOUVEAU TRAITÉ
' ■■ — ^ Rarement la pourpre fe répand-elle fur les mlT. enriers;-
*s Elle n’en ocupe fouvent , que certaines portions, comme le
c^nlr. II. canon de la Mefl'e,. le frontifpice des livres , les titres , les
• endroits les plus remarquables, ordinairement bornés à des ca-
dres (1.I ou bandes de pourpre. Tantôt elle ne s’étend , que
fur une ou deux lignes , tantôt que fur un mot , tantôt que
fur quelques lettres. Elle règne précifément fur les morceaux
d’écriture , qu’on veut rélever , au-dellus des autres ; dans ‘
les mff. memes , où tout le refte du vélin reçoit immédia-
/ tement les lettres d’dr. Telles font les bibles & les {i) heu-
res de Charle le chauve de la bibliothèque du Roi , aux-
quelles nous ajouterons quelques fuperbesmlf. du Tréfor de -
S. Denis en France & de plulieurs autres églifes.
Quoique nous ne prétendions pas faire conoitre tous leS'
celai de la bible de Charle le chaave )
donnée par les chanoines de Mecs à M.
Colbert. Mais la totalité des trois pre-
miers cfè en pourpre : au lieu que le
Wlin du dernier n eo cfl teint , que dans
un très-petit nombre de feuillets , & eih'
core pas toujours en entier, te vélin de
ces tnlTide fombre qu’il ell, avant que
decre eipofé à la (plcndcur du grand
)our , paroic d’un pourpre éclatant , lorf-
^ qu’on place le feuillet encre i’uiil & la lu-
mière.
^i) Les cadres ou fonds de pourpre
♦ Hblés , & fouvent placés au commcncc'
ment des livres , font alTez fréi^ucns , fur
• les plusprécinjx mlT. du ix'.fièclc. Le cé-
• lébrc raf. des évangiles , donné par Char-
• • Icmagne à Aix-la Chapelle , réunit le vé-
lin pourpré avec récriture en Icctrcs d’or.
(M)tMf»htc.C»nh Le pfeauiier dédié par cer empereur au
de UkL Ca- pape Adrien I, quoiqu’il ne l’ait pas reçu :
fur, /. 1. e, 5. peucétre parccqu’il vint à mourir dans la
p. x$6. 197. circonllancc , où il dévoie lui erre pré-
fenré i el^ à la vérité en lettres d'or;
(b) Ibid. p. aéi. mais U n’a que quelques portions en pour-
pre. Ecrit («) par Oagolfo, & d'abord dé-
(tf) Ihid.p. die à Charlemagne lui-méme, il fiit de-
*■ puis donné à S. Willchade, premier évé-
que de Brème. Cette églife l’a coofervd ,
(d) Cmjîey pref. Jurant viii. ficelés. Lambécius (t) ne
f, Xll. BibUcth. favoit pas, comment U avoic de là palTé
BritMnni^u* jgg^ bibliothèque de l'empereur. Nous
31^- fovons encore moins , commem (e) ce
favant homme avoic pu fe perfuader,'
qu’Adricn eût fait fi peu d’cftimc du pri-
(ent , de I.i dédicace Sc da vers d'un fi
grand monarque , pour s’en défaire de
fon vivant , en faveur d’un de fes fujets.
Oi> trouve beaucoup de mfT. & iurtouc
de pontificaux du ix^. ficelé , où feule—
ment quelques feuillets ou portions de
pages font pourprées. Cette décoration cfo
parciculicremcnt réfervée pour les canoay
de la Mcifc. Un mf. des (d) évangi-
les de la bibhochèque du roi d’Anglc-»
terre n*» que quelques feuillets de cou-*
leur de pourpre , écrin en lettres d’or &
d’argent , avec des enluminures égale-
ment précieufes. La bibliothèque Cotco-
nicnne renferme un mf. des évangiles ,
fur lequel le roi AthcH^an ordona , qaer
fes foecclTcurs prèceroient fenncncà leur
facre. Mais il n’y n que les deux pre-
miers feuillets de S. Mathieu , qui foicnc
teints en pourpre , & que les deux oir
trois premières pages de chaque évangi-
le , qui foient en lettres d'or capitales.
(1) On a d'autres heures de Charles lo
chauve à peu près fcmblablcs , dans la
bibliothèque impériale devienne. Ce mC
aparcenoit autrefois à un monadère de
religienfes de Zuric. Il fut imprimé a
IngoHlad en i(8f. Celles de la biblio-
th^ue du roi , toutes en lettres d'or , fo-
rent écrites vers le milieu du fiècle.
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loi
DE DIPLOMATIQUE.
m(T, totalement en vélin pourpré , & d’ailleurs en lettres d’or —
& d’argent ; nous ne laiderons pas de donner une idée f i) de W. partie.
quelques-ims. ^ . Chap. ii.
Pour rendre plus compaffés les caraftcres en or , on trace
^ I ) Parmi les plus inlîgnn mlT. en une mcprile pareille , <jue le mf, de
pourpre, le P. Biancliini (a) cdlèbre ccui Brefcia pall'oit pour être écrit avec l'îii- r \ tr- j- ■
des évangiles de Péroufe , de Brefcia Si cre d'or , i]UoiI|u'il fin en lettres d'argent. c»-
de Vérone. Leur couleur eft d'un bleu A ces mil. en poupre il joint , d'aptes (d) /enp/Kr,
obfeur , qui ne permet de les lire , le P. le Long , la bible , que Théodulfe '' * •
qu'à U faveur d'une lumière éclatante. 11 éveijue d'Orléans,£t écrire vers l'an 7?or
ne donne pas moins de i aoo ans au pre- une autre apelée de S. Maur , copiée
micr. Le (ceoud ell celui , dont M. Car- vers l'an iy6. Si depuis donnée par le roi
bclli rend un compte fort détaillé dans Cbarle V. à l'abbaic de S. Denis iquoi-*
Une lettre , inférée au premier tome (i) que le pourpre ne s'y montre , que fui (b) ecelxMxi i
de la Défenfc des écritures canoniques, quelques morceaux. Le P. Bianchini par-
Plulieurs de fes feuilles, dit-il ,patoif- le encore de quelques autres mlT. de la ^
fent bleues, quoiqu'elles aient été teintes même couleur , qu'on trouve au Vati-
en pourpre. Les caraéléres font en ar- can , àS. Tcande Catbonarade Naple , à
gent : mais cette couleur s'étant éva- Cotbie , à S. Germain des Pris. 11 n'a
Bouie en bien des endroits , femble y pas été mieux informé, au fujet de la A- c. fv
avoir été remplacée par celle de l'or. On bibliothèque de faint Germain , que de f- • *o-
y feroit trompé , fi l'on n'y tegatdoit de celle de Cerbie ; quand par raport à la W ^xcr.
bien près. Ccfl pourquoi , cominue-t-il , première , il repiéfcnte fon manuf- c- 4- *1^»
nous l'apclioiis autrefois livre iter ; au cri» des épitres (ej de faint Paul , en mj
lieu que nous le nommons maintenant /i- grec Si en latin , comme écrit fur du ' ' *
vre d'xr^enir La peinture en eft tantôt vélin pourpré. Ce mf. très - antique ,
unie , tantôt raboteufe. On ne fait , fi n'eft ni en lettres d'or ou d'argent , ni
Ton doit en rejeter la caufe , foit fur les en pourpre. On n’en conoit point non
diférentes mains des enlumineurs , (bit plus de ce genre à Cotbie. C'eft encore
fur la matière , foit enfin fur les pincéanx. Fabricins , qui l'a induit en erreur, ait
L’obfervation de M. Garbelli , au fujet fujet é/) du mf.de S. Germain. Le P.
de la peinture d'argent , ici polie , là Bianchini ne parle pas d'un antiphonier (/’)
lude Si épaiffe fc vérifie encore plus fou écrit fur le pourpre par ordre de l'ahbé
vent , pat raport aux lettres rouges des A nfegife ,& dont il eft fait mention dans
mlf. du VI II', ficelé. On ne s'arétera la chronique de Fontencllc. M. de Mef-
point à décrite le mf. de» évangiles de mes Ig) avoir un mf.de l'Ecriture fainse (rJLeLext Bibl
Notre-Dame de Reims, n eft également en pourpre & en lettres d'or , terminé pat4y^„_ j P itt
en Ictrtcsd'oi&d'aigenr.&furvélin pour- une chronique d'Ifidore & par un opuf- ’ ’
pré. Celui de S. Denis en France , en ca- cule de S. Eucher en fetrres d'argent.
raélèrcs d'argent fur le pourpre , ne pa- Charlemagne fit préfent à S. Angilbett
roit que du ix'. fiècle. En parlant d'un abbé de S. Riquicr d'un texte des évart-
mf. des évangiles , confervé à UpfaI ; le giles , écrit en lettres d'or fur du véliti
P Bianchini le donne pour la verfion go- pourpré. D. Martène , qui l'avoit vu dans
tliiquc dTJIphila , Si prétend fur le té- fes conrfcl littéraires , en fait une (A) (h) Vtyxg. lift.-
moigni^e de (ej Fabticius , témoin ocu- mention exprclTe. Nous avons fait repré- i’. fxrt.f. v}f,-
laire , oo’H eft écrit fur le pourpre en fentet , dans la planche XIL de notre
lettres «'or. C’eft pourtant le fameux !i- premier volume , l'écriture de deux mlT.
vre d'argent , qui ne porte ce nom , que grecs en pourpre & en lettres d'or 8c d'ar-
parce qu'il eft écrit en lettres d'argent, gent, tirés, l'un delà bibliothèque im-
a l'exception des titres 8c de quelques let- périale , Ôc l'autre de ccUc de Zuiic.-
aes iuitiales , qui font ca or. C'eft par >
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ioz NOUVEAU TRAITÉ
( I ) deux lignes blanches , fervant à borner la hauteur de ceEes
^Sîcr^Ti^’ récriture.
Ch A P. IL X. Les mlT, où les lettres d’or rempliflent des pages en-
Lettres de li- ticrcs , fc rencontrcnE plus fréquemment , que les pourprés ;
queuts radtalii- principalement , que ceux , qui le font dans toute leur
ioV&^arecnt“l étendue. Sans parler des orientaux & autres , en quelque
écrites far le vdlin forte plus (i) étrangers , quoique plus voifins ; on en connoic
IC le papier blanc, ^ proportion de grecs , que de ( 5 1 latins , où l’or
brille , aux titres des livres Sc des chapitres memes. Ceux ,
où il éclate , <îàns la totalité de l’écriture , paroilTent un
peu plus rares. Cette forte de magnificence eft particulière-
ment renfermée , dans les viii. ix. &x'. ficelés. Elle s’é-
tend furtout aux livres d’églife , comme (4) épitres, évangiles,
• pontificaux , à plufieurs mlT. des livres facrés , à prefqiÆ
tous ceux , qui furent deftinés à l’ufage des empereurs, rois,
princes & princefies. Tels font les deux premiers mC de
la bibliothèque du roi. Ce font deux bibles magnifiques ",
toutes deux préfentées à Charle le chauve ; mais la première
(a) ilMth. Puris.
Vitd dhb. S. Athd~
ni.
{h)Ttm. i.p. 1 5 .
(f) Annnl.Tmir.
i.S.c. II4-
W) Ilifl. dt Fdi-
ia:t dt S. Dtttii.
t- 5 >7.
(f) Hifl. litttr.
t. 4. p. 181.
(/) ’Xhtf. *nnd,
». j.p. jol.
( i) Les mlT. poorprds font foovent ré-
glés de la forte. Partout ailleurs on ren-
contre diBcilemcnt des lignes d écriture ,
renfermées entre deux parallèles blan-
ches. Il eft (Tufage , qu elles ne portent ,
que fur une hortzontale , qui fert à les
tendre droites.
(i) L’or, dont les titres <Tune hifloire
(a) de S. Alban étoient ornés , u'atita pas
moins les yeux des curieux , quand on
en fit 1a découverte , que les lettres bté-
tones t ou plutôt anglo - faxoncs , dont
elle étoit écrite. Elle parut fi vieille ;
’qu'à peine fe ttouva-t-il , au commen-
cement duxi'. fiècle, un homme, qui
pût la déchifter. Nous ne parlons point
de roiT.fyricns en or, 8c furtout des arabes,
où fouvent on voit briller for , jufque
dans les points.
(i) Dans un diplôme acoedé à l'ab-
baïe de Pmm , Lotbiite fait mention des
images & des cataâètes en or , dont
étoit orné le commencement des mrt" ,
qu'il avoir donnés à fon gouverneur.
Nous tranferivons il peu près les piopres
termes de la pièce , rap<«ée dans (è)
' la ebrooi^ue dn Codwic , daptès
ff) Brovems. Un mC de la bibliothèqne
Cottoniennerepréfente les noms des bien-
faiteurs de réglifc de Durham, en or 8c en
atgent : mais depuis le toi Adelllan ,
ils font en encre otdinaire. Manuel Pa-
léologue (d) fit préfent en 1408. à l'ab-
baie de S. Denis en France des cuvres ,
atribuées i S. Denis TAréopagite , avec
les fcholies de S. Maxime. Outre les ti-
tres 8c les lettres initiales, on y voit des
pages entières en écriture d'or. Mais le
mC cil du tems même, auquel il fut don-
mé. Ainfi les Grecs n'ont jamais perds
l'ufage d'écrire en or. On pouroic ca
citer une foule trcxempics antérieurs.
f4) D. Rivet fcmbic y joindre (e) les
calcndricts , martyrologes , Icéliouaires,
mifiels , pénitenticls , facramentaires ,
antiphoniers 8c autres. Il fait expreifé-
ment mention , d'après {/) le P. Mar-
tène , d'un antiphoniet en lettres d’or ,
dont le moine Gontbert enrichit l’ab-
baie de $. Bcrtin. En général la mode des
mlT. en lettres d'or , 8c fingulièremeot
des livres d'ufage , dans la folcmnité des
faints offices , n'eut peutétre jamais plut
dc coutf, qu'au sa', fiècle.
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DE DIPLOMATIQUE. ïoj
( i) avolt au moins été deftinée pour Charlemagne. Quoique — ^
ces bibles ne foient (z) j>as entièrement écrites en lettres
d’or -, les titres , les premières pages de chaque livre , les ini- cnle. 1 1'.
tiales des alinea ne manquent guère , dans l’une ou l’autre,
d’être formés de cette précieufe encre ; au lieu {j) que
tout eft or dans les heures de Charle le chauve. 11 exifte en-
core de nos jours beaucoup de m(T , dont les (4) lettres en
En itys- Ici cbanoloes de Men
eti firent pr^fent à M. Colbert. Elle avoit
dté ofiertc en S;o, ou tjs. à Charle le
chauve , pat l'abbé Vivien &par les moi-
nes de S. Manin de Tours. C'eft une
tnéprife , dans le P. Longueval , de («}
l'avoir fait préfenter i ce prince , par
Ut moirui Â4 S. }Aiirtin i» Mut. Nous
ae dilfimnicrons pounant pas , que M
Baluze (l>) eft avant lui tombé dans la
meme finite , & D. Calmet (r) après.
Mais ces auteurs font rcdrclTés par
D. Mabilloa h par { t) D- Rivet. La fe-
oonde bible donnée par Cbatle V. à
S. Denis , fiit remife en iS9f - entre les
mains de M. le Piéfident , garde de la bi-
bliothèque du roi^Tuivant l'atèi de la Cour
ihi 10. ilm atw'r ifOatirt, Elle avok fervi
à l’édition de la bible de Robert Etienne
en ift». Châtie le chauve fit oréfenti
Tabbaie de S. Denis d'un livre des évan-
giles , écrit l'an 870. en lettres d’or. Il
rat dans la fuite cédé à l'emperenr Ar-
Boul. Ce Prince le dépofa dqns le tréfor
de S. Emmeran de Ratilbonne , où il fc
conicrve anjourdui. Ceft aparamment
per pure confiifion d'idées, que Godefroi
de Beflel (/) fiiic donner s cette abbaie
le même mf. par Charle le chauve. D.
Mabillon déclare n'avoir jamais rien
rien vu de femblable. Snrquoi il ren-
voie à Ion Iitr Gtrpumieim. Il s'p ez-
phqoe avec plus de précifion , quand il
dit pag. qu'il n'a point vu de livré
dévaogdes plus précieux & plus él^anr.
L'abbé de Godsric en a fait reptélcntet
un modelé , dans là chronique pag. 4S.
où l'en n'aperpoii rien du côté de 1 écri-
ture de phis merveillem , que dam les
bibles de la bibliothèoue du coi , <C les
beures de Charle le enaove. Mais ta ri-
cheire de la coavetture a dû encrer pour
^clqua chofe dans l’éloge , qu'eo fait
le favanc Bénédiâin. Le ftontifpice du
mf. oc lui donne pas moins de rclièf. On
y voit pour le tems une magnifique pein-
ture de Charle le chauve , aflïs ftir Coa
trdne , avec tous les ornemens & Ica
acompagnemens , qu'on a repréfemés , (a) Hjf(. itTfil.
an tome 1. de la France orientale de M. fiilUr. t. 1. 1. 17.
Eckhartpag. î«4. /-}•?.
(1) Nous palTons fous fileoce une in-
finité de mlT, où l’on trouve quelques pot- ^4 j Ctpiml. i.t.
rions d'écriture en or : mais nous ne de- p. 1 jyi.
vons pas oublier de faire une mention
fpéciaic d’un mf. des évangiles du 1 x'. (iè- fc) Biblinh. Ltr-
de , où toutes les paroles de J. C. font rmint prtf. ». J 5.
en lentes d'or. Ceft le 157'. de la biblio- f. IX.
chèque du toi.
( ) ) Le P. Hardonin a bien ofé jeter des (<0 Dr ri iipUm.
foupfons fur ces nois mlT. Il prend oca- f-P' 5^4-
(ion d’un diplôme d'Octonl.cn lettres Hift. liittr.
d’or , pour les décrier. Le prix de l’écri- », j.p. 1 17,
cure eft précifément ce qui la lui rend
plus fufpcde.jljm prtliiyfar fcriputru , ib (fJChrmic.Gid-
chmM tn»its fufpiSéfidà tfi Sic/»»» ii- srvk.l.i.r. i J1-4.
Wx» & pneu hir»ri£ Carili tuivi MSi ,
4»t Hidlutfmt. Vlumbum fub aun Uni.
De diplomat. figillis At nnmiftnat. impe-
laiornm le regun Germaniz (îvc Ro-
man. $. t. p. f, do mf. du Roi 6ii6,
A. in 4*.
(4) A S. Martin de Tours on garde un
mf. des évangiles , en lettres d’or oncia-
les. Il doit l'emporter par Ibn élégance , (f) Aimid.'Bmi.
comme par foo antiquité fur celui de ». J.p. i<4-
S. Emmeran ; fi l’on en juge pat les mo-
dèles , que nous en donnerons. Jufti-
nien dans fes Inftitutes [h) enfeigne , 1. tir. I-
' que les écritures inlürées dans les parche- i. } }•
mins ou papiers , apartenanc à une autre
perlbne ; fnlTent-cllcs en lettres d'or , ne
donnent nulle ateinre à fa polTelIîon an-
Itéricute. C'eft la même choui , que fi l’onl
bâtiftbit ou plantoir fut le terrein d'au-
ciui. Cette maxime fait fcuûr ^ combre*
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II. PARTIE
S I C T. III.
C H A P. 1 1.
(a) Opofctli ec-
cUj.f. 1.
(i) F/i/î. t8. t-
du, Serrurn /.40.
f c)D .^ivei .lliji .
iuth, t, 4 />. 5*
{d) D/ n diplem.
fitfdem, cMp. XL
f. Ji.
J D/V7. f7U)clop,
1Î4-
(f)}bid.p. mt.
(f) }tlMTÙne Vcy.
Uttir, 1. 1. p. 154-
ijî.
(b) Spieiltg,/. 1.
t- 494-
(i) Cnfln prff-
p.Xll, BlUhih.
Britiai.p. JJO.
ÎH-
(l) Pa^. lop.
104 NOUVEAU TRAITÉ
or rempliflent toute l’étendue. Les titres des livres & des
chapitres des plus beaux mfT. écoient , dit-on , pour l’ordi-
naire à lignes alternativement en lettres d’or & d’argent ou
d’autres couleurs. M. Maft'éi a cru- trouver des preuves de
cet (a) ufage, dans le mlL de Vérone : mais des titres tota-
lement en or ne font pas moins magnifiques.
Lorfque les lentes font argentées, on diroit qu’on auroitapli-
qué fur le vélin une première couche de verd. L’argent déta-
ché,fouvent il ne relie plus que des lettres vertes. Quelquefois
aufli les lettres d’argent , à force d’être déteintes, paroifl’ent (i)
auvi^ fîccic rufaec dcsJcttrcsd'or^coic
commun. S. BoniUcc {b) apûctc de l’Al-
lemagne , demande à l’abbclfc Eadburgc
de lui écrire les épitrcs de S. Pierre en
lettres d'or : & cependant il fcmblcdcf-
ciner à ccc ouvrage le prêtre £oba. Au
meme (Icclc les iciigicufcsd'Eikc dans la
Belgique , fc rcndircot {e) célèbres par
les pfeauciers , les évangiles & autres li-
vres faints , quelles écrivirent en lettres
d*or. Dans la collegiale de S. Jean d Her-
ford en WcHpliaiie , on voit le mC des
évangiles de Witikind , prince ou petit
roi des Angiivaiicns , cerk en lettres
dor. Louis le débonaire fit preftot d'un
rnf. fcmblable à labbaïc de S. Médard
de SoifTons , oii il s cil conferve, jufqu a
notre tems. Le P. Dumolincc , au troi-
fîcme journal des favans de janvier 1684 ,
nous décrit un mf. des quatre évangiles
d'une égale riebed'e , apactenanr à lab-
baie de lainte Geocvicve. Il rprtime du
tems du meme empereur ou de Cbarlc
le chauve. Sous l'empire de Louis le
pieux, le moipc {d) Placide écrivit en let-
tres d'or un livre des évangiles, qu'on re-
trouve encore aujourdui, aans l'abbaie de
Hautvillicrs. Un autre mf. toujours (r)
en lettres d'or , apartenant à la biblio-
thèque de fiâlc , fut d'un grand fccours
à Eiafnie , pour coriger ta verfion du
Nouveau Tcftamcnt. De pareils Aâcs
des Apôtres fc (/J cooreoent au Vati-
can , avec bien d'autres mlT. tres-pré-
cieui. Celui-ci éiit donné au pape Ale-
xandre VI. par une reine de Chypre :
mais il fut dépouillé d'une couverrurc
d'or , eonchre de pierreries / lorfque
Rome fut facaeée fous ChaHe • quinr.
L’empereur Lothairc (g) fit préfent d'un
pfeautier en lcrctesd’or à J’aÛiaïcdc faîne
Hubert des Ardennes , qui le pofiede en>
cure. Le comte Evrard [h) par fon te(
tarococ de l’an 867. lègue à fon fils Bé-
renger un pfeautier en caraélères d'or ,
3c à Ibn autre fils Adalard un leélionaire
avec les épitrcs 3c évangiles , écrits de
meme. Le cartulaire ou mf, des dona-
tions faites à l'abbaie de Winchefler (t)
fut en fié. coralcmeot écrit en lettres
d'or, il-cfl aujourdui gardé daqs la biblio-
thèque Cottonicnne. Le comte d’Ox-
ford avoic dans fa riche bibliothèque un
mf. des évangiles , donc toutes les pages
font en caraélcres d'or. Voyez D. Rivet,
HifV. licttér. c. 4. p. 181. z8i. 18).
Théophile Rainaud. t. 1 p. édit, de Ltoiv
166^. p. 1^4. Car on ne finiroit pas , 6.
l'on vouloir rapclcr ici cous les m(f. en
lettres d’or , répandus dans les diféren-
tes églifps & bibliothèques d'Europe»
Ceux de papier d’Egypte en Ictcces d'or
font très-rares. Tel efi néanmoins , fc-^
loo Trorzius (kj le livre des évangiles,
donc on fe fçrt au facre de l’empereur. 11
u'emend pas fans doute autre chofe que
ee papier , par le terme d'écprets,
( t) Quand on expofe à un jour clair
quelque feuillet de vélin pourpré, écrie
en lettres d'argent i l'éctiture de la page
opofeeparoit noire 6c bien plus niarquéc^i
que les lettres argentées , qu'on a fous
les yeux. Dans etc afpeél , des pcrfbncs
exercées à lire à rebours , comme les gra«
veurs en lentes , 3c les compoHceurs
d'impeimexie , iLroienc plus facilcmeoc
noires.
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DE DIPLOMATIQUE. lOf
noires. Mais (i) cette couleur varie , lèlon qu’elles font ' -
expofées ,foit à l’ombre, foit à la lumière. Les lettres en or, ^5^ ’
après avoir été beaucoup moins employées , durant (ij les chaf. m
récriture de la page tournée du côté du
jour , que de celle , qui l'ell de leur côté ;
s'ik avoiem quelque ufage des caraActes
antiques.
( t ) M. Gaibelli , dans Ta lettre au P.
Biancbioi , eu (4} infère , que les carac-
tères d'or te d'argent étoient écrits à deux
reprifes : la première par le copifte avec
ia plume te l'encre, la féconde par l'en-
lumineur avec le pinceau te la liqueur
d'or ou d'argent. D. Mabillon (è) ayant
•obfervé fur un mf. en lettres «Tôt de l'ab-
Jniïc de Hautrilliets audiocèfe de Reims,
les images peintes des quatre Evangélif-
tes , tenant des plumes , en avoir con-
clu , que l'ufâge (c) de s'en rctvir étoic
fùremenc reçu ven le commencement du
IX*. fiècle. M. Garbelli a bien fenti ,
Îju'il en réliiltoic encore une autre con-
éwence : fàvoir qn'on ufoic de plumes .
meme pour écrire les mlT. en caraâcres
d'or te d'argcnr.Pour parer! ccttedificul-
té , il fait employer la plume par le co-
pille , qui les tranrcrit.flc le pinceau par le
peintre, qui recouche les mêmes lettres te
les couvre de la liqueur d'or & d'argent.
Elle eft en quelques endroits de fbo
inf. de S*v. Julie de Brefcia, fi épailTe te
Tl élevée ; qu'une mouche s'v étant prife ,
avant que la matière fût féchée , s'y eft
confervée jufqu'à ptéfient. La preuve de
Tencre noire , fetvant de bafe à celle
d'or te d'argent de fou mC Te tire prin-
cipalement , félon lui , du commence-
ment des évangiles de S. Luc £c de S.
Jean, d'on le précieux métal , après avoir
difparu , n'a laifTé que la première cou-
che en noir des anciennes lettres. Mais .
ÿil faloic toujours admettre deux écri- i
sures réunies , l'une fondamentale , &
l’autte fuperficielle dans les livres , où
les caraâetes d'or te d'argent font mis
en euvre ; nous aimerions mieux dite ,
que l'argent aurore poreé fur une liqueur
verte St l’or fiu une rouge. Beaucoup de
mlT. nous foumUTent un grand nombre
d'exemples de lettres venes , auparavant
atgeotto . te d'écritures rouges , anpa-
Tome IL
ravanc dorées. Les fécondés couleurs dif-
fipées ont donné aux premières pleine li-
berté de fe montrer i leur tour , mais
avec plus de fimpheité. Quant aux traits
noirs te aperçut fut des mff. en pourpre ,
après que l'or o« plutôt l'argent s'en eft ViniUe. em-
décaché i ils peuvent avoir été caufés par firifin’. 1. t.
l'impreflion ne la linueur «Tôt ou d'ar- f.CCCLXXXlII.
gent , ou bien par rincercepeion de la
teinture de pourpre. Nous voyons meme
fouvent des encres rottges te d'autres (i) Dt n Jifltm.
couleurs lailTer des impreflions étrange, fxffhm. f. pi.
res , produites par le mélange ou la
compohrion des rlrogues , dont clics (ont
formées. A combien plus forte raifbn a-
c-il dû ariver quelque chofe de pareil (or
le pourpre, à taifon foie de fa nature , (c) V. ndrt t.
foit de la compolîtion de la liqueur d'ar- t. ,f jjy.
genr 9 An cas néanmoins que les com-
mencemens des évangiles , dont l’or ou
l'argent fc font évanouis , lai/TalTcnt voir
des vefhges de véritable encre fi évident,
qu'on ne pût les révoquer en doute ; on
(ouhaiceroir , qu'on fe fût bien alTuré ,
qu’ils n'ont pas été récrits par une main
poftéricute.
Rien en cfTct de plus commun , que de
rencontrer des portions de m(T. dont
les lettres éfacées ont depuis été récrites
avec l'cncre ordinaire : quand même l’é-
criture originale anroit été d’une antre
couleur. Cette opération cft-clle fiiite par
une main malhabile 9 Le travail parait (ï
groflîer ; qu'il n’eft perfbne , qui puiilè
s'y méprendre. Eft-il d'un écrivain , qui
n'air point encore perdu l'ufage du ca-
raéiére oncial , on dont fatenrion fe foie
portée à repalTcr ciaâemcnt la plume fur
les anciennes traces ou les traits primi-
tifs 9 Alors fouvent il parait alTcz difi-
cile de démêler les travaux de la pre- ^
mière main , d'avec ceux de la féconde.
Il eft rare néanmoins , qn'on ne s'en
aperçoive ; quand on eft prévenu , qu’on
s'en défie . ou qn'on y fait atention.
( 1 ) Que les lentes d'or n'aient point
alors été abolies ; l'abbé de Godvic en
donne pour eiemple un mf de S.Picrrede
O
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II. PARTIE.
S E C T. lit.
Ch AP.. IL
(«) tien-J. tttili
À* Uiffcm. t. 1 .
f- S •&/'"«■
Anciens chryfa-
graphcs, enlumi-
neurs , calligra-
plics , tachygra-
phes : l'art de fai-
r< des lettres d'or,
d'argent , de bron-
ze» de fer &c : let-
tres vcrnilfcts &
etrdes.
hthraicM parte i.
luf.i./ecl,j.p.}os.
(f) SyUegt vario^
rum depUmatario-
rum.p.
jn-
(djPajj. 109*
(r) Ve crèt. mff,
^ VU.
[f) Chfonu„Ced-
vwir.p. 1 5»,
xo6 NOUVEAU TRAITl^
XI. XI ». & XIII*. ficelés , reprirent une nouvelle faveiir *
aux XIV. XV. & XVI*. iurcout dans ‘les heures des perfoiies.
de diftinftioa : mais elles font d’un goût bien difetent de
celui des fiècles. antérieurs. Souvent on diroit , qu’on apli-
quoit des (i) feuilles d’or fur le vélin , pour en former {i) des
lettres , ou quelques-unes de leurs parties. Si la liqueur d’or y
étoit admife , ce n’étoit guère , que pour les peintures , de-
venues plus à la mode , & les lettres initiales , apelées depuis
lettres grifes. Les diplômes impériaux en pourpre* 8d en let-
tres d’or, ne font pas fans (a) exeiMle, aux vi ii. ix. x. xi.
& XII*. ficdes. Nous n’en conoifions ni d’antérieurs^ ni de
pofiérieurs.
XL Les chryfographes , calligraphes , tachygraphes for-
moient autant de clalTes d’écrivains , que l’antiquité ne
confoadoit pas. Les premiers employoient l’aicre d’or : les-
féconds écrivoient pofément , les troifièmes promptement.
Tout cela étoit aflez bien exprimé par les noms , qu’ils por-
toient d’écrivains en or , d’écrivains élégans Sc d’écrivains
rapides. Au raport de quelques (5) hiltoriens , l’art (4)
Salibourg du xi'. ficxle, Jean-Clitinoplie
Wolf (I) icnJ compte d'ua mf. hébreu
de Berlin , qu'il traite d'incompatabic ,
& qu'on cllimc du xl 1 1 hècle , où les
titres k les premiers mots des chapitres
font en lettres d'or, l'armi les mlT.. de la
cathédrale de Mayence , Gudenus (e) cé-
lèbre un livre intitule Kmtl/tlicm , achevé
l'an ii8c. Il ell enchanté du merveilleux
éfet, qu'y produit l'écljtdc l'or, joint à la
Tatiéte des cojleurs. Un mf.. des décré-
tales de Grégoire IX , quoique feulement
de l'an 1400. n'a guère moins eu de part
è fes éloges.Il n'oublie pas d'y reléver fur-
tout les lettres d'or , dont il eft airiehi.
( r ) Ces feuilles d'or remplilTbiencqucl-
quefois des pages enticies. Elles éioient
b minces St fl bien apliquées fur le vélin;
qu'il n'cd pat pollible de les en détacher.
L'ulâge en étoit établi, dès le x i ’. Cède ,
comme le prouve le mf. de S. Pierre de
Salzbourg. Il noos femble même en avoir
vu de plus anciens avec des iiruges k
des lettres grifes , formées en bonne par-
tie de ces feuilles.
(s) Ttotxius {dj prétend, qu'au moyen
âge , on eut recours à cet art ; pareequ'on
avoir perdu celui d'écrire en or. Sttuve ,
auquel il renvoie , ne fait point tomber
la petto de ce fccret fur l'écriture d'or j
mais fur (r) l'aplieation des feuilles d'or ,
qu'on otnoit de peintures de diverfes cou-
leurs. En éfet , on voit Ibuvent des por-
traits , dont le fond ell ou d'or ou de
pourpre , ou d'azur kc. Mais il elf éto-
nant , que Struve regarde l'aplieation des
feuilles d'or fur le parchemin , comme
un fecrct perdu ou du moins inconnu.
L'abbc de Godwic (f] rient le même lan-
gage-
()) Siméon le I.ogotlKCe le dit d'Artc-
mius , autremcnc Anallafc, k Cédrénus-
de Théodofe Adramitin. Mais Pierr*.
Chrétien orthodoxe â Aiexiendrie , dans foo
expoCtion abrégée des tcms , ne le fur-
nomme point auitcmcnt que calligra-
phe.Lc mf. grec ity. de S. Germain des
Prés , qui conllaie ce fais, ell de la fin du-
IX'. ficcle.
(4) II étoit apelé chez tes Grecs wv-
oeyfoL^ML, M. duCange dans Ibnglnllairc
de ü moycone k balte Gtécité , dotuic.
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DE DIPLOMATIQUE. 107
des chryfographes fut exercé par des empereurs , avant qu’ils
fulTent revêtus de la pourpre. Lors même qu’un mf. étoit
en lettres d’argent , on dilUnguoit l’écrivain du chryft^a-
phe. Cela eft manifefte par le plèautier de S. Germain de
Paris. Les lettres d’or ne font évidemment pas de la même
d'aptes deux raff. de la bibliothèque du
loi , fur le mot , deux ma-
nières de faire l'encre d'or ; mais fans
traduire le grec moderne , dans lequel
elles font expofees. O. Bernard de Mont-
faucon (a) les a rendues en latin. Voici la
ftemière en fublVance.
Il faut polvèrirci un bol tiré des mines
d'or ou d'argent , tel qu'ètoit l'ancien
cinabre, féparcrlc blanc d'un oeuf, le
battre dans un vafe avec de l'eau , en
ôter tonte l'ècuœe , mêler une partie
de cette eau avec le bol , le laifTcr fè-
cher , l'arofcr une fcconde fois du relie
de l'ftu , rexpofex à l'air , le rendre poli
de brillant avec une pierre de toucbc.
Telle ell notre manière de concevoir le
fecret des anciens , qui ne patoit guère
moins obfcur dans la vctiîon , que dans
le texte. Le fuivant femble un peu plus
clair.
Pour faire les tirres de leurs livres , les
Crées pulvèrifoicnt l'or , le méloient avec
l'argent , l'apliquoiciK an feu , y jet-
toienc du foupntc , rèduilbient fur le
marbre le tout en poudre , le mettoient
dans un vafe de terre vcrnillèc , fexpo-
Xoieni à un fen lent , infqu'à ce que la
matière devint rouge. Refroidie , re-
mife fur le porphyre , batue avec une
peritc éponge & beaucoup d'eau , ils ra-
malToieoc cette matière , la vcrlbient dans
un vafe net , atendoient qu'elle lût def-
cendue au fond , y remettoient de nou-
velle eau pour la laver , julqu'à ce qu'ils
en eulTeni détaché les parties hétérogè-
nes. La veille du jour qu'ils vouloicnt
s'en feevir , ils jettoient de la gomme
dans l'eau , la lailoient chaufér avec l'or
préparé , demt cnfuiie ils traçoient leurs
lettres , & les couvroient avec on pinceau
d'une autre liqueur faite de gomme ara-
bique le d'octe ou de cinabre. Souvent
pour préliminaire , ^lès avoir bien baco
avec (é) du plaire te de la ccrufe , les
céodres d'os de boucob brûlés & les
avoir mêlées avec la colc de poilfon,iIs en
enduifoient les places , où ils vouloicnt
apliriuec l'or, comme pour laifctvirde
mordant. Lambécius ( e ] fait mention
d'un mf. grec de la bibliothèque impé
riale , ^ui aprend le fecret de préparer
la matière , propre h fermer des let-
tres d'or. Les favans le fupofenc fem-
blable aux précédais;.
A ces deux méthodes da Grecs , M.
du Cange en joint une antre, particulière
aux Latins , tirée d'un ancien auteur , fout
le nom de Pallade. Egalement propre à
la fermation des lettres d’or ou de bron-
xe J elle conlifte à limer l'or on le cui-
vre avec une pierre de touche , à laver
cette poudre dans plulïeurs eaux , à la
mêler avec de la colle très luilânte de
patchemin , à s'en fervir dans des lieux
où il fa/Te chaud , à froccr cette écriture
avec une pierre d'onix très-polie , pour
lui donner de la conlUlaoce St de la cou-
leur,
Papiat fur le mot likri , enfeigne auQ!
le feern de faire des lettres tfor , d'ar-
gent • d’airain , de fer, C’ed de réduite
en poudre très-fine , dans un vafe du mé-
tal , dont on veut faire l'encre , la fleut
d'airain avec de l'alun , parties égales.
Ponr les lettres de bronxe 8c de fer , il
ajoute le fcl & l'infufion de vinaigre. La
matière propre à tracer les lettres dur (i
fait avec la même infofion , fi l'cn en
excepte le fcl. Dans tous ces cas les
couleurs doivent être réduites i 11 con-
fiflancc du miel. Au refie leur prépara-
tion efl mot pour mot dans le grand
glofiaire en lettres lombardiqucs de S-
Germain des Prés. Il la donne meme
comme de S. Ifidorc , qu'il cite. Ccfl
donc au moins 1 lui , 6c non à Papias ,
qu'il faut la raporter. Les modernes ont
bien d'autres moyens , pour préparer les
liqueurs métalliques. Mais ce détail n en-
tre pas dans notre plan.
O ij
II. PARTIE.
S E C T. III,
Ch a F. il
(a) Pa/aafr, Gr.
p. J. i.
{h) nu. pi.
(r) Cùmment,
Biil.Ctf.1,7.
P-9S-
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II. PARTIS.
S t c T. IM.
.Ch* P. II.
io8 NOUVEAU TRAITÉ-
main , que celles d’argent. Si , comme il arivoit plus ordi-
nairement , on le contentoit de peindre des lettres de di-
verfes couleurs ; l’enlumineur , qui s’en chargeoit , n’ëtok
pas non plus communément le meme , que (i) l’écrivain.
De-là tant de lettres initiales , lailTées [z) en blanc , furtouc
dans les mlT. des bas ficelés.
Les lettres métalliques 5c autres font quelquefois ver-
ni fiées, même avec tout ce qui les environe. La cire fer-
voit de vernis aux Grecs , beaucoup plus qu’aux Latins. Les
peintures (}) à la cire étoient néanmoins très-connues des
uns Sc des autres , avant l’inondation des barbares ; & les
Grecs en ont long-tems depuis confervé l’ulage. Il eft fou-
vent foullble , non feulement dans les peintures de leurs mlT,
mais encore dans leurs lettres hiftoriées 5c leurs majufcules
des titres. Nos Latins n’ufoicnt pas moins vifiblement de
blanc d’œuf ; comme on pouroit le prouver par des mlT. dtt
I x'. liccle. *
f«) Biiliuh. ht- (i.) tes copifles (*) ilcs m(T. hébreux ,
hrMic.lih.i ft3.\. & ceux, que clans la ruice en 6ièrcnt la
f. fi6.Lii. i.r.i. leânre par des points , lûrcni auflî pour
n. X. 137. ÿ* l’ordinaire dilHngnés. Un mf. hdorcu
fifj. tranferit & ponâné par difdrences mains
ne re{uc Ibuvcnt cette dcmicre façon ,
qu'apms plufîcurs anndes Sc des (iecics
mfmts. Ceux , qui apofoicnc les points
Ce qualifioicnt Tj?J j c'eft-à-dire ,
fmtSMmi : tandis que les derivains fe
nommoient 5 c'cll-à-dire firi~
hd. La diflin^ion de leurs âges fe ma-
sifelle par la difêreoce de l'encre & du
caraâére. Ils rempli/Toieat de plus les
&>n^ons de nos anciens correâeurs de
mâ*. grecs & latins. Avant levix^^ltc-
cle« ceux-ci femblcot avoir écddescof'
Kdleurs en titre 2 mais depuia il fufiroit
d’étre 00 de le croire habile » pour en
exercer Tohee. Le nombre en fut grand
au IX*. liccle ^ & l'on ne rencontre pref-
que aucun mf. aot^rieur , qui n'atr alois
fubi la corre^ion ; quoique long-tems
auparavant il eût pafTl par les mains d'au-
tres corrcâeurs. Depuis le xii^. fièclc
' Tes corrélions des miT. latins foot plus
tares.
(x) M. de la Cume de laîntc Palaye ,
qui s'ed beaucoup exerce fur Tes oilT. pof-
céricurs au xii*. Hècle , nous a conr-
miiniqué une cbfervacion , que nous
avions fouvent faire par nous •memes,
& que nous nous fai foDS un grand plaifff
d'apuyer de Ton témoigne. « On rcmar-
M que un otage très - fréquent dans tes
M anciens mu. Céioir de taifTcrdes pla-
» ces vuides ponr placer des miniatures ,
n ou pour écrire d une encre ou couleur
M diférente du relie des titres ou des lec-
» très capi aies. Souvent on a négligé de
n remplir ces vuides. Quelquefois on
» trouve à coté , d’Unc écriture fort me**
» nue , les Icctrcs ou les rirres , qui dé'
» voient être é'crrts<func encre diftrente :
« quelquefois meme on voit les premiers
» traits des miniatures., qui dévoient être
M peints. M Mémoire communiqué par
M. de Sainte Valaye. Les imprimeurs da
XV*. lîcclc lailToicnt au/n daus les livres*
des efpaccs vuides , pour peindre tes
Icnrcs capitales. Mais de peur , que l'cn-
lumincur ne s'y trompât , Ibuvcnt ils les
menoient en plus petits caraélères.
M. du Gange expofe cette forte dt
peinrure avec un grand détail de cira*
tfons , dans Ton glo/Taire de la balle
moyenne Grécxrc, fur le mot
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DE diplomatique; 109
Plufieurs écritures barbares , & furtouc les anglo-làxones ,
admettant quelquefois le noir pour bafe des couleurs.de leurs
grandes lettres initiales^ on fe borne à les vernir foit d’un
rouge , (bit d’un jaune pâle ou foncé. Plus fouvent encore on
les relevc d’une multitude de (i) points rouges , ou de quel-
que autre couleur. En général cet enduit ou vernis étoit
d’un grand ufage au ix'. ficelé.
Xil. Le (i) rouge , vermillon ou cinabre étoit la couleur,
diférenté du noir , la plus employée dans les mlT. Souvent
elle étoit la bafe des écritures métalliques. Sur un fond rou-
ge on peignoir les lettres dorées, argentées , bronzées , étai-
mées , plombées. On trouve beaucoup de lettres rouges ,
qu’on ne foupçoneroit pas d’avoir été couvertes d’aucune
liqueur métallique ; fi les relies , qui s’en font confervés fur
quelqu’unes d’entr 'elles , ne failbient foi , que leurs voilures
l’ont totalement perdue.
Les drogues , qui compofent les encres , où l’on fait en-
trer les métaux , ^nètrent pour l’ordinaire le parchemin. Il
n’eft guère plus rare , quelles forment des lettres pochées.
Une extrême vieillelTe ou des accidens équivajlcns ont fait
quelquefois blanchir (a) les lettres originairement rouges :
comme on le voit dans le mf. de S. Germain des Prés , où
les fragmens des anciennes loix wifigothiques font conte-
nus , 6c dans plufieurs autres. Le plomb ou l’étaim , encore
plus que l’argent , fe détachent des lettres , où ils furent
apliqués. H ne relie fouvent , qu’une couleixr fombre , qui
anonccle métal, dont les lettres rouges furent enduites.
Le vermillon dans de très-anciens mlT. macule ordinai-
rement plus ou moins la page opofée , 6c fe détachant à pro-
portion de fa place naturelle , en enlève beaucoup de let-
tres. Tels font les ineltimables mlT. des épitres de (}) famt
(i) les points acompaç;Dtot aulfi k$
initiales ou lettres grifes des peuples di-
fdrens des Saxons , mais plus rarement.
Ceux-ci les employoîent même aux let-
tres ,<]nUêrvent de fignatures aux cayets.
les points noirs ont ignclquefois des
ul'ages i peu pids (cmblables. On voit
■uin des lettres , acompagndes de points
vetds argentés , dans les mlT. en pour-
pre. Il en cA d'autres , donc la pondlua-
tion entière oft en rouge. Ces otnemens
ponâucs curent principaleroeor cours aux
VIII. de II', fiècles. C'cA furtouc au
commencement des livres Sc des chapi-
tres , qu'il faut les chetcher.
(x) On écrivoit en lettres rouges les
noms des cnipcccurs fut tous les èicodats.
y. Suei. Vtff. t. i. Dim. l. 40.
()) Ce défaut afcélc ptelque égale-
ment l'éctuuK DoiK de cemf-
y
II. PARTIE.
SICT. III.
C H a r. 11,
Lettres ronges &
d'autres couleurs:
lettres rouges de-
venues blanches
pas vécullé.
(4) M/. JU S.
Grrmtin dts très,
I17K.
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il. PARTIE.
S E C T. III.
£ H A P. II.
(a) Dt ml. MJf.
§■ }■
(h) Trifl. I. E/ej.
(f) Mf. <413.
4t la Ml, lia nu'.
(J) Mf.
la btU. Ha ni.
(r) Mf, da ni
440 J •
iTd NOUVEAU TRAITÉ*
Paul , de S. Prudence , de S. Profper de la bibliothèijue
royale , tous trois au moins du vi®. ficelé. Cet accident
leur eft commun avec beaucoup d’autres.
Struve (a) avance fans citer fes garans , que les anciens,
awient coütume d’écrire en rouge des livres (i) entiers :
mais , quand il nous montre cette couleur , comme fingU’.
licrement afeélée aux titres des livres , il s’autorife {h) d’O*
vide avec fondement.
Les deux , trois ou quatre premiers! mots des livres (c)
de certains mff , font prefque toujours en lettres rouges.
Plus communément cette couleur ne s’étend pas au* ielà de
la première lettre d’un (d) alinea , Sc des premières lignes
d’un livre. ,
Outre qu’on emploie le rouge , 'tant aux titres , qu’au
commencemeiu (1) des livres , des chapitres Sc des alinéa \
on le fait fervir à bien d’autres ufages. Quelquefois dans les
referits impériaux on lui réfèrve (c) la formule de la date
ou du mois , & -dïuis les livres des loix , les noms des ju*
rifconfultes. Quelquefois même , & principalement tant au
IX®. ûècle , qu’aux fuivans , les lettres onciales ou capitales
(i) s'il n'aToit, comme tlparoit, d'aa-
(fi Litr. 5 3. e. 7. autorité , q«c celle de (f) Pline j fa
proMÜtion rcroic fort mal apuyée. Celui-
ci dit rculenicAt c <jue récriture qn Tcr-
iBillon étoi^ employée dans lej livret.
Miniam in valaminibai qtuqat firiftara
Vfarfatar : ce qui ne (upofe pasdet livres
entiers en lettret tot^et. On autoit du
jtioins des privilèges , écrits totalement
avec l'encrc de pourpre , fï Ton écouioit
•Henri Salmnth (g) te Jean (è).Heuman.
JMais , ou ils n’onc pas entendu Balde .
.qu'ils citent , ou ils ne fc font pat ci-
primés aflez clairement. Balde parle d'un
diplôme écrit fut du vélin pourpré , &
non pas écrit avec l'encre de pourpre.
Voyez notre premier tome p. 335.
(t) Les plus anciens mlT, tels que l'in-
compatable Virgile du Vatican , celui
de liorence , le lâintCyprieo de S. Ger>
main des Prés , le faint Auguftio n*. 134.
de la même aÙ>aïe , commencent régu-
(i)Vn.TtJlam. licrement chaque livre par trois lignes
jaxtmo.idn.ETn.-icn vermillon. Or quand un mf. obferve
0rali.i. i.frafai^ cet ulâge , OU peut k fcgatdet «1 moins
(^) Ca!d. Paiifi-
ntli Riram mtmt-
rab. Francf-
farti. 16} t. l. I.
tu. s.
(b) Canuntar. dt
rt difltm. e. t.
».xi.p. t.
comme du v i^.fiécle. Quand le nombre de
trois lignes ne feroit pas ezaélemcnt gat-
dé;1e mf. ne feroit pas moins. ancien : file
commencement de chaque' livre ofroic
quatre on cinq lignes en rouge 3 tandis
que le titre ne changeroit point de con-
Icnr. Les quatre ou cinq premièm lignes
des livres faiftoriques ic prophétiques du
{1} mC Alézandrin d'Angleterre Ibnten
rouge, aulC-bien que les tines des pfeau*
mes. Ce fera toujours une grande mar-
que d'antiquité 3 fi après les titres , en li-
gnes alternativement rouges Si noires ,
chaque livre d'un mf. dérate pat quel-
ques lignes rouges. Ou relie il n'eft pas
douteux , qu'il n'y ait eu , de qu'on ne
puilTe trouver des titres de livres en ver-
millon bien plus anciens. Mais ce ca-
raélère n'eft pas propre à les diftinguer
des mlT. plus récens. Ceux-ci réirancbenc
ordinairement le rouge , i proportioa
qu'ils font plus modernes : qooiqu'au ix*.
liècle on en voie encore , ou le rooge Ce
montre à pages cntièRS.
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DE DIPLOMATIQUE. .m
^ titfes & des alinéa font (i) écrites fur un-f<)*d- rouge. -F
Tantôt le noir & (2) le rouge partagent entre eux les li-
gncs des titres & les ornemens , qui les acompagnent : tart-
tôt ces derniers prennent alternativement l’une ou l’autre
couleur : tantôt l’alternative de l’une ôc de l’autre tombe
fur l’argument (3) d’un livre ; comme il cft conftaré par le
fameux Virgile du Vatican n°, 3223. tantôt elle s’aplicjue à •
des rangs de points ou d’ornemens , qui féparent les pièces }
Ôc quelquefois même aux commencemens de livres. Les cotr
jredionsdesmir. font plus rarement en rouge. On en remarque
pourtant dans le fameux Virgile (4) deFloraice r mais on les ' . )
• (i) Si le veroiillon n!bci^c <)itelq«er
plis , (]ue le ptcmicr mot j’üne pièce ;
qùeliiueroU aaHi'Ie borne-c-on aux li-
gnes marginaux , rèpondaos à nos guil-
Lmccs. Dans lesmC pourprés ces lignes
en ferme i'S rouges couchées , feuvcnc
■compagnées de points de la même cou-
leur, Te momreoc furmot , lotfque le
lems en a fait dirparoitte toc. Au coo-
traire ils ne fenc que verds , lorfqucj’âr-
geot en ell déucné. Le vefminlmhis ir-
griu (4) du Cantique des cautiqpes,
n’auroic-il point ici fen aplication ? Quel-
quefois les (If) lettres tOuges dlflingucm
tous les textes , cités de l'ancien Tefia-
XDCDC , lotfque le inf. renferme les li-
vres du nouveau. Dans les mlT. pourpiés
«les évang^cs les chifres de chaque
chapitre du texte feront matqués en
marge avec le cinabre , le plus feuveix
chargé <for : randis que les divifions 8c
des verfets teJarifs des antres évangiles ,
fc irouTctont délignés en verd ou plutôt
en argent. Les titres , dans les mu. des
VI I. 8c VI 1 £ccles , font plutôt eu ver.
milloD , que les pcemicus lignes de l’ou-
viagc. C'eft tout le conuairc dans ceux
du V. 8c du vi'. Un mf. apaiiicut à
l'antiquité 1a plus tccoléc , lotfeue les
quatre on cinq premières lignes Je cha-
cun de fes livres font t^alièreœent en
onciale rouge , fans ancun autre ligne dp
dillinâioD : li ce n'eft que Ips titres
marquant la fin d'un livre 8c lecaounen-'
oemem d'un autre foient pcucétxc à li-
gnes altctnativcmcnt rouges 8c noires.
l'culumincui 8c l'écâvaia
en noir n'époieot commuoéiaeiu pas les \
mêmes i il cft quelquefois ativô , que s.4»r. I, 10,
l'an'ajrant rempli fon miniftére ,<r l'au..
tre ne s'en étant point aquicé , . les lignes
louges OU noires fonideineucccscn blanc.
M. Baluze (r) alèguc un exemple de li-
gnes noires oubliées. Ceux des titres IC
cl« letiscs jnitjaltsomircqfeoc beaucoup (i) Uf. iH tm.
plus, fréqncwps. Quelquefois aulfi téen- lo?.
voit^-on en rouge ce que récHvain avoir
i tracé «O ooir...VoUa Uoedet priocipates
-rnifons, po'u^uoi l'oq, trouve je lougp
fur le noir.
' .(;) Les rubriques des mlT liturgiques , (t) Htghâ PrHm,
des cations édéliaftiipies, 8c furtout des
loix civiles étoicat ordinairement eiT
rouge. Cette couleur, fuivant (rf) Colé- Thef.Jur.t.u
rus , anoiMtt quelque chofe de langlant p„fn c. 17.
8t d'boribfe : Sc c'eft pourquoi elle étoit
dcftiiK’C Ipécialcment aux rubriques, des
loix. Ttotzius (r) le réfute trcs-iîrieufe- (*) }J7.-d*'
meut par une feule d'exemples, auxquels fijj.
il auioitpu en ajouter encore beaucoup
d’âuttct. Mais fans prodiguer rérudirionj
cft- ce que les loix p’éioient pas encore
. plus terribles , que leurs rubriques ? I*ourr
quoi donc cctie couleur menaçante n’en
ocupoir cite pas plutôt tout le texte ?
, (^) Son fâvani éditeur doute, lî ces Ict-
tfcs rouget n'onc pas été tracées fur des
noires , nu li pour les fermer , on ne le fc-
roit pas fervid'encre ordinaire 8c de vermil-
lon mêlés enfembic. Comme U plupart
de CCS lettres rouges combeat fur des noires
' du texte même ; peutéire auHî fouvent
pour le moins , que fur des correélions , 8c , .
,qit'clicj ne changeât ppiacUfecmc des Qoet
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htt NOUVEAU TRAITÉ
croit de la lêconde main. Les lettres des {Ignatures des em^»
^stcT.^il pereurs (a) de Conftantinople étoient (i) en cinabre ou en
Chat. it. pourpre.
(4) Brifm. For- Lcs lettres vertes ne le montrent fouvent que fur les mlT.
i.f iés. pourprés. Mais l’argent détaché ; la feule couleur verte pa-
roit pour l’ordinaire ; foit qu’elle nailfe de la pourpre , ou
&fmv. de la compofîtion de l’encre d’argent , ou du concours de
l’une & de l’autre. Il eft pourtant d’autres mff , meme du
vu', iîècle, où l’on rencontre quelques lettres initiales en
verd , fans aucun raport avec l’encre d’argent. Les anciennes
(5) t» ThAumMf. ajjifes {bj de Jirufalem , en forme de chartes fceilées & fi-
«•4 •/. IJ. gnées , commençoient par une lettre enluminée d’or & tou-
. I • . ; . tes les autres rubrices étaient rermeiUées, En cela les ajjî~
fes de la haute court Sc celles des bourgeois étoient fem-
hlables.
(4} La. t;
W M.
On ne s’arêtera point aux lettres bleues & jaunes , en»
core moins à celles , qui réunilfent les couleurs métalli-
ques Sc minérales. Les noires varient beaucoup dans leurs
nuances Sc leurs teintes. Les imes fent trcs-noirés , les au-
tres d’un noir pale Sc déteint , plulieurs jaunes ou rougeâ-
tres. Ces variétés afeûent également les anciens mlT. & les
chartes. Les écritures des papiers d’Egypte font plus conl^
camment très (a) noires.
S: d« autres i ilfemblc (]iK'ce o'ell qu'un
jeu , le non f as un travail fiirleuT : fi cb
n'clV que quelque perfone ait iU obligée
de retracer ces traits , pour lui fervir de
témoins , qu'elle autoit lu S( entendu Vir-
gile , ou pour tenir lieu de variantes , ou
pour faite revivre des earaélcres , qui
commençaient à difparoiire. Cepen^nt ,
fi l'on veut , que ce foient de véritables
eortcébons-, nous né prétendons pas eoin-
batre cette opiniod comme fi te rouge
n'étoit pas une couleur , qui pût leur con-
venir: Nous citerons même le mf. du toi
17)1. donc la première partie eu eède à
peine au Virgile de Florence en antiqui-
té. Oc les cèneâlonsp font faite* en ver-
millon.
(i) Quoique Pachymére (c) dife ,
qu'ils avoieoc fublFitné le cinabre à la
pourpre , dans leurs (ignatures ; Nicétas ,
au (J) premier livre de la vie de Manuel,
lès fiiic fbufecire avec l'eactc de pourpre.
propiement dite. Werveton , moine de
Liège , ne s'eiprime pas en termes moins
formels dans fa cbroiuquc , iotfqn'il parle
de la fignacure faite i Rome par Jean
Paléologue , long-tems après Pachymère.
(t) Wanley , dans là préface fur les li-
vre* Sc les mif. fepeencrionaux , relève
l’encre , donc anciennement on fe fêrvoit
en Angleterre , bien au-delTus de celle
des autres nations. Elle lui fembloic fai-
te , pour durer écemellemenc. Il déclare
n'avoir preique tien vu , qui lui foit com-
parable parmi les ouvrages des étrangers
du même âge. Mais , quoique poné k
croire , que le fang des féches fût uoe des
principales drogues , qui entroicnt dans
fà compofition ; il ne laifTe pas d'en re-
garder la recette comme inconnue, & de
regretet la perte de cet excellent fïcrer.
Des m(T. Sc des diplômes écrits de fi bonne
encte font pourtant fufpeéb à cCrrains au-
ceun ! pareeque U couleur en paroir trop
xm.
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DE DIPLOMATIQUE. 113
XIII. Les lettres enclavées ou renfermées dans d’autres
remontent fort haut. Elles écoient d’un ufice ordinaire, H- I’artie.
dans les mlT. des vi. & vi i', ficelés. Il eft vrai , qu’elles ne chap. u.
fe mettoient alors , que dans les initiales des livres , des i.et-res enda-
ehapitres ou des alinéa. Les diplômes le prcccrent' quelque- vées, liées, coa-
fois à cette mode. Plufieurs originaux de Pépin , fils de
Louis le débonaire , en font la preuve. On en conferve un pcrié«r*niu'alcs
entre autres à la bibliothèque du roi. Dès l’an 17. de J. C.
nous voyons (a) des lettres enclavées dans d’autres. Au x i J4) Hfi.
liècle ,1a coutume d’enclaver les lettres des titres avoit pré-
valu. A force de les multiplier &: de les déplacer ; on reuf-
Ct fouvent à rendre énigmatique la leéhire des monumens ,
où ces lettres font employées. Long-tems auparavant , on
voit des mlT. non feulement renfermer , dans la capacité de
quelques-unes de leurs lettres initiales, le commencement des
lignes fui vantes ; mais encore s’en faire précéder. Les mo-
nogrames fe raportent aux lettres enclavées , liées & conjoin-
tes. Ces trois aernièreS efpèces de lettres doivent ici d’autant,
moins nous ocuper , que nous ferons obligés d’en parler avec
plus d’étendue ; quand nous traiterons des écritures &: des
abréviations. Du refte elles influent dans tous des genres
d’écritures, ôc julque dans les notes de Tyron.
Les lettres perlées font au moins fufceptibles de trois (é)
fubdivifions. Ou elles Ce trouvent totalement compofées de
perles : ou elles ne les portent qu’à leurs extrémités , à leurs //»««,
jointures , à la nailTance de leurs traverfes ; fouvent meme
ne les reçoivent-elles*, qu a quelques-unes de ces parties : ou l'a.w.
elles ne les admettent , que comme enchalTées dans le malfif
vive , & conftqucmmcnt trop tcccntc.
Du reflc, maigre la préfcrcnce , acordéc
par Wanlcy à l’cncre d'Anelcrcrre fur
celle des peuples voi/Ins $ ils a'onc pas
Uiifé d*en avoir de parfaite. £llc fc con-
ferre dans toute Ci bcaun^ , depuis plus
de mille ans : & cette qualité convient
fWcialcmcm à la plus ancienne. Les fic-
elés poftericurs ont aulTi des miT &i des
chartes en encre tres-ooire 6c crcs-Iut-
fancc : mais d'autres du même rems ne fe
diOinguent , que par une couleur plus ou
moin» pâle , plus ou moins jaunâtre.
Eqcic les XIV. premiers ficelés, il q'cd
Tome U.
efl aucun , où l’on ne trouve de l'encre
de tous les degrés , d. puis le noir le plus
foncé , juf]u'au plus foibic. Il en va de
même de la blancheur ou de la falcté d«
vélin. Ces variétés doivent être rapoitées
à la compoficion de l'cncrc , à ta con-
fervation des chartes & des mlf, à i'ufa-
ge qu’on en a fait. Si fur tout cela les
antiquaires peuvent faiür des nuances ,
concourant à\s décider fur l age des
pièces &: fur leur vérité ; elles ne pa«
roificDC pas à portée du commun des
gens de îctircs. Ce goût exquis oc s'a-
quiert , que par une longue cxpéiience.
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II. PARTIE,
Se CT. III.
Chat. ÎI.
(4) Vtytt. ttm. I .
flmncht. yjl.
(t) Ibid. fl. X*
(eJUid.fl.XIU.
(d) V.le J'frn-
rt dt Kps écriiHTts
métMil/qUCS Q*
liddùns*
ir4 NOUVEAU TRAITé.
de leurs principaux traits. Nous voyons l’ufage des premières
introduit chez les Grecs Sc les Latins : mais celui des fé-
condes y fixt plus folidement établi. Elles eurent grand
cours chez les Orientaux , & dans les villes grcques ^
{bumifes aux Sëleucides. E)epuis leur affujétiflement aiMC
Romains , elles continuèrent de les imprimer fouvent fur leurs-
médailles. Nous en remarquons lur les mmioies juives oix
(a) famaritaines » aufli bien que fur celles des {^) Giecs , en.
l’honneur de la république &c des premiers empereurs ro-
mains. Si les lettres perlées ne firent pas la meme fortune en Oc-
cident ; on ne lailTe pas d’en découvrir bon nombre fiir des mo-
noies antiques, foit latines,foit (c) africaines ,foit efpagnoles,8c
meme anglo-faxones. Nos François s’en fervirent arillî , fous les.
deux premières [J) races. La troifième forte de lettres perlées
renferme celles, qm font , quant à leur figure , daiule goût ( i )
(i) Les perles-fc trouvent fouvent en-
chafTées dans ccrtaioesJecrrcs anglo-faxo-
^es^noires ou bleues, de la bible ou mf.i.
de la bibliorhè(]ue du roii-C'ed régulti*
xemeot aux extrémités ou bien aux joio-
mes , -quelles font placées. Elles figurent
oocore au milieu du mafTif de pluficors
de CCS lettres. On nous entendra mieux ,
a Ton jette un coup d'ocil fur la croifîènie
divifjon de notre XYIIP. planche, La
plupart des élémens . qui compofeor cet
alphabet , font tirés des ncres de la bible
citée. On uy voit pas fculcmcm des
lettrcsperlces & ponâudcs à la fois^ mais
qui réuniiTent à ces orncmcos celui d’étre
armées de Hcches. Jointes ou féparées ,
ces parures banifTent aufTi quelquefois
les perles. Outre le noir & le bleu , l'or
9c Targcm forment bon nombre de ces
caraâères. Quelques lettres du même al-
phabet , fans autre décoration , <|ue celle
dCx longues pointes , aparciennent à d'au-
tres mil*, réellement anglo-faxons.
Toute la divifon 1*. de la XVIH*,
planche contient un alphabet purement
anglo-faxoo , pulfé dans un pfeaurier de
l'al^aiedeS. Ouen de Rouen du vt I . ou
VIH*, ficelé. 11 n’en feut excepter, que
les G , K , Z , empruntés d’ailleurs. Les
cmrelanemeos des lettres initiales ou ca-
deaux de chaque pfeaume paioiffem
(fautant plus extraordinaîrer j que rdcri*
turc du texte fcmbic plutôt mioufcu)e>qae
curlîvc. A cca cadeaux ifolés , noua ca
ajoutons de conjoints , à caufe de leur
linguiaricé. ,£n général les plus pecitc»>
lettres initiales de ce mf. nom pas un
pouce d’élévation , & les plus hautes en
ont à peine deui. Nous les réduifoos à
peu près à faniforme , comme il fc pra-
’ tique dans les alphabets. Les lettres da
' nôtre fdm au m(^os répzéfcntécs , fuU
yant leur hauteur la plus ordinaire.
La première divifion de laplanche ren«^
; ferme le coinmcnccmcot de l'évangile
L de S. Jeaa >1» principra er«r Fcrôiwo ^
I gfM/ Mptd Dm ( Dtum ) ^ £>/
; ( Detts ) fféit Verbutn^ hoc erst in
) fio sfiuiDi ( Denm, ) Ce morceau rem-
plir toute la première page du quatrième'
HA'angile du mf. loS.in-^iadc fabbaie
, de $. Germain des Prés. Les diinenfionr
de récriture de U planche font exaéle-
. ment les mêmes : fi n'éO que nous-
avons été forcés de réduire à un grand
pouce & demi de moins le premier I N ^
& de récranchcr une bordure , qui r^oe
aux marges fupérieure , inférieure & Ja>^
cérale extérieure. Elle ell le double des
malTîfs de V/ & de l’N. Toutes les lettres-
|- du frontifpicc de S. Jean font ponûoécr
I à points rougcs,cxccpté Icscntxelaflemcas-
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inUtalùt, C^Ipttales, omtales, Jemt-ûndal&f, peri^, doretis, arpenbia SCc.
■%'
DE DIPLOMATIQUE. ny
ànglo-faxon. On jugera de leur ftruûure , & de la manière ,
dont les perles y font enchaffées par le fécond alphabet de la
planche XVIII. On ne peut pourtant pas dire , fi ces lettres fe c h a r. I u
rencontrent, dans les livres anglo-faxons. Il en eft de même
de celles, qui font terminées en flèches. Les unes & les autres
font deftinées à la parure de livres écrits en France. Elles y
font , il eft vrai , rarement employées Sc n’y femblent in-
troduites , cjue pour la variété des décorations.
Nous lerions trop longs , fi nous nous étendions fur les
diverfités des lettres , caraélérifées par leurs figures. Il fàu-
droit parler de lettres ruftiques , triangulaires , hétéroclites ,
barbares , diverfement inclinées , de lettres en grifes , en
batans , en olTelets , à boutons , à bafes & fans bafes, à traits
luperflus , & de tant d’autres , dont nous' donnerons des mo-
dèles , 6c que nous réduirons en claiTes , divifions , genres,
efpcces : lorfque nous examinerons les diférentes écritures
des peuples d’Occident , chez qui la langue 6c les caraélcres •
des Latins furent en honneur. On croit devoir couler encore
plus légèrement fur les lettres hachées , de quelque manière
qu’elles le foient : les monumens figurés , où elles fe trou-
vent , ne fufifênt pas , pour en aflurer l’antiquité. Les let-
tres à jour^ ou blanches , cirées d’après les infcriptions des
intermédUiret des deux premictes , al-
terDatiTcmeat à points souges & noirs.
Nous avons fait blafoncr le tond des Ict-
ères , confbrmdmcnt aux couleurs du mf.
Cette plaucbc a paru un cbef-d'euvre aux
cntoilTcurs. La pretnictc partie furtout
fiiit au burin du giaveur un heuneur bien
sudriid.
A la tête dCiCbaque évangile , tonjouts
•U folio rcâo du mhne mf. les prcmiéies
pages (but encore plus décorées , fans
jamais s'écarter dugoùt anglo-faxon.Ccile
^ucDOus avaasfait gcavcrcHlaplus (impie
& la moins chargM (fomemens. Les li-
gnes du frontifpicc'de S. Luc n'ont pas
toutafàitnn pouce : mais ell« (bot (épa-
tées par Cx bandes de points noirs &
touges , avec de pareils entrelaflémeo;
des mêmes conteurs , fervant de ma(Tif à
CCS bandes. Celles du commencement de
S. Marc faite femblables , mais plus étroi-
tes. Les letues s’y didinguent par leur
épailTeor & par une plus grande variété
de coulcutx. Ced le (cul endroit , où le
'pourpre Toit admis. Le (tontifpice de faine
Mattnicu e(l le plus (inguUer de tous.
Il n'a que quatre lignes : mais fans parler
des premières lettres de U première ligne;
les deux dernières ont deux pouces de
hautcuc, avec une épaUrcuc pcoportiooée.
Les lettres alTcz maigres des trois autres
lignes font fouvent tiès-entrelallécs les
unes dans les auues. Elles s’élès^t à un
pouce & demi de hauteur. ‘Nous palTona
fous lilence les douze portiques ou colo-
nades des canons évingéliques , placés i
la tète de ce mf. Les deux prAniers (bat
à cinq coloues ou piladres. Les treillages
k les dragons à l'anglo-fazone leur tien-
nent lieu de malTif. Le blanc , le noir , le
ronge , le nourpre , le jaune & le bleu
font les feu. ^ couleurs , qu'on y fàlfe
conttaAet.
Pi;
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II. PARTIE.
Se CT. III.
Cil A P. II.
(a) Trxhf Jes J:~
’ft Ht rtvsfenjeel
l.f. Jll.
iiiî NOUVEAU TRAITÉ
marbres & des bronzes , doivent être aufli mUès fur le conv^
pte des graveurs. Les m(T. nous fournilTent cependant Sc
des capitales , &c des onciales , &c des minufcules à jour..
Ce ne Ibnt pas feulement quelques lettres , mais des pages
entières. On diroit qu’elles auroient été tracées par des plu-
mes ou plucôc des calamus à deux becs ou à double ouver-
ture. Les exemples en font fréquens , dans les mil', des vu.
& VI II®, ficelés. Les tems pollérieurs n’en font pas même
dépourvus. Quoiqu’on répande diverfes lettres tremblantes ,
dans nos alphabets de curlive ; on réfervera pour les écrita-
rcs les oblervacions , qu’elles doivent faire naitre.
Il n’eft pas rare de voir des lettres à contre fens , ou dans
une policion étrangère à leur fituation naturelle , &c meme
tenverlee. Seulement contournées , elles fervent Lur les an-
ciennes inferiptions romaines à défigner les prénoms des per-
fones du Icxe. Mais le P. Coftadau (a) n’en devoit pas faire
une règle générale. 11 en eli certainement un nombre , dont
on faifoit une aplication bien diférente. Les lettres renver-
fées font alTez fréquentes furies valês antiques & lur les mo-
noies. Si elles le font encore plus fouvent fur les fceaux ,
les aneaux &: les pierres précieufes en creux , ou plutôt
fur leurs empreintes ; c’eft ordinairement par pure méprifê-
Au furplus la maladrelfe des ouvriers n’eft pas la féule caule,
fur laquelle il faut rejeter le renverfement des. lettres. Le
caprice , les modes bizates & autres motifs , qu’il n’eft pas
uécelfaire ici d’aprofondir , y ont eu quelque part.
Toutes CCS lettres palferont en revue , dans nos modèles
d’écritures. Les lettres initiales des livres , des chapitres fie
des alinéa étoient d’abord d’un goût beaucoup plus fimple ,
qu’elles ne commencèrent à le paroitre au vu', fiècle , Sc
mcm*ftir la fin du vi'. Ces ornemens furent prodigués de
plus en plus dans la fuite. Moins un mf afeéfe les lettres
hiftoriées à la tête des livres & des chapitres ; moins il em-
ploie de lettres initiales d’un plus grand volume , que celles
du texte aux alinea : plus on doit juger ( i ) ce mf. ancien j
s’il cft écrit en onciale ou demi-onci^e. Par exemple , les
0) Ce n*c(^ p:is néanmoins un Hgne I cBaque oavrage plus erandes, qoe les au*
toniraire à la plus h?.ucc antiquité , tjuo I ères : furtouc û elles font Hmptcs & üaê
4*ayoii les premieses Icmcs du texte de { otnemtos*-
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DE DIPLOMATIQUE; 117
premières lettres des pfeaumes du célèbre pfeautier " c^u’oii
croit avoir été à l’ufage de S. Germain évêque de Paris au
vi' fiècle , ne font point fupérieures à celles du texte. Mais
parcequ’il nous faudroit anticiper la diftindion de l’écriture
onciale & capitale ; û nous voulions traiter ici à fond la ma-
tière des alinéa ; nous nous bornons à ces deux obfervations,
C’eft encore une marque d’une belle antiquité ; lorfqu’on
trouve la première lettre de chaque page , ou feulement de
la plupart des pages d’un mf. commençant par une grande
lettre , tandis qu’on n’en met , que d’une taille ordinaire à
la tête des livres des alinéa. Tels font les fragmens d’un
Virgile , dont on a donné le modèle , dans la nouvelle ap-
pendice de la diplomatique de D. (a) Mabillon, & au troi-
fièine genre de notre deuxième clalTe des écritures. Tel eft
lè mf. 960. de la bibliothèque de S. Germain des Prés,
XIV. Il n’eft peutêtre point de caraêlère plus facile à fal-
fir , ni plus propre à déterminer l’age des mu , que celui qui
téfulte de la forme & du génie de leurs lettres (1) hiftoriée$>
( r) Les traits hiftoriqaes , dont elles
Ttptéfenccnt les images , leur ont fait im-
pofer le nom d'hiftorifes. Lef plus an-
ciennes font fouvent relativei an dif-
Cours , <]a’ellcs conuaencent. D. Bernard
{i) de Montfaucon explique en ddiail , à
quoi fe rapottent plufieurs de celles . qui
«cotent les mff. grecs. Il en a même
lait graver qnelques unes dans là Paldo-
grapnie. On y voit un S. Jean Chryfof-
some la plume à la main , à la tf te du pre«
Biier livre du facerdoce. Sa hoindlie
au peuple d’Antioche commentant par
ces mots : Hier Htm rruinmes i» etHibti ,
clf prdccdfe d'un E , d'on s’élance un
uciier armé d’une pique. Pour lettre
iftotiée d’une autre pièce , od il eft
parlé des peines de l’enfer , paroit un
ferpent monftmeux , qui dévore on hom-
me. C’eft le premier K de notre alphabet
de Etplanche fuivante. Quelquefois la li-
gure, de la lente grife ne fe rapone qu’au
premier mot. Mais l’imagination de Ven-
iumincor eft le fond inépuilâble , d’od
la plupart de ces Icnres font cirées.
Les Latins ftirenc un peu moins aten-
lifs , qoe les Gtccs à bure quadter l’ima-
ge avec les faits senfesmés,daqs les pa-
roles. S’ils donnent davantage an pur ca-
price i ils ne lailfent pas auffi de confor-
mer les portraits de leurs lettres initia-
les aux fujets , qui doivent fnivre. On
Ce contentera d’en indiquer quelques
exemples , empruntés du facramentaire
de Gellone. Ils figurent dans notre plan-
che des lettres en forme d'hommes , de
quadrupèdes & d'oifeaui. On y verra un
crucifix , fervant de T au commence-
ment du canon de la MelTe : les animaux
myftécieox défignant les quatre évangé-
liltes à la tête des difeours , où l’on cx-
pofe les laifons de ces lymboles : un
cbarpentioi *taillant un aibrc , aparam-
menr pour faite trois croix , qui concou-
rent avec lui h former la lettre initiale
de la colleâe , pour la fête de l’inven-
rion de la fainte Croix : un cavalier armé
de pied en-cap , pour première lettre de
l’orailbo de la McITe , qu’on devoir dite
en tems de guerre. Dans l’alphabet vé-
gétal , le dernier de la X I X’. planche ;
le premier B eft un pampre de vigne ,.
chargé, de feuilles Sc de grapes ; parce-
qn’il eft à la tête de la bénédiébon des
raifins nouveaux. Le fécond T porte de*
ihiiu de. difècea» genm : parceqp’U
IL PARTIE.
S E C T. 111,
C H A ?. II.
Lettres hiftortées
en forme d’hom-
mes , de quadru-
pèdes, d'oifeaux.
(i)
p. SJ4- &
V. rtttrt fltai[i0
XIX.
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II.’ Partie.
S E c T. III.
C H A P. II.
de poillons , de
ferpens j lettres
flcuionées , bro-
dées , enttelalTécs,
bUzonéeSi ornées
d’arabefqucs , de
feuillages, de gro-
cefciues : lettres à
filigranes , en ehe-
velure , en mioia-
tuie écc.
(4) GtliUf Re-
mua jtUmM. !■ I-
î- 4»-
{ITChrm.Gtdw.
lit. t.e. 1.4. I*
f~ tf.
(c) Efi/I. v.p.ij.
gdà. BmImz*
{d) Dt Mgrffmm
twnditUmhus
tênftitmtiMiyui li*
mittm.f. 204.
lit NOUVEAU TRAITÉ -
répondant à nos lettres gri fes. En général leur rareté dans'
les mlT, où d’ailleurs on ne s’eft point négligé fur l’élégance ,
eft en proportion avec leur antiquité. Si ce caraûère n’étoh:
démenti par aucun autre ; on pouroit eftimer du v'. fiècle ou
du VI'. au moins tout mf, où l’on n’en découvriroit aucune.
Du refte on ne prétend pas fixer au dernier l’origine des
lettres hiftoriées. On ne fauroit mcmeprefquc douter , qu’elle
ne foit bien plus ancienne.
En effet , le vi', fiècle n’étoit pas untems fort propre x
faire éclore des nouveautés fi recherchées. Ces lettres font
apelées (i) capitulaires , parcequ’elles étoient placées au
commencement des chapitres &c des livres.
Les lettres en broderie , commencent à reléver les mfT.
du VI'. fiècle. Au vii'. elles deviennent plus fréquentes 6c
rempliffent quelquefois la première page (1) d’un livre. I
commence la bénédiéboo des fcolcs aon-
veaux. Non padbns on agneaa avec une
croix & un rameau d'arbre , fornanc le
D initial de la bénédiélion de l'agneau
pafcal , un autre D pareil , compolc d'un
poilTon , d'un bras élévé , tenant un verre
long , mais fans pare , au commence-
menc de la bénédiélion du vin nouveau.
(1) Cette exprefCon eft plufieuia fois
employée par Ekkard le (4) jeune. Les
lettres capitulaires o'avoient (t) point de
mefure fixe , fdon fabbé de Godvric :
<c cependant , contre le lëntimept de D.
MabÛlon , il penle , que c'eft de ces
letties ; éc non pas des onciales , dont
Loup de Ferrière (r) demande la mefure
à Eginbatd. M. du Cange renvoyant de
ces lettres à celles > que lesv(téj aotenrs
des limites apellcnt liant ctfiimiut ,
infinue par-là , qu'elles avoient enfemble
des raports.
(s) Elles y Ibrmeot de tems en tems
des lignes d* un pouce de haut , & confé-
quemmeot onciales , dans la plus grande
rigueur de ce terme. Il n'eft pas meme
fins exemple , qu'elles furpaflent cette
inéfur: , ou qu'elles ne l'égalent pas. De-
puis le milieu du vu °. fiècle , jufqu'au
milieu du vt 1 1' , ces lettres s'alongent
4t s'amaigrilTcnc. Souvent elles font rcc-
Biinécs pu des filigianci en voluu.
Sonvent des poilibns en (ont partie ; quel-
quefois elles en Ibnc entièrement corn—
pofées. Les lettres brodées fe rencon-
trent principalement dans les mC méro-
vingiens. 0*où l'on pouroit conjcânrer,
que fi l'oo en trouve aulli , dans pluficora
mlT. en onciale i c'eft qu'ils ont été tranf-
ctits dans les mêmes pais , où l'on ulôit
d'écritures mérovingiennes : d'autant pion
que les m(L où celles-ci (ont employées ,
ne lailTent pas de faire ufage de lettrea
ordinaires capitales , onciales , mioufeo-
les. Notre alphabet de lettres brodées
tE°. I V, eft principalement tiré des mlT. de
S, Germain des Prés i;4. 400 éir. 7S1.
7>y. 840. tti. yj(. Le feul mlT. 784.
en a fourni pour fa part plus d’une demi
douzaine. Ajootez-y lep& le f d'une hau-
teur démeiurée , quoiqu'elle ait été ré-
duite de plus de moitié. Ceft aullï de-Ià .
ue nous avons tiré le troifiésne modèle
e la planche XVII. Deux coloncs éfi-
lées, evalées parle haut , te qni fem-
blent préluder a l'architeâure gothique ,
le tenfetmeac. Elles ne Ibutiennent poiaa
une voûte , mais de gros cordages Ùo
zigzag , terminés pat dci fièchea te des
bouquets: le tout colorié , comme les let-
tres. Les dimenfions de l'écriture du mf.
te celle de la gravure , font dans lent
totalité piécifémcDt les tnéincs. Malt
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DE DIPLOMATIQUE. irj
Aux lettres brodées en France üiccéda la mode des let-
tres en (i) treillis ou à mailles. Leur madir commença
d’abord par recevoir des chainettes. Bien -toc elles fe
multiplièrent , au point de produire des lettres treffées &
cntrelalTées. Le règne de cccaîraflère défignetes vii ix®.'
Cèdes.
Les arabelques parurent fur les lettres Iiiftorléés , dès Is
vu I*. Leur faveur s’acrut dans la fuite : leur crédit fe fou-
tint , an moins jufqu’au xi i« ; mais depuis le x', ce fut avec
.un dépéri/Tement fcnCble du côté du goût.
Les lettres blafonées , ou pour ainC dire en fi) marqueterie,
apartiennent à l’écriture lombardique. Elles font extrèmé-
ment rnadves : quelquefois même leur largeur excède leur
hauteur.
IVI^ation dei ligne* de copie eft an
pca plus uDifoimc , que celle de l'otigi-
nal. Dans ce detniet , depuis la premim
l'^ne , d'un demi ponce , jnlqu’à la qoa-
tricme , elles *onc croillâm de qoelqnes
lignes. Après quoi elles ddccoiireac , (âi-
uanc la même proportion. Qnoiqae le
folio , où Ce 'trouve le modèle (bit efai-
fte r i il e(l précédé de deux autres ftuil-
îets. Sur le verfo du premiet domine une
croix pâtée le en broderie , à la traverfe
de laquelle pendent l'A 8c 11Q , irec cette
infeription t Cnuc mIpim fitlfit , en let-
Rcs d‘on pouce de haotenr , également
brodées. Les omemens , qui . l’environ-
nent,font des étoiles en flècae, des fleurs,
des oifeaux -, des poiflbns , 8c TurcoVe de
gros cordages , aboatilTani i c- grands C,
rcfpcâivemenc afrontés , au milien des
qnarre marges. On les voit d’une ligure
plus commune, à la page fnivante, adoflés
vers le milieu des marges intérieure 8c
extérieure. Ces lettres donnent la pre-
mière du mot Crux. Au relie les deux
papes du fécond iêuillet font dans le
meme goût , mais d'un deflein diférenr.
Par tout la croix eft reprélcntéc , fous di-
Tcrfes formes. Quxnc à IS première page
du troifième feuillet ou de notre modèle ,
sa voici ta leaure : iHeifti Hier Omtlis-
itMti Grtgerü mriis K&m*e
mepHuimie in Sc» Hitudntl {JmSt kxx-
etrel ) frcfhttn.
(i) On peut en produite quelques
exemples anlG anciens que ceux des let-
tres brodées. Ces treflês , ces chaînes , ces
bandes de mailles fe maintinrent long-
tems for les lettres grifes. Mais jamais
tlies ne furent plus à la mode, jamais les
filets de ces lettres oc fe répandirent avec
plus de profiifion , jamais elles o'aqoircnt
lus de grâces , qu'au i x' fiècle. Les bi--
les 8e les heures de Cbaric le chauve ,
gardées à la bibiiatbèqae du roi , en (boc
remplies.
(x) Elles ocupent qoelqnefbis route la
première pMc d'un livre. Mais alors leur
nauteur n’elr pas toiqonrs onifbrroe. Elle
change ici («) prelquc i cbaqoe ligne.
Les unes font de près de trois pouces , les
autres d'un peu moins , d’autres de deux
ou d'un. Qnelqaes-unes ont à peine le*
denx tiers do pouce ou même de là moi-
tié. Plafieurs,8c meme des lignes entières,
prennent la forme d'oifeaux on de poif-
fons. Le malEf des autres eft com-
pofé de feuillages ou de parquetage :
coûtes font en raofarqoe , ou du moins
bariolées de diféreotex couleurs , m.ris i
grands compartimens. Ceft à ce dernier
trait fattont , que les lombardiques fc
diftinguent de la plupart des lettres hi(^
toriées. Les coulenrs des unes femblcnc
former des dcnteller ou des broderies ,
8c celles des autres des pièces de ra-
porr , ou le coloris Tarie aiicaoc que la
figure.
II. PARTIE.
Sicr.III.
Cmap. U.
(n)V'.Uflmat
XVII,
îlo' NOUVEAU TRAITÉ
■ Loi-rque les lettres grifes (i; wi%othiques font plus fim;
* s ’ï C * Ml* images; elles le paroiflent auffi du côté des coït
■CnVr. n! général elles font très-compofées , furtout dans
les livres d’églife. Ce font des lettres à figures d’hommes , ou
de qurtques parties de leurs membres.EUes repréfentent (i) des
i
(i) Si l’on veut fe former une idée de
celles , <]ui font pittic des titres ou des
<ommencemens de livres du mf. i £ j . de
S.Germain des PréS) on peur confultci la
planche XVII. num. i. Le faeramentaire
dcGcIIonc ne renferme point de pareils ti-
tres en lettres plus petites. Elles y font
quelquefois d'un gtand pouce , quelque-
fois elles n'en ont que la moitié. Sou-
vent pinlieurs lignes du même titre s’é-
lèvent à diférentes hauteur;. II faut lire
ici ; In XP J. nemi .• incpi. tn. epïsl.
fiiftT. ptfilii. In frimit. dt Kàlit
DU. Et uns abréviations : In Chr^i n»-
min» ineipinnt btnedi3icn»i tfifcefnltt fn-
fer ptpulnm in frimis dt yifiJid Nntnlii
Domini. Les deux V , ou l’Y & l'V j &
la base du mot mcifimu font d’une main
plus récente , quoiqu’ancienne. Ce mor-
ceau cft tiré du mf. de S.Germain 16} .
folio 149. ÿ.
(i) Pour en concevoir une idée plus
julte I on peut jeter les yeux lut nos
alphabets, nnihr»f»nurfhiyn» , c'eft-à-
dirc de lettres à figure humaine : zttgrn-
fUnu , en forme d’animaux ; trnitiutid»,
en forase d'oifeaux : ûhtfytnurftiyn», en
forme de poüTons : tfhitmorfhiynt , en
forme de fetpens : nmhtphyUtéid» , en
forme de fieurs Sc de feuillages. Il a falu
séduire ces lettres II une grandeur tmi-
forme , pour pouvoir les ranger en al-
phabets. Quelques-unes Ont dans lesmlT.
environ un pied de hauteur. Mais il en
efi peu , qui n'aicot au moins quelques
pouces d’élévation. On n'a pas cru de-
voir s’opiniâtrer à compléter chacun des
alphabets de cctic planche , non plus
que ceux des autres lettres grilcs. Leur
véritable uuUté fe borne à manifefter le
goût , avec lequel eUcs furent dclfinées
& peintes. Il faudtoic être autrement fe-
courus, ou bien avoir eu du tems de telle,
* pour feuilletée des millieu de mlT , dans
i'cfpérancc alTcz incertaine d'y déterrer
les lettres , qui nous manquent . D'aillcuis
on s’étoit fait d’abord une loi de rébutet
tout ce qui fe trBuvccoit pollécicur au
IX'. fiécic. Cette referve a dû nous met-
tte à l'étroit & prcfque nous réduite i
l’impolTibilité d’en découvrir davantage.
Si dans la fuite on s’cll dilpenlé de cctro
loi J ce n’eft qu'à l’égard de l’f , tirée
d’un mf. de S. Martin de Pontoife du
XI i'. (iccic. On n’a emprunté qu’un
très-petit nombie de lettres déjà gra-
vées , dans la Paléographie & la Chroni-
que de Godwic. Quand les figures de la
mène lettre font crès-diférentes , on ne
fait nulle dificulté de les multiplier. Mais
pont quelques doubles ou triples , aux-
quelles on acotdc l'entrée j on donne
fouvent l'exclufion à bien d’autres : on
parccqu’elles ont plus de rclTcmblaoce h
cclle,dont on a déjà fait ufage ; 4>u paree-
que leur multitude ne permet pas de les
admettre. Les lettres , donc on compofo
ces alphabets font ordinairement initia-
les. Il y a peu de lettres de la planche
XIX. for lelquelles nous n’eumont des
remarques à foire ; fi nous ne craignions
d’ccre trop longs te de tomber dans la •
minutie. On peut cependant donner des
explications alfcz curieufes de plulieurs
lettRs fymboliques. En voici quelques-
unes au fujee do premier alphabet feu-
lement; S. Michel Archange étoofonc un
fcrpenc dans fes mains ell reptéfoncé par
le premier D , lettre initiale de l’oraifon ,
pour la dédicace de fa balïliquc. Au fé-
cond D , une main Coupe la barbe à un
homme , avec des cizeaux , donc la for-
me cil d’autant plus finguUére , que leurs
deux côtés ne fe tiennent que par un
bouc arondi à la manière des pincettes.
C’cfl la première Icttie de l’oraifon, qu’on
devoir dire fur ceux , à qui l’on foifoic la
barbe pour la première fois. L’E com-
mence l’otaifon , où l’églife prie Dieu .
; de lui acorder de le fervir avec une li-
berté , que rien ne trouble. Il femble ,
quoB y ait voulu peindre l’^Iife foifanc
animaux
DE DIPLOMATIQUE. .iii
animaux à quatre pieds , des oifeaux , des poiflbns , des fèr-
pens , des fleurs , des fleurons , des feuillages. Un infigne (i)
nif. de la fin du VI 1 1'. ficelé , ou du commencement du
fuivant , nous a fourni la plupart de celles , qu’on a fait en-
trer dans notre planche XIX. Les vi i . & v 1 1 1'. fiècles font,
à proprement parler , ceux des lettres compofées d’un ou de
plufieurs animaux à quatre piés , d’un ou de plufieurs oifeaux,
poiflbns , ferpens , ou de diférens aflbrtimens de ces ani-
maux entr’eux , ou meme avec les hommes. Les uns & les au-
tres formèrent originairement le corps des lettres. Mais , dans"
le moyen âge , communément ils n’y parurent , que com-
me des décorations , qui n’empêchèrent pas , qu’on n’y figu-
rât (2.) les lettres à l’ordinaire.
tomber les liens des mains 8c des pi^s
d*un Quand on cenoic le ferutin,
pour préparer au barème les cathécu-
mènes compérens > apres que le diacre
avoir tu le commencement de chaque
évangile : le prêtre expofoic les raifons ,
Îiu'on avoir eues de peindre leurs auteurs»
bus les figures d’un homme » d’un lion ,
d’un boeuf & d’une aig.[e. Notre F repré-
fente le premier évangélide , tenant dans
{a main gauche un livre » fur lequel cA
écrit MATH EUS. Il a dans là droite une
crofTc , qui n'eA pas moins remarquable»
que Ton pallium 8c fa chafuble. Le pre-
mier I , place' à la tête du racramentairc
deGellone n’eA autre , que la faiote Vier-
ge » élevant une croix avec (a gauche , &
avec fa droite un encenfoir , qui ne ref-
fcmBle aux nôtres » que par le bas. Sa
robe & fa coefure font fingulières , mais
conformes à celles de fainte Agathe, dont
le porcraicIcA le fécond 1 de notrealphaber»
& la première lettre de l’oraiAsn de fa fête.
Cette Ste martyre porte de plus une lat^
gc ceinture, une croix & fon nom écrit de
haut en bas deux fois de la forte fur fes ha-
bits : Sce AfMte m. See AgMte ma.EA-cc de
p£ur qu*oo ne la prenne pour une autre? Il
croît plus aîf^ de fc tromper k l'image
précéaeote. Auffi n’a-t-on'pas manqué
d’écrire fur Ai tète 1 Scs Msris, Ces deux
portraits peovent Faire conoitre aux cu-
rieux rhabiltement des femmes de la
FVancc méridionale aux vin'. & zx*.
fiècles. Le troificme I cA la lettre ini-
tiale de l’oraifon de S. Hermès martyr.
Tome II.
\ Son habit a la forme il'nne aube , <]uoi-
qa'il n'cD ait pas la couleur. Il tient une
colooe ou poteau , qu’on croyoit alors
probablement l’un des inftrumcns de fon
fupiiee. Quand le premier O ne ferait
pas à la if ce de la bdnddiâion des fonts ;
on y rcconoitroit le batéme de J. C. au
S. Efprit , qui defeend fur lui , & à la
croix , qui parait dans le limbe de gloi-
re , dont fa tête eft environne. Ce limbe
n’dtoit pas même fuptimd dans les cruci-
fix , contme le prouve notre T. Le Sau-
veur du monde y parait fur la croix ,
couvert depuis la poitrine jufqu'aux ge-
noux. Le dernier O commence la prière ,
pour la confure clcricaleile premier P.cclle
pour la recommandation de t'ame : le fé-
cond, l’oraifon, pour une armée, qui mar-
che au combat : ôc l’V.laconféctacioo des
mains du pontife. Tout cela n’cA pas
mal rendu par les figures fymboliqucs ,
qu'on y voit exprimées.
(i) II apattienc aujourdiii ^ l'abbaïe de
S. Germain des Prés. C'eft le célèbre fa-
cramcncaire de Gcllonc , maintenant S.
Guillelm du Dcfcrt.
(1) Les mlT. les plus précieux des fic-
elés polléricurs rcpréfencenc anlli des fi-
gures humaines , mais d’un goût fort
diférent. Celles lies teins antérieurs com-
polcnc régulièrement le coras de la let-
tre , ou du moins en forment une
portion conlidèrablc. Celles des autres
ne les admettent le plus fouvent , que
comme des bots d'euvre , comme des or-
ncmcos étrangers. Tantôt les petfonaget
II. PARTIE.
Si CT. III.
Chat. II.
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JI. PARTIE.
S f CT. III.
C H A P. II.
r.//. XVIII.
(j) Chrentc. GfiJ-
tnu.f. f J.
(i) Uii f. SI.
(0 PlmthtXIX.
m NOUVEAU TRAITÉ
Les lettres liiftoriées (i) anglo-faxones fê diftinguent des au-
tre.s : parcequ’elles aboutiflent en têtes & en queues de ferpens :
parcequ’elles (ont (a) bordées de points : parcequ’elles pa-
roiflent dans leur maflif garnies de perles : parcequ’elles por-
tent fur un fond , foit rouge , bleu , jaune , foit niiparti
ou écartelé dt?- ces couleurs. Ces lettres gril'es terminées en
tête ou en queue de ferpeps , de dragons , de monftrcs : ou les
repréfentant dans leur maflif , ont été moins imitées des
autres nations , que les précédentes. Le treillage &: les en-
tortillemens ont ibuvent lieu , dans ces fortes de lettres C’eft
furquoi nous renvoyons à notre premier alphabet anglo-faxon,
- Les lettres fleuronécs ou fleuries , conflammenr employées
dans les mfl. ont pafl'é de-là dans les imprimés. Leur va-
riété prelcjue infinie ouvroit fans doute un vafte champ à
l’imagination des peintres de mlT. Aufli fe donnèrent-ils ca-
ricre en ce genre. Aux vi ii. &: ix'. ficelés ils diverlificrent
prodigieufement leurs lettres liiftoriées. Souvent les cou-
leurs les plus vives & les plus tranchantes y contrafterent.
paroifTent encadrée dans le maflif d'une
lettre, prcll|uccn forme de piUftre : tan-
tôt on n'y voir, que des médailles , des
budes , des moulures ; rantôt , pour en
venir aux exemples , ce font les lignes
du zodiaque , qui ferveDC à décorer une
de CCS lettres. Tel cft un D en or de
la bible , écrite pour Chailemagnc , mais
réellement oferte à Charie le chauve.
Vers les xi. & xii*. ficelés les portraits
font plutôt renfermes , dans le feindes
lettres grifes, qu ih n’encrent dans leur
contour , ou qu'ils ne contribuent à leur
format ion.
(ijLcsornemens dcsicnres grifes anglo-
faxoncs fcmblcnt n’etre le fruit ,quc d’i
maginations atroces & mclanclioliqucs.
Jamai<: d'idées riantes : 'out fc rc/Tent de
la dureté du climat. Lorfque le génie
oc manque pas abfolumenc; un fond de
rudeffe & de barbarie caiaélcrifc <Tautanc
mieux tes mfT. & les lettres hifioriées,
qu'on a plu^afcélé de les embellir.
(i) Quoique toutes les lettres ponéluées
ne fbicnc pas anglo'faxoncs, 9c que toutes
les anglo-faxones ne foient pas pouéluécs^
e’cft néanmoins un caraélere , qui leur
convient plus particulicremcnc , qu’à nul
autre genre d’écritutc } futcout quand
cites font majufcules : comme il cft aifé
d’en juger par notre planche XVIII. God-
froi de Bdicl a fait rcpréfcnccr un
morceau d’un mf. de la cathédrale de
Virszbourg ,‘donc IcS deux premières li-
gnes en titre , font entourées de deux pa> ^
rallclogrames dt; points. La lettre gnlc ,
placée à la tcce , en cfl toute environée.
Cependant cette écriture n'cft au plus
?iuc dcmi-fàxone. Le même auteur (&} a
air figurer un autre modèle d’un mf. de
S. Pierre de üalfbourg , qui fc dit du x%
fiècic. La plupart des lettres majufcules
de fa première ligne (ont garnies de deux
gros points. Ce font - là fans doute des
plus anciennes lettres de ce goût. Le go-
thique récent en a fouvenc fait ufage.
Les autres pe iplcs n'auroienc-ils poinr
emprunté des Saxons cet ornement 'bi-
zarc ? Que toutes les lettres entourées de
points r.e fbicnc pas anglo-faxonOson peur
s'en convaincre par notre alphabet (r)
anthopfrfllocide. Qu'on jette furtout les
yeux fur fon fécond A & fa fécondé M ;;
ils prouveront, qn'on employoit lespointSy
même dans le «'iligochiquc.
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DE DIPLOMATIQUE.- iij
Ritadans la nature , dont ces lettres n’aient emprunté la
forme. Mais , après l’avoir pour ainfi dire épuifée ; à force
de vouloir rafîncr , les enlumineurs & les peintres tombèrent
dans le ridicule &c dans l’extravagant.Toutefois avant le x 1 1 1
fiècle , ils s’en préfervèrent en quelque force ; fi l’on com-
pare les produâions de leur imagination la plus égarée avec
celles des liècles fuivans.On ne vit plus alorsces lettres garnies,
que de têtes déplacées , avec des nés monftrueux , ou bien
elles fe chargèrent de lignes de diverfes couleurs^ en barbes ,
en gerbes , en chevelures bouclées par les extrémités. Souvent
leurs extenfions polUches ne le bornèrent pas , Ibit à remon-
ter au haut , foit à defeendre au bas de la page ; mais fe
replièrent encore le long des marges fiipérieures Sc infe-
rieures.Cependant le corps dq la lettre proprement dite n’avoic
ordinairement guère plus d’un pouce de diamètre. Les exten-
fions chevelues afedoient des couleurs opofées à celle du fond
de la lettre. Deux filets voifins foutenoient fouvenc leur alter-
native de couleur , autant de fois qu’ils écoient répétés. Dans
leurs intervales , d’autres petites lignes , qui ne tenoient à
rien , fe trouvoient placées. Souvent elles écoient en vis ou
en volute. Quand les filigranes n’avoient pas lieu : les écha-
pemens des lettres prefque en forme d’antennes , ne laiflbient
pas d’ocuper autant ou plus de terrein ; lors même qu’on leur'
donnoit pour fond (i) des feuilles d’or. En un mot , tout ce
qu’un goût dépravé peut produire de plus abfurde , tout.ee
qu’un cerveau ■frénétique peut enfanter de chimères, fut
prefque l’unique apanage des lettres hiftoriées des x 1 1 1 . x t v.
&c XV'. fiècles. • . •
Cependant c’eft au xv' , qu’on commence un peu à fe ré-
concilier avec la belle nature. On en découvre même quelques
foibles préludes dès le xiv'. Ces filigranes & ces échapemens
de lettres hiftoriées donnèrent lieu à des vignettes , à des
rinceaux , où l’on vit naitre des fleurs &: des fruits. Les en-
lumineurs s’exercèrent d’abord beaucoup fur les fraifes : 6c
(i) Les lettre^ pofôcs fur un foodd*or,
cm difcrcnc de leur couleur particulière ,
furent frequentes, dans certaines écritures
Jonibardiqucs , au IX*. ficcie , te même
aux fuivans > dans ics divctfes (brtes de
romaines ordinaires. Souvent elles afec-
tent, non feulement les lettres des ti-
tres ; mais encore celles des mlinta , dans
la gorkique moderne.
Qij
Il PARTIE.
Se CT. III.
Ch AP. II,
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114 NOUVEAU TRAITÉ
■ — ~ c’eft peutêtre en quoi ils réufliflbient le mieux. Leurs de^-
feins au refte’étoient des pièces mal afforties. S’ils s’avifoienc
d’orner les mlT. de portraits , leurs perfonages étoient roides
& fans vie. Mais peu à peu leurs rtiignatures devinrent plus
douces , plus finies & plus naturelles. Les vignettes & les
peintures furent détachées des lettres. Les portraits devenus
un peu plus animés , fur la fin du xv*. & le commenceme'ne
du XV i'. ficcle ne fervirent plus , que d’ornemens ifolés ;
& les vignettes , de cadres & de bordures. Les rinceaux de
feuillages y paroiffoient fouvent fiir un fond d’argent ; &
les fleurs fur un fond d’or. Des oifeaux , des dragons , des
reptiles Sec. faifoient quelquefois lîn effet affez gracieux ,
dans ces cadres & ces bordures ; quoique la nature n’y fut pas
encore toutafait copiée dans fa^ beauté. Les lettres initiales
étoient fouvent elles-mêmes décorées de plantes , garnies de
feuilles , de fleurs Sc de fruits.
CHAPITRE III.
Ufage des alphabets dans quelques cérémonies écU~
JiaJliques : compilateurs ^'alphabets étrangers ,
latins y modernes^ & d'écritures des derniers Jiècles :
colleSions d'alphabets & de modèles , tirés des an-
ciens marbres , bron:^es t mjf. diplômes , drejfés
avant & depuis lyoo.
»
«
L’E G 1 1 s B , dans une de fes plus auguftes cérémonies^
fait de l’alphabet un ufage , qui femble devoir lui
donner bien du relief. Après que l’éveque a figuré
avec fa croffe les lettres A & n fur la porte du temple y
dont il commence la dédicace : il écrit par trois fois fur les
murs extérieurs ABC. Entré dans la nouvelle églife ; fur
la cendre , qu’un des miniftres vient de répandre en for-
me de croix de S. André , il repréfenre avec le bout de
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DE DIPLOM ATIQUE.I ny
fon «bâton paftorai toutes les lettres des (i) alph^jb^ts grec
Sc latin au nombre de 50. D’abord il part de l’angle gau-
che oriental , 6c va jufqu’à l’angle droit occidental , trapnt
les élémens de l’alphabet grec : enfuite de l’angle droit
oriental il avance vers l’angle gauche occidental , formant
ceux de l’alphabet latin. Dom Hugue Ménard , dans fes no-
tes fur le Sacramentaire de S. Grégoire ajoute , qu’ancien-
nement l’évcque figuroit encore l’alphabet hébreu. Mais les
pontihcaux cités {a) par D. Martcnc ne font mention, que
du grec 6c du latin. Nous aurions bien d’autres avantages à
relever* dans les alphabets ; s’il nous étoit- permis de diférer
plus long tems à donner quelque nbtions & des compila-
teurs 6c des coUeftions principales d’alphabets latins.
I. On ne doit pas néaiunoins atendre de nous un catalo-
gue exaâ des auteurs , à qui le public etl redevable des al-
phabets , tirés des marbres , bronzes ,.m(T, diplômes 6c au-
tres aftes publics ou privés. La multitude des matières , qui
nous ocupent , ne nous permet pas toujours de pouffer fur
chacune nos récherches , jufqu’aux derniers ( z ) détails. 11
( I ) Les noms <f MinJuriiim , mirUM-
riiim, le tant d'autres dénominations bar
barcs , donc Te rervent les pontifîcani ne
doivent pas noos arêcer. On peut les
voir dans le nouveau Glofl'aircde M.du
Cange. On n y trouvera pourtant pas
l’ABCTCPtUM , (]ue D. Martène répété
deux fois , d'apres un iTlf. de Reims du
VII i‘. lîccle. CeO apaiammcnt le même,
i]uc cite D. Mcnaid , comme portant
AicTURiUM. Ou trouve bien des exem-
ples du P pour l'R : pacceqne le premier,
en tant que grec , n'eft point dicérent de
la féconde , & qu'on aimoit i mêler les
kttrcsgrcques avec les httoes.
(a) On ne fe propofe point non plus de
dannet un état des mlT. anciens ; où l'on
trouve un nombre plus ou moins grand
d'alphabets réels ou prétendus , famari-
uins , hébreux , grecs , normans , tuni-
ques , latins tic. On en a , dans le pré-
cédent volume indicjué quelques-uns. On
poncoit dans celui- Cl en ajouter pluücurs
autres. Mais comme il en réfultcroit tccs-
peu d'utilité ; l'on croit devoir s épargner
ati ttayaii, dom les fois excédetoient
de beaucoup le produit. A peine en ex-
cepterons - nous la collcélion d'alphabets
de Raban {b) Maur. tlle (c réduit à cinq ,
un de lettres hébraïques , donc il fait
Moyfe l'inventeur i un de gccqucs , donc
il poulie le nombre jufqu'à xf. aioutanc
aux trois épisemes cette figutc ^ , em-
pruntée du latin , pour valoir mille. Son
troilième alphabet cfl le latin, & n'a cien
de lïngulicr, que l'C tond. II n'eu éll
pas de même.du quaciiéme , qu'il donne
fous le nom d'Æthicus, philofophc cof-
mogrlphe , Scythe de nation. Il devroie
par conféqucnc être fcychiquc.PIulïeorsdc
fes caraâcrcs néanmoins aprachcnc fore
de celui d'Hichut , accibué aux Francs
ou aux Marcomans. Il a'a guère moins
d’alioiié avef divetfes lettres do l'alpha-
bet paleAin de Hephuroe. Mais il ne
rcircmble en rien ni à fon feythique ni
i fon mtlTaeétique , ni au tartarique
moderne. Rwan , qui prétend l'avoir ciré
de S. Jérome , ne lailTc pas de demai^-
der grâce , pour les fautes , qu'il aura
faites en le leptéfentant. A l'égacd du eitï-
quicme ou deiBÎcr , il te lapotce aiw
II. PARTIE.
S SCT. III.
Cha>. III.
(») De mnij:
Eeel. rittiiulit. i,
‘•t- if.mev.eJit.
lem. 1. cei. <78.
Autents , qui ont
publiéquelqnes al-
phabets latins ,
parmi un plus
grand nombre d'é-
ctangers : alpha-
bets de Raban .de
Ttithcme , de
(b)Tcm. «./•}> J-
JI4-
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II. PARTIE.
$f CT. III.
Chat. III.
Hephurnc , de Vi*
génère , de van^
HcUl , de Vulca-
nitis de Bruge , de
NiLüItf Schmid.
ia)Pa£.6j9. &
fmv»
(^) De lUttrU
hityià Getétrum (i-
•je ijûthorum. p.i.
tf) Itiit.p. 10.
(J) Dereiifltm.
t- 4;-4<-
iiTî NOUVEAU TRAITÉ
nous fufÎKi de faire conoicrc les travaux de ce genre , entrer
pris par un certain nombre de gens de lettres , & quelque»
rois d’en porter notre jugement.
Déjà dans le volume (a) précédent , on a commencé la
notice des compilateurs d’alpliabets. PluGeurs auteurs , parti-
culièrement apÛqués à recueillir ceux des étrangers , en ont
aufli publié d’écriture latine: quelques-uns même l’ont fait, fous
le nom des nations , qui l’ont adoptée. Telsfonj: les alphabets
allemans , françqis , idandois , écolTois , du P. Bonaventure
Heplmme. La feule lettre gothique moderne , majufcule &c
minufcule des imprimés & des chartes récentes (i>*s’y fait
remarquer. Nous ne cfoyons pas devoir nous aréier aux al-
phabets (i) de l’abbé Trithème.
A proprement parler le traité des chiites de Vigenère (3)
ne renferme, qu’un alphabet de cudîve , fouvi par chaque élé*
ment de 4. ou 3 . Ggures, qui puillènt fe raporter à notre objet.
En 1 387. Nicolo van-Helft mit au jour à Rome quatorze
alphabets , parmi lefquels on en compte fept latins , tous
d’écriture curlîve du tems , tous diftingués par les déno-
minations nationales d’italique , de belgique , d’hifpanique ,
de germanique , de firançoile , d’angloife , de polonoilè , ou-
tre la latine, ordinaire , à lettres capitales.
Un anonyme publié (é) parVulcanius de Bmge en 1 397.tira
un alphabet, réputé ancien gothique, du livre d’argent de l’ab-
baïede Werden. Il y joignit un (c) alphabet de prétendues (4)
Marcomans ou Normans , d’où forcent ,
félon lui , ceux qui parlent la langue
théotifque. Nous l’avons fondu dans no-
tre alphabet général des runes , planche
XIV. tom. I. p. 711.
(t) l’artni les 71. alphabets de ce com-
pilateur ; nul autre , qui ait trait aux
latins. D. Mabillon (d) ne conoilfoit
fon ouvrage , que par je licic , & par ce
que lui en avoir apris Wo^ius. Il ne
lailTe pourtaut pas d'en donner une idée
afTcz juAe : fi ce n’eft qu'il ne dit pas ,
qu’environ la moitié de fes alphabets
(ont chimériques. Bons te mauvais , ils
fç trouvent acompagnés d’autant d’em-
blèmes en l’honneur de la faintc Vierge ,
avec des inferiptions dans la langue Sc
l’écriture coiicfpondanteti ces alphabets.
(1) Nous trouvons, an cinquième li-
vre de fa polygraphic , tiaduite par G«-
brûl d» CtU»nge , nmtif de Teters en Au-
vergne ,.ti imprimée à Paris en Ij7t.
treize alphabets en cataâères extraordi-
naires. Quelques-uns font étrangers , lea
autres ne doivent palTer , que pour de
purs ebifres. L’alphabet tyronicn ou en
notes de Cicéton s'y voit au feuillet tSf,
avec tous les defauts , qu’on fpécifira ca
parlant de celui de M, Bourguec.
(;) Il en eA à peu près de fes ji. al-
phabets , inférés dans fon traité deschi.
fies, imprimé en i;8d. comme de ceux
du P. Hephume. Les uns font vrais ,
les autres fupofés , d’autres mêlés de ca-
raAcres vrais & faux.
. ( 4 } Aprendee le lombard au*.
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DE DIPLOMATIQUE. 117
jiores lombardiques, qu’il avoit puifées dans ce mf. ou dans un
aucre , qu’il qualifie également d’argent. V ulcanius lüi-mcme
(a) quitte le perfonage d’éditeur , pour prendre celui d’au-
teur. Et d’abord il débute par quatre alphabets niniques :
mais il les intitule (i) gothiques.
Il y a plus d’un ficcl^ que le fameux Nicolas Schmidt ,
autrement apelé Cuntzel - von - Rodenacker fe propol'a le
plan le plus vafte en fait d alphabets Sc d’écritures. Il ral-
lèmbla celles de prefque tous les peuples 4e la terre , tant
anciennes , que (a) modernes , Sc les acompagna d’alphabets.
11 drefia pluiieurs> exemplaires des unes & des autres , Sc les
dépofa dans les bibliothèques de divers princes d’Allemi-
gne. Struve rend (c) compte d’un de ces mif. contenant l’o-
tailbn dominicale en cinquante & une largues , avec plus de
cent trente alphabets. Mais les travaux du célèbre païfan
d’Allemagne ont peu de rapott aux mlT. &c aux diplômes an-
ciens : quoiqu’il ait quelquefois multiplié les alphabets fur
la meme langue , Sc qu’il Ai ait recueilli de la plupart des
peuples de l'Europe , fans parler de ceux des autres nations.
Mars il n’a pas Eut dificulté d’en grofllr le nombre , de ceux
qu’il avoit tirés d’auteurs , qui n’avoient pas fu diftinguer les
fabuleux des véritables.
II. Edouard Bernard , profefleur d’Oxford a doiuié , dans
Con Diagramma , 19, alphabets , eftimés des fàvans. Mais il
s’atache particulièrement à ceux des Orientaux. Tous font
étrangers au latin , à l’exception de fept , qu’il Eût com-
mencer à l’an 714. avaiu (1) J. C.&: finir l’an y 00. depuis
anibaflàdcun Gotht , Sc les mettre en
état de confifter avec tes princes dlcalie ,
fbt , félon l'anonyme , l'ufage , qu'on
pidteodit Aire de ces notes. Surqooi l'é-
diteur ne fe rend (d) pas garant de Ton
tciiteur. Ceft trop peu dire : les notes lom-
bardiques en quellion ne font autres,
3ue les romaines , connues fous le nom
e notes de Tyson , de Sénèque &c. Ce
<]ui femble avoit indnit en erreut l'ano-
nyme ; c'eft qu'ayant trouvé ces notes
(>) dans le mf. d'argent , il s’étoit ima-
giné , qu elles dévoient être relatives ^
rancien gothique. Au tcrie il ne (ê bot-
■c pu aux deux alphabets ; il donne plu-
lieors modèles imprimés de ce mf. de
Werden , otitte des lilles de noces tyro-
nicnnes en alfez petit nombre , <i l'on
les compare avec l'ample recueil de
Gtttcer.
(i.) On les trouvera dans notre XIV*.
planche. Quelques inferiptions tuniques
les acompagnenc. Les morceaux , qu'il
ajoute de Romance , d'aptes Nithard .
de tcDConiqne , de Axon , de perfan ,
de bafque , de friAn , d'idandique ,
avtc quelques liflcs de mots de ces lan-
gues & autres , font étrangers à noue
lu jet.
(1) Son fécond alphabet latin cil d«
»
IJ. PARTIE,
Se c T. III.
C H A P. III.
(a)Paj{. 43.
0 SiTHv. décrit.
n<7 S- *.
«
(c) CcHeHnnett
mjf. ÏAfcicfl. I«
f. 194,.
Continuation éa
même fujet. AI-
pfaabets d'Edouard
Bernard , de M.
Bourguet , de Dos
Yelafquei.
(d) Prtf. f. 1 1.
(f) Ibid. f. J.
Dlyitized by Go i«Ii'
IL PARTIE.
S E c r. 111.
Chap. 111.
•V. . .*
{m) tnfmo fûhu
Us .ttphAbew dt
las letTAS dtfiono^
üidAs * per Don
Luis ]pffph Velnf-
qutx,' 1711. 4*-
ni NOUVEAU TRAITÉ
l’Incarnation, Cinq font putement latins , un faxon , un fiant
çois ; c’eft-à-dire , dont on ufoit en Trance , immédiate-
ment après que l’empire romain y fut détruit. Les figures
de la lettre la plus abondante n’y paiTent point le nombre
de quatre. Prefque toutes ont été puifées dans les inferip-
tions. • ^
M. Boutguet, qui avoit (i) compilé tous ces alphabets,
y joignit ceux de la Propagande. Sous le nP. 8. fê trouvent
renfermés deux hibêmois dans le goût faxon , deux ita-
liens de romaine ordinaire , deux allemans de pure gothique
récente, n>ujours alternativement majufcules 6c minufcules.Li
même colleâion préfente un alphabet en lettres minulcu-
les pour la forme ; quoique fort hautes , garnies de para-
phes , hérilTées d’ailleurs de pointes anguleufes , qui carac-
cérifènt parfaitement le gothique moderne. On y voit de
plus un prétendu alphabet de notes de Cicéron , d’après
Trithème. Mais à peine s’en trouve-t-il quelqu’unes de vé-,
ritables ; encore doivent-elles pfutôt être regardées comme
des mots , que comme des élémens. Ses lettres doubles ne
valent pas mieux. Ainfi tout ce qu’a reffemblé ce favanc
homme , pat taport au latin fe réduit à fort peu de chofe,
& n’a pas vu le jour.
L’année dernière ,’Don Velafquez de l’Académie royale de
l’hiftoire , mit au jour un E£ai (a) fur Us alphabets des
lettres inconnues , oui fe rencontrent dans Us plus ancien~
nés médailles d’Ê/pagne. Pour parvenir à les lire , ‘il com-
pare (a) les lettres primitives de fes habitans avec les alphabets
la pKmicfe ano^e de l'cre chrétienne ,
le de fof ,1e 4'. de 490 , le s’-
ainfi que le franfois ic le faxon de (00.
Ces dates prifes en rigueur patoirroicnc
un peu haeardées : à moins que fes al-
phabers n'aient été tirés de monumens ,
qui portalfcnt ces dates. Alors il faudrait
beaucoup relfcrrcr l'idée , que l'on 1^-
roic fe former de l'étendue de leur ulagc.
(i) Il en avoit en même tcms recueil-
li un nombre prodigieux d'ércangets ,
&. fuitout d'indiens , qui paroilTent faire
la principale richelTe de Ton mlT. Les mo-
dèles des écritures de ces nations y vont
4.C paix arec Icun alpbabeu.
fl) L’auteur en fiit le parallèle , au
moyen de fept planches. La première
renferme crois alphabets : 1*. le grec
commun , dont les caraâèrcs n'excèdenc
jamais le nombre de quatre ; 1°. le grec
Erimitif } quoiqu'il ne remonte pas plus
auc , que fix cents ans avant l’ète chté-
cienne , où les figures de chaque élé-
ment , quelquefois réduites è deux , ne
fe trouvent pas multipliées au-dellus de
dix : )°. fuit l’alphabet étrulque , médio-
crement garni de caraâèrcs. La Iccon-
de planche contient les alphabets arca-
dicn , pélafgiqne , latin ancien , gothi-
que, dicd’Ulphila & le luniquc. Celui-ci ,
orlencauxq
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DE DIPLOMATIQUE.
T19
«rientaux , çrecf , tuniques , latins. Il a puifë ceux-ci daift
Ça) une partie des memes foutees que nous. Mais ils font
incompûablement moins étendus , que les nôtres. Quant au
ladn ; il n’eft compofé , que des quatre d’Edouard Bernard ,
£jndus en un feul.
III. Léonard WirlUin ou Wagner , moine de S. Ulric
d’AuIbourç avoir réuni dans un feul volume , qu’il préfenta
en I $07. a l’empereur Maximilien , cent fones d’éciicures ,
toutes poftérieures au xii‘, dccle. Nous- ne conoilTons ce
mf. que par la dilTertation (l) préliminaire au premier tome
duTréfor des anecdotes de D. Bernard Pez. U eft intitulé ;
Proba centum feripturarum diverfanun unâ manu exarata-
/inn. Quoiqu’on ne nous aprenne point, fi ces (i) modèles
le plas abondant de tons , lait i peine
le quart du nôtre. Lucent rdl^e les
ififtmit à la fin des alphabets de la deux
premières planches , Sc de la 5'. & :
eomme s'ils n'avoient pas en leur rang
aiarqud , parmi les lettres!
Les alphabets hébreu , fytiaque ancien
on eftranghcle , qu'il apelle caldéen, fy-
liaqne Tnigaice , phénicien ou iâmari-
uin d'Edouard Bernard k du P. de
Montâucon ocnpcnt la troi/ième plan-
tbe. Les trois pieraiers Coat fimplcs :
c’xft-l-dire , que chaque élément n’a pas
plus d'une figure. Les deux autres, tirésde
CCS deux auteun , (bot connus du public.
On voit dans la quatrième planche les
alphabets phéniciens , famaritains , 1*. de
Scaliger , aV de Bochart , 1°. de Wal-
lon , 4°. de ChishuI , j". le phénicien de
Svinton , é°. le pnnique de l'abbé Four-
mont , 7*. le phéiuciea erpagool de
Rhcnfcrd. Excepté le dernier ie celui de
Ssrinton , qui n'a paru que depuis notre
premier volume , nous y avons fait uCige
« tous les autres.
Les s , t. te 7°. planches (ont bol-
nées aux alphabets celtibérien ou de la
province Tarraconoife , tudenan on de
la Bétiqne , baftulo - phénicien , propre
aux colonies phéniciennes te catthagi-
noifes. Lcpremict^àpcudechorc près,
paroit très-bon, le utcond palTable,le tni-
fième prerqoe atbitrâre. Mais il ne faut
pas oublier, qneDon Vclalcpiez ne donne
Ibn travail , que comme un ellâi , te Cet
liécouvertes , que comme des cooicânees.
Tome il.
Pour Ini reodn une pleine juflice { il faut
reconoitre , qu'il y en a d'heuteufes , que
Ton deficin e(l bien pris ; que l'exécunon
en eft conduite avec méthode , que l'é-
rudition y eft répandue avec fitsciTe , te
qu'il ne peut manquer , que de monu-
meos , pour mettre la conoifTance des
antiquités ePpagn^s au niveau de celte
des ectulqoes. Quelques fiuxes de détail
inléparablcs de l’humanité ne doivent tica
prendre for l'eftime , que mérife l'ou-
vrage de ce lavant académicien. Nous
(bmmes même dilpoQsL adopter fes trois
derniers alphabets i quoique noos Ibn-
hairtions qull les perfeâiooe. La voie
de compataifon avec les auues alpb*a-
bets étrangers ne donnera, que des vtai-
fcmblanccs : celle,qui s'apuic fur des fio-
numeos nnKôtmes , 8c dont les carac-
tères moins coonus fetont éclaircis par
d’autres plus coonus , mèneront droit an
cenain , ou du moim en aprocheront.
(i) Les noms alTcx bixares de ces écri-
tures fe trouveut dans les Anecdotes ci-
tées. Les ctmtmoateocs du GIolTaire ladn
de M. duCangeles ont rangées par ordre
alphabétique , (bus le mot , fnfyMr*.
Cependant ils en ont omis deux , (avoir
mnrf»UcMn» meMm , je mtadslit ilti*-
!» , qu'ils n'auroot peutétre pas voulu
répéter. Nous renvoyons aux livres in-
diqués , ceux qui feroient curieux de ces
dénominations , dont noos croyons la
plupart de rinvention de ranteur. Il Ce
ponroit bien faite auilî , qtfil aoroit ima-
giné bon nombre de cet écritures.
R
II. PARTIE.
Sic T. Iir.
Chap. III.
{s) Pay. X».
Compilateurs
d'alphabets & de
modèles d’écriture
latine des derniers
fiècles : Wirftlin,
Faoti je autres
maictetderart.
(*) fmj. xxxr.
Digi Googit
li. PAR TI H.
Se CT. III.
Chat. ni.
rjo NOUVEAU TRAITÉ"
dfécticures font acoaipa^nés d’alphabets -, lingiilaricé de
cette colleâiôn , qui a’aiUeuis eft une des plus anciennes en
ce genre , ne nous permet pas de la paiTer fous ûlence.
, Le Tr^rdes'.écnvains , ârédes auceutsr(i) les plus et
timés , furtout de Sigifmond Fanti , noble Ferratois , com-
pofé par Ange de Modcne , parut en Italien, l’an if jz. 11
fiit gravé en bois par Hague de Carpi , qui devoir avoir
pour fon art des talens peu communs. Outre un très-grand
nombre d’exemples d’écritures., donc les plus antiques , ne
remonteiic pas au-delà du xi 1 1*. ûccle ; ce Tréfor ctnrienc
/ . 37. alphabets (z) d’écritures rondes, bâtardes , impériales,,
bullatiques , expéditives , de chancelerie de toutes les for-
tes , de commerce , de piinute , de gotliiqiie de diverlês
façons &c. Le meme livre &: autres lèmblables , plus à l’u-
fage des écrivains de leur tems , que des aftiqoaires , fen-
fermencau moins lés diféféntcs*efpccesd’écritures,employées
dans les fiècles les pais , où ils ont vu le jour. On jugera
doncàjufte titre de celles d’Italie des xv. & xvi'. fi^es
par cet ouvrage
Ai()habets& mo- IV. On y peut joindre , fi l’on veut , celui de Jean-Baptifte
Palatin, imprimé a Rome en 1^44: quoique le privilège Sç
Tori , de Joüe l’épitre dédicatoirc Ibienc de 1340. Aux termes de (a) D*
d’Hond^.dcicGa- Mabilloii , il reptélênte l’écriture romaine de chancelerie,
des bulles apoRoliques &c des négocians j la firançoilè , la
1"'* ..ité-Ttri . 'b i
préAcc fur la Diplomatique . 8c an cha-
pitre XI.. du livre I. parle’ de deux pet*-
foncs , (Uii, Ibus le pontificat de Paul III;
c‘cfl-à-dire , un peu avant le milieu du
xvi'. (idcle , Tune à Rome , l'autre 1
Veoilé , avoicnc talTcmbld des exemples
de toutes fortes d'écritures : quoiqu’elles
Ce fulfeoi prelque uniquement wotnées
afx plus récentes.. Il n’éu donc pas étran-
.^cr à notre dcircin de dire quelque cho*
fi des travaux de cette nature. Nous ne
defeendrOBS pas néanmoins ao-deflôu»
•du regue de Henri IV , te nous ne pré-
tendons pas même noos aftreindre i
faire mention ni de tous les alphabets ,
publiés aux XV. 8C xvt*. liccics , ni dé
leurs auteurs.
(t) On ne die tien de ceux des lettre»,
étrangères..
gneut 8ec.
(a) Dire iifl.
t- *5-
(i) La plupart des compitaienrs d'an-
ciens alphabets ne làifanc pas dihculté
d'en recueillir de nïtionaux , 8c même
d'affez modernes , nous aucotifcnc à ne
pas coutafàic négliger ceux des maicrcs
de l’aic des xv, 8c sv i *. fiècles 8c du com-
mcnccmcnc duxvii^. Les alphabets des
dccD'.crsont meme furies auttcsphificurs
avantages.. Ils font en plus grand nom-
bre, ils paroifTcnt mieux eholds , ils s’é-
tendent a pUis de nations , ili momrtnt
une plus grande variété de caraâércs ,
ils fervent de modèles à ceux , des fté-
cks fuivans. Ces ouvrages ne font fou-
vent d’aillcuts , que des compilatioos
.di’alphabets 8c d’écritures de diférens peu-
ples. Leurs auteurs ont pour l'ordinaire
Influé dans les cbangeireqs , arives à l'é-
Gtiturc. D,. MabiHon lui- même, dans fa
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DE DIPLOMATIQUE.-. iji
napolitaine , la lombarde , l’efp^nole , l’allemande , la fla-
mande , la florentine , la • notarelqae , l’incife ( i ) Ou cpuoée , *s i c t *i n ^
6c autres arbitraires. Il joignit à ces alphabets des modelés Ch*p.' ni,
d'écriture moderne , 6c même d’ancienne lombardique, j
Lan & la fcience de la vraie proportion , des lettres , pur
Geofiroy Tori , fiit imprimé en 1549. à Paris. L’auteur yi
donne fept alphabets latins , dont cinq font de cadeaux^
de lettres bâtardes , de ^ffes , autrement impériales ou bül-
latiques, de forme &: de (i) tomeure. Ces cinq alphabets
françois font gothiques.
(i) Struve , qui («J copie ici D. Mabil-
loii , oc rend pas fidèlement le fens de fes
paroles. Le premier fait imprimera Vc-
oife , & le Iccoad à Rome le livre de
Jeaa-Bapcille Palacino. Struve apellc une
de Tes écritures ropufemm , & la diflin-
Rae de Xituifi ou coupée. D. Mabillon
U nomme rtgmfsm , te dit caprclTè-
meot , que l'auteur Italien lui donne 1e
nom Sinàfmm. La méprife de Struve fur
le lieu de l'imprcllian , vient fans doute,
de ce que le P. Mabillon parle en même
Cems <TUQ autre écrivain , qui avoir pu-
blié un pareil ouvrage i Veuife. Pour
oe tien diHimalctj le lavant Bénédiélin
a lui-méme été mal fervi , fut le compte
de Palatino. Dans le livre de ec , det-
nicr auteur , nul modèle d'écriture fla-
mande, HMitrtfytu , bttift. Il u'entend
point, pat Ivrtfra ra/w/â,uae e(pèce,roais
une mauvaife qualité d’écriture , à la-
quelle ilt^int celle de fnurt* , c'eft-à-
uire pâle ou |auoâtre. Aufli n’en parle-
t-il , que relativement à l'encre trop flui-
de , â la récherelTe ou à la mdelTe de
la plume. On fait , ou du moins dl il
aile de lavoir , ce qu'en italien lignifie
npuf*. Les écritures marchandes de Mi-
lan , de Rome , de Venife , de Florence ,
de Gène , de Génère , figurées par no-
tre écrivain , ont cnfcmble beauconp d'a-
finité. Ce font des mélanges de cnrlive ét
de rainurcule, tenant encore beaucoup du
gothique. Son modèle des ballet apofto-
liqucS Ib raporte à celles dulttri*. fiè-
de. Sa Inirt dt bref revient â l'italique
ancienne ; la emnetümref^m ftrmh â la
twuvelle ; Ta napolitaine â notre minuf-
cule j là fraufoife à celle des vieilles ,
I Civiliiis. Son elpagnole dirércroit peu de
la minufculc , fi quelques lettres curlî*r
les excédanres haut éc bas oe la défign-^
roient. Sa lombardique a trait i celle du
1°. fiècle. Suivent deux exemples d'é-
criture allemande , une de lettre Fran-’
(oife , dans le goût de nos épitaphes de
}oo. ans. C'cH la pure gothique,.nériirce
d’angles & de pointes : mais aveé des cx-
tenf^s, SC des eatrclairegaens de trais,'
dans l'intervale des ligncs.Toas ces mode'-,
les fout acompagnês^ leuts alphabets. II«
intitule lettre mmeine une écriture tour-'
née vers la gauche , ét qu'on ne lit qu'au
miroir. Sa Ihutm framtAt» , également
faite à plaifir , cil cOmpofée de. majaf-
calcs curfiiics liées, 'entceUlTées,.matla-i
vées. Après un alphabet de capital^ ro-
maine, il pafl'e.à/la eryptopsfhu , doo£
il enfeigne divers fecrets, fuivisde deuq
modèles , de douze chi/rri curit , ét de
quatre planches de rthu. Il revient aufll-
tôt aux «Iphabets : preTque tous font
étrangers, éc en caraâçies roajufcales. A
l'eicmcion da latin , du grec, du pce-
miet hébreu , de l’éthiopien , qu'il nom-
me caldécn éc de l’arabe ; tous font
fbux , ou du moins rtès-fufpcéls. Un mo-
dèle éc deux alphabets eu Ictttcs de for-
me majulcule éc minufculc tertninent
là collcÀion. Le telle ne cunfillc, qu'.cn
des avis à l'aprenilféctivain fuc.kl, iolâ
crumens de l'écriture , fur la raille dedfl
plume éc la manièce d'ea . faite ulâgc.;
(i) Au fujet de ces lettres , l'auteur (Ij
dh que les tntiim en » eferipuoient
» épitaphes fus les tombes des trcfpallea.
» Iis en eferipuoient aufli en pitres , co
» tapillcries , comme on peut le venir
Rij
(4) T>e criterih
mjf. VllI.
i'tt
i
{tf Fol. lyt 'jt
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II. PARTIE.
S I c T. Ht.
C H A r.. I H.
131, NOUVEAU TRAITÉ
Le théâtre de l’art d’écrire en latin fut mis au jour l’an
1394. par les foins de Jofle d’Hond. Ses exemples &c fes (i)
^phabets font- tirés des plus habiles maicres Italiens , Fran-
çois , Allemans , Anglois , Flamans. On y remarque des écri-
tures gothiques , propres de tous ces peuples. 11 y en a de
françoife & de romaine ronde y d’angloile & de. flamande
courante , de curfive liée & d’italienne ppfée , vieille & nou-
velle , de cancellarefque , de françoife & d’angloife bâtar-
des , encore bien diferentes de celles d’apréfent.
Au commencement du xvii'. Cède le Gagneur publia fa:
{%) Technographie , renfermant divers modèles d’écriture 8c
d’alphabets , qui conftatent Tétât de la belle écriture en.
France fous le règne de Henri IV.
U pamt un nouvel Art d’écrire à Zuric en rgof , où l’on
(3) donne des. exemples 8c des alphabets latins , allemans^
françois 8c italiens.
V. Pierre Hamon fecrécaire de Charlè IX. avoir (a) pro-
compiWdesaiph»- jg mettre au jour des modèles de toutes les écritures
^"ome$”îfi’au- du naoude , anciomes 8c modernes. Outre les tréfors littérai-
ùa°aoaamcm a-'cci dc. la. bibliothcquc du roi qui lui étoient ouverts : il
vaitt TOtie fiicie : pénétra dans plulieurs archives ,8c fpécialement dans.cellesi
diîa deHwn^ de S. Germain des Prés 8c de S. Denis. Il mit tout de bon;
D. Mabuion jolu la maîn à l’eiivre en if<6. 8c U tira des modèles flxc
fié.
(m) Dt n£pUm.
& i- 4J-
AnKBR,<|UI ont
a co-bcaacoap dcTicalxinoDa(Utejr,ina»
lit aujoard'hui les imprimcun en (bm les
a comineacemcns de lenn Unes Sc des
a chapitres (TIceax.EniniwIfiooyamain-
» tes direrfes maniérés Je letttes:commc
rt lettre de Torme , qu'en diâ canon. Lct-
A tte balbrde de laquelle on a toujeaspar
» ej devant imprima Hures en Fmneois.
J» Il y a lettre bouigeoilë, lettre de lom-
» met , lettre Romaine lettre Al-
» dine . qui elt dicte poureeque Aide le
B noble imprimeur Romain demoorant
»tc imprimant nagucces en Venife a
m mis en ofage. « 'Toutes les lettres cur-
fiacs de Tory dtoicm encore gothiques.
Son dcriciire bâtarde ne rcflemblc poinc
â ht nâtre.
(i) 11 commence par trois alphabets
alphabets Ant ibasent Fbornis de plu-
ficots fettes de caraâèrcs , fous chiâque
ëldmenc.
(s) On peut y compter (égp oahuia
alphabets , en lettres tondes , italiennes ,
cancellacelques te fermées. Cette der-
nidee tericure n'a rien de commun avec
celle de Tory. C'eil ptécifdment la belle
italique aomainc , qu’on inttodüitdepuis
qoelqne temt dans nos impteflions , aia
lieu de l'italique aldinc.
( ) ) Ce livre eft en Alleman. Il ddbute
pat un alphabet de gothique majafcule
en- dcbiqoicr. Chaque lettre eii de trois
pouces en card, & chargde de quelques
centaines de traits. Il continue par un al-
phabet de ronde ftancoiCc : fuivent deux
d'italienne ou bâtarde , cinqd’alle-
dé capiules entfives. Il y en a de ftan- mande. On crouveroic dihcilemeoc plus
cois , d’iileroans , d’efpagnols , dlta- d’eiemples rdunis de divetfes formes de
Ikwi/Hi nombre de dix. En gdndtal.ces .la gothique de çe.tems.
elt
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DE DIPLOMATIQVE. xjj
les originaux avec beaucoup d’adrefle ; mais ils demeorèrenc
manumrics.
Communiqués à D. Mabillon.Iorfqu’qn imprimoic fa Di-
plomatique , quelques-uns furent jugés dignes de figurer par-
m (i) fes inodèles. Mais Hamon ne drefla qu’un petit nom-
bre d’alphabets latins ; quoiqu’il eût formé le deflein d’en
publier (a) fie tous les agïs^
Od’ aoKoit pu , Iclon loi , £ôic ferrir
cccte ii.fcripcion à coovaiacte cooce U
pièce de faux. Noui oc pouvons joindre
nos regrecs aux liens , fur ooe li grande
percc^ Quel plailît pour U P, Germon ,
s'il eût pu flétrie la lâmeufe cbarie en
dcricute romaine de la bibliotfa^c roya-
le 1 Mais jamais l'épigraphe perdue ne
lui auroic procuré ce pk^r , qu'eu lui
iaiCut prendre la vccicé pour le men-
fonge. Elle exifte encore dans la Diplo-
matique cette épigraphe fi regrecée- Loin
de ^voic démontrer la lâhricacioo de
Ùc pièce , ftii laquelle elle fric peutètte
frauduleureaicnc mifè s dans les deux pe-
tites lignes , qui U confUmenc plus de
dix preuTcs d'incompatibilité entre rune
te rancre (c manifenetoM à quiconque
aura bien préfcnc à Tclpric la forme te
le contour des caraélèrts éc des traits de
ta cbane de pleine fécurité. Ainli la fanf-
feté do rétiquetcc ne lâoroii rejaillit fut
la pièce originale. Au refte la prétendue
toile du P. Germon prouve encore , que
fa mémoii# ne lui repréfentoic pas fi-
dèlement les objets mêmes , qu'il dit
avoir ( r) vus. ‘Tout le monde peqt fe
convaincre pa^is yeitx , qoe la charte
de pleine Heuffié n'eft point colée fut
de la toile. Si l'on y avoit apliqné ce re-
mède i le commencement ne xen ferait
point détaché , comme il l’efi aujourdul.
Elle fiic feulement revêtue de papier fort.
Noos en ignorent te tenu. Si ce fut par
les foins de Hamon s cela ponroic Eure
retomber fur lui ritnpofhite. PeutêtR
auroic- il colé dcfTns du papier , autant
pour ne laifTcr nulle preuve de lôo men-
Ibnge , que pour cotiAiver un monu-
ment , qui pouvoicalors palTer en France,
pour tmiqnc en fon cfpèce. Sans endh-
m^er la pièce , peutètre ne fcroit-il pas
impolliblede vérifier ce fait , fi l'oir t»
étoiifbtccatieux.-
(i) On poutoit dire qu'il en autoit
pris mal à D. Mabilloo , de les avoir em-
ployés ; fi les reproches , qn'on lui en a
êè) fiiits , avoient du moins quelque fon-
dement. Mais depuis onand la candeur ,
la droitorc je l'humilité la plus chrétienne
ooc-cllcs mérité les traits de la critique,
qu'elles dévoient défarmet iNc fut-ce pas
P. Maillon lui-même , qui pouvant ca-
cher l'illufion , que lui avoir fait une épi-
graphe fraudoleu(c,doDt il n'étoit il portée
de vérifier la fàufieté ni fut l'origmal ni
fut des pièces de comparaifon j fut le
premier (r) à b publier , Æus fe livre
ménve,od cette méptHt lui étoirêchapée)
Et qui t'en ferou idors apetfu , s’il n'en
eût pas averti i An telle en qnoi confilloit
rimpoflure ! Dans riufcriptioo de Ti^«-
mmi de Jti/e Ctfmr , au lieu de Ci/$rte
dê Vjntmtu. Le titre qu'avoit vu D. Ma-
Eilloa n’étoit point l’enquette réelle ou
prétendtK de rancographe , mais du mo-
dèle nié pat Hamon. la pièce originale ,
qpc D. Mabillon a publiée , au fuplé-
ment de fà Diplomatique, fe conferve i la
bibliothèque du roi. Ccfl un des pins
beaux monaincns de ce genre , dont on
ait coDoUTance , St contre lequel tous
les éfbns de la critiqu échoutoieot ira-
manquablemcnt. L'oRtipiion trompen-
fe , qu'on y fnpofe apolée ne l’aurait
été , que pour en re^fier le ptô. Ht
P. Mabillon , dans là Diplôroaiiqne
avoit déchargé Hanran de cette fupec-
chciie : mais il laiflc cntievoit quelque
totMffaa contre lui , dans fbn rnplémcnt.
11 nana parok probable , fi elle exiila aS-
kan , qu'à la tne du modèle de Hamon ,
qn'eBc fut coaamifc par quelqu'un de
ceux , qui vendirent la pièce. Le P. Ger-
mon (d) Ce plaint de ce qu'on a Eut dif-
aatoitre la faulTe étiquette du dos de la
^anc de pleine fécorké , pat 1a toile ,,
donè on la tcvéïue , poux U coAfëivcr.
II. PARTIE.
Sa CT. III.
CUA». LIE
(«)£r1veramdira
f- SS'
(é) Gemm. Dif-
teft. i.f, ta. Dt
vtttrA. hârti.
t- 44>-
(r) Dtrt d^lm.
t- J44.
(d)' Bifitft.- ri
p. il.
(r) Dr vrfrr.fia*'
m. p. 44P--
t- *J7- )7J.
,j4 NOUVEAU TRAITÉ
^ VI. Bouteroue (a) a donné deux alphabets , le ptea»$rpeuf'
^s’ c T Gaulois : le fécond, comme propre des François, fous
CHAt. III. la première race. L’un & l’autre font tirés de leurs monoies.
Aiphibe«&mo. Mais , après avoir confrortté l’alphabet gaulois de cet auteur
dèies de Bouteroue médailles j nousavons reconnu, que les caraâètes les
& de D.Mabiiion. de fcs monoics ne s’y trouvent pas , que
{«) Ktcbenbeseu- Jej grecs pcuvent apartenir à des méflailles vériuMement gtè-
««</»< JtstMBous. ^ gauloifes , 6c que les autres font purement latins.
■ A l’égard de l’alphabet JîIus latin que François; une quinzaine
de fes figures ne paroillent point fur les monoies françoifes ,
6c un peu plus de lettres, rares , que nous y avons remarquées ,
«lanqÂenr à cet alphabet.
D. Mabillon n’a pas lailTé de (i) l'inférer làns change-
ment dans fa Diplomatique. Nous y voyons aufli de la fa-
çon de ce doâe 6c laborieux Bénédiétin dix (z) alphabets,
y compris (5) celui des Pandeûes de Florence , tranfporté
par D. Ruinart du Mufeum italictm dans la Diplomatique
de l’édition de 1709. ’ .
Quelque eftimables' que Ibient les liaifons de lettres 6c
les alphabets, que.D. Mabilbn a publiés ; cen’eft prefque
rien en comparaifon de fes modèles d'écritures. A cet égard
quelques-uns ont bien pu le furpaffer du côté de la magni-
ficence 6c de la beauté oes geayures : mais du côté de la ti-
chefle 6c de la multiplicité des pièces en tout genre ; il né
s’eft encore trouvé jaîtlbne , qui l’ait égalé. Ce n’eft pas alTez
Dcdx m>r. tn^ronngiens o« liranco-ga!-
liqacs CO ont fbnmi deux , laixis an pen
après d’un alpba||« aoglo-faxon Sc Joa
lombaidique , drclRi d'apiès le* modè-
les d’un très-petit nombre de mff. Ceft
* qaoi Te rédaiCent
aoiüMior-*
(i) II cil vrai , qu'il ne le donne pas
pour quelque ebofe de merveilleux ,
si fur quoi l’on puifTe furcment compter.
(1) II en a publié un autre dans Tes
annales, tom. I. p. «J7.
( ) ) Des neuf autres , tous (impies :
c'ell-à dire fans répétition du meme clé-
ment , divetfement figuré ; quatre font
en lettres capitales , & cinq en curfives.
Encore fur les quatre premiers , deux
font-ils étrangers an latin , & deux feu-
lement empruntés de monumens ro-
mains , antérieurs à J. C Le premier
des cinq en éctitute courante , (bit des
ro(T, (bit des diplômes , (ut ouifii dans
un fragment de la charte de pleine (ccu-
sicé, ou plutôt d'une copie de ce morceau.
quoi
Mabillon
les alphabets de O.
b moins qn'on n'p veuille
ajouter celai des notes tyroniennes. U
l'avoit pris (or One copie , tirée pat Ha-
mon , «Ton mff. de la bibliothèque du
roi. Mais e’eft plntôt un écliantilloo de
mots commençant par toutes les let-
tres , rangées félon l'ordre alphabétique ;
qu'une fuite d'élémciis , qui puiflent fot-
mer un véritable alphabet tyronien. Il eft
à pen près dans le meme goût , que celui
de D. Carpentier , mais plus abrégé.
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DE DIPLOMATIQUE. 13,
dire : la République des lettres n’a nul ouvrage de cette
nature , qui lui folt comparable.
VII. D. Bernard de Montfaucon n’a pas autant enrichi le
public par fes alphabets latins , que par lès colleéHons d’al-
phabets grecs. Il a pourtant {a) publié deux alphabets en let-
tres onciales ; le premier tiré d’un beau mf. de Laclance d»
vl. ou vu', liècle , de k célèbre bibliothèque des chanoi-
nes réguliers de S. Sauveur de Bologne en Italie ; le fécond
d’un ml', des {b) évangiles de Vcrceil , qu’on prétend avoir
été tranferit de la propre main de S. Efcèbe , évêque de
cette ville , au mileu du iv=. liècle.
Hitkes fait entrer beaucoup d’alphabets ,dans fon Tréfor
des langues feptentrionales , publié en 170J. Sans parler des
étrangers, qui (e raportent prelque tous aux runes ; treize font
(i)extraits de (c) mil . anglo-faxons&: demi-faxons. A deux [d\
{impies alpabets de majufcules &c de minufcules, conformes aux
lettres gallo-romaines , qu’ Alfred le grand introduifit en An-
gleterre , il en ajoute (e) quatte autres des x i . & x 1 1 '. liècles.
Il confacre une page (/) entière, pour faire reprélèntet f 1)
les alphabets des Normaos & des François , 6c une {g) au-
tre pour l’alphabet des monoies anglo - faxones & anglo-
daniques. Rarement ces alphabets admettent-ils multiplici-
té de caraélères , fi l’on en excepte les deux de monoies.
Quelque exaét que foit cet auteur ; il n’a pourtant pas épuifé
la nutière , meme par raport aux deux derniers alplrabets.
Cacà-l’égard des autres, à peine eft-elle éfleurée.
Une planche d’alphabets, difpofés par fiècles , termine le
traité desTc^ux d’Heineccius , imprimé in 1709. Il les
commence au v=. 6c les finit au xv'. fictle. Non feulement
II. PARTIS.
Sect. III.
Ch A P. III,
Auteurs , qui de-
puis notre ficelé ,
ont recueilli d'an-
ciens alphabets la-
tins , de furtout
ceux des chaiter.
Alphabets & mo-
delcs de D. de
Montfaucon , de
Hickes , de Hei.
neccius, de Btenc-
mann, de D. Hur-
ber, de Scha..j-at ,
de Duclliii' .
f*: r>!.tr
t- 4'T''.
(.Jl,
(0 ......
Pi- *
M nu. -, ;s.
{•) IIU./,.
(f) lUrlei.f I
(}) Dijfnt. c;vi',
f. i<8.
4-'
(i) Il les termine par des lettres lides
OU conjointes & par des abrdviaiions.
C'cll une méthode , cju'il Ifiit volontiers,
dans cous fes alphabets : mais il s'y bor-
ne coajours à quelques échantillons. Scs
modelés des écritures runiques , latines ,
anpIo-Cuones, françoifes îc normandes ,
gothiques anciennes Sc modernes , lont
donnés non Cmlemcoc d'après les pierres
& tes mlTj niais encore d'après les di-
otnes. C'eft furtont en fait d'anglo-
xoncs qu'il cA le plus abontbne.
(1) On V voit les alphabets des Nor-
mans d'aptes Trithème , Raban Maur,
le véncraole Bcdc. 11 y joint celui de-
WaAbald , celui des Francs de Do-
rac , l'alphabet fccret de Charlemagne.
Ceux-là font étrangers au latin. Mais
il n'en eA pas de meme des trois (jii-
vans , donc deux A>nt puifes dans deux
mlT. & le troificme dans le Traité des
monoies de M. le Blanc. Ce dernier eA
le plus étendu , & néanmoins plufieurs
. figures de Icmcs Cnguhctcsy font oinifet.
II. PARTIE.
S I C T. III.
Chap. III.
(«) DUctf.Td.
tùm, f. i}4*
ijtf NOUVEAU TRAITÉ
les lettres curfives en font exclues , nuis à peine y rencontre-*
t-on quelques minufcules , fi ce n’eft au xiv*. Chacun de
lès alphabets fe borne à un très-petit nombre de caraû^es. La
plupart ne lailTent pas d’être fiiivis de quelques lettres con-t
jointes & d’abréviations.
• Brencnunn publia fon hiftoire des Pandeûes de Florence
à Utrech en 1711: il y fit entrer un alphabet , qui paioit
recueilli avec foin , & d’après l’original. Nous ne penfons pas
moins favorablement des modèles d’écritures , qu’il y avoit
puifés. **
La meme année D. Philibert (1) Hueber mit au jour (bn
'Autriche illujlrie. U l'enrichit d’une planche alphabétique ,
cirée des chartes de l’abbaïe de Mêle , depuis l’an 1108. juf-
qu’en 1400. L’age précis de chaque lettre eft marqué fous
Ion pié. Malgré cette précaution ; quelques - unes nous
font pour le moins fiifpeâes , non de faux , mais de n’étre
pas teHes , qu’elles femblent anoncées. En général on temar»
que ici plufieurs lettres très-extraordinaires.
Jean Frédéric Schannat , à la fin de la première coUeéUon
de fes Vendanges lutiraires , publiée en lyzj. fit reprélèn-
ter des modèles de trois célèbres mC de S. Bonirace de
Mayence , & les acompa^tu (i) de trois alphabets.
Deux ans après , on vit paroicre à Leipfic un ouvrage de
Raimond Duellius , fous le isxx^dî Extraits généalogiques &
hifioriques. L’auteur le commence par des modèles (3) de
nm. depuis le v<. fiècle exclufivement , jufqu’au xvie. 11 le
(i) Noos ne parlons pr^nt ic lès nom-
brtofes tables oc fceauz , ni d'une renie
planche ttlchnire , reniftmant deux
modèles , Sc quelques abréviations.
(i) Le premier eft i la page tit. Il
conlifte en Teize lettres, fermées de poif-
fons. Il eft tiré du fécond de ces tnlT.
Les deux aunes fe voient,h la page xiS.
L'un eft en majafcnles , prerqoe toujours
carées , Fautre en demi - onciales angu-
leufes. Tous les deux teofermenrdes ca-
raAéres 'très - finguUers. Les morceaux
d’onciale , de minofcnle te de fexone ne
palTent pas le nombre de neuf ou dix.
Ils les redonne preCque tous an public ,
avec les mêmes obfervations', dans fon
•Dmtfi il hiii. Mais fe léponfe à
Eckiun renferme douze gmndes planches
d’écriture diplomatiqA, depuis le vi 1 1*.
liccle , jnfqu'an xi 1 II y lepètc encore le
diplôme de Pépin , qu’il venoit de («)
publier ailleurs. Ses autres ouvrages prou-
vent , qtt’ilaimoitii reproduire les mêmes
planches.
()) Scs modèles ocnpenc it peine qua-
tre pages 8c demie. Ceux des trois pre-
mières fent tous tiiés de D. MabUloii
le de Schannat , h l'f xception de trois ,
pris dans les mlT. de S. Germain des
Prés , 8c d’un autre do X 1 1 *. fiècle. Le
refte , confiftant en une page 8c demie ,
ne commence .qu’aux lit', fiècle. En-
core y voit-on figurer deux modèles d<
la Diplomatique £o. Mabillon.
borne
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DE DIPLOMATIQUE. 157
borne à fix alphabets Amples , dont quelques-uns font em-
pruntés de la Diplom.'iriquc de Mitbillon &c de Schannat.
Vm. En 1730. M. Scheuchzer fit graver des alphabets,
tirés des diplômes &c des m(T. d’une abbaïe d’iin canton de
Suilfe. Ils ne commencent qu’à Charlemagne. Quoiqu’ils
aient leur mérite ; le nombre en eft trop peu confidérable ,
pour répondre à toutes les formes,que l’écriture latine a prife,
dans tous les tems,& chez toutes les nations, qui l’ont adoptée.
* En 1731. Godfroy von-Beflel immortaliià fon nom par l'a
( I ) Chronique de Gotwic : mais les alphabets n’en font p.as le
principal mérite. 11 les a renfermés dans l’étendue (a) d’une
page , dont la meilleure partie eft employée en omemens &
en efpaces vuides. Un tiers (z) eft deftiné aux lettres mona-
chales majufcules & minufcules. Les unes &c les autres font
très-gothiques. S’il les a mifes fi au large , U a prodigieufe-
ment (3) refterré un autre alphabet (h) de lettres fleuries ,
avec queltjues figures d’animaux.
Ce feroit ici le Ueu de faire mention du Catalogue des mjf.
du roi d’ Angleterre j publié par David Cafley en 1734 ; s’il
étoit aufli riche en alphabets , qu’en (4) modèles & de di-
plômes & de mlT.
La Clé eüplomatûjue de Daniel Eberliard Baring parut en
1737. à Hanover. Si l’on en excepte daix Amples alphabets ,
; (i)S<mi>rtitùetTolanereiiAsinçD«if
^bnehes ac mfT,. donc les modèles coffl-
mencéot au vit*. Iîèe1e,tc finilTcnt au
xr. Celles des diplonics des empcceuts
t'cccodenc,dcpuii l'an p i } .iurqu'en ( s ) 7.
On peut juger fur ces monumens , des
anciens mC d' Allemagne & des dipIBmcs
impériaux.
(s) Les deux autres tien de ceccc plan-
cUc , qui n'ocupe pas toute rétendue de
la page , font remplis pat Talpiiabct ru-
uique , St celui d'Ulphila.
t il Cent cinquante -quatre caraéléres
des lettres fleuries s’y trouvent réduits an
point de ne tenir , que le quan d'une
page. Des lettres d'un pié de nauc n’ocu-
penr qu’un erpace de moins d'un pouce ,
/a) Seixe planches de chartes'Sc de’
mÏT.bicn économifées nous fournilTent le»
écrirates d'Angleterre , flt . furtout lea.
angltS-faxones , carolines te normandes ,,
depuis le VI i'. fiècle , jufque vers le mi-
lieu du XVI*. Ses modèles procidcni pref-
que conjoucs par dates. Mais nous n'a-
vons pas entiepris de parler des auteurs ,
qui o'ont publié , que des modèles de
mfl*. 4c dediplcnnes. Sans cda. nonsa'ou-
blicions pas la bibliothèque impériale de
Lambecius , celle de Turin , le Prapy-
Itum d'avril du P. Papebnic, les Liturgies
te les Ecrivains de l'billoire d'Italie de
L Muratoti , la Délênre des écritures cano-
^ niques par le P. Bianchini , le tant d'au-
très , dont nous avons les ouvrages encre
cloti fi extraordinaire répand nécclTaire
mcat'de la confrfioA' lut la plupart de
ces lettres.
Ac les autres a pi^ottioo. Une téduc- « les mains ; outre ceux que noos n'avont
pas , ou qui ne font point venus à notro
conoilTance.
Tome IL
S
IL PARTIE.
StCT. III.
C H A r. 1 1 L
Alphabets te mo-
dèlcs de Scheuch-
xer, de D. God-
froy von - BclTcl ,
de Baring , de D.
NalTare te de D.
Rodriguez, d'An-
derlbn , de V/al-
ther.
{•) Lit. i.f. 71.
(è)IW. p. qj.
Digiiized by G< -^li'
11. PA
S I C T.
Ci(-A r.
RTIE
III.
. III.
T38 NOUVEAU TRAITÉ
tirés de diplômes , &c fept d’aftes de notaires , tous les autres
font empruntés de D. Mabillon , de D. Hueber &c de
Scliannat.
A la tête de {^-Bibliothèque univerfelle de la poly graphie
espagnole , publiée à Madrid en 1738 , D. Nafl'are bibliotlié-
caire du roi d’Efpagne mit un prologue , enrichi de quelques
alphabets, & de plulieurs modèles, tirés demir.& d’infcriptions
anciennes & modernes. Pour ne tien dire des alphabets des
langues étrangères ;il répète la planclic de l’abbé de Go tvic,
dans laquelle les lettres monàdiales font inférées. Elle ell fui-
vie de trois limples alphabets pris fur des infcriptions -wifigo-
thiqucs d’Efpagne & fur un mf. mozarabique. Ce ne font I4
que les préliminaires de la Polygraphie: de D.. Chriftophe Ro-
driguez. Celui-ci la commence pat vin^ planches, toutes pui-
fées dans la Diplomatique du P. MabiUoo , dont it eakprqpr
te &: les écritures & les alphabets. Dans les modèles , qui
ne font dus , qu’aux recherches du comptlaceur efpagnol ,
paroirtent divers alphabets fimples , dcmt les plus anciens ne
remontent pas au-aelfus da x*. fièéle. Le feul xv^.,eo prend,
pour fa part feize fur vingt-Iêpt. Aihlî pour ciiacu» des fepÇ
autres , il n’en refte qu’un ou deux au plus.
Le Tréfor ckoijî des diplômes des nwnoies d’EcaJfs fut
donné au public en 1739. avec une magnificence plus qu«
royale. Les alphabets n’y font pas oubliés. On en compte
fêpt de lettres majulcules ic minulcules , tirées des chartes
d’Ecollè. Ils peuvent fufire pour la diplomatique de ce
royaume. Mais c’eft peu de choie , par raport à l’étendue de
notre objet ; Sc d’ailleurs les plus anciens caraélères de cette
coUeûion touchent à peine aux dernières années du xi«.
ficelé. ^
En 1747. le Lexicon diplomatique iç Walcher fût impri-
mé à Gottingen. A la fuite de Ton diéfionaire d’abréviations,
on trouve entre autres choies , neuf alpliabets (i) de lettres
. (;) Lcf ^uz pfcmizrs fbiu tr^s de
^uz mH*. duvALi*. Tiécle : le d'un
ref. du iz* ; le 4,*^ d'uoc charte
tKjur du zii*. : Je 5^. & Je de deux
charre^ du xi 1 1* : le 7. & le S*", de deux
pièces du Z IV* t k 3»*. d'ua mf. du xv*.
Au refte les nonibroiJts planches de cet
excèleot ouvra e font fore lâches ou pets
remplies. L'exptrcatioo de s abrdviadcms
& même des anciennes écritures ocupe
auiaitt oa plus de place ^uc ie$ textes.
™ byGoogli
DE DIPLOMATIQUE. 159
majufcules , minufcules &: curfivcs , prifes fur un très-petit
nombre de mlT. & de chartes. Ainfi loin derépréfenter les
lettres latines de toute l’Europe , ils n’épuifent pas même
celles d’un royaume , d’une province , d’une contrée. Du
côté de l’antiquité , le vi 1 1 . & le xv'. ficde en font les bor-
nes. Nous ne prétendons pas néanmoins en déprimer le
mérite. Chaque éléiiKnt ïè trouve autant multiplié , que
Id comportent les modèles de mlf.< ou d’aôes , dans lef-
quels on a ‘puifé ces alphabets. Plufieurs liàilbns en re-
haulTent le prix , & par-deffus tout cela vingt-huit plan-
ches , tant d’écritures de mlT. de chartes & de mufique, que
^es alphabets , dont on vient de parler , rendent ce recueil
aulfi curieux par lès modèles , d’ailleurS àflez élégamment
gravés , qu’utile par les 11 j. planches d’abréviations ex^i-
quées. ' ' ,
Nous ne dirons rien de Fulvio Montauri , de Jean Théo-
n. PAR TIE.
s I e r. I U.
Chat. III.
doré , & de Jean Ifrael de Bry , de Colletet, de ( i ) Jaugeon ,
delà Demoifelle Elftob'angloife , & de (x)'tant d’autrA
compilateurs d’alphabets. Ce n’eft que dans ce fiècle, qu’on en
a donné des elTais un peu pafTables. Les meilleurs cependant
ne font le réfultat , que de mlT. ou de diplômes particuliers ,
3ue des titres d’un canton , d’une abbaie , d’une églilè. Di-
cilement en montrera-t-on quelqu’un , qui s’étende à la fois
à une vingtaine de chartes nationales II refte donc bien des
milliers de mlT, de diplômes , d’aâes , de médailles & d’au-
tres monumens , dont on n’a pas penfé à recueillir des let-
tres , qui pouroient figurer avantageulêment dans une com-
pilation d’alphabets.
- IX. Il n’eft pas à la vérité poflible de tout voir & de tout Hifc mono-
dépouiller : mais , quand avec un peu de choix l’on a par foi-
même épuilë quelques centaines de mlT, de diplômes origi- «s d« itph»-
naux,& de modèles des uns &c des autres , quelques milliers bct$ génirau» :
t
(i) On prétend, (jnece favanta lailîé Icne en i(tt. Ces trois auteurs Tont ti-
bcaucoop de mémotres fut les ktties & rds d'on catniogue , cootenam prés do
les écritures : mais noos n'en avons point i fo, livres divers , loucbant les hiéto-
eu communication. glypbes , les lettres te les écritures dé
(i) On pouroit, par exemple, nommer routes fortes de langues , la cryptogia-
les alphabets iTElic Rietafi , ceux d'Andrc phie , la cabale , les cbilres , les figits s
dcPi«is,publiés in-folio àRomc en lysf. les abréviations , l'oitbograpbc.
k de Gotbfroi Barthel , ^ui pâturent à I
S ij
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II. PARTIE.
SfCT. III.
Ch AP. IIL
colicâion compU-
tc d’alphabcn par-
ticuliers , infufi-
faute d’une part ,
® & de l'autre im-
poICblc.
140 NOUVEAU TRAITÉ
de médailles Sc d’infcripcions de tous les âges : &: qu’avec
cela l’on réunit à peu près tous les alphabets de ceux , qui
nous ont dévancés dans ce genre de littérature ; on doit être
en état de donner au public , finon du parfait , du moins des
coycûions d’alphabets , alTez bien fournies , pour faire face
à prefque toutes les difîcultés. S’il étoit quelîion de ne riea
laiiTer en aricre , un volume entier n’y fuHroit pas.
On peut demander , lefquels des alpliabets généraux , par-
ticuliers , ou par ficelés , s’ajufteroient mieux au projet d’une
diplomatique univerfelle. Les généraux, dira-t-on , font trop
vagues & ne fixent pas alfcz l’age des caraûcres. Pour parve-
nir à la plus grande précifion ; il faudroit , que chaque let-
. tre portât fa date avec elle : alors on n’apliqueroit point à
.tel teras une figure , qui devroit apartenir à tout autre , on
marcheroit toujours la preuve en main : l’on n’àuroit rien
à craindre de l’erreur.
Mais l’age des. monumens , des mlT, des chartes n’a pas
toujours, de date certaine. On ne peut quelquefois en juger ,
2ue par eftime. Encore ne s’étend-t-elle ps toujours , ju^u’à
onner une indice sûr &c précis du fiècle. On fait néaamoiqs
indubitablement , que tels caraélcres , d’ailleurs tres-fingu-
liers , lui font antérieurs ou poftérieurs. Faudra-t-il les nér
gliger , pareequ’on en ignore l'époque jufte î Par-là les crois
quarts &c demi des lettres plus anciennes, que le v 1 1 1 fiècle ,
foroient perdues pour nous. Il faut donc nécelfairement ré-
noncer aux alphabets par dates , dans une encreprife , telle
que la nôtre ; où les écritures de tous les genres , de toutes
les efpcces , de tous les ficelés , de tous les lieux & de tous
les peuples de l’Europe doivent concourir. Ils nè- peuvent s’é-
xécuter , que par raport à quelques contrées. C-eft ainli que
D. Hueber, dans fon Ajjtriche illuJlrée^fyAiJX dtefl'crun al-
phabet , donc toutes les lettres fufl'ent datées , s’eft borné à la
durée d’environ quatre fiécles , comme aux archives d’une
foule abbaïe. Mais , quand o^ auroic rafiemblé des milliers
de caraderes par dates ; en pouroit-on conclure , qu’ils n’au-
roient point été en ufoge , dans d’autres tems & dans d’au-
tres contrées î La condufion foroit très-inconféquente. Pour
être légitime , elle devroit fe réduire à conftater ^exi^^ence^
de certaines figures de lettres ,^pour tel pais &: pour tel tems...
DE DIPLOMATIQUE. .141
Ainfi le* InducHons , qu’on en pouroic tirer , ferolent tou-
jours à la décharge des pièces véritables , Sc jamais à la char-
ge des faudes. Ainfi plus de difeernement par cette voie.
Les alphabets particuliers à chaque infcription , à chaque
diplôme , à chaque mf. font d’ailleurs abfolument imprati-
cables. S’il en fiiloir former autant , que d'inferiptions , que
de chartes, que de mlT. & fi chaam renfermoit toutes les
figures diverfes des lettres , contenues dans ces monumens ;
ce feroit un travail immenfe &: d’une très-médiocre utilité.
On ne pouroit que fe laiVer de voir reparoitre fans fin des
nuées d’alphabets particuliers , qui ne îeroient prefque que
fe répéter. Sous prétexte de quelcjues nouveaux caraâcres ,
de quelques variations de traits ; il faudroit rebatre cent &:
cent fois les memes lettres : fans qu'on en fût ordinaire-
ment beaucoup plus avancé ; dès qu’il s’agiroit de les faire
fervir à la ledure d’une pièce , fur laquelle ils n’auroient
point été pris. Il eft peu d’inferiptions anciennes , &c moins
encore de modernes des bas tems , peu de mlT, peu de char-
tes , dont les écritures foient abfolument les mêmes donc
aucunes lettres ne diferent entr’elles y quoique la variété
de forme ne confifte fouvent , que dans deux ou trois carac-
tères. Qu’on drelfe autant d’alphabets , que d’inferiptions ,
de chartes , de manuferits ; chacun n’aura donc de parti-
culier , que ces deux ou trois lettres. Toutes les autres feront
les mêmes. Quelle profufion pour un ouvrage , où l’on s’a-
tend à voir réunir la totalité des alphabets avec celle des
écritures ! Après des centaines de planches d’alphabets les
plus étendues ; on n’auroit pas la centième partie du pur
nécelTaire. Quel embaras d’ailleurs de parcourir des milliers
d’alphabets , pour réfoudre une dificulté , qui difparoitroic
aulfitot, vis-à-vis d’im alphabet général ! Si toutes les lettres »
fufifamment diférenciées d’un mf, d’un diplôme , d’un mo-
nument , étoient reçues dans les alphabets , qu’on en dref-
feroit ; de paniculiers ils fe transformeroient à quelques
égards en généraux : & dès-lors leur étendue & leur nombre
ne deviendroient-ils pas des obftacles infurmontables à Te—
sédition d*un pareil deflein ?
Que ces alphabets ne foient point formés avec plus dé‘
£bin , que Tout été la plupart de ceux , qu’on a rendu publics y,
II. PARTIt.
St CT ni.
Cmaî. III.
H. Parti!.
5tcr. III.
Char. III.
(a) Mn/eum ïtsi*
t. t.p. ï%\.Dfn
dt^l. ) 7. tdit.
1709.
{b) Dt rt di^hm.
^ }57-
(f) UÿlerU Pan^
dfü.TrajeHit7ii.
lib, 1. t, X.p.lll,
loconvftiieos des
alphabets par fié-
clés.
i4t NOUVEAU TRAITÉ
on n’y feroit pas entrer la trentième patrie des caraftêres, con-
tenus d.in$les mlT. Sc les diplômes, d’où ils font tirés. Quand
on confronte les alphabets , extraits de certaines pièces avec
leurs originaux ; on eft furpris de rencontrer dans ceux-ci
beaucoup de caraélcres trcs-finguliers , dont on n’a fait nul
ufage. On s’aperçoit de ce défaut , jufque flir des échantillons
d’écriture extrêmement courts. Comparez l’aîphabet , pris (a)
par D. Mabillon lui-mcme fur les célèbres Pandeftes de Flo-
rence , avec les deux [b) lignes , qlii lui en furent envoyées
par M. Mégliabecchi , bibliothécaire du grand duc de Tof
cane \ la reffemblance entre ces lettres eft à peine fenfible.
Que fetoit-ce donc , fi le parallèle étoit fait entre l’alphabet
de D. Mabillon & celui ( c ) de Brencman î Eft-ce que le mo-
dèle , adreffé à D. Mabillon n’étoit pas fidèle ? Les planches ,
3ue Henri Brencman à fait graver du meme mf. nous répon-
ent de fa fidélité. Eft-ce que D. Mabillon, ayant aéhiellement
fous les yeux l’original , fe fêroit trompé touchant la forme
des lettres , qu’il y a puifées ? On doit encore moins le pré-
fumer. Mais un limple alphabet eft infufifant , pour conte-
nir toutes les diférences de lettres , renfermées dans unmf.
Ainfi les alphabets particuliers , déjà trop nombreux parleur
multitude prodigieufe , devroient encore l’être d’un autre
côté bien davantage , par celle des caraftères , qu’il fàudroit
raftembler , fous le même élément , d’après chaque mf. 8c
chaque diplôme. Ils font donc impraticables, pour notre def-
fein , & moralement impoflibles pour tout autre.
X. Les alphabets par fiècles n’entrainent pas après eux tous
les mêmes inconvéniens : mais ils ne laiflent pas d’en renfer-
mer beaucoup. Chaque fiècle a plufieurs fortes d’écritures
crès-difparates , qu’il fàudroit confondre ; fi le nombre des
alphabets devoir fe méfurer fur celui des fiècles. Réunir fous
un feul alph.ibet la curfive avec la capitale ; ce fêroit , dans
un catalogue de plantes , ranger fous une même efpèce la
mouffe fie le cèdre. On fe verroit donc forcé de multiplier
les alphabets j à proportion des diverfes fortes d’écritures ,
qu’un feul 8c meme fiècle produiroit. Au lieu d’un alpha-
bet par fiècle j on n’en feroit pas toujours quite , popr
les tripler 8c les quadmpler. Quoi ! vous borneriez chaque
fiècle à fon unique alphabet ; tandis que chacun d’eux
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DE DIPLOMATIQUE. 145
en feules majufcules^ vous fournira dequoi remplir une
des plus grandes planches? C’en feroit donc plus de vingt, fans
avoir entamé ,ni les minulcules , ni les curlives ,ni les mé-
rovingiennes , ni les \riCgothiques, ni les lombardiques , ni
lesanglo-faxones,qui de leur côté poiiroienten ocuperunplus
grand nombre. Un pareil arangeraenr ablbrberoit à pure per-
te prefque toutes les planches dei notre ouvrage. Et que de-
viendroient tant d écritures , tant de (ceaux , tant de ligna-
tures & de monogrames , dont les modèles Ibnt auront ou
plus e/l'entiels , que ceux des alphabets ?
JM iis cette foule, lulfi infufifance, que fuperflue,d’alphabets,
feroit en puie perte. A chaque hccle , ne faudtoit-il pas ré-
péter plus des trois cpiarts & demi des mêmes caraÔcres ?
Car , en palTant d’un iiéclo à- l’autre , Une faut pas s imaginer,
que par une révolution fubice , l’écriture change couc-à-coup.
Elle varie comme les modes , comme les mœurs, comme les
arts , mais plus lentement. D’année en année la variation eft
imperceptiole. A peine découvrez-vous en certains dccies
quelque changement dans l’écriture, au bout de dix & de vii^
années. Compaiez celle de deux demi ficelés confécutifs ;
fouvent vous commencez à remarquer une diverlîté , qui fe
fait lêntir. Raprochez les écritures éloignées de cent ans ;
pour l'ordinaire leur diférence vous frape auflitôt. Encore
cette difërence eft-elle fufcepcible de plus & de moins. Quel-
quefois eHa parole très-grande , quelquefois elle eft peu mar-
quée. On fupelê , que les moiHiniens ne monqueot ps. Eu
général , iotfqu’ils font rares , la drffemblance Se U coufix*
mité de l’écriture de chaque lîècle fe manifèftent plus di&û
lémenc. Malgré leur abondance , il eft des ficelés , où la
reftemblanco râit une vive imprefiion \ candis que certaines
menues diférences (buvent écbapent, même aux conoiflëurs.
Rien de plus uniforme , que beaucoup d’infcripcions des crois
ptemiefs fiedes , depuis l’cre chrétienne ; quoiqu’il en exifte
ptgficurs autres , dont k diverfité lê trouve parfaieenrenc ca-
radérilëe. ÿ^is donc que leschangemens, dans te goût ou la
totalité de l’écrkure >(bnt fi lents ; combien ceux , qui con-
cernent far confonmacion des lettres , le doivent-ils être da,-
vancage 1 Souvent H fufic , pour rendre une écriture touta-
f»c déférence d^untf autre , que quelques caraûèteséprouvenc
II. PARTIE
Si CT. III.
Chai>. III.
»
DiO"i ^--1 - . ■ ^OOgU
il»-
II. PARTIE
Se CT. III.
C H A F. 111.
144 NOUVEAU TRAITÉ
uiie v.nriétë confiante' , dans certaii^ traits fuperflùs.’
On pafl'era d’un iiccle a l'autre, fans obferver de variation
notable , entre la plupart des figures de chaque élément. 11
faudra donc fe livrer à des répétitions continuelles ; fi cha-
que ficcle doit avoir fon alphabet propre. En éfet les mêmes
formes de lettres ont coutume de le tranfmettre de lîècle en
fiècle. Pareequ’on en aura introduit un petit nombre de nou-
velles ; les anciennes ne font pas anéanties pour cela. Quel-
ques-unes fe foutiendront, quant au contour , quant aux prin-
cipaux traits , pendant des milliers d’années ; d’autres pendant
plulîeurs ficelés confécutifs.
En vain opoferoit-on , qu’il fufroit d’atribuer à chacun
les figures de lettres , qui lui feroient propres , fans s’emba-
rafTer de celles , qui lui feraient communes avec d’autres.
Mais on conclurait tout naturellement de cette, omiffion ,
que toutes les lettres des fiècles précédens apartiendtoient
encore , ou n’apartiendroient plus aux lîçcles poftérieurs : &c
l’on fe tromperoit également départ &C d’autre. Certaines fi-
gures de lettres fe maintiennent fuis difeontinuation , d’au-
tres difparoiffent bientôt apres leur nailTance , quelques-unes
tombent infenfiblement dans l’oubli ; tandis que les autres
fe reproduifent , apres avoir difparu pour un tems. Telles fe
conferveront , au hècle immédiat à celui , auquel on les aura
pbcées , qui n’exifteront plus , au fuivant. D’autres n’y com-
menceront , qu’à devenir d’un ufage commun : & ce ne fera
qu’apres une fuite de fiècles , que s’abolilTant de jour en jour,
elles ne paroitront plus. Ces caraûères memes , que j’aurar
affignés a tel fiècle , comme fpécifiques ; non feulement fe
montreront dans d’autres : mais fouvent ne fe rencontreront
pas, dans telle & telle pièce de celui , auquel je les auC^ apro-
priés. Ces lettres , particulièrement fixées à certain fiècle, n’y
feront pas toujours les plus acréditées. Car il faut bien dif-
tinguer entre celles , qui n’étoienc point aux fiècles anté-
rieurs , celles qui ne feront plus aux fuivans , & celles qui
s’y trouvent fur le pié d’ordinaires. Les dernières peu-
vent conferver la même prérogative , pendant une longue
fuccefiion de fiècles , & la perdre enluite par des degrés
infenfibles , jufqu’à ceffer d’être. D’où s’enfuit , qu’il eft fou-
vent plus aifé de juger des caraélères, propres à certains fiècles ,
pat
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DE DIPLOMATIQUE. 14;
par des lettres extraordinaires ; que par celles , qui font
d’un ufage commun. Toutes ces raifons & une infinité d’au-
tres , qu’on pouroit déduire fort au long , prouvent l’in-
fufifance &c la fuperfluité des alphabets rellreints à chaque
liccle , foit qu’ils foiait généraux , foit qu’ils foient réputés
particuliers.
Qu’on n’en infère pourtant pas, que chaque ficcIe n’a point
de reffource , pour fe faire diftinguer des autres , ni meme
de fes voifins : mais feulement , qu’il n’eft pas polTible de
les reconoitre , par la voie des alphabets ; à moins qu’on n’en
donne une hilloire raifonée. Or c’efl: ce qui ne peut s’exé-
cuter par des planches ; mais par une expofition des carac-
tères , plus fpécialcment afeélés à chaque fiècle : c’ell à quoi
nous delUnons le chapitre fuivant.
II. PARTIE.
Stci. III.
CHAPITRE IV.
Recherches fur la defcendance , la figure , la for-
tune & les tranfimutations de chacune des vingt-
trois lettres de notre alphabet , dans les inficriptions
,i lapidaires & métalliques , les mff. ô les diplômes :
avec l’art d’en fixer l’age , par la variété des
formes , des contours , & des traits qu elles con-
■ traclent de fiècle en fiècle.
T O U T le monde admire les chefs-d’euvre de mécani-
que : on eft ravi de voir les éfèts qu’ils produifent. Mais
peu fe plaifent à confidérer les roues &: les refTorrs , qui font
jouer la machine. Les fouis artilles Sc les amateurs font en-
core plus curieux de les examiner , qu’enchantés de leurs
opérations. Juger de l’age des inferiptions , des médailles ,
des mff j des chartes par la figure des lettres , préfonte un
objet intérelTant pour tout le monde. Mais , fi l’on veut
aquérir ce talent -, il faut fo mettre au fait d’un certain mé-
chanifme , pour lequel les conoifTeurs & les amateurs ont
Tome IL' T
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i4<î NOUVEAU TRAITÉ
droit de fe paflîoner. C’eft une merveille , fi les autres peu-
” tcT.Vil.^ vent foutenit la leûure de ce chapitre , dont la plus grande
c H i P. IV. partie roule fur une portion confidérable du méchanifme ,
qui fait l’antiquaire. Cependant plufieurs favans hommes
fouhaitent depuis long tems une hiftoire abécédaire , qui
faffe conoicre les accidens & les métamorphofès , qu’ont
éprouvé nos lettres , durant la révolution de tant de fiècles.
(4) a»vii il- Le doûe (a) Baringius a publié en latin les vœux , qu’un
fkmaiicM h»ko- célèbre (l) auteur formoit en alleman , pour exciter à (i) ce
4“. .757.
{b) ]ae. Frid. L’antiquaire eft fouvent réduit à comparer les caraéières
diférens ficelés , pour fe fixer fur l’age & le prix d’un mo-
ttr. -JT- nument. Il -faut donc lui mettre fous les yeux ces caraâcres
diftindifs. L’étude des médailles Sc des inferiptions raj^Ué
fans ceffe à celle des diverfes figures , que les lettres ont pri-
fes. Les m(T. ont un befoin contmuel des (ij memes fecours,
& les diplômes ne fauroient s’en pafTer. Ceft donc un de-
voir indifpenfable pour nous de fournir la caricre , qui nous
ed ouverte ; fans nous éfrayer des dificultés , ni nous rébuter
de leur multitude. D’une part , la matière eft trop abondante ,
( l) Il ne le bornoic pas aux IcuJcs des lettres Tcrt i déterminer l'age des
lettres latines ^ il dclîroit mie les germa- mif. La conoilTance des caraélètes , qui
niques , les grcques St les hébraïques fe confondent cnfemble par trop de tef-
memes y fûflcnt comprifes. Quelque fcmblancc contribue bcaoeoup a l'hitcl-
épineufe que puilTe parsitre une entre- ligence des textes , ainC qua la cortcc-
prife dé cette nature ; elle entre trop tion des fautes , qui s'y font glilTccs. Les
direâement dans notre plan , pour nous copiées & les éditeurs mêmes ont quel-
y relùfer. Comme la littérature écran- quefbis prit une teerre pour une autre }
gère n'y doit pas être mife au niveau de parcequ'elles n'avoient rien du côté des
la nôtre ; par raport aux lettres des traits , qui pût les diftingucr. Un ctiti-
Otientaux & des Grecs , on peut fe con- que bien au fait de la difércnce & de is
tenter des alphabets méthodiques , que conformité des figures , qu’ont éprouve
oous en avons donnés , des obfetvations les élément de l'alphabet , rcconoitra
plus ou moins nombreafes , dont iis font fouvent , quelles lettres doivent être fub
acompagnésôu fuivis , & de celles , que lUtuées i celles de nos éditions , 8c par
nous y joignons , pour faire fentir leur ce moyen rétablira des textes iniotelligi-
defceodance. L'hiDoire des lettres lati- blés , 8c mal alTortis an difeours, quoiqu;
nés , qui d'ailleurs renferment prelqne leur altération ne confifte qu'en un Icul
sontes celles d'Europe , exige des re- caraâère. Quoi de plus important , pour
eberches 8c plus pcofendet 8c plut éten- faSancage des lettres .. que de mettre
ducs. Des vues fuperficieiles n'apren- leurs amateurs en état de rendre aux au-
droient rien : de lucres efquilTcs ne ré- teurs leur pureté primitive , par une cri-
pondroient pas aux veeux des gens de tique heureufe 8c fage , qui ne prétende
lettres. pas l’emporter fur une multitude debout,
(x) Non feulcmeru la diveifc forme mlT; mais fuplécr à leux Àlêtte ;
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f
y
DE DIPLOMATIQUE. 147
pour être épuÜëe , même par un jufte volume. D’une au-
tre , notre deflêin ne comporte pas d’aufli longues difcuf-
fions , que le fujet fembleroit le demander. L’unique parti ,
qui nous relie donc à prendre ell de tenir le milieu entre
les deux (i) extrémités. Au furplus nous aurons cent ocalions
de fupléer à des détails , qui deviendroient ennuyeux , fi
l’on ne vouloit ici rien omettre.
Les notes de Tyron font prefque toutes autant de vraies
lettres de l’alphabet. Elles n’en paroilTent diférentes', que
par la diverfitc de leur pofition , ou la fiiprelfion de quel-
ques-uns de leurs traits. Aufli ne croyons - nous pas devoir
les exclure de notre alphabet raifoné. Cependant , pour ne
pas trop multiplier les dificultés , dans une matière fi peu
aprofondie ; nous nous bornons communément aux feules
lettres initiales des (a) mots , que perfone (i) n’a jufqu’ici
dillinguées , ni des initiales des notes , ni de leurs fignes
(i) La néccllit^ d'cue courts , 8c en-
core plus (Tépargner au Libraire , d^ja
(urcharg^ par des frais immenfes , (mon
la ttrtalité , du moins une partie de cette
ranltitude de nouveaux cataâèrcs , qui
mettroieor les chofes dans un grand joutj
nous fera fans doute plus d’une fois cou-
rir les tilques de n'étte pas entendus ; fl
le leâenr n'a contlouellemenr fous les
yeux nos alphabets géofranx. Mais avec
cette précaution s la iuHeflê & la fâgaci-
té de Ton efptic , lui Ktont lâiflr d’un clin
d'ail les figures des lettres , que nous oc
décrivons lonvcnt , que par un fcul mot ;
8c dés qu'il les aura reconnues , tien ne
poura plus l'atcter.
(i) II faut en (*) excepter , h qatImeS
égards , l'anonyme de Vulcanins. II don-
ne on alphabet en forme des élément ,
d’or! oaifTent certaines notes de Tyron .
qu'il ne regarde , que comme des ca-
raâéres baltes ou lombardiques. Mais
fbn alphabet , encore plus borné , que
déféélueu , n’ofre pas la dixiéme panie
des lettres initiales tytooiennes. Il n'en
contient , tout bien compté , que 40 ;
quoique pluGeurs foieot identiques ,
quelques - unes faulTcs ou fnperflucs ,
queltjues autres compofées : c'eft-à-dire,
q[u'eliet valent des n»t$ cniicts , 8c non
fimplement leurs premières lettres. Tel-
les font fli féconde figure de TA , fes
premières de l'N 8c du P , 8c fes der-
nières de l'L , de TR. , du T. Peu s'en
faut , que nous ne Paeufions de s'ccre
mépris fur l'E , fur une de fes L; fur
un ou deuxde fes O. II pafl'e totalement
le K. Il s'eft vifibicment fait illufion fur
les P , fur la première figure du Q , 8c
fur rs. De quatre T , qu'il préfente , à
peine deux peuvent ils Ce foutenir. L'X
ed défiguré , jufqu'à n'étre pas reconoif-
fltble, en qualité de note ryronienne. Scs
crois figures de fY font faulTcs , 8c celle
do Z abfoinmcnc omife. Ainfl l'on peut
compter cet auteur pour rien ou très-
peu de choie. S'il D'étoie queftion , que
defes il £ i O V ,ieCa B» Bt BiBfBit,
de quelques lifles de mots , de noms
d'empereurs 8c de villes : le tout com-
prit en fept petites pages ; nous n'au-
rions pas d'aulC graves reproches à lui
faire : quoiqu'il ait copié les fautes mê-
mes de ibn mf. f^ns en avertir | lui qui
n'cd point du tout avare de remarques Au
redeil cd toujours louable d'avoir elTayé
d'aplanir des dificultés , dont on ne co-
noiffoit de fon tems, qu'une très-petite
partie , mais qui n'en étoient pas moins
éirayantes.
Ti)
II. PARTIE.
St CT. III.
CHAf. IV.
(*) V»^ ci-itf-
Jcmn°. ly. U j'.
nue inD,
(i) De Hier, <y
iniM Guhtrnm.
’• to. ti.
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148 NOUVEAU TRAITÉ
” fubalternes ou fubluliaires. Nous fommes d’ailleurs bien
\sECT^nl^ aifes de familiarifêr d’avance les génies curieux & pénétrans
Chat. IV. fcience , véritablemenc dificile -, mais moins , qu’on
ne l’a cru , faute d’une bonne méthode. Pour en découvrir
les myftcres ; il faut en étudier les lignes : & pour le faire
avec inrdligence -, il faut en favoir anatomifer & décom-
Eofer les lettres. Le premier eflai doit naturellement tom-
er fur les initiales. Un fujet fi nouveau oblige nécell'aire-
ment à créer des mots , ou du moins à réduire à des ligni-
fications inulitées les termes d’ufage. Ceux qui ne peuvent
fe réfoudre à rien lailfer palTer , fans l’entendre 5 auront pleine
latisfaélion , quand nous traiterons de ces notes. Là le fens’
de toutes nos expreflîons fera déterminé , avec toute la pré-
cifion Si la clarté poflible.
La conformité des lettres phéniciennes avec les lepten-
trionales (i) ou tuniques , fyriaques , africaines , efpagno-
Ics , étrufques , grcques , Si latines , failît tout d’un coup ;
quand on raprochc les élémens alphabétiques les plus an-
ciens de chacune de ces nations. La diverle marche de
leur écriture les obligeant à difpofer difcremment les mêmes
caraûcres refpeûifs ; qu’ils foient droits ou renverfés , de-
bout ou couchés , plus ou moins inclinés vers la droite ou
vers la gauche , tournés d’un côté ou d’un autre : aucune de^
ces pofitions n’empêchera de les reconoitre , tant à leur
forme elTentielle , qu’à leurs principaux traits. D’ailleurs nos
propres lettres latines n’ont-elles pas plulîeurs fois éprouvé
de femblables accidens ? Pour s’en convaincre , on peut jet-
ter les yeux fur nos modèles d’écritures lapidaires & mé-
talliques, 1'. clafTe , 1'. divifion , 4'. genre.
Conformirf des I. De tous nos élémens latins , l’A eft péutêtre un de ceux,
ks*^YTanci"m rcflemblance paroit d’abord moins fênfible avec fa
dXuropc" princi- lettre corrcfpondante de l’alphabet phénicien. Quel raport
pales inétamor- Je fimilitudc remarquc-t-on entre l’F Sc l’A ? Rien du pre-
phorcsdcs.tianns: diflfemblable. Mais bientôt il ne
duree des .1 4 tC „ * , , f, \ 1 jr • e
daus les mir. & les réitéra pas la plus légère trace de cette dilparité. LA
(a) DetiutrMu- (i) Wormius , au lieu fa) de eompa- I raports de Cmilitnde. Avec les licences ,
rirmici.c»p.xi. rer Ton alphabet ronique avec le lama- j qu'il prend ; il n'cft auenn canâdrc , qui
/. lop. ritain , l'a mis en parallèle avec rhrfbreu- I nepuilTeétrc rendu fcmblablc i tel au-
caldaïquc. Tout cil forcé dans fes | tre , qu'on Toodta.
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DE DI PLOMBAT.! QUE. t4j
j>hénicicn a le port d’une F ordinaire: le rumq^ ,4’nn<j/'
inclinée vers la droite i le fyriaque, d'une ' liQur^ée du
même fens Sc renverfée : le grec bouflrophèdon , dans quel-r chuV.Vv.
qu’unes de fes figures , d’une /K panch^ vers le côté gau- Æpiomcs dci
che : l’étrufque, d’une autre forte d’<7Vi prefque fenyblable critures aïongéc»
pour la polition, mais diférènte , en cequ’çlje prolonge un
peu plus le môme côté , 8c qu’elle arondit fouvent fon angle
îûpérieur. Avec des angles aufli aigus j que ceux du grec ,à
marche alternativement opofée ; les , /)\ de l’ancien ( J ) ef-
pagnol , 8c du latin des tems les plus reculés , portent les
bouts de leurs jambages au .même niveau.? Ainfi s’évanouit
par degrés la prodigieulè diltèmblance qu’on croyoit ape;:-
cévoir entre l’F phénicienne •& }’A ' latin. On ; voit clai-
rement * combien notre A eft peui diférent de cette der-
nière figure y\. , tranchée ou_/an.s bafes. Suivons la dans
quelques légers changemens , qui. Iqi reftent à (îrbix : 8c la
reflemhlançe deviendra parfaite on plutôt tout
duire à l’unité., n-j . _ r.l . - i ! . i si >1 wl . ^
Quoique, dans les premiers teqaS: , la ligne moyenne des
partît régulièrement de leur côté droit ; on ne man-
que pas d’^ , dont la même ligne naiflbit du côté gauche.
S’ils n’égalent) pas toujours l’age de ceux-là , 8c s’il s’en trou-
ve de pofiéiiieurs à Charlemagne j. on en voit aufii de plus
anciens , au moins de neuf fiècles, 11 y a plus j on en re-
marque . même de cette nature * dans les tables Eugubines.
La réunion de ces deux ufages contraires fit éclore des A
garnis (i) de deux lignes internes , tendant à fe rencontrer.
Leur jonéüon fifivit: qé . près. .De-là (a) ces A , dont plu- («)
fieurs de nps./avftnslë croient redevables aux' Gotlis , (bus »• /’• à*»*
prétexte que leur alphabet en renfennpit /d’une figure apro- ‘
chante. Mais fans parler des Latins ;,les Coptes , les an-
çiens Efpagnols j 8c_furtout les Grecs , nous en oftcnt uxt
très-grand nombre de rigoureufement fcmblables , 8c ^’une
antiquité fiipérieurer de plus de. 400. ans à l’alphabet d’Ul-
phila. Tant il eft '■vrai , qu’on' fait fouvent faire aux Goths
bien, gratuitement quelque figure 'dans la République , dc^
lettres ! "5
. (1) VA crpagaol pceadaoflî ccsfiga* I (i) On en trouve &: ebez les Latiot
h- . ! _ 1 îc «fcsR JQS «Dcicos .
Di^ !w Googit
II. P A RTIE.
S E C T, III.
C H A P. IV.
\
(«J Stmv. Cel-
kSmu* mf. t. I.
Dt criurm mff.
f.xxy.
NOUVEAU TRAITÉ
Des deui^etites lignes inférieures, redreflees en une feulé ;
réfulroic allez natureUement la traverfê de nos A. Cepen-
dant , comme ils nous font communs avec les Grecs , 3c que
chez eux , & même chez les Latins , ils paffent de beau-
coup en antiquité les A à lozange ; il vaut mieux tirer leur
origine d’une des plus ordinaires , Sc en même tems des plus
anciennes figures (i) de l’N grec. Il ne falut qu’abailTer un
peu Ton côté gauche , pour mettre au jour l’A , qui prime
fur rous les autres , depuis plus de (i) deux mille ans : quoi,
qu’il n’ait pas lailTé de prendre à la fois une infinité de for-
mes difërentes. Le même N, donna naififance à un autre
A , qui n’en étoit diftingué , que parceque fon triangle def-
cendit de l’extrémité fii^rieure du côté droit , vers fon mi-
lieu. Ce nouveau caraûcre , d’ailleurs fi fbmblable à l’an-
cien , fut peu employé fur le marbre Sc le bronze : mais on
n’en comiut prefque pas d’autre , dans les mlT. grecs en gé-
néral , Sc dans les’larins à lettres onciales ou rondes. Son coté
gauche Sc fa ligne médiane fouvent s’y courbèrent en di-
vers fens. Ecartons-en maintenant le détail : il convient
de le rélèrver pour nos alphabets.
Après l’arondilfement de 1’^ triangulaire , tant dans fa
panfe, que dans les deux extrémités opofées de fa grande ligne
oblique ÿ fa forme primitive fè foutint encore , fiirtout chez
les Grecs. Les titres de leurs chapitres Sc de leurs livres
nous en ont confervé des modèles , même depuis que l’é-
criture onciale fut toutafait abandonée. Long-tems aupara-
vant il avoit produit , entre plufieiirs autres figures , à traits
mixtes ou curvilignes , notre a minufcule. En vain (a) Stru»
vius érige-t-il en une note caraêlériftique des mlT. du xi i®.
fiècle l’ufàge de la lettre a. Ou il faloit la figurer autrement ,
ou ne lui pas atribuer une qualité , qui répandroit une con-
fufion^fj) étrange fur l’age des mff. de beaucoup d’autres
(i) Les Etrul(jties en curent d'à peu
près rcmblablcs , mais plus voûtées.
_ ft)On pouroit même parler de trois
inilleans , lî les ublesEugubioescn écri-
ture latine étoient anni anciennes , <]ue
plulicurs auteurs Ica ont crues , Si tes
croient encore.
^j) 11 ne feia pas iautile d'entrer en
quelque détail , d’après les mfl' , les di.
plomes otiginana, la Chronique de God-
vie , la Oiplomatiquc de D. Mabilloo,
la Polygraphie d'tfpagne , le Lexicon
diplomatique de Walther , les mit & Ici
chartes de Calley , les diplômes d'E-
code ifAnderroo , touchant Tufage de
quelques lettres minufculcs Sc curdres ,
J
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DE D IP L 01^ A Tl que: jjh
liècles. Avant le vi 1 1* , le petit a ne fe montra ^ntêtre ~
jamaisfi) dans les diplômes , ni avant la fin du x'. îms leur
écriture (i) alongée. ‘ • ' > . . u icWak iv.
& paniculicrcmcat dt l'a , lùr lï^cl
plus d’un bon auKui s’cft iôrmd dci idéts
peu juUcs.
Cet a commence i parôifre , dès le
TI*, ficelé , dans l'écriture minufcule pu-
rement romaine : c'eft i dire , en tant
<)ue diOinguèe de la roétovingicnnc , de
b lombardique & de toute cutfivc. Au
Tii*. il derientplus fréquent: alivi t i'.
quelquefois il l’cmpotte fur l'a , com-
pofé de deux cc , ouverts ou fermés par
le haut : mais communément il n'a pas
cet avantage. Au ix'. il eft ordinaire :
non feulement dans les livres ; biais dans
les aéles écléfiaftiques 2e ks ebatteaj
quand elles afcéicnt la manière d'écrire ,
propre des mlT. Ce fut auHî pour lors ,
qu'il pénétra dans l'écriture anglo-fa-
xonc , ou plutôt qu'il y domina. Aux fiè-
clcs Âiivans , l'.l de plus en plus acré-
dité , banit ptefqu’entiérement des m(T,
& dans la mite des' chartes mêmes, P4
réfultani de b jonélion de deux c busrerts
par le haut. II n'ufa guère de plus de mé-
nagement pour TÀ fermé ; cependant
malgié cc dangereux rival ; le dernier
ne laillii pas de fe maintenir , dans cer-
taines pièces. L’AngIcterrt furtout en
fournit encore des exemples au tems ,
où les lettres reprirent une nbuvcllé vie.
L'Q.,dès le XI if.’ ficelé , abailTa’<|qel
qucfôis (qh trait fuMâc^ au point de
toucher la pâhfe. Cetié èxtélifibn étoit
à la màdè , aux itii. SC xv'. fiècles. Elle
fe failôit égitement ^ toÜ qu\in arondît
b tête Je fà , fbtt qa'&â U ciidt , foii
qu'ori l'inclinât par dès adgli^ pins ou
moins quvetts. '
(ij.li né fût rejii, meme jul^aii itii-
ticn du fuivànt , que dans éeUx , où l'on
cmplopoit en tout Ôii en partie , l'écri-
ture minufcule , 2c non la cuifive. Mais
(hr b Gn du tx* , il fe produifit plus li-
brement , fii ét gtands progrès ,
prit prnt d'iine I9U le delths au Xi‘ ,
fut partout an X n*.' d^m,afaj|é éotiiman.
En Allemagne ^<4 la cùt^e 'éàrOliné
fcmble â certain* égùfcls^Stft^ eonfer-
*éc- pins long tems qo'ed'nifAa 1 on ne
fe fem't , qne de l'a minufcule , dani
quelque chattes de* pieniiètct années 'du
X°. Dès le commencement duzli°, tout
les autres * , ou peu s'en fàluc , en fu-
rent exclus. Auparavant . les a , tant fer- •' , ,
més qu’ouverts , s'y foulinrcncafict con< ” * •
(lammcnt ; quoiqu'cn cedant iqu)ours un
plut grand letrcin â notre a. Péu â pcii
» l'ouverture des feepads le léttécit. La ♦ On ne biffe pu
partie inférieure du côté droit l'éléva, de rencomier Jea
}u!c)ua fionner naidàncc à un trait fem-* ^ oirrcrts en
blabic à l'S. Cc qui leur il^riasa ub fg, gg
faux air d’üf Wia , on d*4 , Bit fuivaiit de | 6c mémo t».
J la manière lotnbatdi'qne au moyen âge. nfia tard,
i Mah. cette fapjo d'4 ne fut ni.génénüu * ‘
ni de longue dorée en Allemagne , où ^ ] ' ‘
. elle n’ent cours, <jue fur le déclin du XI*. -•'.•n .ii.'.
I fiècle. Au contraire l'(x) lombatdiqoe en ,
forme Smeg» fë maintint affez conlfam-
ment , dans les bulles des pap'és ; au , ,
' moins depuis te vn t*.. fiècle , julqu'au '
XII*. .1 '
Les chanes J'Efpagne , dès le com-
ment dn xt I' , ne forent pis moins fa-
vorabf A â l'a , que celles des autres pats
niais â peine en feriDèrent-elIes l’entrée
aux deux anciens 4 (Ji , vers le xv*.
Cependant l’a fe faprochoit de plu*
en plus de b figure du premier : parce-
qu’inlenlîblement Ci cétc courbe dlmi-
nuoit. Elle fë termina ^la fin du t4‘.
en angle mixié , dont b courbe étOit â'
gauche , 2c l'aiicrë â droite; En ni&ne,
tems il s'ouvtit par le bas , ,2c s'cfl à peu .
près conlëivé tel , pendant les dermeix
fiècles.
(j) Lés a, qni ;dès le ni*, fiède ,.ne
fouiraient point de eoncnrrens-,''d4hx la
^minulëùle de certalas (fiplemes ; Com-'
i nrtncètcnr , au pWs tard ; dèr le XI, à'
s’établir 'dans l'écriture ilongée. Leurs
^ fuccès forent fi rapides en France ; qu'à'
peine depnis foéo. quelque ancreaofoic-
il s’y montrer : tandis qn’en Allemagne
'^chacun pouvoir encore à Ion tour pa-
• roiire for lés rangs. Mais depuis le mî-
ilien du xti*. fièclé J ,à très-peu d*cxeep-
Itions près lès 4 lef plus faâuéNe récrira-
rc'atongée' de panitém pMifimnd'ibtie
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II. PARTIE.
, S £ c T. I M.
.Ch A Pi IV.
(«) Tmfih.
f. 1)91.
I
ni i ■>
-..I .- T - , "
-‘(4) le!tr'ijrA‘-
dritn Hdiiul fiir
me fiice eter- •
Utrechi,
(e) P*£. l8f.
rsi ..I^V'ÜV E AU TRAITÉ'
' La ligne mitoyenne des A , après. y avoir caufë tant de
variations , fiu pcefque fupriméê , du moins en quelques
genres d’écritures. De-là ces A fur les boonzes ^ foit avant ,
foit après (i) la naiflance de, J. C. On en découvre aufli
chez les Etrufques Sc les anciens (zj Efpagnols. Ils font fu-
jets à de grandes variations , dq la part de leurs traits fuperflus.
Mais l’omiflion de la traverfe , quoique fréquente , ne fit
jamais totalement oublier l’ulage contraire. Ce vers (a) de
Térentien^Maur le prouve évidemment.
t latine , fcepè ut iX^a. , ftepè fcribitur.
L’A , pour âlnû dire transformé en lambda , eft fi commun
fur les plus anciennes monoies de France ; qu’il fembleroit,
aux terrhçs {b) de certains auteurs , qualors on n’en em-
ployoit prefque plus d’autre. faloit fe contenter d'apliquer
figure : (î «c n'cft quelquefois , fous
celle de l’A cipital , acommodc au goût
du tems. On voit, il eft vrai , dans l'c-
cricure alongdc , des » quvctts , au x I*.
ficcle.Mais.ilsfe changètéiit aufli tantôt en
A, ïdtitabuànent capitaux, quoique fans
cravctfc , tantôt en, a fort grands , avec
des paofos fort petites. Au milieu du
xi,l'.(ipclc,on y elufa quelquefois l' A
avec double ttavetie » foos rcuoncer au
petit « ., qui vcis le milieu du xii t*.
liccle , paroilfoit ’ pffez fouvent obli;
quement coupd. qç rfdtoit pourtant que
Ion tra^ fupdi^eutübacu. Du teifte , dans
une feiile ligne *cctitifté aloogôe , qn
faifqic entxet juÇju’à iipis|fones d’A ,
le capital , U itùôufcule & Te cutfif , tous
de la même hauteur. Oucant ce même
ficelé i les écritures alongécs dés char-
te! n'qii^ent .pi^fque :ptus .de copi^ ; &
Icelles j^ne, Jaiilcrept ôfs dp ,fç .eonfet.;
vei.,,dans certaines pâces, cOinrpe dans
Iqs bulles Si quelques - ce fut,
bientôt fous uqe autre forme. ' De eut- .
Cvcs , elles devinrent miaufculcs j^de'
roinufcules., capiulcs ; & de capitales ,
gothiques. "
d'auci
liccle,
étant dès-lors fi familière aux Romains;
on ne comprend pat , comment Hein-
nccius (r) a pu , dans fon Traité des
focaux , ne pas icgaidcr cette lettre ,
comme exaélement romaine.
"(i) CouféqucmmcDt à fes principes.
Don Vclarqucx ne doit pas balancer ,
quand les monumens l’exigent , â ren-
dre la première lettre de cette figure rq,
qu’il prend d'ailleurs pour un A , par l’N ,
r A , le G , l’L , le P St l’R. Cependant ,
pour pouvoir foire valoir A nôtre cqnjon-
dioD qionq^rnm'atiquc un E St une N ;
ilifo fil pt^ïère Sc la fécondé médaille
’de lit qqmxième planche 5 A EN Sc
SrtjEN , éii 'avouant , qu’il fout dans
le dernier cas fousenteodre un A , pour
lire J qui eft le commencement'
de Ssleni , peuples d'Efpagne. Mais s’il^
‘ n’eut pris ici la deuxième lettre A .
* pour un A , Sc la conjonûion, de deux let-
tres en qne,pourune L St un E, il aurait lu
\s4lk. principes , qu’il avôit po-
11?s . ra'utotifoicnt a fouséntendre encore^
plutôt ITd , que l’A, D’ailleurs la même'
cbnio'nélion . qui vaudra deux lettres »’
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DE DIPLOMATIQUE. ly,
ici levers de Tërentien. Nous ne prétendons pourtant pas
nier , que l’A làns traverfe n’ait par exemple prévalu fous
les fuccefleurs de Charlemagne. Mais auparavant , TA n’eut-
il pas fur Ion concurrent le meme avantage î
Les X, des mlT. en écriture purement capitale { & tels font
ceux des quatre premiers {a) modèles de D. Mabillon des i v.
v.ou VI*. hècles ) n’eurent point de ligne médiane , qui leur
procurât ime figure triangulaire. Leur côté droit excédoit
communément un peu le gauche en hauteur. Mais l’excédant
étoit quelquefois porté plus loin fur les tables de bronze Sc
les marbres. On y voit (é) aulü des X, , en aflez grand
nombre. Il s’en trouve fiir les monoies (c) efpagnoles , avant
l’invafion desMaures,en forme d’A renverfé.Rarement les mC
à lettres onciales, fi ce n’efi aux titres , renfemaèrent-ils des A,
dont les deux côtés égaux formalTent le triangle , au moyen
de leur ligne horizontale. De pareils A un peu fréquens ,
dans le corps de l’écriture onciale , fans tenir lieu de lettres
initiales des phrafes & des alinéa , pouroient lui fervir d’in-
dice d’une tres-baute antiquité. Les mil. grecs écrits par des
Grecs , à quelque âge qu’on les puUfe faire remonter , n’en
fbumifient prefque point d’exemples.
Peu apres l’établillêment des empereurs; l’angle fupérieur
de l’A fut U) quelquefois furmonté d’un long fommet. Las
deux côtés s’écartant toujours de plus en plus , rendirent
enfuite cette lettre 6c quelques autres prefque carées. Dès
le 111*. fiècle, il n’eft pas rare de rencontrer des f\ jfiu les mé-
dailles (i) mêmes, où les anciens ufages avoient eu julqu’alors
(i)Hcmcciaj, tout habile amiquai-
te qu'il foit , ne lailTe pas (d) de nous
dire., que la ligne tranrvcrfale commen-
ce, aux xt. te XI 1^. (îècics , à CUC mat-
qode (iir l'angle fupérieur de l'A. Com-
me on ne finiroitpas , û l'on Ce mcitolc
en frais de c^fuiei (Üriealêraeoc les md-
prifea des grands hommes ; nous nous
contentons ici de renvoyer aux monu-
mens andqaes. On peut fc borner , aux
exemples renfétmfs dans les deux pre-
mières divifioDS de nocre clalTedes écri-
tures lapidaires & mdtalUqoes. Si l'on veut
de plus confultes la pifuce du fènateur
Buonarruoti ,fur les Fragment d'anciens
(rj'veries ; on ne difeonviendsapas , qu'il
Tçme II.
n’y uaite ce fujet avec fon exaflitude
ordinaire.
(s) Bandnri ne commence à C/) ^e-
préfcncer les A 8c les V catés , que fur
les médailles de Maximien Hercule :
c’cll'i-dire vers la fin du 1 1 1*. ficelé ,
ou les premières années du iv*. Un demi-
fiècle après , ces lettres deviennent
beauconp plus citées. Mais d'antres A du
même tems ne lailTent pas d'être à l'or-
dinaire terminés en pointes. Les A ca-
tés , venant 11 perdre leur traverfe fupé-
ricnre fe conrondirent quelquefois avec
les H. On en découvre divers exemples
fut les médailles ti dans les mlT.
Y
II. PARTIE.
S I c T. III.
Chap. IV.
(m) DertMflm.
iMi.f.
(i) Sftcimtn Phi-
ItligU nmrifmtii-
tt-Urint — dtiit
M, Chr^iéut,
Ttid. Raie. lyot.
4’.
(c) Lt B/aar.
f. fl.
(J) Dt SIxillit!
f. i«j.
(») fMg. xvm.
(/) Nmûfm.
Inpp. Rtm, I. 1.
f- S-
(s) nu.f. 54»-
14>.
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II. PARTIE.
S E C T. III.
Chat. IV.
(4) V. notrt 1.
rlufty I. divijîtn,
i’.gtnre, )*.»/■
fict dt! tCTiluri:,
1J4 NOUVEAU TRAITÉ
coutume de fe coiiferver mieux , que partout ailleurs. Quel-
ques auteurs prétendent , que ces A carés reprirent bien-
tôt apres leur forme ordinaire. Peutetre feroit-il mieux de
dire , qu’ils ne la perdirent jamais , &c qu’ils en prenoient
plufieurs diférentes en même tems. Au vu', ficelé , la li-
gne , qui joint horizontalement les deux côtés de certains
A , fiit en Efpagne élevée obliquement (a) vers le côté gau-
che , qu’elle traverfa de la fone A. •
Nous nous étendrions trop ; fi nous voulions fuivre l’A ;
dans toutes fes métamorphofes. En combien de fens fes deux
côtés ne fe font-ils pas courbés , meme fous l’empire Ro-
main ? De combien d’ornemens fiiperflus ne les a-t-on pas
chargés , dans les fiècles fuivans î Combien de variétés n’ont
pas produit fes traits efi'entiels , par leurs diverfes polirions ,
par diferens afiemblages des lignes droites & courbes , par
leur (i) alongement ou racourcilTenient , par leur union ou
(i) Dam les invocations , les fouf-
criptions des rois , des chanceliers , des
notaiies , & meme dans l'apc.fition des
dates diplomatiques , on fc fetvit d'iinc
deriturc alongéc , ptcfque toujours fero-
blablc pour la Terme à celle du corps de
la pièce, mais beaucoup plus elévde. Sou-
vent employée par les Romains ; elle le
fut beaucoup plus depuis le vi 1°, liecle ,
jufqu'au xiiis. Là les 4 cutfifs alongés
commencèrent , au viii' , à devenir
tortueux. Les lettres tremblantes ne pou-
voient bien Ce deseloper, que dans l’é-
criture alongée : & I'a étoit une des plus
propres à fe prêter à leurs infléxions. Le
goût pour les lettres ttcmbl.mtes fe for-
lifrant de jour en jour ; les « curent part
à l'acuci! toujours plus favorable , qu'on
ne cciTa pas litôt de leur faire. Avant
fufage de multiplier à l'excès les plis&
replis des lettres , auxquels aboutirent
enfin leurs treinblemens ; en voyant un
M , on eût dit de deux de nos g curfifs
majufcules , unis par le bas. D'abord con-
fdérablemen: ouverrs en deflos ; ces « ,
furtout en Allemagne , (è tétiéeirent f
fans fe fermer , durant le cours du x'.
fiècle. Enfuite ils aboutirent en pointes ,
qui dès le XI*. s'émoulfèrent. Quand
cette efpcce d’« coofeiva fon ouvertuic
ancienne i (es côtés parurent en diverfes
rencontres afeéler des traits plus ferpen-
tans , qu'à l'ordinaire : bientôt l’écriture
tremblante le devint moins , ou même
laifia la place à une autre plus roide.
Alors l’a ne retint de fes contours Ci-
nueux , qifunc petite inflexion , avant
que de pmiflcr obliquement par le haut
vers la droite deux pointes obliques , qui
lailTuicnt fubfiller fon ouverture primi-
tive. On les vit , dès l'entrée du xii*.
fiècle , 1°. s'abaifler vers la gauche , l’une
en dehors & l’autre en dedans , 1°. fe
perdre toutafait , j°. leurs extrémités
fupérieutes fe téunir en bec aigu. Mais
en général l'écriture tremblante , quoi-
que moins cultivée fur la fin du xi*.
fiècle , ne fut abandonée , qu'au x 1 1
On fe vetroit forcé de revenir fins cefle
fur cette écriture ; fi l’on manquoit d'ob-
ferver en général ,que les rrcmblcmens
affcêlcnt particuljctement les lettres fuf-
ceptibles de rondeur. On peut mettre à
leur têt% les Atcdeho^,Sc leur join-
dre quelquefois les mnp r» ; pour ne
point parler des autres caraétères , moins
fujetsa ferpenter, tels que Icsr ,/, 6rc.
Au x'. fiècle , r« alongé fe fêrmd fbu-
vent par un trait , dont la convéxité ,
plus ou moins grande , teottoii tonjontt
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DE DIPLOMATIQUE. lyj
diviHon, par leurs renflemcns triangulaires, tantôt dans les cô-
tés, tantôt dans la ligne tranfverfale, tantôt dans les bafes, tantôt
dans les fommets ? En un mot , combien ces variétés & tant
d’autres , dont le détail deviendroit ennuyeux , n’ont-elles pas
engendré de nouvelles figures d’A ? Pour le comprendre ,
il lufit de réfléchir fur les combinaifons innombrables , qui
en peuvent réfiilter , & fur celles , qu’y doivent ajouter la
fucceflion des fiècles , le génie des nations , le caprice des
particuliers , les diférentes fortes d’écritures. Ces obfèrva-
tions ont lieu , par rapon à chacune de nos autres lettres ;
fans qu’il foit néceflaire de leur en faire toujours d’aplica-
tion fpéciale. Nos alphabets , nos modèles d’écritures & les
remarques , dont ils feront acompagnés fupléront à celles ,
qu’on fe voit forcé de paffer ici fous filence.
. Dans la minufcule, les ÛC prefque femblables (ij à deux
€ , qui ne fe touchent , que par un point , marquent une an-
tiquité vénérable. Tels on voit les a depuis environ le mi-
lieu du vi‘. fiècle jufqu’au ixc. Mais des CL , pour l’ordinaire
avec un délié très-fin par le haut , furtout s’il efl: horizontal ,
dénotent le plus fouvent un tems fupérieur à la’moitié du vi'.
fiècle. L’a ouvert (i) par le haut a dû naitre de la fineffe du dé-
lié. Eckhard (a) obfèrve , qu’il eft aifé de confondre enfemble
les anciens a àc t minufcules OC Q7 , & que leur reffem-
blance a ocafioné plufieurs méprifes. Cela efl vrai , particu-
lièrement dans les écritures mérovingiennes. Si dans la cm-
five les a ont toutafait la forme de l’ H ; l’age des pièces ,
où ils fe rencontrent , remonte au-delà du ix‘. fiècle. Il en
eo dedans. Deux eents ans plutôt en
France , la pointe droite de f» ouvert
Ce portoit en dehors , fait eu fe courbautj
feic en formant un angle aigu. Vers le
milieu du ix'. liècle , fes deux bouts fe
terminèrent , fans nulle infiéxion. Sur
fon déclin , le côté gauche fit defeendre
vers le droit une pointe oblique , dont
rouvettute de l'a fc trouva fermée.
Bientôt après le côté droit prit une poin-
te fembtable à celle , qu'il avoir négli-
ée. Les pointes rabarucs ne forent pas
e longue durée. Cela n'cmpccha pas
^e les CC ourens oc tendilTcBC toujours
à fe réunir. Leur union ne devint pour-
tant pas fréquente en Allemagne avant
la fin du x°. fiècle: mais leur ouverture
ne fe ferma généralement , que fur le
retour du xi°.
(i) Ceux qui bornent cette relTem-
blancc à la feule écriture lombardique ,
n'ont pas aficz examiné les anciens mlT.
(x) Les auteurs Romains des ancien-
nes Limites l'employoient dans leurs opé-
rations , comme il cil prouvé par l’édi-
tion de Turnebe de pag. loi.
Cette foite d'rs étoit donc en ufage dans
récriture , fous j’empire Romain.
V ij
II. PARTIE.
Sect. III.
Chaï. IV.
( m) I/;« Trmti
Sslic*. (. 1 4.
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IJ. PARTIE.
S E C T. I 1 J.
Chae. IV.
ObferTatioTU fui
tes figues du b de
ijtf NOUVEAU TRAITÉ
eft de meme de ^ ces liés avec les lettres précédentes ou
fubféquentes.
Rien de plus ordinaire , dans les notes de Tyron , que
fc petit Cl • Il s’y trouve comme lettre initiale , fubfidiaire
& finale. Mais il eft renverfé , tourné à contrefens , tenant
en qualité d’initiale à une queue alongée , qui lui donne la
(i) figure d’une h , communément perpendiculaire , & quel-
quefois panchée vers la droite ou vers la gauche. Quelque-
fois aum fa courbe s’élève ainfi du pié b . L’a majufcule ,
mais fans traverfe , fê reproduit en bien des fens dans les notes,
quoique moins fouvent , que le petit a en forme d’^. Outre la
pofition naturelle du premier; il fe voit obliquement incliné, &
meme couché , de façon que fes jambages font tournés, tantôt
d’un côté , tantôt de l’autre > <. Au moyen d’une jonéHon
avec quelque lettre fubfidiaire , il n’a très-fréquemment de
propre , qu’un feul jambage , foit perpendiculaire , foit in-
cliné vers la droite ou vers la gauche. De-la vient fans
doute , que pour exprimer l’A tyronien on fe contente (i)
également de fon coté droit & de fon côté gauche , foit
tranché , foit terminé en pointe. On reconoit aulli fans pei-
ne , dans les memes notes 1’ 4^ des mflV S’il en difere , c’eft
pareequ’il n’a point de pente. Tel étoit l’A , dont on faifoit
ufage chez les Grecs , au tems de la plus haute antiquité;
Ce n’eft peutêtre pas fans quelque allufion à cette antiquité y
qu’il fert précifément , pour exprimer ce mot , celui d'an~
cien , à’ antiquaire & autres femblables. Quand l’A tyronien ,
eonfiftant dans une fimple bare horizontale n’eft employé ,
que pour l’Æ ; il eft cenfé écrit (5) par un feul E. >
IL Les plus (4) anciens t grecs , dont nous- ayons
^x) Un des amears des Limites p. loi.
f’en fcrc comme d'un A. Sculcmcat il
pofe fa haJie hocizontalemem.
(1) Lufagedet deua côtés n'cft pour-
tant pas indifércnc : le droit vaut ad le
la gaaebe ai. Ces deua notes font mal
dans la planche fé. de Oom Mabillon ,
ainfi (]ue plufie .rs autres. Mais U faut
s'en prendre au fameut Pierre Hamon ,
des mémoires duquel il les avoit em-
pruntées.
O J C'cfl ainfi Æihhpia dans la
deuxième nette de l'àlpliabct tyronien dn
P. Carpentier commence par un E. Il
devoir donc rejeter le même mot aux
notes de cet élément. Il y a d'autres fau.
tes à coriger dans les deux notes fuivan-
tes de notre auteur : par exemple , dans
auraa & dans antijut , dont la figure a
plus qu'aucune autre toutes les condi-
tions eficnticlles , pour confUtuer une
note réparée.
(4) On ne s'amufera pas a. montrer
.les râpons de cette lettre arec les 11
Digl!r^6Kl by Goojçli
DE DIPLOMATIQUE, ,J7
Conoi/Tance , formoient deux triangles fur une bafe commu-
ne, foit oblique, foit perpendiculaire. On en remarque de n. partie.
fêmblables , chez- les Latins & chez les ^uples , qui ÜKrx chap’ iv'
ulàge des runes. Nos B. ne font que la meme figure arondie.
Le b minufcule étoit connu fous l’empire Romain. Quoi-
qu’il eût rarement entrée dans les inferiptions , il ne laifibit queue du t car-
pas de (0 s’yglifler. lettres **d
Le b (a) n’eft pas fort rare lur les monoies latines des v. ié»ariôn eftdgiit*
& (l) vi'. ficelés. On ne fauroit douter, que l’antiquité du !>«« fervir àïaer
b n’^ale celle de la curfive. Peutetre néanmoins n’étoit-il
pas encore ordinaire , ni même admis dans l’écriture , quand (•) B»tuiur.
on inventa les noces de Tyron. Jamais en effet il ne s’y '■
montre, comme lettre initiale. C’eft toujours cette moitié
poftérieure 3 du B majufcule. Elle partage même les deux
places Sc. de fubalterne Sc de finale ,, avec ces deux figures
^ </. Oa n’a pas de peine à reconoitre ici le b curfif ordi-
naire & contourné. Si l’on peut former quelque doute contre
la fécondé , la première n’en paroic pas (lifceptible.
Dans la minufcule , les t communément pochés par le
haut vers la gauche marquent au moins le ix«. ûccle. Dès
orientaux. Pour les nimeoer ^ une ref-
femblance parfaite ; il ne s'agit tout aa
plus , que de prolonger tant foit peu un
en deux traits , on plutôt de fermer une
ou deux petites lignes laill?cs ouvertes.
( I ) Nous ne citerons qu'une dpitaphe
payenne , od il fe trouve rdpété pliilieurs
fois. Elle cft (i) raportée & figurde pat
te fénateur Buonarruoti , d'aprit les in-
tfriptions domcIViques de Fabretti. Ob
pouroit y joindre beaucoup de monu-
mens chrétiens , tel que celui de Gau-
dence, de l'an )]8.
(i) Dans la minufcule des mlT.da vi'.
£ccle , les montant du F & des lettres
dh il étoient pat le haut un peu cour-
bées vers la gauche : ou bien, tant s’é-
carter de la perpendieulaire , ils dou-
bloient feulement ifépaiirenr. A cette
couebute fupérieute , dom il relloit en-
core des traces au vu i'. tiède , fuc-
céda l’abaifTcmcnt d'une pointe vert la
gauche . ou l'arondiiTemcnt du bout de
ces lettres eu ferme de batant. Mais
dahs le dejEuici cas il doit plutôt éuc
fupbfé en plein , qu’à jour : ce qui
marqueroit une antiquité plus recit-
Ice. Au ix'. Cédé , la pointe de cef
lettres , à queue tronquée , les fit abou-
tir en ttianele rcdangle , donc la bafe
feroit tirée norizontaleiilent , de l'angle
gauche vers le côté dioit. Cette termi-
naifon triangulaire ne fit que s'acrédircr \r) OJ/nvatuiù
au x'.- fiede. Au xi i‘ , Tufage n’en étoit fif'*
pas encore pallé: mais le xi*.fe diAinguc div»/t mi-
davantage par des fommets , qui tran- ™ ^ vttn. — 1»
chent, loit obliquemeiu foit horizontale- Birrtix,. 171 f,
ment le bahtde ces lettres. Souvent aullî
les voit-on terminées en fourcbe,deat l'u-
fege fe maintint plus ou moins.jufqu'aux
derniers tems. Entre beaucoup d'autres
moyens , qui peuvent contribuer au diC-
cemeroent des écritures niinufculcs des
IX. x. & ai', fiécles , regardé comme
impofiible par des auteurs de nom ; ce
détail de la figure des lettres il queues
fupérieutes elt très - propre 1 réfoudre
une dificulté , dont il cft de l'mtérct du-
public , qu'on ttouve enfin le dénoia-
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II. PARTIE.
S F C T. III.
CHA7. IV.
NOUVEAU TRAITÉ
auparavant, la même partie commençoit à devenir tranchante;
Les pointes y fuccédant infenfîblement «onduifirent cette
lettre , ainli que les autres , au gothique moderne. Durant
le VIII'. ficelé , la queue du I des mff. devint un peu lom
gue &c tranchée par fon fommet ; furtout fi l’écriture étoit
demi-onciale. Avant ce tems elle fembloit alTer unie : quel-
quefois elle fe courboit vers la gauche : le làxon en fera la
preuve»
PalTons à la curfive antique des diplômes , où les C por-
toient des queues fort élevées. Communément elles delcen-
doient autant , qu’elles avoient monté ; foit que leurs traits
d’élévation & de defeente fe féparalTent prefque entière-
ment , ou fe confondilTent ( i ) toutafait ; loit qu’ils fe tra-
verfalTent une ou deux fois. Ces divers mouvemens de la
main firent fuccellivement naitre , ou paroitre en même
tems , au bout des <]^ueues , beaucoup moins exhauffées de
la minufcule , ces traits noués , pochés , tranchans , fi pro-
près à fixer l’age de ces fortes d’écritures. Quand le bas du
i de la curfive romaine n’étoit pas compofé de deux traits
diftindls ; fouvent il fe trouvoit par le bout affez aigu. Sa
courbe inférieure en s’élévant s’éloignoit de la halle , qu’elle
venoit enfuite chercher , & couper par une ligne horizon-
tale, nailfant d’une courbure légère. La même partie du de
la curfive mérovingienne formoit à (r) peu près une petite s ,
( 1 ) Dans la romaine 1a plot anti^ue,ceUe
celle du v‘. liiclc,OD en voie beau-
coup. Il faut en dite autant de cea jUdont
la panfe s'oavte ou s'abailTe fi coufiddra-
ment du côtd droit , tju'on la ptendroit
fourent pour une fimple baTc : candis
que du côté gauche la ligne eédoublée
s'élève & s'acondit C bien j qu'elle ne
fe trouve que peu ou point diférente do
d. Quelquefois même la panTe du ,
abfolunienc femblable au d , cil couca-
bit cranfpottée au côté opolé à fa poli-
tjon naturelle , fans qu'il en telle de
l'autre la moindre trace. La meme lettre
à lîmple queue , mais toujours afeâaot
la ligure du f , teparoit dans les écti-
turcs mérovingiennes & carolines. Au
iri 1 1', fouvent la panfe des b ,Ce boucle ,
h Ce traverlê intéticuremeDC en fa^on d'r.
formant une queue inférieure. Tels font
quelques t C des diplômes de Childe-
bert 111. & de Charlemagne. Il en eft
aulTi de mérovingiens des vr t. Scvi 1 1*.
liécles , & de romains du ix° , donc la
panfe repliée en boucle , fe cetroiac en < :
comme on voit dans t, la.
(r) Le tf t qui n'a pour toute panlc,
3u'une t extérieure , k fans aucun retonc
ans fon intérieur , s'étend depuis le vr*.
lîécle , jufqu'au vi 1 1'. Si ce trait joint
la balle ou la craverfe ; fa durée fera
bornée à peine par le xt*. Les ik pan-
fe prolongée dans leur cavité , prefque
en forme d'r , caraâérifcnc les Cedex
mérovingiens : à panlê ondulée , ils par-
viennent au x‘ , k meme au xtv°. en
Ecolfc i quoique dans un goût aprochav
du B raajufcule.
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DE DIPLOMATIQUE, ij9
Ônanc à la halle du b. L’une & l’autre écriture nous ofre
aufli des i également arondis des deux côtés par le bas.
Dans la carolme & plus généralement dans la lombardi-
que , la panlè du i étoit remarquable par fa rondeur ôc
fa petitefl'e. Elle étoit , furtout chez les Lombards , fouvenc
furmontée d’une pointe horizontale tournée vers la droite ,
& qui lui fervoit pour l’ordinaire de liaifon avec la lettre
fuivante. Nous parlons de la lombardique du premier âge.
Au furplus dans toutes ces curfives , les queues des 6 d A l
(i) étoxent quelquefois alongées au point de traverfer la
t (i) Ces quatre lettres, auxquelles on peut
ajouter le X & niênie j'i , s'iléveut des le
temsdesRomainSjjurqu’à pdndtrer outou-
cJiei la ligne prdcddence , ou s'en apro-
cher de fort près. Telle eif encore a la
fin du ix‘. fiècle leur excelIÎTe hauteur.
Ceft trop peu dite : elle enchérit de
beaucoup fur ce qu'on aroit vu de plus
énorme en ce genre. Les queues prolon-
gées , fans mefure , ne font pas renfer-
mées , dans les feuls diplômes } on en
voit encore dans quelques anciens miTipac
exemple , dans celui du roi j8)< ,en ea-
raélères lombardiques du viii*. fiècle.
Il s'y trouve aulTi de ces lettres , à queues
xccoquillécs. En général leurs montans
ne dcfccndcnt pas , i proportion de ce
que ceux de leurs compagnes s'élèvent.
Ik font même fiijccs a plufîeurs varia-
tions , dans les diplômes dn ix*. fiècle.
Les queues de quelques lettres defeen-
dent beaucoup , ranuis que les antres le
font très-peu. Dans certains mlT , c’eft
furtout è la dernière ligne , que les
queues defccitdent aufli bas , qu'elles le
peuvent. Il ell des diplômes de Louis
le débonairc , ou raiement celles des
s'abaifTenc ao-dclX du milieu
de l'intervale des lignes en blanc , donc
rétendue e(l ordinairement d'un pouce.
Mais les hautes queues àt% iih l fur-
palTent , traverfenc , pénètrent , ou dn
moins touchent la ligne fnpétienre : pen-
dant que celles des c , e i , » , r ,/, < j
lotrqu'cHes s’élèvent , ne pafTcnt qu'à
peine la moitié de l’efpacc interlinéaire.
les montent k defeendent
prefque toujours exctaordmaircmcnt ,
quand cet Ictnes fout initiales. Les x
ont quelquefois une queue confidérable*
ment abaifTéc. Vers le milieu du ix".
fiècle , on s'aperçoit , que les dfi k les
f dcrcendcnt moins ; les r k les /très-
peu , k ne montent point du tout , fi
ce n'cft en conjonélion. Mais l'i final
comittuc de defeendre notablement. A
tout prendre la hauteur des queues af-
ceodantet fc fbncienc mieux , que l'a*
baifTement des queues defeendances. Les
premières toocnoicnc encore fouvent la
ligne rupérientc fur la fin du x‘. fiècle.
Au VI i‘. cet traits montent direéle*
ment , fans fc terminer pour l'ordinaire
en pointes un peu rabatues : dans la fui-
te infenfiblcmenc ils s'inclinent vers la
droite. Quelquefois même ils fe trou-
vent rompus. Avant le même fiècle , ils fe
replient encore plus fouvent fur eux -mê-
mes , en parcourant de rechef au moins
une panie de la ligne, qu’ils ont formée. A
peine le viir*. fiècle commençoit-il b
décliner , que les queues de CCS lettres
fe jetèrent communément vers la droite
par une courbure déjà confidérable. Ce
caraéicre parut encore plus marqué , dès
l'entrée du ix‘. Vers fon milieu , les
mêmes queues fc perdirent en déliés très-
fins , on décrivirent des anfes profon-
des , donc on porta la pointe de plus
en plus du côté droit. Avoir - on pour
but de guérir enfin les écrivains de cette
manie invétérée , qui faifoic pouffer les
queues des lettres à travers la ligne fu-
périeure : défaut abfolument inévitable ;
tant qu’elles continuroient de monter per-
pendiculairement , ou peu s'en finit , fans
rien perdre de leur longueur >
£n Allemagne aa x*. ^clc , les queues
II. PARTIE.
Sec T. III.
Ch a?. IV.
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«
160 NOUVEAU TRAITÉ
-■ ligne fupérieure. Les b à panfe plus ou moins anguleufe , le
II. PARTIE, montrenc au xii<=. fiècle , & continuent avec quelques (i)
c*h'a P.” V. variations , jufqu’au renouvellement de l’écriture.
Qu’on ne s’atende pas à voir ici les additions , rétran-
chemens , &: changemens de lettres , fi ordinaires aux an*
ciens mff. & diplômes ; accidens , auxquels le B fijt au-
tant & plus fujet qu’aucune autre lettre. Ces madères ne
font pas du reflbrt du préfent chapitre ; mais de celui , où.
l’on traitera de l’orthographe des anciens. Nous finirons
donc l’article du B , par obferver , qu’il faifoit quelquefois
fonûions de digamma éolique devant l’R,chez lesEo-
f. J4»- liens. Ainfi .au lieu de (a) po<A)ç , ils écrivoient ipoSoç , rofe.
r&Cmémelet. IH. Le Tl famaritain ou phénicien & le T grec font prê-
tre ! c caré angu- cifémcnt les mémes. Si leur pofîtion fomble mférente ; elle
flicei difparoit dans l’ancien grec , alant de droit à gauche.' Avec
RQ X grec pris le tcms le T , & Comme grec & comme latin , s’eft caré ou
pour des c CD courbé dc 1^ forte E C. En vain de crès>habile$ gens onc-iU
des bihîl {urtot 'fomrcDC brifto. Sur
des pcrpendicaUires d’un quart de pouce
s'él^voicur des lignes obliques , fix ou
fepe fois plus étendues : mais roujouis
dirigées de même fens. D’obliques en
les vit fe mécamorphofet eu horizonta-
les , lâos varier leur direâion vers la
droite.
En même tenu la Erance aima mieux ,
tantôt les terminer en boucle , donc l'ez-
trémité s’élevoit en haut ou le rabaif-
fôit vers la gauche ; tantôt leur faire
feulement décrire des lignes tremblan-
tes. L'uae St l’autre maniéré eurent leurs
partilâns au x*. liêcle. L'Efpagne n'élé-
‘voit pas fi hant les lettres à queue. Mais
elle avoic cela de fingulier , qu’elle les
tranchoit par des fommets. L'afage le
plus généralement fnivi pour lots éioic
d’incliner plus ou moins les mont ans de
ces lettres vert la droite , on même de
les élever perpendiculairement , mais
moins que dans les rems antérieurs. C’cll
ptefqne h quoi l'Allemagne s'en tenoic ,
dés le commencement du xi'. fiêcle.
Vers le milieu du iti*. elle chargea
ces lettres de traits , qui ferpentoient
fut leur extrémité fupéricure ,foit qu'ils |
«runifleat avec elles , comme pour |
les continuer , foit qu'ils en fiilTeot ab-
folument détachés. Cette mode dura peu:
celle de terminer les mêmes lettres par
deux traits fourchus y fuccéda. Elle ne
fe Ibutinc guère davantage dans un cer-
tain crédit , hors de la minufcnic : mais
aulfi ne fe pallâ-telle pas fi vire. Aa
commencement du xiii‘. fiêcle , les
queues des mêmes lettres aboncüToienc
en f>J pofées horizontalement , ou eu
aufe de panier.
( I) Leur queue s’étoit courbée en bien
des manières , avant 1a fin du xi°: mais
ce n’elb que depuis cette époque ,
u’elle commence a fe voûter. An xi 1 1
e furbaifl'ée , leur voûte devient lhr>
hauffée , ou tombe dans diverfes irrégu-
larités. La queue formée foie d'un , loir
de deux traits , s'abailTe au xtv'. |ufqu’i
coucher fa panfe ou là halte , a difé-
rences hauteurs. Quelquefois elle s’a-
vance par des lignes eourccs ou mixtes,
au-delà de là panfe. L’EcolTe noos fôur-
nit alors deux queues de chaque côr£
de la halte du ê à voûte rehaulTée. Aa
xv‘. la panfe Ac la queue do à à peu prés
de hauteur égale , le réunilTenc & por-
tent en commun une painte vers la gau-
che.
cherché
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DE DIPLOMATIQUE.
cherché l’origine de l’une & de l’autre figure , dans le ^
des Hébreux , le K ( i ) des Grecs , le 31 des Ecrufques.
Nous le répétons , les C carés ou courbes font nés du
fa) r. Toutes ou prefque toutes les plus ancieruies écritures
d’Europe ont leur troifième élément , fous une ou plufieurs
decesngutcs , auxquelles on peutajoutet(3^ celle-ci , fans
Eréjudice des autres moins générales. Le gamma grec cour-
é n’eft pas trop fréquent : mais cette forme eft ordinaire
chez les Etrufques , & beaucoup plus chez les Romains. Le
E caré latin eft bien plus rare , que l’autre dans tous les
tems : quoiqu’on ne laiffe pas d’en voir grand nombre d’e-
xemples , avant & furtout {4) depuis la naiflance de notre
Seigneur. Vers le xi*, ficelé il étoit aflez fréquent dans les
inferiptions , mais plus élancé. A force de prolonger les
( i) Encore tour récemment , Don Ve-
Infquez (4) a prétendu dériver le C la-
tin du K grec. La preuve tirée d’une
médaille , portant M V N I ^ I , ne fait
tien contre nous. L’avant-demiére let-
tre n'ed pas un K , mais un C. Il auroit
mieux valu donner ce caraâére celtibé-
ricn an Icul C , que de l'atribnet éga-
lement an K & à l'L. Au refte , la for-
me de K s'ed maintenue dans les an-
ciennes médailles efpagooles. Don (é)
Velalqnez y ajoute le (a. Si cela ell,
il auroit expliqué, ce femble, plus heu-
xeurcment le revers de la dixiéme mé-
daille de fa XIV ‘. planche , par CASK,
qAe par LASE. Pline fc) compte pacmi
les peuples d'Efpagne CafcMntmfts.
(i) Ce qni doit eonfirmer la defeen-
dance ou plutôt l’identité du C Ac du T ;
c'eA qu'outre le même rang , que ces
deux caraélércs ocupent dans l'alpliabet -,
le C & le G fe eonfondoient chez les
latins , an point d’étte mis fouvent , &
prefque induétemmeotrun pour l’antre.
Aufli le Cardinal Noris (d) ne balance-t-il
pas à reconoitre le C pour le G primitif.
()} Quoique le C tond , comme élé-
ment initial , revienne ttèa-lréquemment
dans les notes de Tyron , & qu’il n'y
foie guère moins employé à eontre (èns ,
& même renvetfé $ le < anguleux y
fort aulli i tendre plulienrs mots :
fouvent néanmoins fa bafe , d'oblique de-
vient L horizontale. O. Caipentiet
Tom* //.
renferme fous là j*. Note ; non feule-
ment les deux fortes de C anguleux :
mais encore le X grec du mot chtris ,
& le Q latin , dans les trois derniers mots
de la même note. Or ces deux lettres
font autant difétentes du C tyronien ,
qu'elles lui font étrangères. On peut
voir dans Gruter , p. 171. châriti , cbtrM-
iium , chtrtgi»riiu , cbêtMmlti. Lear let-
tre initiale cil manifcAemcnt le X grec.
Il fe trouve anlTi dans les deux derniers
pfeaumes en notes de S. Germain des
Prés. L’antcut n’a pas fait non plus aten-
tion , que les Latins , par principe ,
fubAituoient fouvent le Q au O; lotf-
qu'il étoit fuivi d’un». Ceft ju/lement
ce qui eA arivé , dans les trois derniè-
res loentions de fa note. Pa-
reille inadvertance lui a firit actibuer an
■C. une Cxième noce , donc tances les ex-
prefEonsaparticnnenc au K. Il étoit aflez
ordinaire aux Latins d’écrire pat un K
les mors , que nous rangeons fous le
C , lorfqn’il étoit fuivi d'un 4. Sa qua-
trième noce femble même un peu fuf-
peâe. Bien dilcutée & ramenée 1 fa vé-
ritable ^ure ; elle pouroit fe réduire à la
deuxième note , qui n'eA ancre , que le C
tourné ven la gauche.
(4) On le trouve fouvent fur les mé-
dailles de nos rois, aux vi. te vit*, fié-
des. L« BImiu^tiüU tUt mtniiti /.44.4t.
I Sand. Humift, t.f. ta).
X
IL PARTIE.
S Z c T. III.
Ch AV. IV.
notes de Tyron t
quel ufage peut-
on faire des c mi-
nufcules &: cutfifs,
pour diAinguerles
écritures des fic-
elés?
(4) Ea/>y».p.jt.
fl. tab. r.
(i) Fa/./t.
(d) Cemstapôi*
Pifmn» Dijfirt. 4.
c. X. $. 1. cd.704.
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162. NOUVEAU TRAITÉ
— ~ traits tranchaas , qui coupent les deux bouts du C , il s’en
* s ^ fécond c (X , ou du moins un c Q fermé. C’cft ce
c H A r. 1 Y.’ qu’on apelle C gothique des bas tems. Il eft un autre forte de
• double ■€ , dont les deux parties fe joignent en pointe , vers
fon côté gauche. Cette figure n’étoit pas rare , aux v i .
vu', fiècles , fur quelques moniimens lapidaires. Elle avoir
même pénétré dans certains mil'. Mais les C majufcules &:
minufcules brifés , ou à deux traits , y filrent alors encore re-
çus plus favorablement. Ces deux traits , quoique réels de
la part de l’écrivain , fe confondirent pour l’ordinaire en
s’unilTant. La vraie raifon de cette brifure venoit de ce que
la lettre -C , & plufieurs autres de la curfive romaine , étoienc
fouvent compol'ées de deux pièces. Celles , qui conftituoient
le c curfif prirent diverfes hgures. Une des plus ordinaires
d.tns les écritures romaines , franco-g.tlliques &C carolines ,
fut celle de deux de ( i ) nos c , montés l’un fur l’autre. Sous^
cette forme , le meme caraéVere ne laill'a pas de varier , par
des grandeurs (i) relatives aux tems , à la nature deS pièces,
aux genres de l’écrimre ; par plus ou moins de courbure, dans
le contour entier , ou les extrémités feulement de chacun
de lès demi-cercles ; par les pointes , les angles &c les arcs
naiU'ans de leur union.
Il n’elt pas nécelfaire d’obfcrver , que depuis dix-lcpc
Cèdes le 2 des Grecs ne difere preCpxe plus de notre C.
Chez eux , au moins fept cents ans plutôt , leur S avoir com-
mencé à le courber en C : mais l’ufagc n’en devint ordi-
naire , qu’environ huit Cèdes plus tard. Ils employèrent
( 1 ) Nous ne trouvons cette cfpccc de t $
lu dans la curfive vtfigotliicjuc , ni dans
la faxonc. Cependant la Jcrnicre, quoi'
que rarement , nous préfcnce des c fim>
pics » qui s’élèvent au-dcHus de la li*
gnc. Le f à double demi « cercle n*cft
as étranger à divcifcs écritures lom*
ardiques j Si fur-tout à quelques > unes
des plus récentes : mais il l'cfl à la prin-
cipale & plus ancienne eipéce.
(x) Anciennement le c , & fur-tout
celui , qui réfulioit de «leux demi - cer-
cles , s'éleva quelquefois au-ddTus de
la ligne , dont il faifoit partie. Mais ce
ne fut qu'au vxii*. fie;Ic , que foo
élévation devint fréquence : ce ne fut
u’au ix'. qu’cIIc parut ordinaire.. Sa
arec fut celle du c curfif à double
courbure. Lorfquc les autres lettres > à
queues élévées rravcrfoicnc la ligne fu-
péricuTCi ccllc-ci en pénécroit feulement
une partie , ou du moins y couchoir ^
quoiqu’alors les lignes des dipK^mes fuf-
fent confidérabicment éloignées les unes
des autres. En général le e même double
n’égaloit pas la hauteur des è fi / &c.
mais apres la fin du v 1 1 1 ficelé , i! éroic
rare , qu'il ne pafsâc pas la moitié de
1 iuccr.'aic , lailTé entre chaque ligne.
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DE DIPLOMATIQUE. rgj
fréquemment le C pour l'S , dans ceux , qui précédèrent
& fuivirent immédiatement la naiflance du Sauveur,
Le C minulcule des mlT. de plus de mille ans fe fait re-
marquer par la façon , dont pour l’ordinaire il courbe in-
térieurement fa tète , & donc il la raproehe de Ibn dos ,
d’ailleurs parfaitement (i) arondi. Les C relévés , par mi
trait courbe , en tournoient fouvent vers le haut la conca-
vité. Les exemples en font plus fiéquens au ix'. ficelé ,
qu’en aucun autre , par raport à nombre de m(T.
Les c curfifs Ibnt d’un caraélere encore mieux frapé. Ceux
de la romaine du vi'. ficelé ,à figure alongée , parfaitement
arondie haut & bas , mais légèrement courbée par le dos ,
ne doivent pas nous arecer. Il en eft d’autres moins ifolés ,
auffi communs alors , qu’inconnus maintenant, lis deman-
dent d’autant plus d’attention ; qu’ils font très-propres à fi-
xer l’âge ôc les genres des écritures antérieures au xi ic. fiè-
cle. Quand leur partie fupérieure n’eft pas liée à la lettre
fuivance , elle le courbe plus ou moins : quelquefois même
jufqu’à former une boucle , donc l’extrémité s’échape de l’au-
tre côté. Cette partie eft d’ailleurs plantée fur une cou-
chée & renverlee exprès , pour founrir au une courbure
inférieure , en lui lêrvant d’apui. Souvent cette bafe eft en-
foncée par la moitié fupérieure du c , qui tombe direèle-
ment fur elle & la traverle. L’autre moitié de 1’ '\j , qui lêrt
au c de balè plus ou moins couchée , fait prefque toujours
partie de la lettre précédente.
Si , dans l’écriture mérovingienne , cette vj fe redrelTe
davantage , c’eft fans celTer d’être à contre fens. Souvent le
haut de fa tète fe trouve mutilé : plus fouvent l’ancienne
bafe difparoit. Aulficôc on n’aperçoit plus , que deux f ou
deux portions de € , l’une fur l’autre. Leurs bouts voifins fe
touchent & s’aprochenc de tant de manière diferentes , qu’il
(i) Si les liccles fuivans conferTCnt
«jBclque chofe de cette figure ; ils en di-
minuent la rondeur , à proportion qu'ils
)ui donnent plus d'dldvation. Sa hauteur
eft très-fcn(îble au in*. Peu après le r
commence a Ce hèrilTer & d'angles Sc de
pointes , qui nous anoncent le icgne du
gothique. Vers le vi ii°. ficelé , certaines
minuTcules germaniques terminoient en
hache l'extrémité fupérieure de leur a
Sc de leur e. Quand dlcs ne les confon-
doienr pas ; elles faildient confifter leux
difércncc , à refufer au dernier une in-
flexion de la pointe rupéricuie , qa'cUct
acotdoient à l'auue,
Xij
II. PARTIE.
S i c III.
Chap. IY.
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II. PARTIE.
S£»T. III,
Cha». IV.
itf4 NOUVEAU TRAITÉ
' eft difîcile d’en faire l’énuméracion. Tantôt une pointe inter-
ne plus ou moins prolongée , ici commune aux deux parties
du d*, là particulière à une feule , manifefte leur union.
De-là leur arondilTement relpeûif : de-là la régularité de
leur tout. Tantôt ces moitiés de € bien diftinétes portent
leur pointe d’union en dehors , au lieu de la faire paroitre
en dedans. Tantôt leurs extrémités mitoyennes , montant 5£
defcendant , fe côtoient plutôt qu’elles ne fe touchent ; ou
fe touchent plutôt , qu’elles ne s’uni/Tent. Tantôt 'elles fe
coupent , au lieu de s’unir , ou tendent à fe joindre , fans
fe toucher. Enfin par la réunion de trois courbes , ori voit
trois f pour un , pofés perpendiculairement. Quelquefois ,
fans ferpenter , le haut du ‘E en fait éclore un troificme. Il
nait de fon extrémité fupérieure , prolongée en courbe ,
apres s’etre repliée fur fa gauche. D’autre rois il produit ce
troificme T , en fe courbant dç la meme façon ; mais après
avoir formé une boucle , commencée de gauche à droite , Sc
finie de droite à gauche. Tel fût l’état du C franco-gallique ,
au commencement du vi i'. fiècle. Sur fon déclin, les dif-
jonâions des deux portions duc*' devinrent plus fréquentes. Au
contraire fouvent elles s’unirent enfemble avec tant de juf-
teflè ; qu’on n’y diftingua , qu’une ligne tortueufe ou for-
mée en ferpentant.
Sous la leconde race , les c parurent moins inconftans
dans leur figure. Pour l’ordinaire , fur un fimple petit E s’en
élançoit un oblong , qui prenoit inlènfiblement la forme de
r f fermée par le haut , mais quelquefois un peu panchéc en
dehors , fouvent un peu courbée en dedans & fans pié ni
balê. L’union de cette partie du c avec l’inférieure le fei-
foit régulièrement par une pointe commune , inclinée vers
la droite. Voilà l’idée la plus exaéle , qu’on puiire- donner
du c curfif des diplômes de Charlemagne. Sous Louis le dé-
bonaire, la pointe dé jonûion prolongée s’éléva prefque aullî
fouvent qu’elle s’abaiffa , & plus fouvent même dans cer-
taines pièces. Mais elle le perdit bientôt : S£ la curfive non
alongée des privilèges , acordés par les princes lès fils , n’en
conferva guère, que l’angle d’union ; d’où partoient aupa-
ravant l’une ou l’autre pointe , ou toutes les deux à la fois.
Dans quelques-uns de ceux de Charle le duuve j le é^fiipérieui
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DE DIPLOMATIQUE.
ne (urpaffa pas de beaucoup l’inférieur en étendue. Mais à
peine l’écriture alongée donna-t-elle quelquefois au premier
le tiers du fécond. L’ouverture de celui-là , dès-lors étroite ,
fe referra jufqu’à fe fermer. A ces traits les diplômes du roi
Eude font reconoilTables ; quoiqu’à cet égard ils eulfenr été
prévenus par plulieurs autres , mais avec moins de confian-
ce. Cependant la partie fupérieure du croilTant toujours
en élévation ; fbn extrémité courbée fe traverfà , & pouffa
(i) vers la gauche un trait , plus fouvent long que court ,
plutôt courbe que droit. La jonélion des deux c , qui n’en
valoient qu’un , fe faifoit alors au moyen d’un ventre fail-
lant vers la droite. Cette mlinicre de terminer la partie fu-
périeure du c lui faifoit prendre la forme d’une S. Tel eft
îpécialement le goût d’Allemagne , fur la fin du xx'. ficelé
ic dans le x'. Mais , s’il ne s’agit , que d’exemples fans fiiite ;
la France en avoir doiuié plulieurs , dès le vin*, fiècle-
En même tems le c purement minufcule commençolt à
s’infinuer , ou plutôt à s’aroger tout , dans q^uelques diplô-
mes royaux. A mefure que le xf. fiècle déclinoit ; les con-
quêtes de ce petit c fur le curfif fe multiplioient. Celui-ci
devenoit plus écrafé , perdoit de tems en tems fa boucle fu-
périeure , Ôc ne retenoit par le haut , que la figure d’une S
ordinaire. Il s’afoiblifToit même un peu dans l’écriture (i)
alongée , où il fembloit s’être rétranché. Partout où le c cur-
fif fe maintenoit encore avec fà bopcle ; fon bouc porté d’a-
bord vers la gauche, fe réplioit quelquefois vers la droite ,
en traverfant de nouveau la partie fupérieure de la même
lettre. En France , au lieu d’une efpèce d'^f faillante par le
' bas ; une façon d’-f faifoit angle avec le bout du / , mr le-
quel elle pofoir. L’écriture alongée unilfoit par un nœud ou
par une boucle {3) les deux portions de 1 , dont l’inférieure
(1 ] La Timple frifure du r , qui s'^ien-
doit aufli à IV , à P/& i P/ , carailcri-
/eni bien le x'. fiècle , cjiioitju'elle fût
déjà établie fur la fin du ix*. Elle n'elt
totalement abolie , qu'au xii*. en AI-
Icmagnc , patrapon aux deux premières
lettres. Ella a'y patoit déjà plus au-
delà du commencement de ce fîéclc. Dès
le précédent , elle étoic bannie de la plu-
part des auaes loyaumcs.
(t) DèsPân p)l. on l’p voit réduit ,
meme en Allemagne , à prendre la figure
du f , prcfquc fcmblable à l’r. Mais fi ,
dès ;8o. le e’ V domine ;ce n'efl qu'en
1 to8 , que le ^ y femble expirer.
Au lieu de l'angle du' milieu , 1er
deux moitiés de cette figure auroient dû
s'unir par deux courbes , donc l'une au-
soit formé le baur de l'« , compofil de
deux e j Sc l’autre le bas de ïf, pofée delTiis,
A
II. PARTIE.
Stci. III.
Chap. IV,
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II. PARTIE,
S EC T. II I.
Ch A 7. IV.
166 NOUVEAU TRAITÉ
paroiïToif un peu tremblante. Cette dernière forme dura , d&:
puis le milieu du x«. fiècle , jufqu’au milieu du fuivant. La
France vit alors le c ancien , dans une efpcce de crilê , par les
variations continuelles, qu’il éprouva. Celui de l’écriture alon-
gée y fut encore plus fujet , que le c de la commune des diplô-
mes , d’où le petit c clialToit le curfif de proche en proche ,
pour s’enrichir de lès pertes. Plus de trente ans avant la fin
de ce ficelé ; à peine reftoit-il quelque trace del’éxiftence de
l’ancien I ; C l’on en excepte la liaifon du c & du ( i ) r ,
qui fe conferve encore , dans notre écriture imprimée. On
doute > fi hors le cas d’union de ces deux lettres , le xxi*.
fiècle , pouroit fournir quelques exemples du c antique. C’en
étoit déjà fait de lui , dès la fin du x*. fiècle , & le com-
mencement du XI'. par raport à bien des pièces d’Alle-
magne.
11 s’en trouve pourtant encore alors , où il fait aflez bonne
contenance. Mais palTé l’an 1030. il eftdificile de le décou-
vrir , meme dans l’écriture alongée. On excepte toujours le
â ; quoique , vers le milieu du même fiècle , on commen-
çât à divifer quelquefois ces deux lettres.
' Le petit C des chartes , après avoir abailTé fa tête , la re-
levoit fouvent en courbe. Mais ce caraûère eft peu confiant;
quoiqu’il le devienne davantage , aux xii.&xiii*. fiècles.
En général, jufque vers le milieu du xii'. l’écriture alon-
gée repréfentoit prefque.toujours tremblant le c , tel qu’il pût
être. Le vieux c curfif des mlT. &c autres pièces en minufciüe ,
cenoit aulfi très-fouvent de ces infiéxions tremblantes. Dès le
milieu du xic. fiècle, on voit dans un diplôme de Henri I ,
les avancoureurs du C gothique. Une fécondé ligne , en
forme d’S , y vient couper le grand C , a tête relevée , Sc
quelquefois à bafe femblable à celle de l’jC. Ces traits go-
thiques fe multiplièrent en France , au xi i'. fiècle. Ils fu-
rent doublés & triplés , au fiècle fuivant , même dans les
chartesdenos rois. Quand \me fois le goût (a) fcholaftiquc
(l) Remarquez l'origine'de notre H,
(i) Qium»ilmcdum i^itur , h*rh»rit
féuulo XIII, mifàum circa liirrai eUfan-
SitTts jam iadum irrumftntt , frifima
/jiufiu itjjariut limarum forma , ta fro
ailidii & clegamihus fcriflurli , ail aiji
tortues éo mmùs le^ibiles feriptura inva~
Iturim ; ita majortm in fictslo x I v. aoi-
feriam roperimus in coiieitus , uli difei-
fliais fcholafiieii (ÿ taanHat naiit i»
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DE DIPLOMATIQUE.
eut prévalu ; pouvoit-on manquer de trouver merveilleufcs
les produdions les plus bifares ? i
IV. Prefque toutes les figures du daleth phénicien ou fa-
maritain reviennent aux plus anciennes du delta grec. A pei-
ne faudroit-il fuprimer la pointe inferieure du premier ,
pour que rien ne manquât à leur reflemblance. Mais qui
peut répondre , que ce ne foit pas chez les Phéniciens un
alongement de pié poftérieur à Cadmus î Outre que les Grecs
eux-memes arondirent , bientôt apres , leur > à lignes droi-
tes ; quand les Latins l’auroient reçu fous cette forme :
il auroit été fort naturel , qu’ils eulTent changé en courbe les
côtés obliques du triangle. Réduire deux droites en une
courbe , c’eft diminuer le travail de l’écriture , en la rendant
plus expéditive. Les Caldéens & Syriens ont conlèrvé le
^cme caradere famaritain , en y rétranchant un petit trait.
Les Arméniens femblent y avoir fait une fupreflion encore
Elus légère. Les D runiques portent plus loin leur reflem-
lance avec le phénicien , le grec Sc le faxon. Quant aux D
africains , gothiques , ferviens , rufliens ; leur conformité
avec le grec va jufqu’à n’y lailTer prefque aucune diférence.
Pour mettre le D. au niveau du B ; le célèbre M. Gori. dé-
clare les Etmfques abfolument privés de cette dernière lettre;
quelques grands que foient fes raports avec plufieurs carac-
tères de leurs monumens. On ne peut à la vérité refulêr à
leur R un certain nombre de ces figures. Mais, fi , parcequ’elles
conviennent à cet élément ; c’étoit Une raifon , pour anéan-
tir le D , chez les Etrufques ; combien de lettres , chez les
diférens peuples , pouroient fubir le même fort ? Quoi de
plus refl'emblant, dans les plus anciennes inferiptions grèques ,
que l’A , le A , rO ( I ) fie le P ? Les figures des ces lettres
GU du moins de deux & de trois d’entr’elles , font parfaite-
ment identiques. Il en eft de même des r & des P . Faudra-t-il
à caufe de cette reflemblance rayer de l’alphabet grec trois
nrdium frodulUt , Ulri purUcr rftiferrimo
rbarM^lrrr fadxii caferunt. Godefrid.
Von BciFcl, Chrouic. Goevic. lib. i. cap.
t. n. p. «X.
( x) Le D ne Te confondit pas avec l'O
chez les Gtccs feulement , mais encore
clicz. les suKÎeos. Latins. Dans le- Setutus-
confulfï contre les Bacchanales , on
derit IN D Q V O L T O D, /n
pour in ncnlto , N D S T E R pour n^rr.
Mais de part & d’autre ces confufions
n’étoient pas confiantes. Srnniui - Cen-
fuiii de B.uchanal. Exflirntio anciore
• ilMthu Æffl’iie.NenfpIi ipxp.yi/.p.ijy.
II. PARTIE.
Sec T. III.
Ch A P. IV.
Rapotu cotre 1er
principaux O d’Eu-
rope : origine des
D triangulaire ,
courbe , on-
cial , ixiinurculc te
curlîf. Quels
moyens fournif-
fcot-ils pour co-
noitic i'age des
mlT, & des char-
tes, od ils fc trou-
vent ! Quand le
9 s’yeft-il intro-
duit I Ses ptogrds,.
fon règne.
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II. PARTIE.
S EC T. III.
Chat. IN.
ru8 NOUVEAU TRAITÉ.
ou quatre élémens , qu’on n’a pas même foupçoné d’avoir
été ajoutés aux lettres primitives ?
La pointe fupérieure du (i) ^ s’écoit formée de bonne
heure en angle très-aigu : ou plutôt il fut furmonté pat l’a-
longement de la perpendiculaire. Cette figure au relie , ainfi
que celle-ci ^ , avoir cours chez les Latins des premiers
tems. L’une & l’autre , & furtout la première fe foutint pen-
dant une longue fuccelfion de fiècles , fie fe raprocha même
du A grec. La courbe du ® en s’abailTant palfa tantôt au-
delTus , tantôt au-dclTous du haut la halle. D’un autre côté
la perpendiculaire fut prolongée en dclTus : fie telle ell en-
core la fîgtire du D dans quelques notes tyroniennes , fie fpé-
cialement dans illud. Mais pour ne pas le confondre avec
le h minulcule , il falutle tourner, dans un fens contraire ; fie
c’ell ainfi qu’il fut façoncau mot ideo (i) des notes de Tyron^
Cependant le D des mlT. s’étoit courbé d’une autre
manière , mê* le avant J, C. Quoique divers monumens
nous en aient conlërvé de bonnes preuves ; on n’en peut
employer de plus décifive , que les notes de Tyron , où tous
les mots commençant par D , font exaûement rendus par
des ^ , dont la couroure inférieure ell fouvent plus ou
moins échancrée , fie même totalement fuprimée. En fa place
quelques-uns de ces D forment un angle obtus , d’autres font
renverlcs , fie la plupart inclinés vers la gauche. Une figure
fi commune , fie d’ailleurs propre des mots les plus ordi-
naires , ne peut manquer de remonter à l’origine même des
notes tyroniennes.
Pour juger de l’age des mlT. en lettres majufcules ; M.
Mafféi (3) fait envifager , comme une marque de la plus
haute antiquité , le D fi£ l’M , femblables à ceux des mar-
bres anciens. La dernière ne le rencontre , félon lui , que
(i) Sous les rois Wiligoths <r£fpsgoe,
le D coorervoie cnrore la même figure.
Elle Te transfotitioic quelquefois eoxelic-
ci 6 .
(1) Ces if ininurcules , quoique notes
principales , ne fbnc pas initiales de ces
deux mots , ni d'aucun autre , qui nous
foit coimu. Cet exemple peut faire cou-
ccToit une difÜrence entre caraâdte
initial des notes & des fflotr. Ici la figure
dominante ell finale ou mddiane.
» (}) Ne' codici majufeoli U fegno
» deir ultima antichità fono D & M , fi-
» gurate corne ne'marmi anriclii,nel quel
» modo tali Icctere in ratilllmi codici fi
» veggone. fe non forfe ne' titoll»C^y^
r«It Ecel^f/liei f. ti.i la fuite de Ibn
IJltrU — Jn Xmu 174s. /«/.
dao$
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DE DIPLOMATIQUE,'
<5ans les mfl'. les plus rajes * &: peiitcrre dans les titres de —
ceux , qui ne le (ont pas. M. le Marquis auroit pu étendre
Ih règle aux A E H Q V. Ces lettres ne doivent pas moins c*iYi>. ly.
être privilégiées , que le D & l’M. Leur réuiaion avec les
liennes , dans le même mf , donneroit un figne plus certain
de fon antiquité. Si leur concert fe foutenoit , il produiroit
l’écriture capitale, telle qu’elle ne fe trouve invariai>lement,
que dans des mlT , au moins du vi'. fiècle : quand ils ne
font ni livres facrés , ni livres , dont on fe fervoit à l’E-
glife. Au relie hors ce cas , on ne voudroit pas répondre
toujours de la bonté de la règle. Pour lui donner d’ailleurs *
quelque aplication exaéle à l’écriture purement onciale ; il
faudrait , outre les titres des livres &: des chapitres , où elle eft
fbuvent employée , compter pour rien quantité de lettres ini-
tiales des phrales des Sc alinéa. Les capitales, fins en excepter
le D & l’M , ocupent en éfet beaucoup plus fréquemment ces
premières places , aqx i x. &: x'. fiècles , qu’aux précédens.
Ce fera donc , quand elles feront confondues ; quoiqu’en
aflez petit nombre , & peu conftamment , dans le corps de
l’écriture onciale „ qu’elles fourniront peutêtre un caractère
d’antiquité fupérieur au ix'. fiècle.
Si l’on voit quelquefois &: le D latin &: le A grec , au i x',
fiècle , & même long-tems auparavant : non lêulement dans
les h gnatures , mais encore dans les dates diplomatiques ; le ■
premier n’étoit (i) point en cela diftingué des autres lettres
capitales. Toutes y étoient également bien reçues, ■
(i) Ce D auffi ciîiaucé qu’^croit s’in*
tcoJuiiîc en France depuis Tau looo. Les
dcrîcuresalongéeslui ac^rdérent un rang,
qu'clJcs commen^oiCQt à refufer au d
cuidf. En Allemagne , déjà le D $*y étoit
des la fin du x*. fîccle. Quand « au
bivanc , rentrée de ces écrituics lui étoit
interdite > il ne biifoic pas de pénétier
dans le texte des mciucs diplômes : fur-*
tout à la faveur de l ufagc , qui s'établit
décrire totalement en majufcules les
noms propres. Celui d'employer les D
dans récriture alongée , devint plus in-
variable en Allemagne , qu’en France ,
depuis enviion le milieu du xi^. üéclc.
Mais, durant le cours du xi 1 1* , ccttc
Tome //.
façon d’écrire vicillüToit , par raporr aux
diplômes impériaux & royaux. Elle s'efF
mieux foutenue dans les bulles des pa-
pes, quoiqu'avec des variations étonaii-
tes. Des le XI II', ficcle , chaque let-
tre de la première ligne ou fe transfbr'»
raoic ou IC ccrminoit par des têtes , des
nés , des faces groterques d'hommes &
d'animaux. De nos jours , le d & quel-
ues autres lettres de la prcimcre ligne
CS bulles ont continue de rcprércniec
des feuillages , ou h l'on veut 4cs ara*
bc(qucs. C'efi pcuiétre le fcul relie , qui
fublidc de récriture aloogée , Ci ccicbre
autrefois , dans les diplômes des Grands*
Y
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170 NOUVEAU TRAITÉ
■ ■ ■ ■ — Le ^ oncial en fornae d’S tronquée par le haut, n’étoit poinr
J J " tellement propre aux Gaules , qu’on n’en usât aufli en Italie, &c
Chap. i\. qu’on n’employât par-tout d’autres "ô ^ plus ou moins courbés-
vers ( I ) le bas , ou fe relevant , apres s être abailTés. Si ce
caraélcre a duré long-tems , depuis la ceflation de l’écriture
onciale ; c’eft en perdant toujours un peu de fa première
fimplicité & delbn élégance. Il ne fut pas feulement alors,
introduit , dans la minulculc des mlf ; il domina prefque
làns rival , dans (a) les chartes , depuis le xi l 'liècle. D’abord
*
(i) Ils Ce monttent an vi'. (iede ,
fur les médailles de l'empereur TiWre.
(a) Il faut etpliqucr plus eu détail ,
quelle Alt la fomiue de ce J rond dans
la minafcule fur-tout dans UcurHvc.
Les mtr. & les diplômes taxons n*ont
ccttli d'en faite uf^c ^ depuis le vti^.
(îcclc.jufqu’à Guillaume le conqudrant.Lc
changement d cciîtare arivé fous ce prin-
ce , ne porta nul préjudice à cette figure.
An x^. âcclc les écritures lombatdi-
ques : ta ferrée , au coup d'ocfl faxon , &
la briféc , à traits en zigxag , tenant un
peu du gothique moderne ^ remployc-
rcot avec tant de confiance i qu’on a
lieu de douter, (î le«é put $y ms'nagcr
quelque accès. Malgré la prédilcéhoo des
ÂugloisjMur le '0 > leurs diplômes &
leurs mil. en écriture fazone ou com-
mune ne laiflcrcm pas d’acucillir quel-
quefois alTcz favorablement le </ , &
meme jufqu’à lui donner la préférence.
^ A compter du milieu du xi*. ficclc , juf-
qu’au milieu du fuivaot les 9 i fc trou-
vtrent plus ou moins fouvenc mélés ou
confondus. Mais depuis la féconde épo-
que , le premier fe répandit fans aucun
obflacle, dans les chartes & d'Angleterre
& d'BcofIc. Il en faut pourtant excepter
celles, oii l’on fe fervoie des lettres de
forme ou prefque carées. Là les fe
masntenoient encore avec avantage an-
delà de l'an iiéo. Aufiirplus les pièces
de cette nature ecoient rates. Quojqu en
EcoITc les d dominaifenc , vers la fin du
Tl', fiècle $ des ic commencement du
/uivant , la curfîve ne donna prefque
plus encrée , qu'à fon rival , on du
moins n'acorda pas au d d'y 6gurcr ega-
kiiicnr..
Depuis environ l'an 1050. les mfT de
Frauce reçurent piefqu'indiJfcremincnt ces
deux caraClcrcs , juiqu'à ce que le nou-
veau eût prefque totalcmcnc me oublier
l'ancien : ce qui n'ariva que fous faioc
Louis. Des le r^ne de Philippe Auguflc
les diplômes oè fbufroieat plus ea Fran-
ce co mélangé : fi ce ii'efl dans quel*
ques rcflcs d ccricotcs alongées, ou le ^
avoic la grande vogue. Le d fon com-
pétitcor ne reparut guère avant l'an
14Ç0. dans les mC & nen débufqoa-
pas l'aurrc aifémcnc. Un Hècle plus urd
celui-ci fc réfe^voit encore des mlf. en-
tiers.
Les d droits & ronds des Efpagnols
partageoient entr'eux les places de ré-
criture cninufculc avec la plus grande
égalité, dès leii'. fîcdc au plus tard.
Ce mélange n'avoit pas encore lieu ,
dans leurs chartes do x'. Les * tran-
ches par des Tommecs ne s'y bornoicnr
pas à monter feulement en haut ; iis
dcûcndoicnc encore ao-denbus de la li-
gne , d'abord perpendiculairement : en-
fuite ils fornioicnc vers la gauche un an-
gle obtus , Ôc âi^^oicnt en pomte. Vcis
la fin du XI* , au-delà des Pyrénées b
meme bonne intelligence regnoit aulH
j dans, les chattes , entre les deux Dmt-
I oufcules. Au xrii* , chacun avoir cn-
I cote fon cour. Cepeodant le ^ y parvint
I avant fon milieu à tout envahir, coin-
I me il avoir fair ailleurs. Dès le xrv®.
ficelé, U éroic déjà réduit à la figure du
j agrée: ma» aux fuirans , il n'eprou-
; va pas de variations confidérablcs.
{- Veut on encore des notions plus gé-
nérales , fur les tems reconoilfablcs ,
j^par le concours des deux figures à d/
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DE DIPLOMATIQUE.* 171
îl élëva fa queue beaucoup plus haut , qu’il ne l’avoit fait
dans l’onciale. Mais , .-mx x i n . & x i v'. ficelés , il fuc
prefque tracé fur le modèle du J[ minulcule des Grecs : fi
ce n’ell que fon trait , montant le jettoit davantage vers le
côté gauche, & qu’il fembloit plutôt retourner, de gauche
à droite , que delcendre de haut en bas.
Le d , quoique alTez ancien fur les marbres & les bronze# ,
K<^gulicrcmenc leur mclange cfl plus
grand, dans les mlT. du xii'. Itccle ,
que dans ceux des cems voifîm i dans les
chartes de la lîn du x i , & du commen-
crmenc dn xi , que dans celles , qui
les précédèrent ou mivirent. Auparavant,
le d doit érre le plus ordinaire. L'avan-
tage ell pour fon concurrent , depuis le
milieu du X 1 1 ^ & même plutôt , quand
il s'agit de chanes. Au relie ni quand
cette confullon paroic commencer ou
finir, ni quand elle cil arivée à fon com«
blc i on ne doit pas être furpris i l'cx-
CCS de voir certaines pièces ne renfermer
des D , que de Tune ou de l'autre façon.
On ne le fera pas non plus de rencon-
trer au-delà des limites, qu'on vient de
leur prefciire un petit nombre de 3 pré-
martués , ou un peu trop tardifs.
De prime abord nous avons regardé ,
comme un phcnomcnc , pour ne pas dire
un paradoxe , le diplôme («) d’Ot-
ton III. *de l’an 99). Tous fes S ,à
queue tournée vers la gauche,oe fe mon-
treroient pas fous une autre forme ,
quand ils fcroicnt poAérieurs de deux
ficclcs : Sc cependant ils n'éioient pas en-
core alors parvenus en Allemagne à don-
ner aux autres une exclufîon cmictc. Oo
peut s'en convaincre par un diplôme (^)
d'Octon IV. de l'an 1198- Ce caraélcre
6c plulîcurs autres ., noos auroicnc fait
ajuger à empereur le diplôme de
99 n ^ motifs plus forts ne s*y opo-
foient. LailTons maintenant à quartier
tout ce qui feroie d’ailleurs contraire ou
favorable à cette pièce , pour ne pas
nous écancr de notre objet. II faut être
fans douce bien fort furl'ufage des ca-
raélères propres à chaque lîcclc , pour
ne pas cnvjfagcr d'abord avec étonc-
mcnc 'tarif de 3 réunit , dans un feu!
diplôme ; tandis qu'il ctoit tare d’en
découvrir quelques-uns dans les autres ,
durant les cent années fuivaotC|.
Mais , quoique cette figure n'aii peot-
êrre pas fait fi prompccmenc fbnunc en
Allemagne, que par-coot ailleurs j U fu-
fit qu'elle ait été empilée par Ici pré-
décelîcurs & les' fuccclleurs immédiats
d’Otton III. qu’elle l'ait été par cet em-
pereur lui-méme , en plus d'une autre
ocafion ^u’cll^ l'ait été bien des fois,
dans les ficelés voifins , 6c long-cems
auparavant , pour qu'on ne puific en ti-
rer une ioduélion racheofe contre ce di-
plôme. Or on découvre pluficurs exem-
ples des deux premiers fiiits,dansla Chro-
nique même de Godsvict dans (c) Waf-
eber, dans (d) Schannac, Plus de vingt
années auparavant , des $ à peu prn
fcniblables remplilfcnc le texte d'une
chatte (e) de Roricon évêque de La»n ,
6c quclqocs-unés de fes fignaturcs. D'a-
près quelques mlf. du viiz*. ficcJe ,
l'Allemagne nous ofre des écritures , qui
femblenc lui être propres , quoique ti-
rant confidérablemenc fuc la faxonc. Oc
ces mff. renferment déjà des d droits
mêlés avec les ronds. Quelque rares que
foient les derniers dans U minufculc des
mff. en pure romaine , 6e dans la Ca-
roline des diplômes» avant lex^. ficcle;
nous ne laifTons pas d'en avoir déterré
quelques exemples , dès le tx^. Ils fe-
roienc ceiifès plus frequens} fi l’on mec-
toit eu ligne de compte ceux de la date
de l’Incarnation , prefque toujours ren-
dus alors par ce carai^cre dans les di-
plômes. En rigueur même nous trou-
vons bon nombre de ( daosraocicnne
(/) curfive romaine des premiers cems ,
malgré leurs liaifons avec les lettres voi-
fincs , qui pouroicQC les déguifer à des
yeux peu accAÛfs. •
yij
*
U. PARTIE.
S E C T. III. •
Ch A P. I V.
(a) Chrmic.Gti’
wic.f. iid.
{h) Uid. f. 401,
U) Tah. 7.
{d) Vittd. arch.
Fuld. lai. 9. 10.
(<) Dt rt difltm,
t- ♦I*<
(/)lUd.f. 4;t;
lai.
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n ^
171 -NOUVEAU TRAITÉ •
aura fans doute été plutôt mis en ufage dans les (i) mlE
de les diplômes. Il en eft de cette lettre , comme des
♦ (i) Ajoutons encore quelque chofede en courbe, apres avoir pouficc vcis
plus détaillé , fur la difércncc du & la gauche<S> Des le comiTunceraent du
du 9 , fur leur forme, & particulière- même lièclc , il s'introduific une* autre
xncDt fur celle du dernier , depuis qu'il mode, qui prévalut enfin , à bien des
devint à la mode. II difcrc cireoticllc- égards: ce fut de ramener horirooralc-
ment du J : parcc-^u'il n'a jamais ni pié ment vers la droite la queue du ^ ».
ni epron. Au contraire la halle de celui- d’abord dirigée vers la gauche. Bicn-
ci s'élève pcrpcodiculûircmcn: fi: dei- toc on la rabatic preCque en rond V ^
cend au-deifous , ou du moins au ni- $ jufqu'au bas de Ton ventre. Souven:
veau du bas dcloou du r, contre le- alors » on commenta par mener la queue
quel elle efb adolTcc. en courbe , extrêmement déliée vcis la
La plus ancienne curfîvc d’Efpagnc , gauche , puis par un plein très-épais on
ne commence pas les comme plu- îa termina prefquc en diagonale , entre
fteurf autres, par la partie Tupéricurc de la panfe du d fi: rarondiftcmcut de la
leur panfe : c'cH plutôt par rinffncurc queue: enforte qu'on peut quelquefois
d , qu'elle les commence. Ils font même Jouter , fi la meme queue commence
Couvent apuyés fur un trait de la Icctcc par le plein ou par le délié. Le régne de
précédente , avec iaqucfic ils ic lient, à certe mode fc place entre le milieu do
la mamete des r, e , t romains. fi: celui du xrv. ficelé : quoi-
Le pié du d cfl , aux vu. vitt. ix. qu'il ne lailfc pas de s’étendre confi-
& x^. fièclcs, porté fi bas i que ccrcc dérablcmcnc au-delà dè ces bornes,
lettre eft prefquc U féulc , qui excède Vers le milieu du xiv*. le d prie »
■à la fois en deflus, comme en dclfous mais moins fréquemment , la figure
la ligne d’écriture. Du moins n'en eft il tantôt d*un B capital , adolTé vers
aucune , qui le faife plus réguliercmenr. h gauche , tantôt d un 8 cnrfif en chi*
On peur alfocicr le d, entant que moir fre artbe : c*cft-à*diic , dont le haut
rant, aux bhlkj jfic en rant que def- forme un triangle. Avec le rems il ref-
cenriant , aux fg ^ q r f x Bec. Comme- fcmbla prclquc au ddcsGtccs. L’angle
nément , jufqu'au x*. fi«lc , fbn pié fc fie la pointe avancés par Je bas vers la
‘ relève un peu vers la droite , foie par gauche font très-propres à diftingucr le
une courbe, foit par un angle plus ou d poftértcur à la moitié du xtv*^ fiede.
moins aigu. Dc-Ià en avant jufqu'au mi- Le xv*. repréfente au plus jufte !c b
licudu Tt^. fièclc , il ne cclfc d'incliner , grec. Il produit ou tend à produire un
du côté gauche , îc meme pié , en for- fécond angle , fitué prccifcmciic. au plus
me de queue inférieure. Mais quelque- bas de cette lettre,
fois on le tranche parunebafe, quand Cependant là queue du *0 des mlT»
on ne s’en tient pas à Tancicnne mode. . qui n etoient point en curfivc , conti-
Vers l'an 9 jo , l’iifagc le plus ordinaire , nuoit toujo.trs d'ette fort courte , de fc
foc de ne faire defeendre le pié du d , porter diredement vers la gauche, fans
qu'au niveau de fon dos. Cette pratique retour ri inHézion quelconque.
^ déjà fort acréditéc , depuis plus de fo. i En écriture alongéc du xi. lîèclc , le
ans, ne tarda pas à remplacer toutes les ;dos dû* françois fc replie quelquefois
autres. ! en foiralc , qiicl.jucfois ferpente , qiicl-
Lc J s'cléva d'aboid vérticalèment,’ 'quefois forme un fécond dos, toucafoir
enfuite diagonalemcnt vers la gaaebe < ^(ïpaïc du premier. Au contraire le dos
ou bien en fc courbant tant (bit peu du ** allemand , onvetr par le , fait
même côté. La queue oblique ou dia- defeendre un trait inréiicur , ouiprcnl
gonale eut fes p.nnifans , juftjii'au mi- fuccc/n'.emcnt ces figures J C 1 J.
îiou du xiJi*. fiôcic. Il étojt pourtant .^u xi'.ffèclc,lc«évenani fouucnt àperdre
plus ordifuuc de lavoir un peu rçlévéc . fon épron,cftccpré cransfotmè cu«/.(ouJ..
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DE DIPLOMATIQUE; 17?'
t e fgU 1 m n q r f. Toutes fc ciouveni dans les plus vieux — . y
mir. &c les actes publics des tems les plus reculés. Les traits partie.
en font 11 naturels , &' faits avec tant de liardielTe , quand il cVa^p. ”v,
s’agit de ciirfive -, qu'on ne peut douter , que leur invention
ne l’empone de beaucoup fur l’age des livres & des diplô-
mes , ou nous les voyons j à quelque antiquité , qu’on les
fafle remonter. Au vi'. Cède , & probablement plutôt ,
on voit des d minufcules , dont la panfe eft plus ample
de beaucoup , qu’elle ne le fut dans la fuite. Tels on les trou-
ve encore oans les Pandefl.es de Florence , qui peuvent avoir
été tranferites ,fur la fin de ce liccle. Ils fervoient fouvent
alors , même de lettres initiales. Ce qu’on a dit du ^ mi-
nufcule poché & du é curfif à double trait dillinfl , confon-
du , fe traverfant une ou plulieurs fois , n’ell pas moins apli-
cable au (/ , & fert également à fixer l’époque des mlT , où
il (e montre. La figure du d curfit devint plus fimple ÔC
plus unie fous les Carlo vingiens. Aux xi. & xi i'. ficelés ,
fa queue , comme celles du ^ , de \'h &c de 1’/ fut embaraf-
fée de nœuds ou de boucles entortillées & compliquées de di-
verfes façons. On a pourtant de tout cela des exemples beau-
coup plus anciens , mais d’un goût très-diférent.
V. Quand on veutconftater la reiremblance des alphabets ^ Pre(qnctouste»
phéniciens , étrufqucs , fyriaques , grecs , latins , arméniens j & jl, Oedde^
il faut communément lé contenter de la vérifier lur un pe- taux fe «flem-
tit nombre de figures de la même lettre. Il n’en eft pas d^E***'
ainfi de l’E : fa conformité fe trouve à l’épreuve du plus ronds & fermds :
grand nombre des figures , fous lefquclles chacun de ces al- <1=
phabets a diverfifié fon cinquième élément. En vain opo- *
feroit-on les E les plus bifares des Grecs , Latins , Samari- faux du P. Har-
tains , Etrulques : on ne fauroit parvenir à en rendre les ra- ^
ports méconoilTables. Mais , corpme leurs écritures ont eu
des* marches contraires -, les E des unes feront tournés vers fif.
la droite , &: ceux des autres vers la gauche. Les E fyriaques
ou éftranghèles porteront leurs pointes vers le bas ; ils réu-
niront deux de ces traverfes enlémble , pour rendre l’écriture
plus expéditive. Dans quelques cfpèces de caraeferes an-
ciens ; les AraRes éléveront pcrpendioiîairément les lignes
horizontales des E , qu’ils auront couchés fur le. dos : puis . )
ils s’acoutumeront à les former d’un feuL trait , en muiti-.
pliant les combes.
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T74 nouveau traite
Avec la meme poficion , que dans le fyriaque ,& J’omîf.
II. PARTIE, {jon d’une traverlè : de coiues les fortes d’écritures caldaï-
ChVp/iv. > hébraïques ou juives ; il n’en eft point , où l’E ne
puilTe fe découvrir. Au moyen de la même fituation , & fans
lliprimer aucun trait -, nos E fe retrouveront , dans plufieurs
figures de l’E tunique. Pour ne rien dire de celles , qui leur
font conformes à tous égards ; les ( i j anciens p efpa-
gnols &c africains leur relfemblent encore davantage. Mais
l’E gothique d’UlphÜa , le cophtique , le forvien , le ruf-
lien ne laiflent apercevoir aucune diférenceavec les nôtres.
L’illyrien Sc le bulgare , dont les figures fe raprochent fi ra-
irement de celles de nos lettres , ici font avec elles parfaite-
ment d’acord.
A la vérité prefque toutes ces écritures arondilTent diver-
fement l’E caré. Le phénicien , rétrufc|ue , le fyriaque ,
l’arabe , le tonique , le gothique , le cophtique , le fervien , le
rulfien , l’illyrien , l’arménien &le bulgare en foumiffent des
exemples plus ou moins nombreux.
Nous voyons des C ronds chez les Grecs , 800 ans 6c plus
avant J. C , & chez les Etrufqûes d’auffi anciens ,que les ta-
bles eugubines , fur lefquelles ils commencent à fe montrer.
• On ne connoit point de mfT. grecs , où l’E foit caré : mais
1 ' il ôft beaucoup de marbres & de médailles , meme en la-
tin , avant la naifiance du Sauveur , où rien ne manque à
l’élégance de l’E rond le plus parfait.
On peut vérifier la rondeur de l’E des Latins , dès le tems de
la République Romaine , par l’exemple de leurs voifins , les
Grecs 6c les Etrufques, 6c par les notes filde Tyron. Là tour
(/») 4*.
fl) Puf. loi.
(0 iw.
(15 Le doit être indubiublcmcnt
un £ bref efpagnol > lï l'on en froïc Don
(*) Vclarqucz. Il prétend le ptoiivcr ,
par la compatairon de ce caraélcre , avec
récrur<|uc Sc le grec primitif : mais nous
n'y irouvonc aucune figure fcmblablc ,
pas même dans fes alphabets. Ne fetoit-
cc pas plutôt une conjonâion du K &
de 1' £ ! Nous avons produit de pareils
K £ conjoints dans notre X^. planche.
Ils remontent à la plus haute antiquité.
Quel piêji^ê , pour porter le même ju-
gement du 36 , qu’il lenil (êj par É j
quoique dans fa V'. planche il en fallë
un H. Nous aimons donc mieux dite ,
que c'eft un X «c un E. Ainli pous
crovons pouvoir lire K/iermai» , où il lit
£/hmb. Plutarque écrit Hmamniic» ; D.
Vcl.cn (c) tombe d'acord. Nous n'y ajou-
tons , qu'une plus forte afpiration , ttès-
alTortic , félon fes propres principes ,
au langage des anciens Efpagnols.
(i) D. Carpcnticrdonnc quatre note*
de t'E. La première eff'incontcflablc : la
. au mot ejK«r tenferme une figure ,
qu’il pouvoir encoie mieux acàbucx
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DE DIPLOMATIQUE; 'xyi
i tour il ocupe la place de figne primitif, de fubfidiaire, de
fubalterne & de (i) tenniiiatif. 11 ne flit admis (ur les mé-
dailles (i) latines , qu’au iii'. ficcle. On voit divers exem-
ples d’6 , fur des monumens payens , dans les tomes III. &
IV. des Antiquités Romaines. D’autres infcriptions étrangè-
res aux Grecs en renferment ; non feulement du lic-
cle , mais encore d’antérieures à l’époque de l’Incarnarion.
BoilTard, l’Antiquité expliquée , le Latiumvetus , le Tré-
for de Gruter , les Marbres de Pefaro , & tant d’autres col-
levions de monumens antiques en multiplient les preuves.
Parmi les lettres , qui de l’alphabet gothique ont paffé
dans le nôtre , il faudra compter A6QT)PflU,fi l’on (a)
s’en ràporte à D. Mabillon. L’E rond eft fans doute l’6 go-
cliiqiie , dont il veut ici parler. Les monumens alégués d’a-
vance rendent la méprife manifèfte ; mais elle eft trop lé-
gère , pour faire valoir les motifs , qui pouroient la diminuer..
Obfervons feulement ; que cet E eft ordinaire , dans les mfT.
en écriture onciale des iv. & v'. ficelés ; pour ne rien dire
d’autres , qu’on pouroit faire remonter plus haut.
L’£ compofé de deux C ; nous l’avons plus d’une fois {^)
remarqué dans des infcriptions du ii. S£ ni®, fiècle.
Cependant (c) M.- de Tillemont , note iv. après avoir dit.
II. PARTIE.
SlCT. III.
CHAr. IV.
N
(i)
t. f.fttri.i. pl.
Il8.
(f) Mim, $. 7j-
à l*f. Le drtoier mot de la troilîéme
apartienr à la rcjoade. La 4*. en entier
doit faire partie de la fupofé qu’il ne
faille pas la renvoyer au T < quelle ex-
prime du moins en partie y & peutécre
iminuemcnt. Si ces obfervatioos font
perdre à iV quelques lettres initiales de
notes i on pouroit l'cn dildommager par
celle-ci y Sc meme par cette autre i :
mais on feroie alors obligé de leur acor-
der une valeur équivoque avec d'autres
éfémens. Quoiqu’il en foit : outre les
figures C € iccllcs-ci ^ A V'font ini-
tiales des E tyroniens.
(x) II fufii ici de favetr , que les no-
tes tyronicnnes font communément des
a/Temblagcs de lignes ou de caraficres,
donc chacun eft quciquejfbis compofé de
piuficurs autics. Souvent chaque (igné
tient à un fécond, qu’on peut apclcr au-
xiliaire ou fiibndiairc. Le final mar-
que les ccrminaifoûs des noms ou dci
verbec. Le primitif e(f le même , que le
dominant ou principal. Pour l'ordioaire
il exprime la lcrtre initiale du mot. Les
lignes fccondaircs & fubalternes $ ce /ont
ceux qui fuivent le primitif, & qui en
font détachés -, quand Us font diAiogués
du (laal.
(i)La légende d’une médaille un peu*
I fruflc du milieu de ce ficelé nous met
; fous les yeux 1*6 dans Banduri. On y
voit aulTi trois exemples des memes e
ifolés. On pouroit, il cAvrai , tenir ces
lettres pour grcques : mais il eA plus
probable , quelles font latines. On ne
fauroit porter un autre jugement déplu-
ficurs caraiAcrcs , qui fc trouvent em-
ployés , dans le meme goût 5c dans les
memes cîrconAanccs. Autrement il fau-
dtoit dire , qu’on faifoic alors fouvcnc
.ufàgc de Q grecs fur les médailles des
empereurs : irr.agination , qui ne fau-
tok cccc avouée d aucua ant:quaiic«^
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f7tf NOUVEAU TRAITÉ
qu’en i6z^ , on piCCcnJit avoir découvert le corps de Lu-
cifer de CagÜari , avec cette infcription : S. Lucifer^ î,pp‘> y
Çhap. IV. ajoute , que des pe> fortes habiles remarquent , que cette (i)
abréviation. . . n’ejl point du iv= (iècUy ù que cet E ejl gothi-
que. Mais un li grand homme n’ctoit pas obligé d’être in-
llruit à tond de pareilles minuties. Elles peuvent néanmoins
influer , dans des jugemens de conlëquence. Ainfi l’on ne
doit pas toutafait les négliger.
^ On ne s’aicteroit pas fur l’6f gothique moderne ; fi
le P. Hardouin n’en prcnoit ocafion d’acufer de faux une
lettre originale d’fves de Chartre , à laquelle D. Mabillon
(a) a donné le lixièrae rang , parmi fes modèles (i) de mfT.
du xi'=. fiècle. Après plufieurs foibles ataques -, le favant Jé-
fuite en vient à une aétion décifive , à la faveur de l’argu-
ment , qui fuit. Cette (3) lettre 61 nous fait voir un E fer-
mé : or il ne le fut tout au plutôt , qu’au xiv‘. fiècle.
Donc &CC.
Quand le beau mf. en lettres onciales de S. Ambroife de
la bibliothèque du roi n”. 1731.116 feroit que (4) du ix'.
fiècle ; ce feroit beaucoup plus , qu’il ne nous en fàudroit ,
pour ruiner la prétention du P. Hardouin : puifqu’on y re-
{hWmnltspUn- marque fouvent {b) des 0 fermés. Plufieurs très-anciens mlT.
fMi- /cacUU , oi fle S. Germain , & entr’autres le 133. en forme carée eft
femblables E. L’antiquité de l’E fermé , apelé
iO Quelle cft donc ici l'abréviation,
d)Tomi.pmt. que l'anticjuité ne rcconoit pas î Ce l'cia
•.,PUi$cbe 116, uns doute le double 9 pour»;. Mais il dï
coût commun dans les notes de Tyron les
plus anciennes. 11 feroit alfcz inutile
^ après cela d'infifter fur l’age des monu-
mens & des mlT, où il /e trouve ü fre-
quemment.
(1) Le P. Hardouin n’avoit qu'à lever
les yeux un peu plus haut : il auroit dé~
couvert dans la même page un H égale-
ment fermé. 11 aparcicoc au quatrième
modèle du xi*. fiècle , tiré du mf. de
S. Germain éo7. En remontant encore
f*‘ ;7‘ plus loin, la cinquième planche de la
' Diplomatique lui auroit fait voir un E
fermé dans un mf. d'environ ncuflicclcs.
Son ufàgc étoit connu des Grecs memes,
au moins ;oo. ans auparavant. Un
cachet figuré, & dans la (d Paléographie,
& dans rAatiqutté (d) expliquée , fufic
pour en convaincre tout homme , qui
ifeil point pyrrhonicn. On a lieu de
croire cette antique du iix^. ficclc |
mais elle ne fauroïc erre poiléricure au v^.
( J ) Litttrét pr/flr hujus pron^rrumis ego ,
eum ft hâc forma â , maniftfitlfini
cuit efl , Mteitijpmi 144. Hard. cod. reg«
6izé. A. p. 14. *
(4) On cft en état de prouver , qu'il
cft en partie antérieur de plufieurs fic-
elés au ix^.
( f ) Leur nombre cft fi grand , qu'il le
difputc prcfqu'à ceux , qui font ouverts,
ou oui ne font qii*à demi- fermés. Ce-
pendant tics dates certaines fixent ce mf
au vr I*. ficclc. Nous avons fait la même
obfcivaiion , fur des mif encore plus
depuis
Digitized b; og!*’
Ce diplomatique. 177
-defniis gothique , parole donc bien conftatée. Il eft vrai ,
que dans ces anciens monumens fon côté droit fe trouve
quelquefois prefque auifi arondi , que lei gauche. Mais 11 s’en
' trouve auifi plufieurs , où 1’ 0/ eft véritablement fermé par
ime ligne droite. Ceft ce qu’on peut juftiiîer par les mil]
déjà cités , par le 113. & le 15. de S. Germain des Prés ,
tous deux au moins du commencement du ix'. ficelé. Nous
en paftbns ibus iilence plufieurs autres , & de la meme ab-'
baïe , & de la bibliothèque du Roi. ■ ;
Dans le rapott (a) dreffé par Schéleftrate d’une afifem^
blée de trois célèbres antiquaires du dernier fiècle , au fu*
3^ d’un Virgile du Vatican , qu’ils crurent du tems de Sep-
time Sévère ; leur examen roule en particulier , fiir huit des,
lettres les plus fingulières de ce fameux mf. A l’égard de
l’£ ; il eft dit , que lès traverfes ne font guère , que des
points , quafi punSa. Cette façon d’I ou celle-ci { font
communes aux mlT. en capitale , antérieurs au vi‘. fiècle :
mais elles ne celTent qu’au ix^.
Dans les inferiptions d’Efpagnedu vii^ la hafte de l’È
& de r t s’élévoit fouvent , au-delfiis de l’horizontale fupé-
rieure. Les ralT. du xi i^. fiècle abondent en £ , dont les fi-
gures varient fans celTe ; quoique ces derniers traits y do-
minent. Nous ne pouvons nous livrer à de plus grands dé-
tails , fur l’E capital ou majulcule , foit ouvert , foie fermé.'
Ajoutons feulement , que celui-ci devient ordinaire , au
X 1 1 1 '. fiècle , & qu’au fuivant on n’en voyoit prefque point
d’autres , fi ce n’eft fur des monoies. Encore cela n’arive-
t-il que rarement.
II. PARTIE,
s ï CT. III.
C H At. IV/
(^) Am'ujMiJp.
ViriU. c»J.
mtnt».
I74Ï*/* «T,
ancici». Piniû grud oombre de mlT.
en minurcolo - carlÎTC lombatdiqne du
preeniet âge ; à peine s’en trouve- t-tl
tjuciqu'un , qni ne puidê fenrnir beau-
coup d'exemples de ces Tortet d'E. Or
les plus récent {bona moins du ix*.
fidcle.
Après tout nous n'aTons pat befoin de
reffionter û haut , pour reoTcrfer le
Mnd arntmeru dn P. Hardonin contre
la lettre dTres de Chaitte. Les E fcr-
laés n'ont au plntAc commencé , Tclon ce
JéCuite , qu'au ziv«. fiècle. Cependant
Heioeccius , auteur commonèmene fon
Tome II,
exaA , nous en ifeane , dasis lés alpha-
bets latins ; non {ènlement duzttt*.'
fiècle , mais encore du xii°. Pour ne
point infifter fur les plut anciens tems ,
on pouroit citer une foule d'inlètiptions
lapidaires <c métalliques ; outre grand
oombre de mlT, où l'E fermé Ce voit
mit en nfage , durant le riii*. fiècle
& les deux , qni Font précédé. Mais ce
travail fêtoit fans doute fupetflu. D’ail- (S) furtnt
lents nous ne pouvons manquer de rt-,/« j'. dnifim A»
piéfentcr un grand nombre de fembla- ‘un tniimi Upi-
blesE, foit dans nos alphabets , (oit dans d*irt$
ootl8odèlesfé)d'éctirares désbasteins. jair.
Digitized by Google
II. PARTIE
S I C T, III.
Cn.Ar. lY-
♦
178 NOUVEAU traité: '•
L’e minafcule y né xle l'€ oncial eft trcs-ancien ; 8t peéc '
bien remontée jufqu’au cems de k république' romaine...
Aulfiles.mir. tocalement en lettres oaciales . , où il iè ten*
contre fréquemment , ont en la première de ces. lettres un*
gageile l’antiquité la plus récoléc. i ■ • tm* m
Quand on Te bomeroit aux lèules écritures romaines ou
mérovingiennes ; il feroit (i) impoflible de repréfenter toutes
les figures, fouslelqueHesl’tf curlif s’efr transformé. Sesliaifons
avec les lettres précédentes ou fubréquentes en ont encore bien
davantage multiplié lé nombre. Autant decombinaifonsdifé-
rentes , mtanr de diverfes figures , de dans la- curfive ro>
moine , 8e dans la mérovingienne. Les autres genres d’é-
crituie ou contemporains ou poftérieurs ont ennuité beau-
coup d’autres caraâères de là même léttrev Les e curfifs.
romains , mérovingiens ^ carolins ont tant de (2) refTem-
blance , avec les e des inémes écritures ; qu’il efr ailë-de les
confondre : fiittout quand ils (oqz unis avec les lettres pré*
cédentes ou fuivantes : ce qui arive prefque toujours. Les.
i ^ abfoluinent tfolés, dans la romaine des v. 8c vtx. fie.*
clés , le foutiennent au*delà du xi^ : mais alors ils s’ata*
ehent par leur traverfe mitoyenne à k' lettre , qui fiiit. Cette
liaifon continua long-tems depui^.^ ; » r-m
- Cependant le contour dé la tête de Te ' s’îdtéroit inlènfi*
bletùent. Lacutfive romaine k plus ancienne, ne lui donnoic
l'ivJirîf),'- ~'’V~
(i) S’engager î laiTte !’< miiiurcQlc.S(
eurlîf , dans toutes ou dans ta plupart de
fts mdtimarpholcs t c'eft un -erarail ,
dont on croit pouvoir fe diipenrer. Mais
fous prétexte , que la maricre cft ind-
^(wle ne pas ménx l'dâcorcr { ce
uroit fe priver des moyens prerque ians
nombre , que fournir IV pour juger,
par la divetlïté de fes figures , de l’âge
des chartes & dcs mlT Le feul parti tai-
fonable par raport à cette lettre
mcnie par rapoit aBX autres , efl donc
de géneralifct notre fujet , le pins qu’il
fera pofCble , de de le Aifît en grand..
Nos alphabets , nos tables de.liaifons
<t nos modèles d-fctitnic nous tiendront
Heu de détails plus circonftanciès. Nous
ne les refufons même aux dcfîrs de
(t) On pent dbnc apliquer à l’« , cft
' qu'on a du des c de la curlivc rom.iine,
franco-gallîquc , Sc même Caroline LV
mérovingien , notamment vers le milieu
dù vit’, fiècle , s'incline oéanmoior
.pont l’ordinaire un peu cUvaacage de
^ bas en haut , vers la gauche II a même
; fbuvent l'ait d'un doiÀle c lî , fur le-
3ucl on en' autoit renverfé un troilicrar..
ieotôf une de fes courbures rupéticurcs
> fê perdit , ou du moins la dctnicrc s’é-
I léva plus direéleuient fur l’antre. Le c»*
raélèrete plus commun des C t^fmco-
‘galliqucs , depuis le milieu du vii%,
ificclc.jufqu'à fabn j cft que leur cour-'
^ bure fupéticuic , qui tient la‘ place de.
l’ogive ou de la boucle , s’aproebe ra* ^
bernent de leur nuuuant, jilfqu'à le roav '
quelques kéleurs , que pour en épar-
gner la peine auxauiics.
cher.
Digitized by Googlc
. DE DTPLOMATÏQUE. 179
b Forme, que d’une efpcce de boucle ou d’ogive. Si Içplus
fouvent cette boude parut tracée de ^uche a droite ; elle
le fût aufli qudquefois de droite (i) a gauche. La detnicro
façon devint ordinaire;, ou du moins très - fréquente , en
cenaines écritures , en certains (1} pars. Du milieu d’une
bafe en w» ou en o , l’écriture papale des xi. &c xu®.
Cèdes tiroit un trait* oblique , montant vers la droite , Sc
toujours uni à la lettre Cuvante. L'« des premiers tems s’y
fùfoit rwouoitre. A force de fercet la boucle de celui-ci ,
l’on avoit confondu fon, trait montant , avec fon trait def-
cendaiK , en les faifant pafler l'un fur l’autre. De4à ce- & t€,
fi .familiers à la romaine. De-là ces Z finguliers , rdles ex-I
piraos de l'ancienne curfive, & propres à l’ecriture du xi.
& XII'. ficelés i vulgairement dite lorobardique , & qu’on
peut encore mieux qualifier buUatique. Ou papale.
Parmi les e de la Caroline de^ vi m . 3c ix'. fiècl^ , l't
fot un des plus ordinaires. L’angle , qui joint fès deux prin-
cipales courbes , s’y termine quelquefois en pointe , alon-
gée fouvent en ddfous , plus rarement en oelTus. 11 arive
auffi , que l’une 3c l’autre pointe réunies fo croifent. Plus
communément ces pointes excédantes s’anéantifient s l’an-
gle feul demeure. Encore ne tarde-t-il pas, à fo changer en
courbe. C’eft prefque unicmement au ^ond parti , qulon
s’en tint , après les prenficres; années du rx'i fiede ; 3c au
dernier , f ir fon déclin. .
Les t "ê romains (3) montoient fouvent au-delfu^ de la
, ,41
(1) L'Ir , rfios les diplômes carolins,
«ft , ou. peu Ceo. ^ui , Ip c^itaâère dç>-
minant. Sbn rdgAe commence avant te
milieu du VI II*, iîdcle , & ne fc termi-
ne , que tût la fin du 1 x*. Mais . con-
fiddté dans un dtai moins flori/Tant ; il
acmoDie pins haut , k deteend plus bas.
(t) En France, aux viii. ix. Ii x*.
lidclcs s en Efpagne , aux x, k xi* { en
Italie , depuis le vu*. Jurqu'au jf.
Quoique la romaine pontibcale aiteqo-
fetvd plus loaj;-tcms randeone manière;
i peine pentmo faire ici quelque ex
cepeion en fa faveur. Il eft des lettres
des papes du viii*. Cide , où cet a
fcmponc ÜMycot , k <b ud ,cùpour'
' t - - #- .1
le moiin a inaTcfce de !,> tk'
S>Be fsr bouclé. ^
’Ceft k quoi adanmoial ta lom-
banfaqœ papale des demiets tems ne
paposc pas. tou)oars aftrehue, Dana la
.romaine aqriqae, R boucle de P» ètoit
eo^unèment prèfiièe b la pointe ;
lorfqqe U lettre d'après naiflbit de &
traverfe médiane , diftingqée de la bou-
cle. La pointe fupérieutt avoir le même
avantage ; lorfque le caraâète ûivant
tiroit du haut de l’a ton origine. Mais
premier cas ètoit le plus ordinaires
Quand cette lettre n’ètoit point liée avec
la précédente , ton contour commen- .
en ^ cquibc. , s'élévoit ^tçlqilp .
2ij
II. PARTIE
S* CT. III.
CH.aKi.tIt.
Digitized by -jOOgle
i8o NOUVEAU TKA.ITÉ:
partie de, coure leur boucle , foie de tout# leur poîntrf
Si CT. III. courbure fupérieure. Si T« étoit lié à la lettre antérieure;
Chat. I V. une f\J Ibuvenc couchée , ou mutilée par fon côté gau-
che,,-pamculictement dans la mérovingienne , lui cenoic
lieu de bafe ou'd’atache inférieure. Voua la caulè de (i)
ces ' pointes failtances du dos de IV.
' Les écritures fâxones & mérovingiennes eurent , vers les
VI 1 r. St IX®. ficelés ‘j des de • cette figure , formés d’un
fèul traiB. <^uétqoefois ils laifibienc paroicre une ouverture
inférieur# du cô«é gauche. Les vni. ix. & x*. fiècles em»
pt&yôient volontiers les ^ , prefqu’en forme d’5 tran-
chée , principalemenO-en France Sc en Italie : mais leur
commencement remonte bien plus haut. Au x‘. ficelé , iis
l'emportoient , dans certains diplômes , fur toutes les autres
figures de la meme lettre. - î '
■iLes 6 d’Efpagne , aü vt it. ficelé , ne le lioient qu’avec le
caraâcre fuivant , Sc feulement par la traverfe du ’miÛeu. Vers
le x‘ , les Elpagnols avoient des à CF, figures plus extraordi-
naires. On diroit de c , furmontés d’une virgule , un peu
au-delTus , ou meme au bout de leur courbure fupérieure.
Au lieu de la virgule , un petit c lêmbloit quelquefois nai-
ne de l’extrémite fiipérieure d’un plus grand , apres avoir
fermé une boucle ou un nteud prefque tnfenfîble. Mais l’u-
fage te plus commun étoit , que l’I^ en forme de c Hic cra-
' verfé par un trait , foit oblique de haut en bas , foie hori-
zontal , lèrvant Ibuvent à lier cette lettre ; non (i) feule-
ment avec les fuivantes , mais encore avec celles , qui la
pcécédoiciK. ' î ' '
Les e compolés d’un double c , Fun lur Faucre , u'ont'
!*C j ' 1 ■ . , , .
obfiqnenenc ven ti droite ; oa bien il (axones (ans nombre. (7n remarcpie au/Tr
t^rukoic de deox parties nls-di((inâes , des moitids dV (ïipdrieorcs , diver(èmenr
dont l'inldriêure prenoit la forme , tan- Sgurées . dtfrdcs au-delTos de la bafe }
tdt dn r conebd , tancer de fS ren«ei(2e ÿufqu’i ne pas même s’en aprochet de
tronqnde. Aux t. vl. & Ti i'. (îîcles , près, loin de la toueber. ^
(*) Biititth. ml- ht partie fupdritute de Tt tomboit d'une ; fi) Telle eft l’dctirare (à) d’un an^ '
wr/»ldêl»?t}fir. manière' pins on rootns oblrane prelque cien miflel Mozarabe de Tèglrfc de To.|
Bfftn. fnicft. fiir le milieu de fa partie mfericare , lède. Une charte d'Efpagne ftj du x'. '
fi/. XPJII.lsi i. qui Ini fervoit de bafe. , (îccle eonftare faCtgt , rjuoirine Taria-'
, (i) Stir (i) Tontes les ècrimret antiques en Me , de lier ta lettre antérieure I T/^’
fonraidenr beauconp d'exemples : les par (à traTcr(ê médiane. Il j droit co-’
ndnrnnfienMS cocon phn- , ft Ica cote cav^ucut i U £• dtrxt*. . ^
Digitized by Google
DE DIPLOMATIQUE; 18/
pour aînfi dire jamais lieu , clans aucune efpèce de lettréi
faxones. Il en eft deux toutefois , qui femblent s’y rapotter
un peu : la première , aflcz fréquente , s’en raproche , dans
les 'B't, par une éminence ou pointe , courbée vers la gau-
che ou meme détachée delà tête. Voila fans doute un
telle* bien caradérifé des deux pièces , qui concouroient à
former le contour de l’-6 curfif , indépendamment de fatra-
verfe médiane. Le fécond ir, bien moins commun, lailTe aper-
cevoir un léger enfoncement un peu courbe , vers le nûlieu
de fon dos. 11 eft d’autres C t faxons plus ordinaires , donc
le propre eft d’être élévés au-deftlis de la ligne. Ils ont auffi
quelque afinité avec l’e & le c romain. La première figure
eft rare ; la fécondé fe trouve prefque dans toutes les fortes
d’écritures faxones j excepté les rondes & les carées. Si l’une
& l’autre n’a point de travetfe propre , la lettre fuivante eft
cenfée y fuplàr.'
». Durant le cours du ix'. ficelé , le petit e tout fimple , ou
avec une pointe légère , qui le lioit ordinairement avec la
lettre fuivante , avoit déjà fait des progrès confidérables ,
Ipécialement dans la formule des dates diplomatiques , &
même fur le déclin du même fiècle , dans le texte de plu-
fieurs chartes royales de France , & plus encore dans le corps
de celles des princes francois, qui regnoienten .Mlcmagne,
en Loraine , en Italie. Aux fiècles fuivans, cet e minufculc
parut fort commun ; quoiqu’avec quelque mélange des an-
ciennes figures de l’e curfif. Ces dernières , depuis le com-
mencement du XI'. fiècle , devenues fort rares , hors des
écritures alongées , où elles difparoiflbient de jour en jour ;
tombèrent bientôt dans l’oubli. A peine en laifTa-t-on paftec
quelqu’une , après le milieu du même fiècle. Cependant au
commencement du xii'. la cutfive ordinaire d’Efpagne ne
s’étoit pas défait de Ve à double courbure : ou pour mieux
dire il y dominoit encore.
Dans les mft'. la travetfe de Ve minufcule Ci) bien arondi ,
‘ .
( 0 tl finit jifUnnet Jans Vt nijnar-
cule crois chofes : le tour , U tête 8c la
traverfe. Le premier , preft^oe co tlemi-
ecrclc , forme le corpe ou U ào* de le.
Valtwixic cil l'vc ii/hi aa-4c^ 4c
la iraTctre. Elle pet4 pea i peu (à mo-
deur ciaAe, & tcodà foimcr une o^va.
St mime UD angle-rcâiligae,dcs le xi i',
Eide. La uoiCime , <]ue ooua axons cou-
tume d'apelct U uarcife , cil ceo%
11. PARTIE.
S s CT. III.
CUA». IV.J
Digitized by Google
itt NOUVEAU TRAITÉ
tirée horlzontalemenc , fans s’écendre au-delà de Ci <cce5
II. PARTIE, anonce une antiquité fupérieure au vi 1 1'. fiècle. Prolongée
Ch aV iV! pointe conftamment relévée par le bout , ou fc courbant
tant foit peu ; elle indique un tcms antérieur au x'. Com-
mence-t-elle à devenir oblique : mais de façon que I4 tête
ù rétrécirtant un peu defcende fur elle , & que ce ne foit
point la traverfe , qui femble faire les principaux frais ,
pour l’aller chercher ; c’eft un figne du x. ou xi<=. La poin-
te de la traverlê ne fait-elle <^ue fe montrer à la droite de
la tête : augmente-t-elle fa direûion tranfverfale , en mon-
tant plus haut fie plus direûement ; la voûte qu’elle forme
ic reflcrre-t-elle de plus en plus , ou meme devient-elle an-
guleufe : le dos perd-il confidérablement de là rondeur ,
pour s’éléver à proportion : s’incline-t-il fouvent du côté
«uche ? on aura le caraâcre des e.du xi r*. fiède. Mais fi
les angles deviennent plus aparens , ou s’ils fe multiplient j
fila aaverlê ne part pas du milieu du corps de \'e , ou
même , C elle ne le touche pas ; il faut le rabailTet (i) aux
derniers tems du bas gothique.
L’e de l’écriture (1) alongée s’élève rarement au-delTus de
la corde de Tare : le* deox demicres
fatties (ont quelmeibis tour à cour dé-
adiéa ou meme luprim^es.
(1) Quand le haut de la rite de l'<(
^fs chartcf fe (btine conuBundmenc eu
angle : quand la pointe de là meerfe
ne pade guère reirièinitè droite de fa
tète ] ril èétd cette pointe : fi la tête fe
détache de (bo cou : & que de la tête 8t
de la ttaverfe , il n'eu rêfulte qu'une
cbatbe , dont la conuéxiiê lêponde an
de cette lettre ; tous & cnacuo de
tes caraâeret un peu fouteous dêfignent
lê XIII*. fiède, fiirtourcn Fiance, &
k Xtu*. aiDcnrs. L'Angleterre & l'EcoiTc
£renr alon grand afâge d'un d , dont
oous treuvoDC des exetnpiet en France ,
dêifan H40. Le> Aagloi< Sc In Écol^
lois teprêfeotoicoc anlTi leurs r , fous ers
diTcrlcs formes , © O dl O 88dl.
^ JL , dont la premiète êroit rare. Le
dernier caraâère & celui-ci 8 êtoient à la
mode en Elpagoe , aux xv. St xxi*.
fiêclcs. A fôcce d'iaclioet l'A> Tcn 1a
gauche , il lê trouva couché fur le dos :
8c voila l'origine des figures de cette
façon. Au xv*. Cède en général , St
plus pairiculièremeDC en Eipagne , les
écritures fourmillent de ces t tS X 7*
X C C ^ C. X- ^.L'r i trois fâuf-
fes paralleles,repréfentativesdc<«n corps,
de fa tete St de fit aaretfe, s'eft fou-
tenu ;ufqu'à nos jours , dans les bullei
des papes. Preique cous les auttes a ^
ici figurés , ont perdu ou lent tête , oa
leur ttavetfe.
(«) Cette élévation a lieu néanmoins,
dans la mérovingienne Sr la plus an-
denne Caroline. Elle Ta même dans le
corps de la pièce. Mais communément
elle n'afcâc , cpie quelques r ; encore
alors ne furpailësir-t-ils pas de beaucoup
tes autres lettres. Dès le commencement
du ix'. fiècte , récriture .ilongée n'ad-
met cet r forémincnc , qu’en qualité <fi-
nicial d'un mort dilÜnâion , qui fem-
He ceflèr long-tems avant le milieu dié
mêfflciièclcj mais qui ne ccfictéellGinciit
Dig, i c-d by
■r
DE DIPLOMATIQUE; t8j
la ligne. Jufqu’au de-là du milieu du xi i«. fiècle , le mon-
cant des e aloiigés reflimbloit à un long 1 fans bafe ni (bm-
met , mais donc le liauc s’inclineroit un peu vers la gauche*
De-là l’on tiroit vers la droite une petite ligne fupérieure-
ment convexe , prelque en forme de virgule r & du point
inferieur de fon union avec 1’/, on élévoit fouvent un pé-
rit trait Tf oblique. Tel à peu près fût l’état des e alongés
en Allemt^ne , au xi i'. fiècle , & en France , dès le xi'.
pour ne pas remonter au ix , où l’on en pouroic peucètre
trouver (i) quelque exemple. H faut excepter , par raport
au xii<^. du moins plufieurs diplômes du roi Robert. Leur»
% alongés ont le montant compofé de deux parties. Au
point , où elles doivent s’unir ; la fupérieure fê courbe à
droite , & l’inférieure à gauche. Ainfi fe couchant par deux
endroits , elles forment im petit cercle , qui devient le
noeud de leur union. On découvre encore fous les fîiccef'
de ce prince quelques I de l'ancien goût , donc le
montant eft compofii de deux pièces , qui ne montrent ^
qu’une pointe intérieure à l’endroit , où doit fit faire leur
jonérion.
VI. On retrouveroit plus aifément notre ^ minufcule ou
«urfive r que la majufcule , parmi les caraékeres fàmaritains-
de cet élément. L’F nelaiffe pourtant pas d’y être reconoif^
fable. A peine lui manque-c-d un peut trait , dans lés di-
verfes fortes d’hébreu-caldaïque. 11 en eft à peu près de
même des autres écritures orientales : pourvu qu’on n’oublie
<]oc bien ptiB tard. Uae petite tdte peu
peoportioiiée à la batuKui de ït , une
idte replide en aricrc , une dldvatioa tor-
tueulc caraâérifeBt à mcneilk le z'.
fiicle , rurtont eo Alleinagae. On a déjà
patld de l'ulâge , que isufoit la France
de r« prefqae en rofiDc d'S.. L’dcritute
alongde rempioToit pas nioiits (bn-
▼ent , que l’antre.. Vers le ddclin du
Z*, (idcle , & iafqu’eoTiioD la fin dO x i $
fur r< ahmgd on dlcea trds-lôuTcnt nne
edpcce d’S dom la< bonclc fermde Ce
replioïc d'abotd à eanebe , enfuite k
dtoite . en (ê Ra-vctlW ntam de fois.
Onmicreàla firrenr de œttait fupdrieiir,
fe lixi St t’emrelaflcx asec les letnes
liDzauces , qni mentoient M-delTtts des
ttfatt. QjKlqne&ù on fc contentoit de
le faire trembler à l’ezeds. fanais l'sne
s’dtoit dldrd C hast , au-detTos des an-
tres , jamais il ne s'dtait plié ni re-
plie* tant de fois en fena contraiiea..
Ces cataâères lônt trds • ftapant , te
quoiqu'ils ne Ibienr pas iirmi^te ;•
du moins nexigcni-ib point ces pidci-
fions ic tes exceptions , qu'il faut prel^
que toujours fupolêr aiUeats.-Iji iiipref-
[. non des traits fupxsflos , anzii*. ficele
n’cft pts moins remarquable , que lâ'
ceflâtion des trcmblemeas. .
( I) Noos eo produirons , d'mès une.’
bible derite {osn Louis le debootire..'
_ Cette deritnre dtoit vifiblemeut Hsiiiati>
TC de la cutfive alongde des chartes a-
| tnais elle ne l'dtoK pas, dans k> gods Iv
[. plus commun.
II. PARTIÉ.
S E C T III.
Cwa». IV.’
Ot^iaedefF#
Tes transforma-
tions : elles loa
vent i fixer l’age.
de diteilci dcà*.
taies.
Digilized by Google
II. P A s T 1 1.
SiCT. III.
Ch A P. IV.
SptUthtimiU
frâftMm. mam/m.
diftrt. t.f. 107.
108.
(i) lUft/M MF
alfhmitu.f. CLX.
(0 IM. f. eux.
184 NOUVEAU TRAITÉ
pas , qu’elles procèdent de droite à gauche. L’F fe montre
II viilblement dans le runique ; qu’il n’eft pas néceflaire de
s’y arccer. L’ëtrufque nous la réproduit lans cefle : & fi
M. Gori ne lui donne aucun rang dans fon alphabet ; c’ell
3u’il la confond avec l’V. Les bronzes & les marbres grecs
e la plus haute antiquité nous l’ont conlèrvée , telle que
nous l’avons encore aujourdui. Enfin les anciens monumens
un peu confidérables d’écriture latine n’en font jamais dé>
pourvus , pas même les tables eugubines.
Comme ipisèmon bau , l’F retint long-tems fa forme ( i )
primitive : mais elle dégénéra , quelques fiècles avant la
naifiance de J. C. en 5 en 5 en C , & autres figiucs eit-
core plus extraordinaires. Comme digamma éolique , l’F pa-
roit mr les monoies des {a) Falifques & d’autres (b) peuples
nées. Les Etrufques eurent (c) auffi leur digamma , qui ne
autre que l’ î .
Il n’eft guère de lettre , dâns les notes de Tyron , dont
les figures (a) foient plus diverfifiées. Rarement l’F *y
(1) Noos ne peovons dcTÎner , pir
Ijucllc raifbn , fondée fur dej faits , Don
Vclsfqucz a renvoyé l’F & le Q à la
fin de Tes alphabets grecs , écrulque ,
arcadicn , pclargiqnc , latin , ainlî que
de Tes deux preiiiicrs alphabets efpa-
gnok , celtibéncn & tudertan. Vépiti-
mm hm , qui n'eft autre que le digam-
ma , & Ytpùimcu q>up» , qui ne wféce
rdn Q , auroient-ils confervé , l'un
valeur du « , & rautre celle de 90 ;
li les deux dernières places leur
euflent été deftinées ) Peut-on fe figu-
rer , qne les Latins auront ajouté l‘F St
le Q a leur alphabet , après toutes les
autres lettres , Sc qn'ib les auront néan-
iDoins inférées an milieu d'elleslN'étoit-ii
pas naturel de lai (Ter IT répoodrf an tuui,
& le Q an futph des Hébreux Bc des Phé-
niciens , dont 00 avoit adopté ralphabetî
(t) On ponroit les divifer en trois
claflês. La première contieodroic des F ,
garnies ou cenlées gainies de deux tra-
verfes. On la fnbdiviferoic i*. ea P , k
travetlês détachées de la halle , mais
tendant à fe réunir par lents fom-
mets, Sc méinepar iabafe du fécond 1.
Telles étoient bien des F lapidaires ,
quelques fiècles avant I. C. a', en y in-
clinées vers la droite ou la gauche \ ,
St tranchées par deux parallèles , ou
bien par deux lignes ctanfvcrlàlcs , qui^
prolongées formeroient un triangle, en
fe y rencontrant. )*. en F , dont la
traverlc fupétiente feroic portée vers la
gauche , Sc 1 infèricnre 1 vêts la droite :
4°. en F voûtées par le haut Sc un peu
couibées par le bas. {*. ^ f tn obli»
quement nenvetfées. La deuxième clafie
renférrneroit les F , qui ne confervent , 1
que leur traverfe lupérienre , Sc donc
l'antiquité fiwroic des exemples , dans
les écritures ordinaires. Ces F. tyronicn-
nes ptodniroienc plnfieurs cfpcces , fous
trois divers genres. Le ptenyet feroic
compolé des yiy/*ot^.La der-
nière figure empoRC toujours un n avec
elle , ainfi que les deux précédentes , un
e. Le fécond genre réfalceroic «TI tour- >
nées vers la gauche , Sc réunirait pour
efpèces ^ i La dernière F
contient anflï fon ». Le ttoifième gcnitt
auroit des /horizontales , toujours acoin.
{lunées de i-r l'i . La ttoifième clafla
conferve-c-dlo
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DE DIPLOMATIQUE. igj
conferve-t-elle fa fécondé craverfe : elle perd même quel-
quefois la première. Quoiqu’elle s’acomode de la fituacion
horizontale &c perpendiculaue j elle prend plus conununé-
ment (i) l’oblique.
L’ (F, à queue courbée vers la gauche fe montre , dans (a)
les monumens des payens. Elle avoir déjà cours , plulieurs
ficelés avant J. C : comme on en peut juger par la loi
agraire. Les plus anciens mlT. en lettres capitales , tels que
les Virgiles 0>) du Vatican , de Florence fie autres contien-
nent beaucoup d'F , donc les craverfes ne font que deux
points. Mais on en rencontre de pareilles , jufqu’au ixc.
fiècle.
M. le Blanc , après avoir repréfenté une F en forme de r
parmi les monoies (t) de Thierri II. oblêrve , que cette F
eft (i) telle , qu’on Us faifoit fous cette première race ,
c’ejl-à-dire , femblabU à un gamma , comme on le peut
voir fur quantité de pièces de ce tems-là.
Quelques fiècles avant l’Incarnation , on remarque fur les
marbres des F , qui n’ônt que la traverfe fupérieure déta-
chée fie fort abailTée. Celles-ci T P peuvent en fervir d’e-
xemples. Depuis le fécond fiècle , jufqu’au v‘ , il n’ed pas
rare d’en trouver en forme de h . On en voyoit aufii avant
Teroit forin^e cTF fàos tnverfè ; i moins
C{o*on ne les confonde avec leurs fom*
mets. On en pouroic compter fept ef>
pèces » apartenant à deux genres. Le
premier lcroit terminé en pointe J \
f ^ . Le fécond tranché par Us deux
boucs I / V • On ne s'anrnfera pas à fai
re obfcrver la confaHon , qui rèi^ne «
dans les F de V Alfhmhtt ^r#wmde D.
Carpentier. Sachons gré à l’aurcar de
Tes éforts > & n'exigeons pas de ^ui des
fucccs conllans.
. (t) Alors ÛL tête cil le plus (buvenc
inclinée vers la droite. Elle U tourne
cependant aulTi vers la gauche. Sa tctc
ou Ci (]ucuc courbée de i un ou de
rre côté fervent à lui donner dadftcs
valeurs. Plus fa figure cil fîmple » plus
elle fembic afcélcr de la terniioer en
pointe.
( t ) L'exaélitudc de M. le Blanc
Tome IL
paroit ici en (U&at. De toutes les mo-
noies m^toviogicnnes , cju'il a fjtit gra-
ver en grand nombre j c’eft la feule ,
où l'F puilTe avoir la figure du gamma ,
fi ce n’en ell pas un véritable. On y
rencontre deux antres fois le mFme ca-
raâire : le premier dans les monoies de
Dagobert : le fécond , dans celles dea
muafcaicesineonnns. Celui-ci n'a pu être
lu par M. le Blanc lui même. Cclui-U
eft le G du nom de Dagobert. Ce n'elV
pat qu'on ne puifTc produire des F fa-
çonnes en r. Les exemples , qui s'en
trouvent , quoique peu nombreux . ne ,
laiffcnr pas Je s’eceodre à plus d'un mil-
lier d'anancs tout de fuite , en commeo-
çanr aux rems les plus reculés. Les no-^
tes tyionicnnct en peuvent fournir de
leur côté. Mais il n'en faut pas chctclicr ,
dans les monoies mérovingicnoes de le
BUbc.
A a
IL PARTIE.
StCT. III.
C H 4 P. IV.
(«) AntljHk,
Rcm. I. |.
(i) Tr»iiè itt
fît on, Parit
ttfO.f, 4I.
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II. PARTIE.
Si CT. III.
C h A P. IV.
186 NOUVEAU TRAITÉ
& depuis J. C, dont les deux traverfes étoient obliquement'
abailTées. >
Les ^ P à traverlès courbées en^Kleflous dans l’onciale , fit
obliquement exhaufTées dans la capitale, conviennent aux plusi-
anciens mff, fit fe foutiennent jufqu’au ix'. fiècle. La der-
nière meme pouroit être portée plus loin. Edouard Ber-
nard fait durer, jufqu’au iv®. fiècle les |f , dont la traverle
inférieure efi courbe , fit la fiipérieure obliquement élévée.
Ces fortes d’ ^ , dans la minulcule fit dans l’onciale memer ,
anoncent un haute antiquité. Souvent elles lèmblent dégé-
nérer en curfives.
Depuis le vu', fiècle jufqu’au xi'. l’p' toujours a pea-
près la même , régna feule dans les mff. fit les difJomes
anglq-fàxons. Dès le x'. l’f commune s’y étoit déjà gliffée :
mais ce ne fût qu’au fuivant, que la faxone fîit enfin abolie ^
avec récriture , dont elle étoit propre. • *
Les P à unelèule ou bien à deux( p) traverfes , avec une»
tête excédante , défignent le moyen âge. Au x«. fiècle , 17'
fut fouvent fimplement ou doublement courbée , dans la-
partie fiipérieure. Cette fécondé marque la caraêlérile mieux..'
Car long-tems auparavant elle avoit déjà pris la première
forme. Vers le xiv*. fiède, les deux traverl». de l’I^ alon--
gées puis tranchées par deux traits formèrent , en s’unif.
fant , tantôt une perpendiculaire , fi£ tantôt une courbe. Les.
P*, dont le haut courbé ou voûté fe relève auffitôt,ou dont le'
trait fupérieureft détaché de la lettre : en un mot les F , en
forme loit minufcule foit curfive , compofées de plufieurs
traits défiinis , font ordinairement la marque d’un tems pofté--
rieur au x i '.fiècle. Mais c’eft un ligne du x.ou du x i ',fi le trait
fupérieur,placéau-deffus de la traverlè inférieure, prend la
figure d’une S couchée, fans être détaolié. La complication fij
(i) atnfî boacléc par le haut a>
nonce orcimaircment » enf France coni'
me en Allemagne » les vingt dernières
années da ix*. (îè^Ic, 5c les vingt pre-
mières du x*. Bientôt après , là boucle
de la fete en petite ogive renverfèe , fe
trouve répétée au milieu de On di-
roit même à-fa queue} filong Cems au-
paravant , OD n'eo Toyoit des exemples.
' Mais da moins alors fâ queue (e courba*
t-cllc (împicmenc vers la gancht , ainlî^
que la cite vers la droire. tn Tupofant l’/'
coqipcncée par le bas , le bout de l'o*'
,givcn'a pas plutôt traverfé du côté gau-
. cite, qu'il fe coarbe pour remonter. Sur la
firr du X*. fiècle , Sc dûranr le xi® , lal
paftie fupéricure de P/, interrompue oui
•non, ne fc craveefa pas reulemeut une
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DE DIPLOMATIQUE. 187
débouclés , plus ou moins multipliées dam les f , décou-
vre aufli le même teras. w
Dès le vin'.ficcle notre petite f s’infînua dans les chartes.Elle
II. PARTIE.
SiCT, III.
Chas. IV.
foit eo s'abüjflant , mak dcox & trois :
te meme ju^jua Tept oo huit , long-
tems avant la findu xii'. (iccic. Tout
«la s'excentoie, à la faveur d'une queue,
<|ui lêrMncoic en dcfccqdant do haut de
]/, julqu'à fa feeonde traverfe.
Sur le dddin du x*. ficelé , commence
en Allemagne une nouvelle figure ff
fort longue , quoique fins queue. Sa du-
ateinr au moins le milieu du xii'.
^is en cet état meme , combien de
changemens n'épronra t-^lle pas ! Au-
tant ou plus fujette , qu'aucune autre
lcrtte, aux traits ferpentans , répandus
«u-ddrus*de fa fécondé traverfe ( ( ) >
conftamment très-voifine de Ibn pié ;
elle le terminoit par un autre trait , tou-
jours fort court , toujours d'abord dirigé
vers la droite. Celui-ci ne ceflbit prefque
jamais de varier fa forme. Célbicuan- j
toc une tranfverfale , tantôt une bon-
zeniale , tantôt une courbe , rclévd^^
côté droit , puis rabatue quclqoeiois
vers la gauche.
Ces ^ ne font pas moins anciennes,
que le x 1 1 ficcleen Angleterre. Mais à
peine y cefTe-r on d'er faire ufage, fur la
fin du XIV*. Là nuis traits ferpentans, nuis
tremblemens^diilance de la tête à la
ttaverfe , de ^ la traverfe au pié moins
difptoportionée,tête en manière de fiiîtc
ou d'angle , mais plus fouvent en courbe
détachée , rarement toutaiàit clofe , de
chargée d’une fécondé courbure , à peu
prés femblable à la première. Cette ca-
vité furajoutée paroit afTez propre à ca-
raélérifer , au moins chez les Anglois
de les Ecoffois , le xiii*. fiécle ; fur-
tout dans les autres figures ( /i /) re-
latives à celles , que nous reptéfentons
ici. Le parafe au haut de l’ ^ , ainfi que
Tes trcmblcmens , uniquement réduits à
técéder la féconde ttaverfe , font de
ons indices du xii'. fiécle , principa-
lement en France. Les autres lettres , à
femblable tête , revêtues des mêmes or-
nemens , viennent puilTammeoc à l’apui
de rinduélion , tirée de ce caraélète ,
lotfqu'cllcs concoureot.
Rien ne défigne mieux le xiti'. fié-
cle , que à queue tontoéc vers la
gauche , de recourbée vêts la droite. Ce
cataâére doit afeiler en méme-tc.4i tou-
tes ou la plupart des lettres , dont Ica
queuesdefccndent , comme le;,p,f,/.
U cil au telle plus particulier à la Fran-
ce, à l'Italie, à l'Allemagne , où fou-
vent ces queues paroilTcnt détachées.
La queue des f , diverfement relé-
véc pat derrière , jufqu'à toucher ou
lâns toucher leur dos , avec plus Ou moins
d'arondillêment , elt on ligne plus uni-
verfel du xi 1 1'. fiécle ; non à la vérité
Commençant , mais vers fon milieu ou
fur fon déclin. Il l’cll néanmoins encore
davantage du commencement du xiv ,
tant chez les Anglois , que chez les
Ecollbis. Il faut y joindre , au moins
pour la France de l'Éfpagoe , ces ^ J! ,
qu'on pouroit en quelque forte qualifier
doubles : te par cela même trés-gothi-
nes ; ainfi que celles , qu’on vient de
gnrer , de qu'on va reptéfeoter tout de
fuite. Alors en France , comme en Al-
lemagne , on fit palTcr la queue de beau-
coup d'f f / f , par - de/Tus leur
tête ; quand ces deux traits n’étoient
pas confondus cnfcmble. La France les
employoit encore au xv'. Cède , dt rEf-
pagne au xv i *,
En failânt traverlër par deux fois la
tête de r# , 00 divetfina de nouveau fa
figure. Dés le xv'. elle avoir pris plu-
fieurs autres formes , dont celles-ci Ç f
f font les plus ordinaires. Elles fem-
blent avoir donné nailTance à l’une de
nos f- curfives , plutôt que la romaine :
quoique la rtlTemblance de celle-ci avec
clic patoilTc encore plus jolie. Environ le
milieu du xvi' , \'f foc d'un grand ufa-
ge , furcout en Efpagne. Mais undis ,
u'on prenoit plailïr à fe fervir de ces
gures bifares : nulle part l'f plus fim-
ple ne foc totalement oubliée ; fi ce
o'ell dans quelques pièces particulières.
Aaij
Digii'zotl by Googk'
II. PARTIE.
Sect. III.
C H A P. IV.
(a) Heiatcciutdt
I8j.
(m) Vv/tt. r»-
VMti-Jermire f jî-
Xmrn 4m Uxu.
I88 nouveau' traité
y fit fuccefliveraent de tels progrès : qu’on pouroit mettre eh
problème , fi éÊH d’elle ou des f romaines , que font éma-
nées les/ curfives des tems poftérieurs. Dès le ix*. fiècle,
elle écoit déjà quelquefois admife (a) dans les infcriptions
des fceaux.
Vf curllve eft d’une âge antérieur au xp. fiècle ; quand
fes traits delcendans & montaos le confondent , ou fe tra>-
verfent une ou deux fois , & forment vers le haut de la let-
tre *ùn V ou une naiffance d’v. Rien ne peut fixer plus
furement ( i ) l’antiquité de l’"f curfive , que de n’avoit
point de traverfe inférieure , diférente dé celle , qui , pla-
cée au-delTous de la petite ogive renvcrfée , fert en mênffe
tems de liaifon à la lettre fiiivante. Ce caraftère , tout borné
qu’il eft aux (êules/ liées paroit décifif ; mais il fiipofè des
queues ; telles , qu’on les a décrites , dans la note* précé-
dente. Les extenfions , tant fupérieures qu’inférieures de Vf
(i) Comme ta traverfe fupjrieure de
1'/ , dont il s'agit , n'eft point dif-
liogucc de fa tête ; l'iolcticure , c]oi ne
fait (juc la continuer , ne 1 eft pas non
plus de ta liaifon , qui l'atache au carac-
tcce fujvant. Plus ccue liaifon eft fré-
quente } mieux elle convient à l'ancienne
curfîre romaine , & tnerae il la ftanco-
eallique. La traverfe inférieure fcparée
de la tête a lieu j lotfque 1'/ eft ifolce
ou détachée de tout ce qui la précède
ou la liiit. Elle fert quclqiiefuis cette
meme traverfe à lier 1/ à la lettre fui-
vantc. Mais les exemples en doivent être
aufli rates , dans les anciennes écdtures
romaines. & mérovingiennes , que com-
muns , dans la Caroline & autres du
moyen âge.
de la curlïvc romaine prend fou
vent par le bat la figure d'un batant à
jour , ou formé par un plein , rélîsL
tant de ta réunion de deux traits , dont
l'un monte , te l'autre defeend. Ce ca-
laélcre la diftinguc de la mérovingienne.
La queue de celle-ci s'abailfc réguliè-
rement beaucoup moins , fes traits font
incomparablement moins hardis , là
tête eft bien plus adhérente à fon
das. Qans la cutfive franco - gallique
ordinaire , on ne laiftc pas ife trouver
de^y ioicialcs U quelques - unes , dan«
récriture alongée , dont les queues le
*tent en rendue , avec celles des
laines , les plus profondément abaif-
lïes. Communément Vf Caroline s'étend
plus que la mérovingienne. Cela va
meme jnfqu'à l'excès au x‘ fiècle. Après
le vu t' , en France ,V f fe lie rare-
ment avec la lettre fuivante , au moyen
de fa traverfe fupérieurc ; fi ce n'eft
qu'au commencement d^u* , elle fe
joigne à l'i , ou qu’elle ^ coupe deux
fois , de droite à gauche 9t de gauche à
droite ; avant que de s'unir , comme ita-
verfe inférieure , à la lettre qu’elle pré-
cède. Au-delfous de la fécondé traverfe ,
Îji ne manque alors prefqoe jamais
être fépatée de la première , il n'eft
pas rare de voir encore les deux cour-
dont l'f eft compofée , ne (c
toucher y qu'en fe côtoyant. Mais au lieu
d'acacher , comme il éroit ordinaire , la
ttaverfe inférieure de l'/à la fupérieurc,
fnfage voulut alors, que celle-là fiîc
placée au point jufte , oii celle-ci (»)
commeofoit à s'éléver. Quelquefois dans
la fuite la tiavcifc de Vf fur dou-
blée-
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DE DIPLOMATIQUE. i8^
dans (i) récriture alongée , &c les âges , qu’elles défignent
font renvoyés en note.
VII. On découvre fans peine (t) notre Ç renverfé , dans
le 5 zain pliénicien-famaritain. Sans aucun renverfement,
le Z grec (a) fournit plufieurs caraâères fort aprochans de
notre Ç . Us femblent meme lui avoir {i) donné naiflance.
On peut voir , dans notre premier volume , que ce (c) G
fervoit à rendre le nombre 90. chez les Grecs , &c le 6a.
chez les Latins. Mais c’étoicnç des figures dégénérées. On
n’y reconoKTok plus les traits , qu’eurent d’abord le 6^. 6c
le 18'. élément. * ' ' ■
Si le C remplaça le T , fur quelques ancieimes monoies
grèques de Sicile , & fi les Latins fe fervirent fouvent du
premier au lieu (3) du G f oe n’eft pas que cette derniccie
lettre fut banie de leur alphabet î mais àcaufe de l’afinité
de fon, qu’avoient cescaraâctes, &.pacceque plufieurs regar-
doient toujours le C , comme 'tépoiuiant au r des Grecs.
. M. Foneanini publia en 1 7 l’explication de l’épitaphe
de Colombe Vierge Chrétionne , décédée , vers le cons-
mencement du vi'i ficelé. U abferve qu’on javoit peine à y
diftinguer le G du C : quoiqu’une pointe oblique , defeen-
dant vers la droite , dût en faciliter !>le diücernement. La
1 .i . I,:: ' . /
(t) En général Vf mootoïc pco ou
peine , dans la m^tovrogienno alongée.'
Sa manière de defeendre o'gvoii rien de
«onnanc. Sa queue panôit tour à tour
du court au médiocre médiocre à*
rexccinvcmcni long. Sainte ala cou-,
jouta en s'élévant , depuis le roilien du
▼ I 1 1‘. ftèclc , jurqu'à Louis le déboaaice.’
Apres cette époque , tantôt la tète , <c
tantôt la queue furent réduina aa ni-
veau de l'eciicure. Mait il devint plut
ordinaire , que l'une Si l'autre le fucpaf-
falTeni conudérablcmenc , chacune de
(bn côté. Les chofet dcmeurèrenc à peu
près fut ce piè , jufqu'à Kobecc roi de
France , fout lequel l'F capitale Ce glilTa
quelquefois , dans l'écriture alongée.
Âlais , quand elle conferva là forme cuc-
£vc } la tète & laqueue diminuèrent à
Fenvi , jufqu'à n'cxcèder en aucun fena
1» hauieot de la ligne. Vf de l'ècricoie
alongée ne panit prcfque plus au dell
du XI 1°. liècle ; paiceque cetç,' écriture
fiit alora léferréc pour l'invocation fea-
le , & là même elle ne lé mamcioc pai
long-rems. En Allemagpe . dans les di-
plômes impériaux , la queue delYccÆi
de defeendre , (ûc U fin duxi (lècle ,
& ptefque pendant toute la durée du
fùivant. Quelquefois même la cèce , déjà
notablement racourcie , fiie mife au ni-
veau des lettres voifioea.
(1) Scaliger , dans Tes AnimadvciCoas
(d) fut la cnroniqae d'Eufebe } prouve ,
que notre G vient du xain des Hébreux
ou des Caldéeot 8c du zêta des Sj-
liens ou des Grecs.
( 3 ) Quoique Carvilius eût inventé un
moyen affez fur, pour empêcher la coa-
fufion du C 8c du G J plufieurs fiècics
. après lui l'on trouve encore des G , qui
. ne difereot prcfque en rien des C.
II. PARTIE.
S E c I. 1 3 1.
C H A a. IV.
Le G prcfque
fémblable au C , ^
en fut diffingné
par une virgule :
variations de ce
rtw fervanc à ^
xcr l'age des laL
ctiptiens Sc de*
m/f : g des char-
tes : G des notes
de Tyron.
(a) Vi^tz. nttri
plsiuhe X.
(F) Vtjf. it »ri.
irmm. l. I. c. il.
f. «4- 8 J.
fr) Pax- <*3-
(J) Piqf. ixi.iiy.
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li PARTIE.
S ( C T, III.
Chat. IV.
,90 .NOUVEAU TRAITÉ
diftinâion du G , donc la queue rencroic ou lè repliotc lAi
peu ( I ) en dedans , écoit plus difîcile.
Long-tems avant que le G de Carvilius eût pénécré dans
les infcriptions des médailles ; l’invention des notes tyro-
nicnnes lui avoit alTuré un afyle , contre l’inconftance d’une
patc , l’entcccment pour les vieilles coutumes de l’autre.
Le G y paroit exprimé du moins par trois principaux ca-
radères. Ce Q dans fa poficion nauirelle , portant à l’ordi-
naire fa ccce en haut &c fa queue en bas , fç réproduit fans
comparaifon plus fréquemment , que les deux autres , & fe
divcrfilîe en bien des (i) fefls.
Le fécond caradère cyronien eft le même , que le précé-
dent , mais couché &c renverfé de cette forte O . Sa queue
horizontale ou tranfverfale s’élvVe de gauche à droite : ou
bien il n’en a point du tout. Un autre renverfé fe tour-
ne vers la gauche. D. Carpentier n’en fait pas la plus lé-
gère menaon. Il convenoit de le mettre au nombre
des d renverfés , ou plutôt d’en faire une noce à part,
à laquelle il faloit donner le troifièrae rang , & réferver le
quatrième au X gtec. La poficion & l’ouverture de celui-ci
font diférentes.dl ne forme guère d’angle droit, que quand
il eft couché fur le dos (x—L Cette figure ne paroit pas avoir
été connue de D, Carpentier , non plus que les deux
( i) L'afigc en a n&^nmoins doré crés-
long-tcms. Nous n'cn fautioDS douces:
la plus ancienne figure du G dcroic ^rc
difeccncc de la notre Comme on ne
cranchoiignire IVccitnreà la main, lût-
elle ffla)oicule } pour peu tju’on apuyît
fur le C , en le finiflâne ; on reipofoic
à être pris pour le G. La virgule infé-
rieure , mile en faveur par Carvilius four-
nilfoicun moyen lût, pour parer à ccc
inconvénient. Maispouvoit-on rélbrmec
cous les écrivains lur cette régie ! Ce
n'ell qu'à la longue , que de pareilles
nouveautés s'acreditent. Les bronxcs &
les marbres, fut lefquels lesvieuiufa-
ges fe défendent mieux des modes ré-
centes , fe refulîtent plus long-tems à
celle-ci , ïc ne s'y prêtèrent ordinaire-
ment , qu'avec réfetve. Les cOpillcs des
mÆ la favotiûrent davantagc.'O’n trouve
poutrant déjà le G û queue fur des
menumensbien antérieurs a J. C.
(t) Sa firuation de droite devient
oblique : fa^e s'incline , tantôt vers la
dnoire , 8c TOtôt vers la gauche ; foa
pié s'étend plus ou moins. Ici tranché
par une bafe , U prolongé en pointe , U
tient cour à tour lieu de noce initiale Sc
de noce fubfidiaire.
La virgule recourbée vers la gauche ,
non Ibulcment ne lut point admife dans
les norcs de Tyron ; dans les écritures
communes , on ne s'alfujccic pas mémo
à lui donner eonftamment certe forme.
Souvent HIe y fut tournée vers la droite.
Souvent elle relia pcrpendieulaire. Telle
aparamment fut-elle inventée , ou plutôt
fixée par Carvilius. Car les anciens en-
tendoient plutôt par virgule une petits
ligne droite que couibe.
D.^. : "!.yCoOgl<
H. PARTIE,
SlCT. III.
Ch A». IV.
DE diplomatique: 191
famntes -f . Les r à queue oblique , ont l’angle plus ou
moins obtus.
U eft des G à queue , antérieurs de près de deux fiècles
à la naifl'ance de J. C. Depuis cette époque on en dé-
couvre , dont les traits font ainfi Cy y féparés. Quoique les-
G rentrans & les Q à queue courbée e|| aricre le foient.
maintenus prefque en tout tems , & quoi^e les C , à queue ,
tournée en devant, aient palTé le vii'. lîècle ; ces derniers . .
pouroient aider à cafaûénler le fécond & le ctoiliome : tant
il s’en trouve, dans les infcripâons de ces üccles. Mais* les (r.
à- queue ne font admtsua peu fréquemment fuit les médail--
les , qu’au (a) v i«. lièdeiquoique on l’y eut déjà vu des le i v«^ rinfn! y».
A l’égard de mflV en écriture onciale , ^nc on ignore--
roit l’age ; il n’ell peuokre point d’indice plus propre à leur
a/Turer la plus haute antiquseé , que le ^ Iréquenc donc
la queue courte &: détachée naitroit, én s’élévant ,:.prefque
du milieu du C. Si en même tems le jambage gauche de
V ^ étoit régulièrement f^s. long qœ le ^oit , avec mé-
lange d’ TA mmufcules ainfi formées ; il i^n faudroit pas’
davantage pour égaler au mokis le mf , qui «éuniroir ces>
trois caraéleres , à tout ce qU’iin coiinoit dç pKis antique eni
ce genre, . • : ' , ‘
^ Le Êuneux Virgile du Vaci^n , que D. MabHlon , Bel-
Ibri & Schéleftr^e jugprém; devoir apar^nit' à l’empire de
Septime-Sévère , eft plein de qi^e eh forme de virgule
rthverfée. Lé favant éditeur qes Fragmens des plus anciens-
liflT. de Virgile, du Vatican dsnfirmie l’avis des trois célè-
bres antiquaires , par la téfibrablance dé ce d’avec celui d©
l’îhfcfiption d’uiijî horloge dùî même teips. Pàrtillè quèué
de g', mais plus alongée, fe montre mms un mf. dès loix wi-
figothiques, noii interpolées, comme elles le font, dans tousf
lés imprimés.' Il eft au moins: du comtnéûCemenc du vlI^.
ficelé.''!-'- *
VD,'Mabnibn {b) met lé g- au nombre des lettres, qtfil fait
pafter de .1-alphabet gothique dans le (»)'rôuMin.. , .
(O Mii« comme il ne l'àplique point ;^.à qoeoe'de l'incien alphabet gothique' J;
fbriiie i on ne fait sll parte du G *où il efl'ordinâirc. Oi loin d'c^l'avoir reçu''
rtajurcole oü luinufculcj^^^St! quelle eft la ' des Gotbs , e’eft évideminehc de ootrd"
figure do'taraflcfc , qiHl ^tc en vue. [ alphabet latin , que' ceUx-ci l'enwiuo-
On p'cutnéajullolilîeoTMieTa^atiajttui lêieàt. ‘
•I.jliJi
{b) 47.
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II. PARTIE.
S I C T. III.
Ckaf. IV.
(m) VuuUcUta-
mmie. firiftur. •-
tUni — R«n«
1740./*/. «M»- >.
f.aa.
*
NOUVEAU TRAITÉ
Au Ti^. fiècle , on remarque des G de mfT, à crois pièces'
décachées. D'où l’on peuc conclure , que les autres de meme .
ligure rélùlcoienc d’aucant de traits , quoiqu’ils paroilTeac
formés d’un feul. Un (a) mf. de Vienne en Autriche , efti-
mé du vii', fiècle ; à force de courber le G , lui donne >
quelquefois la fi|^re d’une S. D’autres mlT. en ufent de
meme. Il ne faloit qu’un petit trait horizontal fur la tête
de ce caraûcre , pour former le Z (i) faxon. Vers les x. .
XI. & XI I'. fiècles , on rencontre des % , fendilales à cctT<
tains é; , & , pour ainfi dire , compolés d’un double G. Ce
n’eft pas ici le lieu d'infifier fur le G caré , & fiir diverlès..
autres figures de cette lettre , beaucoup plus bifares. Le Gl
inajufcule du gothique moderne ne diiérott du nôtre , que
parcequ’il étoit plus alongé par le bas. Mais la couioure de
cens capitale remonte à des tems bien antérieurs au .
. Les $ minulcules (a) ou curfifs,ceafés faxons, parcequ’ils.
: ) , ' V. j.u. jiit r,-
(t) Il a toutefois dés râpons fi mar-
auds avec le T grec ; (ffe'il patoitroit plus
umple de né pa^ chetcber ailleurs (on
origine immddiaia ; fi elle ne fe prd-
fëiuoic d'elle-mdine , dans lé cucfif ro-
main. La craverfë dn T un peu prolon-
gée vers la gauche avec une queue con-
vdxe vers b drotic donne prdciGlment .
le 3/ rason. A peine eft-il difdrent du
ÿ romain , _tél quTon le trouve . dans
les procédâtes jutkliqnes Sr les mfl'. en
laierei curfives Sc minnicalet : non firu-
leoienr des v. le vt‘. fidcles ; mais en-
core des deux fiitvins’. Or qui ne (hit.
que les. ecgifaBtcs..& les randeuts (ont!
les r^nages otdiinirés de toute , écri-
tûre courante j > .piiit donc qu'on a
d’anciens S r intfi A 'do râct'444 ;
pourquat' ne tirefoit-oo pas de la plut
aqcjenne curfivç le v faxon. t Celai -ci
ne fe diftingue réellement dn ro-
hnain , depuu le tv°. fiècle , |urqu’au
vti'^ i pont ne pas d>ic t i orrrains
égards , jul^'au . x 1 1 1* . qw'pér une' .
fimplicité plus omfiMfné. S'il femble
avoir plus de confbrmùé avec le grec ,1.
qne le romain c'eft àpàtMmeos qu il
aura d'abord été tiré d'après des modè-
les romains , encore plui reffcmblaus^
anz r gteté' ÿic' ecui des anciens
madHmens latins , fut Icfqucls noua
ibmmes tombes. Tout nous invite audi
i sapotter au y gtte un petit nombre de
'Y' latins , qu'on voit dans les aâes ,
drefiés en Itabc , du tems de JuQinien. .
(t) 'iToutes les écritures des Angio-’
faxons , depuis le vi r*. fiècle , jalqU'asi
xi'.eroploient coolUtmnqnt le , lâitin.
Les exceptions ne fs, fontren|iaçqneraa,
IX* , que quand leurs fiid',- (ont îtfans le '
gode romain. On v découvre alors dea.
g h double arondUIeinent , toujours gar> ^
nis d’une pointe ou d'un bec , dirigé
vers la dio'ite.' Ccd le (buT rede bien!
fenfible de |la |bare fupétieaie dn , |
qui fç foit conrervé jufqu'à' nous. Cc;
devint plut fréquent au z*. fiècle. Long- '
teirisavant lâ'fin du xi*.il.exéluc tota->
lemcM l'ancien d'Angleterre. Si dans
la fuite on aperpoit encore des traces
du dernier , elles font rares le (ans con-
féquenec. Quant h fa ^ure primitive t ;
les variaiioas en (ont afin légères . juf-
que vert la fin dn'S*. fiècle. La marque
de la ‘plus haute antiquité fazone , eft
,que les 7 i ü foient parfititement.
on prefque entièrement fermés par le bas
ou par leur queue tecoutbéC. 11 en eft
peu , dont le montant vienne à être,
piucbé pat la couiboie de la queue,
fuient
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DE DIPLOMATIQUE. 155
furent plus fréquens dans cette écriture , ne lailîcrent pas — ' ' ^
d’avoir cours dans (i) les autres. Le G majufcule à queue
put devenir par degrés (1) minulcule. Mais en combien chap. iv.
de. formes le g-curlif ne fe (5) métamorphofa-t-il pas ? Les
dcpui< le commencement du ix'. fîccle.
Les 5 les plus communs , poflcricurs à
fa lui , ont la cjueuc [ournee à l'otdinaire
vers la gauche , mais rabatuc en courbe
pai'dcITous. Bicniûi , comme on l'a die i
l'Anglcccrre abandona fon propre fX" ■
pour prendre le g doublement rond des
autres peuples.
(1) Les exemples s'en cdproduircnt
Ibuvenc , avant le ix‘. nècle , auquel ils
Icmblcnt fe multiplier. Ces ; étoicnr,
il cil vrai , plus courbes ou plus aïon-
dis par la retc , que ceux des Anglo-
fazons. Exceptons en ndaumoins quel-
ques - uns des' bulles papales du ix°.
iièclc. La France les employoir encore
quelquefois au xi°. Au xv'. il faudtoit
mre la m£me chofe de l'Efpagne ; fi
l'on pouvoir compter fur des caraâcres
rares , Sc qui probablcmeru ont une au-
tre origine,
(x) Si le g minufcule n'ed pas plus
ancien ; une épitaphe datée du Conlulat
de Gallican , c'ell-a-ditc de l'an )
}17, pouroir fournir un % majufcule,
d'où il fetoir (a) forti. Mais quoique ,
abfolument parlant , notre g minufcule
ait pu naître du Ç oncial , & que noos
ayons d'anciens j curfifs romains , qui
prennent (a bgute ; il cil peut-être plus
iimplc , de dériver le minufcule immé-
diarcmcnr du 5 faxon , ou plutôt du
g" romain. Soit que le côté gauche de
la icte du dernier fe courbât en delTus
ou en delfous , foir que fon eôié droit
en flr autant ; ils rendoient prefquc éga-
lement à produire la rcte de notre g mi-
nufcule , Si fouvent meme de notre ;
curlîf. Cependant, (î l'on conlïdère ces
figures , (clon la totalité de leurs traits ;
la tendance à former le premier g fera
plus fenlîble , jufqu'au viii'. ficelé :
comme elle le paroitra davantage de-
puis à faire éclore le fécond. A peine
poura-t-on déterrer quelque g minufcule
fermé par le bas , même dans les m/f.
avant les écritures carolines > à moins
Tome II.
qu*on DC le rupofe d'un fcul traie (
prefquc en forme de 8 en chifcc.
Deux parties ou jointes ou d^ta>
cKccs , la tête &: la queue , font ctlcn*
ciellcs aux / ; parcicuiicrcment à Ceux de
la curfivc romaine. De la hardicirc &
de la variété des liaifout de cette écri-
ture naiiTcnc des têtes f de tant de ma-
nières difércntcsiqu'ilcA égalcmcnrim-
podible & de les décrire & de les fign*»
rer. Pour en donner néanmoins quelque
légère idée ; difoos c|uc ccetc tête prend
au befoin la forme d une S droite , coD'
tournée , couchée , renverfée , ou d‘un
C pofe , fâfoné , prolongé , fuivanc tous
les fens imaginables , Àc Tcxigencc des
traits , ncccnaircs à fon union avec les
lettres voilincs.
La queue du meme g emprunte plus
communément la rclTcmblancc de l'i* ,
du y grec , du 5 en chifre : mais avec
des atongcnicns , des incliaaifoi>s > des
recrécincmens haut 3c bat , fî nom-
breux & n divcrfiflés; qa*on«e doit pas
s’atendre à les trouver ici ralTemblcs »
tous un fcul coup d'cciL Ce feroit beau-
coup , fî toutes ou meme la plupart des y* Ohftr-
figures antiques du^curfif r|^in pou- vattom deEncnar-
voient être rcprcfcntécs, da^îosplan-
ches, tant d'alphabets , que de liaifotis »ncüns
dcsancicnnctécriturcs.Quoiquc la queue vent.
du^ fe rctrécilTc quelquefois par le bas, •
pour s'élever ; nulle autre curfivc na-
tionale UC lui corumunique À cet égard
plus de conformité avec , que la cur-
five romaine.
Le g de la plus ancienne gallicane
imite déjà par la tctc notre g minufcule :
mais par le bas de fa queue , il apro-
chc plus de la ligne horizontale. Des
la fin du v^. ficelé, il s*y forme une cam-
brure, qui duroit encore au commen-
cement^ vu*. & qui en ocafiooa d'un
goût diférent dans la fuite.
Le génie du mérovingien dcm.mde ,
(|ue fa queue pour l’ordinaire fe relTcrte
oavamage , en montant jufqu'au bas ,
Bb
• •
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II. P.^RTIE.
.«il. CT. III.
C » A r. IV.
194 NOUVEAU TRAITÉ
écritures nationales en fourniflent une foule d’exemples :
plus encore celles des diplômes , que celles des mil' Aucmie
n’égale la multiplicité des figures , que la romaine antique
mit au jour. Dans les chattes du ix'. fiècle (i) & des l«i-
vans , leur queue fe repliant fur elle-même , fembla prelque
former deux ^ au lieu d’un. Vers le xi i', on croiroit cette
lettre quelquefois changée au 8 du (i) chifre arabe. Le
le qacjqucfois jusqu’au haut de la tête ,
quelquefois meme jufqti'à lui fervir de
traverfe. Tels fooc CCS figures
Mais les queues du fécond & ttoiLcuu ca
radêrcs , paroi/fenc Ici plus abailfêcs ,
qu*clfcs n'aurotent dû l'être. Depuis le
vn«. fiede , la ligure du Ç* la plus ulî-
têe , tourc inconfiante qu clic cil dans
la totalité de fon contour s'acorde à
former un angle curviligne trcs aii;a ,
au bas de la queue , avant que de la
foire remonter. Cctrc crpccc oc g étoit
encore d’un grand ufage en Italie , apres
le milicii du IX®. lîcclc.
En France fous les premiers Carlovîn-
giens , Ics^ fe fenrent beaucoup de ceux
des tems anrêrieurs. Une de leurs nou-
velles propriétés des plus remarquables,
quoique pourtant pas des plus commu-
nes , eft dtf recourber leur queue vers
la droite , après l'avoir portée vers la
gauche. Au moins le bout de la queue
vient-il fe replier en rond fur lui même
en fe tou^Éjanc , mais beaucoup plus bas,
que ne lerait notre g minufculc. Cette
qualité n’efl point du nombre de celles,
qui conviennent rarement aux g carO'
lins. Malgré le raport de certains £>
des If. fiexM®. licclcs avec les memes
lettres du Vtii®,ceuxià icronc foli-
fommenc difhogués par un ventre plus
gros & peu proporcioné avec leurs au-
ères parties % plus encore , lorfqu’ils fe-
ront marqués d'un trait partant da côté
droit de la tête , & venant aboutir pref-
que en diagonale furla queue , ou rnême
sunilTanr à fon extrémité r indice toute-
fois plos rpécialement aproprié aux
rfes XM. &XII1®. ficelés. Ceft dc-là ,
que les g en forme de 8 , alors devenu»
plus fréquens , fcmbicnr avoir tiré une
foconde ou t.-oificme nailTancc.
(t) La queue du g commence à fo
boucler fréquemment fous Cbarlema^
fnc I puis à defeendre en fe courbant k
rotre ou à gauche. Ce caradère ne preoti
fin , qu'au X X t®. fiêcle. Ct(ï alors qu'oix
joint quelquefois le parafe à la boucle.
Ces 7“ f, fans autre traverfe fupé-
rieure , que celle qui naic de leur cou ^
quoiqu'ils ne forent pas les plus ordi^
narres , fournirent par ce feul rraic , un
ligne diftinéhf du fx*. fiêcle. Les g à
queue fe traverfant de haut en bas ,
apres l’avoir long-tcms dtfputé aux au-
très terminés en defl'ous par une fim-*
pic boucle fans excédent , prirent enfin
le dclTus > durant le x* , & ne forent
négligés , que fur le decHn du xi®. Mai»,
quand leur queue , d'abord poulTéc ver»-
la gauche, vient fo couper en fe por-
tant vers la droite , au lieu de defeen-
dre : quand les g prennent la forme
d une S Ciipitale , dont la courbure fo-
périeurc fe ferme toralcmcnt ; ce font-U
des indices plus uifaillibles du meme
fiêcle.
Les -f majufcQlcs dediférenres figures,
dans l'écriture alongéc , caraélérifent le
XI®. Ils fe maintiennent encore au xii®.
mais îcurhautcurdiminue.Les^ à queue
ferpentant vers la gauche , ou meme de
haut en bas,défigncnt les x. de x i ® ■ fiêcict,
notamment en ÂlIemagnc.Ccut a double
traînée , ou plutôt en façon de chaîne , dC
à double bonde , en fens contraires ,
marquent le xi r*. les ^ en Angleterre
ne fourniront pas des marques moins
décifives du même âge. Mais ces carac«
teres , quoique fréqticns , dans certaines
pièces, ne convicmienrpasaa plus grand
nombre.
(x) Quelques exemples que les pre-
miers rems fourniircnt de cc g } il cft
néanmoins plus propre des xxt. SC
XI 11®. üôclcs. Mais ioavcat foD ancieo
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DE DI«PLOMATIQUE, rpj
contour du g curfif , & fes diverfês parties éprouvèrent aulTi
des variations C i ) de la part du gothique. Les figures , aux-
quelles elles donnèrent l’ctre , furent fouvent chargées de
traits fuperflus , avec redoublement d’un mauvais goût ,
dont les liècles antérieurs n’avoient point encore, fait l’expé-
rience. Les , dans les curfives romaines , defcendirent
ordinairement (i) au-delTous , & montèrent fréquemment
au-deffus de la ligne.
VIII. Il en eft à peu près de l’H , comme de l’E. Prefque
toutes fes (j) figures , phéniciennes , étrufques , hébraïques.
voD^i/Teroent fe c^nnge en angles.
Quoi<)u*on y faifiiTe des indices fiiHUns ,
pour diftinguer les Hècles : comme ils
pouroieot paroicre trop fubtils ; il vaut
mieux s’atacher à d*aut(cs plus renûbles.
Obfcrvons rculcmenc , que ces g ont
doré f jurquau xvi*. Hcclc.
(ijLc milieu de la tcte des ^ $ du
X 1 1 1* licclc e|^ouvenc en pointe ou en
angle: caraélére, qui varia plutôt daos
Uluiie J quilnc edfa. Au meme ficelé,
la queue forma de Ion côté pluHeurs an-
gles. Cependant en Efpagne , on fecoo-
teocoit alors afTcz fouvent , de faire paf-
fer une ligne horizontale , fur la tête
des 7 ha meme forme fc voit à
peu prés eu France , au z i v^. ftécle. Les
XV. & XV I. entre pluficurs autres figu-
res , emploient des J 5 ^
montant s'eleve au-defius de la craverfe.
Le 2 «le* bulles des papes s’cll mainte-
nu fous cette Forme , juf]u'à nos jours.
Aux XV. & XVI*. ficelés , la queue tra-
verfa fouvent la tetc du ^ , ou meme pafia
par defius. Avec des figures moins fin-
guliéres , l’Efpagne eu produifit alors
d'a/Tcz bifarc.s. Telles font celles-ci:
s 3 ^ g V ^ ff 'Q'
dont quelques-unes lui ctoicnc commu-
nes avec les Dations voifines.
(t) Les g gallicans , au commence-
ment du vi*.fièclc , dcfceudiicnt fans
monter. Des Tentréc du fuivanc , leur
queue étoit déjà quelquefois prefque au
ûtveau des autres lettres. Mais ce ne fut
qu'au VIII*. que les écticures curfives
s.*acoutumcrcnc à ne pas abxin’cr leur g
plus que k^jniuufculcs , dont elles
cmprtintoient x/Tez fouvent la figure.
Quoique les queues des j mérovingiens,
qui , après avoir formé un angle aigu ,
le relévoient , ne laiiralTcoc pas de def-
ceodre confidérablcmeot elles s’abaif-
foient bien davantage , quand elles
étoient pour ainfi dire licbes & pen-
dantes. Eu général leur eztenfioo ne
fit qu'augmenter, jufque vers la fin du
«[ 1*. ficclc. Alors , dans les éc^lKires
ngecs , plus qo'cD aucune autre , les
I g n'excéderent fouvent ni haut ni bat
félcvation de la ligne. En même cems
s'incroduific la mode de les terminer en-
defious par une boucle ^ dont l'cxircmi-
té defeendoir plus bas. Ce trait fc prêta
aux diverfes longueurs , qu'il plut aux
écrivains de lui donner. Mais Fufage ,
& de tçnir la queue du g au niveau de la
ligne , & de la faire defeendre plus ou
moins au-defibus de la boucle , eut pref-
que également cours , durant le ix*.
ncclc. Au X*. le fécond l’emporta. Au
xi^, le ^ n'cxccda, que cres rarement
.par fes deux bouts , le niveau des lignes
alongécs : pareeque d'ailleurs il n'y pa-
roifioit guère , que fous la figure du
G majukulc. Les / , à la mérovingien-
ne , dcfccndoicnt fort bas , dans les
bulles des papes , meme fur la fin da
iz'. ficclc. Ceux , qui pour lors s'e-
cartoieor moins de l'ancienne forme ro-
maine , ne s’abaiifoicnt pas tant à beau-
coup près.
(5) Les plus ancicnnesH famaritaines,
étrufques & grè^ucs font terminées haut
& bas par deux parallèles à leur ira-
verfe. Les C.ccs des premiers tentf
Bbij
II. PARTIE.
Sect. III.
Chat. IY.
Origines for-
mes de l'H. Pour-
quoi pUede au
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II. PARTIE.
St CT. III.
C H A P. IV.
commencement
des noms propres?
Pspebtoc r(!furé
fur la iiéceffitd de
l’H à la tête de ce-
lui de Louis le dé-
bonaiie.
(i») l'çcee »« fl.
7. i, ÿ. ro. 14.
(i) Cel. J^o.
(f) Co/. 1117.
(il) Col. iij8.
(t) DUr, h»/,
f. 4l». PmIju^t.
tr.f. 170.
ïç,â NOUVEAU TRAITÉ
fyriaques , gicques , rumqiies , pour ne point parler des
autres , ou reflemblent parmitement à nos H latines , ou du
moins laifl'ent apercevoir avec elles de grands traits de con-
formité.
Les relations intimes de refprit doux 8c de l’efprit rude
avec l’H ont été difeurées ailleurs. On a fait lèntir com-
bien furent vains les éfbrts de certains auteurs , pour la dé-
grader du nombre des lettres , fous prétexte , qu’elle dévoie
ctre réduite à la condition ( 1 ) tl’afpirée.
La traverfe de I H, dans les notes de Tyron , au lieu d’être ho-
rizontale , part du bas de fon jambage gauche , & s’élève ordi-
nairement jufqu’au haut du jambage droit. On voir l’un& l’au-
tre,quelquefois perpendiculairement, 8c quelquefois oblique-
ment parallèles. Ici les deux côtés de l’V\ confervent entr’eux
une égalité parfaite. Là le jambage gauche de 1V\ montant
plus haut que le droit , lemble nous ofrir les prémices de
\'h minufcule. On la retrouve également , dans 1 >> tyro-
nieÿie à jambages courbes. Il n’elf pas non plus ftficile d’a-
percevoir une fl minufculJ^, doublement renverfée dans
IM- Nous ne conoifl'ons point , chez les (i) Latins ,
inlïrcnt encore quelquefois de plus une
perpendiculaire au milieu des deux lard>
raies de l‘H. Les Cald^ens & les Jui^
récraachenc de la leur les deux mon>
tans , éléves au-dclTus de Thorizoncale
de l'H ordinaire. Au contraire les Sy-
riens (») ruprimenr Tes deux jambages
inférieurs. Ainfî chez eux la m^diancelf
chang<fe en bafe. Voila en quoi ces H
difêrcRC des nôtres. Mais ranr d'addi-
tions & de récranchemens ne dcfgurcot
point rellement l'H primitive , quelle
devienne méconoilTabie*. Ses raports de
rdfcinblancc fubCftcnc toujours. Le con-
cert de toutes CCS H enci cllcs j comme
avec la lacine-, jaflificnc fon antiquité;
les cables d'Eugubio la confrmeur; les
monumens latins ou romains les plus
anciens ne permettent pas de la révo-
quer en doute. Contre des autorités f ref-
pcâablcs , que peuvent les fubtilitcs des
grammairiens ?
(i) De l’aveu de Prifcicn lui-mcmc,
qui fc flâtoit d’avoir dcmontidccirc pro-
pofîuon i les Grecs du premier âge ainlî
que les Latins , mertoient l’H au rang
{b) de leurs lettres. Vclius (e) Longus
va plus loin : il prouve par les écrits des
anciens & par plufeurs autres raifons ,
que les Grecs s’en fervirent comme d'u-
ne vraie lettre. Scaurus (d) foutienc le
même fentimenr. Cette réclamation de
la part des grammairiens contre leurs
propres confrères ne liitfTb rien à déli-
rer, pour la defenfe de l'H , en qualité
de lettre. Elle mec auiÜ le coniMe aux
preuves de fon antiquité , donc l’époque
ne fauroir être rcculc'c , après l'inrroduc-
rion de l'alphabet en Italie.
(r) Une infeription gréque , raportéc
par (r) D. Dcrnard de Montfaucon ren-
ferme de* h , compofccs de trois lignes*
droites , donc la Iccande perpendiculaire
ne s’eUve pas au dclTus de la traverfe.
Ccrtc H cft fans tranfpofîtion la 1 1*. &
ti*. de notre Xi*, planche. On peut
voir , dans la lo*. des h encore plus an-
riques. Ainlî les Latins pouroicnc bien*
avoir empruoté des Giecs leur h miaur-
cule. 0 1
DIgilized b>
II. PARTIE.
S I c r. III.
Ch A P. IV.
DE DIPLOMATIQUE. 157
d’exemple plus ancien de 1’^ ,qne ces caradcres. Il eft encore
d’autres I T en notes (T) tyronicnncs , qui n’ont que la
moitié de l’H ordinaire.
D. MabÜlon {a) compte PH parmi les lettres , <^lic nous^ {») D,rt4.fUm.
devons aux Goths. Quoiqu’il ne s’explique pas fur la fi^re , f. 47-
il entend fans doute l’b prefque en forme de minulcule ;
mais on doit , comme on' vient de le voir , l.a faire remon-
ter plus haut. D’ailleurs le fénatèur Buonarruoti (l>) la tire (t) OfervMz. /i>-
d’une IC à moitié arondie , qu’on trouve fur quelques mo- f'* A*’”»
numens chrétiens , & dans les mlT. célèbres de Térence &c ^
de (2) Prudence du Vatican. Ainfi s’en explique-t-il.
Les f) parurent , dès Je iv'. liècle fur les médailles. Elles'
ycontinucrent (c) au vi i'. chez les Grecs. En général PH eft (,) BW»r. *■»-
une des lettres , dont la figure a moins varié. Comme ma-
jufcule , elle ne lailfe pourtant pas d’avoir pris quelques
formes bizares , même avant le gothique : mais leur rareté'
nous difpenfera de les repréfenter ici. Vers les vu. vi 1 1. &:
ix'. ficelés , un faux air d’M diftingua plufieurs H capita^
les mérovingiennes & lombardiques. Long-tems aimara-
vant , elle fut admife , daivles (3) inferiptions , fous la forme
de deux 1 1 : c’eft-à-dire qu’elle y manquoit de traverfe. Mais
alors elle avoit plutôt la valeur de l’Hgrèque,que de l’H latine.
(i) S‘il s*CD trouve d‘un goût différent,
dans celles de D. Carpentier ; c'cll ou'il
c’a pas fait atemion aux fuprclTîons frd-
<]uentet de l'H devant Icsvoycllcs. Son
Uumanis efl de cette nature : le notaire
& peutétre l’inventeur a fupofô ce mot
^crit par U fans 1/.
(i) Peurétre a t’il voulu parler du Pro-
deucede la bibliothèque du roi. Ce mf.
non feilcnieat renferme des H fembla*
blcs à celles , que Buonarruoti repré'*
fente j mais encore des qui cuilcnc
vifiblcment préparé les voies à l’h mi*
fuifcule ; (i elle o’eûc pas été inventée.
Ces caraéleres plus fcmblablcs au K ,
qu’à l'H , Ce rencontrent en diversaucrcs
mil. I7n lombardique magnifique de la
bibliotbcquc dn roi , quoiqu’il ne Ibii
pas antérieur au vu fiecle , l'emploie
encore quelquefois.
())Ces inferiptions , quoique latines,
font ordinairement en caratâ^es grecs ,
•a mêlés de lettres grcques de latiacs.
Les H s’y trouvent néanmoins le plus
fouvent munies de traverfes : et qui ne
porte aucun préjudice à leur valeur (d) (J) Httrt'
d’I ou d’E long. D. Martène (e)^ fcmble t. ï. f. 70;.
n’y conoitre point d'autre Ton , que le (r) Vtymxt littir,
dernier. Il fait cette obfervation au fa- p^r/. i.M.p.
jet d’une infctiptioir, qu'il dit n’ètre ipj.
pas ftüUment dificile à expliquer , mais
même btmucpMf Àlire. AalH en lai/fe c-il
l'explication à de plus habiles. Pour les
exciter à n’en pas priver davantage la'
République des Lettres ^ nous alons ba-
7arder de la lire , fans compter fur le
fucccs , & fans nous araefaer à rendre
ni l'orthographe ni les fautes , que nous'
croyons y remarquer. MMgnâ Severinx
Aterns : Amtrlius VmUriAnui fi-
m$U lc€»m jHjfit JShi , yWif , vir virgmit ’
ilUfA , Mugni Sevtrini forêris trihuni It»
gwnt» feenniê UmlicA. Les terminai lbn7
encore plus grcqirts , que quelques Ici*
très de cette épitaphe , anoncent ua'
fculpiear grec de oacioa. ^
»
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* 198 NOUVEAU TRAITÉ
tsrsasmsssT Les variations les plus eflentielles des A nrinufcules 8£
11. PARTIE, curlives ne cotififtent guère , que dans les alongemens plus
ChVp. Vv. moins grands de leur fécond (i) jambage. On a déjà
parlé de lettres femblables à l’ fc pochée ou formée en bâ-
tant ou en demi-batant par le haut. A ce feul trait ordi-
naire on reconoitroit une écriture , pour être au moins du
VIII. ou ixc. ficelé. Que le jambage droit naiflant du gau-
clio , au lieu de s’arondir , monte &c s’abaifife par des an-
gles aigus , on aura un ligne encore plus llk du même âge.
(i) Turqu'au x‘, (i^clc , commun^-
meoc le cité dioic des h 11 1 ^
dercendoic , qu'au niveau du gauche.
C'dtoit prerque toujours en s’aioDdhIâDC,
dans les écritures onciales , demi • on-
ciales & intnufculcs. Au vi 1 1*. fiécle ,
l'nfage s'établit de courber ou replier en
dehors le bout du côté droit , plutôt
que de lui faire perdie Ton niveau en
rabailfant. Les lîccles précédens en avoient
déjà vu quelques exemples. Mais les ix.
Sc I. font en quelque forte reconoif-
làblcs à ce trait oblique , horizontal ou
courbe , régulièrement ttés-coutc , & dans
la muiufcule , où il étoir plus tare , &
dans la curlivc , Caroline furteut , où il
étoit ttès-fréquent.
Il n'a pas lieu, lî les deux côtés de
l'h ne font point h peu près parallèles.
Leur pacaUclifmc ordinaire , & fouvent
tigouieux , du tems des Romains , fe
foutint jufqu'au x'. üécle. Les deux cô-
tés fc raprocbcoc quelquefois beaucoup ,
dès le VI I*. & fe maintiennent en cet
état , prerque jufqu'è la troi/icme race
de nos rois. Sous les derniers de la fé-
conde , on vit aboutir en fpirale le côté
droit de l'h , fans néanmoins s'écarter
de Ton niveau. Cependant le même côté ,
déjà quelquefois un peu prolongé vers
le bas , dans les carfives romaines des
preiuicrs tems , le fut davanuge dans
les bulles pontificales du vi i°. liècle. Si
rcxtcnlîon de ce côté femble diminuer
depuis ; elle ne lailfe pas d'excéder en-
dclTous le côté gauche , vers lequel elle
fe raproche , jufqu'à Ce réunir avec lui ,
«c quelquefois jufqu'i palTct par-def-
fous. Mais d'abord il eft plus d'ufage ,
que par le bouc elle fe recourbe vers 1a
droite. La couibnre la plus outrée des
^ <& vêts le côté gauebe n'anéantit
pas toujours entièrement le dtoit. Sur
le déclin du x'. liècle, les \f à queue
inférieure comniencctenc à s'actéditer en
France , en Allemagne , & partout ail-
leurs , où elles n'avoient que peu ou point
de cours auparavant.
Quoiqu’au xi‘. liècle, dans la minuf-
cule , le côté droit de l'h s'alongcât en
courbe de plus en plus vêts la gauche ;
au X 1 1 ‘ . il le palTa ti notablement , qu'on
pouroit fouvent fixer l'age d'une écri-
ture par ce feul trait. Mais au lieu de
s'arondir alors , dès fa nailTance ; le côtô
droit débuta prefque par former un an-
gle , qui , quand il ell limple 8c çonf-
tant , peut indiquer le xiii*. liècle. II
manifelFe les fuivans , à proponion des
angles , des pointes 8c des autres accef-
foites , donc on le furcharge. Le même
angle , long-tems auparavant , avoir parti
dans la cutlive t lorfqne les deux côtés
avoient coutume d'être 8c parallèles 8c
de niveau. Au-dclTous de l’angle , dés le
xi‘. liccle , le côté droit fe terminoit
en / pendante ou bien en virgul^alon-
gée. Mais ce ne fut jamais on caraélèrc
uniforme , ni même le plus fréquent. Le
côté droit de l'h, prolongé en forme d' 2
contournée , eut partout de plus grandes
fuites. Il devint prefque général , aux
xiti. 8c iiv°. lièclcs. Cependant fur la
fin du premier; mais principalemenc au
xtv° , la queue inférieure fut ramenée
prefque en forme d' O , au-dellbus du
côté gauche. Elle monta même jufqu'à
la halte , 8c la traverfa fouvent , an-
delTus de la panfe , comme on peut ea
juger par ces figures t$ ts 3><
«
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' DE DIPLOMATIQUE. 159
Mais les diplômes , où le jamb.ige droit de 1’ H (i) part
du bas du côté gauche , en formant les memes angles ,
apartiennent à la plus haute antiquité. Le même côté pan-
ché confidérablement fur la gauche en ligne droite prouve
encore mieux un âge très-reculé. Les queues (i) montant
Sc defeendant fur elles-mêmes en font aufli de bons garans.
( I ) Ces h fône par^itemeot fcmbla-
bks à quelques-unes des notes de “Tyron.
(i) On n'a tien dit des queues ea-
hanfl^s des i&dcs rf,qui ne foitapli-
uble à celles des h. Droites ou tant fait
peu couibes , à jour ou auttement , Ci
après s'etre élevées , elles fe rabailTent ,
en parcourant à peu prés les mêmes tra-
ces ; elles apartiennent aux anciennes
curlïves romaines , ou tout du moins à
celles , qui en font plus direélement
émanées. Ce caraélere fe foutient encore
palTablcnient fous les t«is Mérovingiens
du premier & du moyen âge. Mais fous
ceux du dernier , les queues fiipérieures
des h furent pouflées en haut fans retour.
Elles ne firent que croître fous les Car-
kivingiens , partout ou la curfive ne fe
laprtrcha pas de la rainufcule. L'ufâge
de terminer le haut des /> de l'écriture
alongée & de la curfive des diplômes
royaux par des pointes très - longues ,
trcs-aigües , & plus ou moins inclinées
pur le MUt vers la droite , parut géné-
ral , au ix'. fiècle. Sur la fin du xi'.
les queues de i/r ceflérent de s'élever
au-dcITus du niveau des écriturrs alon-
gées ; lors même qu'elles conlcrvoiem
la forme curfive. Les bulles pontificales
te autres diplômes rTlcalie retenoient en-
core au xt' fiècle l'atKien goât ro-
main , par raport aux queues de leurs fi ;
quand elles n'étoient ni purement lom-
bardiques , ai pttfqne abfôlumcnt mi.
nu feules.
Sur le modèle de Ffi curfive des Ro-
mains , les queues de celles des mfT.
franco - gatliques s'inclinoient fouvent
par leur montant , concave vers la gau-
che. Les longues qtreues brifées ou pref
que rompues & portées à droite , au
moyen rie lignes fort obliques (ôrr ho-
airontalt! , ancncent par leur fréquence
le x° fiècle , furiout dans les curfives
sf Allemagne. La hauteur ries fi diminue
au xi'. de plus encore au xtt‘. Leur
?|Ueue fupericute fe courbe à droite en
lucille , pendant la durée du xi 1 1‘. Suc
Ton déclin , eeue coutbute ta juTqu'h
toucher le haht de la ptnfe de l'fi, I{
a'cll pas f^rc alors , que la aiétnequcuc ^
au lien de fe courber , patoilTc rompue ;
parccqu'elic cfl compofée de deux traiu t
k premier perpendiculaire ; le fécond
borixonral > oblique, & le plus fouvent
curviligne , faifant angle avec la hafte.
Quelques fi forment div^ angles par
lenr queue j lors même que celle-ci de-
vkiic le réfultat de pluficurs courbes.
Aux XIII. & xzT. fiéelcs, le montant
de l'fi, terminé par une queue fupéricu-
re , donne l'ogive renverfîe. Le cas arivc
pins fouvent , aux xv. xvi' : mais l't>-
girc ne defeend pas fi bas. En récom-
penfe le trait , qui la ptodiiit travetfê
moins rarement de l'autre côté.
La pointe , partant è gauche du haut
de ta balte de l'fi , n'y caula guère miins
de variations , que fa queue. Cette poin-
te , originairement feule , s'alTocia une
compagne auxil*. fiècle. Elles étoient
plus ancicnnas dam la minufeok. Les
deux pointes , quoique fouvent inégales .
poufToient an haut de l'fi , te d'autres
lettres 1 queues rupérieores , nneelpèce
de fourche, rour mieux répondre 1 la
queue placée à droite , celle qui l'étoit
à gauche fe courba de même , te plus
en EcolTe , que panour ailleurs , vers la
fin du 1 1 1 1'. fiècle te le commencement
du XIV'. La courbure gauche , comme
la droite , ne fe borna pas à toucher la-
hafte \ elle la traverfa de plus , te tout
de fuite engendra la tourbe , qui naif-
foit auparavaut de fort phis haut point
d'élévation. Les exemples fuirans ^
nous feront mieux entendre , qu'un plus
, long difeoots.
II. PARTIE.
S I C T. III,
C H A r. 1 V.
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loo NOUVEAU TRAITÉ
^ Lorique fimples , elles s’élèvent prefgue conftamment , juC.
*SECT*in ^ qu’aux lignes fupérieures , en le courbant par le bout de
Ch A P. IV. plus plus vers la droite ; elles ne caradcrifent , que les
VIII. IX. & X*. liècles. Leurs boucles multipliées , leurs
traits tremblans ou ferpcntans délignent lesx. xi. & xii'.
L’H capitale alongée & rétrécie , dans certaines hautes li-
gnes des bulles &: des cliartes , indiquent les mêmes ficelés ,
&c furtout le dernier. Le xiii<=. & les fuivans chargent
leurs H , comme leurs autres lettres , d’angles , de pointes,
de traits doubles , hétéroclites , & du plus (i) mauvais goût.
Brenner dans Ibn Trélbr des monoies de Suède , ne ré-
ïêrve pas l’ulàge de placer l’H à la tête des noms propres ,
aux feules régions du fond du Nord ; il l’étend (i) aux di-
* {») SymtpM lit férentes parties de l’Europe. Jean SchefFer (a) atribue aux
•rniijms ttryùbm. Goths la prononciation (^) del’H, ajoutée avant plufieurs
“■ de nos confones.
. (i ) Darant*!c «oors <]u ti*. ficclc ,
une bafe ajoutée au côté gauche de V f
y produit des variations nombreuics ,
allez coniîdérablcs , pour mériter quel*
que atemion. Prefque toujours renfer-
mée dans Ton intérieur , elle fc mon*
croit rarcmciu au-dchors. Ce qui nari-
▼oit , que lorfqu'ellc prenoit la ügurc
d’une / renverfée » d’une ligne horizon-
tale ou tranfverralc. Le plus Touvent elle
s'él^voic par un trait oblique ou cour-
be , dans la cavité de Vk Quelquefois
cette bafe écoit portée , jufqu’à Ton
(^) Hiintc.dt Ji- côté droit , auquel clic donnoit même
fiUisp*rt. I. C4/. naiflancc. Ces exemples 'It f en fc-
10. rontfoipoori’Efpagoc, aux xiv. & xv.
HèclcsA Les fuivans pour la France fe-
ront plus fcnlibles, dans cesdeux,^ { ,
Sc pour rAllemagnc dans ccllc ci ^ . La
bafe du côté gauebe en forme d ,
fins être plus fréquente , que les pré*
cédemes , déltgne alTcz bien le xii iS
•fcclc. C’ed alors aulTi qu’on la voit fur-
montée d’une ou deux vraies ou fauHes
parallèles , jugement placées au milieu
de r . Nous palfoos fous lilcnce les ba-
fes des t J; d’E&agne du liéclc,
aulTi lîngaJièrps otos leur fignre , que
cec h le lonc par Paloagemeoc inférieur
de leur halle. Aa furptus cette bafe I
poulTéc de gauche à droite cH commu- |
ne ^ la plupart des autres lettres du
rocine tems , eu égard à la meme lîtua-
tion & aux mêmes circonflances. Les
onciales réfultcrent du changement du
fécond jambage de l’H capitale en ^
contourné : mais lorfqu’clles Ce cranf-
formerent en gothique moderne , ce
jambage conllitucif ce l’H onciale fe
métamorphofa en également pofée i
contre fens.
(i)ll cite pour la France y
nom de Louî$ le dcbonairc , de pour la
5uédc & le Dancmarc , celui 6’Herùus,
porté par plullcurs rois de CCS royaumes.
fj) Qu'elle ait été propre aux Fran-
çois ic aux Allemans $ Hcincccius (é)
en aporie pour preuve un catalogue ,
tiié d'un mf. tics-ancien de S. Gai » & ,
publié au fécond tome des Antiquités
d’Allemagne par GoldaA. Les noms de
Lotliairc , de Louis , de Ratbcrt , de
Rothard , de Radulfe , de Rainfroi de
de beaucoup d’autres y Ibnt précédés
d’une H. 7» La prononciation de la guc-
M rurale devant L , dit Dom Lobincau ,
M dans (bn GlolTairc de i’hilloirc de Brc-
»»tagnc » e(l reliée dans quelques can-
>7 tons du diocèle de S. Malo , ou les
7t paiïans difent une hief^ une h!ixhf,\ia
/Vtfi/rc, «pour une c/i/, une cheffe , un
cloitre.
La
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DE DIPLOMATIQUE.
La letttre H , pour ainfi dire afeâée au commencement S?
de quelques noms propres, tels que Hlothanus , Hladovui- partie.
car , y fait foupçonef je ne fai quel myficre (i) à certains chat. iy!
auteurs. Tel fut cependant fans aucune afeâation myfté-
rieulê , le premier ufa^e des François , conforme au goût
teutonique. Pour imprimer une prononciation âpre à di-
vers mots , ils ne fè contentoient pas de la fortifier par une
H ; ils y ajoutoient (i) un C , qui devoir en rendre le fon • ’ '
(i) Comme btrr eo alleman , &&r-
Tus en latin Tcuicnt dire m»itrê Sc {fl-
fntur s cette lignification lent paroit
•plicable à TH mitôlc des noms de
làraK , de Loebaite &c. Ainfi , félon
eux , Hirndtviau , HUtharim doivent
être roodas ftiptem Lmù , fitpuÊtr Lt-
thatn, Ainfi , pouvons-nous ajouter , les
noms des derniers empereurs Romains
dtoient prdcddds par le titre dammtu
ou daminm , fouvcnc exprimd
par la première lettre de ces mots. Mais
•os rois Contran , Dagobert , Sigebert
•'dtoient-ils . pas jégalemeat fiigmmn i
Pourquoi donc l’H n'ell-elle jamais mife
avant leurs noms ? Quand ou derivoit
ChliuUviau te ChlMariai , au lieu de
Ltutniem Sc de Laiharius ; prdteodoit-
oo renfermée dans le ch quelque notion
de herr ou de JUgmear t
M. le Blanc , dans Ibo Traité des mo-
noies , rejette (a) la mfme opinion ;
parcequ'il feroit ridicule de lire dmu-
1HU ou hcrm devant Bajtciu , T«r«uu ,
Redâmi (ÿc. Il prétend , tjue les •> an-
M citns Eranfois n'ajontoient ces deux
M lettres C H , ou jointes enfemble ou
M féparément , au commencement de
U certains mots , que pour tendre la
•• prononciation plus forte. « De-là vient,
que la plupart des auteurs latins ré-
tranchent ordinairement cet deux let
très. En France même , un titre de l'an
fto, raporté dans la Diplomatique (t)
de D. Mabillon , nomme Cblothaire ,
Lothaire. On lit indiféremment , furies^
isonoiet de France , ChilMtrau Bt Hil-
dginiui, Brthrmt Sc ChcTÊhtnm , Htu-
Jfviciu te LudnicKs. Hcrtius , dans fa
Dilfertation (c) fur les diplômes des
empereurs te des rois d'Ailcmagnc .
Tome II.
fboferit an texte de M. le Blane , qu'il eo- C«) if • 1 1*.
pic tout au long, Heincccius , après
en avoir ufé de même , apuie (W) le (t) Pag. 4t;.
témoignée de notre auteur , fut ceux
de Sebefier , de Goldall & de Piftorius. (‘) *-7- •»
Il ne dilfimule pas , qu'on voit fur le i*'
fceau du fiitneux diplôme de Liodau un
point entre l'H te I L. Mais , (ans le
prévaloic de la fisulTeté de la pièce , qu'il
n'a garde d'admettre i il fupofe . qu'en
cela l'impollenr n'aura fait qu'imttei
un autre fceau , porcaot ua point entre
CCS deux lettres. Il fe Ibode fut une
bulle d'or de Louis le débooaire , ta- '
portée par (*) D. Mabillon. On y lit , f») Dtndiflaat.
félon Heineccius ; D. N. H. Lunovi-. faffUm. caf. XI.
eus lus. Cell une illufion toute pure,
La même bulle d'or , apatrenant i laint
Martin de Tours a pour légende p. 47.
D N, HtuDOVicus Imp. te p 4t. od
elle eft figurée ; D N. H L. voovvi- .
eut Imp. L'une te l'autre manie e ne
filvorife en rien le point après l'H. Et
quand il y feroit s cette dernière lettre ,
précédée du D , qui veut dire déminai ,
ne pouroit avoir une feconie fois la
même fignification. Ce fera dono , s'il
le fiiut , une objeélion tournée eo preuve.
(i) Prévenu d'ung idée femblable 4
celle des auteurs , qui prétendent faire
fignifier htrr à l'H , placée au commen-
cement Jet noms de nos rois de la pre-
mière te fécondé race , M. Maillart (/) (/) Urreart da
ancien avocat au Parlement n'a pu fe Branet. ].mv.
pctfuader , que le C initial des noms 173 t.
de nos princes mérovingiens , ne mar-
quât pas le titre de leur dignité royale.
U Te vous reptéfente , Moufieur , écrit-
» il à M. Leoeuf , que je mets un point
••entre les deux pcemiètes lettres des noms
» C.Hildcàc , C.Lovis , C.Hildebeit ,
Ce
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II. PARTIE.
Se CT. III.
Chat. IV.
(«) l* BUnt.
f. 16. 117. tjl.
»II- M»-
(t) C*f. 10.
{c)Diprt.iUii-
ttm.f. t.
(J) Tcm. r. 1*.
fATt.f. II. 6-ij.
!>•
101
NOUVEAU TRAITÉ
beaucoup plus rude. Un premier degré d’adoucifTemenr ;
dans la lanrae , fit écrire &c prononcer Hludovicus , HLo~
tharius , Hiliehenus , Herebeetut. Un*fecond degré fit ré-
trancher l’H de tous ces noms.
Auparavant il étoit d’uiâge tfacorder quelquefois à l’H
le premier pas fur toutes les lettres des noms propres de
perfones ou de lieux , commençant par les lettres
Aufli voyons-nous (a) fiu: les anciennes monoies de France
Hbajocas , H^arlemanus Sc HearUmannus , Hcuflancitn^
Heurti . . Safonien . . . fi) Heasibenus , Haoviomagus villa^
C. loihaiie , C. Hcrebcit, C. Hilpe-
» rie. Car la Ictirc ani^rieure fignific le
!• Roi, CoNiHC. <c II apmo iôaopinion
4’on témoignage <fOliviei Vred , cpii
propotâ la mime .vue , dent Ida T raici ,
où il entrepRod do prouver , oik la
tiandre ancienne (I) n'Itoir pardi ierente
de rancicnne France tcc.. Si l'im Kfi)fe
d’admettre cette explication , M. Mail-
lait déclare le C iaurile , daac Ier noir»
ramicéi : poirqnc PH Vy » prononce
» aprement , comme le K dam la lan-
n gue Tcatooi-GccrsaBique ^ai cil Pan-
ucicnne langue Franpoife , donc ces
X noiAs lônc originaires. . , . De-li ré-
X fuite , que les anciotu auccais Larios
X ont eu raiCao de ne pas mettre la let-
X cre C devant ces noms propres Hii~
X 4meus . Loihvtm , HUdtitrtmt , £«-
• th»rlm, Htrittmu f ■
Soit : mait ils devoieot doiK y mettre
un R , pour rendre le mot emiiig', qoi'
fignilïe r» : or c'ell à quoi jimais ils
D'oot pcnié-. Au üiiplus ceux , qui ont
&it précéder du C ces noms . éioienc-
ile moins Latins , que ceux , ijui Pont
fuprimé f Si C.Hurihtrtiu vonloit dire
le Roi Hanbcit s que préicndoit-on fi-
gnificr , quand on étrivoit fur les mo-
noies HCMrittriiu } Pourquoi les noms
de Gontrsm , de Dagobert Sc dé Sige-
bert ne furent-ils jamais procédés du ti-
tre de rois, comme ceux des autrcsprinces
du meme tems ) St le C parut inutile
dans te latin , pareequ'on ne Icpronon-
fa plus fl durement ; il ne le fut Par,
dans notre langue , od Ton n’à , ce lem-
blc , jamais celTc localeiiKac Sc d'écrire
le de prononcer Childetie , Chlovit |
Chtocaire, Chtldebcrt , Chilpetic. Von-
loir que la prononciarion germanique
n’ak été altéiée en rien , depuis plut de
mflte ans ; la tbité iPeéF pas fenKaable.
Du refte ou s’en raportera voloDtieis fur
ce point aux Allcmaas , habiles daae
leuis antiquités- Mais déjà (r) Heniut
d'aptes Scobinger , s'élève contre Ftais-
çois Guillknan , pour avoir foutenU', que
Kiinig' eiV marqué k la lécc. des noms ,
<)ui commeoctcK par on C. U s'enfui-
vraie de.|à,'dk-il , que les prénes , le»
moines , lés nobles Sc les roturien , douO
le» noms ont le C pour première lettre ,
dmt les ancieones loix des FraiKS Se
leurs a^s , auroiene été autant de roit-
OeA pourquoi nos deux auicurs con-
cluent k faire venir un ufage 6 ûogu-
lier de cette pronoDCtatinn Mrbare , ti-
rée dit fond du gofiet , dont les Soiflee
ne fe (bm pas encore délaies. Comme
l'auteur ou compilateur des VmiMt (d)*
adapte à tons égards l'epi-
•nion de M. Maillatt ; ilferok inudje de
l loi luire une réponlê à part.
‘ (I) M. le Wane (e) donne peut lé-
igende d'une monoie de Cbenbcrt ces-
I deux mots NTA RIBERTtlS REX.
j U Sous la première St fécondé race , dit-
I X il , les lettres ff Sc N font fouvene
(» coniôodncsSc mifes l'une poorraucTc.x'
JVous dotteons , qu'il eût pu produire un
J fenl exemple du changement réciproque
jde CCS deux lettres. Nïille rcdcmblaace
ientr'cllcs , quant au Ibn Sc à la valeur ;
'.quoiqu’il y en ait quelquefois du c6té de
Ja £guie. Ce Cevanc hommelit un peu {fy
f
Diç"" " ' by
-• oxle
(/)Paxs4>.
t)E DIPLOMATIQUE. zo)
ffredonis, Hturonus &c. L’Icalie, furtout (a) depuis- (qu’elle ^
fut aflujettie aux Lombards ic aux François , fournit di- " jf **^71**”
vers exemples <1’H , ajoutées devant les C ; comme fi) CH*ry.' iv.
Hcarolus , Hcalexde. Ces mots commençant fouveiK {M)Lt*n.O{Hnf,
d’ailleurs par le K ont fiüt juger à quelques auteurs , que **
l’HC en Àoit la decompofition. Ainli ces diféreiltes let-
très ièroient les mêmes pour la valeur.
Les diplômes , où le nom de Louis le débonaire ne eom«
tnençoit point par une H , étions fufbeâs au P. Papebroc.
Ceae marque d’autentiché , fuivant (é) fa manière de pen- (t) as. ss. a-
fer , étoit ablblumenc indirpenfable : il l’exigeok , non (eu- *• Fr'#'*
lement daiu le corps de la’charte , mais auffi dans l’inf* *'
cription du fceau. Sa règle nous paroit peu (ûre *, quand
même on ta relbretodroit ui' (z) tems ^ où Louis porta le .
titre d’empereur.
On dévoie encore être plus (crapuleux ,à marquer les noms
-id’une manière uniforme fur les monoies , que dans les di-
plômes même royaux. On a toujours pris p4us de précautions
mieux HTARIBERTUS. Mais il picml
encore le C. pour le T. Il fatoic lire
par-tout HCaRlSEKTt/S.
(il M. Muracori , dans là DilTctta-
tien Tut let monoies Italie > parle d'une
pièce d’argent . ensrerrèe à Milan , dont
Ta légende porte llCAKOlMi IMPE-
XdTOK , & le tcTcn XKTSTT^TNd
JIEUGIO.
(i) D. MabiltOn téfetre (r) les pr&en-
tioot du Pi Papebroc , par une excep-
tion confidétablc. Il tapotte deux for-
mules , dont uGi Louis le débonaire ,
lorfqu'il n'écoit que roi (f Aquitaine. $c-
IOd Tune & faucre , Ibn nom comraen-
foit alors par une L fans H. Mais cette
exception cil etie-mfme ruiecce i dés
exceptions. Dès lots aufli le nom de
I-oait commeofa par une H. Si D. Ma-
billon avoit cm invariable ruf^e , qu'il
aiellc , te conléqucmmcnt futpcâ tout
diplôme de Louis roi d'Aquiiaine , où
Ibn hom fe itoivcroit écrit a itremenr ■.
it fe feroit cootrèdit liii-méipc : puir ,
qifil a dotrnf , comme jt^ s ^autbenti-
ques , plnfïcurt' ebartet ji' te p’rincç , ;
toptemcoi coi d'Aquitaine , où l'IT'elt
marquée à la rctc de Ibo nom : cbaiies
fut lelrpiellci let lâvans n’ont jamais
formé de doute. Couceniont-nous d'en (ej Di n Aifhm,
indiqucT ooe , «n le nom de Loni* com- M. x. r. }. ». i
menée au laoins trois (bis par une H.
, Elle lue publiée , dans les (d) Annales /A Ttm.tJ.Jtf.
béoédiélinct , U d»uit par des auteurs
plus técens. EUc c(t de l’an 7^4 : par
conlZquenrbicn aatéricutc à l’empire de
I Louis.
D. MabiHon femble avoir encore été
' moins fur (es gardes } lotlqu'il partp de
l’H , précédaoc le nom iMJrtniicui , de-
puis que Louis le débonairc fur empe-
' rcur , comme d’un ulâge uniforme , am
. lieu qu’il oc fùc^qu’otdusaite. Du telle
I notre favant Bénédiélin s'cll déclaré en . ' . ' '
divers endroits., cooare ceux qui, fous ■ .< ’■
^prétexte de quelque ekangement de let- *
‘très, 'dans un nom propre , aeufent les
'titres de faui. II. les traire même de,
'ceolêurs igo< tans en un endroit , où il ,
J ne penfoit pas (ans doute au P. Fape-
JbfOC. lmfiruci (ti 4»»/d«or»/».«. J»s., (e) AimslStiuJ.
'.liitirif fMfiftftttlMM ti varùtm ftribm- t, f.lit. ». j,
f ts ssdtm «ta» iafinmimu ,, f, if(.
dtm ntmittis miaum t ctgui ffi iiifimi» ^
C cij
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II. PARTIE.
Sic T. III.
Chat. IV.
(a) It BUnt.
Tr«ir dt3 putuiu.
f. icS. fl. 4.
(i) Scrifi. rnum
frptuic. I. i.
PoDronoi IT
latin cil ' it II
diflrent Jcl'I pti-
Boidial i foimci
(c) Vmr. l. 1.
41. lit. f.if. }.
to4 NOUVEAU TRAITÉ
contre les ^ux monoyeurs , qne cancre les fabrlcaceurs de
faux titres. Cependant , quoiqu’on life ordinairement Hio~
tari us , fur les monoies de l’empereur Lothaite ■, on ne
laifTe {a) pas d’en trouver , qui portenc (i) Lotarius.
Les memes liècles , qui ont vu les noms propres des per-
foncs ou des villes , précédés d’H ou de CH , les ont fouvenc
vu fans l’une & l’autre Jettre. Pour nons réduire au lëul
nom de Louis le débonaite ; Dom Bouquet (i) a publié
plus de 140. diplômes de cet empereur , tous ou prefque
tous jugés authentiques par les favans. Or il s’en trouve plus
d’un quatt , & peutêtre plus d’un tiers > où le nomdeZv-
iovicus paroit écrit fans H ^-.même depuis fon avènement
à l’empire. Parmi ces derniers y. il en cft quelques-uns , où
l’on (r) obferve expred'émenc qu’ils ont été pris fur les
originaux. .t,;. •
L’ufage de placer l’H devant Ludôvicus s’eft Ibucenu ,
iufqu’au règne de Louis le gros. Nous avons aéhiellemenc
fous les yeux deux diplômes originaux de ce prince , où Ibn
nom eft écrit (3) Hludovicus.
IX. Tdndis que les peuplés,, dont notre premier volume
renferme les alphabets emphintés des Samaritains , ne:
(1) L'aplication fi üit natorcllicmcnt
aoz monoies de Louis le ddbonaire. Le
nom de HliuUvim y cil (ans doora le
plus commun. Cependant fur la i'. co-
lone de la planche cbiftde lai. i , chez
le Blanc i. dè Tept monoies , nous en
comptons cinq de fuite , où Ludtmà-
etu cil conilamment detit fans H. Il cil
vrai , que toutes ces monoies de Louis
Rirent mbriqudes à Rome. Mais l'afage
«rdetire (bn nom pat un H nTtoit donc
pas de tous les lient.
(1) Des gens d'honeur en antoient-
ils impofd au public ? Des copiiles ao-
toicnt'ils hiit cent Ibis la faute de co-'
piet Ludrvieus , quoique leur texte petr-
tât ? Mais , on le veur, ils
ont commit cene faute : qu’en poaroir-'
•n canclnrc contre leur original . qui
en lèroit exemc ? Ab contraire leur exac-
titude efl-elle hors dé prife : Bc cepen-
dant une fbulc de diplômes , tirés des
acchives de comea 1m gioTioces- de j
France', d'Allemagne , d’Italie , nonÿ
; montren^ilt le nom de Louis le deba-
' naite écrit (ans H ; faudra-t-il donc les-
livrer tout 1 l’impollüte , uniquement!
^0’!! y manque une lotue , qu’on
lenfa lôuvent d’exprimer i.CalIio-
: dote ac pliit : il ne (b boina pat à lu-
primer dii nom ChUdtvuhui , les deux
premières lettres ; il ht encore pluheurt
jauttes changemens dans les fuivantet ,
lapelant Clovis (r)iLiiduia , en lui écri-
■ vant à. lui-mfme , au nom de TlKodo-
jtic roî det'OIltogoti.
I (^) '^t,mv morceau dè cuir , qui.
|Couvre le Iceau & qui n'cll pas moins ,
ancien , B> même orthographe e(l ot>-
fenrde Cependant l'infcription du fcean-
rpoftd LptÉrmmi. Tant il cil vrai , qu’on^
|ne cbnoit point de tems , où la mode^
jde mettre l’H avant Ici noms commen--
faut pat IX, aie été. fuiviè fans cxcc|»
itioD. ,
i
i
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DE DIPLOMATIQUE. loj
varient pour ainfi dire pas dans la forme de leur I ; il eft ■ sy
(i)ëtonanc , que ceux-ci en aient un , dont la figure ne im partie.
s’acordeen rien avec l’I des (i> nations , qui l’ont reçu d’eux. ch*V j v
L’I n’eft fufceprible , que de trois polirions principales , divcrfi^e/ de rr
la perpendiculaire , l’horizontale , & Ij) l’oblique. Toutes les écritores
les trois font employées , du moins quelquefois , dans les
écritures : toutes les trois font d’un ufage prefque égale- yéV& '«k'ib!él*
ment ordin-'ire , dans les notes de Tyron. «en : i aïongé :
. Les ^ 1 > > brifés n^riteroient bien de former un S’tTi-jœnfonek
genre de notes a part. Mais D. Carpentier ne femble avoir i Toydie .- com-
connu, que la dernière figure. Auflid’a confond-il avec 1’^ P*f
perpendiculaire. Il a fait une faute bien plus confidérable , alif éu3
• . bUcî
( I ) Minr , ftumnli (m) Imm»
Ch/fliUtriim ttn/infiii in mum cmffirn-
rll , m ijHitm i Phttnitit chsTaiitrg nm-
h dgfcifiiTênl , tandem fiimrnm iUius li-
ma ixetiiiarinl. tiam tertnm tjl Itnai
À Chaldàis non atcefi£e.
. (t) Aan>ieot-elle> donc aUlenrt poi-
tt cette unique Ictcrc ) Nulle aparence.
Quelque grande que foie la dirparitd
liipofce ; r^nanchez deux ou trois traits
de ri liunaikaio , celui des autics peu-
ples s’y retrouvera Tans peine.
Les Grecs , de qui nous tenons im-
Biédiatement notre alphabet , o'auroieoc-
üs point adopté l’I des Syriens ou des
Caidéeos , prérétablement à celui des
l'héniciens i Mais n’cll-ce pas aux Phé-
éiciens . que Tes Syriens 8c les Caldéens
eux-mêmes doivent leur alphabet ? De
plut les lettres cadméennes ou phéni-
ciennes ne 'fiueac-ellet pas introduites
en Grèce lâns exception !
Les ehangemens laits ii ces cataâêics
primiti/s . fclon Hérodote , ne tombe-
toicni-ils point ^cialement fut l'IlLa
çbore eft impoluble ; à moins que les
Orientaux , dont les I Ce raportent aux
BÔtict , ne les eullêot également défigu-
rés en les mutilant. Or il eft plus naturel
croire , que la nation . de qni tou-
tes les autres ont rt^u leurs élément ,
nroit dans la ftiite ajouté quelques
traits a Pun d'eux; que de s'itnaghier ,
que toutes les autres Te reroienc con-
«tnées , poui iairc les mêmes léttan-
chemeds aux traits primitifs de ceito (*) Sealittr. A-
lettre : ou que fans ce concert elles Ce mmadverf, in En-
feroient tontes rencontrées i tes fupri- /**. rfia**./. 1 1 }.
mer de la même fiifon.
Supofer que les Caldéens le les Syriens
auroient tiré Isur I des Grecs ; ce fe-
roit une idée deftituée de toute proba-
bilité. D'un autre côté l’on en a de
f recs , d'étraTques 8c de latins , de prés
'un millier d années plus anciens , que
les I connus des Samaritains. On n’eft
donc pas lûr d’avoir la figure primitive
de leur I : mais on peut conjcéhirer ,
3u‘clle ne devoit pat être fort diforente
e la nôtre , te que celle , qni leur refte
aujourdui , s'eft altérée en fc chargeant
de nouveaux traits.
(J>L'I oblique , incliné vers la droite^
des notes de Tyron , eft plusftéquenc .
que celui, qui panchevers 1a ganche.
'Termioé en pointe , il ne figure pan
reulemetit parmi: les notes inictuet, liées
ou noo; mais encore parmi les finales dô- '
uchées , oii il a coutume do valoir û, , ,
Quant aux I , foit pcipendiculaices , 1^'
horizontauii ils font préfixé iodiforem-
ment mis en euvre , foit qu'ils abou-
tilTent en' pointe , ou qu'ils foiantcoupés /
par des lômmets. On eft moins ftirpti*
de voir Tik des médailles 8c des inforip-
tiens la ligne horizontale ou f m cou-
ché i quand on lait , que les écrivains
en notes de Tyron en fiùliiicnt grand
ulâge.
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II. PARTIE.
SiCT. III.
Ch*». IV.
(») Wvt- f *•
d>ui. i.&r.
(i)Tsi.r.
(e)pof. 104.
zoS NOUVEAU TRAITÉ
lorfqu’il a cru , que (i) le b étoic une efpèce d'I ; parcequ’i!
eft la principale lettre à'indulgens,
L’I majulcule a pris en divers «ms la forme du T : mais
il n’eft point de lettre , avec laquelle les écrivains l'aient
confondu (r) plus communément qu’avec l’L. Les exem-
ples en font trcs-multipliés , dans les plus anciens (3) mlT.
Les inferiptions , même du fécond nècle en foutniflent. ‘
On trouve des i* minufcules lombardiques , fâçonés en z.
Ils apartiennent au dernier période de cette écriture. S’ils
femblent déjà préluder au bas gotbique , ils fympatifenc
auin avec les t curfifs <le l’ancienne romaine. Souvent cette
écriture leur donne la forme ^ c, eoumé à C4) contre («ns:
plus fouvent encore on dillingue dans ces I un trait mon-
tant ic un tisût defeendant ^ qui le traverfent une ou deux
fois. L’i mérovingien eft à peu près llifceptible des memes
afeélions. Aux x. & xi*. liccles on vit dans les chartes des
1 poulTer vers la droite un long trait oblique , partant de
leur tête. Us ne furent cependwt jamais les plus ordinaires.
(i) Ceft i^llcnicnt aa D raajafcule,
4ontle montant eft pnilon^. Comme
aiinufcule , il ne ftu touiM dans la Tui-
le du km contrake , <)uc pour empê-
cher , qu'il ne fit confendu arec le S.
Dtt refte il auroit été. i (oubaiter , que
D. Carpentier eût Tu , que la prœcipale
terne d’une note n'eft pas toujours celle
qui lui fett d'initiale. Sa ttoifiênte note
peut pailér pour une fiiite dp cette raé-
ptUc. Elle ne reoiêrrac que les deux
mots fmJtx Sc fuJitiMmt reodus par cette
ftgure q , cpii n'eft pas firoplemcnt nn
> , mais Un H St nn i. Ici la lettre ini-
ôale-dç h lettre aniiHaicc étant con-
jo^tes Tont toutes deux principalei. Mais
rtniiialc de la note n'eft pat finitiale
dn mot , l'r tb troosmnt précédé par Ta
lettre fubfidiaite. Il làloit donc renvoyer
ce fifroe tyraoien à rv> , ou dn moins
le placera la 6n des I pcrpendiculatres ,
en qualité de lettre ddujrle iranTyO-
fée.
' Ta) L* ^ ceittbéfiqiie de Don Ve-
leTquex montre («Vun giand rapori avec
TL , abftraâioo Élite de la ligne obli-
que , qui tombe Tue Ton angle , (c qui
opère un changement confidérablc. Son
grec primitif eft le feul motif,
qu'il aléguc, pourajugerûl'I celtibériea
fa pénuhième figure. Or cet I grec non*
étonne encore plus , que TI elpagnol.
Quoique nous n'ayons pas cour vu ; it
feroit un peu fingnlicr . qa'uoe lettre fi
extraordinaire , 9c qu'on ne donne pas
toutefois pour rare , nons eût écbapé ^
dans nos recherches fur les lettres gré-
quel, Audi , lotfqu'il eft queftion de
faire nfage de cetre figiire , la rcod-il
conftammeot pat (h) l'L & W. H re-
çoit mieux d'en faire une t 9c une E . K
de lailTer fublïftcr dans le texte de Pto-
lécnéc : LtmMvci , qu'il vottdroit trans-
former fr) en L^mutvts.
()) PafR le XII'. lîécle , où ils de-'
viennent rares . nous n'en découvrons
plus.
( 4) Tes i (êmblablci à des 0, 9l même
à oes t à rrbourt , étoienc dans la
curfive d'F.fpagiie du xiv'. (iéclc , ao-
tanc Sc plut firéquens , que dans l'an-
cienne romaine 8c aunes écruuies,qBt
en fout dérivées.
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r
DE DIPLOMATIQUE. tof
La (i) gothique figure , & les accens plus ou moins rares.
(i) La parc minurcule n'eo (aaioit dé-
icrmincr au jutte les traits , cjuc par les
carnes, les angles faillausou Uspoiii-
Ks , ()u'elle engendre au haur k au bas
des t I • > î"*
naiflenc , ou Air fon modèle , que (ont
formées les autres miourculcs gotbiques.
fï eurfif, s'il n'eft najuAule, n’a pref-
«pie rien , qui fente fort ce goût bar-
bate. Mais on le tcconoit aiAfracnr ,
pour être du xi ti. oa xiv* Aède , à
£s qaeac , en qoclqae lôite otbkaUire
du côté ganebe , k lauveot un peu
courbée en dcAôus, ou vers la droite.
Elle éroic communément acompagnée
d’une ligtie ,* en ^fc de fa téne , par-
lanr du haut de ri , ft d'aboed diroAe-
Bienc menée de droite i ganebe , en-
foite pins on moins carobmà fun ex-
trémité. Avec le rems de plus en pins
Toutée ; des le xix*. fidclê cette ligne
courbe ou mixte , à force de fe rap ro-
cher de Am montùic , parerai i le tou-
cher rers le milieu , on bie» un peu
plus haut. Cependant h qoene s’éléea
de telle forte s qn'ellc joignit auflî la
haAe , tantôc au poiat , on la tête pro-
longée Tcnoit abeorit , untôt en tra-
terîant cette tête dfc-iiiémt. L'I , fBe-il
dépourvu de queue oourbe ; fi (à tête
droit notablemcne ponlAét vers la gan-
ehe ; fi die relTemoIoit en quelqoe fa-
AMt an C on à TS renverfée s il n’eu
rmdroit pas davantage , pour le foire
nnger parmi les lettres goebiques. R en
eft pour l'ordinaire de meme de hrquene
en , ou confidétablemcnc recootbée
«n delPrs ; quoique deftimée de tête.
Mais cclle-ri firulement garnie d’un fom-
met , ou d'une on deux pointes , (bavent
fort courtes , en manière de cornes ,
avec une qneoe rccoatbée AMblemem
vers la ganebe , nous motirre plutôt les
préludes du gothique, que fe gothique
mdine. Oa pounsit en découvrir divers
exemples , dès le xi', fiêde , pour ne
rten dire du x 1 1*.' auquel , à proprement
parler , cette mauvaiiè étrkuic coro-
ncncc. • "St
Le x'. foumîroit même des- (ans
ficuc f:i¥«e dès têtes coutbéea du côté
•
gauche. Mais il faut bien remarquer ,
qu'cücs font cncrelalTécs avec leur moli-
tant , k que celui-ci dans l'exemple pro-
pofé , n'^rouve pas U plus Icgcre in-
(léxion. dt pareille oDurbute ne depa-
rcroir pas même l'ancien romain. Les
cambrures de la tête , de' quelque côté
qu'elles pirttm , k quoique rraverfant
plufieuts fois fe montanc de l'j ; poiO-
vu qu'elles foient étroites k batlongues :
font trôs-particalièTement afoâécs à la
curfive romaine. La forme itx pié *Ic db
raton , au bas des J , ou bien la cotia-
-bure inférieure fans ulbn , portée de Tun
ou de l'autre côté , caraâétifenc aulli
itèa.bien k lembardique dts viii. ai
IX*. fiéclcf.
Mais on doit teotr pont lettres go»
efaiqoea toux les grands /, darit la queno'
k le montant joints enfemble , k qneU
quefeis métae unis à la téee , ont à peu
près la fipire d'nae S dans fon fens na»
ratel. DilMt-cn autant des J , dont la
céteou laqtiene , ou tontet les deux k
la fois font en Aarme d'-v , dans onO
pofirioo bociioaiate ou do moins ohha
qw. A jouioiM-y ceux , qui portent des
leits k des queues courbes fort anqrles ,
relativemeat i la bameur de la leme ]
fopofé qa'elfet tembeiit Air la balle , ou
qu'elles tendent à la rejoindre par leur
bout. Des traits irrégniicrs}e'ei^à-dite
compoAk de pluficOn lignes droites ,
courbes OU' miitcs , najonrt diépoAfen
de la manière , qn'on vient d'énoncer ,
ont un droit ègalemeac bien aquiian ri»
rre de gotbique. On ae peut non phm
1e refoto ü I' / b doubje t(bc cooroe ,.
k i queue rclévée en delTas ; quand
même U ne conAirvetoie , que l'ai»
i de CCS deux caraâètes f biôi enten-
du néanmoias , qne la ferme d'f , dans
fon monraac ne feroit pas négligée. A
plut forte taifoa mirmt-im do gothique
bien décidé fi les deuxrtèttl de If' , fo
même (à quene fembloiem fe confen-'
dre. Les ^ f y , ornét <fOn point 04
d'une d'une bare , (bit dans l*intérieor ,
foie un peu an-delfonsdc lent tète , font
également dn refibrt de l'écrirore gothi-
l, que. Meme jugement des 7* coupés
II. PARTIE.
Sx CT. III.
Chas. IV.
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II. PARTIE.
S«CT. III.
Ch AP. IV.
(*) Vajf.it an.
pam.f. 101.
(i) Ctiittt. Pi/aa,
dtjr. 4. (tl, 7 IJ.
7l<.
to8 NOUVEAU TRAITE
aigus ou courbes , pofés fur les I diftinguent aflez ceux des
ficelés fjjivans.
Pourijuoi les inferiptions romaines renferment-elles tant
d’I , qui furpalfenc en hauteur les autres lettres des memes
lignes ? Les (a) grammairiens répondent , qu’on les employa,
fiour diftinguer les I longs &c douteux des brefs , pour tenir
ieu de deux I, pour rendre les I , qui dévoient être écrits,
& même prononcés ei. Le cardinal {b) Norris fuivi de
plufieurs lavans eft d’un (i) avis contraire.
’Au milieu du mot faim on a été frapé de trouver cet
ÏC Ou , caraétere que d’habiles gens ont pris pour un I ,
d’une figure très (z) fingulicre. On le voit dans une
•n terminas en JcITut par <les lignes obli-
3 nés , excédant des deux côtés , avec
CS queues légèrement courbées vers la
gauche Mais le gothique ne ponioic les
révendiquee j lï Tes ctaverresétoient ré-
duites à de fimples fommets, ou ii la
balle des I ne conlidoit , qu'eo des per-
pendiculaires fans queue. Toutes les au-
tres divetles fortes i'S , qu’on a (péci-
fiées , fe rapottenc lingulièreineoc aux
XI it. Si xiv‘. lîécles. Les ^ cutfiâ ,
fomblables à nos y s'anoncent du xv°.
ficelés. Les 9 ^ l du xvt‘ , Sc par
conréquent le» noues , ne rauroinne Arc
cooteltés au gothique. Quand mène 00
produitoic quelque figure aprochante ,
parmi les romaines ou les mérovingien-
nes i ce feroient des canéiércs extraor-
dinaires te fous fuite. L'fi o'ed pas la
feule de nos lettres , qui nous vienne du
gothique moderne. Cette origine lui
e(l commune avec pluficuts autres. Elles
mériteroient fans doute ,à ce fcul titre,
4'étre banies de's bureaux d'une nation ,
qui fe pique du goût le plus exquis.
Les monfttes répandus , dans nos ecti-
eutes rondes , financières , coulées , dc-
Otoient être les premiers lâerifiés ; lî
toutefois on peut faire quelque grâce aux
autres caraéiètes grxhiqnes de ces écri-
tures. Du. moins fâudtoir-il o'envifâger
CCS débris du mauvais goût de nos an-
cêtres , que comme des ombres , propres
à ccléver la beauté de nos cataâèrcs mo-
detoes. biais W4 qu’on noos donnera
les premien peur des lettres fort élé-
gantes; pourons-noos nous vanter d’é-
tre CDtalemcnt revenu du gothique ,
dont nous ne regardons nous- mêmes la
confrrvation , dans les imprelTions alle-
mandes , que comme des reftes de bar-
barie f
( 1 ) Que n alongé , fouvent en rem-
place deux , il n’en difeonvienr pas. Mata
ne voit - on pas aulTi quelquefois deux
grands 1 , à côté l’un de l’autre ? Et vis-
on jamais quatre petits i fe fuivte en
latin : Les deux grands I ne leur font
donc pas fubltitués. Quoique l’I foir fim-
pk te brèf, il ne lailTe pas d'être ex-
primé plus d'une fois pat un I de taille
gigantefqoe. Ces 1 femblent lionc avoir
été abandonés au caprice des andena
écrivains , graveurs St fculptcuis. 11 eft
poulunt alTez vraifemblable , qu’ils fu-
rent d'abord allreinct à des règles , donc
ils ne s'écartèrent , que par ignoiance ,
ou parccqu'ils fuivoient une prononcia-
tion vidcufe. Ainfi les grammainens Sc
les aatiquaites ponroient bien avoir rai-
fon : pourvu qu'on atribue a dirérens
rems , i diférens lieux , Sc à diférentea
drconllances cette variété d’ufages.
(s) Elle le fetoit en effet , fi c’étoir un
I. Mais nous ne faurions ta regarder
que comme no Y. Plufieurs Y du même
goût Sc de la même forme , titét des
marbres Sc des mff. grecs Sc latins , foie
des anciens tems , foir du moyen âge ,
fembleac dévoie foc cela fixer abfolument
inferiptioa
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DE DIPLOMATIQUE.' 109
infcription en lettres capitales , à la porte de faint Jacques
de la ville de Joigni.
Le tems n’eft pas encore venu de traiter à fond des ac-
cens , dont les infcriptions romaine; fournilTent ( 1 ) divers
exemples. Ils ne font pas plus propres aux I , qu’aux autres
voyelles. S’ils lèrvent quelc|uefois a la dilUnâion des mots , '
ils ne font fouvent pas moins relatifs à la quantité des fy-
labes. Ceux que nous avons ici particulièrement en vue ,
lëmblent n’avoir été inventés , que pour faciliter la leélure ,
devenue dificile par une trop g|yiae relTemblance de (a)
plufieurs lettres. w
nos dootcs. D'ailleun FI fe change Ci
commun^mcDC en Y , & dans le lacio Bc
dans nocre laague ; qu'on ne doit pas
dtte furpris de rcncoairer eelai-ci , au
lieu de ri. On peut mdme ajouter , qu'a-
vant la renaiirance des lettres , notre
orthographe françoife n'avoit rien de
file , fur l'emploi de n & de l'Y.
(1) Les rolT. n'ont prcrqne jamais eelR
d'en faite plus ou moins d’ulâge. An
II*, lidcle on afcâe (bnvent de les met-
tre fur la prdpoGtioo a. Le rof. 8 <i. de
l'abbaïc de S. Germain des Prés en ofre
beaucoup de terminés en croc par le
haut. Ih font aflêz fréquent furies mo-
ooryllabcs d'autres mlT. du même tems.
On en trouve aulTi , mais plus tate-
ment fur des antépéoulciémes. Dans le
mf. du toi i<0). on voit plufieurs A»,
doue le premier / ell (iirmonté d'un long
accent aigu un peu rébrouflé par le bout
fupécieur. Les deux i étoient au v 1
fiécle lî bien diferentiés des lettres fiijat
tes à fe confondre avec eux } que l'accent
n'y peut avoir été mis , pour obvier
à cet inconvénient. Anciennement les
Tovclles longues fe dillingnoient des
bcév|s , d'ab'ord par leur réduplica-
tioii , enfuite par l'accent aigu. Quand
CCS deux caraâéres de dillinélion con-
courent , c'cfl fans doute abufive-
tneot. Nous ne concevons point d'au-
tres rafons , qui pour lots aient pu dé-
terminer à meure on accent fur le pre-
mier < de h'i. Cet accent paroit fbn-
vent fut h! Sc hii du mf. anglo-lâxon ,
n".8oo.de l'abaie deS. Gcrmaifl dcs Ptés.
Tome //.
(i) Au moment que le bas gothique
fe glillâ dans nos écritures ; les > , les
«» , les n , les m Scc. commencèrent à le
confondre. Deux ü de fuite ne fe dif-
tingucrent plus de I'm pat leur propre
figure. Pour écarter cet embaras , les
diplômes Ac les mlT. furtout furent (bu-
mis à la loi des accens , d'abord avec
plus de réfctve , enfuite avec moins d'é-
pargne : à mefute que le mal augmen-
toit. Ils parurent en premier lieu foc
quelques voyelles , & fpécialemcnt fur
les deux » , & même fur les it. Par cette
detnière opémtion , l'on rétomboic dans
ta confiifioe , qu'on vouloit éviter. Car
comme on mettoit deux accens fur les
deux jambages de I'm } ce moyen de le
difccrner des lï devenoit inutile. C'e(l-à-
dire , qu'on ne tarda pat à fe Ictvit d'ac-
cent , comme d'ornemens s quoiqu'ils
u'enlTeoc été admis , que par pure né-
cclfité. On fcntic l'excet de cet abus ,
& l'on cclTa prefque entièrement de mar-
quer d'accens aucune autre voyelle , que
les deux ii. Mais il fe palla quelque
tems , avant que ces réâuions préva-
lu/Tent.
Un des plus anciens exemples tfac-
cens («) fut les deux ii, plufieurs fois
répétés , fe tire d'un diplôme d'Otton III.
de l'an ffo. Mais l'ulâge n'en étoit pas
encore, aiort fort acrédité. Il s'afermic
par degrés , durant le xi'. Cède. Vers
lÜb milieu , il avoir déjà fiiit bien du
progrès en Allemagne. Au 1111°. de-
venu très-commun , il n'afêéloit pas
feulement les deux ii , marchant de
» . ‘
n. PA RTIE,
Si CT. III.
C H A f . I V.
(a) Chrm. Gft-
vic.f, lie.
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JI.PARTIE.
SiCT. III.
Pha?. IV.
(4) Dt re Jiflom.
^ JJ-
(t) Bihiiclh, eri-
ri'j. t, cb. j.
f. lOJ.
(t) Dt rt tUflom,
I. I, t. ZI. I). 1$.
(W) Ai?4 trudit.
Suiplrm. I, 7.
i-S7-
210 N OU VEAU TRAITÉ
Marbres , bronzes , m(T, diplômes , où les pomts fbnr
régulièrement placés fur les i , avant le x i v* ficelé ; s'ils font
originaux , doivent pafier pour fufpefts ou fupofés , félon
qu’ils s’éloigneront plus ou moins de ce terme. S’ils ne font
que copies figurées : ces points doivent être envifagés com-
me (1) des fautes d’écrivains ou de graveurs, peu atentifs
ou peu inftruits. Les points fur les t n’ont commencé (1)
tout au plutôt , que vers 1» fin (3) du xiv'. ficelé. Peui
iOQipagnie : qQoi<}i]‘irol^s , il ne Ja^it
pas de les aOujécir à fon empire. AaBe>
de fuivanc il Tétcndic prefque fur cous
les I fans diriindlioD. D. Mabillon (4)
ne fait guère comneoeer plutôt Taccenc
fur r/. Ceft aparamment , à la faveur
d*une dèci/îon de h grand poids , <juc
D. Herrgort apure avec tant de con-
fiance fur cet indice du xiii*. fièclc ;
«quoique a bien des égards , il purlTe
au(Ti caraélèrifer les piïcédens.
Bientôt les accens devinrent pdus ou
moins obliques & demi-circulaires , prin>
cipalcment dans l’écriture curlive. Tous
les i d’y forent pas néanmoins furmon-
tés d’une ligne ou tranfverlâlc ou cour-
be , ou prcfquc horizontale. Il ne fut
pas rare de voir les accenftoatafatt fu-
primés. Enfin infcnlîblcmcnF racourcis,
ils dégénérèrent en points. Alors l’an-
cien ulage fcmbla vouloir fc roidir con-
tre le nouveau/ On continua , & peut-
être afeda-t on même de former des
accens d’une juflc longueur. lîsfe main-
tinrent donc encore quelque tems. Ce
ne fut qu’au xvi®. fîècle qu’ils forent ro
tilcmcnt banis des imprimés. Ne pou-
roit on pas ajouter, qu’il en exiflc en-
core aujourdui plufîeurs vefligesi Qn’on
jette les yeux fur la PolygrapHie efpa-
gnolc de Don Chriftophe Rodrigue , &
Ifur les planches publitts , Hans la pré-
face du même volume par D. Naflare ;
on y verra des i gravés , furmonrés de
virgules , au lieu de pointv* Les plan-
ches memes du Propylamm
broc nous monrrent moins des poii^
far les i , que des accens. L'écritufe
cnrfivc sVft donc plus lof^-tems défen-
due contre cette innovation , que les
imprimés. C*eft même des derniers , que
le oowrel uf^e s’eft étendu k ceaces lea
autres écritures.
(1) Pluficurs auteurs n’ont pas aÜêt
veillé fur les gravures de quelques inf-
cripdons & dipTomes , qu’ils ont publiés,
avec des points fur les 1 ; fans faire
atentioo , qu’ils avoienr été donnés dans
des tems , ou ces points n’érotent fu^
rcment pas en ufage. Une fidélité fem-*
pulcufc les conferve , quand on fait gra-
ver de nouveau les mêmes pièces. Ainfl
fe perpétuent les fautes. Comme elles
peuvent induire en erreur ceux , qui
n’onr point confultô les originaux i les
antiquaires dévroienr au moins en aver-
tir , dans quelque note. On s’abRienc de
raporrer des exemples de ces négligen-
ces ou de CCS méprifes ; quoiqu'ils ne
fbient pas rares, meme en des ouvrages
d'auteurs d’une grande réputation.
(x) Le ton avec lequel Richard Simon
décide de rantiquÎTé des points furies/,
dont H fait remotifcr l’ufagc Jafqu’au
XI®. fièclc, aprend à ceux , qui ne co-*
noirroicnc pas cet écrivain , a fc défier
énidîiion , en fait d'anciens mfT.
!mon loi , ce ^«v montre {b) encore pint
évidemment riinornnce du fnnffjtire , qui
a fabriqué les anttquirés étrul*;ucs , pu-
bliées par înghtramc, e*efi au'it met des
\feints fmr U lettre i , left^ncls ceNndani
ny entête mis fCivi vtRS tl xi® siscir.
Il aorefit dn dire le iiv®. An xi*. com-
menecrent fur les r , non les points ,
mais les accens.
fîl Dom MabiHon (r) aradic je com-
mencement du point fur r/ à cmi du
XV*. fièclc , & cite quelques mlf. en
prenve. Toland, dans fes o'jtes fur l’E-
vangile de S. Barnabé, tire d'après (d)
;',M. de la Moonoie , un argueneot da-
!
I
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DE DIPLOMATIQUE. ui
-• peu (bbfticués aux accens , jufqu’alors en formf ^ lignes
obliques & , courbes ; à peine les fireuc-ils généralement Ei*
primer, pendant le couiss (i) du xvi‘. Cccle. . \
;•; Les anciens gran^mairieus Romains (a) 'difUngucrcnt la
valeur de l’J confone de celle (i) de l’I voyelle. Sur la dé-
. nomination , qu’ils leur donnoient , & fur l’aplication , qu ils
en l'ailbient ; ils étoient parfaitement d’acord avec nous :
mais nous ne convenons point avec eux fur la manière de
prononcer leurs J confones • &c fur la figure , que nous
leur afiignons maintenant. Leur prononciation étoit con-
forme à celle du fécond J conlbne de notre langue , fem-
blable à celui des Italiens , & de quelques autres nations.
Nous avons coutume de le rendre par un Y ou par un ï .
Mais la valeur de diverfes fortes d’I ne doit pas nous aré-
ter ; nous ne devons nous ocuper , que de leur figure. Si l’I
■perpendiculaire eft de tous les tems ; l’J à queue étoit em-
ployé plufieurs (3) fiècles avant la fin de la république Ro-
tnamc.
point fut 17 , pour praoTcr , qoe cc faux
ETao^le n'a (xi traduit de l’arabe , &
tranlcrit ei^ latin , qu'au xv°. lidcle. On
dtoit alon peu «au i mettre Taccent
fur 17, dans les pidees diplomatiques.
Souvent des aâcs entiers n’en renfér-
moient aucun. Les chofes conciDudrent
fur le même ton allez avant dans le
zvi'. fidcle.
( I ) Vers Ton milieu , les points fe mon-
trdrent plus frdquemmeot en France . fur
quelques i curfifs. Sous Châtie IX. les
points , les accens & l'omüTion des uns
& des antres femblent tour à tour vou-
loir l'emporter. Il o'ellpas même fort
extraordinaire , qoe les accens dans les
aâcs foient encore les plas nombreux.
Mais , des le rdgne de Henri 1 1 1 ; les
points y prirent courafâit le dclTus. Un
peu avant le milieu de ce 6dcle , la eut-
five en Italie dtoit plutôt chargde <fac-
cens , que de peints. L'nfâge des pre-
miers duroit encore partout aiUcurs vers
fa fin , ô l’on «n excepte la France.
Il faut pourtant convenir , qoe les points
faifoient de leur côte du progrds , dans
les états voifins , 8t furtout en Ailema
gae. Qa fe boomts pxéfcateiaent h ces
D üj
notions générales : parecqu’on ne poura
fe difpenfer de revenir fur le même fu.
jet , quand on traitera des points. La
même raifon nous interdit bien des dé-
tails , par rapott à la qncllioo des ac-
cens fur l'i.
(1) Entre deux voyelles 17 e(l double,
comme dans IVcia. C'ell apararamcot
la raifon pourquoi l'on fuprime ordi-
nairement un i , dans les mlT. anciens ,
aux mots rtierre & autres fcmbiabics.
• ()} On ne fait ce que vent dire (F)
Sebannat : quand il footient , que l’j
prolongé n'étoit pas encore en ulage au
VI 2 1* fiècle, & quand pour le prouver, il
s'autotife du fufrage de D, Mabitlon ,
fans en citer U livre. S'agit il d’un J ,
à queue en pointe ou courbée i La li-
gne même du diplôme , où ü fe plaint ,
qu'on ait voulu introduite cc caraéièce ,
en renferme deux de la première main.
Rien d'ailleurs de plus fiéqucnt alors ,
& bien des fiècles auparavant. Eft-i|
quelKon du point fur I') ! Son commen--
cernent ell (ans doute de beaucoup pof-
térieur. Il dévoie donc plutôt fe récria
fut le point , qoe fur l'eztenfion de l’j.
D. MabiUoo pade (c) bien ici de l'acqew
II. PARTIE.
SiCT. III.
Chas. IV,
(a) Piu/ch. ctl.
4>j-
i)SS. (^.
(t) Drarrq/üt FatN
diHfii.f. ajj.
(c) De re dipltml,
f- II-
Digilized bv Couple
II. PA RT II
Sbct. III
CMiP. IV,
lit NOUVEAU TRAITÉ
Les f I Tirent quelquefois coupés par une traverlê , de-
puis le coinmencement de l’empire , jufqu’à ces derniers
tems. L’j minufcule à queue tenoic le fécond iJang dans les
imprimés , il y a déjà environ deux liècles , lorfque deux
i voyelles fe fuivoient.
L’ufage de dillinguer (i) les figures de l’J confbne d’avec
k <lu point (iir r> , nuit non pu de
la prolongation de cette lettre. .
Comme nombres , IT court k l'J T
ueue fe trouvent fourenc réunis , au
écle de Charlemagne, k même avant
lui.
Dès le vi' liecle on diroit quelque-
fois , qu'on afeâoit de metite l'J au
commencement des mots. Mais bien-
tôt on s'aperçoie , que cela fe fait fans
dclTcin. Aux xi. & xii* , furcout en
EcolTe , oo vit fouvent l'J au commen-
cement des phtafes , des noms propres
& des lieux. Ün continua d'en ufer de
la forte , durant les Itècles fuivans ,
quoique peutètre un peu moins fré-
Îinemment jufqu'au iv'. Alors on s'avi-
a de le marquer en général au com-
mencement des mots. Cette pratique
paroit alTcx fuivie , dans quelques im
primés k mlT. Mais c’eft lâns confé-
qoence pour les autres.
(t) Le P. des Motets , au 7°. tome de
fes Mémoires de Littérature ,'a publié
une DiJiriMtim de l'abbé Papillon fur
f J k rv confoncs. Ce fut , nous dit
cet abbé , Jacques Pelletier du Mans ,
qui daits (a Gnmmaire ftanfoife , im-
primée en rjfo. » Paris , pla(a l'J i
b tête des mots , qui commencent par
certe confone. Dans la Poétique du même
Pelletier, imprimée en tjfj, i Lion;
FI confone eib conlêammeot difhngué
de n vojrclle. L’obbé Papillon ne devoit
donc pas recourir à la grammaire la-
tine de Ramusoula Ramée, pont fixer
l'époque de IV confone , entant que
diflingué de l'I ; pnifqu'il ne peur b faire
remonter au-dela de la date du privi-
lège de ettre grammaire , donné Fan
i;;7. d'autant plus que FAritlnaétiqoe
du même de tjff. ne fuit point cette
otthographe. Ramas Favoit exigée de
ÜM imptimeifi. Aptes b mortw l'iin
4 L
k de Fautre ; les héritiers de Vechet
furent exaâs , à renmiit leurs cogage-
mens dans les imprclfions des ouvrages
de Ramus : mais ils n'étendirent point
la nouvelle orthographe à ceux dq au-
tres auteurs. Cille Beys , imprimeur de
Pans la fuivit en 1)84. dans le com-
menuire de Mignanlt fur les épitres
(FHotacc. En i;vv. ou peu après Guil-
laume le Gagneur publia fa Téchno-
graphte , où non feulement toutes les
planches en grand nombre obfcrvenc
exaâement l'orthographe de FJ con-
fonc ; mais il fe dccraie cnLOte expref-
fément en fa laveur. » Quand à cét j- ,
» dii-il , que nous fiiifons toujours fervit
» de confone , k qui prend Ion origine
» de g , je n’en feray autre defcripcion ;
» k me contenteray d'en ^eprelêntcr
» feullemcnt la ferme ,/ ,jt « Re-
marquex fes accent k les apodrophes.
La didinâion de l'J conibne liit ob-
feevée prelque partout, dans l'bidoiie des
plantes rares de Clulius , imprimée à An-
vers en i Soi. On a cru voir un germe
du difeemement des J êt V confoncs d'a-
vec les voyelles , qoant à h figure , dans
une édition dn GstMitm de Jean de
Genes en t4<o. Mass fi Fon n'en a point
d'autre preuve , que le texte cité p. xto.
des Mémotres de Littérature ; on peur
airibucr cette orrhograplie au bazard ,
plutôt qu’à quelque deilêin de la per-
Feâioner. Il n'en eft pas de même de l’ufa-
ge qu'en ont Elit nos auteurs ficnosim-
primeuts. Mais ce ferent plutôt des tenta-
tivesde leurpart.qu’une pratique Ibutenne.
Les Hobndois ne tardèrent pas k s’p
coafermer alTcz ciaélemenr. Ils ont date
lut noos à cet égard du plus iftin demi-
fièelc. Il eft vrai , qn'ils n'employoient
pas encore alors l'J majulcule. Ils ne le
firent qu’au tems , où nous coounen-
yauMs » faine tout de bon un cjeaiple ,
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DE DIPLOMATIQUE. ’uj
telles de ri voyelle eft fi récent , qu’on ne peut pas aflurer , " —
qu’il foie généralement reçu dans tous les pais. U n’écoit pas n. part, e.
établi en France gu milieu du dernier fiècle : il nel’étoitpas
généralement (i) en Allemagne , ni même en Efpagne il y a iv.
vingt ans.
X. Nous avons d’anciens K phéniciens , étrufques & ü<âgeduK:re»
grecs , dont la figjure eft précifément la même. Elle s’eft = c»
confervée , du moins en partie , dans les runes Sc en plein mco/ant'i f n°C
dans les écritures latines , cophtiques , gothiques , efcla- charie dans
voncs , niiliennes. Les autres , apelées vulgairement orien- iVi i**'
taies , en ont fuprimé la ligne peipendicutaire , ou plutôt! CdL.s''«ui*dB
elles en ont rétranché les deux bouts. »*'}Ioin defom-
Les notes tyronieirnes rep^fentent fi) le K fans altéra-
non ; mais il n’y fut introduit , que pour les mots , dont le W»ent pas’
K ou le C devoir être immédiatement fiiivi d’un A. Cétoit
aparamment , à l’imitation ^s (a) auteurs , qui fe difpen- '
Ibient de marquer cette lettre , quand elle- avoir le K (j;
devant elle. Il étoit alors cenfë renfermer la valeur de l’A
comprife dans fa dénomination alphabétique : de même que
le ^ , le c , le </ , le le /> ,' le / emportoient lé lôn de l’e ,
& le y celui de l’«. Précédées de ees confones' , les^ trois
nous leur «rions donnd. Il a'y a pas
ccot ans , que nous tenions encore ier-
i6c pour fancienne mode , & pas qua-
tre-vingt , que la nouvelle a cficz nous
pris Ta place, » torrqu'il Ait (i) qaef-
» tioo de diftinguci les r & les « coo-
» foncs & voyelles , ü oc le trouva pas
m un feul ouvrier en éut d'en graver paT-
M (jdilciziCDt les poinçons. « L'auteur par*
le d’après M. Fournier le jeune.
(1} Ccllarius dans Ton oitbograpbe la-
tine le le célébré Fabticius oot encore
teclamé de nos jours Ibtt Ictieufc-
iDcnt . en faveur de l'ancicanc mode :
mais la nouvelle lait tous les jours en
Alletnagne des progrès fenlibles. Nous
voyons un même imprimeur à Narcm-
berg employer en 1745. la vieille ot-
thogtapbe , le en 1747. la nouvelle.
Kous o'enuctons point dans le détail
des villes r _<iui s’atacbent à l'une , ptéfé-
rableroeni à l'autre. Il y a plus de to.
apt , que la BiUüthiÿia it
par Lambecius a éçé imprimée à Viénno
avec des j éc des v coolbiics. bien dilhii- '
gués des voyelles. ’
(1) D. Carpentier n’en donne qn’niiB'
note. Quand il auroie ptr réduire le K i
une feule figure } du moins ladiveiiîté (i\ njai«MW
de fes poCiions autoit-elle pu lui en hufcUaéd 1 %
fournir plufiews exemples. Qu'on Juge », fü. '
fi le K des notes cyronieones eft fi fté-
rilc par les carafteres fuivdnt , |L ]t f;
l< I HL A , tous tirés des K en notes
de Tyron ou de Sénèque.
() ) Ils n'écrivoient |»int Kanti , mai.
X'rxf i point C«vi , mais ern j; point ’
ftdt , mais yrr &e. Et cependant la pro- . .
nonciation ne Ibuftoit rien de ces té-
tranebemens. Les Ibpreflioot de 1‘m après ' ' . -
le J , (bnt celles , dont il eft moins di-
ficife de montrer des eiemples. Mai» >
le plus (ôuvent l'v eft mis ao-dclEis en
interligne. Rien de plus ftéquent , &
dans les diplômes le dansleamlT, ait
moios Jufqa'an tx* fièelc.
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II. PARTIE.
S I C T. III.
C H A F. IV.
»I4 NOUVEAU TRAITÉ
voyelles a , e , « , étoient donc quelquefois omilès ; atendt%
qu’elles s’y trouvoient rufiTamment conceiuies.
Cepenaant l’ufage ordinaire h’étoit pas de fous^entendre.
ces voyelles , mais de les exprimer , fi ce n*eft dans les no-
tes tyroniennes. Plufieurs avoienc pour maxime de le lêr^
vit du K au lieu du C , toutes les fois que l’ A marchoit à
fa luite. En toute autre ocaûon , on préféroit piefque tou-
jours au K , ou le Q ou le C. Les grammairiens ne cefienc.
de déclamer contre l’inutilité du premier. Quelques -mis
néanmoins (i) réclament en Ta faveur, quand l’A tient le
fécond rang après lui. Mais la plupart n’y metœot pas même;
cette exception.
Les monumens , antérieurs de deux fiècles à la fin de la
républilque Romaine , renferment des K. Tels ils avoienc
paru renouvelés fur le modèle des Grecs ; tels à peu de va-
riation! près , lufqu’au dernier gothique , furent-ils mis en
ufage , pendant .environ (i) deux müle ans. Cette lettre en
quelque forte latinifée pour le fécondé fois , toujours en
butte à la contradiélion , fit fouvent des pertes Cl ) confidé-
tables , qui la refierroient de plus en pim.; ^ .n
. .L’éoidq de iàgiammaite , qui fe ranima fous Chadema-
gne , lui fut favorable. Au lieu que le nom de nos rois ,
apelés Charles , s’écrivoit plus rarement par le K ; il de-
vmt à la mode , au point d’ètre très^fréquemmcnt mis à la
Car In in^<la!lln lin empcrean , pa.
Dê trtht
, (i) Snntas fe diftingue fln aoim' ,
ch ( 4) (^tenant , qu'il convicticiroit
xnieul de regarder comme imintc le C ;
.que !c K. i. inatilitd dd K parut plus
merqûée ; to^oe la du C
■ drHu-â! fiiï gchéralcmcnt reçue. Car
dès-lors le fculC, qui n*a»oit jaHiafs,
comme il a cher nous , un fon d'S ,
poavok foire toutes les fondons do K.
fl) Il n'en fout pas retrancher les fic-
elés gdthiques , qoj ont déTancé le rc-
nouTeflcmcot^dcS lcrres. 5or les mé-
daillcsMe'K n'è'oit pasTare.du tem^d’Au
gtifte.V. Morel èdirion de Havercamp. La
38. chacune Mes croir Hcrnicrc^ (I*) mpdailles
de U fomilltf Pofthumia répète le K dc^ .
deux côtés , pourfignifier KArehasa. cV
nom ^ ainfi due cclui dcKann S' .autre
fe voïent pluficàis' ^o^ écrits' paV un K ,
(i) Thef. M»r«r
». i.p.jH"»*- •
(d) D# yrAj^.num.
diff. J-.p.IiJ-
bKAes par Banduri. ta noavcHc ddition
de Vaillant , faite depois peu à Rome ,
avec des augmeontiom conlîdérables
renferme (r) nhe médaille , où l’on lit,
tant à la tête , qu'au reeets 4 Karvt je
KMrmm. On peut en »oit aullî (d) dans
Spanheim. Lee inftriprion» , les anciens-
grammairiens, les mlT. St les diplômes
antiques n’en fôutniiTent pas moins d’e-
xemple». ** *■
■! ( j) A peine <eft-elle maintenue , dans'
Iqiiéiqtfune des tangues émanées de la
iatine Kneote fes (bnâions s’p irouvenc-
. clics bnrAées à quelques noms propres,
etrangers ou ba bares. La langue teu-
«oniqiie , ti celles dont elle cÙ mère ,
lui ont fait un meilleur acucil. C'eft-'
'là quebc ''exerce tnmquilement anr
i^yitiz^d I-
GoogL
DE DIPLÔ'MÂTIQUÊ. . Vry
ifte des ( I ) lettres , dont leur nom étoit compofé.
On demande pourquoi , fur les monoies fuédoifes ou go-
thiques le nom de Canut eft toujours écrit par un K ; tan-
dis qu’il l’eft conftamment par lui C , fur les angloifes.
Les détails , où nous venons d’entrer , touchant l’ufage de ces
deux lettres , ne pouroient -ils pas réfoudre la queftion
d’une manière pour le moins auflTi fatisfaifante , que
Ta fait (2) M. Brenner , dans fon Tréfor des médailles fué-
doifes-gothiques ? Les Journaliftes de France , après avoir
(a) témoigné leurs doutes , fur la folidlté de fes conjectu-
res > ont paru fouhaiter , que les antiquaires ‘François en
filTent l’aplication à l’onhographe de quelques - uns de nos
rois.
tinpire , qui le dilputc «n étendue à celui
desicttrcs les plus acréditées.Lcs écrivains
Ucins ennemis du K fcmblenc avoir pré-
valu quelquefois , jufqu’à k banir de
prcfquc toutes les écritures , qu’on dref-
ibic de leur tems.
( t) Cette prérogative fut confervée
au K , avec des actoilfemens , portés en-
fin , à l’on ca juge par le Traité de M.
le Blanc , jufqu’a n’admettre pins d’ex-
aeption fur les monoies. LIk y rc^ut ,
fcus k règne de Charles Vill , quel-
ques légères accintes : mais elle étoit
abfolument furanée i lorfque Châtie IX.
monta fur le nône. Les ordonances
des Charles de la race , publiées
par M M. de Lauriéte & SccoulTc ne
gardent pas UBéme uniibtiniiè: quoi-
que les C ( il SW fiiut beaucoup ) n'é-
gakni pas k nombre des fc , commeu-
fans les noms du ces rois. Comme au
leAe la piopatt des ordonances ont plu-
tôt été priles fur les regîtres , que fur
ks originaux ; on ne peut pas toutafait
compter fur l’exaélilude des copiltcs.
(1) Les peuples du Nord , à l’enten-
dre , n'ayant poinp parmt leurs carac-
tères m.i}nfculet tuniques de lettre ré-
pondant au C latin , lui fubAiiuèrcnt k
JE > St fut leurs monoies , St dans leurs
diplômes. Ils en uicicni de la forte ,
Sour exptimer fuitout les noms propres
'origine gothique. Après meme qu'ils
«uent abaadotlé l’éccitutC tumque , St
< i
qu'ils cdteur pris la romaine , ils con-
tinuèrent d'écrire Kaimriu St
Les Anglon , ne tenant que des La-
tins lents caraâéres , écrivirent invaria-
blement CarntiMi St Cmniu. LctirS autres
noms propres commencèrent aulli par b
même kttre. Tel c(l en peu de mots le
lyAcme de Brenner.
Mais 1°. cela ne lâuroit s'entendre de
la langue angloife : le K s’y eft mainte-
nu julqu'à nos jours, a'. Si dans leué
latin le C n'a tieu lai(C( au K ; c'èft quq
le premier Tavoir emporté fur le fccood
à Rrmie i lorfque ks moines , dlfciplcè
de S. Grégoire le grand , portèrent en
Angleterre la Religion Chrétienne , avec
récriture latine. Au contraire l'évan-
gile fut anoncé dans b Suède pat des
moines Allcmans , qui failbient grand
ulàgc du K , St ptiiKipalcment dans les
noms propres. Leur lictéxatute n'étoit
attire , que celle , qui i’éioit itnoave-
lée au temsde Charlemagne, où le K fut
remis en bonucur. 4°. A l'égard des al-
phaVecs tuniques i parmi ceux , que
nous trouvons ralTemblés , dans le Tré-
for des langues fcptcntrionalcs de Hic-
,kcf , à peine en découvtc-t on une dou-
zaine, qui foient dépourvus de C, Près
de quarante le reprélcntcnt , fous di-
vcrlcs figures. L'alphabet géuéral du
meme auteur les fait montera xx. Nous
ks avons poulTcs jafqu'è )t. dans le nô-
tre. Nous polirions maintenant l'aug-
iqcmci UKore de quclquca-uiict. *
IL PARTIE.
.StCT. III.
Cha». IY.
(«) Team. Jn
vmi. I7J4. titv.
p. 741.741.
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.^lé NOUVEAU TRAITÉ
' -S*' PaflTons maintenant à quelques obfèrvations liir la Arme
I. PARTIE, de la lettre , dont nous avons entrepris l’examen. Des le
ChVp. IV. ficelé , l’angle obtus du K, regardant la droite , fut quel-.
ques fois totalement fëparé de la perpendiculaire j foie
par un vuide , foit par une ligne (i) norizoncale , foit pat
un trait oblique , auxquels il étoit uni. Souvent au-dellous -
du niveau de la (z) perpendiculaire , du moins par un de
fes côtés ; tantôt cet angle s’abaifla , tantôt il s’éléva ; tan--
tôt inégal à la halle par fes deux côtés à la fois , il fut pla-
cé vers fon milieu. Ici lès deux côtés égaux ou inégaux fe
courbèrent .en meme tems vers la (3) gauche ou vers U
droite. Là Us le firent (4) en fens contraires. Avant J. C.
les deux lignes du même angle s’étoient déjà courbées eu
dehors , comme pour aler fe rejoindre.
Les exemples de la rupreffion totale du côté (3) fopérieut
ne font pas rares , furtout depuis le x' ficelé. Vers le xi*.
en Angleterre la perpendiculaire fiit quelquefois terminée
par deux horizontales , étendues feulement du côté gauche.
Aux XII I. XIV. & xv'. fiècles , il étoit d’ufaee de fermer
le haut du K , & de lui donner la forme d’une R , au
moyen d’une ligne courbe ou de deux droites. On pouroic
toutefois montrer , dès le vi‘. fiècle , quelques exemples
de K en forme d’R. Plus le gothique prit faveur ; plus il
fut ordinaire de ramener le bas de la halle , au -devant
(1) Laniinurcnlctc la corfÎTï de prer-
que tous les lidcles, jufqu’au zi 1 1’. en
JoarnilTenc des exemples. Mais au vt i'.
ils (bot plus frdqueos eu France ; aux
vtil. & IX*, en Angleterre ; au II',
en Allemagne.
' (ij Depuis leyii' liccle , le t des
écritures cuHîves a prefoue toujours tes
deux côtds de fon angle tourné vers
la droite , beaucoup plus courts que
là hafte. Mais , comme alors la pointe
de l'angle ell rarement apliquée julic ,
au milieu de la halle ; le bout de la li-
fne inféiieure Si latérale du câté
roit de eet angle ell ponr l'ordinaire
au nireau -’e ta bafe placée à gauche.
On poutoit prerque avancer , que tel
e(l le cataélere iWcifique Sc ditlinClif
^ de Ja cutfivc des bas tems. Du moins
(êroic - on aocorUlf Tufilammenc , &
donner pour cenain , que les K de
cette écriture , dont quatre ex-
trémités unt rnpéricures qa'infiltieuret
paroilTcni ccfpeébvement de niveau ,
(ont empruntés des capitales ou minuf-
cules : tant ils conviennent peu k la cnr-
(ïve d'alors,
(j) Dès le VI I*- fiècle, les cbaiiesde
France nous ofrent des ÿ auifi Ggutés.
(4) Telle fur la forme lapins conltance
du K , dans la minufcnle St dans la
curfive. Elle e(l de tons les tems St de
tous les pais , au moins depuis le v t n *.
fiècle. Dc-là cctre figure dX < ^ parti-
culièrement aicâèe au K. &>uvent elle
n’en difère , que par l'élévation de (à
tète , qui u’c(l pat toujours fort rcofible.
*(j) On en pcutjugerpac ce^.
du
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DE DIPLOMATIQUE. 117
du (r) jambage inférieur de l’angle obtus. Les K devenus
encore plus gorhiques unirent ce jambage avec leur perpen-
diculaire , par une bafe (i) horizonule ou courbe.
Les K des (3) mil', furent fujets aux mêmes accidens ,
qu’éprouvèrent ceux des bronzes Sc des marbres.’ Mais le
K (4) de l’écriture minulcule diféroit peu ou point de celui
de l’onciale.
Dans ( j) la Caroline , les montans des K fui vent la tournure
(i) S'il ne $*agi{Toit , <]ue <le Cmplet pe-
tits traits J obl^ucs ou courbes } ou eu
montreroit , dans la cttrlivc du vu*,
iîècle, Sc meme des précédens. Les ba
Tes horizontales . Sc débordant des deux
cécés leur furent fouvenc ruS(ficuées»tanc
au IX*. qu’aux fiécles polfcrieurs. Mais
ce ne fut , qu'au xi i*. quelles fe chan-
gèrent eu renverfees. Quoique fous
cette forme elles ne fervent pas d'»ut
au plus grand nombre de K elles font
très propres à caraéicrifer ce dernier lîé-
cle , & celui qui lui fuccéie* Pareil in*
dice eA furcout décilîf, pour les K du
XI I* « en leur fupofant une tête à deux
pointes , Sc pour le x 1 1 1 } à condition
que cette tcce ne fe courbera , que peu
ou médiocrement , mais prefque tou-
jours fans contaéf ot de la halte ni du
côté rupéricur de l'angle , ouvert du côté
droit ; U ce d’c(} fur la ün de ce Itécle.
(1) Cetre bafe les dilfinguede celle ,
qui s*élévanc en 1 » & traverfant le côté
inférieur de Tangle ouvert à droite ,
compofe de ces deux traits un X de
forme curlîvc ( f ). Ou en trouve ,
dés le commencement du x*. lîécle. Au
XI*. la meme force d*r , nailTant du haut
du côté inférieur de l'angle du ^ &
hii fervant de côté fupérieur , produit
quelquefois un autre X , dans fa partie
la plus élévéc. Deux r adolTés au xit*.
iîécle cenoient au/Tî quelquefois lieu au
^ des deux côtés de fbn angle , Sc
fbrmoient une autre cfpécc d'x.
(î) Scutemcnc l'horizontale, fervant
de fommer à la perpendiculaire du K ,
Sc le pié de celle-ci , obliquement tiré
ters la giucHc , y peuvent caraAérifer
plus rpécialcment les ôccics antérieurs
ftU X*. 11 elf encore fréquent, que faagle
Tome II.
ouvert vers la droite fe transforme
en une coart>e , ou que Ton côté fupi-
rieur fe tournant du lens opofé fcmble
vouloir fe métamorphofer en R. Très-
fouvenc le même coté ne porte point
fur la perpendiculaire, mais fur le côté
inférieur ^ meme angle. Ces obferva-
tions ne font guère moins aplicabics
aux inferiptions lapidaires & métalliques.
(4) Vers le VI 1 1*. Hèclc, on voyoit fa
erpeodiculaire fàconée par le haut en
atanc: mais elle létoic quelquefois feu-
lement à jour. Au fond ce K apartienc
plutôt à la curfive , qu'à la minulcule.
Les K de Tune 5c de l'autre reviennent
pour l'ordinaire à ceux de la majufcule ,
fî ce n'ed que l^ia/àe de ia cutfive eft
plus alongée.
(f) Rien ne fixera mieux l'age des
K curfifs , que la hauteur ou la figure
tant de leur hafte , que de Tes excen-
fions. Ils apactîendronc ordinairement
aux V. VI. VII. ou VI II*, fièclespour
le moins ; s'ils fe cermtnenc en bacant ,
à jour ou en plein : aux vu t. ix. ou
X* , s'ils fe perdent en pointe , poulfées
très-haut , Sc panchées vers la droirc.
Ces gaules fcniblenc-clles brifees , fans
être dcfunics : ce fera un figoe plus pré-
cis du dernier , principalement en Alle-
magne. Mats , U les queues fore élé-
vées , 5c pour ainfi dire d ^ublées des K ,
aullt bien que des bd hit ^ font pa*
rallélcs à elles- mêmes , 5c par le haut
réparées ou romp ies ; elles décéleronc
la curfive d'Italie du ix*. fiècle. La bâf-
re du R fbn diminuée , peu ou point
inclinée donnera le xi*. Les deux poin-
tes ou la fourche au haut du K indi-
lueront le xii*, Sc même quelquefois
le XI*. La halle co forme d*L , ou
E e
n. PAR - E.
S»CT. III.
Cmap. IV,
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II. P A * T I I.
Sect. III.
Ch AT. IV.
{«) DirtJiflem.
t-7S.
(h) De re âij/îom,
L x.e. J.ff. II.
(f) Annal. Henrii.
t. 1. l. 17. H. l).
/• 3<!4.
(</) Alfilia illuf-
trn^a. f. 8 13.
(f) T»m.i./.474.
118 NOUVEAU TRAITÉ
de ceux des même de certains /.Il n’eft pas extrê-
mement l'mgulier , que les K preneur en quelque écriture
que ce (bit la forme d’une n tantôt plus tantôt moins irré-
gulière , ou même d’un b minufcule. Mais cette dernière
figure femble abfolument réfervée au gothique.
La plupart des auteurs , en parlant du K , ont obfervé ÿ
d’après (a) D. Mabillon , que les écrivains des diplômes de
Charlemagne , avant qu’il fût couroné empereur , rendent
( I ) conllarament fon nom par un C : mais que , depuis fon
élévation à l’empire , ils fubflituent (z) toujours au C le K»
de tout tems en polTelTion paifible de commencer fes mo-
nogrames , ainfî que ceux de fes defcendans.
A l’égard des monoies du même prince ; on ne peut , fui-
vantD. Mabillon , rien établir de certain rparcequeles unes,
ont le C , les autres le K , pour lettre ( } ) initiale de fon nom.
«onfîd^rabkmcnt courbée , les
<Px^,lcxiY':Icsfi 5^4:
le XV*.
(i) Notre favantBiînédiâin déclare (i)
avoir vu un cres grand nombre d'origi-
naux des diplômes de Chartemagoe du
VI 1 1*. lîcclc , & dAx fculemcnc du
IX* , où cette double raauiérc d'écrire
oll invariable. Il n’aporce point d'autre
raifon du cbangcmeiu fubit du C au K ,
la volonté du prince , t^u'une pré-
tcreoce de fa par: , doonôc au fécond
fur le premier.
Que f depuis l'époejae marquée , fon
rK>m ait commencé dans fes diplômes à
s'écrire par un K ; D. Mabillon (c) le
confirme ailleurs , au fujee d’un pbid ,
en faveur du monaftexe de S. Hilaire
de CarcalTone. Scion lui , les diplômes
de Cbarle le chauve 0c des autres cm*
percurs & rois du même nom ne s'é-
cartent jamAtis de cet ufage. Ils ne dif*
convient pas néanmoins , qu'on ne trou-
ve bien des diplômes de Chailcroagne
feulement roi , où le K rient dans fon
notn le premier .rang. Mais fans douter
de leur fincéritc , i) doute , que les co-
piées en aicnr fidélemcnr reptéfenré 'c
premier caraélcrc.
(i)M, Schoepflin (//^ embrafle l'cpi-
flioadeO. Mabillon, a l'égard de la pre
miére lettre du nom de CharlcT^iiaos leg
diplômes, ftiufcnptions & iiidl^ramcs,
tant de Cliarlcmgnc , que de fes fuc-
ccllcars du mcinc nom. L'opinion da
favanc Pénédiélin n'cil pas auili exAic-
ccment (r\ rendue , dans le DiéUonairc
Encyclop'ltliquc. » Le P. Mabillon , y
w cft-ii dit , a obfcrs'é , q«»c Chatbnu-
M goea toujours écrit fou nom avec la
M lettre c i au lieu que les autres rois
» de la fécondé race , qui porcoicnc le
» nom de Charic , l'écrivoicnc avccunK;
» ce qui Ce voit encore fur les monoies
» de ces cems là. « On s'abfticnt de rc-
lé*;cr dans ce texte , tout ce qu'il pré-
fente de répréhenfible , pour ne pas re-
venir plufteurs fois fur les mornes chofes.
()) Toutes ces prércniiotis prifes à la
lettre ne nous paroilTcnt pas aifex fon-
dées , pour être propofecs , comme des
règles de diplomatique. Leur auteur au-
roit bien fu y mettre de fàgcs excep-
tions au bcfoin. Mais , comme d autres
pouroicnt en abufer i i! nous femble
ncccffairc de difcucer fu^famment ces
qucftions , pour en prévenir le mauvais
ufage. Si Ion Inrardc fouvcnc des cri-
tiques tcmér.iircs i lorfqa on a pour ad-
verfaire un fi grand homme : que fc-
roic-cc , lorfqu'on c(I fondé à fe préva*
loïc de fon autorité!
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DE DIPLOMATIQUE. n<,
M. le Blanc, dans fon Traité (a) hiftorique desmonoies, n’a
pas rendu, avec (i) exaéUtude , le fyftcme de notre auteur.
(i) Trois planches de M. le Blanc
fcnfermenc les monoies de Charlema-
gne. Dans les deux ptcmicres j où il
ne porte que le cicrc de roi : qaaod
(ba nom n'ed point en monograme ,
invariablement \b) il commence par un
C. Cela fe vérifie fur 2.6. pièces de
monoies : première preuve contre D.
Mabillon , que l ulage n'admertoit pas
indifèremmenc te K& le C fur les monoies
de Charlemagne. Une pièce d'argent
de ce prince , inconnue à M. le Blanc,
nous eft tombée entre les mains. Llle
cil prècifèment , dans le goût de celles
de la première colonc de fa deuxième
planche : féconde preuve » que , dans la
fabrique des monoies , la manière d'è*
crirc te^nom du roi Charlemagne par
un C D*èfoic point encore alors fujette
à des variations notables. Une autre
snonote de ce monarque ^figurée p. 797*
O. 1. de VAl/mce M. Schoep-
flin , rend par un C le nom de ,
avant qu*it fut , félon notre auteur, par-
venu k Tempire : rroil'ème preuve , que
cet ufage èroit uniforme ou du moins
ordinaire. M. Eckharc , au 1. tome de
fa France Orientale p. 9), a fait cirer
quarante monoies , où le nom du roi
châtie commence toujours par un C , &
trois, ou le K cfl la première icrcrc du nom
de cc prince devenu empereur : qua-
ttijhie preuve contre l'incondance de
Tufage de cer tcccrcs , du temt de la
royautd , comme durant l'empire de
Cliaticmagnc. Au tefte Eekhait em-
prunte de M. le Blanc une partie de Tes
4). médailles.
Voyons maintenant cc qui cdfulte des
monogrames de Cbaticmagne repré-
fent^s , dans les planches déjà citées du
Traité des monoies. Sut les quatre feu-
les médailles , dont le champ renferme
aurant de monogrames , trois commen-
cent certainement pat lé C. Quoiqu'il
manque deux petits traits au premier
caraéiére du quatrième ; il ed plus natu-
,rcl de l'adjuger an C , qu'au K. Sur
£tpt moDoics d'EcIthaie , ponant le
monograme de Charle s fept ont le C
à leur tête , & deux autres font équivo-
ques dans Cf planche ; quoiqu'il pré-
tende , que l'une des deux commence
par le C. Ces monogrames ne s'acordent
donc pas avec ceux des diplômes de
Charlemagne , cités par D. Mabillon.
Ils peuvent faire douter ; li l'ufagc de
les commencer pat un K étoit uoivet-
fcl , & de tous les rems de fon régne.
A l'égard de la troilicme planche de
M. le Blanc , ou le titre de roi cède
la place à celui d'empereur ; il n'ofe (c)
décider , auxquels des trois empereurs
du nom de Charle ces monoies doivent
être rapottées. Mais , à en juger pat
le poids , il donne celles de la première
colonc à Charlemagne. I.à crois légcu-
des montrent fon nom écrit par le C,
Si trois par le K; motif de douter j lî,
aultirôc après Ion couronement à Rome,
il voulut , que dans les diplômes le IC
lût toujours la première lettre de fon
nom. Car pourquoi n'en auroit-il pat
ufé de même à l'égard de monoies î Au
contraire û les monétaires alors com-
mencèrent fculctueot à fc pteter à un
nouvel ufage j l'ancien n’étoit donc pas
fuphmé,par aucune volonté du prince.
Des- là rien n'empccha les écrivains des
diplômes d'ohfcrvcr l'ancien ulâge , fui-
vant lequel on écrivoit par un C le
nom de Charle : d'aurant plus que ,
dans rhyporhefe du doélc Benédiélin , il
avoir été général , Si fans exception
jufqu'alors. M. ScboepBin (<é) vient de
publier une pièce de raonoie , qui réu-
nit, dans la pcifonc de Charlemagne,
les deux titres d'empereur & de roi.
Le nom de Charle en latin s'y trouve
écrit pat un K. Le favant académicien
conclut , des deux pièces , qu'il a fait
citer, que les monétaitcs'n'avoicnt au-
cun ufage cooHant fur laptcmière let-
tre de cc nom. Mais en diflioguant les
rems , il paroit alfcz de confiance , dans
la pratique des monétaires , jufqu'à l'é-
ublifTcment de l'empire chez les Fran-
çois. Ua fcol monograme de Charle fe
£ e ij
II. PARTIE,
SSCI III.
CH*f. IV.
(*)
{b)P*i,%y. I».
(f)Pqjrpz.
(J) IM. ». a;
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II. PARTIE
S I C T. III.
Chat. IV.
(a) P^X» 111.
(b) P»i« III.
(t) PMgeixt.
(«) Pngt 14t.
(/) Pa/« I4<-
120 NOUVEAU TRAITÉ
t
» Le nom , dit-il , de Charlemagne eft prefque toujours
» écrit par un C v ce qui convient avec la remarque du fz~
» vaut Père Mabillon , qui afllire que cet empereur écrit
» toujours Ion nom avec cette lettre dans tous les titres
■> qu’il a vus de lui. '• D. Mabillon dit précifément le con-
traire , par rapovt aux diplômes de Charlemagne empereur.
Les monoies antéi ieures à cette époque ont bien réelle-
ment quelque chofè de plus , & les diplômes de moins uni-
forme , que ne l’avoit cru l’auteur de la Diplomatique. On.
trouvera , dans la précédente note , la preuve de l’une de
ces alTertions. Il nous relie à (i) donner celle de l’autre.
trouve , dans h colonc de M. le Blanc ,
ainbuéc à Charlemagne. Or elle n’ad-
niei que le C : nouveau motif de douter
de l'uniformiid de l'ufage , de commen-
cer p.it un K les monogrames de Tes diplô-
mes. Sur lia monoies de la t‘. colone ,
planche, cinq nomsdeCharle em-
pereur ont pour lettre initiale le C , &
un feul le K. Tout le contraire devoir
ariver ; Tupoff que le premier eût été
dès lots bani de Ion nom.
Si nous examinons eclui des rois les
fuccelTcurs dans le Blanc , nous en («)
verrons trois commencer par C , un (b)
par K, un (r) par C, quatre (J) par C, cinq
(r) par C, dix (/) pat C, & deux parK.
Ces derniers apartiennent à Charle le
limpic. Donc , (bus les Carlovingiens ,
le C s’eft toujours maintenu fur les mo
noies , dans le nom de Charle. Donc
il y fut employé plus fouvent , que le
K. Le contiaire ne palTa donc jamais en
loi , ni pat rapott aux monoies , ni
probablement par raport aux diplômes.
Le C. plus commun que le K fur les
monoies doit nous porter à croire , que
dans les diplômes le K ne lui aura ja-
mais donne reiclulion.
Quoique, fur les monoies Carlicnnes,
le K foit régulièrement la première let-
tre du ntonograme des autres empe-
reurs ou rois du nom de Charle ; on en
remarque , qui commencent par le C.
Telles font deux pièces de Charle le
ch rive , & troh de Carinman hls de
Lo s le bègue. Donc l'ufage epofé ne
tut pas invariable, & l'on poura toujoots
argumenter des monoies aux diplômes y
des qu'on fera influer les ordres du prin-
ce , dans la manière d'écrire Ion nom.
Jufqu'à Charle VIII. tous les noms
des Charles de la ttoifième race , écrits
foit tout au long , (bit par abréviation,
foit par fîgle , (ur les monoies , ont tou-
jours commencé par le K. Sous Charle
VIII. on rapeta l'ufage du C : néan-
moins la plupart de fes monoies ont
encore le K gothique pour lettre initiale
de fon nom. Comme il s'en faut bien ,
que l'uniformité , qui règne à cet égard
fur les monoies des'Ca^ticns , ju^u'à
Charle VIII , fe foutienne fut celles des
Carlovingiens ; n'en peut-on pas tirée
quelques induélions contre la prétention
Je ceux , qui exigeroient , que cous les
diplaocs des Charles de la (econdc race
commenfalTcnc inviolablemcnr leur nom
par un K , depuis la rénovation de l'em*
pire en OcciJcnc >
(t) L'orthographe des lettres de nos rois
fut aulli celle de leurs diplômes. Onze
lettres de Charlemagne , (eulemcnt roi’,
commencent par K , & trois par C. Mats
depuis fon empire j fur trois de fes let-
tres , le C a la préféance dans deux ,
& le K dans une. Tons les capitulaires
de Charle , ne portant le titre , que de
roi des François de des Lombards , nous
prefentent fon nom écrit par le K. Voilà
donc prcfquc par-tout , au fujet de l’u-
fage de ces deux lettres , les obfcrva-
tiens de D. Mabillon contredites , te-
lativement à des pièces , fort voilines
I des diplômes. Ceux-ci mêmes n'y (bat.
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DE DIPLOMATIQUE. m
. -Qu’on ouvre la fécondé édicion (a) de la Diplomatique :
on y verra paroitreun diplôme de Charlemagne de l’an 7^ ,
où fon nom eft écrit par im K. On ne peut point s’en pren-
dre aux copiftes : il dl tiré fur l’original par l’honfme , qui
craignoit le plus de s’écarter en rien des fentimens de D.
Mabillon , qu’il regarda toujours comme fon maître. Celui-
ci fe feroit fiirement rendu lui-même à une autorité de ce
poids ; s’il avoir vu l’autographe , communiqué depuis fa
mort à D. Ruinart , par M. le duc de Chévreufe. Ce n’eft
pas tout encore : D. Félibiena publié , d’après l’original, un
autre diplôme de Charlemagne , de l’an 77^, également
décifif pour le K. Trois diplômes , revêtus des mêmes pré-
rogatives d’autenticité , fervent de pièces juftilïcatives à
l’hiftoire de l’abbaïe de S. Germain des Prés de D. Bouil-
lard. Ces trois originaux apartietment aux années 77 a. 779-
yi6. Tous trois repréfentent le nom de Charlemagne écrit
par üil K , mais le fécond le fait plus d’une fois. N’en eft-ce
pas affcz pour contrebalancer d’une part l’opinion de notre
célèbre Bénédiâin , & pour i’inArmer de l’autre ?
Au fujet du K , qui doit toujours commencer le nom des
pas toujours aiiin tâvorablcs , qu’on le
pouroit croire. De quelque manière qu'on
envifage la qucilion j il n'cfè pas polli-
ble de réduire fur le point conielèé ,
ni l'uCigedu K au*it*. Itèclc , ni celui
du C au VI 1 1' , dans tes diplômes car-
lovingiens. Dcui de Catloman Se un
patte de fon frère Charlemagne font
commeneet par le K le nom du premier.
Pourquoi donc fùpofer cette lettre alors
banie de celui du fécond ?
Dans la collcélion des diplômes de
Charlemagne , donnée par {bj D. Sou-
quer ; nous en comptons feize , où le
K fe voir autant de fois à la tète du nom
de ce grand roi ; St dix , où vingt fois il
ocupc également la première place. Au
contraire , depuis répoque de fon em-
pire , la même collcAon nous ofre lïx
diplômes, où le C tient le premier rang,
parmi lès lettres de (ôn nom , St deux ,
où il le prend quatre fois. Sur trentt-
qnatre diplômes imputer aux copiées
quarante • üi fautes , par rapott il la
feule première lettre du nom de Charle,
commençant par C : St ne vouloir re-
conoitre aucune eitenr du même genre ,
fur un plus grand nombre de pièces , pat
rapott au K , placé dans les mêmes cit-
conlhinces ; la fupofitton pMoittoit ex-
traordinaire. Noos la pailcrions toute-
fois au favant D. MabiUon y s’il ne
nous fburninbit pas lui-mème des ar-
mes pour la combatte. Oui , fes Ana-
Icéles , fes Annales , fes portcfcuillea
renferment des diplômes , où le nom
de Charlemagne commence d’une ma-
nière opolZe a fa prétention. N’en pou-
roit-on ^as conclure , qu'il ne tenoic
pas fort a la doublé opinion , avancée
fur la lettre initiale du nom de Charle-
magne , avant St depuis (on empire >
N'en pouroit-on pas même conclure ,
u’il l'avoir abandonée 1 Mais que faSt-
e plus , que fa (r) Oijloirutique , pour
donner une ateinre elTentiellc à l'iifage
confiant du C , dans les diplômes anté-
rieurs au IX', lîèclcr
--.sw« sa»..'
II. PARTIE
Si CT. 111.
C H 4 P. .1 V.
(4) Pajr <4j.
(t) Rtrtim fimei
ferift. t. J.
(c) Pagre <4j:
n»m). tdit.
DigiiicEd by Google
Zll
II. PARTIE.
S t C T. Il I.
C H AP. IV.
(a) Pa^« If.
Unifoimité des
L de divers peu-
ples -.varidcd des L
cyroaienncs : L
lur les médailles
égyptiennes îc fy-
riennes , ou le Lj-
tshms : forme de
l'L des marbres ,
des mll^ des diplo-
NOUVEAU TRAITÉ
fucceïïeurs de Charlemagne ; Eckhart , au fécond tome de
fes Commentaires fur la France {a) orientale , prétend , que
des exemples contraires à la remarque de D. Mabillon ne
permettent ( i ) pas de s’y rendre. Pour apuyer le jugement
du doéte Alleman ; contentons - nous d’obferver , que fur
287. diplômes de Charlele cliauve, imprimés dans le vi 1 1®.
tome ae D. Bouquet ; nous trouvons le nom ce prince
cent (1) trente-neuf fois écrit par un C ; que plufieurs de ces
diplômes ont été pris fur les autogr^hes , & que les memes
originaux & autres admettent à la fois l’orthographe du C
& du K.
Il feroit inutile de poulTer plus loin l’examen de ceux des
autres princes Carlovingiens. Leurs monoies nous répon-
dent de la variété , qu’on découvrirolt dans leurs chartes.
En voila fans doute anez , ^our favoir à quoi s’en tenir, fur
celles du viii'. liècle , ou le nom de Charle commence-
roit par un K, &: fur celles du ix*", où il commenceroit par
un C. On doit comprendre , qu’il n’en peut réfulter ni moyens
de faux , ni motifs de fufpicion.
XI. Nulle diférence entre nos L , te celles des Samari-
tains , Syriens , Gaures , Arabes , Arméniens , anciens Grecs ,
Etrufques. Celles des Caldéens ou des Juifs ne s’en écarté
un peu , que pat une queue , ajoutée au bout de fa balè.
Les autres nations d’Europe , dont notre premier volume
renferme les alphabets , ont vifiblement emprunté le A des
Grecs , tel qu’il étoit il y a deux mille ans.
Ces deux fortes d’L , qui pourtant ont une meme ori-
gine , te. une meme forme ; quoiqu’elles diferent dans leur
poûtion , ne Ibnt pas feulement employées , dans les notes
(2) Si vous exccptei , dit-il , les
plaids , qui o’^coicnc point écrits par le»
notaires royjuz » dans les autres diplô-
mes ordinaires , vous trouverez plus
ratemcDt te K , que le C. Et quanta
Cbartcmagnc , il cite uo diplôme de S i } .
d'après I aucog aphe , oii le nom de
Charte cfl écrit CmtoIms.
A Toca.'îon du moDOgramc des mo-
fioies , commençant par un (■ î il donne
(i) pour incontellabici qu’à fa place on
cmpbya le K > quelques diplômes
origioaiix : mais ordinairement , félon
lui , le C tient le premier rang dani
ceux , qvii furent drclfés en Italie.
(1) il ell ditîcilc de croire , qu’il y
ait là cent trcnie-ncuf fautes de copillcs,
& que dans les noms de Charte le chau-
ve , bien plus fouvent écrits par un K •
il n’y en ait aucune. Nous acorderons
néanmoins fans peine , fur le vu de plu*
(leurs originaux , que le K , depuis le
ix^. (iccle , commença pour l'ordinaire
le nom de Charte dans les diplômes.
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t)E DIPLOMATIQUE; 213
tyroniennes : mais les(i) ficiiacions de l’L latine y font cres- ^
variées. On la tourne vers la gauche ,on la renverfe , on la
place obliquement , avec plus ou moins d’inclinaifon , avec Ch*p. iv.
plus ou moins d’ouverture. Quant à fa figure , on ne la
change point autrement , t;u’en rendant fon angle foit aigu ,
fi l’on raproche la traverfe du bout du montant ; foit obtus ,
fi l’on l’en écarte , ou meme fi l’on la courbe un ^eu ; ou qu’en
rétranchanr toutafait la traverfe , fans fupreflion de bafe ni
de (bmmet.
L’L latine , trouvée (i) fur un grand nombre de mé-
dailles grcques , a donné beaucoup d’exercice aux favans. \
Comme elle eft toujours jointe à des lettres vifiblemenf nu-
mérales -, nous ne conoilTons que Cafaubon , qui l’ait pri-
fe (3) pour un tr-ait de féparation d’écriture , plutôt que
pour ime mefure de rems. Le P. Petau (a) ne (ak fi c’eft f,) jj^. tm>f.
la marque d’une année ou de quelque chofe d’annuel. Le W. n.r.io.^
P. Hardouin penfe , que ce pouroit être un gamma fr
renverfé. C’eft furquoi , comme fur plufieues autres articles,
il a favamment été réfuté par le Cardinal Noris. Scaliger
(l>) fuivi de Reinefius ne voit dans cette L que des luftres. {t) Enaul.ttmf.
La plupart lui font fignifier \ année du règne d’un prince , •iii.Ctnn.\6x^,
ou de toute autre époque. Ceux-ci fè partaeent en deux <83.
opinions. Salvmi fupole , que cette lettre veut dire îrovç chrm. E»/**.
année. Ainfi ce feroit un véritable E , auquel il manqueroit ;-^»4-
deux traits. Par-là difparoit l’L myftérieufe. Mais eft -il
(1) D. Carpentier , dans (bo alphabet
tytonicn , a mis une ^ parmi les N,
ne faifant pas atention , qu'au mot »i-
M , ce n'elt pas la prcmièic lettre , mais
la dernière , qui ell expiimèe par la
note ,à titre de piincipal & d'unique ca-
raèicrc. Voici les c^uatre notes ryronien-
nes de cet auteur ; 1, A ^ wS. . Il fa-
loit du moins y ajouter éé. I
\ ^ y /V ^ qui pouroient être
dillins^aèes en plulîeuts nouveux genres
& nouvelles efpéces. ,
M Elle a quelquefois la figure d'un
renverfe.
(î) Il taxe (e) le fentiment contraire
au fïen , d'inéprie le d'abfurditè. Se fe-
roit-on , dit-il , fervi fur des roonoics
d'une cxprcnîoa po'ctique lî éloignée ,
de l'ufagc , en Ct contentant même
de la marquer par une feule lettre i
Mais le terme Lyesiiu n'efl poétique ,
que parcequ'il eft ancien. On a fba-
vent afcéié de confcives les vieilles mo-
des fur les mouoies. Ce mot pouvoir
être tics-commun en certains pais : il
étoit d'ailleurs lié avec la fupcrfliiion ,
comme on le verra bientôt. Quelle né-
cellité de fc fervir de deux traies en
équerre , pour féparet nn ou deux clii-
ftes du tefte de féciirere i au lieu d'em-
ployer ces mêmes traits , pour marquer
en abrégé l'année , qu'il faut toujours
fousentendre, fuivant Cafaubon ! Ne va-
loic-il pas mieux rexptimer par un £
ou pat une L }
(e) AnimMiiv. ôa
C. Sueiùtiii — •
lié. i.p. 170.
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■îT’iV.ïî;-."'' ■
II. PARTIE
S s C T. III.
Chat. IV.
i
xi4 NOUVEAU TRAITÉ.
croyable , que fur un fi grand nombre de médailles d’Egypttf
Sc de Syrie , fans parler des infcriptions (i) lapidaires
ait oublié conftamment deux traverfes de l’E ?
L’opinion la mieux apuiée , Sc la plus fuivie , quoique
traitée avec beaucoup de mépris par Scaliger &: Cafaubon ,
rend l’L par le terme Ai;*aÇaç. Que cette expreffion chez
les Grecs figmfiàt année , nous en avons pour garans (i)
Elien &: (3; Macrobe. Nous pourions meme ajouter (4)
i.t.ji. Homère , qui l’emploie en ce fens , une épigramme (a) de
l’Anthologie &c plufieurs anciens (3) monumens grecs.
Quoique I L ordinaire , à angle droit , puifle être de l’an-
tiquité la plus reculée ; celle dont l’angle aigu eft formé
par le concours d’une perpendiculaire & d’une tranfverfale ,
caraélérife encore plus lurement le meme âge. Le P. Sirmond
(i) Oftr» vurtA. [b) obferva cetre |, {6) dans la fameufe infeription de Lu-
*. 4. ul. i»«- cius Barbatus.
(c) Gréutrim SI-
174S.
f. 100, 10t.
(d) Vni.f. lo).
(t ; Dt eptchii Sjt-
râ-mscfd. t, t.
Diftrt. 4. eel. J oS,
)0l. JS4.
(/) Difif» d^n
Mlfhtkttt d*xlt AB>
iM
p. IM-
(1) Atli»» dt A-
nimMl.Uh.\o.e
(h) Sslura. Ub. i .
». 17.
{l)Odyfl.
(/; Thef.GrU.
t- 10} t.
( I ) Quoi^oe le nombre n'en foie pis
auflî grand a beaucoup près , c]ue celui
des médailles >M le marquis Mafféf(c)
eu cite une , qu'il avoir fous les yeux ,
où le caraâcre L , pour lignifier lycAbsi
efl répété plus d'une fois. L'antiquité du
mot icpoud i celle de la lettre. Telle
étoit en éfet chez les Grecs fa première
ferme. Outre le rcfecé) pour les anciens
ufages , qui aura fait retenir ce carao-
tère ; M. Maffei (d) prouve d'après le
Cardinal (<) Notis , que la crainte d'u-
ne équivoque a pu engager les Grecs à
donner à l'L Ia préférence fur le A ;
depuis qu'ils eurent commencé à fe fer-
vir du dernier | comme d’un ligne nu-
mérique. Qu’on eût écrit pat exemple
A B pour AviùSa>tis C } on auroit dou-
té , s’il faloit interpréter ces deux let-
tres Atm» ) i ( ou AtiAo 1°. Du moins
auroit -on été forcé de mettre de fuite
deux A , qui auroient eu deux lignifi-
cations ^férentes ; ce qui auroit caufé
on embarasplus conlidérable Au moyen
de l'L , toute ambiguité cellê. M. Gori
( f) foupcone, que l' y/ fe trouvant Icu-
le , dans les monun.ens étrufques , pini-
roit avoir la meme acception, St ligni-
fier les années de la vie des perfones ,
dont ils anoocent la mort.
(1; Lii rUXTA (g) lis T<^«> Tl'l TV ^a’v
xiaAaduf x<u rSr triaurlr AuxdCaira iivi»
«i At/«vri : fmu qui exifiimint i» htAf
rem Anim*lh ( liifi ) Aunum lyeAbAAtA
AtminAri,
(l) Ammm (h) quAqxe veii^ijjlmi Grâ-
centm AtnuiCarra AfellAAt t«i «'»• tÎ Av-
acu, id efl, feU ^ fiirfê/eutt. Av-
a«r AMiem fiiem vecAri ettAm LycefelttAAA
ThebAutot ehiiiAi teftimenie efl 1 quA fAri
relipme ApeUinem itemque lufum , hcc efl
Aiiatr , eetie , in Ureque felem venerAAt...
ipfci qmeqxe Avaiw eieri rte Avais , id
efl , A primi iMce ApeltAlei quidAm putAAt,
(4) Tev l’avTsr AvaâCorrBs «Atvviraf
•rSii’ ’Oîvririvs. Hec ipfe Ame hmeve-
Aitt (i) Vliflii,
(}) E'yld mÔivs AvaaCarras Ivo
Strras ïÇ«»a .• feptem lAAiiem aaa»i fe-
mme cum mtAfe (t) perefi. B'S!' qmc' u(
li'aaTfii Tl Bi'cv AvaâCaira vigarva: Dxm
vite excurrit decimxs miht jeptimut
AAAAt.
{t) Telle ell celle , qu’Edonatd Ber-
nard nous donne , pour avoir eu cours
^vant l'Incarnation de notre Seigneur.
On en trouve , il elf vrai , des exemples
au rv*. liècle, & même encore bien plus
tard : mais alors elle eft fcnfiblemcnc
tranchée par les bouts : ou , ce qui anon-
-ce les bas fiècles ; dans la majufcule , Iba
angle eft aroodi ou mixte.
L’L
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DE DIPLOMATIQUE. tif
LX à angle obtus ( i ) ne remonte pas fi haut. On . ^
diroic quelquefois , quelle n’auroit pour bafo ou tra- l*- partie.
verfe , qu’une eo renycM^e , &, pofée horizontalement, chàt. Vv!
(i) ou même un peu dMquement. Ainfi figurée elle eut
cours , du moins jufqu’au vi 1 1*. fiècle. Les mflT. en capitale
l’employoient encore ajors , mais avec des traits moins alon-
gés. Au v'. la bafe de L commence à fe courber fimplemenc
en defibus , fur-tout dans l’onciale , & cette forme dure
jufqu’au ix^. Il ne faut pourtant pas compter , qu’elle foie
fort confiante , ou même qu’elle fe rencontre , dans tous
les mlT.
Au tout des IX. & x‘. ficelés , on vit des L fiirmontées
d’une longue horizontale du côté gauche : ce quipouroit les'
faire prendre ('3) pour des Z, dont la figure lemble d’ailleurs
fouvent afeûée à l’L. Quelquefois leur tra verfe paroit-
entrer , comme un coin , dans la perpendiculaire , un peu
au-defiiis de l’endroit , où elle a coutume de la joindre. Au
lieu d’une horizontale , partant prefque du milieu de la
perpendiculaire , il en nait une ligne oblique , menée vers
le bas, prefque à la manière du lambda grec (k) ;el]e peut «
apartenir au vi. ou vu', ■fiècle. Ce n’eft point fans quel-
que fondement , qu’on la regarde comme barbare , quoi-
qu’elle fok vifiblement grèque d’origine.
Quand l’L fe confona avec l’I , ce n’efi pas un figne de
médiocre (4) antiquité. L’I minufcule aprochant de cette
( I ) M. Footanini ( • ) remarque, <fa-
{ir^s Buonarruoci , quelle fe voie , dans
es monumens du ni*, lidcle. Il autoic
pu ajouter , du premier te même asaot
J. C. SouTcnc apids serre un peu cour-
bée en dcITous . elle le fait aulE en
delTus.
(1) Les exemples en (bot rates , dans
récriture cutlïve. Ils le paroilTcnc cepen-
danr un peu moins , avant le z*. fiècle.
4u telle à peine pouroir-on fixer quel-
que tems , où l'on n'en découvre : mais
ces bafes ou traTccfes , au moins depuis
le XI* , fe montrent d'une petiielTe ez-
ftème.
( ( ) Les plus anciens mit en iniiqif
Colc nous ofrent des > qui , quoi-
3u atondics haut Jt bat , ne lailTcot point
'avoit ,de la confnroiicd avec les Z :
Tome //.
parceaue les courbures des unes oc Ce
répoo^ac pas moins ezaâement > que
les horizoncalcs /fes autres. A plus forte
raifoQ la fné6)c ob(ervationat elle lieu»
lorH^ue IV miaurcule prend un £lux ait,
d' Z contournée.
(4) Ccct doit être reftreim ï une ref*»
rcmblance rt|^oureufe, 6c fcuJcnieDt aux
mfT en onciale. La minufcule 6c la cur-
iive de tous les tems ont eu beaucoup
d*f de , à être aifêment confondus
avec les Nous n>o cxccpcons pas
même les derniers ûêcles , 4 cofnmcoccc
depuis le milieu du xi 1 1*. )ufc)ufau re«
nouvellement de la belle écriture : quoi-
oae durant cet iiitcrvalc IV 6c U atene
iU diftingués par des traits , qui ne pcr<
mettent pas ordioairemeac de t'y ni*
prendre.
(4) Di S. Vtpp*
ttf Colcmint
m4mcm§%
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II. PARTIE.
St c r. PII.
Ch Af. IV.
116 NOUVEAU TRAITÉ
ügure , &: mclée (i) avec l’onciale , n’en eRpas un Indice
moins décifif.
Les Lmajufcules, façonées en trapèzes , ou prelqueen ca-
rés , nous donnent le plein gothique. Leurs autres caraâères
font trop multipliés , pour pouvoir ici (s trouver repréfcn-
tés ou décrits. Après avoir formé un angle fort obtus , ou
même fans en avoir formé , fe courber en fe relevant ; c’eft
un des traits les plus propres des l minulcules , apelées lom-
bardiques. Les mérovingiennes prenenc Ibuvent la hanne'
un c par le bas ou d’un t en chvre arabe , en fe courbant
par le haut. Les L faxones tiennent beaucoup de la pre-
mière de ces figures ; fi ce n’èft , qu’elles ont fouvent vers
la tête un faux air de triangle.
VI curfive romaine , prélentée dan» fa plus grande fim-
plicité , s’éloignoit peu de la nôtre. Livrée à la hardielTe (i)
de fes traits , ou liée avec d’autres lettres ; elle fe traver-
foit une ou deux fois , fuivant tous les fens imaginables.
La même reffemblance avec notre / curfive , fe &ifoit fen-
tir dans lès traits montans ou defcendans ; lorfqu’ils ne fè
touchoient ou ne fe coupoient pas. Quelquefois il ne fôr-
moient qu’une petite rondeur ou une ovale par le haut.
Cette partie prenoit Ibuvent la figure d’un basant fblide ou
percé a jour : caraftère , qui duroit encore au vi ti..&; ix®'
fiècles , pour ne pas defcendre plus bas. Quelquefois l’a-
rondiflement (o ) ou bas des / enformoit la balè ; ou bien elles
s'élévoient en angle aigu par une ligne , qui fe rabatoit en
courbe abaiffée , puis fe relevoit aufiitôc , toujours avec la
même courbure. En quoi elles le raprochoient beaucoup-
des majufcules.
L’/ curfive eft une des lettres , qui monte plus haut dans
la ( 3 ) Caroline. Cette écriture n’étoit pas encore pafTée 3
(i) Elle eft (r^<]aente , dan< plolïcan
mlT. en onciale des v. t( vi’. fîèclet. On
en peut jni>er par ceux des Raadedes de
Eloreace , du &meux Evangile de Cor-
bie . du beau S. Cypricn de l'abbaïe de
!f. Germain des Prds ft de tant d’antres.
(a) Cette bardielTe de traits j qi/on
at Te tafte point d'admirer , ne palTc guè-
re le vi i*. (iècle , au^el elle cnfomeD-
ccà.rouftiiiuD grand dècbci.
(f) Elle Te termine , comme les autres
lettres élevées aa-delfus de la ligne , cir
pointe trés-afilde , Sc tonjoursplus od<
mrnns intlinéeven la droite. Cette pom'
ce -ptiDic Ibuvent rompne an x’. hècle;
Après fa bnfurc , elle fe porte conf.
ràmnicnt vers Fa droite , pac une ligne
(bit harixontaie , foie obliijoe , qui nad^
met, que raremeDt,qnelqoe l^crecoaiba-
re. On- uoove des f? ^bnucs,aoxxix'.
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t
DE DIPLOMATIQUE. *17
lorrqu’On vit 1’/ fe coutber en f (i) par le haut , ou {vorter
une ligne oblique , tournée vers la aroice. En la rabaifTanc
de haut en bas , il en réfulte , au x 1 1 1 ' ficelé , une efpcce
de C renverfé , qui , à force de le raprocher , fe réunie ,
ou peut s'en falut , avec le montant de l , des le commen-
cement du xiv' ficelé, & encore plutôt. Dans ces bastems ,
on remarque d’autres / , dég^^ées de traits courbes , mais
velues ou chargées de poils , ou hérilTées de pointes , egm-
me pat étages. Ce dernier caradère convient mieux
jnaiulcules ic minufcules , qu’aux curfives. Les / tremblan-
tes commencèrent vers le milieu du vi 1 1^ fiècle , & ne
prirent fin , qu’apres celui du xi i‘. Avant Ibo déclin , les
traits lèrpentans fur les l croient fort à la mode en Alle-
magne. L’/ curfive eft une des lettres , qui réunit autrefois
les deux qualités orofées de monter au-defius (t) & de def-
cendre au-defibus de la ligne.
XII. Notre M (ê reconok ailément , dans le pjiénicien-
lâmaritain , le grec & l’étrulque. Sa difèrence efi fi lé-
gère avec l’hébreu - caldaïque le plus ancien & le fyriaque;
qu’au moyen d’un petit trait , elle cefiferoit prefque d’etre
fenfible. Au contraire les raports de notre M avec celle des
Arabes ne font plus de nature , à pouvoir être faifis. A l’é-
gard de toutes les autres écritures , donc nous avons cou-
tume de parler , il y a plutôt identité , que refiemblance.
Une choie crès-rematquable ; c’eft que notre m minufcule
& XIII*. fliclet ; mais leur ligne fup^-
xicuie fe courbe toujours , & leur moa-
tanc n'a que peu de hauteur. Ces brifu-
res oe rupolenc point réparation. Une
▼taie interruption de traits fe fait teniar-
uet , dans dea / du ix*. fiécle &
ans quelqoes-nnct du xiv*. & des fui-
vatu ; mais la 6gnie des premicics &
des dernières ell Uen diféreote.
(i) Cette courbure convient alTez au
,xti*. liccle, où l'on peut fixer la fin de
i'ècriture Caroline. Alors cependant les
f 1 à cornes ou à double pointe fu-
périeurc étoient plus communes. Sllcs
fe foutenotent encore au xi 1 1 * , & mê-
me aux fiècles fuivant : iqais leur crédit
diminuoit toujours un peu , C ce n'eft
dans U mioufcale.* Ces deux tiaiti de
plus en plus prolongés & couibés pro-
duifirent , dés la fin du zi ii*. fiéclc &
le commencement du xiv , des ^ %
clolès des deux côtés, ou feulement d'une
fart, Sc confidéiablcmcnt courbées de
nuire.
(i)On en trouve quelques exemples,
avant le ix*. licric. Ils font plus fré-
queos , dans la capitale. L'/ des écii-
tutes alongécs cclTc de monter au-delTus
de la ligne , au ii*. & même plaint en
lulie Ou relie l cqrlive , après s'étte
élevée très haut , jufï]U'à ce tems , com-
mence alors , ainfi que les autres lettret
de même nature , à fe cacou cir. Cette
dimiiiucion continua jurrju'an xiv*. liè-
cle , où l'élévation de I'/ , au dclTus de
la ligne , dcviuc peu conlidérabic.
II. PARTIE.
SxcT. iir.
CHar. IV.
Raports de no-
tre M avec celle
des autres nations:
là figure dans les
notes cyronien-
nes : induâions ,
qu'on peut tiret
de fa forme , pour
fixer l'age des é-;
cticnies.
\
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II PARTIE.
•ÎICT. IM.
Ch AF. IV.
(a) Viynlet *1-
fhmhttt dt notre i .
volume, ft. VU.
\zi NOUVEAU TRAIT.È
(a) n’efl: pas moins renfermée , que la majufcule, dans Téî-
rriirque &c le famaritain , fans changer fa polition dans celui^
là , mais en la renverfant de haut en bas dans cekii-ci'.
Quelque { i ) forme que les notaires tyroniens donnent à
f M ; rarement la rendent-ils méconoid'able. Avoir les deux
côtés égaux , mais plus obliques : étendre plus ici le pié
droit , là le gauche , avec divers degrés d’élévation dans les
angles , d’inclinaifon 6c d’obliquité dans les jambages : fe
wurner ou le coucher fur le dos , avec des jambages ou des
angles égaux ou inégaux , avec une pofition droite ou pan-
chée : s’incliner en des fens contraires , 6c manquer tantôt
du jambage droit 6c tantôt du gauche ; fe former d’une parc
en manière d M à contre fens , prolonger de l’autre perpen-
pendiculairement le jambage droit mitoyen , mener eniuite
une quatrième ligne Ibic horizontalement Ibit plus ou moins
obliquement : fe cantoner de biais ; enforte que l’M rem-
verfée ait une moitié plus longue 6c l’autre plus courte ;
voila en peu de mots les principales formes 6c polirions ,
que l’M peut prendre , en qualité de note de Tyron. Sans
s’arcter ici aux fuprellions de l’m , à la fin des mots, fi com-
munes , chez les Romains , furtout devant les voyelles ; nous
ne pouvons palTer (bus filence l’ufage , où ils écoient , de
ne peindre quelquefois dans leur écriture , qu’une panic
de (z) cette lettre , lorfqu’elle étoit fuprimée.
M. Mafféi prétend tirer un grantf indice d’antiquité , en
(i) Toutes les M tyrotuennes fc né-
dutfent a deux ciadlrs. La premicre ren-
Rrme des M à (quatre jamb::ges & la fé-
conde à trois. La première le divife en
nois genres : ea M , dont les pids font
tournés , i*. vers le bas , x®. vers le côté
gauche , ï®. vers It haut. Première claiTe,
I. re tenant fepterpeecs
*1 A» A* • ^
•'l . ^ci.rc W W 'K V »'•
clalTc.'A, W W .
La première note de D. Carpentier ren-
ferme une portion du premier genre de la
I*. cialTe & une a itrc du t®. Sa i® noce,
une partie de la af. clafle. Sa j*. une
du J*, genre : là 4*. une partie do ir.
gcarc & une autre du fécond. Ainu les
gemes font confondu» 4c plaficur» efj>«c*ï
omife»:j)oifqu'àu moins ton en doit com-
pter treiee, 4c au plus dia-ncuf,4c tjue fes
notes nen contiennent que neuf tout au
plus. Nous reconoitrioDs aufli , que les
cfpdces , ftirtout du premiei genre ne (e-
toicDt pastoujouts aufli I>icndi(Iiogadcs‘,
u'cllcs Pdtoient dans nos originaui ; fi
ans le tems m4me de l'impreflion , nous
n'en enflions fait refaire quelCjucs-unes^
(i) VcllB$l;ongi»d«Oi-rti>p-..cite Vei-
rius Flaccos , parmi ceq» , qui ne Ton-
toienrpas, qu’on écrivit l'M en cntictj
lorfqu’clle ne devoir pas être prononcée :
Ui nUcum^e frimn vex, M literi ft-
niretter ; fejueni i veeieli ineèperet ; M
nen teen , fed fnri illiui prier tnneùm
fcrUerelHr i Kl mppnreni exprimi ne» der
hrf. Pufeh. col. as)t«
r
DE DIPLOMATIQUE. tr,
Êveur des mfl*, qui font ufage de l’M capitale. On peut ” — »
voir ce que nous en avons dit fur le D. Les lapidaires partie.
(i) d’un contour ruftiquc ou négligé , & néanmoins régu^Wc*"’ Vy
lier , dont les jambages s’élèvent , au-deflii» des angles *îu*
périeurs, conviennent au (êcond liècle ; fok que leurs piés-
fè ponenc obliquement en dehors , ou qu’ils le ^Hent , en
fe courbant extérieurement de chaque coté.
Les M extrêmement bizares- peuvent caraftérifer les fie*-
des & le pais , où elles Ibnt nées. Revêtues de la forme de
l’H , du n grec, de 1’» , de deux I ou de deux poreaux , de
deux 00 , de r eo couchée , de l’ îl ou de l’O , renfermé dans
an 3 à contrefens , du <2 majufcule curlif , du grec , de
ÏjC , de deux tU minufcules ; elles ne s’anoncent , que du
moyen âge ou des plus bas tems. Les dernières figures fur^
tout tirent leur origine du gothique moderne. L’M eft fi
Êcoade en figures hétéroclites , qu’il n’eft pas polfible d’en
éfleuretmcme les principales. Nous ne conoiflbns point d’ (D
onciales ou arondies,foit des infcriptions/oit des mff. avant le
iv'.fiècle. Il leur eûeflentielde former, au premier point de
ionûion des deux courbes , un angle plus ou moins^ aigu.
Leurs do^ piés externes doivent aler à la rencontre l’ua
de l’autre, é«: quelquefois meme fe réunir. Autrement les
JIX. rondes (a) fentiroient le gothique.
Les mflT. les plus anciens en capitale ont fouvent des X\ •
dont les angles fupérieurs font alongés en jpointes oblîquesr
l^ur angle du milieu en forme d’V eft ordiqaireinent rnoins
aigu , que les deux aittres^, qui Pcnvironent. Des M compli-
quéesen forme de deux A , qui couperoienc réciproquement
(i) Ctiarg^M ie temt en. Kmr 4e
ToinroeK , elles apanjeaneoc i na âge
Hien moioe técul4. Les mfmes traies ]ilns
41^aos 8c plus réguliers pouronc fe ra-
potter aux rnsis premiers liécles. Cela
n’empéebe pas (ju'alérs , S même avam
la oaiflanee du Sauveur ; on oe voie
bien des M , deux jambages parallè-
les 8c (ans fQpcrilnicé , dans aucun de
leurs traits, Surmontées de courbes, naif-
Anc du haut des angles 8c d'une par-
Aice régularité. ; elles oe déCgnenc- pas
moins ces liécles , que les deux fuivaos.
, (») Telles éÔK «elles, dom les jçuiÂage*
*
extétieuts teflembleat i deux S, qui R te-
gatdent 8c pOtreocruruo I intennédiaire,
suqne] elles viennent aboutir. Sans avoix
encore tout' le vain aiitail d» bas go.
tbique, elles lôoc alors déjà cenfées de
Ton domaine. Ceft . Teloo Heionecius ,
aux XI. 8c XII*. lîecJes , qu'il en faut
(«jcbetcher lés prémices. Il ne les fait
pourtant commencer , dans fes alpha- .
bers , qu'aux x 1 1*. Mais l'M majulcnle, ''
vériablcroem cataâériftiqne du bas go-
thique, eft cotupoféc d'an O 8c d'une I
1. contooiDée.-
(•) D*
ilj.
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4
130 NOUVEAU TRAITÉ
— leur jambage voifm , remontent au-delà du x*. ficelé.
H. PARTIE. L*^ minufcule (i) paroit , des le commencement du iv';
Ciill, I pouroic être de beaucoup antérieure. Probablement elle
Tire fon origine de l’étrufque. La bafe de fon premier jam-
bage , prodiiifant avec lui un angle aigu , va-t-elle diteûe-
ment former letroiCcme jambage de l’ TU , après avoir cra-
verfé le fécond î c’eft , en fait de mlT, la marque de l’an-
ciquité la plus vénérable. L’/n minufcule eft-elle raclée avec
l’onciale ? c’eft un fécond degré d’antiquité , qui manifsfte
au moins le vi'^. fiede. Le lecond jambage nait-il du bas
du premier ? voila le . caradlcre du vi, ou vu*. L’un 8c
l’autre femblent-ils former une maflè, dans les piés del’jn,
par le concours d’un double (a) trait ? l’écricute fera du v i n*.
au moins.
On diftinguera la minufcule du ix*. decdle des fiiivans,
par les jambages de l’yf) 8c de 1’» , mieux nouris , 8c plus
régulièrement terminés en pointes , tournées d) vers la gau-
che. Le jambage du milieu plus court que les autres , eft
encore un figne du vi i. ou vi 1 1*. fiècle au (4I plus tard.
Les m ourfives roooaines font a peu près du même gé-
nie y fl ce n’eft qu’elles font {dus hautes. Avec des déliés plus
caraélérifés , elles furpaftent en hardiefte , en élégance ,
comme (j) en grandeur , les mérovingiennes , d’aiUeurs plus
w
«H/.l
t X.f.ifT.
, . J-'
(1) Avant le déclin da vi*. fiède, on
Smu/mt. ne la trouve point {«) far les monoies.
(1) Ce caraâére continae d’être três-
téciîble au ta', irêclc , dut les bulles
des papes i lunout pat raaorc au fccond
jamMge de l'm. Il en tede encote quel-
ques traces aux deux Tuivant : mais elles
deviennent plus équivoques.
' (} ) Ce u’el"! pat que les pointes de ces
lettres & leur direâion vers la gauche
ne Te lailTeat apercevoir quelquefois
avant & après le 1 x‘. ficelé , & meme
au-delà du Z I* : mais ce n’ell guère , ‘
que dx' t la curfive : mais leurs figures
ne font dèia plus fi bien proportionèes :
mais elles Ibnt dors tares k peu conf-
tames.
(4) Il ne fe reocontte^pooruat pat af-
ftz régulièrement , poir fonder un ca-
raâère, fut lequel oo pnilTe (bavent
comptcf. Mais quand il (è pcèlcote il md-
riic quelque atcotion.
(l) A ces trars , qui ne diftingneta
l'm tumaioe de la francogaUlqae ? £o
voici , qui feult untôt fufifem , le tan-
tôt ne (ufifent pas pour ce difcemcmcnt.
L'antique romaine n'a pat les cambru-
res de Tes jambages aigües : elles Te
changent , dans ta mérovingienne , en
véritables angles. Ce caraOctc efl dé-
cifif, ou peu s'en faut. Avoir les jam-
bages citéricurcment concaves ; ce font
des craies propres de la fcancogallique ,
k néanmoins empruntés de la romaine.
Quoique plus aparent dans celle - là ,
que dans celle-ci , ce caraQcrc fcul n’eft
pas fulifammenc diftinélif. Le milieu du
vu*. Cède ne patoic pas abiblumcnc
le terme de cet ulagc. L'Allemagne con-
linuc d'en laifier voir qudquct veftiget ,
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DE DIPLOMATIQUE. ijr
ferrées. Les faxones le font encore davantage , & mofltrcnt "
beaucoup de roîdeur. Les lombardiques/à jambages angu- ”
leux ou brifés , font poftérieures au ix*. fiècle. Les m caro- c «'Ir. i Y.
Unes devinrent plus aigiies par le haut , ou du moins plus
étroites , que les romames & mérovingiennes. Etre angu-
leufe en tous fens , ou chargée de pointes & de traits inu-
tiles ; c’eft le propre de l’Xtt. gothique , tMt minufcule que
curfive. On peut encore reconoicre la dernière , à d’autres ( i )
marques.
jufiju'au ZI*. Mai* aloiz la diniantioa ^
des m , &. rclacivemcnt à U cuiiîvc md-
rezingienne , leur proporrion rétablie ,
prériendroieiit tmit oimmpte ; fi tant
d’autres diféreacies ne le lendoieot coni'
ne iropo/Iible.
L’alongcmcDC du traifi^me jacnbaee
de tm , s’il eicède fort peu le rrcona ,
& (]u'il Te contbe foiblemeoi en dehofs ,
par des dflifs ou des demi-pleins , ca-
zaâdhfe bien en commua les dctintrcs
romaines ti fiancogalliqnes , mais ne
les dirceinc pas les unes des amies. Dcf-
eeod-t-il au-dclToas de l’in . d'environ
deux corps de cercc lettre , en t’aron-
dilTaat plus ou moins , dans ton exctd-
mitd , vers la droite i après s’ècre cour-
bé vers la gauche 7 ccite ondulation
fiiperflue prend -elle la ^me de l'S
aontoutnèe ou du % grec i la pièce ,
où elle fe manifcOc . ne fera pas ordi-
nairement , furconc en Allemagne , d'u-
ne antK)uitè rupèticure au x*. fiècle ,
mais elle poumit être plus rèeente.
Au vin*, les m des écritures alon-
gècs fout ptefquc too)oats k près iné-
gaux : Sr c'eft fouTcnt celui du milieu ,
oui fe trouve le plus court. L'inégalité
des jambages , moins exaâemeat gar-
dée au IX*. fiècle ; fur fbo déclin de-
'vint peu fenfïhle. An fuivans^ ils fc fer-
rèrent encore plus . d( fe tecminérent or-
dinaiaciBcnt , fîms s’écanex ni du ni-
Kau ns de la petpcndiculatre. Les let-
tret , M , a , font toujours fi eiaâe-
aaent renfennées dans la hauteur pié-
aiie de la ligne aioagée i qu’elles ne
gexcédeat jamais. Elles peuvenx ferrii
de règle aux antres , qui ne s’éléyeneni
ae s’abaifient pat de lenguas queues.
Lerfqna , fut la fin do a*, fiècle , oa
s’acDUtumc à fubfiiiucr les msjufculc»
anx minufcules alengècs , dans Ica di-
' plomes de nos rois ; l'i» & l’is ne eban-
gens point de %uic : on n'ea peut pas
dire toujon's autant de I’» , ni même de
r».& de r» par raport 1 l’Allemagne
fie à ritalie. Les Al etnntncnecnt à s’y
revêtit de la forme majufcule dans ré-
criture alongée , au moins dès le xi*-
fiècle.
Mais prefqne partout alors elles n’en
ptenoent pas d’autre , aux noms pro-
pres, & quand elles font cenfées initiales.
L’av tiembltnt de tous fes jambages por-
te des marques du z*. fiècle. Uu carac-
tère de , aufli gothique que fingu-
lier, fe préfente au xil* , & dure en-
core au XV* , quoique changeant fou-
vent de forme. Son état primitif con-
üAoit à faire defeendee fen dernier pié.
, en longue qoeoe , née d’une figure aion-.
die , qui lui tenoic beu de fes deux au-
nes prés.
L’in minufcule des ééiinires aloagéco
^ fut plus d’une fois livrée an gtxhiqnc ,
"aufu bien que l’a, dèa le zti*. ficcle-
I Les pointa fit les ttarctfci gamitenc
l’Icuis côtés , ac les bafes caito leur»
L pi^ i lots même qB’cUes parurent pfaia
: dégagées de l’atiraii dcaotaemens grotef-
ues , dons le gothique auott coutume
e fe parer.
(i) Le itoifièmu jambage , pouflé.'
prefque cticnlasreiDcnr fens fe premier p
foie qu’il fe lepHe ou ne fe replie pas
vêts la droite , peur défigoer l'm go-
thique du XII. ou ziri*. fiècle. Mais
s’il fi combe vers la. gauche, jufqn’à s'é-
lever à la bameui du niveau de la même
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iji NOUVEAU TRAITÉ
XHI. La figure de l’N s’eft . manifeftement confervéc ;
famaritam-phénidén , le - grec , le mnique ôc l'é*
Ch AP.' IV.' trulque. En commençant par les plus anciennes N caldaï-
Nos N nijjuf- que* i ^^“^5 raports &: conféqùemment ceux des N fyria-
coics& minufra- ques Sc atabîques , n’échaperont pas aux perfones , qui
voudront comparer ces lettres avec les phéniciennes. Prêt
que : fes figures que tous Ics alphabets dérivés du grec n’ont , que peu ou
Jins les notes de point-, altéré l’N.
JtdTjoutée’ôu’'r]! ' Celle des notes (i) de Tyron , dans fon état namrel
tranchée nui-à- étend Ibn pié obliquement , en delcendant vers la gauche.
* rébours, elle à fori côté gauche égal au droit,
^gine&antiqui- ici perpendiculaire, là incliné : ou bien l’N el? fimplemenc
té de l’N , pour couchée en forme de Z : ou fa ligne , tantôt fupérieurc
“cmT'n “fesT ^ » tantôt inférieure ( z.) eft prolongée, foit horizontalc-
verfes formes & ment, (bit obliquement ( '7^) de diférentes façons. Enfin elle
fts changemens. fç transforme en S renverfée , par l’arondiflement de fes
lettre ; il indique le xiv*. L’ com-
mcnçant par une queue, furuumérairc à
fes jambages, fe montre au plutard , dès
le xiv'. fiècle ,1c devient cres-frèquente
aux XV. Sc xvt*. Compose feulement de
jambages en zigzag , fi {"VW ne pa-
roit pas abfolument èrtangère aux pre-
micn fièclea ; elle ell d’ordinaire pofté-
rieure au xiii*. Sa ralïtion inclinée la
dilhngueroic alors fiififiimmeoc •, fi Ici
autres caraâères , qui l'acooipagnenc ,
laifioient quelque prife è l'erreur. - - '
A d'égard des dificulcés , que pourotr
caufer \’m , dans la leéhirc des mlT. &
des anciens diplômes ; elles tombeur
principalement fur les fpllabes , qui
porteroicnc m on ni -, te depuis le go-
thique i ellM sVStciadeot même aux ni te
âu. 'Toiitea tes Iectttt'& Ty-llabes pré-
fentem preéque paimnr les mêmes traits.
II finit quelquefois '.beaucoup de juge-
ment At d’aiention , pour ne pas s'y
traeéper. De là bien des mécomptes , de
IK part . des anciens écrivains , Ce de
ceux qui ont donné des éditions , d'a-
près les mlT Dans le gothique moderne
minufculc & mèmc'curfif, Ibuvcot on
ne fautoit dillinguer ces quatre lettres
t ins » , auxquelles on pouroit ajouter
k
le tSc l'r pour ne point parler des autres.
Ainfi minifimnn vous donnera de fuice
quinze traits petpendicnlaites , abfoln-
reent (embiabies. Si la force du Icns*
vous guide pour l'ordinaiit , elle voua'
abaodooe , dans certains noms proprea
ou mou finguliers te de peu d’ufage.
Quand les accens font marqués fur Ica
< ; c'eft une facilité de plus , pour lea
déefaifrer. Mais la luprefliOn de ccsac-'
cens a’eft pas rate. Relie alors pour
toute reifource , la comparaifon de fem-
blables traits , dans des eiprcHious bien
lues. 11 faut y joindre la conoilTancc dea
noms propres ou des lieux, te des locu-
tions d’ufage , relativemeat aux rems ,
aux contrées , aux petfoott , aux mêmes
cfpèces d'aéles. ■. -.i C •.» ■
( I ) Les notes cyioniennes font ou k
lignes droites ou a lignes eouibcs. Les
premières penveot Ce partager en trois
genres. i°. ^ a*. Il : ces derniètes
font dans une poGiion droke ou incli-
née de l’un ou de l'autre côté. >i. 2 e
celles-ci pontoient fe divifer en bien de*
efpèces: Z_ “Z 7 X i'^.Leû-i
vint auteur de l'alphabet tytonien n'n
point connu la je la (* , non plus qi»
la fecoode,
angles
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DE DIPLOMATIQUE. ijj
angles ( rO J : & alors elle cft communémenc cenlSc eoipor- ^
ter avec elle la voyelle o.
Les copilles (a) ont, félon Dom Lancelot, fouvent ajouté cha». iv.
& rétranché mal-à-propos l’/i Sc l’m , dans les mfT. Quand , mé/M. (éit.
chez les anciens , la répétition (i) de la même voyelle eut i«j
ceflé de défigner les longues ; un même (i) figne : fa voir la
bare horizontale , anonçoit tour à tour ces longues Sc les
abréviations de l’/i & de Vm.
Les Jurilconfultes Romains , le propofant des queltions
de Droit à réfoudre , pour les mieux particularifer , intro-
duifoient des perlbnages im^inaires , à qui ils donnoient
les noms vagues de Titius , de Sempromus &(? Nos an-
ciens Francs en ufoient à peu près de même. C’eft ainû
qu’Eckhard entend (i) Nejkgans , & NeJUgantius , au titre {k) L<gts rraxc.
LUI. du Paft de la Loi falique nombre z. Il fupofe ce (3) S»iù*.p.fs
mot forgé par les barbares pour nefciens : c’eft-à-dire pour
ime permne inconnue ou incertaine. En difant un tel^ on
défigne quelqu’un , dont on ne veut, ou dont on ne peut pas
(a) Spanhclm donne divers exemples
de celte rdduplication de voyelles , pour
marquer les longues, comme v/unu,viir-
SW&c. DefrijI. ntmtif. digirt. i.p. rat.
(a) £0 prenant, s'il £iuc.ren croire,
U marque d'abréviation , pour une lon-
gue ; on (iiprima Vn , comme dans ra-
Jmx au lieu de etn/Hx. En prenant l'in-
dice d'nne longue pour une abréviation i
on inléra dans les mots des » Topet-
flues , comme ftrnmfut pour ftrmtfiu ,
qmtitnt pour quotùt. Mais l'addition &
fa foullraétion de ces N fonr-elles apuyées
fur des faits bien confiant 2 Ceux qu'on
alcgue en preuve n’ont ils point d'au-
tre caufe l La bare a fûremeot été un
(igné auflî fréquent d’abréviation ou de
fupreflîon de l'in , que tare de celle de
l'n. Les monumens antiques, Sc furrout
les mlT. en font fui. M.iis on n'y
voit point de bâtes , pour marquer les
longuet : fi ce n'efl dans des ouvrées
dida^quet fur l'art potkiquc. Ce font
les accent , qui fervent quelquefois
dans les ioferiptious & les mlT. à cct
pfage. On trouveroit plutôt quelques-
uns de ces accent courbés , que pofés
Tome IL
horizontalement. Quant aux additions
de fuprellions de l’n & de l'a fans bare :
les plut anciens mlT & diplômes en fbur-
oUient tant d'exemples j qu'il n'efl pas
pofCblc de les rejeter fur les copiflcs.
Ces n futajoutées , y font réelcment ex-
primées , & non pat voie d'abréviation :
de ces a rériancfaées n'y font fuplées par
aucun figne , qui les rempface.
f)) Ne vaudtoit-il pas mieux le foire
venir de l'allcman ntfi , ■ÿfsuy nid ,
üifitu niché , cmM ou de ntftUni anglo-
foxon , nffu tchsfé dâ fn nid, ce qu'on
cliquerait à quelqu'un , dont le nom
ferait écbapé : ou du gothique /lia*"
fmngert précédé de ne, non: comme fi
l'on difoit , qui n'efl pat marqué , ou
en£n de Jlipir iOandique , qni f$ enfi
ain fniitnr : tel dont on ne peut expri-
mer le nom. Il femble au moins qu'ü
foudroit dériver ce mot du tcutonique
ou des langues , qui en font émanées ,
plutôt que du latin , ntfeiens. On peut
opter entre les étymologies indiquées ,
ou toute auuc , qu'on jugera plus con-
venable.
Gg
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é
1J4 NOUVEAU TRAITÉ
~ encore déclarer le nom. Les formules de prières ou d’aéle*
*s tcr énoncent depuis long-rems ces fortes de noms par une (èule
Chai-. IV. N. Auparavant elles les rendoient (i) par ille, ilium , illos ,
&: plus ordinairement encore par leur abréviation ül.
Conrune l’N letir fût fubftituée , on demande , quelle fût
(a) Dt fcr^ttri- i’(tpoque de ce changement. Nous (a) aprenons , dit le P.
f*(. r t.p. 6iî. Echard , d’une lettre du B. Venturin de Bergame , qu’au
»<v. 1. , XIV®. ficelé, les notaires, fuivant une ancienne coutume j
employoient la lettre N, pour marquer un nom propre quel-
conque , Sc qui ne commençoit point par cette lettre. Elle
étoit aulfi , depuis long-tems invariable , dans les livres
j8>. écléfiaftiqffes. D. Hugue Ménard , dans (^) fes obfèrva-
tions fur le Sacramentaire de S, Grégoire, ne fait remonter
cet ufage, qu’un peu au-del.à (i) du xi®. ficelé. Qu’il fut déjà
(f) Ma SS Bf pratiqué , dès le i x ; D. Mabillon le (c) prouve par divers
atk.t. f.f.isi. ^ furtout par les lettres imprimées <ie Frothaire évê-
que de Toul. Mais ne pouroit-on pas acorder D. Ménard
&: D. Mabillon , en fupofant , que le fécond auroit parlé du
commencement de l’ufage de l’A^ ; avant qu’il eût bani
celui A’ille : Sc que le premier auroit eu en vue le même
ufage devenu plus général ; lorfque celui du pronom cefla
(/) 'RfffX.fifrttt*
4e U critiq.
lev, dijfert, 5.
{i) On en a des exemples , au moins
depuis le y*. Hècle , jufi^u au xi‘.
(i) Le P. Honoré (dl de S. Marie ,
parlant de I nfâme de TN « au lieu d'un
nom propre, dit, «jue » félon le P Md-
M nard , Ton n'a commencé de fc fcrvir
aBdcYcire figure , qu’un peu avant le
»• x*. lièclc : fkm ejmfmo4$ eêfertt
•> fMMlè MKte mmnttm pajl Chrtjhim n4tnm
n miUefm$tm. Il faloit traduire yXVMns
mu e ou ot/an/ Un* fiècle. Mais,
dans la fupofition , que I ufage de TN ,
pour un nom propre, eût commencé ,
de Taveu de P. Ménard , avant le x :
en quoi D. M.ibi.lon . qui le fixe au
IX , poutou il être opofé à Ton favanc
cmfrère ’ Comment donc noire habile
Carme a t il pu fe réfoudre à les meure
en contradiéïion i Au relie , G les con-
jcâures , fur Icfqurlles il s'apuie , pour
faire remonrer la McHc HMIy/icus , au-
delà du ponnficar de Géla^c I , avoicnt
«a foodemem plus iûUdc ) TN y quon
y trouve trois fois , pour marquer un
nom incoiuru,rapiOvheroir au moins l'o-
rigioe de cette coutume , de la chute de
l'cmptre romain. Mais les rubriques de
la Mc(Tc citée à force d'ecre iranlcrites ,
auront à cet égard été corigees , fur U
pratique des derniers tems. L'ufagc mê-
me qu’on y fait de l’N , dont on ne fau-
roic produire d'ailleurs d'exemple ancé-
neurau ix*. fiècle, pouroit être regar-
dé comme un indice de fa nouveauté..
En éfet , dans le pontificat de Gcilone
du commencement du ix*. fiècle , au-
‘ourdui de S. Ceriî am 16) , dans le
MifTcl dit vulgairement de 5. Eloi , au-
trefois de Coibie , maintenant de S, Ger-
main a écrit vers le milieu du ix*
fiècle a on voit plus de deux cents fois
til ic jamais N , pour défigner un nom
.inrerrain. Mais un Miifcl du tréfor de
S. Denis , au pi itot de la fin du ix . fic-
elé , au plutard do 1*. foii Tim de i'aoue
•fage.
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DE DIPLOMATIQUE. 13^
-d’avoir cours , ou plutôt d’être ordinaire ?Au ix®. fiède on
trouve beaucoup d’exemples d’///. Du relie , au lieu de
chercher l’origine de cette N , dans neftigantius ou nefciens
ou nefcio quis : ne feroit-il pas plus limple de l’atacher au
mot nomen / L’A^ alors marqueroit la place , où il faudroit
mettre le nom de la perlbne délîgnée en général , lorfqu’il
feroit connu.
. De toutes les majufcules l’N , au jugement de (a) M.
MafFéi , fe maintint la (i) dernière , dans les mlT. en minuf-
cule , tant grecs que latins. Mais l’R ne pouroit-elle pas (a)
lui dirputer cette prérogative ? Notre illullre antiquaire
n’aura pas certainement voulu diférer la nailTance de Yn ,
■après la cellâtion de l’N dans la minufcule. Une fou-
le d’exemples de la plus haute antiquité s’éléveroit con-
tre cette prétention , qui ne lâuroit être la Tienne. Outre
-qu’on pouroit montrer Yn minufcule , &c dans l’étrufque , &:
(i) Que l'N , comme il s'exprime ,
ait été la dcroicre i déchoir de üi ma-
jelié dans les mlT ; c'efl ce tjjie nous
ne pouvons admettre , pas meme par
raport aux grecs. On pouroit eu citer un
en lettres onciales du i x' fiecle, où elle Te
trouve réduire à la minufcule. Mais il
n'eft pas ici queftion d'écriture onciale.
.Tom tes modèlei iBimjfsules de la
Paléographie , fans en excepter ceux du
'jx'. ficelé, emploient conftamment T»
.grèt|ac i it 'non nas l'N majulcule. Il
,<n elt de méisic de ceux de la Diftnfe
du ïcTilurei esnmi jars fat le P. Bian
chini. Leur nombre très-grand nous dif-
.^nfe de eonfuktr d'autres onginaux.
Si l'on y rencontre des N , ^ui n’apir-
vtiehaent ni à des pièces ni-a des mots
en majufculc , elles font très-rares : &
loin de s'y conferver mieux , que les'
.autres caraâères majufcules ; elles n'y
font admifes qu'à raifon du mélange
des kities de diférenx genres , dont ptef
que cous les ficelés peuvent fournir des
.exerttples. - l i ,
On acordera volooners , que l'P/ Ja- ‘
tine t'd&, monesée , gt ■dans .1a ^pùf-
cule , te dans la curfivc , plus fréquem-
ment le plus long-tems !, que la plu
ipart de fes ' compagnes : pourvu qu'on
•e Jiipofe pa». 91e . 1'* idit ,.4'mjc: I
invention pofiérieure aux. antres élémcns
minufculcs , ou qu’on ne nie pas , qne
l'ufage n'en ait été ordinaire , dans un
très grand nombre de diplômes te de
mlT, L'v faxone en forme d's, introdui-
te dans phifieurs , n'y fit recourir à
l'N , que pour éviter la confufion. Et
comme cette r, depuis le v'. fiède juf.
qu’au tx* , n'étoir pas réfervée aux feu-
les écritures faxoncs , mais convenoie
également à la plupart des minufculcs
romaines ; on y admectoic volontiers
l’N majufcule. lia autres cas s'explt-
queront aifémcnt , pat le mélange des
caraélères , dont nous aurons plus d'uite
ocafion dcparleraHlenrs.
(i) Lorlqu'il fàifoit (4) cette obferva-
cioa , il n'avoit pas aparamment cp^vue
des pièces du xii‘. fiède. Elles font
trop éloignées de rabolition de l'on-
ciafe. Cependant , pour nous borner à
une feule : Adelogue évéque de Hcil-
desheim donna une charte , datée de
l'an 1180. en minufcule , où l'fi clb
fouvent employée , dans le corps du
texte :i candis qu’on n'y fait jamais en-,
tret l'N i mais toujours l'o . comme aux
mots SuanRin^m , üerRne , Biv/ina
Can.cll , VaaR^iu , GaRon^m j inraR-
OMiioaii. &C. , . , ,
II. PARTIE.
Sici. III.
Chat. IV.
(a) Opu'èiU e!‘
chfŸ- jy.
Ci)\VaIthcri feri-
ez» dt^om.
XI. »
» *
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Jl. PARTIE
S I C T. III.
CMüf. IV.
CM)Op»/i. tCcUf.
Ui. 4. ». 13.
(r) TliÊii4.}i$mif.
».»./. <J7.
i.j6 NOUVEAU TRAITÉ
dans le lâtnaritain ; il eft des (i) infcripcions du iv®, fiècte
au moins , où l’on la (a) voit employée. Nous la trouvons dans
des mir. voiiins de cette époque , s’ils ne la précèdent. En
un mot elle n’eft pas podérieure à l’écriture curlive.
Dès le I X*. fiècle , nous voyons un diplôme original de
Pépin , conlêrvé dans la biblic^èque du roi , où l’N majus-
cule eft fermée par le bas & par le milieu , mais ouverte
par le haut , comme un u. Pluûeurs autres lettres ’alon-
gées du meme tems preiuient la même figure.
Les N lapidaires , à jambages détachés , prolongés en
haut , écartés obliquement , courbés en dehors parle bas,
/ont communément de la plus haûte antiquité. Les N en
/orme d’H , ou dont la tiaverlè eft inclinée obliquement
entre deux perpendiculaires , quelles unilTenr y marquent
le moyen âge. Les capitales des mlT. du v. ou vi'. fiècte
portent f^) fouvent la traverfe du haut du premier jambiv
fe de r!M au-delà du côté droit , comme pour lui fervir de
afe.
Les N onciales les plus anciennes ont à peu près les mê-
mes traits , que celles des mferiptions. Quelquefois elles
ont un faux air d’R ou d’M grèque minufcule. On en voit
encore de fcmblables, vers le ix‘. fiècle , furtout dans le
fàxon. Les N majofcules des bulles ou des diplômes , à
jambages très - courts ^ à traverfe cxcefTivement longue
commencent au tx*. fiècle, continuent encore au xii*.
Dans la fuite leur ancienne fimplicité fè feutinc mal , les
traits fuperflus fe multiplièrent.
Tout ce qu’on a dit de l’/n cutfive ou minufcule eft
fl) Son olàge l%rcmenr totit com-
nion , l<MU lo derniers C^fars . devoir
dire au pins tariT diabli , Coas les prt-
miett. D^Hiis <]ae les aâcs publics fu-
rent derirs fur le papier d'Ej'yprc j )a
mats on ne prouvera . qu'ifi aient dté
drefili en autre caradtdrc , qoe le curlïf ,
dbne Ta fait partir. Si <]aek]nes mit
It <)Del()nct diplômes en minnfcule ne
njeileiiT pas tN rapiralé j ils foor en-
core an pins frdquenr ufa^e de 1». Td-
moin ce mt de $> 6idgoirc k grand ,
dont notre fàvaac anciqnaitc (•) a fine
graver un soaddU. L'eaception ne peut
^ tomber , qne (ij fur ces mlT , od fp-
I avoit la figare , n moins aproefaante
I de l'n. Cdioit une ndcellîtd de reptd.
fenter celle-ci difÜremment. Enfn ots
tronveroit des N , dans des monumens
: bcauccup pibs modernes , qae ne le
; penfe nocie- favani auteur.
(s) Quant aux (rj mddaiUts, elle ne
s’y voit qu’au VI*. Iidcls.
()) IK en eft aolC dii x*. où Ton re-
marque le rodme caraOdre : mais leur
[.premier jambage eft perKodiculairc ,
I te d’aillcnrs ta figure uc la Ic'tre cfl.
I moins dldgantc. K awu» rdgubirc.
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DE DIPLOMATIQUE. ijj
a(>ltcable à (i) \'n. L’ W romaine , fort arondie parle haut de
fon fécond jambage , & fe raprophant un peu du premier
par le bas , ou dont celui-là nait du pié de celui-ci , &
s’en fépare dès fa nailfance , porte une marque de la plus
haute antiquité. Un renflement , dans le bas du premier
jambage , caufé par le neud , foit à jour , foie en plein ,
remontant prefque jufqu’au haut , pour former le fécond
côté de l")? , femble caradérilèr au moins le vi 1 1'. Cède,
ic plus fouvent le vi. ou (i) vu'. Les piés de la même
lettre en pointes aigiies , & tournées vers la gauche , dé-
fignentle viii. ou ix'.llne faut après tout juger de ces in-
dKes Sc C}) autres, que par le plus ou moins de fréquence ,,
Sc jamais par ime rigoureufe uniformité , encore moins par
quelques exemples rares. On ne doit pas prefTer davantage
les obfervations , par lefquelles on fpécifle les formes ^
lettres caraûérifUques des uècles Ôc des païs.
(i) Dans la catfivc fraBeo galliqM la
•lus aacicn< e ; les deox côtés de cette.
Knrc , cootbéi êtes U gauche , ou cou*
cam en dchan : an mvnn ^e , les
pointes fur Ta tête , Tes deoa jamb^es
CD zigzag , ou Seulement le detniet item-
blkat : depuis la fin du a i h*, fiàcle , là
Miene lerminant le recond pid , pro-
longée & le plus rouTcnc reconrbée de
droite à ganche te de gauche à droite :
au ziT*, b même cpieue pafTaoc par-
defios le haut de b lente : aux are.
XV. & XV 1* , les queues rumomérairea
de l'(^ , otdmtircmcnt toumées-vets b
droite , & qaelquefois oaurbées vers b
gauche i tous ces traita te bien iTautict
encore , lui (ont communs avec l'w,
donc clic panage U fortune te les révo-
lutions.
(s)* Si , dés le vil', fiècle , b bafe du
premier jambage de l’a commcuce à
a’avancer vert te fécond , foie oblioue-
méat Ibti borhentalcmcoc j cet otage
ae devient ftéquent , que depuis le x*.
Il l'cA cDCOïc plus dans ta minufcule ,
que dans b curfivc ; à moins que celle-
ci n’empiame la forme de celle-là.
-{]) Auvii', ^leiduficuisN majufea
les fajoncs n’eilt prclquc pas de ptemier
tété i ou tous ks dem le uomrcM- camôc
haut te baa cztraordioairtment chat-
géa en dedans , tantôt terminés , dant
leur Mme fupérieuic , par des (bmmeit
malTiis , naiflàns da cotpt des jarabeges:
ou lent ligne ttaorvetlàle fe courbe ici
plut , Jà moins vert b bas. Dés le ta*,
fiécis , des poiurer phcéet fat ou pceC>
que fur les (bmraets , peuvent fervir à
uer l’âge de l’N majnfenle te même mi-
nufcole. Quand b dernière n'c A pat ex-
ceflivemeDt maigre ; Itm premier jam-
bage paroit un peu ttiangubire. Il ce
faut pas ooblset , qu'im parle toujoms
de l’N (axone.
La lombardiqoe oncble te la emfive
cirolioe , au commeocement du même
(ièclc . ont qnelqocfôb le jambage gan-
chc plut long que l’auctc. Dans b mi-
Dufcule lombardique , il commence (bu-
vent alors pat un neud plein. Veta le
x'. fiécle , fes côtés Ce (ormeoc en zig-
zag , ou fcmbleot être briIZs.
Les N majufcolet d’Allemagne , an
vin*, fiécle, (ont fort irrégulières ,
& apiochenr de la figure de 1 H. L’u
mérovingieone curfive , vers la fin da
vil*. (îeele , on le commeoccmcnr du
V 1 1 1 ' , cA haute , étroite , quelquefob
fermée par le bas , avec des Bcods liée
queos , TUS le l^at.
II PARTIE.
S I C T. III.
Chap. IV.
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II. PARTIE.
S I C T. III
c H 4 r. IV.
(») Meratr. jml-
Itt ijii.
L’O chti les O-
ricnraux , chez les
Etrufijacs , dans
lis notes de Ty-
ron : Tes râpons
Cnguliers avec le
point: diverlîté de
Tes figures.
138 NOUVEAU TRAITÉ
Un alongëe a quelques ( i ) fmgularités remarquables. Le •
fécond jamoage de l’n curfive Caroline ; au lieu de s’aron-
dit , en s’unifiant au haut du premier , s’y joint quelque-
fois par une ligne droite, formant deux angles (1) aigus { fj).
Dans la minufcule , des mil', furtout , il regnoit , aux
XIV. &r XV*. fiècles , une fi grande confufion , entre \'n &c l’u;
qu’on fubftitua fouvent l’une à l’autre. De-là Nemanfunt (a)
pour Nemaufum , Antifiodorum pour Autifiodorum &:c. La
diftindion entre ces deux lettres eft quelquefois fi dificile ;
qu’on ne fait à quoi s’en tenir. Dans le gothique , meme
majufcule , l’/i ufurpe ordinairement la place de l’N. Mais,
dès le XI i'. fiècle , elle altère un peu fa figure , en fub-
llituant à fa courbe une s contournée , qu’elle ne fait par-
tir , qu’un peu au-defibus du Ibmmet de fon jambage très-
perpendiculaire. >
XIV. Les O ronds, carés , trian^laites , en lofange , en
ovale , nous font communs , non feulement avec les Egyp-
tiens , mais avec les Phéniciens & les anciens Grecs. Quoi-
que ceux des autres peuples d’Orient &c d’Europe paroiflenc
plus ou moins éloignés du même contour ; il ne feroit pas
dificile de faifir leurs raports réciproques : fi l’on prenoit la
peine de fuivre ces derniers , dans les altérations , qu’ils
ont éprouvées. Mais nous craindrions , que pareil détail ne
(i) Dans l'écrirare alongée , I’» pen
Aanr à unc autrc lettre remonte du moins
au vil', fiècle. Détachée , elle va pref
c]ue toujours en Te relTerrant , juftju'à
la fin du 1'. Alors elle fe métamorphofe
en majufcule , du moins en Italie. Au
*ix', fou côté gauche s'élève quelque-
fois plus que le droit. Mais en général
les ttavcrics fe mulriplient alors entre
fes deux jambages , par ces trairs fu-
perflus , elle fe trouve abandooéc au
gothique le plus décidé.
(s) Depuis le xi'. fiècle , les angles
fc les pointes fe multiplièrent fur l'n ,
d'une manière plus ou moins bifare.
Communément fis minufcule , dans le
gothique , ell agrandie , jufqn’à pren-
dre la place de la majufcule. Si les
chartes lui confervent la forme msjuf-
eale \ fon premier jambage tient lou-
Tcni leaacoup du a *ea chifre arabe ,
fans parler de l'irrégulariié & de la mul-
tiplicité de fes autres traits. Quand même
r» n'eft que minufcule ou curfive j fes
deux niés , & funout le fécond pren-
nent fouvent la figure d'un x , en fi-
tùation naturelle ou renverfée , & tour-
née i contre fens.
Au xtti'. fie. le , l'is rainufcule iiu
fouvent terminée par une longue queue.
Au X iv'. elle fe recoqoilla vers ladroite.
Mais on en revint à la forme précé-
dente , Sl cette queue en fe relevant
vers la gauche , coupa plufieurs fois le
jambage , d'où elle partoit. Depuis le
XIV'. fiècle, l'n minufcule perdit pref-
que toute fa rondeur , & parut compo-
(ïc de deux lignes droites, plutôt obli-
q«cs , que perpendiculaires , unies pat
unc ctaverfe , montant du pié du pre-
mier jambage à la tète du fécond.
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DE DIPLOMATIQUE. 159
parût plus curieux , que néceflaire. Malgré les réclamations ^
de quelques académiciens d’Italie , & l'uttout du marquis
Maftci ; M. Cori ne veut point acorder (i) d’O (a) aux Çhap. iv.
Etrulqiies. Pour les en priver il s’apuic fur des autorités de , .
Pline , de Sofipatre, de Pnfcien , fur le fdence des tS-
blés (i) eugubincs. '«*< Tp/cmi.
L’b des notes tyroniennes fi) fe divife d’abord en o & ^ A'/'r „ n«/r*
en u>. Le premier s’étend à un nombre incomparablement *
plus grand de mots, & fe diverfifie (3) en bien des façons,
comme ligne initial, fecondaire , terminatif.
Nous avons (c) averti , d’après D. Bernard de Montfau- (r)ij|^. «,«,■«
con , de ne chercher l’fl , que dans les infcriptions du * «. i.
teins de l’erhpire romain : a)outons ; qu’on en remarque en-
CO' e fur les médailles de Clovis , de Théodebert , de Da- (<0 »« «-
gobert & d’Héraclius.
Dans les monoies anglo-faxones y quelquerois \o y non
{d) feulement ifolé , mais orné, mais entouré , mais acom-
(i) L’ourrage intitulé Mufti Cmtr-
natcii mcnHmtm* Etrufe» , pu-
blié pa/ M. Goti lui- même , nous ofre
PI. une inferiprion étroftjue , dont
krccood mot cil ^ 8 > éiÿ Ditm.
Nouvelle preuve de l'eiiDeocc des
O, ehci les ttruTijaes. La même figure
fut pluficuts autres raonumens de cette
■atioo , & notamment Tut cjuclques
urnes & amphores du même cabinet ,
■e pouroit'cllc pa! encore ajouter quel-
2UCS degrés de probabilité à l'opinion
CS paitifans de l'o éiturqne ! Voyez
fut la lettre Q. la note , od fe trouve
figurée l'infcripiion d'une patate du ca-
binet Romani de M. de la Chauffe. On
■onioit argumenter en faveur de fo des
kirufqnes , de ce qne ieuià voifiut en
avoient plutôt deua , que d’en manquer
teutafâit. Don (i) Velâfquez en donne
de deux foires aux Celtibéricni le aux
Tuderuns , Sc chacune , fous multipli-
eité de flgnics. II les prodigue peut-
aux premiers 5 lorfiiu'il Icoracorde
1 X O ' ■fùs en même tems ( / ) il
avoue , que ce panrait bien ii'être , que
la conjonélion des deux lettres tu. Aptes
■ont nous ne voudrions pas nier , que
jucl^ue Tille ou quelque camoa éitufque
n'ait fait nul ufage de l'O , te que TV
n'y ait tenu fa place.
(i) On réduit i peu prés toutes fê*
figures à celles-ci (f 6 9 0 9 Ow
cf (î. © (3 P IX af . Cependant D.
Carpentier n'en eoinprc que quatre. Pref. . t
que tous les O en notes de Tyron ont
une fi parfaite rcITcmblance avec ceux
de l'éctiture cuihve: qu'il n'efl pas croya-
ble , que leurs rapotts fe trous alfeot fi
juflcs , & fi multipliés ; fupofZ que
cette éciiturc n'eût pas été en ufâge ,
avant I invention des noces lyrooieiines.
Tout les O , qu'on vient de voir , ou
peu s'en faut , fc rencontrent en éfet ,
dans les plus anciennes écritures coa-
rantet des Romains. Elles en renferment
de plus quclques-unct , qui ne patoifrcoc
pas ici.
{ J ) Fermé , U porte nne pointe un peu / . p p-v
eouibéc en haut , en bas , vers la droite, . . •
vea la gauche. Plus ou moins ouvert ,
fuivant toutes ces poCtioos Se leurs com-
binaifens diférenics , tantôt il a la fi- Parj,
gure d'un s , ailleurs d’un y , conjourt
avec une queue de divers degrés de loo-
guenr : tantôt il rcfTcmble prefque an
C c ici mis à contre fens, là coofôo'
mément à fa Ccuacion ordinaire.
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II. PARTIE.
S E C T, III.
Cha». IV.
140 NOUVEAU TRAITÉ
pagné de points à jour , comme d’autant d’autres petits 0 ^
ne lignifie rien. 11 lert tout au plus à la diftinâion des let-
tres de la légende d’une médaille. Si le point prend la fi-
gure de l'o ; cette lettre à Ton tour , Si dans le phénicien ,
& dans le grec , Si dans le ladn , emprunte aufii celle du
point.
Nous voyons de très-anciens mlT , tel que celui (i) du
loi n°. 17 31 , où l’o , fervant d*exclamation , eft dilUngud'
par un point central. Au lieu d’étre mis au milieu de l’o ,
on le place fouvent à côté. Le mf. du roi 2x33. de la fin
du vi‘. ficelé ou du commencement du vii‘. en fournit
des exemples. Ce fut aparamment pour remédier à l’abus
introduit par les copifies d’inférer indiféremment le point
• ' dans l’O majufcule exclamatif ou non. Ils s’étoient acoutu-
més à ne l’envifager , que comme (i) un pur ornement ,
dont ils ne crurent pas devoir priver plufieurs autres let-
tres. Cette pratii^ue déjà née au vi‘. ficelé , acréditée du-
rant le VII®. étoit bien établie (3) auviii' , fans toute-
fois êtoe invariable.
(4) K*thtnhti Bouteroue (a) avoit pris la dernière lettre du nom du roi
anittijei. ^ n». Thierri , fur une de les monoies , pour un O & une S ;
(I) TrMùtJtsme~ M. le Blanc {i) le relève , Si foutient , que ce n’eft qu’un
fimple (4) O gothique. Ils poutoient avoir tort tous les mux.
fr)
(1) Ce mf. dint là première ptitie
pouroic <cte poné julqu’aa v*. li^clc.
C'cll-là que Te trouve l’O, dont le ceotie
cil marqué d‘un point eiclamatif. Le
même O n‘a pas la même marque dif-
tmélive , dans la fécondé partie de
ce mf : parcequ'elle ell d'une main plus
récente. Cependant le mf de S. Germain
des Prés yAo. a prefqne tonjouts le
poinr inféré feulement dans l'o exclama*
tif. Rarement y fuplée-r-il par un point
avant , & un point aptés cette lettre.
On y trouve le point dans la lettre ini-
tiale , d'OIhiM : mais IC copille aura pris
l’o pour une exclamation. Il ell dificile
peutêtre de faire remonter ce mf. juf-
4. qu'au VI*. lïécle ; quoiqu'il en aicplu-
Murs caraâéres.
(a) Divers pontificani , ou milfcls ,
eertaiocmeot du ii*. fiéclc , moaticnt
des points ou des virgules , au milita
de beaucoup d'O . commeofant les col*
Icâcs. Cet ulàge diftoit encore long-
tems après.
(j) Ce n'étoitpoinc une ptéssrgative
réfervét à l’O rond. Cette nouvelle dé-
ceiatton étoit également pour l'O à lo-
(ànge. Oe-U Ta du monogtame des mit
Charles , prelque toujours marqué d’un
point central. De*là le prétendu Y écrit
de la main de nos rois , dans leurs mo>
nogrames , pour coure fignacure. Im^i-
nation frivole , qui n'a pas laidé d'en
impofet à de très * grands antiqaù^cs.
Les O en rfaombe ne font pas "rares (c)
dans les monoies mérovingiennes.
(4] Il entend probablemenc l'anciea
gothique, dit d'Ulphila. Car il n'étoie
pas alors queftioa du gothique mo-
derne. U même lettre ceparok fur U
Les
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DE DIPLOMATIQUE. 141
Les O ronds , ovales , droits ou couchés , en lolange , en - -
caré font prefque de tous les tems. Deux ou crois liccles I’aR-Ti^e.
avant J. C ; de meme que le D ufurpoic la figure (il de chxV. iv.'
i’O ; ain(i l’O s’aproprioit celle du D , placé tantôt fuivant
la fituation naturelle , tantôt à contrelèns. 11 s’en trouve en-
core de pareils , quoique plus m.aigres , vers les v 1 1 . 6c
VI 1 1'. ficelés , meme dans les ra(T. On en voit aufii , fous
la forme du P. Depuis l’cre chrétienne , on rencontre à la
fois des O en cœur , en lofange , en demi-lolange , on demi-
ovale ; compofés de deux C , tendant à fe joindre, &r ne le
touchant pas; en forme (a) de ^ rond, avec une queue naif-
iante ; ouverts par le bas , par le haut , par l’un ou l’autre
côté.
Chez les Saxons les O ronds , carés , en lofange furent
fouvenc terminés par quatre pointes ou triangles. Quatre S
ou'C adoflés ou le traverfant en partie prodiiilîrenc des O
d’une figure extraordinaire , mais dont l’ulage ne l’étoit pas
au VI 1 1'. ficelé. Les o portèrent fouvent , dès le v' . une
(3) tête pointue. Soiivent deux pièces disjointes , entrant
ij®. piccc de Tes monétaires. Hétoir
(i commun d*m((^rcr quelques lettres
,^réquc$ dans les légendes des monoics «
qu'il ne ferou pas impolTiblc , qu'on duc
lire 05 : (i cc nc(h pas un U & un S la-
.tins conjoints, &: mal forméf. Du cocé
de la figure du caracicrc , oui incon-
vénient néanmoins à le prendre ; non
^our un O de quelque gothique que ce
foir , mais pour un 0 curfir , donc la
io'^mc en 8 étoïc en ces tems Jà très-
u/îîée. D'ailleurs on ne faifoie point di
£culré d'employer quelques lettres cur-
/îves parmi les majufculesdes marbres &
des bronzes.
(1) Mathieu Fgizri (h) le prouve par
tine infeription , qu'Alcxis Symmaque
Mazoebi a le premier publiée.
(i) Les 0 aicélem fonvent la figure du
3 curfif, né du S oncial. Sous cctcc for-
ik.w , ils font familiers à toutes U*s écri-
tures conrantev , depuis les premiers
rems, jnfqu’au xi*. ficctc. Le x*. en ren
ferme d'autres , qui Cc raportent au J
mii'ufcule.
()J La pointe , au Tommet de IV civlîf,
Tome IL
cfi de tous les ficelés. Mais, depuis le («)Paxe|8. K
XII®, clic dégénère en angle, qui con-
court (uuvcnr à former un polygone ir-
régulier, figuic très-propre à donner le
caraélère conflitucif de Vo gothique ea
minufculc. On peut lut agréger IV cur-
fif , fernhlablc à Xv confonc mixtiligne.
Il eft ordinaire en Efpagnc , aux xiv.
XV. & XVI®. ficelés. Des le xi® , l'Al-
lemagne en ofre les piémiccs. On ne
ferok guère remomer plus haut IV
travcfli en 4 ; s'il n'avott pris date dans
la romaine , du moins au vi®. fièclc.
Il s*y donne à la vérité un air plus élé-
gant , Af s'y montre fous un contour
beaucoup plus ample, le même 4 pris (J,) ücnaîès
pour 1» i les Angloiscn faifoicnt iifage,
au XI I®. fc:lc ; les Aücmans Sc les Ef- ^ j
pa*»nols au xiv®. Ce qui (bit dit nom-
mément d eux , fans cxclufion des au-
tres pciiplc*^. Du refte les anciens <», fi-
gurés en 4 fc didingucnt , furtout de ceux
des bas tems; en cc que les premiers ent
fbuvent le port d’un 4 en chifre : & ce-
pendant le côté gauche du friangle , qu'ils #
formCDt , paroit plus ou moins aroadL
Hh
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II PARTIE.
S ( C T. III.
Chat. IV.
i4t NOUVEAU TRAITÉ
dans leur composition , furent unies par >le ’haixt , Tans l’c-
tre par le bas ; ou par le bas , fans i’ctre f>ar k haut. Oa
vit qucl^efois des o , compoks de crois traits vifiblement
féparés. Quand même ils fe touchoienc ; H n’étoic pas diü-
cile de dillinguer les diverlês parties , qui concaztoieut à
la formatir»! du tout.
L’o minufcule a moins varié , que l’o curfif. Les mfT, &
fuitout les diplômes , en écriture courante , diverfifioienc
prodigieu/êment la figure de Va. Les plus anciens kii <lom-
noienc quelquefois la forme des chifires (i) arabes^.. 6.i.
des minufcuies a , i , d , ^ Si. du csLpasd.
Toutes les figures de i o des notes de Tyron fc tetrou«
vent , dans Vo de la curiive romaine , où elles femblent avoic
^té puifëes. L’o , à pointe aigüe pat le haut , s’ell foucenu en
<a) quelque forte , jufqu’aux oenûers tenu. Il éroic fott
commun dans les diplômes vers le -y^. fiock. Alors lût
queue fupérieute écoit très (5) alongée. £lk iétoic tncmey.
(1) Les0 en forme de 4apancctMeor*,
comme on Ta dit , à Tage le plus recu-
lé. Alors même ils font un peu tares;
undis ()ue ceux , qui fc déguifcnc cii 6
reviennent fans cclfe , jufqu’au rx*.
ïîécte , :tu-dclà duquel iis ne parolifeat
pdus. Au VI t^. nous voyons des o par-
faitement femblables aux b. Il $*eo trou-
ve encore au ix*,6c même plu» qu’en
ancun autre. Ceft de IV métamorphofé
«a 6 y qu ils avoient pris nailTancc. Les
transformés en 9 ne remontcot guère
inoins haut : mais ils ne font pas 0 fré
quens.Lêur durée nepalfe pas Icx^.Iiéde.
InuUc figure ancienne de IV du nombre
de celles , qui femblent aujourdut fort
Ifmgutiércs ne fut plus employée , qnc
celte du 8 , Ou piùrôc de IV grec. La
tnode sVn palTa infentîblcmcnt , depuis
le (îcclc , jufqu’au xi . auquel cet 0
lèmble érre tombé dans Ibubli.
(1) rcr<S eut cours , au XI 1^ fiècle.
5a courbe dioicc , enfoncée dans Hn-
térieur de IV devint cxt'rienrcmcnt
concave , de convexe quVnc étoit na-
torcllcment. Les 0 terminés en pointe
baut & bas , Zc non par leurs côtés ,
commencèrent au ix®, ficcîc à Ce mettre
for les rangs. 11$ patuknt plus a la mode
aux n, 9c%xt* y Mené eootribuèsent pas
mo ns , que la faulTc lofange minur*'
culc à la produâion de IV gothique.
(5), LV CD forme dV fo maintint long-
cems dans les écritures alongées. Ce^
pendant IV en é ou prerque en d , ée TV
a pointe sy reproduifent bien phrs fré*
■quemment. On ne voit , pour ainfî dire ^
la queue *de tV s'éléver au dclTus de la
-ligne alongée , que fur la fin du ix*.
fiede. St cet ufage ne devine pas géntf*
ral au X* $ il y fit au moins bî-m du pro*
■çrès , particulièrement en Allemagne
fous les Ottons. il n'avoit rien perdu de
fa faveur en France fous le roi Robert.
Mais cette queue , qni qnclqocfois ex-
céda la ligne aloAngéc (Ton, de deux»
& rm'inc de trois des corps de IV , me-
furé fur la hauteur même ac cette ligne ; .
fouvenr ne la furpafibii , que d'une moi-
tié de fon corps , & de nv^ins encore.
Aux VI I. VI 1 X. & ix^. ficelés , les/i
fc terminant en queue pour Tordinaiie;
leur corps n’étoic , qoe la moitié ou
(c tiers de la ligne alongée » au niveau
^dc laquelle certc lettre ne s'élévoit,
qu’au moyen de fa queoe , prcfque tou-
jours lice avec les caradcrcs voifins ,
jufqu'enviroa le miüca du ix*. ficelé»
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DE DIPLOMATIQUE. 145
flès le ix', & quelquefois paroiflbit ( I j trembler ou ferpen-
ccr. Le dernier (z) état de Yo minufcule des mfl', ayant le
renouvellement de l’écriture , montroit des raports mar-
qués avec l’héxagone , à côtés inégaux , figure originaire-
ment tirée de Yo en lofange.
XV. Quoiqu’on puifle remarquer quelque légère difé-
rence entre le P des alphabets nationaux , fortis de la
meme fource -, il n’eft point de lettre , dont la relTemblance
Le foutienne mieux , par raport à leur totalité.
Il eft étonant , que Scaliger (a) ait fait defeendre le P la-
tin d’un prétendu P Ionien en forme de D rond ou trian-
gulaire ; tandis qu’il eft aifé de le faire venir du P grec :
mpofé meme que leur diftinâion foit réelle. Que plufieurs
des anciens P latins foient un peu plus arondis ; ils ne font
{>a$ du moins beaucoup plus fermés. D’ailleurs combien
les marbres Sc les bronzes romains ne renferment-ils pas
d’autres P latins , dont la conformité avec les grecs n’eû
fufceptible d’aucune dilTemblance ?
Quelques P des notes de Tyron n’ont pas moins d’ouver-
ture , que les plus anciens p ou r grecs , dépourvus de la naif-
lance du lêcond jambage , parallèle au premier. Les autres
tiennent un milieu entre le P grec & le J* latin , comr
mençant à fe courber de droite à gauche. Un angle aigu,
dont un côté eft le triple ou le quadruple de l’autre , con-
ftitue leur figure la plus ordinaire , diferentiée par la feule
n. PART lE.
Se CT. lit.
Chat. IV.
P latin & grec
anciennement le
même : P tyro-
nienj , diflingacj
par leur pofition :
figures du P anoo-
cent leur âge.
(«) Anim*d. in
chrm. ÏMftb.
p. Iiy.
Payes narre »/.
XI.
Alors la <]ueue s’en détacha : ce qui lui
procura la facilité de monter toujours de
plus en plus. Quand les a n’avoient point
de queue , ou qu'elle ne commenfoir,
qu'au dclTus de la ligne \ leurs côtés fer-
pentoient fréquemment , aux ix. fit x*.
ficelés. Durant celui-ci , la pointe fort
aigüc de l’a (tins queue fc courboit fou-
vent vers la droite : fil partie inférieure
l’arondillbit cependant prefque toujours
en ovale , Il formoit fa pointe en ogi-
ve fort irrégulière , julqu'au xi i'. fic-
elé. II n'étoitpas tare toutefois de voir ,
pendant le x. & le xi' , les extrémités
paroitre plus larges . que le milieu ou
que quelque autre portion intetmédiai-
«cdcces-a tres-ferrés, ttcs-lougs8c ttél-
^étoclitcl. La figure d'ogive devint
un peu plus exaéle , ars xuj‘. fièciq.
Au XIV , quelquefois H nailTeit du bas
du demt-eeicle de l'a mAjufcple urye efr
péce de courbe , portée vers b droite.
Mais cette dernière forte d'a n'apartienc
pat i l'écriture alongée , ^nt le der-
nier état fur réduit , pertdant le cours
du XI 1 1‘. ficelé , à la faulTe béxagoiic ,
munie de deux itaveifcs à fës grands
côtés.
( 1 ) Les côtés de Pa , St furront le gau-
che , n'étoient pas moins fujets à ces
accidens, durant les ix. le x‘. ficelés.
(i)II n'eft pas néccflâirc d'avertir, que les
O majufcolcs de la curCve le de toute au-
tre efpèce d'écriture , coupés par des
diamètres , St autres barcs ne fauroicot
être Iballraits tu plus pur gothique.
Hhij
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z44 nouveau iTRAITÉ
pofition , une dans fa forme & dans fon contour. Peu de
^ tyroniens , dont l’angle foie tourné vers la puchef'f);
Ch A P. IV. en comparaifon de ceux , qui le font vers la droite ( f ^ )•
Peu de couchés horizontalement {'x— ), la pointe rega^uant
en bas ; en comparaifon de ceux , qui la portent en haut ,
foit perpendiculairement ( L_ ), foit obliquement ( /_). Plu-
fieurs de ceux , dont la pointe cft ainfi dirigée , oin la bâf-
re poféede biais( en eft plus d’inrlinésdu meme fens
( ), qu’on n’en trouve de panchés vers ( ^ ) gauche. Si l’on
p.ecend compter autant de notes , qu’oii diftingue de pofr-
tions du P'; il ne faudra pas , comme on voit , les réduire
( I ) à trois ; fi l’on n’a égard , qu’à leurs figures ; on poura
les réduire à une ou deux.
Le P. conjoint ' Ç ) avec un autre P , ou avec une R , ( 50
fe tourne à contre lens , ô£ prend la forme du petit q , dyne
la hafie lui eft commune avec le fécond P ou l’R. C’eft à
quoi il faut bien prendre garde , quand on veut déchifrer
certaines inferiptions.
Outre les monumens latins , ou en c.araélcres latins , fut
(4) Mufeum Vf
ronenfe. p,
CCCCiXX,
De re diplom.
54f-
{b) Sirm. 9per,
;88.
(f) Matth. Æ-
de BA£ch.
fi/) AmitjusJfur:*
Vif «il, cod, fr<*g.
f.iv.
lefquels le P («) eft parfaitement femblable à celui des Grecs ,
l’ancien P romain , comme on l'a déjà vu , en diféroit or-
dinairement très-peu. Tel il (e montre , dans l’éloge de Lu-
cius (^) Barbatus : tel il fut oblêrvé par le P. Sirmond ,
dans un fragment de pierre , trouvé à Piperno , petite ville
du Latium : tel il eft repréfenté , dans le Sénatus - confulte
(c) contre les bachanales. Jufqu’au fécond ficelé , la meme
figure fe maintint , fur les marbres IcS bronzes : quoi-
3u’on ne lailTc pas d’y rencontrer auparavant bon nombre
c P fermés. Mais les mflT. conferverent encore plus long-
tems le p ouveit, Scheleftrate , par fon (</) certificat , drelTé
(i) D. Carpentier , dans fon aîphabet
tyronicn , n’a pris ni Tua ni Tjutre par-
ti : (î ce n’ed par raporr à la pretnière
de fes crois notes» conftamment perpen-
diculaire , & tournée à gauche. La Se-
conde conricnt les P , donc la pointe
tend vers le haut 5: vcis !e bas ; foit
<juc le grand jambage du P» foie i]uc la
jointe , lui efr unie , foicnt pofés
obliquement ou perpeadiculaircnicnc : cc
^ui produit au moins qnacre figures 5 Ci
l’on fc fcrtdc la difcrcncc de leurs angles
it de leurs poêlions , pour les dïflingucr.
La }*. note a plus d’uniformité } mais elle
ne renferme » que le P, dans fa litnacion
oblique , tourné vers la dioitc ; c’c‘L-à-
dire » qu’on donne pour trotfeme note
cette figure ^ , qui avott déjà fait une
portion conlidéraDlc de la féconde note..
La joné\ion du P avec le C & l’S aura
didingucr cetre note par des carac—
téres etrangers à fa aatuie.
Digilized by
DE DIPLOMATIQUE. i4j
ftu (ujct c^u mf. de la bibliothèque Vaticane , atcfte,
que le P s’y trouve a demi fermé. Ce caractère ne répondant
pas à celui du modèle , qu’on en a fait graver ; on ne laiiroit
y regarder la figure du P, comme tourafait uniforme. Divers
autres mil', en capitale , à la tète dc'qiiels on peut mettre
les deux autres Virgiles du Vatican 6c celui de Florence ,
laifl'ent voir la même ouverture à plulieurs de leurs (i) p.
. Que la courbure de la panfe commencé par le haut , un
peu au-defTous du bout de la halle ; c’eft ordinairement la
marque d’une antiquité fupérieure au vi 1 1'. liècle. On aper-
çoit encore des velligcs de cette forte de P dans les tems
pofterieurs : mais plus de grofliéreté , avec moins de fim-
plicité , les caradérife. Avoir quelquefois fa) le haut de la
tête ouvert , fans que la courbe foit plus haute que la haf-
te ; c’efl une indice du x. ou xt'. liècle , & même du xi i'.
Etre en lofange , anguleux , pentagone , héxagone ; ce font
des lignes dilUndifs des p minufcules , tout auplus du xi 1
fiècle.
Le p curlifanonce prefque toujours , au moins le viC
fiècle ; quand fon pié fe partage (3) en deux jambages , fe
par le haut) fan^ réiiapfitarion de queue:
pourvu I*. quils ne portafTent point foi
-JO pié d’une longueur exceflîve j i®, que
la pointe fupéncurc de la halle ne (or«
lit pas en dcho s; j*. qoVlle ne fur pat
en Ton entier trop oerpendiculaire s
4'*. que la panfe ne fut point fermée
cn-dc/^ofîs . ou rélcvée par une volute.
Le p trondi par le fommet de fatéce,.
Sc rouicrbis ouvert ; le p donc la téce
fcrrHc ainfi vers te milieu féparée de Cm
hafle,ne marqucroiénc pas un âge moins
reculé. Mais les f à petite ovale , ou bien
k ogive renverfée , ü fort étroite , d’ail-
leurs foutenus par un Cmple montant ,
fatfânt an angle oio un pli , tant foie
peu au delTous de leur tête , feroienc des
indices artîirév dü*vi'. ficelé. Néan*
moins dei p de ceccc narorc , d’une part
à hade très droite , d autre parc à panfe
ronde , ou bien à ovale afin large oii
merric irrégulière > & plus coorbee du
côté droit qnc du coté gauche : de tcls/t
doivent être relégués auzviit. Sc la*.
iéèlelfi Us AériceroicAt cacote- diêtre
(1) Ce caraflcrc cil encore très fré
qucnc , dans l'écriture onciale du vi^.
/icctc. M.1SS fi Ton en découvre, au vu t®,
& nicme depuis; ou ils font plus aron
dis ; ou leur courbure efl un peu re-
coqmMée en defibus ; ou d’autres fignes
de nouveauté ne permetccot pas de les
confondre avet;, les plus anciens. ‘
{aj Hcinecius f«r) donne cette ouver-
ture comme le caraâcre ordinaire de l'é-
criture des fccaux du Xii*. ficelé. Mais
il s on faut même , qu’elle n’y foit fré-
quente.Elle cfb plus commune dans la mi-
nitfcule & dans la curfive.
(}) Ce caraclcrc fcmblctclfemcnTpro
pte du p curfif romain , qu’il ne fauroit
ronveoir à nul autre de ramfqbité. Quoi-
que nous ne doutions point , qu’il n*aic
continué d'avoir cours en Italie , au-
delà du vi^, Écclc » nous n*cn avons
püitjt vu d’eicmple , précififraent dans
ic meme goiir. Seulement , fous Charlc*
IV'îgnc * cettams p curfifs ont quelques
1.100.1$ de figure avec eux. Ou pouroic
iéiCYcr au T^. fiéck des p ocbiculaifti
n. PA RTIE.
S X C T. III.
Ch AP. IV.
(4) Dtfiflll,
'. i»5.
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i4<f NOUVEAU TRAITÉ
tenant par le bout inférieur ; foie qu’en remontant ib (e
*Si*c*T*^ i /i^ traverfent de diférentes manières : foit qu’ils demeurent dif.
ÇK 4f. IV. joints : foit qu’ils s’unilfent , pour fe partager enfuite. Sil«
{ , dont la tête fe change en S ou en 3 contourné , fur-
tnontant de beaucoup la hafte , avec laquelle il forme un
' neud , ou dont la tète en ovale eft foutenue par un pié
dtoit , ou fait en î , pofée à contre fens , délignent le
♦il', fiècle 5 il rfett pas étranger non plus aux (i) deux ,
^ui le touchent. Le haut du ^ en forme d’S ou de D con-
vient encore , mais plus rarement, au ix'. fiècle ; & même
iux fuivarts , quoiqu’avec quelques altérations notables. Le
pié en î à r^outs , avec un neud , d’où s’élève un □ ou
üne S , femble devoir être reftteint au ix® fiècle au plus
tard ; fi l’on eû ^epte l’Italie.
- Dès le X 1 1 1® , fouvent la (a) tête du J ; au lieu de joindre
[dos rattilR» i fi l<«r «jaeoe fe «r_
minoic en pointe un peu détournée à
gauche. Car , 6 trois fois elle fe eourboit
en lens contraires , te qu'il en réfulràt
it J ioa (touroit lê faire remonter au
v'. licde. tn général les p en ovale ,
Çm» ûllie de 1a bafee vêts la gauche ,
font céfetvés à l'Italie.
Pour que i'£fpagnc puilTe , 1 quelques
égards , les révendiquet, au a', fic.-le ;
a but qu'ils aboutiîfent eu pointe élé-
«éc f , ou bien un peu panebée vers la
droite. Mais , fi , avec un pié plus court
que la tête | celle-ci fe rfarécifibit ei-
uêmemcnc , te fi (Ile ptcneit , au , moins
du côté droit v'' la forme d'une /’: ni la
Baace ni l'Italie , au zii‘. fiècle , ne
■iécDnoii''nicm un / de cette tournure.
Ijttfi f cutCfe o: minufcules, dont
la tétç elliptique s'élève confidérable-
ment , au-defius du bouc éminent de U
hafte, anoneent fréquemment le vti'.
fiècle , k ne font pas moins employés
an Ftance, qu’en Angleterre. Dans les
diplômes méioviiigieos , jufqu’à Pépin
k bref ; fouvcnc l'éminence de la hafte
du 4 en neud .obliquemcnc pofée,
«’eft point diftiognée de la coniinua-
Üei) de ht panfic. Alors le haut de la
tête n'eft pas toujours cambré ; mais
fiumet foHSOosé d’une carne, donc la
duiée , fur des P d'une ancre forme s'é-
tend jufqu'aus derniers fiécics. Quant
à cccie manière de former le <£ , d’un
feul traie ; foie en commentant par le
bas ; Ibtc en panant du côté gauche s
clic CUC grande vogue , âuz vu. êc
VI ii‘. IScIes. Mais , fur le déclin du
dernier , déjà I habitude de le tracer
ainfi écoic palTéc. Il feroit dificile de le
recoDoicce , dans ce iP du ii'. liccle ;
encore moins dans les T 7 ’f f de*
iiv. & iv' ficelés en France, en An-
gleterre , en Allemagne. C'eft pourtant
a peu près le meme mouvement de la
main : mais les figure* fooc fort difé-
renccs -, Si il n'eft pas à craindre, qu’elle*
foicnc confoudues
(i) L'Italie même continue de non*
en prefencer , au* i. te *i' fiîcle*.
Quelques ^ du vu', ne diferent pat
beaucoup , comme on voit , du Q ma-
jufcule ne nos écritures curfives. On ren-
contre , au *' , de ces p 5 mais à tête
moins circulaire , ou moins fpirale.
D'autres ê queue , notablement courbée
vers la droite 3 mais dont la tête ne
s'écarte pas de la forme .lu p minufcule,
fentent a la fois te l'Iralle te le *1*,
fiècle.
(s) Quelquefois elle eft ceêipée dç
part en parc |^u moyen d'une traverfe :
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DE DIPLOMATIQUE. X47
/bnpiemenc en-delTous le jambage , qui la fouûeiic , 1© fera-
verib cotalemenr. On doit rnsme faire retnoncer le coq^ n. partie.
mencement de cet ufage , vers le milieu du xii'. Mais, , S‘ct. mi.
quoique depuis long-rems La queue du /? fe courbât vers
la gauche j ce ne fut qu'au xi 1 1*^. lîècle , qu’elle le fit ré-
gulièrement , en prenant la forme d’une “Xj couchée. Au
XIII* , fans s’étendre confidérablement de côté ; elle (ê re-
lève feulement un peu vers la gauche : mais au xiv*. fié-
de cette courbure foc aflez fréquemment poufTée jufqu’à
la tête. Les f euffift , aux xii. Si xi 1 1*. fièdes , furent
Ibuveni compofés de trois 'ou quatre pièces. La traverfe
coupant la balle ell furtout remarquable , comme un m-
dice des bas tems. Ce goût fubfiftoit encore dans toute £i
£orce,aux xv. Si xvi*. llccles : quoique , depuis le xi 1 1 ,
comme auparavant, on formât des (1) p de bien d’autres
façons.
nuis beaucoup plus Ibovcnt , celle - ci
^ac^c feus la paafe fe réunie avec la
^ucuc . jufqu'à oe former ^u'uii.touc
cnfcmble , jufrju'à patoiire tracées d un
feul Sc même ttaic. C'cfl un caraéUrc ,
uiKjuel on reconoit également le iiv. &
le X»'. fiicle î (juoKjue l’Angleterre pût
en moncicr c|Ucl<]uc exemple, dés le.
71 1'. Quand on avoit négligé de cour-
ber la tcie du on y liipléoit en
£lpagne , au xv* , par une petite pa-
xtllile. Souvent la queue se a’élé-
Tant , que peu ou point du tout j la
jxaverfe conlondue «vec la tête, nelaif-
0 ’fiiii pat d'alerau devant de cenequeae,.
jx>0)aicpout la ic^oindre.
j[l) tes f , senfermautdaos leur pan-,
k un point ou bien une ou pluncurs'
traverlea , botiaunialet , perpendiculai-
res , obliques , courbes de dilÜixns or
dres , fe montrent principalement , de-
.pwis la £n dn xi/*. /Tûcle , jisfqu'au
XV*. Du relie toutes les aunes kiuesà
,panfe /ont /o«>qni Àsdes dé p.veils
xtaiu.
tes f , à .qvqnes jKnniades ep j, font
uopict du xti'. les ,de» ix. 4c*'.
âoot la tête- commence à jifittenn peu
au-4cirutdc)amniiié de Jobade. nedoi-
veoi pas être coofondua , avpc les ^
do xlii*. Les pccmieis n'ont qu’un»
queue d’abord perpendicDtalre , puis lé-
gèrement courbée vers la gauche : Ica
fcconds l’êcendcut cxccllîvemcat du mê-
me côté. Les /*, qui tiennent à tous lea
deux lieu de panfe ou de tête , font dana
ceux là beaucoup moins tecoutbées en-
dcHous , 8c plus icguliércs , que celles
des aunes. Cen elt alTez pour ne pas
s’y mêprcndie. Nous avons au x*. Cède
des y du goût des premiers , mais
avec une traverfe. Ils fcmblcnt être for-
tis d’un Jf du ix'^ : mais donc le cum-
mcncemuiit petit remonter au-delà du
vil*. Au moyen d’un ncud .pratiqué
dans (a partie fupêncurc , au bouc de la
ciaveilc s on diroic qu’il o’rmplayoic ,
qu'une S , pour achever la foimatioii de
la panfe.
Les jli, eompolêt d’une p.erpendicOIà3re
8c d’une ovale ou d’un o.rcle , uni par
une pociie horiioniale à la halle , u'a-
nonccnc pas moins le ix*. lièclc , qpe
ITcalie. Ils corrne aulTi pour lois quel-
que cours «n Tiauc- : mais ta navci/e
Aoic fupriméc , ou du moins plus ferrée^
On ycn avoïc même déjà vu quel i lies
I exemples , dés le viii*. liécle. Mais la
2ueuc du P étoii plus coucie Sc moins
roite , 8t la traverfe plus longue. Les
p, dont la panfe n’ell q<i un ) , ou qui
Utciminent pat cette figuie, aparucimcoc
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m
148 NOUVEAU TR'A'ITE
Le /> de ( I ) l’écriture alongée nous fournit des obferva-
n. PARTIE. lions, propres à fixer l’age des diplômes, qui manqueroient
à t *.
C H A P, I V. '
ordinairement aut x. ic zi^. Hedes.
Ceux , dont la cjucuc Ce repliant fur cliC'
meme , apres avoir fait un neud ou une
boucle t dt prolom^^t , foir en perpen*
■4liculaiie, foie en courbe , inclmée vcis
]a gauche, oupouée tour à tour vers
]‘un & fautre côté , ofre un caraélère
tlu ix^ liccle, commun à toutes les lec*
cres , qui dcfccndenc par leur queue au*
dclTous de la ligne.
• f i) On peut le confidérer , fous trois
• xaporrs : relaiivenien; à fa panfe , a fes
pomres fupéneures ou cxcédcntcs, à fa
‘ ^ucuc inférieure.
i*'. La panfedup fc trouva régulière-
ment baut bas au niveau de la ligne ,
jufque vers la fin du x*. fiède. Avant
fon commencement , & furcout depuis
la fin du vtt* s les ezeeprions furent
' aufiî rares dans les diplômes des Princes,
que fréquences dans les bulles dcsPapes.Si
quelquefois la panfe monta fcnfiblemenc
au-dclTus de la ligne dans Ks premiers ;
ce oc fut guère , que quand le p fc troU'
va revêtu de la forme du grand Q cur-
fif, ou que , fous une figure plus com-
mune , il emporta certaine idée de dif-
tinéliôn : par exemple , lorfju'il croit à
la tète du nom d‘un Prince , on d'un
titre d honneur , dont on le décotuic.
Depuis l’entiée duxi*. iièclc; cette par
tic du P varia beaucoup : tantôt elle éga
la rélévacion de la ligne : tantôt elle
n’ocupa . qu*unc moitié nu qu'un tiers
fa hauteur. Mais , dès 1c milieu du
même ficelé , elle fut fouvent réduite à
fi peu de chofe ; qu’elle cil à peine çpm ‘
parable à la huitième ou dixième des let-
tres voifincs : quoiqu'elles ne montent
ni ne defcendcnc au-delà de la ligne.
Cependant à cet égard les autres ufa-
ges contraires Sc plus an*iens ne furent
totalement abolis, qu'avec récriture alon
géc. La ligne , qui fo-me le devant de
la panfe du p j depuis le vi 1*. ficelé ,
tend fouvent à devenir cremblan'C. Elle
rerpente plus fcnfiblemenc au ix* fic-
elé, & encore plus au x*. Au xi* , elle
gfl fouvem tracée en zigzag } mais cctic
mode pafla fur fon déclin. Au x^ ^
les P les plus cicmblans par leur panfe
rdlcmblent fort à quelques ) en cbifre ^
arabe , placés les uns fur les autres.
1®. Les poimes cxcédentcs du p s'élè-
vent du bout fupétieur ou de fa liaflc^
ou de fa panfe , ou de la raverfe , qui
Ks unit : ou bien , fans cuumbucr ca
len à la prolongation d'aucune des troi^
clics paroiircnc montées , tantôt fur le
dos de la première , ranrôt un peu ao-
dclfous du fommet de la féconde , tanr
tôt fur le milieu de la troificme. Quand
on fuprima la iravcrfc } la panfe rcOa
fouvent ouvene & fut continuée pa^ le
h.iut en gaule ou en queue. La manière
de fermer le p par une cfpècc de pente
^ femblcroit avoir donné naifiance
a la plupart de ces pointes i fi des les
V. & vt*. ficelés , nous n’avions des
jf ■ uverts furmomés de rextenfion de
kur panfe. Vers le milieu du ix* , l’an-
gle formé par ccrtc S 5c par la rravcrfc
s'alongea , dans la même proportion ,
que le bouc fupérieur de la hafte. Mai;
louvcnc auflî ccr angle la furpafTa en
hauteur, & quelquefois il sviéva tant foie
peu au defTus delà ligue. înfcnfiblcment
on cclTa , du moins en partie , de join-
dre par une traverfe le montant avec la
panfe : 5c comme la mode s'établit de
pouffer au plus haut tes queues , qui dé-
voient monter an-defius de la liqnc $ U
pointe du p eut le meme fort. Des avant %
fan 880, on vit ces pointes paffer de
cinq corps Técnturc alongée. 1 eft-à-'
dire , qu'elles eurent cinq fois au, tant de
hauteur , que la panfe du ^ ; qiioiquVifalc
à l’élévation de la ligne Rarement nean-
moins la queue fiipéricmc du/» fut-elle
portée fi haut > lors meme qu elle fut
bridée, comme il ariva pluficurs fols fous
Otfon 1 I e fiè:îe cft proprement le
rems , auquel prévalut la mode de cés
aîoftgcmcns rupcrflqs Leur g*-a:'dc vo-
<Tue ne èin-a geè'^c «;i*c 80. ans en Al-
lemagne. Car en Fran-e rura-.Te ot^ofiS
ji’cuf pas moins .le paTiifans , oiic fau-
tre. Si il pointe fut le p > déjà fort
de
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DE DIPLOMATIQUE. , 149
de da^ps , ou qui n’en auroienc que de faufl'es. Les p fur-
monrés de cornes (i) peuvent aulli contribuer à découvrir
le rems , où certaines pièces auront été dreflées.
XVI. Il faut que les Orientaux (1) & les Occidentaux
aient peu changé la forme de leur Q majufcule , pour que
de part & d’autre fes raports continuent toujours d’être fi
frapans. La refl'emblance du q minufcule des Latins avec
celui des Orientaux ell encore plus marquée.
Aux preuves, que nous avons domiées (<z) de l’exillence du
II. PARTIE.
St CT. III.
Ch A P. IV,
Q dcî efiverfe*
écritures : fupref-
^ïon de l‘« précédé
du Q : juger de
l'agc des niir. 3c
des diplômes par
la forme de cette
lettre.
diminuée , reprit faveur Ttrs le milieu
du XI*. lîéde parmi les Allemans i ce
ne fut pas pendant une efpacc de tems
fort long. On ne lailTc pourtant pas d en
obfcrver encore <|uclc]ucs exemples , jufo
^*au XII*. fiécle. Les p à panfe ouver<
te ou fermée ^ prolongée en queue , cnn*
nourenc dans les commcnccmcns du z*.
fiècle avec ceux à nointes , partant du
haut de la hade , Uns en écre la conti-
nuation. D’autres pointes , faifant un
tout avec cette ha(\e , avoient cours en
Italie , dés le milieu du ix*. âécie i mais
en Allemagne elles ne fc montrèrent,
que plus de cinquante ans apres. En un
mot les queues fupéricures des p , naif-
(ànt du haut de leur panfe , 3c ne fai*
fane que la continuer , aparticnnent à
l'aotiquicé la plus reculée , 3c fc main-
tiennent , du moins jufqu’au x*« /îéclc-
Au contraire les mêmes pointes /entant
que la fuite de la haAe , durent depuis
le IX*. jufqu'au xi* , 3c même beau*
coup plus tard ; s’il ne s'agit pas de
queues d’une longueur conlîdérablc. La
queue procédant de la panfe , commen*
cée un peu plus haut , que le milieu de
la halle , ne palTe pas le x*. lîécle en
France, ni le milieu du fuivant en Alle-
magne , ni les commenceraens du XII*. i
tn Italie. Quant à l’origine de ce f , ij
n'cll pas douteux qu elle ne doive écre
tirée du p , dont la panfe cH engendrée
par un neud , fortant de l'cxtrémicé de
fa halle , 3c que ce p ne remonte à la
plus haute antiquité. Mais nous ne le
trouvons point, avant le xx*. ficclc, dans
aucun monument , qui , de l’aveu de
tout le monde , foit à l'abci de tout
Ibupçon.
Tome IL
)®. Les queues inférieures desp de l’é-
criture alongéc déclinent prcfquc tou-
jours vers la gauche , 3c fc terminent en
pointes ttcs-aHlées , 3c meme un peu
courbées, depuis le viii*, lîécle. Elles
defeendent tantôt d*un corps , tantôt
de deux , tantôt de trois. La panfe di-
minuée au xt*. lîcclc encrainc la dimi-
nution de la queue. Celle-ci ne s’abaif-
fanc déjà prcfquc plus au-dclTous de la
ligne aloogcc celTa totalement de le
faire , au-delà de la moitié du même
^écle. Environ le milieu du fuivant •
I au lieu de Ce courber par le bouc vers
la gauche , clic fc tourna plus d’une fois
horizontalement ou tranfvcrfalemcnc
vers la droite } mats fans jamais s'étendre
beaucoup. Quelquefois alors le bouc de
la queue du p fc change en bafe obli-
que , 3c fe montre également des detut
côtés.
(i) La double pointe Itir le bouc le
plus éminent de la hade du p dénote
fpécialemcnc les xi. 3c zit* , & peut
néanmoins en certains cas convenir aux
IX. 3c X*. lîécles,
(i) Les Phéniciens-famaritains, Cal-
déens , Hébreux , Juifs le tournent à
gauche , Les Syriens 3c les Arabes le
tiennent de plus couché» Ces polîtions
diverfes comptées pour rien j quelle di-
fércnce notable ion contour ou les
traits pouroient-tls expoferànos yeux?
L'écriture runique , la grcque 3t les
autres , qui (ont émanées de celle-ci , ne
foucicnnent pas moins bien la mznit con-
formité de figure.
I i
(«)Te»>.i.^. 66 f.
Digitized by
II. PARTIE.
S C C T. 1 1 I.
CHAt. IV.
(m) De crthe-"
p-afh. f. 111^.
>>w
(
(^) "ScHv. mcthcd.
Ut. f. 7)1.
(0 I'. I'. cUf.
1. div. I. genre.
A.efp.n. }.
(d) 'Remsnum
Iklufeum — operÀ
fiudio Angelt Cau-
J" de Ia CijAuJfe.
Kern A 174^.
fcL (dit. J, AHiiA
àt D. Amidei.
(e) Pa^. l8l.
Zfo . NOUVEAU TRAITÉ
Q étrufque , on peut en ajouter une nouvelle , r^ultanc
de la (i) dernière édition de M. de la CliaulTe.
Veut-on trouver , dans les notes de Tyron , le Q capital ,
1; minulcule &c le curfif ? Qu’on rapèle au premier ces (i)
figures $. Ç ^ O dont quelques unes font difé-
remment renverfees : au fécond , celles-ci 0\ Û\ ; au tioi-
ficme , les fuivantes *\ 1 J , qui fupofênt confolion
ou fupreflion d’un ou deux traits , mais dont la curfive ro-- ^
maine fournit beaucoup d’exemples , par raport aux trois
premières du dernier rang.
Velius-Longus atefte , que quelques-uns (a) écrivoienc
gis , gae , gid ; au lieu de guis , gux , guid. Certains mo-
numens antiques ont confervé des marques de cette ortho-
graphe. On en voit , dans Foggini &: divers autres com-
pilateurs d’inferiptions , pour ne point parler des mfT.
Jufqu’à Fa fondation des chaires royales fous François I »
rUniverllté {h) de Paris (}) prononçoit fans coiuraditUoii ^
gis , gantus , galis ; pour guis , guantus , tjualis. C’eft une
obfervation , faite d’après Ramus par Dom Lancelot. Cette
prononciation , conforme à la langue françoife , aura plus,
d’une fois ocafioné la ftiprelfion de l’a dans (c) l’écriture.
Suivons m.aintenant la lettre Q , dans fes metamorpho-
fes , & tâchons d’en profiter ; pour fixer l’age des antiqui-
tés diplomatiques , métalliques & lapidaires , où fes dité-
rentes formes fe trouveront confignées.
La lettre Q. ouverte par le bas , à queue horizontale ;
(x) Une patère d’airain fiçurèc , {d)
région 5. porte dans Ton inlcription le
mot20/>l Vj85\ j Donc
par la règle des noms propres > les
Etrufqucs avoicnc la lettre Q » auill bien
(]oe !‘0.
(i) Nous ne donnons , que les gen*
rcs de ces crois clalTcs de Q ryrooieos.
Leurs efpcces nairrotent des divetfes po-
sitions des memes ligures ou de quel-
ques inHèxions de traies. D. Carpentier,
qos a mis pele mèic les notes de ces
crois ctalTes^ n'a pas èpuifé la pccmière.
(;) M. Dreux du Radtcr a publié fur
celte matière une petite dilîcrtacion ,
daos le (e) Journal hinotiquc de Sep-
I tembre 17(0. Il cire des éditions du
, commeucciUciK du xvi^. (tcclc , oii l'oii.
; fuivoit eocofc l'orrhographe de hihés
kémkAH i au lieu de ijnififttii A: de
Le P. Niccron rapoi te , qu’uu
Bcnèltcier privé par la Faculté de Théo-
logie des revenus de (bn bci>(:lice , pour
avoir eu la ccmèricé de pronorKcr :
ijuamtjuMm pour kMnkmn , porta PaTaire
au Parlement , foincuu de Ramus au-
Tcur de cette prononciation , Sc de
: quelques profcJrcuT! royaux. Aiét du Par-
lement intcrviut, qui laitra la liberté de
proiioncer , comrtK on yoodroit.
Voyez cirapiès ce que note difoii>-<
,Xur Vh , précède du 3.
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DE DIPLOMATIQUE. iji
disjointe par le haut , à queue ( Q ) oblique ; exaûement ’
fermée , à queue perpendiculaire , &: quelquefois détachée *
( Ç ) ; en forme de Q , adofl'é vers la gauche , à queue naif-
fanre du bas f 0^) ou du milieu ( 0^) de la perpendiculaire :
malgré toutes ces variétés , cette lettre ne lailTera pas d’a-
partenir inconteftablement à l’antiquité la plus reculée. Di-
ücilement montrera -t- on quelque Q femblable , depuis
Jule Céfar. Surmonté d’une tête ronde , fans volute inter-
ne , formé d’un feul trait , terminé par une queue ordinaire ;
de quelque côté de la tête , qu’on la fafle (ortir ( C\^ ;
il eft propre du tems , qui s’écoula depuR le commence-
ment de l’empire , jufqu’à la fin du fécond ficelé. On y
peut aulfi fixer le , à queue détachée.
Avoir la même partie obliquement tournée , s’ouvrir un
peu foit au haut , foit au bas de la tête : ce font-là des
caraâcres du Q , auxquels un mf. du v®. Cède fera reco-
noiffable. Les Q tirés d’un feul trait , avec de femblables
ouvertures , porteront les memes marques d’antiquité. Les
à tête pointue , traverfée par une queue , ne font pas
tellement réfervés aux v. & vi ; qu’ils ne puilTent convenir
aux précédons. Admettent-ils des irrégularités , dans leur
ogive ( (î. )? fa pointe eft-elle inclinée de côté ? l’on y dé-
couvrira le goût du vu', ficelé. En général la queue de
cette lettre ne pénètre -t-elle point dans fon intérieur ? l’o-
give même régulière ne contredira pas le génie du vin'.
UeQeft-il compofé de plufieurs pièces , dont le côté droit
relTemble à notre J conïône ? les fièclqs fuivans , jufqu’au
XI 1 1' , fe manifefteront. Reçoit-il , dans fon lêin , des traits
fuperflus ? il fera poftérieur à la dernière époque , à moins
qu’il ne foit lombardique.
Une queue , courbée au - defibus de la tête prefque en
forme d’S couchée , paroit prefque également alTortie
au génie de tous les fiècles , depuis le fécond jufqu’au vi 1 1'.
On pouroit ajouter au xi : fi cette queue étoit détachée de
r O » ouvert par delTous. Au vi , le bout de 1’^ en paroit
quelquefois féparé f ). La queue renfermée en forme de
perpendiculaire , dans le cercle des © 0 ; foit qu’elle fe
termine au centre ; foit qu’elle foit de plus apuyée fur un
iliamècre horizontal ^ ou traverfant obliquement le même
I. PARTIE.
Se CT. III.
C H a ?. IV.
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mW
“w a» ■'
iji NOUVEAU TRAITÉ
cercle en ligne droite ou en ;c ; elle rapelera l’idée du vi 1 1®,
II. PARTIE. fii;.cle.
H aV. IV. point au centre de la lettre Q, n’indique pas plus le
VII, que ceux qui l’ont fuivi , jufqii’au x 1 1 inclufivement.
Le ^ en volute fera conoitre le ix®. Que fa panfe foie ^
ronde , qu’elle foit ovale : on ne poura la faire remonter
au-delà du x 1 1 ' ; fi fur le milieu de fa queue mallive on
aperçoit un point en forme de monticule. A-t-il la forme
d’un a ? on ne doit pas encore l’éléver plus liaut. Flanqué
de deux points faillans{ ) i on peut le rabailTer^ au xiv'
fiècle : furtout S fa quAie fort petite ne pend , qu’un peu
au-deffous du bas du coté droit. Au contraire femblable a
l’M gothique , fa queue commence-t-elle des le haut , &
s’étend-elle de toute la hauteur de la lettre o\, ? on ne
peut guère lui afiigner que le xv' fiècle.
Edouard Bernard fait remonter le q minufcule , 700.
ans avant J. C. L’antiquité de ce caraftere paroit trop bien
fondée , dans les écritures orientales , pour qu’on puifle la
révoquer en doute. Depuis le i®^ fiècle au plus tard , une
, fuite de (i) monumens atefte fon exiftence. Sa tête fort
élargie , fe doublant par la jonêiion de deux courbes ,
alTure aux mil',, où elle fe trouve , la prééminence de l’age.
Le fécond rang peut s’acorder à ceux , donc la tête du y eft
détachée en forme de croilTant , tendant à lé réunir avec
la halle , ou s’y réunilTant en éfet par un bout ou même
par tous les deux , au moyen d’un délié fupérieur très-fin ,
horizontal ou prerq^iie horizontal. Les mêmes traits , quoi-
qu’avec moins de dclicatelTe , fe perpétuent, jufqu’au vi 1 1'
fiècle : mais la halle eft plus courte ,1a tête a moins de lar-
geur , une féconde queue femble quelquefois nairre de la
première. Que le haut foit ouvert en , fans aucune ten-
dance à l’union ; ce fera un indice plus fùr du vi i l'ffiè-cle
au plus tard. Le parfaitement caré déligne le ix' : mais
la figure eft rare. Le ®j à tête en ogive , dont la pointe tou-
che la hafte , élévéc au-delTus , caraçlérilé le vu® fiècle. Ter-
miné par deux pointes fupérieures( ), qu’il foit mérovingien ,
a
[•jVat loj. (i) Le livre meme dc^ limiicî le (*) I fervant à fixer les bornes d«s terres , daat
* ' reprdfente , fous cette forme , comme J l'ccnficc toituui.
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DE DIPLOMATIQUE.
lombardique , faxon (i) ou ciioliii ; iWanoncera du viii.
ou ix' ficde, &: du x'= , fi le defibus parole un peu caré ou ”• partie.
meme dctaclié. Sa queue fe portant ordinairement vers r-*.* V.l’
la gauche ; il pouroïc nette que du xn. ou xiii®.
Trois ou quatre lignes droites inégales , compofant (a
tête , indiqueront tout au plus le vi 1 & pouront quadper
avec les derniers tems. La lofiinge ou le caré , imi par la
pointe à la halte du q , inarqueia le xi n' ficelé. Au xi v® ,
commencent les pentagones ou héxagones des q minufcules
&c majufcules ; fi l’on y fupofe quelque fymétrie : & même
plutôt ; fi l’on n'en fupolè pas. Leur durée égale celle de
l’écriture gothique , fins en excepter l’imprimée. Mais alors
on ne laiilolt pas d’ulèr de q d’une autre figure.
L’écriture curfive la plus ancienne , pour former fon
minufcule 4’un feul trait ; le commençoit par le haut , eiï
defeendant &c remontant de droite à gauche : puis en s’a-
baifi'ant de gauche à droite , elle donnoit naiA'ance à la
queue , qui traverfoit la pointe déjà tracée. Une autre fi-
gure des plus antiques laifl'oit le haut de cette lettre ou-
vert , avec une queue dégagée ( <^.) •
Mais , pour donner une notion générale du q des aûes
en curfive romaine ; obfervons , qu’ordinairement Jk queue
n’en couche la tête , qu’en im feul point. La dernière prend-
elle la forme de (i) cœur ou d’ogive ? fa pointe tournée
vers la droite , aboutira tant foit peu au-defifous de la par-
tie fupérieure de la halle , avec laquelle quelquefois elle
formera un neud. Reffemble-t-clle à l’O. , au c ,à Vu ? l’u-
nion fe fera au bout de la halle , où celle-ci fe plira pour
fe joindre à la tête. Cela n’empêche pas , que les traits & .
de la tête &: de k halle ne fe traverfent , dans quelques fi-
gures , jufqu’à deux fois.
(i) En gindral la paofe du j Taxon eft
fort fujcic à fe charger d'angles faillans.
Plus il eft ancien , plus fes figures
font birares. Qu'on en juge par celles-
ci ; S ^ . Il ne faut pourtant pas tn
conclure , tju'cUcs aient uneotiginc di-
fcienrc du ^ latin.
fl) La forme de corur avec deux oreil-
lettes à gauche , &. même avec une au-
tre furnuméraire , dure dans la méro-
Tingiconc & la caioliae , depuis le vi'.
Cccle jufqn’au x'. Mais la halte coupe
quelquefois le corur par le milieu , en-
lotte qu'il patoit fans pointe. Il devient
encore plus dttoit , dans le x'. fieclc.
La queue alors prend la forme de nos
/cutlivet. Si le corur portoii fa pointa
au haut de la lettre , pr^cifrmeot à la
jonâion de la tete avec la queue ; ce
fetoit une marque du xi i'. fièdc. C'eft
encore alors , Sc même plutôt , que cette
liguic dôgénôtc cn leiuc ircmblamc.
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II. PARTIE.
S E C T. III.
C M A r. IV.
ij4 NOUVEAU TRAITÉ
Plufieurs <j de la^urfive romaine en forme de 7 , &
du vi'. fiècle au plus tard , font comprendre , comment il eft
polTible , que tant de notes tyroniennes aient afeilé une fi-
gure fi extraordinaire. Ces notes , vifiblement empruntées
de récriture curfive , en démontrent l’antiquité. On ne
fauroit faire voir ; comiAent des 7 ont pu naitre immédia-
tement de nos Q , foit majufcules foit minufcules : mais il
eft fort aifé de fuivre les degrés , par lefquels la lettre q
minufcule ou curfive a dégénéré en 7.
Le ^ mérovingien du vi i'. fiècle conferve une partie des
caraéteres de la romaine du vi'. Seulement fa queue s’unit ,
communément , dans une étendue plus confidérable avec Ca.
tête , que ne fait la romaine. On n’y remarque point de
complication de traits , qui le coupent , fi ce n’eft dans le
bas de la queue : ce qui convient aufli quelquefcis à la Ca-
roline. Des angles internes formés , dans la panfe du q, or-
dinairement oblongue , s’anoncent du ix*. fieclç ou du x i fi
l’on y remarque une efpèce d’j , ou d’i , naiflant du haut
de la hafte ou de la partie opofée de la panfe , &c renfer-
mée dans fà cavité.
La (i) queue de fa même lettre convèxe vers la gauche;
indique -le xi i* ou le xiii' fiècle : Sc les deux luivans ;
quand elle eft prolongée du même côté , pliée en deftbus
ou tournée vers la droite. Les’ derniers tems , qui ont pré-
cédé le renouvellçment de l’écriture , donnent au même
(i) Jafau'au iT. fiicJes , elle
£è replie n^<]ueinmem Tur elle-même ,
& forme une boucle , au-delà de laquelle
* elle s’avance tantôt en Z > perpendicu-
lairement fulpendue , &’ tantôt fous une
autre Hgure , plus ou moins courbe. Sur
la fin du 1^. en Atlcmagnc ^ fans s’écre
eiouée ni bouclée , mais apres s’être cour-
bée d’on côté ; elle fe jette de l'autre ,
& gavent en forme d'I contournée.
Au lit' , iJ n'efl pas rare , qu’apres
avoir defeendu dircâemcnt ; cette queue
aboueilfe, en prenant la figure du 3 . Di*
minuée quant à fa hauteur » mais pouf*
rée prefque borixomalcmcnt vers la gau-
che , avec une cambrure plus ou moins
ample j elle défigne le ziii*. ficclc.
File le fait aufiî reconoirre par un traie
extérieurement convexe , clévé de droite
à gauche. Il va quelquefois alors » 8c
particuliérement au ficclc fuivant , juf-
qu’à toucher ou traverfer cctre queue ;
niais plus en EcolTc , que partout ail*
leurs. EnEfpagnc , aux xiv. xv. & xvi*.
fiéctes , la queue ne Ce berne pas à Ce
coucher i clic monte par-dcHus la tête
du q. On a des exemples aulH , que no-
tre lettre s*y réduit en fpiraic. La queue
pltéc au-delfus de fa panfe ou de utête
parut en France , aux xv. & xvj* ; mais
il faut prendre garde de confondre ce q
avec l’abréviation dc^, tepréfentéepae
les mêmes traits.
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Ik
DE DIPLOMATIQUE. zyj
caraftère la (i) forme de 9 . On voit aulfi des q , aux xv. &
XVI®. licclcs , fuitout en Efpagr.e , dont la queue ne fe
courbe , que pour s’éléver au-deflus de leur têre.
Dans quelque écriture que ce foit , fi le Q majufcule a
fa panfc entrecoupée de bares perpendiculaires , obliques ,
horizontales ; il fera pollérieur au xi'. ficclc. Au contraire
fl Ig q eft purement cnrfif , & qu’une ligne à plomb , ou
qu’un autre trüt prefque en forme de petite s parte du
haut , ou de fa halle , ou de fa panfe , & defcende vers le
bas de fa cavité ; ce fera pour l’Allemagne un indice du
X*. Vers le XI I , le Q majufcule fe gl.lla dans l’écriture (z)
alongée , qu’il égala par fa panfe , mais dont il excéda tant
foit peu l’étendue par l’abaillêmcnt de la queue.
XVII. Toutes les nations , dont l’alphabet àell peu près
conllruit comme le nôtre , ont leurs R pour ainfi dire lêm-
blables à celles des Samaritains & des Grecs. Aux R cal*
da'iques , arabiques , fyriaques un petit trait manquant ;
leur parfaite conformité avec les p des derniers femble
en foufrir un peu. Mais il eft aifé dé le fupléer , ou plutôt
d’imaginer , comment il a pu fe j)crdre.
Au contraire notre R latine , comparée à fon caraÛère
original , paroitroir chargée d’un trait de trop ; li le fama-
ritain, l’étrufque & Tanciengrec n’en foumilToient des exem-
ples , qui ne peuvent avoir été puifés chez les Latins.
D’ailleurs , quand le fécond jambage droit du P de ceux-cr
(i) On en tretive an(ti Jcs exemples
dans l'angln-faion . lans cicepccc ré-
criture minufculc.
(i) Avant le i'’. (iècle , la panfe du
Îr eft conftamment de niveau avec la
lauccur de la ligne , où il fe trouve ,
tant de la curlive ordinaire , egue de
l'alongée. Auparavant , fa igueae médio-
crement longue dans celle - ci fcmbla
diminuer juftgu’au déclin du ii*. Alors
elle s’étendit à l'cxccs , S; fe termina
pat une courbe , extérieurement con-
vexe , Ibit vers la droite , fbit vers la
gauche , foit des deux côtés- à la fois.
En France cette lettre demeura fut le
même pié, durant le x'. (iècle j fi ce
n’eft <]ue fa queue fe boucla plus fouvent,
& que là panfe s’aroudir en volute , ou
fe forma en ligne ondée ou . tremblan-
te. Mais au it , la panfe du j fut ré-
duite , en France comme en Allema-
gne , à la dixiéme partie de la ligne
alongée ; & la queue ne l’excéda par Ic^
bas , que peu ou point du tout. En Ita-
lie , durant les v 1 1 1 . i x. & i* , les bul-
les pontificales nièrent du Q majufeu-
Ic i comme s’il eût été curfif. Il ne
palTa que d’un ou deux corps la ligne
en dclTous. Mais en dcfl'us au tx‘. il
la furmonu quelquefois de cinq à fie
corps. Il perdit de fa hauteur dans la-
fuite. Cependant, quoique revenu à la
forme ordinaire , il portoit encore fou-
vent d’un corps entier le bout de fa
liaftc au-defiits de la ligne. .
II. PARTIE.
SR C T. III.
Cil a R. IV.
Parallclle de nos
R avec celles des
autres peuples : R
tyronicnne : âge
des anciens mo-
numeos in^dlqué
par la divcrfiié des-
formes de cecte-
letttt.
Digüized by Google
É
J !. PARTIE,
Sicr. III.
Ch Aï. IV.
(m) Bum/nrMti
élferv.f»pr* mUmhÎ
fr»m. f. XVII.
ijtf NOUVEAU TRAITÉ
prie une forme courbe , il devine indifpenfable d’en diftin-
guer l’Æ , par une queue ou quelque chofe d’équivalent.
Pour remplir cet objet , on n’eut befoin , que de le fervir
de ri? , telle qu’elle pouroit avoir été dans fon premier état.
En éfet , qui nous répondra , que fa queue ne s’eft pas ( i )
perdue , chez les Phéniciens , Etrufques &c Grecs , par des
diminutions infenfibles ? L’antiquité de plufieurs R grèques ,
étrufques & famaritaines , garnies de queues ne poutoit-êlle
pas ajouter quelque poids a cette conjedure ? Quoiqu’il en
foit , la queue del’A mal figurée {a) l’a fit plus d’une (i)
fois confondre avec la lettre j4.
Les R tyroniennes des notes finales , pouvant monter ,
jufqu’au nombre de leize ; on fc difpenlera d’autant plus
volontiers de les repréfenter , qu’on n’eft pas encore par-
venu à s’afiurer pleinement , li quelques-unes ne pouroienc
pas apartenir à <l’autres lettres. Il n’en eft pas de même des
notes initiales. On y diftingue feulement (}) neuf ou dix
fortes d’R dominantes , &: d’une certitude avérée.
Avec un peu d’atention , 1» rAo grec s’y découvre fans
peine. Tantôt il conlèrve prefque ia fituation naturelle ,
tantôt il eft à contre-fen^, tantôt il paroit renverfë. Ne
pouroit - on pas encore ^ reconoitre notre r minufcule ou
curfivc ? Les deux premières de fes figures , que voici , pour
ne rien dire de la feptième r/ evi
ne femblent-elles pas avoir avec elle un raport aft'ez catac-.
térifé ?
Des ^ majulcules , à lignes courbées , foit par le' bouc
F h) Tout bicD conftd^ré il paroic plut
robable , que le fcconrl jambage de
R aura ajouté avec le tcnis. La plus
ancienue yd grcque , dont on ait co-
noiflanec avoïc la tétc triangulaire. A
force de relTerrer & de rendre plus aigu
l'angle faillant ; fa pointe s'alongeanc fc
fera cbaiigéç eo queue» Elle aura dt^
iorroduicc fous cette forme en Italie ;
quoique en Grèce l'autre figure angu-
Icufe , caréc , & enfin ronde ait préva-
lu. Les ^ 51 ^ V ^Ipagnolcs fc
montrent aufll garnies fie dépourvues de
qucues.Don Velafquez {(/) reconoit néan-
moins , que la troificme fie quatneme
pouroienc bien n être que des A. Rien ne
l’cmpéchoïc d’en dire autant de la der-
nière.
(i) Buonarruoti cire en preuve des
mèdai'les de Gordien Pie , d’Hodilicn
3: de Poflbume. On pouroit y joindre
bien des monumens d’un age plus ou
moins rèculé.
(j) D. Carpentier n’en anonce , que
deux > mais réellement il en don-
ne qu.it'C : parce MIC trois font tenfer-
mècs , (bus (a (ccondc note. Son anrè-
pèmilricmc exemple rcflcmblc plutôt à
un V oedin.-me > qu à la vraie figuie de
l'K , dont il o;upc la place,
Digilized by^Gooj^Ic
DE DIPLOMATIQUE. ij7
de leur jambage gauche , foit par le haut de leur tête , qui
n’en (eroic , qu’une continuation , peuvent aider à fixer l’é-
criture des fiècles anterieurs à celui de Jule Céfar ÿ quoi-
qu’elles n’y (oient pas les plus communes. La régularité des
traits , l’élégance du contour , la belle proportion des par-
ties feront les meilleurs indices tant de ce ficelé , que du
fuivant. On peut encore y faire entrer le haut de la tète,
prefque horizontal. Le fécond ficelé , depuis l’cre chrétienne,
le décèle quelquefois par des , dont la queue avance ,
dans l’intérieur de la tète , ou , qui fe confondant avec
elle , & paroifi'ant naitre du haut de la halle , fans la tou-
cher autrement , fe courbe jufqu’à trois ou quatre fois ^ en
fens contraires (Ji).
Que la tête ne fe réunilTe point avec la halle par le haut ,
ou même par le bas : que la queue foit détachée & de la
tête & de la halle ; ce ( i ) feront enco» autant de lignes
du même âge.
Les K , dont le premier jambage ell concave en dehors,
marqueront les tems purement gothiques ; furtout fi les ba-
fes des traits inférieurs fe réunilfent. Les mlT, où les têtes
des R font transformées en polygones , fe (i) raportent au
V, ou VI ficelé.
On pouroit mettre en problème ; lî Mr minufcule ell riéc
( l) Le derrière de la tète de l'R , fou-
venr détaché , là de Ia harie , ici de la
queue , ailleurs de l'une £c de l'autre ,
porte des marques , auxquelles ou reco-
noit les tnlf. du premier âge. Mais ,
comme quelques-uns de ces cataéières
pouroienc convenir à d'autres fiècles j il
faut que toutes ces figures , ou du moins
la plupart concourent fur un monument ;
pour qu'on puilTe en tirer quelque in-
duéiion laifonablc. En efer , fi l'on s'a-
têtoit à un ou deux de ces caraâèrcs ,
à l'ciclufion des autres ; on les crouve-
loit eotore au moins, dans les mlT. des
VI. éc vit', fiècles.
Des queues fort concaves en dclTus ,
& bien plus longues que la halle , ou
tranchées par des baies obliques & pa-
rallèles à celles du premier jambage ,
defigneront le vi'. liècle. Bcaucoupd'ir-
régularités , & les pofitions bifarcs de
Tome II
PR anooccronr Ici (Seux ficdes fuivans.
Depuis le ix. jufoa'ab xiti , on re-
marquera quelquefois une grande dif-
proportion cotre la hafle & la queue. La
I première fera d’une hauteur énorme , &
la féconde d'une pecircife cxceflîvc. Dca
le vil*, fièclc , on obfcrvc quelque
chofe (faprochanc. Mais l'R conferve
alors une forte d’éleganct , qui fufira
pour la diRioguei . Les R , dont le jam-
bage gauche fe divife par le bouc en
deux , & quelquefois meme en crois par-
ties , fcmblentplus particulicrcmencafcc;
tecs au lombardique , à celui furcoui
des Vi 1 1. $C izV ficelés.
(i) Mais il faut , que fes ligues droi-
tes , donc réfulee la tore des R » foient
fans mélange de courbes. AutrcmcDC/ie»
o'empéchcroic d’éccndxc ce caraéUre i
jufqu'au iz*. fîcclc.
K k
II. PARTIE.
Sscr. III.
C H A P. IV.
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II. PARTIE
S E C T. III.
Chat. IV.
(a) MMUifcrlili
tufittlari. p. 6t,
0
(i) Dt Mp’trum
indiümihHi &c.
p. icj.
2^8 NOUVEAU TRAITÉ
du P grec , qui fe maintint long-tems, chez les (i) La-
tins ; ou li elle tire fon origine de leur R ouverte , & for-
mée pour ainli dire d’un feul trait. 11 eft certain , que , dès
le iv'. ficcle au plus tard , on vit , fur les monumens la-
tins, des P (* Ia-T^ (i) T minufcules. La queue de cesr ,
abailTée au niveau du premier jambage , fembla les avoir
métamorphofées en n. La meme figure déjà très-multipliée ,
dans certains m(T. du vi'. fiècle , devint bientôt ordinaire,
dans l’écriture faxone.
Pour faire le difeernement de \'r & de \'f curfives , Ibu-
vent trcs-refl'emblantes 5 M. Maft'éi {a) donne cette règle :
que dans plufieurs écritures , le dernier trait de la première
fe replie en montant , & celui de la fécondé en defeendant,
d’une manière prefque infenfible. Mais quoique ce carac-
tère puilî'e communément fervir à la diftinélion de l’une &
l’autre letrre ; il tiiduiroit fréquemment en erreur , fi l’on
y comptoir trop. Quelque fois le bout de Verre ( Y*) s’abaifle
fans fe reléver , &c Ibuvent celui de Vejfe ('J*') fe rélève fans
s’abaifiér. En un mot , il n’eft pas rare de voir ces lettres
tellement confondues ; qu’on ne fauroit les fixer , que par
le lens du difeours. Mettons ici fous les yeux du leékeur
quelques-unes des figures les plus ordinaires , ou les plus re-
marquables de Vr (1) curfive romaine , antérieure au'vii'.
fiècle: T'tT 'è Yy'Ÿlt.
L’écriture 'mérovingienne , malgré fa barbarie aparente ,
n’ufa pas, de caraûères plus hétéroclites. En voici trois des
(3) plus bifarcs 7^ K qu’on y puifie obferver. La faxone
n’admit guère, que l’/2 majufcule. Verre {XL ) minufcule & V'P'
curfive i fi ce n’eft qu’on veuille leur agréger les ,
(i) Ceux qui étoient chxrgés de ré-
gler (i) les limiics des terres, daiV
l’empire romain , en employoient une
a/Tcz Temblable à la précédente ; lî ee
n'cH que le trait avancé vers la droite
éioit plusalongé, & plus aptoebant de
l'borizoniale.
(1) Cette lettre eft ordinairement re-
conoilTable aux deux traits , dont Ton
pte Te trouve prefque touiouts compofé
Leur diflinébon paroit allez rare , dans
la njctovingiconc. Mais , dans la Caroline,
& celle qui la fuit , jofqu'environ le
xts', fiècle , il n'en relie communé-
ment pas meme d'»arence.
( I ) On ne leur adocira pas ces , qui
pouffant direéiemeot leur fécond trait ,
le terminent en neud ; puis Ce rabateoc
par une ligne oblique , couibcou mixte.
On les remarque déjà , fur le déclin de
l'empire romain ; & l'Italie en conferve
des traces encore bien marquées, au zi‘,
lîccle.
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DE DIPLOMATIQUE. ly?
qui ne paroiflenc fur les rangs , qu’au x'. fiècle.
La lombardique s’écarta davantage de la romaine. Aux
vrii.& ix'. liccles fes figures les plus (i) ordinaires fu-
rent U ^ • Mais vers les x. &: xi®. elles dégénérèrent
au point d'être méconoilTablcs. Ce (ont en quelque façon
des r, des z , des croix , de crocs Scc.
Outre cette T' curfive ; il eu cft une autre , qui s’eft per-
pétuée (i) jufqu’à nous , &c qui fouvent prend la figure d’un
Z . On peut en rapeler l’origine à la conjonéfion fréquente
de l’O & de VR dans l’onciale. Comme l’O fourninoit la
panie antérieure de l’R celle-ci n’avoit de propre , que fon
côté droit Oî. . C’eff de cette portion détachée &c redrelTée ,
que notre X. ^ ptis nailTance.
Aux VIII. 6c ix'. ficelés , peu s’en falut , que des-X (î)
de la curfive Caroline ne parufl'ent transformées en p. Quel-
quefois , fur la pointe (4) droite de \’r , une extenfion s’é-
leva en forme à' fou de ^ grec. Les F des diplômes des ix.
6c x'. liccles eurent (j) pour l’ordinaire une queue fort
1!. PARTIE
s rcT. III.
Ch* P. IV.
1
(i) On peut compter .parmi les plus
rares , non des mlT, où elles ne paroif-
Tenr peutécre jamais i mais rcuicment
des chartes , ees ■yf 'Y "f f' . dont
les crois dernières aparriennent au xi°.
liccle. Au refte leur rareté ne doit pas
s’entendre de quelijues pièces en f>arti-
culier : ppiftju'il en cil , où elles Ibnt
très- communes.
{i) On feroit volontiers remonter cette
figure . jufqu'à l'ancienne curfive romai-
ne i fi l'on la retrouToir , dans la franco-
galliquc & la Caroline. Mais on ne la
voit reparoitre . dans les diplômes , l^s
la forme du a , qu'au i‘. fic^g- H cil
vrai , que la curfive romaine fubfifloit
toujours en Italie. Ainfi quand cette t
n'auroic pas eu cours , dans l'onciale &
daus la minufculc; elle auroic pn fe ré-
pandre de cous côtés , par le moyen
des bulles pontificales. La figure du i ,
alTez confiamment employée . julqu'au
*111'. ficelé , fe change alors en z.
Cette 1 , ic l'autre encore pins eom-
muoc , Ce raprechèrentau z iv', jufqu'à fe
con&odrc.foiis les figures, (bit de l'v aigu,
lôitdel'v rond, qu'elles emprunièteDc.La
France, l'Angleterre & l'EcolTe en fournif-
fent des exemples. On découvre aullî ,
futtouc en Allemagne , des R majufea-
les , compofées d'un grand & d'un pe-
tit 1 , pofés de fuite. On glilTe pout-
caiit enct'cuz une cfpèce d'accent ou de
virgule.
[f) Ces r ne font pas fort nombreufes;
mais les ^ en façon de f , donc ta pan-
fc , ouvene pat le bas , s'avance vers la
droite , par une petite courbe , font fré-
quences , dans l'ancienne romaine , &
plus encore dans la faiooe : toutefois le
montant de celle-ci ne parole pas fendu.
En général l'R relTcmble fonvcnc au p ,
dans le caraélère gothique 8c même
dans le fazon. Suc ce principe , .Sau;
maife a cotigé (é) un texte de Vatron ,
où l'on liloic auparavant inceftis , au
lieu A'incerth,
(4) C'eft un caraélère propre des vi r.
vt II. 8c ix". fiècics, 8c quelquefois du
x'. en France,
(y) Dès le viii'. fiècle , les queues
des r , confidérablemenc prolongées , fu-
rent par leur cittémité un peu courbées
vers la gauche. Ce furcroic d'étendue
Kkij
(4)
rmrwn^f. 699,
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II. PARTIE
Si CT. III.
Chai-. IV.
Origine de l’S
latine : S tyro-
niennetfupreffion
de rs : elle fe tra-
Tcflic en Z ; id-
tranchoit-on i ou
hi, dani l'dciituce}
2.60 NOUVEAU TRAITÉ.
longue 6c une tête fort petite. Au x 1 1 1 ' , on diminua beau-
coup la aueue des T . Celles qui reiïembloient à des i de-
vinrent fort à la mode : & ce fut pour lors qu’elles en pri-
rent abfolument la forme. Elles avoient auparavant ceffé d’e-
tre aftreintes à ne fuivre que \’o. Au xv*. fiècle , l’r em-
prunta quelquefois la figure d’un alongé , 6c tranché par
le milieu. Aü xv. fid xvi' , les R majufcules des aêles eurent
(i) 3. peu près l’air de nos p curfifs. Les deux r les plus
fréquentes de cette efpcce font -jf ou f*' , trcs-ufltées en
Efpagne , 6c partout ailleurs , quoique pas toujours les plus
ordinaires.
XVIII. On retrouveroit , ce fcmble , plus facilement le
fehin des Samaritains , dans celui des Etrufques , que dans
le 2 des Grecs. Cependant la reflemblance du dernier avec
le fehin des Orientaux fe fera fentir fans peine ; dès qu’on
le rapelera l’ufage , où ils écoient de coucher leurs leares.
parue en France, aui x. & xi*, moins
rufceptiblc de variacioas. Mais , depuis
Je milieu du dernier , jufc|u‘à Philippe
Augulie , infcnfîblemcnc ii s'evanouir.
ta mode introduite , dès l'cntrce du
ït i'. de faire rebrouffer le bouc de la
queue de IV vers la droite , fut preCque ,
avant fa coufommacion , partout èca*
blic. En même ct*m$ les queues enjoin-
tes , courbées vers la gauche , furent
pour l'ordinaire totalement fuprimtîes ;
& bientôt les r parurent réduites à peu
près au meme état , où nous les voyons.
Les queues durctcnc néanmoins plus
long'Cems en Allemagne ; quoiqu'elles
y eulTcru été négligées , dans des pièces
entières , dès le milieu du xi*. lîèclc.
Souvent , aux iz. 3c z* , 3c plus fouvent
encore aux xi. 3c xii^ , apres t’étre.
inclinées vers la gauche j elles fc recour-
boieot de tems en rems vers la droite,
3c quelquefois fc terminoienc de l'autre
côté. Quelquefois elles faifoient tout le
contraire : c'efï - à-> dire qu’elles étoient
tremblantes en fens opolcs. Au zii‘.
lièclc , elles finilfoient fouvent en j. Au
ziii' , quand elles fc coutboJent vers
Ja gauche } clics fe relévotenc alfcz haut;
ufage , dont les exemples s’éioicnt mul- j
tipUés , des le nèclc précédent , en An- J
glctcirc 3( cnfcolfc. Laqueue de Irta ]
fe repliant fur elle-méme , fe boucla
' en pluHcurs diplômes , vcr^la^Jin du ix^.
3c le commencement du x*.
( 1 ) Cette figure fut auflî celle de la pe-
tite curfîve. la bare outraverfe efl ce qui
la caraélciifoic le mieux ,a’jx xiv. xv.
’3c XVI®, (îèdes , furtout en Efpagne.
.Souvent elle lui renote lieu du trait , enté
fur le raogtant de l’r. Souvent on ne
voyoit que deux perpcndicolairer ou pref-
que fi(rpendiculaircs , tantôt iinirs par le
bas , ou par une craverfe , A: tantôt
détachées. 11 y a plus : ü n’étoit pas fore
rare de voir une de ces lignes tran-
chées , 3c par conféquent en forme de
croix , conftituer IV curfivc efpagnole.
Il arivoit même , quelle étoit dépour-
vrJt du croiClIon gauche. Toutes ces r
des xiv.^v. 3c XVI*. Eccles , n’cxclucnc
pas celles d'une figure moins irrégu-
lière. L’Allemagne d’autre part préfente
des r , prefqu'eo forme de c. Aux xiv.
3c XV® , l'Angleterre 3c !*Ecofrc en pro-
duifent, donc la pointe gauche fc cour-
be , & defeend jufqu'au dclTous de fon
pié. Ce trait convient aux majafcules ,
comme aux minufcolcs. Depuis le xi i*.
ficelé, les panfes desprcroièfcs fontrra-
verfées latéralement , ou bien à plomb ,
par diverfes foi tes de lignes TuperHues.
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DE DIPLOMATIQUE. z6i
Quelques nations grèques ayant rétranché la branche infe-
rieure de leur (i) 4 ; il ne talut plus que l’arondir , pour
faire éclore (i) notre S.
Les Latins d’un autre côté reçurent des Grecs leur ^
anguleux , ne paroitront s’en être défaits , que très-
tard : fi l’on le fuit chez eux , jufqu’au tems , ou il fut
transformé en Z , pris à rebours f S •) H n’étoit pas fort ex-
traordinaire de trouer , dans leurs monumens , des ^
(3) anguleux , deux ficelés avant la naiflance de J. C.
Des relies de ces figures fe montrèrent encore de tenu en
tems , depuis cette époque.
Les S initiales des notes de Tyron peuvent fe réduire à
deux figures , afl'ez femblable à notre S , quant à la forme.
M.ris l’une ( Ç ) conferve fa pofition naturelle , & l'autre eft
plus ou moins couchée (c/’). Si l’on porte fes recherches,
fur les s finales des mêmes notes ; outre notre f minufeu-
le , on y remarquera l’ancienne / curllve , dans un trait
fort aigu , & néanmoins allez conforme à celle , qu’on dé-
couvre , dans les monumens les plus antiques.
L’j finale ,aufli bien que \’m , fut quelquefois (a) re-
tranchée : non lèulement de la prononciation ; mais encore
de l’écriture : non feulement , lorfqu’elle étoit fuivie ('4)
d’une voyelle ; mais encore, quand elle (é) l’étoit d’une confone.
( i) Cette figure cft moins conforme
au fihin fiunaricain , one le S. Cepen-
Janc U première cl^ celle , qui fe retrou-
ve dans les plus anciens monumens gtecs,
Êc qui femble avoir palfc en Italie. Mais
le S ne laiflà pas de fe cenferver en
Grèce , depuis Cadmus. Au moins des
infctipcions de plus de Soo. ans avant
J. C. le leprèfcntenc.
(f) LcsGrecs employèrent eui-mèmcs
eelle-ci ; quoique alTcz rarement , long,
tems avant qu'ils fulTenc fous la diipii-
nation des Romains. Ils ne difeootiouè-
sent de s'en fervic , quoique toujours
avec rèferve , que bien des ficelés de-
puis. M. Terrin , dans fa Dilfertatioii ;
iiir une médaille des Macédoniens , fe
prévaut du Ismbda grec en (orme d'L ,
qui fe trouve aux ères des Crées , pour
^ouvec , pat voie de comparaifon de mé-
dailles à médailles, k de leurcs à lentes ,
ue le grand des Grecs eut aufli la
gurc de notre £ latine ; d'autant plus
qu'on en rencontre divers exemples.
H) Les Efpagnols en ^ifoient aufii
pour lors grand ufage : mais ils ne fe
fervoient pas moins fouvent des 1 {
^ ^ , donc la dernière le trouve de
plus employée , dans leurs médailles la-
tines. ■
(4) En général les voyelles en con-
cours avoient le meme ùm. Cet fupref-
lions durèrent ; quoiqu'avec bien des va-
riations , an moins jufqn'an ax*. fièclc ,
Sc fouvent opérèrent des phénomènes
d'ortbographe , qu'on traite de barba-
rifmes. La fuprelTion de ÏS avoir lien
furtout , lorfqu'un (e) mot finilloic , 8c
que l'autre comraençoit pat cette lettre.
Alors il étoit aficz otdinaiie d'en fu>
primer une,
IL PARTIE.
S i CT III.
Ch AP. IV.
pareequ'on l'ajou-
toit à l'y, dans la
prononciation î
petite J finale ,
quand devenue
d'une ufage ordi-
naire.agedesmlT.
k des chartes dé-
terrniné pat la di-
fércnce des/: elles
ptcnnenc la forme
de beaucoup de
caraélères des al-
phabets latin 8c
grec 8c des chiites
aiabcs.
(a) Sp*nhtim de
fràJl.Humifm. Dif-
fert. 1. f. tai.
(i) Onimil. In-
ftit. l. y. e. 4.
(e) De re dipitm.
fkppltm.p. JJ.
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n. PARTIE
S I c T. 1 n.
Chat. IV.
(^) Buon.rrrtWf
OfcrvMZ.. P* 115.
(fc) S5./a-
$nt. \ .prif,p,îxij.
(e) Banittr. nu-
nufm. t. x,p. 69$,
{i) OfferVMJL»
p, 111. 115.
aSi NOUVEAU TR'AITÉ
"L’iifagc d’employer le Z , au lieu de l'^S , étoit devenu
fl commun chez les Grecs ; que Lucien fait le procès au
premier , pour avoir empiété fur le terrein de l’autre. Les
memes entreprifes (a) avoieiit lieu chez les Latins , fans
nulle réclamation. Le domaine du Z y étoit fans dont*
trop étroit ; pour que l’-y pût fe venger par de femblables
ufurpations : mais elle lut bien fe dédomager , en lui \o-
lant jufqu’à fa figure. Vous croyez fotfsent voir (i) un Z ;
& c’eft un S véritable. Cette dernière fut aufli quelquefois
traveftie en C,
D. Mabillon {h) croyoit que l’S avoir eu un fon équiva-
lent (3) à la fyllabe his. De là Spania , Jloria , fiorialiter ^
(i) On en d(!couvre , |ufi)U‘en Orient,
fur les (f) midailles de la fin da vu',
ficelc , ou des premières années da fui-
vanr.
(i) Nous en trouvons des exemples,
fc dans l’ineftimable mf. de S. Germain
des Prés où font tenrermées les épicres
de S. Paul , & dans le bea»dc S. Pru-
dence de la bibUothèque du roi fol. 4r.
Plufieurs inferiptions conftatent Pufage
du C pour PS. Cérait apararamenr à
Piraiiatjon des Grecs , fi cette Ictuc n'en
étoit pas empruntée.
(j) Si pour l'ordinaire la lettre .t eût
été prononcée his ; les mif. !c les diplô-
mes fcioicnt pleins de mots , où la fyl-
labe hi ptécéderoit l'5. Quand on dicie
on difeouts 5 l'écrivain peu habile
rend communément plutôt la pronon-
ciation , que l'orthographe. Or on pou-
coit lire grand nombre de mlT. St de
diplômes j fans jamais tcncomrer de
h) , à la tétt des S regardées comme
initiales. On ne fauroit nier cependant ,
que cette prononciation d'ù pour S n'eût
fait du progrès , non feulement en Ef-
pagne , mais en Italie Si à Rome même.
M. Buonarruoti (d) prouve par plufieurs
inferiptions , au moins du bas empire ,
tpi'on a quelquefois éait : Ifttfhmu
pour Stifhassus , iftsdfi pour infculfi ,
ijletii pour fiait , ififs pont /}fs, 1 finM.
TMfdHs pour Smmragiiu. Voilà fans
douce bien des indices de la ptonon-
ciation ir pour r: lorfqu'elle étoit ini-
tiale d'uu mot , je fuivie au moins d'une
amtc confone. Il ne s'enfuit pas toute-
fois , que cette manière de prononcer
ait été générale en aucun pais. Les mlf.
de S. Germain 11. îc i } , tcnfcrmanc
le grand Diélionaire latin en caraélcres
lombatdiqucs , qu'on prétend cire de la
fafon (fAnlïlcubus évêque Gotb , oftenc
dans le corps du livre plufieurs exem-
ples de pareilles S , écrites pat ri , com-
me ifiufeKt pour fiafext. Mais jamais
on ne voit paroitre ces irrégularités aux
endroits , où \'f obferve rendre alpha-
bétique. Ce font toujours fc , fsn , ff ,
fil , fi. Il efl pourtant vrai , qu'à la Ict-
tte J , ce Diélionaiic ofre plufieurs exem-
ples de l'addition de cette voyelle , de-
vant l’fi, fuivie d'une confone , Si quel,
epues-uns de l'i» dans la même pofition.
Au relie la prononciation is pour fi n'a
jamais lieu , qu'à caufe du concours des
confoues , au commencement d'un mot.
Peutêtre même làot-il plutôt la rejeter
fut des particuliers , que fur aucun ulà-
ge univetfel ou national.
Comme l'ô de l'alphabet fe pronon-
çoic cfift ou et ; il n'efo pas rare , que
l'r ^ic mis avant cette lettre. De là tant
de mots de la baffe latinité , des lan-
guet vulgaires , je far-tout de la nôtre ,
qui commenccot ou qui commciKcrenl
par ts , quoique dérivés de locutkms la-
tines , donc rS étoit la première letere.
De là , pour en venir à des exemples ,
tfiirnt de fimbm , tfiang de fiagmasn ,
efitle de fitia , tftaU de fitUa , tfalt de
fihola Si bien d'autres.
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-
DE DIPLOMA.TIQUE. z^3
pour Hifpania , hijîoria , hijloriaiuer , répétés plufieurs
tbis , dans de très-anciens mil. de S. IHdore. Il fupoie donc,
qu’on prononçoit ces mots ; comme s’ils eu/Tent été écrits
nijlona , Hifpania. Il auroit pu ajouter , qu’on trouve dans
le mf. de l’abbaïe de S. Germain des Prés n. 66}. en let-
tres d’or fur du vélin pourpré , Scarioth &c Scariothes , pour
Ifcariotk 6c Ifcariothes , & dans le mf, 9É0. quelquefois fie
pour ijle. Mais faudra-t-il dire , que l’^" avoir aufli le fon
de la (yllabe ins ; parcequ’on écrivoit Jîrumenta pour injlru-
menta î Atribuons plutôt ces rétranchemens de fyllabes , tant
dans l’écriture , que daas la prononciation à la barbarie des
liccles : ou plutôt avouons , que plulieurs de ces prétendues
lettres ou fyllabes fuprimées , avoient été ajoutées apres
coup. On a dit (a) Pania , Spania ,fIruo , Jîrumenta
que de dire Hifpania , infiruo , infirumenta. Eft-il éton-
nant que l’ancien ufage le foit confervé , dans quelques pro-
vinces ?
Aux VI , VII , VI 1 1 . &: IX®. fièdes ; l’5 (1 j couchée ,
Tcnvcrfée , tournée à contre l'ens marque fouvent la fin , &
quelquefois le commencement d’un mot. Rarement , l'ur
les monoies françoifes , ocupe-t-elle une autre place.
Dès lors au plus tard , les courbures de ri" le redrefic-
rent au point d’aprocher fort de la ligne droite. On croi-
roit y découvrir les prémices de l’f minufcule ; fi nous
n’avions pas des moyens encore plus direéls , pour remon-
ter à fon origine. Vers le fécond fièclc , & peutetre plutôt,
parurent des j~ f , compofées de deux lignes droites en (1)
équerre , ou faifant un angle obtus. C’étoit ramener d’uné
autjre 'façon les angles fiiranés de V i . La ligne oblique
d’incidence , naill'ant un peu au-delTous du bout fupérieut
, ‘7 . - t., ■ ■ ... I
antiques. Quoiqu'une origine remblabje
UC couvicunc pas mal à Vaucienoc
cutiïvc ; nous Iui|pi afUgoctons une autté,
pour le moins aufli natiiTclIe. les f ,
alFct ftiqacmes , aui ii , x , & ii'.
ficelés i fc (i^tivetoiem plus Jificilcment
de l'S angulcufe. On, prdicud encore
moins y dilcourtit la lounc de
des fignatutes d'Hiiicmat de Reims ;
lotfqu'il ne (bufuivoit pas en ca|jtÿc$.
(1) coochcc & rcnvcrfcc des
chartes cft propre du xir*. flècle. On
la »oit mieux formde , Si feulement cou-
Vhde dam des' écritures de mlf. des tx.
Si x'. ficelés. Voyez les Mefles ajoutées
à la fin &: au commenccaiwc du mf. du
coi iSo). „
(i) Les P T’ en forme de t des pan-
dedes de Florence , Si les des let-
tres de Jean V. , & de Serge I , pou-
coient bien ccce émanées de ces t
II. Paxtii.
SacT. III.
Ch*ï. IV.
(m) Dtl crift»
y frinàpit dtU»
lengUM Cuftttlan»
’POT gl JaiiorBtrn. .
AUrett lit. J. c.l,
fri. i6.
.’ •' 1
l' •: 1 sV • •
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11. PARTIE.
S E C T. III.
CHA». IV.
(a) V. U relire'
tira du MKleun
det hornes antim-
nes-fai. lO}.
zo'4 NOUVEAU TRAITÉ
de la hafte de l’ Y forma un nouvel angle , un angle verti-
cal. A ce traie , qui pouroic encore méconoitre le com-
mencement ou pluçôt le progrès de IVmcienne f curûve ,
déjà confignée fur des monumens publics , aux 1 1 1, & iv'.
liccles. Le même trait ^ portant liir l’extrémité de la hafte ,
au lieu de s’étendre en ligne droite , produillt en fe cour-
bant { I ) notre f minufcule. Son exiftence eft conftatée par
des exemples du iv', liècle. Mais bornons-nous maiiuenant
aux oblerv-itions concernant les S majufcules.
Depuis le 1 1. ficelé jufqu’au iv' , ôd plus tard encore ,
elles s’arondirent quelquefois par Je$ deux bouts , jufqu’a
former un cercle, une ovale, des volutes, des neuds, terminés
par des traits excédens de diverfes figures. Dès avant le i x'.
Cède , r.S Ce transforma plus fouvent en 12 à contre lèns ,
qu’en Z ordinaire. L’ S gothique moderne ne Ce confond
jamais avec celles des premiers Cèdes. Outre qu’elle eft
écrafée ; fon arondilTement haut & bas eft porté , jufqu’à
jondion des baies & des Commets avec le corps de la lettre.
Mais par combien d’autres endroits eft-elle difétente de
cette ancienne 5- . ■ . . .
Les é» 5 à trois , Sc même à quatre pièces détachées(i)
/ont très-propres à caradérifer les mlT. des v. & vi'fièdes.
Les S carées un peu fréquentes conviennent fpécialemenc
aux VI 1 1. & ix'. Cèdes. La queue de 1’,.? , pliée en def-
fous. Ce multiplie au ix , &c continue dans les fuivans. Deux
gros points fli^nqpans les parties les plus Taillantes de l’.S
anoncent le xii' .au moins. Qu’aux deux bouts foie
légèrement ■courbé en deftus &c en delTous par des traits ,
fat%9 angle avec le corps de la lettre ; ce caradère indi-
«I jf itt - plus (urement encore le même âge. L’S en ^ bar^par
le milieu donnera un ligne du xi i i.ouxiv®. Cède. Des ÿc ,
dbbut.ainfi dire plantées , fur la hafte des f minufcules , dé-
‘ ligneront le x' , ou la fin du précédent. Prennent - elles la
figiue de C un Jfeu alongé î elles ne s’élèveront pas au-deiTus
(i) Elle ^olt d^a bien forni^e , mais
fnoins rabanic fur les {a) monumens des
limircs , ofît^cs dans rempire romain.
Elle y éroic à la véritd plus alongcc &
iranebée vers U droite.
(i) On j«maraue encore des vc(li»e«
de CCS div (loDS a S , aux vii.& viii
fièdes, pour ne pas dire bu ïi. Mais ce
n'cit plus avec la nvème rondeur , & U
même régularité de coMour.
du
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DE DIPLOMATIQUE. i6^
du XIV*. Conftruites de parallélogramcs , faifant angles de
toutes parts : elles fe feront conoitre , comme apartenanc
aux ficelés les plus gothiques.
Le fiivant (a) Baringius , d’après V Introduclion à l'Hif-
toire Littéraire parReimmann , reptéfènte notre petite s fi-
nale , comme une invention du commencement ( i ) du
XI i'. fiècle, auquel elle fut fubftitilée à l’f plus longue.
Cependant beaucoup de mlf. du x 1 1 , & plufieurs du
X 1 1 1 ' commencé ; loin d’obferver la diftinâion de 1j fi-
nale , terminent invariablement leurs mots par celle-ci f.
D’autres ne l’emploient pas d’une manière uniforme. Le
progrès de cette pratique fe fait principalement remarquer ,
depuis le milieu du xi i*. fiècle , jufqu’au milieu du xi 1 1'.
^ais fa naifiance (i) remonte plus haut. Dès le x. &; le
xi' on rencontre des mlT. & des chartes , où l’j eft quel-
quefois placée à la fin des mots. H Y a plus : nous avons
fait la même ‘obfèrvation , fiir un ml. du vu', fiècle. Du
refte ce n’étoit aparamment par aucun defiein , qu’une cer-
taine figure de l’5 étoit mife alors à la fin du mot , préfé-
rablement à tout autre.
Les /^tT curfives romaines, confidérées dans les fiècles, qui
précédèrent le vi i' , lailTent prefque toujours apercevoir deux
traits bien diftinfts , l’un pouné de haut en bas &l’autre de bas
en haut; quoique fouvent formés , fans lever la plume. Mais
ces deux (3) traits, tantôt font dégagés par le haut , tantôt fe
(1) Auparavant , }amaisoous ne trou-
Tons , dû (^) Scruvias , F/ finale > dans
les mlT. On les didingae donc avec Tue*
cès par ce cara^ére , quoiqu'il ne Toit
pas toujours confiant. Au xv‘. Hécle ,
le gourdes belles lettres s'étant réveillé »
plufieurs tranrcrivirenc d'anciens (g) mfl*,
dont ils imitèrent Félégance & les ca-
raélcrcs. Ce goût d'imiution leur Ht
terminer les mots par la grande lettre f
minufcule, plutôt que par la petite. L'u-
Tage de la dernière paroit bien établi ,
depuis Je milieu du ziii*, fiècle. Ainfi
parlent nos auteurs.
AufTt (ié) Godfroî de BcfTcl , n'eft-
il pas de l'avis de Struve à cet egard. Il
lui foutient même, que, dès le xi**Hc
de J la peritc s Hnnic écoit en oTage. Il
Totne II.
faloic Te contenter <3e dire , qu'alota eer
ufage commcnfoic toat de bon à s'éta-
blir. Car les propres modèles, publiés par
ce favant abbé, prouvent que rufage con-
traire duroit encore au xiii‘. Mais
le premier ne lailToit pas d'avoir faic
bien du progrès , dès 1rs commence-
mens du xii‘ ; puirque nous avons ac-
tuellement (bus les yeux deux diplômes
otiginaux de Louis Vl , de l'an iiio,
en faveur de l'abbaïe de Tyron , ou
routes les i finales obrervem czaéicmcot
cette figure,
()) Dans les plus anciens monumens
romains , le premier trait de 1' c»r-
five ed prefque toujours tranché pat le
haut. Plus on defeend de fiècle en fiècle;
plus les exemples de cette coupe oblique
II. PART lE.
Sscr. ni.
Ch A P IV.
(4 j CU-visdifUm.
frt/.f. ji.
(i) Dt crittr.
mjf.t. 1».
{c)\hU.f.
(J) Chrcn.Gedw.
f, tx.
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II. PARTIE.
S I C T. III.
Chap. IV.
z66 NOUVEAU TRAITÉ
confondent par le b.is, tantôt le croi'ênt une ou deux fois. Ici
ils prennent la forme d’unV , là d’un ^ . Ici l’on dilcerne à
peine TT” de I[y , & là de l’ U . Quant à leur trait fupérieur ;
l'ouvent il s’abaill'e pour s’élever ; plus fouvent il defcend
fans remonter. Rarement ce trait cil fcparé de fa halle r
quelquefois femblableau C il la touche plutüt( jC") ^ cju’il ne
s’unit avec elle. L’f v.arie (i) beaucoup dans fon élévation.
dcvicnncRt rares , )urqu*à U fin da z* :
terme , Hnon général , du moins nffez
ordinaire , de la datée des /à double
trait ) formées d'un mouvement non
difconiinué. Kégulicrcmcm la nucnc de
ly ne cefTa point d’ccrc doublée à Rome ,
âvant le iz*. ni même fur fa fin. Quoi*
(Quelle ne fût plus fi lianic i clic for>
jpoic encore p.ic Itf bas un ncud à jour
ou en pleur..
Mais les / fîmples commencent an
moins , des le vi i*. fîcclc , dans la cur-
ûvc alongéc. Depuis le milieu du vi 1 1' ,
jur<|uc veis celui du xt^ , & fureouc
jufi^u au J Vf éroit à la vérité com-
pofée de deux parties : mais fouvent
i'unc des deux ne -defeetTdoit point juf-
qu au bas. Figurez-vous une s entée fur
One autre: la prereicrc s*éiévoit un peu
au-ddfous du bouc fupérieur de la fc-
condc. Ou bien une haute /cioit char-
gée d'imc pointe faÜIamc du <azé gau-
che , Sc quelquefois un courbée en
dc^ous , a l'endroit , où U féparatlon
de fes deux branches aurott dû lé faire i
fi elle eût encore été réellement fendue
en double queue. Ce trait fmajonté p.i.
loit cxttcmcmcnr fenfibic , dans les ^
de quelques bulles d'Uibaîn IT. & de Paf-
cal n. Ruluir ,dcs le x n fîccîc , à un
point éminent vcis la gauche i il fubhile
encore aujourdai , dans nos :nmufctt!cs
imprimées. Quant aux / fmiplcs , fans
aucune aptren<-c de rédjpii.ation de
queue > clics devinrent trés*f;équciitcs ,
au x'. fècle.
(i)l.y romaine cmfîvc , tariroenVt-
cede ni haut ni bas le niveau Je n li-
gne , tantôt s’élève au-dciHis, d’jn corps
ou d‘nu demi* corps , tantôt sabaifTè
de meme , tantôt remplie ces deux ob-
jets à la fois t tantôt monte & def-
ccfid, jufqu’à s'enfoncer dons les lignes
voiiîncs. Mais plus commuirémcnt : fî
clic palfc l'ctcodue de U lienue en def-
fus > elle ne la pa/Tc point en dc/Tbus :
(Ml clic fait précifément tout le con-
traire. Ain^ foD caradère propre cfl
l'inconnancc.
L'ancienne gallicane & la première
niétovmgiconc imitent à divers égaej^
la romaine. Mais pour lordinairc elles
s'abailfcnt d'un demi-corps aa-defTous-
dc la ligne, fans fcporrcf notablement
au dciTus. La faxonc en ufc à peu prés*
de meme. Vf lombardiquc en général
defeend Sc monte piefquc également ,
c'cfl'à dirc ries peu. Celle des bulles
lies X 1 . 3c X 1 1 ficclcs s'abaifTe davanta*
gç , fans s'clévcr.
Jiif]u’au it i* , la Caroline minufculc
excède un peu la ligne par fon extré*
mité • tant fjpéricurc , qu'inférieure.
Alors commence Iciévation de la rcte
de 1 f mhmfculc , fans ahaiflement de
fon pjé. Elle avort pris fivcor en lu-*
lie , meme dans les diplômes , dès le
licclc précédent ; lorfqu’on n'y faifoit
pas femr la lombardiquc. Quant à la
téduélion du pié de iT au niveau de la*
ligne, il faut admettre quelques cxcep-
rions : furtout s’il arivc , que la nûnuf'
cnie tienne plus ou moins de la cur-
fivc. Car elles n*onc pas lieu , par ra-
pc^t ï la pure & viaic minufcuUdc ces
tems là»
Quoique Vf mérovingienne curfive du
b » & du moyen age , ne fbit pas exem-
te d s variations de la romaine; cepen-
I dant clic obrerve mieux le niveau par
le bas: pourvu qn’on en excepte quel-
quefois i écriture alongéc.
JufquÀ la fin du ix=. fîcclc ; l/cur-
fivc Caroline éprouva bien des change-
mens , relativement aux propottious ,
.quelle gaidoit avec la hauteur de U*
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DE DIPLOMATIQUE. îV/
au-defTiis , & dans fon aLaifTeinent au-de(Tous de la ligne.
V'f' romaine quadie avec la mérovingienne en bien des dio-
fes. Celle-ci toutefois dl fujetrc à fe pancher d.ivantage fur la
gauche, & retombe plus fouvenr dans la tonne de 1’ ■jC compoféc
de deux pièces. L’f Ci) f^xone eft toujours montée afléz haut ,
ligne. Avant le x' , Vfâc ! écriture aîoa-
gée s*(îcaru peu du niveau : mais la
(]ucue de la commune defeendit plus bas.
Jointe au < ,ou bien initiale $ 1/s'éléva
& s'abaifTa conlidérablcmcnt , dans l'une
& l’autre écriture. C’efl en général la
praci(}ue fuivie , pendaar le x . iîècle ,
& des la fin du tx*. La France oe s’en
départit guère , avant Philippe I , fous
lc<]uel toutes les lettres de récriture
alongée obrervèrent le niveau en tout
fens.
Au XII*. ficelé, fi r/ de la curfivc
commune s’élévoic à Pordinairc j elle
i’abailToic bieu moins en dclfous : t^ucl-
^uefois même de ce côcé'là rien nez-
cédoit. C'cll furtouc ce qui ne manqua
pas d'ariver alors , & au fièclc fuivanr :
quand clic écoit apnyéc fur un ^ic , di-
zigé vers la droite ; au lieu d’ecre ter-
minée par une queue , tournée vers la
gauche. La réduebon de la queue au ni>
veau du bas de la ligne dura peu dans la
curfive. Les / coutinucrent de moocer
in deflus , & de defeendre encore plus
confVamment en defibus : quoiqu'cii gé-
néral elles eufient beaucoup perdu de
leur hauteur , ainfi que les autres lcrtres.
Dès le commencement du XI*. fiècle ,
en Allemagne l'écriture alongée réduifit
fon f au niveau du bas 1a ligne. Dans
les curfives ordinaires , fa queue fut aufil
très - fenfiblcmcot diminuée. Au com-
mencement du XXI J elle nexcede pref-
que plus en defibus t tandis que V/
alongée , devenue majufculc , eic tou-
jours au niveau de la ligne par le haut,
comme parle bas. Quand meme clic a
la forme minufculc , elle neil pas afiu-
jettie à d’autres loix.
Jufqu'au milieu de ce ficclc } l'f de
récriture ordinaire n'égalc la ligne ,
que par le bas i fans cciTcr de scléver
fort haur. CeU alors qu'elle porte la
bafe de fon pié vers la droite , & qu'elle
s'aflbeie Icsr finales. Ces ufages au refî'c
ne font rien moins qu'invariables. En
quelques diplômes, les queues des /de
récriture commune , quoique devenues
plus courtes , ne lailTcnt pas de déborder.
On en revint meme , au xi 1 1*. fiècle ,
jufqu’à faire excéder les / haut & bas ,
dans récriture alongée ; mais beaucoup
moins qu'anciennement.
It fcmblc que , depuis le milieu dn
x:i*. ficclc , on étendit de nouveau la
queue de 1/ ordinaire , qu on avoir au-
paravant racourcic. Ccc ufage dura juf-
qu'au de là du milieu du XII t* : mais il
n’clb pas iintTcrfel. Le principal de ceux ,
ui Kii fuccédcrcnt , jufqua Iji moitié
U XIV , & meme du xv* , fut de tracer
des fz jour. Leur queue s'élévoit aficz
dircélcmcnt , prcfque au niveau , &
quelquefois même au- deflus du niveau de
la tête. Depuis le milieu du ziv*. fiècle;
les / à queue , moins fouveoe tranfver*
falc , que perpendiculaire , paroificne
renflées dans tout te milieu de leur
hafle , & durent jufqu’au xvi , oii elles
commencent à devenir plus maigres :
tandis qu’elles augmentent de grolTciir,
juf^u'.iit milieu du rvi i*. Au xv*, leur
tête s’inclinoit vers la droite , & s clé-
voit prefquc autant au dclfus • que leur
fùé defeendoit au-deÛbu$ du niveau de
a ligne.
(i) Le coté droit de faxone cft
ordinairement toucafaic ou prcfque au
niveau de foo côté gauche. L’origine
commune de ccctc /, ainfi que de la
mérovingienne & de la carolmc cil fi
manifefic , dans la curfivc romaine , qu’il
fcmblc inutile de s’y aréter. Mais à
quelle fi>urce faut-il faire remonter celle-
ci ? Il ne nous paroic nullement dou-
teux , quelle ne foit primitivement dé-
rivée de l'5. La réponfe peut d’abord
furprendic. Mais on revient bientôt de
Iba étonemcm ; quand on faltatemioo«
Llij
II. PARTIE,
St CT. III.
C H À r. IV.
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II. PARTIE.
5 E CT. III.
Ch A?. IV.
z6i NOUVEAU TRAITÉ
quoique beaucoup moins, que les deux précédentes. Elle ne
relève prefque jamais fon extrémité fupérieure , après l’avoir
abailTée. La viligothique relVerable fouvent au La (i)
\'Y* apattient à récriture corfivc ,
& par conféquent expéditive 8t liée. Ata-
cher la lettre , qui précède 1 S à la
queue : ou plutôt faite naiitc ccUe-ci
de celle-là ; vous en verrez bientôt for-
tir un f curlivc , dans Tancien gont ro-
main. C’eft pourquoi les / des bas tems
font quelquefois retombées dans cette
ligure , long- tems apres qu'elle avoir
celTé d'étte en uftge. Elle étoit pour-
tant encore ordinaire , chez les Efpa-
gnols , au XI 1 1'. ficelé : & l'on a fujet
de croire , que nulle iuietruftioa n’eu
avoir altéré la forme-
(i^Le caraétèie propre des/caioli-
ses , comparées aux cutfives plus an-
ciennes , e(l d'avoir la queue longue ,
afilée , & le plus (buvent inclinée vers
la gauche. C'en eft un autre digne d'a-
tention , quoique moins décifif, qu'elle
fe boucle cour à tout pat fa tête , par
le milieu , pat la queue. La detnicte bou-
cle eft tare ,1a fécondé fréquente, la
première ordinaire.
Si le trait continué de l'f , après s'étre
bouclé , s’élève au-dclTus de fa tête ; il
anonce un âge antérieur au milieu du
xi'. fiècle. Déjà l'on trouve des /ainfi
figurées, au vir' , & même au vi'.
Quelques chattes de Raveiine , dont
aous publirons les modèles, nous ofranc
des e , continuelement boucles dans ce
goût J on ne peut douter , que dès- lors
fcs / au gré de l'écrivain , n'aient été
terminées de même. Le fort de cet iifage
fe place au ix^. fiècle : mais au x* , la
Trance le voit encore plus fuivi. Que le
trait prolongé au-delà de la boucle fe
jette vêts la gauche en forme de che-
velure ftifée ; feul il doit marquer une
antiquité fiipccieure auxiri'. fiècle. On
le découvre , dès le vu', principale-
ment dans récriture alongéc. Mais ce
n'cft qu’au x' , que cette elpèce de bou-
cle prend faveur en France , devient
prefqnc générale en Allemagne.
On la doubla bientôt , en la failant
Ctrpentct le long de f f . La multiplication
des boucles , enttclalTées avec le mon.-
tant de l'!f ; toute pratiquée qu’elle ait
été plufieurs fois , dès le ix'. fiècle,.
défigne plus particulièrement les xr.it
XI t' dans les diplômes allemanr. En
augmentant toujours le nombre des on-
dulations , commencées par le haut Jfe
ly"; on les répandit prefque fur toute (à
futface. A ce caraélere on rcconoitra le
xrt'. fiècle , chez les François , êc le
xrti', chez les Ecolfois. Deux origi-
naux de Louis le gros de l’an rtxo.
n'admettent les ondulatiorrs fur aucune
autre lettre , que fur Vf. Lorfqu’elle cfl
à la tête ou bien au milieu des mots ;
elle ne manque pas d’être tuverfée cinq ,
fept ou neuf fois. Si deux f fe fuivent ;
elles font acolées enfemble par des on-
dulations communes. Lcsentrclaircmen*
des/ s'étendant aux lettres voifines immé-
diates ic médiatcs,enpairantpardeirus les
IcitresbalTcs, pour aler s'âtacherà celles,
qui s’élèvent i font des fignes du même
âge , St fpécialement de la moitié du
xrt. fiècle. Celui-ci & le it'. fe mani-
fefteront égalcmem , au moyen du pa-
rafe , trace au côté gauche de J’ ^ ,
en France , en Allemagne , en Italie.
.Mais fon commencement remonte au
moins à la moitié du xt'. fiècle. La
France meme en fournit des elTais , dans
quelques diplômes de Kuguc Capet.
Peu après , les ^ 4 ne furent pas
moins favorablement acueillies , dans
ceux de fes fuccclTenrs. La première ,
quoiqu’avec quelques altérations , fe fou-
tient encore au xt r i' , en Allemagne ,
en Angleterre , en EcolTe. On autoit de
la peine à la tcconoiete , dans les char-
tes écoflbilcs , fous ces figures f ^ id
celle-ci f n’y préparoir. Souvent alors, ic
Îilus et c >re au x 1 1 1' fiècictics /portoient
a queue prefque horizontale de droite
à gauche , ici détachée , là continue ,
mais toujours cambrée vers fon extré-
mité. Cette queue étoit plus fouvent
defunic en Allemagne , qu’en France St
qu’en Itahe, Aux ix, x, xi , te iii',.
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DE DIPLOMATIQUE. xéf
Caroline , après avoir formé une boucle , fe termine quel-
quefois , dans fa partie fupérieure , en s’élevant plus ou
hioins haut. Des le ix'. ficelé , une fécondé s fcmbla tom-
ber fur la halle de la première : mais un peu au-delTous
de fon extrémité fupérieure. Au fuivant , elle vint précifé-
ment fe repofer , fur fon bout , ou bien y forma , foit un
neud , foit un angle. Souvent cet apui ne parut plus faire,
qu’un tout avec le corps de 1’/. Les boucles fe multipliè-
rent beaucoup , aux XI. & XI i'. fiècles, &: «quelquefois fe
répandirent , fur le montant de 1/, .à peu près comme un
fep de vigne fur un échalas. Ce caraélere , quoique pro-
pre de ces deux fiècles , & meme du x* , furtout par ra-
port aux diplômes d’Allemagne ; n’eft pourtant pas génétal ;
mais il va toujours en faifant du progrès. Cependant pour
l’ordinaire , il ÿ’en faloit beaucoup , que les boucles fie le*
traits de traverfe ne defeendifliint jufque vers le bas de h
lettre. Au xx 1 1'. fiècle , Vf le clxangea en tant de figures ;
3u’il ell dificile de les fpécifier toutes en détail. Alors 5c
epuis on vit des /en forme (i) d’A , de .5 , de C , de 4i
ficcics , on oTa d' J* f J , dont les on-
dulations ne conlillcntpas , dans les fculs
ornemens Tuperflus ; mais afcâent le
corps de la lettre. Au relie ces tremblc-
nens Toot plus propiesà dllignecte xi i‘.
£ècle , que les préeddens.
Vf nouée pat le milieir ou pliée en
^gle Te montre au vu*, liccle , fe &it
Kniarquct de rems en tems an rx* ,
devient plus commune an x* , fe foo-
aient encore avant le milieu do xi. Au
x". le neud mitoyen concourt à la Ibis
CD quelques diplômes de France avec
ks boucles , tiht fopérieures qu'inferieu-
tes , quelquefois même rédonblées.
La queue de Vf bouclée de haut en
bas . Îl prolongée par un trait perpen-
diculaitcmcnt fufpcndu , quoique icm-
blable à 1'^ contournée r borne
prcfque au x*. Cccle.
( i) BornooSTOous à qqeiques-uoes des
plus remarquables. Aux xtir. & xtv'.
bccles , on découvre des ^ ÿ P"
prcfque eu forme d'A curfifs majulcules.
Xejetrons de l'S écrafee ; elles font
«rarquées au epin 4l> parfait gotkiquc.
Leur tête ne fe recoquilic pas fétilemencf
leur queue bouclée coupc encore quel-
quefois leur tête trop dsatue. Files Ibnc
d’ailleurs tournées vers la droite. Le
même tems produilît d'autres^ ^ ,
qui difétoient des précédentes , par une
lition ceotraire , par une qoeue d'a-
rd recourbée en devant , par une tête
bouclée. Nous n'avons plus rencontré,
depuis la fin du x i r r ficcle , fi ce
n'cll en Efpazne , la queue de l'S ainfr
recourbée en devant. Une Otf* , à queue
bouclée , fe craverfant jufqu'à coucher
fa tête , Sc prcfqoe femblable i l'v ren-
verfé , fe trouve en ufice , dans les di-
plômes de S. Louis. EUe a des raports
Icofibles avec celles , dont on vient de
parler. Une quatrième efpèce d* 6^ n'a
pas moins d’afinité avec la Ibrme de
i'A. Elle alonge irrégulièrement la tête
en rabaiilànc , & relève Cx (jueue , juf-
qu'à la confondre avec fa rece : ou plu-
tôt c'efl (à queue . qui après s'erre con-
fondue avec la tête , s'élève de beau-
coup au-defius , & defeeod prcfque aa
I niveau du point , d'où elle eft panic,
II. PARTIE.
S F C T. III.
Cm AP. IV.
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II. PARTIE,
SiCT.III.
CHAf. IV.
‘170 N OÜVEAU
d’tf , à'f, às g , ( I ) d’A
Elle 1 cours en France , aux xv' &
XVI üccles. Toutes CCS /" font trcs-gotJii-
ques : mais en voici une pat
cet endroit les éface tontes , & qui néan-
moins fe maintient , dans notre écri-
ture coulée , avec autant de diDinéiion }
que ü elle temontoit au (ïccle d'AuguIdc ;
& toutefois il ne faudroit pas s'éléver
au-delà du xiv' , pour découvrir la
fource , d’où elle eft fortie. Cependant
il fuSt de porter l'origine de cette let-
tre au XV* , où elle paroit formée. Car
auparavant elle ne fe reconoii pas fans
peine : pareeque fa figure eft trés-difi-
icntc de celle qu’elle a maintenant.
Pour la ramener à la forme de l’S i il
Elut la fupofer réduite prefquc en z ;
tant elle ell racourcie par fa tête , & dé-
figurée par fa queue. Mais , en récon^
penfe , elle fiitgothiqucmcnt pâtée d’une
nouvelle queue poftiche , patunt de là
(ère > en ratm'e d’< ou de r. Avant d'é-
tre pour ainfi dite transformée en « ,
cette f s’étoit prefquc metamorphofée
en B , dont les diverfesfigutes étoient
fiwt acréditées , dés le xiv‘. fîcelc.
Aux XV & XV 1 ; 1/ fe réretitaufli de
la (orme duC, tourné de la forte 0 .
Son origine efl la même , que celle de.
la quameme efpéce d’Scn A. L‘ en
d oncial eft à peu près du.mcme age ,
le tint alTcz bien fou rang en EcoJIé.
Ce royaume , ainfi que l'Elpagnc , l’Al-
Içmagne & l’Italie nous ptéfentent , au
XII l'.fiéclc , des ÿ £ ea manictcd’E;
mais, dés le milieu du z i, on en découvre
idwndammeot , dans les diplômes de nos ;
rois. On peut ajouter aux S rcficmblan-
ics aux e curfifs majufculcs. les
omployécf en France^ au zi 1 iièclc. ;
Toutes ces 5 émanées de 1’ ^ labatue
|iar un trait courbe vers la droite j four> |
aiiTcoi la partie antérieure à nos petites
/ en forme d'n. Au iv®. fécle 1* t
avec un faux air dV minufcule fe ra^
TOfte à IT, malgré fa tétc fermée 6c fa
bafe un peu courbe. Qui crotroic c^ue
Vf eût pu fe confondre avec I'/ j lî l'on
ne voyoit cette *^cn HcoiTc auxiii‘.
fiécle ? Dès le xti*^ en Efpagne » on
ptendroit pluûcun SS
TRAITÉ
d'i , d'I à’ N , d'o , 4e P ;
La France, au iiv' , a fes ^ ; aux xv. le
XVI. fes <5’’^ , donc la conformité avec
les G n’eft pas dificilc à faifir.
(i) Il eft des g , apaitcnant aux
derniers tems de ta curfivc gothique .
qui prouveront fans peine leur reflcm-
blancc avec certaines h coulées. Pref-
que tous les tems donnent des / fem-
blablcs aux J" majufculcs le minufeu-
les 5 mais furtouc depuis le ix'. fiéclc:
le détail en fetoittrop long. Nous n'avons
point d/ eu forme de K j à moins qu’on
ne la trouve, dans cette K gothique,
employée au xv' , & bientôt ttansfot-
mec en façon d’,i , telle qu’elle fe cou-
ferve , dans notre écriture financière.
Car il n’ert pas fans exemple , qu’une
mime figure de lettre , puilfe fe capot,
ter à diverfes origines.
Si les C f étoient en Allemagne
fort à la mode , au iiii' fiècle , les
% , au xiv' ,ic les { au xv' : l’An-
gleterre & l'EcolTe eu firent un ulâge
encore plus fréquent , depuis le com-
mencement du XI, Pour découvrir des
figures d'M le d’N , tbuis les S j il fiuic
les préfupofee couchées : & dès - lots le
xiij'.fiéele ne nous CO laifTcra pas mas-
quer. Sans cette précaution même , l'Al-
Icmagnc, au xiv' , peur aulTi fournie
des C) dans le goût de l’M gothique .
Ae des , allez rclfcmblantes aux N
cuiCves. Les premières labaieiit la tête
de 1’/, au-deftous de fa queue. Celle-ci
de fon côté va fe perdre dans la tête,
qui vcaifcmblahlemenc n en eft , que la
cooiinuation. Les fécondés , originaire,
ment tracées par nn femblable mouve-
ment de la main ; dans ta fuite firent
monter leur queue aufii haut, que leur
lécc s fans parler d'aucecs traies fuper.
flus , tenant lieu de qecue à celle , qui
réioit auparavant : mais donr la pofi-
tion pouvoir lailTer douter j fi c’écoit
elle ou l'ancienne céce, qu'on devoir apo.
1er de ce nom. Cette ^ , dont on ne
voit les prémices, qu’au xiv'. fiéele,
s'efi m.sintcnuc jufqu'à notre tems. Os
pouroic toutefois en rigueur la faire re.
monter , jufqu’au premier age de la car.
five lomïiac. Vf gothique éctaféq fir
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»
DE DIPLOMATIQUE. lyt
(i) de Ç , (i) d’r , de t , d’v , d’x , d’y , de z. On en vit
de femblables aux (5) C, T , 7' , s , G , o- , des Grecs. On les
vit adopter jiifqu’aux figures (4) des chifres arabes y , 6 , 8 ,
& 9. Toutes CCS dernieres métamorphofcs ,Wont la durée ,
à divers ég.ards , peut fe mefurer par celle du gothique mo-
derne , n’empcchèrcnt pas , que des/ plus aprochaïues de
leur ancienne forme ne fe maintillent toujours. Ceft au
XII®. ficcle , que les f minufcules (j)«ont leur pié tourné
roncha far la tere 8c par la qneue , &
confondit Tes traits , an point de UilTer
ignorer , tjucl devoie être , & Ton com-
mcnccnrcnt H fa fin. L*un & l'autre fc
troovèrent fouvent réunis à fon milieu.
De- là CCS Q prcfqoc en façon d’O euf-
fjfs m^jiifculcs. la plupart des figures
précédentes font nées de l’.V capitale.
Celles , cjui fuivent Immédiatement
ro , apanieonent pour la phipan à la
lainufcule.
(i) Si les/* mérovingiennes 8c caro-
lincs à double traie adoptèrent (quelque-
fois le contour du p , foit fermé , foie
èuvert > canr par le haut que le bas j
les / à fimplc rrair dégénérèrent égale*
ment en figures de P» Telles furent au
xir. fiède CCS f “C » quelques
bpcs , fans erre à queue doublée , ne
lai/fent pas d être compofées de pluficurs
pièces. Comme auxiii^ y la quruc de
ïf remonta jurqu’à la tête , 8c même
par-dclTus ; au fuivant , elle produific
des $ à traits doublés , peu diférences
du La queue rclévée en droite ligne,
aux XV. & XVI*. ficelés , donna des
g) Y'' , autant conformes à nospd'au-
jourdni , qu'aux / de l'anriquité la plus
reculée. Ainfi fouvent , fans le vouloir ,
& fans s’en apercevoir ; on revient aux
modes des anciens. Lc*xiv*. fîèclc eft
principaiement le rems du règne de cette
(t > qui plus d’une fois fc raprocha fort
de la figure du f. Au xv^ fiècle.au lieu
de compofer ces y* d’one courbe 8c
d’une droite , on les forma d’un angle
ncs-aigu , fnrrwncé d'une courbe.
(i) Rien de plus ordinaire, avant le
XI*. fiède , que de rencontrer des /fem-
blablables à des r. Cette re/Tcmblance
e(l encore plusgrasda <kd» U faxone,
(|ue dans les autres écritures. Les traits
u**^numéiaircs ajourés , les queues des
portées au niveau de la tctc 8c ra*
uarues en aitgic , au lieu d'étre arondies «
ocalionètcnt pluficur.s fois la meme con-
fulion , d.ins les figures de ces deux
lettres, vers les xiii. xiv. & ivMîc-
cles.
Les /en / ne nous arcteront pas, C'eft
dans U haute antiquité , qu'il faut les
chcrdici. Celles en Y ne conviennent
non plus , qu'à ta curfive romaine. Les /
en X peuvent répondre aux x i r i . & x i v*.
ficcics: oru-cllcs l'air de Vjr > Liles font
prcfquc toujours aiiréricurcs aux xiiz*.
La romaine tombe fouvent , dans certc
équivoque. C'étl furtout , vers la fin de
la lombardique , que la rclTemblancc de
ces deux letttes cil portée plus loin»
L*S tirant fur le z fe mootte en Efpa-
gne , aux xir. 8c xiii*.
Ce n’ell pas tout : 1/ emprunte
les figures de quelques caradèreS grecs ;
atf XIV*. fiècle du € prcfquc partout j
du r en Efpagne ; du d en Italie i du r
en Ecofic. Le F fert auHî à la minuf-
cule de Fr.inee , au zv* : !'« paroit , dès
le XI 1 1% LY en kdc palTc point ce fem»
ble le IX*.- Elle fcmbic même réfêrrée à
la curfive romaine.
(4) L/ emprunte également les figures
du f , aux XII. 8c xiii*. fiècles ; du
6 , aux XIV. 8c XVI* j du 8 , depuis
le XII*, jufqu'au xvi *.
(f) LT ne rourfic pas communément
fon pié racourci vers la droite , avant le
XII*. ficclc. Mais elle commence à le
fiiirc , fur la fin da x* , où la Caroline re-
gnoit encore. Elle connnue prcfquc par'
tout, au XII i^. 8c ne cclTcpaS'méfflei.
ao XV*. en AllcaagQc,.
II. PARTIE.
S E C T. III.
Cha^.. IV.
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II. PARTIE.
Si CT. III.
Ch A». IV.
T en cre'u chez
les peuples d'Eu-
rope , d'Alie , &
f Afrique : T ma-
jufoilcs & minuf-
cales des notes de
Tproo : fuptellion
du T : âge des
mlT. te des chât-
ies reconnu par
les dÎTerfes fign-
cesde cette lettre.
•
(4) AmmaJv.in
bifti.f. 117.
(t) SiUStl.erhSj.
t.x.fh, a7.p.4i<.
(e) nu. ch. lï.
t- 4'f
171 NOUVEAU TRAITÉ
vers la droite par une ba(è oblique , horizontale ou courbe ;
mais qui le montre rarement de l’autre côté. Les S capi-
tales , traverfées par des perpendiculaires 8c autres lignes
droites ou courbes , commencent aufli dès-lors , & en moins
de cent ans parviennent à leur plus grand crédit. D’autres
5 gothiques font quelquefois doublées en delTus ou de côté :
ce qui arive , lorlque deux S en forme majufoule , font
éiévées l’une fur l’aqpre ou jointes enfemble tout de fuite.
XIX. Avancer que le tliau famaritain relfemble foit à la
croix , foit au T latin ou grec ; c’eft une. erreur monf-
trueufe : prétendre que les Hébreux eurent des T diftin-
gués de ceux , qu’on voyoit fur les ficles , découverts , il y a
près de cent cinquante ans ; c’eft une ignorance parfaire ;
c’eft une folie confommée. Ainfi parle (a) Scaliger: & quand
nous ne le nommerions pas ; on le reconoitroit fans doute
au ton , qui lui eft propre. En vain Origène alègue-t-il le
témoignage d’un dode Juif converti , fuivant lequel le
thau des anciens caradères de fà nation ne diféroit en rien
de la Croix. En vain S. Jérôme déclare-t-il femblable au
ligne , que les Chrétiens impriment fur leur front , la der-
nière lettre de l’alphabet hébreu du premier age , dont les
Samaritains ufoient encore fous fes yeux. En vain Tertul-
lien aperçoit-il ce vénérable ligne , dans le thau d’Ezéchiel
6 le T des Grecs. Scaliger ( i ) l’a prononcé ; l’ancien T
(i ) M. Simon (i) relève auffi Scali-
ger » pour s’être récrié contre Orig'ene
contre S. Jérome ; comme ttls mveient
MVMHcéune fnuffeié mnnifefle. li en apclç
à l'alphabet {âmarttain de R. Azarias»
oti 1*00 voie un T en forme de croix de
S* André, Jérôme Alcnnder , ajoutent il,
tnvoyn ntt P. Morin deuxfîclet , ou le
thnu Mvoit U figure de croix. Au juge-
ment d’Alcaodcr , le T ne l’avoit per-
due , dans tes livres famaritains , que
pareequ’on s'écoic acoutumé à le former
d'un Icul trsit. Mais , quoique Théo-
dotioo , de l’aveu de M. Simon , ait ren-
du le thau d’Ezcchiel , comme (t c*é'
coic la derntere lettre de raiphabec $
quoique (c) flufieurt fnvnns icrtvmint
^ fùfietut Véres l’entendent de la croii •,
le critique aime mieux Ce joindre aux
Juifs, & à ceux qui traduifenc ce terme
il figne. Peu luiimporte, qu'on lepreone
la lettre , ou qu’on l'interprète de la loi
par une opération cabaliflique , fondée
fur le mot Thorm , qui comnacnce en hé-
breu par le thnm.
RcAc à favoii chez les Hébreux , le
figte & le thmu ne font pas une même
chofe : C\ le ndm de thnn n'a pas été
donné au T $ pareeque fa figure Ter-
voit de figne : ou plutôt fi la locution
hébraïque de figne n'a pas été emprun-
tée de U lettre thnn ; pareeque la croix
étoit employée comme figne. Les Hé-
breux ne fe fervirenc point originaire-
ment du terme thnu , mais d’^r^ pour
marquer un figne. Cefb ce qui nous
ponctoit à croire , que thstt ne fut pria
dans la fuüe , iclon cette acception,
bébreii
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DE diplomatique. 173
lîëbreu n’a pu avoir d’autre figure , que celle du thau
leprélênté , dans fon exemplaire famaritain , & fur quelques
ficles , venus à fa conoiffance. Mais combien n’en a-c-on
pas déterrés depuis , où le 7* confèrve la forme» (a) de la
croix ? Combien n’obfervons-nous pas de croix , dans les T
étrufques , fi voifins par leur âge du famaritain {b) antique ?
Le T fyriaque , à le bien prendre , n’eft qu’une croix ,
formée d’un leul trait. L% croix s’ell* maintenue dans le T,
& de l’ancien [c) efpagnol , &c du copti^e , & du (</) ni-
nique. On rencontre même plufieurs (e) T grecs &c latins ,
en forme (i) de croix. D’ailleurs il ne s’en faut prefque
rien , que notre T & la croix ne foient une même (a)
chofe. Or ce caractère eft celui de prclq^ue tous les alpha-
bets d’Europe. L’hébreu caré ou le çaldaique ( f) ne s’en
écarte pas autant , qu’on pouroit le croire , au premier coup
d’œil. Augmentation d’un côté , diminution de l’autre ;
voila la foule caufe de la difiemblance. N’avons-nous pas
même des alphabets Lébreux , où le chau eft précifément
notre T ? Combien de T araHes {g) ne s’en difoinguent , que
pareequ’ils ont la tête en bas ?
Les figures des T en notes tyroniennes font fort nom-
breufes. Dom Carpentier a prétendu les réduire à trois
notes. Mais fa foconde en renferme de trois fortes , &: fa
ttoifième de deux ; pour le moins aufli diftinguées les unes
des autres , que le font chacune de fos trois notes entfelles.
C’en font donc réellement fix , dont voici les figures , telles
q^u’il les a rangées ,* mais repréfontées avec plus (3) d'exac-
titude , & dégagées des caraâères étrangers , qui en ofùf-
quent quelques-unes : i*. a'. S’ 3'. y y. Si
nous voulions nç compter , que trois notes ; il faudroit les
envifoger plutôt comme des clafies , que comme des genrés
qu'à raitbn de la coutume , d'ulêr de la
leme T ou de la croix , pour rtprdreocer
un figue , & furtouc un figue relatif à la
Rcligiou.
( I ) Il l'en crouTC , dans le SpicUdge de
cr , dans le Calendrier romain du
P. Vulpi , drcird-ven les commence-
ment du 1* fidcle. &c.
(i) ÏT««e^« i» tôt , dit {h) rauceur
delà lettre , foui le nom de $. Baciudid.
Tome //.
s, Cldment (>) d'Aldxandrie , Tertullien
(à) de S. Anguftin (/) reconoifient dgale-
ment la croix dans le T.
( ) ) Le ddfiiac, qu'on lui reproche.Tienc
de ce qu'il n'a pat dtd à ponde de fen-
rir , de quelle conrdqucnce ildtoit de ne
point lailTer dilparoitee quelques petites
tdtes des T , & de diflinguer les T cour-
bes ou minofcnlcs de ceux , qui font
foimds de lignes droites.
M m
II. PARTIE.
StCT. III.
C H A P. I V.
(a) V. Mire VU.
fUnthee^la
$9t. du 1». va/.
(h) Pt. tx.
(r) PI. XIII.
(d) PI. xir.
(e) PI. X.
(f) PI. r/if.
(X) PI. IX.
(h) Cap. m.
(1) Slremju.lit.t^
(à) Lit. 3 . emtem
Mureien.
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174-
NOUVEAU TRAITÉ
“ Si des efpcces. La première contiendroit les T à longue
^ fcconde ceux à .petice tcce , Sc la troificme les T
Chat. ly. courbes.,
; On poivoit compofer la première de T , dont la tête (ê-
roit réparée du tronc ; (bit qu’elle fut horizontale ( T) > fdit
qu’elle fut ( «J* ) oblique : de T, dont la tête horizontale-
ment tournée vers la gauche ; tantôt avanceroit un peu ( )
vers la droite ; tantôt fuioit uniqugment ( ) dirigée vers la
gauche ; ici avec une hafte perpendiculaire , plus ou moins
, ( >-i ) longue ; là foutenue par une bare abailTée de droite à
gauche ( ^7 ); ou de gauche( ) à droite. Cette même clalTei
admetroit d’autres /) ; ouverts du côté gauche , dont la tête
s’inclinant de haut en bas , formeroit im angle aigu ;
1 ou s’élévant de bas ( en haut, produiroit un angle obtus :
ou bien d’une ligne , tombant à plomb fur une oblique y
defcendant de droite à gauche ( ^ ) , réfulteroit un autre an-
gle obtus , d’un afpcft diférent. La fécondité de cette clafle
ne (croit pas encore épuifée. Elle aufoit des T , dont la
tête , tournée vers la droite , (croit horizontale -, foit qu’elle
fût en L renverfée ; foit qu’elle ne le fut pas ( p) . De plus,
dans cet état de recverfement ; fon angle devenant’
aigu , ferait plus ou moins ( 1/ ) incliné, & m tête plus ou
moins ( v ) prolongée. Du relie il n’eft pas rare de trouver
fur les anciens monumens, des T , dont la tête e(l toute
(») Sumsrriuii entière , ou du (a) côté (t) droit , ou du côté gauche. On
XX. a même plulieurs exemples de j,, à tête renverfée.
La féconde clalTe n’auroit , que des | à petite tête , tels
qu’on les rencontre quelquefois , dans certains m(T, & dans
<,h)iUd.f.xvm. quelques infcriptions, où l’on découvre même des T fans (h).
tête . Ses georés (croient reftreints à deux, dont chacun fé di vi-
féroit en trois efpèces. En un mot la diverlité de leurs fi-
gures & de leurs pofitions fé réduiroit aux fuivantes t
(i) Cet réparations de la tête & du
ttone des T ne font point rares dans
. les écritures capiiaics , rainufcules Si
cuifivcs. II en eu de meme des "Z .dont
la téie ne s’avance , que d'un feul côté,
des r à petite tête , Sc des t courbes.
Cela doit nous confirmer , dans la pen-
£c , que les auteurs de ces notes les
cmprnntoicnt des lentes , dont on &i-
foit ufage , Sc qull esilloic dcs-lors uaci
écrijure ioirtufcul* ou curfive.
(i) On en remarque ptufieun ainfi fi-
gurés dans le fragment de la loi ro-
maine , dont on voit le modèle , au
livre V' d( la Oiploaiatique dcDom Mar
bsUoD.
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DE DIPLOMATIQUE.
»7f
f ►“/! / que nous aciimulons; de peur de trop nous apé- ^™****^**^
fantir fur des defcriptions , auxquelles il eft aiféde fupléer,.
quand on a été nus lur les voies. Ch*p. iv.
La troificme clalTe renfermeroit des T courbes , des T
tournés à droite , à gaflche , renverfés , couchés , inclinés
6 9 . démêlera fans peine l’origine des c
minufcules &c curfifs. Voilà les clafTes , & du moins le ger-
me des genres & des efpèces (i) du T'en notes tyroniennes.
Avaiît de paffer aux diverfes formes des T , obfervons
un ufage fingulier des anciens. Il confiftoit à fuprimer cette
<i) lettre , (uivie d’une confonc.
Des (a) monumens , dont l’antiquité ne fauroit guère être («) Btunmmuii
inférieure au iii*. fiècle , renferment , & des c , fur- /
montés (3) d’une bare , & de vrais C, en la place des T.
Qui fait, dit le fénateur {b) Buonarmoti ; fi ce n’eft pas
de cette forte de T, qu’eft venu leur changement (4) en
C , conftaté par tant de m(T, &c d’inferiptions (c) antiques ? {c) Rtintfi fyn-
Au moins , ftlon lui , ne doit-on pas s’en prendre à la pro- •”J"- “•f-
nonciation feule. *’ *'
Des A 7” «T "T panchés , (ans fommets ni bafes ; à queues
où à têtes courbes , peuvent concourir à déterminer l’age
fi) CcIles-ci montent , comme on le
Toit , à vingt-quatre , 8t ne font pas
moins difircnti^cs entt'elles ; que ena-
cune de celles de D. Carpentier , fahs
avoir l'inconvénient de fc confondre en-
fcmble , par an mélange de clalTcs , de
aenres te d'efpéces , auxquels la forme
des notes refufe de fe prêter. Ceux qui
s’imaçinerotent , qn'il en nuioqac en-
core a notre r tyronien , coarroient rif-
que de prendre des lettres fublïdiaires ,
pour des T radicaux , avec Icfqucis elles
fe joignent. Après tout on ne prétend
peint avoir épuiliè les lettres initiales S:
primitives de chacune des notes du T :
à combien plus forte railbn des autres
kttres !
( 1) Marins (d) Viâorin cite en preuve :
Pifyiùm TU djta , mis au lien de p^-
Muàm. On la faprinKntanflt qoelqiielois,
fuivie d'une voyelle. Par exemple dans
le mf. 71 S. de l'abbaïe de S. Germain
des Prés , fol. 7p. ÿ. on- lit fu ilium ,
«U lieu de ilium. Cci prononciattons
méritent d'autant plus d’être remar.
quées ; qu'elles n'influent pas feule
ment fur la langue larme , & celles qit
en font foriics ; mais fut récriture de.
m(T. Si des diplômes , toujours intéref-
fânte par le bon ou le mauvais ulâgc,
qu'on en peut fatre,
(î) En fait d'ectiture cutfïvc ; les / ,
dont la tète eft feparéc du tronc ,-anon-
cent ordinairement la plus haute anti-
qu’ué , comme do v'. ficelé «n du vi'.
au moins ; lorfquc leur montant fort
exhaulTé ne pone pas fur une périra
bafe , en forme d' uu couchét & tciivor-
fée.
(4) Celui du C en T , quoique plus
tare , ne lailTe pas d'ètre allex fréquent
dans quelques mlT.S: notamment dans W dr»
le Millcl de Gcllonc. Nous n'en cite- 14^^*
tons qu’un exemple , pris des cérémo-
nies du barême : Et infuftm puerdut
ter vitituPiu ujuu , pour SucerJu tri-
bus vitihus.
i
M in ij
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i7tf NOUVEAU TRAITÉ .
- — =r d’une ( i ) écriture Japidaire , à la faire conoicre ‘ pour aa*
Ti'k ficelé à rère chrétienne.
Chap! IV. La tête du T, tranchée haut Sc bas par des fômmets ^
convient aux quatre 'premiers ficelés. Aux v, & vi' , le
goût des T , prefque dépourvus de* tête , s’acrédita , fan*
' détruire l’ancien ufage. Jufqu’au ix'. ficelé ; les fommets
de la rête prirent à peu près la forme de triangles , un peu
alongés en pointes , tournées vers le bas. Les ix. &x'. fic-
elés employèrent , furtout en Efpgne , des T fort hauts ,
dont la tête, entièrement ponée du côté gauche, avoit la
figure d’une S ou d’un C, terminé par le bas en volute. En
France & en Angleterre , les T métalliques étoient fbuvenc
compofésd’un ou de plufieurs triangles. Aux fiècles fuivans,
les irrégubrités fe mulriplièrent. La balê du T devint non
feulement d’égale longueur avec la tête -, mais toutes les
deux , aux tems gothiques , fe transformèrent en déMés un
peu courbes. On vit auflr le T fe métamorphofer plus
d’une fois en m ou JTV. Ces figures font néanmoms plus
particulièrement aflbrties au goût alleman.
A l’égard des mff; le T garni d’une tête Sc d’une bafe,’
en couchées , & fort chargées fur & fous la hafte ,
défigne le v. ou vi'. fiècle. De-là , jufqu’au x' , cette lettre
a fouvent pris la forme de ï K : & quelquefois celle du Z ,
vers le ix*. fiècie. Ses têtes en "jT , dans les mff , paroiffent
avoir été plus fréquentes (z) au vi i' , qu’en aucun autre.
Aux VI , VI I. & VI 1 1' ; nous avons beaucoup de T, donc
b tête eft arondie vers la gauche. Ce dernier fiècle & le
ix‘ , furtout dans b lombardique , diftinguent une efpèce
( I ) Qaoiqtte la paifaice r^ularité des
traies Teinble être la inarejae de l’em-
fire d’Augulle ; qaelqucs irréeularicds ,
dans le c<*iioor ou la bafe des T , ne
dcvtoienc pas les en exclure , fi d'ancres
caraâdres maoifedoieoc ce rems. En
dite l'ancienne dcriturc , alTcz gralTière ,
Se qui pwiroic être apelde tuftique , le-
bcivcmcnc i la perfediion , on'on donna
pour lors à l'didgance , ne taifiâ pas de
s'y maintenir, & bien des Cèdes encore
depuis. *
(i) L'ufage n'en a ponrtanc jamais ècè
commun. Encore une ibis il ne faut
pas s'imaginer , que les caraâères dif-
tindifs de chaque fiècle doiTcot cou-
jours fe tirer des uGiges ordinairet. Sou-
vent ceux , qui ne patoilTem , que de
cems en tems ibncplus dècifiit. La rai-
fon en e(l , qu'ils cc/Tenc totalement ,
dans on efpace bien plus court : au lieti'
qu'il fiiuc ordinaitemcnc une longue fui-
ce de fiècles , pour remarquer des chan-
gemens fenfiblcs , dans les niâges Ica
pins communs. Ce principe n'a onlle
pan une aplication plus jikle , qne pas.
raport à 1a (beme des lettres..
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DE DIPLOMATIQUE. 177
de leurs 5* capitaux , par des fommets & des baies , di-
vifées en deux pointes , ordinairement courbées en ancre.
Vers le xi' , les fommets latéraux de la tête ne font , que
deux lignes , rendues concaves en dehors.
Le t minufcule eft fort ancien : nous l’avons meme dé-
couvert , & dans les notes de Tyron , &c dans quelques mo-
. numens des premiers Ci) ficelés. Les mlT. & diplômes des
tems les plus reculés nous l’ont tranfmiS. La tête des an-
ciens t minufcules eft prefque toujours horizontale. Quel-
quefois traverfée par la hafte , aux vi i. & vi 1 1'=. fiêcles y
elle donne aux t la figure de la (i) croix. Ils eurent aulfi
dès-lors une tête courbée, tantôt (3] uniquement vers la
(1) Le t mianrcule ne fe gliflë fui
les monoics orientales , qu'aux vi. Sc
Vit', fiicles. Mais, an premierdes deux,
il conrerre lacdce horixomale , & coui-
be Ton pié de bas en haut vers la droite :
au lieu qu'au fuivaut U cambre 'de plus
£1 traverlê de haut en bat vers la ^u-
che. Souvent mime alors Ton lïipott ou
là queue déclina beaucoup do même
côte , avant que de fe rctéver du Tens
contraire.
(1) La curlive romaine la plus anti-
me fait grand nlâge du r en croix. Il fe
forme de traits courbes , qui fouvenc lui
impriment l'air d'un X,. Qu'on s'ima-
gine deux % jl'nne de bontdc contooc-
nde, Tervant de haAe an > ; l'autre( }
couchdc & tenverfdc , lui tenant lien de
tite , on aura l'idde joAe de ces / ro-
mains. A la fécondé /, on ArbAicna
quelquefois un C couchéf O) & renverfd.
Ces deux traits forent pins incliods ,
dans la métovingicooe. Én voulant les
tracer tout de Ame , te d'un fenl mou-
vement , on donna l'ftre ^ divetfes fi-
gnres du r, femblables au chifre t & à l'v
grec. Dans la lombardique on romaine
d'Italie , ces r dfeéndrcrtnt , depuis le
vit', fiicle , en T I*. (TV (T f t
&c. Les 8 y aUemans des x. ic ii*.
ficelés, en naiAent an Ai fans don te.
Entre bcancoop d'aottet efpdces de ,
Ibrtis de la mtme croix ; denx aAez re-
marquables en tirent encote leur ori-
gine . An lien de tenir i l'ordinaire le
côtd ganciie de leur tfte ( St' ) ddgage
du montani; oneontinna leur traverfe,
pour lui faire couper une fécondé fois
la haAe. On eût dit d’un C reAené
( % Jou d'une ovale ( %) couchfe. L'un
te l'autre ttaverfoient la haAe de la
croix par le milieu de gauche à droite ,
aprûs ravoir fait nn peu plus haut de
droite h gauche. Noos ne voyous le
dernier , qu'anviii'. fiècle. L'autre s'é-
tend, depuis le commencement do vi*,
jufqn'au déclin do ix* : mais c'cA an
vti* , que les exemples en font plus
fréquens.
Ix t en croix perdît trais de les cour-
bures , les denx fupérieures te l'itAé-
ricure gauche, aux Xi. te xii*. fiécles.
Il n'étoit alors pas moins i la mode ,
dans la cutfive , que dans la minufcule.
CcA à peu prés for ce pié , qu'il fe eon-
ferva , te nous fut traofmis. Tontefôia
avec le tems , fa tête devint oblique ,
fon croilîllon fouvent inégal , te Cou
pié anguleux : obfcrvations , qui néan-
moins tombent fpécialement for la nù-
nufcule.
fj) Les I à tête uniquement cour-
bée vert la gauche , fe remarquent for-
tout au IX*. fiècle. On poutoit
quelquefois les confondre avec nos q.
Mais la tète convexe , rabarue vers la
gauche , fans exclofion de courbure vers
la droite , s'étend depuis les premiers
tems, ^fqu'au xi*. fiècle dans la curlive
minufcule. S'il cA qucAion de la majuf-
culc ; cette cambrure n'cA pat meme
botoée pat le pur gothique.
U. PARTIE.
SlCT. III.
Chas. IV.
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II. PARTIE.
S E c r. III.
Ch A P. IV.
478 NOUVEAU TRAITÉ
droite ou vers la gauche , & tantôt de part & d’autre. Ce-
pendant leur côté droit paroiflbit fouvent horizontal , fani
aucune courbure. Vers le xii'. ficelé , un des bouts de la
tête du T , ou même tous les deux , furent tranchés
fréquemment par des fommêts ; tandis que cette traverfe
étoit foutenue par un fuport (quelquefois terminé en volute.
La même queue ne tarda pas a fe former en un ou plufieurs
angles , auxquels Tes fiècles fuivans en ajoutèrent oe’ nou-
veaux. U fut depuis dificile ( i ) de diftinguer le t minufcule ,
devenu majufcule par voie de fait , de l’a gothique , qu’il
repréfentoit , au moyen d’une queue élévée jufqu’au haut ,
& rabailTée jufqu’au bas ( fe ) enlevant.
Il n’eft guère de lettre curfive , dont la figure foit plus
variée , que celle du t. Il lèroit impoflible d’en donner des
notions rigoureufement exaéfes. Quand on fe borneroit à la
feule romaine antique ; pour y réuflir , il faudroit s’enga-
ger , dans des détails très-longs & très-épineux. Conten-
tons-nous donc d’obferver , cpie fes formes les plus fingu-
lières , par raport à nous , &: cependant alors les plus com-
munes , reviennent à l’î^ , mais fouvent panché vers (z) la
gauche , au (3) c minufcule , ainfi qu’au T majufcule à
(ij Le / reflembUnt ir»curfif. aui
IX. & X*. Sètle* . fur“0«K^ quelque-
fois «Tune b«ie horizontale ou concave
en dehors , qui lui donna nne ^me ,
depuis adoptà pat le » & l'« de l'écnture
^(z^Sor une hafte coutbic, la tête du
t doublement , & quelquefois triplement
apoyde , donna naiiTancc au / , fembla-
fale à l‘a minufcule. Paieille difpofition
de traits &votifoit eztrimcmcnt les liai-
foitt de la cuilîve romaine. Audi cette
lettre s'y reproduit - elle très-frdqucm-
nent t «e fo durée y doit-elle être me-
ftrée , fur celle de 1a romaine ou lom-
baidiquc ; c’eft-à-dirc jufqu au x 1 1 '. fié-
cle. Le même t ne fut pas moins fevo-
tablctnent aeueilli , dans la mérovin-
gienne , & dans la plus ancienne Caro-
line. Cependant à peine parvint- il au-
delà de fempire de Louis le pieux. Mais
ehofe bien finguücre I quoiqu'un peu
altéré , on le retrouve en Efpagne , aux
XIV, IV. 8e xTi'. fièclcf-
Il cil une autre forte de r , qu'on pon-
rok confondre avec l'a curfif. Il ell for-
mé de la tête du t , convexe du côté
gauche 8e rabatuc , jufqu'à contaél du
pié de la balle courbée de même. Bien-
tôt on le compofa de deux C apliqués
l'un contre l'autre. L'ufage s'en établit
au vint, liccle en piance : il s'y fou-
tint, durant le ix' : mais il ne s'éten-
dit pas au-delà des bornes du fuivanr.
En Iialie il fe maintenoit encore au xi°,
& du moins jufqu'au xiiit. en Efpa-
gne. On diroit qu'au xiv'.en Angle-
terre 8e CB Ècollc , il auroit paru réllif-
ciré ; s'il ne s'y étoit pas montré fous
une forme , auilî bifare que gothique.
(}) Le r en forme de c , commence
au XI it. (iéclc, 8e dure au-delà du re-
nouvellement des lettres. Cet ufage n'é-
toit pourtant pas le plus général. Celui
des t en croix , foit avec un croifilloa
éminent des deux côtés , foit avec per-
te du côté gauche , eut toujours l'avan-
. Les t mêmes terminés en potence
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DE DIPLOMATIQUE. 475
tête (1) renverfée. Quelques-unes de fes autres fautes ref- - ^
lêmblent prefque aux lettres latines </, f Q , i /,o , ^sec't'
P,qy x,y , I , iux grèques ^ è ^ ^ 9 Zy ChTk iv.
aux chifres arabes ,1378 &c. Il n’eft pas befoin de det
cendre au {z) delTous du vi'. fiècle , pour trouver tous ces
caraftcres.
Le «b lombardique a la tête trcs-courbée vers la gauche,
&c un peu vers la droite en delTus , & plus régulièrement
en deflous. Il reçoit aulTi , dans la curfive , à peu près les
mêmes figures , que la mérovingienne. La viligothique y
joint celles de 1’/ & de \'m ou peu s’en faut. Plus d’une
fois la Caroline , après avoir traverfé la haffe , par la cour-
bure gauche inférieure de la tête du { , élève fur le côté
droit fupérieur une 5 , ou un ÿ* , ou quelque chofè d’apro-
chant.
Au x'. fiècle , le f curCf majufcule eut la hafte fort élé-
vée. Souvent alors fa queue fe relévant , & traverfant le t
par deux fois , lui donna prelquc la forme d’un 8 en (i)
avec ou Tans bafc , recourbée vert
la droite, ne ccflîrent d'avoir cours :
OToiquc leur f rincipale faveur foie ren-
Rrmée , encre les x. & x iv‘, ficelés.
( I ) Les cnrfif , obliqucmcnc renver-
tt , fens dtlTus dcITous , Ce produific (bu-
Tcnc f fortouc i la fin des mots , depuis
k vt*. fiècle, jufqu'au XI. Sa plus gran-
de vogue doit être fixée vers le milieu
du VI 1 1'. Il n'en fiit pas de ce 1 , com-
me du capital. Celui-ci ne put être rtn-
verfè qu'exprès : cclui-là le fiiC , parce-
qu'on inclina toujours de plus en plus
vers la eauche le montant du t, Sc qu’on
'èléva , fuivant la meme proportion , le
côté droit de fa tête , en fuprimant
l'autre. Ainfi la cccc apareme ne ce r
on cil véritablement la halle , Sc la pré-
tendue queue en cil la vraie tecc. Nous
avons, jufqu'au xi'. fiècle, des r fem-
blabtes au ; , à l'v , à l'r } mais de
figures fort diférentes , Sc qui néanmoins
naiûcot tous de ce T cutfif , qui fem-
blc avoir la tète en bas.
(i) l es r mérovingiens ne portent
pas tt loin la licence. Ils fe bornent
prcfqut à r-mitation des « cuififs romains
les plus communs. La plupart des c Taxent
n’ont qu'une tète kociaoncale , quelque-
fois relevée par une pointe vers la gau-
che , Se une queue en c i qui , d£ les
premiers tems , commentait à iairc an-
gle vers Ton milieu.
(j) De la queue du / , relévée en cour-
be , travetfant fa halle de droite à gau-
che, palfant par dclTus , Sc lui feevaat
de tête , réfulu le c , connu fous la for-
me du V. Communément on ne fe con-
tenta pas de la première traverfe : la
queue prolongée au-delà du bouc de la
lialle vers la droite y fit Ibuvcnt éclore
uoc autre tète. Ce s , dont l'origine
peut remonter au v. ou vi°. fiècle , ne
prend fin , que vêts le milieu du xi'.
il eut grand coûts en Allemagne , du-
rant ce fiècle Sc le. précécknc. Mais
quoique là queue avanfât régulièremenc
du côté droit cela n’empècha pas ,
que dans la fuite il n'cûc ciirotc une
troifième tète ifolèc : patccqnc fa queue
s'élévoit à peine au-dclTus de la moitié
du montant. Une tète ntincirale fépa-
réc de la queue , fut pofée au bouc de la
halle : lorfquc fut le déclin du xi‘.
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II. PARTIE.
SiCT. III.
CHAf. IV.
CempiratTon de
l’V Ucioavcc ceux
des antici nations:
4cu fottct du en
Timtftuetn-
iiiUctheem H-
Uiub.K^-f- *4>-
(i) V.pltiuh V.
1. 1. (ÿ> (. 1. Is I*.
du écrit. It^d. (ÿ>
mù»L
180 NOUVEAU TRAITÉ
chifre curfif. Aux ficelés fuivans , la même queue fêrpen-
tanc (i) traverfa tant de fois la hafte ; qu’on diroit d’un
échalas , foutenant fon fep de vigne. Aai xii*, la hafte fo
pliant en divers fens devint (1) peu à peu toutafait ondée
ou anguleufe : fi ce n’eft quand elle étoit diftinguée de la
queue du T. Celle-ci prenant la forme d’un (3) C , de la
tête defeendit au-deftbus de la hafte , Sc dontu naiftance à
une forte de t , non moins gothique que celui , qui fe con-
fondoit avec Vu.
XX. L’étrufque & l’ancien grec (4) ont des V parfaite^
ment femblables aux nôtres. Renverfez les V fyriaques Se
tuniques 3 vous y trouverez fans peine l’v latin. Employez
Cède , ta quene monta jufqn'au haut en
ferpentant. Pool l'ordinaire le r eut une
pareille tlte , dans l’écriture alongée.
On d^coorre néaninoins quelques exem-
ples , où ces ondulations fe terminent
CD tête , au-deiTus de laquelle le bout
de 1a halle parole êlévé.
(i) Le ( de réciicDie aloneée , quel-
que ondulé qu’il foit , ne s'élève ni ne
s'abailTc au-delà de la ligne. Dans la
mérovingienne , fut une nalle un peu
tortueufe , s'étend une tête large Si
proportionée a ü hauteur. Communé-
ment recourbée en delTous vers la gau-
che , elle va |ufquà toucher cette ^f-
te ou à la ttaverfer. La tête devient pe-
tite dans la Caroline , au ix‘. liécle ;
tandis que la hauteur du montant au-
gmente. Le même caraélére an x‘. pa-
rois le plus marqué te plus général. Aux
XI. & XII , la tete du i perd fon aron-
dilTemeot , & fe raprochc du T capi-
tal i comme du pur minufcule,au xt 1 1
En Allemagne , au x* , la hauteur du
r Sc la peritelTe de Ci tête font encore
plus (lapantes , qu'uniformes. Vers le
milieu de ce liécle , la hafte du t fem-
blc vaciller quelqtiefôis par fes trcm-
blemens multipliés , auxquels elle com-
mence à être (ujete. Cependant Ion an-
cienne forme continue de l'emporter
fur toures les anrres. Dès le commen-
cement du X I , on détache la queue du
beat du r , & l'on fe contente de tra-
Tcrfer fa hafte par nne S. Bientôt on
la double , triple , quadruple 8cc.
enfortc que le montant dur devenu plut
long , en cft tout couvert. Ces ondu-
lations n'afeâcot pas tous les t fans ex-
ception : il s'en faut beaucoup. Depuis
le commencement du xii‘. Iièclc, on
voit grand nombre de T, en forme ca-
pitale : & les traits linueux font té-
tranchés.
(x) Dans la charte de pleine fécutité ,
fous l'empire de luftinicn, on remarque
déjà des < à queue ondulée ou tremblante.
( ] ) David Cafley , dans fon Catalo-
gue des mlT. du roi d'Angleterre . dit ,
que 1er 8c le r des chanes 8c des mlH
le confondent , depuis le z 1 1 1 *. Cède ,
par une trop grande relTemblaoce de fi-
gures. Ceft même un des moyens, qu'il
propofe.pour juger de l'age de ces anciens
moDumens. Uu auteur, qui a fait des no-
tes fut le plus ancien tegiftre de la cham-
bre des Comptes , apelé de S. Juft , re-
maique(a) fol. lo.ÿ. fur lemot Echiquier,
mimt filon ticriinro dudit rog^o,juom
MO fuit fi ctft Surarium ou Scacarium ;
tC Mutant tpu Ut c font eourhét , comme Ut
f-du^ntl erreur efi frocidé U terme tTEfihè.
jHMr.Ccft à quoi nous ne Ibufcrirons pas.
(4) LT grec de l'ancien (é) monit-
ment d’Amycle , l’v éttufque 8c l'V laüti
des tables Engnbines étoient , il y a trois
mille ans , les mêmes , que ceux ifatt-
jourdui. L'V latin a moins varié d'a-
bord , que le grec. La pointe de celui,
ci s'étant infenfiblemcnc alongée fa £ût
dégénérer en Y.
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DE DIPLOMATIQUE. i8i
/Itr riiébrcu le meme fecret : augmentez un peu l’un de lès sy
côtés : d’un angle obtus formez-en un aigu ; l’V latin va fe partie.
Hiontret à vos yeux. Ces changemens au fond ne font pas chap. iv.
tels , qu’on ne puilTe en remarquer d’aufli grands dans notes de Tyron :
les transformations , ordinaires à notre V. A l’égard du fa- di«rs ufages des
inaritain , par de nouvelles additions à fes traits ; il s’eft ^n» 'ron^
aparamment ( i ) plus écarté de fa figure primitive , que les rds , aigus : juger
V des autres nations. Cependant il ne faut que rétran- p«f leurs figHrei
cher , goût le reconoitre , dans toutes les formes , qu’il a j', clarf«
piifes. mdme des impri-
Dom Carpentier.(a) compte des V tyroniens de quatre (i)
fortes. Il ferait peutetre mieux de divifer les des notes de i. ^
Tyran , &c même tous ceux des anciens mlT. & autres
monumens j en ronds , tels à peu près , que nos U voyelles ;
& en aigus ou angulaires , femblables à nos V confones.
Les premiers ( 3 ) fe fubdivilèroient en U fans fuport , Sc
en ij apuyés d’une hafte. Il eft une fîtuation de l’U rond
afiez notable , pour donner nailTance à un nouveau genre ;
fi cette lettre ne fe trouvoit pas naturellement bornée à deux ;
ce feroit l’ O prefquc totalement renverfé. L’V faifant angle
(1) si cette lettre fcmble sacorder
mal arec notre V , quant i la figure j
nulle autre ne lui elt auflî conforme ,
quant à la dénomination. Ccd la {t)
feule , qui ajcconfervé, ckcz.lcs Grecs
Eoliens, Si chez les Latins , Ion nom
primitif , le nom de V»$i.
( t) Mais, fans parler de quelques me-
nus délàuts t fa ttoifiéme note efl la
même que la première. S’il étoit polfi-
blc d'établir entre Tune Si l’antre quel-
que diférence ; il faudroit la poulTec
beaucoup plus loin , comme on le verra
biemôr. En récompenfe le quatrième de
fes H ryroniens en renferme crois , dont
la diflinélion efl plus fcnfible , que ne
l'tft celle , qui difétencie fes trois pre-
mières noces.
(y) Qu'ils (oient tranchés par des
fommets , ou qu’ils ne le foient pas ;
que ru purement rond foie plus ou
moins en ovale couchée ; que Ton on-
renure foie pins ou moins grande ;
Tome II,
qu'elle réponde précifément par le haut
è fon milieu , ou qu elle décline un peu
vêts la drqite ou vers la gauche : ces *
variérés peuvent feivir à la fpécificaiion
des mots , dans les notes cyroniennes ; (fj Prifeitm. tii
mais elles n’opèrent point une diverlité r. afad Putfeh.
coolidérable , capable d'infiuet fur l'cf- etl,
fence de la fipre. Il en faut dire au-
tant des U à halle , d'où font dérivés xy.t.ij,
nos U minufculcs. lis ne paroilTcnt fur
(c) les médailles , qu'au vi‘. liècle.
Mais ils éroicnc plus (d) anciens dans / \ ,
les mC Leurs bafes îc leurs fommets , ‘v
marqués ou fuprimés ; leurs divers de- *.V/ô***â- i
grés d'ouverture vers les côtés ou vers \‘) Oe rt
le haut i la queue foit perpendiculaire ***’
de dilérentes longueurs , foit inclinée
de part ou d’autre , droite ou courbe ,
racourcie on prolongée , coures ces mi-
nuties n’en changent prefque point la
pofition , loin d'en altérer les traits cf-
fenticls.
Nn
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II. PARTIE.
SicT. ni.
Chat. IV.
(a) Patfck, t*!.
410.
(t) LHr. I. deli-
ttri. ni J 3 J.
(t) Col. f4f.
\d) Oripn. Ith. i .
Cm 4.
(f) Vo noi plan-
ches lapidaires.
ï. elaf 1. dsv.
I. genre J l.ejpicf,
n. ^
i8i NOUVEAU TRAITÉ
pouroit fe partager en quatre ; fuivant qu’il ( i ) regarde en
haut , en bas , à droite , à gauche.
Les Latins diftinguoient (^i)un V confonc,unU voyelle^
Sc meme un V , qui , n’ayant ni l’une ni l’autre qualité ,
n’étoit (jj rien félon quelques-uns de leurs auteurs. Le
(1) Cct divcrt afpccls fréfopoféç i il
ti'cil pas n^ccU'airc d'inHiter beaucoup
fur Ton ouverture plus ou moins grande ,
fur fa itciiatioo plus ou moins oblt.^^ue ,
fur un de fes cotds plus ou moins long.
On pouroit toutefois tirer de pareilles
circonflanccs bien caraclcrifées , & pa:
raport a ces V , 3: par raport aux U
tonds , atitaQt (Tcipcccs , <]ui conuibu-
roicQt à rendre plus clair & plus com-
mode rarangemenr d'un bon DicHonairc
en notes de l'yron , ouvrage qui man
UC abfoluiueiit à notre littérature , mais
ont rcxe'cutioD ne paroit pasimpoiriblc.
(1) Nous ne pct.lîons pas , qu*on pm
ivvoqoer en doute , que les Romains
anciens « fans avoir déterminé des li-
gures diféreorcs » pour repicfcntcr leur
« confone & leur u voyelle^ ne laU-
foienc pas de les diRingucr . du côté
de la valeur. Mais un habile académi-
cien nous ayant fait flir cela des dih-
cultcs , nous met dans la oécefTîté de
ne pas lavanccr fans preuves. T vecaüs
, (4} dit Diomède, quAgemsna-
ta dtgamma aecipit .* prApoJîta Jtbi aut
allers vùcali tranfit in co.nsONANtium
petefiatem , « vütcus, VAitNS , vixiT,
vELOX , vox. Contentons - non? d'a-
jouter à Tautotité de Diomède celle de
PriTcien. Voici (é) (c* paroles : I V
veeales , qaande media fuu , alternos
inter fe férus videntur cenfundere ^ tefe
Denate > I > wr vir i V, ut optamus. F.t I
qstidem , quande pc^ V rersfiuanttm.^ loce
digamtna F funHasn Æelu i f enitur, hre-
vh. Un peu après d.ins ion chapitic
fur le nombre des Jcrtrrs chez les
ancicus : î^wt^^itasn (è) ateum peuji ns te I
literam^ leeo pejîtai-ft co.ssON.sN ns,.,/--
piratio srrvenhi y feut net ante V CON-
SONANTtu ... V veri, leeo cONsonan»
Tis pefitAy eaïulesis frerjiss îss omniùin xurn
halkst apn.l Latines , quàm apud Æeict
au
digamma F. Vnde à plerifque et nemete
hoc datSiTy qusrd apssd ÆeUs hahuit ohm
digamina y id ejl y vatt. I! rcroicarfé
dacumnlcr ici une fb.ilc dç testes des
anciens aufli â^rmcls. #
( J } luterdium ejl nihil . • . fine dahio
nihsl ejl y dit S. Iltdore (d) de Séville «
d’apres quelques grammairiens du cems
de l'empire romain. Il s'agit de l'« pré*
cédé d'une confone, &: fuivi d’une voyelle:
comme dans Qjii , qua , qned Scc. Ce
qui prouve , que ces anciens pronoa-
çotenc leur qui , comtnc nous le £ii*
fous en François. L'V n*au"oic fuiemcnc
pas manqué de fc faire icotir ; f\ la
prononciation J que nous donnons à ces
mots latins, avoïc été la leur. Ils écii-
voient 'r) même qui fans tr. Beaucoup
d’iiifcripcioDS antiques^ de mlT, anté-
rieurs à Charlemagne , quoique pas tou-
jours conRans dans cette orthographe ,
fulîfcnt pour faire foi , que l'a à la fuite
du ^ , ne fc prononçoit pas toujours.
Cependant le mf. 75)0. ac la bibIio>
chèque du roi nous montre on gram-
mairien /qui apres avoir inliné, com-
me 5. lüdore , fur le néant de 1‘m en
ccrcatns cas ; conclut qu'il fait partie diz
q. Cela paroirra-t-il fufilAnr , pour juf-
tifer notre prononciation ? Qtioiqn'il en
(oit : c'cR un indice de la plos haute
antiquiié , dans les aéics publics & les
md*. d'y voir fouvent T vu-rcjctc au-def-
füs du q. On en trouve néanmoins en-
core des exemples très fréquens, fuitoui;
en Iralic , aux VI 1 1. & ix*. fîcclct. On
remarque auHl pour lors d'autres v
qu'on ne doit pas certainement compter
pour rien , quelquefois renvoyés exprès
au dclliis des mots , ou ils auroient dd
entrer. 11 nc(\ pas rate , que des ex-
ceptions , fondées en raifon s’éten-
dent avec te tems au - delà de leurs
bornes légitimes , par l'habicuJc ou
Di .
DE DIPLOMATIQUE.. i8j
digamma (ij éolique n’avoic de raport , qu’avec l’V con- " — ^
fone, Si non pas avec i’U voyelle. Vb^t
Quoique autrefois on ne changeât rien à la prononcia- c h * i-, i vV
tion de l’V : quand il s’en rencont|‘oic deux de fuite , donc
le premier écoic confbnc , &: le fécond voyelle ; ce der-
nier s’écrivoit (a) fouvcnt par un o. Conféquemment le l.bius.
nominatif lingulier fe trouvoit confondu avec l’acufatif
pluriel. Au lieu de deux v ou de vo ; on ne raarquoit
quelquefois {à) qu’un V : mais dont les deux côtés futpalâ Prljc!^
loient en liauteur les lentes voifmes. D. Mabillon (c) ob- f -+•
fèrve, que les deuxVV bien diftingués , durant le ix*^. fié-
de , fiiÂnt au x 1 1 . confondus par la cotnplication de leurs (c) o> rt HfUmi
branches , qui leur donna la figt^jp (i) du double W. ^ jî'iüi
On fe fcrvoit encore alors (3) indiftremment {d) de l’v ' *
rinaicmion des copiAcs. Dans les mC an-
gle Taxons U cft d'un grand ufage de
porter Tv au dcïTus de Ta ligne, 'il cA
rn^iue palTd en coutume dans tptelques-
unes de leurs écritures. Telle cA une,
minufculc du mT. de S. Germain des
Prés Z II.
(1), On a plus haut trop examiné ce
^ui concerne ce digamma , pour fc
permettre à Ton fiijec de nouvelles dif*
cnHions. Ajourons fculemènr , que le
^ ou rFcrrufquc » félon 'M. Gori ,
prie nailfance de deue * ainfi pofes.
(z) Des le xi^. fîccle , on en peur
voir on exemple dans la (#) bulle de
Benoie VIII, &: (iK dans la V 1^.
planche de CaHc^. Une feule petite
pièce de Madox cfi fournie quatre : Sc
fl nous ne craignions de palier du zi*.
fièclc au xz , nous ajouterions , qne
la Vl^. planche du Tréfor des diplômes
étEeô/f* psr Anderfon n*en renferme pas
moins. Ces dernières pièces ne font , m
plus anciennes, que l’an losS. ni pof-
(éricurcs à l'an 2107. Redutfez la qiicf-
tion à des W qui fc touchent i le pic- 1
mier nècle en éburnira. Mais il &’agit
d‘^ , qui fc cravcrfcoc : en quoi coa- ’
Aile , a propfcmein packt , le, double
jeu. Or M. IcBlaac ( A a. publié uncH
monoic d’or de Louis U di^{ÿSUr/e.^fMr.*
laquelle ces conditions font cxâélemcnt
remplies. Les diplômes originaux du*
meme mon.arque nous ofrent auHi des
.Apres cela il feroie inutile d’eû mim-
ticr dans d'autres diplômes d empereurs
des X. & XI®. ficelés ; comme tfOiton
ni. de 997. de Hcnn IV. de lo6tf Vindic.
Sic. fl ce n'cA pour faire rcmaroucr > •'’fhrw* h'uid.
que Ics dmr V cntrclalfcs devinrent de- *•
puis ordinaires ou tTCs-fréogcns , de ra**
rcs qa'ils avoiciic été jiifqu’alors. On Traité det
trouve aulTi dans une monoic anglo- *
fâxonc du chevalier Fountaine , pl. F*
un V , qui pouroit bien n'étre pas de
beaucoup inférieur en âge à celui dé
Louis le debonaire. Far deffus tout cela ,
nous voyons le W psroitrc , dès la fin
du rii®, fiède , dans un diplôme de
Clovis III. D. Mabillon en 3 publié (g)
le modèle. Combien faudroir-il ftirç
remonter plus haut l’antiquité de cctic
Icnrc dounle , fi fur un des blocs de
pierre , érigés à Paris foui Tibère , il
faloic lire avec M. B.vuddot {h)
tûJN } Mais ni M. de Mautour , til’ les
PP.de Montfiiucort, Lobincau &: Mar-
tin n'y ont point vu ce Nous^ n‘ÿ
avons non plus aperçu qu'un V ; quôj-
?|uc nous ayons examiné ViiifcEiprion dt
orc près , en diférens tems , & à pîu-
ficuts rcprîfes. ,
({) Un favane académicien nous^a
communiqué une obfervacton , d'où il
réfulcerbit , que , des le xii®. ficelé,
l'ufagc de rv & de 1*U n'éroit pas toucafiuc
N n ij
(,) Dr rt dificm
f. )8i.
(h) Urjf. dt r».
endtta. dti M/crifm
I. }.f. Ml.
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II. PARTIE.
Se CT. III.
C H A ». 1 Y.
284 NOUVEAU TRAITÉ
aigu & de l’u caré. L’u rond n’avoic pas plus d’aplicarion dé-
terminée à \'u voyelle ou confone , que les deux précédcns,
11 ne faut pas remonter cent ans, pour découvrir le com-
mencement de l’ufage , où nous fommcs en France de dif-
tinguer l’v confone de l’u voyelle par ces deux caraélcres.
Avant ce tems , le premier ; voyelle ou confone , fe re-
trouvoit conftamment à la tête des mots. Toute autre pla-
ce étoit dévolue au fécond ; fans égard à fa qualité de
confone ou de voyelle. Cherchons dans les mlT , l’origine
de cette dernière pratique -, avant que de nous ocuper de
l’autre , à laquelle on n’a penfé tout de bon , que depuis
cent cinquante , ou. deux cents ans tout au plus : fi f on met
en ligne de compte fes foibles commencemens.
Au XI 1'. ficelé , on croit découvrir les prémices (i) de
l’ufage , fuivant lequel l’v aigu , voyelle ou confone , com-
mençoit toujours le mot. Dès-lors , par raport à l’écriture
curfive ; il étoit déjà bien acrédité (2) en France , en An-
gleterre , en Ecolfe. Il fit rartout des progrès confidéra-
bles , au XI 1 1'. fiècle. Au fuivant , il parut prefijue ordi-
naire êcuniverfel. Mab , par raport à la minufcule (3) formée,
relative à celle de nos imprimés j on n’étoit pas encore
abandon;! au caprice. Dans un mf. des
fermons françois de S. Bernard ; il a re-
nurqu^ l'a voyelle , furrouc pr^eddd ou
fuivi d'une autre rroyelle , fouveiu derit
arec un v confone -, candis que celui-
ci l'eft par un u voyelle. M. Pluche a
faic graver . d'apres un rof. du meme
üccle , de la bibliochèque des PP. Feuil-
lans de Paris , un fragment des fermons
François de S. Bernard en vingt deui
lignes , où cctcc didindHon des si n'eft
point oblërvde. On n'y voit mdme ,
qu'une feule fois , l'V confone pour l'si
voyelle ; quoique la dernière lettre s'v
trouve quinze fois , dans les ciiconl-
tanccs requilcs , pour être tendue par
ly confone.
(i) Que ce fût afedlation ou fans
deffein : dès le commenccraenr du z*.
fiècle les diplômes allemans employoient
quelquefois TV pour lettre initiale des
mou. On en faifôit encore plus frè-
qucrssmciie le mèstc ulàgc , dans Ica
ebifres des dates ; quoiqu'il ne fiit pas
le plus commun. Aillcun toutes les pla-
ces ètoienc indifèceinmcnt acordecs fi
Tv ic à r«.
(a) Nous avons vu deux diplômes de
Louis le gros , en date de l'an mes.
donc cous les V , placés au commence-
ment des mots , ont le fond en pointe ,
le côté droit courbe , & le gauche
droit. Leur queue s'élève de quatre oa
cinq corps au-dellûs de la ligne. Ils font
d'ailleurs fcmblables aux t. Mais ceux-
ci font plus longs, te moins inclinés vctl
la gauche.
()) On fpéciffe cette écriture : par-
cequ’il en ell une curfive des mlT, por-
tant fi peu près les mêmes caraélèrcs ,
que celle des aéles. Mais quand l'écri-
ture des chdhes fc raproche de celle
des mlT , elle ne laifTe pas d'ufêr ordi-
nnttcmeiu de fV , comme la vraie c«»>
fivc.
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9
DE DIPLOMATIQUE. iSj
acoututné au xv*. à marquer notre v confone , au com-
mencement de chaque mot : quoiqu’on le fit quelquefois
affez régulièrement ; & qu’au xvi , la mode en foie deve- Chap. iv.
nue ( I ) prefque générale.
Sur la fin de ce ficelé au plutôt elle fit place à celle , qui
diftingue l’v confone de Vu voyelle. Quelques villes d’Alle-
magne , comme Bâle , Cologne , Francfort (i) fur le Mein
& les villes de Holande (}) adoptèrent cene orthographe;
mais toutes ne fiirent pas aulTi confiantes à la fuivre , que
ces dernières. Les éditions élégantes des Elzeviers ôc au-
tres ne s’en écartent , que par raport ^x V majufcules ,
dont elles continuèrent de fe fervir invariablement. C’eft
qu’alors les U n’étoient pas plus connus , qu’employés par
les compofiteurs. On ne s’aftreignit à s’en fervir en Ho-
lande , que quand la France (4.J abandona la vieille mé- ,
thode , pout s’atacher à la nouvelle.
Quoique notre exemple ait achevé d’entrainer prefqwe
tous nos voifins ; plufieurs villes d’Allemagne ont tenu juC.
qu’à préfent , & tiennent encore pour l’ancienne mode.
Quelques-unes de ce vafie pais & des royaumes du Nord ,
ont coutume de placer (yj unV après leQ. Cetufage n’eft
(i) Tandis qua Paris les Etieooes 8c nde , où cette nouvelle orthographe ail
autres pla^oient toujours l’V au com. fuivie iàns exception.
mencement des mots ; Aide Manuce à (4) Elle avoir été piévenue par TAn-
Venife ne l’employoit , qu'à titre de gletette . 8c peucétte pat cctiainet villes
majufcule ; Gtyphe à Lion en ofa de d'Allemagne. L'Italie nous a plutôt fui-
meme. On fuivie cette pratique à Bâle . vis à cet égard , qu'elle ne nous a dé-
malgré le grand ufage . qu'on y iàilbit vancés. Avant 1 C 60 , l'ancien ufage avost
au hécle précédent de ITT aigu , pour à peine éprouvé quelques atcinccs en
lettre initiale de chaque mot. 11 n'y a Fiance. Mais depuis cette époque , le
pas vingt ans , que l'orthographe de futtout depuis liyo. la nouvelle pm-
Manuce avoir encore fes pattilant en tique prit en peu de tems le delTus. Elle
Allemagne , 8c qu'en s'y atachoit fer- y étoit univerlclleraent établie en lAlo,
vilement dans quelques imprclhons. 8c meme un peu plutôt. Cependant ,
(t) Cette ville entre autres revint comme on avoir lâii d’abord en Ho-
bientôt à la vieille mode. lande ; on continua dans quelques im-
(j) Nous avons fous les yeux un Va- primeties de France; prelqne jufqu'à
letius Piobns , imprimé à Leyde en notre liccle , d'ulët de I V voyelle , au
I S99 > dans lequel ,à deux pages prés, lieu delU conlbne , au commencement
on efl exaél à dilHuguet , pat des ca- des pbrafes, 8c partout où la majulcule
raéleres propres , les V confones des u devoit être employée.
voyelles , hors le cas des lettres ma- (f) Ils en ufem de même partout ,
julcules. Nous avens vu d'autres im- où I'n ell fuivi d'une voyelle : pat exem-
prciüoos de Holande de la même an- pie ils écriront cmJviUuU lir-ii» Sic.
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II. PA RTIE.
S £ c T. Il I.
Chat. IV.
(à) tanJur. nu-
mif- »• £•/•
(4) D« ri iifUm.
^ 47.
{c)Diprt.fxrn
^ rV tcnfoHt! par
i'aUt Papillm, mh
7*. WW. Jri mém.
lintr. Ju P. Dr/-
mtuu.
♦
z%6 NOUVEAU TRAITÉ
point de leur invention. Elles l’ont puifé dans des mff. du
xv'. fîècle. D’autres villes des mêmes contrées , & le nom-
bre en eft encore grand , confervent \'V confone pour VU
voyelle p.irtout , où il faut mettre des lettres majufcules.
Plufieurs imprimeries du Nord emploient depuis plus d’un
fiècle , au lieu de l’U rond , l’u prefque caré , rendu ma-
jufcule. Un autre V à peu près fcmblable à l’V confone de
nos notes , & qu’on pouroit apeler rond , a tenu il y a déjà
long-tems , dans quelques livres , la place de l’v aigu. Il
paroit meme (ùr les (a) médailles de l’empire de JufUnien.
• Aujourdui de togfes parts on revient à notre { i ) ufage.
Déjà les plus belles éditions d’Allemagne le fuivent fans
reftriûion. Quoique l’Efpagnes’y conforme maintenant dans
l'imprimerie ; elle ne le fait pas encore exaélement , dan*
récriture à la main , repréfentée par la gravure.
D. Mabillon (b) met au nombre (z) oes lettras , aportées
Telle eft en partie Ponhogiaphe de la
Littérature runit^ue . du Lcricon runiciuc
& des Fartes dauoifes de Wotmius, im
primés à Copenhague en l<+). 1450.
t6ft. Nous difons en partie ; car ou
y trouve aurti fouvent , yui , j«a , yarj ;
^uc î'.-r , fjâ tjvrj. Mais au commence-
ment des phtafes , A: panout ailleurs ,
où l'ü voyelle Diajufcule doit être em-
ployé { on fe fen de tu. A ces deux
exceptions près . fj & l'v confones y
font diftingués par les mêmes carac-
tères , tpie BOUS leur atribuons à pré-
fent. Ou moins eft-il très-tare , t]uc l’v
confone ocape b place de l u voyelle.
éi) Noos n'avons pas fait dilicultê
d^Sriboer JUxMolandois d'avoir été (î fer
mes i reprélcnter l’v confone par ce ca-
raélète , te l'u voyelle par cet antre ,
dans la mtnnfculc de leurs livres tmpri-
mês ; t^u'ils ont amené tous les peu-
ples à la pratitjoc , dont ils n'ont celTé
de leur donner l'exemple , depuis cent
cinquante ans. Nous n’igrrorons cepen-
dant pas , que nos François révendi-
quent à jurte titre 5: l’Invention k les
premiers elTais de cet ufage. Ramus
l’avoir enfeignée , un peu après le
milieu du xvi'. fiècle , 8c l’avoir fait
je) exécuter , des l’aa 1557 . 8c depuis
dans toux Tes ouvrages , imprimés par
Vécbcl 8c fes héritiers. Gilles Beys l'ob-
(erva . dans l’imprcliion des cpiircs
d’Horace , avec les commentaires de
Mignaulr , faite à Paris en 1)84. Cela
fum (ans doute , pour conrtater nos
droits fur cette utile invention ; mais
xi’âcc pas aux Holandois celui de l’avoir
renjoe uniïcrfelle , par leur conrtance
4 fe roidir contre l’orthographe des au-
tres peuples.
(t) Mais lui-même avoir vu des U
dans le Virgile du Vatican , ’eftimé du
I r (îècle. 11 en avoir vu de ronds 8c de
carés, d.ins une infeription de l'an ; }8.
publiée parmi les additions de foo fu-
plément à la Diplomatique. Il en avoir
vu dans le Virgile de Florence , écrit 8c
corigé , dès le v'. (iècic. D’ailleurs com-
bien de médailles du iv^. chez Ban-
duri . combien d’inlcriptions des quatre
premiers Cèdes , figurées dans les ou-
vrages de Philippe de la Tout , de D.
Bernard de Momfaucon , du P. Vuipi ,
de Buonan uori , 8c de' plufieurs autres ,
I atertenc rexiftcncc de ce caraélère ? Eft-
I il une p-age des livres 8c des m(T. en no-
tes de ■fyron , qui ne nous afermilfe
dans la penfée , qu'il étoit très • connu
8c ttès-uiiiéj du tcir.s de U République
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DE DIPLOM ATIQUE. 187
par les Gorhs , l’U , qu’il apcle caic. Peutctre a-t-il eu in-
tention de parler de (i) l’u plus ordinairement qualifié de
la forte.
Les V aigus ou en angle commenccrcnc , dès le premier
ficelé , à fe carer par la pointe , au moyen , foit d’une pe-
tite ligne liorizontale , faifanc corps avec l’V , & s’éten-
dant toujours d’avantage , jufqu’au iv*^. fiècle ; foit d’une
bafe tranchante , dillinguée de l’ Les inferiptions & les
médailles furtout nous fourniflent beaucoup de ces figures.
La pointe des V aigus fut quelquefois tellement prolon-
gée , qu’on pouvoir les confondre ( 1 ) avec les Y. C’eft
peutctre pour parer à cet inconvénient , qu’on s’avilà de
mettre des points fur ces derniers. Mais lorfqu’on le fût
acoutumé à les inlérer aufli dans les O & autres lettres ;
011 les fit encore entrer au milieu des V , dont on n’auroit
pas dû alonger la fY) pointe. Par là l’on étoit expofé à une
confiifion plus dangcreule , que la première. Mais alors on
y renaédioit , en donnant à l’Y une halle exaélement per-
pendiculaire. D’ailleurs on étoit fixé par le point, prelque tou-
jours placé furl’Y , ou du moins au niveau de fesdeux cornes.
Les y y métalliques (3) & lapidaires , à branches in-
égales , à pointes inférieures , prolongées tantôt en Y ,
tantôt en ÿ 3 dont les côtés (\/ ) tendent à fe réunir en
angle , fans y parvenir ; dont les bouts fe terminent en ( *V 1
courbe, dans leur partie fupérieure , gauche ou droite: tous
ces V peuvent apartenir ; non feulement aux trois premiers
ficelés , mais aux derniers de b République romaine. Ou
•
fomainc ? Erloaard BcmarH remonre bien
plus haut 4 21c prétend nous en produire
de 7 T 4. ans avant J. C.
(i) E-douard Bernard le fixe à Pan joé.
îl en prolonge la perpendiculaire au
Cède fuivant. Cn ne peut douter, <|iic
CCS tf ne fuïTcnt alors fort en ufâgc ,
atnfi tpic dans les Ccdcf voifins, II eft
éconant , ^u'HeiufîCcius (4) ne les falfe
commencer , tju'aa xiii“. Cède. Mais
ôn Itü palTcra aulfi aifémenc d'avoir a-
plir]ué la dénomination de rond à Pu,
«juc celle de café à PV , oooiqu’dle ne
•onvienne ni à Pun niàPautre.
( i ) Les V cn Y furent (h) très*
fréquens , fur les monoics d'Efpagnc ,
avant la conquête des Maures, pour ne
point parler ici des tems , qui la fui-
virenr.
(j) Dans les mfl*. en capitale des v.
Sc VI®. fiedes , PV s'cccndoit fouvent
vers le bas \ en pointe oblique , lorf-
qu'il étoit aigu j en ligne perpendieU'
laite du cote droit , loiTqu'il éri>it rond.
Dans le dernier cas , alTcr fréqncm-
ment la queue de ccitc lettre s indi-«
noir ou fe rcplioir nn peu en rond par
le bout. Quelquefois meme clic fc ter-
mincit cn (piralc.
II. PARTIE.
S £ CT. II I.
Chat. IV.
(4) De Si^ilîts,
p. iSj.
(é) LeBUnep.iz^-
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II. PARTIE.
S E C T. III.
Ch AP. IV.
(«) A tmattf. »f
iAu mjf. »f Ai
Kjmt'slihraiy.fttf.
f. ym.
lîi NOUVEAU TRAITÉ
eft en droit de porter à peu près le meme jugement des ^ ,
foit à baies inclinées , foit à fpmmets obliques. Les V ,
dont la pointe eft apuyee fur celle d’un ( i ) triangle , déli-
gnent le VI. ou VI I*. liccle. Semblable à (i) l’X , on vit
quelquefois l’V , au vi' , en France & en Efpagne , outrer
( >C ) une figure , dont il avoit déjà eflaye auparavant.
L’'Q compofé d'une courbe Sc d’une droite , ou de deux
courbes , Inclinées vers la gauche , paroit des Je iv'. liccle,
& s’eft perpétué jufqu’à nous , parmi les principales (})
figures de cette lettre.
Vu chargé d’un ou deux accens anonce le xi*. liccle , •
la fin de celui qui le précède , ou le commencement de
celui qui le fuit. Le côté gauche de l’u prend - il la forme
d’une % contournée ? Il peut répondre aux trois derniers
fiècles , qui dévancèrent le renouvellement des lettres : à
plus forte raifon , li d’une vraie S nailToit fon côté gauche.
Au XI i'. fiècle, une autre forte d’^ forma en S le même
jambage . : bientôt cette efpècc d ');J fe fit remarquer , par
la multiplicité de fes a^les ; candu que les 'tb minufcules
il traits rompus fe hérillerent de pointes , fans parler des
angles , dont ils étoient de plus furchargés.
Les « , les /n , les « &c les i , félon Cafley , font (a) fi
refiemblans , dans les mlT. tant (4) anciens que modernes ,
(i) Maiiii 11 pointe du triangle pd-
nitre par fanglc «Uns l’intiricur de l'V :
fi comme un coin , en s'y enfonfant ,
elle en écarte les deux cotés j on n'y
fauroit mécenoitreun caraélè|;e du ix'.
Cède. Des V réfultant de pièces ou de
triangles détachés , conviennent plus
fpéciàlement aux ix. de x*. ficelés.
(t) Il faut faite état , que les I' , dont
nous décriions la figure , ne fout pas
toujours les plus ordinaires i mais les
plus propres à fixer l'age des écritures,
où ils fe rcncontrenr.
())L'V taré ou même aigu, fermé en
delfus par l'eitenfion de les fommeu,
changés depuis en lignes courbes , eft
réfervé au put gothique. L'V fermé
feulement en dcfi'us fe voit néanmoins ,
quoique très-rarement , des les vu i. &
si', fiècles. L'v , dont le haut du côté
gauche fe courbe beancoi^ en dedans ,
dénote le viit. ou la*, fiècle , furtout
dans ta lombardique ; & feulement le*
IX. Sc x'. fi cette courbure eft légère.
% (4) Cafley airibue trop généralement
aux anciens mlT , ce qut n'eft aplica-
bic , qu'à ceux , qui fout poftéiienrs au
XII*. fiècle. Auparavant , jamais I'n ne
fc confondit avec ces trois lettres : fi
ce n'eft peut-erte dans le faxon & le
lombardique. D'aillcuts , quand les fi-
gures de r» Sc de l’o commencèrent à
n'etre plus bien diftinguècs l'une de l'an-
tre t on mit (buvent deux accens fut
la dernière. Ce ne fut qu'après le com-
mencement du XIII*. fiècle, que la
diftinélion de I'm & de 1'» devint en
èfet aflez fréquemment très-dificile. Mai*
alors on pouvoir difccrnec les i destroi*
aaetes pat l'accent , apofé delTus peut
qu'U
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DE DIPLOMATIQUE. 185»
qu'il ne relie nulle autre relTource pour les didinguer,
quand ils concourent enlcmble , que la force du fens.
L'u de la curlive romaine , outre la figure de Vu minuf-
cule ôc des ^ ü ^ , femble fe transformer ( i ) en ^
- Toutes ces formes , dont on
ne marque ici , que les plus caraûérifées , s’étendent juf-.
au’à la fin du vi=. fiècle:& quelques-unes fans doute au-
elà. Les plus finçrulicres de l’écriture (2) mérovingienne,
font 6 nous mènent jufqu’au
ix' , où les U devinrent autli hauts qu’étroits. Dès le vu 1' ,
le faxon fournit d’extraordinaire ces figures ( j ) un peu
rares or . Au XI II', fiècle , la curfive gothique (4)
eft pleme d chargés d’angles ou de pointes , ou bien
à traits brifés. Mais rien ne caraélérife mieux (j) ces bas
tems , que les ^ Qj . Le xiv'. fiècle multiplie les traits
(^) fuperflus. Il a des C\5 M ô
tingue par ceux-ci g,-
l'ordinaire. Enfin la confii(îon des qui-
ire lettres o'dtoic pas confiante. A tout
prendre les eiceptioas fcroicnc pcot-
ctre autant ou plus étendues, que la règle.
(i) Les U CD forme dU minurculc ,
quoique ourerts ; ceux en , en
prefqoe fermés par le haut , en 'V
inclinée , renveriéc , étayée d'une hailc
du côté droit , peuvent fervir à di(lin«
guer la cuifive romaiue des autres écri'
tores.
(1) S'il n'eft queftion, que de diCcer*
ner 1a mérovingienne des fuivames; rien
n'y fera plus propre , que les J 5 »
defeendus fuccemvement des y Ç
(}.) La dernière a des râpons mar-
qués avec te nouveau gothique. En gé-
néral les m Taxons ont plus de roideur
& de pointes , que les autres du meme
feras.' Il fiiur pourtant en convenir , Yn
lombarJique , dès leii. de z i fiècles ell
encore plus anguleux , de plus refTem*
blanc au mèmè gothique. D'ailleurs les
figures de ce goût y loue bien plus fré-
quentes.
f4) La double pointe fur chaque jam^
bage de 1» eoOTienc plut l^ctalement
au XII*. fièdu. Au XIII* , les deux
côtés de r« furent unis par un délié
Tome IL
diagonal : & plus de foo. ans aupara-
vanc on faifoic quelque ufage d'un u
curfif romain , compofé des mêmes
traits , quoique d'un autre goût. Les h
à jambages coupés par des traverTcs in-
termédiaires fcntt^c tout au plus le XI ii*,
fiècle.
( s) Avant le z i * , & meme le z 1 1
fiècle ; fouvenc les deux côtés de TV ,
à fond anguleux ou courbe , s’élèveni
preTque toujours également. Mais alors
le droit commence à devenir plo#
court. Outre la pointe angulaire , com-
mune anx deux côt^s , le giuche , à la
faveur d'un acroilTenicnt nouveau, fait
angle ou fe courbe , foir en dedani
foit en dehors. Du refte les V exemt
de ces angles bifarcs étoienc todjourt
les plus nombreux. Au xrii*. fiècle,'
les angles 8c les pointes fe multiplient r
le jambage gauche fe courbe , ou de
part & d'autre en même icms , ou
taïuôt d'un côté , tantôt de l'autre . ici
CD s'abailTanc au-dclTous de fon nit%au
li pat une queue portée au-delà ■ d*
jambage droit, comme pour lui lctvig
de toit. • >• , U
(<) Ils augmentent alors nncenMmv
bre qu'en étendue i à proportion- da
O O
♦
n. PARTIE.
SecT. III.
Cha?. IV.
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II. PARTIE,
S tCT. 111.
ChaP. IV.
290
NOUVEAU. TRAITÉ
Mais plus conimunémeni: telle figure , qui durant un Cède-
aura eu cours, feconlerve encore pour les liiivans , avec des
variations peu fenliblcs. Les h catoUns s’élèvent fie le rëcré-
ciflent beaucoup. Cela paroit trcs-fenfible , dans l’écriture
alongée , doiu ils luivent exaftejnenr le niveau , tant en
France , qu’en Allemagne jufqu’au xii'. fiede.
Si l’on prétend tirer de ïu d’autres noces { 1 ) caraélériA
tiques ; il ne faut pas les chercher , dans I’k minulcule ni
caré : mais dans l’V terminé. paf Ip.bas ,l‘(^t çit pointe , foie
en queue , ou compofô de deux côtés , droits , ronds , mix-
tes , ou ménae de deux W , diverfement (2) entrelalTés.
progr^ de U ddpntmioQ du gopc. En
Efpagoc i fouveat au lieu du gauche ,
le jambage droit s'^tëirc , s’arondic ou
Ce boule. Lts queues repUdes liir elles-
m(mcs k les diijODâiuns des jamba-
ges , donc on avoir d^a vu quelques
exemples , dès le xtv* , parurent au
xv', d'un plus grand ufage. L'EcolTe
nous met audi Ibus les yeux dcav fem-
Uables à des S..
(i) Quoique I* , en forme d'jf ne
pafTe guère le xii'. (iccicsonen trou-
ve pourtant depuis quelques exemples ,
mais rates. Leur origine fe perd dans
des rems , antérieurs aux plus anciens
morceaux de cutûvc , parvenue jufqu’à
■otts- ^ „
(x) Les doubles W ofreot , ce fcmble,
MO caraâède. capable en diuetfcs ten-
coatres dec fixer afiex bien Page des
dcritnrci , w ils fe préfentent. Au xt',
fi^Je , les. deux ff' fe naverfoicI^.
1^ des auuqs. En Anglcteitc Ictici
côtés gaitchci , toujours égaux , afilés
OU couibés avec quelque forte d'élé-
gance , étoieuc à plein ttaïc s c.uidis
que leurs jambages droits paroiOtiicnr
OU Jéiiés , & demi - tranchés par les
bouc# ,, ou: tcritùtiét par un plein cout-
H > QU prefnuo également élévés.- Au
>;i* , W écoiant cocore
à peu près fur ce ton. Mais les Alîc-
maisspounêrent Icuis jambages gauches
hkn- pin* haut ^ que les dtuics : k.
néanmoins . julque vtrs la iia de ce
fiècle , ils fe répondirent alcemative-
raenc pour la hauteur. ' - ’ ■
Bicmôe les plus étranges variariont
des VV , chez les Eeciroit , femblcreor
enchérir les nnes fur les autres. Egalité,
des branches .. foie totale , fort alter-
nacivc ; inégalité de jambages ; V inf-
ctic l'un dans l'aune , (ans le cxaTerfcri
montans unis par le haut , k décachét-
par le bas , ponant de ae ponant pat
i'extiémité du fécond jambage du pre-
mier V , an-delfi du premier jambage
du feeood t enfin >les deux detaières,
beanches de chacun d« V apliquées (iit
le prcmicT côté du fécond V en ferme
de S.iiVoitt qaelqiMS 'dcbantUlmt de
riocanfiaoce (tes ttaxis eombtnéi de l‘V
double du Ht', (ièclc en EcofTe. Si le
xiit*. ajoura fouveuc à toutes cet 6-
gtKcs quelques boucles au lia« des deux-
premiers jambages ; il ne- poufià paa,
beaucoup ptUs loin les vaxiadons. .
Au xiv^ , l'AlIcniagDe voulut bien
preoice tour à tour (bus là proceélion
l' inégalée des dcu;< ptcmicts jamb^es
de r\V ,.lçut disjpnâion par le bat , U.
fuprciiion du côté droit du premicc :
& de plus Ht brocbcc fur le tout une Z,
ubiiqucmcnc contournée. Des coorbucea
gtatiuées le long de la première bran-
che du fécond V , réfulta dès-lors 1' ^
à uois dos. de è- Ces cootpUcatkias de
tratts angmcacccenc encore au. (iàcix
(uivant..' , . M 1
.1 -
I
«
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I
DE DIPLOMATIQUE/ i^r
XXI. Le Ç grec fèmble presque cgafemcnt fe ( i ) retrcxi-
ver , dans le famée Sc fe tfade oes Samaritains & des EtruC- P aRTifî
<jues. On n’a guère plus de peine à découvrir k confor- CHitp. iv.‘
mité des hÇ (i) grecs avec le fade fyriaqiie èc le ^ara- origine & ufa^c
be , en fupofânt le fécond couche , comme il l’efl éfeélive- rx latin : x
ment.
L’A!” mnique a plufieurs figmes aflTez aprochantes de ce- rens ficclcs.
lui des Grecs. Au contraire nul raport de reilVmWance en-
tre le dernier &c YX des Latins : mais auflt nulle difétence ,
du côté de la forme , entre l'AT de ceux-ci & le kki ( X .1 de
ceux-là. Quelque tems avant l’invention ou fétaWiflemenc
çinéral du E ; les Grecs ufoient (a) tantôt de K2 , & tan- {»)Vejn.n$ire i\
tôt de X2. Les (x) Latins en recevant d’eux leur alphabet,
fe fixèrent (4) au XS. ^
Depuis Augufte , l’AT feul prit le defiiis lut l’autre or-
thographe , fans la faire celTer enricremeirç. Les anciens
grammairiens s’opolèrent à fon abolition totale , par des
raifons propres à leur i art , mab fort indépentfentes de l’o-
rïgine des chofes. Ils vouloient , qu’on retînt (k) l’J apres cmué^h n
[•». iiffm. 4. nt.
(1) Voilà pcutdtre l'eirvcmtre la plus
faTorable , pour comcihci le nouveau
tylàcme de M. Goii fur l’X dciulque
avec celui , <]uc nous avons embra/fd ,
dws notre (c) premier tome. Le cliaa-
gemenc reciproejoe de r , foie en k ,
foie en c , n'dtoic pas rare chez tes an-
ciens. ■ 1 ,
(1) Le peu d'uTage , qu'on fie d'abonl
chez les Grecs du fmnut & du tfade ou
de ïépisimen fmfi , les pottèrenc dans la
fuue à rdunir ious le nouveau S cer-
taines figures de ces deua dldmens , qu'ils
confou^ient d ailleurs , lâns doute à
raitbn de quelques analogie.
( )J Ce qu'on a dit du changement ré-
ciproque des lettres K , C , T , chez les
anciens Latins , poutoit fuggdrer une
aune ouverture , pour expliquer , d'où
vient que leur X & celui des Grecs Ibnt
fi difdtens. Le T des Etrufques relTem-
bloit fouvent à notre X. Ce dernier pou-
voir dtre rendu par KS , CS k TS. En
empruntant le T des Etrufqnet , t>u lui
donnant la forme d'une croix , qni fut
une ùe Tes figures , latines , gteques te
phéniciennes i on devoit repréfenter l'X 7°f ■ 7°<.
par t S ou XS. Comme dans la fuite fV *x-
le premier de ces caraeicreT a'eut point
d'autre ufàge dans falpbabct ; il parut'
fùpeifiu d'ajouter te Cccond. Mais cette
nouvelle pratique ne s'établit qu'à la
longue. Les vclàiges de l'autre fubfif-
tenc , dans une infinité de monomens.
A peine peut-on même dire , qu'elle
foit aujuutdui toulement abolie.
(4) 'Tel eft le XS , qu’on voir dana
les tables de Gubio Sc dans quantité
d'anciens monnmens. Tel il fe confer-
voic encore fous Augude , Sc même Ibng-
tems depuis. L'X paroilTunt déjà feul
fur la colone t>uilllcnne ; le Car-
dinal (J) Noris en conclut , que le XS (d) Ceenttaph. Pé-
euc cours chez les Latins , principale- /an.iM.
ment entre le confiilat d« Duillins Sc
celui de Cicéion. Il en faloit unique-
ment conclure *, oue l'ufage de l'X feul
avoir au plus laro commencé do tcms •
du premier Confiil. Mais le (avant Car-
dinal h'avoit pas remonté à la fource de
l'X , chez les Latins.
O O îj
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Se CT. III.
CilAP. IV.
NOUVEAU TRAITÉ
(i; ex , dans les verbes commençant par une S. D’autre»
PARTIE, néanmoins permettoient à cet égard de prendre tel parti,
qu’on jugeroit fz) à propos.
Nous ne conoilTons point d autre note initiale de Ty-
ron , pour rendre l’X , que celle-ci Toujours à peu près
droite Se prefque toujours oblique, mais plus ou moins pointuei
quand elle eft finale , on Ud voit communément prendre
cette figure/- traverfer un jambage de la lettre , avec la-
quelle die s’unit. Quand au contraire elle eft initiale ; c’eft
^ez conftamment une des plus notables lettres de fa fuite,
qui la coupe. Ainfi la figure d’X lui eft affez régulièrement
coi^e^^ans inferiptions métalliques &c lapidaires , daris
les mlT.’sc les diplômes , ne fignifie pas toujours es , maiS;
quelquefois JtA :parcequ’alors ce caraûère èft cenfé grec. Per-
fone n’ignore ,que jrw eft l’ancienne abréviation de Chris-
On dit de même (}) Xpiani , Xpiana Relicio
TUS. **»»*^'' \/s A . '
Xpiawitas vestra. Tous ces mots , comme on voit ,lont
abrégés. Mais on lit. aufli Xrifria fans abréviation , daiA
le ml. 1777- de la bibliothèque du roi. La partie où il fe
trouve eft prefque du tems de Charlemagne.
Si le premier ficelé avoir des X élégans & réguliers ,
earnis de (4) fommets & de bafes , avec un coté tres-plein
le l’autre encore plus délié ^ ü en avoit aufli beaucoup de
(i) Ctoircit-OD , citt'on eut pu pronon
ect cette fyllabe par yux i Cependant
iononciation vicient , U nd^moinr ,
feloD lui . fort commune en France.
(i) On ufa de cette pcrmillion avec
n)Grmrr. thtf- fi pen de retenue ; que dans une meme
a. <07. (6) infeription on ne ht pas de dincultc
, d-ierite , txuftrxt ■■ txft^e-
rtr , extaxitxr : exflruih , txiruii. Le
■"'Viicile de Florence & bien d’autres an-
ciens monnmens 8t mff. varient audî
fut ratticle. 11 eft peu de pièces an-
tiques , qui ne fc fentent de ces vatu-
• lions , fut lefquelles nos modernes eux .
mfmes ne paroifl-ent pas encore s être
fiids fans retour.
(i) ChrijlUni , ChriJIiM» ,
Chrijlixaitat vejlrx. Ceft ainfi que les
papes parloient Ibuvcnt à nos rois de
la premiète race , dans les lettres, qu’ils
leur adrciToient. Seroit-ce là le germe du
titre de Roi tics-Chretien }
(4) Alors quelques-uns des bouts de
rx étoient ils dccoids de cesomemens r
les antres s'en ttouvoient dépourvff Une
ou deux de fes cxttdmii(fs dtoicBt clltfs
tdvêtucs de demi bafes , ou de demi-
fommeis > ces traits les cotipoient plu-
tôt obliquement , qu’horizontalement.
Des X moins rufliqucs , fins être plus
Wgülicrs , avoient-irs leurs jamba.gcs in-
ferieurs plus petits , que les fupeneurs !
il s’en rencontroit aurti quelquefois ,
dont on des côtds droit plus court ,
que les trois autres. Ces qualitds s’dteo-
dirent aux ficelés fuivans.
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DE DIPLOMATIQUE. 193
ruftiques , à côtés également pleins , fans bafes ni fommets.
Les ^ , coupés par le milieu , quoique un peu rares ,
fentent alTez la bonne antiquïré , quand d’ailleurs ils n’ont
rien de gothique. Les X trop hauts , relativement à leur
largeur , ne commencent guère , avant le i v'. liccle ,
tout s’ils font bien pâtés. Quoiqu’on vit dès-lors , & mciw
long-tems auparavant, des , dont un jambage étoit droit ,
tandis que l’autie étoit fait en , pofée à contre-fens ; on
en formoit aulTi à deux jambages courbés , en .9 à fens
contraires ou fe coupant par le milieu. Ces figures de-
vinrent plus fréquentes , depuis la fin de l’empire ro-
main. Souvent la courbure étoit unique , ou fi elle étoit
double , elle n’afeûoit pas la meme traverfe. Au vi'. fic-
elé , & meme depuis, 1’ % étoit encore afiez fréquemment
terminé par des bafes &c^ des fommets obliques. Les + en
croix ne tardèrent pas à reléver les légendes des médailles.
Bientôt les irrégularités vinrent fondre en grand nombre
fur cette lettre. Nous n’en conoilTons point de plus bi-
fiires , que celles qu’elle éprouva fur les monoies en gé-
néral , &c fur quelques inferiptions efpagnoles du x'. fiècle.
Les des xi. &: xii* , & meme des fuivans , fe re-
conoifient , tantôt par les bouts , qui femblcnt tendre à la
réunion en s’arondiuant ; tantôt cet arondiffement ne cour-
be en fens contraire , qu’une des traverlès , l’autre demeu-
rant droite : tantôt les deux principales parties de l’X
n’ont la figure que de deux c adolTés : tantôt une cou-
chée en guife de fommet unit lèulement les deux bouts
fiipérieurs : tantôt les extrémités fupérieures & inférieures
font réunies par deux parallèles , tenant lieu de fommets
& de bafes : tantôt un o contourné fe trouvant adofifé con-
tre une efpèce de k ; une bare les traverlè horizontale-
ment tous les deux. Voila un petit échantillon de ce qui
concerne les X des marbres des bronzes : nous ferons
encore plus courts fur ceux des (i) mfT. &c des diplômes.
(i) I.'X de» mC des v. & vi'. Cèdes
fc diftingue rooTCDC par une feule bafe
du edtè gauehe fie une tèie en bec du
t6té droit , au Ken de foniinct. Cette
idie eft abaiCèe ou tclèvèe en pointe.
Avoir la traverfe montant de gauche i
droite , divifée en deux pièces , dèia-
cbccs de l'autre traverfe , on la tou-
cbant en deux endroits , cjui ne fc ré-
pondent pas i ce font deux caradéses.
H. PARTIE,
Sec T. ni.
CHJlf. IV.
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194 NOUVEAU TRAITÉ
Voici les figures les plus extraordinaires des x de l’an-
II. PARTiç. cienne (i) curfive romaine ^ Si ^ . Les autres ret
Ch AP. Vv. lèmblcnc davantage aux ordinaires , en leur fupofant des
queues alongées , fiirtout (i) vers la main gauche. Tels à peu
■ès font les x mérovingiens. On Içs reconoit de plus à un
nmx air de tenailles. Ils ont aulfi quelques flores aflez
‘ femblâbles à la lêconde romaine. Du refte , juiqu’au *go*
, chique , les x s’écartent peu de la forme ordinaire. Vers
les fiècles (3) carlovinriens , ib s’élèvent en fo reflêrrant.
Les figures les pins r^arquables des x du bas gothique ,
font celles , qui tiennent le plus la forme de ly ôc de
Vr. Les autres fi; raportenc aux figures précédentes , ôc fo
font fouvent d'unfeul (4) trait notamment depuis lexi n'.
• fiècle.
ordiaaitemeat propres à ces œcoies lï£-
des. Si le lecond s'dtend cjnelcpiefbis aox
fiûvans > c'efli ascc dee variatioDS coo-
üddrables . de dont le gaftt o'eft pûnt
dq^ivoque. Uo X en Ibrme de tcnajlles
anoi^e- la zt^. (Sèclc : dem C adodds .
coupds par imo ^ra doanent ita X du.
XII. iiti. on zia‘ : un /t'eph bdbeen
pour nn X caraâdrifb le ziii.ouxiv.
I;cs K ninuCcules d'un lèul irati , fl Icuc
tête pieod un faux air dji , apariienoant
au XIV. an plutôt. Pterque totalemeni
CD ferme dV , ils fe raportcranc au xv.
OK bien au (uivani.
(i) Comme le jambage de l'X deC.
Cendant, de gauche à droite droit ordi-
■aiteeMot bwD plus court que l'autre i
onaod eo lui donna la forme d'un U ;
U parue rodtamorpbord eo ÿ* ■ Tels 00
«oonoit des k dans les plus anciennes
mute t romaines j tels dons celles tfl-
talie du yiii°. ficelé ; tels dans celles
d.'£fpagne du x'.
(a) Ceft on caraâère , fioon gdnô-
ral , duk inoins. otdioain à toucea les
dctitorcs curfves. Avant le xi 1 1,'. fii-
cle , cette queue ponde vers la gauche
ne revenoit prefqoe jamais toutafait du
oôid droit. Mais , fl elle s'inclinoit en
ce ftns } elle Ct icrminoir tdgulière-
ment vers la gauche , Sc le plus Ibuvcnt
par une contM Irifîfc. Au x i . & mdme
dès le X* . nousdècouvrons pouretne en
Italie des U totalement courbés en
dedans ; au lieu de l'étre en dehors ,
félon l'nlâge le phs commun. Au ix*.
en* Anglcceire » les jambages infdtiïua '
fe toociièteoc tous les deux vêts la droite.
Cette mode ne carda guère à s'étendre
dq plus en plus. Au x-i 1 1 . elle devine,
pmil ainfl aire , uhivctfclle. L'X dimi-
nua fa tète, au xi.ii'. fes deux bran-
ches fujudricures fe' Ibrmèrenc ; mais (ans
fe coniondte avec le jambage droit in-
fdtitut, qui coociouoir de patoitte après.
1a jonélion.
(;) Quoicrac la boucle foivie d'nou
% coniDnmee , fnipendue tu jambage
infiétieut du CQtd gauche , n'ait jamais,
dtd d'un grand u(âgc v elle déflgne fu-
fl(âniment partout , où elle fe trouve ,
la fin du ta', flètle» ou le commence-
ment du x'.
(4) Cci u(âge droit bien acrdditd , du-
rant les XV. & XV.I*. fiècles. L‘*C g<e*
ihiquo , commencé de ^tuche à droite
& cootinud d'un feut traie , par uo ocud ,
fermé de droite à gauche , Ct teimi-
iMtic vers la droite en eontbe: (âqueuc'
palToit meme quelquefois put demis fa,
tète. On avoir déjà va des ^ romailis
d'un féal trait : mais partant de la droite,
ils finilToienc h gaoche : ou bien ils fait
foient root le contraire. On en avait'
vu de mérovingiens , tels que ces ^ qf
.9! *7> : mais du moins les plus voi-
(ins de la forme gothique nlavoieot pas
coutume de recooibct le bouc de leur
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DE DIPLOMATIQUE,
XXII. L’Y n’étant qu’une répétition , qu’utie nouvelle
apücation de l’V ; fa conformité av^ les lettres parallèles i*ARTife.
des autres peuples dépend de fa ren'emblance avec leur V. ch'Î.
L’auteur de ^alphabet tyronitn s’excufe aulfi fcrieufement Pourquoi les no-
auprcs’de fes Icfteurs , <ïe ne pas leur préfenter (i) de ttsdeTyronman-
note , pour déligner l’Y grec ; que fi l’impoflibilité d’en
trouver n’étoit pas (i) certaine. ^ Kc&du^btde'i:
Edouard Bernard nous donne des Y , qu'il prétend être fus : juger par u
de 714. ans avant J. C. Dom Mabillon acompagne fon
modèle de la loi romaine d un alphabet , ou 1 Y paraît lion de ce point ,
furies rangs , furmonté‘(3) d’un point. C’eft remonter bien >'»o''quitd des
haut. En général , fuivant (a) notre auteur , fi l’ Y porte fré- monumcM. ***' '*
quemment un point au milieu de lès cornes , même (m) Dtrtdiptm-
quelquefois fur chacune ; il n’eft pas rare de l’cn voirto^ ^ ji. jj.
talement privé.
Des Y chargés de deux points n’ont rien de furprenant ;
lorfqu’ils commencent un mot en ancienne écriture onciale
grèque : mais dans la latine , dont il ed ici queftion ; c’ell
un phénomène y qui parait à peine une fois y durant une
longue fuite de fiècles , à remonter depuis le x' , jufqu’auK
Ipms les plus reculés , pour ne point parler des plus récens.
Des milliers d’inferiptions métalliques &c lapidaires , une
•ueac Tcn la dioirr. Oo <n avoit vu
de catlosingicos : mais plus reiremblaos
à l’N qu'à IV. On en avoit vu tTelpa-
«piols , au 1 1 s*, (ièclc ('OC )t favo
«oioic pa conibodre avec i'it On en
avoit aulC vu quelques-uns des le x'.
Hécle (tV)> plus aprockans de notre go-
thique moderne : mois la diAance dtoit
«acore cooidérabk.
(■) S'il avoit confnied l'anonyme de
Vulcanius , il aurait troitvd: trois figurm
(•) de cette note. I^ms qu'aucott-il ga-
fPt à être induit en erreur l Ne va-
loit-il pat mieux , quand m£me il auroic
connu des notes de Tyton commcnpsnt
par J'Y , n’en point donner du tooc ,
^ue d'en donner de fanirct 1
(t) Il l'agit de notes on de lettres
initiales des mots en notes : Or Ions ce
nport , la daftioation de lY ne A- elle
pas uniquement bornée à commencer les
mais grecs latinilils i Faimi ces mon ,
(n cA il un (col i dont rerprit rade ne
Ce transforme pas en h , toujours pla-
cée devant 1^ ) Il n'cA donc pas pof-
(ible de rcncoocrcr un mer latin com-
mentant par tY grec. Point de note
lyronienne par conféquene , pour l'ca-
primer.
( ) ) S'il ne s'eA point ici glilTé
de foute I nom aurons , non reniement
des T antérieurs , de plut d'an (iècle ,à
la naiflànce du Sauveur ; mais l'oA^e
du point delTos ne fera pas moins as- )i) De littr.
cien. Il nous rcAo pourtant Tut cela Unf. Gcth. tdùtre
quelque rcrnpule. Suporea-en l'ufoge in- VutctHü Bruiixp.
tibduit depuis (î loiÿ-tcros , chez les p. li.
Romains s fera-c-il pomblc , que Tor un
nombre pteCque infini d'inreriptions en
rien découvre aucun exemple > Les plus
suciens, que nont ayons déterrés • font
du V. & VI liécles : encore ne Te mon-
trent ils , que dans les aiiT. (c les di-
plomes..
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-X , ÎÏT V-.-
O
II. PARTIE.
E C T. III.
H À ?. IV.
19.S NOUVEAU TRAITÉ
foule de mlT. & de diplômes latins n'en renferment pas
un feul. Nous ne voyons , qu’nne bulle de Benoit III. de
l’an 8 y J , où les deux points paroilTent une ( i ) fois fur un
un , femblable U ) à notre ü.
Les Y de la plus haute antiquité font fouvent fembla-
bles aux nôtres. On en voyoit aufli dès-lors à branches in-
égales. D’autres étoient également courbés, tantôt (T) en
dehors , tantôt (Y ) dedans , tantôt du même côté. 11 ari-
voit même quelquefois à l’une d’être droite , tandis que
l’autre étoit courbe.
Parmi celles de ces lettres , qui font entièrement droites ,
un trait tombe obliquement p) fur une peroendiculaire ,
dont l’extrémité fupérieure lui tient lieu de fécondé bran-
che : ou bien deux obliques partant de deux côtés opo-
fés , vont fe réunir fur leur tronc (Y). Souvent (t.) une li-
gne tranfverfâle fait, angle avec une autre , qui ( \ y )
l’eft auffi , & qui lui fert de hafte.
Les Y des mff , en lettres capitales du premier âge , ont
ordinairement la hafte fort mince , fort haute , pofée fur
une bafe , & toujours les deux branches courbes , ou du
moins l’une d’entr’elles. Dans les mfT. à lettres onciales du
même tems , les Y n’ont pas conftamment des haftes per-
pendiculaires. Celles-ci fouvent , au lieu d’être .apuyées. fur
des bafes fe terminent en pointes. Il eft encore effentiél à
ces anciens Y de n’etre point furmontésfy) de points,
ou de l’être rarement , à l’exception de ceux d’un très-petit
nombre de mfT. du vu', fiècle. Au relie une ou deux de
leurs branches font fréquemment coupées par des fommets.
(t) Le Grec ; <]ui ligna de U Ibne ,
Tuivic aparaiDDient plutôt l'uTage de fa
natiou , que celui des Latins. On ne
croit pas deroit obferver , que le gra-
veur du diAionairc (fabrdviations de
Walcher met deux points fur les y , ex-
plicatif des anciens raradldres. C'cll
fans don» une pratique locale ou natio-
nale , qui doit dire reléguée arec les
plus modernes.
(s) Quelquefois la queue , confer-
rant la mime polition , fe courbe tant
foit peu } quelquefois une bâte coupc
la kalie , au deifous de l'angle. Etre k
n'dere pas tranché par des bafes te des
fommets ; c'efl encore on caraâére des
plus anciens Y , quoique d'ailleurs par.
faicement régulié^ du côté de la for-
me. Vers le ix'. fiècle , IcsY fe chan-
gèrent fréquemment en des figures alTex
extraordinaires , principalement fur les
monoies.
( ) ) Les mlT . dans lefquels les Y ne
font jamais , ou ptefque jamais ponâoés,
portent la marque de l'antiquité la plut
teeulée , du r', fiècle an moins. Une
courbe tournée vers la gauche , & pro-
longée jufqu'an bas , a laquelle une
Dès
DE DIPLOMATIQUE.' 197
Dès le vu*, nècle , l’y minufcule pouroic Te confondre
avec \'r U (i) \'f , U quelquefois même avec 1’/, fi le point
dcflus ne lui fervoit de caraÛèrc diûinaif. Depuis le ix®.
\y devint fouvent fort bifare : mais il ne commença qu’au
XIII®. à fe fermer régulièrement par le haut.
Dans ia (i) curfive romaine , l’y ne s’écartant de fa fi-
gure ordinaire , que pour fe raprocher de celle de l’V ; il
etoit indifpenlâble , & l’on ne manque pas en éfet de le
charger du point.
Au moyen âge , & meme avant le gothique > la queue
de ly commençant à fe courber vers la droite , après s’erre
inclmée vers la gauche , remontoit un peu vers le bout.
Cette forte dy ^ec fut fort à la mode , durant le règne
du gothique. Communément alors ly fot fermé par le
liaut. On alla même , jufqu’à déucher de la hafte la tra-
verfe , qui dévoie tomber defius. Ainfi les X. , êc
fuRout le premier , figurèrent parmi les y de la curfive
moderne ou gothique. Us devinrent prefque ordinaires en
Efpagne au xiv®. fiècle. On en vit même , dont la queue
s’élévoit au-defius de la tête.
autre ligue plus rouveot eourbe que
droite , vient rejoindre, ven le tiers dans
fa partie fup^tienre , toujours ou ptef-
que toujours avec exctulion du point ,
défigne te vi*. lîdcle. Les points de-
viennent un peu plus fréquent au v 1 1
Alors l'Y commence tout de bon à fe
confondre avec l'V r tant le premier a
Ù queue ratourcie 1 Quand il la lon-
gue , on ell moins atentif à le diflin-
Mr on point. Un nombre prefque
’ ponâoés le non pooâucs anon -
ce le VIII*, lîècle. Les points dclfus fe
nnltiplioient , à mefure que |a iclTem-
blance de l’T le de l'V augmenioit. Au
eontrairc à proportion qu'elle diminuoit .
durant le ix* , les points devenoicnc
plus nombreux. On les mettoit plutôt
par coaiome , que par nécellîté. La
même pratique fe lôutint , aux liccics
liiivani I le point fur l'Y aloit toujours
croilTaot en laveur , loin de rien perdre
de fet anejeones aquilitions Mais au
XI II*, lïicle , le même plus tard an-
tore 1 on ne lailToit pn de voit des Y ,
Tome II.
dépourvus de cette marque.
( I ) Pour 1’/ furtottt , les exemples en
font fréquent dans les cuilivcs , ro-
maines , lombardiques , viligotbiques ,
mérovingiennes: poutfr, daas les écti-
lures faxones du ix*. liccle je alle-
mandes du XI*.
(i) La mérovingienne emprunte vo-
lontiers pour fon ^ la forme de Vf , le
plus fouvent encore celle de Vr ou de
Vf. Elle lait anlTi grand ufage du point
dclfus J furtout lorfque la confufîon de
lettres ell à craindre.
La faione donne beaucoup moins dans
le lingulicr. Elle n'a prefque jamais be-
foin de dilUnguer Ibn y des autres let-
tres. Aulfi n'cft-il aucune écriture , qui
néglige davanrage de le marquer d'un
point. Il peut meme s'en pafler , lorl^
qu'il afeâe un faux air i'f. Les y là-
lons le plus fouvent ont leurs branches
obliques ou combes / & renvcrlées en
dehors. ' ’
Les peints ne font pas rares fur les
y lombardiques. Des le viii*. fiècle ,
P P
II. PARTIE.
S IC T. III.
CHar. IV.
U. PARTIE.
S t C T. III.
Cm Aï. IV.
Rapotn dn Z des
anciens peuples :
Z lytonien : idée
des Z des difdtecs
iidcles.
(s J Vtjtx. ht
flMnches jtlphmihi-
fuu dtnttrtl. /*-
mt.
NOUVEAU TRAITÉ-
XXllI. L’analogie entre , FS & le Z foit grec , Ibit la-
tin , rend la relTemblance de ces deux lettres chez les plus
anciens Grecs moins ëionante. Mais indépendamment de
leurs raports , le Z grec & latin , plus encore le curfîf ,
que le capital , eft très^econoilTable dans le famaritain , &
même dans l’hébreu , le fyria^e , l’arabe (a) &c le tunique.
Le 2 des noces de tyron ( i ) le réduit à cette feule fi-
gure ^[} . Quoiqu’on général le Z dos premiers ficelés de
notre ère foit fort régulier ; fes lignes parallèles ne fonr
pas toujours d’égale longueur. L’inferieure eft fiijette a s’é-
tendre davantage. Plus d’une fois toutes les deux , d’horizon-
tales , deviennent obliques! ^ >; la ligne de réunion des deux
portions du (a) i pafte au-defTus de fa parallèle fupérieure.
On vk le ^contourné , dès les iv. & v'. fiodes. Sans
changer fa fituation naturelle , quelquefois une barc le cou-
pa par le milieu. Tous les fiècles en fourniront des exem-
ples , & les derniers beaucoup plus que lés premiers. Etre
tranché pair des fommets , bien diftingués du corps dir X ;
c’eft ordinairement le figne (j) de la plus grande antiqnké.
Les crois lignes , dont le Z eft compofé , font - elles <fun
plein uniforme , & tranchées en talus ; la lettre , qui en
CCS/ fooc quelquefois fermes , nuis P
<}aas un goût bien dilerent du gochi- ■'
ue moderoe. Les points fut l’Y ont I'
urd au - delà ^ renouveUement des
belles lettres. Une plus «aâe difeadion
fut les / pondluds cil tdfctvdc pour le
ehapicre , où fou traitera des points.
On Ce conteoterar d'ajouter ici . qu'au
commcaccmcnt du zvii'. lidcle , on
voyoic des dcrieaiiis mocae fur 1/ , mot
franjois , un accent gave. On trouve
aullî quelque / fimsootds dùn accent
aigu, danr k* diplômes d’Alibnfe IX.
(i) Quel^Klois néanmoins fa halle
de pespeadiculaice devient incKnde. Ici
fy spushurc fupérieure pacoic plus ou-
sicac : là clic cil chargée d'un fommet.
Ici Cl haAc en pointe donne uilTancc
à. la courbure inféiieu/c ; là celle ci cA
plut petite que la fupéiieucc. Souvent
des conjonébons de lettres ne laUfeni
fiiblillcr , que ceoc unique enurbure :
uadis qw lés ooics- Cob&luuu lui tien-
nent lieu de l'inférieure , te même de
la balle. Voila fana dsure bien dn m-
tiaiioBS , wum propres à diférenner les
mots , mais non pas à conAiniet mol-
tiplkité de caraûètes.
(s) Sahauteur rclTcrrée emre I» deux
lignes coccdMndaniea , aoxqucllcs elle
fcct de ttaorvetfalc ..femble eccalcc , te
n'a nulle pcoportioa aaee Ima étcndnr.
De plus ces dctix- pamiicla fe coiebenc
très ' fréqunimenc , l'uu en delTus te
l'anue en ded'oua , ptefque à la nunière
du Z tyteuKik
( )} C'en oft un atnse d'avair Ia tra>
vetfe déliée te les deux pacslldct pla-
nes , ou ceils-là pleine . te canine à
doubles traits, tl ccUes-ci déliéss ; pour-
vu tontcfiiis qaa la ttaveiiê ne foie pas
plus laague que les paiallèlcs. Non que
cette tsaverfi: dépatâe on Z do vt*.
Cède I Biais qoclqir’iiadms*. pour ma
aulli , l'en aoemndee.
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DE DIPLOMATIQUE. 199
réfulce , peut aiféjnenrfc raponcr au vu. ou vrii*. fic-
elé. L'extrémité de la ligne fupéricure du % le montre-
t-elle coupée , comme par une virgule , &: l’infërleurc eft-
elle terminée de même ; ou bien fa craverfe paroir-€Ue
plus longue , que fes parallèles , d’ailleurs légèrement tran-
chées ? Cette figure poura convenir au v'. ficelé. Que fes
deux parallèles fuient droites ou métamorphofees en c\)
Co , dont la fupérieure foit notablement portée vers la
droite ; ou que cliacune Ibit fimplemeiit courbée en c
renverfé haut &c bas : fi la ligne inférieure cft égale ou
prefque égale à la fupérieure , ou même plus longue ;
ce fera un caraâcre d'antiquité , aplicable au vi‘. fiè-
cle. Que la ligne inférieure fe trouve fouvent plus petite ,
que celle d’enhaut ; le % apartiendra tout au plus au vi 1 1*.
La ligne inférieure courbée en defius , au lieu de l’être en
delTous ; Ion meme que la fupérieure n’eft point en CO ,
ne caraâérifera pas moins bien les viii. Sc ix^. ficelés ,
que la parallèle inférieure arondie , relTerrée & defcendanc
vers le bas en forme de queue. Si pendant le cours de ce
dernier fiècle , le Z commence à prendre diverfes figures
monftrueufes ; dès le précédent le laxon n’en avoir pas reçu
de moins bifares. Une des principales aproche fortdel’y'.
Dans les diplômes du commencement du meme fiècle , on
remarie des Z en forme ( i ) de T fort hauts , fouvent can-
tonés de deux points vers le milieu de leur hafie. Long.-
tems auparavant on en avoit vu d’une taille ordinaire Oc
fans points. Le Z ne carda pas à fe traveftir d’une manière
alTez plaifante , en (2.) réunifiant la figure du ç & de l’è ,
qu’il conferva long-tems en Allemagne. Seulement vers te
XI i'. fiècle , il enangea leçeni ou en ÿ. On alongéa
beaucoup depuis la queue du 3 , plus en Efpgnc , qae
( i) Ce qai cara£lérife principaleraent
CCS Z , auK IX. & X*. (feclcsî c’eft la
traverfe rendue perpeodicniaire ou pref-
que pcrpendictilaire. Cependant la tete
ne domine pas toujours egalement des
deux cot^s. Souvent elle ne s'avance ,
que vers U gauche.
(1) On reinarqae ta Italie , dès le
1*. ficelé cetre figure » dont malgré fa
double queue , les raports avec la
prècédenre ne Cota pas dificilesà faifir.
Supofex nos^ cuififs majurculcs » armes
d'une poinrc « tournée vers la droite j
rancicnne & la nouvelle queue du ^
ne fauroicntètre mécooues» Ccllc-ci n’cH
vilïbicmcac » que la prolongation de la
traverfe , S: celle là que la queue pri>
mtiive. Venant à s'abailTer , au zu*.
fiècle ; il n'en fatut pas davantage , poux
fiurc paroitre le x. travefti en A.
Ppij
It. PARTIE,
tcct. III.
CuA». IV.
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II. PARTIE
Sïci. III.
, CMil». IV.
(<•) I<x. Triuit.
SW./. <1.
Conckilîoa ; on
peut ÿraccde l'age
des mlT & des
plomes, par la for-
me des lettres ,
<]ui s'p trouvent
employdcs Sc par
les autres caraâd-
les , dont ils font
idvdius : précau-
tions, dont on doit
fc fervir , pour ne
pas faire un ufage
téméraire de la fi-
gure des lettres.
(i) Di vetn. Ha-
rn. ml, etmipt.
t»rt* t. cMf. t.
p. 4J I. &fiq-
300 NOUVEAU TRAITÉ
par-tout ailleurs. Au xi 1 1*. le milieu de la hafte du jÉ fut
coupé plus fréquemment , t^u’il ne l’avoit été julqu’alors.
Infenliblemcnt cette tare lui donna la lôrme d’un grand
^ , foit qu’on l’envifageât à contre-fens ou dans fa pofi-
tiun naturelle. Ces Z majufcules étoient fort à la mode au
xiv'. ficcle , &c meme dès le xiii*. Aux xv. &c xvi. Hs
fe chargèrent d’angles & de pointes propres à la gothique
moderne. On pouroit mettre au nombre des Z à pointes,
les (a) deux qu’Eckhard , dans fon Pa3 de la Loi Salique^
a Eût figurer d’après le Pfeautier de Notker de la biblio-
thèque impériale. De ces V iC' , il conclut , que dans
quelques mlT. anciens il étoit aifé de prendre l’r pour le ^ :
ce qui aura ocafioné bien des mépriies. Les z ^ minufcules
ou curfifs , après avoir courbé leur queue , en defeendant
vers la gauche , l’arondiffoient d’une autre ( i ) façon , en la
rélévant vers la droite. Ils font communs aux xiv. & xv'.
fiècles. Les memes :[ dans la fuite , au lieu de replier leur
queue en aricre , en formoient une boucle pardevant. Leur
bouc prolongé s’élévoit (1) de biais , après avoir traverfé le
côté droit de la même portion circulaiie de cette dernière
lettre de l’alphabet.
XXIV. On eft maintenant en état de voir , combien
chac^ue lettre nous fournit de relTources , pour découvrir
l’anuquité des monumens delUtués de toute noce hifto-
rique ou chronologique. Sur l’infpeéVioxi des caraflères d’un
ml, on ne fauroic , fi Ton écqute (b) le P. Germon , porter
qu’un jugement incertain touchant fon âge & fon autenti-
cité. A Ion avis , c’eft un moyen équivoque , à l’aide du-
aifel en vain le flaceroit-on de pouvoir déterminer le cems
e la tranfcription de ce mf. Ne nous lailTons pas entraîner
aux (3) mouvemens d’indignation , auxquels le lavam abbé
(i) Ces queues , ^ui dés le ïl'. ficcle,
avoient commencé a fe recoutbet vers
U droite en forme d’ % ,salongcreni prin-
cipalement , depuis le XI I. julqtt'au X i
(t> On failôit quelquefois monter
cette queue purquli la tête du ÿ , quelle
ttaverfoit. Au xvi'. (icele l'Efpagne en
fournit des exemples , plus qu'aucun au-
ue fais. Les x. tratuforiDés eu } y
avoient pont lors la plus grande vogue..
Introduis au xi. St fort acrédités au
xtii'. ils éléverent d’abord leur tête ,
dans la fuite tantôt ih recoquillètent leur
queue en devant ; tantôt ils la rabatitene
otbicnlaitemenc en derrière : Sc toute-
fois l'ufage des x. , exaélement lèmb!*-
bles «U ; , ne fut pas aboli.
(3) Cardons- BOUS donc de nous écriei
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DE DIPLOMATIQUE. jot
de God^f-ic s’abandone conjre un fyftcme , que de gran<^
intérêts ont pu faire éclore , mais dont on ne prétendoic
point fans doute partager les avantages avec les incrédules ,
qui feuls en recueillent aujourdui prefque tous les fruits ,
pour leur propre malheur.
Mais après avoir reconnu , comme lui , qu’on n’entend
fixer au jufte ni le jour , ni l’année , où l’on aura copié
tel &c rel mf : pourquoi , dirons-nous , n’en pouroit-on pas
allîgner le tems , & par conféquent en établir l’autenticité ,
qu’on dche ici d’opofer adroitement à l’impofture ? Comme
fl tout ce qui n’eft pas autentique étoit néceflairement
l’ouvrage de la fraude l Mais les figures des lettres , leurs
infléxions , leurs ligatures , & autres notes paraélériftiques ,
ne varient-elles pas d’age en âge ? S’il étoit autrefois permis
de révoquer ce fait en doute ; il doit déformais , ce femble ,
être tenu pour démontré. On peut donc avec le l'ecours de
ces indices apliquer à chaque ficelé les caraderes , qui lui
convieiuient. On peut donc juger par la forme des lettres ,
de l’antiquité d’un monument , d’un mf , d’un diplôme;
Chaque élément de notre alphabet raifoné nous en ofre les
moyens. Leur nombre , auquel on pouroit ajouter beau-
coup , laifle à chacun la liberté de choifir. Que fera-ce ;
quand on y joindra ceux , qui naitront du coup d’œil des
écritures , du génie de chacune d’entre elles , de leurs gen-
res & de leurs efpcces ?Que fera-ce encore ; quand on aura
fixé l’age des mlT. par leur orthographe , leur ftyle , les con-
jonâions de leurs lettres , leurs abréviations , la nature SC
la difpofition de leurs chifres , leur ponduation , leurs ac-
cens , leurs titres , la figure Sc la couleur de leurs lettres
initiales , leurs fignatures , leurs réclames mêmes , 8c par
une infinité d’autres moyens , dont l’énumération dévien-
droit ennuyeufe : mais dont le concert fournit des preuves
avec lui : » ce font>Ia (a) les artifices
^ cachés , iont le P. Germon fe fert ,
vpourrco<lre chancelant & <louccux Ta*
•> gc des anciens m(T : de pareilles ob-
r> )eâioos n'ont pour but , que de ren*
dre odieux & méprifablcs les nionu-
•> mens les plus précieux & les p!usdt>
gnes de refpcâ , parmi Icfqucls les
« inff. ticDncnt un rang fî diftingné. «
N'adopcoos pas non plus les cxprefTions
4/e cruels enn*v)$s des uauq^iics , & au-
tres , pcutctrc encore plus amcies , ét
que nous fuprimons. La délicarcffe de
noire (îécle auroit de la peine à foutenic
les termes forts , que le zclc arachc à ccc
illuf^ic abbé AUeman.
n. P A K T 1
sscT. in.
Cm AT. IV.
(a) Cfsr^ie.Ge/~
wic, /. >.9. f,
^ 7.
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J I. PARTIE.
Se CT. III.
Ch a a. IV.
jot NOUVEAU TRAITÉ,
plus claires que le jour , de l’antiquité d’un raO
Leur force ne dépend pas de la conoilTance exaéle de
l'année , ni même précifément du ficelé , auquel il doit
avoir été copié. Il s’agit d’en écarter les idées de fupofition ,
& de conftater , par exemple , qu’il eft antérieur au jxF
fiècle , & quelquefois meme au vin'. & au vu'. Que
peut-on exiger de plus , pour mettre là vénérable antiquité ,
dans la plus parfaite évidence , ôc pour lui donner un relief
d’autant plus grand , qu’on le raproche de plus près de l’age
de l’auteur du livre même ? Or la réunion des caraûcres
fera la démonftration la plus certaine , que ce mf. n’eft
point poftérieur au ix'. fiècle , au vi 1 1'. &c. Le concours
de tous ou de Ja plupart des caraûères , déterminera donc
aulfi furement l’age des monumens antiques , que celui de
toutes les lenres d’une infeription dificile à lire ou d’un
chifre , formera un fens complet , quand on en aura trouvé la
dé. Si toutes mes lettres s’acordent à me donner des mots
de la langue , dans laquelle la pièce doit avoir été écrite :
fl tous les mots produifent un fens net , précis , fans ré-
dondance > fans qu’il refie de lignes , dont l’ufage demeure
indécis ou douteux ; fi du tout enfemble il réfulce un dif>
coûts fuivi , dont l’objet ne foit ni vague ni incertain : je
iuis abfbluqpbeitt fur d’avoir dédnfré le monument propofé ,
6c de l’avoir bieo entendu. De même lorfque cous les ca-
taélcres concourent , foie pour fixer un mf. à tel fiècle , ou
du moins pour ne pas permettre , qu’on le rabaiffe au-defi>
fous ; je fuis certain , qu’il ne fauroit être plus récent :
paceequ’il eft impoffible , que les notes caraélériftiques, fans
nombre , dont il eft révetu , foient celles de tout autre fiè-
çle poftérieur. Il en feroit de meme d’une charte fauffe ,
dont l’écriture & la date feroient en contradiélion , ou d’un
mf. qu’on prétendroit éléver à une antiquité démentie pat
fes propres caraélères.
Comme les objections des PP. Hardouin & Germon
contre l’autenticité des mff. les plus vénérables ôc la poffi-
bilite d’ei? conoitre l’age , poulfées aulfi loin qu’elles le peu.
vent être , tendent à faper les fondemens de toute érudi-
tion & même d’une religion révélée ; il y va du bonheur
du genre humain , d’extirper ces dificultés, jufqu’aux moindres
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DE DIPLOMATIQUE. joj ‘
racines. C’eft un objet , qu’on ne doit jamais perdre de
rue ^ dans un ouvrage de la nature du nôtre. De quelle ”
utilité feroit-il en éfet ; s’il n’écoir fondé que fur des chi- c h a ï. i v.
mères , & s’il vifoit à leur donner du corps , aux dépens de la
vérité même ? Mais de quelle utilité ne fera-t-il pas; s’ilfert*
à foutenir l’antiquité ébranlée , &c dont on fembk de nos
jours avoir juré la ruine ? De fi g;rands motife juftifiront de
refte les petits détails , où nous femmes entrés , fiîr chacune
des lettres de l’alpliabet , pour parvenir à la découverte des
fiècles , à la faveur des figures & des traits , qu’on y mec
en u(^. Chaque roue , chaque reffort , qui font partie
des merveilles de l’art, font peu de chofe en eux -mêmes y
mais ils contribuent à produire des éfets prodigieux. On
traitera , fi Tou veut , de minuties fes obfërvations nom-
breulès , que fi peu de peribnes fevent aprécier à leur jufte
valeur ; mais c’eft la conorffasice & Faplication exufte de
ces prétendues minuties , qui font l’antiquaire. Il faut dé-
velopcr le méchanifme d’un art ; fi l’on veut l’aprendre pat
principes. Il faut au moins en donner quelques notions
méthodiques : fi le tems eft venu de ne le plus envifager,
comme un myftère , auquel très-peu de favans peuvent ctr«
initiés. Nous n’avons donc pas befoin d’apologie , pour jnf-
dfier les (oins , que nous prenons , pour mettre une fciencc
fi néceftàire à portée de plus de gens de lettres , quH fera
poflîble. II leur en coûtera quelque travail , pour dovenir an-
tiquaires ; ne leur en couteroit-il aucun pour devenir phi-
ficiens ou aftronomes ?
Ces hautes fcienccs , qu’on nous vante avec tant d’euï-
phafir , fê bornent à cette vie , du moins par l’uÉige ,qu’otï
en fart communément. CeHe de l’antiquaire , qui n’eft au-
rre qu’une bonne critique , eft le flambeau des fcienccs feS *
phis propres- à faire le bonheur de la vie préfênte & de la
vie fiiturc. Elle influe fiir la morale , fur la polkique , fût
les belles ïetrres , fur le droit civil Sc canonique Sc fur la
théologie même. Ces fcienccs , qu’il (ufit de nommer , pour
en foire fêntir route l’importance , fans elle languifFent , ôc
bientôt tombent dans un défordre & une coufuiion étrange.
Le critique féparé de Fantiquaire , fê trouveroit renfermé-
dans des limites bren étrôices ; &: prefque toutes fc»
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II. PARTIE
Se CT. III.
C H A P. IV.
{») Vertnrn ittmf-
trmu 17 J t. ftd.
Ht. xj.ctl. )t).
(*) Dr <r'». f»/.
J04 NOUVEAU TRAITÉ
démarches feront marquées par des chutes ou de faux pas.
Si , pour fixer l’age des écritures , la diverfité des lettres
fournit de grands (ecoùrs ; il n’eft pas moins ordinaire ,
qu’elle jette dans l’illufion , ceux qui n’aprofondiflenc pas
•afiez des matières fi abftrulès. Les lettres rondes , carées &
mixtes , & l'urtout telles &: telles en particulier feront re-
prefentées , comme caraûériftiques de certain âge. On aura
vu dans quelques monumens , dont on fait la date , cer-
taines lettres fingulières ; on en conclut , qu’elles font pro-
pres à ce ficelé , quelles y font ordinaires , &: quelquefois
meme , qu’elles ne conviennent à nul autre. Cependant elles
auront eu cours pendant des milliers d’années. Le ficelé ,
auquel on les aproprie , en aura eu d’autres d’un ufage plus
commun. Celles , qu’on lui donne pour pierre de touche ,
n’y auront paru que rarement. Il faut donc procéder avec
de grandes précautions : ne pas rejeter des conféquences
très-légitimes , tirées de l’ufage plus ou moins fréquent de
certains caraélères : ne pas déciaer l^érement du fort d’un
antique , fous prétexte ae quelques fibres de lettres , que
tel fièclc ne femble pas comporter.
Quiconque fe donnera la peine , dit M. le marquis {a) ,
MafFéi , d’examiner plufieurs anciens mff , reconoitra quel-
quefois diverfes figures de la même lettre , employée indi-
feremment , dans le même raanuferit , quoiqu’elles aient été
regardées par nos modernes , comme diftinétives de genres
d’ecriture. La mêmechofea lieu, par raport aux marbres.
Nous avons , continue-t-il , à S. Etienne de Vérone un mo-
nument lapidaire , où l’on obforve plufieurs fois trois fortes
d’M , qu’on défigne , fous divers noms , &c dans lefquelles
on prétend trouver des c.iraélères d’ages diférens. Il en cft
de même des N , des V & des E. Mais les conféquences
de ces principes font peutetre poufiTées au-dqlà de leurs juf-
tes bornes ; quand il en infère , que ces lettres d’un goût
fingulicr ne produifent pas une allez grande difércnce ,pour
çonftituer divers genres d’écriture.
Sur un examen trop fuperficiel des anciennes écritures
romaines ; Struve (^) concluoit , que plus les lettres écoient
antiques , plus elles étoient inégales &c irrégulières. Cette rè-
gle pouroit fouvent induire en erreur. Les lettres, irrégulières,
inégales
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DE DIPLOMATIQUE. joj
inégales & ruftiques fonc de cous les tems. Ces quaEccs ou — ■ SS
ces défauts afeftoient à la vérité plus fréquemment les an- parti h.
ciennes lettres latines. Mais il ne laifle pas de s’en trouver
de ce nombre , où l'on remarque un commencement d’é-
légance. Il en eft aufli des ficelés les plus polis de Rome
payenne , dont les caraélcrcs font de la plus grande rufti-
cité. Les planches de notre première clafle des écritures la-
pidaires en fourniront bien des exemples. Mais n’antici-
pons pas fur des obfervations , réfervées , pour les chapitres
liiivans.
CHAPITRE V.
Obfervations Jiir les quatre planches alphabétiques
des lettres latines : leur dijlribution par colones ,
fériés &fouféries : leurs fources , leur ufage ,
leur reffemblance , leur diférence , leurs tranfrnu~
tâtions : caraSères dijlinclifs des capitales , o/z-
cules , minufiules , curfives &c.
I. T Es alphabets , qu’ici l’on donne au public , ne réu-
1 J nifienc pas feulement prefque tous ceux , qui ont vu b«t lacim contc-
le jour ; ils font encore formés fur un nombre prodigieux
(\) de ÜvBcs pleins d’inicriptions , de fceaux fie de médailles, cni i-ir
(i) Peat^nc ae nom feroit-U pai
tnaincciiant poilîble de faite une éoumé-
latioo complète Ae toutes les fources ,
où nous avons puifi : mais cjoand nous
le pourions j 1a plapait des Icâeuit n'e-
xigetoieue pas de noos une eiaditudc li
Ifiionticufe. Quelques - uns néanmoins
plus dificUcs ciaigncnt toujours, qu'on
ne veuille lent en impofet -, lotfqu’on
s'en tient à des f {aéralicés , qui ne fpé-
cifient tien. Voici donc , pour les con-
tenter., une partie , pour ne pas dise un
écliantilloa ,dcs recueils de monumens,
dont nous avons emprunté tes carac-
tcscs J que nous avons jugé pouvoii
Tome II
fîgarcr dans notre alphabet , tiré des
bioDzes 6c des marbres : JhefMurus Ai#*
rtlliMMus Jiv* fAmitiiurum KoMMnmmm
mttmifmMtt. — 17 j 4. Go:hti
17)0. ^Êêtnifmmt» imptrautum prifitus^
Ù9fM ptr Je. VmUmm — Rfima 1 747. Nm*
mifmMta snti^us À jacebo MufèlUo
Ithm — VifonA 1 7 J I . Impertttvrnm R#W4*
nêTum numi/iJfstM — À Francsfta
iari#— 17JO. Ezfcffiotii Spaniféimis
difirt*tUn4$ éU prifiAMt» tt/it ntttmf
170^. — 17* 7« im*
perrntorum Komanorum m XrajMnê DecU
— H4»dWri— 1718. ThefmurUt
tX tiiifxHTû PAlxtiW9. ft'ecîut
Qq
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II. PARTIE.
Sici. III.
C h a p. V.
pour dcchîfrer les
écritures antiques,
& conoitte les lé-
trolutioDS ic l'age
des lettres : leur
arangement fyfté-
matique : réponfe
aux dificultcs , ti-
rées de la reflem-
blance de quel-
ques figures, apar-
tenant à des Ict-
ucsdifilrcmcs.
(a) Ci-it/pis,
ibaf. X.
jotf NOUVEAU TRAITÉ
Nous pôuiions dire , que la lictërature n’a prefque n'en en
ce genre , qui foie échapé à nos recherches. 11 en a écë de
meme des modèles de mfl'. & de diplômes , auxquels tanr
de livres , & furtout des étrangers , depuis un liccle , doi-
vent en quelque forte leur principal mérite. On ne s’eft pas
borné aux ouvrages imprimés , dont la pofleflion eft com-
mune &c publique pour les çens de lettres : fans parler des
archives &c des mil', de provmces , utilement mis à contri-
bution; tout ce que la bibliothèque du roi & celle de r.ibba ie
de S. Germain des Prés ont de plus ancien Sc de plus précieux,
en fait de mfl'. & de diplonies , nous a palTé par les mains.
Les lettres les plus fingulières en ont été extraites avec des
travaux & des atentions , qu’il ne nous convient pas de re-
léver. Or quelles richelfes ne renferment pas ces deux bi-
bliothèques ?
Nous nous fommes alTez expliqués (a) par raport aux
Anti^us mufto Aîex»n-
dri Alhm OJfrtvMtUni ijhrieht fù-
prs Micuni medmgthni’^ Rechtr^
thés cnritufes du menehs de Frjtnee fxr
BeMtreue^TrMsté h^eriqs^e des snesuies de
Vrence fmr le Blunc^ Nssstsi/matst Angle-
fsexonicM ^ Angle^dsme* Andred
FestxtMtsie — 17^5* I)# menetis IialU
Argelum eeUegit — 1750- SeUclus diplo-
mMtmm smsmfmststm SutU tbefmmrxs
— 1 7 J Hmfeum regitasy^DxiuA ^Jer~
vegiâ^ê rnenmrchA'^Mb Oligero Jacebee
^e. Mzmetrude littérmmre-^ de F Aca-
démie dis beiies lettres des injer ptiens.
Antiqsiité expliquée ht Ton fiipUmem.
Vepage Uuérrnire de D» Mértene^ Bema-
*um Hee^eum — Kern* 174^. Ifteri» di-
pUmuitM — Mmffei — 171 7* Nrwr^ the-
Jsmm vetetum infrriptienum eeUeclere
Mterrntêrie^—Bêm 1739. Rema Jmbter-
mutea. Inferiftienu mntiqxe tetitts arhis
Remania— ieni Grmeri.^—Aer^etedmmi
1707, Mifeellanea ermdiiA antiqttètMtis
fmdie ]st,Spenii — i4S5..H«arâ’i
w}Sâ — emnis-^ Mttfetan
Certeeeenfe- — %y$oMmfettm Vemrnfe —
X74t^ Rjeph. Fabrttti mferipttemttm me-
nqtemmm^^-^exptieMsia^^ 1701. Mente-
weemum fire eelHsetbmrimm— ab A»/^ Fr»
€*rr#— 1717. D/ile eefe Gemilifche —
itk Borna 1744. Vftm LatiMm prefasume
—nuiiert Je^tplse Recce Vitlfiû. Menu»
menlA veteris Aui'ti. Smggi di dijferta»
zJeni Mcademiche — di Certenn. CMtans
UlnJlrMta». Veresue illnflrmtM^ Spicilegium
.'Wiiqmueêâs — Léft» Ërevù veteruM me»
numententm — deferiptie —— eferé Frsn,
Omdeuderpii-^ I74^> hAarmers Fifett-
r/éyyîW— I7)g. Veterum fepulehrn fete
M^nfolea Remanerum Le Mefibere
ceniche di Frsn. Ficerem 17} 6. X)Jfer»
vMx.ieni fepr* aletmi frammenti di vafi'
smicki — m Firenze 17x6. De Remnne
Pétri itmere — attifer e Petre Fr an. Feg»
gint— i74(* Antiqttitates Itulica médit
evi anâcre Lstd,. Muraterie (Jv. iî#-
blietheca univerfal delà Pelggraphis Ef»
fa ela ^pc» fieinecciusde figilUt &c. Wf-
teire de Bretagne par D. Lebtneam. A»*
noies erdinit S.- Beneditlt. Menttment dé’
io menarchie Fraveoife. Utfieire de Ler^
raine par D» Calmet» Hijloire de Langue»-
dec far D. Vaigette». Daniterum meme»
mentemm Hbri fex — 1^4 T* ^ fiembi on-
tichiepera di Fron, di Fieereni^ >749~
Offervatjem ^eriehe di Demeniee Mario
Manni — i739- 9c Bicii d’aotr«, faut,
parler d‘un nombre confîciiéraMe ^an-
ciens motnimens > que nous avons esa-'
mm^s nous marnes , ou donc desi^ens de*
_ lettres noDS ont fourni des copies fiddies y,
i oa même des coHc^ionscooédérablcs^
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DE DIPLOMATIQU-E. 307
Taifons de la préférence , que nous donnons aux alphabets
généraux , particulièrement des marbres , des bronzes & partie.
des mfl.', fur ceux qu’on ne formeroit que par fiècles. CH*f. vV
Leur premier avantage fera de fervir de clés , pour dé-
clîifrer les monumens & les écritures antiques , pour ré-
foudre les dificultés , caufées par le concours de lettres (ij
(1) Il n'eft peatétre aucun éléœcoc de
l'alphabet , excepté les deux derniers ,
oui n'ofre plus d’une'demi-douzainc de
fortes de figures, irés-relTemblantes à
d'autres lettres. Quelques - unes même
pouroient en fournir plus d'une douzai-
nes. Si l'on n'ell prémuni contre ces di-
ficuliés , qui ne font pas rares ; on lira
mal plufieurs inreriptions , ou l'on ne les
lira point du tout. Il n'en faut pas toute-
fois conclure , qu'il fbit impoflible de
les déchifier. C'eA cependant jufqu'où
femble alet le JoumallAe de Trévoux ,
en finiflantde rcndre(«) compte de tE/Tai
de Don Eouis-Jofeph Vélalqucz fur les
lettres inconnues <f£fpaene. L'objeéiion
plus fpécieufe que folide , qu'il forme
contre les alphabets de cet auteur , pou-
xoit à bien des égards réjaillir fur les
nôtres, n On remarque , dit-il , dans le
» dévelopement des alphabets Sc des let-
» très apelées iiumniwr , qu'un fcul &
» unique canélére e(l quelquefois cm-
» ployé , pout fignifier pluficuis lettres
B toutes difé tentes les unes des autres , . .
» fur quoi il eft aifé de raifonnet ainfi:lc
» premier principe d'intelhgeucepour un
w alphabet , de quelque langue qu'on le
B fuppofe , eft que chaque caraâéte*,
B chaque figure n'y exprime ou n'y in-
» dique qu'nne feule letrre : autrement
B on. n'aura plus rien de fixe ; tout dc-
a> Tiendra confus 4c arbitraire s ce fera
m l’alphabet des ouvriers de Babel , qui
B oc s’entendoient plus. «
Quand on a dreffé pour la prcBiière
firà Talphabet d'une écriture , propre à
quelque nasion ( on n'aura pas fans dou-
te répété les m&ne figures , pour défi,
gner des lettres düéientes. Mais ce que
n'ont pas (m les auteurs des alphabets,
s'établit avec le lems par la voie des ré-
trancheroens 4c des angmeotKions de
traits , 4c furtont par les liaifoos des
éccitlues curfives , doue la lettta fout ,
quelquefois tranfporcées julque fur le
bronze 4c le marbre. Peut-on donc avan-
cer , fans donner dans l'hyperbole , que
fi chaque figure n'indique pas mt feulé
lettre ; on n'a fieu rien ie fixe , tout de-
vient /trbitrnire , c'cH Fnl^nbet des en-
vriert de Babel 1 On fe plaint de lacon-
filfioQ , où jencroit l'alphabet , qu'on fe
figure : mais ne confond- c-on pas celui
qui n'auroit que des lettres ambiguës
avec celui , qui n'en renfermeroit que
qnclqua-uncs, 4c beaucoup plus de bien
diAinguécs fous chaque élémentiNe con-
fond-c-on pas encore des monumens ,
où Ton découTciroic feulement no petit
■nombre de figures équivoquuavec ceux,
qui n'en ofriroient pas d'aucra ! te jour-
naliAea donc raifon <f ajouter : » nous
» ne doutons pas , que l'auteur ne pôc
» opofer quclqua bonnes réponfes à c«
» dificultés. « En attcnlaoc qu'il les don-
ne , achevons de prouver par des &its ,
qu'inucileraent clTairoic.oa ue tourner la
mêmes raifonemens contre nos alphabets
génétaux.
Sic'cfiun défaut d'avoir da iettra,
dont la relTemblance n'exclut pas la di-
vetfité des valeurs ; il ne leur cft point
particulier : c'eA le fort de toutes on de
prefque tontes lu écritures du moiuie.
Plus leur nfage a eu d’étendue 4c de
durée : plus cette feule de caraâêres ,
femblables quant à la forme , quoique de
valeur diféiente , fe repreduit dans da
monumens de tous les genres , marbres ,
bronzes , mlT, diplomu. Qu'on juge par
là , combien ils ont dû fe multiplier chez
les Latins 4c les Grecs , pendant deux à
trois mille ans. Pour fe convaincre , que
diverfes lettres d'une même écriture font
fujcccs à prendre la même forme, il fufica
de jéter lesyeui fur les alphabets généraux
famariiain , étrulque , hébreu , lyriaque,
arabe, grec 4c runique du précédent voln-
qe,4c fur les quatre latins decclui-cLfii
Qq
(«) Dieernh,
17;)» I. W.
X77i.<r/«fv.
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H. PA RTIE.
■ S C C T. III.
Chat. y.
308 N^OUVEAU TRAITÉ
fon (emblables , &: neanmoins fort cUférenies. Le fécond j
de mettre fous les yeux l’ordre ôc la fucceflion des variations^,
des méramorphofes , que chaque élément a éprouvées , de-
puis l’origine des lettres latines , jufqu’à nos jours. On coa-
çoit combien une durée de deux a trois mille ans a dû pro-
duire d’altération , dans les diverfes fortes d’écritures, d’abord
mifes en ufage , ou depuis inventées. Nos trois premiers alpha-
bets ne laifTeront pas depréfenter jufqu’à certain point leca-
raûcre propre Ci) à chaque ficelé. Car fans régler toujours
fcrupuleufement l’arangement des lettres , fuivant l’ordre de
leur antiquité , on ne s’en écarte pas beaucoup. On ne lè
fait même , que pout ne pas rompre le fil d’une defceiv
dance de figures , qui nailTent les unes des autres ; que
pour faire lencir les degrés , par lefqucls les lettres d’une
part fe font perfêdionces , &c de l’autre ont dégénéré de
leur fimplicité primitive. On voit , dans les mêmes alpha-
bets , fous diférentes fuites , tantôt contemporaines , tantôt
fiiccelfives l’origine & l’état des plus anciens caraélcres ^
l'on aimcmicnx s’en raponetà des étran-
gers : on n’a qu’i confulter la Gram-
maire iflandiqne , publiée dans leTiéfor
des langues fcptentrionalcs. On y verra ,
table II. un aniclc à parc des bgurcs ru-
niques , rufceptibles de plulicurs valeurs.
Hiekes (ait monter ces caraélércs jurqu’à
y;, donc chacun reprércme cour à cour ,
julqu’à (ïx diférentes lettres élémcntai-
-Tts. Les huit planches d'alphabets d’E-
colTe par Anderfon (burnilTenc encore
Îilulicurs exemples d’identité de ligures ,
êrvanc à rendre diverfes lettres de fes
alphabets. On en remarque auili dans
les cables de Waither. Mais les monu-<
mens antiques dépofenc en (âveur de
cette vérité d'une manière. plus énergi-
que <c plus précMe , que n'ont fait juf
qu'ici les compilateurs d’alphabets. Con-
tre des autorités li fortes & (î nombreu-
fes , l’éloquence & la dialeélique elles-
mêmes déclarées ne manquetoienc pas
de venir fe brifer.
Du refte fi mutes les figures équivo-
ques concouraient à la fats A: lans répé-
tition fur la même médaille ou fur la
même infctipcion antique > il n’eft p^s.
douteux , qu’il ne fût impoflible on du
moins extrêmement dificile de les dé-
chifrer. C'eft auflï ce qui ii'arive jamai;..
Quelquefois il s'en rencontre afiec , pour
caufer un peu de peine aux roeillcun
antiquaires. Mais ces dificulcés cèdent
bientâc .tant i la force du fens , qu’aux
conoifianccs des ufages divers de cet ca-
raélères. Oferioos-nous nous promeccre,
jue nos alphabets généraux ne feront
pas inutiles à ceux . qui fe trouveront
dans cene pofitioo embaralTante ?
(r) Quoiqu'un des principaux objets
do chapitre précédent foie de décrire les
lettres particulières è chaque iiècle , le
les plus propres à le casaâerifer ; etluâ-
ci répandra de nouvelles lumières far
cet fmportaoc article , par l’atencion ,
<|ue nous aurons à déterminer è peu près
Page ou la durée ; (ïnon de chaque fi-
gure , qu'ont pris fur la- pierre St l'ai-
rain nos aq. ictetesde l’alphabet , ce qxi
deviendroic immenfe ; du moint de cha-
que genre ou efpèce de ces figures , »-
prochées fyftcmaciqnemcac. les anesdaq.
autres.
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DE DIPLOMATIQUE. jcj
leurs progrès vers la perfeûion , leur décadence , leur trans-
formation du romain au gojihîqiie , le goût de colifichets
' & de faux ornemens , qui diftinguent celui-ci ; enfin l’excès
de barbarie , où il fe termine , avant la rénallTance des beaux
arts.
On y voit , comment les lettres majufcules , minufcules S£
curfives, font nées les unes des autres , & fous combien de
formes elles fe font métamorphofées. On y voit , combien
font grands les raports de reliemblance & d’afinicé , qu’ont
les lettres des marbres Sc des bronzes avec celles des ml£
Sc des diplômes -, &c combien font frivoles les argumens ,
qu’on a tirés de leur dilTemblance , pour combattre l’auten-
ticité des uns par la certitude des autres. En effet , quoique
ces différentes claffes de monumens aient quelques figures ,
qui leur font propres ; prefque toutes les plus fingulières des
anciens mff. & des diplômes fe retrouvent fur les marbres
& fur les bronzes. Seulement les majufcules des mff. font
plus chargées de traits : les caraftcres hétéroclites fie bizares
plus multipliés dans les inferiptions ou légendes de médailles ^
de monoies , de fceaux j funout depuis la ruine de l’empire
romain.
Un troifième Sc dernier avantage de nos alphabets géné'
faux ; c’efl qu’on a partagé chaque lettre fous certaines claffes
ou fuites , qui baniffant la confùfion ferviront à faire trou-
ver fans peine les figures , dont on aura befoin , ou qu’on
voudra comparer. Des (ùbdivifions multipliées contriburonc
encore à faciliter de plus en plus cette opération.
Si l’on découvre avec le tems des caraéleres , qui nous
aient échapé , fie d’une figure alfez extraordinaire , pour n’a-
voir pas du être mis au rebut ; on comprendra fans peine ,
-quelle efi la divifion , quelle efl la fubdivifion , où ils doi»
vent être placés. S’il eft bien dificile d’ajouter d’autresgran-
des fuites complètes de caraâcrcs , qui réuniffent ces condi-
tions , d’être conformes fie divers tout enfemble , dUparte-
nir au meme genre , fie de pouvoir fe fubdivifêr fous difé-
rentes, petites fériés ; il ne feroic pas impoffible de former
quelqu’une des dernières , fie d’en enrichir nos alphabets
généraux , fans en déranger l’économie. On ne nie pas au
telle ^ qu'on ne puiflè même ep changer l’arangem^t. Celui^
II. PARTIS.
SïCT. 111.
Ch AK V.
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IL PART lE.
StCT. III.
CH4». V.
jio NOUVEAU TRAITÉ
que nous y avons mis , donneroit des facilités , qu’on n*i
pas dû trouver ; quand on a entrepris de difpofer avec ordre
des figures , qui n’en paroilTent pas fufceptibles.
Nous avons fait (i) d’alTez amples recueils de lettres , pour
remplir plus d’une vingtaine de planches , extrêmement tour-
nies. Mais quoiqu’on en puifie former des alphabets , où l’on
feroit toucher au doigt & à l'œil les déclins inlènfibles , par
lefquels les lettres fe font défigurées ou métamorphofées en
caraâcres toutafait diférens d’elles memes ; nous ne croyons
pas devoir facrifier à cette entreprilê un aufii grand nombre
de planches , qu’elle en exigeroit.
■■ ( r} Lej lettres y font prdque toutes
tlélign^s pat le Cicle , auquel elles apar-
lienoent, Ainli ce n'efl pas la dificulté de
les ranger , faivant cette mdthode , qui
nous en dloigne. Mais elle a des inconvd-
pieos , qui nous obligent à noos en dé-
partir , par rapott aux trois premières
planches alphabétiques.
< Du telle , autant que nous pouvons en
juger pat eftimation ; il faut que nous
ayons tiré , tant des tnonnmens otigi-
ssaux , que des copies Sgurées , impri-
mées ou manuferites , deux i trois cents
mille caraâèrcs , que nous téduilbns ici
à quelques milliers. Cette réduâion 8c
JVtrangemeoc répété plofieurs fois des
iettses , qu’il a fâlu non feulement fi-
gurer , mais eoriger de notre propre
main , avant que de pouvoir parvenir à
fimner la XX*. planche ; nous ont caulé
des peines 8c abforbé un tems , qu'on
auroïc peine h imaginer. Quoique puif-
famment fecouros par M. Dupain , ha-
bile dclEnateur j il noos a falu recoucher
fet premières tentatives , 8c avec des re-
Uietches 8c des difculTions inconceva-
bles mettre la dernière main aux dcficins
xédigés. S'il nous e(l encore échapé qucl-
qoes légers défauts; c'cH principalement,
parccqunnous avons été vivement (blici-
cés de^Mcer fans délai le dc/Tein an gc»- -
veur. Nous avons trouvé depuis des mé- |
thodc$,qui ont diminué conhdérabtemenc
le travail des aucres planches alphabéti-
ques. Elles confiRenc à faifir le caraâère
ConRitutif de chaque férié , à marquer
les figures , qu'on vent admettre . pa^ le
tlùùe propr^à CCttc férié, àlei eoupei le
placer dans les cafés, qui leur convicn-
neiic. Alors on les range cofou-l<friet,8c
l'on défigne la place , qu'y doit tenir clu-
cune des lettres découpées. Mais de peur
des accidens , auxquels des feuilles û lé-
gères ponroicnr être eipofécs;on les enfile
ou l'on les colc , en obfcrvanc leurs divi-
fions 8c leurs fubdivilions. Dans cet état
elles font livrées an delfinacenr , chargé
de donner à toutes des proportions uni-
formes 8c de les porter (ur le deficin , qui
doit fervir à la pUnebc. De la rédnâion
à l'uniforme , donc on ne peqt pas fc dif-
penfer dans des planches d'alphabets , il
en réftticc quelquefois on inconvénient:
c'eft que des caraélcres , qui paroilToienc
cres-diférens au coup d'ceil , font rame-
nés à une trop grande reffe'mblance.
Qnefque en garde qn'oo ait été contre
ce dénnt ; on ne peut pas répondre ,
qu'il ne foie jamais arivé. D'ailleurs une
même main eR portée naturellement h fè
copier. Malgré toute l'atentioo , que
nous avons aportée , pour bien diféren-
tier tous les caraélères , 8c que nous
avons recommandée an dellinateor ; il
s'eR trouvé des figures ouoqoées 8c det
proportions mai tendues. Nous avons
a la vérité fait des correélions fort rigou-
reufes j tous les traits ont été ferupu-
leufemenc examinés , 8c tons les déiâuca
un peu conlldérablcs réparés : mais avec
gens , qui prcndroienc les chofes à la
demièce rigueur , nous ne répondrions
pas , qu'lis ne pulTcnt encore apcrccvoip
quelques figures un peu trop femblabics }
quoiqu'elles ne fulTeot pas telles dans loi
modèles fooinii au dclTciB.
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DE DIPLOMATIQUE. jii
II. Quelquefois les lettres font revenues à leur première
forme , à peu près par les memes degrés , qu’elles s’en étoient
écartées. Mais il a été plus ordinaire , qu’elles y aient été
ramenées , fans fuccellion de tems -, foit par un rétablilTe-
ment général des belles lettres , foit par le génie dfe quelques
particuliers , qui les élévoit au-delTus de leur Cède.
Nous aurions pu adopter quelques alphabets , déjà tout
drelTés ; fi l’on y avoit gardé plus d’ordre , & files monumens ,
d’après lel'quels ils ont été formés , ne réclamoient pas trop
fouvent contre leur peu d’exaélitude. Voila ce qui nous en-
gage à les réfondre avec des correûions très-amples ; li tou-
telois ils peuvent encore faire quelque figure , auprès des
augmentations .fans nombre , qui les font prefque difpa»
1 I. PARTIE.
Si CT. III.
Ch A P. V.
Caufes des trans-
(brmaiions des let-
tres : infuHIàncc
des alphabets juf-
qu'ici publiés: let-
tres plus ou mnm»
fujettes aux méta-
morpbofes.
roitre.
M. le marquis Mafféi avoir oblêrvé (a) la généalogie
de quelques lettres, qui fè font métamorphofées en plus de MT-
formes diférentes , que les autres : c’elf-à-dire qu’émanées de ,
la meme fourec , elles fe font peu à peu écartées de leur fi-
gure primordiale. Mais,ajoutc-t-il ,celanepeut fe faire en-
tendre (ans avoir fous les yeux à la fois plulieurs pièces an-
tiques. Quoique nous devions dans la fuite en ^re repre-
fenrer un grand nombre ; nous femmes perfuadés , que no»
planches alphabétiques feront encore mieux comprendre le»
degrés d'altération , qu’ont éprouvé , non deux ou trois élé-
mens ; mais toutes Sc chacime des lettres m.tjufcules , cur-
fives &: minufedes , 6c quel a été le pafiage des premières
aux fécondés , 6c des fécondés aux troifièmes, La trailTance
de la curfive n’efl: pas fans doute le terme des changemens
de la minufcule , ni la minufeute celui des altérations de
Tune 6c de l’autre. Nous ne laifierons pas néanmoins d’en-
vifager ces révolutions , comme des points fixes , auxquels
les variations de chaque élément viennent aboutir , 6c qui
femblent lui ouvrir une nouvelle carière de métamorpholes.
Mais après avoir fubi ces transformations ; la majufcule
d’une parc , 6c la curfive de l’autre , pour ne point parler de
la minufcule , n’ont pas difconcinué leurs travelUlTemens. Ne
ceflbns donc pas de les fuivre , &: de les montrer fous les
diverfès figures , qui les déguifenc, Ainfi l’arbre généalogi-
que de ..chaque élément n’eft pas épuifé , poiur s’eae partagé-
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1
jii NOUVEAU TRAITÉ'
en plufieurs branches principales : il poulTe encore une abon-
* * t c ^ *i H ^ dance étonante de diferens rameaux,
c H 1 P. V. La fécondité n’eft pourtant pas toujours égale. Il eft des
lettres majufcules , ftériles en comparaifon des autres. Ce
foiu furtout celles , donc l’ufage eft le moins fréquent , ou
dont la figure eft moins fufceptible d’altérations combinées ^
à raifon de la fimplicité de leurs traits. Au premier carac-
tère fe raportent ( i ) les K , X , Y , Z , au fécond les C, I , O ;
quoique ces trois dernières ne laifTenc pas de s’etre prodi-
gieufemenc diverfifîées dans les inferiptions lapidaires &c mé-
talliques.
La minulcule varie moins , que la capitale Sc que la cur-
five. Celle<i , malgré fes changemens fans nombre , në di-
férencie pas toujours fes caraaères de ceux de la minuf-
cule ; plufieurs en retiennent (z) la figure : quelques -ims
memes de forme maîpfcule s’y mclenc 6c s’y* maintiennent.
(») y. Telle eft l’N , qui s’eft conlêrvée une des (a) dernières dans
t-t-iS- les mlT. latins , & même dans les diplômes. Mais paflbnsà
quelques détails plus circonftanciés fur nos planches ^pha^
bétiques.
i(«e générale lie - ui. La première, c’eft-à-dire notre XX' , eft comtwfée
d’environ cinq mille caraâcres , tous plus ou moins dirérens
raâere» romains , les uns des autres. Nous en avons fuprimé mi bien'plus grand
diflemblance étoit aflez marquée , mais
duK trois qu’on peut aifëmenc fupléer , à raifon de l’afinité , qu’ils ont
jBîUc ans. ^ avec plufieurs des figures contenues 4^ notre planche.
En général fi les formes , dont les lettres font fufeep-'
tibles , pouroient être incomparablement plus multipliées j
nous n’avons pas cru devoir nous prêter aux figures pollibles.
(i) Ope/eûU #r-
tltfiêfl.f. jj.
(c) Gêrmtn Jé
vtterUms hÂTttitit,
t- 44<- &f‘n-
ii) ItU.f. 4je.
(il Le B , fans être auflî rare, que le
K 8t l'X , cil pcucctre moins filcond en
fait de varidiéi : à moins qu’on ne veuille
mettre en ligne de compte des altéra-
tions on dilértnccs trés-légéres.
(i) L'ignorance de toutes ces chofet ,
fuivant (i) M. MaSéi , a jété un autear,
qa’il ne nomme pat s mais qu'il déligne
■(e) allëz , dans une inügue méprire. £Ue
a pour objet , un mf, où Te trouve une
note du correélear en ptétenduet lettres ,
partie ordinaires, Sc partie barbares. Mais
comme tous ces caraâètes font romainsi
l'objcélion ell d'autant plus frivole , que
diférentes fortes de lettres de la même
nation peuvent aifément concourir en.
femblc. Il s'agit du S. Hilaire du Vati-
can , écrit en Afrique en ; lo. fous le roi
Ttafamond. Le P. Germon vouloit con-
féquemment à fa belle remarque le »•
baillër au tz*. on même (d) a quelque
liêde encore plus récent , pour ne pas
fc voir forcé da rendre les armes , fur
daacvIâriMi trop légèrement hafatdées.
. oi
«
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1res matières litires , Jej-mis /a /yi -ytè’/e Je 1ère e/irètie/ine.
My^ >AM/U^M*Aj^\.7^;A?eL r
iM'Rn*nm m^Mî H/»3 h^f^j v*.
rn m /?i fj\ îTO M îiî^rii'm n ^ r$rsjss^^i7s 3* <? <. ç r ^ Js j j.
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^<T» m mxa* oa m en ceL-^ai ovoio^s^uss $ pjs
Q3<ç/) 1/î t^ioJco»OO®a5Q?^0"^S'‘^>55^'^'55.SS3 ShSSJ'S SSvLt'l^
>*r K ,11. yM N‘jry( A/.v -s^rs
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X.' V/A7V" VM 'SJJV N jKi .VA/ V^'-iN'VA;^4 >7g w >1 î rjUni-Ty TY^T T Y
hJ’ A/> N NAT N WN H N Njfv IV I'JT^''TT Tr ï T'r f PTrj'r^T'rx
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1 0/3Q_a<Lcc'(Lç,cee.(b^s-^icR>p^
va. a R JL a ft L <i^cl!iv. <l a, j aY a ak ^ #
SU'-L 9,<i:C> ® 'R.'g.O-'vjq.CtcL N X X V Y KX K.iv.î.'' JîY,
'Agc^çivci V]4ïC( q q. p q qeXm y ^ zH q H X«îA3i Îî ?^‘Y!
i^iv i^iLp f>.ii.ART\R.iL>A K ^ 9 Y- X. >^'»y y j:
fv nnrLiv jl » RXji'^kX^F-rHTL r/pîr « HuY V v^î rYyyy'Y'Y' tpt
/? R Ra//LaA^V/ttLTLn,^3A.JL‘TL|
J\.i\ )LlL./i'*K-^«aXRyTH'>l\ï>S RU
|fK R,R;‘2.fil?RRft iLv.RRF/iLHfL'\3(\R‘
pKRPv/R,y,.pLiVR aiLlL^/Ma*RL(^r.,X'3>»5'Zs\î>»:î:
R. IR, R a-* a R iv[L an iL<a 2. è. a b.vu.e
ky jr^v vp/x
^ ^ ZUn.Z, Z.
vy *' .*/ Ai - Pnj' tis;
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DE DIPLOMATIQUE. 313
ni meme aux autres , dont l’analogie avec celles , que '
nous avons trouvées , eft fi manjlefte ; qu’on ne peut guère s e c t. i 1 1.
douter , que l’antiquité ne les ait reçues & miles en euvre. CHAr. V.
Nous avons mieux aimé nous borner aux formes , dont l’u-
fage eft conftaté par des monumens connus , que de rien
acorder à l’imagination ; quelque fondement que nous eut-
fions de penfer , quelles exiftent , &c que fi l’on ne les a pas
encore découvertes , elles n’en font pas moins de nature à .
l’être. Quand elles paroitront , il fera facile , comme on l’a
déjà remarqué , de les rapeler à quelques-unes des fuites ,
dans lefquelles nous avons partagé les lettres de notre al-
pliabet lapidaire 8c métallique.
Nos vingt-trois élémens ont chacun 8c leurs divifions 8c
leurs fiibdivifions , que nous apelcrons fériés 8c fou-féries ,
ou grandes 8c petites fériés ou fuites , ou même divilions 8c
fubdivifions. Les premières font marquées (i j par le chifre .
romain , 8c les fécondés par l’arabe.
Régulicrement toute première grande férié de chaque
élément commence par les plus anciennes figures. Les plus
récentes , quoique pour l’orduiaire placées aux derniers rangs ,
n’y font pourtant pas toujours renvoyées. Il fufit qu’elles le
foicnc vers la fin des grandes ou petites fériés : ce qui if eft
* pas même toujours oblervé (1) fcrupuleulêment. C’eft l’ana-
logie des caraélères ancieos avec les (3) modernes , qui en
décide.
(i) Nom raprimons fun 8c Tautre
avant la lettre initiale de chatjne iié-
nient de l’alphabet , afin que rien ne
l’empêche de paroitte à la tête de toute
{k fuite. Mais il fera d’autant moins di-
ficile de foofentendee ces deua chifres ,
^e celui de la fécondé grande ou pe-
nte IZtic anonce la fin de la première ,
donc le commencement ne faaroit être
douteux. Il en eft de même du chifte i .
des fou-lZries , tclaciTemcnt i chaque
grande férié.
(i) Ce dérangement eft quelquefois
arivé : parceqne le deffinatenr a tranf-
pofé certains caraâéres , même dans (bn
dernier travail , 8c qu’il autoic (âlu pouf-
fer la correélion jnfqu'aux minuties ,
8c £ùtc des réformes coufidécablea 8c
Tome If.
très-dilKndieufes , pont réparer ces pe-
tin defordtes , qui ne le feront d’ail-
leurs , que pour tres-peu de favans.
()) Par exemple , les a minufcules
modernes coofticuenc en entier la croi-
fiéme férié de l'A : pareeque les majnf-
cules fe font déjà transformés en mi-
nufcules dans la deuxième. Tantôt la
minufcnle remplit la dernière fÜrie d’un
élément : comme il fe voit aitx B , D , O,'
H ,N , R ,T. Tantôt ce rang eft deftiné
au gothique majufcnle : lorfque fes fi-
gures font affez nombreufes , pour for-
mer des divifions d’une étendue confidé-
rable. Ainfi les dernières fériés des C,E,F,‘
I,L,M,S , font gothiques. D’autres , fans
l’être totalement fe terminent par ces for-
tes de caraèlèrcs,comme les K, O , P. 8cc.
Rr
Digiiiï^^v Google
T "J
II. PARTIE.
SECt. III.
• C H A P. V.
Eipolition détail-
I^c de la première
coîone de notre
XX'. planche, en
Ton raporce I âge ,
la dur^e & les
traits cataâ^tifli
qoes des grandes
Bc petites fériés
des A, B, C,D,E.
J14 NOUVEAU TRAITE
IV.. La P. grande férié de PA eft prefque toute com«
pofée des(i) caradères de la plus haute antiquité. Plus ils
retiennent de la figure de l’F inclinée Sc tournée vers la gauche,
plus cette antiquité eft indubitable. La IP. férié de PA poixe
fa traverfe inclinée de gauche à droite dans (i)la i®. fou-férie,
ou de droite à gauche dans la fécondé. La. troifièrae fentant
Ponciale , donne naiflance à la IIP, divifion (3) des minuf.
cules apartenant au gothique moderne des derniers tems.
La IV*. a pour {4) caraûériftâque générale la- traverfe hori»
zontale j unifiant les deux c6tés. firifée par le milieu , en
(x) Les plus i^ccDS de la première feU'
ferie font au moins du vi‘. ficclc. Toa-
tcs'les craverfes de Tes A pancnc du coté
droit , fans coucher le gauche. Pour peu
<ju*oo médite fur cette pettre férié , oo
s'apercevra facilement de combien dv
figures divcifeS) elle pouroïc être am>
pfifiée. Pour $*cn convaincre » il fufic de
combiner leurs variétés y 9c de fuputer
ce qu’elles produtroient , en apliquant
un trait ou deux de quelquesfîgurcs aux
autres. Par exemple , la traverfe de la
cinquième figure , feroit feule éclore plus
de vingt caraélercs diférens, tous apar>
Knanr à cette ibu férie. Il en iroii de
xneme des divers traies de chacune de
Tes figures. Toutes les grandes &
petites fériés de TA 9c des autres
élémens ne fcroienc pas moins fécon-
des. 11 c(l très-probable , que ces for-
mes 9c une infinité d'autres pareilles
cxiflenc j ou du moins ont
La fou (cric fuivante fç çtiftiiigae par
du rraTCrfcs contraire(,& (ottont par cel-
le du milieu, naidknt dii.I^btgc gAuchc,
fans toucher fouvent
la forme de , mais picf-
4UC tou[miM^t|phie ou moins panchcc
vers hi itçiie. Ses hgurcs les plus rc-
cencet oc dcfocodcnt pas .au-dclTous du
ja'.. lîdele , te prcfcjuc routes font an-
çéiaentes au iv'. II c(l de relTence de
& tfoifîème fou-feric, i))ic fa traverfe,
des Jeux côtés , fort placée au
Milku des deux ;ambagu de TA ; foie
dàVIe ait la forme d'I , de poiiu caié ,
4e chevron hrifé ou de virgule.
i ^ Pref<îue font exception cenc
traverfe tonche les deux côtés. Les plut
anciennes lettres de la première petite
fuite font antérieures à Terc chrétienne ,
& fes plu. modernes apartieaneBt aux
viir.& II', lîceles. Lalecocde remontç
bien au-delà de J. C. & ne defeend pat
de plus de deux ou crois Cèdes au-dc(L
fous , fl ce n'ed dans les lîx ou fepe der-
niers caraéàèrcs. La croilième fe citnve
bientôt transformée en a minufcule. Elle
aptoche , dans fu plus ancienne» Egu-
ru , des premiers (iccles du Cbri(liani(à
me , & dans fu plus récentes , de diiui
de Charlemagne.
())ta 1'. fou-férie aptoche de la fi-
ure du B. La x'. c(l à craiu délacbés oui
ien en pointes.
(4) Sa i'. fou-férie commence pat de»
fîgutcs antérieures à I. C.. fuiviu dç-
celles de (tin rems , te terminées par d’au-
tres moins élégantes , mais également
anciennes. Toutes ont lu deux côté»
dioits , aboucilTans en angle aigu , forme •
la plus commune de nos A d'aptéfent.
La i'. a du moins l'un de fes côtes cour-
bes : ou bien l'anglc fiipéricut eft formé
par deux courbes ou Ügnes mixru. Scs-
. icirtcs ne peuvent erre r^ardées comme
récentes , que quand (bn angle vertical
eft aigu , & (es côtés concaves en de-
hors. Les plus anciens earaéletes de la
j'. (bn-(?iic s’élèvent à peine au-dcITus
du X r*. ficclc , & les plus récens re(Tor-
ti/Tcnc au pur gothique. Leur partie fu-
pécicutc eft toujours terminée en voûte
plus ou moins régulière. La 4'. dont on
peut rapelcr l'origine au fécond (iccle „
eft (pécifiéc pat des ccics. aplatcies , ftiie.
I- <a \
DE DIPLOMATIQUE, 3iy-
forme <1’V aigu , ou bien arondie en U , elle produit la V', -• ■ ■ » ^
De la traverfe &c du haut de l’ A il en rcfulte pour l’ordi* * * ^ ^
naire une lofinge. La note donirera (i) Tes fubdivilions. cha?. v.
Les A de la VI'. grande (z) férié font dépourvus de traverfes.
Lortzontales , foie on pea obliques. Les
A de U prefque égalcmcot aotiqOes
& plats , portcuc ouc céee , à peu pics
triangulaire. La traverfe médiane de
ceux de la 6^, lui ferc de bafe ; & fes
caraâcres , prennent la forme de tarés >
4c rcé^angles » de trapèzes 8e d’autres fi-
gures quadrilatères , dont même qucl-
4^ues cotés fc couibent. Leur age n'cfl
pas fort réeulé. Rien n'empèchc cTaban-
doner au gothique la plupart de ces
lettres , ainîî que les fou-fertes , qui fui-
venc immédiatement. La tête des A de
la 7^. cfl aplattie ou terminée par une
barc. Mais leur traverfe les coupc exae-
tement par la moitié. Le haut des A de
la 8^. eil ouvert; enforte que fes figu*
rcs ont plus la forme d‘H , que d*A. Les
‘dernières , dont les côtés font moins
écartés en dclfus ont la prérogative de
i*age. La fc termine par un angle
vertical , furmonté d'une ligne hori-
zontale. Scs premières figures apartien-
nent au iii% fiècîe , 8c fes dernières
au bas gothique. La lo*. à côtés rapro-
chés par le haut , porte une cfpécc a ar*
thitravé ) débordant des deux côtés , &
uelquefbis incliné vers la gauche ou la
loitc. Quelquefois aufli fc courbe-c-il
en forme de cioi/faut. La ii*. préfeme
une traverfe fupérieure , prolongée vers
la gauche : bien entendu que la tête de
TA demeure plate ou un peu courbée.
La it*. ne devroit prefque être diféren
tiée , que par ropofîtion de la hiéme
traverfe tournée vers la droite. Mais il
fc trouve ici une cranfpofîcion , faite par
ledcffioaceur . du premier caraélcrc , qui
devolt figurer à U fin de la 6^, fou*
férié. Les aiitres%ne des tètes plutôt
rondes que plates j Ôc des cornes plucôr
que des traveiïei ftipéricurcs. Du relie
clics ont pour la plupart le caraélc'c ef'-
renttel d'ècre dirigées Vers la droite. S>
la I}*. fou-férie rcAcinlde lk ta U*, par
la barc ou traverfe fapérieiire. f menée
fculemeac tco la gauche s cUc cq
difcrc,parccquc la voûte de TA efl plutôt
en angle , que plate ou ronde. Il ne
lallTc pourtant pas , dans quelques fi-
gures , de fc courber feulement un peu
du côté gauche. Scs premiers caraélcics
font anciens , 8c les autres récens. La
14^. ed à traits excédans : ccd à-dire
ue le côté { Sc c*ed prefque toujours le
roic ) cd prolongé au-deflus de l’angle
fupétieur , (bit qu*il fc courbe un peu ,
ou qu’il s'abaifTc en fc brifanc. La plu-
part de fes figures paifent le vi*. ficcic.
(i) La Z*, exide , depuis environ deux
mille ans , chez les Grecs 8c chez les
Latins. Elle a fa tcce en angle , ou peu
s'en faut : la l’a place , 8c convient
furcoQC au moyen âge. La durée de U
J*, furmoocéc d'une barc . s'étend cà-
\iron depuis J. C. jufquau fècic. Ls
4^. a Ton angle fupétieur ou fa tere pro-
longée par un ou ptufieurs traits excédaos,
produits par Tun ou Tauccc côié»ou par les
deux à la fois. Elle cd prefque toute
entière antérieure au vu*, fiècfc. La
fc fait remarquer à fa traverfe mi-
toyenne arondie. Elle cd fjfcepcible de
quelques fubdiviltons , que nous n'ex-
poferons pas ; mais qu’on apercevra fans
peine, aiufi qu'en pluftcurs autres >fans
qu’il foit nécefTaire d’en avertir. Des
traverfes mitoyennes , portées au - delà
des deux côtes , anoncent au moins le
■|ii*. fîèvlc. Celles, qui s'avancent plus
d’un côté , que de r.iutre , ou qui dé-
clinent obliquement apanienaeot au md«
dcnic. ‘ ,
(1) Sa I*. fou féric à côtés droits,
abouriffans en angle aigu , cd compo-
fée d'A trcs-ançicns. Ceux de la 1*. ne
le font pas moins. Ils ne diferent de la
précédente , que par les côtés , donc l’un
au moins cd courbe. Ccd de cette fou-
féric , que font nés les m curfifs. La tète
des A de la fc voie arondie du côté
droit ou du côté gauche. Souvent meme
ils prennent la forme d'R contournée ,
en coofervant leur poftûon naturelle.
Rr ij
♦
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il. PARTIE,
S ter. III.
Ch AP. V.
NOUVEAU TRAITÉ'
Nous ne partageons les B , qu’en deux grandes (i) fé-
riés , de lertres raajufcules &c minufcules. La II*. peut re-
culer fes deux premières (z) fou-féries au-delà du ix'. ficelé.
Ils peuvent également convenir au xv*.
j& au XIV*. ficelés, fclon'que leur figure
cfl plus ou moins élégance. Les A oc la.
4*. fou férié font vouccs en arcade :
ceux de la f'. aplatis par le haut : ceux
de la 6*. furmontés d’une craverfe. Il
t*eo rencontre beaucoup au moyen âge,
ainfi que des A ap.'menanc aux foU'
fériés fuivantes. La 7". a la céce trian-
gulaire. La 8*. ell furmontée de plu-
iîeurs boHes , pointes ou cornes. La 9*.
le travertir en x : & quoiqu’elle séléve
jufqu*à la plus grande antiquité , clic
peur néanmoins àefeendre au vi*. fiècic. ,
La 10*. donne à fes A la figure 4'x ren- |
verfé ou de lambda , oui prend routes j
fortes de formes. La plopart de ces A
remontent an tems de la république ou
du moins de l’empire romain : quoique
d'ailleurs cette fa^on d’A (^s cravcifc
foie parvenue jufqu’ao gothique.
On s'aperçoit » qu*cn décrivant auflî
fuccinclemenc nos autres fériés ou foU'
fériés , nous ne laiffcrions pas de nous
étendre encore trop. Nous aloos donc
fuprimer une grande partie de ce ^uc
nous avions écrit dans le même goût ,
nous contcncanc de fixer tes caractères
diftinéUfs de nos divifions 8c fubdivU
fions par (es cxprefTIons les plus abré-
gées. Quand les defcripcions renferme*
ront plufieurs forces de figures , qui de-
jnanderoient à être cara^rifées (éparé-
menc $ noos nous en tiendrons fouvent
à une feule elpccc : perfiiadés que la
fagacité des pcrfuncs , en faveur de
Îmi Ton fait ces remarques , faura bien
upiccr à de pareilles omiilîons. D’ail-
leurs nous ne préfumons pas , que beau-
coup de leéleurs sengagent dans ces
détails feiennfiques , qui Tupofcnc de la
patience , de la curiofité , & meme no
atrait finguficr ^ pour tout ce qui peut
former on antiquaire. Nous ne devons
pas cramdre de mécontenter par trop
de laconifmc les génies , qui réunifîcne
<cs qualités. 11 leur cil donné 'd'cnccn-
dre les chofes à demi mot. Nos explica-
tioos des caraéleres , apliquécs à chaquo
éldmeoe de la planche XX , qu'on doit
avoir fous les yeux , fcvoiu très-inicl-
ligiblcs : quoiqu'elles duiTcnc paroitre
fort obfcurcs , fi Ton les lifoit , fans
prendre cctcc précaution. Quant à la
durée des fériés 8c fou-féries , lorfqu’oa
la palTcra fous filence ; c e(V communé-
ment parcequ’cllc ne fauroit être limitée*
Inutilement répeteroit - on fans celfe »
quune forte de caraélcrc fe foutienc de-
puis les prcmieis teros jufquau nôtre.
Il nous relie trop de chofes a dire , pour
i ne pas devenir un peu avares de paroles.
Ced ce qui nous empêchera de noua
livrer à de femblablcs détails fur les plan-
ches fuivantes. Il ne fera pas dificile de
faifir lacaraêlcriflique, propre à chacune
de leurs fériés 8c fou fériés ; quand on
fera bien .lu fait des fignes , oui diAiiv
guent les divifions 8c nibdivinons de la
préfente planche. S’ils ne font pas en
éfetles mêmes, toujours ont-iU dtéfaica
dans le meme goûr.^
(x) La I*. fc divife cnneuf foo-fé-
rics, X *.dc F ordinaircf, ou bien à paofca
dcfuDies: ce qui font les bas cems , t*. de
B aigus au moins par un bout , 5*. pref-
que triangulaires par le haut ; les uns 8c
les autres de la plus haute antiquité :
4*. de B en forme de D, coupés horiion-
talcmcnt , depuis le vi i x*. jufqu’au xi*.
ficclc : 5*. de B ouverts par le haut , au
IV*. 8*. à trait prolongé en deffus ;
7*. ouverts du mcûns par le bas , à ha/le
quelquefois racourcie , antérieurs au x*.
lièclc , aiufi que ceux de la fiiivanrc :
8*. à haAc cxcédanre par un ou deux
de fes bouts , 9*. au-defiusdu iv*. ficelé,
à panfc fupéricurc a|^dic : d’où les i
minufcules tirent leur origine.
(i) Les 8 de U I*. fè terminent par fc
haut en courbe , 8c ceux de la i\ par
une droirequerconque. La 3*. gorhique
dans prcfque tous fc$ caraélcres , dc-
géncic fouvent en figure d*v. La 4*.
beaucoup plus ancicuoe fc travcAic en d.
1
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DE diplomatique: J17
fois toutefois l’exclure , du moins en ce qui regarde la fé-
condé. Tous ou prefque tous fes b n’ont au plus qu’une
panfe.
La I'. grande férié de la lettre fui vante eft formée de C
anguleux , tantôt femblables au r grec , tantôt à l’L latine,
tantôt à un angle ouvert du côté droit. C’eft ce qui carac-
térife fes trois premières fou-féries , donc les figures font
fort anciennes , excepté les trois dernières de la de
la 3*. Six petites divifions (i) partagent la II*. grande lë-
rie , compofée de C plus ou moins carés. Diverlement (t)
arondis , ils conftituent la 1 1 1*. Ses quatre premières fou-
féries , s’ajuftent mieux avec les premiers ficelés , qu’avec
le moyen âge , mieux avec celui-ci , qu’avec les bas tems.
La IV*. féne, uniquement confacréc au (3) gothique, ne
s’élève pas , au-delTus du xii*. ficelé, Sc delcend prefque
jufqu’au nôtre.
Les angles du D (4) difiinguenc communément fit I*. fé-
rié. Ses lettres ont régulièrement au moins deux côtés droits,
^es deux premières fubdivifions remontent à l’antiquité U
plus reculée. La 3*. dure jufqu’au xi*. fiècle. Les autres ne
defeendent guère en deçà du ix*. La 11*. grande fërie nous
ofre des (yj D aigus , pour la plupart , d’une haute antiquité.
Les D en forme de B nous viennent d’Efpagne , & s’élè-
vent au VI I*. fiècle. La II 1*. férié contient des D majufcules
II. PARTII-.
s E c 111.
Ch A P. V.
(i) Leurs figures apattiennent prefque
toutes au moyen âge. Les autres remon.
tenc S la haute auiiquicé : telles font
plulîcurs de la fécondé. Quelques-unes
oc conviennent qu'aux bas rems , cum-
me la dernière de la i’. Quant aux ca-
laiSères diflin^tifs : i'. fou-ferie, C ren-
dant à le carer , i°. cat^s,)°. à mon-
tant Ibuvent prolonges , 4'. en F , j'. à
Inglrs renirans ou faillans , vers le mi-
lieu du dos , 6', prefque en polygones
iirfgulicis.
fx) t. ofdioaircs , x. contournas ou
renverfifs , plus hauts que larges ,
4. en G, 5. en pointes , Cgnc de grande
antiquité , fupofd qu'elles foieoc conf-
tantes , 6. inclinés vers la gauche ,
7. terminés par des traits exeédans , in-
£ccs des quatre prcmicis ficelés.
f)) I*. C coupé de haut en bas, x*. ea
forme d'a cuiéif , avec faillies , oti
angles rentrans & faillans , 4°. fermé
pat une ligne.
(4) I, côté le plus long vers la droite,
X. vers la gauche , ). en & , 4. trapé-
zoïde, f. caré ou polygone irrégulier ,
6. triangles , donc quelques côtes pea-
veot déborder , 7. lecminés pat uns
couibe.
(f) I*. peu aigus , x*. relTemblans
aux B , ou feulement aigus par le
haut , 8c par le bas , fouvent avec
extenfion d'un bout de la panfe , 4*. ea
pointe par le bas , 8t un peu recourbés
par le haut de la balle vers la gauche,
en pointe inferieure , avec prolon-
gation dn bouc de la panfe , pour l'ordir
naite un pen courbé dans fan excédent.
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II. PARTIE,
S Z CT. III.
CHXt. V.
{*) V. le SU»e
neneies eCEJ^. ^
“le De^tberl.
NOUVEAU TRAITÉ
ordinaires. Quand leurs lignes fupérieures &c inférieures *
qui doivent commencer le demi cercle , font plutôt droites
que rondes ; c’eft un indice du ficcle d’Augufte ou des tems
voifins. A ces traits la première fou-férie le fait reconoitre.
Les (0 lliivantes defcendent à peine au moyen âge. Les D
de la IV*. férié s’ouvrent en delTous ; & tels font ceux de
la I*. fou-férie : ou en delTus ; fie tels font ceux de la z* :
ou bi«n leur hafte eft prolongée vers le haut ; comme on
voit dans la 3®. Ces D ont la figure de 6 minufcules. Ra-
rement s’abailTent-ils au-deflbus du ix*. fiècle. Les D en
forme de p , q, o fiée, donnent (1) la V*. férié. La VI*. en
entier (3) doit être réléguée au bas tems. La VII®. préfente
des D majufcules , à queue (4) notablement prolongée en
delTus. De la VIII®. font dérivés , ou plutôt c’eft en elle
3 UC font renfermés les D (j) onciaux ou ronds , les curfifs
CS derniers tems. La IX®. comprend le J (6) petit romain,
• L’antiquité latine n’a rien de plus ancien , que les E de
la I®. grande (y) férié. Il en faut néanmoins excepter
|>lufieurs de la y®, fou-férie , fort en ufage chez les Efpagnols>
( 1) D pectés y à hafte terminée en
CToiiraot &c. contournés , renverfés ,
4'*. prolongés par les exteaiîons mon-
tant ou de la panfe.
(1) Ses dc9r praniétes ft>o-(értes (#ne
marcjuées au coin de la plus hauce anci-
qouc. L*uoe a fa hafte à peu prés droite,
& l'autre courbe. Elles engendrent , au
moyen âge, la petite fuite, donc
les moncans eicédent haut & bas. Ceft
le rh angto-faxon , fouvent (4) employé
fous les rois Mérovingiens 8c Wilîgots ,
durant les vi. & vix% Héclcs. 4'. en
4: 5'. en O avec un point central :
6^, prefque en coeur , des bas tems :
7*. du moyen âge , à panfe détachée de
la hafte.
(j) I®. D. femblablcs à deux C tour-
nés à contrefens ,1*. courbés en deftus,
au moins par le bout fupéricur de la
panfe, 3®. gradués ou coupés par une
rraverfe horizontale.
(4) t*. déucbéc du montant , 8c fou-
venr abailTée , i*. courbée en deftus ,
3®,VéUTaoc obIi<]ucmcm.licftpeu de ces
D, qui oc foienc antérieurs au i*« ftécle»
(5), t^. s'élévanc par une queue , plut
droite quecourbe , ne s*abaiflcnc pas au*
dcftbus du V11H*. fiécle : 1% en î
tournés à rebours , rcoferroés cotre le
V. 8c le XI*. J®, encore anciens, tica-
ncnc toujours du C contourné , 4®. peu
diférens de nos curfifs , 5*. à queue
courbée en ddfus , à panfe fermée,
relativement à ceux de la i*. 8c 3^.
fou - fériés , 7®. modernes , à panle
circulaire , furmontés de leur queue.
8®. gothiques, anguleux ou polygones.
f<) I*. en forme <Ta , z®. fcmbla-
blcs à nos d d'imprimerie. U s’en trott*
vc dans des infccipcions du iv*. liccle.
(7) £ inclinés i*. vers la gauche
1®. vers la droite , î*. à rravcrlcs , fur-
tout inférieures , horizoncales , 4®. obli-
ques, 5®. courbées , particulièrement vers
le haut , t®. vers le bas , 7®. fuivaoc
l’an 8c Tauire fens. La j*. fou-férie c(V
caraâéiiféc par les prolongations de la
hafte, foie en deftus , foit en deftbos ,
foi; eu Tune 8c l'autre masûéte à la fois»
V
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DE DIPLOMATIQUE. 319
.atnc VII. & VI II', ficelés. Les (i) £ de la II'. férié fonc
réguliers , ou du moins tranchent quelqu’unes de leurs tra-
vetfes. Ceux qui font à la tête des deux premières fou-féries chI»! V.*
paflent le fécond liècle : les fuivans font plus modernes ,
pifcfque à raifon de leur rang. La 1 1 1'. divifion donne dans
les anomalies (z) les plus extraordinaires. 11 n’y a que les • - •
dernières figures de la i*. fou-férie de fort récentes , ainli
que les dernières de la 4'. Les autres doivent être au moins
reculées, jufqu’au moyen âge. L’6 oncial &c \'e minufcule,
contenus (3) dans la IV'. grande férié , peuvent être fupo-
fés defeendus de l’E en forme d’f , plus ou moins courbée.
La V'. n’admet , que des E femblables à deux c , pofés l’un
fur l’autre. La VI'. eft toute (4) entière livrée au gothique.
Nous ajoutons pour VII'. les e (y) minufcules gothiques
^es XIV. & xv', fiècles.
V. Lesrr C ^ forment la I'. grande {6} férié de l’F. H
La 11'. réunit diverfes {y) fwmes & pofitions de cet élément. divüûw «
(i) I*. terminés par des tondeurs ou
tranchés <n talus , i°. par des fommets
& des bafes , ictégulicts , Tans être
tuoins anciens.
(1) I*. E en F, a', fans travetfes in-
férieures & Supérieures , & quelquefois
lenverfés , j‘. en I, 4°. en H ouElong
des Grecs , f en C caré.
()j i“. en f courbée , 1' E onciaux
•U roixlsdes anciens teins , continués
jufqu'au X 1 1'. fiede , avec des courbures
particulières dans la travetfe £c autres
Îiattics. 4°. t minufcules & cuifiEs avant
e gothique.
f4) I. E en forme de B ordinaires ,
X. à contre fens , ). £ plus ou moins
jn O , ouverts ou non , joints à des C ,
(f traverfés horixontalemcnt : 4. en a
eufifs coupés pat une craverfe. Flu-
Ceuts de ces caraélères aparticnnenr au
xi'. hrcle : nouvelle preuve contre le P.
Hardouio de l'antiquité de cet t •
J. fermés par une ligne droite , eu un
pen concave en dehors , en D , tran-
«Iiés par le milieu , 7. femblables à des
D concountés ou à des « curCfs avec
vavetfe menée de droite à gauche, & ter-
Xiinéc dans la panfe. Ces deux fou-
Csics [oat piopics à l'Efpagne : 8 . coupés
r
par une pctMndiculaire , unie du moine
a la iraverfe ou en ovale , p. oblique-
menc traverfés, 10. terminés par une U*
gne doublement courbe 8rc.
(1) Mais, loin de les avoir épuilÜs , ce
o'en eft qu'un léger échantillon. AinC
en ulbns-nous communément , à fégard'
du petit gothique. Ixs planches des miT.
y luplétont.
(q Sa 1'. lôu-fétia remonte au>def-
fus de l'èrc chrétienne , & fe di/lingne
par un trait droit , ordinairemcot dcia..
ché de la halle. 1*. même trait defeen.
dant fans defunion. j’. meme , fimple-
ment ou doublement courbe. En fupo»
fant celle-ci fubdivifée en deux , b 1*.
partie fccoit renvoyée au moyen âge ,
ou meme aux bas teins ,4*. F en T,
f*. en C catés , 4’. F tenveefées , con*
tournées , depuis la haute antiquité , ju(l
qu'au moyen âge. On entend ici par la 't
haute antiquiré , celle qui ptécede l'é-
tablilTcmeot de la domination franjoife ;
par moyen âge , les liècics fuivans , juf.
qu'au xi*i paft^s nms, la durée iab.
ufquentc, antérieure à la réoaillânce deC
lettres.
(7) Intimée l'.versla droite , s*, veif
. la gauche , 3°. à halle prolongée pat le.
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II. PARTIE.
Sf CT. III.
CHAr. V.
fou- divifîoos des
F.G.H, J,K,
L.M.
310 NOUVEAU TRAITÉ
Dans la II I®. grande (ôke âuit con^rifes lès figures (i) les
plus communes. La IV®. eft compofëe d’F un peu (z) ir-
régulières , mais ^refque toutes à lignes droites. Quelques-
unes deicoadent a peine aux derniers tems du moyen âge.
On peut en dire à peu près autant des trois grandes féllbs
fuivantes. La V®. ne renferme pas des F moins irrégulières ,
d’ailleurs toujours courbées par leur queue ou par l’une de
leurs (3) traverfes. Celles de la Vl^. relTemblent à certains
£ majufcules ou (4) curfifs. Si leur antiquité paroit incon-
teftable , futtout dans les trois premières fou - fériés ; elle
l’eft encore plus conftamment dans la VII®. divifion , con-
tenant des F prefque en forme (j) de K. La VIII®. eft ré-
fervée aux (6) t gothiques.
Six fériés partagent entr’elles les G. La I®. repréfente
ceux à queue (7) droite ou courbe. La II®. eft compofée
de ('S) G , ^our ainfi dire doubles. La III®. &c la plus
reftemblante a nos G capiaux , fe diftribue (9) en huic
i>aDC , 4°. à ttaverfe ftipdiicare eo T ,
dlpoumic de ceccc navetfe. Les trais
f remietes apaniennent à la haute anti-
(juitd , les deux autres an moyen âge.
( i) 1°. terminées par des rondeurs ou -
en talus tic. i°. pat des bafes te fom-
inets , <|uel<^nefbis avancés vers le c6ié
ftaoebe. Trou ptemiétes figntes anté-
tieutes à 1a naillânee du Sauveur.
(a) r*. une ttaverfe abailTée, i°. tou-
tes hotixontalei r»o tranchées , en
patrie obliquec , 4’. à trois traverfes ,
avec une extenfion inférieure de la haAe.
()) t*. fupériture , confiAant dans la
eonrinoacion de la haAe , 1*. débordant
vers la gauche , j*’. courbée en s’élè-
vent , 4*. en S couchée , $°.f courbées,
feulement dans 1a (]oeue en dehors,
4°. en dedans , 7°. traverfe détachée
<ce..S*. F à bafe en grifê étendue , du
moyen we : p°. f minuAules & curfives,
10°. ptciqu'en 6 tonds.
f4) i“. ipluficurs traverfes en $ cou-
chées, X*. fupérieorc droite brifée.
traverfes , prefijue totriQUts s’élèvent ,
4*. defeendent , (°. fe courbent inté-
rieurement , au moins en partie.
(y) 1*. aogU ooven du côté droit ,
1°. traverfes courbées , t*. bafe oblique-
ment élevée , 4°. abailTée en forme de
ttoificme traverfe tic.
(t) 1°. prcfqu’en R, 1°. en P , )*. en
H. La quatrième eA caraâériféc par foa
irrégularité 8c la multitude de Tes an-
gles 8c de fes éprons.
(7) t". en S , ligne du tv*. ficelé^
t°. en virgule , indice des fept premiers:
)*. oblique alant de droite à gauche ,
anonce particulière des vt. & vti*.
4°. horizontale ou perpendiculaire , du
même tems , j*. obliquement dirigée
de gauche à droite', 4°. en C. contour-
né , rentrant dans l’intérieur d'un C or-
dinaire ; ces deux encore plus anriquet.
7°. G en S , n’eA prefque jamais poAé-
rieur au tx‘, fiècic.
(8) t*. couchés fur le dos , delà hau-
te antiquité , 1°, fcmblable aux C,
; *. aux C à dos on angle fâillant : ce*
deux du moyen âge ou des tems go-
thiques.
(f) I*. bout inférieur fê double 8c
finit en courbe , a*, palfe en fe cour-
bant fous la petite ligne droite , y *. boue
fnpérieur chargé de courbes exaédantts ,
4°. ligne droite inférieure détachée du
fou-fèrieSj'
Diylij^ad bv Googl
DE DIPLOMATIQUE. 311
Ibu-Æries , dont les fix premières font concentrées dans le
premier âge , la 7'. dans le moyen , la 8'. dans le moderne.
Xa iv'. grande férié femble réduite au C , mais dont la par-
tie inférieure fe courbe intérieurement , comme pour ré-
joindre fon dos. Quoique quelques-unes de fes figures re-
montent julqu’au I. liècle , &c meme au-delà ; la plupart
(i) conviennent encore mieux aux moyens &: bas ficelés.
La V*. grande férié ne reçoit que des (1) G carés ou angu-
leux , &c ne prétend rien au-deifus du moyen âge : fi ce n’eft
dans fes 4. &y'. fou-féries : encore à leur égard ne faut-il par-
ler , que des v. vi. vu'. Cèdes. La vi' férié, furtout dans
C3) fa a'. fou-lBrie , reftreint fes droits au feul gothiques
On l’auroit pu augmenter coniidéralement , fi ce caraélere
en valoir la peine.
Nous ne divifons l’H qu’en deux fériés de majufcules
(4) Sc de minufcules. Excepté la 1'. fou-férie , qui de la
plus haute antiquité defeend jufqu’au plus bas tems , &c les
6. 7. & 8' , à jpeu près du moyen âge ; prefijue toutes les
autres ne s’abaiflent pas au-defl'ous du ix'. fiecle. Plufieurs
meme ne peuvent être renvoyées fi tard. La ii'. grande
férié n’a rien de plus ancien , que le iv*. fiècle , dui^uel
on peut raproclier quelques figures (yj des quatre premières
demi cercle &c. exerdmieds tranchées.
1*. dos plus alongé que rond , exac-
tement arondi, 7°. moins régulièrement,
St. bout inférieur rentre dans la carité.
(i) 1°. tonta&ie femblabict au C,
a*, repliées fur elles-mcmcs par un des
bouts , en forme de <. ou de « , 4°.
deSoud'v, f’. de b tranché par le haut,
des bas tems , 6°. recourbées extetieu-
rement par le haut , moyen âge , 7°.
abailTées dans la partie fupérieutc , réu-
niflant l'antique Sc le moderne.
(i) I*. dilfingués pat des queues ,
1*. en F , plus rigoureurement carés,
4°. en r , f’. enC anguleux , t°. en C
carés.
(}) La I*. pouvoit être remplie de
divers g dans le goût angio - faion.
Nous renvoyons à la planche XXII.
(4) 1°. à jambages tranchés, arondis
on en grife , non joints par la tra-
vetfe, }°. H privées d'un côté , 4°. de
Tome IL
traverfe , y°. celle-ci détachée des jam^
bages. H en N , 7“. courbées en
voûte ou demi-voûte par leur tcaterfe 4
8°. à jambages inégaux , 7°. à traverfe
excédante. 1 0°. H panchées vers la gau-
che, II”, vers la droite, i z°. prolonga-
tion irrégulière des bafes 8c fommets.
ij". courbures des côtés, 14”. de pliia
inégaux. 1 1°. H aptochant du K , i s”,
tonuolités dans les jambages dilpropor-
tionés.
(f) t”. leurs traits de jonélion def-
cendent plutôt qu'ils ne montent , 1°.
montent plutôt qu'ils ne defeen-
dent. j°. h tendant à fe transformer en
t , 4”. travefUes en cette lettre , f". aux
deux jambages courbes , S“. de niveau
fans bafe , 7“. côté droit excédant,
8°. à bafes 8c fommets , en h ,
io“. côté droit courbé en- delTous 8t re-
courbé en dcüfus. Il”, pur gothique.
SC
II. PARTIE.
S ICT. III.
Chat. V.
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II PARTIE.
StCT. III.
Chaï. V.
}îi NOUVEAU traité
fou-féries & de la 6®. Les autres doivent être rëléguêes an
moyen âge. La 5'. & la 9'. fourniflent du pur gothique,
La I*. férié de ri (1) lui conferve fa figure droite, ou du
moins* en aproche. La 1 1®. lui prête la figure du T droit ou
(i)renverfé , du r foit contourné , foit naturel. La 1 1 1®. em-
prunte celle de fj) l’L, 6c fe raporte ("4) aux quatre premiers
ficelés. La iv®. d’une plus grande antiquité , translorme lès
I en Z 6c 5 C F Y Z , 6c fe fubdivife refpedivement (y) en
cinq fou-féries. La v®. divifion en forme d’J (6) confonc,
ne peut fixer l'on âge , que par fes fou-féries. La vi®. fuite (7)
enchérit fur toutes les autres par fes irrégularités. Prefque
tous fes caraderes font poftérieurs au xi i®. ficelé.
La I®. grande férié du K , à traits (8) irréguliers , tient
à la plus haute antiquité. La 1 1®. alTcz régulière s’étend
dans les figures (9) des quatre premières fou-féries , depuis
deux fiècles avant J. C. jufqu’à la fin du moyen âge. Les
autres defeendent, jufqu’aux bas tems. La i ii '. grande ( i o)
lèrie , prenant la figure de l’R , cil gothique , dans les qua*
tre dernières fou-féries. Les trois autres peuvent fe raporter
(\) X®. incliné avant J. C. t®.- ter-
miné en rond , deux liécics av.mt fa naïf
Tance : de plus en lofance , en creux ,
en grtfe &c. jufqa*au goenique : )*. ho
^ixootal , perpendiculaire , meme du-
Tée : 4®. en crochet , f®. en pyramide
ou pointe , moyen & bas âge.
(1) I*. en T , durant les cinq pre
miers iîcclcs : i®. en T ou , même
âge : en J, avant J. C. & un peu apres.
()) 1®. bafe ou craverfe en ^
a.®. fculciDent coutbée en defTous » )*'.
lélévée en angle , 4®. en ligne droite,
5*. courbée en delTus.
(4) Exceptez trois ou ouacre figures
de la En de quelques fou-féries : comme
la 4*. de la 4® au viii®. hcclc , la
dernierc delà auxiii®».
f f) La 4*. précède de deux Tècles
Eère chrétienne. Après avoir paru ou-
bliée , deux fièclos depuis , clic fcroblc
tevivre quelquefois dans les bas tenu $
aiofî que quelques Hguresde la $*.
(4) 2®. coupé par une barc medianc
(c réfère aux crois premiers fiècles. 1®.
ùni uarcife depuis la plus haute anti-
quité jnfqu’aux bas tems. )®. gothique.
(7 ) I ® . bafe mafTtvcmcnc gothique, x*,
un ou deux points fut les 1 &c, )®rplûs
ou moins tranches. 4®. bouts en grife
ou évafés. 5®. I en x. <®. J. hilares 5c
monflrucux..
(8) I®* traverfes feparées Tune de l*aa-
rre , 1^, jointes en angle , j®, faifàn*
un angle ou bien une courbure , der-
rière la liaftc', quelles traverfent. 4*. an-
gle détaché do la haAe. 5®. pccfquo
en H.
ip) 1". à jambages tranchés , 1®. à-
traverfes au moins d‘un côté plus cour-
tes que U haAe, ou à haAo plus courte
que l’une des traverfes , iravcrfe fu-
perieure à peu près drotre , 4*. courbée
en dcAbus. j*. K en x , 6®. eu h. 7®. haf-
.re inégale à Tune de fe^ branches.
(10) 1®. tête ou panfc ouvene cndcT-
fus , côtés tranchés , tous , 1®. quel-
ques uns J®, nul. 4®. tête fermée
5®. ouverte en deUbus , 6*. frrmée
montant prolongé. 7®. K. angulcuiSc-j.
très-gothique.
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DE diplomatique; 51J
au moyen âge ; quoique plufieurs de leurs figures remontent
plus haut.
La I®. férié de (i) FL , prefque en forme d’V , dont le
côté droit eft néanmoins plus court que l’autre , remonte
plufieurs ficelés avant J. C. La ii®. refifemblant (i) au b
a déjà cours crois ficelés avant l’Incarnation. La ni®, (ç
borne (3) prefque aux figures les "plus régulières Sc les plus
communes. Elle dure depuis la haute antiquité , jufqii’à la
fin du moyen âge. La iv®. emprunte la figure (4) du Z :
i’L employée fous cette forme deux ficelés avant J. C. l’é-
toit encore au xii®. La v*. abailTe fa traverlê ou fa ("j)
bafe. Prefque tous lès caraélères font très-anciens. 11 en eft
qui remontent de quelques fiècles au-delTus de l’ère chré-
tienne. Tels font la plupart de ceux des 3®. & 4®. fou-
féries. Il en eft aufli qu’on peut rejeter vers le x®. fiècle. Tels
font xjuelqu’uns des i®. & <5®. fubdivifions. Prefque toutes
les autres ne defeendent pas plus bas , que le vi i®. La vi®.
grande férié a (es L en A , ou peu s’en faut. Si à peine fe
rencontrent-elles avant le v®. fiècle; elles ne defeendent guère
en deçà du ix®. On trouve néanmoins quelques L de (6)
la 1®. fou-férie , plufieurs fiècles avant J. C. 6c quelques-unes
de la dernière au x®. La vi i®. grande férié n’eft ocupée ,
que par des {7) L contournées ou renverfëcs. La vi 1 1®. ne
(i) 1°. hade inclinée vcR U gauche '5°. aigu & obeoa . 6°. en zigzag ,
i®. perpendiculaire, j®. craochdc, 4“. 7®. narerfe cowrbde en deflôn» . S®, ea
pancade vers la droite. fbmniet arondî. 9’. 1* en forme de a
(t) I®. pointe iafdrieme ctds-aigue. oa d’ Z.
a®, craverfes prefque en iw couende, (f) i®. baffe perpendiculaire , bafe
plus recoorbde en delTus dtc. j®’ hori- oblique. 1" toutes deua . obliques , )®.
, aomalement commenede , avant de fc bafe en rss 4°. en zigzag , f®. nota»
contber &c. 4®. arondie fans angle, bleinent courbde en defTous , <°. peu ,
J®, rondeur plus ample , relativement i 7®. plus vers la gaticbe , S®, vers la droite
Ja halle , <5®. courbure Idgdre , 7®. fort en defTus.
idlevde 8£c.l®.bafeenScouchde,9®.tirant (O i*. en chdvron brifï , 1*. cnx,
peu fur le d , quoique concave en defTus j*. grand c6cd à gauche , 4'. à droite ,
par fa traverfe. j®. côtds fe traverfant , L en ligne
()) r®. L, aux emdmitds rondes . ne perpendiculaire iranchde à droit par le
paroiCeot guère depuis J. C. 1®. tran- milieu.
chees dldgammcnt , premier âge , }®. {7) Tourndes vers la gauche , i®. i
moins régulièrement ,4®. non tranchées angle obtus , s®, droit, )°. aigu , 4®. en
parle bas , j®. à fommets avancés vers C card , contourné , j®* è. Quatre
la droite , ou prefqae 6> C . defeend à | premières fou-fdries , propres aux iièclea
peine au vi®. fiècle. I antérieurs & poftdrieuri a la naiflance
(4) I ®. à angles droits , s®, aigu S: I de J. C. excepté la figure perlée , j®. de-
dtoit , }®. aigttt 4®. droit te wtas, | puis le it®. jufqu'an x®.
S fij
Il PARTIE,
S E CT. III.
Ch A P. V.
Digitized by -^OOgle
*• -
II. PARTIE.
Si CT. III.
Chat. V.
jt4 NOUVEAU TRAITÉ
renferme que des L lèmblablesou prefque (i) femblables à
desX- Ce feroit les dégrader, queue les rabaiflêr au-delfous
du iv'. ficcle. La ix'.apartient toute (i) entière au gothique
moderne.
Irrégulières dans leurs jambages , les M de la r*. grande
('3) férié tiennent le bout de ceux du milieu notablement
élevés au-deflTus de l’un des piés , ou même , de tous les;
deux. L’antiquité de ces figures les atache aux premiers fiè-
cles , à l’exception de quelques-unes des deux premières fou-
lëries. La ii'. grande fuite (4) eft affez régulière dans fes
jambages , quoique les deux extérieurs foient encore plus
longs , que ceux du milieu. La ni', les a fj) de niveau
ou prd'quede niveau. La iv'. les prélênte de même, maisC^)
prefque toujours irréguliers. Ces M (è raportent principa-
lement au premier 6c moyen âge. La v'. montre lès (7) jam-
bages , ou au moins l’un d'entr’eux , fupérieurement prolon-
gés. Prefque toutes fes figures peuvent dificilement être rabai-
fées, jufqu’au v'. fiècle. La.vi.'. renferme (8 )-desMà figure.
(i) I®. bafe oblique , 1®. un peu creu-
féc en delfbus , j®. en voùre » 4®. en an-
cre ,5®. horizontale , 6®. L en U.
(i) î®*,Lcn C anguleux par le dos ,
1®, fonunets en croilfant &c. 3®, en
grifc , 4®. L à bafe courbée en dehors ,
j®. en dedans J <®. armées d'un épron,
7®. abaiffées par la réte vers la droite ,
t®. trés-maflivcs, 4®. à bafes élevées au
aive.iu des têtes , 10°. en fourche ou re-
courbées.
(3} 1®. à jambage extérieor gauche ,
^lut court que le droit , 1®. dnne plus
court que le gauche . 3®. concaves feu-
lement on dehors , 4®. en dedans au
jTioins.
(4) M 1®. fans bafes ni fommets ,
a®, jamhaçcs mitoyens diverfement cour-
bés , 5®. l>ours arondis > 4®. tranchés
furrouc par le bas , j®. par le haut ou
carcs , 6®. à côtés exrrinicqucs irrégu-
liers. La 3*,-fou férié eft généralement
antique. Les autres ne le- font pas fans
mélange âe modernr.
(î),i®. angles fupérienrs aigusavant
J. C. & un peu après » t®. carés , com-
mençant au 1 1®. fécle , communs au
ijx*. 3®. tous kl jambages obliques,
4®. mitoyens en V détaches , x. ou x :•
lîécle.. 5®. autres disjonéliotis avant
; J. C. tf®, M , en delTus rranchéçs obli-
uement , 7®, à jambages courbes. Les
eux dermeres (ou > fériés moins ao->
tiques.
(6) X®. côté gauche plus court que le
I droit , t®. le contraire , 3®. M tortuea>
fes ou brifees , 4®. renverses , 5®. fé-
cond jambage prolongé de gîmchc à
I droite, é”. Ie$*deixz mitoycus fc cou-
I pant , 7®. les deux premiers fc travet-
fant , S®, les deux derniers de même ,
9®. tons ks quane , xo. triangulaires
par les extrémités fupéricurcs.
{7) I®. le droit plus clévé que k gau-
che , 1®. le gauche plus que Je droit,
3”. égaux , peu courbes &c. 4®. tref-
courbés en dedus vers la gauche.
, (8) I®. en H , a®, avec crtcnGon
abailTéc du milieu de la traverfe , 3®. en
potence frmplc , 4®. double , y®, mé-
diane prefque en zigzar; Sec , é®- denr
H unies par un jambage commun &c ,
7®. celui du milicn d^ebé. 8®. croif-
-Tant fur deux I. 9®. deux II. 10®. li-
gure apiochaocc de 1*N , acoinpag^iéo
d'un L.
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de diplomatique. 5iy
rrcs-hétéroclite , &c n’a proprement , que deux ou trois jam- — "■■ ■ S»
bages. Tous fes caradcies ioni concentrés dans le moyen partie.
âge. La vu*, comprend (i) les/w minurcules , dont le go-
chique a fouvent fait des majulcules. A la viiif. apar-
tiennent les M onciales ou rondes Sc les gothiques , qui
en font dérivées. Il ell ordinairement elTentiel aux demie--
res d’être arondies , au moins par le bas du côté gauche
en dedans , fans fe recourber en dehors. L’antiquité desM
de cette (z) férié remonte au iv*. liècle , 5c defeend ;uf-
qu’aux derniers tems du gothique , qui ne commence pro-
prement qu’à la VI*. fou-lérie.
VI. La I*. grande férié des N eil dillinguée par le jam- Ageactaf»(3(!rir.
bage (i) gauche, qui delcend plus bas que le droit. Elles liqucs dcjfttks &
fe réclament fpécialcment des trois premiers fiècles , ex* «.^tôîone^'Jd
cepré celles de la 4'. fou-férie , &c quelques figures de ia fe voient les N ,
J*, particulières aux viii. ix. &c x', La n«. grande o,p,Q,r.
ftrie eft à jambages (^) à peu près égaux , un peu irrégu-
Kers. Elle régné flinouc depuis lêpt hccles avant J. C. juC-
qu’au v'. La m*. fe reconoit par {5I les excédans de fes
jambages. Elle eft du refTott des plus beaux fiècles. Nous-
ne voyons que quelques caraûèrcs de la 3». fbu-férie ,qu’oiv
puifte reftreindre au vu*. La iv*.‘ grande férié contient
ks N ordinaires ou tranchées. Elle s’étend depuis deux
(i) 1°. arondies prcfqge en dcnii-
-cercle , t*. an moins à deux pids droits ,
aoyto âge , cardes en delfus , 4°. fé-
cond jambage Amvvnt très - dimioud
&c. 5^ m alTex conformes à nos minuf-
cnles . moyen de bas age ,6°. en grife ,
gochi(]Ucs , ainfi que les fuivantes , 7".
nrondies par le haut arec un fcul cn-
fencement dans le milieu, S". jamba-
•ges ordinairement ddtacbds , y°. mi-
toyen pioloi^d pat dciTat , i o". fupri-
rod. -1 1°. daunce indgale de jambages
pen cdgulicis M chargdes d'an-
gles &c.
(xl fortarondie des deux côtds,
1”. jambage mitoyen diminnd , côtds
plus courts ,4”. M itrdgultdreàgrife Sic.
J*, premier eôtd concave en dedans (e le
ttoifeme droit &c ; 6*. par le bas du
treiltcme pid , M.rdldvde co debors ,
7". endedaot >°. « S coaebde 4°^
clnfe d'une parc , au moins , 10°. b deux
ovales Sec. ri°. ligne predepie perpen-
diculaire au milieu d'un cercle , it°. M
fetmdet par une bornontale inférieure
i)°. en donble cercle Sec. cnomdga.
• (?) obli<)oe , x°. coutbd co dcliors ,
le droit coupaot Je mitoyen ,
pcrpcodicuUirc ira^bd, 5**. râbattt Cil'
forme d'M , en » grenue 9cc.
(4} i**. obljqoes , Xr^, courber 8cc,'-
t)". tortueuxoo bhfds, 4**. décachds&e.-
(;) côté droit prolongé en de/Tus ,
1". courbé, étendu en dcifôuf»-
4". haut du gaucoe Tupérieur au jam«
bage mitoyen &:c. par le bar-
plus long qoe le droit , 6*^*' rou^oats
en fe courbant , 7*. plus haut que le
<iaucbe,8^.termina>ron en cowbe,9°«plfiS'^
long que les deux autres jambages > 10*'
gauche p;us coati «qu'eux*-
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n
51? “nouveau traité
^ ficelés avant J. C. jufqu’aux derniers tems. L’antiquité né
II. PARTIE, tombe guère, que fur les premières de chaque (i) foii-
h”? * V. Les N (i) de la v*. férié aprochent de la figure de l’H.
Celles de la vi'. fpnt (3) minufcules , &c commencent au
ui', ficelé.
' Les O de la i'. grande fiirie (4) s’arondilTent régulicre-
prent foit en cercles , foit en ovales. Couchées , celles - ci
remontent à la plus haute antiquité. Les autres fui vent de
près , fans pouvoir être renfermés dans des bornes fixes.
Les O (3) de U 1 1*. fe font remarquer à leurs angles. De
plus des ouvertures fréquentes y paroilTent avant la naifiancç
de J. C. &: dans les ficelés les plus voifins d’après. La ni*,
montre des O , compofés d’une ou plufieurs lignes droites.
Les quatre premières fou-féries (6) font plus anciennes que
3. C. Les autres ne conviennent qu’au moyen âge , excepté
‘ -quelques caraftères des 6. & 8*. renvoyés aux derniers tems.
La IV*. grande férié à figures (7) arondies , fouvent avec
•des extenlions , eft prefque toute réduite au moyen âge , ex-
■cepté la 7*. fou-férie , réléguée au gothique.
La I*. grande (8) (éric du P femblable au pi grec , ou
•'en aprochant beaucoup , remonte 700. ans & plus avant
■“J. C. Cette forme eft très-fréquente avant fa naifiance : plus
• on delcend depuis , plus elle devient rare. Les exemples les
(i) i‘. pea uniforme ,1°. jonctions ai- ). en deux endraics. 4. O en Q
.gués , cardes , 4'. N patdes kc. f . en d Sc 3 . S. en ogive , 7. prefque en
, (1) i". à tranfTerfalc defeendaoe de coeur.
gauche i droùe , fréquences du iv. au (<) 1'. en D , t'. en (j. O &c .
IX'. ficcle, 1°. à traverfe coDmcaçant autres anguleufcc à une feule ligue
eu hotixoncale , )°. fupriinée Sec. entre droite , 4'. à deux , 5'. à plutcurs ic-
Ics TI 1 1. SC xi'. 4°. s'abailTanc de droite régulières, S’, en lolange , 7'. tran-
à gauche , depnis le x'. en Z , rares, chee oiT ptoloaeée , I*. eu polygone
U) i**. iâns bafe ni courbure éminente I mafli cmçnc gotuique , 9*. eu caré ,
nu nié . t". coté droit cecourbé de bas 10'. en tnangle.
eu nanc, palTant par-delfus le haut (7) i. prolongées «ncraix , t. pat
de l'autre , 4°. enhaux viii.ou ix', deux traits iofécieuia , !• doublement
Ijccles. Les N fuivances, depuis le x 1 1 1 , arondies, 4. lâiis ouverture &c. en
excepté 1a decnicte figure , aplaccies oœ^a , (. en étoile , 7. farcies , 8. en
en delTus , en R , D , B Sec. 7”. en tb lajon.
P , q Sec. 8". R à rebonia , à pièces (8) i, en F , i. côté plus court def-
détacbéci', anguleufes Sce. gothiques. Cendant à plomb , {.obliquement, 4. fe
(4) i. eu oeaiet coucbéetit. obliques, recourbant en delTus , après s'étre abaif-
). droites , 4. eu cerclia. j fc, j. P inclinés, (. réj^uliets dan*
(}) i.oaTcraeadeiriii,a.CBdefroin, coura Icitn fbtsici, 7. «coiéa éga«K,
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DE DIPLOMATIQUE. ^17
plus tardifs , que nous en ayons rencontrés font dû x*. fiècle
en Angleterre. Cétoit alors , & peutêtre dans les ficelés
immématement antérieurs, plutôt une imitation des Grecs, Ch^k v,
qu’une continuation de Pancienne figure latine. Le carac-
wre le plus général de la ii*. fiirie eft d’avoir fes P ou*
verts. Elle u’eft guère poftérieure à la précédente , dans ( i )
iës S. 9. ou 10. premières fou- fériés. Si les fnivantes nq
remontent pas toutafait fi haut ; elles peuvent dater, depuis
le commencement du premier fiècle , jufqu’au ix'. La 1 1
grande (1) férié à P polygones n’aproche pas moins de Page
de la première. La patvfe fermée caraélérife {3) les P de la
jv'. Ceux à panfe aigue s’anoncent de la très-haute' an*
tiquité , les plus élégans tiennent au fiècle d’Augufte. Les
traits excédans &: la forme gothique dilUnguenc (4) la v,
ierie.
La i'. des Q (êreconoit à leurs queues droites , fans être
la continuation des côtés de la panfe. Ses trois premières
Ibu-féries (3) apaniennent aux ficelés antérieurs à J. C. La
4', à tous les tems , les fuivantes feulement au moyen âge,
La queue des Q de la (6) 11'. férié n’ell que la continua*
don du côté droit. Celle des Q de (7} la iii‘. naît du
4
(1) longions aigues par le haut
feulement , côi^ droit oblujue , 1. Uu
peu plus courbé par le bout inferieur ,
trancKé par le bout fupéricur » 4. pan-
fe arondic , unie aq dclious du bout
fupéaeur de la bafte » 6. pafTaoc par-
dcHus, 7. rabarue au-delà. 8. éicvécau-
deûus du montant I dtc. 9. fans le tou-
cher. 10. P ouvert du côté gauche, it.
endenîis, ii. dé plus tranché, i|« à
panfe détachée , ou fuprimcc , 14. ûns
panfe.
(t) I. à panfe tarée, a. en polygone
urésulier • en triangle , 4, compofée
de ociuc pirillclcs , unies par une courbe.
(;}: Us^uliers, i.ijr<!gulicrs dans leur
bafe , ], à attire piolonedc au-deilus de
b haAc, 4.pïi|)i.
(4) I. exteafioa dp la panfe au-deiTus
de la liaOe , a. cclle-'^ gli|s hau'c que la
panfe &c. ). f centalûc ((«tbiques.
((} Queue i°. pctpeDdicnlaite , t”.
.blii^e J UB peu couibde pas le boue
iofdtieui, 4". à pure , dont le tour ad-
met quelque ligne droite, j". en D coo-
touroc , 4'’. queue btififc , 7°. borizoo-
talemcnc polcc & pufe en ovale ou I0-.
fange , 1«. en cercle, f”. queue ou point
intcroc-
(4) r. queue têprnfê fut elle indmc;
fus ocud , t°. noude & recourbée, }. Q
en S cODioutnée , 4, en . , co , ^
4. queue courbée iatéricutemenr , 7. en
N. & faifant un uglc avec une droite,
les fou-létics i. 3. 4 7. piccédem l'ère
chréticanc , 8r ne defeendent pas quatre
fiéclc* après , fi ce n'efl la dernière.
Les 1.3 4. conviennent U moyen âge,.
ic même aux bat rems.
7. I. panfe anguleufc , a. ample
queue circulaire,, y. p.infç cuoite. 4, Q
prcfqie en C , en I’ , 4. queue longue ,,
7. doublcmcut recourbée en defTus , S,
en delTous , 7. double , ic. tc'lcvee d’uix
monticule &c. Les 1. je 1. 3. feu* '
fciict domiaent deux Gcclcs avant T. C,
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Jts NOUVEAU TR.AITÉ'
' gauche. Les autres dtverfes jonftious de la queue atec la
Il PARTIE, forment (r) la iv'. La v'. ii’admec (i) que les a mi-
Sect. III. '
Cha». V. nulcules.
La I*. de l’R (3) anguleufe ou fans queue , répond , ainfi
- que la II'. aux premiers liècles. Celle-ci (4) devient encore
J»lüs abondante , depuis le vi'. jufqu'au xiii'. La III'. à
panfc (3) arondie , commence avant J. C. Si dure jufqu’au
jci'. ficelé. La IV'. à panfe (6) ouverte Sic. doit , quanti
la plupart de fes figures , être référée aux prentiers rems.
La V'. un peu (7) irrégulière , quoique à queue unie à la
tête fermée , comprend beaucoup de lettres antérieures i
l’Incarnation , Si quelques-unes de poftérieures au vii«.
ficelé. La VI*. fuit la forme ordinaire (81 de l’R. La VII'.
très (9) hétéroclite , ne s’élève pâs au-delTus du moyen âge.
La VIII'. renferme (10) les rminufcules, depuis le j'.fièclc.
& un après. Les 4. 8. f. depuiS le
premier jurqu'an i. Les 7. le 10. aux
^oyeo le Vas rems.
(i) I. queue œalEve, x. enS iuiroduite
dans la panfe , ; . en U. 4. paufe ouverte,
y.tètmèc&coujouisapnyètfur une queue
t. dèiacbèe, 7. dç plus ptefque eu C
couché fur le dos , t. atachée , cour-
bée & reeouebée . 7. céte maigre , 10.
maflive. Les foû-lïries i. 4c 10. apar-
riennenr aux moyens 4c bas Itèelcs , les
autres aux premiers. Les x. 8c ). ne
lailTent pas de defeendre cônlïdétable-
Bcnc:
(x) c. ordinaire , x. halle excé-
dante. ! . q aigus , 4. l panfe irrégulière,
5. ouverte , «. en y , 7. gothique char-
gé d'angles 4c de pointes.
(j) I. à lignes obliqnes & courbes ,
X. obliques 8c MrizoDtales , en P.
(4)i.poime vive4cc. 1. ptefque verti-
cale, J . de plus excédante , 4. queue ‘dé
tachée 4cc. y. oblique , t. cooibcc en
delTus 4cc.
(f) I. inclinée n'étant que la conti
anation de la halle , 1. en elldillinguéc,
). coofbndnc avec la halle fans incli-
oaéfon , 4. excédée en dclTus par Je fu-
port, y. alongée 8c fertée , (. palfaot
pardclTiis la halle , 7. en forme d'S.
(4)1 .haut 4c bas, 1 .en delTous, t .à halle
ficouccie, 4. queue en S contoutnee , y.
haftes 4c queues couibécs en dehors. 4.
panfe anguleufe , 7. R contournée , 4cc.
t. horizontale en tête , 7. queue
très - écartée du pié de la halle. 1 o.
R irrégulières è panfe 4c queue en-
fembic détachée de la halle , 1 1. ré-
gulières de même. ix. halle , panfe ,
queue disjointes les unes des autres, 15.
queue feule détachée, 14. disjointe,
panfe fermée , ly. ouverte en dc/Tus,
1 4. queue partant de la halle au dclTout
de la panfe.
(7) 1, queue plus courte que la halle,
X . halle moins longue , y . queue cour-
bée en de.ians,4.bwe excédée par le haut
nii le bout de la panfe . f. prolongée en
teHns , t. panfe anguleufe , 7. balle
obliquement tranchée, 8. queue cour-
bée vêts la gauche.
(8) I. allez régolièrement tianchée ;
X. moins cxaâcmcnt , ;. queue malTive
4c droite , 4. courbée furtoui vers la
halle 4tc. y . chargée d'un monticule ,
4. R en B.
(7) I. dégénérant en» , 4c dont le fcr
eond côté palTefur le premier, x. en for-
me d'n, ). aplanie en delTus, 4. aron-
He, y. en G a queue , couché , 4. en
■V 4cc , 7. en » grcqne4tc. 8. R en A
fans travrrfe 4cc. 7. R. contournée 4tc.
(10) i”. côté droit recourbé vers le
haut, X*. vers Icba* , }*. naillknt au-
VII.
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DE diplomatique. 315
'VII. La I'. grande (i) férié de l’S , angulcufe dans la —
plupart de fcs caraclcres, précède &: fuit de près la naiiLrnce
de J. C. Un petit nombre de ligures de la j*.& 8'. fou-féries cn*p. V.
peut defcendre jufqu’au ix'. fiède. La II'. en forme (z) iv'. colonc.oj
minufcule. , anguleufe s’étend , depuis le ii'. fiècle juf- Con« rcufcrm^ci
qu’au x'. La III'. reçoit les S peu (3) courbées , au moins '" y*
d’un côté , ôc dure jufqu’au vi 1'. La IV'. eft confacrée (4) ’ • ’
aux S ordinaires. La V'. pleine (3) d’anomalies refl'ortit
au moyen âge. La VI*. eft prefque (6) entièrement livrée
au bas gothique.
La I'. grande (7) férié des T , deftinée à ceux , qu’une
traverfe coupe ou divilè , débute par des caraûères très-
antiques. Les têtes ou les baies portées plus d’un côté que *
de l’autre (8) caraûérifent la II*, férié. Sa durée s’étend
depuis le i . fiècle , jufqu’au x' , auquel on peut rapeler ,
furtout la fou-férie 8'. La III'. grande (9) férié fe diftingue
par une tête enfoncée ou courbe. La IV'. peu ou point
dc/Tous de Feirémicé du gauche &
retévé en courbe , 4”. r en h , j*. en F ,
queue anguleufe , 7°, en R , S*,
xcnyciffc, 5°. anguleufes , 10*. en Z,
11% puremcnc gothique. Les trois pre-
mières avec les & 6. fou-férieSj &
même la 9*, remonteoe au premier
âge. La 4*. & la 8‘. au moyen , le refte
adjugé au gothique.
(1) I. à deux angles opofés , 1. en
2 > à trois pièces détaebées &c. 4. en
Z , 5« en broche &c. 6, angles aigus
aux deux bouts. 7. S prcfqae en $ ,
S« en G droits à queue , 9. rcnverfês.
(i) I. de C. aigu ou carê. a. angle
obtus &c. J. plus aprochant du drôle,
4. tirant fur 1a faux , 5. en F , à halle
courbe , 6. en jr , 7. /antiques curlives,
5. modernes.
()) I. haut St bas , 1. recourbées en
dcHous , ) . en E , 4. prefque fans cour-
bure , 5. ligne iupéricure oblique , 6. en
i*abailTant , 7. S«maflîvcs, 8. alongéci
fans Bcud , ^.preque toujours fermées
ou nouées par Icslwuts.
(4) 1. aux extrémités rondes, ex -
termon fuperflue au bout , après un
Dcud , J. faus neud , 4. tranchées cxac-
ixjncûi , t. en courbe alongéc par le
Tome IL
haut &c. 6. non tranchées.
(iJ i". S contournées , i°. couchées ,
Tcnvcrfécs , j”. en G à ejucue , 4". en
C , j". en Z à rcboucs , «°. ca Z , 7",
à pièces détachées.
(i) i. czeenhons bifaics , 1. S. écra-
fées , ) . clofcs par un bout , 4. par les
deux , 5. en B , en p ou (] , 7. f go-
thiques angulcufes majurcules , t. mi-
nulcules.
(7) I. en eroix de Dieu , x. de S. An-
dré , ). droites , travetfées vers le haut ,
4. en th faxon , en 9 , formées de
courbes , 7. irrégulières , 8. eu € , 7. en
E.io. en y grec, ii. citant fur Ty
&c.
(8) t. en r , i. en S. catée , j. tn C
caré , 4. dont la traverfe clh égale-
menr portée des deux côtés , y. en G
&c , e. en 7 , 7 à tète courbe du
même côté' & large , '8. étroite , ,. •
halle inclinée,
(7) I. en Y , 1. concave en dellbas ,
). en delTus , en deflbus, 4. en dedus ,
le contraire &c. f, t» , halle déta-
chée , t. jointe, tranchée , 7. fans bafe,
8. celle-ci terminée en volute vers la
gauche , 7. tête plus courbée du même
côté, 10. coavèiepai le liant.
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vo'S.-
II. PARTIE.
S IC T. lll.
Ch*p. V.
350 NOUVEAU TRAITÉ
tranchée , à traverfe plate ou peu courbée (i) convient
beaucoup mieux aux anciens tems-, même avant J. C ,
qu’aux bas liccles. La V'. le réduit aux T ordinaires, donc
la I*. fou-férie fi) prévient l’Incarnation d’unfiècle : La a',
fe voit dans les deux d’après ; les 3 . & 4'. au 1 1 . & 1 1 1 %
les fuivantes , au moyen âge ; les quatre dernières aux bas
tems. La VI', grande férié n’admet , que les t (3) minuf-
cules , dont les premiers remontent pour le moins au iv'.
fiècle. Tels font ceux , par où nous commençons.
La I'. de (4) l’V, à fond anguleux , tient à la plus haute
antiquité : fes figures font régulières • mais celles (^) de
la II', ne le font pas. Elle'eft fi ancienne , que la plupart
de fes caradères pouroient à peine s’abaifler' au iii‘. fic-
elé , à l’exception de la 7'. fou-férie , & de quelques V
d’Efpagne de la II'. La III'. grande (6) férié , aux V
cxtriiiléquement concaves quelquefois ^ar plus d’un de
leurs côtés , commence du moins deux ficelés avant J. C ,
ôe devient rare depuis le 1 1'. La IV'. férié de I V , tou-
jours à fond anguleux , courbe un , ou même deux de fes
jambages {7I en dedans. 11 ne (e trouve guère , que depuis
le 111'. fiècle, La V'. dont les V font à lond caré , à côtés
(i) I. en Tens divers, i. irrégulière avec
des enfoncemens , j. inclinée vers la
gauche , 4 hafte panchée vers la
droirc , J. .avec bafe , i. traverfe dif-
roiiite , 7. unie , 8. tranchée pat un
bout 7. baie étendue &c. 10. vers la
gauche ,11. couibée.
(a)'i', finit par des rondeurs , i.
tranchée avec élégance , ). oblique-
ment , 4. en croilTant , f . mailivement ,
6. en grife , 7. eu triangle , S. évafee
au pic JcC. 9. ttavcife à bouts rabacus ,
10. T triangulaires, ii. cxicnfîon pref
que dioite de traverfe vers la bafe ,
ta. en S , 1 1. hafle fingulièrement cou-
pée ou terminée.
(}) I. en C. furmonté d’une horiron-
tale , t. en Z , harte droite recour-
bée, 4. travcifc en ru , J baffe ter-
minée de meme , f. tète itrégalictc ,
7. 1 gothique, 8. croifé.
(4) I. jambages rerminés en rond ,
t. coupés , ). ttaachés du côté gauche ,
4. du droit, f. des deux , f. en grife,, •
7. obliquement &c. 8. V maffifs , 7.
hétéroclites , donc les quatre dernières
figures font modernes.
(j) 1. côté gauche plus long que le
droit , i. plus court , }. coié droit
long 8c courbe , 4. rentrant en dedans ,
gauche auffi , «. avec un fécond an-
gle , 7. à triple angle.
(«) I. côté gauche courbé , l’autre
tranché i 1. le contraire , j. au moins
un côté courbe , l’autre non ’^tranchd ,
4. courbe des deux côtés . p, un côté
en s , en S renverfée.
(7) I. le droit, 1. extenfion du gatt-
che en dehors , ). du droit &c. 4.
les deux côtés courbés vers la gau-
che , s. avec pointe au ncud par le bas ,
t. à double angle , au côtés inégaux ,,
7. courbés en dedans , du premier xgc ,
8. plus courbés Scc , 7. CD S du côté,
droit 8cc. modciocs.
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DE DIPLOMATIQUE. jji
I) dsjoints ou en X , eft diftinguée de {i) la vi®, par
les bafes des V de celle-ci Scc. La VII®. en Y (3) re- ’
monte aux premiers rems , & dure en deçà du xiii®. fic-
elé , au moins en Efpagne. L’U rond (4) en ufage avant
l’Incarnation fournit la VIII®. férié. A la IX. apartient Vu
oncial (^) ou minufcule , rare avant le v®. ficelé , fréquent
à proportion , qu’on avance dans les fuivans. L’W , qui
conftitue (6) la X. férié, nous ne l’avons point découvert
fur les marbres & les bronzes , avant le viii. ficelé. La
XI®. renferme les figures (7) étrangères de l’\f faxon , de
plus en plus employées , depuis la même époque.
La I®. grande (8) férié de l’X lui confier ve la forme or-
dinaire. La II®. le change en croix (9) de diférentes figu-
res , la plupart du moyen âge. Les X , point du tout tran-
chés , ou feulement en partie , (10) eurent cours avant
J. C , & forment la III. fërie. La IV. eft compofée d’X i
(i) 1*. unis fans pointe , t. fond
caré très - ligitcmcni dès le i . lïecle ,
s'élargit au II > s’étend eocorc au tu',
le foutient jufqu’au ix', }. côtés difr
ioints en JelTous . 4. V en X. Ces deu^
fou-fétics fe manifeHent plufieuts (îè-
cles , avant la nailTance de J. C. 8c ne
fe montrent plus deux fiècles après ; fi
ce n’cft en Efpagne , où l'on voit en-
core le detniet au vi'. avec un côté
communément plus étendu que I autre.
(i) Ses V taies avant l'ère chré-
tienne , deviennent à la mode au 11 1®.
lièclç , fe palTent vers le ix'. i”. fond
caré , jambages joints à la bafe , x*.
déuchés , 5*. prolongés horizontale-
ment . 4*. fond aigu , côtés maOifs .
J», maigres, 6°. fond aplati , 7°. cô-
tés ittéguliets 8cc. 8*. coutbés en de-
(i) I. à pié triangulaire , 1. hafte or-
née de pelles, 5. V en Y régulier , 4. it-
léguliet, J. côté plus long à droite,
6. à gauche , 7. tous deux courbés en
dehors : 8. un côté en S , atondi à
moitié 10. fond oblique ou caré, i i.rond.
{4) I. à fommets Cmplcs , i. foli-
des , J • nuis , 8c quelques bouts coupés ,
4. côté plut long que l'auue , j. cour-
bé en dehors , «. tons deux concaves.
(j) I. peu on point tranché : 1. à
contre fcnsScc; ). tranché d’un côté,
4. des deux : } h côtés disjoints , 8. ca-
lés par le bas : 7. à queue courbe :
8. côté gauche arondi : 9. u ch.itgé
d’angles, 10. formé 8cc. ii. en ctoif
fant 8cc , it. ï pointes.
(i) I. ligne oblique interne , tom-
bant fur le côté gauche : i. deux Y
unis : J. deux V fe touchant par un
point : 4. en a : 1, W à jambages , s'en-
ttecoupans.
(7) I . en triangle footenu fur un mon-
tant , s. même avec des irrégularités ,
J. même en trapèze , 4. en fe courbant,
J. W tirant fut I’» 8cc , 8. cn D , 7. em
P , 8. en q.
(8) Lai®, fou (ïtie à jambages arondif
pat les bouts , temonte au delà de l'In-
carnation , 1. X tranchés horizontale-
ment, ). oblicjucmcnt 8cc , 4. évafés,
f. étoilés, croifés , 8. malfifs.
(ÿ) 1®. de S. André , i“. droites ô
branches toutes triangulaires, quel-
ques-unes feulement, 4°. irrégulières.
(10) I . dont les jambages fe coupent ^
inégalement, x. font inégaux, 5. ttan-, i
chés par un bout , 4. pat plaCeurs,
Tti>
I. PARTIE.
S E c T. III.
C H A ». V.
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1
II. PARTIE.
S I C T. III.
C H A r. V.
XXI. PtAMCHi:
contridc de figu-
res alphabétiqucSi
adebode icjctdc:
NOUVEAU TRAITÉ
jambages droits (i> irréguliers. Elle unit U plus Eautd
antiquité avec le moyen âge , auquel feul conviennent les
deux fuivantes. Dans (i) la V®. entrent les lignes courbes.
Elle eft paflablement réguTicre. La VI®. eft remplie (3) des
X les plus hétéroclites.
Prelque tous les jambages de ('4J la I®, férié de l’Y font
droits. Pliifieurs (3) de la IL font courbes Sc marqués au
coin de la boime antiquité. Les Y de (6) la III®. dont la
hafte eft placée d’un côté , depuis le liaut julqu’au bas , &
non au milieu , indiquent furtout le bas & le moyen âge.
Les Z (7)àe la I®. férié , à lignes droites^ appartiennent aux
premiers ficelés , &c plus fpécialement ceux des r . r. & 7.
fou-féries. Plulieurs de la 6®. font antérieurs à J. C.
plupart des autres fe raportent au moyen âge. La II. grands
férié eft liée aux premiers tems pr plulieurs de fes figures ,
&c principalement pt fes (8) fou-féries 4. 3. & 6. Les fui.
vantes font modernes,
VIII. Avec un nombre de minufcules & de cur-
Cves , dont les écritures onciales fe trouvent quelquefois
entremêlées : la planche XXL réunit toutes les fortes de
(t) I. avec des cxtcnfîons fuperfl'ics
aux bouts , 1. Tur le baur ou par le
milieu : 3. X en cenaiUes , 4, en alepb ,
5. en XT grec , fi. bifares.
(1) i./égulièremcnt tranchée » cour-
bée en dedans , x. & en dehors » 5.
arec plus de rondeur haut ou bas , 4.
«n ces deux manières , 5. deux bnan-
<hes arondies au dedans , 6, toutes en
dehors , 7; ea dedans par un eôcc, 8. c«i
5 S , qui fe sraverfent t 7. jambage
coutbé d’un feul fens ,10. haut d’un
)^bag.e courbé vers le bas , 11. bas
vers le haut , ii« de ces deux façons à
la Ibis.
(3) r. X tirant fur 1 arcorfîfs,
avec traie intermédiaire, 3 « gothiques.
,(4) Sa r. fbu'férie perlée remonte
avant rincamatiorr. Lc^x: 4 8t f-, aux
^emiers (iéclcs : fa 3^. aumopenage.
La i*. e(l à bouts tranchés fîmplcm«nr,
la. 3*. par des. Commets folidcs^ U 4*.
ixrégulicrc , ta 5*. peu ou point tran-
chée.
(/) it^baatdes Y mtrinféquemem
^concave : 1. courbure d'un côté en de-
hors , 5. de tous les déux i 4. hafté
oblique ou courbe.
(^) I. côté droit en S, 1. fommett
maiîtfs : }. hafïc courbée principale-
ment vers la droite , 4. vers la gauclie%
J. Y à pièces détachées «ce , ^."prcfquc
en V , 7. à hafte droite , 8. partant
du côté gauche , j. Y courbés en de-
hors par le haut, 10. enf, ii ^ mi*-
nufcules gothiques.
(7) ’ I. crantés {Ttriplcmenr , t. ca
criangO; ou talûs par le bas , 3. mafTîfs,
4. à contrefens , f. prefquc en S an-
tique., 6. irréguliers, 7. non tranchés^
8a manquant d’un jambage.
(8) I. Z à queue recourbée en dc/lu*,
téce fituée horirontalcmcnt &C', x, obIi<-
quement , dre. 3. cmirbcc en dcfTbus*,.
4. en ddTus , f. horizontale , queue
courbée tn defTbus-, 6. Z en forme Je
3 , 7. de- J, 8 à double S renverfée ,
9. Ceft proprement la cédille cfpi-
gnolc , que nous trouvons, dès leartvl*
. iicele. .
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5ii.
/jiuuu'LiiliS l7 Lursi/:f ;
/ c’c/'/Zi/rc
’ L'/lClll,
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inn mf v<m u rn«T t n u r
LUTUlii-iaL.
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DE DIFLOMA TIQUE. j jj
lettres ("i) majufcules des (i) mfl*, depuis les premiers fiècles
jufqu’aux derniers tems. La méthode de fériés & fou-féries
eft encore ici conftamment employée. Mais on ne croit
pas devoir expofer une fécondé fois les caraéfères diftinéUfs
des unes &c acs autres , pour les raifons raportées (a) aili-
lîeurs.
Ne devroir-on pas plutôt , dira quelque critique , faire
contrafter enfemble les figures les plus- opofëes , que de ra-
procher ainfi celles , qui conviennent par tant de traits de
conformité ? Alors les lettres voifines 5 loin de paroitre
femblabics , ne fe feraient remarquer , que par leur difé-
rence. En éfer , les caraûcres de chaque férié gardent en-
cr’eux un raport uniforme. Chaque fou-férie ajoute un nou-
veau raport au premier , un raport Ipécial au général. De
plus, pour fuivre un certain progrès dans les changemens
des lettres ; on afeéfe de placer à côté d’une figure celle ,
qui lui relTetnble le plus à tous égards. Or comme on fe
H. PARTIE.
Se CT. III:
C H A P, V.
lettres hiflonVes
avec ré-
ferve : onciales,
capitates , gothi.
ques & quelques
mioufculcsoucur*
Hves, dillingu^es
par fériés.
(a)
p.
(i) Elles moment k près de huit
milles » immédiatement choifies fur en-
viron quarante milles coupcés $c déca^
ehées de nos colJeéHons , o» Ton en a
rébucé un plus grand nombre. On ne
scfl pas borne , particulicrcmenr dans
la dernière colone , à la diffcmblancc
des fignre^.-Oo en a rejeté beaucoup:
parcequ'elles fe raporcoient en partie à
quelques-unes , & en partie à quelques
autres : ou pareeque celles , qu’on a
retenues » portant à Veicès certaine for-
me , écoient cenfées renfermer des ca-
raélcrcs , qui routroient moins , &
-dont on poirvmt par conféqaent plut ai*
fément le palTcr. Si malgré ces aten-
lions on ne lailTe pas d apercevoir dés
lettres rrop peu différentes : nons pou-
vons aHurer , que nos modèles paroi f>
foienc tout autrement di/Temblables.
Mais quelque rigoureufes qu'aient été
nos correélions , & quelque habile que
ibic te dcdinateur j il eil bien dificite ,
qu’une même main ne tende à fe co*
prêt 3 funoot en faiûiie i vue des ré-
duéUont conrinucllcs. Pour éviter tota-
lemcot ce défavt 3 il faudrott avoir
aquis une conoifTance parfaire des goûts
le des nuaoccs de rdemute de tous les
; (îècles s le c’cll ce qu’on ne trouver»
pas dans un ûmple artiile. Un grand
travail lailfera toujours quelque prife k
1 exaébeude fcrupulcnfc : c’cH le (bre
de l’humanité. Si l’oo ne pardone pas de
légères fautes , & peutétre fans con(é*
?itieace 3 on réduit un auteur à tour
aire par ini-méme. Peutetre o'en éai^-
on que trop. C'eli en partie ce qui cid-
pèche un ouvrage d'avancer autant <ps*oti
^ le Amhaiterorr.
(1) Chaque mC danr les quatre ou
cinq premières pages, dont on voudèa
* recueiinr les lettres d'une forme difé-
rente , ordinairement nen fournira que
. quelques douzaines. Mais après cette
première récolte 3 veut-on épuifer dès
rndl entiers } à peine une demi-douzai-
. ne de figures fera c-elle la récompenfe
d’une levure de 10. k 3 c. pages. SI
Ton veut entore poulTer plus loin : hi
,dinnnarion ira toujours’ avec la même
progreHion : fupofé que le mf. ne vienne
pas dé mains drférenres. On peut jà«
^gerparlà, combien il a falu dépouiller
de mlT & de modèles imprimes , pour
y découvrir environ cent mille carac-
tères , dent cette planche contient rdiiie^
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ÎJ4 NOUVEAU TRAITÉ
"■ contente en plus d’une ocalion de diflcmblances relatives
*s’ict^TÎ^’ proportions , tantôt à des traits linguliers ; fî
ChYp. V.’ n’envifage ces caraflcres , que d’une manière fuperfi-
cielle ; on ne manquera guère de les* juger fou vent fem-
blables.
Mais le font-ils réellement ? Un examen plus exa£t S£
plus atentif convaincra bientôt du contraire. Ecartez-vous
totalement de notre méthode , raprochez les figures les
plus difparates , éloignez les plus conformes ; vous tombe-
rez dans une contufion afreulè. Plus d’ordre , plus de
fuite , plus de defcendance , plus de facilité à découvrir les
caraéières , qu’on cherche. On n’évitera de mettre côte à
côte des figures aprochantes , que pour en lailTer échaper
de rigoureufement fcmblables , pour peu que l’alphabet foit
ample. S’agit-il donc de faire illullon au public , ou de l’é-
clairer ? Une pareille méthode ou plutôt mi fi grand dé-
fordre n’eft pomt de notre goût : &nous n’imaginons pas ,
qu’il le puilfe être d’un efprit droit & judicieux. Ne vaut-
il pas mieux efluyer de longs travaux , pour aranger fyfté-
matiquement les figures de chaque élément , que de for-
mer un cahos de lettres recueillies à grands frais , difpo-
fées fans deflèin , entalfées fans peine comme fans utilité.
Les lettres liiftoriées ou fleuries font en fi grand nom-
bre , fi diverfifiées , & fi pleinement abandonées au caprice
des écrivains ; qu’on ne s’eft nullement propofé de les faire
entrer dans cette planche. Des échantillons doivent fufire.
Les planches XVII. XVIII. & XIX. &c quelques modèles
du volume fuivant en fourniront , autant qu’il eft nécef-
faire. Ici même on a laiffé paflTer quelques-unes de ces let-
tres ; lorfqu’elles étoient tres-peu chargées d’ornemens.
A l’égard des fimples lettres initiales ôc de celles des ti-
tres ; on auroit eu d’autant plus grand tort de les exclure ,
que depuis le x'. fiècle , on celTe de voir des mlT. en on-
ciale , & dès long-tems auparavant en capitale. Mais puif-
qu’on fcmble partout diftinguer les capitales des onciales ;
n’auroit-il pas mieux valu les féparer en des alphabets di-
féreas , que de les confondre enlèmble ?
Les diverfes notions de capitale Sc d’onciale feront dif-
cucées , quand on traitera des écritures. Sans donc s’engager
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DE DIPLOMATIQUE.
Il déduire ici les mocifs , pour lefquels on aplique ces dé-
nominations à telles & telles lettres ; on va fe réduire à fpé-
cifiec , qu’elles font celles , qu’on prétend défigner par ces
épithètes. Plufieurs fortes de caradcres font commims aux
onciales &c aux capitales ; & plufieurs leurs font particuliers.
A proprement parler , les BCFIKLNOPRSXYZ
conviennent (i) également aux unes &c aux autres. Mais
l’onciale s’aproprie les ^ % 6 Ç b (T) Q 1/ U
&: autres figures femblables ou aprochantes : &c la ca-
pitale les A D E G H M Q T V. Quoiqu’il ne fut pas diiî-
cile d’atacher de plus à l’onciale quelques autres formes de
lettres ; furtout des F des L &c des Z -, il n’y a que neuf on-
ciales 8c capitales , fur lefquelles on puifTc abfolumenc
compter comme caraélériftiques. On conçoit fur cet expo-
fé , qu’on n« pouvoit diviler les onciales des capitales en
diférens alphabets , fans fe jeter dans des répétitions conti-
nuelles , par raport aux lettres communes. Pour un difcer-
nement encore plus exaéf des unes & des autres ; nous ren-
voyons en (i) noce le détail des fériés, qui fe donnent
(i) On remarque toutefois certaines
figures parmi ces eara^ctes . qui ne peu-
vent s'allier avec l'onciale. "Telles font
les lettres citéct 5cc. Si clics s'y glilfent
quelquefois : ce qui doit être plus tare ,
qu'on ne fauioic dite ; c'eft par la meme
raifon , qu'on voit des figures particu-
lières à la capitale , dont l'oncialc ne
dédaigne pas la compagnie r chofe qui
arive plusfouvent, fans néanmoins être
ordinaire. Au contraire les lettres ton-
des , propres à récriture onciale , doi-
vent être regardées comme étrangetés
à la capitale. Audi jamais ne patoilfent-
clles dai s le corps des m/T , d'où ce
genre d'écriture banit tous les autres.
Mais les titres en capitale ne t.ltdent
pas d'en ofrir des eremples. Ils fe mul-
tiplient à proportion , qu'on defeend dans
les bss fiicles.
(i) La capitale fe diliingoe de l'on-
ciale dans les 1. & a. grandes ferics de
l’A.la J*, du C , les 4. premières du
D, les 7. premières de l'E , les : t. j.
(c 8. du G , les J. premières de l'H fc
de TM , la j’, de l'O , lu 6. picmiètcs
duQ, les ]. premières du T , & la i.
&: 1. de l'V. L'onciale revendique les
4. 7. Sc 8°. fériés de l'A , la j. do D , Ica
9. & lo. de l'E , la 4. & 7. du G , la 4.
de l'H , la 4. 8c 7. de l'M , la 7. du Q ,
les 4. f. 4. du T , les 3. 4 4. de l'U.
On voit fous quelques-unes de ces let-
tres des fériés 8c même des foo-férics
communes à l'onciale 8c à la c^italc ;
ou bien une meme férié partage (es fou-
férics entre Tune 8c l'autre. Par exem-
ple les quatre premières fou fériés de la
V. grande férié de TA font capitales 8c
les f. i. & 7, onciales. Les 1.4. f. 6.
petites fériés de la 3. grande divifion
de Ta font capitales, lai. onciale, Ics3,
8c 7. mêlées. En un mot TA oncial fe drf-
tinguc du chiral parfon côté gauche, con-
fondu avec la bare. La IV, férié de TA cil
commune aux deux éctitutes : 8c fi quel-
ques figures font plus propres à l'une
qu'à l'autre ; il faudroit entrer dans de
trop grandes difeufiions , pour en faire
le difccinemcnt. Dans TF les 3. 4 8c p.
Iféties font plus fpécialenient afeélées à
l'onciale qu'à la capitale. La i'. fciie de
II. PARTIE.
St CT. III.
Ch A». Y.
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II. PARTIE.
S E c r. III.
Cha?. V.
Parallèle des let-
tres nationales
minufcules & eur-
fives des tnlf. Par
^uels élcfmcns de
l'alptubec la mi-
ou feule fe dii^in-
gue-c* elle de la ca-
pitale & de Ton-
ciale ) En quoi
confîfle la difé-
aence Ôc rclTem-
blancedes lettres
nationales. Ob-
ietTations fur la
idaochc XXII.
jjg NOUVEAU TRAITÉ
tour à tour l’exclufion , en qualité de capitales , d’onciales ,*
de gothiques , de curlives de minufcules.
Les lettres marquées de croix , d’étoiles Scc. à la fin de
quelques éiémens fout renvoyées à leur place , défignée par
les memes figures. Le nombre n’en eft pas confidérable.
. IX. On n’a permis l’entrée à quelques minufcules & cur-
fives dans la planche XXI , que pareequ’il s’en trouve fou-
vent de confondues avec l’onciale des mlT. Mais ce feroit
fe borner à bien peu de cliofe , que de ne pas tirer des au-
tres monumens du même genre au moins une planche de
(a J minufcules & de curfives. Qui ne fait que ces deux fo^s
d’écritures, tantôt raprochées,& tantôt féparées s’étendentàla
prefque (i) totalité des livres antiques î Divers autres avan-
tages ici fe réunifl'eru- Sous un feul coup d’œil font expo-
fées, &: mifesen (3) parallèle les lettres nnnufitules &: cur-
fives*, romaines, lombardiques , ■«'ifigothiques , anglo-fa-
«ones , gallicanes , mérovingiennes , allemandes , carolines.
tL farcit plus capitale , cjn'oaciale. Au
coocraitc les i. 5. 4- 5* 7* fcrablcnt
plus onciales, que capitales. La 4. de
rs eft ptefquc toute capitale. Les go-
thiques modernes fe feront furtout te-
marquer dans la 9. fifric du B , la tlu
C , la <• du D , la 8. de l’E , la 7. de
l’F , la 7. de l'H , la 4. de I I , la 4. du
K, la 8. de IX, les 8. ». 10. de PM ,
la ».delN,la 4. de fO , la 5. du P ,
la i. du Q, les 4. & 8. de I R, la f.dc
PS, la 7. fc 8. duT, la 7. de TV , la
4. de rX. On voit quelques minufcules
^ & curlives dans la 4* fdtic de IA, la
du C , la 10. de l E , la ». & 10. du G ,
la «. de l'H , la 7- fL . •* ■
U J. de ro , la 4. du P , la 7. du Q ,
la ». de l'R , la <• de PS , la ». du T ,
. la 4. de l'X , la î. de l’Y , fans parler
de plufieuB de I V «ce. répandues dans
les difétentes fériés.
( r) On évitera de répéter ici leurs fi-
( Rurcs employées dans la planche précé-
dente. On en ufera de même à peu près
dans la fuivante , par rapott aua curfi-
ves , que la XXII'. renferme.
(i) Sur mille rolT, à peine un feul
fera-t-il en onciale , & fur dit mille, pas
plus eu capiule. Ce feroit aqtte chofe ,
fl l'on entendoit parler de mlT, ou l'on
voie plufieurs lignes & même des pages ,
où Tun Se l'autre caraiftère fe montre
tour à tour. Combien donc la minufcule
n'cft-elte pas répandue dans ces anciens
monumens ! C'eft efeaiveroent cette
écriture , qu'on peut regarder , comme
leur étant propre , ou pour mieua dire
ordinaire. La curfive , quant à Péten-
due de fon domaine , ne tient à cet
égard que le fécond rang. Le contraire
arive dans les chartes. La minufcule ne
fcmblelui difputet l'empire, qu'aux xi.
8c XI i'. fiécles. Auparavant elle étoic
rarement admife ailleurs , que dans les
aiftes écléfialiiques : & depuis de jour en
jour elle devint d'un ulâge moins fié-
quent î fi l'on en excepte les mlT. 8c les
inferiptions fcpulcrales. Mais a 1 égard
des diplômes, avant le xii' fiécle les
écritures onciales 8c capitales font d’une
extrême rareté , 8c dans la fuit.- nous
•n’en trouvons plus , qui remplilTent des
chartes entières.
(5) Ceft un moyen aulC conrt que fit*
cile , pour conftater une origine com-
mune , qui ne porte nulle ateinte aux
difécences nationales.
capétiennes J
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rrr.rvTKwyjÿ Ï.Î'^XV^'J
3
%
DE DIPLOMATIQUE'. ay
capétiennes , gothiques. Les deux premières colones apar- —
tiennent à l’Italie , la à l’Efpagne , la 4*. à la grande partie.
Brétagne, les j. à la France, la 7. à l’Allemagne , les 8. ch”p*y^
5. 8d 10. à tous les pais d’Europe du rit latin. Les lept pre-
mières précèdent le liccle de l’empereur Charlemagne , les
trois autres le fuivent. La rellemblance , pour ne pas dire
l’identité , de ces caraéVères , plus diftingués par leurs dé-
nominations , que par leurs formes , fourniront une des
preuves les plus complèces , que tous naifl'ent du romain.
Pour la faire bien fencir, il a falu de toute néceflité fe rc-'
Ibudre .1 quelques répétitions de figures (i) parallèles 6C‘
contemporaines dans les diverfes colones. Leur diférence’
ne paroitra peutetre pas toujours fi marquée , que l’eft au-
jourdui celle des lettres (a) françoifes , italiennes, alleman-
des , angloifes , efpagnoles. ’
Soit que nous dévidons en grandes & petites fériés les'
élémens de notre alphabet , ou que nous nous contentions
des dernières ; toutes les divifions de chaque colone fe ré-
pondent exaftement , chifre pour chifre , à raifon de leurs
raports de fimilitude. D.ans celles , qui ne préfentent point
quelque forte de caraélères , dont les autres font fournies ;
(t) Forcés par les bornes 6xe$ de nos
colones à ne pas nous étendre , autant
<) IC I/mnItitude des figures femblcroit
Texiger tres-fouveot 5 au lieu de répé-
ter les memes fur ces dirércntes colones.
nous nous contentons de leur en opofer
d'aprochantes. Il ne faut donc pas tou-
jours conclure de la ruprcfiion de ccr*
tains caraclcres, que ces ngurcs ôVxiflcnt
pas dans les écritures mifes en parallèle 1
a moins i]a'cllcs ne foienc fort extraor-
dinaires , & <]u’on n’y voie pas metne
de Icrtres , qui s’y raportent. On doit
encore moins l'inférer » fi les figures font
rnajafculcs. £n éfcc nous ne rape'ons
les onciales ou capitales , qae pour f^i-
re fentir , qt/ellcs font d'un ufage plus
ou moins fréquent dans le texte ordi-
naire de quei(|ue$ écritures minufculcs
ic curfives nationales. Plus elles y ont
cours , plus on cft atenrif à rcprélcntcr
les diverfes formes , qu’elles y prennent.
Par exemple au ix"^. ficclc le Ç à queue
(t trouve fi acrédité chez les Wifigochs ,
Tome II,
nu'oQ parcourrait des centaines de pages
de ( *) certains de leurs mfT. fans y dé- dtCtUmt,
couvrir un feul » minufeule. Mais ces
fortes de lettres ne lailTcnc pas detre
quelquefois oniifcs , ou parccqu'cUcs
(ont déjà précifémenr employées dans la
planche précédente , ou pateeque la co-
ione relativement à fon étendue , cR
d’ailleurs fufifamment remplie. Malgié
tous ces tetranchemens, la planche XXII.
ne lailfe pas de renfermer lîx à fepe
mille caR^ères , fans compter les cm-
ftes romains & arabes des fériés.
(t) De romaines qu'elles étoient dans
leur origine , transformées en carolincs .
ou capétiennes , elles ont avec le tems
un peu dégénéré de leur forme primi-
tive. fuivaot le génie de chaque peu-
ple J quoiqu'un peu moins vite , qu'elles
n'avoient fait auparavant , en s’écartant
de l'ancienne romaine : ce qui leur a
fait donner depuis t. à ). liécles prcfqus
tous les 00ms , que nous mectoui en ti-
tres.
. Vu
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II. PARTIE.
StCT. III.
Cnir. V.
33S NOUVEAU TRAITÉ
on fuprime les cliifres correrpondans , en palTant tout de
fuite à ceux , qui s’acordent avec une ou plufieurs autres.
Une colone eft-elle dépourvue de certains nombres , com-
me de Z, y. 8. 10 î Si leurs lettres font d’ime figure très-fin-
gulicre : il en faut conclure , que tel élément national , n’o-
fre rien de conforme ( i ) aux efpcces défignées par ces chi-
fres dansjes autres colones. C’eft donc une diférence re-
marquable entre les lettres d’un peuple , comparées avec
celles d’un autre. Quelquefois la dilTemblance réfulre , non
de telle & telle efpèce de caradcres : mais d’une forme
d’une nuance , d’un accell'oire dans la figure de lettres ,
d’ailleurs aflez femblables. Si l’on avoir pu fe prêter au dé-
tail des divers genres de lettres des diféreirtes nations ; on
auroit quelquefois obfervé des difparités plus marquées en-
tre certaines fortes de caraêlcres du même peuple. Mais
pour ménager les planches ; nous Ibmmes^ obligés de com-
parer la totalité , &c non pas chaque efpèce de lettres , par
exemple , lombardiques avec les romaines , anglo-faxones
avec les carolines , &: ainfi des autres. En cela fi nos alpha-
bets lèmblent un peu trop favorifer l’unité d’écriture -, les
modèles , que nous donnerons dans le volume luivant, dif-
tingueront avec précifion les genres &: les efpcces d’écri-
tures , propres à chaque peuple.
Veut-on maintenant favoir , ce qu’ont de commun & de
particulier l’onciale & la minufcule ? On l’aprendra dans
{z) la note indiquée. Quant à la capitale , elle ne peut s’a-
corder tout au plus avec la minufcule , que dans les lettres
C I K O X Z , fauf quelque mêlai^e , ou la conformité de
certaines figures moins ordinaires d’un petit nombre des au-
tres élémens.
A l’origine près , dont il n’eft pas ici queftion ; on ne
voit la curfive s’aproprier aucune des lettres ni de la capitale
ni de l’onciale : fi ce (5 j n’eft par caprice, ou bien parcequ’on
(i) Les majurculcc conccnaewlans U
planche XXI. faporcnc une cccj-aaiple
ciccption.
(i) Vi'-l vis de la mioufculc , les
X&H/nRST
font propres à l'ontiale > & lésa b c d
ï*ft patticulieta
à la minufcule , (î quelques-unes de ces
freiitcs lentes fizuienc parmi les oncia-
es , comme e f 1 m c ; c'eft plutôt mé-
lange , qu'unité de eataâcres. Au con-
traire Icsacd |pikopquX.y2
conviennent à l'une te à l'autre écriture.
(]) Le mélange de la majufculc arec
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5
DE DIPLOMATIQUE. ,j5>
afeâa d’employer en certains cas ces cara£lères , même
dans les diplômes, furtout depuis le ix*. ficelé. U eft vrai
qu’en s’aprochant le plus qu’on peut de la fource ; on i>e-
conoit des majufcules fufceptibles des plus hardies liaiTons
de la curfive , & comme telles adoptées par cette écriture ,
fans aucune altération notable. Mais leur durée ne pafie pas
le ix'. ficelé , ou bien elles fe détachent de leurs voifines ,
ou meme elles reprennent la figure alors ordinaire aux ca-
pitales.
Tout ce qui aprtient à la minulcule eft tellement pro-
pre à la curfive , que l’une ne le diftingue fouvent de î’au-
tre , que par fa manière d’enchaîner ou de joindre les ^i)
lettres enfemble. Mais fi la première ne refiife rien à la lè-
conde ; la dernière n’en ufe pas de même à fon égard. Pres-
que nul de fes élémens , qui ne fe décore de diverlès {x)
figures , très-diftinguées de la minufcule ou plutôt incom-
patibles avec elle : pourvu qu’on en excepte quelques mflT.
des vin. fie ix'. fiecles , où l'on découvre fréquemment
des ligatures tirées de la curfive , fie plus particulièrement
de la mérovingienne , fie de la lombardlque. L’exception
pouroit encore s’étendre tout autrement loin , pour les per-
ibnes (3) perfuadées , que l’écriture minulcule eft plutôt
U cariîve tombe (Wcii(ement fur la let-
tre N aulTi fiicile a Te lier aetc fes voi-
(înes , <]n à être formée (ans lever la
plume. De là vient tjue les curfivet en
fourniflent des exemptes . à proportion
de leur antiquité. Il eft audî des figures
d'C^ ouverts trés-curfives , qu’on ne
fauroit méconoirre , pour êrre originai-
rement majufculet. Qui pouroit n’y pas
voir du premier coup d’œil , les gC'
capitaux de quelques infcriptioos au
haut empire ?
(i) On nes’eft pas tftreint à diftin-
gucr touiours les curfives liées par l’un
de leurs côtés ou par tous les ^ux de
celles , qui ne le font pas. Pour en don-
ner cependant des exemples ; on a mar-
qué fur quelques-unes des T ordinaires
ou renverfes. Ils défignent les caraéières,
dont les li allons fe portent à droite &
à gauche. Les figures ‘ en forme d’é-
querre o’iudiqueot , que des liailôas
d’un fcul côté. On le reconoir par l’ou-
verture de l’équerre , ou par le bout de
l’horizontale , opofé au point d’incidence
de la perpendiculaire,
(i) Le détail en ferait très-long :
mois on peut y fupléer par les plancues
XXII. de XXIII. où elles fe trouvent
talTemblées. On en verra de plut des
modèles dans les volumes foivans.
I ] ) Il n’eft pas lür , qu’avant le v*.
fiècle en eût une minafcole bien décidée.
Les plus anciens mlT . qui confidéréa
dans leur tout ou dans leurs parties ,
ne Ibnt ni en capitale , ni en pure on-
ciale , ni en derti-oociale , ni même en
curfive , préfenicnt on mélange de mi-
nufcule de de curfive alTez peu liée. Sou-
vent on y remarque aulTi ptufieurs let-
tres vraiment onciales. Ne ferait - ce
point-là des préludes de la minufcule t
Dans cette bypoihélc il ne faudroit pas
être futpris ' ^en trouver encore jdc<
II. PART fB.
S ter. III.
•CHAt.y.
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II. PARTIE.
S I CT III.
.Cm*». V.
Id^ede la plan'
che XXm. con-
tenant les alpha-
bets dîplontati-
qacsd'Iiatic.Fian-
ce , Allemagne ,
grande Bidtagne ,
Efpagnc ; leur dif-
iribuiion par hé-
cles & fdties : a-
Tantages , qu’on
en peut tiret pour
(«) Ci-*/,,
€h. IT. fl. X.
340 NOUVEAU TRAITÉ
fortie de la curfive , que celle-ci de celle-là. Quelque favo-
rablement prévenus que nous foyons pour cette opinion ;
nous ne laiflbns point de donner , autant qu’il efe poflible ,
le pas à la minuicule fur la curfive. Les raports de la pre-
mière avec l’onciale , dont la planche a précédé , &: ceux
dfc la fécondé avec les caraûères des chartes , dont l’alpha-
bet va fuivre , nous déterminent à garder cer ordre , fans
préjudice du droit d’ainelTe de l’une fur l’autre.
X. Cinq colones partagent notre XXIII'. planche en
autant d’alphabets généraux par ( i ) fiècles. L’Italie, la Fran-
ce , l’Allemagne , la grande Bretagne , & l’Efpagne ofrent
chacune en particulier leur alphabet diplomatique. Les chi-
fres romains en défignent les ficelés , & les arabes leurs di-
verlês fortes de lettres renfermées fous les memes élémens.
Le parallèle alphabétique ne fe foutient- pas feulement entre
chaque nation , mais entre leurs ficelés divers , & de plus
entre les formes Ci) fuccelTivement multipliées , que prend
•xempics poUcrieors à la formation de
cette écriture. Un nouvel ufage o'em-
péehe pas , que l'ancien ne fubiille à la
fois.
Le bcfoin d'une écriture curfive a dû
DaturcUement fe faite fentlc avant ce-’
lui de la minufcule , dont la capitale , &
depuis l'onciale & la demi onciale pou-
voient tenir lieu. Audi la minufcule fem-
ble-t-clle immédiatement tirée de ta
curfive : quoiqu’une partie de fes carac-
tères pût Ce rapotur à l'onciale. Toutes
émanées . que foient de la capitale cer-
taines, figures de la curfive ; il en cfl
. un ttét-gtand nombre , qu’on n'y fautoit
rcconnoitre , non plus que dans l'on-
cialc , fans les faire pafTct par une fuite
de méiamorphofes. On pouroit ptefque
en dire autant de la minufcule , fi l’on
prétendoit en dériver toutes les cutfives.
Mais les minufculcs fans exception pa-
toiffent moins fortics de celles-ci , qu'ê-
tre avec elles une mémeebofe. Aiir-lle
cela ne prouve point , que la curfive ne
foit pas née de la capitale tmais que fa
ruiflancc remonte ttes-baut : puilque
dés le v'. fiicle elle s’en étoit dé)a fi
ptodigieufement éloignée.
(i) Sous divett affcâs, ils noos ont ^
fcmblé d’abotJ impraticables. Maisc’eft
à proprement parler en fupofant les let-
tres de tousies genres, difbtibuées confufé-
mctK en autant d alphabets que de ficelés.
Outre lestaifons espofées (,) ailleurs, &
que nous refVraignons aux alphabets tant
des marbres & des bronzes , que des mlT;
la date , dont la plupart des dctnieir
de des inferiptions mêmes font dépour-
vus , lailTe trop de prife aux doutes ,
pour qu’on puilfc toujours fixer les Cè-
des, fans crainte de Ce faire illufion. U
n'en efb nas ordinal temcot de même des
aélcs & des diplômes : la plupart portent
leur date. Ceux qui s'en trouvent privés ,
quoiqu'ils n’aient éprouvé nul acci-
dent . font revêtus de caraélércs , ic rem-
plis d'indices hifloiiqucs , qui ne laifTcnr
aucune incertitude fur le ficelé. Noua
croyons donc pouvoir bazarder , par ta-
pote aux chattes , ce qui paroifl'oit fu-
jet à une infinité d'inconvér.icns , par
taport aux mlf. je aux montimens lapi-
daires êc métalliques. Mais les raifôna
aléguées contre des alphabets divifés par
ficelés, où les lettres de quelque genre
qu’elles fulfcnt, fetoient confondues, n’en
fubfifbeot pas moins dans coure leur forcé.
(1} Un mêinq.'fiécle emploie fan*
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Pl.KXlU. To.n.fi i-fo.
jPRES DE lÆ,liRi
, IS LE I\.' .Il s 9L AU x\ ll'
-I
Alpiiabet
lAiptâtet çx'iio-al des ciirlivcs d Jllpaejac
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1 y.i:.x,-.ô<Uc2 •PCe-ç,.T6.\;vXrf.f*,tr^ a,
, x'c *ir...ï’<«ii.ïc-a,Tt x.xi».gVl‘x r-tri'A.xv
1 X ’AHl^x.i d.xnxlSSDià
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2aSoi'JiTi7>Wfc-0.^!AA-i? *
X X ^ e-ô '£«1, f c ,f ,t.r .„Tçf !(»
'ifxi(i.tr<»;nrsxtî ti'’rvv)vxx' tv-h
<'v',x‘\A c,’ t /tixiv^x^ec i's’cTAt *'ri%c
xv<w nt-f fi 'l’-t Cf w i'\' t
■xL't.xvi fî4ff.îx i-'f'xf ,
.fxv/.,f/vf>î F f <•<[ xxijs’/. r
X . G s ' ?. »r rt ' 3 1 >F, ;,.rfl5)}. «m r, I ^ ;sjj
»iv.Si?T/5SM;5S‘^ 9-ÿ-,v.5J.XW ‘î
À € i?. j 3dC-P J'.W^rx.rW.W^.ÿ
(•‘i 'î.’f î K 'cÿxxv'jv^îî
V .[ V Ji.I I , hnjl'j'/xmj.t) f7 Î7l „w
xv,om^r-»a
X. l k Fv.-Fl.o'Ml ku kxH..»‘llift.x..'H«-Sll ,vH
x‘Uio.»t'r/,,,'d.ily..*it,s’.v(';'<L'i,,ÀxY£'.:’
v/’rrfc. xx'OJ-ii-.nw! SCC ■’
XI. HL; xii'PJ'.yV y n\,?iiï;ü'i)xap*x J*ï
xx.î2^in>iv0~x fR.r;,vi (h‘ii-K''^‘y, *^~vi “J e-
X .t «jiHIV «ii*s îVrtuii.H ■•^1,
^.Vx'x xvivi/ i.J-'i'î/,-» trn\'.rC~y[^ L
i.ÛnOxo.'ojL vVl70'fc‘C^V..atV
0- A^a*ti»v\yN>*o>,x»Æ»Q *4ir.o.t\».\ x-
X f(„v -■Tl'.;’-.îl>py.p/i-fyTP>.t',)fK,Çx,v,.l'
■v.x»yirp.Pa'?-ié>»irj=yfr-<^j;jr;^^.l
X xK^ïfotf ?• ®,e
x-i‘,>-i-,ir'<~^».e.Tr.fxfrn,r.iLtnJÎ>ri?f,j -t xm
rî Jl/F- ’TX'i t^r^^7x^x^x^^.^i'^ F ')'nl^;r^
'ï. '*■’ I"X ’ \ j\' VXiIT A
Via ^'üj3 -f vvy
X . f.xvr ,T(xi.)-.',,a,v-ii,rr.f(;r,7Âff».u*.5.s
-l'^ ^ r/'C'd.Mx.4> l9' ri7'r.f;>5‘,-i'
î n r»v.(î'S'#fXs? w'.f^ a xvt«>,*>
iILcA‘jfîyv-V’i,.'B-Vï
X .1 ^ .T,^ t ü^z<CCCcCiX arf -!f xiif-CA H*
tic± ar~;l .-c-xinrc C x''i' œ r j"-» it„v
3 La ’ir.3^lO'.x\.'FA‘^£T^^^)rA^'V^.‘l.?^ i''V.xvi*'l
X'^I'-V'IU ! +. v.-^^v-a<vx-LD'A ■&.,dJtirr-a
X . IT. 1/ »/V . 1 -I ( î » i(^e> ViOiVu
Tf V'^-av\'\ , vV,? l'v-V'-V.CWTUwV»^
UVV'I'.'nxvii.îvJ. V y>*./Cvv.Vw»V-»»'V',Nir' .
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DE DIPLOMATIQUE. 54*
chaque caraûcre. La comparaifon des efpcces de lettres
n’eft donc pas limitée à celles des peuples d’un feul ficelé ;
nuis elle s’étend à toutes les fériés , comme à tous les fier
des correfpondans des diférentes nations. Si des fuites ou
même des fiècles ne fourniflent rien dans quelques colones ;
leurs cliifres indicatifs font (i) totalement fuprimés. Cette
omiflion eft fréquente à l’égard des nombres arabes , mais
très-rare à l’égard des romains.
Tous les changemens notables arivés à chaque lettre na-
tionale peuvent être parce moyen faifis d’un feul coup d’ocil.
Si d’abord les caraûcres romains ne paroiflent pas alfezdif-
tingués des lombardiques &c. dans la première colone j les
II. PARTIE.
SiCT. JIL
Chaj, y.
la di/lindlion des
efpcces de carac-
>cres , la compa-
raison de leurs ra-
ports d'emolîtioQ
te de conSormitd,
leur durée . leurs
mécafflotphores.
doute plufeurs efpèces d'écritures ■, meme
ciitlivcs : & c'eli ce qui fcmble plus di-
licilc à rendre dans des alplia'ocis géné-
raux. Mtiis au moyen de nos chifres ara -
bcs ou de nos fériés , on peura quel-
quefois en faire la dillioéiion. Du moins
les nombres romains indiqueront-üs fu-
fifamment les écritures déjà connues des
gens de lettres , Ibus tant de noms na-
tionaux. Les autres caraélcrcs , qui apar-
tiennent aux ficelés, où clics régnent ,
leur font prcfque toujours fubordonnés.
Au furplus nos moilcics d'écriture fe-
ront encore mieux fentir le génie pro-
firc ^ chaque cfpcce d'écriture. En éfët
es lettres rangées fous diférentes fériés ,
rcflbttilTant tantôt à la meme , tantôt à
divetfes fortes d'écritures , ne peuvent
éire conflammcnt fpécifiées par cet uni-
Îiuc moyen. D'ailleurs ces petites divi-
10ns font plutôt dellinées i raanifcller
leurs reports de conformité , que ceux
d'opofîtion , foit à l'é-gard des écritures
du même tems , foit à l'égatd de celles
de tous les ficelés te nations , où le la-
tin s'efl établi , comme langue favantc.
(s) Une forte de caraélére de l'A ,
do B &c. a-t-cllc eu coûts chez toutes
les nations défignées par nos colones !
Vous la retrouverez dans toutes les fub-
divilions fous le même cliifrc. Man-
Îue-t-ellc dans quelques-unes î On y
ùprime toujours ce chifte. Il n'co faut
pas toutefois concintc , que des Ictircs ,
pat exemple de l'alfiliabet allemand ,
qui ne fc renconitctoiCDC point dans
ceux de France ou d'Italie , n'y ont pas
été reçus durant tel ficcic. La feule con-
féqucnce légitime , qu'on en puill'c ti-
rer : c'eft qu'alors leur exiflcnce en
Allemagne eft conflatéc. Mais des ca-
taélercs , qui ne fe montrent chez au-
cun des peuples , dont les alphabets font
tris en parallèle, ni auliccle cherché , ni
dans ceux qui ravoilinent, peuvent erre re-
gardés comme abolis , ou comme n'étant
pas encoreislls font d’une forme lingulièrc,
dcrrcs-étoignée delà plus commune. Nous
avons cependant quelquefois éié forcés
de facrincr des figures extraordinaires
d'une nation à la nécenité de ne pas ex-
céder le nombre de lettres , que pou-
voir comporter notre planche. Mais ja-
mais des caraélères abiblument infolitei
n'ont été omis dans tous les alphabets
des natioos , Sc fuivant toutes les for-
mes aptochantes : fi ce n'eft très- rare-
ment , & lorfqu'ils avoieni été em-
ployés on dans nos autres planches oir
dans notre chapirre al|Miabétique. En
général on ne fuprime pas même des
hgures un peu communes dans tous les
lïccics & toutes les fériés des diverfes
nations : quoiqu'on ne faffe point difi-
culté de les rétrancher des fiècles pof-
térieors à ceux où elles ont déjà paru :
furtout fi elles font précifément les mê-
mes ou très-aprochantes. le but de ces
avis efl de ne laifTcr nul prétexte d’a-
bofer de quelque: fuprcflioiis indifpeix-
fablcs.
\
Dkiiti^ed by
Lioogl
^•1 i ■ I
II. PARTIE
$ te T. II I.
e«A». V.
,(i») Cf-iâfu
f. 141. ■
541' "NOUVEAU TRAITÉ
mérovinnens dés carolins , capétiens &c. dans la fécondé ,
&c ainfi des fuivantes ; les lîccles (i) marqués par des chifres
romains rétabliUenc parfaitement cette diftinâion. Nous
croyons donc avoir enfin découvert le feul moyen poflîble
de réunir tous les avantages de la diftribution de lettres par
ûècles , fous un ou plufieurs alphabets généraux , fans en
tilquer (a) les inconvéniens. Quoique nous ayons beaucoup
(i) Nous avons envifag^ (•) comme
on défaut de renfêrmcc fous un fcul al-
phabet la capitale , la minufculc Sc la
curlive. Mais cet inconvénient ne regar-
de , que la totalité de ces lettres con-
fondues : & non pas quclques-ones ré-
pandues çà Ce là. Ce qui D'empéche pas ,
que les majufculcs , roinufcules Ce cur-
Iives ne dominent tour à tour dans les
alphabets , qui leur font propres. Les
avantages & les inconvéniens de quatre
alphabets généraux de capitales , d'on-
ciales , de minufcules , & de curlîvcs ,
qu'on auroit à la vérité dilVingués : mais
où ton aurait confondu les lettres des
marbres Ce des bronzes , des m(T. te des
diplômes , balancés avec ceux , qu'on
Ciretoit féparémenr des uns te des au-
tres , nous avons cru devoir donner la
préférence aux derniers. D’une part la di-
vilîon de la capitale d’avec I onciale, de
la minufculc d'avcc la curlive j & de
faurre la coofulîon de la capitale des
pjerres & des métaux avec celle des mlT.
te des chartes , nous ont paru entraîner
des inconvéniens bien plus conlîdéra-
bles , que le mélange de quelques mi-
nufcules te curlîvcs avec l'alphabet des
marbres te des bronzes ; de quelques on-
ciales ou capicglcs avec celui des minuf-
cules & curlîvcs des mlT ; enfin de quel-
ques majofculcs te minufcules avec l'al-
phabet de la curlive des diplômes. On
a déjà remarqué l’identité fréquente de
la minufculc te de la curlive. Les ma-
jufculcsdes aéles publics dillinguées des
lettres alongées, ont ordinairement , fur-
tout depuis le XI i‘. liéclc , une figure
fingulierc , qui ne permettoit guère de
les confondre avec leurs caraâcres eor-
tcfpondans des marbres , des bronzes ,
te même des mlT. •
(i) Quantàla première colooeoudivi-
lion;qu'on borne la romaineMX v.tc vi°.
lièclcs,lalombardique aux vi t. vr 1 1. ix-
X. XI. & 3 la moitié du xii , la fian-
foife aux XI. de XI t , la gothique aux
XI 1 1. xtv. te XV, 1a renouveUée au xv. te
fuivans ; chaque efpèce d'écriture d’Iu-
lic ne fc trouvera-t-elle pas à fa place !
11 en fera de même de la fécondé co*
lone. Les vi. vu. te viii'. fiècics
donneront la lettre mérovingienne ; les
VIII. IX. X. la Caroline , les XI. te xii.
la capétienne , les xiii. xtv. xv. la
gothique. La troiCème colone débute
par la Caroline bientôt façonnée au goût
allemand, te continuée depuis lcviii‘.
lïccle jufqu'au xiii‘, où commence le
caraétère gothique. A peine ce dernier
fc termine t-il à norte tems. Si la qua-
trième colone porte le faton jufqu'au
milieu du xi'. fiéele s le françois ne
laillbic pas de s'cire introduit plutôt ,
même dans les chartes anglicanes. Le
gothique lui fuccèJe dès le xlti. Je ne
cclTe que fort tard. Enfin la v°. colone
préfente une portion du viligochiquc.
Quoique par raport aux bronzes , mar-
bres , te mlT. dans nos autres alphabets
4r planches d’écriture , nous le Allions
remonter jufqu'au vi. ou vit‘. fièclc ;
par rappoit aux chartes , faute de mo-
nument diplomatiques , nous n'avons pu
le poulTer au-dcifus du x°. Il faut à la
vérité le limiter enfiaite au xir. pour
faire place au françois , te celui-ci au
XIII. pour lalllcr le champ libre au
gothique. Cependant on retrouve juf-
qu'à la fin des caractères finguliers chei
les Elpagnols , tenant bcauconp de leua
ancienne curlive romaine ou tvifigothi-
que , malgré lesaltéraiious, qu'elle avoic
clfuyécs.
i 'l<
X by Googl
Die Dl'PLQMAXrQITE. |4|
înfifl-é üxr ces inconvéniens vers la, fia de aotre luLdun
plcre ; transformés en autant de précautions ou dè'rëf&îc-
tions , qu’on ne doit point perdre de ’vue*, ib n’empêche- Ch ap. Y.
tont pas , qu’on ne puillè , à Fégard des alphabets diplo-
matiques par ficelés , (b prêter un peu au goût du public
ordinairement plus ocupé de leur utilité , que frapé des
meprifes , qu’ils poiuoient peafioper , quand on n’eft pas
fur les gardes. - . • - • ■ .
Notre planche concient neuf à dix (i) mille caraûètes,’
fans parler des chifees arabes &: romains en très-grand
nombre. A la fin de certaines colones &c lettres élémen-
taires on a (i) rejeté quelques-unes de leurs figures oubliées
par le deflînateur. Du refte le parallèle des alphabets natio-
nanx en dira afiez à ceux qui 'prendront la ' peine d’en
comparer les parties &- d’en fpivre les rapotts , fans que
nous foyons obligés de nous expliquer davantage.
‘ Après avoir traité de l’origine , des révolutions , de
la forme de nos kttres ; il lemble qu’on devroit palTer à
leurs liaifons &c conjonûions , avant que d’entreprendre le
dévelopemenc du fyftèmc des écritures.' Aufd n’aurions-
nous garde d’y manquer , fi les bornes du prélênt volume
relïcrées par la grandeur des planches ne mettoient un ob-
ftacle invincible à cet arangemenc. Mais en raprochant le»
liaifons & conjonêlions des abréviations &c des lettres mo- ^
nogrammatiques , on leur affignera une place , qui ne leur
fera guère moins naturelle.
( I ) C'eft à quoi l'on a rédnir cnHn plus
de foizanie nulle lettret diplomariques ,
copiées d'apiès diven monumens. Les
fcinblabics de chaque éiccle récranchées ;
il en rcAoit encore environ trente mille
réfervées & colées tout de Tuite fur cent
quinze cartes , fuivant le nombre des
«émens de l'alpliabet , multipliées par
cini^ eoloact nationales. On voit, qu'il
a min de sec)ief ruprimer fouvent les
deux tien de ces caraélcrcs , & quel-
quefois les troit quarts. Ce rétrancke-
ment s'eft fait fi|r les lettres aprochantes
foit du même, (bit det antret ficelés , tant
de la même que des Asetftt nations. A
pins forte raifon n’a-t on guère fait grâce
au lettres femblabics , quoique de peu-
fles St de ficelés diféicns. Mais encore
une fois cela ne regarde ordinairement^
que les caraélètes d'une fotrae commune:
bien entendu que ceux d'une figure plus
rare fetunt mainteiuis dans tous leurs
droits , fauf l'exception d'une relTem-
blancc trop marquée.
(i) Les acolades n'ont pas coutnme
de caufer de l'embarras j toifqu'cllcs ne
font pas écartées du lieu , auquel elles
appartiennent, lai oéeclCté de réparer
des omillions eiitaordinaiics , nous s
forcés une ou deux fois de les placer
hors de leur rang. Mais outre les lignes
des renvois , qui ferobicne en rétablir
l'ordre s on a eu foin d'ajouter les deux
premières lettres de U nation Sc du fièclC;.
qui les téclajBC.
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Î44
NOUVEAU TRAITÉ
II. PARTIE.
S * C T. III.
CHAPITRE' VI.
Science des écritures antiques ,Jon aquijition nulle-
, ment impojjible. Aucune contradiaion rien fauroit
ébranler la certitude. A-t-elle des moyens géné-
, raux^pour reconoitre avec ajfurance leur Jincérité
ou leur fupojition ? Raports de dijjemblance &
de conformité des écritures , degrés de variations ,
par où elles pajsèrent , démontrent leur perpétuité
& leur exijlence , relative a chaque nation , comme
à chaque Jiècle. L’écriture abfolument ifolée de
celle , qui l’avoifine par les lieux ou par les tems ,
porte un caractère de réprobation , aujf formel ;
que l'écriture enchaînée avec celle , qui la devance
- ou qui la fuit , ejl ^évidemment marquée au coin
de la vérité. , •
S O U s prétexte d’une prétendue impofTibiliré de parvenir
à la conoiflance exade &c certaine des anciennes écri-
tures , les regarder toutes comme faufles , ou du moins
comme très-uifpeftes ; c’ell un éfet des faulFes lueurs , ou
plutôt des ténèbres très-réelles , qu’on s’éforça de répandre
fur l’aurore de notre ficelé , & dont nous n’éprouvons que
trop aujourdui les pcrnicieufes influences. L'e pyrrhonifme
hiftorique lût le premier monftre , qui en l'ortit ; & quoi-
qu’il eût paru étoufé dès le berceau ; par combien d’iflues
ne fc fait-il pas jour , &c quels ravages ne caufe-t-il pas î Ses
progrès d’abord moins lenlibles , mais depuis devenus écla-
tans , ont enfin réveillé l’univers fur les maux , dont nous
Ibmmes témoins , &£. fur ceux , dont il nous meruce.
Quelques pièces faufles fe font-elles gliflées parmi les
anciens marbres , bronzés , mlf , diplômes ? Il ne lui en faut
pas davantage , pour faire main balle fur tous. Il fe propolê
principalement d’enveloper fous leurs ruines ceux , qui
choquent
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1
DE DIPLOMATIQUE; hI-
choquent lès préjugés , ou qui mettent un peu à l’étroit
fes partions. Notre tâche ne nous apelle pas à le»forcer dans *s ,cr
tous les poftes , où il cherche à fe maintenir : mais elle nous c h * i-. v J.*-
impofe furtuut de l’exclure 6c des bibliothèques ôc des ai:-~
chives. Elle ne nous invite pas à le combatte avec les ar^
mes de la' Religion : mais elle nous met en main celles de.
la critique. Ses coups lui feront d’autant plus fenllbles -, qu’il
atendoit d’elle les plus grands fuccès. Les écritures , ou-
nous entrons , nous ofrent à chaque pas , 'l’ocalion de le
pourfuivre &ns relâche \ lors meme que nous en paroitrons
les moins ocupés. La certitude des plus antiques démontrée en
Sénéral , lui enlevera les principaux moyens , pour chicaner en
étail fur leur iincérité. ’ •
Contre la maxime reçue , que les anciennes écritures prou-
vent par elles mêmes, jufqu’â ce qu’elles foient convaincues de
Êmx : malgré la poflértTion , où nous fommes de ces précieux
monumens , depuis tant de fiécles ; il compte pour rien de
nous^bliger à les mettre à couvert de les traits ; il exige avec
hauteur , que nous prouvions l’antiquité de leur exiftence. Le.
menfogc eft trop foible contre la vérité , pour ofer l’acaquer
à armes égales. 11 faut qu’elle lui permette de prendre tous
Ébs avantages. Sûre de fon triomphe , elle n’aprehendera p.is
de l'acheter , aux conditions les plus iniques , qu’on puilfe
lui faire. Faut-il démontrer l’exiftcnce de tel ou tel ancien
genre d'écriture , elle le démontrera. L’entreprifen’eRpas aurti
dihcile , qu’on pouroît' d'abord fe l’imaginer.
Qui oferoit avancer , que nous n’ayons pas aujourdui bien,
des fortes d’écritures , dont les unes font propres à être gravées
fur la pierre & fur l’airain , les autres à fe prêter aux divers
ufages de l'imprimerie , des tribunaux , des finances , ainfi
qu’à tous les belbins de la vie ? Ces écritures , à quelques dif.
Ambiances près , n’exiftoient-elles pas au commencement du
xvu', fiécle, du xvi'. du xv'. du xiv' ? En remontant près
de deux mille ans ; ne les retrouverons-nous pas de proche en
proche ^ dans tous les ficelés ; malgré les variations . qu’elles
ont conttaâées , de la part des goûts nationale Sc parricu-
Ijers î Pour Ijous, arêter fpécialement à celle , qui paroit le
plus enbiute àU.coRcradicUon ; on ne perdra pas fans doute
le fil de l’écriture corfive^dans l’intervale des règnes de Philippe
Tome II. . ■ , .’-.-'i
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1
II. PARTIE
SiCT. III.
Cha». VL
34^ NOUVEAU TRAITÉ.
le bel & de Philippe augufte , ou de celui-ci 6c de Philippe
I. ou du dernier 6c de Hugue capet. Les archives de France,
d’Allemagne , d’Efpagne , d’Italie, 6c d’Angleterre font trop
abondamment fournies de titres , remontant jufqu’à cette épo-
3ue , pour que nous ayons fujet de le craindre. Or l’écriture
U chef de la famille régnante en France , parallèle à l’é-
criture des Othons en Allemagne , nous mène droit , quoi-
que par degrés , à celle des diplômes de Charlemagne ; la
Caroline à la frarKO-gallique ; celle-ci à la ronnaine. 11 en
fera de même des autres écritures curûves. Les m’mufcules,
les onciales , 6c furtout les majufcules 6c les capitales per-
ceront la durée immenfe de tous ces iiècles -y (ans qu’on y
puilfe découvrir leur origine. Nous traverferons l’Àendue
fucceflive des empires , fie nous ariverons aux premiers mo-
numens de l’Italie fie de la Grèce : lans qu’on puilfe fixer
une époque , ou quelque genre tranlcendant d’écriture ait
tout d’un coup été forgé ; qu’on ne porte le meme juge-
ment de ceux , qui l’ont précédé ou fuivi : tant leur liaifon
eft intime 6c continue ! Nous verrons , que toutes les for-
tes d’écritures latines vont aboutir à un caraûcre primitif:
ou quelles en nailfent infenfiblement , comme autant de
branches 6c de rameaux d’mi feui 6c meme tronc. Ainfi
nous réduirons le pyrrhonicn à nier ou à douter , qu’il exide
de nos jours aucune fone d’écriture ; tant qu’il ne confef-
lêra pas , que prefqne tousr les principaux genres d’écritures
ont exifté , fous diférentes formes , depuis plus de deux
mille ans. Nous le forcerons conféquemment à nier ou à
douter , qu’il écrive , lors même qu’il compole des ouvra-
ges , pour foutenir fes égaremens.
11 n’eft pas non plus indiférent , d’avoir l’efprit dégagé ,
par raport aux écritures, des préventions, que la partialité
de certains auteurs auroient pu y répandre. L’homme de.
lettres ; mais qui feroic plus ufage de fon efprit , que de
fon jugement , prévenu de la faulfe opinion , que les plus
vieux ralT. ou diplômes font autant d’ouvrages d’impodure,
6c que plus ils paroilfent vénérables par leur antiquité , plus
ils doivent être fufpeûs , fe lalferoit bientôt d’une étude ,
où il ne troiiveroit qu’un fpeélacle dérile , ou qu’un amu-
fement frivole. Il femble donc nécelfaire de conlâcrer nos
premiers foins à dilTiper ces nuages.
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■ “'‘«œs?
II. PARTIE^
$ I C T. I 1 I.
ÇttAT. Vt
DE DIPLOMATIQUE. H7
I. Rien de plus abfurde , que de redoubler fes fbupçons*
contre les mA'. Sc les diplômes , à railbn de leur antiquité.
Ce paradoxe n’a pourtant pas lailTé d’avoir des partifans
dans notre ficelé. On fe feroit atendu à ne le voir paroitre , i.*, ^00» mo-
que Ibus les aufpices du P. ( i ) Hardouin ; mais le P. Ger- numcn< Joivnf-
mon le fait valoir , avec une confiance égale , contre les an- fot
Cicns diploniCâ, tioo <&e^ leur ami-
Marsham , il eft vrai , l’aveit avant eux«hazardé , dans (a
préface , fervant de frontifpic&au Monajlicum Anglicanum. au°contrâire'uné
C’en ëtoit afifez fans doute , pour que deux Jéfiiites dulTent , autorité plui grao-
au moins par antipathie contre les Proteftans , s’écarter J* » Eaiftcnce ac-
d« • a • • A V toclle oct precea—
une opmion , dont les conléquences peuvent erre très- dueaécrituteibar-
dangereufes. Hickes lui-mcme , quoique Anglican , & en bam avouée:mau
cette qualité auflî peu favorable aux moines , qu’aux an-’ j
ciennes chartes , abandone (a) l’opinion de fi>n compatriote, uL pins récentes
la traite d’erreur , & renvoie à Dom (é) Mabillon fiir l’un >néc<jnnues pat It
& fur l’autre article. £(l-il étonant après cela , que le zèle
d’un lavant Sicilien fe foit alumé (1) contre le P. Germon , » frêfmi. fg:
pour avoir prêté main forte au fameux Marsham contre l’art^
tiquité ? ,/■»«.
(i) » Je oe compreot point , dit l’ab-
bé (c) des FoiiuiDct , dut le nom-
bre de CCI criiitjoes , { qui ont pu-
blié diférent écrits fur la Diplomatique
du P. Mabillon ] un certain écriirain ,
plus Ginieuz encore pat Tes pradigieux
pacadozet , que par fa «alla érudition,
qui ayut imaginé la fupoliâaa de pteC
que tous les autem éclélÎAlliqnes &
profuet , s'ell fervi do Ton dange-
tenz & fabuleux fyftéme , puur uéin-
tir divers diptomes ou cbaries, qui le
démentoient Doit-on compter patmi
les écrivains graves je lÜrieuz , celui ,
qui, dominé pat One imagination lone
je déiéglée , a fu ferget lea chimevet
les p|ai ezuavagantet , j( s'en Rndrr
idolqifc , (ans refpeél pour la railôn
& pont la vérité I HearculcmcM les
preuves Ginc fi fiaibles , qn'ellct o’ooi
pu faire illulïon à petfone. C*étoit la
crédulité d'no enfant , l'audace d'un
jeune bomme , le délire d‘Ho vieil-
lard. « , ,
( s) Quoi ! vous n’ave» (d)paa honte ,
lui dit-il , en l’apoflropbut , de fuivre
l'opinuo d'un hérétique , icieté par les
hétérodoxes mêmes , d'écte d'acord avec
un homme , qui tu lieu d'apljquct à
Jeliis - Cbrill la prophétie de Daniel ,
la raporte a Anciochus , qui fait def-
ceodtc l'ancienne loi des cérémoniez
égypuennet, pour ne pat rcconoiire , que
Dictt en fut ramwe! Quoi donc 1 faudra-
t-il («) tenir poorrtét-lûrpoâs les manu-;
mensde rEglifedcRavcnoc.écrictdu tems
I de Julliniea , à caufe.de leur antiquité {■
, Ces vénérables diplômes des rois Lom-,
barde > CDofctvétdaoa IctégUfcs du Lu-
nue je de Milan , doivcnc-Uspaircr peur
lufpcâi ! Tant de nés-aocienncs lettres
les Papes j tant de diplômes des*rois je ,
Mes empereurs , gardés 4a*t les archives,
de Rome nt lircront-ils d'siitre même
de leur antxiaité , que de faire naic(p
concre eux des foupifoos plus violent )
II fait voir cofuite , qiK les principes du
P. Germon tndem à nire regarder éga- .
lemeni les plus anciens mlT, comme luf-
peâS i À latfÔB de kut antiquicl >' M;
Xxij
(r) Oifirvstumt
fin iti trriu mt~
.»■ s.' H;-)
te M'tfik». •xptfi
tmlsihm Bmriitt.
Gtm. f. S),
■
• '■ l'rr-
f . . • . .* « h
• k 1 . l .\o
(»J nu. g. qtf'
& Aîf.
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II. P A 11 T I I,
SiCT. III.
chap. vr.
-548 .NOUVEAU TRAITÉ
* Une foùrce principale des ülufions du Jéfiiite;c’eft qu’en-
vifageant les anciennes écritures curlives , comme ifolées ;
(s) JW. IX.
& fill-
-if f ■)*<>■
DT
* ^onÀjt.
K,
qu'ils (4) aboutirent enfin au pyrrho-
nifime. Le Journal des gens de lettres tfl
ulie {b) aplaudic à la force des raifous de
(i) GitmtUt ifê Scipioa Maraou , qu'il eipofc avec le
llUrMi tfltslU meme feu Sc beaucoup d'étendue. Nous
nous bornons i ce léger échantillon. On
peut pat là juger du t.n , que petonent
CCS auteurs Italiens.
Quoiqu'ils foient tombés encore plus
rudement fut Matsham , que fur le P.
Ccrmon } le premier s'eiprimc néan-
moins avec beaucoup plus de modéra-
tion te de téfetve. Ses foup^ns ne por-
tent pas au-delà des chartes aoglo fa-
*xoncs. C’eft oniquemem d'elles , qu’il
dit (c) incidemment , qu'elles méritent
«fautani moins de créance , que leur an^
eiquitépatoitplus grande. Cmhü
rnttundà fmt i/liufmcM chtrtt , j»a ji-
itm habint tb mmtnm , qui mujmm
ftt ft ftrMtii 'uttlùjUùmnM. Au contraite
le P. Gerroo» en veut également à tou-
tes les archivés du mondé , ààoutesles
efpéces d’aéics , que leur âge vénérable
doit rendre plus précieux. Ce n’cll point
tn palfiint , mais en titre qu'il puWie ,
que les très anciens diploines [d) font
fufpeSs par leur antiquité même : vttuf-
tiJIruM irftrnmtm» tffi iffu fu* vttufbau
fufftSa. M tebat encore ailleurs , que
leur air d'antiquité les rend (r)'fufpeâs :
fiffiSus ftnit nm rtU , quam fra fa fa-
nant vttifitt. ' ■ ■ I ' ’i
Les maiimeJ 'des jorifeonfolte* font
bien opofées à cclics du’P. Gernsoh. Ils
regardent une pièce ancienne comme
fufifamment vérifiée par la feule voie de
Ub A8a artadi-^ comparaifon ; ce qu'ils n'acordeor point
fantaat manfit m»ii récentes. Striptuna antiqua {f)apa-
1714. ad S:ati- ra/ier, quod far faiatta eamfaraiù/aam âi-
ahranieta Jaamis aauar flatti racagnita qata taUàs nàa ajàa
àa Farda». racagnitla , fl aaffarat amiqatàtat. I.a lai-
- . , • ,1 ' ; fon eft , qu'il Ce trouve bien plue de
W "’P- ^ pièces nouvelles filulTeS', que ihincicnncs,
atm far M. Afé- d'avoir des preuves tofti-
Kard. /. I. itataa moniales pour des faits 'de llotrc tems ,
f. 104. JJ qui ne fe peut pour les tems reculés.
(i)Difcefa.i.a.y. j4ais l'anttquitéfuplée à ce défaut. ' ■
i i
.11 \
v/ - ■ '
. (d) Difiaft-t. a.
I.p.aps i.tv 1
(a) Ibid. f. }(.
.moaé.
i)
Ca»]^.
4 r.
t *s
De plus le principe du P. Gcrision
téitd À leodte doucew tous lat juo-
)
numens anciens & modernes. Il eft
démontré par les faits journaliers , que
les aéies récens font en général plus fof-
pcâs , que les anciens. Si avec cela , Iss
diplômes anciens ne lailTcnr pas d’étre
fufpeâs, à raifon de leur antiquité jtoot
devient fufpeâ. Inutilement tepliqnera-
l'On que les dépôts publics mettent à
couvett de rimpofinic. Les faits récla-
ment contre cette prétention. Si quel-
ques dépôts publics font depuis un tem*
connu , gardés avec des précautions , qui
forment la porte à- la' fraude , ils ne l'ont
ix) pas toujours été. On prouve '{h)
même» qu'il s'clhgliJfé nombre de faul-
fes pièces , dans quelques arthiits dn
’ra/;j>et tàifoiienaens à perte de vue ni*
tiendront pas contre des faits. Les rai-
IbnemcDS égarent fouvent ; les faits avé-
rés ne fauroient tromper. L"opinion du
P. Germon ne peur donc erre adaiifo |
ou nul raonumenc ne fera plus à - l'abti
des foupijons & des acufatlons de faux..
Elle ne fauroic fubfificr , qifen pofiinc
pour fondement un pyrrhonifme nniver-
fr) d'autant plus dangereux, qu'il ne
tombe pu far des idées métaphifiques ','
mais fut des faits les mieux confoatés.
Mais , répliqué le P. Germon , je n'ai
(j) jamais douté , qu'on ne puilfe éta.
bitr un art de juger des vrais & faux di-
plômes d'un âge récent. Seulement j’ai
peine à me petfuadct , que crt art ptiiffe
s'étendre adx tems très reculés , au ber-
ceau même de la monarchie f ranfbifo.'
A-cc compte , le titre , qn'on lit au haut
de chaque page des trois volumes du
P. Germon fora trompeur. Vart da dif-
\aanaar las anaians diftamas viritables da
'causa qui faut fauu fopefe la polTibilité
de ce difceinement. Il srya plus d’art de
’difoerner lés anciens diplômes vrais de
ceo't , qai ne le foK pas ; fi tons ceux
'qui paraiflënt anciens font faux ; s’il cfo
impwfTibte de les dilHoguer des vérita-
bles ) fi le foccès de cet art doit fo bor-
ner uoiqoement aux diidomes modernes.
Le vise du fyfoeme lophiftique du 'P.
1 Germon fe manifcfle donc , jufqoe duot
ie dire de fon km.
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D E IDITLOM A.TIQUE. j49
il’ a méconu leurs raports & leurs Uaifons intimes avec
4’aucres & plus anciennes & plus récentes. Leur enchaîne*
ment ne s'eft point fait fentir à lui , les nuances prefque inu ch a’t; v ^
fercepcibles 'de leurs changemens lui ont échapé. De là '
jqueiles bévues , quelles aflêrtions téméraires l Contentons-
mous de séléver les plus importantes ; à melüre que notre I
planTexigera. Une difcuflion fuiviede tant de méprifes&de ■ : >
jbphifines. nous meneroic ("ij trop loin. Lé P. Germon nous
Acorde (u) volontiers qu’il exifte danÿ les archives de Fran- (j,) »,
ce &c d’Italie des monumens barbares , qualifiés mérovin- f- »<-
^iens & lombardiques : voila ce qu’il apele la queftion de
hiitl; mais d -leur contefte l’antiquité , qu’ils s’atribuent; Sc
cleft ce qu’il nomme la queftion de droit. 11 fait à O. Ma- ‘
biilon (é) des 'reproches piquant :/5omme s’il n’avoit pas fu i
diftingucr ccs'deux chofes. 'Nous prenons ade de l’aveu Ib- J7. ’ '
lennel , qu’il fait de l’exiflence aduelle de ces écritures.
Qu’on nous acorde de plus , qu’une autre forte de curfivc
ctt maintenant en ufage, &c qu’on nous permette defuivrc
le £1 de celles ,1 qui'l’oru ptécédée i en remontant de notre
ficelé, jufqu’au vu*'.' Il ne nous' en faudra pas davantage ,
pour I démontrer , que l’écriture mérovingienne eut cours en
France, depuis le vi*. jufqu’au ix*. & la lorabardique en
Italie, depuis le vi*. julqu’au xiii*. Pouroit-on nous rè-
fiifer des demandes fi jufles } La chaine des écritures , il efl
vrai , paroitra dans toute fon étendue , fans qu’il y , man-
que on feul ^uieau. C’efl un tiffu où l’on verra entrer
tdur à tour la.gothiquevla: capétÊnne , la Caroline , la mé-
rovingienne ^ l’itaio-gbâaque ,!latpmaiqe ; fans! qu’on en
pulfl'e montrer la coucore. Gecte^nnicé dfécriture ^ auffi petM
contraire là fa diveefité , qu’à fa multipiicicé , , (àpe par les
fondemens toQtes les fubtilitésda P. Germon , & ne lui
laifTe pour, prta^e qu’mx fyftcme : fans Uaifeni& ’fitsls fiiiterv
mcapable d’établit anieuhe vérité :mais' propre à tout dénui-,
ce * fi les coupsne partoiénti toujours aiuuxxPour mieux
’Ol *li‘: ’i ::
. (1) si ne lui tien laiiTcr D. Mabilloo , D. Ruinan , D. CooOanr,
fialTn de reptebeofible j il fandroic en MM. Foncaniiii , Maranta .Montctchio,
iTcprcD(lre'hii'-o«Tragjé_cn fcrmr / & Lazarini &e. Mais il fefoit l rouhaiter
d'mCj Jongoc cttndiit.j^dl Tr«is]a'il que teon éçiitt d^illeurt pepratca , ae
a^ité 'plus ^e fulTeatgurculcmear en laUn. . ,
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II. PARTIE.
^ * S e c T. 1 1 1.
Cmap. VÎ.
Rjports de con*
Ibrmicé entre les
dcricures Juméme
(iécle & de la me*
me nation. Divcr-
fcniîble entre
les écritures des
divers üédes &
des diverfes na>
lions. On peurdif-
tinguer les Hèclef
par la forme du
caraâére , fans
crainte de méprifc
coQÜdérible,
jyo NOUVEAU TRAITÉ
déveloper ces vues , arêtons-nous qjaelques motnens lur les
goûts &c le géaie , qui cara^ériTeac les üccles les nations,
en fait d’écritures , comme de toute autre choie.
II. Chaque liccle , chaque paü a un certain caraélcre ,
qui lui cil propre , dans lès mœurs , lès arts , fes modes , fie
les ufages. Autre ell le goût de l’architeaure du liccle de
S. Louis , autre celui du liècle de François I. autre celui du
liccle de Louis XIV , autre celui des Grecs Si des Romains,
des Turcs , des Chinois , des Mexicains. Il en ell à peu près
ainli des écritures. Comme dans les couleurs de l’encre ,
dont elles font formées ; de meme , & plus encore , dans
les traits des lettres ou le contour des caraéVeres , dans l’en-
femble de l’écriture , on remarque une certaine gradation
& dégradation , qui le fait fentir de liccle en liccle , Sc qui
fert beaucoup à déterminer celui , auquel chaque ficelé apar-
tient. Dificilement en trouvera-t-on aucun , dont les écri-
tures ne préfentent des raports de conformité , qui ne peu-
vent manquer de fraper les perfones atentives. Ces raports
ne s’aperçoivent pas feulement , dans l’écriture de toute
une nation , ni, qui plus ell , de diférens peuples , qu’une
langue favantc ou matrice unit j malgré la diverfité des
idiomes &: des dialedes , qui les divifent ; mais encore dans
récriture des royaumes , dillingués par des langues abfo-
lument difparates. Par exemple , qu’on compare , ficela pour
ficelé, récriture latine avec la grcque, ( on-pouroit eadirc
autant de la fyriaque &c de pluüeurs autres , ) &c l’on fera
faifi des raports , qui s’y manifeftent : raports de génie , de
tours & de traits , raports de majellé , de hardiclle àc d’é-
légance , raports d’abréviations trop multipliées , raports de
goût -dépravé , de dépérilfement , de décadence : n’ajoutons
pas , & de renouvellement. Car l’oprelïion , fdus laqueüe gé-
milfent les Grecs , depuis trois fictlcs , ne leur a pas permis
de prendre beaucoup de prtaurétabliiTementdes beaux arts,
ni de réformer en mieux leur écriture , qui avoir dégénéré:
confidérablement de fon ancienne beauté ; lorfqu’ils tombè-
rent fous la domination des Mufulmans. On diroit donc, que
les écritures des diférens peuples d’un meme liccle ont entre
elles des raports, qu’on ne reconoit plus ; lotfqu’on les compare
avec celles des Cèdes antérieurs & poftéricurs :quoique cemt-
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àD Ë D'ï P L OTîA A n O tj Ë. m
ci reflTemblent également aux' ôèclei / qui leur tépckà<stt[
Mais il faut toujours fe fouvenir , qu’il s’agit de raports en
grand , & qui réfultent d’une certaine totalité. Entre deux
écritures ,dont la plupart des lettres font trcs-difëremes ,
on doit encore moins s’atendre à trouver un taport parfait,
un raport de reffemblance de traits , de forme , de figure.
Les caraéleres fulTent-ils les mêmes ; de la diverfité des
nations naitroit une diverfité d’écriture. Ainfi malgré cette
efpcce d’uniformité , qui difiingue fi bien l’écriture d’un
liccle , d’avec celle d’un 'autre , on découvre entre l’écriture
latine du même tems , lorfqii’èlle eft employée par divers
peuples , une diférence , qui fait rendre aifétnent , à cliaque
nation , ce qui lui apartient. Pour peu kju’on ait d’ufage de
ces écritures ; on dira du premier coup d’œil : celle-ci eft
françoife , celle-là italienne , cene autre angloife, cette qua-
trième allemande &c. De même on difcçrne encore aujour-
dui , parmi les mft*. grfics , ceux qui furent écrits en Sicile ,
en Egypte (i) ou en Chypre , d’avec ceux de C. P. & des
environs j quoique de part i & d’autre l’antiquité foit la
même.
Les raports de conformité & de dlfparité fe réunirtent
donc ici : conformité dans l’écriture de lamême nation, pen-
dant un ou plufieurs fiècles ; malgré les changemens , qu’elles
éprouvent : conformité dans les écritures des diférentes na-
tions du meme tems ÿ malgré la diverfité des goûts , qui les
diftinguent , Sc qui répandent fur prefqüe tout ce qui vient
d’elles un certain air de pérégrinité , qui leur eft propre , SC
que l’étranger faifit réciproquement. Ces raports de relTem-
blance Sc de diiparité : voila le fonds (’i) inépuifable , fut
( I ) Les caraâèrei des nlT. grecs Me
Chypre Sc d'Egypte ont des riports fenC-
btes «TCC l'dctiture eopce , de fe diftin-
goent par là du premier coup d'eril , d'a-
vec ks autres mlT. grecs. Qnoioue l’d-
criture de Sicile coroparde à celle de C.P,
lêmble moins dtrangdre , de que le P. de
Monifàucon n'ait point paru s'aperce-
voir de leur difdrence ; la feule biblio-
thdque de S. Germain des Prés , nous ofre
cntr'elles des düTcmblanees iSn remar-
quables.
f x) On el{ furpris de voir on auflî bon
efptir, que (a) iofeph Perez BénédiâiSi
d'Elpagne , traiter Margomenr fbible , ce-
lui qu'on cire de la forme du caraâére ;
(bus préeexte que diveefes mains ont cha-
cune leuc fafcni d'écrire. Mais , quand il
ajoute , que ces écritures (ont autant di-^
férentiées etur’clles, qu'elles le font des
gechiqae* de des lombardiqnes ; notre
profcucotdcSalamanqueparleen doéteur,
qui s'eft plnsctercé dans le taifonemeot ,
que dans la coinparatlôa des manières
II.- PARTIE,
SCOT.'ilII.
CidAA. VE
(a) Dijfinsiinut
iteltfiaflie*—
i«»l. /. SJJ.
iH-
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II. PARTIE.
S.t CT. III.
CtlAf. Vi.
ffz N ovy EAU T R~A I T:É
lequel ceux , qui afpirent à la gloixe de devenir habiles ,
d'écrire de chicgoc liécle. Dire qne nos
écritures courantes ne difcrent pas moins
emr'elles , <iue de celle > par exemple ,
du xiii'i. liècle 3 la propofition n’eft
pas plus réfléchie", <]uc fi l'on prëtendoit,
que toutes les ehanes originales des xi.
te xii*. lîéclcs cxit été écrites de la
snéme main , quoique urées d'archises
de divers pats , fort éloignés les uns des
autres. Quelques-uns ne (ont pas moins
frap^ de runiformité , qui régne dans
récriture de ces liccics , que Dom Petex
rétoit de ccue dilTcmblance , qu'on re-
marque entre les manières d'écrire de
diéetrntes perronnes. Dans le vrai l'uni-
formité d’écriture d’un fiéclc n'exclut pas
les diéércnces des mains, ni celles-ci cette
uniformité , qui caiaélérire le lièclc.
Pour bien fentir l'unité d'écriture . , qui
lui cil propre, il faut l’.Toit.^ur ainfi
dire exprimée de ta dïUMtset-.^sjoi le'
dilfingue des au)raa\ IM J***i*PlÇP*‘
rai “on fuivie def.p»^l<s de tous les
fiécics. il que notre ’Bcné
diélin V ait Jamais penfé.
raifon fupo''e ane écriture ,
fioallére à chaque ficcle , & pat con-
duit , qu'il elf polEbk de dilècrner.
ftulSiiie , à rapÿamlne. , voulant fa-
ner On diplôme j rïl p'étoit louta-
inibécile , ' ne nr^oqueroie ' par de
anéndre pour .modèle iquelque pièce du
iècle , auquel il voudsoic bxer Ton im
pofture. Quelle nécellî è de cheteher des
modèles antiques 3 li les écritures de
divetfes mairs n’ontpas plus de rclTem-
Jilance cntt'cllcs , qu'elles en ont avec,
les gothiques & les lombardiques 1 Du
relfe la précaution de fc munir d'un
modèle ne peut avoir lieu , que pat ra-
port à des impolleurs modernes. A pei-
ne , avant deux cents ans , quelqu’un
avoii'il réfléchi fur la dillinâion des écri-
tures des lïècics. D'ailleurs de faveu
des plus violcns advetfaircs des archives 3
les anciens impofleuts éroient fort igno
raiiS , & donnoieot dansdes bévues gtof-
licrcs , qui doivcnc tout d'an ^oup les
démafcpicr. „
Mais , dit Perez , j'ai vu quelques pçi-
TÎlègci , de la dclijueU il m'cll
audi ioipolTihle de douter , que de la
vérité du jour en plein midi. Ces privU
lèges repréfentent au naturel l’écriture
du lièclc des empereurs du nom de Uencs,
telle que le P. l'apcbroc la publiée dans
fon : Il cependant ils la pré-
cedenr de plus de deux cents ans. J'en
ai lu d'autres du même âge, quLnedi-
fercut pas moins de ces jerniets de eo-
ti'cui^, que ceux de notre rems des uns
& des autres.
Quand il fe trouvetoit deux ou trois
(iècles en particulier , où fe maintien-
droit lâns aiiéraiion un cctuin genre d’é^
cricure 3 eu poutmt-oo conclure , qu'ij
ô’ciine aucun moyen, pour difeerner la
mauiere d'écrire des autres , ni même
celles de CCS lîècles , qu'on reconoir être
fort difèrentes d'un certain caraâère ,
qui leur eff commun. Qu'il y ait plu-
heurs (Sttes d'écritures du même Cdcle 3
çcla ire met pas un obllacle infurmon-
table à la détermination de leur âge.
Tous les (iècles ont pu en avoir de di-
férentes fa{.ns,qui ne lailTetonc pas de
les cataéiérifcr. On ne s'y méprendra
pis plus ,quc dans la dilhinéliou de no-
tre é.titure d’avec celle des rems anré-
sieurs. Lff deux ou trois lïècics de fuite,
dont I l'écriture a paru la même au fa-
vant profclfcur efpagnol, font le ix , te
tréclexi. Leur ininufcule Ce rcITcmble
fans d lucc , de quelques chartes ont été
données en ce caraélèrc , propre aux mlT,
Les mêmes lïècics ufoicnr d'éctimres
curlïves très-diférenres de cclle d. Qu'on
air de la peine à fixer leur minufeuje f
s'enfoivia-t il , que leur curlîve ne four-
nira nulle iclfourcc , propre à en faite
découvrir l'age 3 P'ailleurs , quoique leur
minafoule patoilic alTcz -fcmblablc du
premier coup d'otil , en rciaminaoc do
plus pics , on peut y Eufir bien des di-
fétenccs , que l'encbatncmenr des paniez
de norre ouvrage ne nous permet paa
d'cipofcr maiotenant. Il nous fnlit ici
d'avoir mpotté le peu de foli.liié dei
préteacic^de Perez Si de quelques au.
très écrivains. Peifone n'a eu de meil-
leures inteiuiops que lui, Il n'en vou.
loir réellement qu’à l'abus. Mais ce n’eT
dans
Digitiz? -■ I'" f
DE DIPLOMATIQUE. 3^3
dans la conoiflance des anciennes écritures , doivent prin-
cip.ilemenc k former. C’eft de là qu’ils doivent partir , ic partie.
3u’ils tireront les plus grands fecours , pour la vérification c*h a » * vi
es titres. S’ils font fermes fur leurs principes , & s’ils ne les '
perdent pas de vue au i>efoin ; il fera comme impoflible ,
de leur en impolèr par des pièces (i) récentes , données pour
antiques , avec quelque art qu’elles foient fabriquées.
pu une bonne msnicre de le combatre , taouveroot ailleurs une place plus con-
ique de donner dans l'excct contraire. venable.
Le P. Germon («) avoir des vues bien (i) Qu’on fou mette ces prétendus an-
diférentcs de celles de Ferez. Pour prou- ciens diplômes , au jugement d'nn ami- (a) Di/itpt.
ver la foiblelTe de l'areument , tiré de ijuaire , moins profond , moins exercé , p. 4j. 44. 4f.
récriture des aâes & des fouferiptons , mais judicieux : files précautions & l’ha-
il aléguc , (ju'il y a es des faunaires , bileté de l'impolleur le font faéfiter for
(]ui pouvoient imiter toute forte d’é- la réprobation de quelques chartes fouf-
criture , Si qu'il n'eft perfone , qui puifTc fes ; elles ne laificront pas de lui paroi-
aujourdui reconoitre la main des rois tre fufpeâes , il ne les tiendra pas pour
Si des notaires royaux des vi i. vi ii. St indubitables. Au contraire préfontex lui
IX'. fiècles. des titres vrais , quoique confondus avec
Sa première preuve n'cft qu’on para- des pièces (hpofées , il ne balancera pref-
logifme. Des tauflaires ont pn imiter que jamais à décider en leur faveur. Peu
toutes fones d’éciirurcs : donc on nq s’en fâudroit , que ce moyen feul ne fut
peut pas en faire le difeernement ! Des infaillible } fi I on pouvoir toujours étta
pièces imitées & des titres originaux afiijré , que la pièce en quefiion , o’an-
fent'ils une mémcchafc; Eft-il impof- toit pas été forgée au tems méme,au-
fible d'y fâifir quelque diférence > Per- quel il ne lêtoit pas douteux , que tout
fone , fuivant fa fécondé preuve , n’eft les caiaâères ne duflent la fixer. Si ceux
xujourdui capable de vérifier les figna- qui ont la réputation d’ètre conoilTcurs , ., .f,, ,
tores des rois , faites au vu', fiècle. le trompent qnelquefois ; c’eft la faute
Cependant le P. Germon (é) prétend dé- de l’homme Si nullement celle de fart,
montrée la fauficté de deux diplômes du Une fcience n’en cft pas moins fondée
Roi Thierri , ou du moins les rendre fur des principes certains ; parccquc ceux
fufpcéis ,par la confrontation de fes figna- qui panent pour y cxccict péchen tquel-
rntes. Une contradiâion fi manifefte fait qnefois contr’eux. Cette feule réfléxion
bien voir, que le cenfeur deD. Mabillon fait tomber toutes les objeélions , qu’on
n’étoit pas fort délicat fur les moyens , prétend (c) tirer de la diflertation préli-
qu'il employoit contre fon adverfairc ; minaire de Chriftophe PfafHus , fur l'a- ('} Garnwia dis
que le pour Si le contre loi étoit égal j brégé des Iif/IiiMsmi drviwi de Laâancc, vtitr. htrnicit ctd.
quand il s’agifloit de faire des objeélions : Si des écrits du P. du Moulinet chanoine fintfi. I. 1 pari*
ou que n’mrant tien de lié ni de fuivi régulier. 1. c. t.p. 4I4.
dans fon fyftème; une contradiâion grof- 11 eft des fiècles , dont un habile anti- /â{. 4}è- ÿ/âf.
fiète avec ini-méme ne fufiÿitpas , pour quaire pooroit , du moins par raport i
réveiller fa mémoire fur des propofiiions certains pais , difeerner les écritures de
incompatibles avec celles , qu’il avoir vingt en vidgt années : tandis qu’il en eft
avancées. Quant au détail de la confron d’autres , où i^ne hafarderoit pas de fe
tation de deux fignatnres , donc il rem- renfermer , dans une étendue plus étroi-
plie trois pages entières ; rien de plus te , que de cent ans : s’il n’y étoit déier-
faux , rien de plus frivole. Mais , pour miné par des circonftances fort difé-
en faire aâucllement la preuve , il fou- rentes du caraélère des lettres , de la
droit fe jeter dans des difcuflîont , qui foime do pacchemio Si de la couleur de
Tome IL Y y
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»
II. PARTIE.
S > C T. 111.
Ch* P. V.I.
Variation , dé-
cadence, cranfmu-
tation , renouvel-
lement d'dcrim-
tts , Ibarcet de lu-
mières , pour en
bien juger. Petites
notices enduflecs
fur les chartes
penyenc contii-
bacr à découvrir
leur âge , leur s é-
rité ou leur fupo-
£1100.
3J4 NOUVEAU TRAITÉ
III. Ceft principalement dans l’exaûe coooiflan« des dé-
clins des diverfes fortes d’écritures , des degrés , par leC-
Siuels elles font arivées , foit au plus haut point de leur per-
eéUon , foit au dernier période de la barbarie , & des
époques de leurs plus iniignes changemens , que conlifte
rKabileté d’un antiquaire. C’ell par là qu’il fait placer cha-
que pièce &c dans la claüe , &: dans le hècle , qui lui con-
vient. Comme les écritures du meme âge ont d’ordinaire
des raports de refl’emblance très-marqués ; celles des difé-
rens tems en ont de difi'emblaiKe , qui ne le font pas moim.
Les écritures ne changent pourtant pas , quant à leurs ra-
ports effentiels , d’une année à l’autre , ni avec ime promp-
titude égale en divers lieux. L’ancienne manière fe fou-
tient , pendant une durée plus confidérable , dans certaines
provinces , que dans d’autres. La même contrée voit fa jeu-
nefl*e donner à fon écriture un nouveau tour : candis que
les anciens confervent celui , qu’ils avoienc apris , dans leur
enfance. Enfin parmi les particuliers , les uns retiennent les
anciens caraélères , & les autres s’en écartent plus ou moins.
Les changemens d’écriture ne font pas fi rapides , que les
naodes : & cependant on voie encore des perlbnes , s’ata-
cher à la vieille mode , longtcms après qu’elle eft furanée.
Il efl: donc nécefiaire de fupofer un elj^ace de tems a/Tez
long,comtne d’un demi-fiède , d’un ( i ) iiccle , Sc quelquefois
Tcncre. En genre de mlT. beaucoup plus
<]uc de chartes , tout ce qui précède le
ix'. lîcclc , quand il cil dépourvu de
dates , a fait jul'qu'ici U croix des anti-
quaires : patecque les tems antérieurs
ne leur ont pas afle» lôorni de pièces
de compat-iiioii , pour téroudre arfement
toutes les dtficalta. ib Teioicnt bien plus
cmbarafl7s fut les fuivans ; (î la multitu-
de des pjdfP* fauvoïc les vaiiations
fans upui^ . qui s'X remarquent. U ny
a poipc ilà monumens , qu‘00 examine
avec 1^ de rigueur, que ccaii des pte-
nùc|t feinble toutefois , que
tawtd'aâes qui ont péri far l'injure du
teift , ne pouvant plus venir i Tapui de
ceux ou'il a épargnés p on devroit à l'é-
«aid des derniers ufer d'un peu plusd'io-
^Igcacc. Ceft une juftice , que Ica
tribunaux ne refufent pas è ceux , à qui
des accideus funeftes ont fait perdre la
meilleure partie de leurs titres. Mais
les moDumeos , pour Icfquels nous lé-
clamons , ni'ont pas befoin de grâce, l's
n'aprébendcot rien de l'cquitc la plus
in&éiible.,.
(1) Ou fe voit ici forcé d’écarter une
chicane , dans laquelle ont donné cer-
tains écrivains , lut Tarticlc de Guillau-
me le conquéiant. En moins de vin^t SC
même de dix^nécs , fupofant difcrens
lîccics , ils atgumentent des uns aux au-
tres t comme li , quand qn parle des ufa*
ges d'un £ècle ; on n'entendoit pas l'cf-
pace de cent ans : ou que , quand on part
d’une année du xi*. fiècle prêta finir,
00 poavoit remplir toute l’idée & toute
l’étendue d’un fiècle en moins d’uue
✓
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DE DIPLOMATIQUE. jîj
même de deux , pour établir une règle , qui ne foit pas
fujette à de fréquentes exceptions. Au xiii'. on pou-
roic fe contenter d’un demi-liccle , & de moins encore :
parceque les chan^emens y font plus remarquables , & lè
luivent de plus près , qu’en aucun autre. Ces précautions
préfupofées ; on peut aflTurer, que les écritures des divers
fiècles montrent des diférences fi fenfibles , que la plus lé-
gère conoiflance des chartes & des mlT. fufit prefque
toujours , pour en faire le difcernement. Il n’eft pas plus di-
Hcile , à qui les caradcres propres de chaque fiècîe font pré-
fens , de ne pas prendre , par exemple , l’écriture du x 1 1 1 .
pour celle du x i . ou du xv ; qu’à un homme tant foie peu
lettré , de diftinguer le grec du latin.
Si l’on en excepte les teftamens , depuis trois ou quatre
ficelés , la plupart des chartes ne font écrites que d’un côté.
Leur dos demeuré vuide paroit ordinairement cliargé d’é-
critures de divers ficelés. Elles contiennent tantôt le précis
de ces pièces , tantôt le nom de leurs auteurs , des per-
fones à qui elles ont été acordées , & des lieux , qu'elles
concernent : tantôt elles préfentent toutes ces chofes à la
fois , plus ou moins répétées , fuivant le goût des fiècles, &
des propriétaires , qui en ont fait ufage. Un impofteur pou-
roit aifément ne pas porter fon atention fur de fi minces
objets. Mais quand ils ne lui cch^croient pas , & qu’il au-
rait d’ailleurs pris des mefures allez juftes , pour imiter de
près l’encre 8c l’écriture du ficelé , auquel il prétendroit ra-
porter fa charte ; il courroit rifque de ne pas faifir avec tant
de juftelTe le goût , le tour , l’encre 8c les traits de ceux ,
avec lefquels doivent cadrer ces petites notices. A moins
que de lüi fupolër , dans le plus haut degré , une étendue
éc une précifion de conoilTance des écritures , particulière^
à chaque âge i ( qualités , qu’il n’étoit prefque pas polfible
d’aquérir autrefois ) il auroit été en grand danger , d’apo-
1èr fur le dos des pièces de fa (siçon , des caraélères trop
vieux ou trop récens. Dans le premier cas , l’impolhire de-
venoit manifefte : dans le fécond , on étoit fur les voies do
vin|;taiDe oo d'ane diiaine ifannéa. Qui I rendre à peu pt^s complet celui , qui le
ne voit qu'on doit en reprendre autant | précède t *
fur le ficelé fuivant , qu'il en faut pour |
Yy ij
li: PARTIS,
s e c T. III.
Ch A a. VJL
Digitizud ; 'y Goiîÿle
II. PARTIE.
S E C T. III.
Chap. VI.
Les barbares de-
srenus maîtres des
provinces lomai-
fies de l'occiJcnc ,
en adoptèrent ré-
criture :lcs raports
& la diverfiré de
leurs caraéières &
de ceux des Ro-
mains en prouvent
la certitude & la
iocériré*
Nouveau traité
la découvrir, A la vue de notes de trop (i> fraîche date^.!
relativement à l’antiquité , il écoit naturel d’être fur les gar-
des , de tout examiner avec une atention nouvelle , & de
multiplier les précautions. En un mot ces feuls petits fom-
maires , quand il s’agit de difeerner entre de vrais ÔC de faux
titres , feroient fufilans , pour fournir aux conoirt'eurs le
moyen de faire fouvent des coups de maître. De ces no-
tions générales , paflbns à des aplications particulières.
IV, Les écritures capitales n’ont point encore rencontré
de (ceptique , qui ait ofé révoquer en doute leur exiftence.
Mais les curfives , & furtout celles , qu’on conoit , fous les
noms des peuples barbares , qui ruinèrent l’empire romain ,
ont été depuis un demi-fiècle expofées à de rudes alTauts.
Les Hardouins , & les Germons ont trouvé bien plus court
de les décrier toutes , comme des inventions^ de faulfalres ,
que d’ataquer en particulier chaque mf , chaque diplôme
écrit en ces caraékères. Coirxme jufqu’à leur tenu ou s’étoit
plus apliqué à faire fëntir la diférence , que la conformité
des écritures italo-gothiques ^ franco-galliques , vlfigothi-
ques , lombardiques , faxones ; ils en prirent ocafion d’a-
vancer ou d’inCnuer , qu’elles font de purs artifices de l’im-
pofture , & de fupofer qu’elles n’ont jamais été employées pai
les rois ai les peuples , de qui elles portent les noms ; ou du
moins , qu’il n’en refté plus ,de monumens non fufpeéls :
imagination , dont nous developerons bientôt les abfurdités ^
Sc dont le ridicule fe fait fentir , dès qu’on remonte à l’o-
rigine des chofes ! Alors on reconoic , que toutes ces écri-
tures ont leur fource (a) dans la. romaine. Cette unique
(t') Il ne s’agit pas icide ces étiquettes
ou notices modernes , £iitct pour mettre
en ordre des charttiers : quoiqu’un an-
tiquaire y doive aulU faire quelque aten-
tioD. Il peut ariver , que le dos d'an-
ciens diplômes Toit totalement dépourvu
de ces petites notices, ou qu'il n’en porte,
que de très-récentes. Ce défaut n'cfl pas
un moyen fufifanc d'une fufpicion légi-
time , s'il efl feul. Mais le contraire ofre
on cataéicrc favorable ; pourvu qu'il foii
âflôrti à la date du diplôme.
Le marquis Mafféidanslbalfi/^atrc
(m) fe fait fort de prouvée
cette vérité par des principes aulTi évi-
dens , que le font ceux qu'emploie Ik
géométrie. Noos avions été frapés d'une
évidence prcfque égale , avant que d'a-
voir lu aucun de fes ouvrages , le même
fans favoir , qu'il eût écrit fut ce fujet.
La feule infpcâion des écritures de la
Diplomatique du P. Mabillon nous en
avoir fut naitre l'idée , 8c nous nous fe-
rions crus les auteurs de cette découverte;
(i quelques livres , qui nous tombdrenc
depuis eoue les jnaùu ne nous avoicoe
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DE DIPLOMATIQUE. 317
écriture prit diverfes formes , ou pour mieux dire certains ~
airs étrangers ; furtout depuis qu’elle fut adoptée jpar les
Francs , les Goths , les Saxons &les Lombards. La diférence chaV. yl
de ces écritures n’eft pas plus grande , que celle qu’on re-
marque aujourdui entre la françoife , l’allemande & l’an-
gloife. A la péngrinité près , on trouveroit des difparités au-
tant ou plus confidérables entre nos lettres italiennes , bâ-
tardes , rondes & financières. On en demeurera convaincu ;
pour peu qu’on fe donne la peine de comparer les diplômes
du même fiècle , mérovingiens , Taxons , romains , lombar-
diques , & qu’enfuite on continue d’obferver de fiècle en
fiècle les raports , que ces pièces ont enfemble. On peut
commencer par la charte de Ravenne , itimrimée dans le
fuplément de la Diplomatique ; & de là palfer aux plus an-
ciens diplômes mérovingiens lombardiques. On peut
même s’aider de certains mfiT. anciens en écriture curfive
romaine. Tel eft , pour le dire en pafiant , le (i) Jofeph,
d^cromp^s. M. Maffîi n’eft ponttant pat beanconp à la décadence des ans ; ce ftit
le premier , qui aie jcid les rondemens plutôt par le peu d’eftime , qu'ils en 6- Anlmsdv. m
de ce rjrftcme. Allacius (a) cite' des au- rent.quepar les nouveautés, auzqucl- éHUifuit. itntfe.
seuls, qui prétendoient que les Romains les ils reportèrent. D'ailleurs , dans les
avaient une éciiture courante. Oc cc prcmicts tems de la domination des
point une fois admis , Tunité d'écriture Francs , des Goths , des Wilîgots & des
curlîvc chez les peuples , dont le latin Lombards ; les ades concinuotent tfetre
cft la langue Ctvante , ne peut manquer dcelTés , non par des barbares , qui ne fa-
d'ètre reconnue. voient ordinairement ni lire , ni écrire :
(i) Quelques auteurs lui donnent près mais par des Romains d'origine , par des jf,/-
de quatorze cemsans. Mais D. ^abil- hommes qui du moins naturalifés parmi ^
Ion (k) fc contente de le placer vers te eux , étoient égalcmcnc exercés , dans
tems de l'empereur Juftinien. Cela n'a leur langue & dans leur éctiturc. Or ces
pas empêché quelques (c) écrivains de Romains ou barbares de naidânee ne fe
le fupofer écrit en cataâcres lombardi- fccvircnt dans les aéics , que de l'ccri- (c) AUm. A-
ques. Ccft'à-dirc , que cette écriture au- turc propre du pats, qu'ils habitoienr. On ninuUv. ». xxx.
toit été employée en Italie , avant l'in- trouve des pièces fcmblables , mais pu-
valîon des Lombards: pteiive qu'elle cft cément romaines . antérieures à la do-
foncièrement romaine. minaiion des barbares. Si l'on n’en a jr jrg,tu»ai
Quelqu'un nica peutêtre , que Técri- point,, en lettres cutlivcs , de plus an- p ^
ture courante (bit It ancienne ; fous pré- cicnnes . que le v‘. fiècle ; ce n'eft pas \liTfn î'f-
texte qne d'habiles auteurs femblent la une preuve , qu'il n'y en eût pas : puif- .
regarder , comme une ptoduélion monf- qu'il n'exifte nnl original en curfive d'un
cruculc des barbares , qui inondèrent âge plus reculé. Nous partons d'original
Icmpite romain. Maison ne volt pas, fut papier d'Fgypte ou fur parchemin- Il
que ces peuples aient jamais tien ianove , eft des monuroens de marbre , de verre
en fait de beaux arcs ou de (cicnces. Ils le de terre cuite d'une plus haute anti- *
reçurent la plupart des ufages romains , quitè , où la curfive paroit. On y te-
ùâs y lien cMogci, Et s’ils cootribuèieni marque oon feiilemeiir des letues > mai»
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II. PARTIE
5ect. III.
Chap. VI.
Diplômes méro*
vingiens & lom-
bardiqaes , tous
fabrioués par des
impolleurs i fiipo*
(ition impoftîble :
travaux d Hercule
renouvelés par les
prétendus faufTai-
rcs, félon le P.
Hardouin , pour
ruiner les anciens
Rionumens fran*
çois , lombards ,
eipagnols.
(4) Gtrmcn dif*
cept. I. p. J9. &
Difeept. 1.
/. ji* ji- &
fin-
(*) Di/ctft. t.
/.74-
(c) Difitfl. I.
f. i«.
(d) Ihd f. 41.
41. Difeift. 1,
^71.
{f ) Mim, il tA-
e»d, du ififcrif.
I.f.f.jio.
jj8 NOUVEAU TRAITÉ
de rinterptëtation de Rufin , confervé dans la bibliothc(]|ue
Ambrofîenne de Milan. On fera conoitre dans la fuite bien
d’autres mlT. & diplômes , dont on pouroit tirer le même
avantage &c de plus grands encore.
V. Comment donc a-t-on pu repréfenter ces écritures ,
comme de (a) miférables produâions de faulTaires , qui
cherchoient , à donner par la plus de relief à leurs impof-
tures ? Peu s’en faut , qu’on ne prononce le meme arêt con-
tre l’écriture Caroline. Mais C l’on n’ofe plus (i>) s’en expli-
quer aufli ouvertement , dans la fécondé üiflertation , qu’on
l’avoit (c) fait dans la première ; ce n’eft que pour ne pas
trop révolter , par la profeription d’une infinité de diplômes ,
répandus dans les archives de France , d’Allemagne & d’I-
talie. En éfet , malgré cette modération afeûée ; on n’en
tire aucun de la clafTe de ces titres fufpeâs , que nulle pièce
de comparaifon , ne fauroit remettre en honneur. C’eft-à-
dirc , qu’on traite d'archives privées 6c. fans autorité ; non
feulement celles des communautés de clercs 6c de moines-;
quoique l’antiquité les regardât , comme autant de dépôts
facrés ; mais encore celles des évêques 6c du Pape même.
Autrement feroit-on envifager comme impoflible (</) la vé-
rification des diplômes lombardiques 6c mérovingiens ? Nous
avons examiné dans le volume précédent l’autorité des ar-
des mots Bc des lignes memes en cc ca-
raâcrc. Quelques-uns portent des dates
précifes des commcncemcns du
clc. Ni leur écritnre , ni celle des ades
du V*. n’a rien qui fenre uoç oo«»ellc in-
vention. On rcconoic •■HJ®***^***® »
plufîears Hccles fo6rt>4<®* * peine , pour
lui donner ^ fierté ,
oa'elle momie, f» multipliciti! de f«
liairom , aijllr,» Aftience énorme avec
la capitàh!, ‘Âttoefois on ne conoidôic
oint fit/lifon lapidaire difércme de la
elle caMk > qui remontât , juftju'an
premlërWcle. Mais des découvertes ^f-
téricures ateftent , qu'on failbit en meme
tems ufage de cataâcres , qu'on ne peur
confondre avec clic. D. Bernard de
Montfaucon , dans fa (i) Diftrutim fur
U Plaute ufelte > obfcrve au fujet
de la corfive gitb]uc , que » les premiers
» livres , que nous trouvons écries en
U lettres coûtantes & liées , font de U
«fin de Brfile le macédonien. » Mais U
avoue en meme tems >» qu'on peut ré-
» pondre à cela, qu'à la vérité le carac-
>» tere courant n etoir pas encore en ufa-
« gc pour les livres 5 mais qu'il i'étoic
» pour les tachygraphes , pour les no-
» caires , & pour les feerctaires des em-
» pereurs ; non feulement deConAan-
» tin Coprooyme » mais encore dans des
» tems bien plus anciens « II ne faut
donc pas conclure^ de ce qu'on ne trou-
ve point certains menuroens d'an tel
lièclc , qu'il n'co exidoit pas alors de
fcmblabics; encore moins traiter de faux,
ceux , qu'on pouroit rencontrer dans la
fuite. Au rcAe nous conoiAbns de la cur-
Ave grèqae , antérieure au moins de qua*
tre ou cinqfiècles au ti 1 1*.
«
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DE DIPLOMATIQUE.
chivts : conieitcons-nous de déveloper ici les ( i ) abfiitdicés ,
dans lerquelles on s’engage , en livranc à la fourberie tou- partie.
résiliés anciennes écritures diplomatiques. VhVp/vi.
La plaifante chimère de le figurer , que des impoftcurs
les auroienc inventées exptès , pour fe donner le pUiiir de
(i) Le P. Germon faToit mictn ca-
cher fa marche , <)ue le P. Hardouin. Le
premier, fi TOUS l’écoutez, n’eti veut qu’à
des règles trop légétcmcnc bazardées. Il
ataque , noua^ic-il , des diplômes bar-
bares , donc Rs vices Te manirenenc ,
malgré robreutité des rems , qui fem-
bloieac les dérober à la critique. Il Ce ré-
duira même à les faite palier pour fuf-
peéis : tant il Ce conceaie de peu de
ebofit. Le fécond au contraire n'epatgie
lien : il cbetdie à rciiTcrlêr tout ce qui
fe ptefente devant lui. Vetfion des LXX,
conciles , Ss Pères , bréviaires , mill'els ,
aocenrs proEacs , baltes des papes , di-
plômes de rois , d’caapeccucs , chartes
privées , monumens de qoelque natute
que ce foie ; on diroic que tout va tom-
ber (a) fous fes coupa rédoublés. D'un
feul , il croit détruite tous leS diplômes
de nos rois antérieurs à Pépin. Pour les
livrer à Pimpoftare , il a'a befoin que
de cette règle. Tous les diplômes des
rois de France, dans Icfquels ils prennent
pour titre Rtii in frtnftii ont été fiar-
gés, depuis Pan t)io. Quecuaqu* [h)
iemum meniirruntjê rt^ti freneorum cem-
memoT^iitt aa/e Pippinum , ta fcriftM-
ve ptjl MMHum Chrijlt i)io, noverù^
Quand cette règle ne fetoit pas égalc-
* ment aplicabic aaz diplômes de la t‘.
5: race ; il ataque en détail tous
ceux , qui lui tombent fous la main ,
iufqu'au règne de Philippe I. Et depuis
cccie époque , jafiqu’au iv‘. ficclc , les
cliattea , auxt^ucllcs il fau grâce , Ibnc
fi rares ; qu'a peine fur dix mille , en
fauvc-c-il une feule. Ccrce faveur ne s’a-
corde guère , w’à celles ijoi ont eu le
bonheur de pafte des archives monafli-
ques à celles de fon collège. Mais , com-
me cet afylc ne s'eft point cotichi des
dépouilles de l’iialie ; le royaruae des
Lombards paficra pour une cbimcic aufii
>ial coacciiée , que fi foo ptétendoicMoa
dormcT ime fuite de rois Picards. Jamais
roi des Lombards n'ciifla. Tarn (c) fic-
tum Mrbitramur rtgnum Longohjtrdtrum :
qMm tÿit Piearitném t im
mtitis menumentis Me frâfertim HpieenM-
tibks Carlui vel Care/»r rex FrMncerum,
iicMtur LongabMriêTHtn. . . . Lengoher-
ierum rex xullus fuit. Point de (i) mo-
nument fincère eu EfpagtK avant l'ao
rtc8. Les noms racmci des rois d'Ef-
pagne (») font prefque tons finia. Toute
charte , tout monument , qui (/) porte
la date de Vire eft évidemment fupofé.
Elle ne fut forgée au plutôt , qu’en
1140. Mais depuis 1144. il Ce pcoc faire,
que quelque inllcumcnt en foit daté. Les
preuves aléguées de tant de paradoxes ,
font fi ridicules , ou fi plaifiuices , qu’on
ne pouroic s’empêcher d’en rire ou d'en
avoir pitié. Mais ce détail nous écarcc-
roierrop. A peine même daignerias-nous
temner les cendres d’un auteur fi fingulier;
fi nous n’en voyions icnaittc en divers
pa'is des écrivains , qui ne craignent pas
d’adopiet la totalité (g) on du moins di-
fércmes portions de fes égarcmens. Ne
pouroit-on pas mettre de ce nombre un
Père Abarca Jéfuitc cfpagnol , quoirpie
nous ne le conoillîons , que par les Jour-
naux de fes confrères , & pat l’hifloite
d’Efpagac de M. d'Hctrailly } » Un pii-
» vUège cfl (h) tenu pour bon , dii-il , un
n autre efl léjctè : il y en a peu qu’on ce
uconicfle, & la plupart doivent l'é-
» tic . ou plutôt ils font TxisquE tous
U iodignes de fournir matière à la dif-
" pute. U De l’aveu des Jéfuiecs de
France , fclon l'Efpagnol , c’en eft donc
fait des loix & du nuintien du boa or-
dre. Car , difent ceux-ci , les mt-
chrves , ^e deviennent les Uix , let or~
dennnnees , les règlemtni é" génerMltment
totet ce ceneerne le mMiniit» diehn «r-
drêeUlu n» Euli
i»)yeyix, U ri-
ftitMHen dece dnn*
gereeex f)Jlim,
inni U nenvenm
diSienMire de M,
Ckmiiffepii ,il‘Mr-
title Hardouin.
M.p. J<. )7.
{i) Mf.de U U-
hlht. duree éitd.
A. Je. liarduini
epera varia . — .
Amjltledami- — ■
JJO.
W M/ p. tl7.
O* /y?. Edit,
p. «04.
(d) Mf.p. JJ4.
{t) Ibid, p, tti,
à- feqj.
if) liid.f. f ff,
)6o.
(s)y.Usebferv.
fur les écrite me.
{h) Préface fret
le terne de thif.
•fEfp.p. 4.
(i) Uém, deTrtv.
Fevr. jptf.
p. vtj.
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IL PARTIE.
SECT. III.
CH*E. VI.
{go NOUVEAU TRAITÉ
fabriquer une multitude infinie de faux titres , dont l’Inuti-
lité parfaite fera démontrée ! Mais combien ce plaifir leur
auroit-il coûté cher ! Quels travaux infurmontables ne fa-
loit-il pas efluyer , pour atirer à des menfonges ftériles d’au-
unt pûis de vénération ; que les caraâères , avec lefquels ils
leroient exprimés , s’écarteroient davantage de l’écriture
commune 1 Comment pouvoir obferver tout à la fois , avec
un tour naturel &c d’une main hardie , cette unité & cette
diverfité de caraûères , cette conformité & cette diférence
d’écritures , dans tous leurs degrés refpeâifs , d^s toutes
leurs efpèces , dans toute leur durée ? Comment , dans
chaque genre d’écriture , pouvoir foutenir , fans le démen-
tir jamais , cette uniformité , qui la conftitue , qui la détCT-
mine , qui n’en fait qu’un tout , qui la réduit à l’unité , SC
cette diverfité , qui la diftingue ; nous ne dilbns pas feule-
ment du caraélère général des autres nations du meme fic-
elé , mais de celui des diférens peuples de tous les âges Sc
de tous les tems ? Ce n’eft encore rien en comparaifon de la
dificulté de réunir tous ces raports de relTemblance , mal-
§ré la diférence des traits d’une infinité de mains , qui ont
relTé ces aûes. Car fans parler des mff ; le nombre des di-
plômes , écrits en lettres ( i ) romaines , lombardiques ,
( I ) Quoiqu'on pnilTc compter les *ôes,
diplômes te miT. en cutlive romaine , ou
qui renferment cciraines porrions de cette
écriture j leur nombre n'eft pourtant pas
aulTÏ bon , qu'on le pouroit croire : St
quelques uns mSines lônt (Tune drenduc
rrcs-confidérablc. ta Franec , TAIIema-
gne , St l'Italie en montrent plulieurs.
I.es caraâdiet lombardiques , Taxons , St
futtout les mdrovingiens ont avec elle
des raports de relTemblance tres-inrimes
Sc ttds-ranltipliés. On ne peucoit alTez
a'dcoocr, qu'elle eût pe'ri tour d'un coup, fi
l’ôn ne la retrouvoit , dans les écritures
iriligothique , lombardique Sc faxone,
te dans <ia gallicane St U mérovin*
gienne , plus qu'en aucune autre. Com-
menr donc fupolcr , que tous les diplô-
mes mérovingiens lÿnt fabriqués , fans
porter le même jugement des aâes ro-
mains ? Faodra-t-ii done encore facti-
fict aux prétentions des Uacdouins te des
Germons ces précieux rellet de la jurif-
prudence romaine , que les favans ne
regardent , qu'avee tefpeâ , que les pa-
pes , les empereurs , les rois Se les ré-
publiques recherchent arec emprelfc-
menr , Sc confervent comme des riélbts ,
dont la perte feroit irréparable } Mais R
l'on ne peut fe teitifer a la (incériré de
ces écritures romaines ; comment pou-
ra-t-on réprouver celles qui en font
émanées , Sc dont elles prourent la né-
ceflicé î Seroit-il pofCble , que lâns au-
cun milieu , on fut pallé tout d'un coup
d'une écriture femblable à celle de la
chatte de pleine fécurité i des écrirntes
euxfives , telles que celles qu'on em-
ployoit aux iii. Se xiii*. fiécles ?
Quand même on répareroit pleinement
l'bonoettt de récriture Caroline , auquel
on a donné tant d'ateinres ; combien
l'intetvale cntr'clle St la romaine ne pa-
roicToit-U pas énorme i Rétrancher les
mérovingiennes.
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DE DIPLOMATIQUE. j6i
mérovingiennes , & faxones eft fort grand ; tous les jours on
en découvre de> nouveaux. Mais combien les fignatures ,
n’ajoutent - elles pas encore de nouvelles fortes d’écritures
particulières , fubordonées à la générale : fans qu’on y puilTe
apercevoir un feul trait , qui trahifle les prétendus fourbes ,
& qui découvre le fècle pollérieur , où l’on fait entendre ,
qu’ils ont travaillé ! Depuis quand le menfonge s’acorde-
t-il C bien avec - lui-même ?
Les chartes fans nombre , qui fuivent immédiatement les
mérovingiennes , & qui ont un raport néceflaire avec elles ,
mettent Te comble à l’impodibilité de leur fupofition. Pour
qu’on pût r-éalifet ce fantôme ; il eût donc falu d’abord ,
que les impolleurs eulTent fsrmé une légion entière. Sans
cela ils n’auroient pu fulîre , à repréfenter tant d’écritures
& de fouferiptions , toutes également hardies , naturelles Sc
diverfilîées. Il eût encore falu , que cette troupe innombra-
ble fût devenue invifible. C’eft l’unique moyen , de rendre
raifon , pourquoi pas un feul des hiftoriens n’en aurait dit
un mot. II eut falu en dernier lieu , que toutes les opéra-
tions de ces faifèurs de diplômes mérovingiens , lombardi-
<^ues &c faxons , fulTent demeurées cachées. Sans cela bien-
tôt on fe feroit aperçu des ravages , qu’ils auroient caufes
dans la fociété , par la multiplication de leurs faux titres ,
répandus de tous côtés ; ic par la deftruâion des véritables ,
auxquels ils auroient fait une guerre fî cruelle , qu’il n’en
feroit pas échapé un feul. Or dès là quelles fources de pro-
cès ! quels troubles dans les familles t Quelle confuf on aans
les Etats ! Et cependant i’hiftoire ne nous auroit pas con-
fervé le plus léger fouvenir d’un boulverfement fi univerfel !
Nul monument , nul adle n’en auroit tranfmis la mémoire aux
fiècles fuivans !
Mais comment cette fàmeufe fociété de faufiaires , cette
cohorte du P. Hardouin fi nombreufe & fi répandue , après
avoir impunément changé la face de la religion, des lettres
& de la jurifprudence , après avoir dominé dans toute l’Eu-
rope pendant les xiii. 6c xiv'. fiècles , aura-t-elle tout
II. PARTIE.
SiCT. lit.
Ch A F. VI.
^critares mérovingiennes & loxnWdi- I (luis y pen(èr, prêter les armes les plut
quesc’^rompre une des principales chat' I dangereufes à i'irtéligion.
fics,^ui Jious unie à l’antiquiié. Ceft même |
Tome IL Z Z
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. — - . .J
JL PARTIE.
S t C T. III.
«NA>. VI.
(4) V. mji. it
Sffherl éCArtûii
tiani In mim. dt
tmiad. des infcrip.
Un. d’UclI. I. II.
f- 4<». & fnn.
)7J. &
Jim.
_2?: —
NOUVEAU TRAITÉ
d’un coup difparu , au X¥* î Ce* ficelés ténébreux , où le
gouc fcholaftique & une philofophie batbare donnèrent le
coup mortel à l’étude de l’antiquité , étoient-Us bien pro>
près à fournir une multitude d’hommes , qui doivent avoir
téuni des conoifiances tres-vaftes , pour inventer de nou-
veaux caraélères , recueillir une infinité de formules , ££
pour fabriquer un nombre prodigieux de monumens Sc d’ac-
tes , qui n’ont nul raport ni aux mœurs ni au génie de ces bat
tems ? 11 faut convenir qu’un aufli favant homme , que le P.
Hardouin étoit né , pour enfanter bien des chimères.
E’écriture curfive mérovingienne pafle pour avoir été per-
feâionée par les foins de Cltarlemagne. Du moins les chan-
gemens , qu’elle éprouva , donnèrent-ils naiffance à un nou-
veau genre d’écriture. Le foie eft fi certain , qu’on n’ofe le
conteller. Mais quoi donc ! perfeâione ou sdtcre-t-on un
genre d’écriture , qui n’exifte pas encore , ou qui n’eft qu’une
invention ténébreufe d’impolteurt , plus modernes de qu»>
tre ficelés ? L’écriture réformée fous Charlemagne , quelle
qu’elle pût être, exiftoit donc avant lui ; & celle qui fut re-
douvellée de fon tems eff donc la même , qu’on retrouve
dans les diplômes du i x^. fiècle. Or l’écriture avec laquelle
elle a un raport immédiat & néceflaire , eft la mérovin-
gienne. On vote même da ^miet coup d’oeü , qu’elle en
Tire fon otigiaek Les premières écritures carolines ne dife-
tenc préfixé pas des dernières mérovingiennes. La fîncérité
des plus anciens diplômes dépend de celle des fuivans. D’age
na âge on remarque une gradation d’écritures , dont les ra-
ports croiffont ou décroifîent , à proportion qu’elles fe ta-
prochent, ou qu’elles s’éloignent. Elles (1) nousconvainquenc
(i) Jamais on ne vit de fabtieateurs -
d’aâes Te concerter enTcmble ; fi ce n'cfl
pour le fervicc d’un (») grand Teigneuc,
poiK <pie1<)ue af«te naiepte. Qn’oa fu-
pofe néanmoins pareille fociété , apli-
tjuée t fabts<]act une multitude prodi-
gtculê & d'aÛDi & de mlT. fut des fujeas
aiiiTi peu rélatirs tes mw aux autres, que
le font tes monumens lombardiques &
mérovingiens. Qu'ih ibient convenus de
fc lôrgct une ou pluficurs écritures à .
f«rt , pou les HÙic semouet à Kit
ficelés , qu'il leur auB phi , ou par toae
autre motif, qu'on trouvera bon d’ima-
giner. Ckacunc de ces écritures ne rom-
pra point la chaîne de celles de tous le»
ficelés. Les mÆ St les diplômes fioigda
feront corps à part. Soit que nous par-
tions de rcmpifc romain ou du régne de
Louis XV s noos fuivrans tous les degiés
des écritures aélucllemeni fubfiftantcs ,
romaines , gallicanes , méroviogicnnet ,
carolines , capétiennes , gothiques , re-
nouvelées. A efité de la aésovingieaae
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DE DIPLOMATIQUE. jéj
par leur* relations non interrompues , que leurs auteurs
n’ont pas été d'aflez mauvailè foi , pour vouloir nous en
impofer ; & quand biei\ même ils auroient voulu le faire; c»*â». vt.
le grand nombre des pièces , qu’ils nous auroient ttanfrailès,
4c de la Caroline , nous Temnl mar-
cher la viligothique , la lombardique &
U faione.Ëgalcmeoc forties de la romai-
tie , elles lêionc cellatdtales à la Iraaeo-
gall)()«e , & Te r^ooiroot arec elle dans
la Caroline. Mais les écritures fupofées
ce naîtront du tronc , ni comme bran-
ches principales , ai comme collacéiales.
Plus on les dira ancieaacs i plus elles pa-
loicroDC étrangères , & dilTcmblables i
celles , dont l'antiquité neft pas doo-
acare. Aien qui ks précède , rien qai les
fuirc : rien à qnoi elles tienoenc : nulle
époque , nulle durée de rems , où
elles puideoc aarweHement Te pla-
cer. Eu un mot elles reraac ifoiéat de
toute autre écriture. Ont-elles du ra-
pott avec qaelqu'une ! Ce fera arec
celle du ficelé , dont elles fisat vérita-
blement , quoique leurs dates les peneat
bien plus haut. Veut-on les lier à des
tems précis » Les places , qu'on leordef-
tinera, fc tnQiTeranc prifes. Elles ne pou- j
ronc les oeoper , qu'aux dépens des vé-
ritables , de celles qui ont la pofTeflîon :
& l'on ne ponra rétraneher les demièiea ,
fans jeter dans une coisfaCoa éiraagc les
autres , auxquelles on ne prétend pas
drmiKt aretnee. Dès Ibrs tout t« canaux
de communicacioo avec tes fiècltt pté- .
cédens Sc fuivans feront coupés : lents
tapons les plus encnticis , la eanoéhité
de lowts leart panles difparoittoot. Su-
pofons la bbdcacioa des nouvellet écri-
tures de beaucoup pollérienre au liècle ,
auquel on ft ptopoft de les aâcher j
dies n'auront avec loi nulle analogie ,
nul raponde conformité : encore moins
avec celui , qui le précède . & très-peu
aVee-Atai.qm le fuit. Ceo eft plus qu’il
n'en fiiac ..pont ho convaioen tfiaipof-
turc.
Tout le contraire arlvera , fi l'on acu-
fe de fnpofition des corps on des genres
entiers d’éctirares véritables. Les décla-
rer fâuflVs } c'eft laidTer un vuide afreux
dans la (bire des nranumens , qui les
perpétuent de fiécle en liècle. C'eff en
rompre la chaîne , & nous réduite à l'int-
pofiibilitè d'en renouer le fil. Cene mé-
rovingienne , qu’on veut factifier à la
frandc , s'alie parfaitemem avec les écri-
tures antérieures & polléTieurcs. Placez-
la depuis le VI*. liècle ; vous lui trouve-
rez tous les eaiaâères de véri cé. Elle pco-
duira le même éfec , qu'ua morceau d'é-
criture détaché du milieu d'une page .
puis replacé à rendroit même qn^l ocu-
poic. Tout Ce rtponeri jaftetacat è ce
?|ui précède ,âci ce qui fuiu Mais les
aulTaitcs modernes , qu'on fupofe l'avoir
fiibriqaéc, purent ila réformer leur main .
au point de Ce firire une écricute , qui ne
fiât point ta romaine , mais qui femUât
en être fonte ; qui ne lut point la ea-
raline , mais qui parfit lui avoir donné
oaiflànce : qui dillinguée de la vifigo-
thique , de la lombardique , de la faxone.
pfit ailément les retenoitfe pour feran i
qui depuis Ion commcnccracm , jufqu'fi
U fin , tendit fans cclTe , mais par des
déclins infenlibtes , à fa transfoemation
en nue «une fotK d'écriture , fans néan-
moins (c rapcocher jamais de celle du
XIV*. ficelé, auquel on la fabriquée. Si
la fflétovingieoDe , la lombardique , U
vifigochique , la faaone , font des écri-
tures laites fi plaifii i qu'on nous moutte
celles , qui doivent les remplacer , dc-
pnls'h NMiau ,|ulqa-'fi U'caroliiw. Mais
s'il eft impoflible ifeo produite aucuac
autre , qui ait eu cours alors , dans les
diplômes de France , d'Efpagne , d*AIIe-
ins^ne , d’Italie ; qit'on avoue qu'elles
furent autrefois en ufage , dans tous cea
royaumes. En éFct , pourquoi la romaine
fubfifteroit-elle for des matitttsaofll fra-
gUet , que leu j>amax d'Egypte { tandia
Îiuc d’autres plus récentes , n'auroietit pu
c conferver fur des matières aulTi du-
rables , que les diplômes de parchemin
Sc les mn. mêmes , donc toutes les par-
ties femblent laites , pour concourir fi
leur conlcrvatlon réciproque ?
Zz i)
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II. PARTIE.
S f CT. III.
C H A r. VI.
Toconf^qoenecf
des lettres des mé-
dailles à l’écriture
courante , &^U
faulTeté de quel-
ques chattes à leur
totalité.
(a) Gtrmm. dif-
Mpi. t.f. ji. II.
41) V$»dle. Jipl.
L. I. c. t. f. 91.
(e) 1.
t- »»•
3<î4 NOUVEAU TRAITÉ
ne leur eût pas permis de foutenir , avec aflêz de juP-
tefle Sc de précifion les carafteres d’uniformité & de diver-
üté , pour venir à bout de nous faire prendre des impoftu-
res , pour des monumens refpeûables. La fourberie le de-
ccle toujours par quelque endroit.
VI. Pour étayer , par des faits impofans , un fyftcme,
imaginaire ; on apelé a fon fècours l’aneau de Childeric
I , les médailles de nos anciens rois& les mlT. memes. Tous
CCS monumens , dit-on , atellent , qu’on ne le fetvoit point
alors d’écritures mérovingiennes : puifque la feule écriture
romaine s’y montre condamment. Sans nous amufer à faire
remarquer , combien cette prétendue écritute romaine eft
altérée , à montrer que les auteurs qui ont publié dés ou-
vrages fur les monoies de nos rois des deux premières ra**
ces , ont fait toucher au doigt la difércnce de leurs carac-
tères d’avec ceux des Romains , &: que Bouteroue a même
drelfé des alphabets fur les anciennes médailles 8c inferip-
tions françoifes , qui prouvent jufqu’à quel point les lettres
romaines avoient dégénéré , depuis qu’elles eurent été em-
ployées par nos ancêtres ; fans nous arêter à faire valoir tou-
tes ces réponfes : quelles conféquences légitimes peut-on ti-
rer des lettres gravées ou moulées à l’écriture courante ? Ne
font-cc pas deux genres de caraêlcres totalement difparates ?
Y a-t-il aujourdui bien du rapoit entre nos lettres capita-
les & notre écriture financière 1 Pourquoi veut-on donc , qu’il
y en ait davantage entre les lettres propres des monoies ou des
inferiptions de nos premiers rok , 8c l’écriture courante
de leurs diplômes ? Ce n’eft que par le fophifme le plus
grofiier , qu’on cherche à confondre des notions fi diftinÂes.
Il en faut dire autant par raport aux m(T ; quoiqu’on ne laifie
pas d’en rencontrer plufleurs en caraélèrés mérovingiens ,
lombardiques , -virigothiques 8c Taxons , 8c un plus grand
nombre , où ces lettres font mêlées avec les romaines.
On nous demande des preuves de l’ufage de l’écriture
mérovingietme en C») France , & de la lombardique en
(^) M., Fontanini (&} ne lit qu*avcc
^ronement cette propolîtion du ?.. Gct-
mon : // efi (e) mrtrtMin , fi f urittirf^ mc’
s vérùâbltmâns èi
tmpîtyh dsns Us dtflomtt /«i mflm-
mtsss jssrsdiqttts. Mais, fans nous pr^va*
loir de tant de diplômes mérovingiens eo
fbtmcs d'Otdonanccs », & de jugemcoi >
Dia:::^ - J 1 . Google
- XX.
DE DIPLOMATIQUE.
Italie. Mais comme les faits parlent trop haut , &: que le
nombre des diplômes de ces anciens tems , forment une ré-
ponfe trop péremptoire : voici comment on s’y prend , pour
s’en débarafler. On exige , que leur autorité foit mife à
l’écart , fous prétexte (a) qu’ils ont pu être forgés , bien des
fiècles apres les rois mérovingiens &: lombards , fur le mo-
dèle de cette écriture furanée , qu’on a coutume de leur
atribuer.
Mais fi les firufiaires ont imité de vieilles écritures ; celles
qu’ils ont employées n’étoient donc pas de leur invention.
Si l’on pouffe la contradiélion , jufqu’a foutenir quelles en
étoient ^ fans nous permettre de conflater leur antiquité par
les monumens , qui fubfiftent : c’eft nous impofèr des con-
ditions fi iniques ; qu’on ne fauroit les admettre , qu’en ou-
vrant la porte aux paradoxes les plus monfirueux. Ne pou-
roit-on pas par ce moyen defarmer quiconque entreprendroit
de combaue le pyrrhonifme liiflorique ? Prouvez, lui (i)
tiport^s par D. Mrbillon Sc D. Houquet,
Je tant t)c chartes d échange , de dona-
tion , de teftamenr ; pièces toutes juri-
diques pat leur naruie r (ans nous arê-
ter aux chartes éclcfîaftiqucs , toujours ,
quoiqu'è tort , plus en bute que les au-
tres : produirons- en une ttes-mérovin-
ienne de Childcbert III. de l'an 7 1 r.
Ile nimérelTe en rien aucune égliTc ni
anonaftère. On ne peur pas même prou-
ver, qu'elle air été tirée d'aucunes atebi-
Tct éclélïaAiqucs. Nous Ibmmes proba-
blcmenc les premiers , qui l'ayons dé-
chiftée : & c e(l Tur aocra copie que P.
Bouquet (1) la donnée au public. L'ori-
ginal s'eft trouvé dans le cabinet de Ma-
ximilien dcBïthone,dacdeSuillr,miniAre
de Henri I V. & maintenant il Ce conferve
dans celui du prince d'Henrichemont.
Le modèle , que nous en avons fait tirer
avec i'exaéUiude la plus fcrupuleure , lcra
fun des plus ptécieui ornement de notre
ouvrage. La barbarie du ftyle , qui y re
gne , depuis le commencement , jufqu'à
la fin , égale ; A elle ne TurpalTe , celte
de tous les diplômes , que D. Mabillon
a mis au jour. C‘el> alTutémeot une pièce
juridique , s'il en fût jamais. Toutes les
iouBct judiciaires 7 Tonc oUKvéet- L'a-
(âire lé traite au tribunal même du priiv
ce ; les parties y comparoilTent, les titres
à la main : Icéiute en cil faire : les inté-
teAés prêtent interrogatoire. Il s'agit d'un
coorrac de vente ; on examine u toutes
les formalités y ont été gardées , fui vatu
les loir. Ce n'eft qn'aptès toutes ces dif-
cuAions, de l'avis des grands , de fur le
rapott du Comte du palais , au pluiâc db
celui , qui en faifoit les fonélions , que
Tarée définitif eA prononcé. Que peur-on
foufaarter de plus juridique le de moins
fufpcél >
( I ) Ce n'eA point ici de ces liipoAtions
en l'air , qu'un fait valoir , pour décté-
diter l'opinion d'un advcriâire. Le P. Ger-
mon a'ignorok pas , qu'elles ne fc fuC-
feot bien férieulement réaliféts , dans
ta tête du P. Hatdouin , qui du câté dé
■'érudition n'éur peniétre point d'égal
dans la compagnie. Pins adroit & moins
impétueux , que fon confrère j A le P.
Germon vifoit au même bue , c'étoit en
s'envelopant , en ne laiAant apercevoir ,
qu'une partie de Tes projets , en dégoi-
fant ce qui auroir tévolcc tour te mood'c
contre ce f^fiéme. Mais quand il vit
celui duP.Hardoura Iblennellement prof-
ctir pat fa fociécé j pour lots il ne pcalà
II. PARTIE.
SacT. III.
Ch A?. VI,
(«) Germtn. iif-
cft. i.p. ;,.H.
<0.
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n. PARTIE,
s E c T. III.
Chap. VI.
(a) Germtm. dif-
tefi. 1. f. J. f. 4‘
NOUVEAU TRAITÉ
diroit-oiî , que vos prétendus Ss. Pères te vos auteurs pro-
fanes n’ont pas été fabriqués par une troupe d’impofteurs ;
mais gardez-vous bien de vous apuyer fur l’autorité de leure
mlT, ni fur l’antiquité de leurs cataftères. Ce font ces mlT.
memes & ces càraftcres , que nous foutenons avoir été ima-
ginés fut de plus anciens , par les faulTaires du xt 1 1*. fiècle,
pour donner plus de poids à leurs menfonges. De peur donc
que ces témoins incorruptibles ne dépolit contre nous
hous les réeufons tous fans exception. Par une réeufacion
générale , fermer la bouche à tous les témoins , qu’on a pro-
duits , &: qu’on pouvoir produire ; c’eft \ la vérité une ref-
fource merveilleufe pour le crime. Mais afin de faire voir,
que nous ne réeufons pas ces témoins fiins bonnes raiibns ;
nous en aléguerons deux : l’antiquité (à) aparente de ces
monumens, Sc le nombre des impofteurs , qui ont fupofé
de faulTes pièces.. Tels font les grands morifs , qui nous ren-
dent plus que lufpefts les anciens m(T. Telles font aurti les
preuves , qu’on emploie ici contre les diplômes , écrits en
caraéicres mérovingiens ou lombardiques. Us font faux , ou
du moins fufpeûs ; pareequ’il en eft de fupofés , où ces écri-
ture» font mifes en ufage , & qu’ils ont un air trop antique
& trop vénérable.
On aperçoit ici le fophifme &: le paralogifme tout à la
fois : la conclufion du particulier au général , & du foupçon
téméraire à la certitude du crime. Il eft des chartes fàuiVes :
donc nul diplôme ne mérite créance. Un tel paroit trop
homme de bien : donc c’eft im impie. N’cft-ce pas là ouvrir
là porte au pyrrhonifme hiftorique le plus décidé î N’eft-ce
pas*^ lâcher la bride à toute la malignité du coeur humain ?
récriture aunoo ^ VIL Mais quand la condufion du particulier au général
deux (iccics bien légitime : quand il s’enfnivroit de la fauffeté de quel-
dru*temrtrr'a- ^ pi^cs , quc toutos ccHcs , cKi’on préfcntetoit , feroient
TCC certitude aux fofpeftcs Sc fans autoticé : quand tous les dehors de la vertu
plus anciens roo- la conviaion du crime ; il n’y auroic
««e^irnHlibi'. cHCorc nuHc conféquence à dire : les didomes lombardiques
Eté d’une parfaite ^ métovirigierts font faux OU fufpeâs : donc ceux qui portent
4»l«' . qu'à f* pf"?" 1 tooleufs fl vises , ti avec dos
iliJe’deeet autre Jéfuiic. Ceft fans dou- 1 traits fi leflcmblans.
te ci qui 1-a porté, i nous le (4) peindre 1
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DI DIIIOMATIQ17E.
les mêmes canâores d’écriture a’oi» pas Vatitûmké , qu'tk
font paroitre. Car , en remontât de ûècis en i^le , pa dé-
montreroit avec autant de certitude , ^e relie écriture apm-
tianr au VI Z. ou VI I X*. iiècie -y «pa’il ferok oifé de dilcer^
ner & de fixer celle du xvi. du xvi i. âc (fii xvi 1 1 , ou de
paffer aux caraâcces du xv , en eommcnçai» par ceux de
notre reros. Or qui olêroit révoquer en dmite , qu’on puil&
diftinguer des écritures fi récentes ? On ne fauroit le nier ,
fans fourenir ; nous ne dirons pas <^e les apcieimes écritu-
res des bibliothèques âc des archives fisnc iordes des mains
d’une pernicieuTe cabale des xiii. & xiv^. ficelés ; mais
que cous les mC & tout ce que renéêrmenc les archives da
inonde entier , font l’ouvrage d’une multitude innombrable
de fiutfiaires , répandus dam cous les lieux , dans tous les
tenu , âc maitres dafelus de cous les dépôts , Ibit publics ,
foit particuliers , aufii bien que de tous les m(T. de l’univers t
fans que januis perfone en ak entendu parler , pendant près
de dix-fepe fiècles.
Si pareille propofition révolte le Ibns commun ; on ne dif-
conviendra pas , que parmi les écritures , qui précédèrent la
nôtre ; il ne s’en prélènce de non fiifpteéles , qui peuvent
lërvir de règle & de modèle. Or pourvu qu’il (bit acordé uq
point , d’où l’on puifle partir , avec un ou deux fiècles ,
qu’on puifie comparer eiifemble : ( choie que le P. Hardouin,
tout P. Hardouin qu’il eft , n’ofe nier ) on s’élèvera fans
peine , par une continuité de de^és infenfibles , jufqu’aux
plus anciens monuraens. Commé xl n’eft pas poflible, <^una
infinité de fuites nmi interrompues de toutes fore^ de mé-
dailles , de mif. &c de diplômes de tons les fiècles , forment
autant d’aiTemblages de pièces iàuiTes ; il ne l’cll pas non plus ,
qu’un enchaînement de toutes les efpèces d’écrkures , afisc-
tées à chacun de ces genres , écritures qui ie couchent Sc fis
prêtent , pour ainfi dite la main , donc les tapotes générauxt
Ibnt marqués , & ^iles à faifit , dont les variations immé-
diates Sc de proche en proche font fi légères ; qu’elles n«
fiiuroienc furemenc être aperçues qu’aucanc qu’on laiilè d*in-
xervale entre les excrémicés , qui doivent contrailer -, non ,
il n’eft pas poifible , que des vatiétés fi cenftantes , fi déU-
«ates , fi multipliées 5 jointes à des tapoits Ae leftémyanee^
II. PARTIE.
Sic T. III.
OHAt. VI.
imitation des an-
ciens tittet.oQ que
des pidccs favUit
de noDTclIe (àbii-
que Sc doooées
pouriHs- antiques,
ne (oient pas re-
coones par d'ha-
biles antiquaires ,
ateodis à fuivre
Icuiaptiiicipes.
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II. PARTIE.
S E C T. 1 1 1.
Ch*p. VI.
}6i NOUVEAU TRAITÉ
qui marchent toujours à côté , {oient l’ouvrage de la réflé-
xion , de l’artifice & de l’impolhire. On ne le peut dire ,
{ans le précipiter dans les fylîcmes les plus extravagans. Les
conoilTeurs (entent parfaitement la focce de cette démonl^
tration. Ceux mêmes qui ne le font pas , en (croient aifément
firapés ; fi quelqu’un leur faifoit remarquer fur une fuite d’an-
ciens &c de nouveaux titres , les raports , les progrès , les va-
riations , qui fe manifefient de ficelés en lîécles dans les
écritures , &c qui ne permettent pas de les confondre. Soit
en remontant de la nôtre à la mérovingienne , (bit en de(^
Cendant de la mérovingienne à la nôtre ; il fera donc fa-
cile d’alfigner autant de points fixes , qu’il y a de fiècles ,
qui les féparent , &c de fortes d’écritures , qui les caraûéri-
(ent. Or ces points une fois bien connus & bien conftatés ,
rien n’empêche d’envilâger de là ce nombre prodigieux de
raports de confortrâté &c d’opolition , qui feroient le dé-
fefpoir des faulTaires ; s'ils étoient alTez habiles , pour (ên-
tir la dificulté de les exprimer , 8c qui les trahiront infail-
liblement , aux yeux des conoilTeurs , s’ils ne la Tentent
point. Ainfi la feule infpeêlion d'une charte peut jufiifier
pat l’obTervation , ou l'inobfervation de tous ou de la plu-
part de ces raports , qu’elle a , ou qu’elle n’a pas été forgée ,
dans des fiècles poliérieurs à fa date. Or combien cette épreu-
ve (êra-c-elle plus forte , pour confiater , que la totalité des
diplômes lombardiques 8c mérovingiens n'a pu être fabri-
quée par des faud'aires du bas ou du moyen âge , avec tou-
tes les circonfiances 8c les raports , qui caraâérifent ces
pièces-. Donc leur antiquité , loin d’être un titre de fufpi-
cion , ell pour eux un caracièce , d’autant plus favorable j
qu’il eft moins conforme au bon fens , de nous avoir con-
(èrvé , depuis tant de fiècles , une foule de monumens faux ,
à l’exclufion des véritables ; 8c qu’il eft d’ailleurs d’une li
grande dificulté de forger aujourdui des diplômes revêtus de
toutes les qualités , qui diftinguent les mérovingiens -, qu’on
pouroit donner un défi folennel aux plus habiles ubricateurs ,
d’en impofer par de femblables titres , aux perfonnes con-
fommées , dans la conoilTance de ces fortes d’antiquités.
Pour achever de confondre les prétentions oe ceux ,
qui veulent faite regarder comme fupofées les écriture»
mérovingiennes
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DE DIPLOMATIQUE. j<9
mérovingiennes de lombardiques ; nous pourions ajouter
quelques textes d’auteurs des x. &: xi®. iiècics , qui rendent ' s h c
téoioignage à leur antiquité, de meme qu’à la dificulté , qu’on c h * ?. v i.
trouvoit dcs-Iots à les lire.. Nous pourions encore infifter fur
les mlT. de France de d’Italie , dans lefquels ces caradères
barbares font employés. Mais comme ce font des raifons de
des autorités , qui feront dévelopées ailleurs , il doit nous
fufire ici d’y renvoyer..
VIII. Enfin après bien des fupofitions en l’air , on s’hu-
• r • r ^ I * i> r • t • ' ' ancicnncf <cmu-
manile julqu a ne plus nier , que lecricure mérovingienne rcs,no» rcuicmcoc
n’ait eu cours , fous les delcendans de Clovis. Mais , c’eft poiTibie,m»isréei.
allez , dit-on , qu’elle ait eu des imitateurs parmi les fauf-
faites , pour qu’elle foit défomuis (a) inutile au difçernemerit naui fabri^uis k
de vrais &: faux diplômes. Ne lêmble-t-il pas , que rendre
avec une aifance inimitable des traits , que les plus habiles dl^'cècier,' Vu^
ne lifent pas fans peine de faiu étude , foit pure bagatelle Htion fans viai-
pour des impofteurs , dont on n’a jamais prouvé la fupériq-
rité de favoir de de génie fur leurs contemporains. Mais
ces faulfaires fi privilégiés avoient-ils fous la main du papier * ’ '
d’Egypte î Pouroit-on juftifier par de bonnes preuves , après
avoir conllaté l’exiftence de ces impofteurs , qu’ils avoient
le fecret d’imiter avec la dernière perfcèiion le parchemin
de l’encre de onze à douze cents ans , les caraûcres de vé-
tufté de de dépériflement , de toutes les efpèces d’accidens Se
d’infortunes , qu’une longue fuite de fièclcs peut caufer à
d’anciens titres ? Combien d’autres dificultés à dévorer pour
eux , du côté des fccimx Se dqs formules !
Qu’on celTe donc de (6) demander aux Mabi4ons mên\e«i, W 71.
quelle expérience ils ont aquife ,.pour juger des diplômes r^/'îî*
mérovingiens : qu’on ne rebate plus , qu’ils n’en ont vu que
de faux ou de fufpeéls , Se conféquemment d’infufifans , pour
fervir de règle de vérité. Le P. Germon eft forcé (c) de re- v.,.
conoitrc , que des hommes , qui ont un grand ul^e des
chattes véritables , telles que celles , qui font renfermées
dans le Ttéfor royal de autres dépôts publics , peuvent s’etre -
formé un goût de difeernement , qui ne leur permette pas ;
de confondit les vcaies Se fauftes chartes. On peut donc à.
plus forte raifon , pat un grand ufage , aquérir un goût des
diférentes écritures , qui faite , qu’on difcçrne furement leurs !
Tome//. ‘ ‘ ' ■ Aaa
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370 iSIÔÜVEAÜ YRÀifé
' ' ' ' ~ âge» ; quand on fuit pas à pas la méthode , de remonter det
II. PARTIE, plus récentes aux plus anciennes. Ainfi prononce-t-on avec
Ch” i *Y K îi^iurance fur l’antiquité des médailles , des inferiptions , de*
mlT, Si les feuls cartélères fuHfent ordinairement , TOur ne
s’y pas méprendre ; combien auront-ils plus de fucccs,pour
fixer le ficcle des diplômes ! lleft en éfet incomparablement
plus dificile , de contrefaire l’écriture de ces derniers , que
celle des médailles. Rien de plus aifé , que de prêter à celles-
ci un air antique , qui en impofe au vulgaire , Sc non pas
aux habiles gens. Mais l’antiquité de l’écriture une fois bien
connue • on ell alluré , qu’elle n’eft point l’ouvrage de tauf-
faites des fiècles poftérieurs,- pareequ’il ne leur a pas été pot
fible d’en imiter d’un air aifé tous les traits , d’en repré-
fenter au naturel tous les carftélères, d’en réunir tous les ra-
porrs : raports , qui comme on l’a fait voir , ne làuroient être
tous faills en fp^ilation , que par des hommes confommés
dans l’étude des archives : quoique dan» la pratique ils nfe
. pulTent pas eux-memes les exprimer parfaitement.
Relie donc à favoir , fi telle écriture a été fupolée par des »
contemporains. Or communément les circonllances de la
pièce , prouvent , qu’elle n’a pu erre fabriquée , dans des tems
fi réculés. Car , fi dcs-lors on l’eftt forgée ; c’eût été ou pour
la produire , ou pour la tenir cachée. Produite , eHe eût été
certainement reconnue pour faulTe , & conléquemment fii-
primée. Elle vifoit , on le fupofe, à dépouiller les légitimes
■|solléfreors de leurs biens. Or les auroient-Hs abandonés , ou
les en auroic-on chalTés fur le vu d’une pièce de fraiche date,
dont perfonc n’étoit témoin , dont qui que ce fut n’avoit en-
tendu parler ? Tenue cadrée elle demeuroit inutile. Or on
•ne fe porte point à Commettre des crimes de cette efpèce ,
fans en efpérer quelque avantage. Nemo gratis preefumitur
. rjfe malus.
Trais princi- IX.'CeftdonC
pes du diiccrne- matiqtie dans des
roûi"i Imie'/'ie!' chattes de chaque ficcle fur celles ,tjui auroieftt
âû't*its'**o”'rén.iuî été conHammeut renfermées dans les dépôts publics. Eh !
fufpcas . ou inru- pourquoi veut-on l’affujetit i cette loi ? Ne feroit-ce point ,
bt^dans ic'ddm' anciennes archives publiques n’ont que cinq
tmuicuBoounKDt -à fix cents ans? Aihii tous üos tliplomes des ficelés antérieurs
confondre les idées , & refferrerla Diplo-
bornes trop étroites ; que de la réduire . à
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DE DIPLOMATIQUE. J71
demeureroicnt fufpeâs & inutiles. Qui empccheroit après
cela , qu’on n’en dît autant des mlT , des infcriptions , des
médailles -, & que par là l’on ne répandît un pyrthonifrae
afreux fur toute l’antiquité î II y a plus : nombre de dépôts
(i) publics n’ont-ils jamais admis, fans examen juridique,
des pièces tirées d’archives prticulicres ? Dans la plupart l’in-
troduélion de &ux titres , télblue par l’intérêt , obtenue ^
pûx d’argent, confommée par la corruption de ceux , à qui
la garde en étoit confiée , eft-elle moins (a) probable , que
la fupofition de quelques aêles renfermés parmi ceux des
communautés écléfiaftiques féculières àc régulières ? Par con-
féquent à s’en tenir à la manière de raifoner des auteurs , que
nous réfutons ; voilà les arcliives publiques &c particulières
également devenues fufpeâes. 11 ne reliera donc nulies piè-
ces ; qui puilTent fervir déformais au difcemement du vrai
6c du faux. Les onze à douze premiers fiècles n’en fourni-
ront point. On fait profelfion de n'y recoooitre nul diplôme
IIPARTIE.
Si CT. m.
Chat. VI.
de rinci(}uic^. Ob-
jeâion répondue.
Ddpôcs publics ,
oùloo agliflüdc*
pièces fuiÂci.
tifaii. ItsI. t. j,
ctl. 10. la.
( c ) Des sKeats clliiaès Toni t»eo plus
loin que cous, 11$ nonnneot les dépôts
publics , où ton a fait cacrer de faulTcs
pièces. » Nous ntvoos ,dic (t) M. Mè-
« nard , que ctuz à qui on ccniit la gar-
•> Je des arcbiTcs ( du toi i Nifmes , )
» ainlî que ceux , qui avoient foin de
» celles des antres l&èdfaulTèes de Lan-
Kgncdoc eniïrenc un cres-graad abus pour
M de l’argent , Toit en y jetant des aèles
» fana , loit en ûipriiaant les yènrablcs ,
M (clon que le dctnaodoicnr La dclTcins
M tç la vues de ceux , qui les Tailbient
» agir. Ce qui obligea le roi LouisXIV.
y> vers la fin du dernier fîccle , d'otdoner
U que la liua de toorcs cesarebives fe-
aa roient remis dans un dépôt général à
» Montpelier , & d'en eoolier la garde au
n Pcocureot général de la Cbambre d»
B compta. De forte qu'il ne feroit pas
?• estraordinairc de rencontrer dans ce
» dépôt quelqua^icces fauflcs & fupo*
a> féa. iîa>s )l Cua toujours làqijc d'en
.. faire le difcetncmcnt par les caraélères
M de la .vérité ou de la rupedîtion , que ■
» tufage k U ccwojlTance des aneienna ;
•> ebarcesoc maoqaenc pas iVe faite apes'
i> ccvoir.w Le (avant académicien cite
en fliaigcIdÛAi dr 4s ^rsmtt jst M. Àe
■ ttHlsimiiüitTi. t. s. f- H7- Muratori
fourienr foret ment , qn'il (r) n'elt au
monde nul dépôt d'aéies , od l'on n'fn
tirsnve , qui ne (bot point marqués au
coin de la vérité. M. Hcain , qui publja
en tyss. à Oxford la Chrniqut fiseht
tixeffe il Ust! ftrim , ubfcrvc que les
ennemis des eois d'EcolTc de la race des
Sruans , k furtout la Lancadres , ont
malicicufement inféiédans les rôles beau-
coup de choéês peu conforma à la vé-
rité , k qu’ils ont fupoCe en la place dca
aâes lincéra , des pièces fauSes , pour
obfcarcir les droits de la coutone. Oé-
firvfit (d) tiUêr iftipitrum rtfMin sivir-
fsriit vsfri mslis rnslis infersijfi , vt-
riisà miam confins , ic^ni fsBum rffi ,
m firisnut msias tx fsrti hijlmsm tx
ntHÜi cmfextx! ^ fgmtnüi iicifiuj/nmi ;
cxfmfU grstii , cum Johsnnim Riicr/i
m. nimini fefits injigxon , frmà^-
fus Stxsrtirum finüi fsixrtm , illcgifi-
mxnp- Rabnii II- fimm fxift cenfenih.
Atioi , LsncsJIrcnfcs wfprixns , ritslssgt-
nainst ,fxhflintni fstfic , yu jurs Certns
ohfcxrsrtnt , ftilcvifi , «r nslls s/ii
fiiei fît , J! ex chsriii sxttniieis ctnirSTinm
psitfcM.
A a a ij
W tfeutfinr
thtjl, il Nifmei^
t. i.f. 1C4.
(c) Aniisiàt.lisl.
• f- difnu 14.
ni. 10.
(d) A8s rrxJk.
mtnfn msü ss.
J7S4-
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II. PARTIE
S*cr. III.
Chap. YI.
(m) CtrjBfn. dif-
tifi. 1. f. i7.&
fin-
{t) Hid. f. ét.
à-fin-
371 nouvé'au traité
exemt de toute fufpicion. Les fuivans ne feront pas pim
privilégies ; leurs aûes font fiijets aux memes incoiivéniens.
En éfet , où eft l’impoflibilité morale , qu’un titre foit faux ,
quoique forti d’un dépôt public î Or dèsdà , qui poura dou-
ter de ‘Ibn infufifance , pour conftater la vérité aune autre
pièce devenue fufpecle ? S’il y a des aéles faux dans les ar-
chives publiques ; le lieu où ils font dépofés , ne leur im-
prime donc pas , félon les principes de nos adverfaires , pu
caraélere de vérité fi infaillible , qu’ils puiifent fervir & de
règle & de preuve aux autres. Leur vérité , comme celle
des chartes particulières , doit donc principalement réful-
Tcr des caraftères extérieurs & intérieurs , propres de chaque
pièce. Ils ne peuvent emprunter , que des préfomptions du
lieu , où ils font gardés. Mais comme les ennemis de l’an-
tiquité refufent de s’en rapoiter aux caraâcres avantageux
ou délàvantageux , qui naill'ent du fond d'un titre &c de fes
marques extérieures d’authenticité : toute certitude en fait
de diplômes eft anéantie. A leur avis , on n’a point {a) d’au-
tre voie , pour prononcer fur la vérité ou la taud'eté de ces
monumens , que l’autorité publique , réfidente dans lès ar-
chives, ou l’expérience d’un habile antiquaire. Or fuivant
leurs principes , celle-là fe trouve incertaine , & Celle-ci n’eft
d’aucune relTource , qu’autant qu’elle eft apuyée fiir la pre-
mière. On ne peut donc plus compter fur la certitude des
aéles , dépofés dans quelques archives que ce puilTe être.
Quel autre parti prendre après cela , que de brûler routes
ces pièces inutiles , ou de leur opofer un doute invincible &
général ? Ne fufit-il pas de mettre fous les yeux du public de
pareils fyftèmes , pour lui en infpirer une jufte horreur ?
Mais , replique-t-on, qu’un etranger nouvellement ari-
vé des pais lointains vous aporte un inftrument fait en (à
patrie , & fouferit par le notaire du lieu ; y ajouterez-vous
foi ; s’il n’eft conftaté par le témoignage d’un magiftrat , ou
de quelque autre peribnne non fuipeéle , que l’aéle eft véri-
tablement figné ae la main du notaire , dont il porte le
•nom ? Or pourquoi ne prendroit-on pas les mêmes précau-
tions contre les diplômes , qui nous ont été tranfmis des
tems les plus reculés ? Eft-il plus dificile de prêter une faufte
fignatuie a un notaire , qui vivoit il y a plus de mille ans ,
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DE DIPLOMATKiUE. 373
3ue d’en rupofer une à celui , qui habiceroic aux extrémités
e l’Europe?
1°. Tranfjjlanter tout d’un coup un étranger dans une
région nouvelle , fans lui faire prendre aucunes de ces (âges
jnefures , qui l’auroient aifément fait conoitre par la corref-
pondance des cours refpeélives , ou par les relations des
commerçans : pareille fupofitlon jeteroit aûuellement dans
un plus grand embaras , que n’en pouroit caufer tous les di-
plômes mérovingiens. En éfet , pour faire légalifer le préten-
du aûe , palTé par devant notaire , aux termes de l’objeélion,
notre étranger s’adrefl'e au magiftrat , foit du pais , qu’il
quite , foit de celui où il va. Car on ne dit point nettement
auquel des deux il doit s’adrefler. Dans le premier cas , qui
peut répondre , que l’ateftation n’eft pas conteefaite , .aufli
bien que l’aébe ; puifqu’il eft également porteur de l’une Sc
de l’autre ? Dans le lecond , par quel art le magillrat fran-
-(ols a-t-ûl pu découvrir 3 par quelle autorité a-t-il pu juger ,
que telle fignature étoit celle d’un notaire , qu'il ne conoif-
K)it pas î Son expérience a bien pu lui aprendre, que véritable-
ment cet aéle & ces fignatures ctoient de main étrangère , hon-
groilè , polonoilè, fuédolle &c. mais cette obfêrvatlon ne peut
mettre l’aéle à l’abri des foupçons légitimes ; s’il n’eft acompa-
gné de circonftances , qui en donnent une idée plus favorable.
1®. Quand on demande , s’il eft plus dificile de contre-
faire la lignature d’un notaire de mille ans , que celle d’un
notaire de l’extrémité de l’Europe ; on tombe dans un pa-
ralogifme vifible. Car on fupofe , que l’aéle en queftion ,
•vient aéluellement d’un pais éloigné. Rien n’empcche donc,
que fabriqué par quelque fauflaire , il n’ait été aporté par
l’artifan ou le complice de l’impofture. Ici tous les caraéleres
des lieux & des tems ont dû être néceftaireraent obfervës
par des compatriotes &: des contemporains. Là ce n’eft ni
le Eiuftaire , ni fon complice , qui nous prélènce le titre an-
cien. Celui qui le produit l’a reçu de fes ancêtres ou de fes
prédécefleurs. En tout cas il n’a pas été maitre de lui donner les
cjraftcres des ficelés mérovingiens. Il ne fera ilonc pas fort
dificile à des conoilTeurs de dilcerner la vérité ou la raufteté
de la pièce. La dHparité paroit donc énotme^& Ikcompraifon,
qu’on débitoit avec un air de triomphe, n’a pas mêmed’apli-
cation au fujet prélènt.
Il PARTIE.
s £ C T. Il I. '
-CH*r. vu
îjy C-;"JgIc
II. PARTIE.
Se CT. III.
(«) Dtir ifttrU
ià Vtrma itlmftr*-
t» lit. 7. (ti-
l«0.
J74
NOUVEAU TRAITÉ
-/
CHAPITRE VIL
Travaux entrepris par les modernes , pour étendre la
conoiïfance des anciennes écritures, EJl-il pojpble
de f^er le Jiècle des mjf. & des diplômes , même
ayant Charlemagne , par le coup d'oeil , par les
pièces de comparaifon , par la forme & l’ejpèee
de leurs écritures , par leurs circonjlances & leurs
accejfoires , par leur combinaifon réciproque ? La
réunion de tous les moyens de juger efi-elle né~
ceffaire ? Sufit-elle toujours ?
AP R i s que l’empire romain eut rendu les derniers (bu-
pirsen Occident ; la fcicnce.des anciennes écritures
cefla , comme on l’a vu , d’être cultivée , ou ne le fût qu’im-
parfaitement. Deux ficdcs depuis le renouvellement des let-
tres , ont à peine fu£, pour former un homme capable de
la remettre en honneur. Mais les lumières , qu’il répandit
fur elle , égalèrent les acroiflemens de richeflTes , qu’elle
avoir réèlemcnt aquÜës , au milieu des ténèbres , dont elle
étoit couverte , depuis plus d’un milier d’années. L’art de
juger de Page & du mérite des anciens monumens , & d’en
faire la vérification fut des principes clairs & certains , pa-
rut donc" avec un éclat ,que l’antiquité n’avoit jamais connu.
Cette foience créée , ou du moins reflfufcitée par D. Ma-
hillon , fût reçue avec les plus grands aplaudiflemens. Beau-
coup d’auteurs tournèrent de ce côté là leurs études &: s’a-
tachèrent à diverfes portions de ce vafte champ. De grands
hommes ont formé des projets ( 0 plus étendus , pour
(i) M. 1e marquis (m) Mtffüi cite d'aile
ftut , ^aad aonifcre ^ £iid1èt ialii|ip-
ckns , jwblides pou vdiiubtes ,pai <it n
mciu asitiqiuiies ; ii de l'autre drs exem-
ples de (pieiqoefBoee ., cftmtdes lauitcs
forda citliqim cdlèbtcs ; quoique leur
vdncd (c tiouve aujoutdui ddmootrée. On
ne ùtoit pas aombd , feWn loi , dons
eut (le indprilês , lî l'oo avoir eu un
bon an ciitique , pout diCcerner lesvaaiei
le faudës inirriptions, Ajxés «uioir Iilid
par ûf VOS!» U oaaiulnioo de eei an-
vügc ; ilavDtt pris fur lui-même de fe
chaiger d'une tâche , dont il fe fenroic
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DE DIPLOMATIQUE. 57f
pcr^joner h conoilTance des anciennes écritures. Si les
Moncfaucons & les Beffels fe font dilUnçués dans cette ca- *
ricre , d’autres n’ont pas laiffé d’y courir avec lUcccs. Les c h a r! v i L
livres , où d’après les originaux , on a publié des modèles
d’infcriptions , de mlT. &c de chartes , ont utilement contri-
bué aux progrès de cette fcience ; furtout lorfqu’ils ont été
acompagnés d’oblèrvations capables de lui prêter un nou-
veau jour. Cependant Trotz , J C d’une érudition fort
vafte , fouhaice (a) encore , qu’on donne des règles de criti- B»
que , par lerquelles on puide s’alTuret de l’antiquité , du mé-
rite , tiu prix des mC Sc des canfes des fautes , qui s’y font
Slinfces. 11 voudroit , que ceux , ^ui ont accès dans les gran-
es bibliothèques examinadent a fond les mlT. de cliaque
âge , & qu’ils en dredàdent une hidoire critique plus exaae.
Mabillon , Montfaucon , Brencman &c le Clerc ont , dit-il ,
déjà traité ce lu jet. Néanmoins , continue-t-il , ce qui refte à
plus capable que bien d'autres , de s'a- Allemans , Efjngnols , Eranfois , Itlan-
quiccr avec luccds. Il en droit encore dois , Angto normans fè font lervis. SI (*) Jl.
tocapé, locfqu'en <74<. il publia (S) fcs ne fe beunoic pas à la dcfcripeioa de
figles lapidahes des Grecs. AulTi fon ddi- leurs lettres ; il eomptoit £>ire teptd-
teur le (r) place-t-il à la tcte des livres , fcntec , (iiivant l'ordre des Cèdes le des
auxquels k favant marquis fe propofoit lieux , les deritures des Gtees , des Ro-
de tntitrmnccCâmmem la demiere main. mains & des baibares., d'après Icun udt (c)Uid.f.iiy.
11 ajoute que fes premiers travaux en ce leurs diplômes h leurs marbres. Tb-
genre ètoient jufqu'alots demeurés im- Heatn , dans fa préface (ùr la chronique
parfâiis , n^ligès te pour ainli dire laif- ou annales du mooaAèrc de Onnftaple >
fit dans l’Oubli par leur propre auteur, tend témoignage aux tonoiiliuices , qo\a-
SUcs promcITcs renouvelées ne font pas voit aquis Wanley du cataélère des dilÜ-
cneere acempties ; il eft fort à foubai- rem âges , Ac des anciens mlT, priocipu- Jbuhmt^ tt-
' -»er , qn'eMes le fùieet. Du moins jouif- lemeot de ceux d'AogIcccm. Ma» il i.
‘Ibns-nousdepois xs-ans de fon hiftoirc . atribuc l'iuéxécution de ce projet à (bn Ma/br. ^rnrv. da
diplomatique , qu'il qualifie lubméme incoollaoce , autant qu'à fes oc^ations; ^
' dlntroduélion à (on art , ettndu du pu- fans noos dire , fi fon eniiepnicéut af- - .
bile avec tim d’impatience. . (ex poidâmmeiK (êcoodée , pout qu'il
Scbeldlrate avoit coo(tt (d) ledcfiêin olàt s'y livrer. C'eft, félonies Aoglots ,
■4e fixer rantiquité des mlT. grecs Sc la- une grande perte pour le public. Ma»
' 'tins pte la (orme de leois caraâères -, ' la FÙIéogmpbic peut Iblpoidtt nos te-
«ais (an cntiepriië n'a pas eu (Texécu- gren , par rapeicoux dentures grèquei f
lion. On n'en découvrit dans lès papiers ta Diplomatique, parrapott aux laeioes^
que quelques ulTais trop nlfbraics ; pour de le carxiogise des n(t. de roi tTAugle-
* -que le pàtilie en profitât. ;! terre , parnpott aux fienmes. Ces dai-
Wanley , tfljkct fur Ut Imu ffpien nières auroicm apammmmt été le fomi ,
rrrraaaX rasi tmfrrimti jat mjf. s'bfroii le plus abondant . on WaUley uoioic pub-
cn 170;. de eompofer, aux dépens du lé des morceaux , jofqu'aton inamaas il
-public , une hiftnirr des lettres , dont (a phqott 4h gtM de teati.
en tout teais les Grecs ,Homains,Gotfai^
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II. PARTIE.
Se e T. III.
Chaf. VII.
DiftinAion
<kt ^crirarcf an-
ciennes & modet-
nés. PeuE-onen fi-
xer le fiécle ! Ré-
ponfe au inaïquis
Maffii.
(•) J». Hfi/msn-
ni — cemmntttr.
Mtrulifl.c. I. j,
XIT./. t*
(M Cafltythtfrf
/«»./. ri.
(r) V'mdicu c»a.
ferifutr. t. I,
/. CCIXXIT.
jjg NOUVEAU TRAITÉ
faire eft incroyable , comme le reconoiflent ailemene ceux»
qui manient des mC L’exagération ne nous paroit pas fort
outrée. Mais quelques éforts , que nous prétendions faire ,
Eour pouffer plus loin les travaux , nous laifferons fans doute
eaucoup à faire à ceux , qui nous fuivront. Maintenant
nous nous bornerons à quelques principes généraux , pro-
pres à fixer l’age des mlf.
I. Difcerner les écritures antiques des modernes ; rien de
plus facile , au jugement (a) d’un profelfeur Alleman , dont
la grande réputation eft encore au-delTous du favoir. Bor-
nons-nous à cette unique autorité : l’évidence parle trop
haut , pour qu’il fbit néceffaire de recourir aux témoigna-
ges. £ft-il un feul homme titédiocrement verfé dans la co-
noiftance de l’antiquité , qui du premier coup d’œil ne dif.
tin^e les inferiptions gothiques des romaines ; les mlT. an-
térieurs à Charlemagne de ceux des cinq derniers fiècles';
les diplômes mérovingiens de ceux de nos rois de la 5'.
race ? Aufli demande-t-on quelque chofe de plus. "Peut-on
fur le vu des pièces antiques , déterminer avec quelque cer-
titude le ficelé , auquel elles ont été dreftees ! C’eft fans
doute ce qu’ont penfé les Mabillon , les Montfaucon , les
Baluze , les Couftant , les derniers éditeurs des Sft Pères.
Tous ont rendu compte de l’âge des mlT. dont ils avoient
fait ufage. Les auteurs de l’incomparable catalogue de la bi-
bliothèque du roi font aufli acentifs à fixer le ficelé des mlT.
dont ils donnent la notice^ qu’à ne pas porter trop haut leur
antiquité. L’omiflion de ce point important eft regardée
comme ('é).un grand défaut par l’auteur de la préfree , mife
à la tète du catalogue de la bibliothèque du roi d’Angleterre.
Scheleftrate &: Wanley partoient de cette vérité reconnue ;
fans quoi leurs projets auroient été prefqu’inutiles. Bianchi-
ni , cet auteur d’une érudition également judicieufe & pro-
fonde , prélênte ce inoyen , non feulement comme le plus
infaillible , mais comme (c) le feul décifif. Aufli depuis un
demi-fiècle ne croiroit-on pas avoir fufifamment fait conoi-
tre un mf, fi l’on n’en marquoit à peu près l’age. Il nc(i) s’eft
(i)Noiu ne Enetcoos point «n ligne de I mdptiralilcs ou pyrtbooienE.
tompee Ici ptdjug^s de cettains auicuty |
trouvé
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DE DIPLOMATIQUE.
Î77
trouvé que le marquis fi) MafFéi , qui fe Ibic élevé contre **5g
runanimicé des gens de lettres à cet égard. C’eft à l’entendre • partie. <
une erreur , qui de nos jours (a) a prévalu , de juger du fie- ^
de des mlT. par l’écriture : comme fi la même manière d’é- , s r , r
cnre n avoir pas cours dans plulieurs liccles , ou que dans f.ea.tti.t.
le même on n’eût pas écrit de diverfes &çons ! Cependant tout
de fuite il donne ateinte à fon propre fyftcme , en avouant
que jufqu’à la fin du x‘. ficelé la belle majufcule fiit en ufage
dans les mlT. liturgiques. Ainfi , continue- 1- il , on poura
quelquefois former lur ce fujet une décifion précife , mais
à raifon des circonftances particulières. £fi-ce donc que la
majufcule eft autre choie qu’une efpèce d’écriture î Si la
cellâtion de la majufcule au x°. fiècle m’aprend qu’un mf.
en ce caraâère ne fauroit être du xi'=. fiècle ni des fui vans ;
une autre obfervation fur telle autre forme de la meme écri-
ture ne poura-t-elle pas m’inllruire d’un autre fait hiftorique ,
qui me tirera de l’incertitude , où me lailTe M. Mafi'éi ? Elle
s’étend ici, comme on voit , à l’age de tous les mlT. en onciale ,
antérieurs au xi‘. fiècle. Prétent-on du relie fe décider au-
trement fur le tems inconnu ou dificile à conoitre , que par
des faits & des ufages , dont on a découvert la dutée ? Qu’im-
porte que ce foit l’abolition totale d'une écriture , ou quel-
que changement furvenu dans fa forme , fes traies , fes points ,
les accens , lès abréviations &c ?
Mais réplique notre favanc antiquaire , on trouve des
(i) Il (S) menace depuis tf. ans de
tuinec cette prétendue erceut . dans Ton
Art critique. Il en veut (c) beaucoup à
certains étrangers , qui fut les mlT. des
bibliotlicques d'Italie ont écrit amunim
<00. «Mwraun 700. »namm 900 : com-
me fl l'année leur avoit été connue 1
Ces étrangers Ibnt donc bien coupables ,
d'avoir fait part à des bibliothécaires
Italiens des conoilTanccs, qu'ils avoient
aquifes Tut l'a^e des mil. on d'avoir
apodees notes a leurs folicitations ) Eft-
ce fe donner pour capable de deviner
tannée de la ttanreription d'un raT. que
d'en marquer le Gécle ! Mais encore
quelles font donc les notes audacieufes
inrerites far les mlT. Italiens ? Des dates ,
qui énoncent en général les ai 1. zi. de
Tome IL
tz*. Gècles , fur lefqoels ordinairement il (d) fftr. £pltm.
ell fl facile de fe décider , qu'un novice
antiqiuire ne s'y tromperoit pas. Et an
homme de la réputation de Majfhfi trouve (r) Oft/c. f.il.
cette déciGon attiG téméraire , que G l'on ni. I.
avoit "ofé tenter l'impoifible ! Le trés-
favant Père Bianchini témoigne au con-
traire fa reconoilfance aux étrangers ,
des lumières , qu'ils ont communiquées
à fa nation , de de ce qu'ils l'ont mife en
état d'en répandre è fon cour fur une ma-
cÿre G diGcile. Nous fuprimons les élo-
ges qu'il donne h cette ocaGou en un
autre (d) endroit aux éditeurs de la Coo- (d) P. celxxm.^
grég. de S. Maur , de particulièrement t;lxxiv.
aux auteurs de la Diplomatique de de la .
Paléographie. Ils font trop magnifiques,
pour que nonsoGoos les raponer.
Bbb
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II. PARTIE.
S Z C T. III
Ch A F. YII<
L'imitation de
raocienncdcritiite
pat dct copides
pofldtieurs rcndt-
elle ta fization de
face de plufieura
mlT. extrêmement
dlEcIte > Peut-on
alTigner le liccle
de ceux , qui ont
plut de mille ans 1
JT» NOUVEAU TRAITÉ
diplômes y où parmi des rouferiptions faites à la même Ikeore’^
l’une eft en majufcule , l'autre en minufcule, Hautre en cur>-
fîve : il faudra donc conclure ^e les mains , qui les ont
tracées , font de divers ûccles &c de difétentesnations ? Point
du tout. Quand ces diplômes furent drelfés , un peuple fê.
fervoit-il de la majufcule un autre de la minuicale,antroi-
iième de la curfive ? Pouroit-on citer quelqu’autenr , qui eûc>
avancé, qn’alors (i) ou la majufcule , ou la minufcule , ou:
la curilve n’exdloit pas , ou que chacune de ces écricutes.
ne pouvoit convenir , qu’à trois ficelés diftingués ? Quand oni
entreprit de juger de l’age des mlT. ou des aâes publics par
Fëcricure ; jamais on ne crut j. réalEr , en donnant la ma>
jufcule à l’un , &; la minufcule ou la curfive à l’autre : mais
en s’apuya principalement fur la diveriicé des formes , que
prennent ces caraâères , fuivant la diverfté des Hècles. Oia
a vu dans le IV‘. chapitre de la 1I1^ Seétion , combien on.
peut poulfer loin ces conoillànccs , par une étude profande
des figures des lettres.
II. La dificulté de conoitre 1’^ des mêf. ne paroit giande-
à quelipies auteurs , que pareeque , à leur avis , les écrivains.
& font gênés à rendre le caraûère des modèles , qu’ils avoient
à copier. M. Jordan fut (a) tenir à hf. Maflbn un difeours
peu digne d’un bon. antiquaire , tel qu’il le fîipofe : quand
fans autre exception , que celle qui regarde les tnfT. du xi i'...
flècle , donc la diflùoSàon d’avec les autres lui paroit très-
ailée ) il lui met dansla bouche , qu’on peut fe tromper ( i) de
(a) Hi/I.
Unir.
(i) V. MtHIlcn
mt rt drfUm.
IM4IM7-
CD a|Mlle M.
xilibkmcuc qaclqucs aêlcs
r^ndiqaa (i) du tz‘. licclc. Or qu'il
QMW.duê , laquelle de la majureuk , de
la minufcule , ou de la cuilîve avoir coati
à l’cxclufioa des auuei ! AlTucêment Ja-
naii antiquaire ne nia , qu'cllct ne nif-
lenc alon toatei les ttoii égaletacnc en
ulâge.
(t) Un antiquaire mêdioert ne tom-
bera jamais dans une erreur aulTi coatP-
durable , pat lapott aux mlT.. poftérieots
au VI ti*. (iècle. S'il cft véritablemcoc
Jubile , il ne courra gocre de plus grands
nfquet , à l'égard de ceux des trois piêcê-
dcos. £o iciMiataat plui haoCj Us ciiafcs
cbangEiit de face. On poaroit jtte ex-
cellent antiquakc , & neanmoins croire
du v‘. liccle un mf. du lit'. Au-delTus.
du v'. le nombre des pièces de compa-
raifon efl trop petit & trop incettain
pour pouvoit le décider avec quelque af-
furance fur ce feul moyen. t> un autre
côté les indices ne funt ni alTcz mul-
cipliét ni ajez dérensnids , pour potcet
un jogemenr fixe fat l'agc de m/T. li an-
ciens. Peutdut. qu'à force d’obrervarions^
combinées f oa pouta quelque jour ari-
ver an degré de lumière , ou l'on a^irc S-
mais auquel on ne doit pas encore le da-
ter d'ecre parvenu. On peur toucelbii
MOU des ptobabiliiés ués-Coius , qu'un.-
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DE DIPLOMATIQUE. j79
€enx cents ans , au fujet de leur âge. S’il s’en étoit tenu à ré-
duire le mécompte à yo. & même quelquefois à cent ans,
la prétention n’auroic rien d’incompatible avec l’expérience.
Mais , où a-t-il pris , que les anciens copiftes imitoient la
lettre des mil*, qu’ils étoient chargés de tranfcrire ? C’eft une
fupofition hafardée par Richard Simon ; mais ce trop hardi
critique en a-t-il jamais donné la moindre preuve ? D. Ber-
nard de Montfaucon (a) dit bien qu’aux fiecles poftérieurs à
l’xi. quelques Grecs tâchèrent de retenir l’écriture des ix. 8c
X. mais ajoute-t-il tout de fuite les habiles gens s’aperçoi-
vent ( i) de la diverlité du caraéicre ; parcequ’à la longue il
itif.fera du rr'.(iêcl«,lotfijae les indicesfa-
•vorablcs font fouceaiu de qucK|oes traia
liiltoriqucs. Pat exemple , les Italiens
nons donnent le rof. des dvangiles de
Verceil , comme éerit de la main de S.
Eafôbe. lU foot aifdmenc remonter cette
tradition jufqu’au ddclin du ii*. (iccle.
Mais l'iniervale , tjoi relie à franchir de
ià juf<]u'aa milieu du tT*. ell au-dclTut
des relToutees , qu’on peut atendre de ce
moyen. Un antiquaire , il ell vrai , qui
fur les feuls modèles , qu'on en a pu-
bliés, hélitctoicà le faire au moioste-
monter au V 1 1 lîécle , ne fauroit pas
fon métier. Bientôt on y découvre d'au-
tres indices, qui l’étèvenc au vi*. lîécle
^ peuteire même au v*. II relie donc en-
*core cent cinquante ans ô remonter ; le
c'ell fur quoi les indices puifés dans l'é-
ctiture , & tout ce qui l'acompagne nous
lailTcnt dans le douce. Mais un texte de
l'évai^ilc (t) de S. Jean , conlîgoé dans
Je mlVde Verceil , anonce le iv*. lïéclc s
dinon avec une pleine certtende , du
«noins avec- une très - grande vrailcm-
blance. En voici les paroles ; Qitd n»-
tam q? J* ctrnt , cm tjl , qdia ne
CAKNi NATUM SST J ^ ^!ud aatum cjt
de ffirim , fphrhui tjl , OOtA DiuS SPI-
ItlTUS EST , ET IX DiO NATOS EST.
Tout ce qui fe trouve en letrtres ma-
jufculcs a difparu de l'évanmle depuis le
IV*. fiècle. Cependant juiqu’alots il fe
lifoit dans les exemplaires d'Afrique 8c
d'Italie. Tertullien (r) le cite en termes
formels. II fut alégué dans le concile de
Carthage , tenu l'an sjd. S. AmbroiC:
inlîlle avec beanconp de force dans fbii
livre du S. Efptic fut la fupcelGon , que
les Ariens avaient faite de ces mots :
Qittniam Dnis SfiriiMt qf . II leur repro-
che de les avoir réttanchés de leurs li-
vres 8c de ceux l'Eglife. CcH donc une
marque d'antiquité fupéricurc à l'cntre-
prife des Ariens , de rciroovcr ces ter-
mes edêntiels dans les évangiles de Vec-
ceil.
(s)D. de Montfoucon donnant la no.
cice (d) du mf. grec txi. de l'abbaie de
S. Germain des Prés , écrit l’an t)4|.
obfcrve , qu'il imite le caraâére du x‘.
lîécle. Mais en renvoyant à fa Paléogra-
phie , il fait alTcz entendre , combien
cette imitation étoit imparfoice. Ainli
quand ce mf. de papier de coton ne fe-
reit pas daté ; un antiquaire ne fe ctom-
peroit jatnais fur fon âge , jufqH’à le
croire du x*. lîécle : pourvu qu'on ne fu-
pofe pas en cet homme une témérité pre-
digieufe , jointe à l'ignorance la pins
profonde. Cependant fur l'aveu de D. de
Montfaucon , au fujet des éforts faits par
quelques cnpillca , poftérieurs aux ir.'
8e X*. lîécles , pour en imiter l'écriture i
de nouveaux Germons conclnroicnt , h
force de fnbtillcé,qnc le difcemtmeniT de
l'âge des mlH grecs , copiés depuis l'an
too. ell impolflblc. Mais , (ans préve-
nir leurs fophifmes : pour prouver , que
l'imitation des capillcs n’cmpéche pas les
habiles gens de reconoitre chacun des
ceuf dernien Cèdes , à la difirence du
caraélere j noos n’avons befoin que d'une
épreuve , où fut mis Son Seraatd do
£ bb ij
II. PART lE.
Sect. III.
Chat. VU.
(4) fsléUfTMfh,
l. iv. fo i, f.
(c) D» ranva
Ctrifii. r. il-
(d) BiUM. Coif
i»i.
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• j8o NOUVEAU TRAITÉ
s’y glHTe toujours quelque chofe de nouveau. D’un autPP
^sicT^^ni.^ coté , félon le même auteur , on introduiCc alors des genres
Ch AP. Vil d’écriture toutafait difërens de l’ancienne , on s’éloigna beau>
.coup de l’élégance des ficelés précédens , on en corompit la
beauté par des traits infolites , arbitraires &c diverfifiésau
gré des copiftes. Voilà donc les écritures dés neuf premiers
iiccles d’autant mieux diftinguées , qu’on n’a pas tenté de
les imiter. La dificulté ne commenceroit donc qu’au ix*.
Les mff. où l’on ne s’eft point éforcé de peindre l’ancienne
écriture, ne préfententdonc aucun embaras •_ & c’eft fans doute
le plus gr^^nd nombre. Les autres fe décèlent par la faufie
imitation , par des tours d’un goût nouveau , & de tems en
tems même par des dates.
Au refte tout ceb ne fait rien aux m/T. btins. Noos ne
voyons pas , qu’on ait eflayé d’imiter l’écriture avant le mi-
Heu du xv'. ficelé. A la renaifiânee des lettres , on fit à la
vérité quelques éforts , pour rendre les majuffcules des tr-
tres & b minufcule du texte des m(T , qu’oa tranferivoit ,
d'apres ceux du ix'. ficelé. Mais on ne tenta peutêtre ja-
mais de figurer totalement les livres écrits en onciale. Caf-
ley borne les moyens de difeerner les m/T. imités d’avec les
(*) Uêfuftn anciens au (a) parchemin , à la fraicheur de l’encre , à des
/■VII. défauts (i) d’imitation, qu’il ne fpécifie pas.
Montfaocon lui - même , par tapait i
^ucl<|ues tnlT. » Le foubiblioth^caire du
n Vatican , dit M. de Bote , dans Ton
(l'S Hit it ” cKcIlent dloge (1) du favaut Bénédic-
dn » tin. s’dtud.ai lui tendre tous les pid-
Infcript. ^t. i6 *6®* capables de diminuer la boooc opi-
* 317 iif. ' »nion 1 qu'on avoir de lui. Un jour ,
^ 99 entre autres , que Dom Bernard dtoit
1a biblioth^ue avec beaucoup de
«a monde , M. Zacagnt znertanc devant
» lut un mC grec tout ouvert , lui die
*> avec une politeiTe afcâde : Vûms kta
ctnttjftur ftur ntfMS Bêm infiruirt
» dt VMf* dê €• mf. ^ nmi vmu #» frUns*
v> Dom Bernard ayant examiné on mo-
9» ment la page , lui répondit , que le
M mf. avoit environ 700. anSs Vtmt vem
M ir»mpex. , répliqua alors féchement le
M roubibliothécairc ) it efl d'une bien ptus
m grundt unti^iü \ te nem de temfe-
» rjMr BtfiU U peueidenu» %^i£e
n trêMve à Ut ute en fuit fci,. Ve^ms»^
' M reprit Dom Bernard en fouriantty?
n ne fereit fut fltuêj Bujde te forfhtreçé-
. M nhe , fiM femme veut fuvex. , ejt £mn
, as fieete^ demi fins but : on lui montre
M rtndroit } Sc des U féconde ligne ». il y
M trouva CCS mots m , ne
» dune lu fenrpre-. Ce fini ta Beilund^et,
*» ajouta M. Zacagni , tju* mlont induit en
V» erreur : fujfems U talque uutre chofe^
» Ces autres chofes ne lui réailîrent pat
w mieux : Dom Bernard aeufa toujours
» juAe ,.8c téléva ii fouvenc Ton captieux
» émule, que la nombreufe compagnie »
» qu'il avoit lui-meme alfemblée » ponr
» otre témoin de fes (uccés » en fut non»
M teufe & cmbaralTée pour lui. «
(z) Nous pourions donner bien des
exemples de ces défauts d'imitation
mais il fuüt d'obferver , qu'on y trouf
TC fouTcoc des accens ou des points
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DE DIPLOMATIQUE. jSi
. Si l’on écoute Chriftophe {a) Pfaffius, dans fon édition
de l’épitome des Inftitutions divines de Laélance : quand un
mf. a mille ans j il n’eft plus poflible t’en déterminer l’age.
Il faut alors fe renfermer dans une étendue de quelques
Cèdes, Jufqu’à préfent il ne s’eft trouvé perfone , qui fe foit
cru capable de donner des règles fùres , pour diftinguer le
Cède des plus vieux mlT. On ne fauroit en juger , que pat
conjedutes i ce qui , félon lui , n’eft qu’une a^ire de (i ) pur
Its i : nfage ibrolument inconnu au ix‘.
liccle. On y voit de vraies riclamej, donc
à peine pouroic-oa faite rensontcr 1 in-
vention au comnienceincnt dn fiè-
cle. Des lignes feivant à régler l'écri-
ture y font en crayon noir ou en rooge :
indice de nouveauté- également eenain.
(i) On n'eft pas furpris de voit le P.
Germon embrallcr (é) avec chaleur les
idées de Pfaffius ; on te fetoit , s'il n’en-
chérilToit pas fur elles. Un mf. de S. Hi-
laire de la bibliothèque du roi , fera , fé-
lon lui , poftétieut à Félix dirrgel , c'eft-
i-direà lafin du vilt'. Cède : parce-
qu'on lui aura donné mvirm mille am ,
le qu'il faut pour (cm intérêt entendre ces
paroles , expliquées d'ailleurs (c) fans
équivoque , d'un Cède plus tard , & non
pas d'un demi-Cede plus tard ou plurôc
Mais comme le porte n'eft pas tenable ;
il (c rabat à foutenir que D. Coudant
n'a point la certitude de fon côté , qu'il
n'a pour lui , que des conjeéhires. te Eé-
nédiétin au contraire déclaré nettement ,
qn'on peut prononcer avec une pleine
certitude , que des mlT. font antérieurs
eu poftérieurs à tel ou tel Cède : que
Ibr la feule infpeâion des mlT. de l'ordre
de (d) Citcaux on ne les jugera pas plus
anciens , que le x 1 1*. Cède , ôc qu'on le
Fera fans craindre de fe tromper : qu'on
n'héCteta pas davanugeà ne point pop-
ter an delTus de l'empire de Charlema-
gne la plupart des aitt. copiés depuis- ce
monarque : qu'à la faveur des mêmes
principes , il rail remonter avec la même
affurance le mf. de S. Hilaire , avant le
tems de Félix.
Le P. Germon demande à D. Coudant
ftt quelles règles il établit fa certitu-
de. 1°. Répond' celui-ci , combien de
conoifTances , qu'on aquiert plutôt* pat
l'cipénence ‘que par les règles ? Diftin-
gue t on aucremcm les médailles faulTcs
, des véritables , les chefs d'œuvre de
peinture de leurs copies ? i°. Le mf.
' dom le Ceclè eft en litige , fut écrit en
lettres romaines , apelées onciales.
Tous fes motsfemblcnt n'en faire qu'un :
tant ils font écroiiemcnc unis enfcmble.
4°.. Les diftioétions,& de points de de vir-
gules n'y paroilTenc pas. Ces caraélères
anoncent donc un livre plus ancien que
Charlemagne: puifque fuivant l'opinion’,
générale de nos critiques , ce prince in-
troduiCt dans les mlT. les ufages con-
‘ traites. D. Couftaot , Ibin de prétendre ,
comme on It Ibi (âifoit avouer , à force
I de fophifmes , que le mf, en queftion ne
fût que du VI 1 r'^. Cède , ou tout au plus
de la fin du VI i‘. s'àpuyoit fu» une tra-
dition , le même fur un fait birtoriquê ,
pour en reculer Cage , au- delà du t^ne
de Dagobert. If conjeél^it de plus ,
u'il avoit été tranferir uu l'autographe
e S. Hilaite , ou fur un exemplaire , co-
pié de fon vivant. S'il étoit permis , après
on examen très-exaâ de ce mf d'intec-
pofet ici’ notre jugement j nous le foni-
durions moins fut notre eȎtience , que
fur nye foule d'indices , ilkom'patibles ,
au moins dans leur téiinion , avec des
nms poftérieurs-an vi*. Cède. Nous en
avons les mémoires tout prêts : mais id
ce détail fetok trop long. Le P. Germon
qui ne vouloir pas- qu'on pût juger avec
certitude , qu'un mf. fut antérieur ou
portétieurà tel fiècle , futtouc quand il
aprocbed'nn millier d'années , dedde (•)
hardiment fur la .feule écriture figurée
d'un mf. de S. Hilaire de la bibliothèque
. vadeane daté du vi°. fiècle , qu'il crt
ll. PARTIE,
SXCT. III.
Chas. VII.
(») Difm. fr*‘
lm,
sn-/-4}7-
(c) . f»r/r.-
ctdii.f, t€. (J,-
(J) Vintlit, voer..
nid. nafrm.
p. iis.&fin.
(e) De veter. Pa-
rti, p. 4 J O.
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II. PARTIE
Sier. III.
ChxK VII.
Coup d'<cil de
l'anticjutiie ddcide
•rdiDiiremcnt
NOUVEAU tRAITÉ
hazard. Qui conjeûurera le mieux , palTera pour le crîcîque
le plus propre à difcemer l’age de ces mlT. C’eft-à-dire , qu’au
defilis du VI 1 1'. ficelé , tour ce qui concerne l’age des ralT.
n’cft qu’une énigme impénétrable , mais qu’on devine ,
comme on peut , fans principes & fans règles.
Nous ptÂendons au contraire , que quoique les m(T. des
V. VI. & VI I*. ficelés foient plus dificiles à reconoitre , que
ceux des fnivuns ; on a toutefois plufieurs moyens , pour en
fixer l’age. i°. Parmi ces mlT. il s’en trouve, qui font mu-
nis de notes chronologiques non fufpeûes. Pfaffius lui-même
en tombe d’acord. Par conféquent on en peut juger avec
plus de certitude , que fi l’on avok des démonftrations ,
uniquement fondées fur le raifonement. a°. Ces mlT. datés
fervent de pièces de comparaifon , pour juger des autres. Si
elles ne fufifent pas toujours , pour fixer le jugement , qu’on
portera de certains mfl'. antiques , elles pouront au moins le
diriger. 3“. Les monuraens lapidaires 6c métalliques, &le$
diplômes des mêmes fiècles , revêtus de dates , ouvrent une
nouvelle fource de cataêlères , aplicables au même ufage.
La voie de comparaifon ne fe refufe donc pas à la décou-
verte de l’âge des mlf. extrêmement antiques , non plus que
des récens. Le plus 6c le moins en font toute la direrence.
Copiés depuis neuf cents ans , ils ofrent en bien des cas une
furabondancc de preuves. Avant ce terme on eft borné quel-
quefois au pur néceffaire. Quelquefois même on ne peut
ateindre , qu’à la plus grande probabilité , quand on veut
abfolument fixer le fiède. Mais fait-on faifir les moyens ,
que fournira quelque mf. que ce foit , pour découvrir le
fecret de fon âge ; jamais on ne fe verra réduit à deviner au
hazard. ^
III. Le coup d’oeil de l’antiquaire eft fans doute un de*
plus prompts 6c des plus furs moyens , pour diftinguer à peu
du 11*. ou mairie de quelque ficelé infi!-
xicur. Il va plus loin : il prononce avec
la mime confiance , qu'un mf. des dran-
giles de fa bibliothèque , donc rècticutc
eft , fclon lui , parfiniemeoc femditable à
celle du S. Hilaûe du Vatican nepalTc
pas le : ï”. <tuoiqu'il pone , fuivanc fon
rapotc , dnets cataâètcs nèceflaitt^nt
liipètieuis au vi 1 1*. Müs lî c'eft là re-
conoicre bien foleuoellemenc , qu'on peut
juger de l’age des mlT. par l'èciiiure ,
c'eft autheociqaemest prouver , qu'ea
cene fcicnce , comme dans toutes Ici au-
tres , on peut s'ècaner étrangement du
but; locfqa'on n'eft pas guidé dans fes ju-
gemens ou par la lumière ou par un aftes
grand £and de droiture.
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UE UrP-LOMATIQUB: )f|
lires Je Cède d’une ancienne écrimie. Comme an Ttfage oa
deyine l’age des pcrfones, fans qu’on puiflê Jbuwent cendre i*-^partie.
une bonne raifon phyfique , pourquoi l’on £àic l’une piua CHA»i.vii.
TÎetlle que l’autre : de racine l’ufagc & l’expérience aFca- «rec f«ccè$ * ri-
drout à peu près le rems de la ctanfoiption des rafT. & des ge de> aaciciwci
diplômes indépendamment de leius dates. On poura fè trottk*
per , C l’on veut précirément aifigner l'aee d’un tel homme ;
mais on oe Je toompera guère , quand on Ce cotHentera
de lui donner environ vingt, trente , quarante ^ cinquante ,
eu foixante ans. C’eft fur ce principe & avec cette retenue ,
qu’on jugera de l’age des mlT. par le lêul coup d’oeil. On n’y
procédera ni pat années , ni même par dixaine d’années
mais par Cèdes.
Peutctte (a) arivcra.4:-il quelquefois , que tel mf. que vous
fixerez au ix*. ficelé , fera dux*. ou (i) du vi ii'. Eli ! ne
vaut-il pas mieux k tromper en cela , que de iaifiêr le mon- trtf, >. »i.
de dans l’ignorance fur l’age des^mifi , donc on publie la
notice ï
Si l’on peur juger de l’age des miT. par le coup d’ceil ; oft^
en jugera conJ^uemment par l’écriture. Car quoique le vé-
lin ou le papier & l’encre entrent pour quelque choie dans
le jugement , qu’on en porte ; il emprunte fa ptindpale for-
ce de l’écriture meme. Quiconque croira , qu’on ne lâuroie
Je décider fur l’age des mlT. par l’écrkure , Jèra forcé de
nier , qu’on puilfe rien conclure du coup d’cril. Cette opi-
nion , toute fingulicre <m’dle eft, ne déplaît pas à M. le mar-
quis MafTéi. 11 n’en intere pourtant pas , qu’il Joie impoiC-
blc de rien Jhituet fur l’antiquité des mlT. fans date. Mais-il
a. recours à des moyens étrangers à l’écrrnwe.
Au relie ce coup d’e^ , qui décide foaveiK avec un-
il/ 9. M. Cifley avoue, dit (S}l'aatcur
: la bibIiochc<]uc Briianni<|ue , cju'il
i> a pu Te tromper en marquant ta^e des
m qu’au lieu du ix'. lidclc, il peut
» avoir icdiqud le vi 1 1. ou le x*. - Les
Î'itoprn icrmcs de CaUcy , quoique fidc
rmeni rapoii6 , ne dooncroient pas une
•pioioa avantageufe de l'on Tavoir ; s'ils
a'dtoienc leftreims aaa fculs mil', laions.
Sar raport aux aucies , il faadtoic du.
«ul tiâbilc ,, poux aHigoet au vin*.
liicle ms mf. do x.on ua jn£ do x». aa (i) Ti*. j.fjuti
VIII*. Cependant comme dsi jz. aux. a, «r». >.p.}x^-
ou du VIII*, ao I»*. rintctvale cftnuij
on peut fans erraur attibuer à no iîdclc ,
, ce qpii apartitm i Cao vsi^ : paipc
qu'on Ibuscncend toujours qu'un mf qas- '
peut erre de la fin d’un fiècle , peut audr
n'avoir dré coptd qu^u commcnicmcnr
du fnivaot. Si c'dtoir ü l'iddo de cet deti-
' vain , il anroir bien penie , mais ü fe fos
,iott malczptimd.
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II. PARTIE.
S»CT. III.
CRAt. VII.
mit. & diplômes
daids (bainilTent
despidces de com-
parai foo , pour ju-
ger de ceux , c]ui
ne le font pas. Ces
darcs ne doivent
?>as duc admifes
ans examen. Par
quels lignes s'alTu-
re-c-on de Page
des mir. hébreux.
{<)
p, il4. i8j.
jj4 NOUVEAU TRAITE,
fouvehiin empire , fie meme avec une pleine cerntude pour
l’antiquaire , doit être apuyé d’autres moyens, pour celui ,
qui fans afpirer à le devenir , voudrait juger néanmoins ,
avec quelque lumière , de l’age des momimens , drelfés par
nos ancêtres. L’antiquaire lui-même , fage & circonfpeft ,
a quelquefois befoin de recourir à diférentes relTources , pro-
pres à le raffurer dans fes fcrupules ; quoiqu’il ne foît pas fort
rare , qu’après avoir anoncé le ûccie d’un mf. fur le feul
coup d’œil ; -il ait la fatisfaûion de voir fa conjedure véri-
fiée , par les dates formelles , qu’il y découvre , en l’exami-
nant de plus près. Mais fi la date conftate l’age de l’écrip
ture ; l’écriture à fon tour julUfie la fincérité de la date. Celle-
ci n’eft plus fufpeêle d’avoir été inférée après cou^ ; dès que
la même encre ^ la même main , le même caraêlcre fe font
fentir aux yeux des conoillburs. . - i.
IV. Les notes chronologiques , fouvent apolées à la fin
des mlT. revêtus de ce ligne diftinftif , préfentent , de l’aveu
de tout le monde , le moyen le plus infaillible , pour juger
de leur âge. Lorfqu’il n’y a nul fujet d’y foupçoner de la
fraude: elles ne fervent pas feulement à fixer tout d’un coup
l’age des mlT. où elles paroilTent ; elles ofrent encore des
pièces de comparaifon , pour juger de celui des m'omimens
où elles font omifes. Le nombre des mlT. datés , alTez con-
fidérable , dans chaque (i) liècle , en remontant jufqu’au
VIII. met à portée de prononcer fur l’age d’autres mlT. con-
temporains , deftitués de dates. Les écritures d’une forme
& d’un goût , fort diférent de celles , qu’on découvre , du-
rant les I X. derniers fiècles , feront donc eommunément ôc
à jufte titre ellimées plus anciennes ; puifqu’elles ne peuvent
s’y raporter. Comme les écritures ^s marbres Sc des bronzes
ont des raports marqués avec celles des mlT. &c des diplômes ,
au moins , dans quelques-unes de leurs lettres ; l’age connu
des premières peut conduire à la découverte du tems des
fécondés. C’eft à la faveur de ceae reflemblance , que D.
S. de Montfiucon (a) a fu dilÜnguer les plus anciens n^.
J, • - --1^10*'
(i) Undesvolamet foivan» Joit ten- «préfooterons , feront munis ét note»
.tétmer une fuite de modèles de mif. qui chronologiques. Ainli nous ne manqua-
[tous énonceront formellement leur date, tons pas de pièces de comparaifon.
plupart «les diplômes , ^uç nous
grecs ;
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#
DE DIPLOMATIQUE. jgy
grecs , d’avec ceux , qui l’étoienc moins. Diverfes infcriptions,
rapotrées par le fénaceur Buonarruoti , dans (es Fra^mens
d'anciens vafes de verre , nous montrent des carafteres Sc
des écritures , non feulement conformes à celles des mlT,
mais encore à celles des diplômes. Grand nombre d’autres re-
cueils de monumens antiques viennent à l’apui de ces inf-
criptions. Plufieurs d’cntr’elles étant datées fourniront des
pièces de comparaifon , pour juger des écritures aprochantes
ou femblables. Les mÜT. & les diplômes antérieurs au ix®.
ficelé , ont d’ailleurs des pièces de comparaifon , qui leur
font propres.
Après les notes chronologiques , s’il n’eft point de moyen
plus fur , pour découvrir l’age d’une charte ou d’un mf, que
la voie de comparaifon ; c’eft à condition , qu’elle ne (era
pas moins exade que rigoureufe. La faire furies mfT. memes,
ou fur les modèles , qui en font tirés ; c’eft toute autre chofe.
Les planches ( i ) ne lailTent cependant pas d’êrft d’une gran-
de reftburcc pour ceux , qui n’ont pas la facilité de compa-
rer les originaux. Elles donnent avec peu de travail bien de
l’avance , fi l’on eftà portée de fe livrer à cette étude. Quand
elles font formées avec choix , difpofées avec ordre , cori-
gées avec foin , elles épargnent à tous des peines infinies.
Comme ce moyen eft le plus fécond à tout égards ; nous en
ferons grand ufage dans la fuite.
Les notes chronologiques ne doivent pourtant pas être ad-
mifes fans examen. 11 s’en trouve plufieurs dé fauftes dans
les m(T. hébraïques , &c quelques-unes dans les autres. Celles
des premiers, qui remontent au-delà du x‘. fiècle , paflTent
au jugement des meilleurs critiques , pour autant d’impof-
turcs. On n’a point éfeélivemenr encore découvert de mf.
hébreu , d’un âge antérieur à cette époque. Les prétentions
( i) le P. 3ianchint (m) ne compre pas
moins que nous fur les avantages des
planekes. A lombre de leur fapreâîon »
on poura , dic-it , vous donner pour (ott
anciens des mlT. très récens. À 1a fa-
veur des modèles ^ on fixera fùremenc
leur âge. Tem^ tUfimist ffi-
cimfH (h*raHêrum , eut jus n*rmA
dêctndt ifi. te gdnie, la manière & l'air
Tome II.
de récriture foaroifient toujours les
moyens les plus décifiis , pour faire co*
noitre de quel tems & de quel pats elle ^
e(V. Aufiî paroit-il convaincu par les plus
(blides raifons , que la preuve de ranci*
qnicé d’un monument dépend de la na-
ture du caractère. f»im imel ig« tx
gentrt ehrnrsdgnm tttsm p*ndmi
MBtÙfUitMtis,
C cc
II. PARTIE.
Si CT. lir.
C H A ». VU.
(«) Tom. I,
. CCLXXIV.
Diÿiiiz^*-- bv CjOOgI
U. PARTIE
$ ( C T. 111.
Cha». vu.
(«) Vcnv, tr»Ui
de d/phm. t, 1.
Moyens de M.
MalTéi , infufîrans
pour reconoirre le
fi^cIe de récricute:
ceux de Cafley ,
{h)U^JfMhUotb.
hthrmic, p*n, %.
lih, t. feâ. 3,
/. |K. J17.
j8(î^ NOUVEAU TRAITÉ
contraires de M. Fourmont l’aîné n’ont pas fait fortune. On
juge plus favorablement de ceux , qui portent une date pof-
térieure au xt'. liècle ; pourvu qu’ils n’aaent pas d’autres mar-
ques de fupoûtion. Mais communément les mil', hébreux,
grecs &c latins n’anoncent point leur âge. Il faut donc em-
ployer diverfes règles de critique pour le déterminer j fut-
tout li l’on manque de pièces de comparaifon. Les mêmes
règles ne fervent pas indiféremment aux uns & aux autres.
Les Hébreux , les Grecs, Sc les Latins ont les leurs à part.
Nous difons (i) quelque chofe dans la note, des lignes , par
lefquels on s’alllire de l’antiquité des hébraïques. Ceux qui
ne voudront pas prendre la peine de confulter la Paléogra-
phie de D. Bernard de Montfaucon fur les Grecs , pouront
le contenter de ce qu’on (n) a dit , au fujet des plus anciens,
& de ce qu’on ajoutera bientôt, touchant ceux des x, à xi.
derniers ficelés.
V. Venons à l’examen des figues particuliers , propres à
fixer l’age inconnu des écritures latines. Plulleurs feront aplî-
cablcs aux chartes , comme aux mlT. Il ell des ficelés , où
rarement les aûes fe trouvent datés. U en eft, qui pat vétufté
•
fera récent ; b nouveauté ratabera feu-
Icmcnc fur les <ieuz Maintes , TupoTé igije
le texte pone d'ailleun des marques cet-
taines d'antiquité. 3°. On la juqera ttes-
recnlée , lî tes cinq livres de Mojfe ne
rot» point diftingôés entr’eux . non plus
que les autres reâions de la loi. 4°. Un
njf! fans correélions 8c fans interpola-
tions critiques , tirera de leur omünon
un grand teliéf ^quoiqu'elles puilTent fe
rcocontter dans un mu fort ancien. En
éftt , fouTcnt les Juifs les ont ajoutées
après coup ; lôaveot Us ont ré&rmé leurs
bibles antiques fur les règles de la Ma-
fore. Mais alors la diverlité des mains
décéléra celle du texte & les interpola-
tions. Les inir. hébreux des Efpagnolt
font plus eftimés par leur élégance te
même par leur ancienneté , que ceux des
autres nations , qui ne fe trouvent guère
qu'en Orient. Les caraâètcs en font ci-
rés , ceux des Italiens te des François
plus arondis , ceux des Allemans bètilTés
de pointes. On y tecoooit le goût get-
thique des xir. & zv*. liècict.
(ijLe favans Tablonskt (*) dans (a pré-
face far les bibles hébraïques de Berlin
f. 37. iiuiiquc quarte iqoycns, pour fo-
plécr aux dates, dont la plupair des mlT.
hébreux lônt dépourvus. 1°. Pour les ef-
timer de la plus haute aotiquisé , il fut
que l'éctiiure en lôit /impie te d'une élé-
gance fans afeélacioD. Mais funout qu'on
n'y voie pas les notes yaurè » âiîW>
pat lefquellcs on cil aveai..q<élMCre eft
la manière de ptooemeer ^ celle d'é-
crire. 1". que là Tiptbte ti'y patoiflè
point du roue 3 ^Cpti* anciennement on
la confctvqir.mvss des livrée particuliers
fort diféteat des oracles ôcrés. Une bi-
ble manoferite , d'où la Mafore feroie
abfoluiiMoc buie , palTcra donc pour
nés-ancicnne ; pourvu que les autres fi-
gnea dlaâtiquicc concourent à la fois.
Bile n'aara perdu que peu de ebofe de-
là prérogative de Page 3 6 l’on n'y re-
marque , qu'un petit nombre de traits
de la Mafore. Un mf. qui ne contient ,
que la petite doit apaticnir au moyen
Kc. &eoférme-t-il l'une & rature , il
*
DE DIPLOMATIQUE. 587
ou d’autres accidens ont perdu leurs notes chronologiques ,
gioiqu’anoncées dans le texte. Peut-on rémédier à ce dé-
ut ? Jufqu’à quel point & par quels moyens le peut-on ?
II. P A R T I I.
StCT. III.
. » . . . . . C 11 A P. V II.
Déjà nous l’avons dit : c’eft dans l’écriture même , qu’il faut j
chercher ces moyens. Les uns fe cirent de la forme ; les le dicouvrir: i(b*
autres de Tes clafles , genres 1 efpèces; d’autres descirconf-i l^si'sn'y patvien-
, ,1 /■ I • J. nentpisXutcment.
tances , qu eue renterme , oU qui 1 acompagnenc ; d autres
même lui font en quelque forte étrangèrs. On avoue qu’un
lèul indice , quoique tiré de l’écriture , ne fufit pas tou-
jours : il eft même rare , qu’il fufife. La réunion de tous
ceux , qui réfultent d’un examen fërieux des pièces eft (bu-
vent néceffaire. Qu’on y fade donc (a) entrer l’orthographe ,
les changemens des lettres , ocafionés par l’ancienne pro- ««/»/; p. *o. «i.
nonciacion populaire ; qu’on mette en ligne de compte let
incervales entre les mots , &: leur continuité (ans interrup- ‘
cion ; qu’on obfcrve les abréviations plus ou moins nom-
breufes , les titres en rouge , la couleur de l’encre , les er-
reurs , le contenu du texte , la multiplicité des colones :
quelque équivoques Sc foibles , que foienc la plupart de ces
caraûcres ; non feulement en particulier , mais même réu-
nis J tant qu’ils feront prélèntés d’une manière aüflS vague :
on acordera volontiers à M. MaS'éi , qu’ils peuvent dans
cette généralité fervir , non i déterminer au jufte le fiècle ,
mais une certaine étendue de tenu , où l’on poura placer
les monumens dilHngués par ces fignes.
Si toutefois plulieurs de cek caraâères étoie« réduits à
«quelque notion plus précife jioiï jiourok relTerer à propor-
tion cet efpace indéterminé « ' qÙL Eût Fiinique relTource du
doâe marquis. Quand, au li^u do nous arcter à des titres
en ronge , on nous les fera vok à lignes alternativement
rouges ic noires , 6c cela conftamment : quand on nous mon-
trera des traités , commençant toujours ou prefipie toujoun
Sar trois ou quatre lignes rouges , nous ne ferons pas tentés
e rabatte au-delTous du vi*. ûècle les mlT. où pamils in-
dices fe manifefteronc ; pour peu que les autres caraâères
démentent pas ceux-ci. •
< Calley ( i ) parott décidé , que M. MafFéi diâcukueux
(i) Voici qMlIn («ne fcir^fn. t.ta I de mon , ont do<p« eenci tm , tc
m(T. CD capiulc , Ctas wicuoe diftioâioo | quet-nos d'coa'enx encore dannuge
C c c ij
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«
n. PARTIE.
Se c T. III.
Chae. vu.
,88 NOUVEAU TRAITÉ
fur l’age des ra(T. Celui-ci fe croit à peine en fureté , for^
qu’il les renferme dans deS périodes de pludeurs dècles. Ce-
lui-là n’a befoin que d’un a , d’un 6* & d’un efi , d’un ac-
cent , d’un rien , pour prononcer fur l’age des mlf. pendanc
fix ou fept ficelés. Ses obfervations empruntées pour la plu-
part de la Diplomatique de D. Mabillon , ne lailTent pas
d’aler alTez droit au but. Mais ordinairement elles ne fufi-
fent pas pour déterminer le fiècle. Plufieurs même font fuf-
ceptibles de reftridions confidérables. Sa règle entre autres
fur les abréviations n’eft rien moins qu’exaéle.
Sans donc rejeter les moyens de M M. Maffti & Cafley ,
& fans nous y borner ; voyons comment indépendamment des
dates , du coup d’œil , & de la voie de comparaifon , on
poura fixer l’age des mff. fur de fimples indices. Nous ne
prétendons point’ en faire ici le dénombrement. Chaque
jour en découvre de nouveaux. Toutes les parties de notre
ouvrage en multiplient le nombre , ou du moins le conf-
tatent. 11 n’eft prefque aucune page de ce volume , qui n’en
tapele plufieurs. Ataclions-nous donc feulement à quelcjues-
unes des’plus propres (i) à déterminer l’age des mlT. antérieurs
au x‘. fiecle ; ceux des fuivans fou&ent peu de dificulté.
i. Beaucoup de mort ne fonc.ils (2par^s
par aucun imcrvalej l'éaiiturc ell de mille
aos & plut. ) . Let ml( grecs fans accens
n'auront pas moins de dix lîèclcs. 4. Les
latins, où la diphtongue »e fe trouve divi-
£ée avec peu d'â ne leroosKeront pas à
moins de fept , mais coamuaùl^CAn a
huit , & meme plut haut. “^'pre
ne <]0cli]ucs lirres rem*
e l'invemioo , auquel
ics copiliet imilùçcat I* hyces ,
qu'lit tranfmiolcnt, f. Les m(T. où l'on
Yoie r9< * famais fat doivent être pla-
cùi taMTCioq te fept cents ans. 6. Ecrits
Jqnil cjoq nccles , ils n'ont point de
^Üpfengtie , mais toujours l’e fimpic.
.f. Les mlT. panent-ils lîx centsant , ils
jbnt Ibnvcnt voit le mot efi éctit pat un
^Mt <■ au milieu de deux points. S. Dans
les mlT. de huit lîécles & plus , le mdt
0tatm s'ùctit avec l'abrdviation fuivante
(f ( mais le lombardiquc , & futtout le
iazon piofitcnt {lefqne fculs de cette ta-
matqne. jr ». Les mlT où fét eïf admif
dans lé corps des mots , comme pej* r-ÿ*
Stc.voat au-delà de lîx cents ans. 1 0. An-
tdcicurs à cet age , ils n'ont pas beaucoup
d'abréviations, qui lôurmillem dans ceux
de trois à quatre cents ans. 1 1 . Au x 1 1 s.
liècle , quelques copiées commencent à
mettre fur l'i un accent , dont l'extrémi-
té fe termine fréquemment en cousbe.
ti. An xv‘. il'dégéoère en point. TAfft
le tarif , par lequel Caficp fixe i'age des
md.
( I ) Quelqu’un fera pentetre liirpris de
nous voir pofer des réglés , fouveoi dé-
tachées des preuves , dont elles font fuf-
ccptiblcs, & qui les fetoient triompher
de la critique la plut févére j pourra
qu'on la fupofe équitable.. Pourquoi donc
les fuprimer? Ceft pour en épargner aâ
Icéleut l'cnmii , & ne pas franchit Iti
bornes , qui nous font prafctircs : Une
éniJc fuivie le combinée de I'age des
plut aacieos mlT. sous a mis à ponée.
I- ,
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DE DIPLOMATIQUE. 389
VI. Si l’onhographe d’un mf. en caraâcre oncial , com-
parée à la nôtre , fe trouve aflez régulière : fi leur diférence
ne fe fait remarquer , qu’en crois ou quatre mots par pages :
fi les clrangemens de lettres fe réduifenc prefque à des e
pour des i , à des b pour des « , à des d pour des t , à des o
pour des u &c réciproquement ; fi dans les compofés d'ad le
d fe maintient fouvent , à l’exclufion du p devant le p. & dans
les mots , où la prépofition in entre ; fi \'n conferve toutes
les mêmes prérogatives ; tandis que \'m devant l’/i eft pré-
férée au d , comme a/n/nonîapour admoneo : fi l’on décou-
vre à peine quelques folécifmes ou barbarifmes dans ce mf.
tous les autres caraélères d’antiquité préfupofés , ou du moins
non contredits , on aura une forte conjedure , pour le por-
ter jufqu’au v'. fiècle.
Un mf. plein de folécifmes & de barbarifmes , donc les
fautes d’ortliogtaphe fe reproduifent à chaque ligne , & d’ail-
leurs en caraèlcre oncial , ou diféreiu du minufcule Ci) or-
dinaire , poura fe renfermer à peu près entre le milieu du
VI i'. fiècle, & le déclin du fuivant. A proportion que ces
défauts difparoitront , fon antiquité fera reconnue plus grande.
Au contraire donnez-nous un mf. dont l’orthographe pa-
roifie fi parfaite aux yeux vulgaires , qu’on n’y puille déterrer
d’autres fautes , que celles , qui nécefiairemenc échapenc à
a'ca recueUlir les fniits. Noos les oüoiu
au public , dégagés des épines , qui les
efulqucnt. Cespieuves , qu’on nous de
Biande , nous les avons en main. Mais
leur difcuftion mènerait à des détails in-
finis. Qui ne ferait éfiayé de trente ou
quarante pages de preuves , dont cha-
cune de ces régies ferait étayée ? Que
font elles après tout ces régies , linon les
séfultats des diverfes portions de notre
ouvrage , auxquelles elles fe raportent !
Les antiquaires les plus lâvans ont d’ail-
leurs fcurni une partie eonlîdérable de
nos pièces juliificsiives. Le grand nom-
bre de notes caraélérilliques de l’age des
plus vieux rolT. que nous ajoutons aux
leurs , n’y donne point ateinre ; mais les
fortifie , en focilitc l’nfage , tend leur
aplication plus exaéie & plus commune.
Ce u’eA pas qu'on prétende fe dilpcnfet
d’entrer dans l’examen de ee qui eon-
cerne l’orthographe , la ponéhiation , le
llyle &c : chacun de ces articles aura la
place. Les prévenir , ce ferait tout con-
fondre ; poullcries preuves jufqu’aux der-
nitis détails for des chofes , qui ne font
pas contelléet , parcequ’ejlcs le feront
peutètre ; ce forait ne vouloir jamais fi-
nir. Ici cependant on ne fe rciuferapas
à l’expolîtion des preuves , loifqu’clle
poura fo faire en peu de mots.
(i) On connoit une éuiture mioof-
*cule plut ancienne , à laquelle le nom
de demi-oncialc conviendrait mieux. Elle
emploie l’c eurlif , au. préjudice de l’a
minufcule : fos fostont des riavct-
fes plus longues, te fes r des queues^»
le côté droit plus abailTé y ouue leatf
commiuément majufciila.&c.
II. PARTIE.
SICT. III.
Chaf. VII.
Quels font lea
moyens diAingués
de l’écriture, pour
juger de l’age des
anciens mil I Le
plus ou le moins
de changemensde
lettres , de foléeil^
mes & de barba-
hfmes.
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II. PARTIE.
S 1 C T. III.
Chat. VII.
V^lin tiès-min-
«c , lignes cirées.
J90 NOUVEAU TRAITÉ
rhumanitë , dont le texte en minufcule foit omé de titres
en onciale à gros œil bien tranchée ; on ne balancera pas
à le déclarer du ix®. fiècle. Les moyens (i) tirés de l’ortho-
graphe , des folécifraes Sc des barbarifmes , peuvent conve-
nir à tous les mlT; en voici de propres à quel<^ues-uns feule-
ment. Les uns & les autres font également iiolés de l’écri-
ture.
VIL Le vélin très-blanc 8c fi mince , que fes feuilles le
(I) Il ne faut pas pcrjic de vue, <jue
nos régies (ont pofitives , & non pas cx-
clufives. La multitude des roldcifmes ,
des batbatifmcs & des changemens de
lettres convient rpfcialemeot aux vu,
& viii‘. (iécles s mais n'exclut pas le
TI*, ni même queI<]uefois les ptdcédcns,
£ le copille dcoit mal habile.
Le beau S. Cyprien de l'abbaic de S.
Germain des Prés réunit tant de carac-
tères d'antiquité ; qu'il o'eil paspofliblc
de le rabailfct au-ded'ous du v‘. (icclc.
II en renferme , qui fcmbleroient pou-
voir le porter jufqu'au iv*. te meme an
ii|S. Cependant il n'ed pas exemc de
folécifmcs. Ils font à la vérité beaucoup
plus rares , dans les propres ouvrages de
L Cyprien: mais il s'en rencontre nombtc
d'eiempes , dans les fufrages des évé-
quesde (bn grand concile de Canbage. I!
ne s'enfuit pas, qu'il faille reléguer ce mf.
au vti*. liècle. Ou tems que le latin
étoit le plus fiotilTantà Rome , les habi
tans de la campagne voilîne , te même
en général ceux , qui oc l'avoicnt point
étumé , félon les règles , ‘
mal , & tomboient daatj
léeifnncs. Comment
n'auroient point été
, QUI
des belles
dMlè le parler cor-
itde S. Auguliin ,
étoit dominant, ne
évêques & des prêtres J
navoient jamais fait^
humaines ! A combien
ploiil'ftMê'Milbn t lorfque la ReIit;ioB
étoit expofèe i des per^co-
MpiéiMtiiiaelles > Ces évêques , dont les
tondons font défigurées par de gros fo-
lecifmes , ont pu les fàirc réelIcmeM j
te les nouirct n'auront pat voulu pren-
dre fur eux de rien cotiger à leurs
lettres , pou'
reâemeiR î
où le Chtè
Toy.
CO Ai
^eiprelEoos, Ainlî plus le raf. cft ancien ,
plus il doit (c trouver chargé de (blé-
cifmes. Des corrcétcuis dans la fuite n'au-
ront pas manqué de les ôter , en les
prenant pour des fautes de copiftcs. Ceux-
ci comme Chrétiens , furtout avant la
convcrlion de Conllantin , pouvoieni fort
bien n'avoir cut-memes aucune teinture
de grammaire , te conféquemment in-
troduire dans récriture bien des mé-
comptes de leur fa^n.
Au relie le grand nombre d'erreurs
contre la Syntaxe te l'orthographe n'ell
guère moins aplicable aux tems pollé-
lieurs à Chailcinagne, à l'égard des paît
étrangers à fon empire , êt ^s provinces
méridionales de la France , qui profitè-
rent moins que les autres de la léforme
dans l'orthogtaphe, établie par les ordrps
de ce prince.
Au contraire un mf. des vti.ScviiiV.
fiècles pouroit être prefquc exemc de bar-
barifracs le de folécifmcs ; pareeque l'é-
crivain auroit été d'une capacité fupé-
ricure aux hommes de fon tems , ou
d'une esaâinide fernpuleufe, à biencô-
picr un excellent original. Mais comme
ce mf. n'écoic pas putgé des mutarions
réciproques de lettres 5 il les aura con*
fervées , il en aura ronltiplié le noenbre t
parceqn'alors la prooonciarion n'étoit pat
conforme à la nôtre. Après tout les rè-
gles , qui nous ocupent , ne lôncà pro-
prement parler , que des iadfccs. Ils doi-
vent être tempérés les uns par les au-
tres. On ne peut juger avec eenitude
morale , que far kur concert i avec crèf-
graode probabilité , que for le eoncoam
de la pliiparc. Ainli des aiicrea degrés de
certitude «c de vcaifeiublMce j à raifoa
de leur opolîrioa on de leur ocord plus
on moins marqué.
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DE DIPLOMATIQUE. 331
roulent ou fe recoquillent «l’ellcs-mcmes , K la feule chaleur
de la main , préfente un caraélcre d’antiquité très-certaine.
Jamais nous n’avons tien vu de femblable , dans des mlT.
poüérieurs au vi', fiècle, & antérieurs au x*; à moins qu’on
n’eût tiré ces feuilles de mflT. plus anciens , pour en former
de plus récens. Si quelques-uns de ces tems ont du vélin
fufccptible des mêmes afeûions ; on pouroit afligner de parc
& d’autre bien des diférences , par raport à la qualité de la
matière. Mais le lêul coup d’ocil découvre une dilTemblance
énorme , entre des mff. fi éloignés d’age. On ne peut donc
jamais courir aucun rifque de les confondre.
Les lignes tirées horizontalement , pour efpacer égale-
ment , & rendre droites celles de l’écriture , & perpendicu-
lairement , pour déterminer l’étendue de la page ou de la
colone , peuvent encore aider à fixer l’age des m(T. En rou-
ge , çUes ne conviennent , qu’aux plus bas tems ; au crayon
ou bien à la mine de plomb ; elles décèlent les xi i. xi 1 1.
& xiv‘. fiècles. On en trouve pourtant déjà quelques exem-
ples dès le xt. Tracées feulement avec le ftylet , elles fe
raportent aux fiècles précédens , &: s’étendent jufqu’au
XIII'. .
Les ligties blanches horizontales , prolongées d’un bout
à l’autre de la feuille, indiqueront du moins le vu'. Bor-
nées à la largeur de la colone ou de la page , on n’en pou-
ra rien conclure. Mais , fi tandis que les autres horizonta-
les font ainfi terminées ; deux parallèles au haut , & deux
' au bas de la page font portées depuis l’extrémité du feuillet
jufqü’au fond de Ih ; on aura le figne d’un âge , qui
ne peut s’éléver au-deüus du xi'. fiècle. Les points perçans
placés au bout de ces lignes ne marquent rien de bien
précis : au contraire cachés dans le texte , ils défigneront
li: V 1 1 & plus.
Les alinéa précédés d’un vuide dans le corps du texte ,
fiirtouc s’ils ne commencent point par (i) une initiale plus
(i) CcKaraflires font cetii da Virgile
JArper, du s. Cyprico , daprcautierà
l'urage de S. Germain de Paria ; des Evan-
giles de Vienne en Autriche , te autres
sniT. cootciuiKitaiiu. Les initialet des
alinda font néanmoins tant Ibit peu plus
grandes dans de très-anciens mlT ; fui-
’ tout, <]oand elles avancent plus que tes
autres lignes. Mais (lies n'y Ibnt pas
eiobcUicf d'otoetnens. Les TuiaireaUaisc
1 I. PARTIE.
SiCT. III.
Cma». VII.
points persans, a-
linéa : mil. carés ,
colones.
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II. PARTIE.
S 1 CT. III.
Ch*». VII.
StiqDcs oa Ter-
rées : divilîoos des
(*) Cnri. Jff.
Egfi Purftir» dtc-
M. /. I. ». <1.
Jtmu, Andr. Irici
im rvM»g. ctd. S.
Eufeiii prâf.
f. ZTI 1 1.
(4) Trtit dt fri-
ma ferii. trig,
f- s»I-
(e) Prtleimun.
I. t. fart. 1. ch.
XI. f. >*1.
(d) mUhib. Tif-
Itrimfis. lih. 1.
ÿ*rr. i.r. 1.^4-
(») W- >7.
(/) ChtvilUif
Origin* d* Ti»-
/riw. dt ,
3>r NOUVEAU TRAITÉ
grande que les autres lettres , n’anoncent pas une moindre
antiquité. Il ne s’enCuit pas , que d’autres anciens alinéa ne
foient pas faillans , ou n’avancent pas au-delà des bornes de
la colonc ou de la page.
On compte parmi les marques de la plus haute antiquité
la forme prefque carée d’un mf , & la difpofition de fes pa-
ges en deux colones. Il s’en faut bien , néanmoins , que l’un
Sc l’autre de fes caraûcres foient décififs. Il eft des m(T. très-
anciens , qui n’ont qu’une colone par page. Il en eft de très-
récens , où chaque page procède toujours par deux colones.
Le nombre des modernes eft fans contredit le plus grand.
On" rencontre aufli des mfl*. carés , fans qu’ils loient pour
cela fort anciens. Toutefois .comme l’antiquité produit plus
fréquemment des mlT. prefque carés ; ce ligne en eft à jufte
titre un préjugé favorable. Les colones ne lemblent mériter
ateiition , qu’autant qu’elles font écrites ^er cola & commuta.
Chaque ligne alors répond tout au plus à un demi membre.
Souvent elle ne confifte qu’en un mot. Pareil indice , «jui
n’a lieu que par raport à l’écriture fainte , anoncera du moins
le commencement du vi'. fiècle. •
VIII. L’introduâion des ftiques ( i ) dans les livres
étoienc cacore WquetH dans les Aiplomcj
de Louis le ddbonaire. L'étendue plus ou
moins grande de ces vuides fut , pout
ainlî dite , la plus ancienne manière de
ponéluer les aâes publict. Aiiilî les cf-
paccs des alinéa lucpalToicnc ccus des
limpics poinu : ces derniers eeut de
deux points : & à propottion des plus'
petites dilHnâions. Au tz*. lïcele , on
t’aeoutuma pat degtés à mettre des points
à la tête de ces intervalcs , fans dimi-
nuer leur étendue proportionnelle.
(i) Lent divilîon fe faifoit par mem-
bres & par ftk-aumtrti , qu'on notas palfe
ce mot J pour rendre per cria ^ comma-
ta. Elle étoit fort diférentc de notre di-
vilïon de l'ancien Teftament , pat cha-
pitics & par verfets. Les uns atribuenc
(a) celle-ci à Etienne Langibon , créé
eatdinal eu 1 a I s : les autres (4) à Jaquet
Hugue , qui.Tivoit , il y a quatre à cinq
cents ans. Selon M. du Pin , ce (r) fut
le cardinal Hugue, quiauziii'.Cccle
dirilâ les livres factés eu chapitres te
verfets , tels que nous les avons anjout-
dui. Ainfl les mlT où leur divilîon cil
diférente (d) doivent être cllimés plus
anciens. Quoique Génébrard ait fait au-
teur de la diviCon du nouveau Tclia-
ment en chapitres JulUnicn évçque de
Nebbio ; Henti Eticime . dans là Con-
cordance du nouveau Tcftamcnt la té-
vendique à fon pète. Châtie - Etienne
Jordan dans Ion Vryage littéraire fait t»
17 J}- »» Traate , ta Aailcterri , an
Hellaadt , parle (t) d'une éditiaa du aaa-
•bcaa Tijiamral da Raicrt ftienaa da
If SI. qui êft , félon lui , la prtmiire,
ait let verfttt faat difiiaguit. Un antre
Henti Etienne, dès (/) i;o7,noncon-
tent delà divilîon du pfeautier de Jaques
le Fevre d'EAapIes par vetiêts , les fit
encore précéder de chilres arabes , pour
en défignet le nombre. An commence-
ment du iv". fièclc les évangiles avoieoe
leui s divilions, & fubdivifions ; mais leurs
ptofaïquQs
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DE DIPLOMATIQUE.
■395
profaïc^ues de l’ancien Tcftamenc étant due (a) à S. Jerome; ^
les mfi. latins , où elle eft oblervée , ne doivent pas être partie.
eftimés antérieurs à ce S. dodeur. On prouve néanmoins par vir.
lui-même , qu’on ( i ) obl'ervoit déjà quelques divilions de
verfets avant lui. chapitres : indices
Au lieu d’être précédé de ( i ) guillemets en forme de ‘*“P*'*’8”‘***’^'
* ^ cnturc ; rang des
chapitres ne s'acordoienc pas toujours
avec les nocfvs. Rien de plus célèbre en
cc genre <juc le canon d'Luicbc. Les épi-
tres de S. Paul furent aullî divifécs en
chapitres fur la ho du meme (iccic. Cc
tau cil conftarc dans la Préface d‘£u-
thalius , raportée par M. Zaccagni. Alors
on apeloic les premiers , chapitres ou ca-
pitules majeurs , 6c les féconds mineurs.
Ceux-ci n'etoienc quelquefois pas plus
longs que nos verfeu » quelquefois ils
en valoicnc fepe ou huit. AuHî ces pe-
tites divilions ne sctcodcDC-elles en S.
Mathieu , qu’à \6f. mais quoique le
nombre des grands chapitres y loit le
meme , que celui des nôtres 5 leur dUtii-
butioQ cR plus d'une fois diférente. Les
chapitres des autres évangéliites ne s’a-
cordent pas avec les nôtres , meme quant
au nombre. Les anciens ne pouvotrnt
manquer d en avoir moins : puifqu’ils les
laifoicnc plus grands. Au taport (é) d Eu-
fébe de Céfarcc , Origene diifingua les
livres facrc's par membres ou par verfers.
Avant lui , les livres poétiques l’étoicnc
déjà. C’ed meme ainu , qu’on écrivoit
les orateurs prohines. Au moins S. Jé-
rôme nous le dit-il dcDémoAbéne & de
Cicéron. Mais jafqu’aa teois des divilions
modernes , fi Ton en excepte les évangi-
les ; le nombre (c) des capitules , titres ,
ou brefs de chacun des livres facrés , &
même des verfets n’eut rien de fixe. Pref-
que chaque copiée les diminuoit ou les
augmentoic à fon gré. Ce qu’on peut
avancer de plus certain, relativement à
notre objet j c’cH que plus les mlT.
font anciens , plus le nombre des verfets
s'y trouve muitmlié^ Ceux qui ne fc bor-
. nem pas à diviierks périodes par mem-
bres i mais qui les partagent encore par
feu-membfti , remontent à i’antiquicé la
plus reculée. La toralité des capitales s'a
peloit cMpitulatie ,bmiArm»'^
(l) M. Oupin en donne pour preuve
Tome I /.
(i) l. (. e.
tt. y.Htjffi.
(r)S.
Hier en. e-
prolt“
une remarque de S. Jérôme , dans la cvangcliftcs chan
lettre à Sunnia Sc à Frccela. Il y cA fait gé : S. Luc apelé
meution d'un (J) vcrfet,qui ne conte- X»r4n«/:ufagede
noii que CCS mots : iranda fir carbones lavcrlion Italique:
f^nii. Mais quoique les habiles gens d'a- titre de faim fu-*
lors tacha/Tcnt de régler les verfets des piimé.
poèmes faciès , fur les vers liébraïques ;
par la faute des copiAcs , il fc voit au- (a) Prâfat. in I-‘
jourdui bien peu de mlT. ou quelque fuyam. Apele^. in
pfeaume fc foit maintenu en cet état , Ru/fn, /, l. cel»
depuis le commencement jufqu'à la Hn- 4^7*
Tel cA pourtant le vi*. S. Jérôme , qui
favoic diAingucr le métré des vers hé«
breux , ne vouloir pcurctre pas moins in-
diquer un petit vers qu'un verfet j lorf-
qu'il qualifie ainfi ces paroles : grande
Ô* carbones ignii. En éfet le xvt l'. pfeau-
me renferme ii^. vers anacréontiques , pera. t. i
apciés par les Grecs Ephthèmimcrcs , & gem. 4.
par conféquent cous ce la même mefure
de fepe fyllabe». Or ces mots, gran/te , _ .
(jf* carbones ignif , répondent exaéieroent -
par deux fois au vers hébreu, que nous ^ ^ * *'
y trouvons. II en cA de même de ces
deux autres vers : Intenait de cale D«-
minus t ^ AUi0mut dédit veccm fuam ^ (») 5,
qui ocupenc , nous (<) dit S. Jérôme,
l’elpace intermédiaire du vers barad ve
gachalei efih à fa répétition , feloo k
texte hébreu. Cependant nous ignorions
cette divifion particulière de vers , aeef-
cce par le S. doclcur , quand nous la fî-
mes , conformément aux principes de
l anciennc profodic hébraïque ,<{uc nous
croyons avoir retrouvée.
(t) Ces guillemets ne laifiencpas d’écre
fort anciens. On en remarque , fans en- ■ ^
fbnccmens de lignes dans des mlf du v*. ‘ ^
fiècle On voit au rcAe des mlf. de tous ^
les âges , oü nul de ces caraéfètes. n’cA
obfcrvé. On ne peut donc rien tonclore
de leur omillîon : ma.‘^ feulement des ' . .
padàges de l’écriture, dont les lignes né*
gaicnepas les autres en toneaeur. Ceux-là
dcligaenc furement la plu s liaute antiquité*
Ddd
Diçil” "i by Googli
594 NOUVEAU TRAITÉ
virgules , ou de petites j , de trois points ou d’obèles , cfia-
^5ïcT**^n*i^ aue commencement de ligne d’un texte cité de l’Ecriture
c H A P. VI I. faiiue avance-t-il dans l’intérieur de la colone ou de la page ,
à la manière des vers ; c’eft un ligne d’antiquité , qu’on
pouroit à peine faire defcendre au-deflbus du vi'. liccle.
Le fécond degré d’un âge fort reculé , tel que le vi®. fiècle
ou du moins le vi r'. lera d’avoir des paflages également
, rentrans dans l’intérieur de la page , dont toutes les lignes,
foient précédées d’ couchées , fouvent acompagnécs de
deux points.
Les mif. des évangiles , où S. Luc eft apelé (i) Lucanus ,,
où S. Jean (a) fe trouve , foit avant S. Marc , foit avant
S. Luc , s’anoncent par ces indices fmguliers , d’un âge très-
reculé. Audi les beaux mlT. grecs &: latins des épitres de
S- Paul de la biliothèqùe du roi & de l’abbaïe de S. Ger-
. , main des Prés renferment-ils deux catalogues des livres ca-
noniques , où les évangiles font difpofés , félon cet ordre :
S. Mathieu, S. Jean , S. Marc , S. Luc ; quoique Origène ,
(i) Le s. ^vang^liAe cA dcLigné Tout
ce nom dans les mfT. de Corbic.dc V ieunc
en Autriche, & de Vcrccil, qu'on ped-
tend ^voir éii copid par S. Eulebe. Il
■ / , VI 1 U r (*) ““pof- AuguAinj
(•j * • "J- jj 5 Jean de Carburaria de Napics, je
UMl.i, i.p.iof. autre de Bobio. Un mf. des
dvangiles , detit (b) de la main de S.
Eadfnd , dvdquede Linditiàrne cotre lea
années jjü. je 7ti.apcle S.. h»c Lmcmt
dans le titre initial i, ci^Bi>e:<ilM*-(iini
image. Mais dans
haut de chaque *ag»ÿ I*
CMum. Cette un
nfage fini/&«^sïr^'^*
(a) ’ (0 u>o<'ie de Coibie ,
an ix%4wû , raporte dans Ton czpoiï-
tioB ,)(ÎSb' le I . chapitre de S. Mathieu ,
fort éconé de voir un mC grec
:1^4»angiles , qu'on diAiit avoir apar-
(d) Vindic. à s. Hilaire ..dans lequel l'cvangilc
nie. firifi. I. ^ S- Jean fuivoit immédiatement celui
.p. top.
'(4) Aniia, litur..
Srpttnir. /. a.
(c) II{/f. liller.de
U Tr/ence. I. J.
f. 88.
f.. CCCLXXXVH
(,) Ibid. p»t.
cccxci ir.
nie s. Mathieu. Sa furprife k le raifo-
neniene ridicule du Grec de nation ,
qu'il confulta , fupofent , que cet ordre
lies évangiles droit inoui depuis long-
tems. Quatre (iécles plutôt , lon n'auroit
£aseu belôin de confultei un Crée , pour
!■ n
favoir que S. Jean écoit placé avant S,
Marc it S. Luc, à raifon de fa dignité
d'Apôtre. C'étoit alors un fait condaté
par un ufage , linon général , du moins
alfcz Aéquenc , je de plus arclJé par Ter-
tullien. On feroit futpris an tede de
rétonement de Druihmar , fi le célèbre
mf. des évangiles de Corbic n. t9(.
fetvoit de fon temt . comme il a fait
depuis , aux melTcs folenndles, ou même
s’il avoit dcs-lots aparcenu à cette ab-
baie : poifque S. Jean y tienr le fécond
rang, S. Luc Ictroifièmc Si S. Marc le
quatrième.. Le même ordre ed obfcrvé
( d) dans le fameux mf. de Cambrtge. Il
l’ed dans ceux de Vienne en Autriche
de Vérone, de faiate Julie de Btefcia,
tous deux eu vélin poaipré , tous deux
de la plus haute antiquité. C'ed auHï fui.
vanc cet arasgemxne, que les noms des
évangélidcs font laportés , au chapitre
17. du 1. livre des Condicutionsapodo'
liqnes. On croit que le rang des (e)‘
évangélidcs S. Marc je S. Lne , on S.
Luc je S, Marc, fut dififremmentdlfpof?,
fcloD que leurs évangiles furent pllnôt
ou plus taid refus des anciennes Eglifes.
•W V
i
»
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I
DE DIPLOMATIQUE. 59^
Eu(cbe , & S. Jérome lui donnaflcnt déjà les mêmes rangs ,
qu’ils gardent depuis plus de douze ilccles.
S’il ne s’enfuie pas , que ces mflT. précèdent Origene , Eu-
lebe S. Jérome ; on ne peut guère les rabailTer au-deflbus
du dernier , ou tout au moins du tems , auquel fa verfion fit
prefque tomber l’italique dans le diferédit.
Les mflT. renfermant quelque livre de l’écriture fainte
dont la verfion n’eft ni double ni triple , & qui néanmoins
fuivent (a) l’icalique , & non celle de S. Jérome , remontent
à des tems fort reculés. Comme , dès le fiècle de S. Gré-
goire le grand , la dernière avoir déjà pris le deffus , &; qu'on
ne fit depuis prefque aucun ufage des autres ; il s’enfuit ,
Ju’on cefia de tranferire les mlT. des autres verfions , & que
ans la fuite , fi quelques curieux voulurent conferver l’an-
cienne ^ ce ne fut qu’en la joignant à celle de S. Jérome.
Ainfi lorfqu’une verfion folitaire préfentera quelque infigne<
variante , qu’on fait avoir été certainement dans les Sep-
tante , &c conféquemment dans l’italique , tel , par exemple ,
que Dominus ( i ) regnavit à ligno , on aura raifon de porter
fort haut ie mlT. où ce texte le fera confervé.
Le titre de faint ou de bienheureux fuprimé dans l’épi-
graphe d’un (1) mf. de quelque faint Père des quatre ou cinq
(i) s. Juftin. daos fto Dialogoe avec I
Tryphon , reproche aux Juifs d'avoir rc-
rranchd ces paroles du rexre faerd , en
haine de la Croix. Cependant Origène ,
fuivi par S. Jérome , fupnma te mot i
Jifnf , fur la foi d'un de ces mlT. hébreux
mutilés. Quoique l'Eglife l'ait retenu
dans un hymne S; dans un vetfetdu tems
pafchal : il s'ell trouvé banni de Ton
pfeautier , depuis que la correélion de
S. Jérome eut prévalu. Que cette locu-
tion apattint véritablement au texte de
la vetlion des Septante , on le prouve
par uaeaUufipiSi alTez manifede de l'é-
pitre, qui ^tte le nom deS, Barnabé,
par le lemoùiM^ ibtmel de Cailiodote,
pat les verubm , cophtique ,
gothique , italique , j^r fqffge.fi) qu'en.!
ont fait Tettullicn , s Lebq', ‘Vigile de
Tapfe : parle célèbre pfeamiet de S. Ger-
main de Paris , par le Morarabique , par
uu autre mf. ea trois coloncsdcS.Gctmaiu
des Piés O. loo. pat ceux de Chai-
tret, de Rome & de Vérone. Ce dernier
ed en grec Sc eu latin. Le P. Biancbini
(c) pr^eod qu'il renferme la pure ver-
lion des Septante , nais difétcute de celle
des Hexapics.
( x) Tel oft le naf de S. Hilaire de la
bibliothèque du toi n*. < { o , auparavant
de celle de M. Colbert. Prefque à la fin
de chacun des treixe livres fur la Trinité
l'on marque le nom d'Hilaite feul , ou
l'on y joint tout au plus celui d'évéque.
D. Coudant , dans fa préface générale
fur Ton édition de S. Hilaire , n'ofant
‘dite, que c'ed l'autographe , ou un mf
copié du rems même du S. doâcur , pré-
tend qu'il fut tranfetit fur l'un ou fur
l'autre. Il fut probablement du nombre
des précieua monumens , que Dagobert 1.
[lit iranfporter de Poitiets à l'abbaïc de
a. Denis , à laquelle il apartenoit autre-
fois. ■
Ddd ij
n. PARTIE!
SecT. m,
CHAf. vit
(4) D.
thier Bibli^rum
fêter, vers
t. l.préfmt.pêtrt^
1./. LXl. LXltn
(i) D. Sétihmtiet.
t, 1. p, 151. ftU.
10*
(r) V'miit, 1. 1 .
Pfelterimm tlttfiex
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11. 1 ARTl t.
S < I. ni
■ Chat. V II
J9S NOUVEAU TRAITE-
premiers ficelés j furtout s’il étoic revêtu du caraftère ëpifi-
copal , ne donnera pas une preuve formelle d’antiquité, pres-
que égale au S. doûcur ; mais c’en eft au moins un préjugé
très-légitime.
Voila des marques caraêlériftiques de l’age des mlT. aux-
quelles on pouroit en ajouter beaucoup d’autres. Sans être ,
pour la plupart , toutafait indépendantes de l’écriture ; elles
en font pourtant diftinguées.
Indictsd* rage IX. Il en eft plufieurs , qui n’afeélent ni la forme , ni le
aes anciennes <cri- jg l’éctiture , muis qui n’cn font pas moins intimement
crr7c.inanc«. quî liècs avec elle. L’omifllon des virgules & des points , pour
jesacompagn’cm: diftingucr Ics périodes & leurs membres , caraâérife un âge
ponfluation , ver- r^ès-rcculé. Vcut-oii parler de leur fupreflion ou totale , ou
récriture, inter- prefquc eiicicrc ? Lcs exemples en lont rares : Ion nen
vales entre fis poura trouvcr qu’aux VI. VII. & VIII ficelés. S’il s’agit,
‘“‘^«i’iiiexaélitude à les marquer par tout , où nous les jugerions
néceflaires ; rien de plus commun avant nos rois de la fé-
condé race. Les points , &: quelquefois même les autres fi-
gnes de diftinêlion &c fou-diftindion des diverfes parties du
difeours , n’ont pourtant pas coutume de manquer dans les
mlT. anciens , où l’on afede une grande corredion avec une
élégance fingulière.
'L’indiJlin3ion des mots entr’eux eft un figne des tems an-
térieurs au IX®. fiècle , généralement reconu de tous (i) les
mots , points
les Y , ancienne
manière d'écrire
les orateurs , les
livres faerds & les
aâcs. .
(a) T«».
te titre de BcMit mtmtrit jlmtrofii
(nfifforit cÿ tpifeefi , employé dans te
mf. de 1 1 bibliotliccjue royale . n’înditjuc
pas un teins auffi recnld. Ccd odànmoins
.. un caraâcre , qui ne peut gueie conve-
nir i un liiiJe poWricur au v'. Nous
parlons de 1a premièic partie de ce mf
Dès la fécondé , «]u’on peut placer au
vr. ou vit. titre de faint cil fubdituè
à BiMtmtmtrit La y*, n'eft que du 1 1'.
C’ell la feule indication d'age , à la-
quelle on fe foit atachè dans le célèbre
catalogue de la bibliothèque du toi i
mais ce font réellement trois rolT. de di-
férens ficelés , téliés en un fcul volume.
(i) Il faut en excepter un de ceux de
FEncyclopédic nouvelle. >, Quoiquon
M (a) montre , dit-il . des mlT. de mille
* * ' » ans , .... oii les mots Ibnt écrits de
» fuite , fans être (7patés les uns des au-
» très . . . j'ai bien de la peine à me per-
» fuadet , qu'alors les copides habiles
» n'aicnt pas fait tout ce qu'il faloit ,
» pour peindre la parole avec toute l'e-
» xaéliiude , dont ils étoicr.t capables ,
.. qu'ils n'aient pas téparé les mots pat
» de petits intcrvalcs , comme nous
» LES SÉPARONS, Si qu’ils nc fc foient
» pas fervis de quelques fignes , pour in-
» diquer la bonne prononciation. La
.1 anciens , dit Cicéron , Orat. liv. y.
»c 44. *nt wmIu qu’il jf eût Ham lu pro/i
« mïuu des intervules , da féparMtûus ,
» du ttcmlre d'delà mefure dune la vers :
i> d" P*' S“ inien-ules , cesse mefure , ce
» rsemhre , ils ne veulens pus purter ici de
*3 ce qui ejl déju étuhli peser lu fucilité sic
» U refpirutittt , d" /<>»'■ feulu^er U p»i-
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DE DIPLOMATIQUE.' 557
auteurs. Ceft fur quoi D. Mabillon , D. de Montfaucon ,
to trlne Je Versteur , ni Jes notes ou Jesji-
*t gnts des copijles ; mmis ils vesdent parler
90 de cette manière de prononcer, ^i donne
*> de i’ame & du fentiment aux mots ô*
»> aux parafes , par une forte de modula-
it tien, «c
Les copiées du vi*. Cède ont fans
doute cent avec toute reiadirude , dont
ils (ftoicnc capables. Cette exaditude
n'aloic pourtant pas à fèparcr les mots
par des intcrvales , fcmblables aux Do-
ues. C ’ert une invention poftèricurc. Si
(Quelquefois les difl.tnces ètoient obfer-
Wes entre les mots de certains mlT. an-
térieurs au VI 11^. /iccle $ ce n'étoit
qu’aux titres des livres , aux alinéa pla-
cés dans l'intérieur des liixnes , aux en-
droits, où Ton apofeit , (oit des points,
Toir des virgules. Qu’on remonte au tems
de Cicéron ou de Séneque »* on n'y trou-
vera nul vcl^ige d’imervalcs entre cha-
que mot des écritures , faites fur le pa-
pier ou le parchemin. En vain notre £a-
cydopédiile opofe-t il un paHage du
premier auteur. Si nous entendons le
iacin i il lui fait dire ce qull ne dit pas ,
êc le contraire de ce quil dit. Voici le
texte de Cicéron, qu'on a prétendu tra-
duire : Verjus enim veteres illi in hae fo-
lutÀ oratione propemoditm , hoc cft , nu-
méros cjuofdam nobis ejfe adhtbendos pu-
taverunt. Interfpiratienis enim , non de-
fatigationis nofra , neipue lihrariorum no-
tit , fed vtrhorum fjf* ftntentiarum modo
inserpunâas claufulas in orationibus eJfe
voluerunt. Ici nous ne voyons ni inter-
valcs , ni fcparations de mots , mais
nous voyons, que dans la profe oratoire
il Elut prcfque faire entrer des vers ,
c'cH-à-dirc , une forte de difeours nom-
breux. Nous voyons i**, que la ponctua-
tion fut établie , non pour fier les bor
nés d'une étendue à perte d'halctne , mais
pour régler les repos de la rcfpiration:
non tels qu'ils fe trouvent déterminée
par les marques des copUtes , mais tels
qu’ils le font par la méfurc des paroles
& des fcnicnccs.
Cicéron fupofe donc vifîblemcnt une
ponéluacioD , fendant à Hier les limites
dea membtes Ôc des périodes 5 mais
nullement des intcrvales difVinéhfs de
chaque terme. Prcfque tous les lîèclct
fourniffent des exemples d'inferiptions ,
où les mots font divifés par des points ,
des feuilles , des rofettes , des étoiles &c :
mais cet u^age ne s’étendoie pas plus aux
mlf. qu'aux (liplomcs : fi ce o'cfl quel-
quefois aux titres des premiers & fou-
vent aux fceaox des féconds. L'aplica-
tion faite par Hcincccius (a) de i'inter^
punèla (h) verborttm de Ciceroo , & de
Vmterpungere (c) eonfurvimus de Sénèque
à la dilIinéboD de chaque mot par des
points , n'a pas de fondement folide
dans CCS auteurs. Ils oc parlent que de
points , qui icimineQC les mcmbics du
difeour*.
Pour en faciliter la prononciation , îd-
dependamment des points & des vir-
gules i on avoir introduit la méthode
d'écrire les orailbns de DémoUhéne de
de Cicéroo per cola ^ commata. S. Jé-
rome la fit (d) auffî fervir aux livres
faiots , quoique abfolument profa'iques.
Elle con/i/foic d'.ibord à rendre chaque
partie du difeours par autant de lignes:
& c'ell ce qu'on apeloic alors IHques ou
verfets. Dans la luice , quand quelque
membie s'étendoit au-dcIa d'une ligne «
le furplus du verfet en formoit une fé-
conde ou troilicmc. Jamais le membre
fuivanc ne conimcncoit qu'alinéa. Ainlî
le Icéleur , qui ne lavoir pas s'arcter (e)
aux marques ioflicuées pour les diféren-
ics paufes , les faifoic naturellement r
pareeque le bout de la ligne en étoic
l'indice , &: mettoit dans la nécclTité de
lire à pen près la proie , comme tes vers
libres. Mais foit ignorance , foie épar-
gne ,dc$ le VM^. liccle on n'écrivit plus
dans ce goût les livres facrés. On n’en
excepte , que les pfeaumes , les canti-
ques, les paraboles &c. Bientôt après,
che? les Grecs , comme chez les Latins ,
loin de couper la profe en forme de vers;'
on écrivit fouvent les vers en /brme de
profe. Chaque vers fut fculcmciic dilUn-
gué par un point. Cependant comme on
n'étoit pas toujours exaâ à le marquer
Sc que d'ailleurs on l'employoît à la fin
des pbrafes , le lîgnc dcTcnoit équivoque.
II. PARTIE.
Sec T, III,
Chap.VIL
(4) De vfter. Si-
187.
(è) Deorat» /.
e. 4(î.
(f) Ep^. 40.
(d) Vrafat, in
tranjlat* Ifau,
ie) Caffod. de
divm. Itâ. r. sa.
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*-*-*tv
n. partie.
Si CT. III.
Chap. VII.
(*) Dt vtter. hâ-
ril.f. 444.
(l)V.th. tr.tt.
tx. /.»»}.
Abréviations (in-
j;nlicrn, liglcsTié.
queotcs , initiales
des pages , places
des conjonâions
de lettres , ligna-
ntes , réclames.
J9* NOUVEAU TRAITÉ
D. Couftant, MM. Maffëi , Smive , Cafley , Hc’tneccîi»;
Saumaife Sic. font parfaitement d'acord. Le P. Germon ne
craint pas cependant de (a) fupofer , qu’on rencontre des
mff. du tems de Charlemaene Si de Louis le débonaire ,
où les mots ne font point du tout fëparés , ni les périodes
Si leurs membres diftuigués par des points Si des virgules.
Mais que peut-il contre les témoignages unanimes de tous
les gens de lettres , ou plutôt contre l’évidence de faits con-
fignés dans un ii grand nombre de m(T ?
S'il vouloir contredire la foule des auteurs , que ne faifoit-
il plutôt remonter la féparation des mots avant Cbarlema-
gne } Il n’auroit pas manqué d'exemples antérieurs des com-
mencemens de ce nouvel ufage. Eft-il queftion d’efpace en-
tre les mots d’une petitelTe extrême Si fort inégale à celle ,
que nous leur donnons ? On la découvrira , plus d’un ficcle
au-delà du règne de ce grand prince. On dillinguoit éfec-
tivement alors les mots dans certains m(T, mais par des in-
tervales fi peu fenfibles , qu'il faut de l’atention , pour s’en
apercevoir. Au v 1 1 1 fiècle , on commence à féparer les
mots par des diftances plus grandes ôc plus régulières. Ces
qfpaces font dès le ix'. exaèlement obfervés , dans certains
am. £i diplômes : dans d’autres ils ne le font qu’en partie.
Un défaut , qui manifefte tout d’un coup les mff. de la fin
du vin*, ou du commencement du rx*. fiècle ; c’eft d’a-
voir une partie des mots bien & l’autre mal dillinguée : c’eft
for-tout de couper fouvent les mots par un ou deux inter-
vales.
Moins on trouve d’Y furmontés (i) d’un point , plus on
doit eftimeç afiÇicps les mlT. qui les renferment.
X. Le po^ i firùe des abréviations de mots hébreux ,
grecs , un figne des fiècles , antérieurs au i x*.
aq, yJAt** même j pourvu qju’un premier poinr paroifle
auAiy ie. mot d’origine hébraïque. Autre indice d’une anti-
(^^Ntj^’tl^reculée : c’eft la marque d[abté^Â^ioa ^ ou
^ finale ou acompagnée de deuxpQilu»>Cun fupérieur^
rtmtK infërieur. Qu’elle ne foif prevue jamais placée . qu’à
■OD p«s encore bien (Qr d'avoir fur la mcliue des vers de
aÛnbué , coinine il faur , ioas.lea,Vitt, liMreuce lec, v
de |diilicius podâcs dtanutiqaes. Se- là |, ^
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DE DIPLOMATIQUE. . 599
' Ix fin âe la ligne , pour rcpréfcncer la fuprefiîon d’une M ou '
d’une N , & qu'au lieu d’être élévée fur la dernière lettre ,
«lie foit touuuit , ou du moins en panie , ponée au-delà \
ce caraâcre défignera (ans dificulté les fiècles , antérieurs au
■V i', & ne poura qu’à peine être abailTé , jufqu’au v 1 1®.
L’abréviation Dût pour Dominus , ég.ile peutétre en an-
tiquité celle-ci Dm. Toujours confiante dans un mf. la der-
nicre s’ajufte aifément avec les ni. & iv‘, ficelés , 8c ne
peut , làns cefler d’être invariable , quadrer avec le vi®.
Encore fàudroit-il fupofer les mflT, où les abréviations Dmi
& DHi feroient employées tour à tour , alors aufii rares ,
qu’inconnus aux fiècles furvans-
Un mf. rempli de figles anonce un âge , qui pouroit éga-
lement convenir au haut , comme au moyen empire» Par
cette conformité avec les inl'criptions métalliques 8c lapi-
daires des anciens Rômains , il rapelera le tems , où cette
manière d’écrire avoit cours. De quel prix ne fera donc point
le Virgile d’Afper de l’abba'ic de S. Germain des Prés , dans
lequel on voit concourir ce caraûcre fingulier avec les au-
tres fignes de raïuiquité la plus reculée i
Les colones ou pages , commençant par une lettre plus
grande que les autres ; tandis que les initiales des phrafes 8c
des alinéa ne pafi'ent point celles du texte , nous ofrent une
indication d’antiquité , qu’on rabailferoit dificilement au
VII®. lîccle.
Dans les plus anciens mfi*. on ne faifoit nulle dificulté de
porter une fin de mot à la ligne fuivante. Plufieurs de cette
nature afeélenr fouvent néanmoins de terminer les mots avec
les lignes. Pour y réufiir , on parte les bornes prelcrites par
des lignes perpendiculaires , on emploie des lettres plus pe-
tites , on fait des conjondions de caraftères , on réunit plu-
fieurs de ces moyens. Les lettres conjointes n’ont coutume
de fe montrer , qu’à la fin des lignes des mlT. de la plus haute
antiquité. Moins ils Ibnt anciens , à compter depuis le vi®..
ficelé jufqu’au x® , plus ces conjondions fe répandent dans-
l’intérieur de la ligne 8c s’avancent vers fon commencement.
Inditcremmem inlérées au milieu , comme à la fin ; fans
qu’on y foit forcé par un elpace trop étroit ,, pour terminer le
vers , le verfet , ou quelque mot un peu long j c’ell beaucoup ^
II. PARTIE,
s ECT. III.
Chap. VIU
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1
II PARTIE.
Sec r. ni.
CUAt. VII.
400 NOUVEAU TRAITÉ
fi l’on pouffe ce fiene jufqu’au vi', fiècle. Les indices au
refte , qu’on vient d’acumuler , regardent tous l’écriture on-
ciale. La minufcule des vi 1 1. &c ix'. ficelés eft pleine d’e-
xemples de lettres onciales conjointes à la fin , au milieu
meme au commencement des lignes.
Anciennement les fignatures (i) des livres n’étoient pas
comme aujourdui placées fur la première page de chaque
cayer , encore moins répétées fur celles des feuilles fui-
vantes , mais prefque uniquement fur la dernière page.
Leur fituarion au bas de la marge inférieure , félon qu’elle
aproche plus du fond d’un mf. décide de Ibn âge. Si elle n’en
eft éloignée que d’un pouce au plus : le mf. fera régulière-
ment au moins du vi'. fiècle : portée au milieu , du vi 1 1® ;
jufqu’à la marge extérieure ou totalement fuprimée , elle dé-
fignera le ix'. ou tous les tems poftérieurs. Mais à l’exception
de la première obfervation , qui ne ftmble pas pouvoir fe
vérifier , fi ce n’eft comme par hazard , fur des mff. plus ré-
cens , que le vu', fiècle ; les autres peuvent quelquefois fe
montrer, meme depuis le ix«. La forme des lettres &: des
chifres , employés aux fignatures , diftinguent aiféraent le bas
& le moyen âge : leur pofition 8c leur fuprelfion feules fe-
roient fouvent des marques équivoques , depuis le ix®. fiè-
cle. Au contraire les réclames , incomiucs (i) pendant les dix
( t) Les (ïgnatnres font tantôt en chi-
ftes romains , tantôt en lettres. L’A ré-
pond à l. le B à II. & ainfi des autres. Si
la flgnature en ebifre n'ell pas plus an-
cienne, que la lîgnature en lettres; du
moins la haute antiquité fairoit-elle de
la première an ul'age plus Tréquent. Ré-
lévée par des otnemens ,i elle dé%tm ®n
age poftènçur. Le mot en li-
gle , en monogramme . en ahidviation
précédant quelquefois la te»*(ure , n’eft
pas moins qu elle fufcepriWe d’ornemens
relatifs à Page des mC'Ce* ornemens ne
commencent guértaf^O'*** vt:'. iiècle.
Quoique nou8,J^racncootrioûs prefque
jamais la (igiuimk fut la premiète p.igc
du caper, aédatlé tx' , on en peut tou-
icfois produite quelques exemples des
lems les pto téculés. Depuis le coin-
menc<di|i^3|t ix'. fiècle , les fignatures
négligées. Outre qu’elles
d ■
■11..
ferrent à fixer Page des mfT. elles ont en-
core l'avantage d’en manifcftcr les in-
terpolations confidérables , dt d’en indi-
quer les lacunes. Rarement le ebifee je
la lettre numérale Pc trouTcnt- ils réunis
fut les mêmes dernières pages des cayeis
d'un mf.
( 1 ) Ce n’eft pas qu’alors on ne rencon-
tre fouvent quelque chofe de femblable
au-delTous de la dernière ligne d’unepage
quelconque des plus anciens mfT. C'eft
une portion de mot , on mot entier , je
quelquefois même c’en font deux. Mais
jamais ces fyllabes ou ces mots ne fe
voient répétés an ba*>c de la page fui-
vante i condition cfiêntielle à la nature
de toute téciemel Celles des xiii.xiv.
je xvs. fidèles, font ordinairement pla-
cées au plus bas de la page ; à moins
qu'elles ne foient écrites pcrpcndieulai-
rcnenc. 11 eft alots allêz d’oCige , qu’elles
premiers
I
I
I
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n. PARTIE.
StCT. III.-
Ch*p. vu.
DE DIPLOMATIQUE. 401
premiers Cèdes deviennent ordinaires vers le xiv'. Sc font
toujours placées fur la dernière page de chaque cayer , qui
n'en cC pas dépourvu. PaCbns aux marques d’antiquité , ti-
rées du propre fond de l’écriture.
XI. Examinée avec foin , elle fournira des caraétères ex- Moyens tir^s de
cluCft de certains Cèdes , &c convenables à d’autres. Ces ca- récriture même ,
raûères feront à quelques égards déciCfs. Sous une facedi- po“rj“g««le f<>«
férentc', ils n’ofriront féparément , que des degrés de pro-
habilité , qu’il faudra réunir 8c calculer : c’eft-à-dire , qu’ils
apartiendront au même ordre de preuves que celles qui naif-
fent des indices , qu’on vient de parcourir. Le réfuîtat des
uns 8c des autres opère la certitude , quelquefois on ne fau-
roit les tirer du cercle de la vraifemblance. Mais le plus fou-
vent cela n’arive , que pareequ’on n’a pas fu faiCr , ou faire
valoir tout ce qui pouvoit concourir à Cxer l’age d’un an- *
ciqi monument, ou pareequ’on a prétendu fe renfermer dans
un efpace de tems trop étroit. En étendant cette durée , ou
parvient à la certitude.
Quoique le même Cède 8c la meme province ne fuf-
(ènt pas bornés à un feul genre ; il ne s’enfuit pas , qu’on ne
puiflfe difeernet celle qui convient à chaque âge , Sc meme
quelquefois à chaque pais. Les goûts , les manières 8c les
modes changent pour l’ordinaire infenCblement ; mais quand
on les réunit fous un coup d’œil , 8c qu’on les compare ; au
bout d’un oikdeux Cèdes , on y découvre bien de la diférence.
. A ne conCdérer les diverfes fortes d’écritures , que pat
leurs clalTes ou leurs genres , elles ne lailTeront pas de con-
courir à manifeCer leur âge. Des mlL* toulement écrits en
capitales , en tant que diltinguées des onciales , ne feront
pas poCérieurs vi 1 1*=. Cède. Ceux mêmes , qui font en
onciale , s’ils ne font point partie de l’écriture fainte , s’ils
ne font point à l’ufage des oCces divins , s’ils n’oqt point
été faits pour quelque prince , Ibront au anoins du vi 1 1‘.
Mais quelque livre que ce foit , entièrement en onciale ,
fera jugé antérieur à la Cn du x‘. Cède. Cette régie eft aplu
cable , même aux mlT. grecs.
renfermenc plufîcars mots , 9c. qu'elles I antiquité des réclames rérooate , ce Teni-
tiçimcac lieu de figoanircs. Laplashaacc | blCj jufqa'aa xi*> ficelé.
Tome II. E e e
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I
II. PARTIE.
S l c T. III.
CHAf. VII.
40Z NOUVEAU TRAITE
Un mf. en onciale , dont les titres des (i) livres , répétés
au liant de chaque page , & ceux des livres , placés tant a
la fin , qu’au commencement de chaque traité , & les let-
tres initiales des alinéa paroiflenc fans ornemens , aparticnt
à la plus haute antiquité. Les mlT. néanmoins , dont les ti-
tres des traités feroient en capitale , rulUque , ou négligée ,
pouroient être du même âge.
Lorfque la capiule commence à fe mêler avec Fonciale
dans les titres , & que les initiales des alinéa font fouvent en
capitale , quoique M. Maflféi nous donne ce caraâcre pour
un figne de la plus grande antiquité ; nous le regardons au
contraire comme un indice d’un âge plus récent. Il eft or-
dinaire au ix'. Cède , dans les mflT. meme en minufcule , &
fréquent des le viii'. Nous ne pourions néanmoins regar-
der cet indice , comme abfolument incompatible avec quel-
ques-uns des plus anciens mlT. fans les raoailTer confid^a-
blcmcnt au-delTous de l’age , que leur ont afligné les plus
favans hommes. Mais nous jugeons beaucoup plus favora-
blement du mélange de ces quatre minufcules e \ P7 't.
avec l’onciale. Nous ne les avons jamais rencontrées à la fois
dans des mlT. en onciale , qui ne fulTent antérieurs au vfi‘.
Cède.
L’onciale à jambages torcus , à traits btifes ou détachés ,
Si d’ailleurs foutenue du concert des autres indices , égale-
ment avantageux , fc fera pour l’ordinaire déclarer du v'.
Cède. Seule elle n’excluroic pas le vi*. ni peutêtre même
totalement le v 1 1 mais fa fin & les fuivans.
La petite onciale c^une élégante Cmplicité , fans baies ni
fbmmets , anguleulè dans lès contours , à queues plutôt ter-
minées par des demi-pleiiu , que par des o^és , s’anonce
(i) tes titres en pureonculr, mais
plus pccite^uc le texte mjme , donnent
an cxeclleni indice de la4>lus haute anti-
quité. Cet indice eft vérifié pat les mlT.
151. i«)o. 107. de la bibliothèque du
Mi , par le S, Cyprien de S. Germain des
Prés , par le Virgile d'Afper de la même
abbajc. Les titres des pages en capitale
peuvent convenir aux plus anciens mlT.
ou l'on emploie le même caraélêrc. Des
mlT. des vil. le vni‘. fiêclcs, ftiiten
onciale , Toit en demi onciale , foit en
quelque auite (brte d'écriture , ne feront
point conftans i marquer le titre au haut'
des pages , ou bien le gcoie de l'écriture
varita , où , s'ils nient conftamment d'on-
ciale , elle ne lêra pas beaucoup plus pe-
tite que le texte. Ces variations augineo-
ceront encore aux liccics fuivans. Les or-
nemens , qui relèvent les litres de chaque
page commencent vers le vlii*.
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J
DE DIPLOMATIQUE. 40)
au coup d’œil , pour tout ce qu’oii peut imaginer de plus
ancien en fait de mlT. ’
L’onciale demi tranchée fent le vi i'. ficelé ou le com-
mencement du VI II', fans exclulion des prccédens. Elleeft
déjà quelquefois pleinement tranchée au v. & vi'. Alors fes
traits font fouvent 11 maflifs , qu’ils feniblent doubles ou tri-
ples. C’eft aparamment fur leur modèle , qu’on réforma l’on-
ciale , aux VIII. & ix'. fiècles. L’air de celle-ci eft pour-
tant plus vif , le tour plus recherché &c la coupe plus nette.
Faute d’avoir bien faili cette difparité ; fur les raports géné-
raux de relTemblance ; peutêtre feroit-oii quelquefois tenté
de rabailfer au ix'. lièçle ces écritures du vi'. Mais le plus
léger examen des autres caraûcres remettra fur les voies.
La minufcule desv. & vi'. fiècles eft communément plus
large , & que la nôtre , & que celle des tems poftérieurs. Elle
conferve ordinairement plufieurs lettres majufcules , comme
l’N 6c l’R. Quand la dernière eft minufcule, elle prend quel-
3uefois la forme de ïn , ou du moins le jambage gauche
efcend-c-il beaucoup plus , qu’il ne fait dans nos petites r
romaines. Lagrolfe minufcule n’a pas l’air de la nôtre , avant
le VI 1 1'. fiècle. La conformité ne fut jamais plus grande ,
que fur le déclin du ix'. &; le commencement du x'. Au
vu', elle préfente quelque chofe de mitoyen entre la der-
nière 6c celle du vi'. Au xi'. les rondeurs de la minufcule
commencent à fe perdre. Les angles y fiiccèdent 6c bientôt
les pointes , qui confomment enito le gothique.
Une autre îorte de minulcule romaine , fourenc crès-pe-
ttte aprochoit de notre plus belle curfive. Quoique d'on auez
grana ufage aux v. 6c vi'. fiècles •, elle lie fervoic dans les
mlT. que pour apofer des notes ou des fommaires , ou pour
rppréfenter d’anciennes (buferiptions. Peutêtre étoit-elle pro-
pre à plufieuts de ceux , qui n’avoient pas exercé leur main
a l’écncure des ades publics.
La curfive romaine , telle qu’elle étoit employée dans les
tribunaux change fenfiblement de forme de ficclc en fiècle.
Ce changemonc devient plus remarquable , depuis le vi'.
Alors elle fetnble dégénérer en mérovingienne & lorabardi-
3ue. Celle-ci depuis fc x*. contrade une tournure , qui mène
roit au gothique. . >
£ ee ij
Digiîi^s^ by -OOgle
II PARTIE.
• SlCT.III.
Chai. VU.
Cfl-il impelTible
de dircerner au-
(jucldcs II. Z. ou
ZI*. li^cles apar-
tienucnc les mlT.
copiés depuis l'an
toc. jurqu'en
iioo. Méprifes
Tut Page des œlT.
On n'en peut rien
conclure.
(4) OtftrvAt. fiir
Ut terili tUt mo-
dtriut.t.ix.f.)ti.
404 NOUVEAU TRAITÉ
La franco-gallique curfive bien caraûérifée s’anonce au
moins du VI 1 1*. ficelé. Si elle eft tres-liée & complicjuée , elle
rcmonce au vu'. La faxone à ce feul titre , quoique rare
au XI*. ficelé , furtout dans les mlT. fi l’on en excepte ceux
d’Irlande , pouroit abfolument n’être pas plus moderne. Mais
les diverfes formes , qu’elle prend , décideront plus précifé-
ment de fon âge.
Nous n’infirterons pas fiir les indices , que ces divers gen-
res d’écritures &c leurs diférentes efpèces pouroient nous
fournir , pour juger de l’age des écritures des mC Sc des
cliartes, 11 nous lu£t de préfenter à cet égard des vues gé-
nérales , que la fuite de notre ouvrage dévelopera & mettra
dans tout, leur jour
XII. Jufqu’ici l’on a repréfenté les mlT, des ficelés pollé-
riéurs au vu i*. comme très-faciles à difUnguer les uns deJ
autres. Voici cependant une objeélion , qui mérite d’autant
plus d’être éclaircie , qu’elle femble fondée fur le témoi-
gnage de Dom Mabillon. M. l’abbé des (<z) Fontaines , après
avoir raporté , que le favant Bénédiâin avoir trouvé aans
l’abbaïe de Lobbes un mf. fous ce titre : Incipit libtr Ber-
trami presbyteri de corpore Ù fan^ine Domini , dont le
caractère lui paroilToit du ix*. ficelé , combat fon juge-
ment en CCS termes ; » Mais puifque dans fon Traité de la
•• diplomatique il aflure, que le caraftère du ix, x. &xi*.
» fiècle étoit toutafait femblable ; ce qu’il dit du ix*. fiècle
.. peut être de la fin du x i '. ■■
Nous ne prétendons point donner un démenti à l’abbé des
Fontaines. Mais il nous auroit fait grand plaifir , s’il nous
avoir apris en quel endroit de la Diplomatique D. Mabillon
a parlé de la forte. En fupofant le critique en règle , notre
Bénédiélin n’aura pu avoir en vue que le caraâère minuf-
culc très-ufité , durant les fiècles ix. x. & xi. En éfet , fa
forme paroit d’abord aflez femblable. Mais quand on l’exa-.
mine de plus près , on y découvre bien des diférences. Il
faut encore ajouter , que parmi les efpèces de minufcules ,
il s’en trouve une petite & ferrée , dont il eft plus dificile de
dire , auquel des trois fiècles mentionés , elle doit apartenir.
On peut néanmoins faifir bien des difparités , propres à faire
ce oifeernement. . >
• Digitizod by CoogI
DE DIPLOMATIQUE. 4oy
Au ix'. fiècle les conjonftions des lettres ra , «[Ibnc en-;
core aflez fréquentes. On n’en voit plus au x', à l’excepcion
de & de fi. Les jambages fupérieurs des Ih kl Çt trouvent
encore alTez fouvent au i x«. formés en batans , dans beau-,
coup de mlT : dans ceux du x. ils font rares : dans ceux du
XI. ils fe terminent ordinairement en pointes rabatues Sc
quelquefois en fourche. Les f 6c les fau ix. fe divifent com-
munément en deux branches , dont la plus courte s’élève en
haut du côté gauche. Aux deux fiècles fuivans cette bran-
che eft prelque toujours abaiffée , 6c ne manque guère aq
X I . d’être en angle aigu , dont l’ouverture regarde prefque
vers le pié de la lettre. Au ix'. fiècle on rencontre nombre
d’a encore ouverts en deflus. Ils ne paroifient plus guère ,
même fermés , aux x. 6c xi. Plufieurs mfl". du dernier ont
beaucoup de t dont la halte traverfe la tête ; tandis que ceux
des deux précédens gardent bien plus régulièrement la figure
d’une couchée 6c renverfée fur le haut d'un' c , qui lui
1ère d’apui. Au ix'. les piésdes m &c des n (bntlbuvent tour-
nés en pointes obliques vers la gauche. Cette oblêrvation
n’elt prefque point aplicable aux fiècles poltérieurs. Et quand
elle l’eft , ordinairement ce caraétère fe foutient mal.
On peut faire beaucoup d’autres remarques femblables fiir
la diférence de laminufcule de ces trois fiècles. Mais qu’im-
por^ que leur minufcule puifle être confondue ; fi les mlT.
portent d’autres indices , qui les feront furement reconoitre.
Or on y réulfira fans peine avec le fecours des titres , des
lettres hUtoriées ou grifes , des écritures majufcules , 6c de
grand nombre d’autres caraâères , qui ne pérmettront pas ‘
que les infif. de ces trois fiècles puinenc être confondus. Par
exemple , les abréviations , quoique aflez .feéqocntes en
quelques mlT. dès le ix', preportion gardée , le font moins
qu’au x : au x i , elles fe multiplient encore davantage. Les
accens fe montrent au xi. fouvent fur les deux ij : ce qui
n’arive prefque jamais , durant les deux précédens. La ma-
jufcule du X.1 . renferme communément un fi grand mélange
de capitale 6c d’onciale , qu’il femble qu’on ne fâvoit plus
les diftinguer : leiïf figure devient d’ailleurs fort hétéroclite.
On pouroit enta/Ter une infinité d’indices pareils : mais il
vaut mieux les remarquer à mefure qu’ils fe préfenterooc
II. PARTIE.
Sic T. III.
Çhap. vu,
Digitized by Google
«!i*
II. PARTIÉ.
Si c T. III.
Cmap. VII.
(«) PsUigr/^h,
frâctt.f, ixf.
(i) Bitlùlh. crit.
t. t.f. 17 f.
4bS NOUVEAU TRAITÉ
d'eux-mémes , oa qu’ils naicronc des diveriès matières , que
nous avoiû à traiter. FinilTons la réponlè à l'objeaion par en
apeler à l’air des écritures de ces liècles , âc de plus au coup
d’oeil des (i) antiquaires. D. Mabillon furement n’y auron
pas été fort embaralTé. Nous avons vu plus haut , avec quel
fucccs D. Bernard de Montfaucon foutint les diférentes ata-
ques d’un adverfaire , jaloux de fa réputation , au fujet de
la conoillance des mlT. '
' Mais , MUS objeâe Richard (i) Simon , ce religieux s’eft
trompé fur l’age d’un mf. de la bibliothèque des Jéluites ;
comment donc pouroit-on s’en raporter à lui fur celui des
mil. d’Italie ? Quoi ! D. Bernard ne dit-il pas en termes for-
mels , qu’apres (a) avoir comparé ce mf. avec <t autres plus
anciens plus récens , ûk détermine volontiers à le (3) fixer
(1) Pai ezciaple, qa'on ehoifî(I« cent
mlT. ditfs des IX, X. fc XI. liècles. Apsès |
les avoir confondas ealcmble , qo'on
prie Mr Mcioc de dite anqucl ih apit- I
iicnocDi ,fans lui permettre de voitlears j
■oies chtonologiqucs. On répond , que
qaand on ne loi arorderoic qn'une mi-
nucc ou deux , pour examiner chacno de
«ex miT. il ne lui arivera pas crois fois ,
te pcutècre pai qne feule de fe tromper
de cent ans lue l'age des mlT. de ces trais
üccIh. s'il n'en veut pas convenir tnpu. ,
lèpreuve i nous ce craindrons pas de di»,
que c’en par modeftic.
f. M (ij 11 cil {è) furprenaoti dln-il • qoe
» D. Bernard de Mooc&iicM« lavant le-
J» ligieux BénèdiâiaV ait mis au nom-
»fcte des mÆ ne cèdent en
» rien pour WW»**» *“* <>• ^a-
>> iicaa|a.|i|( i^ "^'‘i'^de Paris , qui
•> n'Sfemen lettres onciales , ni fans
aSMÂm I inMiBe ce Religieux l'alTure
«tdlns fan Dùuiu)n hdlitwn. Les co-
^doideun no lui dooneront guère plus
too. ans. Cela doit diire douter de
«i.bvHLife'l des mis', que O. Bernard a :
''/a vus en Italie, pour ce qui eft de leur .
wqmiquicé & de leurs autres qualités! .
« ydifqtfi] s'dft irampé mantfcOcineat
> dam St» mf. .^ui ad dans Paris , le dans
•• une bitiliochcque , où tout le monde
» le ptot voir. « Mais quand D. Bernard '
ft Üimli tadpià ÛK l'age d’uo sxC. de
France antérieur à l’an I ;e. s'earuivroic>
il qu'il fc lût trompé fur ceux d'icaüe
poftéiieiits à cette date » Mais (i D. Ber-
nard n'avoic polat vn ce mf ; s'il o'ea
parloir , que (ut le témoignage des au-
tres : qu'en poutoic.on conclure ) Quand
même il rauroic va , quelques années au-
paravant i faut-il cigouteufcmcnc comp-
Mt fur ce qu'on rspotte de mémoire l
Qu'entend M. Simon par la vtriii des
. tûlf > Ce n'efi nas ûos douce leur exil-
teoce; il femble exclure cette accocion.
Rn veut-n à leur liocécicé ; Croic.n avec
le P. Hatdonin , qu'ils (ont fabriqués par
des iropoftents ! Précend-t-il fe plaindre
de ce que l'age des mlT. dllialie auroit
été porté trop haut par D. Bernard ! L’é-
loge de ce Bésiédiélin compolé par M. d|
Boxe le judifiaplcinemeatlur cet atticje,
()) D. Bccnard dans lôn Disrium h»-
Hctan , avoir égalé le mf. des Jéfuices d
^elui du Vatican. Que n'a|oatait-oo en-
core & à ceux de Colbetc & de Séguier :
Que s'cofuic-il au relie de ce parallèle >
Tout au pins que la mémoire du célèine
Béoédiélin ne l'a pas (êrvi Mckmenc dxm
une ocaCon. Il mec i(i le mf. des Jé-
fuices au nombre de ceux , qui font dé-
pourvus daceens : It lui-inètnc dans lit
jPatét^iaphie en» fùtr^réfencerao miK.
dèlc , où ils Ce trouvent répandus Cir
tous les mots. H range it raté du mf.
du Vmisen trait anf.de JFnocc : & dm
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DE DIPLOMATIQUE.
407
au F///'. fiicU î La Paléographie parut en 1708. & la Bi-
bliothèque critique de M. Simon en 1709. Pourquoi donc M- partie.
- • • • • ■ - ? » CT. III
Ch'ap; Vir.
pp juge de raac
par fa
des
bazarder une aeufation démentie , avant qu’elle patik ?
XIII. La conoilTance de l’age des inferiptions mène quel-
quefois alTez diredement à la découverte de celui des di-
plômes &: des mlT, par la comparaifon de leurs écritures, chuneî,
C’eft à la faveur du même moyen , fii avec le meme fuccès ,
qu’on juge de l’antiquité des diplômes , par celle des mlf. ou
des mlT. par la date conue des diplômes. Cependant , puifque
les uns & les autres femblent avoir des écritures fort dilTem-
blables , qui leur font proprei ; le parallèle ne devient-il
pas impraticable ? A confidérer d’une part les ralT. en lettres
majufcules , &c de l’autre les diplômes en écriture curfive ;
ils fe refufent fans doute à toute voie de comparaifon. Mais
il ell des diplômes en écriture onciale. Il en ell en capitale.
On voit ici des Bgnatures , là des dates , ailleurs des noms
propres en ( i ) majufcide. Beaucoup de chartes font en mi-
nufcule : plufieurs renferment quelques portions en ce ca-
raêière. Parmi les mlT. les uns font quelquefois totalement
en curfive j les autres le font en partie. D’autres ont les mar-
ges chargées tantôt de notes , tantôt de fommaires , où re-
paroît fouvent cette écriture. minufcule eft très - ufitée
dans les mlT. Ceux mêmes en lettres onciales , & capitales
en fourniflent de fréquens exemples. Il y a plus : point ou
prefque point de curfive , dont plufieurs élémens ne foient
conformes à ceux de la minufcule. De quelque côté qu’on
envifage donc les mlT ; leurs raports avec les diplômes fe
&de CO.
cluRcs pu
Ta PalAigraphie il en fait monter un an-«
defliis , & tabaiiTe l'autre au dcITous ;j>ar-
cet^u'alors il ne les tapellepins en pallant,
mais les examine avec toute l'exadlitude
pofTible. Les paroles mfme , donr M.
Simon fait tant de bruit , furent proba-
blement écrites à Rome. D. Bernard n'a-
Toit donc pas fous les yeux les mlT. de
Eiance. Celui du Vatican eft vifiblcment
fon unique objet. Pcut^tie n'avoii-il ja-
mais vu celui des PP. Idfuitcs , & ne le
fait il conoitte, que fur le témoignage
d’autnu. Depuis fon retour en France , fa
Paléographie vit le jour , fans avoir pu
tiouvct d'accès à la bibliocèqne de
Ségoier. Tontes les règles d'équité font
donc violées dans les conféquences ou-
trées, que tireM. Sfinon d'une faute aulü
légère. Non content de l'aaoir une [c)
fois lélévéc , il y revient avec un achar-
nement , oui décèle plus de fiel , que d'a-
mour de la vérité. C'eft en ^oi nous le
jugeons bien digne de compaflion Mail
cette compaflion ne doit pas aler jufqn'i
le lailTer impunément en impofer au pu-
blic.
(i) On verra cette matière aprofoo-
die , quand on tiaiteiu deréuinuc ma-
jufcule.
(a) BAI. tritiq^
Ul.f.qiS.
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4o8 nouveau traité
manifeftent de toutes i parts. On prononcera donc d’autant
IL PARTIE, plus Virement fur l’age aes mflT, par celui des diplômes ; que
C*H A P VII ceux-ci portent ordinairement des dates , qui fixent tout d’un
coup le tems précis de l’écriture. Voila donc des pièces de
(«) HtrnnsH em- comparaîfon toujours prêtes , pour s’aflurer du fiècle des mff,
oïl ne doit pas toujours (a) juger de l’écriture des di-
plômes par celle des mlT. ni réciproquement. Si l’on en rapro-
che les originaux , fouvent l’une paroit très-diférente de l’au-
tre. En récompenfe certains morceaux d’un mf. ou d’un di-
plôme fourniront quelquefois des raports tres-frapans avec le
caraflcre du monument , fut lequel on veut prononcer. A
leur défaut , on en trouve dans les accelToires. Tels font l’or-
thographe , la divifion ou l’union des mots , les diftances des
( I ) lignes , la ponéluation , les accens Ôcc. Comme les cliar-
tes portent le plus fouvent des dates , elles ont moins
befoin du fecours des mlT. pour fixer leur âge ; que les mff.
n’ont befoin de celui des chartes , pour fane conoitre leur
Cède. Mais la comparaîfon de caraélère des mff. à caradère
des chartes n’ell pas toujours inutile à ces dernières. Jamais l’é-
criture des mff. ne reffembla mieux à celle des chartes , qu’aux
XI. XI I . XI 1 ficelés. Jamais aufli les aéles ou chartes ne
furent plus fouvent qu’alors^dé pourvues de dates. Les mfT,
peuvent donc alors être de quelque fecours , pour manifef-
tet le tems , auquel on doit les raporter.
(i) On a p«ne 1 croire , qn*on puilTe
tirer qaclqaes iiuluâions ^ la dilïance
det ligntf Ceft ndaninoios un fond , qui
n'eftfai routafaic ftdrilc. La dUlance des
Unca varie dans les diplômes des rois,
lEvant la diverlitd des ficelés, & quel-
quefois même des âges. Du tems des
Romains, eUe n'aloit guère qu'à un demi
pouce dans les aâes publics. Elle Ce fou-
tint à peu près fur le même piê fous les
premiers rois mérovingiens: c'e(l-à-dire
jufqu'à la moitié du vi i*. fiècle, Souveni
depuis elle fut réduire à un quart de pou-
ce. Telle fut prefque toujours fon «en-
due dans les chartes privées. Cette dif-
taoce fut pottée jufqu'aux trois quarts de
pouce & même au-delà dans les diplômes
ife Charlemagne. EUe t'èccodic encore
plus dans ceux de Louis le débonaire. Elle
fut poulTée à l'excréme dans ceux de
Charte le chauve : de force qu’on en
voie, où les lignes font écartées de deux
4>oucet , paniculièrement dans ceux dea
dernières années de fon r^nc. Les li-
gnes le raprochèrenc fous les fuccelTcurs
environ à la diliance d'un pouce. Cet
iotervale diminua prefque iofenfiblemcnr,
pendant crois fiècles. Ou tems de Phi-
lippe augufte les lignes n'écoieot plut
éloignées que d'un quart de pouce La
même réduélioo eut lieu en Allemagne
fous Frédéric II. On pouroit fur ce point
porter beaucoup plus loin les détails.
Mais il V a moins d'inconvénient à ne
faire qu'efieuter certaines matiètes , qu'à
prétendre les épuifcr.
CHAPITRE
«A
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DE DIPLOMATIQUE;
40?
CHAPITRE VIII.
II. PARTIE.
Si C T. III,
Combien il fiit dificile en tout tems , & Jurtout dans
les bas jiècles , de Lire les plus anciennes écritures^
Cette dijiculté conjlatée depuis le viu.Jîècle prouve
l'antiquité de leur> exijlence. Inconvéniens nés de
la peine, qu’on avoit à ^déchifrèr ces vieux mo-
numens. Art d’écrire en jcertains tems peu cultivé,
ignoré du commun des Imques , des grands mêmes ,
■<y quelquefois des gens d'églife. Quelles en furent-^
les fuites. Cet art a-t-il’ jamais ceffe d'être en
gueur ? Jufquà quel point s’ efl-iL maintenu ddns^
tous les fiècles ? Rétahliffement des fignatures , 4'
proportion que le nombre , de ceux , qui firent
■ écrire fe multiplia. - >
Quoique le nombre des perfonei ; qui lurent manier la
plume , n’ait jamais égalé celui' des liommes & dcs'
femmes , qui {c contentèrent d’avoir apris à lire ; ancienne*
ment il étoit rare, que la main refûlàt-de former des carac-
tères , donc les yeux conoilToienc la valeur. Quand on étoit
une fois initié a la leâure ron c’avait pas coutume d’en de-
meurer là ; l’on vouloir encore le xeiKlreau.'moms.capabledfi
figner Ton nom. Mais il y avoit bien dei degrés dans ia>fà*
ctdté d’écrire’*, & fonvent ilsiidtoiqnt, partagés. Tel.lkvoic.
peindre en ohciale, capitale Octmajufcale ;'qui n’auroit pu
le faire en minulculcJ La curûve fembloit réfervée, tant aux
écrivains, de .pDofêlIuin^, qu’à:cepc:qiiuled avoienc fait une
écüde poiticqliènL 'Q’étoit au4iid>pka£b£êik.7Si'^>£Qrmar.>
don n^éwiibpatame 'cholç aifée^din’éiDboûtQiii oobrelnoinS;,.'
pour la lire. E^ljéaétal la^leéhue de tenir n^:&: ^'.toot aâe'ji
anoétieurà Cft^^flahagpcpalTOclès diifeultéijfC^and-oavoiD
des éerkures , aâuellemai <eà ulàge demander une el'pèce
d’écudis ,jp0url£tie .laeaicâiainiiieacji aombcen(<ce..cr<iyaU'
Tome II. T f f
■'T. ■ - '
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IJ.PARTIE.
Sicr. m.
Chap. VIII.
GraoJe difîciilc^
de lite les ancien-
nes dcncates pour
Jeors eontenpo-
tains, plus grande
pour les (idcles po-
ndrieurs , n'a ccé
furmomec , que
long rems apres la
rcnailTance des let-
tres. Confiquen-
cesde cette diücul-
id , parrapott aux
mlT. & aux char-
tes , dont les ori-
ginaux Ibnt per-
dus.
^,o .NOUVEAU TRAITÉ
dut-il augmenter ; depuis qu’elles ceflerent d’avoir cours ?
Que fera-ce donc , fi l’on ajoute , qu’on tomba dans des fic-
elés d’ignorance ,• où les grands , les princes , les rois ne fa-
voient ni lire ni* écrire , n’en rougi iToient pas ? Cette
ignorance eut des fuites infinies pour la littérature. Prefqiie
toutes les formules de la diplomatique furent en conféquence
changées , altérées , fnprimées. L’ignorance des lettres étant
devenue parmi les laïques prefque imiverfelle ; les dcléfiaf-
tiques Sc tes moines continuèrent de les cultiver. Ils tour-
nèrent à là vérité lein principale aplicatibn vers la morale ,
le dogme , la difeipline. Si les autres fciences ne leur furent
pas abfolument étrangères ; ils ne s’y liVrefént pas aflez , ou
ne s’y prirent pas de façon , à s’y rendre un peu plus que fu-
perficiels. Mais comme lire &c écrire paflbient à jufte titre ,
pour les deux clés les plus nécefiaires des conoilTances di-
vines &c humaines ; il ne fut jamais permis aux gens d’e-
glife de les négliger i quoiqu’on n’exigeât pas de tous , qu’ils
les feuflent aquifes. ^
I. Cependant l’écrinite , & particulièrement la curfive ,
dépérit bientôt entre leurs mains. Ils ne lurent pas toujours
exaélement les mlT. Quelque fimiliarifés qu’ils pufient être
avec les caraâères de leurs tems ; la leélure leur en dévoie
coûter , prclqu’autaut qua nous. SagilToit-il alors de lire,
non fenicment les écritures liées & compliquées , mais encore
les plus détachées &c les plus élégantes ; on devoir s’être pré-
muni d’une toute autre habileté que celle , dont on a be-
foid aujounlui , pour fetirèr avec honneur de la ledurede
nos livres. Les plut belles écritures , onciales , capitales , mi-
nafculos , avoient leurs mots fi peu diftirtgués les uns des
autres' i qu’on eût dit , que chaque ligne n’en faifoit qu’un :
& comme quelque pbrtion du dernier mot d une ligne étdit de
rems en tems portée à là fiiivante ; tout paroiffoit confondu.
C’étoit fur .la totalité id’pne page , que le leûcur étoit obli-
gé de forniér. a il’infianéqtfcsijraroles dfc leur pteferire des
bornes 6c des fépacariansi de,diftingucDdans un difeours fo
membres , quelquefois fés perioies. Les virgules , les dif-
tinaions 6c foudiftinéHons , totalement négligées i il n’avoit
tout au plus d'apui ; que dans les points ou leurs équivalens.
Quel travail pour un hcnuncmalfaiparé. , ou d’une érudition
J 1 .W 'i" -
Diyi .
-O-
DE D I PL O M AT IQU.E. 41,
fort mince 1 Eût-on contraâé la (i) plus longue habityde*dc
lire ; ilétoit prefque impofl'ible d'y réulfir , fi l’on ne çom-'
prenoit parfaitement ce qu’on lifoit. Le fit-on à tôtç rcpo-,
fée ? Souvent on héfitoit , on prenoit à gauche ; fi l’on n’étoit
aufli favant , qu’atentif & jumcieux. Combien donc les dé-,
fauts contraires n’ont-ils pas ocafioné de n^écomptes dans les
mfl ? Combien s’y fontgliflc d’expreflions monllrueufes, que
les copifies croyoient voir dans les modèles , qu’ils s’étoienc
chargés de tranfcrire ; fans avoir pour s’en aquiçer, tous les
talens nécefl'aires ? Combien de mots coupés (a) en deux ou
joints inalapropos ? Quel .exercice pour nos critiques , nos
philologues , nos éditeurs !
Un ^rcroit de dificulté fe raanifefia , dès le ix*. ficelé.
On s’étoit infenfiblement acoutumé à laenre de petites difi
tances entre chaque expreflion ; &c quoiqu’on ne le fit pas
encore , avec cette exaéfitude , qu’on y aporta tUns la fuite 1
peu à peu l’dh perdoit l’habitude de lite des livres , des pièces
ou des difeours , dont les parties n’étoietkt pas plus aiftin-
guées , que celles d’un mot. Aulli , quand les plus favans en-
treprirent alors la ledure d’anciens mlT. les y vit-on multi-
plier les points ôc les virgules ; comme s’ils eufient voulu
téparer les négligences de leurs prédécefieurs : mais réelle-
ment ils avoient plus qu’eux beloin d’un tel fecours , pour
lire ces ouvrages. •
Les moins nabiles pratiquoient une autre méthode, qui ne
pouvoit manquer de deshonorer les beaux mlT. en onciale.
) C’étoit d’inférer un point ou une bare entre chaque mot ,
aux rifques quelquefois de les placer mal. Ils nous ont don-
né par là , fans le vouloir , ade de leur infufifance : tandis
peutétre qu’ils ont prétendu nous épargner la peine^, qu’ils
avoient eux-mêmes éprouvée , dans la fixation de chaque
mot. Aux ficelés fuivans , cet abus rédoubk. Mais , depuis
le XI , jufqu’à la renailTance des lettres j on lailTa la plu-
(i) Ceft poDC ceU , qqe S. B^noib(^)
ne permet pat In^ifibcnimeiic au premier
venu de prendre le livre <c de faite la
ledlure , pendant la : ntc fer-
tmu cafu , qui urrifauni , Uttrt
•udtM. Cen pour cela ^u'il inteidit à fes
tcligieux de tire cbacyn à Ici)t tour , Sc
qu'il n'acorde cette diltindlion, qu'à ceux,
qui peuvent ddificc : iwn ftr trdiutm It-
gutti nul tuntent , fed qui êdijietnt uu-
ditnlti. Ccd pour cela qu'il défend (c)
eneore d'écre alTcz téméraire , pour ofer
lire ou chanter j lî l'on n'cd pas en état
de remplir cer o6cc avec édidcation.
Fff ij
H. PARTIS.
s E e T. I U.
Chaï. VIII,
(•) CtufiuM.
Viadicit veter.ctd,
f. 1). 6- fiqu.
Viudit. vu. cid.
emftm.f. 71*.
(ijRtX»/. c.)S. .
(c) Uid. c. 47.
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411 '^NOUVE'AÜ TRAITÉ
'SSSSSSS!^ part de ces précieux mil', fort en repos. Les premiers , qui
II. PARTIE, tentèrent de les déchifrer , lorfque le goût pour les belles
C Va” vil I cliofes le réveilla , s’y prirent , comme on avoit lait avant eux,
pour réparer les mots. Peu de très-anciens mlT. par conféquenc
qui aient pu fe garantir toutafait de cette difgrace. Les char-
tes antiques l’ont aullî plus d’une fois partagée.
Si la leéhire des mil. en lettres majufcules foufrit tant de
dificultés ; les écritures curfives romaines , mérovingiennes,
lombardiquas ; faxones en durent (i) caufer bien davantage.
Les yeux des vieillards furtout s’y refufoicnt entièrement ,
' • ou ne les fuportoient , qu’avec peine.
Comme au x'. fiècle , l’ignorance s’étoit confidérablement
I . . acrue , Sc que la forme du caraûère curlîf avoir beaucoup
changé ; une autre forte de dificulté commença bientôt à le
faire fentir. Elle regardoit fpécialement les chartes en let-
tres lombardiques & franco-galliques. L’apas de l’intérêt ex-
citoit quelquefois à faire des éfons pour la vaincre. Mais
fou vent le fuccès n’y répondoit pas , ou ce n’étoit qu’im par-
faitement. Elle n’arctoit pas feulement le commun des let-
trés ; les auteurs les plus apliqués à recuillir les (i) monumens
antiques , pour les faire fervir à l’hiftoire y fuccomboient. On
ne fe rebuta pourtant pas , généralement , aux x. x i . ( 3 ) x 1 1
{ I ) s^lonifacearchtvcquc de Mayen-
ce dptouvoic l'ineonunoditd <U tes for-
tes 4'^criiures , & furtout de U m^tovin-
gienne & de li faxonC-r lotiqo'il fe plaint
. . - , («] denc pouvoit trouvet, dans la Ftanec
{ ** orientale, de livret en lettres diAinâcf.
**** > jâ-il , t’afoiblilTant , les lettres
menues & lidec ne peuvent plus lui con-
(i) Suul. IV.
jBrned. pMrtt. i. . liaifcnl & les entrelalTemens de
f. 194. Ann»l. faits Croient prefque également propres
£m»d. i.z.p.iS, à la cutCve romaine & à la éranco-gaUi-
quc. La faione incomparablement moins
(c) WJI, lin. i.f. liée étoit fouvent beaucoup plus menue,
p. i<4. Ky. La minufcnle uGtée alors en Allemagne
tenoit de l’une & de raiitrc. Les pcrfoacs
(d) rhilittid. 1.4. dépourvues du fccouts des lunettet,
i r rr • 'V n’avoient pour toute telToutee'qiié'^'tâ'' I
' raéVcrcsmajurculcsoalcsniinnlcuks très- I
gros & trés-diftinat.C^ ce qui fft côn- I
tinnetl’ufaEedel’oneble, jufqu'à ee que I
la minufciue fit devenue alTer dégagée , |
pour être ptoportionée à toutes les vues.'
(1) L'auteur de la vie de S. Brrcgifc ,
abbé fondateur du monaAcre de S. Hu-
bert en Ardennes , fe trouva tres-emba-
ralTé (é) à lire une charte originale du
comtcGnmbert.Apcinc put il y décliifrcc
la v'. année du règne de Tbierii IV.
Cependant cet anonyme n'écrivoit , qu’es
l'an : c'eA-à-dire un peu plus de
100. ans , depuis ta date du diplôme ,
dont il jugeoit l'écricnm (î barbare.
(l) Qvo>t]ue D. Rivet nous donne,
comme nn des (r) plus habiles antiquai-
res Se déthifreuts du »ji'. fiècle Gaul-
tier, qui rétablit la plupart des regitres
publics , enlevés pat Richard I. roi d'An-
gleterre k Philippe auguAe ; nous ne
voyons nul fondement à cet éloge , m
dans les qualités , que Guillaume {d) le
Bicton atiibue à fon cfprit , ni dans le
détail , qu’il fait des matières , contenues
dans CCS regîttes pillés. Le travail auquel
DE DIPLOMATIQUE. -413
fiècles. Il y eut encore des hommes , affez courageui , pour ^ssssasasi
cflayer de déchifrer lès diplômes mérovingiens : mais durant H- partie.
les quatre fiècles fuivans , on fe contenta des anciennes co- ch*aV vlii
pies , lorfqu’on en avoit. A leur défaut ces pièces pafToient •
pour indéchirables. C’étoit leur faire grâce , que de ne les
pas juger indignes d’être tranfraifes à la poftérité. L’oubli au-
quel on les condamna fèrvit peutctre autant à nous les con-
férver , qu’un relie de vénération , pour des monumens ,
d’autant plus refpeflables ,, qu’ils étoient moins connus. Ce
qu’on a dit de la curfive mérovingienne eft également apli-
cable à la romaine & à la lombardique.
Les aûes en curfive romaine n’étoient pas à la vérité fi ré-
pandus , qu’ils le font de nos jours. La plupart renfermés ,
dans les archives de Ravenne ne piquèrent la curioficé d’au-
cun antiquaire, avant le xvi'. fiècle. 11 n’en étoit pas de
même des écritures lombardiques. Peu de contrées en Eu-
rope , où elles n’euflent pénétré , par le moyen des bulles
des Papes. Quelqu’un néanmoins favoit-üles déchifrer au x 1 '.
fiècle, il ne laifibit pas d’être en France regardé, comme (i) un
pré^da Gaultier le jeune o*avoit befoin ,
<^ue d'uD homme judicieux , a^if & fbrr
laborieux. AulTi lei louanges , que lui
donne la Philippidene vonc-elles pas au-
delà. n II ne relie aucune trace d’un ou-
» vragc fl lingulicr, dit («) M. labbéSal-
»> Hcr , dans fa favanre Mtitt d' im rtgt'
M tf dt Philiffe augHftt \ à moins qu’on
» ne dife qu*il fe retrt^ve , dans ce que
*3 le Tréfor des chartes polîcde d’aocé-
M rieur à l'année 1194. 1 époque
B de la journée de Prélevai. En ce cas
s» Gaultier n'auroit pas fait anaolB grand
a» éfort de mémoire , q«c nous le pen-
B fions , & fes recherches n aurotent pas
B remonté bien haut » puifquW uy a ,
» dit Dupuy , auatnt pHa trefer drs
» ehmrtes , ^Ne depuis le rci Louis le jessne ,
»donc le rcgne'finicen 1x80. «On ne
peut donc pas conclure des travaux de
Gaultier le jeune , qu il fut ni habile dé
chifreur , bien moins encore , qu’il fur
antiquaire. Les divers regitresdcs char-*
tes, émanées de Philippe, depuis iX9f.
jQfqa^eo liai , & confervés au tréfor
des chartes de à la bibliothèque du roi , .
furent recueillis par les foins de Garin ok
Guérin eveque de Scnlis & chancelier, If/jff. de Vse-
Nous pouvons juger de rutilité de Coa cMdem.desInfrrip$.
cntrepiifc ,par les rcgîcrcs mêmes , qui f,t6,p.i6i
font parvenus julqu'à nous : mais ils ne
font pas de nature à lui procurer les ti-
tres d’anrxquaire êc de déchifreur. Le der-
nier pouroit convenir avec quelque rai-
fon à ceux , qui dreficrent alors, & dans
les deux fiècles précédens , les cartulaircs
de plufieurs anciennes egUfes : puitqu’on
y trouve fouvent à la téce quelques di-
plômes de la première ou fécondé race *
de nos rois.
1fi)En i07î- rélirc (^) clergé de (kyDe re dêp/em.
Tours ne pouvant lire la bulle de Gré- p,6f9.Annul,Bè^
goireV , de l’an 916 , aparcenant à ta ned.t, '
collégiale de S. Martin , rarcheveqoe
Raoul députa deux dignitaires à Bartbe-
lemi , abbé de Marmouciers, comme aa
fenJ habile déchifreur , qui pût rendre
le contenu de ce titre. L’écrknrc romai-
ne ou lombardique , en laquelle il*étoic
écrit , en faifoii fans doute la dificultd
la moins facile à vaincre. Il n’étoic toute-
fois ancien > que d'un fiècle & demi. H
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U PARTIE.
S E C T. III.
CH4I. VIII.
4,4, NOUVEAU TRAITÉ
homme prefque unique dàus fa province. Tout un dioccfb
avoit recours à fes liunières. Mais les pièces étoienMlles an-
ciennes , au moins de (i) deux ou trois ficelés ? Leur difi-
culté paroUToit au-dcfllis des forces de l’efprit humain. A
peine y pouvoit-on entrevoir quelques mots. A la renaif-
iânee oes kttres , nos favans y furent étrangement emba-
xafTés. C’efl; une cjiofe plaifante de voir , en quels termes ,
Patadin (li exagère la dificulté de lire un nif. de S, Avit^
aujourdui placé parmi ceux de la bibliothèque du roi , 6c
n'auroic pas aparammcnc cmbarafTé des ]
notaires ni des archiviiles d'Italie, où
cette écticuie o'avoic pas encore cclTé d'ê-
tre en ufage. Quoiqu’il en foit : ces Cot-
tes de faits prouvent d'une parc , que les
hommes capables de lire les anciennes
écritures corlÏTes étoieut rares , & de
l'autre , qu'elles étoient alors connues ,
& qu'elles n'onr pas , comme le prétend
le P.Hatdouin, été fupolées, aux un.
& xivS liéelcs. La meme qpoféqucnce
fuit de la dificulté , qo’avoit , au vt n'.
fiécle, S. Boniface à lire les livres de
France : ce qui l’obligcoit d’en faite ve-
nir d'Angleterre. En parlant (s) du B.
Barthélémi , deux fautes font échapées à
la piume do vénérable D. Rivet. » Raoul,
» dit-il , archevêque de Tours , ayant
» rcf u du pape Gr^oire VII. une bulle ,
D que ni lui ni fes chanoines ne pon-
» voient déchifrer , l'envoya à l'abbé «
» pont la lire , & lui en faire nue copie.
» On ÿugeroit par U î qncr, ■**»!« fm-
•> ployoic dès-lors au » inéiéif paisicu-
» Uer , dans fes «««■«• ••
Mais 1'. l 'l'iiMl uOT Ülil^ '** Grégoire V.
& non duiCMMrtfVS r. i”. le caraéière
de nosïûilï^SBS les bulles; loin d'être
-aJjjjiMition de celui de ce tems-U ,
n*i avec lui. 11 étoit alors er-
JùMwÎKnt lombardique. Avant le mi-
Km daxii*. ficelé , il céda la place,
dans les tefcrics des papes , à récriture
feinfoife. Cette dcmicre y perfévéra ,
)ufqu'à la rcnailTanee des lettres , en dé-
générant toujours un peu. Elle étoit :
devenue déjà fort gothique , il a. |00.
•ns. On a depuis afitâé de I> tetcoir,
dans les bulles , & non dans les btéls , Sc
de la rendre à la longue eaeote plut go-
thique , que n'a jamais été le gothique le
plus afreux.
( t ) Au fujet d'une bulle de Nicolas I ,
référée dans le cartulaite de la cathédrale
de Beauvais ; on voit une (ê) note , d'une
main de quatre à cinq cents ans , por-
tant , que ces lettres furent prifes fur une
copie , qui devoir être ancienne , vers
le milieu dif XI'. ficelé , auquel on fixe
l'age de ce cartulairc. Quant à la bulle
même , on ajoute , que la manière , donc
clic cil écrite , la rend prcfque indéchi-
frabic.
(i) M Je ne veux (c) pas omettre , dit-
n il , qu'en l'églilë de S. Jean ( de Lion )
» fe trouvent certains livres fort anciens ,
» écrits en écorces d'arbres , dont l'un eft
» lifible , & contient on commentaire fur
» les plâlmes ; l'autre , qui u'ell relié ,
» tins lacéré te imparfait , c(l écrit en
» éaraéteres antiques , & qui bonnement
H ne fc peuvent lire : ( combien que la
» lettre foit belle ft nette , ) St fcmble à
>1 plufieuts , qui ne font llylcz à tels ca-
ti raélêrcs , que ce foit lettres grecques :
n mais véritablement ce font lerrccs la-
» tines, dont la forme ell dificmblable
U aux nôtres , pour la divetfité des ca-
» raélères : qui fait que quelque bon ef-
a prir que ce foit, il lui feroic mal ailé
a d'en lire une page en huit jours, A la
» vérité ce (ont des oruvres d'Avitus at-
a chevêqnedc Vienne , qui fiorilfeic cn-
a viron l'an cinq cents & vingt. «
En I4<8. Femx depuis cardinal Br ar-
ebevÊqite de Tatragone , envoyé à Liège
pat Piw II. avec la qualité de coramif-
(âirc apollolique , vit chez les Croifiers
d'Aix Ia-Chapelle un inf, du concile de
Calcédoine , qu’on croyoU avoir ét4.
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anufc de
t)E DÎ?LOMATIQUE.
dortl la leûüpe n’«ft plus regardée , comme une
conféquence , pour un antiquaire. Si quelques littérateurs
(i) du XVI. & même du xvi i'. fiécle, avant D. Mebillon ,
parvinrent à déchifrer des mff. de cette nature ; ils lui lai&
férent toute la gloire d’aplanir la leûure des diplômes. Une
feule (i) pièce en curfive romaine (a) fut capable d’aréter
II. PAUTIÈ.
SttT. III.
Chap. Tilt
tianfcric peu de tems Qpiè« fa cilÆra-
lion. Tour fatisfâire au defir qu'il eut
d'en avoir une copie , on ne put décou-
vrir qu'un (cul homme à Cologne , qui
ofâr.cnrreprendre ce travail. Tanta jui-
Jem veiujlmii fuit , «I nifi cum difieuhu-
tt lf!tTfiur,& uuui daotatrat ii> Cfltnin-
J! crviiaie lucafiurt frtfumtrn. Le P.
Labbe (b) nous aprend ce fair dans une
nore tirée de (e) Crabbe. Il y a du relte
tout fujet de croire que ce n'etoit pas une
curlrve romaine , qu'il (üt queltioD de
tendre en écriture ordinaire. Il auroit
(titi chercher un déchifteur aillenrs qu’d
Cologne. Probablement on ne l'eût pas
trouvé dans toute l'Allemagne , ni même
nulle part : puifqu'cncore dtuS cents ans
après , le célébré Lambécius fut réduit à
faire graver une chatte de l'an ^04. fans
pouvoir la déchifrer.
(1) Aide Manuce raporta de France à
Venife on Pline le jeune en écriture 6 di-
férente (d) de la nôtre : qu'il n'écoit pas
polTible , fcldlt lui , de la lire ; à moins
qu'on ne fe fût familittifé avec elle ,à
force de rérodicr. D. Mabillon (>) con-
jcduioit , que cette éctiturc n'étoit pas
diférente de la mérovingienne. Adrien if)
de Valois s'explique ainlî fur le mf. de S.
Grégoire de Tours , dont M. Joli a fait
ptélent à la cathédrale de Paris ; » il cil
a> écrit CD lettres barbares lî liées cn-
0 fcmbic , & tellement cntrclalTées ; qu'il
» £iut prcfquc deviner , pour le lire, n
Ce n'eft pourtant , qu’une éctiturc mé-
rovingienne , qui n'cll pas des plus difi-
cilcs.
(1) Quelque torture que ce favaut
homme eût donnée à (bn cfptic , pour fc
mettre au fait du papier d'Egypte , que
D. Mabillon a fait d ap'ès lui graver à la
fin de foii V'. livre de la Diplomaiiquc )
il (;) fut forcé de tcconoicrc , qu'il n'a-
voit po ni le lire ni le devines : tant.
cetre ancienne écriture , quoique latine,
lui avoir paru obfcure, cmbatalTée & di-
ficilc à lire : »t iffe , dit-il , buflmm bit
vtrum Itâimm, »«c vtrmm ftnfmm raria-
cinundt , ftu ftiius tUviuundt , ujfé^ui ft-
tuerim, O. Mabillon s'en tira allez beu-
ccufemenc : mais il n'en fut que plus fra-
pé des conféquences , qui s'cnfuivcntdcs
dificultés , éprouvées dans pareil cas pat
des hommes de la volée d'un Lambécius ,
d'un BrilTon , d'un GoGrtlin , garde de
la bibUorheque du roi. Si des (h) favans
d'une érudition fi confomniée n’ont rien
compris , dans ces %ionumens antiques ;
fi les plus clairvopans y ont fait autant
de fautes , qu'on en remarque , dans U
pcemicrc copie de la charte de pleine fÜ-
ciitité , dont l'original e(l gardé à la bi-
bliothèque du roi ; comment c'en Ce-
roient tirés des écrivains du commun t
Comment d'anciens copifles de chartes
n’y auroient-ils pas fait des bévues éimr-
mes > Qu'on ccfic donc de tenir pour Ci-
pofées certaines copies pleines de fautes :
tandis que les originartr même# n'en
(ont pas czemts. C'eft le précis dcsiédé-
lions de ce judicieux aateur. Ajoutons
avec cour te tcfpcéi duû ce grand hom-
me , qu'il n'a point lu , & qsll i mtd M
plufieurs endroits de cette charte j Ml
ne font pas néanmoins kidéchifrablcs.
Nous n'en citerons qu'on exemple. Il lit
pour note chronologique : Rufi» Petn-
momict Ctthegtn. tmCttbtgout Cea-
fuU. Il doute à la vérité s'il ne £iui pas
Tire eUriJftme. Au fuipltts il rccoooit de
grandes dificnlcés , dans les prénoms ,
& fuitoat dans Prrr«idlhi« , qui n'eft
pas même latin. Mats en vain a-t-il le-
conts (>') à des coajeâutcs. Il faloit pour
diflipet les nuages , lire, Ruf» Portuit
Nitcmagt , aucrcmtnr ( Nittmutht ) viro
tUriJftnu cmfult. Quoique cette vraie
lc(OB oe change lico à la date 5 U en
(a) Dtndifltmi
p.}<«. 458.*
(é) CtHc. ». 4;
»/. 888.
(0 f A/. J47-'
(d) Ppifl. ud A-
leyfium Stn/u. Vt-
Htt.
(t) DtrtdifUm.
f. }o.
(f) Rmim Fraa-
tic. t. i.pra/is».
(f) BibÜtik. Ca-
fur.l. S.f. «47.
(h) De re difltm-
t- 457. ♦
(<) DiniBfum\
f- 4J7*.
\
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■X*'
'4T^
nouveau traité.
A V f
’ tout court le célèbre Lambécius Ce fut pour lui un chifre ^
"•partie où jamais il ne put rien comprendre. . . .
c vin Voila quelles font ces écritures fabriquées par des impof-
teurs , au jugement des (a) P P. Germon & Hardouin. Ne
(a) I.
e. 4-
- ■>
rapelons pas les inconvéniens fans nombre , qU entrame ce
fyftcme révoltant : ne nous amufons pas à le combatte , par
la dificulté conftatée , dans prefque tous les ficelés de les
lire & furtout depuis qu elles eurent celTé d’etre en ufage.
Nous ne 'manquerons pas d’ocaGons , pour prouver de plus
en plus leur Gncérité. , --v
L'écriture curfivc Caroline , quoique beaucoup plus ariee
que la romaine , la mérovingienne , &ç la lombar<üque , ne
laiffoit pas d’embaralTer fort ceux , qui entreprenoient de la
lire : furtout depuis qu’elle eut été totalement abolie ('i) au
XI i'. Gècle. ... • .
Mais que peut-on penfer de l’exaélitude des copies , qu on
cite des plus aaciennes écritures dans les tems ou l’art de
déchifrer croit voilé des plus cpailTes ténebres . Il neft pas
abfolument impoflible, qù’on n’ait fait alors de quelques di-
. 1 C.1A1..C -Tniiç les atres ont oroduit des
à laquelle rien de polTible ne put _ •
tomber d’acord, avant ces derniers tems , üs devoient ctre
très-rares. Les copies prifes fur des originaux G diGçiles a pé-
nétrer ; lorfqu’on n’étoit point guidé par d’anciens tranfumpts,
durent pour l’ordinaire être extrêmement fautives. De-la tant
de pièces rejetées , flétries : pareeque leurs originaux nau-
roient pas manqué de l’être ; s’ils leureuflent été contormes.
Mais lorfqu’ils ont vu le jour ; l’honneur de ces pièces a été
faut foutent beaucoup moins .pour tout
déranger. "Encore une fois , fi un anti
onaireaulTi habile que D. Mabillon , hé-
(ite & même bronche quelquefois dans
la leaiire dune charte romaine -, que peut-
•u'atendre de comftcs poftérienrsau ix'.
(i) H>Jl. ii Lu»- • lorfqu’ilsTont tombés fur des mo-
pud. i. i.Prtifvti llùmens '"'"Vw
« sQ ( 1 ) Avmetie de Peyrar abbé de Moif-
' ' - factranfenvit au XIV'. fiècle undiplome
acordé l'an 845. en faveur de fon roO-
rallére pat Pépin II. roi d’Aquitame.
Mars il avoue qu'il étoit dificilc à lire .
atendu que récriture éroit très-ancienne.'
C'eft probablement de cette dificulté que
nailfent certaines fautes d'écriture , qu on
remarque dans les copies de ce diplôme.
Le nom de pnitn pont fropmier donnf
à Louis le débonaire , poutoic bien être’
de ce nombre. D. Vaiircttc (t) fouoent,
cependant qu’en rigueur la dénomina-
tion de fntUoT a pu être attibuée au'
grand-père , Sc qu'on ne voit tien d’ail-_
leurs dans ce diplôme, dont 00 n a plus
l'original , qni ne convienne au ftyle de
ceux des autres toit de la féconde race. ^
rétabli :
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DE diplomatique. 417
parcequ’ils ne reflembloienc point aux copies inftdcles , qu’on
en avoir tirées , faute de les fa voir bien lire. Au contraire la
perte des autographes a fouvent entraîné celle de leur répu- chaJ. vui.
cation } fans que l’infidélité des copies préfumée , mais non
démontrée ait fait fufpendre des jugemens trop fëvcres ou
trop précipités. C’en eft alTez fur la dificulté de lire les mlT.
& les diplômes : voyons maincenatu , quel fut le fort de
récriture.
II. Tous les peuples policés eftimèrent l’art d’écrire. Les L-jn j-écrire ef.
Grecs & les Romains regardoient , conune idiots & rulli- tim^ desRomftint:
Sues , les honunes , qui l’ignoroienc. Ils ne négligeoienc pas '« ^*n«carssc icc
e le faire aprendre a leurs efclaves , à ceux memes , dont vmtri«b>tbar«
ils ne prétendoient pas orner refpric de diverfes conoilTances. le négligeât, pu
Les Romains non contens de s’être déchargés lur eux du ***
foin d’écrire en notes ; leur firent exercer une paitie des Utuén ^ ”
fondions de notaires ; avant qu’elles fûlTent érigées en char-
ges publiques. Ce furent des notaires afranchis, qui formè-
rent une icience réglée des abréviations Sc des notes , au-
paravant livrées au caprice de ch^ue écrivain , comme elles
le font encore aujourdui. Ils drellerenc d’amples recueils de
celles , dont on étoic en polTelIion : ils en invencèrenc de
nouvelles , Sc les réduilircnc par clalTes. C’étoic parmi les ef-
claves , que les Romaim crouvoient des copiftes , capables
de recueillir les difeours privés ou publics , avec quelque ra-
pidité qu’ils fuffenc didés ou prononcés. Les Grecs les ape-
k>ient tachygraphes , 6c (i) calligraphes , ceux donc l’once
étoic de mettre au net les minutes. Mais fouvent ces deux
emplois étoient réunis dans la même perfbne.
Si les Romains abandonoient ordituirement aux efclaves
remploi de copifles ; ij^ n’en avoienc pas moins d’eftimepouc
rare d’écrire. Us faifoient gloire de s’y apliquer , & plus en-
core d’en tirer parti «pour les compofitions , qu’ils médi-
toient. Ils écrivoienc fouvent leurs lettres de leur propre
main. Les empereurs memes ne s’en difpenfoienc pas tou-
jours. 'Plus de deux cents ans avant J. C. les femmes (a) fa- («) f/n-
voienc écrire. Celles qui n’avoienc pas le calent de le faire '•
v.'S"- - T*
(1) Le nchygraphe des Gttei dcaic le I des premiers l'anriqaaire , le libraire Sc
■otaiie des Romains , & le calbgtaphe | quel^ue/bii le feribe de ceux-ci.
Tonte II. U g g '
by GoogU
4i8 nouveau traité
avec grâce , ne (i) lailloienr pas de s’en tirer comme elles
pouvoienc. Quintilien (a) ferable fe plaindre , que de fon
rems on le négligeoit , non pas jufqu’à dédaigner d’aprendre
à écrire ; mais jui'qu’à ne pas fe foucier de le faire avec élé-
gance & promptitude. L’empereur Carin eft blâmé par Vo-
pifque d’avoir porté le dégoût pour l’ccriture , jufqu’à fe dé-
charger fur un fubalterne du foin de contrefaire fa main ,
dans les refcrits &: dépêches , où fa fignature devoir paroitre.
Lorfque l’empire romain fubfifloit encore , dans toute fa
fplendeur ; l’eftime , que les barbares faifoient des Romains ,
réjaillilToit fur leurs mœurs , leurs arts, leurs ulàges. Mais
quand ils les virent domptés & détruits par des hommes fans
lavoir ; comme ils n’apercevoient rien , qui mît plus de di-
férence entre eux & les Romains , que les arts & les Icien-
ces \ il» fe fimrèrent , que les lettres énervoient le courage ,
&c qu’il ne moit pas chercher d'autre caulê de la chute des
Céfars , du renverfement de Rome , & des viûoires conti-
nuelles , remportées par les peuples incultes & grolliers du
Nord fur les Romains , polis &c cultivés par les lettres. Pré-
venus de ces fâulTes (i) idées ,ils n’avoiait garde de s’apliquet
(i) Les mauTaifcs écritures rareot de
tous les ficelés. Elles ne décrient que
^euz,iOÙ elles (ont famiiiérçt aux pcrlô-
ncs , qui par état devroient U mieux
écrire. Qu'une femme trahit des Kgaesü
peu droites , que les teioes ütaiStfeiK
montées les unes Ak kl atiuca , St sn-
cées de la pâte d'une PMk ; qu'i) ülfit
■ne fybille ponrlâs^éaÉfimrxVd ne doit
pas conclure de siwrtlIfiiwiiMéePIm-
H;Hc#cure fit fort
.^«lîe avoit cou-
roite 4t bien fot-
urefois des mains
telles étoient pour
fommes. Au refte
I entendre les ex-
ùque de toute au
I cuiAve romaine.
Ilufion à fa forme.
CS font cpmmuné-
^■esit apuyéet , 8c pour ainfî dire , en-
sdfo les unes fut les autres. Telles font
8c le e , mais furtout Te 8c Ics..ÿ3ni
parler de celles , qui IcurfcsTeaii debafot
en bien plus granl nombre. Sur la fin du
vil', lieck 8c veisk commencement du
TiiiVlealigDei dea éciimics métovin-
gieones,ile celles même des diplômes
royau, font afin fo jettes à monter 8e à
éastaâit. On en voit aulG de peu droi-
tes, dans quelques diplômes du roiEude,
malgré les lignes blanches , tirées ex-
près , pour t^ler l'écriture. Mais en fait
de mauvaife écriture , vit-on jamais rien
de pljs déceilabic , que les pics de moo-
chc du xv'. fiécle , les tirades di) xri* ,
Si le étirage de nos fergens >
(i) lu oc concevoieot ika de plus
beau , qu'une bravoure ayet^le. Se ren-
dre redoutable à font k monde , piller
impunément fcsvoéfiall c’écoit là , félon
eux , k comble Üsk grandeur, lafource
de la vraie illilfoàtion , de la gloire 8t dn
mérita. ’ ^ manière d'enviAcer- les
fciencaa J le celle de M. RooMau de
(Senève n'éroient pas fort dilérentes. Mais
iUfeferoient crus dégénérés en Romains;
s'ils avoient fo , comme toi , plaider la
caufo de Tignoiance. ^ ’
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DE DIPLOMATIQUE. 419
à l’étude. Et pour ne point s’expofer à la tentation de fe
palTioner pour elle ; ils s’en fermoient pour toujours la
pone , en ne voulant pas même foufrir , que leurs enfans
aprilTent à lire ôc à écrire.
III. Rien alors de plus ordinaire , que de voir des grands
& des princes , incapables de mettre leur nom par écrit.
Théodoric roi des Oftrogots , quoiqu’élévé à la cour de
Conftantinople , ne le favoit pas. Il faloit bien que le roi Ibn
père eût à cet égard notifié fes intentions. Sans cela l’éduca-
tion d’un jeune prince de dix ans , donné en otage à l’empe-
reur Léon, auroit-elle été négligée , jufqu’à fi) ne pas le
rendre capable d’écrire fon nom î Mais ce qui fait bien voir ,
que c’étoit une ignorance afeûée &r par goût de nation : c’eft
que Théodoric lui-mcme devenu fouverain de l’Italie , ne
permettoit {a) pas à fes Gots de fréquenter les écoles des
anciens habitans du pats. Les principaux d’entre les Goths
indignés , de ce que Amalafunte faifoit étudier fon fils Atha-
laric , fuccefleur de Théodoric , s’en plaignirent , comme de
la chofe du monde la plus opofée aux mœurs d’une nation
belliqueufe.
L’empereur Juftin , Thrace d’origine , & de baffe naiffance,
ne favoit ni lire ni écrire. Sa condition , fa patrie demi-bar-
bare , & depuis loi^ tems en proie aux peuples du Nord ,
3ui l’étolent toutafait , rend moins furprenante l’ignorance
’un empereur, qui' d’ailleurs avoit commencé par le métier
de fimple foldat.
Nos rois Francs ne parurent pas d’abord plus afeâionés
aux lettres , que les Goths ; quoiqu’ils en fùflent moins en-
nemis. Quelque fuperficiel que fut le favoit de (t) Chilpéric}
( I ) La politique des Romains , depuis
funouc qu'ils fe furent mdiamorpbofés en
Grecs , alla bien jufqu'à cacher foigneu-
femenr à leurs voifios les feccecs de leur
Taâiqne ; mais Loin de leur faire un myf-
tère de rare d'dcrire ; ils auroient cru
adoucir utilement pour eus mêmes la
férocité des barbares , s'ils avoient pu
leur communiquer leur goût pour l'étude
& pour les fcienccs,
(i) ebilpérie fut le premier de nos
rois, qui eut quelque ceinture des fciences
& des belles lettres. Pencécre , fût-il aulG
le premier de ceux 'qui ffurent vérita-
blement écrire. Depuis lui , les rois mé-
rovingiens , ou du moins la plupart d'en-
tre eux ne l'ignorèrent pas. Nous ne
voyons meme , que des rois enfans , fur
qui puilTe tomber cette ignoranec. Mais
on ne peut dire , qu'elle ait toujours
duré ; ü ce n'eft rjo'ils n'aient pas alTez
vécu , pour aquétit la difpoGtion con-
traire.
G ggij
II. PARTIE.
S E c T. III.
Chap. VIII.
Rcms , reines, em-'
pctcurs.quinefa-
voient pas écrire.
Charlemagne >é-
toit-il de ee nom-
bre ! Autres rois ,
princes, & grands,
a qui l'art d'écrire
fut toujours inoo-
nu. '
(a) Prere*. it Bef-
hgtlh, I. l.t. 1.
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410 NOUVEAU TRAITÉ
^SSSSSSSST QU |g regarda comme quelque choie de rare. Depuis lui tott-
^ tefois les exemples de rois & de reines , qui ne pouvoienc
Chap! viii. pîis feulement écrire leur nom , devinrent moins fréquens.
(m) Dt rtMpUm. On cn connoit cependant plulieurs. Tels ( i ) font (a) Clovis U.
t. iio. )7(. é- Clùlderic (i) II. & Clovis III : telles font Nanthilde , Ba-
jtff.6o6.&6ot. Clotilde mère de Clovis III.
Sur la lin de la dynaftie des Mérovingiens, les lecoulTes ter-
ribles dont l’état fut agité , achevèrent de détruire le peu de
goût , qu’on avoit repris pour les lettres. Les chefs de la race
des Carlovingiens ne l'avoient |>as écrire. C’eft au moins ce
qu’on peut dire de Pépin le bref & de Carloman. Charlema-
(f) Vifctpi. I . gne ( a J lui-méme ne l’avoit pas apris d’enfmce. Les tentatives ,
(J) Hifi. ittttn- fl) Le P. Getmoa {e) & M. Ragoei O. Mabillon ioclinoit poor «Ile , de ce
fm t» difUm. (d) eotaflent citation fur citation , pont oii'il fait commencer (oas ce roi l’ulàge
/. itt.&fiûv. prouver , qoe CIotu U , c'eft-à-dire un Jet monogrammes. Il aurait pu s’auto-
(e) FUuri hifi. enfant de quatre ans , (aToit derite & ft- tifer d'un teite bien plus précis , où le
I. f. I. 44. gner. Mais toutes ces piétendues ligna- célèbre Bénédiélio (<) le croit apuyé d'E-
f. 471. L*Blmc , turcs ne font que de purs inonogrames , giohart , pont avancer , qu'un prince
Traité d4j mai. faits lôit avec des ellampilles , (oit avec o un lî vafte génie & d'une li gtanJe érn-
f. fo. FaUMHini des tablettes percées , dans les ouvettn- dition , ne favoit pouttaiu pas mettre
Vindit dift.f, 170. res dcfqucllcson faifoit paiTer le calamus, fon nom pat écrit. Le doéle marquis s'é-
if) Angi^» juin- en tenant la main du jeune prince. lève contre Lambccius Sc le P. Pagi ; pat-
hif- (i) PInficuts 'auteurs ont mis en pto- cequ'iltont, félon lui, prétendu nire
laÎM Admm» à blême , s’il favoit écrite. Les uns ont té- condller dans la fôtmation des grandes
Zsjnd». — N«v« pondu (a) négativement : les autres ont lettres , donc on ufe i la chancellerie ,
aS» trudil. Ncv. (j) Ibutenn l'afinnative : d’autres en plus l'écricuK , à laquelle Charlemagne avoit
17)7. grand nombre dilêne , qu’il ne put jamais dfayé d’acoutumet fa main , fans pou-
(2) Dr Imtiu U- parvenir à peindre les Maux caraélères , voir y réullïr. Les expeeflions de Lam-
»’». in Gt>m*nid sels qu'étoient les majufcules , nlïtés Ibit bécius (é) femblent n’avoir pour but ,
fmiit. ).p. il. dans les mil', foit à la chancellerie ; qu’il que les lettres hilVotiécs. Eginnart auroit
(h) l'rrrna iUuf- étoit néanmoins capable de tracer ceux Jonc plutôt refufé à Châtie 1a qualité de
tram. al. ))7. de récriture ordinaire. Celle i laquelle peintre, que celle d’écrivain Mais qui
{i) Dt rt dipUm. il s'apliqua fans fuccès , n’étoic autre , croira, qu'un (/) Ir grand roi ait perdu
famltm.f. 10. au fentiment de (f) Burchatd , que l’an- le tons i peindre de belles tnajafeu-
(k) BtUiuh. C*- cienne germanique , donc la forme grof- les! M. Baudcloc étoit pourtant li en-
fur. lit. s. c. f. lière & tullique ne mériioic pas , qu’un chantédecettemanièted’expliquecEgin-
p. X <) . a (4. fi bon elptic prit tant de peine , pour ne hatc , que pour la faire triompher de tou-
(l) EckhuriRtrum rien aprendre. Les dificultés qui , rélati- tes les antres , if propolë lèrieuremcnc
Franc. l.l.Uh.14. vement à l'aquifition de l’an d’écrire , (nr) de cfaannr Ion fcrAtn en fingnt,
f. 48 t. arètèrent les progrès de Chatlemagne , te fi'tr/rM en irneaninasù. Qui pouroit Ibu-
(«) De Tatiltti Frautzius dans (à vie les réduit à n’a- tenir paceille licence, fous prétexte de
du vtyafti. t. 1. voir pu rendre exaélemcnc pardesima- corteâion !
f. yx8. gesles mouvemens des allres. L'aplica- M. Maliéi eftd Ibn tour combatu par
(n) BMab. tmi- non du monarqiK eut tout no autre ob- (a) Don Nallâre. Ce dernier lui repr»-
vcrfal. fnUgt fit. jet, aux termes d’Eginhart , qui ncdillï- che , ainfi qu’à D. Mabillon de ne pas
xxxiii.'ÿ’. muk pas fon ardeur pont l'aKronomie. entendre ^inhatt. Heoman («} n’efl pas
(«) Canmau. di M. Mafféi non content de fe (h) déclarer moins petimulé , qu’on ne le comprend
r» diplim. caf. 1. pour la première ooinioo , conclut que pas , quand on cerndut de fes paroles,
$. <s.p. JI8,
: CoogL
DE" diplomatique; 411
qu’il fit , dans un âge plus avancé , pour façdner fa main à
l’écriture , &c le peu de fucccs de les éforts , le prouvent
afTez.
La meme ignorance avoir cours en Angleterre , &: les rois
anglo'faxons n’en étoient pasexemts. \Tithred ,quiregnoic
fur la fin du VI i‘. fiècle Sc le commencement du vi 1 1 , ne
II. PARTIE
SlCT. III.
Cna». vin.
oae Charlemagne ne faToit pas écrite. Il
uut , à foa avis ; les caftrcùulre à la
belle écriture des ôlligraphes. C'ell aufli
le parti , que prennent O. Riret , D. Bon-
«juet , Jean - George Eckbart , d'après
SchmincJt. Le P. Loogueral (») inter-
prète de même la prétendue incapacité
de cet empereur. » 11 s'agUToit »aram-
s ment , dit il , de l'écriture , dont on
» fe Tervoit , pour tranferire les livres ,
K & c|ui étoit diférentc de l'éccitute
» uruclle. D’aillcuts on conferve , A ci
•Mlu'ON caoiT, les originaux de plu-
90 lîcurs chartes , où Charlemagne a (ouf-
» cric de Ta propre main par un mono-
» gramme , donc les lettres , qui com-
M pofenc l'on nom . fom très-bien for-
9> titées. " Nous palTons ce monograme ,
Îiue le r. Longueval a foin de faire repré-
euter : quoiqu'on bon Hardouinifte , il
ne crût pas , qu'on ait aujonrdui les ori-
ginaux d'après lefqucis il ell tiré. Mais
qui ne le prendra pour un grand anti-
quaire , quand il prouve , qu'un prince
UToic écrire : pareeque les lettres , qui
compolbient le monograme de fon nom ,
étoient bien formées ? Comme C elles
n'avoient pas été tantôt imprimées avec
des cRampilIcs , tantôt tracées au tra-
vers de cablccrcs percées , untôt formées
de la main des Iccrétaircs 1 C'eft ce qnc
nous ne carderons pas d'eipofer en peu
de mors , en accitdanc , que nous trai-
tions des monogrames.
Si notre fencimcnc pouvoit être de
quelque poids ; pour concilier ceux de
une de grands hommes , autant qu'il cH
poflible^ noos acorderions û D. Mabil-
lon , qsn cems , ou Charlemagne in-
troduint Tulage des monogrames) il ne
lâvoit pas encore éenre. Nous ajoute-
lions , qu'aptès l'avoir aprts , il ne fe dé-
partit jamais de fa pcemiéte (afon de (i
sner. Nous ne voyons . dans la vie de (t)
Châtie pat Eginhan , ni cctcc ignoiasce
toule de l'art d'écrire , ni cette tapa*
cité pour une fone <récticacc , à l'ex- ..
clulion des autres , que plulîeuts lui arri-
buent. En un mot il favoic écrire, mais
il ne devint jamais habile dans cet art,
CcA , ce fcroble , tout ce qu'on peut ira-
féret de ce texte ! (5* Jeriktrt .
tahidafijue ^ cciieilUt ad htc in ItHula W yj
fui ctrviealiiia chrcnmftrtt fdibat , ut »I-
CM» vaemm ttmfut tjftt , «Msiun tjf-
jùndit littris ajftufactrn : fed farim fnc-
ctffit laior prtftjitrut ae ftrb incheauu.
S'il rriloit quelque doute , il feroic té-
folu par un autre pallâge do même au-
teur. 11 y eft (f) expreflément porté , (r) ». ay;
qu'il xcaiviT (c qu'il aprit par ctrur les
vieilles chanfons barbares , où l'on cé-
lébroit les exploits & les guerres des an-
ciens rois : iariar» ÿ atui^uijpma car-
mina , jtùiui vtttrttm rtftim aSut ac
Mla cantianittr , ferit/û. Ce qu'il fit pat
lui-méme pour la (d) correâion des li- [J) flu.
vrcs, fupofe audl , qu'il favoit écrire. ». 4.». J7Ô. 40?!
Lambéctus (r) atelle , que dans la bi- 410. ’ ’
bliochèque impériale , on conferve un (,) Ui,Z.p^ati
mf. corrigé de fa propre main. Mais ce
qui paroit encore plus décilîf : un con-
cile tenu à Fifmcs , au diocèfe de Reims,
& dont on croit les aâcs drelTcs par le
fameux Hincmar,pone que Charlema-
gne avoir au chevet de Ibn lit des ta-
blettes avec an ftylcc . qu'il y marquoic
fes réiléxioDS-lcs plus avancageufes au
bien de l'églife & de l'état , St qu'il les
comrouaiquoit enfuice à fon conlëil. Le
(àiteftapuye fut le raporc de témoins ocu-
laires , ai illif audmt , ftù iainfiurmt.
Eckhatt fait célébrer ce concile , qu'on
apelc afud fanSamMarram, fous Cnarle
le chauve. D'autres le fixent i l'an 18 1.
Quoiqu'il en foit : ce témoignage peut
fervit de commentaire au texte d'Egin-
harc. Il fera donc redreinc à une écriture,
ni belle ni hardie , te non i l'ioipiiüiuicc
' d'écrire.
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II. PARTIE.
Sect. III.
Ch*p. VIII,
( ») Spilmun.
Cmcil.i.i.f.19}-
ij8.
(b) Mareptl. S*-
lifi. t. l.f. Ii|.
(f) Annal. Be-
nti.t. *
(J) Flturi. (, XI.
f. 197. 19*.
(e) Mém.ponrftr-
vir à l'hifl. deBret.
I, t.frt/ /.TI U.
4,7,2,. N P U VE AV J TA A ï T É :
(kvoit (a) pas ligner fou nom* A peine Taflilon, duc de Ba-
vière en (6) pouvoit-il former -les premières lettres, Herbaud
comte du facré palais , & par conféquent le chef de la juf,
çice de l’empire en 874.- étoit (c) encore moins habile. Plu-
fieurs R4PWS feigneurs d’Allemagne fe trouvoient (i) dans
ie .mèipp.-cftî*. Quoiqu’on Orient l’art d’écrire fût plus cul-
tivé, on y vit un Baille (d) le macédonien augmenter le nom-
bre dés' princes incapables de figner un aéle dans toutes les
formes.
» L’ignorance , qui {e) regnoit dans le ix'. ficelé (i) 6c
.. les fuivans , dit D. Hyacinthe Morice , étoit fi grande ,
» que les laïques ne favoient pas même écrire leurs noms. «
Ce mal empira , durant (}) les x. xi. 6c xi i. Guillaume le
( f) Beliquit mjf.
tir diflom. /. i.
frtf.f, Jl. 9}.
t- 9i-
'(>>) Pv- 74.
(i) Il ne faut pas douccrjdic (/ Ludevig
qu'il n'y ait eu des empereurs , qui ne
favoient point deri e : puifquc les prin-
ces mêmes s'avoienc pas honte daieller
leur ignorance dans les diplômes , par
cetie formule fclenncllc : ^nia liiitras
nefeiff î earaSertt pingert ignore i praprer
ifmrantiam litltranim : k en alleman ;
Pf^tUith fchreibtns nner fahren. Cepen-
dant tela ne doit pas s'étendre , conii-
nue Ludevig , à un lî grand nombre.
D'ailleurs ceux qui ne favoient pas écrire,
imprimoienr leur nom avec des eflam-
pes de bois on de cuivre , ou bien diii-
geoienc , au travers de lames percées ,
les mouvemens de la plume. Ils fu-
pléoienc encore à leur ignorance par des
marques ; que nous apelons handfemcrk,
handxjtirbtn par des croix , par des figu-
res monlbrneufcs. Enfin les témoins , les
dates , les fceaux , les chanceliers , les
chapelains ou les notaires fufilbient pour
revêtir les chartes de toute rauthenri-
eité , qu'on exigeoit alors. Ainfi l’on ne
peut rien conclure de là contre la mul-
dtude, ni contre la finc^ld de ces pièces.
(1) Il n’en faut |«Mnmt pas iufércr,
que cette ignorao<*'5’^tendit à tous les
laïques , mais ftulement à leur très-
grand norabte. ^ous en voyons encore
alors quelqucà'ons figner des diplômes s
non feateaKnc en Italie, où ccc.ufage
fe b(eo plus long teins , mais
»énrf«irtaoce.
(?) L'illullre auteur du Nenvel abrégé
chranelegiqne it thifteire (g) de France
n'en dit peutètte pas alTez : locfqu’au x'.
iiècle il repréfente Vignerance comme Je
prefondt, qui peine tes rois , les princes
à" les feigaears , encore moins le peuple [a-
voiens lire : mais n’en dit il pas un peu
trop J quand il ajoute , qu'r/j conoifoient
leurs pogejfsons par tufage , {j. n’avoient
garde de les fousenir par des sitres : puif-
, qu ils igneroientCuf âge de e écriture ! Sur
l'année 919. il avoit déjà dit tlo’,-
jinijfent tes r apitulaires (h) de nos rois.’
Les plus anciens litres , dont nous a^ens
conoigance depuis , ne commencent qu'A
Louis le gros , à tan i loo. encort
jufquà S. Louis , g ton en excepte tor-
donanee de Thilippe augufie de tan 1190.
et ne font ^ue ehanei particuliires acer-
déesàdes eglifes f^c. i”. Les exceptions
,à l'ignorance générale s'étendaient alors
fi rarement aux feigneurs , qu'il n'étoit
pas Bécefiâirc d’y recourir en leur fa-
veur. a”. Quoique prcfriue aucun laïque
ne lût écrire ; on ne lailfoit pas de fou-
tenir fouvent fes polTeflîons pat des ti-
tres antérieurs au x'. Iiècle. Il y a plus s
malgré les divers moyens prafiqués ,
■pour fe difpenfcr de drelTcc des aâes ;
la coutume k lesloix memes obligeoicnc
I de fe faire expédier des chartes en di-
lîférentes ocafions. L’obligation étroite
I; ccllânt; les plus fages ne lailToicnt pas
I de donner la préftrcnce aux titres fur les
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DE DIPLOMATIQUE; 4ij
-onquérant , tout amateur des favans &: tout gr^d monar-
^ue qu’il fût , ne fe diftingnolt point par cet endroit. Phi-
lippe I. fon feigneur fuzerain , quoique fon inférieur à di,
vers égards , n’étoit , à celui-ci , que fon égal. Les xi. fie
XII*. liccles ont néanmoins eu deux rois de France lettrés,
Robert fie Louis le jeune : mais alors dificilement trouvoit-
on (i) quelque homme , qui ne fut pas d’cglilê, fie qui lut
écrire.
IV. On n’eft pas étoné de voir des laïques ignorer l’art
d’écrire ; furtout depuis que la barbarie eut couvert la face
de la terre. Que des écléliaftiquâs ne l’aient pas fu , qu’ils
l’aient déclaré nettement ; c’eft ce que certains écrivains
de nos jours , qui jugent des mœurs antiques par les nôtres ,
ne fauroient digérer. Quelle fera donc leur furprilê , lorf-
qu’en Occident , comme en Orient , on leur prouvera ces
uits par des exemples antérieurs à l’inondation des barbares ,
fie contemporains aux liècles les plusfloriflans de l’empire de
Conffantinople ? Que répliquer , quand on leur fera voir en
411. à la conférence de (a) Carthage un eveque , par pure^
lymbolcs dlnvcnicurc & les esntrats non
écrits. Dès le x*. (i^cle , ü mode fort
acrfditde (b) des notices hinorkjues, dtef-
tées avec des formalités plus ou moins
fbleooetles , prouve alTcz , qu'on n’ai-
moir pas à s'en tenir à des conventions
ou donations verbales , quoiqu’en pré
fence de témoins. Enfin on nombre ttes-
conlîdérable de (r) chartes , dont les
originaux fubfillcnt encore , ou tirées de
cartulaires des x. & x t. (iécics , pour ne
lien dite des fuivans , ate/lent , qu'on ne
difeontinua jamais de Ibutenir fci polTef-
£ons par des titres.
1/ fenh (d) emtrmirt mx
Uftùnt Ut flut ctmmmut tU ermt fu' il ny
Mit ptint tu dt titrtt dtftùt ftf.ju/qu'i
tint 1100. Ce ne fût jamais la pcnléc
de l'illulfre auteur i nous en Tommes cer-
•aiiwpat Ton propre témoignage. Il palTc
fl rapidement des capitulaires de nos rois
i ce cju'it apdtc les anciens titres , de
seux-ci aux onimaoces , & de ces det-
meres aux chartes , qu'on a lieu de juger
qu'il n'a pas prétendu aprofondiria'ma-
ttère ; aullï pourrit-on dire qu’il en étoir
en quelque fone difpeofé par 1a nature
meme de Ton ouvrage. N'exigeons pas
d'un fâvant hifloricn , qui Te propoTc uni-
quement d'ofrir des vues générales, qu’il
parle avec la précifion , qu'on a droit d'a-
tendre d'un diirerratcur , qui o'embradè
qu'un point particulier.
( I ) Sur la fin du X 1 1 r‘. ficcle Tart d’é-
crire commen^oit à reprendre faveur par-
mi les laïques Cependant M. de Valbo-*
nais (e) nous aprend qu'il éroit encore
fort rare de vi>ir des perTones, qui TçuT-
Teiir lire Sc écrire. » De huit témoins ,
» qui furent préTcns à l'ouverture du tef-
» rament de Guillaume de Beauvoir , il
» y en avoir cinq , qui ne Tavoient pas
» écrire , & qui s'en rcmitcntà une main
» étrangère , pour la Toufeription de leur
» nom. « C’étoit en 1 177. Au commen-
cement de ce ficcle , peutétre ne s'en
Teroit il pas trouvé un , qui pût TouTcrire.
On comprend bien, que nous ne parlons
ni des écléfiaftiques ni des juges le no-
taires laïques , qni commenfoient à être
dillingués des vrais clercs ; quoique ceux-
ci czeryalTcnc encore allez mquemment
tes fboéHons des uns te autres.
1 1. ^A;RTIE,
Se c t. III.
Chup. VIII,
EcIéfiaAiques 7
qui ne Tavoient
pas écrire, ou qui
ne daignoiem pa»
figner.
(u) CoUmI, die t.
t. 13 }.
(b) V, aetrt i. /.
part. I. M,
eh. 5.
(e) V. les rteutih
de U. BmIwu, det
Pires Dmeheri ,
Marthse Dtt-
russd , U tèvr*
dt U DipUmati-
i*. terne eU
Phifteire ftstérisU
de LMafutdtc,éf‘ le
P*, des H^erietu
dt FrMUct,rtciseH-
liî pur D. Bem^uet
&c,
(d) Letir. de It,
U Prtfsdestt Ht-
StMUlt.
(•) Hèfi.dtDeun
fhisté.t. z.f. aaS.
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II. PARTIE,
Se c T. III.
Ch A f. Vm.
(a) LaU« cuuil.
(h)A0.
?}•
(t) cmcil.
(4)
(#) Fulitri. Cmt-
tiH- ep. II.
B. J. «O*
Etoit-il d’ofage
de faite dans les
afles publics Si
priTét on ayen fo-
Icnncl de (bn in-
capacité d'fcrire i
Biplomesdiféieosj
414 NOUVEAU TRAITÉ
incapacité , hors d’état d’écrire fon nom ; deux prélats re-
vêtus de la meme dignité dans le conciliabule d’Ephèfe , ne
pouvoir figner : plus de quarante évêques au concile de Cal-
cédoine , réduits (a) à figner par les mains d’autres évêques
ou recourir a celles de leurs prêtres ou de leurs diacres.
Si des évêques obligés d’atefter par leurs fignatures les
aftes des conciles généraux , auxquels ils étoient députés ,
s’en déchargèrent uir des mains étrangères ; on n’exigea pas
des abbés , des prêtres & des clercs , qu’ils fignafifent tou-
jours par eux-mêmes. Le concile fous Menas {t) nous fait
conoitre deux fupérieurs de monaftères , dont la capacité n’a-
loit pas , jufqu’à favoir mettre leur nom au bas d’un aéle.’
Plufieurs des moines (i) d’Orient , oui préfentèrent (c) con-
tre Sévère une requête à ce patriarche , quoique archiman-
drites ou fupérieurs de monaftères > Sc même prêtres , fc
virent par le même motif dans la néceflité de la faire fouf-
crlre en leur nom. De ce nombre fut Sabbatius , prêtre 6c
fupérieur du monaftère d’Hypace, Nous ne parlerons point
d’un Gratien foudiacre , qui ne put mettre fon nom à la cé-
lèbre charte de Ravenne , publiée 6c figurée dans le fuplé-
ment à la Diplomatique de D. Mabillon. S. Bénoit n’exi-
geoit pas, qu’on fût {d) écrire, pour faire profelfion de fa
règle. Tous les moines ne le favoient («) pas encore , au
commencement du xi'. fiècle.
Mais il étoit réfervé au moyen âge de ne pas vouloir pren-
dre la peine de figner , (bit qu'on lut écrire , ou qu on ne le
fût pas. Les écléfiaftiqucs 6c les évêques mêmes n’ont que
trop fouvent copié les moeurs féculicres , dans des chofes
beaucoup plus importantes. L’ufage introduit par nos rois
carlovingiens de ne plus faire de fignatures ordinaires , ne
pouvoir donc manquer d’avoir bien des imitateurs , même
parmi les évêques 6c les abbés. On peut en voir des exem-
ples dans la (j) Diplomatique de D. Mabillon.
V. Quoiqu’il y ait eu des peuples a(Tez barbares , pour fe
lailTer prévenir contre l’art d’écrire ; nous ne voyons per-
fone , qui fe foit glorifié de cette ignorance j lorlqu’il s’a-
gilïbit de fouferire quelque afte , auquel il étoit intérelTé.
Mais (bit humilité , foit foumilTion aux loix , foit diférence
■I ' Dnfn rntftoce AU mouu fept , doiu«ioEl<Jues->ins ftoient pr£ctcs,
de
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DÊ DIPLOMATIQUE.
41J
de mœurs & de coutumes ; l’aveu de cette impuiflance cou- *^^****—
toit peu : ou s’il coûtoit quelque chofe à l’amour propre,
on favoit le facriüer de bonne grâce. La franchife de ces chà?. viii.
bons vieux tems paroit incroyable aux Germons , aux (a) oi u Cgnaturc de$
Raguets &c à leurs partifans. Quand Clovis IL &c la reine roi«mfrovingiein
Nanthilde fa mère n’auroient pas fu écrire ; ils ne de-
voient pas , à les entendre , faire (c) parade d'une ignorance
Jî extraordinaire dans un acfe public. Qu’étoit-il befoin , que ufl,p ,','9.
des rois s’excufaflent de foufcrire ; lorfque ("i) leur fignature nfctpt,
•• 1.^ 141. 145.
(i) La preuve , <jnc la (îenature des
rois inutile à la validité des diplô-
mes : c'cfl (]uc D. Mabillon a publié
treize pricefuet ou pUids , tous tirés fur
les origioauz » tous de rois ntérovingiens,
où ils ne lignent pas : 8c cependant ils
n’en font point d'ezeure. Mais il ne faut
cjue deux obfsivarions , pour réfoudre
la diHculté. 1 Les anciens plmids lonc
des aréts , où Ion renferme les jugemens
prononcés , fur des procès difeutés en
préfence du roi & de les principaux mi-
nillres. Janaais roi mérovingien ne les
ligna : feulemenc il les failoit vérifier
par un de Tes référendaires > fous la clau-
Tc rtcogntvit. Or fur les treize diplômes
cités par le P. Germon « neuf font des
fl»idsy Ils en porrent le titre. Tels font
les II. t;. 16. 19. XX. if. 17. il. )i.
Au 15*. nommément alégué par le Jé-
fuitc, comme non fouferit , quoique fî«
gné du roi dans toutes Ica formes , nous
fublUtuoDS le qui ne Tcft pas , 6t
qu'il aura voulu indiquer. Aces neuf di-
plômes , il faut encore joindre le 14 ,
jnal à'propos intitulé prér«pre dans la Di-
plomatique. Et qu'on ne nous opofe pas
le io‘.« diplôme , portant le titre de pU-
àstan , & toutefois figné par le roi
Thieni III. Cell encore un titre démen-
ti, par le teitc , qui fe qualifie lui-mcmc
une fois préetpte & deux Ibis Mutthé.
AuITi , loin de l'objeâer , le P. Germon
n’en tire-c-il aucun avantage. Il n'éroic
pas homme à prévenir la réponfe à fes
objeébons, quand meme il i’auroit pre-
vue : & il ne pouvott , fans la prévenir ,
Aire valoir ccnc inftance. U ne relie
donc plus que trois préceptes non fouf-
crics* Mais 1^. diflingucz-ca de deux
Tome II.
fortes , fans préjudice des ancres diflinc-
rions , qui ne fout rien à notre fujet. Les
uns conciennent des donations , rellitu-
rions ou cooBrraattons de cous les biens
d'une églife ou feulement de quelque
fond coofidérable de donation royale.
Ces préceptes font toujours lignés du roi
mérovingien & d'un de fes référendaires.
Les autres fe bornent à des immunités oa
bien à des confirmations d'ezemptions ou
de péages. Ceux-ci ne font point (ignés
durant le v x t fiècle , & pas même con-
flamment au vi 1 1^. Ils font plutôt apc-
lés ordonances urdenutio , que préceptes.
C'cfl ainli que fe nomment les diplômes
II. 17. ji.alégués parle P. Germon,
lis confirment uniquement des immuni-
tés de péages. Le ix. n'efl non plus
qu'une exemption des droits , que per-
cevoir le roi liir les navires Ôc charois. Ils
ne dévoient donc pas être fouferiesde fa
main. Le diplôme aeufé par le P. Germon
n'efi évidemment pas un arét. C'eft un
précepte . mais non du nombre de ceux ,
qui ne font qu'acorder des exemptions de
péages , ou meme que tes confirmer. Oo
peut douter fi ce n'cfl pas une véritable
donation, ou du moins l'ampliation d’une
concelTion précédente. Contentons-nous
de renvifager , comme la cor^rmation
d'un diplôme de Dagobert , par lequel il
donnoic une terre. Cen étoit affez ,
pour que fa confirmation dût être figoée
& du jeune roi & de fa mère. S'ils oc le
faifoicnc pas. il faloic dire pourquoi : leur
exeufe les dirpenfoit de la fouferipcioa
ordinaire aux rois mérovingiens , & 00a
pas de quelqu'une des fignatures de ceux ,
qui ne (avoienc pas écrire. Auffî la pièce
m-cUe fignée par des monogrames. tes
Hhh
(r) 1. fttpltm* À
U dtfmfi dê S.
Ou€n. p. 17.
* ^
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NOUVEAU TRAITÉ
n’écoic p*s néceflaire ? Mais que peuvent des raUbnemens
contre des faits ? L'impuiflance d’écrire d’un toi feulement
CH*?, vrâ. ‘le quîttre ans & oe la mère, de la condition lêrvile (a)
(«) âpeice au trône , eft conftatée pat un monument aU'delTus
fiM. thrm. cri. de tous tes fophifmes. L’ufage d’avouer pareille ignorance
atefté par tant de traits mftoriques, que toutes les chi-
canes de l’efprit humain ne pouront en obfurcir l’éclat. U
fuhra d’en rapeler quelques-uiu ( i ) dans les noces.
Voyons maintenant quelles furent les fuites de cette igno-
rance , par rapott à la diplomatique. Les invefUcures , les
(i) tai. cmcil.
t. 1. cri. ifif.
(c) lUi. t. 4.
tri. )io.
(-0 IW.
{c) De rtdifltm.
fufpltm.f. 7<-
(/) Ifltr. riifltm.
t- 14+-
(i) liid. f. 147-
(li) De rtdifltm.
ftf^cm.f. 8»,
«
(/) Ifttr. £fUm.
f.i(f.
(t) Lat, ctncil.
». i.cri. IJJ.
(l) Sfrim. ctacil.
». i.f. IJ.
(m) Dt rtdifltm.
I. f.f. 544.
[a) Ftacaami
vindic. diflem,
f. Iti. ttj.
triomphes da P. Germon flir Ck faudeté
font donc bien cbimétiqnes.
( 1 ) QuintttS {i) (igné pour Paulin ivi-
que de Zute , à la confürence des catho-
liques avec les DonatidcsJhnptércncc du
prClac non Ictttd , Ton énonce , qu'il ne
favoic pat écrite , limas ncfcitntc. Au
conciliabule (r) d’Ephéfe . Élie évéque
d'Andrinople ligne par la main de Ro-
main évéque de Mpre : pareeque , dit-il ,
je ne fai pas écrire , et ^utd nefeiam lis-
teras. Un autre év^oe (d) en fait autant
pour la même railon : frtfstrea gsstd
limas ifjttrtm. La meme ciptellion ed
employée , dans (c) les foufcriptions de
ta charte de pleine féentité. Un papier
{f\ d'Egypte publié pat le marquis Maf
fti , te tenfermant une donation faite
à l'églife de Ravenne , porte que la do-
nntrice ne fachanc pas éceire l'avoir con-
firmée pat le ligne de ta croix , frt ifat-
ransca lisseramm. L'éditeur croit (/) la
pièce de l'an 474. Mais qu'elle loté da
V*. liécle ou du fuivant , cet aveu nous
e(l égal. D. Mabillon a publié (b) déta
papiers d'Egypte, dans le fqiMlf oæ do-
natrice & un donateur, VdiijM celui-
ci lût revêtu de dignités amlfrailes, très-
didinguées , rccoooilSdt ïojmellemcnt ,
Î|u'il$ ne lavent tàild : quia i^atrt
Useras, dit U pfwMtre = froprer
fitmlisserarsmll^ S'exprime le fécond
Un autre pa|^*çd^gyptr (') de M. Maf-
féi , conteol^ One vente , répète dans
les mêm^.te^rs , que le vendeur (ait
un fîgpe jra défaut de la fouferipekm or
dinaitéii 11 ed de J71. Un fragment ttès-
CoolSd|f>abIc des aéles publics de Ra-
nous aprend Us iortnes obCtnéfi
i l'ouverture des tedamens , faits aux
v*r& vi', (iècics en laveur de réelilcde
cette ville célèbre. Or un des tedaceurt
y décUre , qu'il ne Grit pas écrire , ifft
lisseras igatrasu. Le tedament , donc il
s'agit , remoote au-delà de l'empire de
fulcinien. Veut-on encore un aveu bien
précis de l'ignorance d'ua prêtre fit d'ua
abbé I On le voit dans la requête des
moines préfentée à Méoas , Patriarche de
Condancinopic. Jean diacre y ligne pout
le» fupéiicut, & lui fait déclatcr , qn'it
ne lâvoit (ê) pas écrire : ci fiùd ne/eiam
egt lisstreu. Tous ces exemples font an-
térieurs au vit*. lîècit , k prouvenr que
ceux , qos drellèreoc le diplôme de Cio.
vis n. ne le dcahonoroiciu pas en lui
faifant avouer , que ni lui ni fa mère n'é-
toicnc pas en état de foulcriie à lam»-
ntere acouiumée-.
Les rois & les grands coocinnerent dans
la fuite de s'cipriqucr avec la memé can-
deur , fut leur Ignorance ; & les oorairct
de l'énoncer dans plulicucs aéks lignés par
des marques ou par des croix. Sjr la fia
du VI I*. Ilècle un roi de Cancorberi ac
rougit pas , qu'on lui mît dans la bou-
che l'aveu de fon impéritie, are (i) igtt-
raatià lisSerarum.Va comte do palais isru
périal tient (m) le même langage l'an 874,
frtfser igtttransiam liteerarstm. Encore au
commencement duxt i‘. liccle Gui Quel-
ra (s) comte en Tofcaoe , fait faire eu
fon nom dans une charte le meme aveu ,
tjuia feribett ntfeiehat. 11 feroir liiperflu
d'acunnilcc un plus grand nombre du
faits , pour vérifier un ulàgc , dons ItsMS-
titude cildcouMiuéc.
Jigiti?t=»i 1 Oglc
DE DIPLOMATIQUE.
fceaux , les Ibulcriptions , les inonogrames , ne pouvant ccre
envifagés , que comme des moyens inventés , pour fupléer
à l’ignorance , où l’on éroit de l'art d’écrire , & devant être
ailleurs traités avec une jufte étendue , nous ne ûurions ici les
parcourir trop rapidement.
VI. Donner des fonds , les vendre , les acheter fans (i)
contrats par éctit , commencer &c pourfiiivre les procès fans
écriture , fut une des principales fuites de l’ignorance , où
les barbares étoient plongés , loir avant , foit depuis qu’ils
eurent fait la conc^ucre ^s provinces occidenrales de l’em-
pire romain. De-la les inveftitures & leurs fymboles , va-
riés prefque à l’infini. Dc-là les fermens (i) multipliés à l’ex-
cès. Mais on fentir bientôt les inconvéniens de ces contrats
Tans écriture , & des injuftices làns nombre , caufées par les
faux fermens. Quelques loix , meme barbares , obligèrent
(a) de contrafter par écrit , fous peine de nullité , du moins
dans toutes les araires , qui concemoient les églÛès. D’au-
tres admirent indiféremment (3) les ventes faites par écrit
& devant témoins. Quelques-unes , pour rétrancher (4) les
fermens , autorilèrent les duels. L’abus des donations fans
écriture eut cours en France jufqu’environ le xii. ficelé.
On ne s'avifa guère avant la fin du x. d’y fupléer par des no-
tices (/) privées & proprement dites. Elles ne continuèrent
pas au-delà de la moitié du xi i'. preuve qu’on avoir celTé
pour lors de faire des donations de terres làns écriture.
ir. PARTIE.
S,t C T. Ilf.
Ch AF. VIII.
Contran fans <-
criture : on y la-
pide pat les inver-
titnres , les fer-
mens . les duels ,
les notices. Moi-
nes & clercs dref-
fent prefque toai
lesaâea.
l») Almmm. Iff.
èrtÿ.f, ]<t.
(t) V. Mfre /.
p. jri.
(i) Les Romains ne laillôicnt pas de !
contraâer entre eux Cins (t) éencure . ]
furtout dans les campagnes.
(1) Ces ulàges ne regardireoe pourtant
MS , du moins pendant quelques lîccles ,
les anciens habitant. Ils continuoieni tou- ;j
jouts dette gouvernds pat l'ancien droit
romain , peutétre aufli par qoelques cou- !
tûmes pamculictcs.
()) Vrodtua (Jj ptr ftrifimnim , '
fUnAtn hattÊju firmtIMm. Si AMttm firif-
tMr» falU lum fmtit ; dMmfrttiimn»- (
frtitim , rmfii» Sadeas firmiiMm. (
AmJî parlent les anciennes loix des Wi- ’
figoths , tirdes duntf. de S. Getmasn des i
très 117g.
(4) Telles furent la loi impofde par (») .
Gondebaud aux Bourguignons au t''
fidèle , de k loi donade aux Italiens (f)
pur Otcottll.aa x*.
( { ) Les chattes ddja fort comisttncs au
XI*. fièelc, fc muliipUdrenc beaucoup an
xii*, & prodigieufcmeocau xiii'.'Tax-
tefois on (j) pidiend qu'ordinaiicmcnt
alors les fculs contcais des pecfoncs ti-
cbes te qualifiées étoient rédigés par
écrit , que fuite de fiiToir éesire , on avoit
(ôureac lecouts au reitnout le aux gages
de bataille ; comme il eft prouvé, dit-
on , par k cfaafiae i il. ét plafieutton-
ttes des Efbliffimmi de S. Louis. Pi!y
s'agit-il pas plutôt de diéérends , qued'é-
chaogti , de ventes , de donanous ) EUes
lê fiiilbienc régulièrement depak long
teins par écrit. Dès le régie de Philippe
(h}Augufte,chaque ville avoit unéctiTim
H h hij
(r)Jiiftâ. nrjét.
7i-eaf. t.&t.
(d) Edil. lit. f.
»«.4. Itf. i.ami^.
(d)RtO}nss. s. d.
p.-xU.
(/) te* Ityj.
(x) Ljumirt tr-
d*o. dtinùt.i.
f. 107.
(*) IM f. 44.
41.
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II. Pa » T I I.
SiCT. III.
cuAt. vni.
(«) MmUL Mn-
nnl.t. },f. 101.
maft. miUc.
>41* NOUVEAU traité
Tant que les tribunaux romains fc Ibutinrent, au milicir
des nouveaux maitres venus du Nord ; on s’aperçut peu delà
diminution des contrats écrits. Les formules angevines de
Marculfe & autres en font foi. Les ravages des Huns &c des.
Normans , rctablilTemcnt des fiefs , la tyranie d’une foule
de grands & petits feigneurs , qui fe cantonoient chacun
dans les domaines , qu’ils avoient ufurpés , & qu’ils goa-
vernoient en fouverains , aurait achevé la ruine des let-
tres , fl les moines (i) quelques clercs n’en avoient fauvé
les débris. Toutes les (ciences &c les arts libéraux roulèrent
uniquement fur eux. Ils furent , pour ainfi dire , les feuls ,
qui fulTent écrire : nulle charte , nul aûe ne lé faifoit, que
par leur miniftère.
Ils ne ■'commencèrent pourtant pas alors l’exercice de ces
fondions. Sous le règne acs premiers rois de la fécondé race,
on ne voyoit , pour ainfi dire en cour , que des diacres , fou-
diacres & autres clers fcculiers ou (a) réguliers remplir les
chargés de clunceliers ou de notaires. C’étoit fbuvent un
degré pour parvenir a l’épifcopat. Dans la fuite les grands ,
comme les rois & les empereurs , eurent leur archichapelain
ou chapelain , chargés d’écrire tous les ades émanés de leur
autorité , faits en leur nom , ou pour leurs vafTaux. L’écri-
vain des chartes fouvent fe fait conoitre par fa fignature. Il
ne manque guère d’èi^primer fa qualité de diacre ou lévite.
chargé (3c rédiger les obligations , paf-
fées au profîc des Juifs. A combien plus
fbree raiion les contrats de vente At d’a*
chat de terres ne fe fjifbieoMls plus fans
écriture. Il en étoic de même des dona-
tions 9c des telfamens. Hn fait de procès !
H e(l vrai , qu'on ne mctcotc par écrit ■
que les fenrenccs ou les arérs. freiqaC i
toutes les autres procédures étoicac ni- (
fc) Ltttr, erhiq. ^ peine commeocétcaf'- elles
f. it,7. Si- avant le xim*. lîèclc. Mail on peut dire
• r ... .A.. É» n> rrrntAf»
t-
ciiturc. Les aile» detoot genre devin-
lent ttès-proKxe*^ 4** cbicenes les plus |
Bianifcdes erow»»*<« de !• Ccliolafti- |
3 oc , & (MdoMf’bvec un' vaut étalage |
'argumeafV^fi' ^ecs que frivole» ,'pti-
reni la pbike'de des raifons folides'Sc de'
la précinOB. Les foimalttda & les précau-
tions rùicnt eDtalIües les unes fur les au-
tres, avec une lï grande ptofulîon de
paroles demi-barbares , ^u'il n'eft pref-
qne pas polTiblc d'en fuportetia ledure.
( I ) Mmachaus tnim , dit le chevalier
(() Matsham , otrm maxim» fuit fan
ftmii tetitjfafica ; (5" farinai ctrmiiain
Mm fanSitatis inelierit lititralura fue-
iwn fefn. « Les moines , dit Richard (e)
•.Simon , ont été les maître» des fciences
» pendant plulîcuts lïéetes. C'efl d'eux
» principilemcnt , (fod nous font venus
» tant de livres mlT. On leur doit rendre
»• cette juliice,qu‘itt ont étéT»t$-urit£»
■n à h religion & ^ la république des let-
•» tre». <• Irn'y a que la lorcc de la vérité,
qui ait pu aiachcr à ces deux critique»,
de pareils clugcs.
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. DE DIPLOMATIQUE. 42.9
de foudiacre , de prêtre , de (i) moine ou de clerc ; lorfqu’il
n’a pas celle de chancelier , de chapelain ou de noraire.
Quelquefois il unit plufieurs de ces titres.
VII. Que tous les contrats fe fiflent par écrit ; cela n’é-
toit pas néceflaire. Mais quand on en avoit à pafler , il fem-
bloit indifpcnfable (1) de les foufcrirc. Sous l’empire des
(0 M. Fleuri («) preuve par rcxcmpic
ëc Marculfc, qui vjvoit au VI1^ fiede,
quedcs'lors il / avoir des moiocsapli-
ques à écrire le» ades publics , & que
c'étoic un éfet de l'ignorance des lat-
ques , barbares ou ferfs pour la plupan,
D. Mabillon trouve des preuves au v 1 1 1 .
ue les abbés (^) faifoienc les fondions
e juge. Qu on voie des moines , non
feulemcDC drelTcr des chartes , mais en*
core des diplômes royaux : c*cfl on fait,
dont on pouroit mnlciplicr les exemples ,
s'il en éioicbcfoin. Un ou deux futiront.
La foufeription d‘une charte du roi Ro-
bert, pourrabbaïe de Cormeri cfl con-
çue en ces termes : Gotfridm (e) mona-
fhus fcrifjit Md vicem TrMnconis cMttcttlM-
rii , O* èfj't Yrrntieo mMnu froprU fub-
fmpfit. Vers le milieu du x ii *. ficclc ,
les (d) moines vicegérens des notaires ou
chanceliers écrivent encore des diplo
nés d’empereurs.
Beaucoup de chartes (e) fopt ainlî ter<
xnmécs : PmmIms monMchns fcripjtt i ou
'PmhIui monmehns exntit nçtaritis Les
moines n’écoient pas bornés à renmiirics
fondions de notaires , dans les aftaites ,
où ils écoient intéreffés , ( ce qui fc vé-
rifie par une infinité de faits : ) ilscxer*
çoient réellement (/) celles des notaires
publics. Quoiqu’il fiie plus d‘ufage,qae
ceux des conciles fu/feoc clercs féculiersi
00 voit aofiî des moines (j) chargés de
cet importanr emploi. A l’égard des au-
tres écléfialliqucs ou clercs ; contentons-
nous des oblcrvations fuivantes. On ne
recevoit (h) point de charte , relative à
l’Eglife d’Angers , au commencement du
XII*. fiécle , qui n'eûr été diéléc &
aprouvéc par l’écolâtrc. M. Ménard dans
(on hijiûirt dts dt f^ifmes , obfcr-
▼c qu’au Ix*. fiéclc les prêtres fervoient
de notaires d.ms lesadespalTés en faveur
dt Féglifc 3c de grefiers dans les caulcs
écléfiaftiqucs. Le meme favant auteur en
donne des preuves incorc plus ptécifes 3c
plus abondantes pour le x*« liccle dans
fon Hifleirt (t) de hltfmes. Comme alors
ilécoit dificile de trouver quelque laïque,
qui fût lire 3c écrire 5 les notaires étoicnt
trcs-rarcs ; fi les traités ne fc (i) pafToient
pas verbalement , en prcfcncc de féve-
que 5 on avoit recours aux éclcfiaftiques
ou bien aux moines. De-là , pour ne pas
. revenir au nom de clercs donné aux
jeunes praticiens , toutes les charges (/)
de judicaturc ocupées par les clercs.
C'éroienc eux aulTî qui tenoient lieu (w)
d'avocats & de procureurs , comme de
grefiers 3c de notaires. Les clercs des
fcigncuis leur fervoient de fccrétaires
& de tréfbricrs , tenant les icgîtres de
leurs comptes 3c de leurs revenus. Tou-
te profe/fion , ou il falloit favoir écrire ,
n’étoir point crcrcce par d’autres.
(1) Si l'on en croit M. Brunet, dans
Ibn (») Parfait nr^taire ; pour qu’un aétc
ne fut pas toutafait dépourvu de la fi-
gnarurc des comraflans , un des témoins
conduifoit la main de celui , qui rte
favoit pas écrire , 3c aptes lui avoir fah
tracer quelques lettres , il acbevoic la
foufeription lui-mémc. Qui (9) ferihit
pre nntrahtttte mut tnwn , mut ffifeà
quA p<ÿl faucMS Uittras lUius fcfim funt.
Maisiultinieu n’oblige point ceux, qui
ne favcDt pas écrire à former des lettres,
(bus la conduite d’un autre ma'n. Il ne
parle que de ceux, qui favcnc faire cer-
tains caraélcres de leur nom : mais qui
n’en favenc pas alTcz , pour rendre leur
fignaturo complète. On tenoit pourtant
quclqucfi>is la main de ceux , qui ne
pouvoient pas écrire , foit par ignoran-
ce , {bit parccqu’jls (p) écoient aveugle* ,
oucjue la main leur ticmbloir, ou pour
quelque autre infirmité. Ceft ainfi ,
qu’oa faUbit (j) quelquefois fcmfcrîic des
II. PARTIE.
S» CT. III.
chap. viir.
Divers moyens
de luplécr aux fi-
gnaturcs , en fa-
veur de ceux qui
(*) }Jif. eclef,
J7I.
(i) Annal. Be-
md.t. i.p. 177.
(0 Uid. tom. 4.
{d) Ibid. tom. g,'
p. 187.
Ce) lirter.
/. 8. p. i;7.
(/*} Annal.
ned. /. 4 7. 18 J,
}j) Ibid, tom. 6,
(h) BmIux.» Mif-
cell. t. i.p. ic8.
(i) Tom. T . Preu-
ves, p. 18. ly. 10.
XI.
(F) litter.
t. €.p. X,
(/) Ibid. tom. 7..
p. i;i,
{m) TUuri 7®.
difeours.
{n)Tom. ï.eh. j..
p. 14.
(#) Authent. colL
g.tit. i.c. 8.
(p) Obftrvationt
fur Ui éorits mo^
demes.t.xi.p. lotf*'*
(ç) De rtdiplom,
fupplem.p.xi. An-
nal Bened.t. i.
ix.n.sj.p.
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II. PARTIE.
SICT. III.
C H A P. V II I.
ne revoient pas é-
crirc. Soufciip-
tions pour d'au-
tres : Iccaux , té-
moins, croix, mar-
<]ucs , moiiogra-
rocs avec des ef-
tampillct ou lames
en tcootcat Uol
. V ■
{a)'Bnmtt.t. i.
r. J.p. 14-
Dinitiflom,
jMttUm. t»n.
a. ». s. p. *»,
(d)lil.i.s<p.x3-
(«) BAluth. Bri-
UÊnmi^.1. i-f/irt.
W-m-
4JO ■ NOUVEAU TRAITÉ
Romains , où l’écriture écoit à peu près auffi cultivée qu’à
préfent ; on fouferivoit néanmoins au befoin (i) les uns
pour les autres , & l’on fe contentoit de faire mettre une
marque de la main de celui , c|ui ne favoh pas écrire. De-
puis l’établiflement du Chrîftianifme cette marque étoit or-
dinairement le ligne de la croix. Les écléfiaftiques furtout
ne fe difpenfoient prefque jamais de l’employer ; lors même
qu’ils faifoient les foumriptions les plus étendues. En Aiv-
^eterre les croix tenoient lieu de toute foufcrmtion aux
rois , aux grands , aux écléfiaftiques. Telle fut âufli la llgna-
ture de nos premiers (i) rois de la fécondé race , te de
quelques-uns de la troilicme. C’eft ainfi que lignoit Guil-
laume le conquérant , quand il ne s’abftenoit pas de toute
fignacute. A chaque croix , l’écrivain , le notaire ou le chan-
celier marquoit le nom & les qualités de celui , qui venoic
de la tracer. 11 y eut même des tems , où la croix fut for-
mée , non de la main des fouferipteurs , mais de celle des
( 5) écrivains des chartes. Cet ufage , qui ne fut jamais
enfant , donc on vonloic faire intervenir
le confencemciu dans certains aâcs.
( I ) - Si l'une («) des parties , dit eo-
» cote M. Brunet , ne favoii pas ligner ,
» «clui des clercs , qui avoit paÆ l'aâc .
«lignait pont elle. 'Tel droit l'aâe , qui I
« a donne ocafioo à la oovclle 44. <• Sub-
^ituez au nom de clerc celui de notaire, ,
l'cxprellion fêta plus conforme auxufâges
des Romains. Les notaittt foufetivoient 1
üiiu doute quelquefois pour les coottac-
tans , qui ne pouvoient mettre leur nom
par dent , comme il parole par la no- '
«ellccitdc. Ccpcndaocttoos vopoosparla
7). c. t. que c'dtoit quelqu’un des td-
moins , qui fupldoit i l'igaoraocc de ces :
petfones en fignant pour elles. Dds l'an ;
501. foas le poftcoolulat (I ) de Fauftcle
^cune . une dame ne ratifia que pat le li-
gne de la cioiz une dooaiia* , qu’elle
avoit faite k Jean dveque de Raveonc , |
te d’ailleurs elle prie un homme clarilli- !
me de foufcriic pour elle. Voici en quels ^
termes il s'en aquite : Sigmm t
fiiftAfiut dtAturitU.
BÛviiu CAjUrim V. C. haie tUmmtiuù ,
r^smu iUriâ fifffi , iffi fuifimit , '
«d Jlgniun tjus fn ti
Une autre charte (r) de donation faite
i l'dglife de Ravenne , & un peu plus
tdeente , n’efl figade . que put une
croix de la main du coramandant on co-
lonel d’une tronpc militaire. On peut
voit dans (d) ht Diplomatique de D. Ma-
billon planeurs dvêques , princes St fei-
gneun , qui ne lignent point autrcmcnc^
que par la feule croix.
(t) Les rois qui fe boraoientà &ire oe
ligne pour toute fôufcriptioo , Icmbleat
ne t'y dtre tddoics , que &ute de favoir
dciiie. C'eft ce qu’en penc pcnlin: de l’ein-
pcrcur Balile le maoddonicn , des rois db
Fiance Pdpin , Cailoman , Philippe I.
des rois d’Angleterre Withettd tic.
()) Depuis le vu*, fidèle , dens la
gtandc Bretagne cet uImc fiit prclquc
gdndral. « Toums les («) chartes d'An-
» gicterre , dmnùs «smm h tmt dt S.
» Edm»rd U tmftfftmr , font ligndes par
B un grand nombre de témoins , dont les
» noms Cmt toujours de la mtoe écti-
» tare que la chante : & il y a uue cioiit
B au devant de chaque nom > suais ces
» croix font la plupan fi fcsublablcs ,
“ qu’il parait clairement, que tes témoins
U ne les om pas fiiitcs , quoiqu’il fois dit
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DE DIPLOMATIQUE. 45.1
univcrlel , (ü fe renferme eutre les ix. & xiv'. ficelés^ ~
Lorfque ù foulcripûon des témoins préleiis à la palTation partie.
d’un a£le , ôc furtout des perfones intéreflees étoic encore cnaf? VI II»
regardée , comme d’une néceiUcé indirpenfable ; pour fu-
pléer à Ton défaut , on eut recours à diverfes redburces. Ou-
tre les croix de les (t) autres tiurques , on Ht {}) u£ige de
lames d’or ou de tablettes d’ivoire ou de bois , dont les ou-
vertures formoient le nom du prince , qui devoit s’en fervir ,
pour y faire palTer la plume ou le calamusjfoit qu’il en lut alTez,
pour une ü mince opération -, foit qu’il falût encore lui te-
nir la main , pour en venir à bouc. Par ce moyen Ton noni
étoic écrit fur les diplômes , ou tout au long , ou par abrévia-
tion ou par ( 4 ) monograme. Les eftampilles , grilles Sc
m czprelRmciK c«5 dunes , qo'ils
les ont fign^ts It y ont joint une croix.
— Que)()ues>aw ndendent , que ce (ont
a> les ades de Pvlemeae d« ces tcffls.li.
•> On ne fauroit douter , que la plupart
•• ne ioieat des originaux. Car comment
m rcroit>il poffble , qu'il an rclltt un fi
X grand nombre , oui potteoc tous les ca
X radMrea du rems de leur date , St qu’il
X ne l'en trouvât pas une lêsie . qni /Ht
X néritablesBcni dente dans ce icms-Ià ,
X CW qui lût un orignai ! x
(1) PalTdlexi*. fidcle, il droit rare,
dans las chanes des laïmes , mais non
pas dans celles des gens o'dglilê.
(a) X La fignatUR . . . eonfiftoit («) en
X une marque ou ou parade , corapord de
X cettains traits ou lignes entrelafides ,
X qM chasaa pousoit faire de fa main ,
X qaaiqtt'il ne At m derire. Quelquefois
X antfi c’dcnient Jtt figures rdgalidres ,
X telles que des fleurs. <«
(f) Tndvdotsc roi des Goihs en Itilie
fonfetiToit , au moyen d'Une lame d'or,
Elle (t) comcooit les premidrei lettres
de Ton nom , petedes à jour , au travers
derquelles it faifoit paflet la plume. Xfx
ThrJtftf»! tm/r/erMm tr»t , (jr /ü adra>
w fenf» , M m dtttm tumn rtfjù fin ym»-
smr Imtrm fiéftrifihint ttüüi
imllMniHi fMtngei. De yuâ rt Isminiua
amtxm jvjlt ftri ymHmr tH-
ssrar njM hxieattm , * Thbod. m Jï
fcrUtn tttdwÿcs , ftfini Ixmmi fnfn
ekmrtxm , fer ttm fmni ieuteet , (ÿ> fiA-
trifiic tfHt imneiem Weretar.Telles dtoieot
aufli les tablettes de bois de rempetcor
Juftin. Mais pour (c) traeer au travets les
fircmicrcs lettres latines de fon iwm avec
c rofeau trempd dans l'encre de pour-
pre ; il falloii encore lui conduire la main.
(4) Les mooogramesdtoicntdelamara
dn t^inee , de l'dvdque , du doc , du
comte , aux diplômes de qei cts efpdces
de chiires ferveienc de fignararea ; ou
pour les foire ils s'en rcpofoicRt fur det
feerdtaires , notaires, cbaacaiicrs : ou en-
fin ils dtoixnt formds au moyen de ra-
blettes peredes ou d'ctiampilles. D, Ma-
billon (d) regarde consme fort inceriam
fi Clovis II. aura fonferit Ibn diptome ,
gravdplanefas XVil. Mais nous iredno^
tons point , que la fonfeription , eu du
motnt le mortograme ne (èit de fa pin-
pre maris. Quant à celui de la •innehn'
XVIII ; c>n aura tenu la main dujciMM
prince , pour le figurer. Pentdirc mdtue
x'y fera t-on forvi de tablcnes peredes.
D. Msbillon droit tièt-peifuadd , que nos
rois ne pcignoient pas en entier leurs
monogrames ; mais qu'ils y apofoient fes».
lement un Y. A cela près , il les croyoir.
tous de la fopsn de i'dcrrvain ; lors mdme
qn'ils anonfotent leur fîgnatute dairs le
texte du diplôme. Sur cet article , félon
M Mucatoti riifage a beaucoup varid :
plufieurs (rj ndanmoins fcmblent impri-
mdt ascc des eftompillca , tant 00 y
(•) VMonetiti
Ufi. de DatefbmK
t. i.f. xxS.
(J) Ancaym. t't$-
Itf. *d emleemAm-
mixtti MjtrctlUnL
f. f*f.
* LeTh devoit t-
SN tendu pnt une
g«t.
(<) Prwcvp. m«C4
dee.f. xt, xf.
(éJDeniBflfm.
M7*.
(e} Antiym, Ml
medii tvi, t,
tel. ity.
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II PARTIE.
S E C T. III.
Chat. VIII.
{à) De rt JifltlB.
f. ie8.
(i) Ac?« SS. A.
fril. I. 1. feeFil-
f.xiti.
(t) Amiifuit. t.j.
Aîjferi.^ j.fcl.l l8.
& /'îî-
(i/) De prim*
Jcrih. orig.p. I } >•
fO IM.
(f)L* CJihintt de
te biblieth. de Ste,
Geneviève, f.if.
(f) De re diptem.
fe^plem. e.p.p.it.
(h) Hi/I.dett$m-
Ut de PM(Mk t’
>0).
(,) lUd. p. )7J.
De rt diflm.
431 NOUVEAU TRAITÉ
fignets (i) furent d’un ufage plus étendu. Le x. & xi*. ficelés
fournifl'ent quelques exemples des deux premières employées
par des princes. Mais les notaires depuis le xii*. s’en lèr-
virent bien plus fréquemment , & les varièrent à l’infini.
Souvent aulfi leurs feings furent imprimés avec des types
apelés fignets , dont plufieurs fe confervent encore dans les
cabinets des curieux.
Avant les fignets des notaires ; on fe pafia communément
de toutes (ignatures , foit rceles , foit aparentes. Le premier
moyen de les remplacer au (i) xi*. ficclc , confiftoit à faire
lever la main aux témoins en figne d’aprobation , ou à leur
faire toucher (a) la charte , dont ils s’engageoient par cette
remarque d'uniformité . Rudiman , Lude-
%'ig , Heuman ont eu la meme pcofoc.
Au* f.i. Si XII i'. (iècics, DOS loi^
avoicnr couromc de déclarer dans leurs
chartes , nu ils y avoient fait apqfci le
caraâcte de leur nom : ce qui ligoifc
Icut monograme.
(i)Le P. Papcbroch parlant decesef-
pcces de parafes ou luches., dont les
notaires de nos rois de la i'. S; i' race
environoient oïdinaircmeot la place . où
le fceau étoit apliqné , croit (b) y dé-
couvrit l'origine de ces lignes aibitiaites
faits avec les eftampes ou la plume . St
dont les notaires faifoicnt encore grand
ufage furtout en Italie. Mais on o'a
point befoin de ces ruches , pour re-
monter à l'origine des pasifos. On en
voit de véritables d'on âge plu* reculé.
A l'égard des cltampiUcs ) il s’en trouve
meme duaems des Rooiain*. Mate elles
n’ont point de rappoit^vee le* fignets
ou grilles, dMii kt ■otaires nietenc de-
puis le xm».lSÎeJ*î qu on
pouvait MO fcBlement s’en fervir en gui-
fe de lèemkw en cteox , mais encore pour
impriner avec l'encre. Les Romains y
fàilqleiitjgtaver en relief leurs noms tout
an Mg , ou par abréviation. Les anti
■quairet ont publié plufieurs de ces types
ta lettres greques & romaines. Nous en
avons entre les mains d’originaux en l'u-
se St l’autre langue. Ils apartiennent au
cabinet de S. Germain des Prés. M. Mu-
ratori(c)cn afait repréfenterpluCeurs.non
feulement en creux propres à imprimer
en manicic noire, mais avec des caiaélércs
faillans. Il cioir que l’empereur Julfin em-
ployoit une cRampille pareille, pour ligner
les quatre premibes lettres de fon nom.
Mais Piocopc qu’il cite parle de tablettes
de bois percées Si de lettres formées avec
le calaïuus , en conduifant la main du
prince. Les premières lettres de fon nom
n'etoient donc pas imprimées , mais écri-
tes. Trotzius confond aulfi les tablenes
de Inftin (d) avec les ellampilles. Parmi
les dernières, il s’en trouve d'antiques,
dont le manche (r) étoit chargé des mê-
mes letcccs que le fceau. M. Muratoti
fupofe que le ptemiet tyM fervoit i fouf-
criia & la fécond 1 fceller. Cétoit qiiel-
quefiais tout le cootmiie. Selon le' P.
UOinonliDeC ,ics(/)>>Romaios apofoicnt
O auSi qnclqucfois leurs noms avec de
» l’encre an bas des contrats Si des au-
n ues aélcs , qu’ils faifoicnt dicITct. 1 Is
» les avoient pour cet éfet gtavés fur du
» cuivre Si les impeimoieni avec de l’en-
» cre fur du parchemin. Nous en avons ,
» dir-il , plulicurs de la fonc , dont qoel-
» ques-uns n’ont que les premières let-
» très ; les autres ont le nom caticr. «
(x) Il étoit alTcz (f) ordinaire fous la
tioifièmc race de nos rois , que les en-
fans , même encore à la mammclle apiou-
vafient , comme l’oblerve (h) Belly , le*
donations làicea fter leurs parens , foie
en touchant U chatte , foit parccquc letit*
pètes de mères ou leur nouricc promco-
toient de la leur faire latificr. Ccoe for-
malité s’employoit fouvent au XI*. fié-
de, même (■} à l’égacd des adultes.
cérémonie
Dij izt-i . Google
r
DE diplomatique: 4J3
cérémonie d’atefter la vérité , dès qu’ils en feroient requis. '
Le fécond moyen réduifoic toute l’authenticité de la chatte
au (ij fceau , qu'on multiplioit fouvent à proportion > des. Chaf. vuV
perlbnes intérelTées , & quelquefois même des témoins. La >
tfoiAème étbit dénommer (t) les témoins. Ce qui fe pra-
tiqua de trois façons. D’abord l’écrivain de l’aûe mît pour ' ' *
eux les croix avec fignum N. Enfuite les croix furent rétran-
chées , aparamment comme équivoq^s : quoique l’écrivain
les formât d’une manière , à ne pas taire prendre le change.
Bientôt le figne <tun tel , formule ordinaire de la fouTcrip-
tion de ceux , q^i n’écrivoient. point , fût fuprimé : atenou
qu’il n’y avoir aucun figne de leur part. Enfin l’on fe conten-
ta de (a) la feule préfènce ou de l’énumération des témoins,
Ceae pratique &c celle des fceaux , tantôt fépatément , tan- mmt. mngUe. /aSm.
tôt conjointement employées durèrent jufqu’au réablifTemeitt ç
des fignatures. 'Voila quels furent les (3) moyens, donc on
ufa , pour fupléer à l’impuiffance d’écrire. ..r ./• j (• **<>• <0;.
VIII. Mais quelque répandue <|u’aic été l’ignorance , d’où An d'écrire non
elle naiffoic ; elle ne fut jamais univerfelle & fans exception,
meme par raport aux laïques. A l’égard des prcctes , il fem- Aua cousicsremi:
ble qu’elle devint plus rare ; à proportion , qu’elle parut plus P»' «joeisdegrdi il
générale parmi les gens du monde. Auffitôt que les barba-
res fè furent emparé des plus belles provinces de l’empire peut juger par le
romain ; l’art d’écrire ne tomba pas tout d’un coup dans le •* ". "'î'
(i) Les fceaux feula tenant lieu de C-
gnatnres commencent i dereait Iréquens
anxu‘. fidde, font trds-oidioaittt au
xtii'. Sc fe Ibnciennent jnfqo'an rdca-
blilfement des adritables fenferiptions.
D. Mabillon , dans fes {b) annales , ob-
ferre (jne le fceaô tenoit lieu de la ligna-
eure de Dalmace , archerdijne de Nar-
bonne , à la donation , qu'il fit , d'une
dgUlè i fabbaie de S. Vtâot de Mar-
feille en iota. Il feroit inutile de mul-
'tipliet ici des eitations , dont le feni
zui*. lîècle feornimic pour la part un
nombre infini d'exemples.
(1) La nomination des (r) tdmoins ,
au lieu de foufcripiions rdélles ou apa-
sentes eut grand cours, d^le xi*. fid-
èle , plot encore au xti*. Elle derint
ptefqoe gdodtale au ziri*. lotfqn'onne
fe contenta pas des feula ièeaui. Les
Tome II.
progti
blilTemeot des fi-
ddtails fur ce fujet feroient immenfet. Il gnaïuies.
fafic d'ourrir les compilations des char-
tes de France , d'Angleterre . d'Alle-
magne dtc. pour s'en convaincre. Mais
il ell plus finguliet . qu'on apclle Ibuf'
ctipcion des tdmoins la fimple dnoocia-
tion de leurs noms. Albdron (J) abbd
de Verden en Allemagne donne une char-
te en ii;8. od Ton lit : frtfnitm p«-
gmmn eam ujliitm fiAfmfiuiu fipUt f. Ut.
aqffra fteimm inffmri. Ttfitt wrS (Jv.
Vingt font nommés arec la formule :
Et *IH fat/saa plairw bürimfit. W
(j) On n'a pat befoin d'dtre averti , /*r — arawoost^
que nous n'avons fort qu'éfieurcr très- d* t
légèrement ces articles , de qu'ils exi- f- »J-
gent bien d'autres difeofliont. Le peu
qu'on en a fait ell iclauf feulement à
rigoonnee de récriture de à ict fuites.
lii
(d)T«m.;.p.stp.
(r) Dtn
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II. PARTIE.
S £ CT, III.
Chat. VIII.
(«) Cÿ. /. i8.
I. Itf, fo.
'4^^ NOUVEAU TRAITÉ
difcrédic comme oa pouroic fauflement fe l’imaginer. Enr
Elpagoe lés femmes uivoienc aflez communément écrire, au
commencement du VI i'. Cède. Le x'. concile deTolède pref-
crivir aux veuves , qui vouloienc entrée dans le cloître de
faire leur cédule de profclTion par écrit , de la ratifier de
leur figne ou de leur foufeription. En Italie , fuivanc la {a)
loi romaine , les fignatures , ordinairement de la propre main
des témoins , éroient raifonées , prefque toujours énon-
cées fort au long. En France jufqu’au vu i*. ficelé , elles
étoient plus courtes , mais fouvent de l’écriture des témoins
laïques. Sur le déclin du ix'. quelques^ns d’entre eux fi-
gnoient encore , fans empruiuer la: main de l’écrivain de la
pièce. En un mot , d n’eft aucun' tems , où l’art d’écrire
leur fût totalement étranger, îvfais il y eut des ( r) ficelés
où très-peu de perfones de cet état Faprirent.
Quelques ades & diplômes écléfiaftiques continuèrent d’ê-
tre révetus de foulcriprions- réelles , aux xi.ôc xin‘. fiedes.
Les fignatures- des notaires recommencèrent tout de bon (1)
au XI II®, Ce fut alots , que les laïques le réveillèrent un-
peu dé ce profond lômmeil , où depuis fi long tems ilslan-
guUlôient par raporc aux lettres. Peutêcre y entra-t-il une
Ibvre de pique contre le clergé. Car ded là l’époque , lur-
toin en France , de la diltinèlion des gens d’églile & des
gens da monde , comme de deux corps , donc les intérêts
ne font pas les mêmes. Les éforts , que firent les derniers ,
pour fortir de la barbarie , eurent dcs-locs qudques foibles
fucccs. L’étude des loix , déjà palTablement animée ('3) dès
le ficcle précédent , devint plus ardente , & le premier fruit ,
qu’elle produific , ce fus la rédaction de quelques coutumes
locales 8c provinciales. Divers commentaires fuivirent de .
près. D’autres concernant le droit canonique &c le droit ci-
vil avoient précédé. Mais le nombre des ftudieux ne s’acrut
pas au point de faire penfer ferieufemeut au rétablilTement •
des fignatures : quoique leur uoilité &c celle de récriture en
(i).On |KHt les pUfcr entre 700. St
1)00 , S( plu* partioulièteoicut. emte
90a. St I LOOi
(>)'Nou( parlerons bicntÔL^çïiIegrjs,.
par lcf.^ucl$ clics Te (ciabliicoc , après
avoir celTè en pluCeuts contrées.
{)} I:cs. cictes contribuèrent dlabord. ..
bcaucou|> pins mie les laioucsau lanou—
vcllctacat de l'ctuée du- aswcetviliH. \
.i;..
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DE DIPLOMATIQUE. 4}^
^néral fliflent mieux connues. Au xi v'. ficelé , l’eflâme pour
l’arc d’écrire fit des progrès plus confidérables. L'éraBliflêment
ou la réfidence fixée des Parîemens, & de la Ghardbie des
comptes des le fièdle précédent , la multitude d’étudians dans
-les Univerfités , Tufage de notre papier , devenu enfin plus
■commun,muliplièrent les écrivains & favoriferent un com-
mencement d’émulation , pour aprendre à écrire. Bientôt
^les fignatures (i) reparurent dans les aftes. Mais îl s’en fàlok
J
(0 Introduites dans les petitcs'bullcs
des Papes , au ni*. (îède : au xiii'.
clics y dcTinrenr ordinaires. Ce n’étoicnr
• au refte <jue des fignatures abrégées des
oficiers de la cour de Rome , placées
Tur ou Tous le pli de ces balles. Les fouf-
criptions réelles ou aparenres des bulles
eonfiftorialcs , portant les noms du pape
& des cardinaux , n'aToient rien de com-
mun axec elles.
Si s. Louis ne rourcriroir pas Ces di-
-plomcs i ce n'cft pas qu'il ne (ût écrite.
'Nangis nousaprend, qu'il fignoir Lauii
'ém PfiJ/! ou Ltkis /etgiuur dt Ptijfi ,
-quand il écrivoit famitiécemenc à des
anus. Sa vénération pour l'églife , od il
avoit été régénéré dans les eaux du ba-
eéme , lui failbic préférer ce titre i ceux
de la royauté. Notre-Dame de Poiilî
conferve (a) encore les fens baptirmaux,
où il reçut une nouvelle nalfiânce en J. C.
'& O. Bernard de Montfaucon les a (ait
repréfenter dans Tes monumens de la mo-
narchie.
Des fignatures de notaires écrites tout
au long fc manifeftent dans un inllru-
rnenr daté du mercredi d'après les Pal-
mes de l'an 1 19<. c'e(l-à-dire du 6. Avril
layy. La première efl ainfi conçue; £r
tga Htm KaimHndiu it fr»d*li nturim
fublieHi Mntt iiSus fubfcribt fipu , Dt-
màu Philip^ repe Prancit. La fécondé
cil dans le même goût. Seulement elle
ajoute au titre de roi de Trance celui de
Navarre. Dans (t) trois vidimus de Louis
le Hutin de l'an ijif. ou fuivant le
nouveau ftyle i j i<. du mois de Février,
natoit la fignature d'un fectétaire. Si ces
lettres elles-mêmes ue furent pas Ibuf-
crites de la main de ce prince ; du moins
portoicnt-elles cette formufe , dans la
luke fi fouvent répétée : Et intai Jtgntit \
II. PARTrE.
“S-ecT. îii.
Chat. Vm,
(a) Htmtm. deU
mmareb. Franc,
t.i.f. III.
(èj Stnmf,tritdi
t. f.f. I.
(c) Ihdtm.
(d) UH.p. yj».
PER OouiMUM RIGXU ad rtlaiioium
arehitpifctfi , ou archidiatmi Rhstoma-
infit. Jo. Dt Verhis. Ces fignatures
fe foncintent depuis. Deux (c) o$do-
nanccs de tjiy. au mois de Juin, en
montrent la conrinuatioa , ainfi qu'une
infinité d'autres de Philippe le long Sc de
Tes fuccefieun. Une otdonance du même
roi enjoint aux notaires (d) de figner
tout ce qui fe pafle au cbatelct , bots
les commifiions de fang, on de l'ofice
du Prévôt , ou les lettres au nom du roi,
pour être fcellécs en rabfcnce de foo
grand fceau fous le feel du Châtelet. 11
défend par une ordonance du mois de . Fé-
vrier rjio. ou Iclon le nouveau ftyle
1311. de palTer an fceau des lettres,
qui ne feroient ni de la main des no-
taires , ni fignées d'eux,
D. Mabillon (c) place le renouvelle-
ment des fignatures des notaires fut la (e) Dert difttm.
fin du XIII*. fiècle, ou le commeuce- f.iti.
ment duxiv*. Mais s’il cft queftion de
la foufeription du notaire ou de l'écri-
vain , qui dielToii la charte ; i peine fu-
fage en céiTa t-il detems en tems, pen-
dant environ crois fiècles , favoir les xi,
XII. {(XIII. Encore ce ne fut pat fana
beaucoup d'exceptions locales.
Au choix des parties contiaélanles les
écléfîaftiques & les religieux furentptef-
que les leuls , furcout en France , qoi - ■ v .T ' )
redigeoient par écrit les aâcs avant le . f
XI i*. fiècle. Dans nos provinces mêmes
méridionales , où les notaires furenfté-
tablis d'abord en qualité d'oficiers pu-
blics , les moines {( les écléfiaftiquescon- )
tinuèrenc,au moins jufqu'au (/) de-là {f^Vaàffiîuh^.
du milieu du xi i*. fiècle , à dreifer des it^Lanfud, t. a.
aéiet : non feulement pour ou au nom ctl,
des évêques & des églifcs j mais encore ,
ioifqu'il ne s'agiÏÏbic que de chartes St
lii ij
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II. PARTIE. ■
S 1 C T. III.
Cha». VIII.
(«) LsHrUrt tr-
Jm.l.i.
(i) SittD/i «•-
im.t. j.f.iif.
(r) Jiij}. Jt Lm»~
fHtJ. /. 1. y. J 1 1.
fii.
(J) Ttm. x.ctl,
48?.
(t) IHd. etl.fiT.
( X) JUd. ctl.
4»i. 499- S*1‘
]if. 148- JJ7.
nouveau; traité
bien , qu’on n’en fit une loi , bots certains cas particuliers.
Philippe le long dit en termes (a) formels , qu’il fignoit plu-
fieurs lettres patentes. La llgnature écrite de la propre main
des rois dans leurs diplômes a donc au moins commencé
fous ce prince : & les preuves en font peutêtre plus nom-
breufes , dans les ordonances ^ qu’on n’a coutume de le pen-
fcr. Dès l’an 1358. il fut défendu aux fecrétaires ou (i)
notaires du roi par Charles , duc de Normandie 6c regent
du royaume , de figner les lettres paflses au Confeil ; fi elles
Jacords entre des Teigneurs laïques ou
bien entre eux & leurs valTaux. Us pof-
Tedoient encore alors des chaigcs de
chanceliers 8c de chapelains des fei-
gaeurs. La nouvelle inditution d'dcri-
vains publics 8c de notaires.atachds à cer-
taines villes ou aux cours de quelques
frigneuis , remonte néanmoins au delTus
de la moitid du xi i'. liccle ' mais elle
ne s'étendit qu'inlcnlïblement. Leur nom-
bre Te multiplia dans le Languedoc 8c
les conttées voilines ; d'où ils fe répan-
ditcut do midi au nord de la France,
sa Les grands (r) vafTaux de la couronne
s> érigèrent en titre d’ofice le droit de
SS drelTer 8c d'écrire les aftes de /»«r»
s> ettiri , 8C ceux des particuliers , 8c don-
». nèrent l'exercice de cet ofice à ferme ,
» ou le vendirent i vie à de certaines per-
s» fones. Ceft ainlï que Roger vicomte de
•sBeziets vendit en iilo. I un nommé
». Bernard Cotte , It tmktUunsf dt f»
s» nur , *vte U dr$it d* falltr de fm
s. [seMU , ( Itgillamni meum > ) droit ,
»> ajoute-t-il , que le vicomte de Trenea-
». vel mon père . avoît'donné autrefois
» au même BetnardCotte, qu'il lui avoir
30 conhrmd quelque tems après . 8c qu il
SS lui avoit Arè înjoflemcm dans la lûite j
» Roger IcTbi vendit conjointement avec
SS révèqne de Betiers .... enibne qu'il
SS n'f taroit que lui fcul , on Tes fubfti-
si ruts pendant là vie , qui pouroient écri-
s> re Tes chattes de Beziers 8c de fon tet-
ss rîtoire. On voit par U qq'il avoit
SS albts dans eette ville qu'un fcul no-
ss taire ou tabellion , qui eiolt en même
SS tems greficr de la cour du vicomte 8c,
• de celle de l'évèque. " Un témoignage
audi formel , apuyé de plulicui* autres
aotéticnrs de près de quarante ans , nous
prouve que des avant le milieu du xi i*.
lîccle , tes clercs 8c les moines n'éroient
lus les fcnls , qui drciCiirenc des aâet;
ce n'cll qu'ils lulTcot expédiés au nom
des évêques ou des égUfes. Nous voyons
en éfèt parmi les preuves de la nou-
velle hiftoire (d) de Languedoc une
charte d'Alfonfc , comte de 'Touloufe 8c
duc de Narbonne de l'an 1 1 yp. avec le
ftÿuem de Gile {criv4'm fMic. En it fi.
8c en ii<i. nous trouvons un éctii|pùi
(r) de la cour du comte de Barcelone .
qui fe qualifie de la forte t S . Pétri Ri-
cmrdi firHà eueU teerekmenenfit eeemiis
qui hu feripfit. Un notaire de Nifmes (/)
tbufciit ainfi l'an 1 188. Prrriw Petit! N<-
m»ufeHfii Btlttrim feripft mendMiu ex
mtr» fie perte. Durand paroit avoir pof-
fèdé un oocatiat fixe à Montpcincr , au
moins depuis 1140. jufqu'en 11 f 6. com-
me on en peut juger par les aéles , qu'il
(gj expédie pendant cet intervale.
Au XMi‘. lîècle les notaires annon-
cent plus fréquemment leur fignarure.
Mais ce terme cft dans leur Lingagp
fouvent équivoque : parccqu'ils apcioient
figner y lorfqu'ils narquoient , loif avec
la plume , Ibit avec l'eftampille ode ef-
pèce de grille , où leur nom étoit tantôt
énoncé , 8c tantôt fuprfraé. Le nom n'y
paroilfoit pat dans les plus anciennes.
Mais bientôt Us le laiflercnt en blana
8c l'ajoutèrent avec la plume. Quelque-
fois aufii ces efliapillcs portaient lent
nom 8C furnom gravés en relièf : quoique
ocdinaitemcnt le premier ne fut rendu ,
que par II première lettre. Enfin lents C-
goaturcs masquées au long ,8c fcnlemcnç
fuiviet dè paiafcs furent loifcs eu ufage.'
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DE DIPLOMATIQUE^.!
n’étoient au moins foufcritcs de trois de ceux , qui y^ayoteqc *|SB=S529
alïiftë. Mais fi ce règlement nous monve Tufage de,ügùei;
en partie rétabli , &: pluûeurs membres du conleil du roicai- v lir.
pables d’écrire : il fupofe aufli plufieurs d’entr’eux hors d’é-
tat de le faire ; puifqu’il les autorife à y fupléer par l’apo-
ütion de leurs fignets. Charles. V. fignoit non feulement (r)
toutes les (a) chartes , grâces , lettres , émanées de fon auto- {■«) htnfmutU
rité -, mais encore les bréyets &c les dépêclies. Philippe de
Maifières blâme ce prince fi lige des peines infinies , qu’Ü ’
prenoit à fouferire tant de pièces. 11 auroit voulu , 'qu’il Ce
fût borné aux plus importantes : 6c c’eft à quoi il exhorte
(i) fon fiicccfleur. Au telle perfone, du tems de Charle Y,
n’écrivoit mieux que lui , comme en font foi grand nombre
de fes fignatures , qu’on trouve partout. 11 fiifit d’en citer
im exemple d’après (é) M. Sécoufle. Ce font deux (3) lettres (t) Orin. t. j,
cloles de l’an 1 3 67. à la fin delquelles on lit : ^ous avons P- »7-
Jîgné cts lettres de notre propre main. Donné à Sens le 19,
jour de Juillet. Charles. Au commencement du règne
Cbarle VI. on drelTa (c) un arcté figaé des principaux priiu- (.)
ces du fang , touchant la formé du gouvernement de l’état ^
6c la gartw de la perfone du roi , en date d.u 3 0. Novembre
t.t. f. cxxxyi r,
iôufcrivoit de Ictirej : & co-jtefoit on in-
(inue affei clairement , qu'il ne les fi-
Enoic pas coaces. On en difliogue peut
> forait dt tUytrfn jMMihéi . ... Itt aats
font fftlrti do fnanct ., commt dons ,
trnnffons , 'sUiênniioni , Mmtnijfimmt ,
•cquits , tooltfs , cidnlUt adrtjfnns au
ehanftmr du tri for ou rtetveurs létûraux ,
four omfloytr aucunts fommti en Uurt
rooltes , ftlon qftil plaît au roi leur com-
mander. Toutes lefqueltei femhlahlts ont
aceos^umi sChre Mntts de ta main dures.
Ce (}Ui fcmble faire entendre qu'il y en
(1) Dans les ordooaoces de nos rois
publides pat M. Secoufle , on voit beau-
coup de Icttics de ce monarque , tecmi-
oitt par la formule Aùifi fifut par le
roi. Si l'on ne la prenoit pas à la lettre ;
il s'enfuirroit ou qu'il n'a ibufetic aucune
de ces lettres , contre le cdmoignage foc-
aicl d'auteurs conccmpocains , ou que
les copies imprimées de ces pièces oc
font pas tontafait conformes aux origi-
naux. Mais cet article demande une plus
longue difcullion, que nous renvoyons
aux (ignacures.
(1) Nos rois ont toujours continué de
ligner. Ce n'ed que depuis {d) Cliailc IX.
que les feciécaircs d'etat lont en bien
des cas autorifés à fouferire pour le roi.
Cependant on ne peut guère douter > que
depuis Châtie V. nos cois ne fc foient
déchargés de pUilïeurs lîgngcaçcs fur leurs
fcccéiaircs. Dans un extrait de la clsam-
bre des comptes de Paris, ppl>Gé,(.j par
D.. Mabilloo, on.voitçppoibien LquipXI.
avoir d'autres ,.qui oc l'étoiencpas.
) 11 eft bien étonant , que lur un vo- Nasrw/ aéro-
lumc entier de lettres & d'ordonancesdu e(,^,„ol.dethm..
rot Charic V. ois..ue trouve que deux j, fr.p. 347.
lettres clofes lignées de fon nom ; quoii
qu'il fouferivît. tqnt de pièces , qu'on lui
en a fait des rcptoèjies. Auroit - on. té-
tranché les fignatures .de eo prince dans
lei regitre, , d'od ce* oïdonanees font ^,yD,rtdiplnmi
: m . 1. p. «ai.
Diy---rr!
-Ogk
V a
II. PRATIK
S I C T. III.
Ch A». Vnl.
{m) Prtfét.f. yt.
(i) Orim. t. }•
f. i.t4~
(f) Oritu. U *•
t- 4>7-
{i) G««wù, an-
prmt. in trUm.
itv. 4. lit. (.$. £..
•4J8 NOUVEAU TRAITÉ
I }8o. Nos rois continuèrent dans la fuite de figner de leur
propre main. Les (ôufcriptions de Charle VII. Ce diftinguent
de toutes les autres par leur élégance. '
D. Hergottdansla généalogie (a) de la maifon d’Halbourg
ne fait commencer les fignatures manueDes des empereurs
d’Allemagne qu'en 1486. En quoi il eft parfaitement d’àcord
avec(iJGudenus. Cependant M. Secoufle a publié ‘(A) une
balle d'or de remperCur Charle IV. en faveur de la'ville de
Romans en Daupluné , de l’an 1366. fignée de la main de ce
prince ’& defes^ands oficiers.
En général les fignatures des particuliers ne forent réta-
blies, qu’au ("x) XV*. ficelé. Elles concourent avec la renaiC-
fance des lettres. L’écriture étoit un préalable néceffiûre à
leur rénouvéllement. Si elle ne fot devenue commune , les
fciences ifauroient jamais pris l’efiTorr. ^ '
Contre l’ancien ufage , Clivant lequel celai , qui écrivoit
une lettre, mettoit Ton nom à la tête, d’abord avant , en-
fuite après celui de la perfone , à qui l’épitre étoit adreffée ,
on avoit introduit au moins, dès le xiv*. fiècle , la coutume
<le les fouferire, comme les lettres' patentes. Mais pluficurs
xetlntent l’ancien ufage. ' ^ •.> .
L’invention de l’imprimerie , loin de faire tomber l’art
d’écrire , ne lêrvit .qu\ Iç cendre de toutes parcs ‘plus llor
rilTant. Bientôt on s’avâià-4e faire quelques collections des
diférentes écritures.’ Miis ce n’étoit encore que le germe des
fouks abonda , que le xviii*. Cède dévoie produire.
( t) Notre aureot rapom un diplôme
de Maximilien portant cetcc foalcription;
Jin Mnximilimiu Rnomtram rtx /»-
frafrrifiM reetpufciiriuf per rnmum frepr.
La lignanre du mime empereur paroit
dani iKaaeoup d'autres de (es diplômes.
Cadenas ajoate , qu'il ne ctoiroit pas Te
etoropet s'il difoic dans tous.Mais Cnarle-
Qutnt ne manqua jamais de fouferire les
Cens te toutes lès lettres.
(1) Dans une note , fur faoiele I. de
rotdonaneede Philippe le bel toachOit
les tabellions te les notain .
Fan 1504. M. de lauriiic {i) fiipoli,
ue les lïgnatures des particuliers dtoient
é»-Iois en ufage. Comme les nDtaires
corigeoient Ibuvcnc le brouillon ou les
projets d'aflcs , qu'ils drelToicat j il { en-
fitil, dit ce lirrant homme , f« «
éteit tranfettt imite preteetle ou.iegitrc,
ieveh être fipu ies pieniei. La confdqueu-
ce n'ellpas ntcelTaire. On s'en imlmit
alon , comme dans les Iticleapiiceliens ,
à la bonne foi des notaires ou-tMtres ob-
ciers publics. Henri H. par bsn (d)or-
donance de Fonraioeblecu do mois de
Mars ijf4. prtlcririt aux parties con-
itaâantes j outre tes feings des no-
taires de figneroa de faire ligner enleurs
notns tieu ttmrnSi otUfiimu , ju«-
umen UBn privés. La même loi fut
confirmée te mime icendue aux iuts
d’Orléans en i )(o. art. (4. tepar Chât-
ié iX.tfàSloisptt Henri OU enil7x-
an lif.
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DE D IPLOM ATTQUE.
439
CHAPITRE IX.
i
Vérification des écritures : à pelles marques recoréoit-
onleur vérité ou leur faufieté ? Concours de tous les^
caraB'eres , quelquefois , mais pas toujours né->\
. ce faire : fupériorité de la preuve par écrit fitr-
toutes les autres , & notamment fur celle par ccnh*
paraifin d'écriture : reconoijfance de là fiffiatüre^
participe à cet avaruage : incertitude de la preuve^
par comparaifixit y fon 'mjufifiince y fitrtout 'eu
matière erimindle. Quelques déférences entre les
écritures ne prouvent point qu elles, foient de difé-^
rentes perjônes. Quelle utilité peiït-on fe promer-
tre des vérifications d'écriture ? Æ qui ces ofice
apar tient-il , çjr quelles doivent être les qualite's'
du vérificateur N écejfità du recours ' aux ajtti-
quaïres y par raport aux anciennes chartes. Ufiigp
des pièces de eomparaifon : ne peins outrer les
préjugés contre la vérité des anciens titres & des
aaes récens. Divers moyens pour découvrir Us
artifices des faujf aires :\jufiptà quel point peur- ^
ony compter. Que doit-an. conclure de la, difirmee'
ou cohfornuté de t encre ? ’ .
BL PjAJl'TIIB.
Szer. ni.
SI rtm juge avec fiicccs dé li vérité des anciens titres par le
ftylê n’en juge pas oioiiis heureuremeat par l’écrKuie..
Elle prtfente plufiears'moyens infaillibles , pour difeemer fe
fàui diijÿtii'jQijpiqrill ne d’uiie indSfpenfâble nécellîté
d^puîTec fur an aÂe toBS les càraéitcres de vrai ou de &ux,
avant qjie de décider de Ton fort ; fe titre véritabfe doit ‘
éue 'exemc de cour üidice certain, d'ùnpoftupe le fau& .
ne 'feurok «anquer- xten reeder quelcpi’ua. Les piècet^
< v-fu J
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lî. PARTIE.
S 1 C T. III.
CHAr. IX.
JufquT <]ucl
point , pont être
déclaré faux , un
acle doit-il coatcc-
dite rbiftoire par
la fenlc incompa-
tibilité des faits ,
foit avec la date.
440 NOUVEAU TRAITÉ’
’ jutidlques ont par elles-mêmes une force fupérieure à toute
autre preuve. La comparailbn des écritures n’en peut fbu-
tenir le parallèle ni les infirmer , fi die n’eft étayée de
puifians motifs.' Rarement tirë-t-elle de Ion propre fond des
raifons . aflez déciûves , pour convaincre de faux les titres
anciens expofés à fon examen. Moins on voit de vérifica-
tions réuflîr ; plus leur dificulté fe manifefte , & plus fe fait
fentir la nccefllté d’experts d’une capacité peu commune.
Habiles à découvrir les artifices journaliers des faulTaites j
qu’ils ne s’avifent pas de juger de l’age ou de la vérité de
momïmens d’une antiquité fort reculée , ne fut-elle qu’apa-
rente. L’examen en doit être réfervé aux antiquaires. Les
préjugés contre les chartes ne font propres , qu’à conduire
a des raports &C à des fentences injuftes. U eft^ à craindre ,
que les experts ne croient fbuvent apercevôir les artifices des
faulTaires , où il ne s’en trouve pas Ig trace. Voila
en peu de mots les principaux cl^efi^uir lelquels roulera k
chapitre où nous entrons. ‘ ’ '
I. La contrariété des chofes énoncées dans les chartes avec
rhiftoire femble en fait détritique avoir un grand avantage
fur tous les autres genr« de^ preuves. Un original , qui pèche
( 1 ) efièntiellement contre riwoiré , fans autre examen mérite
d’être rejeté. Kfcys tôtitès les pièces fauffes ne la contredi-
fent pas ouvertémeot. Qand la contradiction n’efi pas (2.)
(i) Noo*
fouvcncdei
(4) V. netri i.
tmu. f. JO. ^
fitiv.
i car
" iTcntpaioiltc don-
>ire : tandis qa'clics
’dctaircir. Ce n’ell pai
, mais à fa perfec-
inire des monumeos io-
.. T? en rcmpIüTent les vuides, qni
CB détaïUqpc les circonftances , qui
«aïoorigciu les erreurs. An contraire fai-
re'concourir des dates, quioepeuveot
le maintenir par aucun (yltéme de chro-
nologie , pat aucune expUcatien raifb-
nable , unir, par exemple , le ponriheae
dTnnocent I. avec l'empire de Graticn
tcc. ce feroit tout bonleveifer dans l'hif-
taire. Les princes feanfois fubllieués aux
vérirablet par le P. Hardouin , depuis
Sire romain , jufqu'i Philippe' lt
teieot nu cenviulcmtnt daMl-hif-
avoir produit jes tnonumens fevorahles
à Tes ryltèmcs faiftoriques , qui eulTent
clairement exprimé ce qu'il leur faifoit
dite par des interpréutions forcées , U
o'auroit pas falu balancer à les r^rou-
ver comme faux.
(r) Le; daresfont partie de rbifloiique.
Une date fautive n’cfl pn;,W.>uotii Ffufi-
(ânt , pour décrier une'pliee.' Les t)orai-
res ont quelquefois , paS pnie méprifê .<
fait des mutes téeliea wins des aâes véri- .
tables. Leux tiipsitation n'efi pas tonjours ^
la ndae.'Sofidebt ils comptent autre-
ment les années des régnes ou des in- >
diéUons. Ainfi les fuputations de part de
rTautte ne s'acotdeot pas conftamment.
On doit donc fe prémunir concte lés '
jugeaKMpté<ifités,quapdlqsin^cqBptM t
énoxine ;
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DE DIPLOMATIQUE. 441
ëaorme , on n’a pas tort de mettre en quefUon , fi l’hiftoire
ne doit pas être redreiTée fur le monument contefté
• Son opofition manifêlle avec l’écriture de l’afte équivaut
aux anachronifmes les plus monftrueux. Il n’en faut pas da-
vantage pour ranger un titre parmi les pièces fupofées. Avec
la plus légère teinture des caraftères diftinéÜh des tems ;
on déclarera (i) faufie , fans crainte d’erreur une écriture
réels ou ptétenJus ne fonc nue d'une
ou deux années : k oue d’ailleurs cous
les autres caraâéces de vérité Te fou-
tiennent. Quoique la eritique de M. Mu-
ratori Ait les chanes palTe quelquefois les
trornes de la modération , » il ne penfe
U pas néanmoint , difenc les (a) Jour-
» naliAcs de France, qu'on doive juger
» un aéle faux , dès que l'on découvre
» quelque chofe , qui ne s'accorde pas
» avec les notions ordinaires. Il fe fonde
» fur deux raifons. La première c'efl
» qu'il eA échapé beaucoup de fances
» aux oficiert des chancelcries dans les
U diplômes , qu'ils ont expédiés , & que
» les notaires , qui en ont fait des co-
» pies , les ont fouvent faites très - dé-
» fcCiueafes , de qu'il eA du dévoie d'un
» critique judicieux de bien pefer ces
" monumens , pour difeernet l'impof-
•> cure de l'ignorance & le peu d’aten-
» cion de ceux , qui ont dreifé ou écrit
» les aélcs. La fécondé raifon qu'aporte
» M. Muratori , c'eA que nos conoif-
» fances même les plus ftlTocées ne nous
» éclairent pas Ainfammenc pour tous
» les tems , & pour toutes les citconf.
- tances. Il en aporte pour exemple la
» date d'une infinité de chartes , hors de
» tour fonpfon , défigoée par l'indic-
» tion d'une manière , qni ne peur ^as
» toujaurs s'aeordet avec aucun des fyf-
» cèmes reçus , ni même concilier les
«■époques de ces diférens aéies encr'eux.
••M. Muratori eA parvenu néanmoins
» par fa fagacicé à éclaircir plufienrs de
» ces dates : mais il y en a quelques-nnes
w qui ont échapé i toutes fes lumières
«> fit à toutes fes recherches. « Nous ci-
tons d’autant plus volotitiers le janmal
des favans î qu'il donne ici en peu de
paroles un e'xtrait très-fidèle de (è) près
de quarante colones m-Mu.
Tome II.
( I > Qu'on préfente donc , comme du
vu', ficelé , quelque pièce , dont l'é-
criture foie du xi'. ou comme du XI. un
aéle , donc le caraélcrc foit du xiv*. au
premier coup d'œil tout médiocre an-
riquaire jugera l'une fie l'antre fupofee.
Autrefois ceux qui fabciqnoient de fauf-
fes chartes ne penfoient guère il con-
trefaire leur écriture fut celle des fiècics ,
donciisvouloicnc dater leurs impoAurcs.
Communément il lent auroit été impof-
fible d'en trouver. D’ailleurs des reenet-
ches d’anciennes écritures préalables à la
produétion d'un titre , auquel perfonc n'é-
toic préparé , devoir naturellement faire
naitee des foupçons de faux. Elles fu-
fifent en éfec ces recherches en pareilles
circonAanccs , pour fournir un moyen
de fufpicion meme au criminel, AInfi
dans l'hypotlièfc de modèles imités i on
fe fera contenté de ceux , qu'on aura
eus en Ibn pouvoir. Depuis l'an looo,
excepré un nombre borné d'anciennes
églifcs , prcfqucs pcrlbncs ne confervoit
de plus vieux monumens diplamatiques.
Pour contrefaire une écrirure de quel-
que antiquité quelle dût être ; depuis
les 1 1 1 . fie X 1 1 1 '. fiècles , on aura donc
pris pour modèle quelque chatte du x t .
ou xii'. Elle dévoie paroitre d'un ca-
raâère fort ancien dans un tems , où
l'on h'avoit nulle connoifTance diAinéle
des écritures antiques. L’eût on teconne
pour être du xi* ; la capacité la plus
fupérieute d'alors étok trop étroite , pour
donner certitude , que la curfive des x.
Sexi'. fiècles n'avoit point eu cours à
la fois avec les divetfes fortes d'écri-
tures des VJ. fie VI I*, dont on auroit ea
quelque notion. Mais anjoutdui quel an-
tiquaire héfireroit fur ce fait ! Quoiqu'il
fût peutêtre polCble de montrer par
exemple de l'écriture du vu', fiècle.
II. PARTIE.
SiCT. III.
CHxr. IX.
foit de celle - ci
avec fon écritnre.
Dates des aéies .su
thentiques oïdi-
naitement préféra-
blet à celles , que
fbtimit l'hiAoire.
(a) Jeirrii. dttf t-
vsm.Afiii 1741.
(i) Aitiifuit. Int.
mtdü tvi. r. ;.
iifftn. cêl. 4.
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II. PARTIE.
$.1 CT. IIU
Chap. IX.
Ceoeoacs de «m
les caiaâdres coa-
traiics on faTota-
blés, pour juger de
U virixé ou de U
faulTct^ des aâes
anciens : Tcnti-
inenc de D. Ma-
billon mat ezpofé
par quelques au-
teurs , réduit à là
tulle valeur.
tu) De re iifltm,
fufp'.cm.f. 11.17,
i*-
^ -NOUVEAU TRAITÉ
vifibkment poftérieure de deux ou trob Cèdes à (à <kte;
Cirtout quand elle elt eu lettres curfives.
II. -Un psinc^e tot||eum adee^re ;peur une .pleine cer-
tkude des pièces vraies , ne i’<eft pas paiement pour celle
-des fauffis. C’eft le cetKouts de tous ou de prefque tous les
earaâèces 3 pour leiquels on peut juger de leur fincérité.
Une pièce vraie doit être exemte de tout vice fuCGuit ,
pour en démontrer la faulfeté. Une pièce faulTe emporte au
moins dans fa notion un défaut incompatible avec La vérité
de cet a£Le.
Tous les caraderes de vrai ou de fkûx ne doivent pas
néanmoins paffer eu revue , pour pouvoir ablbudre , ou con-
damner un cirre. Un iëul quelquefois peut décider de fa
flétrilfure. Une foule de caraétères favorables ne réfifteroit
pas à un defavantageux ; s’il étoit de nature à ne pouvoir
compatir avec une pièce vraie. La forme de l’écriture d’une
pièce inaliable avec fa date la convainc de faux.
Mais leur parfait acord n’opere qu’une très-grande proba-
bilité , en faveur de la vérité d’mi titre , contre lequel on
opoferoit des Ibupçons légitimes. Elle pouroit même dif-
paroitre cette probabilité devant d’autres défauts effentiels ,
ou devant un fi grand nombre de vraifèmblances défavora-
bles , qu'il fut moralement impoffible de les trouver réunies
dans un aûe vrai. Audi , quoiqu’en dilênt plufieurs auteurs, qui
n’ont pas toujours bien pris le fens de D. Mabillon , il foutient ,
qu'il n’eft (a) point de faux aâe fi femblable à l’authentique ,
qui ne pèche ou par l’écriture , ou par la matière , ou par le
ftyle , ou par l’hiftoire , ou par les notes chronologiques , ic
qui par là ne mette l’antiquaire en état de le démaf^cr.
Une disjonûive fi étendue n’exige point ,que tous & chacun
de fès membres aient leur aplication à des titres , dont la
faiilferé ponroit réfulter d’im feul défaut ellentiel. Mais il
efi indifpenfable que tous ou prefque cous concourent , pour
dilértnre de celle qo'oa connoicÿ elle fc-
loii C dülèmblable de Ucniiivc du ii'.
qu'on ne poutoic s'r méprendre. La'cer-
eitude lëroic encore moins Cjjcrie à être
oHifquéc par quelque nuage i fi l'on
pioduifoit , comme du xi'. Cède ou des
tems anérieors , une éecimte couiaote ,
faite feuicnienc au iiii. ou xiv. ou
fur ^ modèles du même tems. Ou peut
donc quelquefois juger avec alTurance
de la faulTeté d'un aéic , pat la lë'ule eon-
uadiéUou de fon ccticoie avec fa date.
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DE DIPLOMATIQUE- - 44#
la juftification (i) d’une pièce ..Contre laquelle on.alëgueroif:
des moyens de faux capables d’en impofer. j . •;
III. Le diplôme royal , la bulle pontificale , la charte fi)
écléfiaftique ou laïque , l’aûe public , en un mot toutepièce
d’écriture , ne fut-eEe que privée , tient Je. premier . rang
parmi les preuves admifes dans, tous les tribunaux. Les preu»
ives n’ont pas befoin d’étre prouvées. II eft de leur nature
de fixer les jugemens , & d’entrainer les fufrs^s ; à moini
qu’on ne falTe voir , que la fiipercberie leur a donné l’être,
ou qu’un indigne aliage en altère la pureté. Hors ces cas
démontrés par des faits ou des indices àufli brillans , ‘que les
rayons du ioleil ; l’aâe public eft au-delTus des ('3) coups ^
que pouroit lui porter la preqve de comparaifon. 1
La preuve teftimoniale , où le faux fe glilTc encore plus
aifément , que darula littérale, lui cède aulfi toujours le pas :
quoique l’une Sc l’autre foienc également cenfées phyfiques,
& qu’elles l’emportent fur la preuve ^ réfultant d’indices plus
clairs que le jour , apelée morale. Onrdoit donc pUi^ croire
à l’écriture , qu’aux témoins mêmes, qui l’ont (a) fbuferite:
II. PARTIE.
Si CT. MI.
Chat. IX.
Force de la preu-
»e par écrit: croît-
elle ou décroît-
elle par la morede
Tes auieuiti Panai
les preuves , celle
par coispatairoD
il’écfitntes n'a de
la nature , que le
dctntcf nng.. r
(1) En tout autre cas , il en rera de
l'acte juridique , comme de l’bonéte boni-
ne. Il doit jouir ^nne répucaciou en-
tière i unt qu’elle n'eft point entamée
pat des acuuciaos fléirilTaqisf.. £ft-il
chargé de crimei aux peux de la Juftice i
S'il en ell vétiablement coupable i il
ÜBia ttés-dificUc . qu'il n’en foit convain-
cu. Un aâe initâé do vice de Eiux fera
bien plut dificilement encore à l'épreuve
du coneourt des mopent , qui peuvent
dévoiler là lupofition , on les ullïfica-
tions qu'on p aura commires. Quand il
■éblleioit i plubeuis de cet mopens } il
t'en tionvera toujouts quelqu'un , au-
quel il faudra ruccomber. Ou ue ba-
farde ries à ptonoocet en &veat de fa
fîneérité i s'il n'eft aucun de ces mopent,
donc il ait lera quelque ateinte moncUe.
Tel eft an jufte le rentiment de D. Ma-
billoD. Tout antre qu'on lui ptéteroit ,
ne feroit propre qu'a indniic en erreur ,
U t'il ne fentoit pas la calonuie , il
marqueroit an moins peu de jafteiTe,
(t) On ajoutait anciennement ébi plei-
ne ti codète tuxéctinucs des gens <i'i-
glife ; & l'on coorinae de leni eanfervet
cette prérogative en quelques endroits.
Les Etats de Venife Ibnt un des paît ,
où elle s’eft maûirtniie plue conusnv
ment. , - .
(p) n La con^aniron (i) <féeiitutene
» peut pas même être re^ , quand c'eft
aa pour combattre la foi non aâe pubUc j
aa picequ'il ne Ce peut jamais Etire , que
aa les conjeéhires , que ferme la feule
■ diférence ou rellémblance .det camcr
aa térct, égale la fei que l'on doicbl-'aT
■a teftation Iblcnnclle des pcrlbaes par
aa bUquet éc des témoins, «a Selon la no-
velle 7). les témoins doivent être crut
pièférablement aux experts. On ne peut
pat même tecevoirla ptenve par témoin ,
in6niment plut ferre concre la preuve
aoibentique par écrit, tel qu’eft un aâe
ligné de deux notaires , ou feulemenc
d'uD notaire St de deux témoins. L'inf-
cription en feux n'eft donc pas recevable
aa quand on ne (r) taporte point de plus
tf forte preuve , que la comparaifon pat
aa experts, a»
Kkki>
lA.autU.‘4,r.fi
(t) Le Fajvr , di
U fmmfétr tm-
fartùfm tCitrim*
n.f. 44.
■ t
(t) IM, f. 4d’«
Dig ‘ “ '1 by Googk:
II. PARTIE
Sec T. III.
Chae. IX.
Reconoiflance de
récriture , fupé-
jicute à toutes les
vérifications ; i
ijucllcs conditions
adinet-on la preu-
ve par cotnparai-
ioa d'écriture î
(a} UiJ. f. 4I.
it) D.Va^. St ve-
to tsoucoiur. 7.'
'! - «
(c) L. fiT. ctd. de
(d) Nrr. de V/tjft-
rr'ivj , de ferifs.
frru. M, I. J, II.
(e)Lti.Rip. fit.
if.i. i.&Mi-,
NÔÜ'VE'ÀÜ TU'AÏTTÉ"
plutôt aux témoins , qu’à la preuve fi) par comparaifon
d’écriture : puifqu’elle ne rient pas pour l’ordinaire un rang
fort diftingué parmi les indices.
L’écriture judiciaire , lom de perdre quelque chofe de foa
autorité par la mort de ceux , qui l’ont drefl'ée ou (bulcrite ,
aquiert (2,) en conféquence une nouvelle force.
IV. Que des notaires aient drelTé quelque a£le , que des
témoins l’aient fouferit, & qu’ils reconoilfent (3) leurécri-»
ture ; ce témoignage eft infiniment fupérieur à toutes les
vérifications des experts. S’il eft arivé ,^que ces derniers
aient détrompé des perlones peu atentives , qui prenoient
j>our leur écriture des pièces contrefaites ; il feroit aullt
(jyéhcz ICC J<.).Aiÿualtes, les ié>'
inoias'ceCoaoiiroient.ils Icucs ligaaeurcs
dans une cjiarte aeufée de fa» ; elle
étoic jnllifiée fans vérification. Le fer-
ment dm^huncelier , eelVi-dire , du no-
taire .opéroit le juéjnc éfet. Quelquefois
néartmoins la baibare'jutifpradence des
(i) Le rapottdes expettt.O’cA pas une
fiolple dépofitisn de témoins ,.qui atef-
tenf ce qu’ils ont vu. C’ell une opéra-
tion de raifonement , plus Injettc à l’cc-
atur , qucle témoignage des ycnx. ■ ■ j
(i) Lé tcoioiguacc (n) .d'un homme
U cil confirmé pat m jaétt , te par ta
'« tttémerWfon quo ndne novefte 7 vdit,
” quepf.RIcsaotairos ,oji la téinpif$(
» qui ont figné l'aélc , (ont morts ; alots
» leur fignature fait foi : fans qu'il foit
nlicfdin tTaoTre dépefitién; pourvu qu'il
WfaroIlTc , qnec’eft'leuT fignature : par
b» ctjtfe'fiiftfie'raifoiii' dil-jé, quand Tel
M témdlAs otl les mrtan'és-, tjul bnf ■iter-'
»té un aélc font décédés i leur témén^
Wgna^é- prend cncorééme nouvéllc iftr-
9> ce dé leur mocr. Elle pàlfc pour la
>> confirmation la plus authentique qu'on
» puiffé defirer de lents difpofitions ; elle
»■ elle vaut , dit (r) fa loi , le récolement
» 8c la conliontation h pids (olennelléf
n La rülôn en efi , qu'on préfume tou-
srjburs , qu'un homme- qui va rendre
» compte à Dieu de lèvaélrons , ne fou •
s> fre pas , qu'il demeure de lui après fa
» mort , un téraoignage , qui i'acolê
T> éternellement de ranlfeté devant Dieu
n 8t devant les hommes. <■ Aulli cll-cc
nao maxime repue , qac'l'éctiturc d'un
mort prouve plus, que celle d'an hom-
me vivant : furtout fi la léputacion du
premier cit intègre. II en réflihe même
une preuve complète , pour peu- qu'cite
fbir apuyèe d'aillcms. C'ell (urquui )
il ne paroit nul partage emte les juiif-
coafuJies,
dneU roh^coii.à lè batte:, poui ea faire
laprcqvç: quelque manièce qM I<|
picce lut déclarée vérilahle ; l'acufatcut
etoit condamné à l'amende , tant envers
(à partie , qu'envers le dianceUer Si les
ténioirii. Etoit-elle convaincue de faux !>
LS ‘partie idvcrftSt ks^téihoinspapoidru*
Pâoièitde ;ti te chantcliet avoir 1« poucéé
coupé. Cèia fu^fe- prévarication de leur
part- :‘éar en tout autre cas < où il ne-
s’agifloit que- dé la vérité d'une pièce ;
la feule reconoilfance des témoins fiifi-
foit. S'ils avoient feulement été té-
moins de la confcélion de l'ade fans le
l^ner 1 ils -ne poiivoienf pas toujours’
faire tomber leur témoigutge fur tello-
piète , qu’on leur adroit préfentéé ,
pour reconoitre. Car une amre auroir
pu lui être fubILitnér. Mais comme il n'a-
rive pas , qu'on laiflê ignorer les claufcs
principales d'un aéle aux témoins , err
préfence defquels on le parte ; fouvent
il ne leur auroir pas été dificitc de lo
tceonoitreà ces indices.
(If) tes cas edtraordinafrcs ne doivent
point tirer i ' tonféquence. Pour qu'ils
arivent ÿ'il faut que les perfoncs inté-
refléés ne fbient pas fur leurs gardes ;
8c qa'elks aroncnc leur méprilc. Un
homme rccoooic fou écriture : s’il eft dA
i
ft
DE D IP L O M A 1 1 Q U É. 44
dangereux , que contraire aux loix , de s’en raporter aux ex-
perts , préférablement aux perfones de conoilTance , & à
celui-là meme , dont la fignature eft en débat : furtout lorC-
qu’on n’a pas fujet de penfér , que fon témoignage foit diflé
par l’intérêt.
La preuve par comparaifon d’écriture ('1) n’eft admife ,
3u’au défaut d’autres moyens plus éficaces , ou qu’à raifon
e leur infufifance. Mais elle n’eft point acordée , fi l’on n’eit
a d’ailleurs de graves & de pertinens. Il eft jufte de s’en fer-
vir , fi celui , qui pafle pour avoir fait une pièce , ou ceux ,
donc elle porte les (a) fouferiptions , méconoiflent leur écri-'
ture : fi l’on foutient d’une part , &: qu’on nie de l’autre ,
qu’une écriture eft de telle perfone ; enfin quand on s’eft
inferit en faux contre un aûe. Dans plufieurs cas la pièce
pouroit n’etre pas même fulpeftc. Le féox tomberoit Iùr‘
l’écrivain , ou les témoins confidérés fous cette qualité.
Tout examen dos titres n’eft pas vérification-é On auroir
CoD intérêt qn'clle oc foie pas de loi , ou
a'it d'cd a point d'autre , que celui de
rendre témoignage à la vérité ; il e(^
plus croyable , que tous les experts du
iGonde eoTemble , qui précendroient lui
prouver par les règles de leur art , que
Ton écriture n'eib point la (ienne. Rien
oc feroit plus éunelle à la fociété , que
la mailme contraire. Mais l'excès du
ridicule en fait dirparoicrc le danger.
AulTi malgré les dépolirions des vérifi-
cateurs , qui teadoiene à faire rejeter ,
comme faux un contrat d'échange , ra-
porté dans la 7 j . novclle de JulTinien ,
lut-il déclaré très-auchcntiqne : dès que
les témoins curent reconu leurs lignaru-
tes.jugées par les experts dilfeiBblablcs
des pièces de comparaifon. Ceux-ci u'eu-
raot 'pas la hardielTc de leur Ibutcnir ,
u'ils fe CTompoient , & que la dilTcm-
tancc des fignatures du titre argué de
faux & des pièces de comparailbn étant
démontrée pat. les règles de leur art j la
reconoilTancc des témoins ne pouvoit le
mettre à couvert de la Acttiuure.
(t) La loi fait (è) juter celui, qui
là demande , qu'il n'a recours à ce moyen,
Zue parceqSc ks-autres lui manquent ,
: qu'tf n'a lien iàit , qui puilTe donner
ateiote i la vérité. Sans (c) ces condi-;
cions , la vérification cil nulle. AuIIî , fé-
lon Baldc , tefufera-t-on la comparailbn
des écritures à un homme, qui prétend
employer d'autres preuves fumantes. On,
la refufera , par report à un aâc , dé-
pourvu des formalités nécclTaires. Car ,
uand la preuve pat comparaifon pto-
uiroit réfet, qu'on fc propofcila qua-
lité de l'aélc la rciidroit inutile. Ou ne
fc borne pas au ferment de la partie , qui
follicitc la preuve par comparaifon , «n
le défère encore aux experts. Ils oc ju-
‘ rent pas néanmoins la véiiié des faits .
; qu'ils raporrent , mais que telle cil leur
' opinion. Ne» fur»ni (d) ntc tentninr ju-
Txrt de verilMe fnde , fed mnlùm de
crtdullvue. La raifun en cil que , pour-
jurer Un fait , il faut au moins ctrè fon-
dé fur le témoignage de fes fens.
Les loix (r) des Ripuaircs n'acordoient
' la preuve pu comparaifon , qu'aptès la
mort du cliancclics écrivain de la pièce.
Les loix des Lombards ne permettoient
' de s’en fervic à l'afrànchi recherché'^
par raport à fa liberté, que dans llm-
puifïàucc de produire celui, qui l'avoic
tiré (Tefclavagc , ou les témoins dc’f»
'manumiinoo.
n.PARTIE.
SïCT. III.
Ch AP. IX.
Eiameo des titret
dillingué de leur
véiification.
(a) Lej. If'ififethi ■
lit. x.t. 4./. }.
(i) Si veri nihil
iaemhem. defide
infirHm.
(e) Nie. de fef.
ferihut , de /erifi, •
friv. t. 1. ». fi. ■
&/eiJ.
(d) lied. ».'j43
(») Lef. Rif.lil.f/
(/) Itè.x. rit.} 4.- ■
l. it.
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44tf NOUVEAU TRAITÉ
peine à croire , qu’un homme auffi judicieux , que D. Rî-
II. PARTIE, ver ( I ) eût pu confondre ces chofes ; û l’ouvrage , qu’il
s E c T. III. j-ijg jie lui fournilToit quelque excufe , que fon texte ne fait
Ch AE. IX. r - •
pas fentir.
Partage des Je V. On l’a déjà VU , la preuve par comparaifon d’écriture
fur la preuve JM d’égale ni la littérale', ni la teiUmoniale. Bien évaluée elle
^?urcs“ fon in- fc réduit à Celle , qu’on tire des indices. Ces indices peu-
certitude , fon in- yçut être certains par eux- mêmes , &c pris fëparément , où
uère'cri^'cll”* feulement à la faveur de leur réunion. Ils peuveiu être pro-
u recrumn . ^ légers 6c frivoles. Tous ces caraéleres fe rencontrent
tour à tour dans les vérifications. Beaucoup d’auteurs frar
pés de quelques-uns , à l’exdufion des autres , ont regar-
dé la preuve par comparaifon , comme incertaine 6c (2,}.
[«) Hjf. UtUT.
l.t.f. H- fS‘
(i)Pràf»l.f.xlvii.
xlvüi.
. (i) En 1074 , nous dit-il , dans undi-
fdrend entre leî abaïes de S. Aubin & de
S. Serge d’Angers, Rainauld fcbolaftique
de cette ville , » examina (a) foigneu-
wfement des titres. & reconnut <|u’iJ y
n avoir une équivoque dans ceux de S.
n Serge , qui perdit fon procès .... On
U voit ici que Rainauld Ht les fondions
„ d'axVlILT EN FAIT DE VERIFICATION
» d'acte , & l'on en pourott conclure ,
wtjue ces fonèüons apanenoient alors
..pont l’ordinaire aux fcholalHques des
villes. « Mais pour ériger en vérifica-
teur les maîtres des écoles écléfiafliques ,
fufit il de tiier des conféqucnces d’un ré-
cit , où l'on n’aperçoit nulle trace de vé- ,
rification , nulle inferiprion en faux ,
nulle aparence même de Ibopwn contre
les titres produits i au moins u l'on s'en
tient aux fiiits raportés par D. Rivet lui-
même .• A la vérité dans les notes fur les
aéles des évêques dn Mans, inférés dans
l’édition dn vénésabte HilJebett , pu-
bliée pat D. Reangeadre , M. Loyauté
avocat au Pailement a mis (i) au jour
le jugement rendu entre les abbaïes de
S. Sage At de S. Aubin pat cinq abbés
auxquels Rainauld frummsiritn <J* ar-
fUMstn , êc Robert doyen d’Angers fu-
rent adjoints. Cette pièce «’a tien , qui
ait trait i des vérifications ; fi ce n’eft
que l’un des titres porte un i pour un a
(c) Nrcvl.y). f. dans le nom de la terre en litige. Ce ne
Si tameo. .fiu point plutôt Rainauld , que (es au-
tres juges : qui fit cate remarque. Ils
ne purent décider fi la faute s'étoit faite
exprès , ou par l’ignorance de l'écrivain.
Mais on n'aucoir pas même dû (aire naî-
tre de là le plus léger foupçon de (ratt-
de. Le diplôme étoit du roi Robert :
perfone ne révoqua ni ne révoque ce fait
en doute. Il étoit mort depuis 40. ans ;
(ans qu’on eût (ait aucune ancienne dé-
marche , pour encrer en polTelIion de
Champigni fur Pyron , dont il s'agiflbic.
Céroit maniicftcmcnc une faute d'écri-
vain. Rien alors n'étoir plus ordinaire ,
que d’eliropier les noms propre Ceux
mêmes en (àveur de qui le diplôme pro-
duit (ût donné , avoient prouvé fufi-
famment parlent longue inaâion , qu'ils
n'avoient regardé l'i pour l'a , que com-
me une faute d'écriture , échapéc au no-
taire royal. Du reAe le procès fut jugé
fur divers aiures moyens beaucoup plut
graves.
Au lien d'atribua en confSqneoce la
qualité d'experts aux fcholaftiqua ç on
conclutoit beaucoup mieux , non de
cette fentence , mais des obferTacioui
de M. Loyauté, qui l'accomp^ncnt , que
les maîtres des écoles faKoient dans
quelques églilës , comme dans celles
d'Angers le de Poitiers , les mêmes (bne-
ciens , que les chanccliets Ac les primi-
ciers des notaires, cxetçoientdansla plu-
part des autres. ,
. (s) L'empereur (c) Juftinien , fulvj
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DE DIPLOMATIQUE. 44^
dangereufe ; plufieurs , comme faifant ( i ) preuve (iifîrantc.
Quelques-uns lui ont donné force (ij de demi preuve. Quel-
ques autres la mettent au niveau des limples (3) préfomptioos^
des conjechires , &c tout au plus des foupçons légitimes.
Il- partie.
St CT. III.
Chap. IX.
^ane finile de JC infifte fur l'incertitude,
caufée par (a) la r.lfemblantb des deri-
lures. La preuve de comparaifon fcoible
à (i) Menoebius riès-dangcieure ; parce-
c]u‘il ell d'expdrience , que plufieurs imi-
tenc 11 bien 1a main d'autrui ; qu'il c(l
aifé de s'f méprendre. Dans l'borrible
confpiracion , calomnieufcmenc imputée
en teSp. à quelques chanoines de Beau-
vais , on leur teptéfenta des lentes in-
Kteeptées , dont on les vouloir faire au-
teurs. Déjà jKairt mtitret îrrivtins ju-
rés sU Puris Mvtins ujfuté , ^u tilts tseitnt
àt Itssrs frtprts snstsus , dit un chanoine
de la meme ville racontant alors , com
ment la chofe t'éioir palléc. Un des
quatre chanoines prifoniers eut la fim-
pliciié de rcconoitte quelques caraéletes,
comme s'ils culTent été de fon écriture.
Mais le faulTaire arété bientôt apres
avoua fon impollure , & fut puni du
aernicr fuplice , malgré les inftsioces les
plus vives & les plus touchantes , que
lirenrh Louis XIV. ces pieux cclcfiaui-
ques , pour obtenir la grâce de leur
calomniateur.
([) Antrefois , dit (c) on 7C de Pa-
&UC , la preuve par comparaifon (àifoit
foi pleine St entière ; mais on a depuis co-
rige cet abus. Acutfe (d) avec quelques
^ doâcurs , a prétendu , qy'elle fâifoit tou-
jours preuve, d'aurr.s demie preuve, d'au-
tres quelque chofe de moins , qu'il faloit
laifTer i la liberté du juge. Covarrurias ,
Pantscliman , un auteur .qui a écrit fur
la coutume de Paris , fouticnnent, qu'elle
n'opete pas une fîmple préfomption. Ce
qui donne do poids à la preuve par com-
paraifbn , favorable è une écriture pri-
vée ; c'eft que ccllc-ci fait pat elle-même
une fr} ' ptéGnnption , pour celui qui la
produit. Aihfi j^ulasq à la preuve de com-
paraifon , elle , feralf/J demie preuve.
La preuve' t^fulcanc de U comparaifon
des écrituies , peut , dir^in , devenir fi
forte en certains cas , quelle feroit
preuve pleine. C'efe i’. loifque la pièce
de companilbn & l'écriture font parfai-
tement Icmblables. Mais le contraire e(l
démontré : puifqu'en certains cas on ne
fautoir fournir une preuve plus évidente
de faux. x". Lotfque trois témoins gra-
ves reconoiflànt leurs Cguaturcs , afir-
oicroicnt , que la pièce auroit été écrite
en leur préfence : furtout fi elle étoU
fouferite des deux parties. Mais en ce
cas la preuve par comparaifon Icroit fu-
pcifiue, j". Lotfque l'écrivain (h\ de la
pièce & les fouferipteuts (ont morts.
Mais il faut alors , que la comparaifon
fe falTe & de récriture & de réctivain fi)
de la pièce & de celle des foulcriprcurs.
Malgré ces prétentions , plufieurs ont dé-
fendu l'opinion contiaitc.-: parceqne >
difem ils , la preuve par comparaifon
eft ttès-rtompeufe & dangeteufe : Msd-
timfulUxé- fmcule/a. 4^. Lotfque les
parties fetoient convenues d'ajouter foi
pleine de entière , en vertu (k) de la
feule comparaifon. Mais la vérification
peut-elle emprunter de-là fa certreude p
j°. Lorfqu'elle eft foutenuc (l) par d'au-
tres preuves. Mais peuictre en tirera t-
, elle toute fa force. Au tefte qui dit preu-
ve en fait de matière civile , ne fopofe
I, pas toujours cenitude. • :
( 1 ) Cujas (», ) ne la regarde , que com-
me une demie preuve , à la Avepr de
{4) Vtftistrtrt ai
fmt. ch. x.f,
•41.
(é) Ttxt. tsrvtL
7J. r. 1.
(r) Nrc. sitpmftr.
Jt ferift. frivuiâ.
M’- X. R. ff.
(d) ItU. a. (S,
(f) IM. ». 7x.
(/) Jiid. ».7j.
(/) lUJjs.tj.tf.
(fi) liid, a. JJ.
16).} . ..
» . ^ V
(<; iisd.k. S6i.
(*) tM.st. J4,
(I) liid. a.
Jaquette , le juge peut défiéiêt le fox-, , . . , ,
<ment à la partie . qui foutient la vérité Ad»»w/. 4 j.
fr 7S»
(») Pa/. 40. &
fisiv.
5 de récriture. La preuve pleine, félon (n).
jM. le 'Vaÿet , elt la littérale ou la tefti-
' moniale : la demie preuve eft fondée ,
non fur un indice indubitable , mais lux
plufieurs. Or la preuve par comparaifon
des écrituies n'eft , qu'un indice ttès-
équivoque. 1 1 cil des cas , où il ne forme
, pas meme (•) la plus l^ère ptéfomptioiXrr
(3) Tant s’en faut qu'elle falTe demie,
preuve , ou qu'elle donne une ptobabi-
üté ou quelque légère préfompdon j fe-
Ion plufieurs (p) célèbres Je, cç n'eft.
que de 1a filmée. M. le Vjjrer (j) en cjte
I un très grand nombre. »U eft cenain ,
(t) F'Mg. 4<,
fssiv.
; ( • .V
(p) Kit. Otntvl
dt/trif prtv. 1. 1,
R. 70.f.$).
(j) Pa/. »o.
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th PARTIE.
S £ C T. I I I.
Ch AP, I3C
(«} Dt U frtKvt
par nrnp»r*ÿr«-
p.9t.
J*.
W P*X ’7- «»•
fti) CrJ- la. f.
rit. tt.L xt.
(i) Dt U prtmt
par ctmparaifou.
^ n-
(J) IM.p. H.
f-
.{f). Nie, A
/tribas dt firipi
prh.l.l,
- V .
^48 NOUVEAU TRAI.TÉ
Ne pouroit-on pas croire , que tous ont raiibn & qut
tous ont tort î Cette preuve en éfet relévée &c déprimée à
l’excès , n’eft fufceptible des avantages &c des défauts , qu’on
lui prête , que fous divers régards. . Ainfi tantôt elle ira jut
qu’à la certitude : tantôt elle opérera des probabilités plus
ou moins fortes : tantôt elle ne produira que le doute : tan-
tôt elle fera plus dangereufe à (i) l’innocence ,qu’utile pour
»idit-il , . . . <]iic la commune opinion de
a> tous les doâcurs cH , qu'il n'p a que
» dogte & incertitude dans la compa-
» rairon des écritures , & qu'en matière
a> civile elle ne fait point preove i tant
a> qu'elle n’cd fondée que for le (impie
» raiibnement des experts , & fur la
•3 lelTcinblance ou la diveefité de deux-
n caraâcres. «
(i) » chofe étrange ! s'écrie M.le (a)
n Vaper , Sc bien particulière en ce cri-
» me (de 'faux ] , mais bien véritable
•3 pounant > que l'innocent y eft plus en
s» danger mille' fois que le coupable. «
Toute Tantiquité ne fournit pas , nous
dit-il , un feul exemple en matière ca-
pitale , qu'on ait fondé une preuve fur
le raifonement des experts. Une écritu-
re , pour faire preuve {b) devoit être re-
connue ou prouvée foit par témoins,'
(bit pat indices. Jamais (c) on ne fe
fervit de la preuve de comparaifon en
matière crimineKe ni chex les Grecs ni.
Suivant M. le Vayer 3, rien (/) de plot
33 incertain que les experts , ni de plot
33 trompeur que leur art . . . la compa-
3, taifon d'écritures n'ed d'aucune des
33 trois efpèccs de preuves , qui (ont
3. défirées par la loi , dans l'inilruaioa
33 des adaires criminelles. « In trimina-
ia»i ctmparali» liiitrarmm ntn prtbai di^
vtrfitatem matas , ^aia ftfiglmi (f ) fal-
lax ejl. Quand la certitude de l'art des
maitres écrivains iroit julqu'î convain-
cre une pièce de faux , elle n'itoit pas'
jufqu'à montrer fon auteur. Ils pouronc
faite toucher an doigr les rapotts plus
ou moins marqués de dçux écritures : mais
des écritures tnès-fcmbUblcs peuvent être
de diverfes mains , & des écritures trel-
diférentes peuvent être de la même. Il
faut donc d'autres Mpens , pour con-,
«vaincre le cotqiabie TiC (bn crime eft*
réel, (^uand il s'agit vie on de,
; l'faooneOr V'Ii 'jufttee né'pdpt lesâite'
I perdre , que for une fooviâioo , qui aie
ccrticude MOT ba(è : les preuves pqi
^ écrit eoptè tembins y font tequifês. Wo-
‘•deors (âvans Je. font dificulté d'y ad-
j mettre les preuves , fondées fur des in-
dices plus cliürs que le joue. Cependant
les veridcations ne peuvent jamais apat-'
tenir , qu'à ce troideme ordre depreo-’
ves. Il eft même alTcx tare, qu'elles (ment
portées Julqu'à'la ccrtitudcmondc^ Com-
ment donc pouroit-on , iioot 1» difons
pas condamner un honpoio au dernier
fuplice , au banilTcment , a des pcin^
infamantes } mais déclarer une pièce
faufl'e , en vertu de la (impie vérilïcar
: tion des experts I Sans nous arèter aux
anciennes lok,qui fembicnt ne le pasper-
mettielan moins l'équité naturelle ne (bu-'
ftiroit pas, qu'on en u(3t aiaden quelque
nombre que (uffeni les experts , quelque
UBiformes que (blTeiuleotst sports, quelque
U
I
DE DIPLOMATIQUE. '449
U découverte du crime. A ces traits on croit apercevoir un
vice dans l’art de vérifier , dont la plupart des autres arts
ne font pas exems. Tout dépend du bon ou du mauvais
ufage, qu’on en fait.
Plus d’une fois des (a) experts fincères ont reconu darjs
celui-ci des di£cultés infurmontables. Plus d’une fois leurs
coryphées ont avoué , que loin d’être infaillible , il n’étoit
pas toujours certain. Mais quand ils n’en conviendroient
pas ; la chofe eft trop évidente , pour être mife en problème.
Plus d’une fois enfin ils fe font vus forcés de confeffer ,
qu’il eft des faulTaires , dont l’imitation eft fl jufte fie fi
précife , qu’elle eft capable de pouffer à bout toutes les ref-
fources de leur art. Hors quelques cas linguliers , on peut
dire avec Balde ,-que la preuve de comparaifon {h) n’eft qu’un
argument tiré du femblable &c du vraifemblable. » Com-
» bien .... pouroit-on (c) faire de gros volumes , ajoute M.
» le Vayer , de ceux c^ui ont abufe les juges , les patticu-
•> liers éc les experts memes par la reffemblance & la con-
» formité parfaite des écritures ? « La nature de la dépofi-
tion des experts prouve affez leur incertitude. Ils n’oferoient
dire , que telle chofe eft , mais qu’elle leur paroit. Ge n’eft
donc plus qu’une vraifemblance. C’eft , au jugement (d) de
M. le Vayer , un défaut de notre jurifprudence , de con-
damner quelqu’un en matière civile , fur le raport d’écri-
vains , qui ateftenc , que c’eft fa fignature ; quoique la loi
exige la préfence &c la dépofitiou de trois perfones dignes
de foi.
VI. Quoique Fart de vérifier fbit expofé à de fréquentes
xnéprifes -, il ne paroit pas , qu’on doive le proferire abfolu-
ment. Pourvu qu’il foit refferré dans les juftes bornes , &
que l’exercice n’en foit confié qu’à des experts vériuÛe-
ment capables , relativement au genre des vérifications , qu’il
s’agit de faire j fon utilité ne fermas douteufe. L’ufâge qu’en
font les tribunaux , en prouve allez l’importance. Son grand
«ctticude, qa'ils ptdtcnliflènt aroir ; fi cc
a'eft que leur cenirade petfoDeUe Jùt de
aatoie à devenir ceHe des juges, par l'dvi-
deacc de rimpoftnie.Carsl nefanc pas t'y
mdpreadic : quand il ne t’agiroit , que
4e juger (aux un ancien due ; on ne doit
Tome II,
pas le fidre lus de grandes ptdeantions.
La lldtrifiure d'un aâe rdjaillk Tut les
corps, les familles ou les paidcnliert.
Leur honneur y eft coi^outs compromis :
quand rodmc il n'y va pas de ta vie onde
û libettf.
LU
ir. PARTIE.
Sacr. IlL
Chas. iX.
(a) mfme-
ùf i$ tmrtiicrirt^
fmr Prmihtmm*.
f. 87.
(h) Camfmrm.
». M-
{') 1 «•
(-0 P»x. I.
Utilitdde tare de
vérifier : jufqu'où
va quelquefois là
cectuudc.
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II. PARTIE.
S I C T. III
CjtAf. IX.
U) Nie. Jt f»/-
fir. ibid. lib. i . :j.
7. dub. I. B. I.
(t) Spùiltf.t. 4-
f. H°-
{c) Di n diplum.
(d) folyp»ph.
^fan.figh. XVI.
(«) DiJJirt. di-
fUm. Girm. imfi-
r*t, ô- rtgum , su-
Btrt J. Nie. Hii-
vop- Jt.
(/) Hift. teeUf.
i.Ij.f. j«4.
4Î0 NOUVEAU TRAITÉ
mérite eft d’avoir découvert la faufleté d’écritures , reco-
nues pour véritables par les perfones intéreflees à les mé-
conoitre , & de les avoir obligées de convenir de l’illufion ,
qui leur avoit été faire. En général on ne fauroit nier , que
cet art ne foit quelquefois d’une grande reflburce : quand
on en ufe. bien , & qu’on fait aprécier la valeur de fes opé-
rations.
C’eft une maxime du droit , que le faux (a) fe prouve
par les (i j préfomptions. Or E les vérifications en préfentent
(1) Voici qucl(jucs-uncs des principa-
les ; detitutes publiques & privées , coû-
tes en font également fuiccpcibics i à
condition qu'on n'oublie pas d'p joindre
leur correéiif.
1°. Un aéie fe rend rufpeéi ; en ma-
tière civile , pat la divctliié des mains ,
qui l’ont écrit ; pourvu que cec indice
uùc fouieiMi d'auiccs preuves. Mais le
changement d'enccc ou de plume n'cA
pas un moyen légitime de (ufpicion. La
diférence même de récriture oc feroie pas
plus élïcace en certains cas , pour prou-
ver, qu'elle n’cA pas de la même peribne.
Divcrfes portions d'un teAamcnt peu-
vent avoir été écrites en des tems éloi-
gnés , en fanté , en maladie ; d’où fe-
lonc acivés de grands changemens dans
k ferme du caraâèrc.. Si taéle énon^ic ,
qu'il auroit été écrit , ou qu'il pourtoit l'ê
tte par diferentes mains ; leur divcrficé
ne lui feioii aucun tort. Une (b) notice
de la xi°. année du roi Robert prend
des précautions , pour fe mettreà cou-
vert de l'infctiption en faux. Il s'agir du
■om (Tun héritier , qu’oti ignoroit alors ,
b qu'on étoïc téfolo de lailTcr en blanc ;
b cependant on fc réferve cxprelfément
deux amiées , pour remplir ce vuide. Le
caraélère de cette addition ne pouvoir
donc pas manquer d'être difércnt de ce-
lui du refte de l’aéle. C’ell pcuicire pour
cela qa'clle fct portée en marge. I>u
moins s'y trouve-t-elle dans k nif. de la
Chronique de Centule , c'cA à-dite de
S. Riqnier , d'où eme pièce eft liiéc. Les
originaux , fnivant D. Mabilkn , ofrent
(t) beaucoup de ferablables vuides , dcl -
tinét aux noms propret. Mais il n’en
cite , qo'uD exemple. H eft encore bien
plus ordinaire de latlTec des elpaxcs en
blanc au bas des pancartes , ou pour les
ligiiatutes , ou pour les donations futures,
qu’cUcx dévoient renfermer. Mais ils ne
furent pas toujours totalement remplis.
Dans les lettres milTivcs , dès le com-
mencement du XV i'. (iécle , il éioit
d'ufage («) en Efpagne de ne commen-
cer le difeours , qu'aptes un intervale en
blanc , à la fuite de Monjîcur , ou de
quelque chefe d'équivalent. Nous ne
parlons point des blancs fignés. L'em-
pereur (<) Vinceflas (àifoit des diplômes
en blanc fcellés de fon fccau , pont être
rempli au gré de ceux , à qui ils éroicnc
acordés. Les oficiers du Pape S. CéieAin
abulèrent de là Cmpliciié , jufqu'à don-
ner de même des bulles en blanc. Ce fait
eft raperté pat ( /J M. Fleuri , d'après •
Raynaldi. Revenons à la fuite des pcé-
fomptions de faux rclacives aux écritutes.
1°. Quand des aétes fe conrredifent fur
le fend b rclTencc des chofes ; ib ne font
plus croyables : (i ce n'eft que par fuper-
cberie on eût mêlé quelque pièce faulfc ,
pour contredire les véritables. Alors il
faudroit difeernet le vrai du faux , b
conferver au pKmter cous fes droits.
)°. Avoir écrit on produit de faullês piè-
ces , fait ordinairement préfiinier defa-
vauagcbfcmcBt au fujet de celles , qu'on
piéfcme : fupofé néanmoiiis, qu'on y. re-
marque d’ailleurs quelq^ic défaut. La pré-
fompikmb'a pas lieu , fi les pièces fanf-
fes produites ont é|é tirées jatidique-
ment dlin dépôt public fur un cnmpul-
fare. 4°. La prélbmpcioo tinée de la di-
lércoie aUBicre , dont nne peifone écti-i
ta fon nom , furtouc fi cccte diférence
ne confifte qii’cn oik ou dCax lettres
don paroitre trcs-lég. re b même nulle p.
quand ri s'agira d’aocieimcs chartes ,.
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DE DIPLOMATIQUE. 4yt
de frivoles , elles en foiirniflenc aufll de légitimes. Eft-il né-
celTaire , pour conftitiier un arc , que toutes lès déciüoos
l'oient marquées au coin ( i ) de l’évidence ?
En matière purement civile ; les loix (i) relTerrent moins
lesjugemens des raagiftrats, que dans les matières criminelles.
rnmme n30S le prouverons , en parlant
de la variation de l'orthographe dans les
nomsptop es. j“. Lorfrjue le timbre n'cft
pas établi en quelque endroit ; le pa-
pier ancien , fur lequel fera écrit un
aSlc n'en pro ivera pas la faulTcié. 6°. Le
défaut de vrailêmblance e(l un argu-
ment , dont il eft alfez ordinaire d'abu-
fcr. Ainlï cette préfomption de faux doit
être maniée avec beaucoup de fageffe.
7°. La mort de tous les témoins . qui
ont fouferit une pièce fort récente , for-
me une préfomption de faux moins équi-
voque. 8“. Les témoins inconnus d'un
aélc dtclTé en un lieu , où l'on ne man-
que pas de témoins connus , n’anoocent
rien de plus favorable pour la pièce fuf-
peéiée. y°. Les délais aportésà produire
un aéle , quoique mis au nombre des
préfomptions de faux , pooroient ne ve-
nir que de la peine , qu'on auroit eue à
le trouver. io°. Des incilîons , des ta-
ches , ou roaculatures , dans un endroit
important , fburnilTent encore des pré-
fomptions. Ce ferait autre chofe , fi le
titre avoir été produit fans ce vice , te
u'il fût furvenu depuis. 11“. Ne pto-
uire que quelques témoins d'un aéle ,
lotfqu'on pouroit en produite pluficuis
autres. 1 1°. Produite des témoins de
faits, qu'on pouroit prouver par écriture;
ce font encore des prélbtnptions de faux,
auxquelles 00 pouroit en ajouter beau-
coup d'autres. Car qui pouroit épuifer
toutes celles , qu'on a entalféet dans les
livres de dioit, & qu'on peut imaginer
encore ?
( 1) Où eft l'art , oiî eft la fcience , qui
n'ait fes dificultés , donc toutes les opé-
rations roulent for la cectitode , qui ne
le contente jamais dn probable , qui
quelquefois même ne fe trouve hors d'é-
tat d'y ateindre î Les râpons des experts ,
dira-t-on , font Ibuvenc contradiéloires
les ans aux autres : de quelle utilité
fera donc leur art • Les experts fe coa-
trcdifcnt : Les médecins , les phylicKos;
lés jutifcoufulics ne fe couttedifeut - ils
jamais i Quoi de plus oïdinaire , qué
de leur voir dire le oui te le non fut le
même cas ? Doit-on rejeter les arts te
les fciences , où ces inconvénient ft
rencontrent ■ Les experts ne fontpas tou.
jours d'acord dans leurs dépofitions. Done
leur art n'a tien de certain. La con-
clufion n'cft pas jufte. Des eimrts le
contredifent , pareeque les uns ulent bien
de leurs principes , te que les autres en
ufent mal : pareeque les uns font ha-
biles te atentifs, & que Ici anttes ne
le font pas. Ceux-ci téméiaires entre-
ptennent de ponct dc^ugemens fur des
matières , qui les palicne : ceux-là fa-
vent fe renfermer dans les bornes de leurs
lumières fans prétendre aler plus loin.
Ceux-ci fc conduifenC , conformément
aux règles de la probité la plus ftlvèrc :
ccux-la font entraînés par la crainte ,
pat l'cfpérancc , par la faveur , l'amitié,
l'intérêt. Leur art ne perd rien pour cela
du degré de certitude , dont il eft faC-
ccptiblc. S'il ne fournit quelquefois , qof
des préfomptions , plus ou moins fortes ;
il n'en eft pas moins vrai , que quelque-
fois fes déciCons touchent à l'évidence.
Si les expens ne fc parcageoient , que
dans les ocafîons , ou l'on fcmble plus
exiger de leur arc , que fit nature ne le
comporte : ou lorfqne de part te d'autre
ou ne faucoic faire valoir que des vrai-
femblances te des probabilités ; la con-
trariété de vues de d'opinions n'autoic
rien , qui dût nous fnrprendre.
(a) Les ordonances de nos rois (a)
admctccot la preuve par vérificacioa d'd-
cricure en matière civile. Les loix des
(à) Ripuaires , des («) Wifigocs & des
Romains n'en négligeoicnt pas les avan-
tages , te quelque lois s'en conceatoient.
L 1 1 ij
I
II. PARTIE,
Sx CT. 111.
Ch a F. IX.
(«) Ordais. J'Or-
léuit/m. 14J. Or-
dan, d« ChsrltlX,
Jmiv. r
(é) Tit. {»./. a.
(c) Lit. i.tit. 4.
/. J. Ut. J. l. tf.
17.
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II. PARTIE
S Z C T. III.
Chaz. IX.
(4) U y»ytt HiJ,
/• »7.
4λ NOUVEAU TRA-ITÉ
Supofé que la vérité ne fe montre pas- à leurs yeux revêtue
de cet éclat, qui banit toute incertitude -, s’ils fe trouvent
obligés de juger , fans pouvoir aquérit des* preuves fùres ; ils
prononceront en faveur des plus probables. Souvent il n’en
réfulte , que de très-incertaines du raport des experts. Sou-
vent aufli fournit-il des conjeâures a(Tcz plaufibles , qui ve-
nant au fecours d’autres probabilités , peuvent faire panclrer
la balance. Cet art a donc encore fbn aplication Sc Ion mé-
rite i quand meme il ne. s’apuie , que uir les préfomptions^
Mais le (ufrage des experts , deftitué de (i ) preuves , donc
d’autres qu’eux-memes ne puilTent être juges , doit faire peu
d’impreflion.
Si les légi/lateurs ont décerné là preuve par comparaifon;
lors même qu’ils ne comptoient point fur la certitude •, l’au-
roient-ils méprifée , lorfqu’elle peut y conduire î Des raports
trop juftes & trop- compalles entre les hauteurs, les longueurs
& des lettres. & de la totalité de l’écriture, décèleront m«
iàilliblement la fkuflfeté d’rme pièce ou d’une foufeription'
Alignement trop uniforme , arangement de mots invaria-
ble conformité des liaifons rigoureufes , égalité des traits,
en' étendue , en pleins , en déliés : voilà des indices im-
manquables de pièces (z) contretirées. Ainll la relTemblance
d’écriture ,.qui forme un préjugé puHTant en fèveur de fa
lincèrité , quand cette reflembîance. n’eft pas outrée j de-
vient une démonfttacion d’impolhire : quand deux fignatures
ou pièces fe raptw^t^avec une précifion , qui va jufqu’à
' d^rooDtrtra U faulTcté , on plueât fon
compas Tt von en convaincre. II cil
impoflîbte qoe denz Egnanirca de li
(i) Ceft fnttont , Wqirti* ne pro-
eddenc , » que (à) pat dea raifonemeqs 8c
»*dea indnâions , pleines de rnbciHté-,
» en ftpanwrhOBioB chaque ligne ,
» en dMÉM li* aarrc” de chaqnc mot ,
sca- aMiÿHk quelqucfoi* les lemes
pamet, 8( en les diftingoant
«Aerlrm liairons , pour les comparer
àalHàlicaani autres : quoiqu'elles n'aitm
‘X .aa-dTidemment pas dte comiafaites. «
1-01 .'A*4a) Qo’one- quitance , obligation ou
.-ralV -frâniic Ibic contratirde , 8c que pour
fl) fSee de comparaifoo l'on prdfznte celle
■b ' a^rtie , fur laquelle cette opération aura
dté faite j on ne peut pas fans doute ta-
' piocbet deor écritures plus confbnnet.
Cepeadant un cipett aiciuif vous en t-far fun escét saline de leilciBblaiKe.-'.
même perfone (bient lî rigottreufemeiic
femblables, quoiqu'il n'y pas un feul trait
ni plus gtos, ni plus ménu,- ni pins long ,
ni plus court , ni plus largo , ni plus
étroit , ni plus droit , ni pns courbe r
que tous les contours , l'étendue des fyW
labes , des mots , èct fignes , ou dW
tout d'écriture fe raportent enfemble ,
au point de former de part 8c d'autre uoê
égalité parfiiite. AraB toute pièce , tou-
te égnature juridique faite à la plume ,.
où ces raports rigoureux feront vérifiés ,
portera des marques ccitaioes de fknirctéà
DigitizeJ l.y Google
II. PARTIE
Si CT. Itl.
Chat. IX. ’
DE diplomatique; 4H
ic couvrir exadement craie pour trait , Ti elles font apliquces
lies unes fur les autres. ’
On pouroit citer encore d’autres exemples des fucccs de
l’art de vérifier. Mais c’en eft afTez fur fon utilité &c fa cer-*
titude. Tournons nos régards fur fon ufage , fur les perfo-
nes à qui il apartient de l’exercer, & fur les qualités, dont
elles doivent être douées , pour s’en aquiter dignement.
VIL Les juges font les premiers vérificateurs. Le devoir
de leur charge ne leur permet pas de fe repofer totalement
fur d’autres du foin de comparer les écritures. Il exige au qualité & lems
contraire , q|u’ils s’alTurent , par leur propre examen , des in- =
dices de vrai ou de faux , & qu’ils fâchent en aprécier la
valeur , indépendamment des fugeftions étrangères. Quoique
les J c. iniillent , pour que le magiUrat ne fedelTaifine point
{a) ablblument des fondions de vérificateur -y ils convien-
nent , qu’il doit le faire aider par des experts. Mais ils ne ^
veulent pas, qu’ils falTent leurs opérations en fon abfence,
ni qu’ils foient fulpeds aux parties. Au/Ti réfervent-ilsà celles-
ci le pouvoir de les réeufer. Quand il s’agit de procéder!
adueUement à la vérification ^ le juge & les expens {b) doi-
vent examiner les lettres , les traits , le ftyle , la didion-,
& les autres circonllances , qu’ils croiront pouvoir fervir à
la découverte de la vérité. ^
Les maitres écrivains jurés font de tems immémorial en
polTelfion de vérifier les' ades. Par arêt du Parlement de Pa-
ris du 7. Septembre r^i);il eft réglé , pour les' viri-
flcatîons des ^écritures Cf Jtmatures pouront à t avenir itre
pris ù nommés , fois par les juges- ou par lès parties , tant'
les greffiers , leurs clercs- , commis notaires , écrivain*
& autres persones capables. Dans (]^uelques Patlemens on
y admet quelquefois julqu’aux enlumineurs ■ , . pelletiers onj
parcheminiers ; quoiqu’il ne paroilTe pas , qu’on en paille
tirer de grandes lumières. On pouroit citer plus' d’ùn exem-
ple de leurs avis , marqués au caradère de l’ignorance la plus,
décidée.
Comme autrefois les antiquaires étoient rares ; ■ on " ne
penlbit raère à recourir à eux : quand même il s’agilToit do
vérifier des pièces fort ^ciennps , on s’en raportoit ordSnai--
temenc aux écriv«ta»i.iSlil.^ieft .fuivi des jugement
(4) "Sic. Ji
ihèd. lih. a..
4J.44,. 4*-
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II. PARTI E.
Sicr. III
Chat. IX.'
4S4 NpUyE.A-,U TRAIT4
auroieût e« befoin d’ctre réformés ; ç’eft Jes pafties mao-
quoîent de moyens , pour éclairer les juges , & récufer les
experts , à raifon de leur (i) incapacité. Ceux-ci pouvoient
décider avec d’autant plus de témérité , qu’il ne Ce trouvoic
perfone en état de les convaincre. L’ignorance & la pré-
ibmption des vérificateurs ont plus d’une fois fait retomber
fur leur profellion des reproches , qui ne convenoient qu’aux
hommes , dépourvus des qualités néceflaires , pour s’en
aquiter avec fucccs. Ou a vu des écrivains jurés rougir, pour
leurs propres confrères , de ce qu’ils aportoient fi peu d’ex-
périence , & même d’intelligence à la vérification des écri-
tures. Quelques-uns (x) ont déploré le malheur des perfones.
(i) De notre tems encore n'xvpn]-
nous pas vu de ces prétendus ezpettst'é-
gater , au rup^réme degré , fur des tictes.
audicnncjuec des XI. Il i, XI 1 1. Xtv. &
XV'. (iécles ! teors njMSRf auffi faux ,
que ridicules aux fenades petfoncs vé
ntablcmcK iaÀMiSi* des earaâcrcs, pio-
prêt aux. tÿet Anciens, auroienc néan-
moiu ctCêÀoi des flétrilTurcs injudes;
{•) tffiù mJhitSif fi dtt'idMtlIcttirés n'étoieac demeuré
dtC»rtfécTirip*r cxaMmStlt dc la nécefiîté de s’et) n-
trudh»mnu. Pmris pÿcMt aia antiquaires. Ces derniers ne
iHf.p. «J.
car pas un indant à rendre le
témoignage le plut formel à ces pièces ^
«flimàs pat les écrivains experts fouvra-
ge de mielqucs faufiâires de nos jouis.
On Wdoit pas asroir perdu la mémoire
de CCS faits dans les Parleoicns de Rouen
{h)TrsSU tUt in- * de Rennes. M. de <:lump-goubert ,
fer$fti»nt tn fmnx. grutilhoromc de balTe Normandie , s'é-
/• »■
toit inferit en faux contre denx cbartes
de l'abbaïe do Mont-faint-Micbcl. Le
raporc des éexivains expetts ne leur fut
pas favorable. Mais le Pailcment de cette
province en pénétra Ja ciulc , le par un
arét da ), Avnl 17X<. il ordoqa qu'il y>-
r«t(.pr«Cfdc, » l» •uérijuMlim d« deux
xÙmnU ikjtrifes , fnr'lti fiUét‘ de ximp*-
rdiitn Annt deau U cnbtnet njti du fiait
dt Cltrnmhnidl , dtvnnt It Litmennni ci-
vil de Purii , ^ ce par dtnx exferti mn-
ti^umini.'ia eonfifqucnce'le 17. MaM
le Parlement de Bretagne reçut les re-
ligieux de Mannomiers apcians comme
d’abua do tapote des experts a & fi la
mort de M. de Sourebes , évêque de Dol ,
ii'avoic fufpeodu le procès ; l'infcription
en faux n'auroit pat eu on fuccés plus
honorable pour les expetts non anti-
quaires de Rennes , qu’il n'eue pour ceux
de Rouen. . ' '
(a) - Ckelc (a) étraagel s'écrie nn
» homme du méâpr , qnc la vie , ou pour
» le moins les biens ou l'honneur iaicnc
a> entre les mains de tels vérificateurs
» qui fans art ai taifou , fondés fur una
» uipple coooidâocc habituelle , qt'ilx
» oqt devoir de l'écrituic, pourlapbu-
voir dite plus ou moins hérdie , pliix
a ou moins feible , on mieux- formée j
» ils fe mettent au hazàxd de coodam.i
» net* i'inoocent pour le coupable. «' Ra- -
vencau voulant mettre au rabais la capa-
cité des notaiies Sc gic6crsvérificaKon«
& même des maîtres écrivains fes copv
frères : »• il y a bien , dit-il , de la diM-
» tcncc carre enfeigntei écrtevifapév
n diqt un aféc ou fcntcnce ,, £tiff ds cou-
» ttats b autres aéfes. de nôiaiics , b
» entre -la fèienee nie- déconvrir netre-i
mens dca imitations b des cnleve-
» mens d'écritures , réiablificmeat de pi^'
».pier b autres. efpcccs de faulTetés. «'
Mais n^pbiMtaitiob ipas également^ lui
I7pt.inniviniaicf de la cqqr ^ par le- | .opoéêt , ouela diférenee étoit, encore
quel ,1e sepeUboaune fut débouté de fitn plus grande entre ou expert aeontomé i‘
infcription en faux , b ^gwmné en vét^r des pièces d'oti nfage journalier,'
306,' Uvrèé d^meiidc. Ro^rétcAUBcac. te ùù iBtiqiom: parfaitetncaitJia Ait det
Digiii-i-ii by f' "Osli
DE diplomatique: 4n
cxpofëes à perdré leur honneur & leurs biens , par la taure
& l’infufifance de ces experts fans lumières.
Un bon vérificateur doit être au fait de tous les artifices
des fauflaires , & ne pas s’y laiïTer prendre , taure de faga-
cité pour les dévoiler. Il ne doit pas moins être en garde
contre la féduûion , la faveur , les préjugés , les aparences
trompeufes. En vain tous les fccrets de fon art lui feroienc
préfens ; s’il n’en favoit pas faire les aplications les plus juftes
Sc les plus exaûes. Egalement ennemi de la chicane & de la
précipitation , il doit poulTer fes recherches , jufqu’aux der-
niers détails , tempérer les caraûcres defavantageux par leS
favorables , ne jamais perdre de vue la variété des circonf.
tances poflibles , compter pour rien ou fort peu de chofe
les foupçons, qui ne font pas juftifiés par des indices fia-,
pans. S’il porte fes regards fur la condition & les mœurs des
perfones lufpeûées ; que ce foit fans nop s’arêter à ce
moyen. L’age , la fanté „ la maladie , le féjour en tel & teh
tems , dans tel 8c tel lieu , incompatibles avec les dates des
écritures , foumifes à fon examen , lui fourniront des indi-
ces moins équivoques- Les ufages 8c les fêtes des tribunaux
hii découvriront quelquefois la iaufietédes fentences ou des
arêts. Mais ces indices étrangers à l’écriture , 8c contradic-
toires avec elle , font plus propres aux juges qu’aux experts.
Quoiqu’il ne foie pas impoflible de réimir la qualité d’an-
tiquaire avec celle d’expert ; il eft néanmoins très -rare de
les rencontrer a la fins dans le maitre écrivain; La vér^catioa.
, comuDCS & fbcmolcs an-
ciennes ? ^
L'expert , à la peuc Aonaer <)uel-
i]ae$ lumières fur les écritures modernes ,
& même fur les anciennes , entendues à
A façon. Une écticiirc cfl ancienne > fé-
lon lui » des <^u*clle a trente ou quarante
ans. Ceux qui (ont les plus verfés dans cee
art poutoieat remonrer , jufqu a quelques
centaines d'années. Mais au-delà il ne
faut plus parler d’eux. Communément les
plus capable» ne conoiiTent rien , en fait
tTanciennes écritures , au-dellûs de deux
ou trois lîdcles. S'ils ont quelque légère
teioeuxe de celles des tems antéricucs ,
ils n cafoat que p luscémcraixcs.Coi&nieAC
pooToicni - ils Tel dfddcr .cui - oléincè
fur des caraélércs , donc les traies & /c»
liaifons n'oDC pour l’ordinaire nul raport
aux nôtres, raxeillc écriture àleursyéux
paroiira faite à plailir , pour en impofer ,
par un air étrange 6c barbare. Si de temS
en tems ils voient quelques lettres fem*^
bbbles aux nôtics,xomme il s'eo trou*
vc en éfcc dans tous les fîdclcs j ils eu
concluront , que leur prétendu faulfakc
s'efl trahi , qu'en rétonbanc , (ans s’ett
apercevoir , dans les caraélcrcs , qui lui
étoient propres , l’habitude de former
certains traits a prévalu fur le but , qu'il
s’écoic pcopofé j de faire illulîoo pat dc>
cataélércs d'un goût dogulicr.
II. PARTIE.
Sect. Illi
Chap. IX»
#
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4y< N O U V E A TU! v Tfll'A ffT Ê Ci
des anciens diplômes ne fera donc pas de là compécenco-;
s’il n’y aporte dcs conoifiànces rupérteates à celles de fa pro.
fedioaii ' -i ' ■ 'î- ■" >
VIH. On riiquerade rendre des jugemens aufli, peu équi-
1.1 __ - -- I * 1 1^
1 1. P A R T I E.
Se c T. III.
C H A P.^PX;
yxil, V/Ai UW
rILms mx «ti- cables ,, (quefcontrairesÀla vérité ; tant que cecce partie des
qiuiics , poot U vérificacicins ( ne fera point confiée à l’antiquaire. Inftruic
vénficAtioo des d- , formules & dcs ufaees. propres aux aûes de chaque fiè-
clff y *1 difcccoeta ccux , qui s CD écarteot , duns dcs points
■itaatMMMAi ^jj|yfoi2btes , de ceux.qui nede f'onc>, que dans des chofes^
‘*’ millement eireurielks';, ou qui ne S’éloignenr en ripn de la
fenne la plus commune. Du moins fera-t..il guidé ,■ dans fe<
raporcs , pat ces (a) conoiiTances. Mais conune celle del
écritures , propres awt tems: fort, reculés eft fon . élément: :
une opcracioBV<I<ûi;donnecohia comité au ûmple «xpetc ,>
ne ieta pour lui qu’un, jeu: ■ t: tiijs: !
Les pièces de comparaddo ,donc ce decljier-ii’eft'ptisca»^
pable de juger , feront examinées , admifes ou rejetées avec
la même alfutance j que la pièce arguée de faux. Pat ta dé-
termination de leur âge ou de leur fièole , il exclura coûte
fulpicion de fraude récence s, «e qui emporte communéqienD
U preuve de la vérité du rkre conteÜé : ou bien, d donnesni
des preuves. convMncanteS',d©i(à fabrication ^ furtoùt peut'
ceux , qui ne feront pas entièrement étrangers à cette Icience.
Quand l’expert ordinaire au^ok quelque notion dé l’écri-
ture curfive de chaque ficcle -, !peu verië dans cette ctude
ihn'cn conoitra pas les 01
ftixncii ^uiiuuiü \yj — n ^ i» •
ef^ces. Ce qui hii (êra inconrju ne manquera pas d exciter
(4) (k défiance. Mais pour iméux prouver , U la nécellitdM
(4] MnTMitr. «w-
tiéfmit. J$*i, t»
dtifert, Î4,
’rijn y anta toujerau plofirars cas , od
r</n SC poo^ Ce ififpenfet * requérir
foB,mini(W*J qttd«iue« ëfbrts qtfon faf-‘
fe , poqx tüJtc^puIaire la fçlcsce «!
^(i) Queftoés artifices, (Johlinveneille
fnp(ierqaclcs faufiâirci auront Tait ora-
ge y Jiout 3onner te change aux anti-
qiéurcs les plus éclairé de Taveu des
critiques les plus dificultunix ; Il eft tien
(4J tare , qu’un afte faux oe (t irahilTe
par qi^Iquc endroit. Tantôt le n»no-
rtiÏBè manque l’tqntôt non feulement le
(t) Dt redifUm. gntoè rnabnue non leuljt^t le
jii. i . f . 4. »'** > tnainlA^teinûn môme ft cifT
se patoit pofnt fur 1e paichemin.
tes énornes dinS les dqtei , danslèsïbtr
mulesj dans les difpbfidouS Iiittfes.. Que
fcra-ce donc , lorfqu'on çti incodra 1 !*e-,
lamen des Icittes et de“tAâriiure , axej^
fout ce qui .l’aco't'PPgofi,? .
(3 ) îfeqiif çi) enim mum tjf 1» ,
ChU upivfiévlnM ‘ferifmt inus ; fef \
vurls , ut dt u^ro tx{erirtlictf. ^
Sî rdçpcrt , noa ioinc <Uniia cor ^
ooilnnce 'de J'antique , eft tdoiïraÿe Itey
•ed coufciencleux : Ion même qu’il
iê fera paslaiffi cotqppre . il Cç pertfi-
la i lifptOovd^VÂfl^* eltTOT
/*» pSh* 1 du
DE diplomatique; 4J7
du recours k l’antiquaire , & (à lûpérioricé Tur récrivain )uré,
par raport aux écritures fort anciennes ; il (iifïra d’en pré-
iêntei un concrafte.» que nous ne pouflerons pas néanmoiaa
à beaucoup près aulTi loin , qu’il poutoic aler.
IX. Le premier aperçoit du premier coup d’ail } fi lejl Co«r«ftc itia
écritures s’acordent ou non avec leur date : ic peefque tou- .^apuiiéacraiin-
iours'f fi elles font fincères , ou des produâions de quelque *** *^“'
tom be, raues remonter le lecond au-delà de deux ou trois ^crinio . poor j«-
ccnts aiu ; vous le jetez dans un pais perdu. Tout lui devient g«<ie«»ncien5ci.
fiifpeâ ; parceque tout eft neuf pour lui. La vérité court rit
que d’être immolée par fes mains , dans le tems même , oà
il croit étoufer le raenlbnge. Son aprobation &c fa cenfiiiei
ièront données au hazard , les principes de fon art apliqués
, à des cas , pour lefquels ils ne turent jamais faits.
La hardiefie &c la naïveté de l’écriture , Quoique Licime-
ment liées avec la théorie & la pratique au maitre écri-
vain , ne font pas des myllères , dont la profondeur ne puitTe
erre fondée par tout autre. A cet égard le fauifaire meme ^
pouroit être plus habile. Mais qu’il elTaie d’imiter l’écriture
antique , dans l’étendue d’un diplôme j elle ne réunira* ja-
mais les qualités , dont elle doit être revêtue. Cette manière
de peindre eft crop étrangère à fon pinceau. U n’en poura donc
cv(oo/j^ i il ne Te d^ciJera (iu rien.
Touc fait ombitfe à rentigunirc novice :
tant eft fan ft fabriqué pour le demi fa-
vint : où en feront donc ici maitrei écri-
vaine I coofulcée for des nuuiérca , an
fujet deftjndle» 8c par honte 8c pat in-
térêt, Ui o'oGicoar eonieaêr leur inftt-
fifancc I Tiani^rcéa dans une région cou-
vcitc de ténèbres 8c pleine de précipices:
ili ne pouronc Eure un pas , qui ne (ôic
•arqué par une'' chute i Ict fantômes le
cbaagerooc eu réalité.. Cnidet aveugles ,
ilaéàarcraoc les ancres , après l’étre éga-
léi ICS ptcmicta.
Le miniftéte des expetw jurés eft-ll
donc pt« nnibble qu'avancageux ; 8c fsuc-
il les etclinn de U uétificaaon des télés î
Mnllcment i mais tcnCeraKz-Ics dans la
Ijdiète de leura eonoidances 8c n'etiget
pat déni des opéiatioue , infiniment an-
deCnt de leur portée. Lent talent bien
apliqtié n'eft point méptilàble. Cens «i
Tome II,
joignent un cfprii folide 8c pénétrant 1 une
étude (éiicufe de l'art de v6ificr,lbnc ctés-
proptesà découvrir certaines fraudes ré-
centes. des fàlfitications journalières. Ils j
Ibnt même plus propres , que les aoti-
3naires , qnon lupoictoii peu an Eric
CS arrifiecs , pratiqués pat Ict EniiSùMn
modetnee. Mais t'agtt-il de contrefae-
tioos prétendues nouvelles de titres ton
anciens I Les opérationi de nos écrivains
iutés feront plus dangerenfes , qu'uti-
ics i fi elles ne font éclairées par ht
fcience des antiquaires. Qu’on taille donc
l'antique 1 ccut-ci , le moderne 1 ceux-
là. Quand on lôupçoonc une EmlTc imi-
tation récente de l'antique , qu’on apète
les uns 8t les autres. Ce qui manque aux
uns fera (ûpléé par les antres ; te public
fera mieux fem ; fé^ité confervera fes
droits i la vérité ne lèra pat outragée t
runpoftnrc ne triom^eia pat de l'illo-
fioa , qu'elle nutoir laite aux ciibiiiitar.
Mmm
%
DlyuiZt”J!:, G --Ogk
N O U V E AtJ TR T Éi .
apfocheir J W^iJéej ' ^ qa’enr lignant
H. rWiT l E- «x{iiètiieMeAt>^iÿ éiwfcttfôi' klû’^^iiMkant bteucoiij^'ii<^’en
c2ui!ik rt«hrttgearit kü làêitttstrtiita ç ituiltif Ikwt lee de
(^m«pQè»<litî^cej^‘A«c>iieà«^Jka|ldâ(iee^itv^ pdtû»
âËx>^criei!R!«'fèGéntôs/<i<ü(||^iÿ
contrefaite fe tirç , ,de ce que l’im^o^kiilr J'Vkcèfnârërtieflf
^ ènceViéS' U >or0« Air.
âMtarkri doiintt^tjkiet^^h^Mfieife'^'iie^adM^.^^
füe f adx «sriti “'auic‘«aSlfeiW’'j**iMS' èoiir*Tqtii ll«- ftmi* nàt<»i
iOs. Vdàh (k>rtiH[bd‘ÀicNM<«ikhi^ pi#f>raf*^pr«rta{tiAt <'£'«$:-
aiqdûré
ntoitt^^c»kWltfjfflokfa‘^»‘ta‘ fègi» ,' fottlPMWf^uttepdtet
de vùe'^HniiirtdmihtMk ehAtta«MiMué^e<^'<dpo(^'tjae4’d3
di^re iie'feklpàs'^il^tu^ Iè(
ciütef âc^^on'i^iÜii^pià'kieda‘pi*à£e' cke^OBtpqra^âode (a
main ; notre expert , loin d’employer cette arme contre l’im-
pp(^e ^VlartcMiltifeitt cdftwe la
m(lea6-(k*-'Rak$-^ de» 8fi quek^iipf^ iii^
iôn» , • ijiif ‘^ntpmMti ‘aux i ône»^' Ceit àn ■Oûe ^done M
^naùre j^rivain ja’a, plu ; f^èré'riütioti. \ftîft^
difl£mÉiIance', qui doit re^r entre 7es 4CT«iirëf
^ anciens tems K <àt rtècr( ,- & d^aiHeurst^ ^prévènuu,
faulTaii^.né pditfptçTqi <‘p;lS tépdrei«ji'étritUtdétt^^
gère t • fuw rekxnbei^fni^b emenc dans :lfa^tnam^>.^ qiù
^ propre ; il cr6^a'!(zfl jpèrcçvoit i 5L“®^g«tes
5» forme de certains cata^i , , 14^
• ‘■“ ' ;' I ‘ ””’:d • --w‘!-r
perptéxirft.' tkàs tt^cic'rie ti übàbff-
fioee de»' «tmâircs "*
fi^cte i fit la^avctMi
^ ’ikife ft a& '■‘ôpiOe
pèyla éet‘
atoieiit-acov<>P>âf y
dC^nixlnaà
ir mmiiâWk
»■ , wncaoeb-^
^ W («àK'‘a»-
(!ut:BÜi^eâ’4pcadrcvlnM.'lMll«ifinfl1ft-dU()iitatota*<;*fll-
pat ikctditiir W£ié& itM Qivaàt abnfînf Ue^liMk
ai) 0^))?. ijdi tpiM itf'OËi o^-,| «MfcirnilÎMtl qv’Hÿ lüitt «BbiBèaetifiy
ùüS «MTOkUa'a^c îiotfcfl hiWbrtf''fiiinili^rÉïi> “•‘^ i ■ â
fî) Q»Hé, aMWt«-iiiaî>h-
DigitiZ'.;;; i;> CoOgk
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plus , comin«^>tw9»-^ WWiP:^y(fi%JW^
4^ w«îj Ijiàqle ,
WqB^i^nWoÔïnt Wî*teu4^»‘I= àup ST ab^y ÿiâ^bT!
wiJ^«:i9aHye,^ir»y^ cftPfiWjgfft ^Wyjltoan v:^
de vga^t^g{:nl'a^Slel4e 1 Jgjy ig| ifeW
le^Tifn iUo aWerKer»4»4upp6flicWi*«;#^ Oft
fBpiqs lf^>^g^f9-,4Pi-,ffs4f^.t.fbuCis.9^
%<|uts-d«t%iHs,i<pitr»i^(»^V:tf<W
j(jptk.0PM^.J|n4lïlae^4^ 4wi0P^ftWVî4^#feP?^^
peintsi fifides ^ienüTusil^Ç'* êi
h^jQOfi4fè. :pQ&», »U4
'> ‘. tj'ac
P^,ren?ete
[offnh nic4;,'Sls>]>rs'&nrtfi
CILUD
-ffil '. ,-/4livv ‘/t'H'i.-iJ iiâv#«^ «I j^’ :a ji ve JIM < , LIULAi
Cat F cd Je oopk > aooi >1 qualifie lu, lieux . avec des Touu te da accni^Df
«iMiiés ff iueAi^Hte^l «lut 'iW ««>eik dMJ
ixiiic MnHU'nu’:! <-Aiai. i qBfx^a mitv^cvfqndi i,is(bu^ >, u£ig^
X CQ«r
picalèteiois. iMais caôdii: qu'il s'iqilaii*
de» yeux plus pénétrant voient , quiln
|i(!bWâiâi^^ CO& feii4<.'.£^c(Km
: Haià»wpwiiu?^ Tjtf.u
<^n rr#C>^d JT f. fe^l.
/èÿJifeifî iJô^d
polteur n a pu unceDir conitamment loi
perfonage : uiaia, cll-il donc ndcefiâire,’
que Ia pièce Toit faolTc ) Ne peut-elle pot
de qcatc,faon 4,^Fni»-A f «SÇ-
J*W-dJf, pa» JM
4HWbl£F,.V'“ «^aaiW-iMPWi B“<«-
ÿÆerabUn<e-Rll df ■pottt.Jet
^nyisir H’#!»it-dl|iPW»
l'anUijiqWi 1-» sbatte ne M^ m
paru , q9F ÿwipcenteftable. 9ea,ff-
ê M o'twâoR-
.»«»:.eM«Ki« dptt 4fpq,4iFH^ qa qyqi-
gle , pour juge det eoalça^cn tqpot-
*îît,à.M“4:du dMOWL^eft WBtç un
jpfl«pijacù. A pwii
dckxaallx; (âimèilpaipinfleiMrt
(i) ^l'^qSricatctW tïtre» 'li
placée oâi dtda oa! bi«t Je qoelbiui U-
i4fdga>iile'iricànc. STlei^iMb
dans les plut anciennes chartes (ont ttd-
cès d)OtM¥>Mcment ^.aq (ie^.dc
cens de . 4ç leifr .fi
ou oqjiqj dj,MftOp“W * IM FWf
,^S*58fHg?l^
Mmmij
Dkj"- i; / C -)gli
4éo nouveau TRAITÉ
•fSSSS=-.ies vuidci , ou biètt «A-AgiiÉ6i<ae<<iyvifioh^imop^ fiTon fcur
k^rhsIMBtfeiéU' FoWi«»;iGoni-
CHAj%¥âC.
-to Jfeïtk^«iÉiÉtteü* ,Jas' te» «We^ W
te» coiteteén 4«Wu^:<ttanec-
:t<^iiÉâw pète^.vokyîtc^leijjdifi-
^ctete»Vtl(t<et(û'oj>dlêMix uA^ P^teb'‘mbri^ùëe^aV*oiK>at<itec
^ntÉgitntelO'? aiékkiKte'de»^mteÙML
3tyi?-cn»r8iiii‘tewl» y«lpoéa6fti:4apla Di^om'itiifVdiûQl^
xn juge par les conotlTançes prefque iuâniet,'qi^ttUo:«nb«^
les techoKhes^ qu’eyi^pemètmei'luos .ui »□ .X *
pa^FdMéqu«r»i'«o^e ^po».
ulUapiati : 191 ^«pto l’Bto^ltb» g»lBer»g od* «ÿtrd^rok'tetlvelôpÀ^tftbs^tts
,aparencesl les jilus féduilanccs ;. la marche de celui-ci fera
i) >;iiictoc.^e
.-►V»'*-»
r«Hotiaa .da:£iu(I«te <«»-
\fa , foii'dilâat du‘S>tt ou xiit’^U-
.«K> IvMaid'iflAviMopcndapttitow l<w-
pctc.4« coRu«ua dgovKiâ y^t'jil
.UC JVtt«4,dp UOI^Uailt. . . irOr.oj.
I .X. (%s< wctar.ofdiaMtMi^i (Mqneacfti
4cC«:d4nc-ifi|lfi)iMll«MiC1if f(«<Mc«lM-
. «les ne ddcidctoienipii qM^ifasAAnr-
fetd. leur â>oeobailcl «Tant ft: X n I *.
9»aaaetoitufl«pid(«i«ptu>n»c ftRt< <-x
‘ i«'dCTWrWB^h»Tàngit8»»Cijtpuit Id tgj.
lu)
«I .t \u\\ VIMUO
, 4,\ VO -V
I .1 ^ U)
VV^;ï*l ,.)
.( «V rf .\ .4 .«il
jl« CMoline , la ioinbatdique , depait. le
st<'. dIaiaCpicreicm dei piéa«;üiU>-
^gjnU». Uai<at«iii.dQ«Miaojrcp>U.unc
wfiaûé iTaattei. ns ibat dit' refatt du
iMÎcn dniriin ,l c’eflt i rtapdrieaae #t'
.««U xechctdiMi de Itetà^caiec • qv'on
.«O «A tederaUe.^ I>iu£ctnt faur attz
Siplet at allei Otiie» à oiaoicr, pour
e awa en,«i|Tfc g»t êtmxx «pv des
.«ntl<)tiavai : mai*' p*f« 00 aidcaàome.,
* '«^icfaliilignttaclortctneaikitMt
..CpApaUfliA tantôt il;<otnpat«(a^»Mo-
ato ôieatadlèf ( ». uiM à iicit, concouc
jkijcMtDBj: i Urdtadùailei pleioa , k«
TI «a VUV J.1 -4<»l-pl«rn«., l4cddfid« .«i.tt<dictdM(a
.Tl .Mi izi fc.^ »eaae:de„U.!|dê«l».ab
gfkita de U. mat* de Aa-mouvciiK*S
|R«^iStellf^W'M0i>Wd^ mur
ymsM , qù aprts sYoirluco tacooe > qu'il
ai yvoAAm 9>3u:i an .«ubh^
W? ,»USS
®“ ,MuûeI[.Êl{e«iismifa poKsgpttt i
, yc, £% cA jC'eft^
I demue*. ,«». c4^ , bifa^, fii ibtmisii
niaim ,'£ua tdk ,ntatda(^'i.^Qnnut|e
n )me botme^sain
“'«W flpatN»r:IK .pPtitrCMi^
railÇt a bueadreaTccan mmtriiàtdifl
Cornac & «ne iafiain! de pcefqoci,me
traiiwaiît p»>nr.dciiff>wi ,t*e-t4 m-
(oient pat a»ecpel«nteui,, de àanc hh-
oidtc Wfeante.,/ibk d’tàotofft,,
(m p«ui a*«t -içantm#^, """ -ririnifr
s , ■ ^ ^
Mau ea Ém <raiio«}iie,„q» ,«« n*-
pa^ia.ie<Ba2ti;a duàram.Mjw m’ai pas
1 cipnt OH l'cqniiô de tpeanoietc , .m
• <0 «n-daflp de rea
Udccidcça, m'antkre dvidcmmtaaife
cinq »»fia peime.aoa , Ttent dsme
qud : oa,l»ca U d^eni (‘aMblotioad
w antre , dont, f* rapsjriflP . «A maai»
«fte. Du picqriat «»VidS»>l l'antigaaias-
cut-aprdçié Ji;i« 4 J'»a»S à leur j«rt«-1HU
Iim QaïuJÀieWTlKfcileii celai-tipMr
cède fins leatooKac f U eaaniiae. «rlia
Icmer. dc,,4cs tnicc^u, tow-carq«i Ici cm
raedrire^« toiu «e qpi/dca pmwipnRnm
^sec,p(cmiaia Jtwpem t«t(■H^AMnfE;nt
itbAinçmoqNie.-
Un pond lut l‘lùllonqa*( lei foiinulest.
Digitized by Coogle
PP DIPLOly^ ATIQUE.
nniform« Pfltfpoesvà*SS=='
h.lSjTcw)|t)Atl64
-l!l^6c»mMisi«ipi»Û»Wu>« IMMUTei^kiMi j(è$%
JbocQ 4e /^4^ ç^an4 4«6wù^
jM4refPi4!^/iif!W^ 4pi)L4!i^<]wk^'y^ocflriktiÿiMi,}a
Idutàui aupbiq ^»^UBIilu«:v > t9i «jjiui as
X. Ce iuc coujoi^i^ji;os»jim(^,(^^
Pièces de eompa.
<Us»^Hij|res, ”>'<>”. quand mu.
4e» piiftMoi!? c»0ïp«Mig}0^ " °“ "'^"'’*'-
tiîi L-iubs ai» ari^ttfo <1 { «am^ijuLal tuiq 23] hmo
AxftïtSi- éft fiié^°ie
Le concoon de tnis ecs caractères oien
^direoK ne poora guère maarjuci de le
'tràodiiitr4uunc:<l£cifida nette èc prèeUl,
^if fafio<& cîlfiftntit'a ia VWiè!-'9i'W«!l-
•ifiiklbwttm |i<rt\IWBWfTto<»>e^Wnd
^fcs 'f du irtéhWl&l-'tHllertTé'ï ÿrdtir^;
^mlBïètts .^uT'pïfttViWài? etüAèüWal-
<Ddtt‘ '^8d«4 'U««e>‘tfHt^MHèe<>,
«rticèm AUe'eiV A pWfirnt' VdtMs
'lÀ «iniiî<finfc<s;''tjéCi?'pè» nret dfc (ÎPn
■*rr;^n èUir*tedVivVj«)iïi'tt de tèW^^I
«t WfV-iai nw«itidc*ft«eodtret-dn fiè-
*«N ekigèHf’rKnr-dé ftiende’',' {wer
stèeïdwd'i' Iêâf‘*>ft.'’Mai«tt««!e dè'rts
tfèS'felitttt i«e(-
vains , les uPages des (ièclei ^ths^'jlttis
*'q(?yivjthe«rt<!W) éoHntfc U’ ntpK^
•ïiwi detf'-Wigid»!*'; fe' dfeôuyre’pi lès
■<ar»aîr«' M 'fctWe* -, J>ir ' les“ tilMto-
^*nes' , fi^HStdMSW Bde infinité d^aU-
-iwrïndleès ,''fWs dértfifttes ’tili»tjntf1êd
kiwt» Ititwi» Wi W^è'ft»Hrtrio<rte*<ii
«MipiMtfdls:' dtun 'lAlr^éMfiecé'cA-eltc
-fcltW'ipMs Meitè^fî tfèHtanfner' ;uVfQc
«dit’ l*ts>M»^trr.' Lè^ fty fe'«' nrifto-
ilt|«;'ti<ll'^t|iit fitulès vtr^>ié*t'Mli-
Wr fie kBie*»èite# «1 dSWnr ftuiftté.
dKtils fitnPtltMu' eoMMn ' dur’’ fflültlés .
dnMna LH*f«lfi<qétWèitfi<!es'gKficBc
«Mik)U«ftis dM> dM(lNFMMMeiMe*'daHf
(Talosnol al ,-9opaoili41 uir»np^*ui .
3, i
tes : avec quelles
Mumuri Mn-
ctl. 1
». J.
que copie , qui npic point ...
VMdqftaiMsk iténnnwins'aiMfitlIiMfe*,
ifèi MM^iX'iBa'eAdlibaScint IvulgàiidPtl
tèf: É»'fctmM»rfi»m*<«see do ftpie par-
étculitt«hPfiM«l>'i;)kuaup«|IDÿ nr -tÿ-
çonfianecs. filS'C^lÂierqOoi le litulIiiMU
èw gmdi s. 8t ^nd
H' k 'fitraét ^>lttMr'lai<Enuie‘ pu<tciM^«
ttoVlOnlIef peiltfaq toaiuisu.a» ^naab
*><iy ti'ueik'de cvmpanifen Mséal*
nires'fl») ^r.«aetn«';p«r BM loê'tle (4) Col^. lit. a^'
aon(latitlii'eMltr(.csiix , qui utrfeoiibif- ^
'>tbl^ leur pradi*' denture. Lerloiz dès
•W^i»Igo*hi‘p m inu' tetnatt t(èÿ en pH-
fi*uèe'«aV'Qiias<^nl«sj eèmoaid niolipt
«v«lrfe«r<)(èt im>àète'pro<Mi\ ÔD’pilti^
4cdf4w*étltéld« Mars fignanint par pM-
fMvida oPMpnfakoèi St nues dooinMM.
Aie-dèAuic tfdentutes'il«<txt-tcilwia«S:
M'IleS'obligeeir d'detiie tibiC ao
'«h prdroittS’iki Itgeilrpnur cdatraMlb
’dirpMM de WrWpuraiÀn. Ln M eO«dc
ChmdMfMwliA L» nilnie prinkc»èiO<<tr-
doMW;»V]«e èeectimt plceouc^'iènisels
m’AI rtm IftlTiiiit «tf&RBtpftiaMptaô-
«é*Saf*èf‘IV'Mi»r« dèlear auMartc^dts
•fiawhis , pweefiimiManeed'dofiiiiseatkic
trois p*ètè« aa nMlMtM' figaMilnaPdée
mdne»''pttfikne^'MèraiN 9a« M|tiqaJe
Rec«ftri«thejhwtiriynatr«^aieis,.«tii<li
det«nM(tair'|Mo«svdra{>i4s kpieitaMlt
li'pp « èao») aï4ifuo7c iiiijs'iip , ‘
(c) L,i. lV.fi.
ht. i..». 4./. J.
(d) ItiJ. tit. f,
hi. Ij.
, IIPARTIE.
SlFTtllrti
Crac*, IX)
précautions doit-
on s’en fetvir (
(«) Cttl- W. 4-
tit. ii.t. 10.
(t)Tù. !f.l. J.
(f) I<J. liHloi.
lit. 14.1. II.
‘^/)PtUprtmtt
fsr
f-4*.
(t)L$VtjtriUd.
/• 4-
tél.
A.
461, 'nouveau TRAI’BÉ
a4*nett*a p6vàaij);iix:'écoÎE un
éi^
4^eiri9i^.e9if4fû« «àstlûte4iiRp»ùo)»iiCaÂ^ <i»<r.(^iiMkimk>ns
np^iRoq
f»inrij^’uJâ£|Âb U) rtip«,rp}|«vqttV|i^^i|i]|£;(493 {«flOnritiÀ'idâS
moyens équivoques , candis qu’on en pouroit employ4î(ldq
ç4^9ff)fnJUt,m 4fS/4Mifi9ÙS:P!^. ru|>réAQii$>de
^ji^qlle•pçl^«PO,dftl«)i80^ 4éifCgî«e.?3ifrTv jaaibJ C9lb,‘up
^ Pa^q«,plup«ia imMe«'PMs|PÙ quek]ue<«âtejsRaca«^
pli; A|n«r 4sd«ripriea; l«9r^ic<4». 4e cpmpanttiôa pa^
i^t pour JiéceiSuije». Mais çommeac ^’ifliiose deiienc/ivëM
^é-,>ors 4«$ipfquyeiir(Ûtilicc6alcs ilfoioitoitimo*
(^l^^ dépoieiic eitrdmVri&iWi!Lefii:<p<ra>aV0ue»c^x}U8
c’eft une desjgr^jdes j^culc^s , qu’ils ^çaç,;'^,à v^qçrei
^ODVOit
|fCQOi( ^
B«i<».(y)j:î^JcA. piyiwtl O# Jff
yr çiht , fomm «a d<-
»n»fu.,<l>e? IllpiwifM iWt» «PW
,4,SMic,diA<«|iai)C(liçi; r.qai,A«o«t iii»
ua ^c, conte, Ifwlj une,
.ça taux dtoit Jbiaice , oa U, ju(uài^
pu ROM AUdC^ picc^p .dft tePpAraÙDwi
de U maji^ Ja libete.id'uo
üètfafuaclii nq poo*oUiéite prouidc ai
pacedui, <)oi. i'Ayoiçdq«>née,(Oi,p« les
cteeui^dc pi nia<wiaitfpa<i^iii^0K 40-
CjBtil'! pu uat^ /s), loi ;.4c 1^9Ù J* 46-
booaiccT^I TteScc ùqlune de ioaaitao-
ebi/Tsmeat Ciu d«w auR» içtiui 4e fi-
gnéa,,df'.l4)»ùa du.aiéaic çbAai9cUe(<s
Mumi qu'il Pic connu dat babiuaadu
liéu. ,$i Jaqifarcut /ucoaiboic dan* fes
wcaves de &az , il dt«ic roadeasaé >[
l'eaModc , -p«a4c pu la ebaiMe M4»>l
ùççiBi U) M, Ici Vfycf, teipilccaidci
/myerniioo ne pcoffeat p«e çaïqast caa-
ue la nintA d’aa rrc <r sp'4l«nf<«)A-
vaac <a r» Ptvew: cb«ï lee.lVidgocU,
Jppqaiiee k le* Lonbudt. •dii-il,
» aouite l( !*• cé*><>iM' pMK-Biant •
» la /ânlc «scnparaitba pu Aafena n’cft
•tltiaats capaMc dcdteiNM l’aAataaa l
A.paMilia»'iaawdl)llUlftjBifliÉ firf-. iPfafr^U cUu-jatinee» Aaa
ft tùftioo CO bvx. U
..ilUil4a»c. iajafta«.<êloDaBii[) ;b*<
bflc.il.&ds.ctefu;* Gouaee fit eu en-
pece«i.j aoe fictiioB piùée r.ioilV
<pisUad4ai|t pc4du»M4p«r.Mlui,(«aaaa
lequel. CÜA dDMWj âUviBiAit><ViJaiedcii«
ciRcppbliquç, ,«paMaiMn«iMi figodcviMx
ROM céiqaiat i «( «aa publia iamf Sk
<;9nic<teu> -AÙtaiJaAMiaa qoelgea la^
o)la>alâieipufo^a«ii>çUeM«e^ -
^^)~ lif Te fiAicoc ndaamaiu de pea*
To^y idulIitM |e$ Ctolci tefliaucctdc
Icui an i i^A-àrdte >#>'>la cobimcw»
roDC par vérifier les pièces de compUÛA
Tobj avant s^ tfe*. vaaitiuaiantrcs,
fiiç lefijucUcs, pn deaMeaU ilcac nia
Maisdaurbppoiciâ, ^ue. Ieac vérifiai
cioo cfi ua préalaUc néccââicc]4 <pU
quelles reopodes pièces ilr rnaipgiil'mi
«éiifin-i-rfia les piamiètea i La oéccffiié
d'naenpdraiioo , nconua pour iodilpea»
làbla-s pcar-cItâ.ceiiéoealiaiAcaiioxa
finreue de piècci (.^doac la finoéDcajpiiP
Ràr aâaeUeaicat idvwqaéeien dooe^
faudea-ildqacyélificslâs pièces de eqi^
paaùqpcà I^afiai I la vctificaCMoslevlÉl-
dsoic iaipolEblc i souMe lesIbii qocjla
joftice ae aépoodioic pas 4ct pièces .de
CBayuaifon adniaiAsdeq t Aa-cnacnicc
. üMfiaibdkMWi M^pf«M)ct>aBtf9
DigliiZi;.'
DE DIPLOMATIQUE. 4«j
Tantôt à deûèin de fair* fa0iît: aâes vé-^
ticables ^ |es Êmflaires MOderMs^^M-otLulf^tlt^'d^
pièces de Qofflparair(»;-TaM4tf'|)^0r ■jetd^-^esSx^ét’ifieicet^
dan» l'inceftkude , ik
<inVea&JMk pare» aittJ ineot^tûeB»«l^iktie dâlWitt ,^q^'fa^
tries circonftanOMttttroiiene ptl cliaaget: KiLes^ièctfs dë ètAri-l
paraiibn doivent étre'aneérièttoot)^' cette ^'-4Ônt dirpiito^
mais cn<mônio teins tee-pkuivoifitMO'dt' fV
pOiTibleu'^mo noiuoq xie nti u(. «ibnaj , ?eupovuip9 ^a&yom
v^QuaÉd'i|ui’agkde> pièces'^ compamiibR très-anti<)<^r
qu’elles foient vraies O0‘ Emii^ 'i'^eelipdodüitOMlle’tnëtnè
éâ:|t ^ii)!eéeiiemeoc niles' apartiennent tut naine i'aùqsîei^es
fe-eapotcentj^HâC' Relies tant dredëèn daM'ld i<n>lne OfitéO
alors; 'Ciàr xil a'eftlipas ç^eftiori^ tmTe iapofe^p-de vénfieiMl
ikirdcisittuie'efl dttie«Hao(a< telle -peiironeiHmdsü^ elie'bft do
Mlj OU eei‘ üèclej'£|i -ett^elle 'oerttdnOffléiU'? Lei Téoberdhei
tiifarj;'l>oar^}re^inix^fcntu*lon*ïn?
tMra* & r«r«tre<ln|f (îipofem «jifotf’pitt-
daife , txMr companiroa d'tuü
cliltrtC dxréè ‘'dU^’lcghe dé S> l<iuit''i' ud
M.IPAAT lE.
S)p«T. lu.
OWa».- IX,
-J*ob tnoijim^i^
( liviil ns'i ao
■ W iits {,^
O»' .T. J* .ÿi
d^lelil^lh^vdifld^I^f cooüitél î
<Mi (Ncaa deicoapdliifito'ÿ^aiM&raiu
donc alota: uancikt. £Um •« £etow^u'«d
ÿMBCc (W aaavciludlficallds d I
déi»itti>«oaadM>i*i. -Le< ad*
Tot&»>cc»ivci»«' dà pMce^db\am^>
xaifoap^e InitevefwMânt poorvabblci
& ffaaww v ■ p'tBWnt pH'ümi doHW
Imb doü» plaodra d'«vM/-'dtd lût
cllet. Ma» il pootl l)Mé «dv«r , comoie
il'cA <iiW fWitUit* d«ft , aoc'ln pic-
•M-diaomp^ron ,'i<klil«aMirtailc-
aùcaaar pài ftiMàm^fo ttounnat
fcrtfrfi ^ ■ •+ ^9dudv ... ...o.
àt loMfnMHbti aMl~
^DC» Awacn»ii> aolhxdtie da mltnt aee,
du nànoj^s v'de- la
lieu -i— r“*j|l» fnrf*-
fa AO maitre 'dcrifaiq pitefli'es d’’ def-
fdU' de lui faittiilMditf^alild pèti t»s
ma^ilm il donnera fauT’l>iÉil« firtrrti-
neadD p«ir feat> ftrarie;CM«Rn«iii* tff
ftqrdtilTaai.pm.IneipableapOI'dft' atfa
Rondb hiseadoi m-
iMpniiliaàiiiiiii'du p|;^es de' Mib)Hmi-
-âm > l-m*«>b«eiitBee e narartlW ,
ajuaed il Aa»lnwiw>oef fm des chofts
jbcaniwci « 4o>l« tMllirarai-fiif ‘(a-edrM
akauwn. ks plwli>e»le> iVWitd, ■aoir
ao<tatf»viW4W»ir»l[^iMft’ii
gmdMdüeidrfuNa k*tmiîtkfmÊa
tfcraivérindiltflnOdfedk Ÿti*^ £éclc'i & \ I «( ûT(d)
dont la'dhcdricd ne^ loft^-pa»- doetrale;
;poqriraUI' lMMIe'ddt1(]innr«/>S4 cç 3K
plran%‘ ert" (T»n« ^eWrtje difeitme dfe
ceUd^-qu'en aeufixt l't^pcn 'abaiidgnder
lui-ndràe la (dproBren comiae Çrâl&v
iprailôn de la diverKtd du candide. Mab-
un -vdrilteiféor aoreir-îl adiMi piAb
pldcra- de coinfafaififiT , tk$ cbatrqy^d^
emme dMirobadilt i £a ainiiJe'Wt >«xai>J .(il (.)
ud’^ '! p'aiVi^ .ai 1 >( ui
(b»«<iN(4d>aM fuMtewi
oldMHM''rir fik»4d«fe e pigqMeqç»f dft
refrembterâ ^ 4>étile'‘'rfuBe‘ 'pfea IB*
cbmpcffeiftmy dsna'lc edradWft iltoit oAA
S!«Mkjeairei«i ferdit pdMb
comM daiailtrf irt««jn*d*tWlt..
cem>ifr*ac<el qâlTi'^ejlufl^ejHlifrlqBIS^ „nni» aitd f£)
J«« d%W*UlW iihinirT- «4
lrtftnflpi#<tn«.JII ft'd'Wl&elM6d»fii^ ■ .laT!*
i (4id* cOMinN aîAM' ; jinif ‘lef dlftefifW. ,1 (♦)
1» fttc a^idcMd'Win-fiflpilrf dqpdH te ^
rffléfllbltHéeK' ddlÂatrfrf’/ «jUK-ciMiei- _j,, iniàtnt CV)
rWftBt Wd*tit1lW»‘'a*‘‘0faqU0'fi*ile. ' , .,j . ,,, I
MnMIt M difîM*n MHtabr, ' • -
-qti uàiyttii»xile* ÉWBf an' wMam “
1 .ntl os au.'qiu .1
II. PARTIE.
S £ CT. III.
Chat. IX.
Y a-t-il plus <Tic-
tcs faux ou fuf-
pcfls , que Je vé-
ritablca ! Quels
font ceux, dont oo
doit fuitout fe dd-
fier î L'expett dd-
clard pour le titre
ancien, plus croya-
ble , que celui qui
le cépcovnt.
medtt Avit, r. |.
4^4 NOUVEAU TRAITÉ
ultérieures feroient fuperflues. Cette importante difîculté
levée fembleroit devoir mettre l’expert ordinaire bien à (bn
aife. Mais une réfléxion fi fimple n’entre point dans la mé-
chanicme de lès opérations , & d’ailleurs il n’eft pas en état
de fe décider fur un fait , qui pouroit leur fervir de baie.
XI. Si le vérificateur s’elt mis dans la tête , que la plu-’
part des aâes modernes , contre lelquels on s’inferit en faux;’
(ont artificieufement fabriqués ; il ne réfiéchira prefque plus
liir les moyens de julüfier l’intégrité des pièces , qu’on lui
préfentera, A force de mauvaifes (Ricanes, ü fe flatera d’avoir
démafqué des impofturcs , dont il étoit perfuadé , préala-
blement à tout examen.
Mais fon illufion eft d’autant plus inexcufable , que les
vérificateurs d’ofice les plus ocupés déclarent avoir vu s’inf-
crire en faux contre des aûes vrais aufli fouvent , que con-
tre des écritures contrelàites ou fiüfifiées. Encore ne s’agit-
il , que de pièces ou fignatures journalières , beaucoup plus
fujetes au faux , que les titres (i) anciens. Un vérificateur
bien inftruit de ces faits , fondés fur l’expérience , ne fera
donc point plutôt pancher la balance d’un côté , que de
l’autre.
L’antiquaire doit aler plus loin. Sans des motifii crès-m-
tes , il ne fupofera pas d’in^ftute dans des chartes , diltin-
guées des titres de nobleflc , tirées d’anciennes archives ,
conftatant la pofiTeflion des fonds , droits ou privilèges ,
dont on jouit encore aéhielleraent , ou dont on jouifibit cer-
tainement autrefois , Sc dans lefquels , on ne demande pas
meme à rentrer. Des pièces placées dans ces cireonftanccs ,
ne fe trouvent prefque jamais faulTes.
(l) An fujet de <eox-ci : »je n’ai
» Mnoc («) dciTcin , die M. Muiatoti , de
xbüie naître des fou^oos, contre les
M diplômes d’une lûicencd ioTiolable. Il
» t'en coofenre encore une infinitd dans
mlcs atehiTcs. J'en ai tu rooi-méme
■ beanamp ,c)ue j’ai poblids dans cet ou-
m mge. <• Ceft un ehiiqiie CMre i
rexcis qui parle. Ainfi Ton pcK ordi-
Miiemenc compter fiu la xdriid des mo-
unens^ dont il prend la dd£enlê.
|s) » Si k hazaid , dit on aanqnaiic
» du premier ordre , produit en un lîdcle
B un titre , qui puilTe dire coaraincu de
B (tafftté i ne poura-t-on pu en produira
B un milier au-dclTas de sont foupfon I
B I] ne faut pu en avoir manid berui-
B coup pr»r dtre convaincu de cette vd-
B ritd....J'ar en plafieuts ocalîons de voir
B Sc d’examiner des uchives d’e^Iifes Sc
B de oooaftdrcs. J’ai vu des chartciers.dcs
adsambres du comptes Sc du ddjiû»
B poblics CO Eiaace Sc en Italie. J'ai va
w des aichirei paiticalidtu d'anciennes
le
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DE DIPLOMATIQUE. 4éf
Le vërificareur au contraire (èra ilir fes gard&*""î^ quand
«n lui prélêntera de prétendus anciens tkreS tù^hftadreaTis»
qui n’ont jamais été prodttit*7‘^ dunt
notice dans les anciens caituléites ptegîrtes^ivk}imri5*\i%ifli
pies. Si l’on ajoute à cela , qué la dé<ïouVefté éls'a été ftltfe
à’imc manière -extaordinaire-; ces monumens ctfnwneiieer^)nt
à paréitre très-fufpééte. Il ft'en fera pas dêtn&me des buîleS
ëc diplômes eonlèrvésr depuis long rems dalis'le^-Çiy arcHi-
tes écléfialHques. Les titres gardés dans les dépôts publiés,-
Cendant , (bit a relever, foit à établit' la noWertb'bu la-gran-
deur de certaines mai(i>ns -, ne doivent pasîétte regardé» trop
facilement comme vrais , ni rejetés trop légèrement conimé*
feux, l' - < ' ' - I itM
• Toutés choies é^les *, il eft finguliet, & néanmoins Vrai-'/
mi’un exiperc fùgeüht en- faveur d’one pièéê, qid porte oHe'
date antique ’W)^eft plos fcro'yaWé y quecelot qui déétÆ'
n. 'PARTIE.
$à«r. III.
CÜAP. IX.
'1
“A A aiâ 1
(«)
ntcrrci êc imüfcn» ilAliot^jà. Aueant
mof peu 4'sapSfi*PSS rt r«» ai*-.
» tiircs 3 pu me pcrmmrti d‘en jucer,
»*yï4 (tWpnjrtT'fitrtî'
U Sc j'ai vu au contraire des chartes de
fi» Is*I
» matSup les plus cenauves tfauiben-
»> tiéhr. U Amli parloit le^ célébré M.
Lanoelocdel'acadmc royaledeaiiilciip.
lions , dapf.WS jfctre impiméaiParito)
iSlI.dhns laAnale il s'«èvé^aVec talion
carinre utl 'cMMIldt rbiftoircde Mcaur.:
iQj Sujioroof ua .Cf^rc iacapablc d«. |
tee Imuit per des niotils indig oes (Tdn
hommd'de bWù VpiiftWmém îonfroil
de contes les tègics de fon ta , a{kz ju-
dicieux , pour en faire l'aplicaiion avec
juftclTc ; if ne. fe déclarer^ pour la (ineé-
riré, du titrd'anclen j ^ùe pafcequ*!l ri'y
dé«upc aucun dé' ces Imçées de faux ,
foSjjéMt alTct; faciles iûîiîr datu les ac-
tes féi^iiubent fupolîs , même iodépeo^
dailffneiit dés^iéccs' de comparaison.
St l'oo ’eh pfodiri^uclqucs-unes , dont
rantiquiié folt Juijr ceitaine , que Ia
coftelpondanee de rftntutc.&de la date;
cehé confonnhé\'ér!fi#e , ilên réfulte-
V t**
chdiSe (» liei^ifl on fupolc kèr iMIèitfA
f compàri
Tome IL
formitd , joincc à f exemption àù l6Ut 1
.pour vraie.
An dofArifrèi, rJglé-t ll 'fctr ;^gément^
fur la diirembUacc des pséces de com->
.puaifon^d<d?tlAjàii^<:ide(l iccUe^
qii'éUc tuj fô'it ancdniK i 'il condamnera,
nt're bafenAiiS' par IsiAsbcif 'Vie Ihiliin
Iconfqmiit^, «pjirideiw pliHV«,(ft£nK.l
abibudre. La (ïnedrité dçi pièces de co»-
'■paralfeb’étl-éHéavérde‘r n jag^r fW
me faux à ndlba -d'une dwMec phadaVJ
taftique ou réelle, bans le ptemier cas ,
de pures minuties , de yéritabjes clijca-
bçt , dont les îles eljjilttî oç
que trop (buvént vlflésitis Jiême'qim^
qc Cagui iylc d'éeéi^és journdi|rç£^:“
<n aqront ÿnpqfé i notée ^yériTjcacjW-
Îlaos Je lè'cbnd éds i prévenu faulteméu'*
e fbTpo'tljlfe^â'u^e
turc , pat.'
.liaï.xUq^nt (as)
.( > .OTh dUak
itii?fe*'â'ul/é leole fôWe d’é^f'*
r, cfiaqaé liWc j %'fe lè’râ'fijî.u."
Non
II. PARTIE.
SiCT. III.
XX#
Moyent pour dé-
couvrir les artifi-
ces dcsfaullaixes.
lici. t..$. 4.
4<î<î NOUVEAU TRAITÉ
contre elle : plus croyable , quand U le fait fans pièces de
comparaifon , que quand il en juge à leur flambeau ; lorC-
que la vérité de ces dernières pièces ou leur conformité d’é-
criture n’eft point d’ailleurs conteftée.
Mais quels font les artiflees des fauflaires : pat quels
moyens les vérificateurs croient-ils pouvoir réuflir à les dé-
voiler , & quelle aflurance peut-on avoir de leurs décifions l
XII. Quoique nous ne prétendions point ici parler des
^Ififications des (beaux , &c que nous nous bornions à
celles des écritures } le détail des dernières ne laifleroit pas
de nous mener fort loin. U nous fufira donc de parcourir
les plus ordinaires ; fans nous arêter aux plus recherchées.
On fabrique des pièces , ou l’on les falfifie par addition
infertion , fupreflion , contrefaâion. Quelquefois plnfieurs
de ces fiauduleufcs maneuvres fe trouvent réunies. Couper
des feuilles de parchemin ou de papier d’un cartulaire ,
d’un poulié &c. en rétrancher ( i ) quelques portions , pour
en fubftitucr d’autres ; ce font autant d’artifices de fauflaires.
Les regîtres , journaux , traités, teftamens,. contrats en for-
me de livres font les plus expofés à ces faifificacions. Mais
elles font auffi de nature à être plus facilement découvertes^
éC avec (i) plus de certitude.
écritaret d'anc autre ferme ; tandis mi'il
an poutoit trouver de patfiutement Icm-
blaoles i celle , qu’il a jugé digne de
réprobation.
Alons plus loin : fi la pièce de com-
piraifen peut être cenfée apattenit à la
même eipne d'écriture Pexpert plus acou-
tumé à jnger des reiTemblances ou dif-
femblanccs perfenelles d'écritures , que
de celles , qui conviennent aux tems 8c
aux lieux , 8c qu'on ne rauroit fentir ,
fans conoitre le goût , le génie 8c la ma-
nière de chaque fîéclc ; s'atachcri à des
dififrcnccs , qui ponroient indiquer di-
vexfiré de mains , mois non de fiècles
le de pais.
Ainfi l'expert décidant en fityenrd'un
titre ancien , fera plus croyable , qae
celui qui en jugera derav-incageufcmenc.
Mais- quoiqu’en certains cas paiticuliets
Icxpcrt puiirc juger des anciens titres ,
cndbimésicni à Ix vérité y comme il-
n'eft point en éut de prononcer fiir la
bonté des pièces de compacaifen ; il eil
beaucoup plus lut d’en réTerver le ta-
pote aux antiquaires.
(i) Les livres de comptes , regiftres ,
tables des anciens éioient fejets à une au-
tre ferre de feprellion. Comme ils éroient
ordinairement enduits de cire ; il étoic
aifé de faire dirparoitre l'écriture en tour
on en partie. Mais en fe prêtant i cette
maueuTte , on fe rendoit (*) coupable
de la peine de faux , 8t l'on s'expofeit'
aux peines portées par la toi CnntUa.
fx) Des papiers colés enfemWefe dé-
tacheront /ans éfert , des qu’on les fct»
palTer par répreuve de l’eau. Expofe à
ta lumièie' , rendroit colé patoitta plus
ebfcur , que le rcile du papier. Ses rè-
gles , lignes blanches , ou vergettes plax.
ou mrins nombreufes ne fe raporte-
ront pas exaéiemenries unes aux antrcsi
La diféiencc du grain du papict , ouxlc
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DE DIPLOMATIQUE. 4^7
Un des artifices les plus familiers aux faulTalres eft d’en-
lever (i) des écritures , pour les remplacer par d’autres slC~ H- partie.
lorries à leurs pernicieux delTeins. chat. Vi.
Ca marque poara d'ailleais nuoifeller I
fimpolnire. Le> mêmes moyens font
également aplicables aux jonmaux Sc à
«ont document en ferme de livre.
On peut de plus examiner, A le nombre
des feuilles cil uniforme parchaquecayer,
A toutes font de la même marque ou du
même timbre : fupofê que l'ulage en fût
établi , pour les livres , qu'on vêiiAoit ;
A les tranchcAIes ne font point plus rê-
cens , qu'ils ne doivent être 5 A les rrous
.par où paifent les ataches du livre fe ré-
pondent parfaitement ; A quelques chi-
fres des pages ne font point d'une autre
main. Si la fabrique du papier n'ell pas
poftérieure à la date ; cnnn l'on emploie
toutes les rclTources , que feurnitladif-
fcmblance ou la rclfcmblance afeâéc des
écritures. La divetAté des mains oc fe-
xoit pas cependant un indice de faux ,
dans les livres on pluAeuts perfoncs ont
coutume d'écrire. Du relie ces derniers
moyens , excepté celui du timbre , &
celui de la marque du papetier , ne fent
pas aefli fett que les précédens. Ils peu-
vent au plus fonder de légères canjeân-
jes. Il ell bien des cas , ou quelques-uns
ne prouvent rien du tout : par exemple
fin^alité des cayets, êt le tétcanebe-
ment d'une on de plnAents moitiés de
feuilles , la divetAté des nsaeques do pa-
Îicticr ; A toutes font plus récentes que
a date , ne prouvent pas fnfilânimcnt ni
contre la Ancériié des mlH ni contre leur
inrégrité. Cet inégalités de feuilles ou de
feuillets , dans les cayers , font qoelque-
feis purement arbitraires. Soovent la £0
d'un traité ou d'un mf. en eft la caufe.
Des relies de feuilles de parchemin des
débris de vieux mC d'on l'on a éfecé
des ouviages , pour en fubllituer d'an-
tres fe trouvent mêlés au parchemin
vierge , m fett à Jet contenir. Quel-
quclbis alors les feoBlcs anciennes Ibnt
séduites en demi-feniUes , posu cadrer
avec le fécond mf, od elles Amt tranf-
planrées. Le caprice , le changement de
vues , la fin d'un livre ou d'une année
pooroieot avoir ocaAooé de lèmblablss
variétés dans des livres de comptes ou
des regîtres. Cet irrégularités , remar-
quées aux endroits fufpeâs , prouvent
néanmoins , même contre les méT. avec
toute la force , qui peut convenir à ce
genre de preuve , relativement aux cir-
conllances.
(i) L'enlevement d'une écriture en en-
cre ordinaire ne fe fait point , fans alté-
rer la blancheur , le luflrc , l'épailTenr
du parchemin. Le grain du papier endo-
magé ne fe rétablit qu'impatfiitemcot.
Il n'en cil pas moins fujet i conferver
des marques d’altération , qui dépofe-
tont perpétuellement contre le faullaire.
Quand rencre auroit été compofée ex-
près de matières propres à s'écailler
foie en les frotant, foie en les lavant {
il telle toujours quelques veAigesjaia-
natres, qui trahiront l'impollear. Cer-
taines empreintes prefqnc inévitables rc-
céletooc des traces <fécriinrcs , qui fe
IsilTeroat au moins découvrir aux^ues
les plat perçantes. Si l’on bazarde plu-
tôt de faire palTet les eaux conoAves fur
le parchemin , que fut le papier i le dé-
perilTemenc , qui s’enfuie , ne feta pas
moins lênlible. Le premier deviendra plut
mince êc plus trajsfparenc on terne 4c
veloucé. Quelque perite pottioo de l’é-
ctirnte enlévée fe fauvera do naufrtf e ,
fans qu'on s'en aperçoive , êe dévoiieta
tout le royllère an vériAcateur aten-
tif. Suc le papier , les eanx caniliqnes
laiHêront des efpèces de taches fem-
bres , jaunâtres ou touilâttes. Son épaifL
feue le ion grain en fonfriront notable-
ment. On aura beau employer de nou-
velles matières , pour couvrir cet défauts;
les endroits renforcés , êc pat coofé-
quent plus ombrés, n’en diront pas moins,
que les taches à ceux , qui les examine-
ront de près. Une expontioo oblique dn
papier au grand jour manifellera la four-
be aux yeux des experts ■ futtout quand
les feuAaircs n’en favent pas aSa , pour
écfaapcr i lents recherches.
N a n ij
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4^8 NOUVEAU TRAITÉ
Ce ne font quelquefois que des claufes effentielles j.des-
* *s Tif chifres , des lignatures , fur lefquelles tombe
Ch A/! IX. fraude. Quelquefois elle ne regarde que des noms> er>
levés , changés , altérés. Mais nous réfervons pour un autre
chapitre les falfifications de quelques portions d’a£fes : celles
qui ne confiftent qu’en des mots , des fyllabes , des lettres.
Artifices des fauf- XIII. On connoit deux manières de contrefaire les écri»
faites relatifs à la turcs , l’unc cn Ics imitant à vue , l’autre en les contretirant.
P" La I*. eft moins exade & moins rigoureufe. Mais fi l'imi-
criturc : moyens tatioiî cft précilc ; parcequc le rauflairc aura la main, bonne,
employés par les & qu’il fe fera bien exercé : fa fupercherie ne fauroit être
«rnVt ^é$°'Lffcs fusement découverte par voie de vérification. S’il n’y a que
écritures des Téii- quelqucs légères diférences ;on pouroit les atribuer aux va-
riations , qu’on a coutume de remarquer entre les (z) écri-
tures de la même perfone.
Pour diftinguer les véritables des faufiês ; fiirtout fi
celles-ci ont été faites par imitation ; les maitres écrivains
comptent beaucoup fur la taille de la plume , fa tenue , la
pofition de la main , fes mouvemens , ou ceux du bras. De
Il eft certain qu'il (è rencoutre des cas,
•ù ■ découverte do la fraude paroit in-
évitable. Mais en général , les uches ,
les coupures ou ruptures tant du papier ,
qoediLparchemin, font des indices équi-
voques. Il eft à craindre , qu’on ne pren-
ne quelquefois au criminel des accideus
de pore maladrclTc ou d'inatention.
Comme les eaux & les poudres cor-
sofives s'incorporent avec le papier & le
parcbcaia ; elles y laificnt une acreté ,
qurfcoi fié*"*— no nouvel indice. Mais,
cosMM on pépnre anfli le papier avec
EalM s il Aot uvoir diftinguer fon acri-
JMaln' de la caufticité de l'eau forte ou
^ faodatat. Aim refte le grain du pa-
fiet , ou fou lilfé > le celui du parene-
min foufritont natabkment des poudres
cfuftiqoes : 8c d'ailleurs elles afoibkcont
Eun 8t l'antre.
Y >) Parasi les làlCfications Icsplus fub-.
ailes , on compte le changement de quel-l
qae chifre. O'un zéro l'on aura fait un
' 4. ou un f. d'un s un 5 ou bien un 8 ;
diin I. prefque tel ebifte , qu'on aura
voulu. Mais li l’écriiaic eft régulière ;
3u'on’ prenne' garde aux xhiftes , qui ne
oivcnc ^inc excéder le corps de la li-
gne , & a ceux qui s'élèvent plus haut ,
ou qui defoeodent plus bas. Toojoun
l'encre de la partie ancienne , SC celle
de la nouvelle oc feront pas également
noires. On s'en apercevra en les élevant ;
pour mieux les expofer au grand jour.
St l'on a léttancfaé quelque chofe d'un
chifre ; c’aura été en le Eraunt. Oe
quelque inftrument qu'on le (bit ' fctvi j
il en reftera ronjours'déa marques, qu'on
' peut-lâiflt aifément.
(i) Jamais ou n'a vu le même homme
fotmet deux fignatores d'ntie rclTem-
blance fi rigoureufe ; qu'il (ùc impofli-
ble d'y remarquer quelque difércnce.
C'eft donc s'égarer i la lacur d’àn prin*
cipe véritable , roaissnal apliqué , quand
on n'a nul foupçon légitime de contieti.
rement .fur me pièce de compaiaifon y
que de raefurer chaque lettre de deux
iignaturcs au compas : comme fi leur
conformité devoit alcr julqn’à n'avoir da
part & d'autre aucun ttatt aiflns grand
. ni plus pcck.
Diy;::. Cooc!.
DE DIPLOMATIQUE. 4^9
nal/Tenc les pleins , les demi pleins , les délits , la nette-
té des traits , leur hardielTe , leur pefanteur , leur interrup-
don , leurs Ctuations refpeâives. Ecrivez du plat , ou du
dos , ou du coin de la plume ; vous produirez des éfets con-
traires. Ils feront diverfifiés prefque a l’infini ,,à proportion
des tenues intermédiaires. La place du plein & du demi-
plein varira dans la meme lettre , fuivant la diverfité de la
tenue de la plume. L’on jugera donc par la varTété des traits
de la diférence des tenues de plumes , & conféquemmenc
de la diverfité des {i) mains.
Comme toutes les- fortes de traits le trouvent réunis dans
la lettre /' ; quelques-uns conlêillent de s'y atacher particu-
lièrement quand on a des pièces à vérifier.
Les fignacures & parafes (1) faits de tout le mouvement
du bras , font un indice d’écriture original Sc non contre-
faite. Cette fermeté de traits montre , qu'on n’étoit pas gêné
à tirer un modèle.
Quant aux écritures contretirées ; les maitres écrivains
prétendent pouvoir les découvrir ; aux marques du crayon em-
ployé , pour les. rendre avec plus de juftelfe , & qui n’auroient
(i)Onrupofe 1°. qu'ane fignarare ,
^aiiDc' pière d'une écenddc (an bornde
•fl écrite' de la même plume , de. la même
taille , & de la même tenue. i°. <]ue
chacun a fa maniête propte de tenir 1a
lume , de pofer la main fut le papier 8c
e la mouvoir. Si donc la tenue de 1a
plume eft difêtente , on en conclura di-
Htence de maint. Si le' changement de
plume ou de taille de plume fé manifélle
Iréquemment ; on en concevra des foup-
{ons de faux. Cela fentira l’écriture ar-
tificienfir, l'imitation recherchée. Divers
cdâis de plumes , plus propres les uns
que les autres à ' rendre une écriture ,
propofée pour modèle , anoncent un def-
fein de tromper. hTe pouroit-on pas ici
liter des conléquences diamétralement
opolécs : Le &nlEùre fe fera exercé fut
des papiers , des plumes 8t des encres
diférentes , avant d’en venir à ta pièce
déIcifiVe. Alors fes elTais font fiiits. Il efl
tout délerminé fur l'encre , la plume ,
là forme d'écriture. Ainfi ces tentatives
mufuéés , cette vaiiété d’inflnuntm
caraélériferont plutôt la bonne foi , que
la mauvaife.
11 efl des perfonet , qui pont t'épar-
gner la peine de prendre elles - mêmes
trop on trop peu d'encre , ont des do-
tncfliquet , qui leur préfentent fuccef-
hvement dés plumes ' trempées , comme
il fout } d'autres par caprice , ou pont
elTaycr diverfet plumes , ou ptcrcequ’ilà
ne font consens d'aucune en changent
fouvent , Se même à chaque fois. D'od
s'enfuivent des variations de tailles 8c di
tenues. Ces foits 8c bien d'autres fem-
blables déroutent no peu les principes des
' maitres écrivains.
(i) Mais un fàuflâite , qui anroit af-
fujeti fà main à l'imicacion de certain
caraâêre , ne pouroit-il pat l'avoir affez
hardie , pont fé livrer aux monvemens
les plus délibérés > Que ne feroit il pas ,
s'il y étoit invité par la qualité de fél
criture de fbn modèle > Enfin prévenu
de l'illufioo , que la hardielTe de fa main
fetoit aux maitres écrivains > que o*
i teotccvÎMl pas , pour y pamnit 1
II. PARTIE.
StCT. III.
Cha». IX.
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II. PARTIE.
S E c T. III.
CHAf. IX.
‘470 NOUVEAU TRAITÉ
pas étë aflez exaûement enlévëes;à des rcftes de mie de pain ^
qu’on aura fait fervir , pour les faire difparoitre ; aux indi-
ces du papier mouillé & de la prelTe , auxquels on aura peuc-
ctre eu recours ; aux charges & recharges d’encre , à l’in-
terruption , à la multiplicité des traits mis en euvre , pour
figurer avec plus de vérité chaque lettre. Les petits coups
de plume fe|j)nt rendus fenfibles , au moyen d’une loupe.
Elle mettra en évidence des traits peu coulans ou meme in-
terrompus , raboteux , dentelés , tels qu’ils conviennent à l’é-
criture peinte , plutôt qu’imitée , d’après un modèle.
Si le faulTaire n'i^nore pas , à quel danger on s’expolê en
contretirant une pièce , qui pouroit être produite ; il pren-
dra quelquefois le parti de tirer un mot de côté , un autre
d’un autre , foit dans la meme , foit dans diverfes pièces de
la façon de celui , qu’il s’éforce de contrefaire. Il eft à la
vérité perdu , fi l’expert eft aflez heureux , pour déterrer ces
mots , dans les pièces de comparailbn proauites. Cette ref
fource manquant au vérificateur , il lui refte d’avoir recours
au mouvement des doigts , à la tenue de la plume , changée
prefque à chaque mot , quelquefois meme à fa taille variée,
pour répondre mieux aux diverfes plumes , dont fes modè-
les ont été écrits , enfin aux traits néfitans , & Ibuvent in-
terrompus. Mais peut-on s’apuyer avec une jufte(i) confiance
fur ces moyens ?
(i) On l'a d^ja vu en partie : qnet-
mes atentions de plus de la part du faur-
laire peuvent aifiinient mettre en ddfaut
l’art des experts. 1°. Sila pidee eft con-
iretirde , te qu'il foie mairte de ne pas
produite les pièces , fur lelqucUcs fou
opération aura été âicc} le voila garan-
ti du danger le plus éminent , qu'il cou- ’
TOI c de voir fon aâe convaincu. 1°. Qu'il
aie lailTe pas la plus légère marque de.
crayon , de mie de pain, de papier mouil-
lé , de prelTe , de recharge d'encre , de
multiplicité de traits dans la meme let-
tre ; l'impoftore échape à Peipert le plus
clairvoyant, j". Après tout , les traits
raboteux te dentelés font plutôt des èfets
de l'age , de la plume , de fa taille , du
■ grain de papier , que de l’imitation. Plus
Üs feioat aukipliét ; soins doÙKio ka.
atribuer à cette dernière caufe. La mul-
tiplicité des coups de plume ne prouve
pas , qu'une écriture foit contiefutei k
moins qu'il n'en réfulte , que non feu-
lement te méraecaraftèreaété Eut trait
à trait , mais que Ibuvent le meme trait
a été fermé à diverfes reprifes. 4*. Entêté
de quelque fuccès de fes fpéculatioos ; li
l'expert ignore les fanifes démarches ,
où elles peuvent l'engager : quoiqu'il
vaille mieux laillêr impuni le coupable.,
que de lévir contre un innocent : il ne
tiaitera pas plus Eivotabicment Tinoo-
ccace que le crime. Et c'eft à quoi fes
principes le mèneront : faute d'avoir bien
compris , jafqu’où il pouvoir les éten-
dre , le d'avoir connu les bornes , où il
devoir s'arèter.
L'écrivain expestj dis- 1- on , dit
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. DE DIPLOMATIQUE. 471
XIV. Juftinien dans ( i ) fa 73 . novelle , voulant (a) infirmer
diftinguct Ici dcricnret k la caille de la
plume , à fa cooduite , aux mouvcmens
de la main. D'acord: ces fécrcts quoique
cids- équivoques , peuvent être bons con-
ue des fauuàires mal habiles. Mais que
les impolleucs eu fâchent autant , que les
experts , ils conoiuonc comme eux la
taille de la plume employée dans quel-
que ocaCon , pat celui , dont ils pteten-
dent imiter l'écriture. Une tenue déplu-
me conforme , la meme pofition de la
main , des mouvemens pareils , feront
le fruit d'une imitation étudiée. En un
mot , les uaits légers , pefans ou fermes
feront rendus par des tours te des ex-
pie (lions fembufoles. Que icfieta-e-U
donc au maiue écrivain I
( I } En citant ailleurs ce texte plus au
long , noos avons repoudé qaelques ata-
ques du P. Germon (c de l'abbé K.agnec ,
& montré l'incompétence le les écarts des
maitres écrivains réels ou prétendus ,
qu'ils mènent en jeu , fans olêt les nom-
mer. Il cft qoeftian de deux lignacurcs
du roi Thitrri 61s de Clovis II , de d'au-
tant du référendaite Wolfelaecus , éloi-
gnées les unes des ancres ; les deux pre-
mières de plus d'onze ans j les deux der-
aières de plus de Cx, Si l'on compare
celles de Tnierri ; la plus ancienne anon-
ce une main plus gaie de plus dégagée ,
de par conféqoenc plus jeune ; la plus
léeente , une main plus ferme , plus
exercée , te par conléquenc plus vieille.
Ceft-é-dne qu'elles font telles , qu'elles
doivent être. L'une cft faite à l'^e de
plus de 10. ans , de l'autre de plus de
yo. En gros la rclTemblance eft bien fou-
tenue , de rail de l'écriture fc taporte à
B même main. En détail la tournure des
caraâètes les plus 6neulitis Ce trouve
conforme. De part te dautre lentes fu-
périeures h traies brifés , cncrelaftcmenc
de l'r te de l'r dans Thtùdericm , prolon-
gatioa eaceflive de 6x ou fept queues
inéérieurcay en£n pour ne pas io6ftcr for
fies autres rapotts , hafaknde ftngulicre
de tenuinet de gauche ai droite la queue
de Fr du mot rr* , apres l'avoir portée
pTefqueobhqoemeoc de droite à gauche ,
dt d'étoulic. de Üaac en- faiu la- enwerfe
médiane de I'/ du même mot. Ce qui
produit relativement à la 6gure des let-
tres un éfet, dont il ne feroit pas aifo
de fournir d'aunes exemples. Comment
deux bgnacutei peuvent- elles convenir,
dans des rapotts 6 extraordinaires : pofé
qu'clies ne panent pas de la même caufeî
Mais à ces râpons ftapans de relfem-
. blance encre deux lïgnatutes éloignées
de plus d'onze ans , qu'opofo le P. Get-
. mon ! Des traits plus ou moins (ê) mai-
. grès , plus ou moins courbes , plus ou
moins obliques , plus ou moins déliés ,
auxquels le foui changement de plume
pooroic donner l'être. Comme 6 les écri-
vains experts les plus entêtés de leur art
n’avouoient pas , qu'on ne peut tien con-
clure de ces mêmes dilparités !
C eft principalement fut la lettre t que
le P. Germon prétend établir le coottafte
des dilTemblanccs. Dans (c) une des 6-
gnatnres l’r cft formé de deux traits. Le
premier regarde toujours la lettre pré-
cédente pat fa panie fnpérieure , & la
. fuivante par l'inlérienre. Le focond achè-
ve F» par l'addition d'une tête ou d'un
bee, qui fe lie avec le caraélère d'après.
Dans l'autre fonfeription F# eft tracé d'un
foui trait & fe lie autrement avec la let-
tre foivaote. Ceci n'cft pas exaftement
vrai. La liaifon de l'r des deux côtés fc
■ fait toujours par le haut , & toujours en'
-defeendant. Les r de la fécondé 6gna-
ture font à la vérité compofés de deux
traits i mais deux far cinq de la première
ou plut aïKienne le four anfli. Quant i
la manière de commencer tes r par le
haut je par le bas, eUc étoic alms iodà-
fétente. Tantôt on les commençoit d'une
façon dans une même pièce , te tastôe
d'une autre , 8e leur forme paroHlbic ea-
cote plus variée. Thierri aprir ÜMs doute
dans fon enfonce les deux manièiesde
peindre Fr. Un peu au-deft'nt de vingt
ans , il ne s'étoit pas encote £xé plntôt
à l'une qu'à l'aurtc : dix ans apres il pou-
voit s'être abfolument déterminé peut
l'une , à l'exclofon de l'antre : quoique
nous ne voudrions pas afluter , qu'il eôx
porté jufqu'au fcmpule l'atention à ren-
I di« ù ûffisatK nailbtmc. L'ajitiqota! n» .
n. PARTIE;
S I c r. III.
Ch a?. IX.
Dififiences entre
les ftgnaturet de
(•) Nm. triùU
dt difltm, r. J.
f. 40.41,4a.
(l)Dlfeefi. I.
f. ne.
(r) IHd.f. 1S4.
i8j.
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II. PARTIE.
S E C T. III.
Cmae. IX.
U même peifone ,
Bc prouvent pas
que l’une ou l'au-
ue , -ou toutes les
deux Ibieot fauf-
Tes :.£ocêtité des
lieoatures des toi
Tnierri III. Sc du
rélêtendaiie Wul-
folaecus.
ls)UU.f. 1I7.
(ê) lM.f. lit.
471 NOUVEAU TRAITÉ
la preuve réfultant des vérifications d’écritures , oblêrve que
non feulement l’age &c les maladies opèrent des changemens
confidérables dans les écritures ; mais qu’ils font aufli caufés
par la diverfité des plumes Sc de l’encre.
Certaines dilfemblances dans la figure des lettres , ne font
donc pas une raifon légitime , pour atribuer des écritures à
diférentes mains. Il eft très-peu de pcrfoncs , qui fe bornent
à une feule manière de former telle Sc telle lettre. L’écriturç
des jeunes gens Sc de ceux , qui n’écrivent pas beaucoup.
conoilToit point ccs rafinemens. II fuRroit
qu’une Rgnature en cas de litige pût être
avouée pat celui , qui l'avoit faite.
Ccs dilTemblances , ordinaires entre
lerRgaatures des mêmes perfones , quand
elles ont été écrites à des dillanccs de
rems confidérables ; font cependant tout
ce qu’on peut alégusr à la charge des deux'
fbuferiptions royales. Mais c’eftanllicc
qu’on peut dire de plus fort a leur dé-
charge. L’impoflibilité d’une teffemblan—
ce plus précife de part & d'autre en des
traits toutafak finguliets , eff démontrée ;
fupofé que d’une ’ n'ait pas été contrefaite
fut l'autre. Mais cette imiiation ctimi-
oelle n’elê pas moins improbable. T7n
fandaire en éfec auroit-il afieâé des dif-
femblances de la nature de celles , que le
P. Germon & As experts ont télevées î
Pour faite teflêmbler des écritnres , don-
ne teio aux mêmes lettrex des figntes di-
féteotex I Fait-on de plufients pièces , des
Icmea traedet d’an lëul eoup dé plume ?
JjcoT ménage-t-on des liaifons diverfes !
Change-t-on les pleins en déliés , -dc les-
déliéi en pleins } A-t-on jamais «u , de- -
potaqa’oB Térific les écritures , un exem-
ple de pareille contrefaéiioa ; quoique
mes les jours ces difparités puiircnt être <
ebrervées cotre les fignatutes , faites en
divers lems , par les mêmes perfones ?
A l’égard des deux fignatnres de 'Wol-
falaecas s Aur iotetvale eft de plus de
fis on neuf ans , félon deux diférentes
fiifoas de compter les années de Tbierti
m. Cette diflance ic le chanKment de
trois règnes auroient pu ocauoner fans
cenféqneoce quelque variarion entre les
^natures du même référendaire. Mais
elle eft G légère ici , qu'on défiroit les
vins habiles experts , antiquaires te au--
tres <fp découvrir des difcrcnccs d’un
aucre genre , que celles , qu'on a eouiume
d’apercevoir entre les foufcripcious de la
même petfone , faites à des tems éloi-
gnés. Ce qu’il y a de plus décifif en fa-
veur de l’uniié de la main , qui peignit
CCS deux foufccipcions ; c’eA que des
traits te des fbttncs de lettres très-parti-
culières fe retrauvent |uflemcnt lestnè-
mes-des deux côtés. Cependant («) le P.
Germon ofc avancer, que quoique de parc
& d'autre les deux fignatures fuient en
croit lignes } leur nombre eft lî difércot ,
& lent forme fi diverfo ; que petfone
ne peut dite , qu’elles aient été écrites
de la même main, II en apele (t) à fes
prétendus exfern rrêr-éaéi/«, dans ta vé-
rification des écritures. Mais noos snat-
crions bien en fait , que le P. Germon
te fes experts n’auroient pas feulement
pu épeler coures te chacune des lettres
des deux fignatures de Wnifolaecus ,
quoique D. Mabillon en ait mis la lec-
ture en interligne. Si fans les prévenir
fur le jufte foupfon , qu’oa avoir de
lenr infufilânce à cet égard , on les
ent convoqués , en préfencc de perfones
capables , pour procéder à une vérifica-
tion cootradiéloirc ; en combien de mé-
prifes ne les eût-on pas vu tomber :
quand même 00 les auroic difpeofès de
s’expliquer fut les trois petites rangées
de notes de Tyron , qui terminent les C-
gnacurcs comparées i Quoique ce ne foie
pas ici de ccs pièces , dont on puilTe
confier- l’examen à des vérificateurs ordU
naiics ; cependant le P. Germon dévoie
être condamné meme au tribunal des
maîtres écrivains : puifqu’ils rcconoilTenc^
que les écritures de la même peefona
peuvent vatici pat bien des taifons.
D:-j. I - t ■ ' 'Otêll
DE DIP tOMATIQUE. 47^
eft encore plus fujerc à varier , liirtout s’il s’agic de cômp»> ^SSSSSSSf
raifons de pièces ou de ngnacures de tems éloignés. Ecrivit- n. partie.'
on fréquemment ; peu à peu la main le familiarife avec qudk
ques £gures de lettres , par préférence à d’autres , qu’on ,
avoir auparavant employées. Il lèroit alTez dificilè , &: peut- - , : .. 1
être impoflible , ‘de trouver une perfone âgée , dont la fortné '
des lettres n’eut éprouvé nulle vicidîtude. r
PluIIeurs dans un âge avancé s’avifent de réformer leur . .
écriture ; l’imitation des bons exemples la rend meilleure ;
l’exercice , plus hardie. D’autres delâprennent par le peu d’u-
q*i’iis font de leur main ; lans parler des maladies &;
des incommodités , capables de l’altérer. Après avoir fouf-
crit des aâes &c des contrats ; on voit des perlbnes aprendre
pour la leconde fois à écrire , quelquefois par un goût pour
récriture , qu’elles n’avoient pas connu dans leur enlànce ;
Quelquefois même à mauvais delTein. Comment jugeroic-oa
e leur première écriture par la lëconde ? C’eft bien {i)
pis , fi fans afeâadon ou autrement elles changent de genre
ou d’elpèce d’écriture.
^ XV. L’écriture véritable , nous difent les experts jurés , Canâ^, rdoa
n’a rien que de fimple & de naturel. Ses traits font vifs , e*p«nf , .re-
fermes & fouvcnt hardis. Ceux de la fauflè paroififent (i)
(i) Une meme pei/bae peut en üvoir
plulïcurt , St. let employer tour à tou :
clic peu s'eo tenir i U baratte , apr^
avoir fiutuo long o^âse Se 1a financière :
elle peut avoir {ait Ses fignuues , tan-
tôt à longuet lettres tantôt en letttes
ordinaires. Tes unes ponreienr-elles fer-
vit aut autes de pièces ôe comparai-
fon î Enfin , lâu Tupolcr ni changement
ni renouveUement de cuaâète { récri-
ture .varie oaturellemeu avec Time , mass
inégalement. Dans les uns la îféeence
devient ttes grande , dans les aetiespeu
confidérable. Six mois d'aplicatioo pto-
dniront (miveu une vuiation pins no-
des dix & vingt années. Les
plus habiles vétificacents edimentpreC-
qne impoflible de bien ji^et de IVcri-
xute fur des pièces de comparaifon , éloi-
gnées de plufieurs années de l’écrirure ,
qu'on examine. Anfli exigent-ils comme
sue condition eflênticlle , que les piéca
Tome II
de compaiailbn Ibicnt les plus proches,
qn'il ed poflible de l'aâe fulbeâé. Des
fignatures éloignées de Gx , de dix o«
douze ans , ne doivent point fans doue
palTer pou voilines.
Mais en acordant an vérificueu les
modèles les j>lns &vorables à Ion opéia-
tioo ; qn'ea peut-on atendre ! Un indice
St rien davantage. II dépofe de la ref-
femblance on diverficé des éciitntes. Or
ce n'ed U ni k vrai ni le faix : c'en
ed tout au plus l'indice. Mais ed-ce
un indice iniiubitable t Non , répond M.
le (a) Vayer, Pour qn'il le fût ; U fau-
dreic que deux éctinitcs fcmblabici dif
fent toujous de la même main , 8c qne
deux écrirares dillêmblables fiillènt tou-
jonrs de diférentes mains. Or le contraire
ative fonvent. La fraude , la nature , te
mille accideas divers en peuvent être la
caulê.
(z) Les experts ne font.ils pas les
Oo O
(a) D* U pnm.
par (ffmfar. p, il.
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474 NOUVEAU TRAITÉ '
’SSSSSSS^ dcCunts & peinés. Oh les reconoit encore aux mouvemens
Il PARTi^t. ^ Je la main lents , pefans,<rainés, inégaux. La contrainte
JX. l’imitation aura fait pofer la main fur le pa{>ier. Ainfi l’on
Tfritablementdif “’Y dccouTrira pas la légérecé il’un modèle. On y fencira
ônaift ? Ai: ôe plutâc on homme , qui hélke à chaque lettre.
Le fauffaire a-t-il été gêné a renfermer fon écriture
ceT'rwm'em**dé- une certaine étendue de papier ou de parchemin i On ob-
ferve , fl quelque portion de cette écriture , & particulière-
ment vers la fin , n’eft pas plus preifée , & moins hardie,
que le tefte. C’eft-là , iêlon les écrivains expcra , un paifiant
indice de faux. Les Je ne le font guère moins valoir ; fur-
tout lorfqu’apiès les fignatures , il cidte un efpace blanc con-
fidérâble , Sc que l'écrivain s’eft relïcrré dans les cinq ou fix
4<7nière$ lignes , qui les précèdent- Mais (ans être gené par
l’elpace ; ne peut-on pas preffer l’écriture , foit pour ne pas
recommencer une autre ligne , ibk pour laifier plus de place
aux fignatures , qm n’auront peurette pas été aniTi nomixeu»
fes , quk>ft l’avok compté d’aterd ^Ne le peut-on pas dons
\m blanc-figné , faute d’efpace î Ne peut-on pas ferrer le»
' ' lignes 8c le caraéfète dons les mlL. <â) 8c les regîsres , qui
I-*.
t ■*
•f (.
|lif Intm i^MNKfnlcT Icnnstfacapibtn
de fraude , & ndànmoint natntellemcoc
{xfantes , ou (jul paroiflent héütcr à cha-
aat trait ? SïJon en* ,'lt>ih de traeerpln-
néilh Tertte* tuât de 'Inife , c]BH^e»-
rltjs formeiir dhacime d'elles de dmts
«fôtips de plûme. Les mis conimeneeBr
Idsdrcmcnt , Si finilTem eir trafniÉir : les
autres , apfis ayOlr eottutteircdd'uoctoa-
niSie béGtiine., ctwtlitaent «reejdgdrwd.
IVauctcs fetdUhfnt n #rtire , <](ie pirfiws
& pat bonds. Ap* ces atevx : quel cas
Bent-dn faiw »t3i««rtmem de h pe-
jaiitcnr ou de Ia‘hard1cifc de Mctünrc ,
pour àdeiaet ÿ'îi vdtitd î
( l'^'ÜIt'fctilûùe ptdparé jm Bien »Ws
^aîs ncî^ùra t:!! p'asagit <Tone tnaaidte
aifte ftes eipcffs en eonsiemtortr. Ils
fe battent toutefois de fe tirer de cet
eoibaras : parccqtfe la niain dn âtilTSHre
fera mcUleiite ou pife qne ftm ttWdcle. Il
éft à la vétlti dincITe an mauvais ddri-
Vain tTfinîtct avec ailânce noe'etcclleti-
t£ dciirurcw Mws le fuilTairc peut asoir
fa inain èaedee 'ptilldlUe « que foDMo-
'<Hle t'O^ l'«n DafsB de peine • eoiB-
prendre , qu'on pnilTc rendre Ion carac-
tdre plus mauvais , qu'il n'a coutume
fdtiv. RdlVndtt . que Fdcn'mre du feuf-
.fairerrerattsnjéOOsui-deiros <Jo bien an-
deUbui de fim inodclc j c'eft «rouer ,
3 ne-quand il ptaim an tiMirre écrivain
e diciaiVr «ne pièce lùpoflSe : il'inan-
qtwra turcmem d'«o trouver des prétex-
tes dans ies degrés de plus ou moins de
bonté entre les éettrates eetmpitées. Le
métrte homme n’écrit-l I pas tantôt mieux,
tantôt plus mal t l'auteur d'un modèle
bien écAt pent donc l'ètre encore d'ouc
piété , qui m ftra plus mal. les expert»
dtOiAgués par leur cap«ciié font plu»
(ttqobles , lorfqu'ils teednoiffent , qn'il
cft -des imltantu» , eü«re kfqnelfe» to»<
tes1estè»lesde lenrartvicntrentéthcWeri
•(x) Un mf. étant diftribué entre plu-
lieurs ; éhacon étolt chargé «Tonc cer-
taine pwrion d'éctitutc , d'on eayer ,
d'un féiiillct & dé moins encore. Dant
la crainte de laifler dn vuidc d’nnc pagd
ïrautrejwtétaodoit davautqgc les nuit*
Diyliized b.' Googli
DE DIPLOMATIQUE.:
«ufoieiA ^ré av^f que d’éuÈ reliés ; parëe^’oft
trouvoit a la fin d’un cayer , ou d’une feuille ? Sonc-«« là
des indices de fcu» ? . . ' -
L’air de l’écriture eO; le dernier nétranchâmeas ^maicrc
ëcrivaÎD : mais il &uc fouveac L’eti; cioibe'/ar là. parole. L’ak
d’une écriture vraie cft , à l’entendre , fimple Se. aaëf , Se l’ak
d’uae écriture faulîb eft forcé. Gr) Se li’a tlea- deaecurek Mais
outre qu’un adroit' faulTaire peut ateindte à/ cet ak naïf, à
cette manière hardie >& que l’écrkure d’u» homme de bien
pouroit être dépourvue de ces qualités , par lé peu d’uéàge,
qu’il a d’éctite , eu bien à saiion de quelq^ maladie. : fi
cet air prétendu naturel ou foirçé n’êlà aperçu que pat l’e«r
pert ; n’aura-t-on pas un jufte llijet de lui reprocher , qu’il
veut en impofer par de grands mots 2 L’ak oe l’écrkuce ne
doit-il pas être auffi (ènfible pour tout le monde , que bi
diférence des vilàges ? N’eft-ce pas même la companuibn ,
donc les experts s’aucorilènc , pour faire valokcet argumenté
Ds ne doivent donc pas nous reprélènter (i) cet ak comme
II. PA,a,Tij.
S»CT. IH.
CwA*. tx.
en amkiplimt lem diSance* , on grof-
fiflôit récriture. Ea lefteit-il trop , pour
coatùuKt , comoN on ae^t commen-
cé : OO'I» prdlôic , Sc çjoelqoefeis aptét
tamii trop piedée , on repieooic U ibi-
me ds ceiaâere , (juVm weic abandonée.
Ce (bot des obfetTatiaae , dont ieaeaeœ-
ples lecRneemmelcipliétprer<)aeirta-
fini. AuIG lÿonhs (a) eompis-eêl pour
la XI*. caolc da (aatea , dcêx .{«clqnae
md'. (barmtUenr, Knéptie-des mnrabn ,
ipi poat remplie cx^emanc lécendoe
de parebemin , qn'ah leur aeoic donné ,
fàiloieiK for 1» fia det tenm <fi»e gian-
denr gigantefqus , les proimigeoicai ez-
noiauiairenent , fépaioietu les fylla-
bci Sc les dipbtoogace , rempUflbiem
c]acl<]uefi>is rerpiec , q« leai telhiMT de
lettres répétées , maU eoides de reoa.
Ceft fiuKNit d'aptdi (i) Btencfcman ,
«pi'il parle aiofi. Qoelquci - ont la^Rrient
ces efpaeescn blano , & finfeieot mieux.
Ce ne lue pes feukraent dans le* mC
mais encore dans let-diplonwi «s même
dans les bulles , qu’on en oTa di>la rorte.
On Y voir des lettres exeellhrement éten-
dues, Ce liwt principateoMne laaM le
les N. Les preaaiéees lëmblabica è deux
Cadofles le les Iccoades à deux I. Les
uns Sc les ancres t'anillëot par une ion-
eoc ctaeerlê horizontale , qui quclquo-
mis ne tient audi qolb nn C. Ces ea-
cenfioas écoienc ruieouc eatpiopéas sur
Amm des baUes , pour ctMnpiétor 1s li-
gne. Nons obTerrans la . mime proton-
gacion de VU Sc ie qnelqats nntref les- . ^
ries dans des diplômes de nos rois au /""• **(!•/• J°J-
IX*. fiécle. Si le trop ifelpace a
étendre ccTtaines lettres , le trop peu les
a &it qaelqnefeis diminuer , Se lêner
les lignée. On en voit des exemples méise
dan des diurnes royaux’ , St trè»-»>
cienz, le trs-autfaenciqncs,
(i) Mais il eft beaucoup de mainti
(kint l'écriioie la plus naturelle le la plus
mie eft rajeceb procéder partmicsia-
térompus , pefans , feroéslea bien d’au-
tres défeuis , qu'il plait aux xérifica- (é) Hÿ. J^andrft.
imns Tulgiiies de regerder comme des tft.
fignes de (bpofition.
(t) Que cet ah oe rek pet im^inaé-
re , il fera la même impteflion fur toin.
La dieerlîté des airs de l’écricnre doit
également lâilir les pcifonei aeentivea}
Ooo ij
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ÏL" PARTIE.
SlCT. III.
Chap. IX.
47^ NOUVEAU TRAITÉ'
un fecret de leur arc , dont nul autre qu’eux ne puifle étrft
juge. '
S’il ne faut pas , dira-t-on , s’en tenir au raport des maî-
tres écrivains , fur l’air de l’écriture , malgré leur grande ex-
périence ; on ne doit pas juger plus favorablement de celle
des antiquaires.
Supofé que ces derniers s’èn prévalulTent , pour déclarer
de diférentes mains des écritures , dont la reliemblance pa>
roitroit manifefte ;qui doute, qu’ils ne dulTent pas être plus
écoutés ? Mais leur expérience n’eft pas (i) aléguée en preu-
ve de paradoxes , qui femblenc combatre , ou qui combat-
tent éfeélivement des fcits , dont tout homme peut juger;,
.
nrct IShout qae r«x|Wft raari 'carac-
tetific per des obfervatipop pfoprps à hi-
zc mietiz remit la dtlïrenee. Soa art
raatotire à fixer l'aiention Tôt des points,
anrpaets on n’auxoit peuifite pas peaK.
Mais U o’eft pas inutile <fdtte en garde
contre Tes remarques. Des chicanes , de
putes minuties , eipofdesavec emphafe,
des caraâèret communs à la vraie &
fisulTc écriiure : donnés pour di(Uoâi6
de la àafft , poutoicDC fiùte Ulofion à
des juges , qui compteroient ttofi fur
la certitude d'un an, le plus rourenr. li-
vré aux.coojeâuresi
£A-il fiiciic i concevoir , que de 1a
même encre ,.de la même gndTeui ,
■aille , tenue , Conduite de plume , des
mêmes mouvemens de la inaia il en
puifle rêfulter difétence de rtaia , de
contours , d'air d'êctirate ? Or le fiuif-
iâire peut en lavoir aflez , pour être au
fait de toutes ces choies , & pour lêuf-
£r i les imiter. Quelle alTuraoce a-t-oo
donc , que l'uniformité de traits carac-
lêtife une pièce véritable: , Sc que les
indices contraitts aooncent toujours un
aâc faux- 1 N'a-(-on pa» cent eacmplcs
de petlonas , qui varient fur tous ces ar-
sictes } On aura beau inCAet fut tim-
pplfibilité , que deux êctituics d» divet-
lës mains aient lé même air : dès qu'on
noos avouta , qu'il <A impollîhle d'alfi-
soer en quoi conlïAe cette difêrencc d'air
oc deux écritures , d'ailleurs femblahles;
^auta tout à craindre de. la partialité ,
du caprire & dé l'ignorance même . ,
( car il fiurt trancher le mot. )
Qu'un bon vérificateur démêle mieux
qu'un notre ce que tout le monde eA ca-
: pable de voir , comne lui : sn-nc te coo-
' tcAeta^ias. Mais du moins doit U , dans
une chofe fi lïmple , & dont les fens font
juges , indiquer les difpaiités de deux
écritures , qui ne permettent pas de les
atribuor k U même nain. Et comme ;
après un examen fiSciaux , on pouroit £û-
re remarquer des dilfemblances. entto
deux feuilles , qui n'en Aroieot pas moins
du même arbre : ou pouroit en aflignet
aylli cnire<deaz lïgnaturcs , fans quelles
cefialTent d'etre de la .même perlone. Il
n'cA donc ptcfque jamais ^ d'anibuer
à diférenies mains deséexitutet (cmbla-
blesj avec quelque loin qu'on les ait ctu*
diées -èc comparées avec les- régies des
.vérificateurs ordinaires. .
(i) L'expdciencc de l'antiquaire eA
&ndéc fut . une infinité de recherches ,
d’obfervatioai > qu'il eA véritablement
impolEble de faire comprendre fur le
champ à des petlÔDCS , qui u'auioni pas
fait à peu prèsie même cheminque loi.
C’cA ou téfiiican de tontes <cs coooiA
fances qu'il cite le parti qu'il prend
fur la vétiid ou la fauueté , fur l'anti-
quité pIttS'OU moins grande des anciens
monumens. D'ailleurs les antiquaires font
ordinairement bien d'autres hommes ,
que des maitres écrivains , lâns avoir Ict
mêmes intérêts à fc £ùte valoir.
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DE DIPLOKlATÏQ'UÊ; 477
iurtouc quand on a foin de lui faire envifager certaines cho-
ies , fur lefquelles il pouroit être diftrait.
Eft-il croyable , c’eft une dernière inftance en faveur des
écrivains jurés , eft-il croyable . qu’on puifte juger des ou-
vrages de l’art , & meme des produâions d’efprit , par cer-
tains caraftères- , qui font conohre leurs 'auteurs , éc qu’on
ne puifte juger de la diférence ou de l’identité des- mains ,
qui ont tracé certains morceaux d’écriture ?
Mais autre chofe eft de favoir difce'rner les ouvrages de
quelques fameux peintres ou fculpteurs de la foule de ceux ,
qui ont exercé le même art : autre cW>fe de diftinguer l’é-
criture d’un inconnu. Un homme bien familiarifé avec N-
II. PAR.T1E.
Si CT. III.
Chat. IX,
criture d’un autre n’en jugera pas moins furement , qu’un
habile conoiftèur des chefs d’euvre d’un Raphaël , d’un
Titien , d’un Pouftin , d’un le Brun. S’enfuit -il qu’il aura
lès mêmes lumières fur les ouvrages de peintres inconnus?
Au refte la diftculté d’avoir la meme manière d’opérer en
peinture ic fculpture eft bien çlus grande qu’en écrirure.
Ainll les conféquences d’un art a l’autre ne lont pas juftes
à tous égards.
XVI. L’encre (i)*avec toutes fes teintes &c fes couleurs Diffience&cohi.
ne fournit pas d’aufti grandes reflburces aux fauflâires , ni aencre :
par conféquenr aux vérificateurs , que la forme & la di- ^ragc”aM
verCté des écritures. Car les fecrets des uns pour faire le pia«es , pour ou
mal & les moyens des autres , pour le découvrir font toujours
crï proportion, czc ptowc <^u'uoc
Ji^er les aftes de fraîche (2.) date , à mefiire que l’encre
( I ) Nous ne parlons point de ces en- le mdme mf. n'en rtnlennent pas de
etes, qui palifTcnc , dk-on , inCqu'à dif- plus d’une Ibne. Les ircvanciens mlT.
paroilre , ni de celles , qui (e montrent nons o&ent & des notes te des cOrrec-
tout d'un coup . après être demeord ca- lions âiites dltncre difêtcnte de celle du
ehêcs, ni de ces encres Tympathiques, qui reirc. La Taritrd des encres , employées
ttaverrem des rames de papier , fins' hif- anc Ibmmaires', n’cll pas moins facile
Ter dcITus des marcjlies de lettr pénétra- à fàilir. Il h'eft pas rare non plus d'ob-
tiois. Ces fecrers influent peu (ur Idfill- ferrer c^yorfi'^ ‘^ ooore & de mains, fans-
üficatinndes écritures judiciaires, K ccur fbrtir de la même page. Mais ces véri-
dont la téaliré n'cll pas douteufe ne Ce- tés d’expérience ne cadrent pas arec le»
soient pas aufli diflciles à décourrir, qu'on rues du P. Germon. ^
pouroit fe le figurer.- Pour («) tabaiflcr au ix°. ou mêmeà {*) h*~‘
(1) Il ne s’en.'’uit pas'qne l’encre des quelque fiécle poHéheur le célèbre ttrf. trt.p. 4pO.
drvers ficelés ne puilte jamais être dif- de $. Hilaire, que la bibliothèque du
tinguée : encore moins , qu'on n'àit nul Vatican compte au nombre de fes plu»
ioBoyen ; pour s'alTuxer } fi la meme pièce, riches itélbis , il s'éfbscc de tendre -
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II. PARTIE.
« ICT. «I.
Ch a r. IX.
pièce n'eft point
4c difôtttu lems.
(«) ItiJ, f. 44I.
4JJ.
(h}WJ.p.4St.
(e) IM.f. 4;i.
414.
(c) Vindù.vtUT.
nd. Mofrm.f. 10 J.
(/} Aatifiéit.lit-
ttr. ftftaar. l. 1.
fréfM.
478 NOUVEAU TRAITÉ
en eft plus noire , plus vive & plus luftréei: méprife infigne,
écueil , contre lequel vont donner les experts maladroits ,
&: que les plus habiles favent éviter. Ce n’eft pas que les
derniers ne fâchent,, qu’il eft des écritures d’un, à deux mille
ans aufli ( i ) noires Sc aufli luifances , que fi elles venoienc
d'être fibrmées ^ mais ils font au fait des fecrets , qu’on a
Sour rendre l’encre jaune pâle , & plus ou moins chargée :
’où ils concluent , que ces couleurs ne. font pas des lignes
furs d’un âge reculé.
La couleur &c la teinte de l’encre des chartes &c des mfT.
anciens ne varient pas moins , que fa corapofition. Qu’on
imite tant qu’on voudra les couleurs des encres antiques j
il n’eft pas poffible d’eimrimer les degrés , par lefquels elles
le ccrnifTenc &c (a) s’éfacenc. On n’a point encore vu de
folpeâc (a) la date de la 1 4*; année da
roi Tiafamond : c'eft-à dire l'an f 10*. de
J. C. U inlifte fut la dUéteoce d'écri-
ture (S) coue 1a noce 8e le texte 81 liir
la dirparicé de caraâère encre (r) le com-
mencement 8c la 6n de la même note :
comme là ces indices pouvoienc fonder
quelque iocompaiibilicé avec l'age don-
né au mf. Ici l'uniformité 8e même l'i-
dcncicé de fencre (d) ernturalTc le erici-
ne. Mais , félon Ibi , les mif. 8c les
iplemes de divers fiécles oc mooetcue
pas à cet égard une difércnce . donc on
pnilTe s'apercevoir. AolS n'eft-il pax mer-
veilleux , à l'entendre , qu'on ne remat-
que aucune diftioélion d’encre dans cette
iwce malgré la diverficé des tems , aux-
quels on a dû l'écrite.
Pure illufion ! Q.uand. on ne poutoic
jamais fixer l'age des éericnres par lent
encre ; on reconoitioic coujouca fans
peine de la divcrficé encre des écritures
d'encres diférentes. O. Coutlanr («); bon
ji^e en fitic de critiqua 8e de mfi'. opofe
rcxpérience à la chicane. On teeoaoic ,
dit-il , après pluficurs fiècles , Sans les
anciennes écritucet, la difércncs 8c des
mains 8c de fencre :û combien plunfone
taifon cette diférence fe tenda-t-elle
fenCble dans une petite note i Ainfi locf-
e l'encre ne varie pas ; il eft abfurde
juger une écriture de divers teins,
il réfuke même de cet cxcmpln : qn'oo
ne doit pu conclute h la diveifité des
maim de la diVetiicé do caraâère , daiu
une écritue crès.coucec. Nosis eonoif-
foDS plufieurs, mlT. oà en moitu de qua-
tre û cinq lignes le caraâère quoique
de la même main , wie trois ou quatre
fois. Il en eft aufli où l'enere-elKaDge fant
que la main fait difif tentes Au. conuaire
pluCenrs autres , 8E ftmout le bean 8c
ctès-ancien aC de bk Cké de Dieu dn
S. Germaindes Prés, noos fait voit graiid
nombre de noces du même ^cnre 8c de la
meme eipcee d’écriture , on la diverfité
de l'enciE , eneoK plus que la diver-
filé de la main , font conoitee , qu'ctles
n'apartiennenc pas dans leur totalité I
la-mfme periboe. Sans admertn la pro-
ponion de noiiceur , relative aux fiècless
fouveut la ceinte des cucies ne permet
pu de regaidei , comme de 1a même en-
cca., ce qui apairiem à des tcmsrliférent.
(i) Scion Vanflej , fencre dont (/)
les anglofaxos fe fcivoienr , 8t donc il
regrette la- perte , étoic cxcelleme , 8c
fembloir faire pour durer une éscroiré.
Mais quand il ajoute , que les étrangers
n'avoicac rien alors en ce genre , qni
lui fût tompatabie : on ne doute pas ,
que chaque nation , du moins les Fran-
çois 81 loe Italiens n’en puifleoe produire
d'aufll belle dn même cems, St même
d'nn. millier d'années plus aocienoes.
(0 Sontent fencre n plaa ou moins
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D E D î P L O M ATI E, ^
Êaiiîâire poufier jafqoe là rimpoftute. Les accotions , il «ft
vrai , par leiqueUes on démâle arec afiiirance cet air anci-
^e des anciennes encres cCavoc les loodemes , artificieulè^
Aient composes , font trèMlélicac^ » Sc ne conviendroient
pas à des antiquaares novke& Geae coneilTance peut être
ou auùns d’uiâge , pour dUcemer le vrai ancien do faux
nouveau , qui l’auroic concréfait. Elle pouroit de meme con-
courir , avec^vers autres meyeas , pour fixer Fs^ desmlT.
& des diplômes.
CHAPITRE X.
Ecrirures ütrnes : leurs nations générales âr earac-
térijUques : leurs diJlinSLoas & divijions : Uur
nomenclature , leur defiription , leur origine ^
leur antiquité i leur ujage & leurs révolutions.
CE n’eft point, à des hommes fyllématiques , qu’il faut
acribuer Finvention des diférentes écritures , que nous
aenoontrons fur les bronzes St les marbres , dans les mlT. SZ
les d^lomes. La majufcule une fi>is reçue , l’ofiige St le
cems ont fait le refis , St ils l’ont fait -à cous ^rds. Ses di-
verfes efpèces ne font pas moins leur ouvrage ; que lapro-
dufÜon des nairndcules , curfives ^ St mixtes de toutes les >
ycida UE'loB'^clMoa mteie de tk aeit- 1
ceur à .uUbn de foa aadqtfW.^ -Mail
rcnctc 'des vu. Sc viii'*. lîècict , &
adime d« M , «U moins olicz'ics
■ias , confetve ^Oanceap miciB ftvak'
ccur primitive , ejue ceUt des foivans .
fans sneicepter-les XV. te xvi. od elle
«ft afièz frd<]iKaUDent fort maoviUc. (
l'eacse rCÂle eft tare avenc les tiols Ou
<]uattc derniers fceles. La- très-noire ,>
la iaagenie& Il jaunâtre neie (ôncTas,
fbiaout cirez lis Gt«s.‘Oa en vmeùum
auflî chez les Latins de verdâtres antè-
ticurcs au tx*. lîècic. La ooiteeut on la
lantcur de ces ècricntts ne k'elt pas
toujonts déchargée , à railon de leur
mt^oité, PMccs ncanmoln Mutxau-
I ieoap perdu ue lent cooisur ; d'arlcrestc
I -font iiaeéde en roat<on en .paStic. Qici-
<]uefois rencre s’efldvaporée après avoir
iartfiS dès (Mess aflêz-profijttdes . pour fc '
laiffei lire 'avec npidqiic peine. AaiieAc
Ja conlenr 'ded'cncTe ne doit pas ocu- '
per heaneonp refpric de ceux > <]ui pré-
tectdeiK ÿoget du mérite ou de ta
licé de» cliattes 1 d y-a mille •mreraceit>
lions à (àite , fur la tratute & tafabri<]te
dupareheiran , tiu papier foie dt^ypre,
ébit iTéoorce' , fou . de ooroa , tort de
chife , fur le bon ou mauvais état des
pièces , qu’on examine , fur les combi-
nailbns de diverfes fortes d’encres avec
CCS diférentes matières , k funoit aveu
. les écritures.
II. TMITIE.
Sic T. III.
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II. PARTIE.
S I C T. 1 1 1.
C H A F. X.
(a) Germm J»
Ptrtige iki (»-
■▼ans for i’nnité Sc
la moltiplicirf de
l’dcriture romaine:
celle des mlT. &
des diplômes ctai-
cde de barbare ao
a»', fiècle : diri-
ISon des dcrirares
avant D. Mabil-
ioo;fon fyildme
combara par M.
Mafiiéi : les ddno-
aninatioBS des é-
criturcs nationales
(i) tt~
sUf.f. J7.
(r) Tr«â> X, csf.
A-
480 NOUVEAU TRAITÉ
façons. Notre plan nous conduit naturellement à réduire en
méthode & meme en fyftcme des écritures , qui femblent
ne s’etre formées que par hazard , ou plutôt par des déclins
infenfibles , par des goûts nationaux , par caprice. Leur nom-
bre & leurs variétés doivent être , àc font en éfet très-mul-
tipliés ; puifqu’il yen a eu dans^(a.) tous les ûccles de plulieurs
fortes fort diférentes. *
Quoique la divilion moderne des écritures en majulcules,
minufcules , curfives & mixtes , puifle renfermer la totalité
de celles des Latins ; il eft prclque impoflible de la fuivre ,
dans un fyftème de planches , où l’on ne doit pas avoir moins
d’égard à la nature de la matière , tju’à la forme de l’écri-
ture. Avant d’en eflayer dans la pratique, il faudroit qu’une
méthode analytique lui eût préparé les voies. La ipécuJation
n’y rencontre pas les memes dincultés : rien n’empêche donc
de la mettre des à préfent en euvre. Commençons parles no-
tions & les dillinaions les plus générales des écritures latines.
Article I.
Divifions & notions générales des écritures : leur defeen-
dance : matières plus fpécialement deftinées à la
t^ajufcule , la minufcule Ô" la curjive.
I. Lusieurs grands hommes , dit le m^uis {b) Maffêi ,
J/ ont prétendu que les Romains n’avoient d’autres for-
tes d’écriture , que ces majeftueux caraâères , qu’on volt fui
les marbres , les médailles & les mfT. les plus fomptueux.
A les entendre ^ II les anciens auteurs latins parlent de
grandes & petites lettres ; ce font toujours les caradères
majufcules qu’ils deUgnent. Quoique Allatius panche pour
cette opinion ; il ne lailTe pas de reconoitre que divers fa-
vans font d’un avis contraire. Célàr Dominique romain ,
dans fon Traité de l’orthographe , foutient (c) que les Ro-
mains avoient deux fortes d’écrituces , l’une propre aux
(i) On peat voir Lipfe , <b/rmwsrtAr. I Attmtü Mnirntiv. in nmif, ttrnfcmmm
tint. Int. e. S. Scrada , frclnf, nend. Xfrnpn.t. Si- Mdtbode latine de
Plnm. X. Muet, in tfijl. 40. Stnten. | Port-Royal , pat Sun La»cclot. p. 7}
minutes
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DE DIPLOMATIQUE. 4«i
minutes ou aux aifaices , qui demandoient à être expédiées
promptement , l’autre refervée pour les infcriptions te les
ouvrages d'éclat. £ft-il en éfet croyable que les anciens au-
teurs latins , dans la chaleur de la compofition , eulTent été
réduits à ne pouvoir rendre leurs penfées , qu’avec les lon-
gueurs te les rétardemens , qu’on ne pouvoir éviter , en
ulànt de récriture capitale ? Les mlT.en lettres onciales ou ma-
jufculeSjdont l’antiquité aproche des premiers hèclesdu Chrif-
cianifme , te qui enricbiflênt les cabinets des curieux te les
plus célèbres bibliothèques , ne prouvent pas l’unité d’écri-
ture chez les Romains. Des livres écrits avec pl^s d’élé-
gance , gardés avec plus de foin , enrichis d’ornemens qui
en rélèvent le prix , ont dû naturellement le conlèrver plus
longtems,(^ue mlT. ondes pièces, dont on ^ifoicbeaucoup
moins d’eftune.
Au xv*=. (iède , lorfqu’on eut (a) fait la découverte de l’art
de l’inaprimerie , on rechercha d'anciens mlT. de tous côtés.
Quelques fàvans étant tombés üir des caraûères obicurs ,
embrouillés te dificUes à lire , oblêtvèrent , que cette ma-
nière d’écrire étoit fort diférente de la beauté & de la po-
litelTe de l’écriture des marbres te des bronzes romains te
de plufieurs anciens livres. On regarda ces caraâères comme
barbares , te le nom de lombards leur fut donné. Politien
le ferc plufieurs fois de ce terme , en parlant de m(T. Le Blond
meme remarque comme une choie fort fingulière , que les
Lombards eulTent inventé une forte d’écriture , pour rem-
placer la romaine , dont il fupolè qu’ils ne vouloient pas
faire ufage. La même opinion perlévera durant le xvi*. liè-
cle ; fi ce n’eft qu’outre le nom d’écriture lombarde , on
employa en diverfes rencontres celui de gothi(jue ou italo-
gothique , quand on voulut défigner cette écriture préten-
due ^arbarc. Au dernier [b) liècle , on diAingua en France
un Etoifième caraâète , qui fiit nommé Taxon ou anglo-
faxon .•^Eç^^paruc D. Mabillon , qui donna unnouveau jour
à la iniatici^^^^cricuDes dans Ton grand ouvrage de la Di-
plomatique.^
Çe favant liomme prétend , i“. qu’autre eft l’ancienne
écriture romaine , autre font les écritures nationales. a°. Après
avoir divifé les genres d’écriture en romaine , gothique ,
Tome U, Ppp
{
II. PARTIE.-.
SiCT.m.
Ch A P. X.
Aà T IC 1 1. I.
doiveot-efles dtrd
baoic$dalAiigaget
(4) TfrmA i/Agffr;
t»rt. l.ttl. f%fi \
(t) nu.fti ft*.
h*S-
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II.PARTIE.
sicT. m.
C H A P, X.
Article. 1.
(«) IbiJ. f.
(b) Vcfnei-def-
fiti.p. ijo.
(f) De Tt diflem.
t 4«.
(J) Ibid.f. 47.
(/) nu.
in.nu.f. 4*.
(f) Tllleeium hifi.
NOUVEAU TRAITÉ
faxone & lombardique , il trouve U divlfion incomplète-,
parceqifelle ne renferme pas toutes les écritures qui paroif-
fent dans les m(T. &c les autres anciens monumens. Il y ajou-
te donc (a) la francogallique , qu’il, apcle aulG merovin-
giemie. 3°. De-là il palTe aux écritures plus recentes , dont
les caraûcres ont été repréfentés (^) par Jean-Baptifte Pa-
latino. 4°, Vers le milieu du vr 1 1'. (iccle la mérovingienne
fe raprocha infenGblement du petit caraâcre romain ^ d’où
fe forma une nouvelle forte d’écriture , que D. Mabillon (c)
apcle Caroline , du nom de Charlemagne , le premier reftau-
rateur des lettres, y®. Il divife {d} l’ancienne écriture ro-
maine en onciale ou antique, cubitale , grande , carée , ma-
ju feule , majufcule de la fécondé efpcce pour écrire les li-
vres , & en minufcule. Il apcle celle-ci minute , minutilfime
& ronde , &: il fupofe qu’elle avoir la meme forme qiie l’on-
ciale , &c qu’elle (i) rTen diféroit que par fa petitelfe. Mais
cela ne l’empcche pas de reconoitre une vraie (e) minufcule
curfive , qu’il nomme praticienne. Il borne chez les Romains
la durée de fa double écriture majufcule & minufcule au
V®. nècle. 11 fait fcire bande à part à celle qui leur fuccede ,
3uoiqu’clIe n’en foit qu’une liiitc. 11 termine (/) enfin fi»
iftribution des anciennes écritures romaines par l’écriture
en la) notes , inventées ou perfediionées par Tyron ,afranchi
(i] P|jt<]u‘9iT fonde les difortneet ilc
Vécritiue fui le plus ou le moiiude gran-
deur J rien n'cmpkbera d‘cn multiplier
lea efpdccs. D. Mabillon ne paroic pas
avoir fait iti alfcx- d'«tniion à In na-
ture de l'dcrkure minufcule , fur larjuellc
les fiivaos drorent alors fort parragdi.
U) Ao moyen de ces cataâéres , les
difeoutt prononeds avec la plus grande
npldlid. dcoient aurrefois ccanfciiu avec
un« vitelTe dgile. L'ufage de ceu» cf-
pcee ddcriiure abrégée s'eft perdu de-
puis bien des ficelés. On. a trea-peu de
chartes en note< , fortout en comparai-'
foR dn eclléi ()iU font en écriture cou-
rante te minufcule. Mais fous la i*. &
X*. race de nos ijois , & fous les pre-
miers empereurs d’Allemagne ; ^uHi]ues
mots en écriture ryronicnne , figurent
Auvent, dans les- fignauitcs dç leurs
’-chancelicis, ou plutôt dé ceux , <)ni fu--
pléoicnc pour eux. Malgré les noces cy- -
roniennes , qui ont été erpliquées pas
Pierre diacre Sc moine du Momcaflin , .
par Groicc , O. Mabillon Sc D. Carpen-
cicr } malgré les fecours i qu’on peut ei-
'’rer d’tin pfcautler de l'abbaie de S. Ger-
main des Prés te de pluficurs autres écrits -
en CCS caiaétéics : deebifoet tous les an-
ciens monument , où cette écriture fo-
trouve coufienée ; cft encore regardé'
cooune une elpéce de merveille. La cho-
, fc fccoirmêiQc-impalSblc i s'il étotc vrai,
que lés anciens écrivains en noces ne '
puilôni lire-f^y eelles-ifun autre. M de ■'
Tilicmont n’cd pas perfuadé de cefiiiti
vanté pat les Donatdles. Lorfquc l'em-
pire romain fubfifloic encore , ta plu-
part des aâes publics écoient éciits eiv''
xes caiaélèccs , .avant que d’écre >
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DE DIPLOM ATIQU:E. 4I,
5e Cicéron. Voila en peu 5e mots l’idée que le faTanc Bér
nédiflin fe forme des écritures latines. < • ”seT.*iV*
Son fyftème , dit M. Maffëi , fut (a) embraflTé de toutes ç« * W Xi'
parts : les dénominations des écritures furent fixées , & les A x.* 1 c;i. a. .f.
livres depuis ce tems ne fiant que les répéter fans cclTe. Mais ^ ytrcnaUiufir.
comme en fait de littératune , la liberté eft entière ; le doâe ‘
Italien ne fait pas dificulté d’acufer D. Mabillon , en lefi) ; )
comblant néanmoins d’éloges , d’avoir tout embrouillé par •• *•
la multiplicité des genres & des efpèces , qui réfalcent de
fon fyftème. 11 le déclare faux dans toutes fes parties , &c
s’élève furtout contre la divifion des écritures en nationales.
S’il &ut l’en croire, jamais il n’y eut de caraéfères gothiques ,
lombards, Taxons , francogalliques. Non ci fu mai carat- •• - i
tert gotico , non longolmrdo , non fajfonico , non franco^
gallico. Ces quatre genres , qui tirent leurs noms d’autant
de nations étrangères , ne Ibnt réellement qu’une lêule i8£
même écriture romaine. Les modèles reprélèntés dans l'ou-
vrage de la Diplomatique, ( c’eft toujours M.Mafféi qui parle,)
Tufifent pour en faire la preuve. Quiconque faura bien lire
ces Tongues pièces en papier d'Ëgypte , lelquelles apartien-
nent tontes au Inêrae genre d’écriture romaine , lira aifé-
ment les chartes données pour italogothiques , lombardes ,
faxones , mérovingiennes. Partout le mcrae fond de carac- '■ '
tères : leurs difêrences ne font qu’accidentelles « comme du
ncC On t lien de croijç , qa'on dshvoit
aulTi de la Ibne la minute des diplômes.
Ce Ibnt aparammeot des minutes ou plu-
tôt dea iormutes Sc protocoles de no-
taires , qu’on trouve dans quelques mC
des plus célèbres bibliothèques. Si par-
mi les pièces qu’ils tenfèrment , il l’eu i
rencontroit de réprouvées par les cti(i-
ques des derniers tems ^ ce feioit une ;
preuve complète de la témérité. leurs
déciiwns. Oitoicm-ils que des impof-
teurs anroiem apris à écrire en notes
depuis la peite de cet an , & qu’ils au-
Toient pris la peine , pour mieux cachet
leur )en , de copier de la forte des -mlT.
entiers , au haurd de n'écee dé-
chiftét par qui que ce (ùt. Il vandroit
autant dire , que le même motif auroii
engagé ica fobticateua des SS. Pèici , h
Mm feeger aoll! Horace , Tite-I.ivefe
Juvénal , & tant d’autres anteuts claW
ques. I
(<} Ce o'eft pas fans regret , dit (é)
»M. MafTéi , que nous nous éloignons
» n fon d’un pcrlboage , dont noos ho-
» notons 8c chérilTons 1a mémoire , à
U cattfe de fon tara lavoir 8c de la fain-
rt raté de fes meeuts. Nous ne lui alfi-
M gnons pat pour cela une place moine
» dilboguée panai les grandi hommes
»du dernier âge. Mais qu’il ait fuivi
n l'opinion commune fut les cataâètcs
» latins i il n’ea téfulte aucun préjudica
•> à la gloire , Ibodée fut tant d’ciccl-
» lens covraget. Cela oc rabat même
n tien du prix de fa Diplomatique, C (*•
n’vantc 8c & utile pat une d’antres c«r
n dioics. « J ■ .
Ppp ij
V ' )
-A
s
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II. PARTIE,
St CT, III.
Chai*. X.
Articlk r.
(a) Ofk/ecl. tccl.
(il. 61.
fe) OfcKcl. tell,
f- *)•
U) JW./. 4<-
(f) M/. dt Bmr-
Xkti. I. 1./. 4I..
(f) Joartnd dn-
fkv»nt,U»ii7ix,
f..xft.&/kn.
4«4 NOUVEAU TRAITÉ.
«and au petit , du plein au délié ; ou elles confiftent lèu»
lement dans la variété d’un (i^ petit nombre de lettres ou
de traits.tels qu’on les remarque toujours dans les écritures
de diférentes mainsu
Telle & bien plus grande encore, dit M.MafFéi, eft la divers
lité des écritures des notaires d’aujourdui,que ne l’eft celle des
chartes antiques. Quelle dificulté ne rencontrera pas (a) dans
l’étude des anciens caraderes , celui quis’avifera de diftinguer
avec D. Mabillon, l’écriture du bateau, de la chancellerie, l’é-
cléliaftique , la diplomatique , l’italienne , lltalogothique,
l’hifpanique , la mérovingienne , la Caroline , l’ancienne Sc
nouvelle lombarde , le gothique majufcule (1) &c. Enfin le
dode marqui$,dans fa notice(é) desmiT.du chapitre deVerone,
dit à l’abbé Bacchini , qu’il n’aura peutêtre jamais penfé,
combien chimérique eft l’imagination commune , qui fu-
polb cinq genres d’anciennes lettres , romaines -, gothiques ,
lombardiques , faxones , francogalliquCs. Ce font-là , félon
lui , (c) des termes erronés^éi des dénominations faulTes ,
dont les livres font pleins , qu’oa doit éviter après les co.
noilTances que nous a doné ce marquis fur l’origine de's let-
tres. On ne peut plus ignorer combien font éloignées du
vrai les afifertions qu’on a débitées , & les faits qu’on a ima-
ginés {d} dans la Diplomatique fur l’écriture des peuples , qui
ont démembré l’empire d’occident.
Nous fommes bien convaincus avec M. Mafféi , & Don
(jjNalTarre fonzélé partifan , que les Goths d’Italie , les
(i)M. fembic atenner un peu
«n>p la AiftKDCc «• antitnnes écri-
tures. Elle cil alTcx grande dans la vé-
rité ponr fonder des genres & des ef*
pécet d'écrinre ; mais trop petite, pour
oa'oa puilTe niéconolcre runitguc fourcc
Jod eues tirent leur origines On rronve
dcaéérimres minurcirie»; oà régnent un
tM deux earaéiéres de l'onciale. A la vé-
rité cela ncoous patoit pasTufiram pour
en coaftituer des dalTcs d'écriture ; mari
(êulcmcnt des «nres &' des efpéces ;
puilôu'au coup d'ceil ptes. , nous avons
des «Heures iBmbarditjnes , méroviir.
gictineslk faxonM, qui ne remblencpas
dtftinguées lta< UOCsi des autres , par un
plus grand nombre de cauéléra. iâi mar-
V <1^ ^
miis italien prouve bien qu'on peur ré-
duire toutes les écritures I Eonité tfo-
rieine i mais tons Tes taifonemens ne
démirent pas-leur diversité. De ce câté->
lü te fylléme de D. Mabillon ne peut
étte ataqué avec fuccés.
(t) Le doéle marquis , qui prend fa-
larme fur la'-dilUnétion de tant d’écrit
tores , ignoroit - il qn'oh (r) en diP*
tingne juiqui onze fortes chez les Pet-*
fans , Se que (/) les Turcs otr Arabes ■
xi'en onr pas moins que fept )
(I) Ce grand bibHotkécaiieS’ du roi
d'EIpagne dans le prologue de la’Poty-
g;raphie dé D. Cbrifooval’Rodriguez.fol'. .
XX tr. Sc 1x1 ii.cmbraiTe roue lefyftcme
dcM.'Mafiéi, &>adeptc Tes raifoncmcosu'.
/
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DE DIPLOMATIQUE. 48^
^f'ifigots , les Lombards , les Francs , les Anglofaxons , ont S
apris des Latins à écrire le latin , & que leurs écritures font partie.
par conféquent émanées delà romaine. Mais s’enfuit-il que chap x^*
dans- la divifion des écritures , on doive banir jufqu’aux Aaneii'i.
noms de ces peuples î Pourquoi n'apeleroit-on pas franco-
gallique , lombardique , laxone , des écritures , qui certai-
nement forent à l’ufage des Francs établis dans les Gaules ,
des Lombards Sc des Saxons ? £ft-il aujourdui défondu de
diftinguer les écritures françeifes , italiennes , angloifos ,
alemandes , efpagnolesr^Pourquoi donc la même dillinéUon
foroit-elle interdite à l’égard des écritures des mêmes na- ^
rions , depuis le v'. fiècle jufqu’au xii* ? Pourquoi même
ne croiroit-on pas que ces écritures- forent plus particuliè^
ment-afoâées aux peuples , dont elles portent les noms
quoique nous ne prétendions pas nier qu’elles n’aiont eu ■' ’-'r)
quelque cpars chez d’autres ? Où trouve-t-on autant d’écri-
tures faxones qu’en Angleterre , de tnérovingieones qu’en
France, dejombardiques qu’en Italie , de \i'ilîgothiques>qu’en
Efpagne ? Si l’on en rencontre dans d’autres pais, c’eft qu’on
y aitranfporté des mlT, d’une région à l’autre : c’eft'^que .des
Anglo-faxons vinrent en Allemagne , des François, en- A317
gleterre , des 'Wilîgots dans la partie méridionale de la Fran- ^ ,
ce &c. <i
Ces nations , répliqué M. Maü'éi, n’inventèrent jamaistces . ,, ^ ■ ;
écritures, ni ne firent aucime démarclw pour les fàirç. recevoir
dans les contrées , dom;eUes s’emparèrent les armes à la .main. ^
D’acord. Mais ne f^7cepas\au inilfou d’eUesrqu’eUç^piÛFFPC .Vi
cette forme caraâérilÛque, qui les diltingae-entr’elles, encore '
plus que ne le font nos écriture nationales d’aprélênt 3 Mais
ù manière d’écrire les miéme^ lenres ne (a) ditcr^7t»e|le. pas Aiu/.snim-
chez les diverfes natiqiu ? £t trous, m’aurons pas -4 ji^erfo dé (V)
les fpécifier. fous les homs'djS ^rovingiqnnes , .de; ' .vu
thiques ,.de carolines &c ! Si ces dénoifonaâoos .n’éco4^^ paf
reçues } il 4udroit les introduW ou en inventer de qqpr
velles. Oa ne peut en trouver de plus convenables quq
dcs^ peuples fort ufage de ces‘ éçtitûiés, .j-j
me a tous les gen^ de let-
«tjid'e dç dliUngqèrks éçiitutcs -
]uaiMs . ^
Digiüfüd by GoOgU
II. PARTIE.
S.ECT. III.
Cil AT. X.
Articiï I.
(*) CaI. JiJ.
(h) De re difUm,
f- 348-
(c) Difeepl. I.
PS*-
Divilion des é-
critarcscn majof-
jcule , minuTcule ,
curfivc & mixte ,
propoféc par M,
Wiüü. Eft - elle
recevable Sc fans
inconvénient ?
(d) Vtre».iUi^r,
i}4.
nouveau traité
gothiques , lombardiques , faxones , francogalliqnes : on ne
les en fera nas revenir. Il eft beaucoup plus aifé de réformer
de faulTes idées , quand on préfente la lumière, que de chan-
ger le langage , ejuand meme -il ne feroit pas fondé fur des
notions fort exaéles. Que feroit-ce donc , lorfque des idées
très-nettes répondent parfaitement aux dénominations des
choies ? Car enfin ‘ fans prétendre que les écritures natio-
nales aient été aportées par les peujdes barbares , dont elles
powent les noms ; on ne peut nier qu’elles n’aient été pro-^
près, oü du moins plus parriculières que les autres aces nations.
Au furplus le marquis italien ne rend pas jufticc à D.
Mabillon , lorfqu’il met fur fou compte d’avoir tout confon-
du , en baptifant du même nom diférentes , écritures & en
donnant au même ^enre tantôt une dénomination , tantôt
une autre. M. Maftéi , dans fa Verone (a) illujlrée , réduit
toutes Tes preuves à un mf. de Gennade, que D. Mabillon
avoir d’abord eftimé lombardique & depuis mérovingien.
Mais la candeur avec laquelle un auteur fait part de fes dou-
tes au public , montre feitlement la marche de fes cohoif-
fahees J C’eft le parti mêmeque D. Mabillon apris,lorfqu’il {b)
déclate-quel a été enfin fon vrai fentiment. Le favant marquis
n’auroit pas dû pour fon honneur emprunter une pareille
chicane (c) du P. Germon.
II. A la divifion des écrinires établie par D. Mabillon ,
M. Mafféi prétend {J) en fubftituer une autre plus fimple &:
moins embaraffée. Il les partage feulement en majulaile ,
minufcule , curfive & mixte ou mélangée. Toutes les ancien-
nes écritures , dit-il , font compril'es dans cette divifion. En
s’y atachant , on évitera beaucoup de méprifes , où il eft très-
facile de tomber, il ne fe trouvera plus perfone , qui juge une
écriture contraire à elle -même , & qui révoque en doute
l’antiquité ("i) de ces mlT. ou diplômes , où il apercevm dans
les mêmes paroles des 'lettres femblables à celles de l’imprix-
merie , mêlées avec d’autres obfcurcs & efflbaraftees. Il n’en
fera plus étoné , fâchant que tout caraéfère eft romain , & que
dans la curfive toutes les lettres ne font pas étrangères , flc
diférentes des majufcidés &: minufculcs , mais quelques-unes
'f
( 1 ) M. le raatqçis Mafféi a : ici qn vue I ^u’d CIK CD WUje. . , . ’
le P. Gennon «b wrer.- fcam. 41» , I
DE diplomatique;
fciüenient à; caufe de leurs liaifons , pendant que les autres — - ■
demeurent nettes &c élégantes. Perione ne croira plus go-
chiques ou lombardes les lettres <|u’il verra mal formées daiis c v,. x!
les mlT, les diplômes , ou groflicreraent gravées fur le mat- a * r i c s i r.
bre. On trouve , ajoute M. le marquis , dans beaucoup d’aç-
tes publics , des fignatures faites au meme jour &: au meme
lieu , donc les unes font en lettres majufcules , les autres eu
minufcules , les unes en curfives , les autres en mixtes , fé-
lon la div«fité des mains. On obferve (a) encoi'e dans plu- (,) «-
fleurs mlT. la majufcule altérée & dégénérante , avec un mê- ‘‘‘f- P- S7-
lange de minufcule , de leares & « traits curfift. En faut-
il davantage , pour donner la préférence à la divifion dc^
écritures en majufcule , minufcule , curfivc &c mixte , en !,
faveur de laquelle none auteur fe d&lare avec tant de zèle ? - <.
Nous l’adoptons volontiers entant que générale ; mais fous
un autre point de vue , elle nous paroit infufifante. En éfet,
C l’on s’y bomoit , on ne donneroit qu’une conoiflance bien > '• *
fuperficielle (ij des écritures. Elle ne les caraélérilê point - , '
par des dénominations aplicables à chacune , ou du moins
au plus grand nombre de leurs lettres. M. Malîéi n’a que le
feul nom de majufcule , pour nous faire fentir la diférence
des capitales , onciales , rondes , carées , aigues , inclinées ,
triangulaires ; en un mot , routes fortes d’écritures majulcu-
les , donc on a fait ufage pendant près de trois mille ans. Lè
terme majufcule eft-'i! donc fl lumineux , qu’il fufife pour dé-
brouiller le cahos de tant d’écritures /'pour en fixer l'age ,
pour en découvrir la patrie î
On pouroit porter le même jugement ije léstrok antres
écritures minufcule, curflve & mixte , quoique Capables^ i
l’cn croire , de faire face à tout . fle de rep^nore la plus vi,ve‘
! ■ * 7 I ^711' ■ 'Jli.l J
nom (faigu^ Aitinrf.
» trois genres dq tmiferme ^tomcM.'
U cous les çai;atlcres lies Grercs, au- ,
.» jourilqi les Çiloyets du tevanr diflin-;
»:gaeu(<e*cUtt les dËriiàîêsdd Kim m'ffi t)
U eu foode Si àigoet« No'as varrogi bsaa* î ,
'rot , c|uc Di Bcrnanj de MpnclàuqOD p’A*,
pas eu «rt de' banfr <fc Pi l’aldbgraphie "
une diTilïoà des dcflmrtsgidqiMsC peur '
compldu. '
(i ) Nous poovoas dire la meme ebolc
de la divifion des dcricuiet grdqucs in-
Tvntde par le doflc marquis. » Dans U)
» Je grec, dk-il on dirifetoîrfbrt bleri
» i'dcricere en isajufcule , coactejdi abtd.
•> gce. La ronde rdpcjud à la minufcule ,
U de laquelle l'on S.ptts le' caraAere em-
» ployddàiis riibptimeeic/ Vabregdc ell
» la cutlivc , qu'on peur apelei aind à
» caufe d "S Mquemes abréviations , donc
»elle nie: Nous avOnS déia die . nne le
ICTXrtie.
■ siti. m.
CH XK X.
ASTICLi I,
4iS NOUVEAU^ TRAITÉ
lumière fur coiioiflance des Ciuaèjtcftis^aatiques. <^uôiî
<^uacre noms rcmplirouÈ la nomenclacarje des ccrioires la-
tines en ufage chez tant de nations , durant trente ficelés i
Autant vaudroit-il dire : à ^uoi bon cet adgfail de claiTes , de
ferions genres & d’efpcces, <bns la Botanique &ç. Les
plantes j^onc fiififamment contres 6c difëreatiées , £ l’on les
^yiie ên arbres , lierbes Sc champignons, Ainfi la ronce 6c
le cë4re, le thim 6c le mélon ,, la morille ôc l’agaric ne fe-
^ot'plus diftingués. Il feroit inutile demultiplieiles noms,
. poiii en faire une aplication précife à chaque genre , à chaque
individu. V oila fans dpute vm grand lècret pour réduire à rien
toutes les fdcwes. _ ,i ,;;uc , ,
Divifiondtttoi- ,^III. Cju’il nous foit permis de propofer une autre divi-
& m<tarn'*ne'**«n des écritures , fujete , à moins d’inconvéniens
Cchtare dn fniT 4“? lés autres , 6c en meme tems plus commode 6c plus aC-
&CD celle des di- lortie 3u plan de notre ouvrage. Nous diftribuons toutes les
JUiciennes écritures en lapidaires 6c métalliques , en écri-
dirilions dans le* tures dcs mlL 6c en écruuresdes chartes. Voici lesraifons
idention de cet qui nioqs déterminent à fuivre cette nouvelle divifion j fans
'*^***'' prétendre donner l’exclufion aux autres. , •
Comme il y a des écritures majufcules , minufcules , cur-
fives & mixtes fur les marbres 6c les bronzes, dans les mlE,
6c les diplômes j fi nous nous atachions uniquement à la di-
vifion Eivorite dpjM. Maffci ; il faudroit continuellemenc
confimdte les «narbres 6c les médailles avec les mif. 6c les
chiiitss f te palTer fans celTe des uns aux autres ; .quoiqu’il
y ait une Ibrte d’écriture propre , ou du moins ordinaire , aux
marbres , aux pierres, aux bronzes , une autre aux mlT, 6c
une autre aux diplômés. Aux premiers apartient la capitale,^
régulièrement : à un nombre confidérable d’anciens nm. l’on-;
ciale , aux autres la minufcule , aux chartes la curfive. En
certains ficelés , il eft vrai , la minulcule ne convient pas
moins que la majufcole aux inferiptions lapidakes. La mixte '
de toutes les façons a cours refpeétivenaent , félon les fiècles , ,
dans les monumens lapidaires 6c métalliques , aulli bien que ’
dans les mff. La minufcule ne règne pas moins que la eut-
Eve en certains tems dan« les aâes publics. On y voit même
quelquefois paroitre des lettres capitales 6c onciales avec la
AÛouJfcule 6c la cudive. On parle ici de l’écriture qui forme .
DE DIPLOMATIQUE: 4^9
le corps de la pièce , & non pas du commencement de plii-
fieurs formules , & furtouc de quelques flgnacures , beaucoup
plus fujeces à des variations : puifque le meme afte renfer»
mera des lîgnacures majufcules , minufcules , curfives& mé-
langées. Il eft même des chattes & des diplômes , dont la
totalité fe trouve en écriture majulcule. Puis donc qu’il y
a des inconvéniens partout j il nous (èmble , <^ue la méthode
la plus (impie eft de divi(èr nos anciennes écritures en celles
1°. de bronzes Sc de marbres , de mlT; de diplômes.
Ces trois divifions générales formeront autant de clalTes :
chaque clalTe aura divillons ôc fubdiviCons , où mus les
«nres Sc les elpèces d'écriture latine , qui ont eu coim
œpuis trois mille ans , feront repréfentés. Mais avant toutes
chofes , écartons les équivoques , auxquelles les éciituies
font expofées.
IV. L’écriture majulcule eft celle dont toutes les lettres
font capitales , plus ou moins grandes. La minufcule tépond
au petit romain de nos imprimeries : la curilve n’eft autre
que récriture liée , coulée , expéditive : la mixte eft un corn-
pofé de caraâères empruntés de diférentes écritures , foit
onciales , foit minulcules 8c meme curCves.
Les premières lignes des anciens diplômes , Sc notam-
ment de ceux de la féconde race de nos rois , l’indication
de la figaature , faite au nom du prince ou de fa propre main,
Sc la loufcription du chancelier , font cenlëes être en ca-
raûère majulcule. Tel eft au moins le lattage de la plu-
part des (a) auteurs. M. MalTéi plus intérelie par fyftcme à
ne pas donner dans une équivoque , qui fait prendre la cur-
lîve alongée pour la majulcule , n’a pas fçu s’en garantir.
Cette confuüon de noms réjaillit néanmoins liir les idées,
Sc porte ateinte à la jtiftefté de la divilion des écritures en
majufcule , minufcule , curlîve Sc mixte , pour laquelle le
favant marquis lé déclare , à l’exclulion de toute autre.
L’écriture alongée des diplômes eft lâns doute majulcule,'
û l’on n’envifi^e que là grandeur ou là hauteur : mais elle
eft bien réellement curüve , li l’on s’arête , comme on le
doit , ù fa figure, à fim contour.
tombe dans un lémblable mécompte par raport à la
yraie majufcule. Un excès de petitelTe lui atire (é) la
Tome U, |Q ^ 9
IL PARTIE.
SicT. IlL
CHAfi X.
Aetic.la L
Qoelld (bac «a
g^o^tal Ici ^crira-
ttt majurcales ,
minurculci , cui£^
Tcs & mixtes i
Lcuix Traies te
(àudêt nocioas.
(a) Dt ndifUm.
f. f I .Cbrut. Cul-
vvét^. fO.ft.&e.
Digitizer' vjOOgk
.'NOUVEAU TRAITÉ
dénothination (i) de minufcule : comme fi la noibenclatutfc
ir. PARTIE. <lu caraftcre dépendoit plutôt de fon plus ou moins de gran-
Ch A» * X traits eflentiels , dont elle réfulte. Ainfi d’une
X, part la majufcule «c la minuTcule , & de l’autre la majufcule
Bc la curfivc le trouvent confondues. Il eft nécelTaire d’ctrC
averti de ces brouilteries , pour ne prendre pas le change.
i)e-peur de le donner nous-nicmes , }aniais par majufcule
nous, n’entendrons les caraûcres , dont la forme eft vétiu-
blement ou mimifcule ou curfive , quelque étendue que fok
leur circonférence ; quelques alon^és que foient leurs traits.
Jamais nousne nommerons fimpleihent minufcule-l'écriture
onciale , ou capitale j dans quelque ' étroit efpace que cha-
cun de leurs àémens foient rentermés. Borner la majufcule
aux écritures onciales & capitales , aux lettres gtifes , hif-
toriées , fleuries ; c’eft la renfermer dans fes juftes limites ,
1 ■' ‘6c cohfei’ver celles des autres. . •_ • • ' , .1 x
• . ' Après -avoir levé les. équivoques 8c véglé le langage liir les
; . , écritntés;il faut voir comment elles .fe font formées , &c d’où
naiflcnt léurs gemes & leurs efpèces.
Comment font V. Lcs écritures majufcules remontent à l’age le plus re-
nfcsiesaifttentes . jgj mûiufcules en foht éounées & probablement les
écritures : leurs
(i ) Apres plufieurs modernes , 0. Ma-
billon , comme noos l'avons dit i
dilliogac cher les Romains deux fortes
d'éertcure, U majufcule 8c la minufcule.
La prefniêre 'droit apélde pr les anciens ,
onciale , 'grande , cubitale > carde : la lê-
conde . ronde, minute , tris-menne.
Cette deritute n’dtoit pas
tant d-art que l oncsale. Plus «^P^d^'vc
8c plus ndriigle .. 'Il'/'"
lente qüe par "fa
pat fa forttie. Il etablr' I» drOinaron de
cds derw déHnir« romaines, qui rdcBe- :
n](bc.a'en font qu’une, fur le ftmeux.^
(-»; Pra/. I» J*K (i) palTage ,‘où S. J^tômé opqft fes pau-
vres Mgtri , mais bien coredh . àdd-
oPltaU 'voluirits dertts un ondale. II.
avdkjdof c des. Ivvtcs ifâa eoiidus. pc- ,
tires lettres romaines, ijùoique fembla-
.t. T.. ■ ■ j;.i blés do'x onciales , ij <èrf dc'la -fir*’- *
•' I*
a lit ^ ™ ' *'“1“'^'' ks d'riiires par leur peticcjjt 8f
. .l 'Ai leur grandeur. 'Poi'n’t de peuple , ^nr de
* . ’ 'sdtls , où l’on nVit vu e*s S*riW*- > de
quelque nature qu'ait ded le caraAdre^
Nous ne pourîons nous empdeher de trar
tof <f ioesaâct, ces nobeosde la majurcth
le 8c de lauùnufcule , li nous n'dtions
retenus far 1fc rerpea. D'ailleurs elles
-ont dté prcfquc aoflirét tcdrelTdes. Un lî
grand homme n'a mdme donnd dans ce
petit dcart , que pour n’avoir pas voulu
fe ddtdcbcr de ceux , qui avoient detit fut
'ht même matière 8t posr avoir un peu
trop prelTd le paifage de S. Jérôme. A.
.'pine a-t-il' r^bint lès. "anciens ftionu-
’mens, qtÀl'dvoir perdu de vue 8c les
li-t-il repris pour guides , qu’on le voit
difeerner avec, une ^ale jullelTe & la
'miiitifcole dtli'mlnulcole , 8c cclle-ti de
àltc'Adnüfcole bien conditionde for
les maibrés netmes, 8c dès le v'.,ou le
eoatmcnccmenc du vr. unecuflïvc fur Je
ppiei d’Egypte 8c le parebénua.
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DE- ;D Ip.LO>ï ATIQU^. ^
«orfives le foat de celles-ci. Il çft difîcile dç;
(i) l’époque des d^ux dernières : mais il ne P?f '
blir leur defcendance , ni m^e les degrés [ , pv lelqi^
elles fe font formées,
I*. Qivmd on eft obligé d’écrire Eéqucnmijçnt &: av,^|C^-
lérité ; il eft ■(<») impolïblç qp# la. majufojJe ne le ci'^n^
pas inlénfibleinefiiE en minufiside liée ^ cu^ye;.. ^Qn nej^m
pas fans doute, que les Romains .n’écrivîl^pt, beaucoup,, &
fouvcnt d’une manière prompte 5c lerrée. Us diminuèrent
donc leur écriture majufçule ,j 5c pour la t<m^re plus expé-
ditive , après l’avoir .rédiùce il UUe- pçtiw ^o>tme , d* îuigUÎ-
tent enfemble pluûeuts fearaétères. Pe-la 1^ m#-
nufcule 5c çurfive , Uée.ôc ,non , ,<^exfa .{i) &
/a,qui paroit ■ jufquc dm« leuo infcripriçm* Pa fait ,q^
les Grecs fans avoir rien emprunté des autres peuples , en
fait d’écriture , tenoient leurs lettres majufcules .des CalU-
î^phes, 5s leurs: minuftailes des Tachygraphes : c’e)84-di|c
^ ceux ÿiitipif iàifiDiQiic ;profelTion d’éorire élégafiUUSId; 4^
.pcomptciaent D’oùjéieooçue.cesdeux genres de letcres4w|S:lfs
jbpicriprioiUnCQpiées :(e) ipat Fabtetti5c dans quelques .mff.
.Les lenaes. majufcules en paflânt par le bunn ou le
cifeau des arrifles ^ Iles plumes des écrivait^ , ont pris des
queues ,dfisJba&s,cdéS 6}nuaecs^Æ.fontju;ondies5^ fiaré?-
iLa nactnevicbojre.eft.'à ipeu ptès<axivée à l’éerinire minufcule
i6cÀ ht na^vci lDe^là tant deidsvèrl^ibrmes i qii’^ plri
avec.'keai^jeea<écricares , 5cxydcoi .pfiiu: regardai; 49(s^e
des (iXelpèces^ pounm.qa’qnitconvieniie j. !qu’ell^: fpifégc
i. f> Il .'>vr.r<l (s/ ai.
(i) LVcrinire minaTcale , qne noos
■pelons le petit romain ; a exift^ long-
«enis aTirttîes plus anciens taiT, od’noOs'
le voyons entidrenent formé. Dons le'té-
S a O T.' I II.
C H A P. X.
AnrioLi I.
qualités elTeatiel-
les fit accidentel-
les, rervant à pro-
duite A à diftin-
gucr leurs geiuef
8c leurs effSees.
{•) Mmfti tftf.
col, ecclef, f, ft,
col. I.
(i) Chronie. <7«d-
wic. f. 17.
{«) J»*3
lèbté'mf. de S. Hilaire , dont le P. Ma-;
Villon DOùs a donné 'nn' modèle ,'on &e
trouve que ta feule N fflàfufcule dn ca-
pitale. Rtfte i favoit lî Ce caraétére qui
s'eft confervé Ic' dernierdani la mtnnf-
«nie , eft' le ptenitr qu’elle ait emptnnté
^ ma)nfcnles on ctpiules. ;
. ' t’écriture cutfive des RMHaint p«roie
S hardie fit fi pc« conforme à l'écriture
Blajiifcale , qn'on doit fopofei qifeUe
caounciicéc hits dca Cèdes ayant le t,
aam i r jiiyva. .. : -oi . .1
VI* , od elle fe montre plus éloignée de
récriture lapidaitc fit des mlT, qu'elle nc
fa été dans la fuite. ■ i t- 1. ( )
■' (1) Les anciens mlil ■ de ^difiireniet
mains ,Vils ne changent pas ta nararade
récriture n'en comliiacnt paadiverfet
efpéces', mais fcnicment des variadou.
Par exemple le mlT, du toi itio, écrit
Veta le viii*. Cèele,.dans l'sbbaie de
Mici , eft de plaCeuis maint dans <ba
plus èheien tcltcC-Mait au fend fécti-
; are eft la même ; qOoiqifclle ofre dci
e 1 variétés fenChles. Elle Shaoge foûvant
a I de gtolTe fit pleine en une' éctitoté soû-;
fie I grc fil ftnée coBirft la faxooe.
'■ .'1
,:t : \
•NbÜVEAt/ TRAITÉ
’ — — — finîtes <Tânc fource commune. Enfin l’on a mclé les maiofi-
* si CT. III. cules avec les minufcules , & l’écricure courante &c la mi-
Chap. X. nufcule avec les majufcules ou capitales. Voila l’origine des
Aaxicii I écritures mixtes. Ajoutez les diverlités , qui ont du naicte
du goût & du génie des diférens peuples , qui ont fait ufage
de l’écriture latine, & vous aurez la defcendance des écri-
tures nationales. Après cela eft-il furprenanc que fur la fin du
XI I®. ficelé , on comptât cent fortes d’écrkures ï
La majufaile , la minufcule & la curfive font tour à
tour fufceptibles de rondeur , d obliquité , de carure. Tou-
tes ces qualités peuvent fe réunir à divers égards dans la
meme forte d’écriture, & félon diférens degrés. 11 n’cft pas
‘ ï nécelTaire de ne faire entrer dans la majufcule , ou que des
lignes courbes , pour "pouvoir l’ap>eler ronde , ou que des
traits obliques , pour être en droit de la nommer aigue , ou
que des lignes horizontales & perpendiculaires , pour la qua-
lifier carée. C’eft alfez que ces caraélères y dominent ; ou
meme qu’ils s’y faffent fentir d’une manière plus ou moins
frapanre , & néanmoins fufifante , pour les dilUnguer des au-
• liés écritures. Si l’on exigeoit en rigueur une rondeur fouu
tenue dans tous les caradères , fans qu’aucun autre trait pût
le dérober à cette loi j il fàudroit defefpérer de trouver de
• féeriturc ronde. La meme féverité feroic également difpa^
roitte tes écritures algues & tarées j quoique plufieurs lettres
7 en particulier , remplilfent les conditions requifes. Ces
-principes une fois'établisi^ comment a-t-on pu faire im pro-
«S à (a) D. de Montfaucon, comme s’il avoir tout brouik
lé, tout boulcverfé -, pareeque (i) fou vent il obferve dans.
(k) ÈM. Cf!/.
(i) ne vétifions (>rèr<]ac jamais'
' ka dtatiaoi de M. ie roatejuis MafKi,
3 qne noua oc les nouvions <a ddfaiit.
Â)ttt pnitiYcr que D. de Moncfaucoo
. apelc noe forte d'écritute gtèque ronde
Sccacdc >ùl nous renvoie à la pwe s4-
de la biblloihdque Coifline j. k Ion a'j
i: iroit que les ptcmiqts a»ts des «tapl-
tiei du Dcotésooom» to gtee. U cire fa
page. 11). 8c l'onny découvre rien de ce
^'il aaonee. La ekation de la page i Si ,
- ^<|tl'^ 'acamul< fut le« prdeddentes i porte
igaleisooe k Isux. Tant .d'uwsjldcuidcs
ne ptenAcat tien lut la bonne foi de
BOUC iUi^rcautcut. Il n'en impofe poiitt
k- O, de MonUaucoo , lorfqu'il loi fait
joindre le eaMâèec rond au cvc. Notre
Bdnédiâin apliqoe en dfec ces deux
nominiiions à (S) l'detituie unique dn
.même mf. Maiaqn'rl foit permis de le
dira , ce n'oft point comme le prdtea)l
M. Mafüfi ,/ mifetn fuadrMtM rumdii ,
que doVuptiract ainfi. Le caraâdreoo-
cial ou majulculc des plus anciant mf.
grecs nC; iduoit-il pas fous diflrens râ-
pons,cet <ki)x qaaludt,quipar confdquepc
\l 'ip
DÈ DIPLOMATIQUE. 4^3
fa bibliothèque Coifline , que tell 6c tels mff. font en ca-
taèVère rond & caré ? H- Partie.
4°. L’écriture ronde cft formée de lignes courbes ; la carée Vh * x'
d’horizontales & de perpendiculaires , l’aigue d’obliques. La Aktic'li. ’r.
mixte (i) réunit une partie de ces traits ou leur totalité.
Difons mieux : quoiqu’on puilTe aifément lupofer des écri-
tures cxaâement (t) rondes , catées , aigues , ou du moins
ne lont pobt du tout contradiâotrei )
An refte , quoi de plus formel , pour dif-
tioguet récriture majufcule desplus an-
tiques rolT. d'une autre alongéc, aogu-
leulê , 8c quelquefois ioelinéc , qui rers
le vil*. Itécle commenfa d'avoir coan!
Xa dénomination d'aigue conTiendroie
èeaucoop mieux à cette dcnûdtc , qu'i
la curfive, à laquelle M. Malféi l'aplique.
Ce que le favanc Bénédiélin avan-
ce dans Cà BiUitihijiu ■ il Ta-
voit prouvé {•) dans fa
_a> Les plus aooen* caraâères onciaux
i> peuvent, dit- il , en même tems être
3> apetés carés & ronds : carés dans les
•> lettres H M N n : ronds , dans les
39 £ e O C d> Q. Comme les premières
» reviennent fouveut ; de-là le nom de
39 carée donné pat la plupart 1 cette forte
.» d'écriture. De même pareeque les fc-
» condes font continDclIcment em-
» ployée$;de-là la dénomination de rond
3> auebée pu d'autres à ccraDciea caue-
3> lèrc oncjal. “ Une même écriture peut
donc renfermer des lettres rondes h ca-
'lées. Ces lettres la diférencient des écri-
tures poftéricures plus longues , plus
éttoites & quelquefois panchées : & O.
Bernard dé Montiâucon (i) n'aura pu
x}ualiiier cette ancienue éefitute de rou-
de <c de catée è la |bis ; fans s'expofet
uux railleries piquantes do matquis ita-
lien! Cette dénomination n'eA-elle pas
plus jaflc. 8e phas cxaéfe que celle de
sonde fimplemenr^ on feulement de cs;
réc ! Le Icélenr ne fcra-t-il pas plus em-
baradé à comprendre la penfée d'un au-
teur , qui qnalifica. de carée la même
écriture , qu'il voit pat un autre défignée
£bu$ le nom de ronde ( fans qu'on énon-
ce pourquoi l'un lui cA plutAt atribué
qqe fautre i Ce» deux dénasniaatioas
piéalablement expliquées , 8c pterqnt , . j i
egalement fondées dans la nature du ca-
raélcrc; ne vaut-il pas mieux les unA, f' **f
que de les employer cour i tour en par-
lant du même objet ?
(I) La mixte n'cA ici conlidérée que
relativement aux diverfes efpèces de ma-
jufctdcs rondes , catées , aigues ; Sc non
pas eu égard aux difétentes fortes d'é- 10 S3<.
critures majufcoles , minufcoles 8c cur-
fîves.
( X ) Pour avoir une éeritnte réol-
lemcot carée , elle devrolt être com-
pofée dTan alphabet complet , à peu
près femblable au modèle fuivant '
HHCT3EFGHIKr.MllI ‘
OPaKBTUJIHXya. Cei
figures , quoique très -rates , ne font
point imaginaires. Les trois dernières ex-
ceptées , qu'on ne rencontre que dificile-
ment , elles font répandues avec une forte
(fafèéiacioB dans certains rofT. dans quel-
ques inferiptions antérieures au gothique,
PluGeuts mêmes fe montrent , unt qu'on
ait fujet (facuAr leurs écrivains d'avoA
afcâê d'en faite paiad'e. II cA an rcAe
bien moins cxtraordioaicc d'apercevoix
dans les anciens monumens tantôt une
de ces lettres catées , tantôt une autre t
que d^y déconviit des motceaux cnciei»
écrits de la Arte. On en voyojt néau-
moiris des exemples! du tems de Néron.
Pérreoe (r) nous a donlervé les patalcs r* p .
d'une inferiptien peinte en lettres caééys, . j'' J''"*”-
Aucun moderne ne l'â retrouvée fur les ’’
anciens monumens. Cependant Allatius
(J) ne fait pasdifieulté denous la donnez (/) AnimtJv. >»
ainfi figurée d'après un fonge de Jofeph- Etnéft.
Antoine Couzalès dè Salas fur ce rexrt frmim» » 4^
citéâcPimncepuecfilUECR/rBM-
parcequ'éfeélivement .dit-il , on aperçoA
CCS lentes fux les aocicnnes monoics-S'il
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II. PARTIE.
$ E C T. III.
C H A F. X.
Akticle. I,
Quel ufigc fit-on
des dcrituics , &
fur quelles muiiè-
tes les employa.t-
on ! Jufqu'j quel
poiuc $c à quel
tems liirem - elles
tenues fui les ma-
tières, qui ne leur
ètuienc pas lî par-
ticulièrement ré-
feryèes I
{a) h Af-
494 .'NOUVEAU TRAITÉ
formées de lignes parfoltement courbes -, il n’en eft point
dans Id'quelles une feule de ces qualités donne l’exclufion
à routes les autres.
Nous avons découvert l’origine &: la ruilTance des diverfes
efpèces d’écritures. Voyons maintenaut jufqu’à quel point &c
jufqu’à quel tems les majufcules , les minuicules &: curfives fo-
rent employées dans les inferiptions , les inlT. &c les diplômes,
VI. Les matières dures & notamment les lapidaires &c
métalliques , forent de tout tems en polfellion des écritures
majufcules. Les minufcules eurent le même droit fur les mlT,
&C les curfives fur les actes publics , chartes , diplômes. Ra-
rement les fécondés & les troificmes ocupent-elles toute l’é-
tendue d’un marbre ou d’un bronze , avant la moitié du
xiv'. ficelé.. Au contraire , on ne manque pas d’exemples,
meme fous l’empire romain , ou de lettres tantôt minufcu-
les , tantôt curfives , ou de ces deux fortes de carafteres à
la fois , répandus ça & là dans les écritures majufcules. Il y a
plus : la minufcule ou la curfive marche t^uelquefbis à la
fuite de la majufcule , ou elles font partie d’uifcriptions ; ou
cellc-f i domine ; lors furtout que le peu d’efpace reliant
oblige à diminuer ou changer le caraélere.
Avant le viii'. ficcle la minufcule regnoit d’un bout à
l’autre dans certains mlT ; elle s’y ménageoit ailleurs des
portions alTez confidérables , au milieu de l’onciale ou de la
curfive , & même de toutes les deux enfemble. La curfive
y jouiflbit de Ton côté de pareils avantages. Cependant fi
l’on en juge par les mlT. confervés jufqu’à nous ; la majuf-
cule dut avoir la grande vogue. Eft-ce qu’une écriture fi pei»
née auroit alors été la plus commune ? Ne feroit-ce pas
Elutôt , parccque les mfif. en ce caraélere , comme plus lifi-
les , ou plus précieux , auront été confervés avec plus de
foin} Au VI II', ficcle la minufcule l’emporte fur la majuf-
cule ; au ix'. elle la relTerre extrêmement ; au x*. elle la
banit des mlT. Non que la dernière en foit alors toutafait
exclue : mais depuis cette époque , plus de livres , comme
infeription ètoit en lettres catèes
is liacTM. Elle étoit écrite aa-defias d’un
grand chien ï la chaîne , peine fur U
o'y aeoit point eu du tems de cet ancien ,
aiome- Allatius , (4) d'auttes ieitics que
celles que nous apcions capitales & ca-
sées ; U n’eût pas été néccÆùic , de mar-
quer , comme il a &it , que cette
muraille , proche 1a porte
romaine.
JP
<ft
une maifoR
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DE DIPLOMATIQUE. 49,
auparaviiit , totalement écrits en majurcule. La curfîve y
cède encore plus généralement la place à la minuicule dès
le IX®. fiècle : & depuis elle ne s’y reproduit , après plus de
quatre ceiKs ans , que fous une nouvelle forme. Nous comp-
tons ici pour rien les ibmmaires , les notes marginales
diverfes correâions , obfetvations, remarques , qui de tout
tems n’ont eu rien de fixe du côté de l’écriture. Là fouveiK
on trouve le caraâcre curflf , tandis que le texte eft en majuf-
cule ou minufcule.
Quelques chattes , qui joignent (a) une authenticité , te-
conue par les critiques les' plus dificultueux , avec l’antiqui-
té la plus reculée , font écrites en lettres majufcules. Tel eft
un diplôme de Lothaire roi de Cantorberi de l’an £79. Tel
eft un diplôme ^tavec l'agrément deSebbi roi des Saxons
orientaux , qui moiua fiir le trône en 664. Cafley (é)
fon catalogue desmlT. du toi d’Angleterre , prouve que cette
pièce fut drefféc vers l’an 670. Les lettres onciales & majufcu-
les , avec iefquellcs elle eft écrite , ne difèrent nullement de
celles des Romains. On trouve d’autres pièces en Angleterre à
peu près de ’mêrae genre & du même âge , dont l’écriture eft
en caraâcres aftez grands , mais arondis , éc où les -lettres ma-
jufcules font mêlées avec de plus petites. Ce mélange eft
aftez commun dans les mlT. qui précèdent le ix*. fiècle.
A régard des diploiMs ; avant le vin'., nous n’en co-
noiftbns aucun en écriture minufcule. Mais elle commença
ëèsran73o. en (c) Ai^sterce, &en France dès le règne de Pé-
pin le brèfà s’y introduire, &; beaucoup plus dans les aélcséelé-
uaftiques , où elle étoit déjà toute commune dès le ix®. fiè-
cle. Infenfiblement elle fit du progrès^ pénétra julquedans
les diplômes impériaux. Bientôt nombre de chanes prirfeÿ
lui donnèrent la préférence! peu s’en ftllut que le xi®. ne'
vit la curfive abfolument écartée de tous ces titres. Rien d’pn
ufaee plus journalier durant ce fiècle & le fuivant, que' Me
dreuet des chartes en pure minufcule. Les aiftes où elle n^
fe montra pas fans mélange, ne retinrent qu^ petit - Hqrri-"
bre de lettres ^rûves. Au xi 1 1®. une autre forte d’ëctiraré
doutante fe mât >(m les rangs. Elle ne mérite pas moins
nom de gothique , que la majufcule & la minufcule du
même tems. En peu a’aâ^es elle naquit ,fe fortifia', âevmc
II. PARTIE.
Sic T. III.
Cuap. X.
A R T I C 1 1. I.
(«) Hlck.Jifnt.
•fift.f. if.
(c) Citfity plam-
cbc II. B. 17.
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49i NOUVEAU TRAITÉ
dominante. Si certaines pièces en minufcule fe dérobent a
1 1. PARTIE, fa tyrannie i le cas eft rare , & c’eft prefque toujours , lorf-
SEcr. ni. q^>on veut donner à quelques ades une folennité toucafait
AEri'c'L.^'i extraordinaire. Ce n’eli pas ici le lieu de fuivre cette nou-
velle curfive fous toutes les formes qu’elle prend , ni d exa-
miner les degrés de corruption par lefquels elle pafle. Vers
le milieu du XIV*. ficcle , il s’en éleve une autre plus polie,
qui femble être l’aurore de notre belle italique , nuis qui ne
doit pas maintenant nous ocuper. ^ . r "
Quant aux diplômes munis de fbulcriptions en majuicu-*
le ; les tems Içs plus reculés pouroient en fournir. Après
le VI', fiècle, les exemples (a) s’en multiplient, TcUes font
les fignatures de plufieurs évêques. Les vraies m^ufcules
remplirent quelquefois depuis le ix' , & plus fouvent depuu
Le x' les premières lignes des chartes , les formules des loul-
criptions de prélats , de princes , de chanceliers , & quelque-
fois celles des dates. Beaucoup de pièces , furtout desxi.
& XII* fiècles çonftatent cet ufagc. Celui des noms pro-
pres (c) écrits de la forte n’y paroit pas moins autorifé.
Nous avons même vu des chartes entières du xi*. en lettres
majufcules. Odon évêque de Bayeux & frère utérin de Guil-
laume le conquérant en fit drelTer une , gardée encore au-
îourdui dans les archives de S. Ouen de Rouen. Peutctre pré,
tendoit-il imiter quelques-uns des plus beaux diplômes d An-
gleterre , dont il devoir avou une grande conoiffance. D^s
Sne chane du roi Eude de V*n 888, g^dée a la bibliothè-
que royale , la fignature du notaire eft moitié en capitale
ïiftique des mir. & moitié en curfive Caroline. Au xi i .
fiècle la première Ugne des lettres royaux n a plus de majÿ-
cule que dans U formule d’mvocauon ; &c wcme des la fin
de ce fiècle , cette formule eft écrite en caraacres ordinaires ,
c’eft-à-dirc minufcules, . ^ ,
U eft une autre efpèce de faulTes majulcules, placées tant au
commencement qu’a b fin de plufieurs ades publics des Ro-
mains , & fucceffivement depuis employées a la tem dune
foule de diplômes royaux U de buUes pontificales. Du reftc
les vraies imjufcules des chartes font {d) fort diférentes des
'»• grandes lettres des mlT. CeUes-ci imitent les caradcres
vés ûir le broow fie le marbre } au Ueu «juc ceUes-la font
'• formée^
(*)
f.iyi.tml. XVI i.
««1, nv. t- *!*■
45 5. 14». tv. p.
45t. <4l. LVll,
(e) CJirm. G,/
wû.p.tft.
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DE DIPLOMATIQUE.
497
formées avec moins de foin & d’élégance. Souvent même
elles difèrent quant à la figure , comme l’on peut s’en con-
vaincre , en jetant les yeux fur notre (a) parallèle alphabéti-
2ue des lettres majufcules , minufcules & curfives tirées des
iplomes.
Les genres d’écriture latine , dont nous venons de donner
ime idée générale , ont fans doute des marques caraûérifti-
qiies , qui afeélent la totalité de leurs lettres , Sc qui dilUn-
guént leurs efpcces. Mais dans des chofes qui dépendent beau-
coup du goût , & qui font dificiles à définir ; comme chacun
pouroit abonder dans fon fens , & que l’un qualifiroit une
écriture d’un nom , tandis que l’autre lui en donneroit un
difèrent : pour couper pié à toute équivoque 8c à toute in-
certitude} nous avons déjà plufieurs fois déterminé les prin-
cipaux genres d’écriture par des caraéferes (6) fixes 8c même
invatiables , autant que le fujet eft fufceptible de cette qua-
lité. Outre nos alphabets généraux , un certain nombre de
lettres de chacune de ces écritures nous a paru le moyen le
plus court 8c le plus propre à les faire diftinguer. Mais cela
ne fufit pas : il faut encore réunir fous un feul point de vue
cous les autres traits 8c les notions dillinéfives , qui carac-
térrfent plus particulièrement chaque genre 8c chaque ef-
pcce d’écriture , en commençant par la majufculc.
II. PARTIE.
Sec T. III.
Chaï. X.
(-> PL XXIII.
I4»-
(4) Ci - dtjiu
p as- M»-
Article II.
Notions di^inSives & caraSénJUques des diverfes fortes
d’écritures majufcules : leur nomenclature , leurs défini-
tions dr deferiptions : leur état , leurufage dans les inferip-
lions , les mjf. & Us autres monumens.
PAr écriture majufcule , on entend pour l’ordinaire celle ,
dont les lettres font capitales , onciales rondes ou carées ,
plus ou moins longues.Communément avant le milieu du xi v®. ,
fiècle , on n’employa pas d’autre caraéfere fur les marbres ,
les tables d’airain ou de bois , les médailles , les vitres , les
terres cuites , les os 8c autres matières dures. Ce fût encore
l’écriture propre des étofes 8c des linges. Les cuirs , les
Tome //. Rrt
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49S NOUVEAU TRAITÉ
parchemins ou papiers en firent ufage avec plus de réïèrve.
* s général tes mil, s’en fervirent alTez. régulièrement pour les
Ch AP. X. titres des livres & tes lettres initiales. Quand on n’a rien
A KT I c 1. 1. n. épargné de ce qui pouvoir les rendre plus magnifiques ; alors
ce ne font pas feulement dies titres en majulcule , mais des
pages entières , mais leur totalité. Faire regner cette écriture
depuis la première ligne d’un mf. jufqu’à la dernière : mode
ancienne ^ relie précieux du bon goût , dont le x'. llècle fut
•le terme.
Quoique les noms de majufcure & de capitale foient or-
dinairement regardés comme fynonimes ; on peut cependant
leur aflîgner dés propriétés fpécifiques. Dans la majulcule les-
• Baies & les fommets font ou nuis , ou la prolongation des-
montans ell plus ou moins concave en delfous &c puis en
delTus ,, à peu près- en forme d’ couchée. Dans la capi-
tale les bafes & les fommets font dillinguës des montans ,
dont ils ne font point partie , & de plus font en figne droite
ordinairement horizontale , 11 ce n’eft qu’ils foient extrinfé—
quement concaves. Quoiqu’il en foit de ces diférences ; nous-
pouvons envifager l’écriture majufcule comme un genre tranf-'
Cendant y qui renferme la capitale , l’onciale même la de-
mi-onciale à certains égards. Tâchons de domier des idées
exaâes de ces. écritures.
§.L
Capitale antique 6* moderne : fes principoTes efpices..
Quelle eft l'écti- Quelques autcurs (a) apelent majulcule carée , celle que
wrccaoimieîSour- DOus entendons par capitale. Mais on a déjà vu combien Isd
deftf erâ'""**' dénomination de majulcule ell en elle-même équivoque. L’é-
pithète de carée n’ëll pas moins ambiguë. Où font les let-
tarées de la capitale , linon tout au plus de celles-ci
E F H I L T ? Leur carure ell même un peu idéale &
lèulement fondée fur les traverfes & jambages tant hori-^
zontaux que perpendiculaires , dont ces élémens téfultent.
' De plus la carure ne convient guère moins aux autres écri-
tures , qu’à la capitale.
Si- l’ufage l’eût alfujettleà dés précifions philofophiques
lien ne fixetoit mieux fes genres & fes efpèces , <pieles traits-
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DE DIPLOMATIQUE. 495
droits , horizontaux , perpendiculaires , obliques ; ou que les T*
courbes , concaves , convexes 8c. mixtes, dont iês lettres le- partie.
xoient corapofées. De-là naitroient des écritures carées , ai- cha*.
Sues , ronaes &c mélangées, qu’on dillingueroit fans peine aaticic. ti.
U premier coup d’œil. Mais quoi qu’on p\jiire éfeâivement -
trouver des modèles de ces écritures j il eft très-rare qu’ils
foutiennent un caraâère uniforme dans chacun de leurs élé-
mens. La feule carée pouroit , cliez les anciens , en fournir
un fort petit nombre d’exemples. On ne fauroit donc fonder
des diflinélions d’écritures fur la conflance de ces traits. On
peut au plus les faire valoir comme fubftitués quelquefois à
d’autres plus ordinaires , ou comme afeâant certaines iettref
en particulier , fans conféquence pour les autres.
11 femble edentiel à l’A capital d’être compofé de deux
lignes obliques terminées en angle. Mais fans déranger la
pofition de l’une , l’autre pouroïc fe transformer , 8c dans
pluheurs K. du xi*. fiecle fe tranforme éfeâivement en
perpendiculaire. La dernière ligne répétée forme auûi la
deux côtés de l’H doublement unis.
La traverfe produit des variétés encore plus nombreufês.
Changez la fituation horizontale en oblique , vous la verrez
dirigée de droite à gauche , ou de gauche à droite ; joignant
ou pafTant le côté vers lequel elle s’élève ; laifTant ouvert ou
fermé celui vers lequel elle s’abaifFe. De ces pofitions diver-
fês naicronc les \ ^ de la plus haute antiquité.
Coupez en deux la traverfe ; il en rémkera un nouvel an-
^e , complétant la lofange commencée par l’angle fupérieur ,
ou bien ce ne feront que deux points defunis yOt .Détachées
des côtés , elles fe diangeront en chevron brifé , ou meme
en point A A quadtangulaire. Suprimez-là totalement , ou-
tre cet A bien d’autres . dont les fuivans feront naitre l’i-
dée ^ ils deviendront fufeeptibles des trois premières figures ,
qu’on vient de reptéfeoter. $ans cefTer d’etre horizontale ;
la traverfe excédera tantôt d’un des côtés de T A. , tantôt de.
l’autre A* tantôt de tous les deux A. Perpendiculaire ,,
tout étrange quefbid’airqu’elledonneà l’AfeUc ne
ra pas d’exemples dans l’antiquité. Des Kit
coins (a) raprochés ,fouvent même détachés , ofeiront des £- ’yii.t/ftttii.n.x-
gurcs encore plus hétéroclites, .
Rtr ij
Digitizsd by Coogic
‘II. PARTIE.
SiCT. III.
Chap. X.
AlLIIChl. II.
yoo NOUVEAU TRAITÉ
Que les lignes horizontales , perpendiculaires , obliques ^
foienc en partie remplacées par des courbes •, on verra des
ci Aa 61 ^ mixtilignes , dont ces quatre figures ne fauroient
peindre toutes lés variétés réelles ou poflibles Les fuivantes
fieront encore moins fùfifàntes , pour épuifêr celles des
cA> conl^uits de courbes toutes pures , traverfes & cô-
tés dirigés luivant tous les lèns imaginables. Les jambages
font quelquefois extrinféquement concaves ou convexes.
Quelquefois ils réunifient ces deux qualités. Quelquefois les
courbes font adolTées : fouvent les courbures ne fe font fen-
tir qu’aux extrémités des lettres. En voila fufifamment, pour
donner quelque notion des traits efientiels , qui femblent
les plus propres à la difiinélion des écritures.
Il en efl: d’autres purement accidentels , & qui ne paroifient
deftinés qu’à fervir d’ornement. Tels font les bafes & les fom=-
mets. Ils ne laifieront pas de fournir des diférences caraâé-
rifées entre un A & un On voit des bafes fimples ou lé-
gères , à demi trait , à plein trait , à d'ouble trait: A A A
A A A A» cA -A . Il en eft de mafflves , d’épatées , d’évà-
fées, d’arondies en perles, en batans, en boutons, en cla-
vicules , en ofielets , fimples , doubles , triples. 11 en eft de
terminées en étoiles, en grifès rie divcrfi» formes, ou qui
finiflent par un , deux, trôis points. Ce n’eft pas tout encou-
re ; on trouve des baies plus ou moins triangulaires , plus ou
moins échancrées i plus ott moins concaves ou convexes.
Quelquefois fous preTque toutes les formes indiquées , elles
SroilTent déiiachMs des côtés ou jambages, auxquels elles
:vent rTapuis. Tout ce qu’on vient de dire des bafes s’a-
plique également aux fommets, qui fouvent ont enfemble
lès raports les plus intimes 8c la conformité la plus parfaite.
Autre fource de diftinétion de genre 8c d’efpèces ; les traitr
excédens 8c lurperflus, droits ou courbes, par lefquels on
prolonge les jambages & les fommets : A 'A 'X a if ^
\ . Toutes les formes diverlês , que prennent les A , au
moyen dé leurs traits foit efientiels, foie accidentels, font
communes à prefque toutes les lettres. IT lêrôit inutile ou du
moins trop difpendieux de donner des exemples de chacune'
des autres. D’ailleurs on en rencontrera plufieurs dans nos-
modèles d’écritures. Il fufit d’en avoir afièz £iic figprer poiu:
«tre entendus.'.
DigitlZ',"J by Google
DE DIPLOMATIQUE. - yoi
Quant au contour ou bien au tout enfêmble des lettres >
elles font bien ou mal proportionées ^ albngées écrafées >
maigres ou maflives , à fimple ou à double trait , blanches >
deroiblanches , inclinées vers la droite ou vers la gauche.
Mous ne rapellons pas ici celles qui font compofées de fleurs
bu d’animaux ; parcequ’il eft rare qu’efles forment aucune
forte d’écriture.
Lors meme que les lettres n’ont rien dans leur contour ,
leurs jambages & leurs traits accidentels, qui les difUngue,
lui goût national diférentie fouvent les écritures. Des con-
jonâions de lettres , ou des infertions de caradkères les uns
dans les autres produifait le même éfet. Divers mélanges
de lettres capitales , onciales , minufcules , curfives , renver-
fées tournées à contre fens , grcques barbares , gothiques
modernes , contribuent aufli à la multiplication des genres Sc
des efpèces.
Au refte il s’en faut beaucoup que chaque genre ou cha-
que efpèce repréfentent dans toutes leurs lettres le caraâère ,
par lequel nous les fpécifions. Il fuiît qu’il en afeâe quelques-
unes , furtout s’il revient fréquemment.
II. A proprement parler , l’écriture capitale n’eft autre que
la majufcule, telle qu’elle fe voit aujourdui dans les frontif-
pices & les titres des livres. Elles eft propre aux plus (i) an-
ciennes inferiptions métalliques Sc lapidaires. Ainfi font écrits
la plupart des livres , qui portent les marques de l’anti<^ité
la plus reculée. Ange-Politien (a) n’en connoiflbit point de
plus âgé que le fameux mf. de Térence du Vatican. A peine
en eft-il quelqu’un , dont toute l’écriture Ibit capitale , qui
ne lemonte (r) au-delà du vii‘. liccle. Jufqu’au xiii‘. elle
(j). L'^critDre majafcale capitale e(l û
onliaaire for les bronzes & les marbres ,
<jne le comman des favans s'eft fortement
pcrfuadf qn'cllc cib Ip^cialement afcQic
ans ioferiptiaiis des anricos. Il en cil me-
me plus d'un parmi eux, qui regardent
comme dcmontid , que les Romains o'a-
Toient point d'antre écriture , & que la
cnrlîve , 8c même la minnfcule , font ab-
IblumcDt banies des bronzes 8c des mar-
bres. La feule infpeâion de nos planches
zxvii i.zxiz. izxi.fufiioit pour les dé-
pempaz..
(i) Il n’eft point de mf. entièrement
écrit en capitale, qui ftût cctraincraenr
poftérieor anvi'. fiecle. Au vi 1 1 8c ix'.
on trouve bien des livres , où l’on voie
quelques pages en cene éctitnre : mais
jamais elle n'eft employée dans ua mlT.
depuis le commencement jufqu'à la &n.
En vain nous objeftetoit-on lesHcuresde
Charles le chauve , 8c le mf. <6 y. de l’ab-
baic de S. Germain des Prés, où prcfque
tout févangile dcS. Mathieu 8c une partie-
de celui de S. Marc font étriis en kcfrea
1 d’or capitales fur du vcUo pqQrpré-i°.I.ca.
II. PARTIE.
SacT. III.
Ch a P. X.
AaTicLi II,
DIvîlîon, oomen^
clatote , 8c def-
cripcion desdiver-
fes éctittttet capi-
tales.
(«} AO/U.
•iv. f. ff.
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ri, PARTIE,
s l-C T. Il I.
CHAf. X.
A&TtCLI II.
(«) Cbm. G»d-
wu. f. it,
(t)IM.f.if.
U) IM.
I
yoi .NOUVEAU T R AT TÉ
bcupe fouvcht les titres des livres, quoique eé ne fbit pas iaa^
mélange , notamment depuis le x'. Ses lettres Font àpellées
capitulaires (a) par quelques anciens , fans doute parcequ’oi^
s’en fervoit à la tête des livres , au commencement des cha-
pitres & des alinea. Ces lettres initiales ou capitulaires n’a-
voient rien de fixe dans leur hauteur & leur largeur ; elles
ocupoient quelquefois une grande \{l>) partie , ou meme la
totalité du nrontifpice des mil. La (èule aiférence que l’Abb4
de Godwic trouve {c) entre elles & les onciales , ne confifte
qu’en ceque celles-ci étoient limitées à un pouce de hauteur.
Quand on confond l’écriture capitale avec l’onciale , on doit
raifonner de la forte. David Cafley , foubibliothécaire du roi
de la grande Brétagne , tombe dans un mécompte à peu près
femblable, lorfqu’il entend des lettres initiales, ce que S. Je-
rome dit des onciales dans fa préface fiir Job.
On peut diftingucr l’écriture capitale en carée , ronde , cu-
bitale , élégante & ruftique , nationale , ancienne Sc nouvelle.
Tous Ces genres conftituent des efpèces réelles , telles que la
capitale maffive , tranchée , mêlée d’onciale , à bafes & fom-
mets excedens , la capitale courbe à traits fupérieurement pro-
longés en lignes courbes Sc obliques dcc. Ces elpccesprodui-
fent fouvent divers mélanges.
Nous avons déjà ôblêrvéi^ la dénomination de tarée eft
iquwoque,&nc caraêlérilê pas allez l’écriture capitale. Cepen-
diht pluliéurs auteurs T'identifient (r) avec la carée, &: laqua-
iSfient de ce nom , lors même que fes lettres font deflituées de
carure. Il leur fufit quelles foient compofées de lignes droi-
tes. Ainfi donne-t-on la dénomination de carée à des écritures,
capitales qui ne le font nullement. Mais nous n’avons pas droit*
Heures de Charles le chauve ne font point
en eeuederitute. s“. Le premier (igiK de
]a plus haute antiquité en fait (Téciitute
capitale ou onciale i c’ed qu'il y ait peu
d’abréviations; futtout (i l'éciifurc cil bel-
le. Oc elles Tont cres-rares daos lesnf. de
S, Germain des Prés ; (î ce n'cA pour
iTi M . O KÊ- Nulle lettre onciale ne
parole , fl n'cll l'a &■ quelques G. A la
vérité l'r ndinufcule Tut i’M pour mar-
quer S. Marc cA en marge plus de cinq
cenis ibis. On en doit concluce non que
le mf. cA plus récent', mais que récricuie
minufculc croit d^s lors en ulâgej puil—
que nous trouvons mêmes des IccircscHC-,
liïcs des le IV*. üéele. On voit du veli«
len pourpre du ix*. mais il ncApoim d’u«
li beau lougc c^uc cebi de noue niC Rien
in'cmpccbc doue de le faire temoptst (fat,
j moins au vi*. licelc.
(l) ütcrelam lêctnmi»^
\Mmfhiihnutt CMfiuiihu inttrh ftu ynM-
idrÆiis , qtu vKlgi ufurfMUa m
i infcrifiitnihui tlcgt»$tr ^ ut».-
|r«(Mn. Moauni. vcKris Âaeü , p. )t4,.
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DE DIPLOMATIQUE. 5,®^
de réformer le langage des favans, qui n’auroient du ânféoyêr
cette épithète ,que pour defigner celles dont les caraûères font J i. partie.
formés de lignes horizontales & perpendiculaires , & qtii^ cha»’ ^x‘
haute Sc large en proportion^ difère de l’écriture alongée & AaticL*. h.'
de l’onciale , dont plülieurs lettres ont leurs lignes courbes où
arondies. Souvent les lettres carées & rondes étoient entre- '
mêlées dans la plupart des mlT. ainfi que dans les infcriptions
lapidaires & métdliques. Les lettres carées étoient célè-
bres dans la Grèce , & furtout dans la ville d’Athènes ,
S or l’ulâge qu’on en falToit pour les infcriptions des ( i )
atues érigées en l’honneur des favans & des hommes illu-
ftres ou célèbres par des adions d’éclat.
Audi l’écriture carée eft-elle (a) une des plus (2.) ancien- rri-.
nés. Oa la trouve fur les médailles & les marbres, & dans
Î’uelques anciens m(T. D. Mabillon(é) parle d’un mf. déplus /«üJ'
'onze cens ans écrit en lettres carées, &c gardé dans l’ab- fun.
baie de S. Sauveur de Boulogne en Italie. Au raport d’Eckhart ,
(c) un des livres de S. Bonince confervé dans l’abbaïe de Fui-*
de , fut écrit en lettres'carées &c achevé l’an 547. par Viûor mI». Fr««r«’o-
évcque de Capoue. Mais il n’eft peutctre point de monu- i /■■!}».
ment plus propre à conftater l’extftence de cette écriture ,
que le fameux mf. de (d) Lichefield. Prefque tous les ca- Wfiur
radères en font carés ; mais ce n’cd pas fans mélange de mi- fr»^
nufcule avec l’onciale & la capitale. Nous en donnerons un »•
modèle emprunté de Hickes dans la clalTe des écritures ti-
cées des taS. Au refte cette écriture pouroit être dans les plus
ancieiu thfT. fàxons , s’ils étoient un peu plus multipliés , ce
qu’étoit l’onciale dans les mfT. romains. Un mf. de Winz-
bourg n’eft qu’en partie écrit en lettres carées. On en a formé
un alphabet déjà publié (e) par divers auteurs. Tous les ca- , ^ ^ ^
ladères majufcules n’en font pourtaiu pas carés. H y en a fa"*!
quelques-uns à traits obliques &c même arondis. Les lettres P-
carées (/) au moins pour la plupart paioiftenc encore fur les
( I ) Vmti (2) tÜMm viril dtSit i//«-
Jlritui htrmi ^midrMt»i tripAaiu , addita
afif^rammatt liitrâ ^aadratà. Hiac ani-
mai illad rntfiyaut a>à{ , vir qaadraiiu,
id ^ via ianm (j. rtSut , tjafmodi bar-
mû ahmdalrat Alhtaarum civiiai.
(l) SeloD AlUûos plus les luttes
te latines aprocheot de la for-
catiet } plus elles portent des
(f) TrMdm dé
anx.
grdque
nie des — ..w ^
marques d'auiiquitd. Cependant quand il t”** /ow.
s'agit de remonter aux tenu les plus te-
culis i cetu réglé o'a pas toujpais lieu. ( h ) Animad,
f.i..
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yo4 NOUVEAU «TRAITÉ.
fceaux des xi. 6c xi i. ficelés. Quelques favans les (a) ont
confondues avec les onciales ; fans trop réfléchir fur la difé-
Ch AP. X. rence des unes 6c des autres.
Articie. II. On comprend alTez que l’écriture c^itale ronde doit être
(*) C4»r. GUf- formée de lignes courbes. Elle peut le divHèr en écriture
ftr.t. s-f. loii. jfQndie convexe , 6c en écriture arondie concave : en ronde
par le haut , 8c en rende par le bas , en arondie haut 6c bas.
Scs lettres font plus ou moins mêlées avec d’autres en cer-
taines écritures. Les antiquaires ou ne nous donnent aucune
idée de la capitale ronde, où ils nous la dépeignent (i) comme
une écriture d’un ufage ordinaire , 6c par conféquent né-
(i)AjiwuJ.t.it- Allatius {i) la confond vifiblement avec l’onciale t
quelques-uns même femblent la confondre avec la curfive
ou la minufcule , dont ils fupofent que toutes les lettres
étoient capitales de la plus petite forme. Mais tous convien- '
nent que cette écriture a été employée par les anciens 6c'
dans les livres 6c dans les monumens publics. Au xi 1 1'. fiè-
tle la forme rpnde (c) des lettres capitales l’emporta fur U
' carée.
(tDDtrtMpiom habiles (d) parlent fouventde l’é-
^.^7. criture capitale , ou majufcule cubitale , fans nous en don-'
Rii^ ner une idée bien diftinûe. Plaute {e) eft le plus ancien au-
' teur qui ait parlé de lettres cubitales, cubitum longæ iute-
rte. Allatius {f) prétend qu’on entendoit toujours chez les an-
{/) AnimMi. écriture capitale, foit qu’elle fut repréfentéc
*\t) OvU. liv. ,. par les {,g) auteurs , comme grande , tr^grande , longue
Trjff. PUuh in d’une coudée , foit qu’elle fût apelce écriture menue , tircs-
^’fùf'“plin 1 raenue , carée ou longue. Nous aimons mieux croire , que
7.T II. Stnic. récriture ciAitale étoit formée de lettres oblongues , 6c
9s. d’une hauteur exceflive ; telle que font les lettrçs initiales de
(h)V.pi.xvili. c«taios (b) mlT. 6c celles qui formoient {i) l’infcription de
». 114. l’arc de triomphe érigé en l’honneur de Septime Sevére.
L’écriture capitale élégante eft celle que l’on trouve or- •*
dinairement fur les anciens marbres 6c les bronzes , 8c du
(k) Str$rv. dê cri- ( l ) (*) fMmHUri fcrihndi more poti$-
fnjf. *.^,14. ffmm Êaehmmur{Komsnip) IHttris retundisy
non quA in fphrré modum obvoiverentnry &
k mnjufcidis tffetU dtvrrfA \fedqtu oh eeU-
riorem feriptionem tjuafi in il^ulos fnrvn^
Tfntm. QhmIè firipmrd eodttes mli^noi
tiqmijpmor m Vstiennâ eontinrri téfintnr
Léo Alinnus in Mnimmdv. nd Ingbirnmiff"»»
p. S* ‘ fimpiUior Romnnorum étnr '
in monj n.tmis pMici$ef$to^ tnli linfrntn^ ’
rd fn$rit u n ^mx tx frsimenio legii rO>nn~
fU mpnà MniHiontim j /• 54T* ^
haut
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DE DIPLOMATIQUE. fof
haut fimpire , dans quelques mlT. rares , &c encore auÿounlui
dans les titres des livres de nos meilleures imprimeries. Elld
pareit dans toute fa beauté dans notre XXV*. planche , &c
dans le Virgile (il de la bibliothèque de MM. Pithou. h.
L’écriture capitale ruftique paroit venir direèlement de la
plus ancienne des Romains. Les lettres en font formée*vec
moins (a) de foin plus de hardilTe. On n’y obferve ni les
pleins , ni les déliés ; ou fi l’on le fait , c’eft d’une manière
qui paroit fouvent forcée & peu naturelle. Les bafes Sc les
traverlès font omifes , ou tirées fans nul agrément. Cette
écriture paroit dans les anciennes (i) infcriptions : elle s’eft
conftamment foutenue , &c a peutctre été moins fujète aux
variations que les autres , du moins jufqu’au x. ouxi'. fiècle.
II eft vrai qu’on celTa d’alTez bonne heure d’écrire des mfl'.
entiers en cette écriture : elle étoit cependant encore fou-
vent employée à cetufage aux v. &: vi'. ficelés. On peut diP.
puter fi elle le fut aux fuivans. 11 eft certain qu’encore au
ix'. on écrivoit des pages entières en ces caraâères ; mais
la dificulté eft de favoir , fi l’on s’en fervoit pour des livres
entiers. Il femble qu’elle devint rare au vi i. &: vi 1 1. avant
Charlemagne. Depuis le renouvellement des lettres qn ocuré
par ce grand monarque , cette écriture parut bien plus fré-
quemment dans les mlT , &: furtouc dans les titres , dans les
lettres initiales des alinéa , & même des phrafes.
• Les écritures capitales nationales ne font autres que les
caraâæres ftu^alcules romains , aftbrtis au goût des peuples
barbates qüi les ont adoptés. Ils fe font pour la plupart main-
tenus dans les infcriptions , les médailles & les titres des li-
vres , jufqu’au renouvellement des belles lettres. Il n’en faut
excepter tout au plus que les deux derniers ficelés qui pré-
cédèrent cette époque. Nous en avons pour l’Efpagne un
bon garant dans la perfone du grand bibliothécaire du roi (c)
catholique. Les infcriptions , nous dit-il , des vi i. vi 1 1. ix.
X. xî. & XI 1 1'. fiècles font en lettres romaines ; & quoique
quelqoesHtnes de ces lettres' paroiffent étrangères , & qu’elles
reftembleot.à jcelles d’UlpIvtla ; elles n’en doivent pas moiiu
î * .1^ f'-A
(i) On peut voir un modèle de t'è- I 6^7, Nous en donnerons deux vers dans
criture de ce beau mf. dans la Diploma- 1 U 11*., cUtTcdcs écritures cirées des mlT.
tique de D. MabiJIon, i««. édition, p. I •
Tome/// SCC
fi. PARTIE.
Sec T. III.
Ch A P. X.
AKr\cLM. lU
urii Aaiii.p.
[h) SMonMrufiti
rjfnvat.. frrf. J>.
xvi. V. le 1 1
ernre lie noire J>/*Êh‘
lieXXir.
(<■) Bitlieih. tenir
verf. ete U Vetyr
greff. E/feiZe/n,
Jel xvii.
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I
«.PARTIE.
St CT. III.
Chat. X.
Articli, U.
Qqdle eft M-
inilurc oociale; di-
fire - 1 - elle de U
capitale I
t- m-
Sirmi. dt cri-
(c) Bud*m /. 1.
* Aft.^
(d) Mmit. i» ) .
fmt. c»i»ltf.t*dd.
•4-
0) W r-
$/) CtrMuV.G#^-
WVÙ.f, 1^,
jo6 ' NOUVEAU TRAITÉ
être regardées comme romaines. Telles qu’on les voit s’é-
loigner de la forme de celles-ci ; telles on les trouve dans ^
des monumens antérieurs à l’invafion des Goths. D. Ma-
billon , Muratori , Caflei , Hkkes ,.Godfroi Von-Beffel prou-
vent la même vérité pour la France , l’Italie , l’Angleterre
& l’Rllemagne. Cetee perpétuité des lettres capitales romai-
nes chez prefque tous les peuples d’Europe eft une preuve ,.
qu’ils n’ont point eu d’autre écriture que la romaine -, fur-
tout depuis leur établiftêment dans les oelles provinces con-
quifes autrefois par les Céfars.
§.ir.
Ecriture onciale,
I. Par écriture onciale , nous entendons la tnaiufcule de*
forme ronde fie diftinguée de la capitale par {a) certains élé-
mens. Le terme d’onciale , pris à la rigueur fie fuivant l’an-
cienne {h) notion , déftgne une écriture , dont les caraélères
ont un (,c) pouce , ou douze lignes de hauteur. II y avoir aulll
des lettres demi-oncioles , qui n’avoient c^ue (ix lignes d’éle-
vation. Les unes fie les autres n’étoient guère mifes en ufage ,
2ue dans les titres des livres. Il lêmble néanmoins par plu-
eurs anciens textes , que le nom d’onciale avoir plus d’é-
tendue , fie que des livres- entiers étoient écrits en ces ca-
raâères. Aura les favans auteurs du catalogue de la biblio-
thèque du roi nous avertÜTent-ils que {d) la plupart des
critiques font convenus d’apeler onciales toutes les ancien-
nes lettres majufcules , foie rondes ou carées. C’eft un langa-
ge , auquel nous ne &ifons pas difîculté de nous conformer^,
quoiqu’il ne âille pas le prendre à la rigueur.
Les lettres majuicules , dont Bertran écrivain de la cour
de Louis le débonaire fôilbit ulâge , étoient alors nommées
onciales par quelques-uns , fie Loup abbé de Ferriexes les
apcle antiques dans C«) la lettre , qu’il écrivit à Eginhart , pour
le prier de lui en envoyer la méfure. Mais , li l’on en croit {/)
l'abbé de Godxric , Loup n’avoit point en vue des lettres
d’une once. Les tnaju&ules , qu’on empioyoit dans lesmlT.
des v 1 1 . fie V 1 1 1 '. fiècles , étoienr moins élévées fie n'avoient
point de méfure fixe.
Comme nous diftinguons récrinue onciale de la capitale ;.
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DE DIPLOMATIQUE. J07
il eft eflentiel d’avertir en quoi nous fâiTons encore conCfter ^
cette diltinâion. Quand S. Jérôme parloir (a) d’écriture on- * jj**^**^^**’
ciale , nous ne pouvons alTurer, qu’il prétendît la dilUnguet ch a», x.***
delà capitale. Nous penfons même que ce qu’il en dit pou- Aaticlc. h.
voit également tomber fur l’une &c l’autre écriture. Peutètre t*) "> •f***
n’auroit-il pas meme fait dificulté de l’atribuer à l’écriture
minufcule & curdve alongée , telle qu’on la trouve (buvent
à la tête de beaucoup d’anciens diplômes , où elle a quelque-
fois autant de hauteur que la capitale. On entendoit alors ,
ou du moins on avoir entendu d’abord par écriture onciale
celle qui avoir un pouce d’élévation ; pareeque le pouce étoit
au pié ce que l’oilce étoit à la livre. Telle & plus grande
encore peut-on la voir (b) dans nos deux planches des fron- n) pi_ xm.
cifpices d’écritures mérovingietmes , lombardiques ôc faxo- P. xnil,
nés , que nous qualifions capitales & onciales de m(T. Ces
deux lottes d’écriture de mÆ Ibnt affez fufcepcibles de cette
grandeur rigoureufement onciale ; quoiqu’il fût très-rare ,
qu’on la leur donnât « (1 ce n’eft dans quelques (c) titres (t)DtnJifUm,
rrontifpices de livres. Celle , que nons apelons onciale , eft f- +7-
préciféraent la même , à laquelle pour l’ordinaire les lavant
donnent ce nom , fans néanmoins apUquer une autre déno-
mination à la capitale. En éfèt , les mÎT. en cette dernière
écriture font très-rares en comparaifon des autres. Audi le
nom d’onciale convienc-il tellement à ceux-ci , qu’on penle
à peine à ceux-là , quand on fe ferc de ce terme, Nous ne
faifons donc que nous conformer au langage des gens de
lettres , dans l’ufage que nous failbns du nom d’écriture
onciale. Mais en même tems nous croyons devoir diftinguer
cette écriture de la capitale , revêtue d’une forme à pluileurs
égards très-dilérente. La dillemblance eft aifez conlidérable .
pour conftituer deux genres d’écriture. C’eft ce qui fe mani-
leftera plus clairement dans notre IIP. torae^ ou nous don-
nerons des modèles de l’une 6c de l’autre , tirés des mlT.
II. La plupart des auteurs n’ont fait nulle atention aux Ectltnre ondale
lettres qui caraâérilènt l’écriture onciale. Plus frapés de fa confondue avec
hauteur que de fa forme , ils l’ont confondue avec les autres
écritures. Le P. Papebroc Jéfuite apèle (a) onciales les let- Lnnds : fea efpd-
tres curfivcs alongées , qui forment la première ligne ôc la “*•
foufeription du roi dans les anciens diplômes : comme fi la
S f f ij
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/
yo8 NOUVEAU TRAITÉ
figure des unes & des autres ne difëroic pas cfTentiellement ï
Lorfque l’écriture onciale eft petite, ou quelle n’a point la.
c H A ?. X. jufte mefiire , qu’on lui fupole ; fouvent on la qualifie (a)
A »T icn II. Je demi-onciale \ fans conlidérer , que celle-ci dans les mlT.'
(a)Ltgiftmü<ii/- n’eft qu’un mélange de lettres onciales &c minufcules. D.
fin. 1. f. I U- Mabillon lui-même confond l’écriture (/>) onciale avec la pe-
tice capitale , qu’il apcle minufcule. 11 diftingue deux fortes
d’onciales. L’une proprement dite n’étoit pas d’un ulage or-
dinaire. On s’en fervoit feulement dans les infcriptions fie
les livres , où l’on afedolt la plus grande magnificdice. L’au-
tre plus commune fie plus petite , mais toujours de la meme
forme que la première , étoit employée' à écrire les mlT.
moins fomptueux , dont plufieurs font parvenus jufqu’à nous,
■ ' quoiqu’écrits il y a onze à douze cents ans. Le favant Béné-
didin ne veut pas qu’on nomme onciale cette fécondé écri-
ture , dont, félon lui , le viii^ fiècle vit prefque la fin..
V Cette idée au refte , quoique fingulière , a été adoptée pat
. la plupart des antiquaires modernes.
Les caraderes arondis de l’écriture onciale lui ont fait don-
ner le nom de ronde par les favans. Ainfi qualifia-t-on ,raais
♦r) chmic.Gêd- improprement , le caradere gothique moderne ou (c) mo-
•nief. TU nacal , fii l’écriture renouvelé auxv'. liccle. Celle-ci difère /
prefque autant de l’onciale ^ que le petit romain eft diftin-
gué de la capitale de nos-ioifqntnei^ies- L’écriture minufcula
W ot,fiu. «f- des Grecs {d) eR auJfi. apdég|ciÉ4p par le marquis MafFéi ,,
!*■ 6^ l’on ne refufc’pas aujourdui^ce nom à notre écriture fi-
nancière j quoiqu’elle n’ait nul raport avec l’onciale. Celle
des Grecs^ÿ.cooiûae celle des Latins ^ eft fufceptible de ron-
deur fi£ deeafliré dans plufieurs élémens. Audi l’apele - 1 - on
r«) ?»Ui)xrafh. qud(ni(&û (^) ronde fie carée. On peut obferver le palTage
^fonaitare capitale à l’écriture onciale dans les vers mis au
du Virgile de Florence. • Les lettres font, onciales j
mais le tour répond encore aux lettres capitales.
' ' Les anciens mlT. ofrent à ceux , qui en ont fait une étude
fiiivie , plufieurs fortes d’écriture onciale. Outre qu’on peut
la diftinguer pat âges fie par fiècles ; il femble qu’on en peut
remarquer au moins quatre cfpèces principales. i°. A dou-
ble trait ; tel eft le mf. du chapitre de Péroufe , fie des épitres
de^ S.. Paul apartenant à l’abbaie de S. Germain des Prés..
DigitizecLby Co-ugle
II. PARTIE.
Si CT. III.
Chat. X.
Auticu. II.
DE DIPLOMATIQUE. yoj
1®. A fimple trait : tel eft l’évangile de S. Eulcbe de Ver-
ceil , auquel on peut joindre le pfeautier de Vérone, j®. A
plein trait : tel eft le mf. de fainte Julie de Brixia , & les
évangiles de Vérone. C’eft l’écriture , qui paroit la plus belle
& la plus régulière en ce genre. 4°. A traits obliques : cela eft
furtout trcs-fenfible dans les F , J , P , R , dont la queue dé-
cline vers la gauche. On peut donner pour exemple de cette
écriture le mh des évangiles de V ienne ; quoiqu’il tienne plutôt
de cette écriture, qu’il ne la repréfente parfaitement. On dit
lingue encore dans les mlT. l’onciale élégante , l’anguleufe ,
la malfive , la tortueufe , la pure. On y trouve des onciales
plus hautes que larges , &c plus larges que hautes , tendant
vers la carure , tirant fur la curfive , a queue inférieure ex-
cédante , &c courbe , tranchées obliquement , à lettres
ferrées du ix®. ficcle. Autre eft l’onciale du règne (a) de (*) Ccuji.vmJi'..
( I ) Charlemagne , autre celle de fes fucceflêurs immédiats^ 1-
Dans les heures de Cliarle le cliauve les lettres onciales le
touchent fouvent. Il y a des écritures onciales oblonguesj
panchées &cc. Sans parler ici des gallicane , allemande , & au-
tres nationales , doiu on trouvera des modèles dans la II'.
clalTe des écritures , tirées des mlT.
III. Croiroit-on que , dans un ficcle éclairé comme le
(i) Ce monarque renouveila l'éeritare
onciale Sc lui donna une forme plus polie.
Sous Louis le débonaire , elle idcouvra
prcfque l'éldgance Sc la forme , qu'elle
avoir eue dans fes plus beaux jours. Le
P. du Moulinet , au lieu de dire que ces
deux empereurs favorifèrcnc l'ufage des
beaux caraâcces , ptdtend que ceux des
Romains , donc en admire l'dldgance &
h netteté , firent entièremem corom-
pus & difparureot pendant quatre ou emq
cents ans. Cependant il cR bien certain ,
qn*on n'avoic point celléd'cn làirc nfâge.
Le favant chanoine régolict coolbnd aufli
l’écriture onciale des viii. & ix'^. iïé-
eles avec la capitale antique ; lorfqu'il
parle ainfi dn rtnouTellçment des lettres
iôus Charlemagne h fon fuccelfeur :
» Apres (é) donc que CCS beaux caraélcrcs
» romains curent été perdui 8c enricre-
3» ment cotompus duraat quatre ou cinq
M liédei i ils conuacncctent de teTirte
» Ibus l'empire de Charlemagne 8c de /
» Louis le débonaire , comme on le re-
» marque en leurs muuoics ; 8c ils re-
» trouvèrent enfin leur dernière perfec-
» tion fous ce florilfant empire. Ceci Ce
» juliific par un mf. de la bibliothèque
n de fainte Geneviève , qui cil no livre
n des quatre évarigiles , écrit fur du vé-
•> lin en lettre d'or , vers le tems de Louis
U le débonaire ou de Charic le chauve.
» Le commencement de chaque évangile
» eft en grandes lettres capitales , qu'ils
» apeloicnt onciales , à caufe qu'elles
U avoteot une once , c'eft-à-dfre un pou-
» ce ou environ de hauteur. Elles (bnc
» fcmblablesanxcataélères du temsd'Au-
» gnfte. ... 11 y a encore un de ces mÆ
» en lettres d'or , en i'abba'ie de S. Mé*
U dard de Soilibns , 8c qui eft incontefta- (Jj Ttrnnal du
» blement du tems de Louis le débo- feveet du ft .Je».
unaire , qui en a frit préfensi cette S'(rri8l4. s. ir..
O églife. «• '
byt-'-iyU
11. PARTIE.
S 1 c r. 1 1 1.
CK4r. X.
Aaricit II.
IBB., fclooCaflc)’ !
Ccc auteur a-c-il
eu raifbu de nier
l'ezUlence de cet-
te dcriture }
{•) A cMimltg. >f
tkt mff. tbt frifuc.
f. xvtj.
(i) Tm. f.furi.
i.p. Ml.&fiuv.
(t)Vr$f/U.in}fb.
(f) S, Hurm.
tfir.t. i.(W.7P8.
119 NOUVEAU TRAITÉ
nôtre , des favans cufTent ofé nier l’exiftence de l’écricure
onciale & méconoicre les ralT. où elle eft confignée ? C’eft
cependant ce qu’ont fait (a) David Cafley Bc l’auteur (^) de
la Bibliothèque britannique , éblouis par une nouvelle in-
terprétation du texte , où S. Jérôme s’élève contre le luxe
des mlT. en écriture onciale. » Qu’on (c) acheté , fi l’on veut
» dit le S. Doéleur, d’anciens livres , écrits fur du vélin cou-
>• leur de pourpre , en lettres d’or & d’argent , ou en lettres
•» qu’on apèle communément onciales , & qui font plutôt
» des fardeaux que des fivres ; pourvu qu’on me permette
.. à moi &: à mes amis d’avoir des mlT. en petit caraélère
.. Sc qui foient plus recommandables par l’exaûitude de là
.. correûion , que par leur magnificence. Habeant qui vo-
•. lunt veteres libros vel in membranis purpureis , aura ar-
» gentoque ieferiptos , vel uncialibus , ut vulgà aiunt ,
» literis , onera magis exaraxa , quàm codices ; iummoib
•> mihi meifque permutant pauperes habere fchedulas , & non ’
» tam pulclros codices , quàm emendatos. C’efl: ainfi que
• l’on imprime , ou qu’on cite toujours ce pafiage ; mais au
» lieu de ces mots uncialibus literis , les lettres onciales ou
.. d’un pouce , M. Cafley croit qu’il faut lire initialibus li-
» teris des lettres initiales , ôd il fo fonde fur l’autorité de
>» ( I ) plufieurs mlT. & fur la manière ufitee de lire de tels
w mots ambigus , qui eft de choilîr la leçon , qui s’acorde
>» le mieux avec le bon fens. On comprend d’abord , dit M.
»• Cafley , que par initialibus literis , il faut entendre les let-
» très , qu’on a coutume de mettre au commencement des
» livres , des chapitres , ou des paragraphes , lefquelles on
«• apele capitales : & fi un livre étoit tout écrit de ces let-
.. tres-là i ce feroit véritablement un fardeau plutôt qu’un
« livre , comme le remarque S. Jérôme, Et nous avons en..
» corc aujourdui de vieux livres de cene elpcce. Mais que
(i) Lci a(T. dont Callcy l'aBCorilc ,
fooc aparammcnc Ici mémci , c|nc Ict
nouveaux ddiccuri de S. jdrôme cicenc
daai leur noce : Dut (t) »$ii im mf. frt
mtfUUhii Ifgwu teJm ftnfn imii/ûihii,
Mail CCI favans ont fait fi peu de cas de
ce petit nombre de mil', (.cuifcre iôrc
recens , cju’ils ont coufervd dans le texte
muUlHut. La diücultd de lire les plus
anciens mlT. a fait &ire beaucoup de
fautes à ceux ijui les ont copiés dans des
tems éloignés. Un eopiile mal habile
n'aura point entenda le terme d'onciatc.
Il lui aora !ublbtué celui d'ininale plut
connu , 3c plus ordinaire.
Diyi 1^.-; i;y Coogk
DE diplomatique: JII
■m faire de ces litene unciaUs , ces lettres tondues d’un pou»
i> ce ? Où a-t-on trouvé , que les anciens écrivoient des li-
u 'vres d’un fi monllrueux caraâère ? Et fi l’on en a écrit de
» tels i d’où vient qu’il n’en relie pas la moindre trace ? ••
On peut voir dans la Bibliothèque britannique , d’où ceci
. cil extrait , les railbnemens par lefquels le lavant Anglois
s’éforce d’étayer fa conjcélure , & les conlcquences erro-
nées , qu’il en tire contre l’exiftencc &c la vérité des écri-
tures onciale &: minufcule au tems de S. Jérôme.
Mais les éforts de M. Cafley & de fon panegyrille n’ont
pas fort ébranlé les antiquaires (a) d'Italie . Quelques - uns
néanmoins frapés de la prétendue découverte du docle An-
glois prièrent M. Afiemani , célèbre par fa profonde érudi-
tion , de confulter les meilleurs mlT. de la bibliotlièque du
Vatican ; afin de s’afl'urer une bomre fois de la véritable le-
çon du texte de S. Jérôme, Le favant prélat , après les avoir
bien examinés, atelle (b) qu’ils dépofent unanimement con-
tre la prétention de Calley. Parmi ces mlT. il y en a plu-
fieurs des VII. & viii*. fiècles. Tous fans exception por-
tent la leçon contellée , uncialibus , ut vulgb aiunt , liieris.
C’ell ainfi que les conjeâures trop hardies de nqj critiques
modernes , fe trouvent fouvent combatues par les monumens
de la vénérable antiquité.
Du relie on a toujours vu (r) dans le paflagc de S. Jérôme
des lettres d’une once , &c jamais des lettres initiales , donc
la melure n’a rien de fixe. Plufieurs planches de notre IIP.
tome , repréfentant des pages entières de mlT. en onciale ,
ou plus qu’en onciale, prouveront que Cafley , ou l’auteur de
b Bibliothèque britannique , dit à tort qu’il ne relie pas la
moindre trace de cette écriture. La capitale étant fufcep-
cible de diferentes grandeurs , a pu être apelée onciale au
lèns de S. Jérôme. Celle dont il parle , quoiqu’elle eût été
originairement haute d’un pduce , éc qu’elle eût emprunté
le nom de fa méfure , pouvoit bien ne l’être plus en rigueur
de Ibn tems. 11 l’infinue par ces mots , ut aiunt : mais les
(i) V»eUla liitr»i (c) HùnnjmHi I ociginaitcincnc la hauteur dci letttei on-
muUigiitlMupcUifü cTmfftmdimt txvMdi. I cialca { maii non pasla^ng^âw , comme
Kutialrm {J) MbiiuJlium ftHiturtm iwttl- j le rdpite le grand OiUiooaire de Tidroux
tiH yid 4fi , diiiti fjf tritntu. Telle droit f de la dernière cdicion.
II. PARTIE.
SacT. III.
CHa». X.
AiiTic ti. IL
(m) Blxnfhini
vindic, cMn.fcript^
f. CCCXCVIII.
(S) M/d,
(«) Sydtmm. r.
dt»g*.
(d) IM. lit. T.
DiOi iZ( : by Googli
II. partie.
s t CT. III.
Ch AP. X.
/^1LTICI.1. II.
ITfige de récti-
luic onciale : là
dutde & fa fia.
(«) Dtnüfin"
1-47.
(t) Hitict t. l
frtfat.f. }1.
(c) Dt re dtflom.
t- 47- JI-
j,i NOUVEAU TRAITÉ
lettres ne laiflbient pas que d’en être encore fort g^an-'
des , telles que celles des épitres de S. Paul , gardées à S.
Germain des Prés, &: celles du fameux pfeautier de la même
«bbaïe. _ _ , .
IV. Lorfque S. Jérôme préfère aux mil. en écriture on-
ciale les Tiens qui n’avoient point d’autrç mérite que l’e- .
xaêlinide ; il femble dire que l’onciale n’étoit employée qu’en
faveur des riches & pour écrire les livres , qui dévoient fer-
vit dans les églifes. On peut donc croire qu’aux iv. & tt'.
ficdes l’ufage de la minufcule & la curfive étoit bien plus
fréquent , que celui de l’onciale ou de la capitale. Le meme
goîit dura encore jufqu’.au milieu du vi'. fiècle. Mais l’igno-
rance &: la barbarie gagnant toujours, , les moines & les
Clercs écrivirent peu eu minufcule , &c furtout en curlive.
Ces deux écritures deniandoient trop d habileté. Cat il eft
vifiblc , qu’il laloit alors bien un autre capacité qu’aujour-
dui , pour écrire en curfive. Excepté les gens d’afaires ; on
n’écrivit donc nrefoue plus pendant la fin du vi'. fiècle, le
vil'. & la moitié du viii'. qu’en onciale. Au viii' l’u-
fage de la curfive devint plus fréquent ; pareeque les études
le renoiivellcrent. Nous croyons meme que 1 écriture , mais
non pas forthographe , avoir commencé à fe rcnouyeller
avant Charlemagne. Le grand ulage de 1 onciale , qui de-
mande très-peu de capacité &c beaucoup de patience convient
donc aux ficelés barbares. Aufil dans le mlT. 936. de l’abbaïe
de S. Germain des Prés , voyons-nous , apres le milieu du vi'.
fiècle , abandonner l’écriture minufcule un peu mêlée de cur-
five, pour s’en tenir a l’onciale.
si avant nous on eût diftingué cette écriture de la capi-
tale ; quelques auteurs auroient peutêtre exclu la première
des marbres &: des bronzes , comme ils en ont bani malàpro-
pos la minufcule la curfive. On trouve cependant l’on-
. ciale dans les (<2) anciennes inferiptions lapidaires & métal-
liques, Quelques-unes de ce volume nous en fourniront bien-
tôt de nouvelles preuves. Les titres &: les premières pages des
mil'. Taxons les plus antiques font {b) en lettres onciales. Cette
’ prérogative leur eft commune avec les mil', wifigothiques ,
.. mérovingiens , lombardiques , & carolms. S’il s^git de
la totalité des livres 3 D. Mabillon (c) borne lufage de
l’onciale
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DE DIPLOMATIQUE. jiJ
fonciale aux plus magnifiques, tels que font les Heures de
Charle le chauve.
Notre favant antiquaire (a) dit que l’écriture romaine &
par conféquent l’onciale fut d’un grand ulàge en Italie jifT-
qu’au v‘=. ficelé ; mais qu’alors les Goths la coiompirent. Cette
oemicre fiipofition eft fiififamment détruite par les (i) mé-
dailles des rois ^oths , lefquelles ont prefque confèrvé la
beauté du caraélcre romain. D. Mabillon (b) ajoute , qu’en
France on continua de Te fervir de l’écriture onciale jufqu’a
la fin du vi‘. fiècle, & meme jufqu’au milieu du vi i‘. A-t-il
prétendu par là borner abfolument la durée de cette écri-
ture ; enforte que depuis la dernière époque jufqu’au renou-
vellement des caradères fous Charlemagne , elle n’ait jamais
été employée ? Ceft une conféquence fophifUque du goût
du ( c ) P. Germon. Mais quand on dit , que l’uMge de l’on-
ciale a duré jufqu’en 6jo. il ne s’enfuit (d) pas qu’il ait alors
totalement celle : cela lignifie que peu à peu on lui en (a)
fubfUtua un autre. Difbns mieux : D. Mabillon , fondé fiir
les feuls mlT. qui fubfiftent aèhiellement , a parlé de l’ufagê
ordinaire. On n’en peut donc rien conclure , ni contre l’em-
ploi des écritures minufcules curfives avant le milieu du
VI 1°. fiècle , ni contre l’ufàge moins fréquent de l’onciale ,
depuis ce tems jufqu'au règne de Charlemagne.
. Le P. Bianchini (e) ne fe fëpare point du grand nombre
des favans , qui fixent la fin de cette écriture vers le vi i‘.
fiècle. Mais peutétre n’ont-ils égard qu’à fa forme ancienne ,
( I } M Le vulgaire Jet corieaz , die (/)
» le P. lobert , les apèle gothiqacsj mais
•> c'eft abufer du nom je faire sort aux
» rois gechs , du moins i certains d'eux ,
» dont il nous rede des médailles , qui
» ont confèrvé quelque choie de la lao-
» ne Sc de la majefté romaine. Telles
» lonc celles de Théodoric , d'Athalaric ,
« de Théodahat, de Baduela , de Vicigés,
9>de Tejas , donc la ^brique ed belle ,
M le relief confid&able , fie le carac.
9» tère coutafait romain. Telles pa-
« roüTcnr encore celles de quelques rois
* vrandales fie goths , que rapone An-
Btoo. Augudinns , comme de Cuntha-
n mundus , midème toi des Wandales
Tome IL
•a en Afrique , de Chindtsvrindus roi des
» Goths dans la Gaule naibonoifefiec. <<
(a) L'ufage (remplacer d'autres écri-
tutes, que la majulcole oneiale , avoit
commencé long tenu avant le milieu du
VII*. dccle. La première coUeélioa des
canons , connue du (g) P. 'Coudant ,
quoiqu'il eu dife , n'ed point onciale. Les
mlT. en curlive , ou en demi-corfive ,
u'on avoit beaucoup de peine i lire ,
epuis le z*. décle , ont dû, pendant les
cinq cenit ans , qui l'ont précédé , être
plutât détruits , que les ma. en onciale.
La beauté de ceux-ci les ikilbic fouveuc
épaigoer. D'aiUenis on pouvoic les lire
avec use méditme aplicatioii.
Ttt
/
n. partie.
SXCT. III.
c H a r. X.'
Auticli. II.
(a)
- . A
(i)IW.Mi.
(e)Dtv«tr.hà-
wr.p.440. 441.
(d) Vmdic. vttir.
(«) riisdic.ranm. .
firift.f. etxvia.
( f j Lm feiairt t’.';
ttUdsilJei. nnv.
Uit.f. }1}. JI4.
(g) Viiulif. vdtr.
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•,i4 NOUVEAU TRAITÉ
(ans la confidérer comme revcme des traies accidentels '
II. P A « 1 1 1. qu’elle contrafta dans les tems pôftérieiirs ; furtout lorfqu’ellc
stcT. lit mains des peuples barbares. Sous ce point
vue, elle dura encore pluüeurs fièçles depuis le vu®,
î). Bernard de Montfaucon , qui avoir fait ime étude
V » . , -A particulière des mlT. grecs , atefte (a) tfen ay.oir vu aur
ïun en écriture onciale , qui fut poftérieur au x'» fiecle.
U parle de mlT. des S S. Pçrcs & des autres auteurs. Car
pour les livres en onciale oblongue , deftinés. à l’ufage des
. , . éelifes ; il en ayoit trouvé de plus récens. M. MafFéi {b)
defeendre jufqu’au xi®. fiçcle là durée de l’onciale latine. S’il
î’agit de mlT. entiers , écrits en ce car^cre } il nom. per-
mettra d’en douter. Alors l’éctiture çapkale Sc l’onciale m-
tent tellement confondues , qu’il n’eft pluspoffible de les dif-
tingucr. La confufion vient furtout de ce qu’op a mêlé cn-
femble des lettres de divers ordre? , de diverfes claffes , dç
■ ' divers genres , de diverfes efpcces.
' A R T I C L E I I I.
£tat Je Récriture majufcuU , conjîdérü Ja/u fis principaux
genres , depuis les premiers tems , jufiu'à la renaiffitnc^
des Belles-Lettres , au xv^Jücle. Coup d’tml dss révo-
lutions de toutes les écritures latines,
• I
POUR bien faire conoitre l’état & les révolutions ÿ ré-
criture latine ; B faut remonter aux tems de la Répu-
blique & de l’empire romam , & defeendre jufqu’au dei^t
renouvellement des lettres. Nous ofons nous flater que 1 nil-
toire abrégée de l’écriture latine ne déplaira pas aiix ama-
teurs de l’antiquité. Nous ne leur préfentons à la vérité qu’un
elfai -, mais c’eft le fruit d’une infinité de réfléxions & de
recherches. . • ± » >
I. L’écriture latine de la plus haute antiquité comparée a
HiftoireJe Fi- ’ d’Augufte ; en étoh non feulement dilhn^ée
nituteantHuede. qvmUtés acculenteUes ; mais auffi par la fmme effen-
SIS” toits te 4 ^
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DE DIPLOMATIQUE. jrïy
5arl’ah 3^3. avant J. C. Tite-Live (i) rapellè one vi^e
ici , écrite en lettres antiques , qui , lèlon ( 1) Quintilien ,
ne relTembloient pas à celles de Ibn tems. Voila donc dès
le conunencemcnt de l’empire , au moins deux fortes d’é-
critures latines bien cataâérifées. Des témoignages certaihs
en conftatent l’exiftence , & ne laiflcnt aucune relTource au
doute. On n’en doit pourtant pas conclure , que l’ufage de
l’écriture antique fut alors totalement aboli , nuis qu'il n’é-
toit plus à la mode.
Pouroit-on fe flâter de voir rétracer fous nos yeux cette
ancienne écriture , d’après des originauk inconteftables ?
C’elb furquoi nous ne croyons pas , qu’on piiilTe hélîter ub
moment. Refte à favoir jufqu’à quel degré a’antiqiüté il fàilL
dra les reculer. Peutêtre ne fauroir-on produire aucun mo^
nument , dont la date précile devance de plus de 300.
ans la nailfance dü Sauveur ; il ell cependant très-probai-
ble , qu’il eh exilte encore de plus anciens , au moins de deox
fiècles. I
Si deiix des tables de Gubio égaloient par leur antiquité
celle des Pélalges , à qui l’on en atribue la compofition -, ü
fie feroit pas polllble dé montrer un plus ancien modèle des
lettres latines. Mais leur conformité avec les caraâcres d'eii-
viroh deux cents ans avant J. C. les a fait te^rder par pliu
fieurs favatlÿ , plutôt comme des copies ou pièces renouve-
lées, que comme de véritables prototypes. Elles (3) ne (ea
ront donc miles > qu’au niveau des Loix romaines agraires^
du Sénatus-confulte contre les Bacchanales , de quelques mé-
dailles eonfûlaires , Ou couc au plus de rÉilctîpciOn drelT^
en l’hônneur de Lucius-Barbatus. Au défaut d’une antiquité
ptodigieufe , que fembloienc aflurér à notre écrihtré ces ta*
oies eugubines , eftiméesde plus de trois mille ans ; les inl^
cripcions de la fécondé Sc ttoiüème eQièce du premier genre
II. PARTIE.
SiCT. ni.
Ch*». X.
Aa-rict». ‘rn.
ouiiircules oa ca>
piules <hi fiètlc
d'Augufte , l'an*
cicooe te la nou-
velle : monujiKAs
de la iHcmiéit :
elle fe divilë jn
irrdgulüre de tof*
tique , en tfgitm
Uît« te fblie.
(j) vtlufl» fjt frifiii Uurùvtr-
ii/jnt ut ^ frâur mMUmut
fit , idihut Stfttt^Akut liuvitm fmM.
(1) lit» (i) vttli/Hfimtt trtutfet lem-
, Ijmlmi é> ftutàtrêt tttttd, me fi-
müu hit neftrit tmrum ftrmd futruta.
(?) Notte première pliathc des écri-
mecs lapidaires te mètaUiqocs repedfeate J genre tcc.
1. modèles eu lettrés latiaes des abfèséè WT*.
Gubio. [.genre. j^c^éce,aota.l'’.tC4'* 7-
Ceux de la loi tomaine , du Sènaeus-con- ,, ^ ,
fuite , te de Lucius BèÂacns leïnpURent
ue toute la V. efpèèe. Let mèdUF- 7*
pcelque
iss indiquées dans le teite iôat Mtôc
de la même c^dce te de la t*. dn
T etÿ
Dig.V ' ’ >y Goog
jii NOUVEAU TRAITÉ
^SSSSSSS^ (Je nos écritures lapidaires & métalliques , quoique de
II. PARTIE, beaucoup poftérieures à cette époque , répondront fufifam-
Chap. ‘X. ment aux caraûères , qu’avoient en vue Quintilien, Tite-
Axticls. III, Live & les autres anciens. Ceft tout dire qu’elles font tirées,
d’après ce que l’Italie a déterré de plus antique , depuis trois
fiècles. Avant leur découverte , les tables eugubines mifes
à part ; le monument érigé à Lucius Barbatus ne cédoit le
premier rang à nul autre , fi ce n’eft peutetre à quelques mé-
<«) Vfit-m U dailles. La colone roftrale de Duilius (a) eft à la vérité d’une
date plus ancienne. Les antiquaires (é) tôutefois paroifTenc
(i) sirmmdi •- moûis difpofés à la croire originale , que rétablie. Ne pouf-
jçj pijjj JqJjj Ig dénombrement des inferiptiotK an-
riques. Il fufit de jeter les yeux fur les quatre premières ef-
pèces de notre premier genre des écritures lapidaires ôcmé-
talliques , pour y voir ralTemblé tout qu’à cet égard l’anti*
quitc nous a tranfmis de plus précieux. Ces morceaux peu-
vent (e partager en trois âges. Les plus récens précèdent
rère chrétienne de près de deux cents ans. Plufieurs des gen-
res fiiivans renferment encore quelques pièces , qui ne re-
montent pas moins haut.
Déjà l’infcription de Lucius Barbatus , les épitaphes des
Furius , les loix agraires & romaines , & autres monumens
encore plus antiques , avoient perdu quelque choie de l’an-
cienne rudefie des écritures latines ; lorlqu’on vit paroitre,
fi meme on ne doit pas la faire remonter bien plus haut ,
une fécondé branche de vieille écriture , mais plus polie &c
particulièrement afeûée aux médailles. Touche-t-elle à l’ori-
gine des caraâères LuiusîEll-clle cm.anée de cette écriture rude
& grolfière , cftimée la plus antique ? Seroit-elle née du com-
merce des Romains avec les Grecs , long tems avant (jue les
derniers eulTent fubi le joug de l’empire ? C’eft furquoi nous
ne voyons pas qu’on puilTe aifément fe décider. Pour l’or-
dinaire on fe contente de la reculer jufqu’à la première
guerre Punioue. Mais on a des As d’une écriture à peu près
mmblable , de beaucoup antérieurs à cette époque. Il fem-
• ’ ii\0 ( ) bleroit donc , que dès la plus liaute antiquité , les Romains"
auroienc au moins eu deux fortes d’écritures capitales; l’une
impolie , & qu’on peut traiter de ruftique ; l’autre plus ré-
gulière , ôc donc on ufoic , furtouc dans les fabriques des
3 3 'i'
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DE DIPLOMATIQUE. nj
monoles. Quoiqu’il en foit , fi les monumehs de cette écri.
ture n’égalent pas ceux de l’autre en antiquité ; l’on ne ûu- partie.
roit prouver , qu’ils s’en éloignent confidérablement. , c*h a^p.*x.'
U, Le caraâcre le plus univerfel des anciennes écritures a. r t i c i. * lir.
latines fe manifefte par des traits ordinairement obliques, fans Quelle droit u
bafes ni fommets. L’égalité des hauteurs fe trouve mal obfer- écriture
vée dans la ruftique. Si certaines lettres de l’une & de l’autre la^nSi-
éprouvent des altérations de figures, capables d’embaralTer ; la que.
plupart ne font pourtant pas fort dificiles à reconoitre. A peine
en excepterons-nous celles de quelques vieux monumens,donc
l’écriture ofte d’abord un coup d’œil afle;t étrange. Là, pout
ne point relever ces tournures infectes , que prennent quel^
auefois d’autres ëlémens ; les A D E F^L O P Q font fujets ^
es irrégularités de forme & meme à des variations , qui leur
donnent un air bien diférent de celui des belles inferiptions
du ficelé d’Augufte. Mais fi les CMaûcres de ces deux, écri-
tures antiques ne s’acordent pas toujours avec les nôtres
quant à la figure-; les traits hétéroclites & grolTiers n’afeç-
tent que la ruftique. Exemtedes irr^ularités de la grollière „
l’autre donne à toutes fes lettres une égale hauteur. Mais
fes extrémités ‘font ordinairement plutôt arondies , que tran-
chées. Leur ancienne forpie oblique ne fe redrefle , qu’a.-i
vec.laplus grande lenteur.. Si leur contour & leurs repris
n’ont rien de choquant ; ils ne fe diftinguent pas non plus
par cette élé^te iymmétrie, propre aux écritures, qui pré-
cédèrent qu. ^virent inunédratemeiu rincatnation du Fils
de Dieu. La belle écriture ..s’acréditoit de toutes parts , que^
la ruftique ( r) fç .nudiuoipit eocore datuquelquec.cpinsidpi
ren>pir«* .Il fem^e meme , nu|eUe qic epujoup à Romefeçt
panilànSï Totalement banie,û<3,mé^iftçs.; pllq qe celH^r j%f>
niais de fe. montrer de tems çp, tems & lut le l^^ç^e
le marbre. i 'i'’, t'- ■ «f '' i’.'i ■ o r' , ,j
' Mefuret la durée de fa primitive' f^plicité fur celle des
moeurs dé la République comaine ,avatKÎes gnerre^Puniquq$;i
; iD 'J . 'J. -, i; 'J T -j!» ^ ’Wulij (n)
^coU ra^:^au licnqDÿ
lU caiÜél lia moini cèllc-cî le,
^ue U grèqoe , donc il ('agit , a plui d'a>
' :aTccaoa«o(KialC.
let exploits d'Hercule étoient
CNiuac fui dciix («iDiKa. Ma^ cote I
... r.i*.
.n.‘.
(s) Animjuh. i
/. «I.
Digitizt;d l)y Googl
II. PARTIE,
si CT. III.
Cha». X
A X T 1 C L Z. III.
•jif NOUV’EAÜ TRAITÉ
c’eft une ïîipofiticHî avsmcee lëgéremeift , & démentie pat
les faits. Il eft des commcncemens de réformacion d’écritu-
re certainement antérieurs à l’époque énoncée. D’un autre
, côté les - preuves d’une continuation poftérieure du caraftère
krégidiet' font- fans nombre , &: fc fuccèdent de fiècle eU
fiècie. Malgré le changement de l’écriture antique en mieux ,
' «ne'dë -fes wanches perpétuée fur les marbres 3c fur les ta-
' blés d’airain-, avec le tems lîm]d£6ée de plus en plus , in-t
fcrifiblemcnt dégagée de la fflupatt de les traits grofliers SC
ftipetHus , parvint enfin vers le milieu du fécond liècle à
coûte la perîéélion , qu’cllfe pouvoir prétendre , lins changer
dé nature. Ainfi réformée par degrés , elle pouvoir quelque-
fois ne pas déplaire. Elle atok au moins i’avaâca^e d’étre
fort aifée à tracer ; au lieu que l’élégànte dela^idoïc Autant
d’adrelTe, que de foins & d’atentions. S’il étoît prouvé, qu’elle
fut diférente de l'ancienne éxsirare tllllique j on ne pouroic
difeonvenk , qu’elle' n’en tînt beaucoup , -pat l’iité^àtlcé
tant dé lés traits , que de là forme. Comiéé elle , touvédît
on la ckwve négligée , jufqu’i ne êtté garnie de fomi
mets Sc de bafes. La refiémUançe de l’àncique à l’antiquè
grolGère de divers ^es n’eft pas plus grxMle j que celle dé
ht raftiquedu premier fideté ^éc là^'|Aus!
deroe. On a donc fojet de étoite V “'ea forinSefié:*
méat qn\me contmuatSéiii' rfh : -,
Ses plus anct<ms^(r) nibdÊIâi) 1! l’on pPétend la diftinguet
de l’antique , lemontaont fédque au commencement du
premier fièdé r ténls aUqt^ les ■ lettres capicale!s des Ro-
maiiu aŸtd^îflftSill' 1^ Làut pdinc de perfoâÂon. Or
n’ell-ce m B|fetfeRer de hien jpi^ iüx ldetniérs mohuitiens
dé'liviâiBë laftüfe ? Quahd éû-felte^les pièces de coit^rf
ièntj'pehdant tm ou deôxEecles : fi La chaîne
des tapons n’eft pas encore rompue au bouc d’un li long elpace;^
Ikr^têBve de là dèfifëudânce inunédiace dé' tes deux écri-
niR£ ,n’endeVilaitfi!a-queplusdëdfîVe,'Gntkpaiez le otsStfà
U4Ü JJUr. (a) d’hofoitalité , de Patronat , fie de Clientèle entre Caius
difUm.f. }i. 55^ AViolac à^üSie part, fie lè féoac fie la ville de Th^-
én Afxiiÿié dé Taucie :jcôinpatez-Ie , difoos>nous
* ' t ^i) Oâtre dxHteof ae cette I oeftÎAaai .wi geotc
icnnKVÿ^vs^M^AM^ciafiaaii^a | catict £uic coooim
DE DIPLOMATÉQU.F.
avec le Sénati« confulte contre les Bacckanales ; vous y rc^
jçnarquerez nioms de diférence , qu’on n’en devroit atendre
d’une difUnce de zoo. ans dans le meme genre d’écriturv.
L’hooncce congé , acordé L’^n $8. à des vétérans par l’em-
perçur Galba , ne s’éloigne pas beaucoup pins du goût aa.
çiem Pliilippe dc^ la Tout» éycqued’Adru, dans fes Frag,
tnçns, Cfl.) d’mfcriptions 4es Frères, Arvales , a fait gra^i
deux modelés (4)j d’écriture ruftique. Les lettres y font fort
irréguliètas , mais un peu moins dans la première , que dans la
füçonde. AulUçeUc-la fut-elle drelTée l’an 8 1. & celle-ci
l’an, 1,85. Si pendant l’intervale de. l’une à l’autre , le carac-
tère élégant perdit quelques degrésr de, là beauté ; faut-il s’é*
tonner de voir le ruftiqun. devenir ua peu plus mauvais
fans pourtant ramener toutafait le. tour antique ni' s’en
écarter au point de le rendre méconnoilTable ? ’
Avant la dernière date , elle avoir aquis infenfiWement
une forte de rcgulanté , rjui lêmbU l’avoir élevée» entre le
çommencoBejîit fif;.le,milieu,da fécond fiècle au d®nk»
période de foq élé|^e. Mais ce^ élégance , inife en
rallcle avec de la belle écruuœ , paroit ime véritable
barbarie. Du moins fimple & négligée , fi die cft tracée
avec beaucoup d’aifapce ; n’eû-eüe jamais travaillée ni avec
art ni avec délicateffe. On en peut juger p.ir la pièce (i)
diplomauquc, raportée à la page 70. de la Bulle d'or des
enlans romains de qualité, que nous pourons repréfen-
ter ailleurs, L’mfluence du bon goût général jufque fur l’é-
criturc ruftique , fut bientôt luivie d’une grolfiéreté plus
marquée ; qiioiqu’avec les raqmcs giadations, pat lelqueyes
r écriturq anuque s’étoit peu à ;pea dépouillée de fa Ptimicîvd
(i) Lts caraâères, dit M.'Tîcsroni , âwc‘'piii» 'je ’Ji
»n foDt U) un peu rufti<iuej iodgaux l'es blus habHef Tonoüfeî^ Au
& rouTcnc lids les uns avec les autres, l'inlctiption comparée aux écrituru a»
SiU o^çoienr pas ptécifémeut leur même genre , inSicienre^fc ‘
«»-» con- oe poulie, Æ dTp3af,^aSn2î^ '
lUiflC tdQt dc^Vrrr on^ <kaKini*n • »a1 r 1 /*\ t _ . ^ 0f>VCD«15
détcrminetolt aifé^ntl ” p7cm.c^Ticirr:c2m; f
«fcr.pt.onaux bas fiieles; fameux a les. c[empl”eo„t4
Woure en vue As critiques fupetficiels , noméM»Sa»conféqu«(t
^81 fur oae légère teinture de raoriquité .. ...
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fto NOUVEAU TRAITÉ
rudeïTe. Encore ne faût-il pas s’imaginer , que cette écri-
II. PARTIE, cure alant une fois de mal en pis , ait tout d’un coup
c*h7'?”x! également répandu la dépravation fur tous les monumens,
A a T I c 1 1. . ilL gravés de cette manière. En cela comme en toute autre cho-
le plufieurs réclamations de fait éclatèrent en faveur du bon
gow., ou; d’un goût moins mauvais ; avant que la corrup-
tion, gagnit partout & devint univerfelle. On pouroit ici
multiplier les exemples ; mais pour favoir à quoi s’en tenir ,
par raport à l’état de l’écriture ruftique , depuis le premier
ficelé , iufqu’au vi'. il fufit (i) de donner un coup d’œil fur
le fécond genre (i) de la planche XXIV. En le compa-
rant avec le premier , on verra cette écriture retomber affez
promptement dans une (3) rufticité plus grande , que celle,"
d’où elle étoit fonde. Après avoir obfervé l’écriture grot
fière dans des monumens du tems des empereurs (4) Galba ,
Tite , &c Commode , 6c l'avoir fuivie , pour ainli dire , fans
interruption durant les 1 1 1. iv. 6c v'. fiècles ; comment un
antiquaire de la force de M. Buonarruoti n’a-t-il pas aper-
çu , qu’elle ne pouvoir être qu’une émanation de l’antique
latine. : Eft-ce pour avoir perdu lé fil , qui les unifibit en-
femble , ou pour n’avoir vu dans l’ecriture ruftique des qua-
tre piemiers fiècles , qu’un dépéiiftement des plus beaux
■j ) ■
(0 Oa peut aufli conruiccr les inf-
ctlptioHS en cette ccritute des ni. iv.
te v'. liècles , recueillies par M. Buo-
oarmoti , dans Tes Obfcivacions , tou-
chant quelques ftagmens de eaics anti-
qucide verre Nous n'en Ipdcifions qnp
«rois , qui portent lem date • b première
cft de l’an ijj : bTefoadc de M7. ou.
S JO. Touter les dcua font contenues dans
Icj'.genrede la l'.dnrdîon de nos deritu.
tes lapidaires St mdlolfi^s. La j*.de l'an
jj».oeDpcIe4*-nu>S<^'>* !*•
1. genre , l*. dirUion , radine claSê.
(1) La S*. Ibnrniraplulîcuis raorccaua
dans le mime goût. Notre i*. diviCon
en reofcirae auRi divers modèles.
( j) Que penfer après cela de cette (a)
cè^e de Struve : plus les lettres de l'an-
cienne detsture romaine font indgales te
iadgulièrct j plus elles font antiques ?
PInneurs auteurs ne laiiTcot pas de pro-
fokt comme fuie use règle lipeaciâât.
Veytt-Ufrif. dXrià fut U mf. iltt
pitt de S. Btfiit dt Vmtil.
(4) L'hondte congé , qu'il fit ddli-
vrer à des foldats vétérans , fut expofé
l'an <8, au Capitole fur une table de ,
bronze. Tcanfetit , comme pour fervit
(Texpddition à quelques-uns d'cna'cax,
fur une tablette de : cuivre r M. MaRdI
l'a (ait reptdfcnter d'après l'original dans
fon hifloire diplomatique. Les caractè-
res en font gremers te dans le goût ami-
nue. Ce goût fe montre encore plus k
découvert fur deux autres ublcttea écri-
tes l'an 17. de J. C. te Egutéep. j8. do
même livre. L'écriture ne le cède guère,
en rudefic aux plus anciennes j te cepen-
dant toutes ces tablettes furent ttanferi-
tes te gravées à Rome même. Les deux
tables arvales , dont Philippe de la Tour
a bit tirer des modèles a ne furent pas
drclTécs avec moini de (olemnité tee.
caraéleres è
DE DIPLOMATIQUE. -yir
.Câtaftcres ? Comme fi l’ufage de cette excellente écriture eût
ceflé pour lors, ou qu’il eut difcontinué d’être aulli ordinaire
qu’au paravant dès la fin du premier ficcle ! Une fi grande cha?.‘ X.
antiquité de la prétendue corruption devoir infpircr d’au- Aatrcn. 1U«
très penfées. L’ancienne écriture des Romains ne fiit jamais
totalement abolie. Les plus polis d’entr’eux réformèrent , il
eft vrai , leurs lettres , leur goût &c leurs arts fur ceux des
Grecs : viüoribus le^es dederunt ,• mais l’écriture re-
nouvelée , quoique plus a la mode ne donna l’exclufion à
l’autre , que fur les monumens érigés , au nom de la Répu-
blique ou de l’empire , ou par les foins des conoifleurs & de
gens atentifs fur les travaux des artiftes. Il y a plus : ce n’eft
pas fur cette écriture ; mais fur ^e autre plus régulière , que
l’élégante fut réformée.
III. On a tout lieu de penfer , que l’écriture aifée ou Ecrirai capiu-
eroffière , foit comme ancienne, foit comme ruftique , pafia leruiUqucoupiui
dans (i) les mfi:&: s’y maintint perfévér^ment , pendant empi^y*e"dlns^l«
une longue durée- de fiècles : tandis que l’écriture élégante ma.
& •réformée'*h’en ocupa jamais toute l’étendue. Des titres
&c des commencemens de livres lui furent quelquefois aban-
donnés : mais au plus pour quelques lignes de fuite. Dans le
premier cas , foiivent elles furent entremêlées de la capitale
fimple & négligée. Plus fbuvenc encore la dernière y flic
( I ) Oo U voie dans ceux , dont Tan-
tiquiié cjl la p|us ayècée. Mais, comme
nous n'en connoiaons aucun inconceda-
blcmcnc ancécieuc au iv*. iïcclc : nous
ne pcdtcudoDS pas faire remontée plus
bautcctce écriture avec une certitude cn-
licte. Les traits hardis Sc conftans , qui
la caradUrifent , anoneenr cependant un
âge bien fupérieur. On en pouroit alé-
gner de nouvelles preuves , tirées des
notes de Tyron. Do refte cette écriture
rend dans les ma. une forme lî régu-
cre ; qu'on ne peut qu'improprement la
traiter de ruftique : le feulement i eaufo
d'une certaine analogie de tour & de fi-
gures , qui naiaent de la facilité de fes
traits. Aua parait - elle dans ces livres
b'baqcoup plus polie , que fur les mar-
brés '.qêrre politeae ne perte nulle
attinte à une maxime tcconnne pas
Tome II.
les plus habiles antiquaires; c’eft que
l'élégance ou la 'barbarie des ^écritu-
res) de médailles d'inlcrTpcions lapi-
daires S: métalliquès , eft proportionée
à celle des mft : ce qui ne doit pas s'en-
tendre d'une proportion tigoureufe , mais
d'une conformité de goût , de génie , de
traits , de caraâére. Deux belles écri-
tures , l'une fur le bronze ou le mar-
bre it l'autre propre des mft. auront tou-
jours des qualités diftinâives , & qui ne
fauroient pafter des unes aux autres? La
fécherefte des lettres les plus élégantes ,
mais taillées an cizeau ou gravées an
burin & les traitS moelleux peints fut le
vélin on le papier par une excellente
main mettront toujours une diférence
confidérable entre les éeritnres , qui pou-
ront en réfulter , quoique d’ailleurs foK
reffcmblantes.
Vutt
■ I
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II. PARTIE.
S X c T. 1 1 1.
C H A P. X.
Artigi.1. III.
Belle cipitilc, fa
forme , fes com-
mcnerincns , fes
principales cTpc-
ees , (Jurait le
liaut.l as& moyea
emplie : pr^fages
Je la chute.
yzt NOUVEAU TRAITÉ
admife avec l’onciale tour à tour , ou même feule avec l’al-
ternative de couleur rouge & noire. On ne doit donc pas
être fort furpn's , qu’anciennement des graveurs de lettres peu
diférens fans doute de ces écrivains , apelés antiquaices ou
calligraphes , fe raprochalTent en quelque façon fur les mar-
bres &c bronzes de l’écriture des manuferits, dont ils faifoient
leur principale ocupation.il n’étoit pas nécelTaire , qu’exercés
■dans la curfive , ili revinlTent comme naturellement à un
genre d’écriture , qu’on fupofe avoir du leur être plus fami-
lier. Auflfi bien des inferiptions en lettreJ hiftiques & groC-
lit res ne laiflent-elles pas entrevoir la plus légère trace d’é-
crirure curfive. Mais l’antique devenue propre des m(T. les
plus anciens , fans qu’on puifle déterminer l’age , auquel
elle y fut reçue , s’y revêtit d’une forte d’élégance , dont
elle n’étoit pas flifceptible , en tant que métallique ou lapi-
daire , & s’y (butine avec éclat , au moins durant cinq ou
fix ficelés. Aux X. & XI. déchue des avantages , qui l’a re-
levoient , & chargée de beaucoup d’alliage , elle alla (c per-
dre dans le gothique moderne : û toutefois fe dernier re-
Tiouvellement des lettres ne fut pas le vrai terme de fa durée.
IV. Quoique plufieurs ficelés avant Augufte , le progrès
des lettres vers la perfèftion fe fit fentir d’age en âge ; il
futalfez lent fur les marbres & les tables de bronze, avant (i)
l’an 600. de Romc,&mcmc au-delà. Tant que les figures les
plus antiques des lettres , infenfiblement changées meme dans
la ruftiqne ancienne , en d’autres plus aflTonies à notre goût ,
ne furent pas abandonnées prefque univerfellement ; l’an- *
tique régulière ne ceffa de les employer. Mais dès que l’u-
fage contraire eut^révalu, deux fiècles environ avant Cc-
far ; elle n’afbfta plus ces traits furanés. La grande réforme ,
qu’elle éprouva bientôt après , tomba (pécialement fur l’ex-
trémité de fês jambages. Auparavant ils avoient coutume
, <i) Sans didinguer l'dciirarc des mé-
Jdlks de celle des autres bronzes Sc des
(•)Dtniin.mf. ««»«*»<:$ , Sriuve <«) lait durer les an-
y. ]c, etennes IcKtes lasiaes , juiqu’au tems
de Sylla. C'oH depuis , li Ion s'en ra-
fsntc à lui« qu’elles cofflaicncctaoi in-
dénfîbleiiienT à le cbaogeien mieux. On
ditoit même , (ju'il doni^crou pour Tes
garans Tacite ou Fliae. Mais nous n'y
trouvons nulle trace de ce prétendu chan-
gement. D'ailleurt U démcntiroit d'une
parc grand nombre de médailles , de
beaucoup asnéiicures , qui ne retiennent
pielquc rien de la forme amique : & de
j'auuc beaucoup de pierres , de marbres
de de bronzes , qui ia ooofctYcitnt long
icms après.
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DE DIPLOMATIQUE. jij
d’aboutir en rond ou d’être coupés net. On en voit «ncotte —
de bons reftes fous Jules Céfar. On avoir à la vérité traricbé n. partie,
par de Amples bafes , quoique peu réguUèrement , quel<^u^ c«*J' Ijr'
piés des caraûères groffiers. Mais la belle capitale terminée RnxiVi». iit
par des bafes Sc des fommets corrélatifs les uns aux autres,
avec une exaûe fymmétrie, ne commence guère fin les (\)
monoies , que deux Cèdes , avant la naiffance de J, C, 5c
c’eft , à proprement parler , ce qui conftitue la nouvelle écri-
ture , & qui la diférentie de l’ancienne , en fupofant néan-
moins une abolition de quelques caraélères antiques. Voila
donc cette écrimre , que Tite-Live & Quintilien diCiq- '
guoient de l’ancienne. Quant à celle-ci , plus atentifs aux ^
gu res de certaines lettres , qu’à leur fymmétrie, ils regardoient
également comme antiques les deux efpèces , dont nçus éta-
bliCbns principalement la diférence fur leur plus ou moins
de régularité , fut leur plus ou moins de ppUtelTe.
Un Cède avant Céfar , l’écriture réformée couroit à fa pet-
feélion par des progrès , d’autant plus rapides , qu’elle ep .
aprochou davantage. La figure des lettres capitales ,
lors la même , que celle des nôtres , ne lailfa pourtant pas
d’acqnerir encore dans la fuite certains agrémens avec des
proportions plus gracieufes. Avec le tems devenue partout
dominante , elle s’empara des médailles , jufqu’à n’en per-
mettre l’entrée à nulle autre efpèce de caraâcres : tandis que
l'airain &c le marbre fe relêrvèrent le droit de recevoir d’au-
tres fortes d’écriture , fie fiirtout l’antique irrégulière.
La nouvelle cependant iè revêtit de fes belles propor-
tions , fie de ces traiu délicats fie charmans , qu’on admire
toujours , qu’on n’a pu rendre qu’avec peine , auxquels on
n’a pas fù le fixer. Tranfportée iiu' les marbres fie les tables ,
de bronze , die n’y fut pas feulement reçue avec toute la
faveur Sc la dillinélion pollible : mais elle y prima , mais
elle y réunit avec la noblelTe de l’expreflion , les traits les
mieux finis fie les proportions les plus exaâes , dont elle <
(i) On en Roave plnGean exemples
^DS les médailles des fxinilles romaines
de r^Jicion de HaYCtcamp. ' Le P. do
Molinct en ptodnit noe , qn'il pedmod
iToit itifétiti ftui It CmfidM dt tiMm
PiStr i c'eft-i-dirc l’an iSt. ou lif.
avant J. C. V. Nî/I, delà ftrtmt itt Ut-
tnt niuMiut dant II JmriuU dis fmMSH
du Limdi )i. Jtmv. UI4.
Vuu i;
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II. PARTIE.
S ■ C T. III.
C H A P, X.
>ATICA1 111.
(a) Pêlr! Stgul»
fiU3. muni/mul».
f.90.
yz4 NOUVEAU TRAITÉ
fut fufceptible. Arivée au comble de l’élégance fous l’empire
d’Augufte , fa forme fe fixe , à peine elfuie-t-elle quelque
•légère altération , pendant plus d’un fiècle. Si depuis elle
commence à dépérir fur les médailles ; c’eft par les degrés
les moins fenfibles. A commencer au fiècle d’Auçufte juf.
qu’au v'. une fi excellente manière d’écrire ou plutôt de gra-
ver fe conferva , du moins fur quelques marbres , fans pref-
ques éprouver de déchets notables.
Plufieurs autres fortes d’écritures du meme genre ne laif-
foient pas d’avoir cours. Celle , qui l’emportoit fur toutes
les autres , avoir plus de hauteur , que de largeur. Une au-
tre moins dégagée fe montre fur divers monumens. Sa durée
égale celle de la précédente , &c la furpafle même de plu-
fieurs fiècles. Une troifième branche de la même écriture
devint écrafée , & parut plus large que haute. Les fomraets.
qui commencèrent à trancher les &: autres parties fupé-
rieures des lettres , dès (a) letems de JuleCélar, fèmblent
lui avoir donné naiffance , ou du moins lui avoir préparé
les voies. Ses angles s’aplatirent au iii*. fiècle , & fuccé-
dèrent en partie aux bafes &c fommets , qui les coupoient
en les carant. Souvent alors , & même deux fiècles aupa-
ravant , on vit fur les médailles , les jambages des lettres
aboutir en grifes. Mais , après les bafes & Ibmmets Am-
ples ; ceux qui (cmbloient naitre des extrémités évafëes des
lettres , préfentent la fiiçonla plus ordinaire de les terminer.
Ces deux écritures , d’ailleurs parfaitement femblables pour
les contours , furent prefque également cultivées , durant les •
fiècles , où régna le goût le plus exquis. L’une & l’autre rem-
plilfent les5. genres de notre première clalTe. La trian-
gulaire ocupe le fuivant , mais trouve bien moins de mo-
dèles dans la haute antiquité. Elle prit faveur , au moyen
âge, renfermé entre les vu. & xiii®. fiècles. Les écritures
régulières &c bien proportionnées , à traits cxcédens &c fu-
perflus , droits ou courbes , tiennent un milieu entre les
belles capitales les rulliques ; mais ordinairement elles
ont alTez d« rudelTe pour être abandonnées aux dernières.
Notre VIII. genre ofre des modèles & des unes & des au-
tres. Quelques-uns apartiennent du moins au fécond fiècle ,
fi elles ne remontent pas plu^ haut.
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DE DIPLOMATIQUE.. jzj
V. Perfuadés que les Romains n’avoient qu’une forte d’é-
criture , la plupart des auteurs la font dégénérer en moins
d’un dècle. Bornés à un petit nombre de monumens ; ils n’ont
pas connu l’exiftence limultanée d’écritures polies , médio-
cres &c groflicres de diverfes efpèces , de diférens genres ,
toutes contemporaines. Les trois &c quatre premiers ficelés
en foumilTent cependant plufieurs exemples. Ce qu’on peut
dire à l’avant^e du premier ; c’eft que les exceUens mo-
dèles y paroillent multipliés avec une profùfion , qu’on ne
retrouve pas dans les fuivans.
Au milieu d’une infinité d’inferiptions d’un goût admi-
rable , tombe-t-on fur quelques-unes , dont les carafteres re-
produifent foit les antiques , foit ceux qui répondent aux ré-
formations fucceffives , antérieures à cette perfeéÜon d’écri-
ture, à laquelle il ne fut plus pofllble de rien ajouter 5 on croie
apercevoir le premier fignal de fa corruption. A ce compte
on pouroit la regarder comme déchue , avant qu’elle fut
arivée au plus haut dégré de fon élégance. La méprife eft
grande , mais excufable , par raport à des tems fi éloignés.
Le fénateur Buonarruoti recherche , d’où peut venir une cor-
ruption , qui défigure fi confidérablement plufieurs lettres de
notre alphabet , mr quelques monumens des ficelés les plus
polis de l’empire romain. Il en indique deux fources : la pre-
mière , l’ignorance & le peu (a) d’habileté de certains
fculpteurs : la fécondé , leur origine (i) étrangère. Mais ,
au lieu d’infifter fur leur impéritie , leurs caprices , leurs
erreurs , comme fur autant de caufes de la dépravation
du beau caraftère ; il juge plus à propos de s’en prendre au
penchant , qu’avoient ces graveurs à fe raprocher de l’ufage
déjà reçu par les écrivains , de fe fervir d’une efpèce de cur-
five. Que des fculpteurs étrangers Grecs, Syriens ou de tout,
autre pais , acoutûmés qu’ils étoient , ou qu’on les fupofe,
à former d’autres caradères , & furtout des Grecs , livraifent,
par un goût national , leur cizeau ou leur burin à des traits
grolfiers & ruftiques , tels qu’il fêroit dificile d’en montrer
alors de pareils dans l’écriture grèque : c’eft imaginer une
caufe, finon chimérique du moins bien peu capable d’avoir
produit une révolution générale dans les belles écritures. 11
c’eft pas d’ailleurs pofiible d’acordet cette caufe avec celle ,
1 1. partie!
Sect. III.
Chap. X.
Article. III.
Décadence de
toutes les crp^ces
de capitales co-
maioes.
)a) OJftrvMumi
ftfrM rntiimi frmm-
miiui.f xvi.
(S) liùl, f. xvü.
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II. PARTIE.
Si CT. III.
Chai. X.
Aiticie. III
NOUVEAU TRAITÉ,
qui Clic tomber l’altération des caraâcres fur le goût des
graveurs pour la curfive romaine , dans laquelle des étran-
gers ne dévoient pas être fort exercés.
Plufieurs ( I ) autres favans d’Italie ont également atribué
les écritures grolfiérement tracées à l’ignorance toute pure
des ouvriers. Ceux des grandes villes , a les entendre , n’é-
toient pas fujcts à de femblables mécomptes. Les infcriptions
bifares & mal faites ne fe rencontrent , que dans les bour-
gades ic les villes obfcures. Ne feroit-ce pas plutôt, parce-
que les artilles des villes célèbres , fe piquoient de bon goût
& de fe conformer à la mode ? Les autres tinrent plus long
tems aux anciennes manières , aprifes de pères en fils ? Du
relie ne rencontre-t-on jamais dans les villes les plus fa-
meufes de monumens en écriture groflière également pro-
pres à conftater & fa perpétuité 8c la defcentknce de l’an-
tique ? Les fiècles les plus brillans en manquent-ils d’exem-
ples , 8c n’en avons-nous pas déjà rapotté plufieurs , tirés de
Rome même î
Ces premières méprifes fur la vraie caufê de la corruption
des belles écritures romaines , font fuivies d’autres encore
plus importantes. Diftraits fur l’age de monumens des iii.
8c iv'. fiècles ; nos érudits, à la vue des anciennes écritures
en capitales ordinaires , mêlées de ruftiqucs , 8c même de
minufcules 8c de curfives , fe font récriés contre les Goths ;
comme s’ils euffent été les premiers auteurs de ces défor-
dres. Ici ces fortes de lettres répandues dans les infcriptions
des Romains paroiffent aux yeux de nos modernes non feu-
lement gothiques , mais encore aportées (a) par les Goths.
(i) Ezccptoo]-cn M. Eicotoni. Il ialï-
nne (*) «loûiment, que cette écriture
I ' pouvott jtie d'uD uTage ordinaire. II en
rt.f.Tt. Jonoe mdme quelques exemples : mais
il n’a pas connu fon union avec l’anriquc.
(i) M. Fonunini , datu Ta DilTectation
fur (aime Colombe vierge , regarde l'd-
, _ . - etinrte de (J) fon dpirapne , comme bien
^ Je l'ancienne éldgance des let-
très romaines. Impolie .grofliire & bar-
«wyi 4 • bjue ^ elle exprime la forme , qu’elle
commenta de prendre un peu avant la
fin du v'. fièelc : QwiUt »>ut ftadi
* ' y, ftr\ ùùimm ijft «ripir. la lettre A y
m. s
paroitfons trois figures. La i*. reficni-
blc i celle des anciens Larios : la x'. ell
dépourvue de traverfe : la j *. l’a brifée ,
avec un jambage alongé. Ccü précilE-
menr T A tel que les Gorns le peignirent ,
dans leur alphabet mocibgothique , lè-
lon Hickes , on dans leur tunique , fui-
vant Wotmius. Ainli parle le favaru pré-
lat. Aux conclufiens tirées de cescarac-
téies , & d'autres pareils en faveur de
rinfluencc des Goibts fur l'écriture ; on
en peut opofer te de contraires te de bien
§lus jolies. 1°. Une iafeription mêlée
e prétendues letties gothiques avant le
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II. PARTIE.
S ICT. ni.
C H A ï, X.
A R N I c 1 E . m.
DE DIPLOMATIQUE. jiy
Là , félon eux , on voit (a) des lettres ( i ) gauloifes avec des
romaines dans une épitaphe : donc toutes les lettres font ro-
maines hors L 6* S , qui font barbares. Et cependant toutes
. fans exception doivent être mifes au rang des latines , quoi-
que de diférens ordres. On ne trouve (b) point , nous dit-on (a) D»iinüi»n
encore , A’ écriture de la i®. race de nos rois , qui ne fait
mélée de lettres romaines & de lettres barbares. Mais on
n’a qu’à jeter un coup d’oeil fur le traité des monoies deM.
le Blanc , pour le convaincre du contraire. Combien de mé- ‘‘"''’i- '■ '•
.dailles de Thcodebert , de Childebert , de Clotaire premiers
de leur nom Sec. en écriture purement romaine ? Les carac-
tères romains , quoiqu’incomparablemenc fupérieurs en nom-
bre à ces prétendues lettres barbares , avec lefquelles ils con-
courent , n’ont pu ouvrir les yeux à ces MelGeurs. Les Ro-
mains , à leur avis , n’avoienc qu’une feule écriture capitale.
■ Point de minulaile , point de curlive , point de majufcule de
diférentes fortes , pomt de capitale , qui pût être diftinguée
en (duBeurs genres. Les monumens contradiâoires , malgré
■ leur mulcicuoe , ne font que des faits ifolés , Sc qu’il faut re-
jeter fur la maladrelTe du graveur ou fur le goût de l’étran-
ger. Ces préjugés ont répandu de fombres nuages fur la foien-
. ce des écritures anciennes , & jeté les auteurs (c) dans bien
des écarts. Parcourons maintenant d’un coup d'oeil les prin-
commcDCcmcoe du v°. Cccle , prouve
^uc Tes fcmblablcs ne fiuroicnc être im-
putdet aux Goclit ; puiliju’ilt n'avoicBi
B3S alors «nis -k pk en Italie. a°. Les
lettres antiques des Latins , mélécs avec
d’amres d'on ^oût réoent , font aperce-
voir une des iaurces de la comiption de
l’écticuic dans k «ndlange de ces carac-
tères. j”. TI en riTulte , que les lettres
- antiques s'ètOienc maintenues , jaiqu’i
Ja finde l’emptse. 4*. L'A Tans ttaverfe
.cft cqopte d'une figure antique ^ 8t don-
*06 uanTance à une conclu/ion , qui vient
àl'apuide la précédente. 5°. Enfin I' j!^
.^ptéteodn goiliàqne cft téeUemeiK une
lettre, qui des Grecs palTa chea les 6ot ht,
.comme chez kt Coptes & les Latins. Il
■ . a'eft donc pas plut é^Rnaot , qu'on la
.«stmivc , dam l'alphabet des (tremiers,
^QC dans icdui des antres. Au ftirplus
•OUI voyoat hke k-oôeé gauche dci'vL
moclogothiquc de Hickespcolougé.mais
nullement la travetfc brifée. A cct égard,
Sc même à toac prendre , la rcftcrablan-
ce de ces lettres Te réduit prerque à rien.
(i) Ces deux lettres qualifiées gan-
loifes ou barbares ne Ibnt que l*L ma]uf-
cnlc latine étl' Y* corfre tranchée.LxA
des Grecs poutoit au bcToin nous feor-
nir une origine fort naturelle de IX ,
prétendue barbare. Depuis le v*-. ftétle
furtouc , le mélaogc de quelques-uns de
leurs caraéiètes avec l'éctiturc latine n'cft
point douceuz. Mais alTcz de monumens
U de mlT. latins renferment des L, dont
la ttavcrlê aa lieu d'être botizootale de-
vient oblique , St part même de dircts
points au-deftns du bouc inâriatt du
nmnant , pont æ pas noos tionuer obli-
gés d'avoir icooats i dea fôunxs éaan-
gèles. - .
(r) Gtrmon iif.
crfi. i.f. ji. ji..
Difitft. 1. f. 4y.
&(■
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yi8 NOUVEAU TRAITÉ
Il PARTIE révolutions des belles écritures romaines , & tâchons
sr CT. I II. • de découvrir les véritables caufês de leur dépérilTement.
Ch AP. X. VI. Quoique la figure des lettres fe Ibutienne aflez bien ,
A RT 1 c I r. ni. pendant les trois premiers ficelés j elle ne laifle pas de per-
coup d cril Jes dre infenfiblement quelque chofe de fes belles proportions ,
«5°Mdc'cUiHcna- ^ Surtout de cette élégance , qui caradérife fi bien l’em-
nnes. pire d’Auguftc & de les fuccefieurs immédiats. Les déclins
de récriture , furent'd’abôrd prefque imperceptibles. Mais,
des le 1 1 1'. ficelé , elle fe dégrada trop fenliblement , poiir
qu’il foit poUible de fe dillimuler fa décadence. La forme
des lettres ne fut pas moins altérée fur la monoie , que leurs
proportions. On cara les lettres anguleufês , on arondit les
carées. Les omemens fuperflus , déjà trop fréquens , le de-
- vinrent encore davantage' fur les marbres &c les. tables de
bronze. On vit éclore de nouveaux genres d'écriture , qui
fouvent expofés à des variations promtes 6c fuivies , le mul-
tiplièrent en tant d’efpcces , qu’il eft dificile d’en fixer le
nombre. Les monumens métalliques 6c lapidaires , fans don-
ner l'exclufion aux caraûcres irréguliers 6c rulliques , 6c fans
fe réduire aux plus parfaits , continuèrent , il eft vrai , juC-
qu’au v'. ficelé de repréfènter l’écriture réformée , telle à
peu. près qu’elle fe montra ; lorfqu’on la vit toucher à l’a-
pogée de Ton élégance: Elle n’eut pas un fort auflî favora-
'■ ■ ble fur les jnédailles.. Ses .pertes &. fi:s déchets n’y furent
pourtant pas d’abord bien marqués. Les premières ateintes
• ■ portées à fa beauté s’y font fêntir , mais bien foiblement ,
dès la fin du I . fiècle. Durant toute l’étendue du 1 1 . fa dé-
cadence n’avance pour ainfi dire que pas à pas. Au contraire
depuis le milieu du 1 1 1'. elle fe manifefte fur les ( i ) médailles
6c les rnonoies aux yeux les moins atenti fs , 6c fembleme-
rucer l’écriture, d’ùnci. ru.ine totale 6c pfécipitée. L’excès du
mal en fut le remède. Dès le commencement du iv'. fic-
elé , on corigea cetre écriture métallique : 6c fi fou
(•)Ufànttd4i (O Sur les m^daillef » rets («) le
midtilltr MMV. » tems de Dece ou comroeafa à aperce-
(dù, /> } f (a “ l'aJtéraiion dans le caniâdce ,
U qui perd fa rondeur & (à netteté , juf-
' n qà'àdeTenir dificile à lire , les N éuot '
•> faites comme des Af . ainfi que l'on peut
s>Toii dans le rcrers P/mtm» de
U fcmblables. Ce'^'H y à de particulier {
» c'cTl que quelque tems après le carac-
» tère fe rétablit te demeure aficr beau ,
» jufqu’à JulVin , qu'il commence à s'al-
» térer de noi^èaa , pour tomber en-
» fin dans . Ia< dernière barbarie foue
» Micbel « couioooé CB tii. ‘
ancienne
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DE DIPLOMATIQUE.
ancienne élégance ne fût pas toutafaic rapelée , on s’ea râ-
•procha beaucoup. La réforme ne s’étendit pourtant , qu'aux ïi' f ARXife.
fabriques de monoies , & même ne s’y foutint pas plus d’un g ^
ficelé. Le mal gagnoit cependant fur les marbres & autres A » t i c î t. ïlr.
matières dures de toutes parts.
- Mais pourquoi , comment &c par quels degrés l’écriture
romaine fe corrompit-elle ? Le plus ou le moiru d’ufage ,
qu’on fit de la manière d’écrire la plus -élégante ôc la mieux
proportionée , peut également fixer & fon état le plus flo- '
ridant & le premier degré de fa décadence. Le caraéfère
écrafé , avec les aplatifiemens des angles en lurent le fécond.
L’introdu&ion de quelques lettres de dÜérentes efpèces avéc
-celles du meme genre doit être regardée comme le troifiè^.
Tant qu’on fe renferma dans ces altérations légères ; fi l’é-
légance de l’écriture fouftit un peu , fa forme elTentielle rie
iiit pas corompue. Mais tout lût perdu ; quand on eut com- ,
mencé d’ajouter la confufion des divers genres d’écriture aux
premières ateintes données à la beauté de lès traits. Ce fut
donc là le quatrième degré de fa décadence. ' Une autre
-forte de corruption ne tarda pas à fuivre. Elle confiftoic à
mêler ou réunir dans la même inlcription des caraâères de
divers ordres : par exemple le minufcule ou le curfif avec le
capital . Nous en voyons les préludes, dès le commencement
du iv‘. fiocle y & même dès la fin du 1 1 1‘. Le mal ne fit
qu’augmenter dans la luire., ' ' ["l'-.-i' >. . >
c Au V*. le dépërHTemenc deTécriture devint fi commua,
& quelquefois C énorme , qu’on a cru depuis le renouvelle-
ment des belles lettres devoir en faire un crime aux Goths
ic aux Wifigots. On les a même voulu charger 'de l’horri-
ble invention de l’écriture cürCve , trop dificile à lire au-
jourdui , pour être l’ouvrage des Romains , & néanmoins
trop ordinaire dans leurs tribunaux , avant l’établilTemenc
des Goths en Italie , pour être celui de ces barbares. Après . /
cela comment n’auroit-on pas mis fur le compte des Francs,
des Lombards &: des Angîo-faxons les écritures francogal-
liques ou mérovingiennes , lombardiques & faxones ? Sur
qui rejeteroit-on la dépravation de toutes les fortes ( f )
(i)Qaclquei]épraTatioD<]ue les-v. vi. I tontes les fortes d'écritures ; aucune d'ea-
VI I.& VI 1 1‘. Cccles aient porté dans I ir’cUes ne Ait anéantie. Peutétte même
Tome IL Xxx
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II. PARTIE.
S 1 CT. Ji I.
CH«f. X.
Axrici.1. UIc
fjo T40UTEA-U TRAITÉ
ai’écritutes aax v*. 6c vu', fiodes , s’ils n’en étoient pas
coupabfes ? Voila fionc les caraâètes latins changés & co~
rompus par les WÜtgots , les Francs , les Lombards , les
> Saxons , «n £(pagne dans les <«aules , on Italie , dans la
grande Brëtagne. Ces vaines acufations feconc düdipées aij-
- fcuES ; les ddcnficms , où elles nous jecesoienc , dé-
, coarneraâent tr<^ long cems nos regards , tjoi ne idotiveac
. éoe ici fixés , que Tor les continuelles révolusioEffi <des deti-
(«) Hifi. Uuir.
t. 4./. 10.
cures.
Arive le glorieux Dcgae de Charlemagne t lléccieme &
renouvelle : les tbeUes-capitades (1) romaines {btK retmies-en
honnenr , ou emirivées atioc .pins 4e fiain. Tous les caraâèces
acpicrent quelques xkgrés de politeâè ou de fimpücioé. L’on
fixe la minmbule , on la pesib£iknite , nn l’acrédioe : 6c fi l’on ne
ioi fait pas encan: reniriteu de coûtes les autres ëcôcures ; du
moitu renploce^-on dans preTqtie tontes les fi»tes de|âèoes,
où l’on fe {ètvah auparavant de la ca|ûtalë , i’onciale M
de la curfive. £lle foufie pen de déxdiet jufqu’an xi 1'. üc-
cle , auquel -elle lè tranafboae en gothique par Je chan}^>
ment de lès rondeurs, foiten angles., fiiiM en atrës. JLe go-
thique l’avait déjà ibamilê à fa tytanie , qu’il a’avoit alors
livré , que de légères araqiias à la majidcote. r
Juiqu’an ax*. fiàcle ., Tufage le plus mtorifé par la pt»-
xique ne peuneccoit guère (de .confond ies divers, ordres
d’écriture. Il étoit rare de tranfpoMer Ids lettres d’une claHè
À une autre r de fi qndqœlbis on ÊaiKhifibit cette ligne
-de féparanon ; les lettres empruntées le trouvoiefit prevue
«xag^-c M bww«v Icor coinyiion :
clic D'cil pw tfilAvcaicot aufli conlid^-
lablc.qu’on le Bablic. Il fe glina ftm
4mm BDabic de birateiki (u les iof-
■am/mam ’i mak il s’eo tcncontre
iSean en majurcules alTcz belles 8c meme
Trffez puces. Les livres furent encore
jaoios erpoffs à ces dcüsrdrcs. Ceft ps^-
dl&nenc 8c ptefque uniquemcoe des qua
CK £éclcs mencionnds , que nous vieo-
«ent les nilT.en leceset onculea -i otcoc-
(^cs eouniiaic dnns le goût romain , -&
tbuvcni d'uue élfgince achevée. Si quel-
.«ocs-Dns ont été ctaités de barbares par 1
de .gzandt homme* i U l'-Cil £wt bien, I
u'ils aient pu céalilèT lents Ibupçons par
es preuves Iblides ou du moins impo-
faotes.
(iJ L'écriture capiale él^ante /ht
tcnouvclléc. C’eft ce qui paioit , » dit
« (4) D. Rivet , pat le monogramc 8c
» les pièces de monoie de Charlemagne ,
» & par quetqncs snlT. qui nous relient
» de ce tems là. « Cependant nous n'a-
vons point va de mil. entiers du régne
de oe prince , en ce beau caiaâére. line
faut guère le ebetcher , qu'à la tête des
chapitres 8t des livres éciits depuis les
vut. ic tx‘. ûéclM.
Dig(t^=:ud by Googk
DE DIPLOMATIQUE.
toi^oats en petit nombre ; mais depuis le conunencé ,
licence a’eut plus de bornes. Toujours elle alla croiflant , .
jafqu’à ce qu’elle eik enfanté cet aR-eux ^hique , donc 1k> ca.A». x.
renouvellement des lettres, après trois finies de combats ,->^*^<*>'*<1 ûln
n^a pas encore totalement délivré l’Europe. La tendance des
écritures à ce gothique moderne le fait lèntir aux perlbnes-
atentives ; dès que le mélange des diférentes fortes d'écri-'
ture commence à le montrer. Quoique du Iv^ au ix‘. lié.
de , il le fût glilTé dans l’écriture oien des bilàreries : que
des traits & des lettres , qui plus elt , toiacalàit barbares , en-
eulTenc fou vent délîguré la beauté ; néanmoins il eft vrai de ^
dire . qu'elle s’avançoic d’un pas ctès-lrat vêts ce nouveau
gothique. - • ,
Le goût du beau & furtouc d’une écriture alTez propre
qui s’écoit palTablement maintenu durant le ix^. liècle , dé>
^néra par degrés en afe^tion puérile. Aux omeraens re-^
cherché hors du lèin de la belle nature , fuccéda la manie
d’abord pour Fextraordinaire , enfuice pour le ridicule 6c lé
grorefque. Le mal ne fie qu’empirer jufqu’au xtii*. liècle
waie époque du fi) gothique régnant. Au xiv. les excès'
pour ne pas dire les extravagances , fiirent portés à leur com-
ble en écriture , comme en architeâuce. L’une & l’aucrc'
pamt alors plus furchargée de colifichets , plus hérilTée de
pointes , 8c conféquemment plus afteulè. Le gotliique majuf-j
cule fondé lur le mélange ae la capitale , de la minufcule '
6c de l’onciale , eut pour efieiKe 6c marque caraâérilHq^ue '
les coupes , les bâfes 6c les Ibéimets trattsformës''ën parties
intégrantes de lès lectres. Il fimt pourtant avouer , qu’au:
milieu de fes plus épailTes ténèbres j on ne kiflè pas de ren-
contrer quelques imeriprions fon courtes , telles que celles
des monoies 6c des fceaux , qui ne fe fentent > que peu ou>
point de fa corruption. • '
La curfive , en tant que bien difërentiée de la minufcule
fc tint plus long tems qu’clk , 6c que la majufcule même ,
fl , *'lr
(i). » On voic.(4) Irçôj, me.le cant-
Mtère Utin c(l ahra (Uni tUoficiws oé-
n iUillcs, &; ^u'il a ié^iDcti en gotiii-
~que , aulTi bien let i^crif-
utionitc dans les mlKll fulit d'avenir
l
. ..I
'» ici.<]ae bien low que i;e foie noeiuar-
.£ >.n.'f
‘ >> que d’aaçiquitd ni dans les uns ni dana
;» les antres > c'eft an contuirc une ptett> '«■J*®* i.
[ » ve eondaoce , qu'ils pe root qne des ' ’
X XX ij ' ■■
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jjr .NOUVEAU 'TR AIT É ’
couvert de la dépravation du gothique. Mais au xiii®,
II. PARTIE. (Igcle il pénétra partout : &c û quelque pièce en particuliet
ChYf. X. > prélèrvée ; en général nulle forte d’écriture n’en fut
A «T ICI Z III. exerate. Ses foccès fo nmltiplipient de jour en jour : à. vue
d’œil il fembloit gagner du terrein. Rarement toutefois par- -
vint-il dans, la . majufcule à furpafler en nombre toutes les
autres lettres 5 avant lé xiv',. nècle.. Quelque étendue que-,
fut au xv'. fa domination ; il ceffa dès-lors de jouir tran-
quillement de’ fes conquêtes. Si quelque monoie , fi quelque
fceau fut auparavant fouftrait!^ fcs ateintes ; ce, fut comme
par hazard fans coufoquence.. Le gotlûque-alloit toujours
fon train, & ne. pouvait manquer,,. félon le coun Ordinaire,
des chofes , de tout envahir , fans que rien put mettre des
bornes à fes entreprifes.
Cependant il Ce répandit en Italie un goût pour les belles
lettres & pour les amiquités romaines ,i qui ne. tarda pas à
rapeler celui des anciens carâ£lères..SQS,çommencemen$ fu-i
rent foiWes , Scîfiiivirent au mpiiis de près fi) ceux du xv^.
fiècle. Ses progrès étoient déjà conlidtr^blés avant, fon, mi-
lieu : mais depuis ils devinrent rapides. Si caufèrcnc une
grande révolurion , dans tous les genres d’écriture. Aufli ,
' dès qiic l’art de .l’imprimerie parut en (1} Italie , y reçut-il un
(m) Blllioth. uni-
VtrJ. tic In Pcly
grnpb. tffétnoln ^
frcUi.fol. xiv.
(^) Nox'4 uB» t-
rndit. menf. De-
ctmhh 1741.
(f) Syllo^i VMfio^
Tum dtflomMarU ■
rnm.f. 401. 401.
' (rf) Lihr»
d'impnrmrê i
vcrc
feum UaU(* /• *•
/. 6,.
(i) Ea Italie (a) <Ièc enviroaran i4fo.
le bon goût des aoeiens lïcclcs romains
i'4toic renouvelle par raporr à r^ritnte-j
comme par taport aint beau* arts. Don
Nalfatrc cite un médaillon d'AUbnfe le
face de l’an 1440. qui fe voit dans la
bibliotlièque du nii d’Elpafpne avec .cette
ipTuiptioa en beaua,«J<»*^f**'S PtVUS
ALl’HONSUS RÈX. .
(1) Ce fat doat l*<W»i<?dcSHblac, qu’oi)
en fit les premiers elïâis. Id citMitna
lnudihin diundum StnedicUais , <]Mtd mr-
lit, 'V'’* V
lisii* S' se mTtér-
siim^tri^Jiidfriitu. SiiUiuin/i
firmii futliiii Jefcri^Hi fuit L»Hkniim
annt I4«f. m fdit, Optimo
IT' qUldEM ZOMANO CHAkAliTMl'T',
fà MlhihttJ Vündohmnfi fdüm oftmb.
Hie h» fnitm ; fnb amo Demiai
MaCCCLXIK fimi^aiis Pauli Papa
II. aana ajat /icHnda , ladiSitna XIII. ihi
.1, l • ■ ■ . j IG..-, i -
(«ri aatafaaid^aiA ^ mtafia CaSabrit .
lavraarahili monafliTia Sailaieaji. 11 faut
lire 144 J. GuJenus {f]T, auteur alfcman,
tendant compte d'un Laâancc de la
mémcyddiiion , apaitcnant à la biblio-
thèque de l'.ègliîe métropolitaine de
Mayence , aie II ylas lomÛ dans cette
inèprife ;. fi ce n'cil' pas plutôt uuc faute
d l'mpiclTion, _ •
‘Ün timoi'gtiage glorieu» à notre na-
Oopidans la'boache'. d'un iciioyea ro-
roam , qui dcnvoit il y a plus de deux
ceqts ans , mérite' de trouver tel une pla-
ce. fean Bipiill6(d) Palatino dans fan
épiag jdédipatom au cardipardc Lénon-
coutt , que l'dn de rimprimetie ,
invemd par Scan Gutemberg allcman
à MaycnCrbn cafi. fut un peu après
por^è au degré de [Anfeélion , où il fc
voyoic de (bn terni , par Jaufon fraa-
{ois f établi à Ycoife.
■ . J /L ^ 4M .... ..
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DE' DIPLOMATI;QUE.
nouveau degré de perfeûlon , par TuTage , que pluÇe,ux$
lent du caraâère romain , au préjudice du gothique , em-
ployé par tout ailleurs. Sur le déclin du meme fiècle , l’é-
criture roi^ine réfulcitée palTa les, Alpes. Mais quoique re-
çue pour toujours fur le fceau de l’empereur -, elle n’eut (a)
cours , que dans la (haute Allemagne. Le rede fut pour elle
un pais impénétrable , où l’empire du gothique ne pouvant
plus s’étendre , fe changea dans la plus horrible tyranie. Les
fiéclës fuivans eurent beaucoup de peine à fecouer en par-
tie le joug d’une coutume trop invétérée. Depuis que le go-
thique s’eft vu clialTé des imprimeries latines d’Allemagne },
il a conferyé allez de crédit ^ pour mamtemr l'es droits fur-
tout ce qui s’écrit en alleman , Sc même fur toutes les écri-.
tures curfives. Un de , nos meilleurs écrivains le voyant û'
enraciné dans ce pals , a cru , qu’on auroit dû l’apeler plu-
tôt alleman que gothique. Mais û les Allenun9 y font de-
meurés, plus long tems atachés , que prefque toutes les na-^
tiom d’Europe dîne ferqic pas ' di£cilé oe prouver , que^
Ipin d^en ê|rc les; auteurs » ils s’en préfervoient encore, ouj
3ue du moips ils n’en étoient pas totalement infeâés j taj><
is qu’il dominoit pailiblement chez leurs voilins. ll ne fe-
roit donc pas jufte de leur imputer en particulier uae'ccri-
ture odieufe , qui leur fut long tems commune avec tant
d’autres peuples. j '
Des ayant la moitié du xvl'. Cède , la France l’a voit,
prefque totalement exclue de fes inlcriptions lapidaires 8c
métalliques , aulfi bien que de fes ( i ) imprimeries. Elle ceCTai
(i j Le caraMie rond te romain At
aporté en Fiance avec l'imprimerie par
Ulric Géring Sc fes alTociA , Martin
Cranez te Michel Fnburger l'an 1470.
Deux nouveaux allemans . Pierre Caria*
ris 8c Jean Stol employèrent , trois ans
après , des cataâercs un pen moins
beaux. Us ne furent pas les leuls, qui
a'acachèieni d'abord aux lentes romai-
nes. Mais bientôt on fe raprocha des
impicdions de Mayence à demi gothi
qnes. Gèring concinuoic cependant <)c
pcrfcèlionec fon art , 8c mit au jour des
éditions , qni n'en cèdoient point anx
plia belles de VeniTc. D'un autre côté
. /..■ i
;le guibkpie âvbit depuis long Cerne fea>
I imprimeurs , dans les pais èttaugers ; Sc
ne maaquoic pas en France de partifana«
'Ce At (ans doute pour le couArmer ô.
leur goût, que les ptciTcs roulèrent fut
le pur gothique i Paris même , douze'
ans après que l'imprifflerir y fut établie.
Le fuccès , qu'il eut , multiplia ces prelV
fes. Gèring fe lailTa , comme Tes autres,,
emrainer au torrent. On èroit I! cnchan-
I tè de ce vilain gothique , qu'on voyoic
ics imprimeurs tirer vanité d’avoir cm-
- ployé ces lettres admirables , fmilimi lil-
UT»nm tfiit, ces caraâèrcs eharmans
ehsrtiStrt jmtttdijimt , ces formes uèa^
U. PARTIS.
S tCT. III.
Ch AP. X.
A RT 1 Ote. lu.,
^*1 vmtk-
rum VifUmniM-
rurum, f. J41. *
I4t.
.7 .7 -■
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II. PARTIE.
SiCT.Iir.
C H A P. X.
Article III.
(«) Lt Blunt.
/•57I.
(i) Art. t.tt.III.
/. 48S.
fj4 NOUVEAU TRAITÉ
encieremenc fiir les monoies fa) fous- Henri II. Notre cur-
five ne fit pas le même aaieil à b romaine. Elle lui donna
néanmoins entrée avant la fin du xvi*. ficelé. Celle-ci put
bien y produire infenfiblement quelque réfisrme : mais elle
ne prît le dtflfus , que depuis le milieu du xvi 1 . 11 feut même,
l’avouer : le gothique s’y eft ménagé bien des rélêrves. Nous
ne pouwjns pas encore nous glorifier d’avoir épuré toutes
nos écritures courantes de cette lèpre. Heureux mêmes , fi
nous ne voyons pas un jour les reftes du gothique , qui la
deshonorent , reprendre le delTus & caulèr une révolution,
dont nous croyons apercevoir les préludes.
Jnfqu’ici nous avons tâché de faire conoitre l’écriture la-
tine , en nous atachant néatunoins plus particulièremenc
la majufcule tant capitale qu’onciale. Nous pouvions à pré-
(bnt dotuier les notions cataâériltiqucs de la minulcule ,
curfive & mîxte ; fi nous n’étions obligés de les rejeter
dans le III*. tome , pour fuivre le fyftèmc de nos plan^
ches , de la divifion des écritures , que nous avons éta-
blie dans ce (é) chapitre. Après avoir parlé 2 fefprit ; nous
alons déformais parler aux yeux en ex^iquant les dix plan*
ches , qui renferment la i‘. claflê des éaitures latines.
(t) Dis. I. f. 4M
KMI Tfijr. f. }l7.
^Wgaatet tbfmntiffimt tyfû , et» carac-
tères d'une politeflè & d'une beauté par-
fiike 8cc. On parlait encore ror ce ton
en 1)10. 8r Mais cela n'empè-
cbckit pas , axt les cataâères ramaias
n'eulTeot aun leurs défendeurs , Sctju'on
ne continuât d'en faire urve dans nos
imprimeries. Quoioue , dés le commen-
oetnent du zrl lîack , il fiiit foni des
prelTet de Iode Bade ptericurs ooTtagee
en ces caraéléref , il nt fil défit pas peur
eela du gochime, Aàifi cefiirent Simon
de Coline , Robert Etitnnv , & Mlcbel
Vaicofan , <)ui eontribuérrne le pins, tant
â réiablifi'einciK du pins btan caraâéie
romain , ^'â l'dMlkloa dn gorbt^n* en
Iranee. L* manuel des pséties en latia . .
imprimé pat Kervet en i{74. à Paris.,
y tut peutétie le dernier foupir de ce
goût baibare. Quelques années aupara-
Taot le gothique aimprimoic eocoie en
Italie , comme eu Efpague. A peine les.
Angrois-I'ont-ils totalement abandoné
de nos jonrs. Voyez l'origine de t'im-
I ptimerie de Paris par Chevillict i‘. & z',
patrie: Si l'oa s'en tapa rte â (r) Bayle ,
Thofi imprimeoi le Itbraircinie en lU.
I nivci&é de Péris contribua beancoop à.'
II perieélioner en France lea caraélerea
I d’imprimerie. Claude Garamond, qui fit
les matrices psar Ut frn csrMSirti ra-
; laiaiau , fiu ioa éléve.
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DE DIPLOMATIQUE.
• Î5I
CHAPITRE XL
Etrlturts gravées , empreintes , tracées ou peintes fur
' tes métaux , les marbres , les pierres , l’ivoire , les
vtfes de terre au de verre , les briques , la cire <&c.
1. T ’ÉcRiTUiLE Jiplotnacique eft , à proprement parler ,
I i la curiîve. Mais , outre que coûtes les fortes d’écri-
ture ne laiHènt pas d’encrer dam les chartes ^ quoique plus
carement : AOtre objet ne fe borne pas à la conoilTance des
i£uls diplômes j il s’étend encore à celle .des tnTT , & dès-
Jocs nul genre d’écriture ,a^ui ne Ibic du relToctde nos re-
cherches. Quand les caraâcres employés dans les aâes pu-
blics n’auroient aucune conformité avec les inlcripcions mé-
talliques & lapidaires ; leurs tapons avec les mC font il
grands & C otainaires , qu’il n’eft pas poffible de traiter exac-
aemeiu la matière des anciennes écritures , fans les confidé-
Tcr , entant qae peintes ou gravées fur toutes fortes de pier-
res , de marbres , de verres , de métaux , de terres cuites , de
hois &c.
En vain aurions-nous voulu nous reirfèrmer dans des bor-
nes plus étroites ; les mlT. &c les diplômes mêmes nous ramè-
nent nécelTairemenc aux inferiptions lapidaires & métalli-
ques. Leurs lettres & leurs écritures doivent être comparées:
elles doivent fe prêter des édaircilTemens les unes aux autres.
Les inferiptions fournilTent des moyens éficaces pour dilcer-
ner les (beaux fallifiés des véritables , & pour s’alTurer de l’age
des unes 6c des autres. Elles jullifient le ftyleéc l’orthograpM
barbares des anciens diplômes. Elles fervent à conftater l’e-
xiftetu:e des caraélères minufcules 6c curh^ chez les anciens
Romains ; fans parler des autees avantages , qui refultent de
la connoilTance de l’écrituce des marbres , des piettes , des
bronzes 6cc. relativenunt à la Diplomatique.
II. D’ailleurs nous ne pourrions négliger les inferiptions ,
fans nous écarter du plan d’ime Diplomatique générale , où
l’on s’elt propofé d’éclaircir tout ce qui concerne les aâes
M. PARTIE.
Si Cl. III.
NiceUïté de trai-
ter des écritures
métalliques Sc la-
pidaires.
AAes publies jt
particuliers for lea
marbres & les mé-
taui : ifiTcriptioiiS
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II. PARTIE.
S ter. I II.
C H A r. XI.
cnTÎfagécs comme
des archives pu-
bliques ; nécemté
de les bien conoi-
ccc , pour en faite
le dircememeat.
(a) Vaj/n tutrt
1. iQDit fart. a.
f. 448. ô'f'ûv.
{h) icurti. dis fa-
vans. Stft. 1714.
NOUVEAU TRAITÉ
publics parûculiers , dont les marbres , les pierres les
métaux ont fouvent (a) été & font encore les plus fursCi )
dépofitaires. Les inferiptions peuvent en quelque forte tenir
lieu d’archives publiques. Audi les Tribunaux de la juftice
y ont-ils (il recours , pour la déciûon des procès. S’il s’eft
trouvé des fabticateurs de {b) faufles inferiptions -, notre fic-
elé a vu mettre ( 3 ) les plus indubitables au rang des impofi
turcs. Il eft donc nécefiaire de favoir difeerner les inferiptions
fupofées des véritables. Or ce difeernement dépend futtouc
de la connoilTance des écritures lapidaires & métalliques.
C’eft à les faire coiinoitre , que nous avons pris des peines
incroyables. Si tous nos efforts ne peuvent fupléer à un Art
critique lapidaire , fi nécefiaire au public ; du moins lui ren-
drons-nous quelque fervice , en mettant fur les voyes , ceux
qui voudront lire les anciens monumens. Quand même
(c) Uir. Ualic. (■) Tintôt on cnregiftra (c) fur le
tari I » IA* marbre les traités de paix , les ligues,
r ' ' • Ijj Jictets . les loix , les teftaraens. Tan-
(d) Grigtr. eftr. tôt on écrivit (d) fur des pierres à la
nim. tdit. i. 4. f, potte des églifes les donations , t)ui leur
]s8. & fiq. avoieot été faites , & les regîtres de
leurs revenus. Lorfque S. Grégoire le
(f) Marthit. 1. grand (f) eut fait deux legs conlidérables
Viyagiliiitr.f.7}. » l'églife de S. Pierre j U les fit graver
fur deux tables de marbre , qui labfif-
tent encore. Dans la cioilile du midi de
(/) fltari hijl. la cathédrale d'Arras, on voit
aceUf. t. X. f.toi. yéc fur la muraille du chœur ta charte ,
Laibi concU. 1. 7. par laquelle Philippe aogttlle acorde la
p. I0«8. régale à cette églife. Combien d'autres
(f) Chrm. Cad- aéles publics K paiâcoliert , écrits fut
wic. f. 17 J. dcstablcS ‘(jf)u**S*®^»^“^ôcs(h.^co-
{h)DiridifUm. lones,(0 f*»»» & d'autres matières
p. ; 8. doiea , ne poorions-nous pas faire palTer
(/) FltHri hif. et~ ici cfli rdvuc ?
cUf.t. XVIII. (t) U Par arèt (*) du 14. Mars I f8i.
p. } ) 4. M Autoine de la Potte , de Lion , ( per-
lé) Plaidffirs » fonage d’honneur St de vertu , qui
stExfilly , i‘. A3 avoit fait un grand amas de choies
tdit.ch. 8o.p.l88. „ rares & en avoit dtelTé un des cicel-
(/) Mf <iU. A 3, lens cabinets de l’Europe , ) fut dé-
di ta bibl. du ni, » daté gentilhomme de race : ayant
p. 194. >1 prouvé fa noblellc par une iiifcription,
(m) V^nli ma- „ laquelle fe trouva à Provins, en l'é-
vtam Gatlia ctrri- m glife de S. Pierre , en date du der-
/liaaa.t.7.t»\.ii. r> nier de Mai 1401. en laquelle un de
31 fes ayeux , apelé Pierre de la 70110,’
31 duquel il montrôic être defeeodu , eft
33 qualifié écuyer, a
( ) ) Le P. Hardouin (/) fait main balle
fur les anciennes épitaphes des églifes de
Paris. 11 n'en reconoit aucune . qui re-
monte au XI i'. ficelé. En K99. lotf-
qu'on démolit le grand autel de Notre-
Dame ; on trouva le tombeau de Phi-
lippe , fils de Louis le gros St archi-
diacre de Paris avec cette infcription :
Hic jaett Philfftu , filius Ladrvici Crafi
R. Fraanrxm ; arehidiaemu cccltfi»
Parifitnfis , qui ehiit an. iiSi. Au ju-
gement du ïéfuite , les caraélères de
cette infcription font les mêmes , qu'on
voit fur la tombe de Pierre Lombard ,
dans l’églife de S Marcel. Ces deux in(-
criptions , dit-il , ont été fabriquées après
coup , pour téalifer la fable de l’épifco-
pat (m) de Pieire Lombard. La plus for-
te preuve qu’il en donne ; c’eft que les
lettres gothiques marquent tout au plus
le déclin du xiv‘. fiècle. Un novice an-
tiquaire les auroit fait remonter du moins
au XI 1 1'. Nous prouverons bientôt ^e
le gothique commenta dès le fiècle
cèdent. Mais l’art critique lapidaire du
P, Hardouin écoic afibiti à fon fyftèmc
pyrthooieo.
(«)
Digitized b
y GiiOgK*
DE DIPLOMATIQUE.' yj7
(a) on ne réuflîroit pas dans une entteprifè fi dlEcile ; on
diminura toujours le travail de ceux qui auront le courage
d’entrer dans la meme carière.
Article I.
Ecritures capitales lapidaires & métalliques , fans mélange
de lettres onciales , minufculesdr curjives : i®. divifion.
- Ecriture étrufque précurfive de la romaine antique : plan-
. ches XXIV. XXV. XXVI, & XXVII. expliquées.
INdependamment de la grandeur ou de la perirefle des ca-
radcres ; l’écriture capitale lapidaire & métallique produit
une diverfité étonante de genres &c d’efpèces. Le fyftème &c
l’explication de nos planches vont mettre dans tout fon jour
cette variété d’écritures antiques. Mais avant que d’en venir
là ; quelques obrervations préliminaires nous paroifTent in-
dilpenfables.
Dans nos planches , les genres font marques par des chf-
fres romains blancs. Ces genres font féparés les uns des au-
tres par des lignes doubks, ou acompagnées de points &c tou-
jours beaucoup plus aparentes , que celles , qui diftinguent
les efpcccs. Celles-ci font défignéespar des chifres romains
noirs. Chaque infcription,qui fert à reprefenter ces efpèces, eft
numérotée avec des chifres arabes, & fèparée de fês voifines
par des lignes plus légères &c moins fenfibles que les autres.
Les lettres tirées d’après les monumens font fouvent re-
préfentées dans les gravures , tantôt à traits fimples , tantôt
blanches ou à doubles traits , tantôt hachées en diférens
fens. Mais il faut toujours fupofèr , que dans les originaux
ces écritures font pleines , fans vuide ni hachures. Nosgra-
veurs ont quelquefois pris la meme liberté fur cet article ,
que leurs prédéceffeurs feifont donnée. Ces diférentes ma-
nières fervent à l’ornement des planches &c à donner du re-
lief aux écritures. Ce ne font donc, là que des variétés de
la main de l’artifte &c non dés monumens. Il ne faut point
fupofer , qu’elles en foient une exprolfion fidèle.
Nous aurions pu ranger nos écritures par âges &c parfièclcs.
Tome II. T y y
II. PARTI t.
s I C T. III.
Chaf. XI.
(4) CMÿf. VM-
dic. vtttr. ctd.
ttnfrm.f. toj.
e.
Digitized by
_ n8 NOUVEAU TRAITÉ
Mais , outre que cc« Of4re ne convient pas ^ ce volume
^sTct^Til' élémentaire ; il eût falo lè réfoudre à lailTer re-
éHA*. xi. gner une confufion étrange d«s genres it des efpcces , qui
é*vicn.i. auroienc enjambé fans ceflê les unes dans les autres ; ou fi
l’on eût voulu les réduire en fyftcme ; on auroit été forcé
de tomber dans des répétitions perpétuelles. Les mêmes gen-
res & les mêmes efpcces d’écritures , furcout , par raport aux
capitales , fe retrouvent fouvent à peu de chofes près , les
memes dans des ficelés très-éloignés. Il vaut mieux les fui-
vre jufqu’au bout d’age en âge , en conunençaiv dans cha-
que efpècc par les plus anciennes , autant que le permet la
K>rme des planches , dont les diférens morceaux ne fe prê-
tent pas toujours au rang quePon pouroitleur donner. C’eft
le moyen de mieux apercevoir les degrés, par lefquels ces let-
tres fe font perfeêlionnées & par lefqueb elles ontaégénéré de
leur ancienne beauté. On n’en fentira pas moins le goût de
chaque ficelé.
Rien n’empcche jpouftant , fi Fon veut , de parcourir nos
écritures capitales , félon l’ordre des tems. On verra , pour
ainfi dire , naitre nos caraâères latins de l’ancien grec , du
pélafgien , & fi l’on veut , même du phénicien - fatnaritain
dans les anciens As romaim , les tables de Cubio , l’inf-
cription de Paleftrine , 6c dans quelques autres , qui nous^
ont été envoyées par fon Eminence M. le cardinal Paflîo-
néi , 6c aportées pat M. de Sainte Palaie , à fon retour de
Rome.
§. I.
Ectiturts prànitivet de« Etrufytw , L»«irkt & Romai/u,
Explication dk la Phne-ht aXIV^ oà font rtnftrmés
kj I. If. m. & IV. genres de J» i‘. fli^e il de la
t*. iivijion des écritures Utpidairss ù rndtalk^es.
Ecrirait pniniii- I. Les écriturcs éttufqaes , précutftm de la Hmaine ,
»e des ttrufsucf dérivées immédiatement du grec , de-Farcadien âc du
«deUi^re. pélafgien. Elles ftmt rewferméses dans nOffC' XXXI V*- plan-
che , avec les quatre premiers gerraa d’éerieaee latine âc leurs
foudivifions.
(«) SymM. ih- Lj manière d’écrire de drtûteàgaache',< ancienne chez
ur4r.v»i. i.f. II. Grecs ,, fût en ufage eKez bM (a) Etmîques Sc dana les
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CONSOl.CE/ViORAlDIUS-HIC-FVE «
HEC.CEP/TCORS/CAAtERIAQVE V<> DÀDR
DEDET-T£^PESW£BVM\OEyVll
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^BEI)(eRiT. PRKfR^
qN/ otienis Q.V0i s ^
aVOD SINE ^^^L
^AARCIVS^T i DOSTVAf-^^^
pVEtONAI. SCAFrAA-a/^iî
kSElVr.iTAE><PElCEMpVM<
E5EivraVEi.5IBEI*DElcERENr*^™
O^’AîJHlS
’Y^aniA/
^CvN
iv;
+PR4-"
iITJi
3.
y:
iinf
DE diplomatique. f},
yüks A’Icalie. L«ÿ 6* morceaux 4’éQÛtme félafgicjue pu
écru/<}ue ^ repréfeotéf au commenemceot de cette .planclie , i * R t i e.
prouvent cette ^rkA II s’agit de les lire &: de les ex.pli<juer. çhIV. *xi.
r“.Les crois lignesjtirdcs de la fécondé table eugubmefe i.
lifent ainli ; Efunu : fuia : tJurt«r:/uttu: uJUtt çnu^Jù^u ; {,) ««*.
uruafiant ;ihuM. ak: vvke : pmmu :pfmtu : Vwei Jlatraduc- ‘•
tioB de M. l’abbdGori : {h) EJhu,fil^perâtffi,jinù4 'vi^^ (t) Uuf.
jtmfi odorameiuomm , rfimdiun fyga m-/. j-t.
tremi >( *xâü ) Npi^ ma)eidens nûeux aadurre de
ceae i^tte : $aps.(tÿ exçeptiou y(a) ^fatiSj (})tou$ tant que
vous «ces , (4) oMipez , aUuai^ fpc eew ,^) urops
J(«u<^ce{dôus)«jdeios(83idepat4MW<i9tMl^Ii^^ ,
( i) M. Gotl pccQiLiUps la.ffljme pJccc
tfuau pour tftau Sc fiau ; au lieu (jn'oo j
peae uKctpr^Kt k mut .^akmeot par
ia aniati , aW tmiim , 4li jguic <
( r) Du inoc iù{. Noos n'avons tien 1
ajouicr aux explications , que M. Oori
donne de fui» iiï ce n'eft peuedtre qu’on '
peut .ptendie ce cetnsc , .cçaivac on .
dans fa fuite iivui»» , pour la jcunelTe ,
jmtnt»,
{^) -M. Gnri a teconrs aq lat^i^e de
nos paiTans , pour expdquec de U
fécondé ligne, lis entendant , dit-il ,
par ce-tcimc , naar , annl« , moiosenant.
Cette exptelTion ne nous e(l pas connue ;
mais peutêcre n'en eft-cllc pas moins
uGtde dans qnelque canton. On dit-
SDdmee^.eo oonkanfois , dans un fens, .
qui n'cft.pas fort éloigad de celui-ci, •
Mais il èll ttès,ccnain que nos paifans '
pour lignifier seau dilêot tmuui , pcin- !
cipaletnent quand ils veulent banit toute
exception. On ne (êta pas forpris qu'il -
foie futveiiu quelque enangcsient dwis
la terminailbn du mSine mot.
(4,1 11 parait plut natutel de rendre .
ySma par prmu , que.pat j£nnl. Les ter-
rninailbtis n'dtoiem pas encoK segulif-
res , ontte la rai(bn qu'on donnera fur .
la npcelnivanie.
( r) On ne i’dcaBeta point de tex- .
.plicatinn de.M. Gotiàl'dgatdd'slfirr, On |
.iàh que las termes coUéâsls fineuliers
a'aeordenc âveede pluriel le avec le fin-
P;ulicr.
(4) Apatamment quela^eBnflflê d’on
certain .agç de ce pepplc , acabld de
fldauz k trouvoit rédnre ê iCx centa :
ê anoins qu'on n'aime mieux eqccpdte ce
urqie d'un nqmbtBinddctrnûnd , conupe
-en latin , fixieniî, ScAcntas pout/rx-
centmi eft (i lcmblablc , qu'on trouve (on-
jveoc,pJ«sj!n.di$ltap« enlre le menu mot,
od qu'd s'^crivoe au tcuss de Cicrron.le
deux cents ans avant lui. ti faut obfer-
vqr , qu'entte lcr le là de yqïoitpyiiira il
n'y a,qp’uo point , ap iiep cpi'on xn trou-
ve deux aptes les mots abfolument [i-
paids les uns des autres. Ici fix (ê joint
avec cents. C'eft poqr (c(a qu'op -futt
un point ; fi cependant on peut cppip-
ter .fur ce point. Car dans la table angu-
binc de Dentpuer , iln’en parait aucun.
Sifhtft^r» n’p fax qu’un fêul .tqpt .
,(âts aucune diyifien', ni intervàllc. Am
tçrrainant/iglrnrai ne doit pas plutfiirede
.dificaied , ladfinji'ieukM. fip (ont des
tettniuaifdns propres ê l'ancien drrarque.
(7] Rien ne ,p«uc embarailêr dans «r-
flqÀsnp. U cjl paild :4p chapitre XVI.
des -Nombtec de deux cents cinquante
hommes avec ajo.cncenlqits.qni ,vm-
luicnc par une cém^itd crimioeUc plrir
de l'enccns au Scigpqpc. Cetee entr^ti-
fe dtpil (âns.doute cnqlûtmea^^ulages
des nations , donc r«xe«npte avoir pp qn-
.gagecles «nfiinsdc Ldvi pana cet qtentac.
(Ij On cftd'acord avec M..Gotifac
Iq tern^deVx, parfpm.pcuxdctç piienc
I 3e facci£ca$quc on fie ,1tv|xJ< ,
I apaKcnanc aux (àcrifices.
Y yy ij
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II. PARTIE.
S E C T. III.
Ch A». XI.
A KT I c L I. I.
(a) Tt$i. vu.
f. tXKvi.
(1) Ci-dnâxt
?.»7I.
J40 NOUVEAU TRAITÉ
(i) & (i) fermez (j) l’abîme ( de maux ) ouvert ( pour nous
engloutir. ) Dans ce premier modèle d’écriture étrafque ou
pélargique , les lettres n’ont ni bafes ni foramets , & plis-
fieurs d’entr’eHes font panchées du côté gauche. Les mots
font le plus ordinairement féparés par deux points.
z°. M. Gori , dans fa Dérenfe (a) de Tancien alphabet
des Tofcans , nous donne le fécond modèle d’écriture étruf-
que. C’eft la légende d’une ancienne monoie , qu’il crok
^artenir à la villede Todi , anciennement Tuderte. On lit ;
Tutere , en caraélères étrufques maffifs. Les T y font en forme
de {h) croix , ainfi que dans les trois lignes précédentes. Les
Antiquités de la Galérie du college romain ofrent les inf-
criptions fuivantes en caraélères étrufques ; mais plus droits ,
& un peu plus aprochans de ceux des Romains.
3°. Les mots Lafa Fecu Menrva paroilfent fur une cou-
pe ou patère de bronze , ornée de deux figures. Ils fêmblenc
dire Genius (4) Fecialis Minerva^
. 4“. Sur une autre coupe chargée de trois figures : on lit
Tumus Tinta Apulu , qui fignifient Mercure , Jupiter Apol-
k)n , dans la langue étrulque.
f°. Au tour d’une coupe de bronze , où quatre fimires
font repréfentées on trouve ces mots , Laran Turan men-‘
rea Aplu , qu’on interprète Pâris , Venus . Minerve y
Apollon.
6°. Sur une longue lame de bronze , on lit Save ,
qui fè prend pour farcofagus , & Pies Mûris , qu’on ne
peut interpréter furement. Ce font les termes du P. Con-
luccio. Contucci , garde de la Galerie du Collège romain ^
(l) Ak eft touclitin. Il ftinblc que
tien n’eblige ici de recourir au grec.
D'ailleurs il fervira k former un fens
plut net ; fi l'on rraduii thmi»k par des
ftcri/it/uniTi. H ne faudra làire qu'un
mot de celui-ci avec le prdeddeor. 11
n'ed pas ffeâivemeoc pattagd en deui
dans la féconde table de Dempfler.
fa) Deux caraâètes d'una figure conf-
lanmienc difdrente , M. CorI les rend
ar la même lettre. Oo' croit pouvoir
te inkt au lieu de tmke , le faire venir
ce terme du veibe grec Cm , tilum.
() } On convient ptcfque avec M. Gori
fur les deux autres termes } dont il dd-
rivc le premier de -rfe/uif & le fécond
de «troa. Notre defTeio' ne nous per-
met pas de ponlTcr plus- loin nos re-
cherches. Si le peu que nous en avons
faites en pafTant font gourdes ; nous nous
‘en croirems redevables aux travaux dd
M. Gori. Si elles ne le font pas •, nous
' ne ferons point lâchds , que la traduc-
tion de ce favanc rduniflê tons les fii-
’ fiages. Elle mdrite au moins des dioges.
(4) Diane dtoit apelde Dtx fafetlù par
les anciens. Ce mot n'efl pas fort dloi-
‘god èefuiaUii.
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DE DIPLOMATIQUE.
dans une lettre écrite (iir ce fujet à M. le cardinal Paffioo^. ♦tt-ti-
Le favant Jéfuite croit néanmoins que ce n’eft autre chofe L
que le nom du mort. Du refte toutes ces explications font chap. xi.’
fondées fur les alphabets Tofeans de MM. Buonarruât^
Gori & Mafiéi , & fur les fibres connues d'ailleurs , aux-
quelles répondent les infcriçtions étrufques. . . , '
II. Les Tofeans abandoncrenc infenfibleménc la manière E^tore latine
d’écrire de droite à gauche. Leurs caraâçres lè raprochè-
rent peu à peu de ceux des Latins , donc les plus anciennes ‘
infcnpcions vont de gauche à droite. On en a d’écrufques ,
écrites (a) en caraâères purement latins. Toutes nos plan- (•) Amijuit. tx-
ches tendent à faire conoicre ces derniers , félon les diver- ’•
fes formes , qu’ils ont pris pendant plus de trois mille ans.
'Pour ne point trop multiplier les fubdivifions d’écritures I. CLASSE,
majufcules ou capitales ; nous avertilTons , que le corps des / . DIVISION.
lettres des fix premiers genres de notre clalTe , n’ad-
. mec peint oïdinairemcuc de courbes ; (1 ce n’ell dans les
lettres , où elles font en polTeflîon d’entrer , fitivanc notre
alphabet vulgaire , ou dans un arondilTemenc de plan, tels que ....
des bâtons, & des perles pofées en lignes droites. ^ '' l.
Les lettres des plus anciennes écritures capitales , lapi- f .
daires &C métalliques , font fans bafes comme fans fommets
à leurs extrémités. Telles font celles , qui encrent dans le
premier genre de notre 1'. divifioiu
La première efpèce de ce genre d’écriture apartient au i. i. genre.
âge i c’eft-à-dire ,aux tems inconnus. Elle paroit i°. dans j, ^sp^ck.
cette phrale, tirée de la VI'. table ^b) eugubine : E fie. per-
fclo. aveis. aferiater. enttu. que nous interprétons auiE: iM xifxl. p.
Efiis { I ) perculfi : (i) habetis (il ajjfertorem {4} iiuus. *"*•
. (>) parok meineut qu'^«>. L'i
k change en t , encore plua ches les an-
ciens , qui Tupciineot Ibuvent l's. cft
4onc pour
(i) Nous pilfinot ftrrtiljl k ptrtxffi ,
ftrfcU frapés de âdaux , comme on l'cft
, de piialyJie : vmm itet ptrclxi. Notre ftr-
êlxs peut bien venit de là i t'i du milieu
s'diani perdue. L’a s’eft changd en * St
. finale ne s'exprime point dans tflt.
, ()) Avtt! , hubtth, vous axez. Ob
|OOToii fupldcc av moins quelquelôis
l’arpiration h. Le fieft changd en a : aJnlî
il ne manque que 1er , pour avoir hxtetii.
Le <B4Û ell luprirnd comme chez les
Oiicntaux , qui ometienr fouvent les par-
ticules , Turtout en poefie..
(4) AJftrutim , MftriMtr. 1er anciens ^
. Latins ne metcoient fré^emmenr qu'une
./ pour deux , comme l'bn voir dans l'inf-
cription contre les Bacck^ialcs , et dans
. celle de Scipion fils' de Barbatus. L'r 8c l'.r
felbnc perdus avec le tems. Ainfi nous
avons xjlfrur d'où x^tntr. DànS' le»
Uigit '«j i;y ('- iOgle
I>. PARTit.
St CT. llf.
C H A ?. XI.
Akticlc. i.
(a) V. Gtri Muf.
nmfe. & W'f*
4tlt Mlfabttt 6'^-
JI. ESPECE-
(I) Ijler. difUm.
f. 1J4. Mfr. 1.
». 4.
(f) Ibid. ttb. la
». tv.
\
j4t NOUVEAU TRAITÉ
(t) Vous êtes frapés de calamités; mais vous avec au mUioti
dë vous un <i) protedeur. 1®. La VIT', table de Gabio con-
tient ces mots : Sururcnt < 5 ^ pefnimamo fururo , c’eft-k-
dire : trahunt ptjjima. •. trahutu , ou pejffma fuburvnt &c.
Des malheurs étranges nous défolent , àc nous conromeac ;
oui des malheurs nous confutnent.
On peut obferver , dans ces deux morceaux d’écriture pé-
lafgique latine , TA , dont la travée ji’dl point enticre ,
les P. femblables à ceux des anciens Grecs , Sc la con-
jondion de l’S avec l’V. Les mots font quelquefois fépa-
rés par des points de diférentes%arcs. Ce feroit trop nous -
écarter , que d’entreprendre i'hiftoire de Ja découverte 4c
de la fortune des famenfes (a) tables de Gubio , d^où foat
empruntées les deux phrafes , que nous venons d’expliquer.
Des traies & des traverfes fonvent obliques caradérifeat
la fécondé efpcce des écricnres capitales du i . genre. Elle
contient les lettres du fécond âge , ou des rems connus ,
depuis les Confuls , jufqu’aprcs les guerres Puniques, i®. Nous
empruntons d’une médaille , publiée par [b) M. Maflféi , Je
mot Roma en petite capitale. La ligne moyenne de l’A
part de fon côté droit : marque de la plus haute antiquité.
z«. Une coupe de bronze , ornée de crois fibres , porte
cette inferipcion : JuNO Heroele Jo y El :Junon , Her-
cule , Jove ou Jupiter. Dans ce modèle d’écriture , les mou-
tans de l’E defeendent au-deUbos des traverfes. La même
chofe fe voit encore , bien des fficcles apres , fur une mé-
daille du roi Reccaredç. Dans le mot iuno l’O eft ouvert
par le haut. Les montans de l’V êc de l’N font un peuaron-
dis , ainfi que ceux de l’-H du mot fuiyant. ^°. Le nom
Cale N O , gravé fur une (r) médaille antique , ^ préfente des
carafkeres plus réguliers ; quoique le pié de l’L foie oblique ,
comme dans les autres inferiptions , qui compofent cette
fécondé efpcce. 4°. JLofna , Palaces , Amuces : Luna ,Pol-
lux , Amicus , roi de Bébricie ou de Bythinie. Ceft la triple
rtymoloeict , on fiit qoe les voyelles
font fl Æjétesau chsngtmem , qu’on les
compte 1 cef Igartf jKjlir rien.
(f) Bj«« n'eft pss pins éloi^é tf/»-
tm , qu’A/iiT4»cr d'ejfimr, uUt» eft
4ooc pour inuu , fuivant tes ptiocipcs
expofés foc le changement de Xt en i ,
Bc far la fitprelTion de l'r.
(») De nt{» irtht , on pluidt y»r«r»»»
fera pour fitfenaïutt , «u fHftrvtnmmt.
(j; Tefiùmum» , pour ,
ou (eulcmeac pfi^aM.
; 7
D
DE DIPEOHATJQUE. y^j
ioTctipiùon d’ua (i) vaiê cUWonx» , chargé de crois fig^rcs.
y". Sous le groi^ de trois fibres, tepréfêiacées liir un aum
vare,eo lie : DwÆ,a, MMolnia (i) ^ea. dedii (3) Novi^'
Plautigs (4) mâd. (i) RoauL {6) ficid. Dans cet ancien mo-i
aument delà langue & de l’écriiuce latine, les O font quel-
quefois ouveits pat le haut & toujours par le bas. La ligue
tranfverfale de l'A part du câté gauche.
L’écti|ue du 3'. âge ptéfente des traits plus réguliers ; aaais
phi6eurs%i iês lettres fe diflûngjiKnt par des traverfes obli-
ques. Ç’efteo qui conûiciie la trohicme eiÿèce de notre pre-
mier genre. Elle lê paouve par ouze exemples , repréfentés
dans notre pkuKhe. 1°. Matrc (7) matuta doao (g> ^dfo
Mucuria Pola Lèvia fj) <Uda. Cette inscription a été pu-
bliée ÿ a»ais fans nulle e^c^ion , par le matchs (<4 MatSéi.
L. TuuPLfiio L. F. C’eft-à^te :Z«crô TurpUwy
y£^û>.Dom Bernard de Montfaucoo croit que TurpUio qft
mis pour TuifUio y non» d’une Samille roiwùie. 3°. A Faw.
Agrippm Fm>io. Ce dernier mot oft mis pour Furio , à la
mantere antique. Nous trouvons daus les Faftes couifulaicej
un Agrippa Furius Fufus l’an 30I. <jk la feindatioB de Rome ,
44^. ans avant la nailTance de notre Sauveur. Il n’eft donc
pas lur de Uie Aulo Fatiria , comme fait notre lavant
(i) Ce vaTc , aoÆbiea ^ne la pitjte
fiir laquelle paroit l’inrctiptioo Giivauce ,
•nt été (Mcouecitt prie dci murs île Pa-
Mlrioe . aiicijcnDe ville , aflêz voifine de
Home. Cci deux aniiquci feoc partie
des rares moouoicns de 1a belle eald-
lie du fiolldÿc toataiu des PP. Jétuices.
(s) Filta pour flia. Kieo de plus.com- ,
mua ebex les anciens que le «tungeimt 1
,ds IV en». I
()) Newes tlamias , b b manidre des
Grecs , pour Kevim Plamim.
(4) Atd. pour nw. Quincilieo (r) re-
marque qie les anciens aÿootoienr fou-
vent le D bla lin des roots t Lalinit vt-
Hfitm D flaràmii in varhu ultimmm aJ-
jtllaa,
i f) Rtmni , au lieu db Rama , par on
tbaneemeni très comnrnn de l’ae en ai.
{t) t/aii pour/ror. Le dungement du
a CD d n'eft pas rare dans les anciens mo-
BBiaens. Après ce peu» commcitraiic j »
il eft tàfè de rendre aiob rinlcriptioa :
DindU Uacatma flia dadit : Naviat
Ptautms ma Rama
(7) Matra matuta fcmble mis pour
Matai matuta , la DèelTc de fAurorc.
Eo fait de monuœcns de cette antiqui-
té , le changcmcot de voyelles ne doit
pat arèter.
(t) Dudra. C’eft peutdrre le mot grec
, dont le r ul retranebé. Dans
cette Topolition dana diidra voudra dire
daaa farfadania , un don , une ofranje
acoféc. Peucécre s'agit-il d'un vafe def-
tiné aux libatioDS , te oTett b quelque
Oivinité-
f») Dada eft peutètre pour dtdi. Nous
fommes d'autant plus porté à le croire,
qn' alors la langue latine n'étoit pas for-
mée .ni lé» termioaifons des verbes bien
réglées, ainlï notre infeription peut fe
rendre ainC : Uaeathaa Dta dana par-
'frfa matrana Matt^ Pala Livia. dadi.
IL PARTIE.
SacT. 111.
Cjtar. XI.
Aayjçti I,
III. ESPECE.
(a) Mufium I . -
ran.f. 470.
(i) Anai^tli. ax-
ft. ». f. fart. r.
fl. XTI I».
(rj 7-
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>44 NOUVEAU TRAITÉ'
* anciquairc. 4°. Q, F ou Rio. A, F. Quinto Fourio Aenppa
* Sec P' mot, qufpuuTe
ChaV. xi! autorifèr cette leçon. j“. M. F, Marco Fourio. On trouve
Articie. I. un M. Furius Fufus , tribun militaire , quatre cents trois
ans avant l’cre chrétienne. 6^. C. Four. M. F. Camillo
, Fourio Marci fiUo. L’an 401. avant la nailTance de J. C.
Camillus Furius étoit tribun militaire. Cependant D. Ber-
nard à lu Caio Fourio. 7®. C Four. Caio Fouf^.i^. P.
Four. C. F. PubUo Fourio Caii filio. Nous trouvons un P,
Furius Philus conful 1x3. ans avant l’Incarnation. Cesinfcrip-
tions du tombeau de la famille des Furius , font conlîdé-
rables tant par leur haute antiquité -, que par la figure de
leurs caraûeres. La lefture en eft fort dihcile , furtout à
caufe des (i) figles ou lettres uniques employées pour ex-
primer des mots entiers. 90. Junone (1) Keg. (3) ma trôna
.* ' [i^) Pifaurefe dono {^) dedron. C’ett une des infcriptions
{•) Mtiftum Vt- découvertes près la ville de Péfaro 5c publiées par (a) M.
«»./>. 470. 471. Mafféi. 10. Cifula Atilia {6) Dundianii (y) nomelia{%) dede.
(W itiJ. Cette infcription de Péfaro a été publiée par le même mar-
quis {b) , fans y joindre aucun éclairciirement. 11°. Feronia
A (j) Les figles ou lettres ioîdales des
noms étant Aifceptibles de plufteurs Ci-
foi£cations dtfércnccs ; 00 pouroic peut*
tre imerpiéter autrement les épitaphes
du tombeau des Furius. Nos antinuaircs
trouvent dans ces figles le nom ou père
de chaque défunt & l'F fîgoi£e toujours
fliks. Mais ne pouroit-oo pas expliquct
cette lettre par Fourius & le ilgle qui la
précède par un prénom ? On coooitroit
alors celui chaque
««"C , au lieu
de lAtMjUjMê Lstcü fiiio , on liroit ,
tsidits On trouve
dftahcibcnt un Lucius Furius , tribun
'^^^^icaue.4U- uns uvant }.C. AinCdcs
3' liiBtt»»- (fpitaphes. Ccil à nos favans k
jadicicus antiquaires de l'académie roya-
le des Infcriptions k Bcllcs-Icttrcs à dé-
cider lï cette nouvelle explication peut
frre aJmifc.
(1) Jmntne cil là pour Juiimi. Rtg. eft
fans doute l’abréviation. de Krjiiia.
(j) Httrcn» au fingulier peut être
pris ici comme un nom colIeéUf.
Feronia
^ . . êjmmtfi* En ajoutant i s & IV
fuprimées dans ce mot on a Vifmuunfti , »
ou n/tjurenjît , en changeant IV eo i , à
la manière des andens.
(5) Didron pour dedertmt. LV du mi-
lieu du mot & le / de la fin font re-
tranchés. LV tient la place de IV Ce
cbangcmenc c(l ordinaire dans les mo-
numens antiques. Le fens de cette inf-
cription eft donc : Les Dames de Péfaro
ont fait ce ptéfent à la reine Juoon ,
époufe de Jupiter.
(6) Le mot D^ndisnii peut fc rapor-
ter à Cifula Atilia , donc il aura été
le père ou le mari. On peut auflî le lier
avec le mot fuivanr.
{7) NomtÜA vient peutetre du root grec
, dijirihmh.
(8) Dedt , pour dedu L*i fe change
trcs-fréquemmcnt en e , même dans les
bas cems» On peut rendre ainfi en' la-
tin ordinaire cette infcription : Ciftdm
Atilim DendsMÜ donativs dfdi. Nous
n'ofons cependant gaiantir cette expli-
cation. ’ ^
by Cî>ogl(-'
DE DIPLOMATIQUE.
StatUio dede , ŸOm.dtdi. On eft encore re4evable au même,
auteur de ce modèle d’écriture antique.
,, L’écriture latine , d’où réfulte la quatrième efpèce, fe ra-^
jjorte aux rrois fiècles , qui précédèrent la naiflance du Sau-
veur du monde. Ces tems, que nous apelons le quatrième
âge , ont produit des écritures lapidaires & métalliques ,
dont les lettres n’ayant que.destraverfçs peu obliques ,,apro-
client de la majufcule ou capitale oadlnaire. Telle eft r». U
fameufe infcription faite en l’hormeur de Lucius Scipion ,
environ i j?. ans avant J. C. En voici la leâure : Honc (r)
oino. ploirumt. cofentiont. R duonoro. optumo fuifi. vira
Luciom. Scipione, filios Barbati confol^ unfor. aidius, Hk.
ftut. ahec. cepit Corjica. AUriaqiu. urbe. Dedct. Tempef
tatebus. aide, mereto. On peut juger par, ce modèle , ain^
que par les précédens & les fuivans , de ce que difent Ci-
céron ôc Quintilien du ftyle barbare confus des anciens
Romains. Le célèbre P. Sirmond déploie (æ) fon érudition ,
pour juftiâer les folécifraes U la mauvaife ortKo«apfie de l’mf;
cription de Lucius Barbatus. On juftifîroit aufli bien les an-
ciens diplômes , réprouvés par (a.1 le P. Germon, à caufe
II. PARTIE.
S.I CT. I II.
■’r
I.,
IV. ESPScE.
.1
(.i
{t) Voici comment le P. Sirmood e»
pU<]oe {k) cette inrcciption lapidaire ;
Hune $tnum flursmi confntiitMt Rom* ko-
nonuH ofrimum fftiffo vimm Ltieium Soi-
ftoium. Fiiim Barkmii, eonful. , tJHit
kit fuit. Hit ttfit CtrJicMm Altrimmjiit
utktm. Dtikt Ttmftfiiutkmi uUm nwn'r).
Ced-i-dire ; la plopart coavienneoi à
Rome tjoe Lncioi Scipion droit le plus
honndte homme des gens de probité II
dtoic- fils de Barbatus : il fut conful ,
bebfcur i édile. Il pritTilc deCotfe 8c la
ville (fAletta. Il lit bâtir un temple aux
Tempêtes, avec beaucoup de rairon.Les^
■ mots A /./r. ’«pt> peuvent lignifier . Ai'
Lu ctfit , on fimplement mtetfh } mais
non pas, Hietefii. Ovide an livre i. des
Fades ooas aprend <]oe Lucins Scipion.
voyant fa Bote prête à être Ihbmergde
devant file de Cotlè , fit veto de confa-
crer un temple à la Tempête. Si ton en
croit (e) Tite-Live , Lucius Scipion , qui
's'empara de 111e dC'Cecfe , étoit fils de
'Fnblins Scipion Sc non pas de Barbarot.
Le P. Sirmon veut «lo’oh itù raportc plt-
Tome II.
côtà l'infcription qn'àl'bidorien. En dfer,
les monumens antiques font plus fuis {i)
que l'hidohe. |-
(t) Il faut que ce Jdruite n'ent pas
la plus légère notion des anciens inonu-
mens , ou qa'il checchit à faire illution.
On verra dans la fuite de ce chapitre ,
qae les termes 8c prefqne tout ce qu'il
coodamne dans les plus anciens diplô-
mes , fe trouve dans les iofcttpcions lapi-
daires 8c métalliques. La vraie raifôn de
la barbarie do dyle 8c de l'onhographe ,
qui régne dans les chattes des vi. vi t.
8c VIII*. fiécles , vient de Pétât od
étoit alors la langue latine. Elle cd de
telle nature , qu'ii ed ttés-dificile de la
potier bien, à moins qu'on ne Pécudie,
ou qu'on n'ait de converfation , qu'avec
ceux qui la parlent parfihiement. I Cela
n'a pu Ib retKontrer que pendant peu
de tems même à Rome. Le latin 'devint
pins poli) lorfqn'on l’étudia i mais H re-
tomba dans fon premier état de barba-
rie , quand les études furent abandon-
née*'.’ Aalfi voyons-nous des traces bien
Zz Z
(4) Sirmend.
^r.i. 4* tcio J
& H-
{b) Jhid. C0l. 587.
(r^ Ub. 9-
(J) V. n*trê T.
fm*. p. 54.
fiÙVo
DiÇ, ' llÿlf
II. PARTIE.
S 1 et. III.
ÇllA>. XI.
Articlï. I.
(4) SiutrilU
f. 8S.
(I) IM-t- tt.
(c) Dt n diftm.
/• 3 4 J.
U) Dt nuit R*-
maijfir. p, il 4.
. '
S46 hîÔUVËAU traité *
âe la batbàïié ée leur ftylè & de leur orthographe. 2». Le
mot Roma fur une rnédallle du cabinet de S. Germain des
Prés de fur ufié molioie (a) de la RéOtiblic^ue rontaine , ofre
un A dont !à ligwe Moyenne delceAd du côté droit, j®. Roma
for (B) une aùrte monoie i pfelr ptès du même rems préfen-
*e tio A ttayetfé Oàt Urte ligne ordinaire. 4®» Deixitii
(i) ¥raéiot(t) ex k. l. i'|) quairé (4J tipa (f) Huatels [6)
liS} N. ù. M. (7) {^ttoüens [9)’qüotHqUi bif. in Uno, ubi
dkai pàrtéi Ùè. Ôuod'JÎHe niafo {9) ptqulàtum fiat. (10)
/•/. quel &c. Ü.'Mabilfon , ^ui ’ a publié (c) ce fragment
d’une loi rdtttai^ , Yéft ihftetm d’en fixer le férM èt la lec-»
tùre'. Efi éfèt , èè-ij|ndttütttfen.t eff três-obfc^ ; pour ht pas
dite mfotelÜgiôle'v' Ptirceÿlé kîi 'déux deéniètes lignes font
coupées pat oes'ècdj Léif iBittWii Y fonfifTex régulières |‘fî
ce h’eft fes' tlnéi font plus grandes cjue lei autres. Dsltls
le mot eifià ^ le P a la flg;ute dit f gl^. Les figures deS P,
Qj'S, wi^it beaucoup dans Tefpace de ces trois' lignes
d’fctiWré tWtitfue.'’ Y*. Lé'Senafus icortfolte ■ithdü' f lb)
fTii t'3; ri'jrt 1 ■*, m, . , i, , i i r'.i .
iMfqntcSda llfHr 8tt Roitiiini,'
étoit ton. ans avant i'crc chrétienne ,
dans les mlT. U («sdiploaMSÿurtin’n ia^>
fiècle A idCbm Ai.delà ca cenaiBa püs.
Le latin im^Ii Te maintint caiiiOon dans
les c4a)pagMt i camatc «'y 1 maiixtent
noue vietuc gaulais. Cafia.s‘d|W)S lotat-
leaKOt cariotnpii , <ao2 par U , dénr
deaae dbt étosks , ^e.pai l'iitagC: >
Creoc ks nationa baébans , ileliNUMMiér
liuie* à aos la^iKS vidgairear ir<
{1) OrÙMnIr PraPMr, oa tiea<k Diti*-
tit Prtttr. ..!■• : . ■ ,i ..
(1) S» h.h Cea"4tfR iktitiatkMiS 6-
gaiJicnt,«J(Ji*i«(i(jlji»9t îni.h , .
( >) gaakracHCW p«»fwe k premier
Inot de UlaÂtM*MM«>CB vccttide la-
aiielle le pMki>T devoir proneaeer. Peu-
^ akC p«a»r4 «^->1 peor ftttii rt, tfm
. . . - J : . ji i., . . ■ j
c /lii'lÿan ApanraBtac da Mot geecj
Okarrlrpautdlrant.
•s H S. Nv te peeaikie abrdviurant ^
.figjâiM kftetcesi A l'N «MiMim qa aa«e-j j
.minm. La figure , gui eerntiac iàf ga-| |
.4M plaache la peeckièie üÿÊt-, sm%*{l
ttfc" Ètr t? lé Vin .M; tt lignifie rmfSnfc
mUU» , félon D. Mabillon , qui cepea.
4*at n'ea aponeaucuae weuve. La »(me
figure rcavcilllc vaut du mille daas (1^
Vtjsu. 1
I <7l I2a«'««» aa Ucade jgna-
.r- .
t >-}MaéParulB<><» pour featUim. Le p
.lünt MUTCDt la place du r , dans les mo-
hoaiens les plus anhquca.
Pr. qtui : ('câ^-dite , Prttarfti.
Quoique pcefquc tous les mpes, qoicoin-
pofcat.ee fta^cut Ibieat claks;llcft
crci-difictja d’y trouver un koi aer A
fuivik Et c’eO peutétte pour oetee rai-
fo«i qu'oa ne le, ceacoocie |to<nspata>i ks
reflet des aBciCBBps loiz, que Ig. Ter-
raliÔB U recueillies daat foa Hiftoire de
la Jurilpmdcace tomaioe.
.(la) tfiaibieu Egiu ,. dans. foa ex-
plkoiida du SeatitM coufuite cooncles
Êacchaaalcf , e>ara3ae ea ddnil tout ce
quietneerpe casKies du pagaoifme Gn
,BC peur Ike fiais , kdair d^orrciB ks
tabakuMiions ^ )0C oulce .infàafil des
payiktj 4ui prétcadoieat boaoMr kats
fiw» Diana pas datenotas U dca foliet<
D: iiîizüij bv Godc^U
DE D IP EO MA TIQUE.
contre les bacchanales i86. aas avant J,C>TBft4iWi«.6çriwçf ^SS^SS^
‘moins polie. Nous le donnpcis d’aprèsJe nlP4ète , .n. ipaat.ie.
publié ■(«) Matliieu Egypcio ou Egûsi. 3U esft çiré d’unie t»-
ble de bronze du a^ûiec 4é TE^potuiir. jNou$ je JaToiw a R«XCt.C„ X.
ftinfi : .... Li) Marcûff. L. F. S. h. F. Qof. $4t
natum (i) confolueniM. N. 03pb.. apu^ wdtm, {j)
elDnai.Jc. aff. (4) M. CUudi M. F. l. ViiUri.P.. Q. F. AC ^ ''
nuei. C. F. de Bacandibus \%) g.Uei feidenttei t^nt. itfi
exdeicendum. cenfuere. Nei quis epruM. \6^ Sopmed. iitr
buife. C7) vekt. ( %).fei ques - efemj'aveh {») fiketi. deieer
rent. {16) aec^us. tfe. Bacanal. bd/ere. {il) et^. uni. ad
Pr. {n) .urhanum, Datks ce modèle li’ectimre antique ;ln
qui foDC rougir. Rien n'eft plus propre
i faire conoitre dans ^ucl abîme de td-
odbrcs 4c de fsnatifme dioienc plongées
les nuions les plus policées > aranc gne
le Sauveur du monde eue répandu fur
la terre la lumière de Ton Evangile.
(i) Deux lecrtes ne patoUTenc pus fur
la crible de brome , lavoir le Q 4c l'M.
On a rétabli cçcce dernière dans notre
iplanche.
, (s)C«is/Mw<r«ar pcsnrwryâifiinini/. les
anciens tendcyienc I* iôn de i’v par la. Ils
dJfoicnr vchh pour vuttis 8cc.
( ) ) ÜKtUnMi . lirOmM , pour Séttt-
«4. pa dilbic anciennemem dtumm pour
beans y diuHum pour btUian &c. On peut
l'cmarcjucr ici rancic|uirè de 'l'orage de
: drefti ica aâtt pdiljis dans les tensples.
(4) MaibicuEgkiactudevoirJircfè)
ARF au lieu d'AFF ; parccqu*U n'a
pas connu la première F , ^ui rcITeiBblc
un peu à l'R. Il a interprète eette abié-'
viacion par »dfutruni. Mais afutrtmi cil
la vraie leçon. Serlbnda afuttkni cil
une ibtnuile ttcsxoonne. Ellejssprimc
la prèfencc des auteurs 8c des témoins de
l'ahc dielTè. Nous en avons un a«KC,
exemple dans le Sénatus coofultc donné
(-) en faveur des Juifs.
is) S.“‘‘ foideraui tfinl , pour faderMii
rjftnt. La dipbronguc grèque lî s’cH chan-
gée en M cher les Latins. L'nfagc de ne
point redoubler les demi-voyelles com-
me dans tftttl dura jufqu'ii Ennius , qui ,
le changea. Avant lui on difoit ftcitfi
pour fuiffi. Ce fut du icms de Cicéroii
T,>
è> V .
qu'on dc>pb|al^ ,qni fe tnwspit afn .«q-
Heu ôù à la rnice des voyelles longues
eomne dans sènvjÎMMr. • (é) ïUJ.f. Mt-
(<) pflqr,p4«ÿBal, pmyije • t . ■■■
bévue nunifefle de l'attifte , grava çe .
fameux Dccrcc fur le bronze. ' ' ’ '
(y) ilniauyisWt/rpoar AsénÿiWrX'Jcs
^eieiisfcjootfouv^nf lÿiliiiis de.r«^i)Ojlt •«'»•
‘l'i. Ilsdifoient ctfa,txemn^»rpta/i/. <iefi i4.'f,ç.i
Set. pcmr erptr, extmk, trmndt, -eirittif.
isj &i(s^>nr. Bottt/îpMiiÿhrr.l^ )
lîngalier fnù , les andensont formé le
pluriel fuii , dont lé datif n'efl pas ym/i,
mais fmbm : comme 'le datif de civti
ell civilms. -,
jjX Sibei dti<erml pour Jî^ dictrtfu.
On trouve foirvent riant les infcriptions
ttfüâcttjtniUi ,Jéttn»iyftUm, yjtiv». ~ ' i ‘I . i
Lucilim,,a« laMrc-.dc puipdUen. , {d) Lié. 1. 1. 7-
vouloit qn'on ccrivâc futrti , au lieu de
pMrri.
premier mot aéré jpaiéciit par le graveur
de la Uble.de bronze. '
v) Efwpoufeû. Dans CsutcrZC'Fot-
vius UrCnus ce mot cil prcfquc tonjouts
écrit ieit. Après ti> , il faut fuplécr daps
notcc modèle txdictndum tjft.
( I z) Après notre petit commentaire -,
il cfl allé de rendre linfi en latin or-
dinaire le Sénatus-confultc. Murcixt Ut-
tii filim , Sfuriui Pe^xmiu .LuciifUm ,
C«s|/Mrr SttnUKm uafnlutTHM Hmù Oc-
Ictrh »fu4 idem Bcttûni. Scribenio jf-
fittruBt M, CliHdixs Hiati filùu ,
cm VxteriM Pnblii fiUm. Ô. Minucim
Zzz ij
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j4* ^NOUVEAU Traité
tête<lu P s’arontlic fid perd la forme du r. Les A font tra-
II. PARTIE, yeffés far uirè ligne horizontale.
Ch aI. xi, 'La cinquième clpèce eft à lettres hautes & d’une forme
Articli. I. un peu ruftiqiie,- EÛe fe mdniiêfbe dans quatre infcriptions ■
V. ESPECE, poftérieurès à l’cre chrétienne'.' Ld première eft une ancienne
(«) Butnamoii épitaphe, trouvée (a) dans les cimetières de Rome. Pref-
a vtri. f. i«4- que toutes les fyllabes y font féparées par des points. On
y fait une -prière pour'le. rfepbs de l’ame du défunt , auquel
on porte la parole. Eu. ho, di. oni. ma. ri. to Ty. che (\)
cum, quemfecit.an, nos xvrii.Spi.n^tus.tù.ustn [i)f>acèi
La fécondé , L. Pomponio Vtrio Cof. c’eft*à-dire Confuli ,
eft tirée d’un monument 'Ç dont nous avons perdu l’indi-
cation. Nous en fommes d’autant plus fâchés , que le nom
de 'ce conful ne fe' trouve pc|int dans les Faftes confulâires.
,r La troillème eft gravée en r4icf fur .une lame de cuivre ,
(t) y.iimicr. an- deftinée th) à former la fignature de celui à qui elle apar-
'■ ’■ tenoir. Cette infeription n’a que ces trois noms : P. Pot.
Ly. c’eft-à-dirc Publii , Potamii , ou Potentini owPotiti,
(f) Sn/pUm. * Lyfimachi ou Lyfandri. La quatrième publiée d’abord par (c)
r,difhm.f. u4- p) Mabiùon , ôd ‘cnfuite pat le fénateur {d) Buonaruoti ,
(/) offmmtieni eft de l’an'^ jS. tic J.C. Nous n’en donnons ici que trois
;. xvj. lignes eh écriture capitale un peu alongée. On les lit ainfi :
Anime innocenti Gaudentiae , <jue vixit annos v, menfes
VII. dits XX. in pace. Dans cette épitaphe l'e fimple prend
deux fois la place de la diphtongue <c.
yy. ESPECE. Une écriture tres-maflive caraâérife b (ixième efpèce du
premier genre des lettres capitales. Un feul modèle fufit
pour la repréfenter au naturel. C’eft une forte de médaille
(f) Sufim. a (e) de terre cuite , fur laquelle , en commençant à gauche
rwj. ,xfi. 1. 3. pjf le pins grand cercle , en finiflant par le plus petit ,
pLtf.n.t. * j„ c.:.„ .1 D AA
nous liions tout de fuite Marco Ponpeio Macrino
faire feocir le torc<je ceux qui ont ata-
CipV //iML BatMitAtibus qui fœtterAii
tÿini 1/^ tdittnAutn ttnfuiht : nt tfuis
r$tm BseMMAl habtnjpi x/tlUt. Si qui
qui ftbi dicertm necejfum ejpt BacAHMi h*-,
htrt iii tai*' Md P àtertm urbaMum
(Kamam vittirtMf, J '
(j ) Ckm qntm TOUf eum que* Nous nci
'itmarquoni ces fel^cïfincs fi ordinaires
dans les inlcriptions iomainc$ >qae pour'
les chartes mérovingiennes du côté
U Ayle Sc de la mauvaife larioicé, qui
ne fe montre pas moins k découvert
dans les monumens lapidaires & métal-
liques.
(i) II faut toujours après I/f par/ tous*
entendre requiefiat , ou quelque autre
mot fcmblable.
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DE DIPLOMATIQUE. j45>
Vuhllo Juventio Celfo confulibus ex pecunia Flautia qui do.
Cette infcription capable (i) d’arctcr nos plus habiles anti- P*» tu,
quaires eft ae l’an 164. de J. C. ^ c^HA*p.*xr.
La dernière efpèce fe diftingue par une écriture grolfière a »t i ci r, it.
& ruftique , qui a duré depuis ‘l’empereur Condantin juf. yil‘. ESPECE.
qu’au XI®. Cède. Le premier exemple, que nous en donnons,
eft cette infcription (a) du fceau de Childebert III. Chil- DtTtUfim
z>£. ... R£X f racorum. Dans ce dernier mot l’N eft;.j»i.
Ciprimée. A ce modèle du vi 1 1®. Cède fuccède dans notre ' '
planche une infcription des phis barbares de la fin du ix®.
Elle fait partie du \)>) Dyptique facré & profane d’Oddric SuppUm. a
abbé de Rambona dans la marche d’Ancone. On y aprend ''
qu’Ageltmde , époufe de l’empereur Gai, fie bâtir ce mo-^ '
naftère. Confefforis (lyDomim fanclis (3! Gregorius , Sil->
vefiro , {i{) Flayiard (3) cekobio Roodjoaa Ageltruda conf-^
truxï. C’eft moi , Açedtrudé qui m fiât bâtir ce monaftère ,
en l’honneur des faints confélTeurs du Seigneur , Grégoire ,
Silveftre & Flavien. Le troiCème exemple d’écriture grof-
Cère & malBve parait fur la couverture oe l’Evangile, qu’on > . i
prétend écrit de h. main de S, Eulèbe de Verceil. Aù x®. "• '•
ficelé le roi Bcreilger (c). fit couvrir ce précieux raf. de la- (^) BUiuhbii ’
mes d’argent , fur Icfquelles il fit repréfenter S. Eulcbe ;
au-deiius duqud font gravés ces deux vers ^ tcHxàx. <
Praeful hic Eufebius fcripjît , folvitque vetujlas :
Rex Berengarius ^fed reparavit idem. ^
Dans ce modèle d’écriture la traverle de l’A formé une lo-
fange. Le B & le D font ouverts par le bas. • ’
III. Si l’on compare les modèles dé la plus ancienne écri- jc u™itt's^ari
tute des Romains avec ceux qui reprélèntent l’écriture cieonc du launs.
( I ) On pouroic pcuidirc encore mieux ejue ce> ùtans te tOtrex , qui .ont
Tire en commençant par le plus petit voulu expliquer eette inrciiption n'aiint
cercle : Opus dtlixn tx frdJ» PUuiUni pas fait ufage de l’O K du D renfet-
QuinetHUni , ou comme veut le P. Bo- més dans le petit cercle concentrique,
nanni , A^uinxtis , Mxrco Ponptio M»- (i) Ctnftffms an lieu de ronfejfcrilrttt.
frino PuiÛo iuvintiff fonfuUèut. Il y a (]) Gre^ortiu pour Gre^arra.
nn Plauius Ptauiianus parmi les confuls (4) F/4vr«»i pour F/avrana.'
le un Plautus Quindlillus. D. de Mont- ( 5 ) Ctnchio Kcmf a»« à U place de Ca-
faucon regarde la leçon du P. Bonanni nUimm Ksmtenxm. £ff-il un diplôme ,
comme harardfe , aiufi que plufieurs au- dont lo ftylc foir plus barbare !
très du Q>djne auteur. U eft plus lïoguUci
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II. PARTIE.
S 1 C T, III.
Ch AF. XI.
A A T I c L Z I.
(*) Ci-dtffiu,
f. fof.
II. GENRE.
V. ESPECE.
(t) Mnmineiit.
vrUr,Aatiif.}t^.
Dt Ttman*
D.Ptiri
tfifcepMtu. Vlert»-
tid I74t-f. IJ4.
JI. ESPECE.
yyo NOUVEAU TRAITÉ
lullique; on aperçott ftupreaûer coup d’ocil que celle-ci des-
cend en dtoice :de h pteaûère. Les /lettres de récritu-
re ruftique (aj font peintes ou rtacées nég%emnient Sc fans
nulle élégance. Cieft à la repréiènleef (ôus ces divetlès for-
mes , que le iêcond genre de nos écritures lapidaires Sc mé-
talliques eft deftiné. 11 n’eft cependant cotnpofé que de cinq
elpcces..' ... ..
Là première eft id'ime ^écriture antique , boftuei, tortue,
âc (pielqueËais tsrminée par ideux pointes , en petits croif.
fans , ou en bouts alongés & fuperflus. En voici un mâdèle ,
ciré des deux infcriptions lapidaires des Frères Arvales, pu-
bliées par (S) Philippe de la Tour , évêque d’Adria : In luco
Deae. In luco De<u Diae. c’eft-à-dire , /dans le bois làcré
de la Déefte (i) Dia. Dans la jprttnière kifcripcion ,qui eft
de l’an 8 1 . de J. C. les mots lonc féparés par des points ,
& l’on voit un accent aigu liir lùco. Rién de femblàble ne
fe montre dans la lêconde qui eft de l’an 183. Le fécond
modèle de cette efpi^ d’écnture ruftique eft une épitaphe ,
publiée par (c) M. roggini. Voici conunent die doit ccte
(i) lue ; Bona 'memoria FaJite Péri Amtii filial dulàjfimte ,
vixü anno i. Dans cette inlcription les thavecfes des A
ont crès-irrégulieres , ainfi que les bafes & les Ibmmets.
Une écriture médiocrcmaitruftiqHe ,8c chargée de quel-
ques traits obliques 8c lingi^^s,conftkue la fécondé efpcce.
Son premier modèle elVcettfe iiilcrîption : Deo Mercurto &
Rofmerte Cayitiiii T^ti fitius'ejc 'Veto. C’eft-à-dire : Cantius
fils de Titc » oftrt ce voeu i Mercure ( Dieu du négoce
chez les Gaulois , )'& à Rofraerce ( DéelTe des plaines ou des
campagnes. >Cette inlcbipcion, ('i) gravée lûr une piene ,
( I ) Selon (d) Straboo , Du cA Hcb^ ,
Dé^fTe de la
(1) M. Eoggini croit rioTciiptian chtd-
ticnoe , paceeque B. M. c'eA-â-dire Bc-
tummtrid en tdec coovicnc aux chié-
aiens s au lieu <)ue ccUcz des payens fi-
jùAenc par Brui mernu^. Dans la m(me
note U ajoute : ÿiud *à rumm
VtriMiHi ( rpril £>it d'uoicul mot ) a*mi-
.mm Ulu , dtfiàtM* Uh“^ UtinA , toià
nui rcmimd nfttUieÀfMOMm tfi , umHl-
IM miditkri» ntmin» "hiuic fiii ' mtfrnti
ttrmm»timtm. On ne conteAe point le
/aie i mais oo eA per/uadd qu'il /jut
lire X'tri Aruni : ce qui en fine di[}<aroi-
ne l'apliCatlon
(t) Toute (impie qu’elle eA.clle a don-
nd de l'exercice à D. lacqoe Mariin.
i”. Au lieu de Refmtie , qui fe montre
fiins aucun nuage dans l'infcripcion , il
a lu Pojvtrte ou Privent , la DdelTc des
acouciscniefis. i°. Au lieu de C»ntmi ,
il a lu , d’aptds Gruter , Ca>»> Antiui. Cc-
peudaor là C <A cooôgu à l'A & n'en c A
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DE. DIPLOMATIQUE. j.ji
trouvée à Langres , repréfencaoc les bultes de Mtirtiure &:
d’une DéelTe , a. cauTé de pands (a) embarras aux atuw
quaires , quoiqu’elle foie cres-aifée à lue.
Le fécond modèle eft tiré d’un ancien monument , qu’on
peut qualifier diplôme autentique de l’empereur Galba. Ce
font deux tablettes de cuivre , qui contiennent l’hottéce con.-
gé acotdë par ce prince à des fokiats vétérans. Voici iss
trois lignes , que nous en avons &it grivet , d’après (^) M.
Madéi : Drfcrif inm & reeognitwn ex tabula aenea , auae,
fixa, efl, Romae in Capitolio in ara gentis Juliae. Dans
cet inilrument de l’an 6i. de J.C. la conjonéHon du P avec
le T > âc de l’M avec l’A mérite d’être remarquée.
La troiüème efpèce d’écriture rultiqiie eft des plus irré^
gulieres. Ses caraâères font ferrés & chargés de traits fit-
perflus. Notre planche en ofre un exemple infigne dans l’é-
pitaphe chrétienne , publiée par i’ilUdlre fénateur (c> Buc»-
namioti. Voici de queUe manière elle doit être lue :
'■ ï X 0 T C.
Ceft-à-dire : Jàsus Christus Deï FilWS Saivator.
I. Pofiumius. EutJujÿaa tfideüs , qui gratia (i) fanSa con-^
fecutus ,
X. Priait natdli (i) fuo ferotina hora. rtidit dthitum. vitae
fitae J (^i vixit i
0. Annis fex , & depofitus fT. idus julias die Jovis. quo &
natus efl. Cujus ;
Y. Anima cam (3) fanSos in. pat*. FUio béai mererui. (4)
Poflumii F elicijjîmus
C. iV. & Èutheaia. & Ftfla. avia (3) iffiius. M 1
JK>ÎD[ l^pari ptr no point ou pat quel-
que choTc <1 cquivaleot. Quelques autres
antiquaiies ttourrnt fimiirte , où de
bons j^enz o'apcicevtoct jamais que
Rifmtru. Ce deioiet Dosi oout Icmolc
purement gaulois ou celtique. Il eft
compord de rw ou ref pleine , Sc de
tntT gardien , ou de mim , qui lînific (J) l
avoir l'intendance & veÜlcT à la gude
de quelque cbolè. » L'alliance de Mcc-
•> cure, 8c de Poftvcrtc,ditb.JaqucMar-
» tin, eft quelque cboTc de bien imgnlicr 1
» 8c de bien tare dans tous les monu-
« mois , qui icftcat de l'antiqaité. « '
Mais quand on Ct rinrcrÿtiôh , com-
me elle doit {CK ;|q«e ^ la ' iiogalariçt
dirparpit , 8e raltiance de Mcrcute &
de Poflyarte dcTicnt c.liimdiique.
( I ) Gracia jourjrariam /âiiSaà».
Nons^enccndoi» c^i püots dû baptême,
qu’on n'acordvit aiif cnCuit , que lotir
qu'ils dtoiant ça dai^er de mon. Ob .y
joignoit alors' la Cob£rmation 8C l’Xu-
chaciftie, fil au lieu de iifar
utiii fiù. (JJ Càm fiiiSiii eft mis pour
cHm fl^u.iù P(^*aw»eftvraircmblat)ie-
inent pour 1 j ) Ipftiiu foai ip^.
(<) Au haut 8c au côté sauebe de cette
II. PARJTIE.
Stic Tr-'III.
Ch*». Kl.
A a T I c-ia, I,
(a) La Etlifien
dts CmuI. I. I.
^ 314- m.
(i) 1/hr. dipltm.
t- JO- 5'.
IJl*. ESPECE.
(c) Oÿirv4iMiii
Jàpra fram. dt vô-
tre p.iy.iMveU
\
. ...’ù. .a
(d) V. le RMwntat
Diâita, th li daa-
ptrihéé. ee ni.-
tiqœ.
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II. PARTIE
SiCT. III.
CHAf. XI.
AjLricii. L
JT. ESPECE.
(a) Süflem. A
r And», txfl. t. } •
fJ. Vlll.
(t) Di Btfdfm,
C. !..
(r) SnfUm. A
yfi NOUVEAU TRAITÉ
Voici la craduAion de cette belle épitaphe: » Jesus-
» Christ Fils de Dieu notre Sauveur. Ici repolè Poftu-
•• mius Euthenion du nombre des fidèles , qui apres avoir
» reçu la grâce du faint Baptême , la veille du jour de fa naif-
.. fance , mourut fur le foir , n’ayant vécu que fix ans. Il fut
>• mis dans le tombeau le jeudi 1 1‘=. de Juillet , le meme jour
« qu’il étoit venu au monde. Que fon ame jouilTe de la paix
A» avec les faints. Poftumius Feliciflimus,N. Euthenia,& Fefta
" fa grande-mère ont fait faire cette épitaphe à leur fils , qui
» a bien mérité cet honneur. •• Dans cet ancien monument
de la piété chrétienne , l’A manque prefque toujours de tra*
verfe , le B eft ouvert par le bas , l’I reflemble quelquefois
à l’E & l’A à l’R. On y voit le C caré &c des T extrêmement
finguliers. ^
La quatrième efpèce eft d’une écriture longue & maigre.
L’infcription (a) du Dyptique de Balile ( i ) conful en donne
le premier modèle. Elle fe lit ainfi : Anicius Fauflus AU
binus B ajîlius vir clariJJîmus.'LeÇtconà modèle eft la xi 1 1'.
infeription de M. Foggini,qui n’a pas déchifré les dernières li-
gnes. Nous la lifons ainll en entier. Bonà Memoria,
nie (i) jacit Segetius de fchola^ gentilium qui vixit
iafeription peincc fur un morceau de
verte , on voit le mot grec I X © T C ,
poilTon. Il eft compofé de cinq lettret,
qui piifcs repar^mcot forment cet noms
adorables : IiViv; XjiVw > 8*»”
T»g. Jefns-Chrift , Fils de Dieu . notre
Sauveur. Le mot \x ““ fymbolt
que les premiers Chrdtieni fiûlbient gra-
ver fut leurs cachets , .leurs anneaux ,
fur les lampes , les lothbeaax & les ur-
nes fépulclirales avec la figure d'un poif-
fon. Ce pieux ufage failoit allufien aux
eaux fiierees du Baptdmc , od les fiddies
foor tfgdnérés & aqudrent la vie fpiri-
racl.c de la graee ; comme le poilTon
eft engendré dans l'eau & ne peut vivre
bots de cec élément. Aullt {t) Terrul-
üen apellé-c-il les Chrétiens petits poif-
fons. N« fifàcHÜ ftamium ix hdr ntf-
tntm Ufitm Chrÿlaim , r» qtte nMfcimwr,
La piété éclairée des premiers Chrétiens
leur âilbit encore voir dans le poifibn
une figure Icnfible de notre Seigneur
JcfuS'Chrift , qui a cballé le démoo &
rendu la vue au geure humain j comme
ce grand 8t myftérienx poilTon , dont
le jeune Tobie fe fetvic par ordre de
,TAnge, chaira le démon, Sl tendit U
vue au faint vieillard Tobie.
(r) » Ceft Bsfile (r) apellé dans les
» Faites Bnfiliiu junifr , tc c'eft le det-
» nier des Confuls. Il fiic élu conful en
» 54t. & dans les années fuivantes ou
>• compta , Afrh U cmfulat dt B»fU /‘«à
» 1 1. t rr . !v. 6- /«/qx'Axviti. « 11 y
a plus : on compta de la forte jufqux
l'année y<f. qui étoit la 14*. du Poft-
confulat de Bafilc , félon quelques auû
teurs. En jSy. on compta de la pre-
I miéte du Poftconfulat de luftrn le
jeune , & cette manière de compter
les années du Poftconfulat des empe-
reurs fubfifta jafqu’en 448, qui étoit la
s4*. du Poftconfulat de l'empereur CoD-
ftant , petit fils <THeraclius.
(i) dacit pour /'aert , par un change-
ment ordinaire de l'« bu i.
(j) Après le D , U faut fupléer l'E
* • (4. annus
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DE DIPLOMATIQUE/ jy,
(i)ànnus iriginta& oclo ,depoJîtus fextoidus februarü. Dans
cette épitaphe le G , l’F & le Q font remarquables. Le troifième
modelé eft cette infeription qu’on trouve au haut d’un (a)
Dyptique anonyme : Et inlujlris ex comité domejlicorum
Patricius conful ordinarius. M. Buonarruoti (b) croit que
les lettres de cette infeription font femblables à celle du
Dyptique de Bafde. Il en conclut que l’un n’apartient pas
moins que l’autre à ce conful.
Les lettres tortues , & à traits demi tremblans conlHtuent
une cinquième efpcce d’écriture ruftique. Un feul exem-
ple la fera conoitre. C’eft la légende d’une (c) médaille de
la fin du x'. liccle , fur laquelle eft repréfenté Crefcence Nu-
mantianus Patrice romain , qui chafta le Pape Grégoire V.
de fon fiege , &c tenta de rétablir le Confulat &c même l’Em,
pire à Rome. On lit en abrégé fur le type : C refendus impera-
tor.Ciffnr Augujlus ,Pater Patriœ. Et furie revers : Éxer-
citus y Sénat us confultà. Senatus , Populufque Romanus.
Le P de la première infeription de cette médaille ne difere
point de celui des anciens Grecs.
IV. Les lettres à jambages prelque en forme de batans
caraélérilent l’écriture ordinaire des médailles antérieures à
la naiflance de J. C. Ces lettres le foutinrent encore après;
mais infênûblement elles devinrent plus rares. Elles le mon-
trent dans les fept efpèces , d’où réfulte le troifième genre ,
à traits ou jambages arondis par les bouts.
La première el^ce eft diftinguée par divers modèles d’é-
criture ordinaire , dont les lettres fe terminent en batans.
i“- fur une monpie {d) romaine ; au-deftbus d’un beuf ,
qu’elle repréfente , on lit Roma, & au-deftiis L. qui ligni-
fie libra. a®. Une autre monoie, firapéeàRome, aoa. ans
avant J. C. nous donne {e) l’infeription , P. Païtus. C’eft
Publius Paetus conful avec Cneius Lentulus. 3®. Sur une
médaille, figurée dans le Prologue (f) de la bibliothèque
univerfelle oe la Polygraphic elpagnole , on lit O b u l c o.
n PARTIE.
Si CT. III.
Chai. XI.
Articii I.
(m) Uid. fl. Ji.
(t) Ibid.f. tty.
r. ESPECE.
(f) Mnÿêi IV-
roK/i illMjlr, G*Uf
rit. etl. 171. 171.
dint t'originil. L'école militaire deifj)
Gentils , dont il e(I ici parlé , étoic noe
tronpc de gens de gnetee tità des na-
tioM 'barbares , auxquelles (b) on don-
Doit le nom de Gentils. Il j avoit aulli
Tome II.
des écoles , on les Chrétiens aprenoient
l'an militaiic arec les autres fujetx de
l'empire.
( I) Aaïuu fe tronre fiéqDemmeot dans
las iorciiptioiu pour omat.
A aaa
Ecriture à traits
arondis par les
bouts.
III. genre.
t’.ESPEC E.
(d) BonttreHC.
t- 74-
(r) The/Mur. riM-
nu/m.MtrtI.f. t.
7.
{ f) Ftl. V. vtrft
». 4.
(r) SjmmM^Ht
tib. 7. }i.
KtiiiiM diptit. Im-
ftr. Lmbbi.f. *0.
idit. itfi.
(h) Ctd. Thetd.
dt nitfini GnuU.
lib. }, lit. 14-
II. PARTIE.
S E C T. III
Chaf. XI.
A X T I c L I. I.
(*; Thiftw.
f. I. 1.
(i) VAmlq.tXfl.
t. ;. fmrt, i. fl.
1)8./. ii;. 1)0.
(r) Arinfhim. t.
x.I.4.f.)7./.i«;.
(J)
/. >4).
'44-
n. ESPECE.
(f) TbffuHr. Mt-
irl.f. 174.
ff4 NOUVEAU TRAITÉ
Ceft l’ancien nom de la petite ville de Porcuna dans l’An-
dalouGe. 4®. Remo eft la légende d’une petite médaille , que
nous avons en original. j®.L*infcriptionr. Accoleitu Larüco-
lus fe lit fur une monoie publiée par (a) Morel. Ce Larif-
colus fut décoré du titre de citoyen romain, 6c créé triumvir
monétaire par Jule Céfar. 6°. Une médaille , que nous pofle-
dons, porte fur le type :lMv.Di\i.Y.ImperatonsDiyiftUcuas:
ou Imptraton Dïvi filio\6L fur le revers,Coi.NEM;c’cft-à-dire:
Colonia Nemaufenfis. La colonie romaine de Nifmes fit fn-
per cene médaille en l’honneur d’Augufte , à qui la flaterie
avoir décerné les honnetus divins. 7°. Un cachet de forme
carée Sc oblongue 6c des plus (6) finguliers , trouvé à Mar-
feille , nous a donné ceae infcripcion en trois Ci) lignes :
Pu6/ii Hileyi , Seximaci Paullini. D. de Montfaucon , par
inadvertance fans doute , a lu Sexti Maccii. g". Le dernier
modèle eft cette (c) infeription peinte fur du verre , au tour
de l’image de S. Cyprien : Hilaris vivas cumiuis ftUciter^
femper refrigeris in pace Del. Selon M. fiuonarruoti , Refri-
gens eft là pour reyigereris . C’eft une alluiion aux agapes ,
que les premiers Chrétiens célébroient fur les tombeaux des
SS. Martyrs aux jours de leurs fêtes. Les anciens auteurs ec-
cléfiaftiques emploient fouvent le terme refi-igeria , pour (d\
fignifier ces repas de charité.
Des écritures capitales minuftules , dont les lettres font
terminées en batans , forment la féconde elpéce. Son pre-
mier modde eft l’inlcription (e) de la première médaille
Mefcinia du tems d'Augufte. On lit fur le type : Jovi opti~
mo maximo, Senatus populufque Romanus ( votum folvit
(i) A l« fin de 11 pttmicrc ligne ,on
T0« un caducée. Ce l/mboie dn adgoce
figoifie que ce caclicc Icoti celui de deux
aircliands MacTeitloit afibeids. » Une
» thofè Ton fingulicfc, die D. Bcroaid ,
» ed que le ptemiee aom. P. Htltyi a
»dtd Oté k «ITein) en forte pourtanr,
» qu'on le peut encore fort bien lire. Car
» comme lei jainbci deaictttet -font fort
a> profondei ; on s’eft contencé d* en 6(cr
a> tout ce qui dtoic ndeeflaire pour fiûce
H rempreiote co cire ou en ancre maeidre
M propre k fccUet ) eaforic qne le aom
» fotvant «'imprime feul ) Cêb* que le
B premier fe puilTc jamaix imprinier )
a parceqne les traces du nom lonr trop
» baffes , pour que ,1a cire ou une autre
U maodte j puifTe jamais ateindre. Le
a même vernit , qui eft fur tout le ca^
à cbet , le trouve fur cat indmes traces:
a ce qui £iic ji^er , que la focidtd Âr
a ndgoce ayant cefTd a la mort de Piv-
" blius Hileyus , Sextus Macius ( il (a-
» lois dite Seximacas ) Paallinns , fora
a alTocid , aura fait , laucer ü» aom. àt»
a cachet, a
i
Dii'—ibyCoogli
I
II. PARTIE
S s ç T. III.
Chaf. XI.
AM.TtCI.IL, I.
(i} ItiJ. 4i».
tsk, 4. n. IV.
DE DIPLÔM ATIQUE. jy;
pro falute Jmperatoris ) Ctefaris , quoi per eum Rejpuiiic^
in amphore ataue tranquilliore Jlatu ejl. Nous ne croyons
, que la dinculté de rendre les finies des mots renfer-
més entre les deux parenchcfes , les ait fait omettre à M,
Havercamp , fans en avertir , 8c l’ait réduit à lire Impera-> ^ -
tort Ctefan au lieu à’imperatoris Ccefaris. U n’eft pas croya''
ble , qu’un fi habile homme fut pris au dépourvu a ce point
dans une matière fi aifée. Sur le revers , dans la couronne
de chêne , on lit Luciuf Mefcinius III. VIR. Et fur la co-
lone : Imperatori Ceefari Âuguflo communi confenfu. Aux
côtés • S. C. c’eft-à-dire : Senatus confulto. La féconde mé-
daille (a) Vinicia nous a donné le fécond modèle , qui eft {«)IW.a.44o.4
cette légende ; Senatus populufque ^omanus Imperatori C<9~
fari , quoi vite munita funt ex ei pecuniâ , quam is ai
ararium ietulit. Le troifième. modèle eft cette légende de
la huitième médaille {b) Vipfania : Marcus Agrippa conftd
tertiùm Coffus Lentulus. Et dans le plus grand cercle : înt-
perator Ceefar Trajanus Augujlus Germanicus Dacius Pa-
ter Patrite reflituit. Le revers nous fournit le q|ptrièrae mo^
dcle dans ces mots Senatus populufque Romarius Imperato^
ri Ctefari. Remarquez l’Æ dans cette légende. Celle de la
première rnédaille Vipfania (c) nous fert de cinquième mo- (c) uum.
dèle. On lit fur le revers : Marcus Agrippa conful ieji-
gnatus.
Des écritures perlées diftinguent la troifième efpèce. No- espece.
tre planche en orre fept modèles, i*. InviSo Camuli Ca-
mulo. C’eft la légende d’un (</) médaillon , qui repréfente (V) SntUm
Mars enchaîné , fous le nom de Camulus. a*. Roma , tiré 'xpii.",,
fur une petite monoie , que nous avons en original, j®. ^ f
Koma , copié fur (e) un denier d’argent apellé Quinarius
chez les Romains. 4“. Koma, deftlné fur une mraaille du t,, m*-
cabinet de S. Germain des Prés , repréfentant une tête de ®4.
Mertmre avec un navire, y*. Koma , tiré fur une monoie (/) (/) iM.f. *j.
romaine , apeliée fefterce. 6°. Colunia civet, c’eft-à-dirc ,
Colonia civitas. C’eft la légende d’une M monoie frapée à Ct) U SImc,
Cologne , fous la première race des rois de France. 7^. D N, i’»’""'*""»»*»".
Carlus rex—^lavia Luca. Cette double légende eft em-
preinte fur une (A) monoie de Charlemagne, frapée à Luque. 1‘ *'•
aaa ij
II. PARTIE.
Se CT. III.
Ch AF. XI.
Article. I.
ir. ESPECE.
y. ESPECE.
)
[m)
f. 1X1.
‘jy? NOUVEAU TRAITÉ
ville (x) d’Italie. Ces deux lettres (i) DN (ignilîent Domu
nus nofler. ■ >’
Une écriture totalement compofée de perles fines conf-
titue la quatrième elpcce du troifième genre. Notre planche
n’en donne que ce modèle fingulier : Catulus. Malheureu-
fement nous avons oublié à marquer le monument antique ,
d’où nous l’avons tiré. Il n’eft pas étonant que dans un tra-
vail , tel que celui que nous avons effuyé dans ce volume ,
nous aions perdu de vue bien des choies.
La cinquième efpèce eft d’une écriture demi - perlée ,
avec des lettres fingulières ou même barbares. Notre plan-
che en donne fix modèles.' i V..emus Æ. C’eft la légende
d’une {a) monoie de Thierri ou Théodoric , roi de France,
frapée à Reims. Kemus eft là pour Kemis , comme l’on écri-
voit Parifius pour Panjtis. Du côté de la croix on lit
vou ; c’dfc-à-dire vovec , 8c Filaharius , qui eft le nom du
monétaire , pris par M. Bouteroue pour un comte de Reims.-
Le favant confeiller en la cour des monoies , croit que l’O
eft un fimpl^globe placé fous la croix. Il prend le caraêlère
f^i fuit pour deux II. Mais \'u compofé de deux 1 1. n’a
rien de choquant, 8c l’Angleterre nous en fournit de la forte,
non feulement pour lignifier des u , mais des H , des M
acdcsN. r®. Victoria (j) Avioi^. xa. vou. Conob. Ceft
(i) I«c« i. Lac)iie, eft faiBoromiîe
"BUrvu ; paiceq'ue le roi des Lombards
Aotaris & fes ftccelTeurs ayant pris le
nom de Flavios , ce furnom fut donné
aux principalci villes du royaume de
Lombardie.
(t) D N. Te trouvent larement fur
les monoies de nos rois. Les premiers
Céfars avoicnr reftifé le cirre de Dtmmiii,
Seigneur , «|ui fcmblc en éfet ne eonve-.
nie <]u'i l'Ecte fupiène. On commença
à le donner aux empereurs fous Aiire-
lien , à qui l'on frapa une médaille ,
Dm tir Demiai naSt AttnUatu. Sous le'
bas empire , il y eut peu de médaillesou
de monoies . où cet deux Icmcs D N
ne le montralTeot au-devaiK du nom des
empereurs, loir de Rome, loir de Conftan-
tinople. C'eft peutétre de là qu'eft venu
le titre de Stigaeitr Rci , donné depuis
long rems à nos monarques.
; (j) Rccearcde I. toi des Wilîgots em-
bralia la foi de l'Eglife catholique l’an
587. te remporta une grande viéloire fur
l'armée du toi Contran , près de Cat-
calTonne en 588. C'eft fans doute de
cette viéloire , qu'il faut entendre Vic-
toria Aviotum de notre monoie vifigo-
thique. L'X & l'A placés aux deux cotét
de la croix voudront dite Chriftm vineit ,
OU Chrifia viéioh ; fi l’on prend le der-
nier caraâèrc pour un V renvetfé. VOII ,
fignifie vovti. Quant aux cinq Icttret
myftérieufcs Conob , ipi'on lit dans fc-
xergne ; elles font diverfement inter-
prétées pat nos plus favans medailliftes.
La plupart leur font lignifier, que la mo-
noie a été marquée a Conftantinople ,
ConjiafttinopoUohJïgaata. on Cottfianimo-
ftU , oÿicma monaaria /tcmda. Mais
cette explication ne peut guère fc foute- ^
nit ; pnifque Comob cil empreint fur
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DÈ 'diplomatique.
rlnfcription entière , qu’on lit au revers d’une monoie du
roi Reccarede , donnée par (a) M. le Blanc. Ce favant mé-
daillifte a lu Avioiiv. fans l’expliquer , & a lailTé en fouf-'
fiance les carafières qui font aux côtés & au pié de la croix.
3®. Pipinus eft la légende d’une (l>) monoie fiançoife du
VI 1 1*. liècle. Le P. 8c l’U placés entre deux I , avec l’N ôc
rS contournées donnent ce nom. » Je ne fai , dit M. le (c)
.. Blanc , ce que fignifient les deux lettres R P qui font de
.. l’autre côté. « Elles fignifient Rear ou Rix Pipinus ; ou
fl l’on veut prendre le P pour l’F , ce qui n’eft pas fans ("i)
exemple , on lira Rex Francorum , comme fur les autres
monoies du roi Pépin. 4“. TnjeS eft le nom de la ville d’U-
trecht , Trajectum , empreint fur une [d) monoie de Char-
lemagne. Tul. civiT.C’eft en abrégé le nom de la ville de
Toul, quenous avons découvert furune («) monoie du meme
Prince. M. le Blanc veut qu’on life Tuvanna Sc prétend que
c’eft Terouenne. Nous ne croyons ni l’un ni l’autre. Quand on
y pouroit lire Tuvanna ; cela ne feroit pas Terouenne , où
l’R doit toujours entrer. Il nous femble donc qu’il faut lire
Tul. civil. Notre auteur (f) nous aprend que plufieurs mo-
noies des rois de la fécondé race furent fiapées à Toul ,
Tullo civitate. Le C. eft tourné à contre fens , comme celui
de la troificme monoie. Le T ne peut pas faire de dificulté.
L’U compofé de deux 1 1. eft fréquent, furtout en Angleterre.
George Eckhart [g) avoue que notre légende eft obfcure. Il
ajoute pourtant : Video r mihi videre TuMum civitas , qua
nota efl. 6°.Redyla. monetarius. Une monoie de (h) Wiglaf
roi des Merciens , porte au revers cette infeription. Le cheva-
lier Fountaine a lu Reduad,8c apalTé l’autre mot fous fileace.
. -î- > . li
les monoies de l'empereur Honorins &
de Tes ruceclTcars , (ur celles de nos rois
Théodebetc, Cbildcben , Cbilderic II.
& fur celles des anciens rois Wibgorbs ,
lcrquelles conflammenc n'ont poinr dtd
francs à Cooftantinople. Maigri! les con-
jedures & les rdponfcs inginieufes de
nos antii]uairct ; le mot CURoa cil
encore une dnigme , dont on ne donnera
pas fitôr une explication ratisfaifance.
( 1) En Anglecene l'f prcooii quelque-
fois la ligure de l'aacico rgrcc. Oc la
focmrde 'celai delà raouotc de Pépin
aproche encore plus de l'F ; puirqn'elle ne
pdchc que parceqo'eu prolongeant un
peu trop les rominets desnavcrfcsion
les a unies. L'F en foime de P remonte
à la plut haute antiquité } puilqu'elle fi-
gure dans les épitaphes du tombeau de
la famille Fucia. M. le Blanc ne tait à
quelle fin on a mis plufieurs points ou
boules difperféesdans le chanip des œo-
noics de Pépin. Ne feroit-cc point der
marques de leac^valenr ! Les as de la
Répiiblique romaine en portoienc de fem-
bbrirles,' ' ,
IL PARTIE.
SlCT. III.
Ch A P. XI.
Art ICI t. I.
(•) Trtùié dit
tntn.p.
(F) Itid. f. Tl.
«.4.
(<) 71.
(d) ïhid, p, 87.
M. IX.
(f) lldd. p.ît,
II. J.
(f)
(j) Frsne.Oritnt,
t, x.p.
{h) fiumifin. Mit*
glo^faxpn. itUtfitM-
tm Mh Andrtm
fiuntMine tub.ïX,
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IL PARTIE.
Se CT. III.
Ch AP. XI.
An T 1 c L I. I.
W. ESPECE.
(a) LtBUmf.
f.70.
PII. ESPECE.
(i) Fieerm fitm-
ii MUifU. f. III.
». «.
(<) Itûl. f. lot.
». I.
(JjlHJm.K.it.
(ej Uidtm.f. III.
n. J-
(/} Smluri nm-
mifm. t. !./.<] 1.
àtlHV.f, to.
W PH' n-&
fimi.
<0 ph- &
/mv.
yyg NOUVEAU TRAITÉ*
Des lettres terminées en oflelets par le bas conftituetit la
lixicme elpèce. Pipinus Francorum rex , qu’on lit fur un
(fl) denier d’areent du roi Pépin , eft le feul exemple que
nous donnons de cette écriture. On y remarque des carac.
tères barbares , arondis par les extrémités , en forme de dpu»
ble &c triple olTelet ou grolTe perle.
Sept modèles d’écriture , donc les lettres (ont terminées
en boutons , caraâérilenc la dernière efpèce du croifième
genre. i“. Une petite médaille de plomb , reprélbntant {b)
l’épéron de la proue d’un navire , porte ce mot , Lom.
a*. Le P. qui fuit , fe fait voir au milieu d’une couronne
de laurier , fut une petite pièce (c) de plomb aOtique. 3®.
Une médaille de mune mnal nous a donné les deux (igles
F. V. terminés (d) en boutons. 4“. Une autre [e) médaille
(i) de plomb', au revers de laquelle Minerve & l’Abondan-
ce font reprélentées , porte pourinfeription. Janvar. y°. Un
médaillon (/) de Jiminien donne cette légende , écrite de
haut en bas , Anno xv. Ce fiic vers l’an y 18. que l’on com-
mença \ marquer (ûr les monoies l’année de l’empire par
la formule anno. Dans la fuite au lieu à’anno , on ne fit
3^ue répéter des N. L’M, qui ocupe le champ veut (a) dire
mperium ou Imperator. Le B , qui paroit entre les jambages
(i) Ixt uti^auic* oe Coat pat E*-
coed for l'u (âge , iju’oat pafiûrcaocicnr
DCmenc de ces petites piccet de plomb.
Ix P. du Moulioet (g) les prend pout des
moooiet antiques , qui ont en cours en
ceitains teint chez les Romaiot. M. Bau-
delot daoslbn Ime îiieitDid VViilMEu
1 admet cette c^ee de monoie i
Buis U pi^teud au'elle n'avoit cours ,
qu'aux jouit des retetSaturoalcs. M. Fi-
cotoui dans le Ctraai ouTtage , qui a
poux titre I fitmH aaiùki, reiute {h) dos
deux autcuis , tt répond aux textes
des anaens pat Idqaèk oo a touIu
ptouTcr que le peuple rouiata t'eft (ê»i
de monoie de pbmb dans le commerce ,
•U pont acheter ou vendre les menus be-
loias. Quel ulâge fiùiâis.4m donc de eu
piècu ou petites mddaillet de plomb i
Notre lavant Itahea Xr) aDnjeâiire que
ceux qui annent rinten^ace des Tpcoa-
cks publia fâilolcnc faite cm mfdaiUu ,
pour les dÜlribnet aux rpcâateurs . afin
qu'ils eullênt des plaça alTurfes : de la
mdmc manière, qu'on prend encore au-
jontdtti da billets , pour avoir entrée aux
IpeOatla , à l'Open , à la Comédie ,
^i fout da relies du paganilme. En un
mot , on Ce fetvoit ancienDemeat de bil-
lets ^ ploodr i au lieu que cesa de uotie
tems font de papier.
(s) Si l'on en croii ims médaillifta la
pksacrédités ; ca M , ca ne , ca K éc
autres caraéléta , qui fe trouvent feula
8t comme ilblés fut la médailles da ern-
pcRutt de Conftantioople depuis le v*.
uécle, marquent la valeur da moooia.
Mais nous croyons que par l'M il 6ui
tnteadre Imftrü ou L'M,
ha A JP la T , qui s'y ttouveat quelque-
fins joiats eaiteat dans la compolïtioa
du mots quoiqu'il ÿyfcacontrc aulE des
lettra , qui maïqucat Cculciacnt le ou-
meso da b mnaoia ou de £ts aaNtices.
Dioiîizcc' ' V - MOgle
DE DIPLOMATIQUE. jj,
de rM, marque le numéro de la (i^ monoîe. La ibale des *!— — ■
médailliftes voir dans ces crois lettres Com. Tabregé de Con^ H- partic.
ftantinopU. 6®. Le modèle fuivanc cft le revers d’une mé-
daille (a) de l’empereur Juftin. L’M renferme l’I. Ces deux A»riVi.i^r.
lewes font initiales du mot Imperii ou Imptratoris, Le r (»)/*«.*
placé entre les jambages de l’M marque le numéro III. qui *'
eft celui de cette monoie, fabriquée à Conftantinople. 7®.
Une autre {h) médaille de Phocas , défigné par F K , joints (VjtmM.t. t
enlèmble ,nous a donné une M ornée d’une grolTe perle ou t- <77.
bouton.
V. Il n’eft pas rare (tj de rencontrer , fur les marbres , v. Eerimre la-
ies bronzes Sc les autres matières dures , des écritures indi- cUa^< en diren
nées tantôt vers la droite , tantôt vers la gauche , & quel*
quefois mêlées de lettres droites. Cet écritures forment no*
ne IV®. genre , que nous fobdivifons en quatre efpècesdifé> IV. gemre.
rentes les unes des autres.
La première renferme fepe modèles d’écriture inclinée vers r. espec e.
la droite, i®. 2>. M.M. Julio Auguftiano M. Juüus Ani-
mttus jratri B. M. F. Les dernières lettres fignifîent Béni
merenti fecit. Cette infeription (c) d’une urne fépulchrale
veut dire en françois : Aux Dieux Mânes & à M. Jules Au- '■ s- *'•
guftianus : c’eft Julius Animetus , qui a érigé ce monument *®-
a Ibn digne frère, a®. L. Ahuccius Htrmes. C’eft finferip-
tion ('<0 de la première niche d’un monument apelé C<7/am- -mi. fi. n'^
barium^ où l’on rerdêrmwc les urnes cinéraires , fur lefquetles /• 4«-
étoient gravés les noms des morts, j®. Diis Manibus P.
EgTuuü Nietphori. Au bas de l’uiBe fépukrale , qui porte
Les 9 C K ddligneot le ConTalv , qiti
commcoça à Te coofondtc avec Tempire
fan fS-^.Le P K tnarque le PoUconru-
bt , oui tevtent aa nMiBe. Comme l'M
cft veritabkinCBC un I te on M coo-
joints i 17 Tetll a la mtme lignification.
(i) On eiplicjue ordinairenient les A ,
B , C Sec. par ilmttMrU êfftin* frim» ,
fuiaU» , tâTti» <S*f. Nous aimeeioos
mieux dire tout fimplement , que ces
lettres matquept le numéro de la monoie
®o de fes matrices de diiilrcotes gran-
deurs, Par exempte la monoie que nous
expliquons aftuellement , te qui eft mar-
^tidcBcftplas grande qa« U fiûnutc,
. marqude G. On peut doaeftirefignifini
ces lettres : monoie de la Tcoonde > de la
troiCdme elpdce ou grandeur,
(a) La plancba xxi. de rXniiaaltd
expliquée tome i. patxia ii*'. pidloatc
ooe infeription lépulctale de neuf lignes ,
dont roux les canâéres btins font in«
ctinés vos la dnalK. LaMéogn^e de
D. de Monbucon , feomit àuantltéd’e- (*J Pag. xji.
xemplcsifécricuias pancbécs(^)du ffiémé
cété. Aïoli les lettres capitales de l'dtli*
ture aldine , ne fw pas de CÔTemnisi
d'Alde Manoce. Il n'a bit .qti'imitex
l'antiquité , en introdoilànc l’écritUre in-
clinée Tcn la daoite. . '
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ytfo
NOUVEAU TRAITÉ
^SSSSSSS? (a) cette infcription on lit : In fr. p. xviii In agr. p. xvü.
II. PARTIE. D. Bernard n’a pas lèulement entrepris d’expliquer ces abré-
Ch"» *x i viations alTez fréquentes fur les anciens tombeaux ,dont les
A » T I C l I. i. chemins de Rome étoient bordés. Elles ûgnifiem : In fronte
(•) 4mùi. txfi. pedes oBoiecim : in pedes feptem decim. C’eft-à-dire ,
t. f. fan. I. fl. que l’efpace pour la fèpufture avoir du côté du chemin dix-
XXX. f. 6i. ^ ^ dix-fept du œré des champs. 4°, £>iû mani-
(t) lin/. fl. xi. bus tlaviae Geminae. La forme de cette infcription (b) eft
f. ji. fingulière. D. M. au lieu d’être placées au haut , font pa-
vées féparément au-deffous de la première ligne , aux <Ieux
extrémités d’une ovale firuée horizontalement au-defllis
d’une urne fépulcrale. j°. Deo inviSo Mithir Secundinus dat.
(e) SxfUm. a Cette (r) infcription ell: gravée en très-beaux caraâères in-
raati^. txft.1. I. clinés , fur un cippe ou pierre carée , trouvée à Lion , & fur
^ii)'Ktiif iti laquelle le Dieu Mithras eft repréfenté. D. Jaque (d) Mar-
cJl.i.uf.^t). tin, qui le dernier a publié cet antique, veut qu’on life
Mithr. 6°. D. M. Cn. Ebutius Cn.f. Stolo Orphitus. Pr.
(e) SufUm. i Leg. vi. adjuc. c’eft-à-dire ; Aux Dieux ( e) Mânes. Cneius
». j.fi. £butius , fils de Cneius , Stolo Orphitus , Préfet de la vi'.
xxxr. Légion furnommée adjutrix. Ceft l’infcription d’une pierre
fépulcrale trouvée à Mets. 7**. Anis çretarue defunÜo , qui
vix 'u annos XXXI. menfes //. 0 Amatorue Aniijtùbx ma-
tri ejus vivat , (^uintus Caratullius , amator Jratri Cf matn
poni curavit , ob Jufctptum votum rût»//, Cruter 6c D. Ber-
nard ne font pas d’acord fur le fens 6c la leélure de cette
infcription', rafee par Quintus Caratullius , pour fa mère en-
core vivante 6c pour fon frère , qui avoit exercé l’art de
(/) nu.f. >j. préparer là craie. Notre favant Bénédiûin (/) conjeaure
p.xmxvi. oue les initiales O. S. V. T. L. peuvent fignifier ;
vejîru terra ievis Mais la dernière lettre de l’ori-
ginal eft un I non pas une L. D’ailleurs la fignificauon , que
nous donnons à ces figles , eft fondée fur l’iifage 6c les
moeurs des anciens , & mr des exemples.
^ L’écriture capitale panchée vers la gauche conftitue la fe-
il. ^ncÉ- conde efrcee. Notre planche n’en donne que ce modèle fort
court ^uinto' TurpUio Lucii filto. C’eft l’infçription tres-'
(/) Axtiq. txfi. ancienne (g) de la fécondé urne du tombeau de la famille
'. Furia.
Ui, EéPECE‘ La troifième cfpcce eft ..d’une écriture mêlée dp lettres
droites
Digitize-J .■ Goo^Il
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\ Genres de la première dtvision des Capd
CBVROVI I AVLERCO
TIB'CAESAR
AVOI OVl OPl
MAXSVWO^
NAVTA&PARlSf
'PmiCG'POSI
]miDB + ECCEVlCITLEOD
IVDARADTX DAVI
iVLIAPIA r*HUX
SJG
MAtAVCQ WAT
$BN lA PAïa
S G
rr
PE
7
I
i
r
)
r
i
I
iv
V
S'
DE ‘ DIPLOMATIQUE. jtfi
droices ou perpendiculaires & d’inclinées vers la droite ou vers
la gauche. Voici l’explication des modèles reprélencés dansno-
treplanche. ^^.OJfa amanda Elenchio : htecvixitan.yiii.H.
Bernard de Monrfaucon (a) avoue , qu’il ne fait pas le fens de
cette épitaphe d’une fille de huit ans , di^ne de la tendrefle
d’Elenchius. Nous croyons pouvoir l’expliquer de cette for-
te : Ici repofent des'oflemens chers à Elenchius. La jeune
fille , à làquelle ils ont apartenu , n’a vécu que huit ans.
'i,*'. Crt. Fourio, Ceft la dernière {b) infctiption du tombeau
'ée la famille des Furius. Ce monument , dit D. Bernard ,
eft des plus anciens , qu’on voie en Italie, comme.il paroit
par le caraétère des épitaphes. Il faut en excepter deux qui
' font d’un tems plus bas.
La quatrième efpccc d’écriture inclinée, fe diftingue par
des lettres formées d’une manière plus ou moins barbare.
'i°. Tel eû le mot (c) Pippinus empreint fur un denier d’ar-
fent. a®. Tel eft le meme nom fur une pareille monoie de
epin , premier roi de France de la fécondé race. 3“. Ou-
dalricus Dei gratta Pacavienjîs epifcopus. Ce dernier mo-
dèle eft {d) l’infcription du fceau d’Üdalric , évêque de PafTau
en 1 1 08. ' , ' ‘
■ §. //•
Explication dt la planche XXV. renfermant les V. VI. &
r II. genres des écritures latines , tirées des marbres , des
^ pierres , des métaux &c.
I • -
' I. Les plus belles écritures lapidaires & métalliques font
celles , donc lés lettres font tranchées par des bafes fimples
Zc. régulières. Nous en avons formé le cinquième genre de
notre première divifion. Sous ce genre font renfermées fix
efpcces, d’écriture plus ou ipoins élégante, à proportion qu’elle
aproche ou s’éloigne du fiècle d’Augufte.
La^ première efpèce eft d’une écriture ordinaire , mais
d’uue hauteur des mieux proportionnées. Notre planche en
donne fix modèles, r*. Roma écrit avec l’A antique , eft
l’infcription (c) d’une monoie romaine des premiers tems.
Elle repréfente d’un côté la tête d’Hercule & trois boules
ou points blancs'; <mi marquent la valeur de l’As, de l’au-
tre un taureau irrite, a®, Suefano eft la légende (/) d’une
Tome II, B b b b '
i
II. PARTIF.
S c c T. III.
Ch AP.'Xt.
Airc^cLi II.
(«) Ibii. fl. ti.
^ J 7.
(i) ItiJ. fl.
XK//I.
IK ESPECE.
(O Lt BUiu.
f. 71.
(J) AufirtM illid/’-
tTMt» >«(,1.7.174.
Ecrmire ^I^an-
rc . diIHnguéc par
1rs bares & les
roaimrta de Tes ca>
raOèrcs.
V'.GENR*.
I . ESPECE.
(f) IfitT. difltm.
f.iS\.n. a.
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NOUVEAU TRAITÉ
médaille du premier âge , publiée par le marquis Mafféi.
* Si c c’eft-à-dire ( 1 5 Latino , fert de légende à une
Ch* P., XI. très-ancienne (a) monoie , frapée fous le nomrfu peuple la-
Articii. II. tin J quoiqu’il fut alors fournis aux Romains. 4". Manius
(») BcmerNit. Acilius, Roma. C’eft la légende d’une (b) médaille frapée
^ Thtf.Mml deux cents onze ans avant J.C. j°. Lmius Sulla imperator.
ixi. 1. C’eft le revers d’un denier {c) d’argent , fait après le triom-
(0 Btntneut. p|jg acordé à Sylla , lorlqu’il eut défait Mithridate. 6°. Lu-
dus Flaminius , Titus Flaminius , Ludi Nepos , Quatuor-
vir, aurum , ar^entum , as flari fedt. Cette légende en
(i0/.»7.». >0. forme de (d) croix de S. André , avec cinq lettres initiales,
eft empreinte fur une médaille de deux Quatuorvirsou in-
tendans de la fabrique des monoies , établis par Jule Céfàr.
7". Indulgentia (t) Au^fla. Moneta impetrcua. On lit cette
(t) Stpim. Ser mfeription («1 autour de la tête de Junon , ou plutôt de Li-
/«s. numifiiuu. yja femme d’Augufte fur un médaillon , frapé l’an ai. de
J.C. par la ville de Fatras. On lit au revers : Cafari Au-
gttjlo , &r dans l’exergue : Col. A. A P, e’eft-à-dire : Colo-
nia augujla Aroe Patrtnfis. 8®. Imperatori Cafari Nerva
Trajano , optimo , Germanico , Dado , Pontijid maximo
Tribunitiâ potejlate , Confuli fextùm , Patri Patrîa. Sena-
(f)VMtlMt.ui. tus populuf(jue Romanus, Cette belle (/) légende eft celle
/• •47- d’une médaille frapée en l’honneur de Trajan, par ordre du
Sénat & du peuple romain, ÿ®. Juliae Mamia Cj) matris
(x) Autig. txfi. Augujli nojlri. Ces paroles font gravées fur un tuyau (gî de
*. plomb, deftiné à conduire l’eau des thermes alexandrins,
//. exxr. particulier de Marnée , mère de l’empereur
Aléxandre Sévère. iq°. Childirid r<gis, L’aneau d’or de
t.f.
^i) »l.cD (]ui (fc) eft à la fin de la Kgcn-
» de dtoiE ordinaiTCtoont a;oot4 pat tes
» ancieni la fin des mots . qui Ce tee-
n ainoieiK |ai des voydks , comme il
3> paroit dans ce qui nous cefte de la co-
M lone toftralc oc Rome , it mois de
» msxnmed pour méut m» , fupumJeil ,
H pour pMgaMnde , fendit pour fende. Et
a> pour le U, (mi eft dans le moi ao lieu
bM T , ce ehangemcot droit encore
n allez ocdiBaiie , (faBcam que le D n’cft
n qu'une diroinaiion & un adoncilTement
» du T , & que l'un te l'autie Ce pconoo'
n ce par la mdme partie de la bouche. «
(i ) 'Voici Iq üo» de ecetoinfètiprioa :
La Tillooir.BDlociie , fandde ptamwaq-
mciK fous le nom d'Aroa , pat Sume-
lius, & apcife Carras du nam de Pa-
rieus , BCVC4I ifA^cnot , tds^ie pat Aa-
gufte, ayant obetna lapctmQliQo de bat-
tre monoie , & fraper cette médaille k
rhonneur de Cdlâi Aonfte , ébo bien-
fàiieo*.
( 3 ) Mnmin pont Umn. On peut don-
ner à l'N la fignificadon de aej!i , c^ûi
patoM allêi aaauRUt.
DE DIPLOMATIQUE.
Chil<kric L porte cette (a) inscription au tour ‘de Sa (t) fi-
gure. Lé G eft oncial & l’S eft contournée dans ce modèle.
La Seconde efpcce eSl d’une écriture trcs-élégante , mais
un peu haute 6c moins bien proportionnée que la précé-
dente. Notre planche en fournit fept modèles i®. D. Sila-
Nus L. F. Roma. C’eSl-à-dire : Detimm Silanus Lucii ft-
tius. Roma. C'eSl la légende (^) d’un médaillon , frape 1
Rome I }6. ans avant J. C. i®. Dec. Initl. vir. Augustal.
P; Olitiô. Apolonio (ij InuL vir. auc. C’eft-à-dîrc :
Decius Sexvir augujlalis Publia Olitio Apollonio Sexviro
augujlali. Cette phraSe fait partie de l’infcription miSè (c)
Sur le bas relief de la ftatue , que les ^évirs aiigultales , ou
les fix Prêtres de Narbonne , confacrés au culte d’Auguste ,
érigctent à la mémoire de P. Olitius Apolonius leur collè-
gue. J®. Tiberio Claudio Auguflo quintùm , Servio , Corne-
lio Orphito Confulibus. Ces noms font tirés d’une table dé
marbre , trouvée (d) fous les ruines de l’ancienne Antiunà.
Cette table contient les noms des oSiciers de la maifon de
l’empereur avec un calendrier. On y trouve les fondions des
domestiques , qui fervoient le prince ; lorfqu’il fe retiroit à
Antium , pour goûter plus aifément les délices de la cam-
pagne. Les noms des conS’uls , qui y font marqués , com-
mencent l’an 42. de J. C. & finiSTenten ji. C’eSt donc vers
ce tems là, que ce monument aura été dreSTé. 4®. Impera-
tori Cœfari Marco Aurelio Antonino auguflo , pio , felici ,
Arabica , Adiabenico , Parthico , Maximo Britannica : Ma-
xtmo Germanico yMaximo PatriPatrûe, Narbonenfes. Telfe
eSt {e) l’inScription , que la ville de Narbonne fit mettre au
bas de la Statue ,, qu’elle érigea à l’empereur Marc - Aurèle.
5®. M. CoEuo. P. F. VET. Lec. xTï Fulm. Félix, lib. y.
il) On rtfardc comme ont fin^uta-
, qoe Cliilderie , p^re du grand Clo-
vii , loit reprlffeoai fiir (ôo cadier. Les
autief rois barbares n'tToienr [t) pas la
libend de &ire imprimer leurs images
fur lenn moooieb , cMme Ateue nos
premiers rots de Franed U loue c^o-
dunc excepter Akric ni des Wifigoths ,
<)ui à l'exemple des empereurs , (ê fît
(d) repfdfcDter rurtesamnioi.
(i) n Ceft mat ifosfo$ , dit le lâ-
» Tant (&)'hi(lorien de' Languedoc , que
M Catel a lenancbd dans ploueuis inicrip-
n rions , qfu'il a nponéét le preaier Ce
» le deroier des deud II anmdri'qnes po-
.1 lifs db'la maiiidre IbiTaoce ; InuT, ce
M qui’défigne CCS Sdviis Augaffalcs. Cet
, » suceur aura pris pewdtre cet deux II
m numdriqnes , pour des paccothèlës ,
» pareequ’eU éfet cet cfaiira (ont pins
n grands que les quatre autres . ^Ut
H tenforineiit. <•
Bbbbij
II, partie,
s * C.T. 1 I I.
Ch A a. XI.
A XT IC L I. n.
(«) Btuitnit.
18I. Mai. e*
Jift.f. ijf
//*. ESP£Ce.
(t) Th,/. M,,,/.
I. I. r«i, a.p.aio.
t. I. p. lol. ô"
frtm/.f. a.
(J) ViJfi v,tm
L»timm fnftinmm.
rti.lK f,
fii-
I. t. Prnni.f. |.
». t.&t' “!•
(f) %k»maâ. m
Avit. sp. 7t.
(A)
iUd. f, fgOt
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II. PARTIE.
S ï C T. III
C H A r. XI.
Akticlr II.
(a) StleSm ii-
flm. «J- mm.ifm.
Scuit thif/atr. tnl.
VI.
(i) L» felmct Jti
mtj/ùlUi, I, I.
p. 14«.
■m. MSPSCE.
(c) SkpUm. i
I’mhiIj. txpl. I. f,
pi.49-P- 117.
(V) liiJ. t. 4.
pl'
f64 NOUVEAU TRAITÉ
CoELiA Misecunda- C’cft-à-dirc : Marco Coelio , Publil
filio , Veterano Legionis duodecinue fulmlnatricis , Félix
lihens vovit Coelia Mifecunda. Gerce infcription lapidaire
tirée du Recueil de la bibliothcque du roi , nous paroic
erre du 1 1 . ou du 1 1 1 Cède au plus tard. Le T du mot Ve-
terano difere peu de l’I. Mais les T toucafait lèmblables ne
font pas rares dans les anciens monumens. L’explication ,
que nous donnons de celui-ci eft peutétre un peu hafardée^
Mais elle poura donner lieu à quelqu’un de nos favans Aca-
démiciens d’en trouver une meilleure. 6*. D’à & xpÔ mi-
SERANTE UM. HOC cTT. ÎÔ tT E. ANNO IIII. CS VaLENTINIA-
NO AUG. VI. 111. KL. ÎT xvnil. ANNO. ËpTÜS RuSTI. NoUS
rendons ainfi ce texte : Ddp ù Chrijlo miferante : limen
hoc coüocatum ejt anno quarto confule Valentiniano Au-
gujlo fextàm , tertio Katendas Decembris , decimo nono
anno epifcopatùs Ruflici. Ce n’eft ici que le commence- '
ment d’une grande infcription de l’an 44 j. de J. C. où l’on
aprend de quelle manière l’évêque S. Ruftique conftniifit
de nouveau l’Eglife de Narbonne. La date de l’épifcopat
employée dès avant le milieu du vi'. Cède eft remarqua-
ble. 7**. Ymago Edgari Scottorum BaJlUi. Le fceau pen-
dant (a) d’Edgard , roid’Ecofte en 10518. ofre cette inferip-
tion au tour de fon image. L’Y y tient la place de l’I. Le
titre de ffajlleus fut quelquefois donné par les Grecs aux
empereurs ; quoique [b) jamais ils n’aient foufèrt , qu’ils
priflent le nom de ReXy qu’ils méprifoienr.
L’écriture capitale ou majufcule très-élégante , mais fort
élevée & q^uelquefbis maigre , caraélérife la troiCème efpècc.
Trois modèles nous ont paru fufifans pour la reprélênter.
1®. Valcrio Viernae optimo & fidelijfimo lÀierto , V^aUrixtt
Efficax ù Agatha Tyche. A Valerius elclave né dans la mai-
Ibn , très-excellent & très-fidèle fervitcur ; Valerius Efficax
& Agathe Tyche ont fait faire ce monument. C’eft l’infcrip-
tion d’une belle (c\ urne fépulcrale du cabinet de l’abbaie
de S. Germain des Près. a®. Pm falute imperatoris MarciAu-
relii Antonini y pii ,felicu. Ce n’eft que le commencement
<f une infcription lapidaire dreflee (</) pour la lânté de l’em-
pereur Marc-Aurèle. Les deux N du mot Antonini portem
i’i avec elles. L’O & l'S font remarquables. 3®. E^. Sac
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DE DIPLOMATIQUE,.
SfÂk ETM. M. P. OR. Ëâc.cToK..CesabréviationsfeIi(êntainfi: — ~
Ex comité facrijlabuli & magi^o militiœ ^er Orientemf Vi/*'
ex confule conjul ordinarius. Cette inscription fingulière , Chat. xi.
écrite en lettres longues & plus hautes les unes que les autres , Artichii,
(ê voit far le (a) Diptique de Stilicon , maitre de la milice (,) un, ,, j
fous le grand Théodofe.
La quatricme efpèce eft d’une écriture im peu écrafée avec jy, espece
quelques traits triangulaires. Notre planche en donne qua-
tre exemples. i°,Imperator Cafar AuguJlusm^AuguJîa ma- •
ter Patrice. Ces deux légendes (b) paroti^t fur une mé- {iyVùUmt.t.x.
daille frapée en l'honneur d’Augufte & de Livia. Les mo- t- <
netaires & les foulpteurs varioient dans l’orthographe dès
les premiers tems. Dans les fept & neuvième modèles de la
P. elpcce , on a TU la diphtongue Æ. Ici elle eft tracée
féparément , A E. a°. Pro imperatore Caejare Auguflo , Pâ-
tre patries , Pontifice maxime , Tribunicia potejlace XXXf^.
Conjuge , liberis , Genteque ejus , Senatu , populoque Ro-
mano , colonie incolifque. Ce beau modèle ^d’écrkurc élé-
gante fait partie des loix établies (c) à Narbonne , pour le (t) h p j. r^ny,
culte deda divinité d’Augufte , & gravées fur un côté de l’au- *• *•
tel de marbre blanc , confacré à cet empereur , onze ans *"
après la naiffance temporelle du Fils de Dieu. 3°. Imperator
C, Marcus Claudius Tacitus Auguflus. C’eft la légende ^
d’une (d) médaille , frapée au iii*. ficcle en l’honneur de
l’empereur Tacite. 4®, S'igAlum Ludovici defignati Regis. h jt».
Cette légende du fceau (e) de Louis VI. dit le gros, déligné (t) Oert dtpim
roideFrancel’an io99.ofreuneécriture,quiaprochadecelle
des plus beaux jours du haut empire. Cfomment peut-on
donc alfurer (/) dans un ouvrage fameux , que le caraâèce (/) £<ujtcUpei.
romain n’a été d’ufage que jufqu’au v'. ficcle ?
H. Les Romains avoient fans doute des écritures très- Voyn.
petiKS , quoiqu’en lettres capitales. Ceft ainfi que plufieurs ^
fiivans entandênt encore aujourdui les lettres minufcules ,
dont parlent quelquefois les anciens. Sans être d'acordavec Teste ^mmm.
les modernes for la non exiftence des vrais caraélères mi-
nufcules îk cuififs diez les Romains ; on pouroit leur pafièr
que les àutetirs létins ont pu quelquefois donner le nom de
minufcules à des lettres véritablement majufcules ; mais dans
' ŒJC fqrme très-petite. C’eft ce petit caraâète capital qui conf- especs
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^66 N O U V E A U TRAITÉ
ftituc la cinquième efpcce d’écriture à baies & ibmmets. Le4
** exemples qu'en préfente notre planche, ne paroiflent pas tous
Ch A». XI. être pour la grandeur abfolument conformes aux originaux.
Article II. Les gtavcurs en auront réduit quelques-uns : mais réduits ou
non , nos modèles n’en repréfentent pas moins bien la pe-
tite capitale de ceux-ci. D’ailleurs ceux qui font tirés des
médailles ne femblentpas iufceptibles de réduûion.
Cette v«.erpèce d’écnture capitale minuiculc fe montre dans
(«) Agùij. exfi. les neuf exemples fuivans. Lucius (a} Munatius , Lucii
t.v.fMTt.i.fl.iii. Lucii nepos , Lucii Pronepos , PUneus ConfuI , eenfor^
imperator iteriim , Septemvir epulonum , triumphay 'a ex
Rhetis , ccdem Saturni fecit de maauhi'u , agros divijù in
Italia Beneventi , in Gallia colonias deduxit Lugdunum &
Rauncam. Cette iTKignifique ('i) infcription dumaufoléede
Munatius Pbnciis eft anterieure à l’ère chrétienne. On y re-
marque rX & la diphtongue conjointe Æ. i“. C. Julius
Stirax ai epif. lat. Les derniers mots lignifient ai epifiulis
{l)UU.t!.xvii. laiinis. C'eft une des inferiptions des tombeaux apelés
columbaria , trouvés à Rome près de la porte Capène , &
deftinés à recevoir les urnes cinéraires des o£ciers de la maU
fon d’Augufte. Elle nous aprend que C. Jule Stirax étoit
ion Secrétaire pour les lettres latines. 3". Titius Augujli &
• Augujite libertus ; Cytioforus medicus ocularis hic fitus eft.
En François : Ici repofent Titius Julius, afranchi de l’empereur
• Augufte & de l’impératrice, & Cytioforus médeciuoculifte.
On fait ufage de l’Y grec dans cette épitaphe , tirée du meme
monument , ainfi que les deux fuivantes. 4“. Lucius Vale-
nus Sta3us ab epiftulis grxcis. Voila un fécond fecrétaire,
pour écrire les lettres grct^ues de l’empereur, EpiftuLa pour
epiftola fe trouve dans les inferiptions & meme diis les au-
• tcurs pendant bien des fîècles. y“. Caius Julius Claudius
Pkronimus à Bibliotheca grteci. Nous aprenons de cette épi-
taphe qu’ Augufte , outre fa bibliothèque de livres latins ,
(i) Ce monament eft ptécieox pour
rhiftaicc des GruIo. En voici U traduc-
•lon : Lucius Munatius Plancus Els de Lu
dus , petic-fils de Lucius , atiète pceic-fils
de Lucius , confûl , ceorcur , empereur
pour la Tccondc fois , Septemvir ou in-
tendant des feftint Aerds a tiiompbd des
Grifons , a bâti de leurs dépouilles un
temple à Saturne , a diviA les fonds de
terre à Bcodvent en Italie , a mené des
eolonies dans les Gaules,à Lyion , à Rau-
riea. Cette dernière ville a porté le nom
Elle droit fitude tûiz près da
lieu , od Balle eft aujourd’oi.
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DE DIPLOMATIQUE.
en avoit une formée de livres grecs , & dont C. Claudius
Phronimus étoit bibliothécaire. 6®. Ptolomeus Rex, C’eft
la légende d’une (a) médaille de Ptolomée , fils de Cléo-
pâtre , &c roi de Mauritanie , mis à mort par la perfidie de
Caligula. 7®. Marcus P lautius Marci filius , Auli nepos ,
Silvanus , conful , Septemvir Epulonum. Huit fenatus
triumphalia omamenta decrevit ob res in lllyrico benè ^ef-
tas. Lartia Gneii filia uxor. Marcus Plautius Marci plius
Urgulanius vixit annos ix. Cette infeription , {b) gravée fur
le maufolée des Plautietu , bâti en forme de grande tour ,
regarde trois perfoncs. L’N eft fiiprimée dans le mot oma-
menta : dans decrevit , le & Ve font conjoints. 8". Lucius
Septimius Severus , Aumfius imperator undecies , Panhi-
cus maximus. C’eft la légende d’une {c\ médaille d’or de
Septime Sévère , proclame empereur par l’armée , qu’il com-
mandoit, l’an ipj. 9°. Dominas Bajîlifcus, Pater Patrix ,
AuguJIus^—Fiaforia Auggg. H. Ces deux abréviations veu-
lent dire : ViSoriâ trium Auguflarum odava. Le Seigneur
Bafilirque , père do la Patrie , Augufte. Huitième viftoire
des empereun ( Bafilifque , Léon IL & Zénon. ) La mé-
daille a'or , qui porte ces légendes , eft de Bafilifque ,
proclamé empereur l’an 477. Remarquez dans ce modèle
le b minufcule mêlé avec les petites capitales.
L’écriture , plus ou moins carée dans quelques - unes de
fes lettres , caraôérife la fixicme efpcce , dont voici les mo-
dèles repréfentés dans la planche XXV. i“. Manias Aci-
' tiusDlàirio P rotonfui. — Imperator Caefar Dnù fiiius ,
Auguftus , conful novies. Ce font les deux légendes d’une
(d) médaille célèbre , que Manius Acilius fit fraper , pour
congratuler Céfar Augufte des vidloires remportées vingt-
cinq ans avant l’ère chrétienne, a®. Spurinnia filia Eleutne-
ndis. Une urne de marbre (p) pone cette infeription , où
rV commence à fe carer par le cas. 5°. Imperator C, Ma-
ximianus , pius , felix , Augufius. Tels (ont les titres ,
qu’on donne fur une ( f) médaille d’or , au plus cruel enne-
mi du culte du vrai Dieu. Du refte cette légende prouve que
dès la fin du ni'. Cède les A & les V carés commençoient
à devenir ordinaires. 4®. Turfinus. Ce (g) nom eft empreint
au tour de la tete du grand Clovis fur un Tiers de fol d’or ,
n. Partie.
SïCT, IIJ.
Chat. X I.
Axticii, IJ.
(•)
h 404.
{h) Ami^. exp.
I. f -l'art. I. p,
cxiy.
(f) yaiiUr.iC. L,
t- ‘4SI-
n. ESPECE.
(Vj Xht/aur. Mx-
Ttl. tnt. t./. 4.
(<•) .ln/ij. exp.
t- f. I. fart, p,
xxy.f.fS.
Xf] HxittlHrir.
f. 47. 1». t.
( ) Haxteratif,
f. loé.
II. PARTIE.
Sect. III.
Chef. XL
A K T I c L I. II.
(t) L* Blanc,
f. loo.
(r) Ihidem,
(W) Ibid.f. loi.
(<) H^inuc ’uuÀt
SifUlû. f. }$, '
ni. ESPECE.
r
(/) Trait! du
lOOb
I
' NOUVEAU TRAITÉ
dont le revers repréfente une croix pofée fur une anchre.
C’eft: un fymbole de l’efpérance ferme des Chrétiens , ou
plutôt de ratFermilfement de la vraie Religion dans les Gau-
les fous le rèçne de ce premier roi Chrétien, Dans ce mo-
dèle , on voit rS couchée , qui devint affez ordinaire lut
les monoies. j". Aurelianis civitate. C’eft la légende d’une
(a) monoie , dans le champ de laquelle il y a un monogram-
me, que M. Bouteroue n’a pu déJiifrcr. Nous y découvrons
le nom de Gontram , roi de Bourgogne &c d’Orléans, Le C
du mot civitate eft caré. 6®. Hludowigus imper ator— .Ca-
maracus. Le denier {b) d’argent de l’empereur Louis le
débonaire , monoyé à Cambrai , nous a fourni ce modèle.
Nous avons dit ailleurs que le G s’employoit pour le C &
le C pour le G. Cette monoie &c la fuivante en lont une nou-
velle preuve. 7®. Le fécond (c) denier d’aVgent du meme mo-
narque prélêiite cette légende : Hludowicus in. C’eft-a-
dire , imperator. L’N eft là pour l’M. Au revers : XPIS-
TIANA RELIC. M. le Blanc (ij obferve que (</) cette inf.
•• cription » porte des marques de la piété de ce Prince ,
■ qui , fuivant l’exenaple de fon père , avoit ordonné ^e
•» mettre fur les monoies un temple , au milieu duquel Ic-
» roit élevée une croix & pour légende XPISTIANA
•> R ELI CIO, pour Chrîfiiana Religio. « %* . Bemhardus
Dfi grcuiâ Hildenfe/iieiw àpifeopus. C’eft la légende d’un
Iceau (a) de cire , apliqué au bas d’une charte du xii'^.
fiècie. H repréfente un évêque tenant d’une main fa
cjolTe , &c de l’autre le livre des évangiles , avec l’infcrip-
tion ; Bernard par la grâce de Dieu évêque d’Hildesheim
en Saxe. ^ ^
Plulîeurs lettres lingulières produllèiit la feptième^clpcce
M. Il ae masque qu'un petit trait couine
de conjonâion dans I I Sc l'O pour for-
mer une r& un d. Il liloie faire aten-
don que l'N fuivame portolc 1*1 , qui la
précède , comme lettre conjointe, Aiufi
mtmm divintun fc trouve parfait , fini
recourir , comme a (âir M. le Blanc à
des tianfpolîiioni de tertres , dent on
peut ordinairement fc palTec dans des
écritures , qui ne font point purement
moasgeammatiques.
des .
I
(i) Ce UTant homme a fait graver,
avec la dcmicrc exaélitude les Tctties ,
qui font au revers de la fécondé des deux
monoies d'or de Louis le débonaire ,
dont (/) il donne l’explication. Il fem-
ble , dit-il , qu’on y pouroit ttouver en
lettres tranf^fecs munus divikvm.
Cette Ufoo ne nous paroit pas douteufe.
S'il avoit pu comparer cetre monoie
avec celles d'Angleterre du meme tems ;
il n'auroit eu aucune diliculié à re
conoitte dans l'N k l'I raprcchés une
Digilized bv Go
DE ‘ diplomatique! ^^69'
des (écticiires tranchées par des bafes & des fommets fim- ^
pies. Notre planche en donne trois exemples, dont voici le pre- * ,*'c t*^7i
mier, delliné fur nne urne de pierre , trouvée à {a) Brignolles : c h * p. X i.‘
I?iis Manihis Taetaniae Caii filiae Pacatae. La forme des Akticle ir.
A eft extraordinaire. Les deux premiers. T font fcmblables' a ,
au r majafçule des Grecs. , ‘
Le fécond exemple eft la légende d’une monoie d’or de
Théodebert , roi d’Auftrafie , u.apée à Mets au -vi'. ftccle. V
On lit au \h) revers : ViSoria Tkeodiberti , & dans le champ (4) Btumut.
on voit une colone couronnée , (lir hiquelle il y a une croix ^
furmontée d’un O &c tenninée en bas par un A avec ce’
mot Mettis. L’E eft femiblalMe à nn I tranché par le milieu. ’
M. Bouteroue n’a pas pris la peine de lire ce revers. Les ’
deux lettres du haut & du bas de la croix y ont été mifes- ’
pour X alpha. & , tracés fi fouvent fur les anciennes '
épitaphes , pour exprimer le nom de J. C. & qu’on retrou- '
ve dans les diplômes & les fignatures, furtout des XI. & XI i'.' 1' ■ ?
ficelés. ,
Le dernier exemple eft l’infcriptlon Benedicti Pape ‘ ' ' '
qu’on lit (c) fur le fceau du pape Benoit III. l.’I terminé U)
en crofle & l’A antique , dont la ligne moyenne part du
côté gauche, fans ateindre le droit, doivent être remarqués, <uuichi.fr o.
Ce fceau de plomb , ataché à une bulle donnée le 7. Oc-‘
tobre 8yy. la première année du pontificat^de Benoit IIL’
fufiroit feule-, pour anéantir la fable de la Papefle Jeanne , . . ' i
qu’on place fur le faint ficge entre Léon IV. mort le 17. ■
Juillet de la même année fie Benoit , qui fiit prefque aulfi- ' ' ' '
tôt élu Pape. Cette fable a fait beaucoup de oruit dans le • • ■ -
inonde ; mrtout depuis 'le fchifme déplorable des Protef--’
taiK. Les plus fages fie les plus éclairés d’entr’eux en ont-
démontré fie reconnu la faufteté. Elle eft cependant confi*) ' ' ,
f née dans plufieurshiftoires, même ancie'nnes. Et l’on vien-' ‘
ra nous donner pour règle générale de diplomatique , qu’il
faut examiner ,1a vérité f 5) des ' chartes parThiftoire, fie , que [ (<0
c’eft celle-ci , qui rend témoignage pour ou contre le diplôme
Quand on écrit fut une matière ; il faudroik au raoutt l’a-';. fi.é'fiùv.
voir étudiée.' ... ■ « -1
III. Les marbes , les bronzes , les pierres 6c les autres ma-' ■
rières dures nous ùfreht des caraûèrcs latins , donc les bafes l« b»fa & let
Tome II. C c c c
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II. PARTIE.
Sec T. III.
C H A r. XI.
Article. H,
rommcis nai<Tent
da corps des let-
tres.
Vr.GENRE.
/. ESPECE.
U) Amijmi.itMl’
». j.«/. II».
(i) lUJ.
{t)Uid. r«I.i)0.
(d) IHd. al. lia.
Il) FiVmar I
piimii Mniithi.
f»rt. i.f. ff.
JP. ESPECE.
(/) BiKiireMi.
f. 41-
{X)lM.t. 44-
J70 NOUVEAU TRAITÉ
& les fommets nailTent du corps de ces mêmes lettres. Nous
en avons formé le vi*. genre des écritures romaines , apar-
tenant à notre première divifion des capitales fans mêlaor
ge. Ce genre eft fubdivifé en douze efpcces , ^uenousalons
expofer les unes après les autres , le plus brièvement qu’il
nous fera poflible. !
La première eft caraélérifée par des lettres , dont les ba-
fes & les fommets s’étendent peu , ou vont en pointe plus
d’un côté que de l’autre , & dont les montans & les tra-
verfes font coupées à angles obtus. Notre planche n’en four>
nit, que cinq exemples. i°. Publii CornelU Aceraei. Les
caraélères de cette infeription font gravés en relief fur un
ajUcienfeeaude bronze , publié par (a) M. Muratori. XPE,
c’eft-iMiirc , Çhrifie ^adjuva Hiotariiun Augufium. C’eft la
légende d’un fceau en cire , apliqué au bas d'un diplôme au-
thentique {h) de l’en^ereut Lothairel. l’aii 83 f. 3°. Saiu
àus Petrus. Cette inlcription {c) règne au tour de l’im^c de
S. Pierre, fur le fceau ( i ) de la ville d’Antioche. 4®. M. iemp.
Prifei. Ces mots en caraékères faillans , fur un \d) fceau de
cuivre , lignifient que Marcus Sempronius Prifeus s’en fervoit,
foit pour apofer um nom fur le papier , foit pour l’impri-
mer fur des tablettes , enduites de craie ou de cire. Remar-
que:t la figure des points , qui féparent les mots. Les uns
croient que ce font des cœurs , les autres jugent que ce font
des feu^s d’arbres ou de plantes. j°. Theodori Papae. C’eft
l’infcription d’un fceau ou bulle (e) de plomb du pape Théo-
dore 1. qui monta fur le faint liège l’an 64.1.
Les bafes & les fommets des lettres de la feoonde efpèce^
ne font ni trop aigus , ni trop obtus , comme il paroit par
les modèles fuivans. 1®. Eburovl—AuUrco, Une monoie
{f ) gauloife , fabriquée par les peuplesr d’Evreux , donne
cette (1) légende, a*. Durnaco la légende (g) d’une autre
Aiilirn , qui remble^tre au <!acif. U y
a un lângliet <Ie Tautre côi^ , fous. le-
quel on voie uo ' demi cercle , que M.
Bouteroue apeVe dmi* rcndiuht. On lit
au-dcfliis Ehtrni , qui eft un ooninatif.
Au lien de faire dire à cene légende
Eiurni Anitrd , lei peuples d'Evrcua
Douuiés Auletques i.Bc.fciBblC'k-ellc pas-
(i) Gc fceau hit aparcmmenc mci
torfque foc. la finduxi*. (iècle , cette
ville de Sprié déliTtéc des Sarazina , palTa
fous l'olÉéiilâoce. de Btzmoud , prince
■orman , & de fes focccHêurs.
(i) Cette pièce de cuivre repcéfeate
(ton c6té ou courfiér , au-deflbus duquel
pauùc une conftellacion. On lit au-deuiis,
.vV .• .
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DE DIPLOMATIQUE. f7i
iBQnoie d’argent gauloift, que nou* «voir ^ ^
frapée à Tournai. Le changement du T en D & de l’Oc» H- tartie.
U n’eft point rare chez les anciens. 3°. Dumacus eft le aV xi'
meme nom empreint fur une autre {a) monoie de mémcT akhicie. ii.
efpcce. 4®. Tiberio Caefare Au^uflo , Jovi optummo max~
fumo. Nautae. Panjiaci. publice. pojîerunt. Eurifes', Senani^
Vcilo C’eft-à-dire ; fous l’empire de Tibère Céfar Au-
gufte , les marchands du pais de Paris , fâilànt commerce
par eau , ont confacré avec folennicé ce monument à Jupiter
très-bon , très-grand -, conjointement avec les navigateurs
ou marchands des pais d’Evreux , de Sens te de Rouen. Cette
fâmeuTe inlcription (i) du premier te du plus confîdérable
lîgoifier , par ces mots Aaltrtt tturm ,
que les peuples d’bvreui ooi fkJc batte
cette monoie en rhoQoeac d'Anlercus, i
qui aiua M quelqne Arinicé aaoloilè ,
Honorée dans le pais , ou quelque chef I
on prince de la nation I
(1) Noosravom£ntdel(iiier (iir l'an- '
tique même , qiTon garde au cabinet de j
facadémie royale des Infcriptions. Tl eQ j
Singulier que cous ceim qui ont Voulu
eapUqner ce monument gaulois , (ê van- !
tent de l'avoir fait tiret avec la plus
fcnipulculê exaétimde. Cependant tou-
tes les eftampes qu'on en a &it graver , i
dilSrcnt enix'clles. ILeft encore plus éto- |
nant que nos antiquaires n'aient pu s'a- i
curdei far la maniéré de lire 1rs lept li-
gnes , que mas donnons dans notre plao-
cbe. Les nos y ont va au mot Oftmitm».
une écritnte mnfttophcdooe. Les antres
«ne remarqué l'W dans VâU , qui t/y
fiit jamais. Noua avioni cru voir un
poini après l'V , qui commence ce demi -
mot , Sc nous l'avons fait rcpréfèiiter.
Mais après un fécond examen i nous
•'avons a^fu qu'un cofûnccmeat £ùt
par les iomumens des oavtiets , qui oot
déterré le bas relièf. Les cinq ptemiètes
lignes , qu'on lit liir un edêé de cette
malle de pierre carée , ne (ôofreqt plut
aujoutdoi de dlficolcé. Le root
ne doit point furprendre. Les anciens
difoient fcp pour féfiù. Mais les mots
Emrifis , Senmi , V$iU . . . grsvés for les
autres côtés de la même pierre font en-
cor ede la peine. MU. Baudeloc , de
I Maatour , deLeibnits , Eckhart, D. Lo-
I bincau de O. Jaque Martin , ont prodigué
I l'elprit de l'éroditioa pour expliquer cca
I trots mots , lâns qu'on fâcbc encore au
I jade leur véticable figoificacion. Qu'il
nous foit donc permis <f inliftet fur l'ex-
.plicatioo toute lîmple que nous en don-
nons dans le texte. i°. Ces roots . Emi-
ftt , Snuuii , VtU» . . . fonc gravés fur la ^
même pierre, où on lit que les marchands,
ou navigaieors du Pari lis, ont dédié fo-
leonellemenc un autel à Jupiter : 11 eft
donc naturel de peaferque ces noms dé-
Cgnent leurs coterpoodans , marchands
ou navigarencs les plus voifins , qui le
feront trouvés à cette fîte. i*. il fine
(e fouventr , qo'll s'igit ici d'un monu-
ment cekiqne. Il ne ^ngne pat,qu’oa
y ait cumloyé des mots nfîtés parmi les
marchands , dc qui D'écoient pas encore
bien Istinifés. Ceci fapoG i on voit an
premier coup d'oàt duis Ewijin des ha-
bituis du pa'is d'Evteux , atrole paria ri-
vière d'Eure. Emrifei ne femble-t il pas
Tabiegé d'£éw»t«c«! Le mot celtique
SntMÙ ne difère de Ssitmer que par l'«
de la termioaifon. Il peut donc bien (i-
gnifiet les peuples , ou les marchands
de Sent de des «tvitooc. » Pour Veilê ,
” ÎTÎ ‘P*' W t-
ttlesCioIottdoaiioientaDgajdcchéne.H , .
Soit : mais e'eft aalTi une partie du mot *
Vtiltctÿii. Notre auteur a ton do pren- ‘‘
dre l'in!* pour un mot paifak , indépen-
damment des lettres contisues dc prefque
eotiètcaicatéâcécs, qni Miveot. Si |'n«
C c c c ij
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11. PARTIE.
S t C T. III,
Chap. XI.
AUTICLi. II.
j.v. J.
{t) mji. it tA-
(aâ. dés Infcrif.
». J./, 17<.
(/) Seltüm iii',
Srcttê ihffAur.tAi .
xxvni.
UL ESPECE.
(d) LA feincidts
midAtUt . t. 1.
P* 1/4.
.1
yyi NQUVEAU T R A.1 T É
des bas reliefs gaulois, trouvés à Notre-Dame de Paris en'iyt rt
a donné bcauconp d’exercice aux plus favans antiquaires de
ce ficcle y®. Ecce vieil Lto de tribu Juda , radix David :
’Voici le lion de la tribu de Juda , le rejetton de David ,
qui a vaincu. Ces paroles de l’Apocalypfe (a) font gravées
au tour d’un léopard ou d’un lion léopardé au champ de
geules , fur une pierre , qui couvroit le tombeau {i) d’un
jeune enfant , nommé Robert , qu’on croit fils de Richard I-.
furnommé fans peur , duc de Normandie. L’épitaphe d’où
nous avons tiré ce modèle , flit découverte en 1711. fous
les ruines d’une chapelle de la célèbre abbaïe de Fécam;
Elle nous aprend , que le jeune prince mourut peu de tems
après avoir reçu le faint Baptême. Qui cum fufeeptus ejfet
de facro fonte , indutus vefUbus in alb'is fuis perrexit ad
Dom 'inum. Mais ce qui revient plus à notre objet ;c’eft que ce
monument du x'. fiècle prouve que les beaux caraftères ro-
mains étoient alors en ulage en France , & dans la Norman-
die. 6°. tvillelmus, Deo reclore , Rex Scottorum.C'ç(ï\cL lé-
gende (c) du fceau pendant de Guillaume , roi d’Ecoffe, l'an
1 1 6 y . Ce prince eft furnommé le lion , à caufe de la gran-
deur d’ame & du courage , qu’il fit paroitre dans fa bonne
&c mauvaife fortune.
Une écriture plus ou moins carée , à pointes , <^ui s’écha-
pent des deux côtés , diftingue la troifième efpece , dont
notre pjànçhe fournit les lêpt exemples fuivans. 1.'. Julià
pia jelix augufla , mater Augujlorum , mater Senatûs ,
mater Patrice. Senatus confuitb. Telle clf la légende d'une
médaille du Cabinet de l’abbaïe de S. Germain des Prés^
Elle eft de Julia Domna , nsère des empereurs Géra & Ca-
racalla. Car cette princefle , félon le (d) P. Jobert Jéfuite ,
eft la feule de toutes les fiû^mes , qui aie ofé s’apeler pia ,
feEix , augufa ; les Romains in’ayant pas cédé aux Dames fi
libéralement que nous la qualité de fexe dévot. « z®. Julia
•Mamaea Auguf a — Venus vicirix. Senatus confuitb. Les
deux côtés d’une médaille du même Cabinet nous ont donné
ApICfr c!^t , dn Mra U'üoin dei hl-|
■ bttans di> Vdiia &’dn' cnviroaA de la!
ville' de Rouen, tpelliet'ri/tcÆ^Mm n-
viut. <Du. tcft» nom oe dooaoiu coac.
'ced yue'cenime conJeâirà.'Ix public
ddcidcra , fl nous avons iid plus, heureux
<]oe tes ravani 'j non onc fravé.lc
chtmin.u '."t '
DitJ"l ' bv - -Og
DE DIPLOMATIQUE. j7j
te 'modelé d’écriture. Le Sénat fit fraper cette médaille en — ~
l’honneur de Julia Mama-a , mère de l'empereur Aléxandre.
Imperator Marcus Julius Philippus AuguJIus.Æurnitas chap. X I.
La médaille , qui donne cette légende ell encore du AaTicn. ii.
Cabinet de S. Germain des Prés. Elle tut frapée par ordre
du Sénat à la gloire de l’empereur Philippe , qui ne régna
que cinq ans & quelques mois. On croit avec beaucoup de
fondement , quec’eft le premier empereur , qui ait fait pro..
fdlion de la Religion chrétienne. Remarquez dans ce mo-
dèle la forme du T , de l’R , de i’N , & l’abréviation Augg.
qui devroit fignifier un pluriel comme dans les autres mé-
dailles , & qui ne marque dans celle-ci , que le fingulier.
4°. Dominus Honorius Auguflus , cft la légende (a) d’une B-uurene.
monoie de bronze , carëe , & repréfentanc la figure de
l’empereur Honorius. y”. Carias imperator : autre légende
d’un denier d’argent , attibué {b) à l’empereur Charlemagne, (i) if BUnc.
6°. Hludovicus (cl cft empreint fur une monoie de Louis
empereur , fils de Louis le débonaire. 7“. Otto^ imperator ' ' *
Auguflus. Le grand fceau d’Otton II. empereur d’Allema-
gne , nous a donné ce modèle. Ce fceau rond eft (fl) apli- (J cirmit.CtJ--
qué au bas d’un diplôme original , acordé à l’abbaïe de S.
Emmeran de Ratilbône , 8c daté de l’an 5*83. de l’Incarna-
tion de notre Seigneur. 8”. Sigillum Henrici comitis Nor-
humberlandie, C’eft l’infcription du fceau pendant («) de (t) StUdm dip.
Henri, comte de Northumberland , fils de David I. qui
monta furie trône d'Ecolfe l’an 1114. L’e timple tient ici
, lieu de la difphtongue Nous en avons vu des exemples dès
les premiers tems.
Les lettres , dont les baies font pâtées en grife , ou à
doubles points , tendant .1 fe réunir , conftituent la qua- jy £sp£cb.
trième efpèce. Nous en donnons fix exemples dans notre
planche. Voici les médailles 8c les fceaux, qui nous les ont*
fournis. i“. Une médaille du Cabinet de S. Germain des
Prés a d’un côté , Antonia Augufla , Sc de l’autre , Tiberius
Claudius Caefar Auguflus , Pontifex maximus tribunitia
poteflate , Imperator , Pater Patriae. Senatûs confultb. a®.
Autre légende d’une médaille de Néron.: Imperator Nero
Caefar Atigùflus , Pontifix maximus tribunitia poteflate ,
Pour Patriae.. Senatûs confitlto, 3.”. Sur une médaille de
D
II. PARTIE.
S i C T. III.
Chat. XI.
A X T 1 c L l. II.
( a) Dt rt diftcK,
/. 447-
(4) Muni ejftr-
VAtimi ftprÀ il /!-
fil. I. i. f. lox.
(f) y^tz ti-dtf-
fiu.f. 45 J.
y. ESPECE.
lél) Ttm. 5. fl.
*S-t- «7J.
(a) La P.du iluh.
UnetCmUmiide Su
Gauvihn.f, xj.
f74 NOUVEAU TRAITÉ.
Maxiinin nous lifons : Imperator Maximinus pius Augufliu.
Salus Augufli. 4°, Une autre médaille de Balbin a d’un côté
cette légende : Imperator Caefar Decimus Caelius Balbinus
Augufius : au revers , F ides muiua Auguflorum. Balbin &
Maxime ayant été élus empereurs l’an 237. par le Sénat ;
furent malfacrés par les Prétoriens peu de tems après. Cet
trois dernières médailles font entre nos mains en original.
L’écriture en eft toutafait fingulière & d’un mauvais goût.
Cependant à commencer au tems d’Augufte , nous trouvons
dans Vaillant de l’édition de Rome beaucoup de médail-
lons en ce caradère. y®. Le fceau de plomb de Pafcal H.
pendant (a) à une bulle , donnée l’an de notre Seigneur 1x03.
porte cette infeription : Pafchalis Papa fecundus. 6°, On
lit fur le fceau (é) de l’Hôpital du S. Efprit à Florence :
S. Fratemitas. Hofpitali. S. Spiritus. de Flores. Ce Iceau
nous paroit plus ancien que le rétablilTement des fignatures
(c) nunuelles. La première S eft tranchée dans l’original. Dans
le dernier mot l’S eft mife pour le T,& l’N eft fuprimée. Cette
infeription fe lit ainfi : Signât ou Jigillat Fratemitas Hof-
pitalis fanlti Spiritus de Florentia.
L’écriture de la cinquième efpèce eft un peu maigre &
commence à devenir catée. La carure , dont il s’agit , tombe
fur les angles de quelques lettres comme A , M , N , V ;
mais rarement afede-t-elle meme toutes ces lettres , d’une
manière conftante. Le fuplément à l’Antiquité expliquée nous
a fourni (d) trois modèles de cette écriture. Ce font les inC-
criptions d’autant ( i ) de fceaux parallellogranunes. » Ils
» lervoient , dit D. Bernard de Montfaucon , à fceller ces
» grands vafes de terre cuite , qu’on employoit anciennement
U au lieu de tonneaux , pour conferver le vin & les autres
(1) Les anciens Romains ne fe fer-
Toienc pas fenicment de leurs anneaux
pour fccller ; ils fàifoient encore gra-
TCt leurs noms tançât en CKUx , tantôt
en bolTe fur des lames & des plaques de
cuivre Sc d'auues métaux. Ces eipcees
de fceaux lent fervoient quelquefois i
imprimer leurs noms avec de l'encre au
bas des aâcs , qu'ils fai'foient drelTcr ,
ou fans encre fur la cire , la craie 5c les
ancres maciéces fafceptiblcs d'impreflion.
» Il y a fu)ec de s'écotraer , dit un (>) (à-
» vanc du dernier lîécle , que les Ro-
» mains , qui écoienc <i fpicnuels 5c li
U indulbieux , ayant l'uf^e de fembla*
» bles cachets , n'ayenc point trouvé l'in-
» vention de rimptimerie. « Céioicua
fecret que Dieu refervoic aux nations.,
qui ont détruit l'empire romain , 5c i un
bécle d'ignorance , au moins dans fes
cammcncemcos.
Dig,
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DE DIPLOMATIQUE.
» liqueurs & pour marquer aufli les charges & les ballots ~~*
>• de marchandifes. « Le premier fceau porte cette inlcrip- partie.
tion : M. VaUri Cerdonis. Ceft le fceau de Marcus Vale- Ch*k xî.
rius Cerdo. Le fécond eft chargé de ces caraûcres : Q. Macici ^ «t i c l i. ii.
Paterni. Ceft-à-dire : le fceau de Quintus Maticiis Pater-
nus. Le troifième eft fort remarquable. Il a pour infcription :
Félix. Chors. Prima. C’eft le fceau de la première cohorte
apellée Félix oul’heureufe. Chors pour conors le trouve Ibu-
vent dans les infcriptions.
La ûxicme efpcce eft compofée de caraflcres , dont les ba-
fes & les fommets étendent des pointes aigues des deux cô- ^ e&pec
tés. En voici le premier modèle : D. {a) M. Claüd. Vie-
TORl. Eq. SING. DN. VIX. ANN. XXVII. MIL. AN. VII. M. AüR. (,) „
UrSINUS. CA. HERES. AMICO B. M. V. DUs (l) Manihus.. tl*>.
Claudio FiSori , Equiti (t) jlngulari Domini noftri. Vixit *>•
annos viginti feptem , mUitavit annos fepterh, Marcus yiu-
relius Urjînus , {3) carijjtmus heres , amico benè mertnti
pojuit. Remarquez dans cette infcription fépulchrale les
points à triple pointe , pour Icparer les mots. On en voit
im même à la fin d’une ligne ; quoique dans l’original le
mot foit achevé. Il y a des infcriptions , dont les mots font
féparés par des virgules , au lieu de points.
Le fécond exemple eft une épitaphe , dont le fens eft
obfcur. D. de Montfeucon la {b) publiée , fans la lire &
Cuis l’expliquer. Nous la lifons & l’expliquons ainfi : Diis (t) our. à»iu.
Maniius. Titus Aurelius fummus eques Jingularis Augujli , ^ ,
Claudio Vinim , natione Norico , ( Vixit annos vi^nti
feptem : militavU annos novem , ) Pofuit. Aelius Severus
heres amico ootimo fecit. Aux Dieux Mânes. Titus Au-
relius , chef ae la troupe des cavaliers de l’empereur ,
fiirnommés Singuliers , a pofé ce monument en l’honneur
(1) Ceft-à-dire ; Ara Diera mânes. A
Claude Viâot, cavalier de rempereur,
de la troupe d'élite ou des Siafulitri.
Il a vécu vingc-(èpt ans , dont il en a
palTé Tept à porter les armes. Marc An-
réle Urfin fon très cher héritier lui a éri-
gé ce monument. C eft un honneur qui
lui étoit bien dû.
(1) On apeloit «juir» finpiltm nne
trpupe de caraliett comaios , ^
combatoient à la gauche de l’cropereut j
au lieu que les Prétoriens combatoiem à
Ta droite.
(l) Nons expliquons ainlî C A. que
O, BcmardalailTéicn foufrance. En hi-
polânt que le Ceft un e oacial ou tond,
donc la traverTe aura été oubliée oa
éfacée } il fâudroic lire , ex aÿë htrei ;
ce qui /croit on très-boa fens.
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II. P.^RTIE.
S E C T. III.
C H A n XI.
Article. II.
yil. ESPECE.
rllL ESPECE.
(*) Numif. s»'
itpfMX. t»b. ix.
IX'. ESPECE.
(i) Ttm. i.fxrt.
^.fl. 157.
r76 NOUVE'AU TïlAITÉ^
de Claude Virunus , Norique de naUTance , qui a vécu vinjjt-
fept ans , & en a pafTé neuf dans le fervice militaire. Æluis
Sévère fon héritier a fait cette é^ntaphe en mémoire de fon
ami , qui ’a mérité cet honneur. ■ - i
- L’écriture de la feptièrae efpèce eft formée de lettres à'
bafes &: fommets ruftiquemem naiflans. Nous n’en donnons
qu’un modèle , defliné fur une pierre du Cabinet de l’Acadé-
mie royaledeslnfcriptions&Belles- Lettres. Voici rinfcription, '
dont les caraèlères font réduits d’un tiers : Dits Manibus,
PeUia 'Epiclejîs PlacidB Ca^^aris ex flatione (jUûdrageJîma
Galliarum Jecit Cf fibi fuis <,■ Uhertis Ubertabufque pojlej!*-
rifque eorum. A«x Dieux Mânes. Pedia Epiètefis a fait faire*
ce tombeau ptiur I^acide ,* ibidat du quarantième corps des ’
croies ‘de l'empereur dans les Gaules , pour elle-même &
les tiens , pour fês af^chb & fes afranchies & leur poftérité. '
La huitième efpcce renferme quatre modèles d’écriture'
carée ordinaire , dontdes lettres n’excèdent ni dans leurs
bafes , ni dans leurs fommets. i®. Une médaille du Cabinet ,
de l’abbaie de S. Germain des Prés nous donne d’un côté :
Divus Antoninus ^ & de l'autre, eonfecrtuio. S.C. Ces deux
tigles fignifient , Senatùs confultb. z°. Une autre du meme
Cabinet porte : Imperator Catfar Publius Helvius Peninax
Augujlus Diis cujlodibus, Sefüttûs confulto. 3®. Nous
a^ons en origioal une médaille / dont la légende ell telle :
Imp c m CASS i(Af PostujKus P Fa06 : C’eft-^-dire : Jmpera-
tor Caius Marcus Caffius Latienus Poflumus plus Jèlix Au--
gujlus. Ce Poftumus ou Poftumius , gaulois , & homme
d’une pandè ' valeur , s’étant foule vé contre Gallien vers\.
l’a» 2*4'. ïê fit déclater empereur', & fiit apellé le reftaura-^
teuc^es Gaules. 4®. Sur une monoie anglo-faxone , publiée
paf<a/ le chevalier Fountaine ,'*on lit d’un côté Plegmund
archiep. &c de l’autre Eicmund mo. C’eft-à-dire : Plegmun-
dtu archiepicopus . Eicmund monetarius. Plegmond fiit élu
archevêque de Cantorberi l’an 850. Son églife jouiflbit dès>-
lors du droit de batte monoie. ...
Une écriture haute, longue & tarée dans plufieurs de fês
lettres , conftitue la neuvième efpèce. En voici un exemple ,
tiré de l’Antiquité (^) expliquée : Sab. Aureliani. C’eft l’inf-
cription d’un cachet parallellogramme , deftiné (à marquer
le
DE DIPLOMATIQUE.
les marchandifes &c les grands vafes de terre ciiica , Oà les
anciens gardoicnt leurs liqueurs. ' ) il. partie.
La dixième efpèce eft d’une écriture carée , à baies & cnlV. xl.
fommets fouvent aigus , avec des A portant leurs traverles A * t i c l i. ii.
obliques. En voici les modèles repréfentés dans notre plan- X‘. ESPECE.
che , où les cliifres font dérangés , par romilTion du premier
numéro. i°. Le mot Papae eft empreint fur le revers d’une
bulle ( I ) de plomb , qui {a) porte le nom d’Etienne. Il eft di-^ f») Ummtt.An-
iîcile de déterminer précifément , auquel desPapes de ce nom j ,V
apartient ce fceau. Cependant , G l’on en examine bien les
caraélères ; on le donnera à un des trois Etiennes, qui mon- ■ .'v.
tèrent fur le S. fiège , après le milieu du vi 1 1*. Gècle.i*', Pa-
pae paroit [6) fur le revers d’un fceau de plomb , portant
le nom de Marin. M. Muratori croit , que c'eft Marin I.
élu en 88a. Le meme mot Papae fert (c) d’infeription
au revers d’une bulle de plomb , fur laquelle on lit en let-
tres monogrammatiques , Joannes. Il y a toute aparence que
c’eft Jean IX. moine Bénédiâtn , qui fuccéda a Théodore
en 85>8. 4°. Leonis Papae eft la légende d’un (beau de
plomb , publié (<t) par M. Ficoroni. La reftemblance des
A avec ceux du modèle précédent , nous autorilê à l’ad-
juger au pape Léon V. qui fut ordonné à la place de Be-
noit IV. l’an P03. y°. La même infeription , Leonis Papae ,
paroit («} fur un autre fceau de même métal. Les caraâè-
res plus récens femblent anoncer le pape Léon VIII. placé
fur leS. Gège en 963. 6*. Papae le lit au (f) revers d’une
». IX.
(t) Itid.ctl. I ;i.
». X.
(1/) I «»*
lichipart. l.p.ff.
». 1.
(«) Uid. ». ) .
(i ) M. Muratori (/ ) obrerve JaÆcicu-
rcoienc.que les bulles de plomb ries papes
ibnt plus aneicones , que ne Pont pcold
plulieurs favans. Eo général ces Tceaux rie
plomb Tou d'un âge fort reculé. Celui
de Marc Auréle & rie Lucius Veius , e(l
U percé (i) riu haut en bas , pour j paC
■a Ter la cordelette , qui tcfoit la bulle
» ataebée aux diplômes ries empereurs.
>> Cette bulle de plomb bit antique au
» Jugement de cous les habiles , & prou-
» ve que cet ul^c ries bulles eft plus an-
ncien que pluucuts ne croient. Les vi-
M (âges rie Marc Auréle & rie L. Verus ,
oj'unri'un côté St l'autre de l'autre, y
M font d'abord reconnoilTables rie de bon
U gode. « On ne fait pas piricilÜfflcnt en
Tome II.
if) ItU. P 7».
». 1.
(f) Aatif. irit.
I. J. »/. 1 sp.
(A) Antiquité ex~
plsj. I. ] . X. part,
p. xjo.
quel tenu on a commencé â mettre des
bulles aux aéles publics. Heineccius (i)
en aporte une de Galla Placidia, Elle
du grand Théodofe, <c (exur des empe-
reurs Arcade & Honotius. Le doâc Al-
leman (bupçonne que cette pièce de
plomb cil plutôt (k) une médaille qu'un (i) De
fceau. Mais le P. du Moulinet (t) lève tôt. t.». i,
ce fcmpulci lorfqu'U alTiue qu'il p a
«» trm au travttt dans ttpaijftur , par ' '
Mt m pafftit H» lots , qui nttnait et fera». I ' f ' ’ > '
M. Ficoroni (m) a publié deux autres bol- (1) CtUiui d$
les de plomb , Tune du Pape Dm dtdit , Su Gtneuiivt.
qui commença à gouverner l'Eglife roi p.ty.
mainc en «i+. & l’autre de Vita- (m) ) pirrnti am-
lien, qui monta fur le S. Siège l'an <p7. lithi. p.yi. pl.i}.
Dddd
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vtyg NOUVEAU TRAITÉ
balte de j>lomb d’un Pape Jean. On peut croire avec beau-
*s vraifemblance , que c'eft Jean XIII. qui fiit in-
ChVp’. XI. rfironif<l l'an 96^. 7°. Sur une ancre bulle (a) de plomb ,
Aktich. II. portant le nom de Benoit , on trouve Papae. Lcj carac-
(0) uu.n.4- cères remblenc indiquer Benoit VIII. , qui fut élévé lur le
JO. S. Siège Tan loit. Au revers d’une médaille (é) de plçtnb,
tepr^ntanc la fainte Vierge avec l’enfant Jésus , piiroit un
chi^e DU plutôt un© écriture monogranunacique , fort difi-
cile à lire. M. Ficoroni y trouve cette prière : State Poule
Apofiole adjuva. 9®. Mocontia eil écrit pour Mogwuia.
(r) U buju. fur le revets d’une monoie de (c) Chaclenugne , fabriquée
y. «s.». ». ^ Mayence. • 1 *
XI'. ESPECE. Plufieurs letOfes .de l’onzième elpèce ont des jambages
pleins te «t»ffifs,qui ne fe touchent que par une pointe in-
terne , ^ y laiÉe un efpace vuide. Le premier modèle de
[1) Le Bime. cctte éctltute fioguUère, eft Luoo'wicus , gravé (</) fur une
f. loi. i. ». J 6. le débonaite. Le fécond eft, Papae , marqué
(«) Fieertm ibid. ^ plomb , portant le nom de Jean, dans le
/. 70. ». I . cbamp.de la pièce.C’eft probablement Jean VIII .qui couronna
\.) empereur Charte le chauve le jour de Noël l’an 87 j. Le
troiiicine modèle eft le même mot Papae , imprimé fur le
( ». s- revers d’un fceau de (/) plomb , qui porte aalC le nom de
Jean*. écrit enicercle, autour d’une rofette. Le raport des
caraâcces avec la bulle précédente , nous porte à croire ,
que celle dont il s’agit- ici , apanient ï Jean X. qui mar-
. . , cha à la tête d’une armée contre les Sarazins & les défit en
916. Le quatrième modèle eft Manno monetarius , empreint
(f) feierntiiu fur ig) une fUonoie anglofaxone du règne de S. Edmond ,
t»b. V. roi dcs Orientaux ,& qui foufrit le martyre l’an ^46.
“■ “■ Dansdeswux motSjl'M &c. l’N prennent la forme de l’H.
(h) ih,d. t.vtii. Le eidqôicme modèle eft la légende du revers {h) d’une mo-
v.eteu.n. ». goie ^ Harolde , dernier roi anglofaxon , à qui Guillaume
le bâtard , duc de Normandie , enleva la couronne & la vie
fan 1066. M. Fountaine rend ainfi cctte infeription ;
Bronnstan on Theotf. Il fâloit lire : Brunujla moneta~.
' iius de Otford. Il eft furprenantque le doéle Anglois ait conll
. tamment lu on aux monoies de Harolde te autres lèm-
Wables ; fans s’apercevoir que c’eft l’abréviation de mone-
. - tarïus.
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DE DIPLOMATIQUE. m
' La dernière efpèce eft compose de lettres à bâfès tit
fommets en parcie tranchés , & en partie nail&m du corps^de
ces lettres. En voici un exemple delfiné fur un denier d’ar-
geiu de Raoul, ou Rodolfe, qui fuéélu par les faâieux,&:
iàcré roi de France à S. Médard de SoÜfbfts l’iui 9^y par
Vautier archevêque de Sens. On lit d'tml c&té Rodvs rbx ;
c’eft-à-dire Rodi^us «x : au revers Lmc»i' cots. Ceft
en abrégé , Lingonum civiteu. M. le (<t) Blanc a lu (i) ith-
clitus , mpofatK fans nécefllcé des lettres tranfpofées.
III. Les écritures lapidaires & métalliques lôiK (<mvenc
formées de lettres triangulaires , ou aprochant de cette fr-
gure. Nous les voyons terminées par des triangles , des coins’,
& des angles faillans ou rentrans , Ibit au dedans , (bit au
dehors. Ces formes accidentelles font allez (enfibles , pour
fonder un fcpticme genre d’écriture capitale. II ne renfèf-
me dans notre planche X X v! que ftt el^ces' ,- qu’il (kw
décrire ici les unes après les autres. , .>
La première cift cstnée, à aagteS rentrans , Il coupe obli-
3ue. Nous en troimms ' le peemier modèle (or une (è) buite
e plomb , qui prélênce d’un côté le nom Sergi , & de Fautif
Papas. Selon M. Muracori , on peut rapotter ce fceau pa-
pal k Serge II. ou III. La grolfiereté des caraâères lemble
indiquer ce dernier , qui par la faftion du marquis AdaL
bert s’empara du $. Siège l’an 904. & aprouva la procédüre d’E-
ticnneVI .cona« Formofe. Le fécond modèle elt Finlcfiption ,
JoHANMis Papas , empreinte (or une bulle de [ç) plomb. Elle
nous (êmble apatnsnir à lew XII. qui s’empara du S. Siège
Fan pyB. n’étant âgé que de <&c>huit ans. CTeft, 2 eè qu'on
prétend , le premier pape , qui ait changé de nom i fon or-
dination. Le eroifième modèle eft la légende èFUn (beau de
{d) plonds , Aont un côté donne Paschaus , & Faune Pa-
pas. M. Momori croit qu’il s'agit ici de Pafcal IL d’abord
(i) Od Kpraelic i nt habite homme
d'avoir encore mal eipUqnè {>) ta 4;*.
piiee de (es monétaires. La figure d'one
ptétendae Viâoire chrétienne affife a dé-
tctininé M, Eckhan C/)h donner ceite mo-
Doie an roi Clotaire II. qui fégna d’abord
damlaNeathie,tc fisviâotieoxdeSigcbert
lâns combatie, Ab tour de cette viétoire
ce lavant aatenr lit 9.timü , an ben de
Rouen. MM. le Blanc te Boote-
rone ont In Kedtnit. Ce n'elt, dit'4>n, ÿie
(bus ta fécondé tace de nos rois , qu’ejn
voit for tes monoies Jffndtms chnt/u ,
Rennes en Btétagne. On trooveta ce-
pendant an dernier tome de ta noa-
vetle Hlftoiic de Brécagne , des raonoiet
fripées daas cette ville dès le ccemmen-
ecment de la première race.
Ddddij
II. PARTIS.
Sict. III.
Chip. XI.
A ■¥ IC LE n.
XUé SSTECE-
(«) "RaiUdtsmr-
ntm.f. I4f. 4-
Scriiorc i trian-
gles, coins, le an-
gles faillans Ce
reatraaS.
Vn. GENRE.
•?»)É'SPECE.
(é) Antijuit. ittU»
sal. I )t. a. VI.
(e) létd. est. 1 14-
• Il ■> " , .J
[fi UÎ4. a. iir.
(t) Lt Bèsae.
f. st.d.
( ff Ctmmunlar,
dê rn. Franc. O-
risW. t. l.f. tff.
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II. PARTIE.
Se CT. III.
Chat. XI.
Artic L e. II.
(«) De re diplem.
t- 4+7-
(t) ] ploirii dnii-
éhi. f. J 1. tdb.xv.
■'.V iù .nv
JI-. ESPECE.
(<} t'e-’.'Titaine
l’.i. IX. Siirie.
X. 1. 1. 1 bU.
(./) Pe re diplem
p. 441. Iltiiuc-
iiHS de Si^H.tdb.f
(f) Le fUdHe.
p. !)«.«.>.
(/) lUd. ». II
NOUVEAU TRAITÉ
moine de Cluni , & enfuice élu pape d’un confentetnenc una-
nime l’an 109?. Mais la bulle de plomb de ce pape , pu-
bliée par (a) D. Mabillon , eft d’un caraélcre fi àférent ;
que nous ne balançons pas à donner au pape PaTcal I. celle
qui nous ferc ici de modèle. Ce pontife romain couronna
à Rome en 813. Lothaire , que Louis le débonaire avoir
envoyé en Italie , pour rendre la juftice. Le quatrième mo-
dèle eft l’infcription , Damiani notari , pour notant. Elle
paroit fur un fceau de plomb , dont le revers repréfente
un aigle. M. Ficoroni {b) croit avec raifon que Damien
étoit un de ces notaires impériaux , qui commencèrent à
être en vogue au xi il, üècle. Le cinquième modèle eft la
légende d’une' monoie d’or de Louis VlL.frapée à Bour-
ses : Ludovicus Rix. Urbs Biturita.Sm les monoies,R/x fe
trouve fréquemment, pour Ç’eft ici une des premières ,
où l’on trquvç le nom âturhi au^eu de civittu , donné à
des villes archiépifcopales; ; aiJ ; • rJ .
La fécondé e^jèce'.eft. nawio, de quelques bafesou fom-
mets folides ou aj^àwu déSingués du corps des lettres. No-
tre planche en r^wé^s?** modèles» 1°. Sitric. Cunyng.
A. Ascolï^ MOMBTAR- C’eft-à-dire : Sitric. Cuning. ou rex
■Anglorum,,i4f^fy inùnttaiius. C’aft la légende (c) d’une
monoie .îH^oImCOne de Sitric , roi de Northumberland , en
.ïtA)PAÇ.;Ge mot, dont.les A font fi remarquables ,
poM^r^ie mvefs d’une bulle de plomb du pape Ni-
ilévé fur le fiège apoftolique l’an 8j8. 3°. Aure-
~ji0Ùs çivitas. C’eft la légende d’une monoie (e) de Phi-
frapée jdans la ville d’Orléans. 4°. La répétition
taUs ' Aurelianis ^tivitas , en caraéleres un peu difë-
•tçns. , fe trouve fur une aiitre monoie (/) du meme roi de
.France. ^°.-,Stampis caMlum , eft [g) encore la légende
4’une monoie , frapée a Etampes fous le même (i) règne.
..-.ua ■
! . .1
B Idtiei'
,, (i) Ce? Irpis nvinoies de U rccoodc
.colonc de M. le BÙhe p. i JT- oni
embarade cet habile , ddehifieut . Sur
les côtés ,o4 patpii le nom da roi , il y
'a d.e? lettres iranfporées & entteaic-
lées'. done o0> dela peioe à Ibtniet un
fini. Sur la ' neuTiime . outre l’X ,
oui efl faoi doute la lettre iailitlle de
- J_ .c «f*!*.. « T\ —
pdlid. M. le Blanc n’a point là l’onziè-
me. Elle porte : Dei dexird fit bnedielu.
Sur la I)'. nous lifuns : Phitippiu rex
Dei pdtid. Notre favanc antiquaire (A)
avoue . qu’il n’a pu deviner le lignilîr
cation de deux A , qui ront dans les an-
gles de la croix. Ces deux caraélèrts joints
aux branches de la croix , qui renferment
QUI eu tans OOUtc la auruoc- — ..
Xr$m , nous lifoiw , Philipptu Rex Dei [ le r & deux L. fotment le mot Gain*.
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UE DIPLOMATIQUE. 581
Aurelianis civitas , en caraûcres alTez fêmblables à ceux
des monoies précédentes , fe trouvant (a) fur un denier qui
poixe le nom de Louis ; on doit plutôt l’atribuer à Louis VI.
qu’à Louis VIL La plus ancienne monoie fur laquelle on
voit des fleurs deJys , eft celle que {b) M. le Blanc atribue
à l’un ou à l’autre de ces deux Princes.
La troifième efpcce eft à triangles unis & traverlës déta-
.chées d’un air barbare , à baies &c Ibmmets Iblides & déf-
unis dans quelques lettres. Nous en avons fait graver qua-
tre exemples, i. Bernea monetarius. r. Beagita monetarius.
Le chevalier Fountaine a lu Beagna. ^.Ethelul monetarius.
/4. Diarylf monetarius. Ces modèles Ibnt (c) tirés des mo-
noies li. 15. io. 1 1 . de Burgrede ou Burhède , roi des Mcr-
ciens en Angleterre, l’an 8y 1. . .
La quatrième efpcce à traverfes & jambaçes trian^aires
ou prelque triangulaires, eft féconde en modelés. i^.Sabbati
dulcis anima , pete & roga pro fratres & fodales tuos. Ame
de Sabbatius pleine de douceur , demandez &c priez pour
vos frères & vos compagnons. C’eft ici une ancietme [d)
épitaphe , trouvée à Rome, dans le cimetière des SJ. Gor-
dien &c Epimaque. On y voit l’ufage de fe recommander aux
prières des Bienheureux , & d’invoquer furtout ceux qui ont
foufèrt pour J. C. Au lieu de fratribus & fodalibus , on y
lit fratres & fodales tuos. Les anciennes inferiptions four-
millent de pareils folécifmes. On ne peut trop le remarquer ,
pour confondre ces demi fa vans , oui mépriiènt les chartes &c
les diplômes, dès qu’ils y voient des flmtes contre la Gram-
maire. 1°. Imp. C. Gal. Val. Maximianus P. F. Ave. —
Genio Imperatoris. — ERP. — HL B. Les deux côtés
d’une médaille du Cabinet de S. Germain des Prés dorment
cette légende , que nous expliquons ainli ; Imperator Caius'
Galerius Valerius Maximianus Pius Félix Augujhts
Genio imperatoris. — Erario publico . Heliopoli . mo-
neta ficunda. Les figles E R P.& H L B. foufrent fi) dificulté.
J®. Framric monetarius eft la (e) légende d’une monoie de
' ■ * I
(i) On pouroit ^galemcnr faire dire } de en Ex candèrea ; il faodroic flüre des
axx trois première] lettres , tngmndM fe- I recherches , qui nous ècarteroieoi trop
tumM , te aux trois dernières , ïlriiefeieti I de notre principal objet.
Lepent ysrrMida. Poiu fixer la iigiii£catioo 1
II. PARTIE.
Sic T. III.
Ch A P. XI.
Artich. II.
(4) lUJ.f. I <4.
». 10.
(i) IM, ». I .
111’. ESPEECE.
(e) Fêtait, mt. j .
m. ESPECE.
(J) Pitenttrueti
ejfervesjcni, itt,
xxiv. f. 167.
(e) Fetuu.tti. ).■
». J.
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U.PARTIE.
sicT. ni.
Ch AF. XI.
Articiz. II
(«} lUd. isi.9,
H. l.f. Itl.
(h) liùl. tak. 1,
n. >1. f. 171.
(e) ti BUnt.
/. M<.». 7.
{i) IbU.f. iji.
a. I.
*) IM. a. t.
(/) IM. a. <.
(t) IM.f. t$7.
ll>)IM.f,xo,
jit NOUVEAU TRAITÉ
’ Buriicde , roi de Mercie. 4®. Tin.nr a monetarius. Une mo-
noie de l'archevêque de Cancorberi (a) ofre cette inicrip-
tioii , où l’M & l’N ont la forme d’un I à double trait. M.
■ Fountaine n’a pu la déchifrer. y®. Edeljlan re Saxorum. —
Hegenredes monetarius de Deorabyi. Q’eft la double lé-
gende d’une monoie {b) d’Ethelftan , fils d’Edouard l’an-
cien. Le chevalier Fouiuaine a mal lu Rex Axorum : c’eft
Res ou Rex Saxorum. On pouroit même en rigueur lire Sa-
xonum. L’s de rex a deux uf^es : chofe fort ordinaire dans
les monoies , de l’aveu de M M. Fountaine & le Blanc. Il
en eft de même des mlT. où Ibuvent l’s finale d’un mot lcrt
à commencer le fùivant. Metalo, Ce nom paroit au revers
d’une (c) monoie de Charle le fimple. Metalum,Metallum^Me-
tullum , Metulum étoit un lieu célèbre pour les monoies. On
croit communément que c’eft Melle en Poitou. 7°. Gratta
Dei Dux. Parijîus civitas. Un denier (d) d’argent fin
donne ces deux légendes. Le monogramme de Hugue prou-
ve que cette monoie eft de Hugue le grand , ou de Hugue
capet avant qu’il fut roi. L’un Sc l’autre furent maitres de
la ville de Paris &c portèrent le titre de Duc de France , ou
des François par la grâce de Dieu. 8®. Sur une (ej monoie
d’argent , dans le champ de laquelle le mot Rex eft mar-
qué , on lit , Hugo Francorum & Parijîus civitas. Cette
monoie apartient donc à Hugue capet , chef de la troifième
race de nos rois. 9®. Un denier d’argent (f) de Henri I. a
d’un côté pour l^ende Hainricus Rex A Cl, &c de l’autre
Paijîus civitas. Poilus eft ici poMt Pari^us , & (i) Hain-
ricus pour Henricus. L’A &c l’n paroiflent louvent fur les
anciennes monoies de France , dans les infcriptions , à la
tête des chartes Sc dans les fignatures. Dès les premiers fiècles
du Chriftianiline ces deux lettres étoienc en ufage , pour
exprimer le nom de notre Seigneur. On fait qu’il a dit lui-
les anciens monumeos Upidaiies &
niliques , que la manière diférence <fd-
crire les memes noms de liens & deper-
Tooes. Quelle eft donc 'la tdmdrite de
ccDz qai ptdtendcnt d^gradei les diplô-
mes Ions prétexte , que les mêmes doow
y font diTcrfcmem onlwgc^dùéi 1
( () M Le nom de Hemi , dit M. le (f)
» Blanc , eft écrit difétemment foc ces
> deniers. Sur le premier il y a Htnricm
» Krx de for le fécond Hinricos : &
» j'en ai tu d'autres ùapkt à Paris , far
> lefqueli il ^ avoit HanirUm te Ham-
>• ricm , de ou Paris étoit nommé Paipm ,
» tce. O Rien de plus oïdinain (i) dans
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DE DIPLOMATIQUE.
même ; Je fias (a) l’alpha & l’omiea , U principe & la^
de toutes chofes, lo®. Landonis cafta. Cet abrégé veut «urc
caftallum , qui eft mis pour cafteÜum. Cette légende eft fur
le revers d’un [b) denier d’or du Roi Louis VU. monoyé à
Çhateau-Landon dans le Gatinois. ii®. Un gros Tournois
(c) d’argent du Roi Charle V. porte au revers Turanus ci-^
vis. Ce dernier mot eft l’abtegé de civitas. n®. Le nom
de la ville de Tours , Turonus , paroit encore au revers (</)
d’une monoie du même monarque. Et c’eft le dernier mo-
• dcle de la quatrième efpèce d’écriture de notre lèpticme
genre.
La cinquième efpèce , à triangles ou coins enfoncés dans
le corps UC quelques lettres , en guife de bafes ou de fom-
mets , eft repréfenrée dans notre planche par les exemples
fuivans. i°. Roma fur une {e) monoie ftapée à Rome qui
porte d’un côté l’image &c le nom de S. Pierre. Sur le re-
vers il y a un monograme , que M. le Blanc n’a pu expli-
quer. Nous y découvrons le mot Hadrianus. Comme cette
monoie eft rangée parmi celles des empereurs du nom de
Charle ; c’eft le pape Adrien III. qui l’aura fait fraper ; lorf-
que Charle le gros devint imbéciÛe , & fut abandonné de
tous les feigneurs de Germanie, a*. Lunowcus imp.— scs
Petrus. Ludowicus Imperator , SanSus Petrus. C’eft la dou-*
ble légende d'une autre ( f) monoie faite à Rome , 6c ^ue
M. le Blanc a mal placée parmi celles de Louis le d^onaue.
Pendant fon règne nul pape du nom d’Adrien n’ocupa le
S. Siège. Or cette monoie porte Hadrianus en monogramme :
ce qui doit s’entendre du pape Adrien IL qui gouverna l’é-
glife romaine , pendant que Louis IL fils de Lothaitc gou-
vemoit l’Empire, j*. Siudeicur — Suddeur monetarii. Ce
font les noms de deux monoyeuts , qui ont firapé la monoie
anglofaxone, que (^) M. Fountaine, favant antiquaire , m^ à
la tête des incertaines. 11 apèle ainfi toutes celles , qu’on ne
làuroic atribuer à quelque Roi en particulier. Cependant le
monogramme , qui remplit le champ de cette pièce d’ar-
gent , fignifie allez clairement Atheljlan , qui fut êlévé fut
le trône d’Angleterre , par le confentemcnt du clergé & de
la noblelTe , l’an 914. 4*. Lodowicus Imperator. C’eft le
nom de l’empereur Louis II, gmvé au revers d’une [h) monoie.
II. PARTIE.
St CT. III.
Ch A P. XI.
Articli. II.
(«) t,
8.
(*; U Btmu.
f. I«4. ». II.
(c) Ibid. f. lit.
• t.tcl. ». ;.
(d) Ibid. fl. 181.
b. a. t.
F. £SP£CI.
(t) lUd. f. 91.
». J.
(f) Ibid.f.iai.
b.m. )f.
(i)Tab. 9.f.tSS.
(h) te Slenr.
f. 108..». II.
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II. PARTIE.
S ECT. III.
Ch> P. XI.
Article. II.
(4] liai. f. 108.
». it.
(I) liid.n. M-
W'. ESPECE.
(c) Antiquit. ix-
pliq.t. ). fxrt. 1.
fl. IJ4-
(W) Axntl. Btntd.
». t f. <>7*
(>) lê Blmu.
f.
,84 NOUVEAU TRAITÉ
q^ui reprëfente de l’autre côté S. Pierre avec cette légende
S. P. Benediû. P. On n’a pas de peine à reconoitre ici le
pape Benoit III. qui fuccéda immédiatement à Leon IV. l’an
8y y. Hludowicus Impr. C’eft la légende d’une (a) monoie
du même empereur , frapée à Benevent. Car on lit au re;
vers , Benebentum. Le b fait très-fréquemment les fondions
de l’v. Dans cette infeription comme dans la précédente , on
peut remarquer l’S tenverfée & couchée , & la variation de
l’orthographe dans le nom de Louis. 6°. Hlotharus Rex eft
empreint l’ur une monoie , frapée (b) à Verdun , dont Loi--
thaire, roi de Loraine , s’empara l’an 984.
La dernière efpèce du feptième genre d’écriture capitale
aproche de la forme triangulaire. Elle eft prolongée dans les
bafes Sc fommets de quelqu’unes de lès lettres. Voici fes mo-
dèles. i“. B A. To. NI. Cette infeription (c) fépulcrale , dont
les fyllabes font diftinguées par trois triangles , eft celle d’un
fameux gladiateur. Caracalla l’obligea de fe battre fuccefli-
vement dans un meme jour contre trois autres gladiateurs.
Bâton fut tué par le troifième,& l’empereur lui fit faire un
tombeau. Cette infeription eft remarquable par les traverfes
prifes dans le corps des lettres , 6c par les jambages de l’N
qui fe traverlent. z°. 1 1 1 1 1 A M. C’eft-à-dire Quarto jam.
Ces mots font partie d’une infeription trouvée en 169 3. fous
un autel au diocèfe de Coutance 6c publiée {d) par D. Ma-
billon. En les uniflant avec ce qui précède 6c ce qui fuit,
on a la date de la fondation d’un ancien monaftère bâti par
S. Fromond dans le Cotentin : Anno quarto jam régnante
(i) Theodorico rege in Francia. L’orthographe de cette inf-
eription lapidaire ne vaut pas mieux que celle des diplômes
mérovingiens du même tems. 3°. Une monoie (c) efpagnole
a d’un coté pour légende y Reccaredus Rex ; 6c de l’autre
paij pius. Ces deux derniers mots n’en font qu’un fur la pièce.
Mais ils doivent être féparés : Ifpali eft Séville, où la monoie a
été frapée , & pius eft l’épithète de Rex écrit de l’autre côté.
(i) Il s'agit ici de Thierri III. roi de
Neulhie & de Bourgogne. PluCeurs fa-
Taos font perTaadds qu'il a comptd les
aondes de (on règne du jour de la mort
de Ton frète Chïldetic , arivèe au mois
de Septembre <74. A ce compte 1a qua-
trième anode de Thierri tombe en l'an-
née <7<. D. Mabillon , qui fuit une au-
tre chronologie , r»otte à l'an 47-7. la
(bodatiou du mooallcce de Ham ap Co-
tcncio.
Ceft
! h'- - ■: ,Ogl
II. PARTIE
Si CT. III.
Chat. XI.
A K T I C L E. H.
(sJ im. ». I r.
it)Uî4i.». 14.
D E - D I P t O M A T I Q U E. y
C:cft une imitation des derniers empereurs romains , qui
^noient le titre de plus fur leurs monoies. 4“. Wittericus
Rex , eft la légende d’une autre (a) monoie d’Efpagne , au
revers de laquelle on lit : Plus Ifpali. j“. IN DI N M
V V A M B A Ceft encore la lé^nde d’une (b) monoie
▼iligothique frapée à Cordoue. On lit au revers ; Cordoba.
Patricia. M. le Blanc n’a pas bien lu en entier cette dou-
ble infcription , à laquelle on peut donner ce lêns en tranf-
pofant l’M de la première ligne à la troilïème. In Del no-
mme Wamba Rex, Cordoba. Moneta Patricia. On lait que
les empereurs & les rois ont Ibuvent pris le titre de Patrice.
Ainfi la monoie patricienne lera la meme choie que la mo-
noie du roi. M. le Blanc croit qu’il faut rapotter l’épithète
Patricia à Cordoba. C’elt fur quoi nous ne dilputerons pas.
6®. Hludowicus imperator, paroit fur une monoie (c) de Louis (e) nu. p. lot/
le débonaire. Rotumagus écrit au revers lignifie, qp’ellea
été frapée à Rouen. 7°. Hludowicus imperator eft la légen-'
de d’une (d) autre monoie du même ' enqieteur François , la* (Ji IM. f. lot.
quelle porte au revers , Viridunum , Verdun. 8®. Aquita-
ma. Ce mot remplit le revers d’une monoie (e) de Pépin roi {•) uu.t. i»;.
d’Aquitaine , fils de Louis le débonaire. 9®. Strasburgus ci- ** i-
vitas eft l’infcription (f) d’un denier de Lothaùe , roi de (/) iw./.ioi.
Loraine , dont la ville de Stralbou^ dépendoit. 10®. Aqui- ”< ‘i*
tania. Ce nom (i) le montre lut le revers d’une monoie
{g) qm porte, Carlus Rex. Ceft ûms doute Charle le chauve,
qui fit ralër & renfermer dans un monaftère Pépin II. fon
neveu , & le fit couroimer roi d’Aquitaine. 1 1*. Ludovic
eft la légende (A) d’une monoie , que M. le Blanc donne
à Louis fils de Louis le bègue. On lit au revers Metnllum , **
Melle en Poitou. Notre lavant antiquaire convient (i) lui^ (0 liid.t. 14t.
même que ce fils de Louis le bègue eut en partage la Neuftrie
{l)UU.t.t\9.
». I.
(0 Le mot A/fUmtm, au<\<U rutjlcj
mosoia , moatte aoe l'Aqnitaine mit
coeore it la Fiance Ibot la
feeoaAe lace de nos mis ; œmme elle
raroit dtd de la Gaule du tems des Ro-
mains. En éfet , les peuples nommét
ÂfàuHtti fc Kgardoietit comme fépa-
ids des Ftaoçoia. » 11 n'en £mi point
M d'auites preuvds , dit M. le (I) Blanc ,
» que la manière .dont Us datoicot Icuts
Tome //.
M aâes . après que Châtie le limple eut (S) Ptg. lof.
•> éti fiût prilôniec , Sc que les Fraaqrà *
» entent dis roi Rodolié en ù place.
O ddtM (!) «»M .... fmmfiddts Fr»»* (() CMptuL I. a.
» à ttpm fimm KMrthm fù, II)4>
n nmt él' Riuhlfim s» friatiftm tltp-
» nbu. U eft bien dtidcnc , qu'ils ne lé
O eompRBoient pas loDS le nom de Fr»»-
» ci } poirqu'its les tegardoieat comme
» des tcheUes àknt légitime toi. «
£eee
t
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(t)
tth.
». I.
{()IUd.».i.
fis KOUiVE'AU TkAlTÉ’
— ^ Sc laiflTa rAquitaine , où l’on place Melle , ù Carloman,'
*!• *** jJ,”’ G’eftdonc à Louis le bègue lui -même qu’apattient cette
CfiA i. X I. monoie , s’il eft vrai que Metallum , où elle a été fabriquée ,
/nTicit. II. fbit Melle en Poitou, it*. BUfianis tajho. C’eft ainfi qu’il
(j) ïM-f. MJ. £iut lire cette infcription d’une'fa) monoie du roi Euàs
frapée à Blois ; parceque l'L eft renfermée dans le B. 13®.
Eremhbarti moneta. Cette légende eft au revers (^} d’une
mqnoie d’Edmond , qui monta lur le trône des Anglofaxons
Pan 940. 14®. Eaiçard monetarius (de) Northwic. Une'
monoie du même prince a d’un côté (c) cette légende , dont
les caraâères font très-dificiles à déchifter.
§, I II.
Explication de la planche XXVI.'
r Ecrinirc ik tm» I- li ^ ^ écritures lapidaires & métalliques , dont les
fuperSus , briC» . lettres font garnies de traits fuperflus, perpendiculaires , bri-
na^kc?* fés , & qui excèdent , tantôt par le haut , i tantôt par les cô-
tés. Nous en avons formé le huitième genre de nos écritures-
capitales. Ceft le leul qui foie renfeimé dans notre plan-
vni'. GENRE, che XXVI. Ce genre eft liibdivifé en fix elpcces , que nous
alons caraâérilèr. .
I . ESPECE. La première eft \ traits horboncaux. Notre p^cheea
fournit quatone exemples. l'^. Cloda ABtino ycoarwat/tntm
Jugatis eopüs ,Prote3ori Galéianm., Attgujla ^ Lu^dunen~
• Jîum libenatu adversàs Sevenim attmmiOi vindiu. .Cette.
belle infeription de I^pereur Albin , protcâeut des Gau-
ii) Wji. J* r A- les , a été favammenc expliquée 6c défendue par M. de (^>
So*®- Ce w'elle a de plus remarquable ^ «port à notre
objet , ce font les traies , qu’on voit au-oélhis des A. Cette'
fingularité les a fait nommer des Aà queue , par quelques an-!
tiquûres. M. Spon a eu tort de foupçonner l’infcription , a
■> caufe de cette forme d’A , que noiu retrouvons dans le mo-
dèle fuivanc. tP. hnperator Càffar Deeimus Clodiuj Albi-
{,) iM.f. iij. nus. C’eft la légenoe ^d’une médaille du même (e) Albin ,
qui fe fit proclamer empereur en Angleterre l’an de J., C.,
Buêtutmat' horizontal au-deftiisdo l’un des A, gravé fut
cette médaille, n’échapera pas aux antiquaires clairvoyans.
104. 30, Petrus f Laurentius , Pauîus, Ces ttois noms font
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Pt.J^VT. T. 1T.p.5i6.
>irc (^c capùa/c<f a traùj- carct/cns et supcr/^net_ ^ .
virnr
ŒFWm\lo
prit^LVrLEI
inWVro-Yiyi
UBE.Um;
A k ^ ON I&RTÆ DEbifAuiT
^ BAjEUCHIf H/Nδr
5 (TA J-(?EMARIAE b M /
- 7 1VNIA5 BACAÜD4
D IN I tP5CP5
IMPCAESD
ALBIN AV(
ETi^MEMORÎÆ^M
lA
FYÎ
AGHEFiO ^ S!¥E ^•.
YIJ
L.COR lXS\iAe et TYCHES
P^ÎJLA'3'irL
-IT SIBl ET COl^N riLIO ET SVIS
IBERTIS LIBERt'XbVSQ_.P05TER1SQ.
'V’Iïl.Bll
LOTXIÜVSI
5^^ - AP-AEj-Nlvj-Püi
^ r » ...
MITIW.S'P/V
^ YA^KJTfRrGVL
Bl'Vir.VUO
>iiS‘j:Ecsm
r-a^ip^-d
7
IV^N.BAsi
X.LII. aJ
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VIII
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5.
-^T^BRILTi
VvARCEUxEàT
/Vj^ELlC/TATf
D yî
C^vniio
FRohrrohi
ILIB-
B . >f
c>/)o)^/r
FKdklb.
BlTAUXhr/S^
• fmaAlviri
COlY6<'t'BF>f}
Imir^te /ai pacb
jvi.TE^^ERA M P AGA
NICAM L-VE R A
TI V.S FELlClSvS'l
MV^TATRONV.S
PAGANI5.PAGI
TOLENTINE^HO^
T I AShVSTRLTTESSK
AEREXVOTOLDD
VI D MAi^ FELICIT
Chnvt parl}tàhntdhi%j,
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v^ --
H. PARTIS,
StCT. III.
Cha», XI.
AtTicki. n..
DE DIPLOMATIQUE,
peines fur un ancien fragment de verte , où S. Laurent eft
repréfenté ailis fur un trône , au milieu de S. Pierre & de 5.
Paul. Ces deux Apôtres le félicitent de fon arivée au ciel \
& lui cèdent la première place fur leur propre trône ,commb
à un nouvel hôte de la fainte cité. On fait quels égards on
avoir pour les voyageurs, & comment oO exerçoit l’holpka.,
lité , ^ les premiers ficelés de l’Eglife. On faifoit afleou au , „
premier rang les évêques étrangers, nouvellement auivés dans
l’alTemblée du clergé & des fidèles révcqucdiocélàin leur
cédoit la place. 4^. PurgatiJJvni apofloUci^ueviri EndUani.
Ce bel éloçe eft le commencement do l’épitaphe («> du faint
moine Emilien ou Milhan , qui après avoir dignement gou-
verné la paroifle de Vergeye au diocèfe de Tataçonc , fût •f*'-
chaflé de fa cure , par fon proore évêque , & retourna dans
la folirude , où il mourut apttt un ficclc de vie , vers l’an
y 74. Dans ce modèle d’écriture, les jambages de TA & de
l'M font tronqués du côté droit, y*. P alatina moneta ,02^
roit au revers d’un denier d’argent, ftapé dans {b) le palais:
de l’empereur Charlemagne ouCharle le chauve. Quantité^/.
de pièces monoyées dans des lieux , qui n’étoieüt confidé-
rablcs que par le féjour de nos monarques , prouvent , qu’une
f^rique de monoies fuivoit toujours la Cour. Aquita^
ma fe lit au revers d’une monoie (c) de Louis le tfebonairoi
fait en naifiant roi d Aquitaine, par Ion père Charlemagne. ^
La lettre Q eft d'une rorme fingulière fiir cette monoie.’
Celles de Pépin I. roi d’Aquitaine la reproduilcnt. 7*.
mea monetarius. On trouve cette légende au revers d’une
{d) monoie de Berthulfe , roi des Merciens ou Anglois oc- 1
“ 839. Le chevalier Fountaine (e) a lu VuUheah,
& a été obligé d avouer qu’il ignoroit la fignification de ce f'J
terme. Notre leçon eft conforme à fa propre table alphabé-
tique. 8®. Leonis P apae. C’eft la légende ( f [ d’une bulle de
plomb , que nous croyons devoir atribuer au pape LéonlV
dont l’éleûion fe fit le xi.d’Avril 847. avec^LeftSo^
que Ion ne prétendoit point déroger à la fidélité dueàl’em-
pereur Loth^re. 9®. Lotarius imperator. Un denier (p\ de ar
ce Prince , faWqué dans fon palais , porte cene légende /• *<>»• »•
ou fon nom eft autrement orthographié , que fur les autres’
monoies, qui portent Hlo:hanuj oa. Hlotarius. 10». Manna
:s,qui
è
Eeee ij
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VI. Eadud.». j
(h) Ihid. isb. S
isimund. n. ii.
(c) Itid. isb, 7.
». 41.
;»8 NOUVÉÀU Traité'
monetarius , eft gravé fur une (a) monoie d’Eadred , qui fuc-
n. PARTIE, céda à S. Edmond martyr , roi d’Angleterre , l’an 94^. ii».
Cha r XI EaAmund Rex. Cette légende d’une (i) autre monoie an-
AsTtoLi. II. glofaxone défigne Edmond II. dit Côte-de-fer , qui monta
(«) F«wi/. M*. l’an 1016. fut le trône des Anglois. 11®. Vlfkel moneta~
nus de £oyêrM//c , York. C’eft la légende d’une monoie (c)
du rois. Édouard le confelTeur, qui l’an io<Sy. inftkuapour
fon héritier à la couronne d’Angleterre Guillaume duc de
Normandie^ 'fon coufiny.fon ami , & fon bienfaiteur, ij®.
Honorius Papa ttnius , eft l’infcription d’une bulle de plomb
{ti MitrM. Am- {d) d’Honorius , qui'fut élévé lur le S. Siège l’an iii€.
tij.àMiut. i. al. 14*. S PA S PE. C’eft-à-dire , fanSus Paulus , fandus
1)4- »• Peints, C’eft alnftqae les noms des deux faints Apôtres font
(0 ihid M 14. imprimas Éir une (e) bulle de plomb de Bonifàce VIII-
'' Les lettres i à traits fopécieurs droits Sc perpendiculaires ,
lI'.ESPECEt conftituenc la fécondé lelpèce d’écriture du huitième genre-
Notre planche en ofte deux modèles , dont nous lifons ainfi
le premier : In nomine Domini confecrata eclefia fanRe Ma-
.X .rie in (i\<atolico , die primo idas apritis , anno féliciter pri-
mo remi Domini noftri gloriojijjimi Flavii Reccaredi Ré-
gis , Era oexxx. La date de l’ère d’Efpagnc «30. revient
a l’an de J. C. y 9 a. Cette infeription efpagnole a été pu-
bliée (fi' fat Don Naftate , qui n’a pas fait conoitre l’églife ,
dont elle: raporte la confécration. Les D y prennent prefque
la forme du B. Le fécond modèle eft emprunté d’une mo-
(/) F««./4i. ▼. noie {g) anglofaxone du roi Edmond , fucceftèur d’Adelftanl
■ Il ne confifte que dans ces deux mots : Cugca monetarius.
(I,) ikii.f. ni, M. Fountaine dit (/4) n’avoir pu expliquer cette légende. La
feule dificulté confifte à diftingûer le nom propre du mo-
nétaire de celui de fon emploi ; les lettres demeurant tou joui s
les mêmes, excepté la dernière. On lit donc Cugca moneta,
ou Cugcamone m ; c’eft-à-dite monetarius. Il faut toujours
' Ce fouvenir que deux II. valent tantôt l'M , Sc tantôt l’N
Eit les anciennes monoies d’Angleterre.
La troifième efpèce fe diftingue par fes traits obliquement
/> Pf 'ttrMfh.
f»ji. fol^
vtrf.xixil.
ni>. ESPECE.
.1» I
{<) CMMg.GhffM.
iii/iMu GreûiMtix. (ij Ct$ mou fttltfi» ô» cMtUif* fi- | anciennement des fbnn baptirmanr. D.
al. Si7- n». enifient (.) non feulement l égl'fc ca- I .Mnttcne (i) a prouvé que pluficuisteli-,
thédrale d onc vjlle épifeopale j mais I fes monaftitjdes avoient des Baptincics
Kiiiiiai. I. ttiit. encore càutds celles , oii il y ’avoii | dés les f ttauets tems.
s.».'.. .4. WJ. ^3^ i
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DE DIPLOMATIQUE. fg,
lirifés dans les jambages des ieares , ou prolongés dans leurs ■ " ' .Jy
craverfes. Notre planche en fournie quatre exemples , dont partir
voici l’explication, i®. Aceti eft l’inicription {a) d’un feeau
parallellograme. On ne fait fi ce mot fignifie, ()ue la vafe aktic i.i’ir.
marqué de ce cachet lêrvoit à ednferver le vinaigre , ou fi («) Sgffbm. a
c’eft un nom propre d’homme, a*, /n hoc (6) tumulo jacet fa- j.
muliu Dei Gregorius , vixit anos plus minus L. Rt-
cejfitinpace. Depojuusu. nonas februarias.EraDLXXXii. »/fom:fd.xnu
Cette inlcription de l’an de J. C. ^44. n’a point été expli*
quée par Don Nafiare, ainfi que la plupart de celles , qu’il
a publiées. On y doit fiirtout remarquer l’abrégé do mot
Depofitus , la %ure des chifres ou lettres numérales, & k»'
maniéré de dater , II. nonas februarias , au lieu de Pridie
nonas Februarü , qui eft le 4*. jour de Février. Le titre
honorable de famulus ou fervus Dei ëtoic anciennement (c) (»)
donné aux-clercs & aux moines par préférence, j®. L’inferip- "/•45<-4j7.
rion fijivante , gravée fur une pierre , qui fert de piedeftal
au bénitier A^‘(d) S, Jean de Cabra en Andaloufie , eftpab Paiy^r^fh.
en trois colones , que nous lifons ainfi tout de fiute : •/foT.fii. xvi.
y^ra fonda Domini, Conjecrata ejl Bafelica fuec fanSae Ma- " ‘‘
riae , II. Kalendas junias ^ Era DCLXXXVin. Dedica-
yu hane adem Deo maximo (1) facram Bacauda epifeopus.
L’ère d’Efpagne 6i$. revient à l’an-éjo. de J. C. L’jf cur-
five , barée par deux fois dans la date , vaut lxxx. On
trouve un évêque du nom de Bacaode au vrii®. concile
de Tolède , célébré en 65 3. Les A de la première colone ,
& les D de la dernière , transformés en b , font très-remar-
quables. 4**. SanBorum maswrum CHtasrt Jesv Faufii, Ja-
nuariit & Manialis, Zoyü. & Acifcli... arUA,.., ats... n.Cette
infeription eft dans un reliquaire, dont l’églifoparoiifialedeS.
Pierre de Cordoue a été enrichie. Les A y font femblables
à ceux de la première colone de rinfoription précédènte , Sc
anoncent le vi 1®. fiècle. Remarquez lès points , faits en
forme de cceur. Don Naflarré rend au hafard les quatre
( I } les fîgics, D M s, fooroient peut-
tue ugoifict Dmimu oa De» omiim
fmi. Ces deroiers mots joints aoi pré-
eddeds Toadroieaedite , tjae Bacaude a
6Ù laiffidnc H de fes praptes nains te
dddicace de eeac dglife. Mais l'eipUea-
lion- , qoe noos donnons dans le texte
eft plus confomie aaftpic bpidaitedts
aaàem.
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IL PARTIE.
S I C T. III.
Chàv. XI.
Aitrici.1. H,
/F. ESPECE.
(•) UMfmm Fr-
rm.f. 400.
(I) Hif. it rA-
lad. itt infciipt.
KHit.
dtt GwM/. t. 1.
/.M<.
(c) Ajuifm». ixfi.
U s-fC XCV.
j96 nouveau traité
dernières lettres par £ra nona. Morales {1.I les explique au>
tremenc. 11 eft dificile de deviner au jufte leur vériuble C-
gnificacion.
Des traies plus ou moins courbes , quelquefois en forme
de cornes , & portés de droite à gauche , ou de gauche à
droite , caraâérilênt la quatrième efpèce , donc notre plan*
chc ofre cinq modèles, i". C. Volwm^ms. Memor. M. Maf-
féi (a) donne ces mots pour échantillon de l’écriture d’un
aâ:e public , gravé fur une table de bronze de dix piés Scy
demi de longueur , fur cinq piés &c demi de hauteur. Ce (z)
rare monument , dont l’écriture eft part^ée en fept colooes,
eft du tems de l’empereur Trajan. x°. Dus Manibus & mt-
morue aeternae Hylatis Dyrnachero , five &c. C’eft le com-
mencement d’une {b) infeription , gravée fur un marbre blanc
d’un pié en caté , qu’on découvrit à «S. Juft de Lion au
mois de Novembre 1714. ^ D qui commence la lirae fur
notre planche, & l’M , qui la termine , anoncent d’abord
une épitaphe confacrée aux Dieux Meutes. On ajoute en-
fuite y & à la mémoire iHylas , gladiateur à deux épies.
Tous ceux <^ui ont expliqué cette infeription. ont raporté
Dymachero a Hylatis. 11 fiut donc qu’il y ait un folécume,
ou qu’on fupofe un point entre ces deux mots. Dans le der-
nier cas l’inicription aura été mai expliquée. Quoiqu’il en
foie i la conjonâion du T avec l’I , qui forme une croix ,
les cornes de l’Y , & la diphtongue ÂE., ne font pas moins
remarquables , que les feuilles de palmier , qui tienneiu lieu
de points ,^ur féparer les mots. 3*. Ojfa (c) Lucii Conulii
Lamiae & Tyches. Fecü fibi & Comelio filio & fuis ù Ube~
nis lihertabufque pojlerifjue. Ici repofent les 0$ de Lucius Cor-
(t) Ce Cmnt Efpagoolerehqa’irtiit
fA , Clic Acucu , maormem odc cm
4eiu letttet , te aotaoc i ta bo ifAaiTA.
Selon loi , on peut lire KaaiTATis ou
CiAaiTATis. Aranc An, il a|>erfoit on
refte àe la qoeoe de l'R , qm aura été
ftétidi d'on E. Voila donc le mot Erm.
Il prend le T ejoi fnic pour aùtU , l'S
pool frixmu ou fnx»mt-£x , te PN
pour nmx. On lira donc , Era mllifixm
fiftmxfipxut nm». Ainli rinfeription fera
derandej. C 1041. tiaia elle eft !>eaa-
coop plus aacieaœ.
(t) lia /et ddcocrerr dam le Plaiftn-
cin en 1747. Ccc aâe lîngatier , publié
par M. Maftéi , remplit vingt pa-
ges in folio en lettres capitales. Les deux
premières lignes du litre i^nxot fun
bout i raviic au-dclTus des up t colonca
d'écriture. Ce titre commence ainli :
OUiixti» frxtdiorxm ti H S dtcimt f »4-
Jrxpat» fXMixtr wullix , ut tx ixduJgtn
tU ifùm xtxximijxt frixtifit mftrxtcrit
Cifmtit Nervae Trxjxni aar/apK ftuti
ftûUxfxt xlimentx xeeifitat de.
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DE DIPLOMATIQUE.
nelius Latnia , & de Tyché. Il a ^cce tombeau pour hil^ pour
Cornélius Ton fils, pour tes proches,(e$ afnnchis , pour (es afran-
chies & fa poftërué. 4®. (a) Manihus, Quinto Aufidio
F rontoniLeiberto béni merenn^Cntins Domiùus Fronto. Aux
Dieux Mânes. Cneius Domitius Fronto a érigé ce monu-
ment à la mémoire de Quintus Aufîdius Fronto (bn a&an-
chi , qui a bien mérité cet honneur. Cette épitaphe eft trcs-
remarq^ble par les traits finguliers de (es lettres. Fa-
briles Marcellae noflrae aetemam fèlicitatem. Cette inlcrip-
tion , peinte {b) fur une amphore , deftinée à mettre des li-
queurs , contient une aciamation & un fouhait , que font
les ouvriers en poterie à Marcelle leur patrone ou leur pro-
teôrice , en lui faifant prélènt (i) de ce va(è de terre cuite.
Dans le dernier mot l’M eft fuprimée. On a une infinité
d’exemples du retranchement de cette lettre à la fin des mots.
II. On rencontre (buvent (lir les marbres , les bronzes &
les autres matières dures des lettres obliquement prolongées.
Notre planche réunit un nombre confidérable d’exemples de
cette écriture , qui cara£téri(e la cinquième efpcce de ce
huitième genre, i*. Juliae Caii libenae Acme , Caius Ju-
lius Geminus , ^ Caius Julius Clams pater matri carijflmce.
On ne (àifit pas tout d’un 'coup lé (1) fcns de cette (c) épi-
taphe/trouvée à Anvers en 1710. Elle aproche du tems
d’Augufte & l’on y voit l’Æ. a". Genio Similis , Familia.
Un ancien marbre romain donne cette (d) infcription. C’eft
un voeu que font les domeftiques de Similis (j) au génie dé
(i) Ces (oitet de préftas ou Oetto-
■KS , «ustjucjs oo joteoDit des voeux , Te
fxifoicnc aux £êtcs faiuroales & dans les
i^oaidânccs i>nMi()Bex. Le itibt ■ FaSri-
/» figot£f ici fsfaàaiià , fiBUUrii ,
Vnumtnurü. Ou ne ciouvc foist F«-
trilti dans les bons aucems : il lênc le
Syle pea dWgant du bat âge; Le feuliatt
tau Mobcui deernei o«ui poctereit i
croire que les vrr'ir de ces aiuTaos en va-
fes de terre cuite s'adrelTcni à une Daine
chrétienne. Ainli cette écricute ne fera
que du IV. ou V*. hècle tout au plus.
(1} » Cette inferiptioa . dit (>) D.
» Bernard , peut avoir deux Zens ; l'un qui
» patoïc plus confbcmc à la lettre , cil
» t^t O^as Tuliw Genainus , fib de Ji^
» lia Acme , atrcncfaie de Caias, & Caim
» Julius Clarqs père de la même aftait-
n'chie , ont £rït âire cette pierre A-
» pulctale . tua pont oiécx , tauere
» poui fa fille. L'avere fcns , que ja cr«i«
sie véritable, ell que Caius Julius Ge-
n mtiHis a fidt mettre cette pierte avec
» l'inCsiptioo peur Jitba Acme fa iséte ,
U conjoiotemeot avec C. Julius Clams,
» père de Jidius Geminus & mari de U-
» défunte. «
( ; ) Oa croie aae ce Similis ell celui
qui , du rems de 1 empereur Adrien , fat
préfet do Pidraitc. Sept ans avaiK fit
mon , il fc démit de fa charge , pour vi-
II. PARTIE.
SiCT. III.
Ch AP. XJ.
A XTI CLI. II.
(a) Sufltm. m
exfl. i, j,
pl- 17. f. >7.
(4) Dmi inferif;,
«WIJ. ptÊf. f.
Jxxxt/i,
Ecriture capitale
à traits obliques
excédent U cour-
bes.
K ESPECE.
(c) SmfUm. à
tAmiq.txfl. t. J.
pl.L.
(d) lUd. t. I.
p/. 77-». ?•
(t) SHfUm. ». f.
t‘ »»I*.
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»
fji NOUVEAU TRAITÉ
«E^SSSSr leur maître encore vivant. 3". Dits Manibus, C. Urvini.
II. PARTIE. Sabiniani fecerunt. P.Calpumius Brocchus& C. Catius.
XI Callijlion. Tutores. JUiaefororis. ejus. Nous croyons quel'S,
i^aVicLi. il. qui luit le mot filiae , fignifie fororis. L’E du mot tutores
reflemble au r des Grecs. L’auteur du livre intitulé, Marma-
ra Pifaurenjîa , contre fa coutume , s’eft contenté de pu-
(e) Vf, <4. ». blier (a) cette infcription , fans rien dire pour l’explicjuer.
^civi. 40^ Marco CrajfoFrugi , Lucio Calpurnio Pifone conjulibus,
tertio no nas februarias : civitas Themetra ex Africâ hofpi-
tiumfecit cum CaioSilio, Cad filio, Fab.Aviola 6’c.Voilale
commencement du célèbre contrat (b) paffé l’an 17. de l’ère
(V) ifitr.üflm. j-j^r^ûenne entre deux villes d’Afrique , &: Caius Silius àc Fa.-
’ ' bius Aviola , préfet des ouvriers ou intendant des manufac-
tures , leurs emans & toute leur poftérité. Ces villes les pren-
nent pour leurs patrons , &c ceux-ci les reçoivent fous leur
f>roteaion. M- MafFéi a publié cet ancien ade , gravé fur
e bronze. On lui a donné le nom de contrat d’hofpitalité\
quoique ce droit ne foit qu’une fuite de la proteûion ou
clientèle acordée aux villes contraélantes. y°. D. M. Appius
Annius. Primitivus. Patrajler. Cad. Fibi. Vitalionis. fecit
fibi. Cette infcription fépulcrale , gravée fur une petite urne
J.. JJ J de marbre de forme carée , fe trouve dans les fa vantes (c)
Oblèrvations du fénateur Buonarruoti , fur quelques anciens
fragmens de verre. Les A & les T de cette épitaphe anon-
cent une haute antiquité. 6°. Bitalianus fecu Felici Aneti
cojugi fuae benè merente in pace. Cette épitaphe publiée par
{j)fufét.f.xx. le même (J) auteur donne heu à plufieurs obfervations. On
y aperçoit quelques lettres curllves , telles que 1/aprcs le
premier mot & l’a après cojugi. Nous avions pris d’abord
ces deux caraâères pour des points. Le B tient la place de
rV dans Bitalianus & le T prend la forme curfive ou dur
grec. Comme dans quelques anciens diplômes , cojugi eft
mis pour conjugi. Au lieu de merenti , il y a merente , par
un changement alTez ordinaire de l’i en e. 7°. Junius Baf-
fus f vir confularis , qui vixit annis Xlll, menjibus II. in
vie CO foo paiticalier. Se voyant pris de I
la mort , il ordonna qu’on ictivlc Tur I »'««OTr vdt» fufift «or.
(ôo cojabeau : Ci SimUU , «a» « vit» I
*i, . . ' -itC> ^1^ “ *
ipsi
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y-
DE DIPLOMATIQUE. . • î>j
Ï' sd Ÿra.tfcSturâ ntofitus lit a</(i) Deum viri. Katendas
•.ptembrias , Eufebio & Ypatio conJuUbus, Ici repofe Ju- cT*^m**
ni us Ba/Tus , homme confuiaire , qui a vécu quarante - deux c h a r. x i.‘
ans & deux mois. Etant préfet de Rome & nouvcHeraent Aatici.» l
baptifé , il alla à Dieu , le mercredi . iour d'Aout , fous * .
le confulat d’Eulèbe & d’Ypatius : c’eft-à-dire l’an j f 9. Cette i
infcription cft gravée au haut du (a) maufolée de Junius r,*.
BalTus. Ce beau monument fut découvert au Vatican l’an r*»- W. t. «. 1.
I f lorfque Clément VIII. fàifoit travailler à la décoration
de la confelTion ou tombeau de S. Pierre. 8“. Des le pre-
mier ficelé de 1 cre chrétienne onoblèrvoit dans l’écriture capiw
cale des alongemens de lettres extraordinaires^ furtoutdans les
M & les N. Notre planche en donne cet exemple remarquable :
iVii/jc amor , & nomm fuperejl de corpore toto ,
Quod fpargit lacrymis maefius uterque parens :
Sena mihi fiorefque novos mea gaudia ponunt.
Ces vers font partie de l’épitaphe de Tiberius Claudius Ti-
berinus , poëte romain , que M. Ficoroni , de l’Académié
royale de Paris , elUme (b) avoir été afranchi de l’empereur (i) i*
Claude. 9°. Domino Aefculapio & Hygiae : ex permijfu &
eorum negotiationis fahana. C’eft le commencement d’une
infcription crès-lingulicre , publiée (c) par le même M. Fico- (e) uiMsftn
roni. On y fait une o&ande & des aâions de grâce au lëi-
gneur Efculape & à la déelTe de la Santé , avec la permif
lion de leurs marchands de (1) fèves. Dans ce modèle d’é-
criture le Ç. relTemble presque à VI curfive , l’E à l’F &: le G
;m C ordiiuire vic ies lettres font fort inégales.
Plufieurs lettres , terminées par des petits traits courbes
conditueut la iixième efpèçe du huitième genre. Notre plan- gsp £cs,
çhe n’en fournit que l’exemple fuivant : Tefferam pagani-,
çam. Lucius Yeratius FeliciJJimus , patronus Paganis
pagi Tolentines , hofliaf lujlrales Cf ufferam aeream ex vpt»
( i) Dans ce mot , l’M porte TV 4vec
elle. Ces conjoneions de lettres tendent
Ibavem lalcâoie desaocient momimeas
dtficUe.
(i) Ceft le Tenc gdnptal qu'on peut
donner aux termes mm» ntgHimimit fa-
Tome II.
iarid > à moins qu'on ne les entende fîra-
plement du commerce.qui Te fairoic dans
une tic de Fhfe nommde Btrkum & que
letRomains ont apellde Faiaria , à canfe
de l'abondaoce des filTet ; qu'on y tecncil-
lott.
Ffff
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,P4 NOUVEAU TRAITÉ
r ^ ^ iihaïur dedicavit v. idus maias , féliciter. Ce modèle d’é-
ii.^ PARTIE çfluixc cRdans le goik du premier ilècle. On y voit un point
c X I. en forme de cœur. C’eû {a) l’infcription d’un bas relief, fur
A K T 1 c L I. I. lequel la ftatue de Junon à rai^otps eft pofée. Elle fiait j>ar
(«) Aatii- ixpi. féliciter \ formule fi fréquente dans les plus anciens diplômes.
t. 1. f»rt. d- ^ eft apellé ujfera , qui veut dire un mémorial , une
" * jjoarque. Ce mt Lucius Veradus patron des habitans du can-
QU du vilagede Tokntin , qui purifia les viâimes , ôc
tjui pour faâsuire à fon vœu , ofrit de bon cœur ce mémo-
rial de bronze , le cinquième des ides de Mai : c'cft-à dire
ie tj. de ce mois.
$. IV.
Ectitatc mcl^e
^ lettres, dont les
jambages , les tra-
verres & les bafes
uulesfommcts pa-
[oilTenc courbes.
IX. GENRE.
T.£SP£C£.
W MJ-
Planche xxviJ. expliquée.
I. Cette planche contient les neuf &c dixième genres de
notre première diviûon des écritures lapidaires & naétalli-
ques. Sous ces deux genres font renfermées les inferiptions
en pures capitales , extraordinairement courbées , eiKlavécs
& conjointes
Quoique le ix*. genre foit diftingué par les courbes , qui
entrent dans la ftru^re de plufieurs de fes lettres ; la plu-
part n’en font pas pour cela moins droites , dans ce qui en fait
le corps i pareeque leur courbure nait de deux traits cour-
bes , qui étant apliqués l’un contre l’autre , fe prêtent mu-
tuellement à la formation d’une perpendiculaire. Les lettres
de ce genre diferent des lettres a bouts arondis , en ce que
celles-ci préfentent au-dehors une figure convexe ; au heu
que le préfent genre n’ofre dans fes déhors que des traits
concaves , mais toujours réguliers. Quand fes fommers oufes
bafes font courbes ; ce font moins quelquefois de véritables
bafes où fommets , que la prolongation des concaves adof-
ftes. Seulement il y en a quelques-unes , dont les bouts ne
font terminés ni par des droites , ni par d’autres courbes ,
comme le font les lettres de quelques autres genres.
Nous diftinguons fept efpèces d’écritures a lettres régu-
lières , dont plufieurs jambages , traverfes, bafes, ou fon»-
mets font courbes. Les molles de la première , repréfentés
dans cette planche , font au nombre de fopt , dont le P'^®"
mier eft tiré (b) de la Diplomatique de D. MabiUon. C’eft
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3X
q:
1
I
'A
II. H
'r.'r,ciVt/nordmaifr/ncn( couri>éciS, c/u/md&s' et con/out tc,x . |
fvS No AFBRAN^KHIN^O^KAtÆA
ü.
TKI«V®ilp.
/t-N-
Ni» H/NTToLlA f^KPlSA H IL P£R!P
* I.•Æ3^^0nkA
APeL-T»y^'
NT
3.
NAP\
H 1(2
kHCVL
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5ING
THV
IH face poî£^
MOK.1E PAlfNoFE
ÇVl VJXIT PtVS
mKVS ANNYS
V
^ BA-BVl RPNiA
7- L-PUO^MASI
AlXXXIl
■ ' —
TICtAV-TFf-
/wAtm*
1.XXV
MWC
Ijo.
XMU/
IMPTc (pVAiTA
AîJn ;< îlEpNDo
Nos TEVPEÏVE
kfc-
PR A-f CLAi^ET- Qf\ Æ AWT E* i«
|I\’^ M«WI I PWAiA I ^ MBIOKIX I EB\RP
T.
IM MYGVSTYSTRia. POTES -XZ
CÆSjVGVS- cn dom a/ç- c^e latg-
fi VIR.
M,' N- CA; I • I M P-AVGV5
OiPiv; .
fi'VlR LBÆBIO- PAESTIO
M.ato
vurm.
IVUÆ MAMPtMATR15AV&N
V.
PCÆ. DlOCPf
TVJiMENA^Ë LiaSTI
S VSCIPE CLAffiJM
' VI«)VN OFiTTç|^Æ©ERTEDMOp+ DYRAND l70hE
1,1,. i ■ ^ . I
6\
<i KARLXMAHYS R 7 /ELpRED RHX
PI ■
Itv/1 ET INHONO/^F SCO/?
T ViT/liS/RRIiVITAT HVf
^ d^C/R0LoRE6£ ArNKUlll
HiciRiororsf
^ *HL°H-nRIV5 IPPKV [9- » DRlNTt^EROW>AL
^^EGIR |\T.*I»CireirYrw YS RX
r^eô/?iiinD DŒn^fiis...
+ HV/HIC^I3/\RVAflf
{PVIiycW/^E/nBRA
Glh£Sl PAPE PoN7EflClX.
ALGR/1N<rDEA\oNDO /Al
PEI^AAEE Pf^ENCEPf FRAN
CORVA\REGE
FRAÆVCTCRF^ FRfipycENH
Google
DIgilIzed by Gbogle
DÈ DITLOMATIQUE.'
un fragment de la loi agraire , gravée fur une table de bron-
ze du Cabinet du roi à Fontainebleau , du tems de Charle
IX. C’eft lut le deflein de Hamon,fecrétaire de ce monarque,
que le favant BénédiéHn a publié ce modèle d'écriture ; mais
il n’a point entrepris de le lire , 6c encore moins d’en fixer
le fens. Toute la, difieulté vient des figles , qu’on ne peut
expliquet qu’en devinant ; furtout lorfqu’on n’a pas l’origi-
nal entier fous les yeux. En vain avons- nous cherché a éclair-
cir ce texte au moyen des Fragmens des Loix des douze ta-'
blcs , & de la nouvelle Hiftoite de la jurifptudence romaine.
Nous fommes réduits à rendre chaque mot en latin ordi-
naire,& à fuivre Sertorius dans l’interprétation,qa’il donne aux
figles ou notes des Romains. pro agris , locis , adifi~
ciis , qui fuperius fcripto populo deberetur debebiturve , aii-
ter exigere ^Jîc ratur : cuque utique in hao lege fcriptunt
ejl ; Quœ fuprà fcripta , funto arbitrio Prêtons , qui inter
cives tum Romajus dicet fatis fubjîgnato. Nous li^otu dans^
ce texte ratur , que nous croyons être mis pour retur^ cen*-
fet, t*. Marco Vallio , Caii filio , Quiro Rufo , equo pu-
idico exomato à divo Antonino augujlo pio ,- Plebs Gauli-
tana , ex aere eonlato ,ob mérita & injolacium CaiiValli Pof-
tumi y Patroni municipii patris ejus. Le monument liir le-'
quel eft gravée cette mfcription fépulcrale , fût érigé aux*
nais du peuple de ta. ville œ Gozo , voiltne de Make., pour*
honorer la mémoire de Marcus ValliusQuirus, décoré du titre'
de Chevalier romain par. l’empereur. Antonin. M. lexomte-
}ean-Antoine Ciamar. n’a. (n>' rapené cette épicaphe que par
ocafion dans la dillèttation , publiée en- 174#. ) tleratüi
(b) Macufçno & Haevce Ulpia Lupi defun3i & Ulpia Am-
mava pro natis votum folvunt ! liben/tes mérité. Avoir lü cette
infcription , c’eû en avoir découvert le fens. Elle eft au
moins du 1 v?; ficcle. Le 0 , qu’on y trouve , eft le ligne de lai
mon , 6C Ce nnd çu defitnàusi La choie eft trop cormue,
pour que nous lbyoRs> t^ligés d’en donner, des p/euves. 4pi
I^llu. Ces fept lettres , aprochant de l’écriture coosante’&l
expéditive., gravées au.^ d’unç figure Ciy'gauloifé ,
, (i) Chnlc)<î«iiM»<«».l«ctf» do &. I moK*. Oo fcar voit Jattt ltr4(ttigié» Jh
•OKv^uûeBt xfnf(xjaée».4u».^ ton- I Cfm/Mcpk'eUeiMit'fafigiüfiaMioadetn
beaux avec les ccn<licsdi>4«w fSWcMM I r^atbokt. >. . .
Ffff ij
I I. PARTIE.,
StCT, III.
Ch A P. XI.
Ann CL a. !..
• M
(4) De
oeffT tfv
fqfi i» Mtliu «r-‘
t*. Di£irl. f. 6.
(i) Saftmm te
t. l.p.Si.
■<
'. V.'n
(Toogle
II. PARTIE.
S I C T. III.
C H A ». XI.
Aat 1 C1.1. I,
(4) Rms
t- }>«•
(I). Orign. m
J ti.Uk. 3.
//. ESPECE.
{c) ftmuamt.
h «<4-
Ç/)Uié/.uS.x.
(<) £« BUi$e.
f.
. )
(/) Mf. A.
SW.Ai.p. a?}*
F. h nnmim
aàitm. Bntm tm
ultifm.
y9<r NOUVEAU TRAITÉ
compose d’une pâte de terre grifàtre & reprëféntant une
femme , qui étreint & embraife un petit enfant. D. de
Montfaucon n’a pas voulu hafarder FexpHcatitm de ces ca-
raâères. Mais D. Jaque (i) Martin a été moins timide, y®.
Irene (i) ia. calda : Agape mifet mi. Cette in6;ription (ë-
pulcrale {a) eft une demande que l’on fait an Dieu de Paix
& de Charité, pour en obtenir du foulagement : c’eft même
une invitation aux fklcles de venir faire des prières, à J, C^
fur le tombeau du déflint , & d’y prendre & d’y donner aux
pauvres des repas de charité^ félon l’ufage de la (é) primitive;
Ëglifê.
Des lettres formées d’un fêul trait te intrinféquemenc
courbées diftinguent la féconde efpèce ,dont notre planche
préfente quatre modèles. x“. Hereoertk eft la légende d'une
(c) mcmoie de Ceolvufroi des Merciensen 819. Ce rK>nr„
dit le chevalier Fountaine lignifie en faxon ctarm in ar-
mis te en dano-fâxon , Dominas iUufiris. If prétend prou-
ver par la refTemblance de ce nonv avec celui ÜHorbept ^
porté par le comte de Pembroke te de Montgoenmeri , que
la fiinulle de ce feigneur étok déjailluflre il y a près de mille
ans. Cependant ce nom fore conatnua enNornâandie , n’eft
gravé au revers de cette pièce de monoie , que pour faire
conoitte celui qui l’a firapée. a*. Edelret Rex , eft la légende
d’une autre nnonoie (d) atiglofaxone , au revers de laquelle
le monétaire s’eft apeÙé Broder. M. Fountaine i^a nas bien dér-
chifié cette monoie. 3®. /fago/Jex, eft empreint fur un («) de-
nier d’argent deHugue capet.Dans cette légende fiedans la pré-
cédente, l’X prend la fijrme ordinaired’unectoix.4‘’. Si^lunt
(>) Il »t *ote pM (/) ne
lêieoc detu meo gaolois . mais dont la
Ügni^rinn c<{ celle de ces dei» grecs
iu ri\te , triiitDtm , pour payer Irttt-
l)Qt:c'eft-à-dire,poorle pria du padàge
dp cette vie it reteniiid. te dc^me de
l'iimnottaliid de l'ame , aaffi ancien «jne
k monde , n'avAic paini M oabrii cnea
iei Gaulois. TtUm te TaUtu en langne
teltk]ue Tein dire payement & TmUm
payer. Mais iftilltt ne viendcoit-il pas
ploràr do asot * , ^ui f/) %niSe fc
de Titf , tarie gradé, d^eroj^e St rod-
kc arec da ira ! Ces atou n'fxprimtnc
l
peatdtre qoe fa qnalitd dé ^argile , donc
la figure eft compolée.
(t) Irmc te Afmft linr deux noms-
gtecs, qui fignîMnt b Fais & bCba-
lité. Cmda eu mis pour tslid» , mi pour
mM. Va tomBeau bit en fiirmc d’as—
eide , ^s I* cimetiire romain des SS.
matty» Pierre <c Marcellin , repidkaie'
an haut J. C. Ibos b %ure du Mo PaC'
teor , an-dcdolk duquel eirlit nacre inC-
criptioo. Eoroicé paroit une cable en de-
mt-cerck,coarerce de mets, & fia coarih
ses , dont l'an eft debout II tiaat ane
eoapc i la aiaia.
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II. PARTIE.
Sicr. III.
Ch*o. XI.
Articii. I,
(•J M*Ux Ftn
I,
DE DIPLOMATIQUE. J57
C«nftantie de Lega. Lefceau ,qui porte cette infcrùption , eft
du règne de Henri III. roi d’Angleterre. Ainfi les beaux cai-
laâères romains , aportés dans cette île par les Normans,
y étoient encore en ufage , vers la moitié du xi 1 1‘. (lècle;
quoique le gothique modère eut dé>a £ût de grands pro-
grès en Europe. Ce [a) fceau^ndanc eft de figure oblongue ,
terminée haut & bas en ogive , comme ceux des femmes. Il
repréfente une dame , portant un oifeau fur fa main gau-
che , & tenant en là droite un bâton , terminé en fleur de lys.
La troiiième efpèce eft à demi courbe , ou mêlée foit de ESPECEt
, jambages , foit de traverfes droites Sc courbées en queue ,
dans quelques lettres. Envoie! les exemples, figurés lur no-
tre planche. 1°. VJI. quoque idus januarii , quâ die pri- ' ,
mum imperium or^ terrarum aufpicatus ejl , thure , vina
fuplicent , & hojtiat JùiguU immolent / Ct colonit incolifque
mus , yinum , eâ die prcejlent. Ceci £iic partie de {b) l'mC-
cription^ gravée fur un autel de marbre btânc , que la ville ou
colonie oe Narbone érigea l’an xi, de J. C. à la divinité de ..
Üempereur Augufte. Les Sévirs (e) dévoient <» immoler cha- (t) itu.f. i*t.
n cun une viâime fur cec .autel & diftribuer de l’encens 8c
. O du vin aux citoyens & aux habitans de Narbone, pour en
» faite des libations à l’honneur d’ Augufte. « a*. Lucius Ae~
miüus Carpus Sextufgvir augufialis , item Dendrophorus
vires excepit & à Vaticano tranfiuUt , aram Ù bucranium
fuo inpendio confecravit. Ce n’eft ki qu’une partie de l’inf-
cription du (ij Taurobole trouvé à Lion ,& repréfenté danc
ïAntiquké (d) exfdicpée. Au milieu de l’infcription eft une
tête de taureau. Le lens des paroles , qui nous fervent ici de
modèle, eft: Lucius Æmilius Carpus Sévit auguftale ( ou
Ean des fix prêtres d’ Augufte ) 8c (tj Doidrophore a reçu la
tête & les cornes (du uureau 1 & les a tranfpor^ du Vati-
can. Il a confacré à Tes dépens l’autel & le ctâne du taureau.
(I) Pifi. Jt
!• I- Pnm f, I,
(W) Tm, 1. fmrt,
1.//.74./. ir<-
. (i)LeTantoboIeAoitDnccér£inonic,
tOc coofiAoit i égorger do taoieaa le ï
Çûcc tomber Toa for no prêtre , pli-
« ttao) tme foflé , et qui recevoir cette
floie de (âne Tur fa tete , for Coa corps
It (or les baoits. Les payeos , û ton en
«•ic qaelqim aKawa , iaTtatitene k$
Taarobolef, pcmr resopofet ao Baptême
des Chrétiens.
(s) Oa apclloit Dmdrtfheri chex le*
payent , ceini qui ponoit des arbres o*
des branches d’arbres dans les cérémo-
nies. Cétok I» o&e de lent ËwiTç tel»-
gion»
.•1 .
Digiti'*<l by Google
II. PARTIE.
SiCT. III.
CHAr. XI.
AATtC-LE I.
(a) Cic. Oral.
. fnSlatt*.
{h) It B’.Mt.
p.fi..n. }.
(c) RW«f. lUi
Ctutl.i. i.f.iai.
(J) L$ Blanc,
f, lOO. ». A.
y, 8^ NOTJVEAtr TRAITÉ*
^^.Ludllàii) AguftaVirgo , çfli l'infcri^cion (a^ d’im ancien
cachée en forme de bague , du Cabinec de (àince Geneviève. >
On employoic canrôc la craie afiacique , & tantôt la cire '
pour fceller Bc cacheter les lettres, 4®. Accenfor enfi tvafit,
C’eft-à-dire : L’incendiaire s’eQ^uvé , l’épée à la main. Ces
mots , qu’wi n’a point entendu^ ni bien lus ("z) jufqu’à pré-
fent , font gravà fur une porte à demi ruinée de la ville <
d’Ephefe. Ne feroient-ils point rélacifo à l’atentac d’Erof- .
trate , qui pour immortaliler Ton nom , brûla le magnifique
temple d’Ephèfe , plus de trois cents cinquante ans avant
J. C ?*y*. Cratia Dei imptratorl Ici le C tient la place. du G.
Cette formule fi ordinaire dans les diplômes , fe lit au re-
vers d’un denier [b) d’argent , firapé à Tonnerre. M. le Blanc •
donne cette monoie à Charlemagne , ajoute que c’eft la
plus ancienne , qu’il ait vue avec cette infeription. 6°. Deat ,
B ibradi Publias Caprilus Pacatus,Sextumvir augufialis^vO'
tum folvit libens merito. Cette infeription , (c) gravée fur
une plaque de bronze , fut trouvée dans la ville (fAutun en
1679^ Elle anonce un vœu , fait par un des prêtres ou fe-
virs augùftales à la DéelTe tutelaire de Bibraûé , ville capi-
tale des Eduens , & qu’on croit être Aucun en Bourgogne.
7®. Dominus Hludowicus imptrator aueujlus. C’eft la lé-'
gende d’un fol (d) d’or fin de Louis l»tftbonaire. Au revers-
nous trouvons ces caraûères M A N A-IO I A N A I N. On-ne-
peut en former un feos , qu’en fiipofànt que quelqu’une fiant ■
(i) Aii^a.AtûspeaiAt^a,iya- 1
lit^ (jov De.f cat conveoic qu'à la fcmnic ,
à la fi\Ie QU à la fœur <Tuo empereut.
Cent bague «a cachet antique ie bronze,
{t)CaUntlJtSlt dpane , Tqlon I? P. du (e) Molinet, la
Gtnav. P- 17. figW ^ ‘
' Loeios Venu , ou'on dit dans ^çlques
i4isiaaiicaJdgCQ4et, aaoia did peilddde du
(/) Snpim. i démon , & dclivtdepar un faint dvéque
FAmiq. txfl. I. J. dTiwy^lis. Le titre de KiV/a dans l’inf-
//. J4.p. t)i. OTlition , femble marquer une autre L«-
Æf. L'empereur Commode eut une (ôenr
^^e nom. Elle fut violée par fon pro-
(r) Btlat. dn ^ joignant la cruauté la plus
wyage dn Levant, tqibate à. la plus^onteufe padion , l'e-
r. a.p. Jty. dans Hle de Captée , oïl il la fît
mourir quelque tems apres.
(1) O. de Moniàucoo (/*) a lu Acenfe
.renfié' -^fiae t d'où il a conclu, que cette,
inéription mntilét ne fait aucun feni. ^
Avant lui , M. de Tournefort (i) avoir
avoué qu'il n'y cottiptcneit tien. Dans ce
dernier auteur , rpitcciptioa ell ainlï diT-.
pofée ;
Accznsorensi
Z T Astat.
,11 e/l très-probable que Iç premier Cia-
[veur n'a point prétendu tendre le deflei»^
'de l'infcription de M. de Tournefort.’
*Mais le graveur deD. Bernard aura fui-
vi Ton dclTein. Autrement il n'autoitpa»'
' teptéfebeé cette infetiption avec des ca-‘
raélércs , qui ne redemblent tontafut
aut romains ordinaiict.j tc_ beaucoi^
'-moins à ritalique.
Digitized by Gt 'OsK'
DE DIPLOMATIQUE. 5,9
renTCrfës , tranfpofës , &c qu’on a oublié d’ajouter à l’O '^SSSÊÊÊBS^
une pointe courbée vers la gauche , & à l’I une autre pointe >*• p a r t lÈ.
inclinée vers la droite , ce qui donne le oncial , & l’f mi- ^ « aV x*f
nufcule. Dans cette hypothcfe , on trouve Muaus divinum: Axtici.t. i.
légende qui paroit fur une autre médaille du même empe-
reur. 8°. Aquitania remplit (a) le revers d’une autre raonoie
du même moiurque , qui polféda le royaume d’Aquitaine
jufqu’en 814.
Des lettres à traits courbes adod'és , & tranchés haut ic IK £SP£C£.
bas , par des bafes &: des fommets , produilèoc la quatrième
cfpcce des écritures capitales courbées. Nous en avons fait
graver quatre modèles. 1°. SPQR. Ces quatre (igies figni-
hent : Senatus Populufque Romanus. C’eft la légende d’une (b) (t) Tkcrni J
médaille de plomb , portant au revers le fyn^ole de k vie- ^
toire. t°. Edirin Rex Anglorum. Walker (c) croit que la *(’/
monoie , qui porte cette légende , apartient à Edwin , roi pi-ym t- ‘*»-
de Northumberland en 617; En ce cas , c’eft la plus ancienne
pièce anglofaxorme , qu’on connoilTe. l.’W y prend la figure
du P. 3°. Otto Dei gratiâ Rex. C’eft l’infcription (<^d’un (li) chr»»ù.Gnt-
fceau , apliqué au bas d’un diplôme d’Otton , dit le grand, '**•
roi de Germanie , Sc premier empereur alleman. L’écriture
fingulière de cette légende difère de celle , qui paroit Air
plufieurs autres fceaux (e) du même Prince. Il n’elt pas éto- {») lîtintccim ié
nant qu’à chaque mutation de fceau, on change de caraâères. *•
Fridericus Dei gratia Romanonim imperator augufius.
Cette légende du fceau {f)àe Frédéric I. montre pmiieuts (f)chmic.
lettres dans le goût de celles de la précédente. Cette écri- G»rfiw./p. jf».
ture par conféquent ne doit pas être fufpeéle. Les conjonc-
tions de rV avec l’S &c de l’O avec l’R font remarquables.
La cinquième efpcce d’écriture capitale à double demi- espece.
cercle , dans les E &: les G , n’eft p.as rare. On voit des E de
cette figure non feulement chez les Grecs ; mais encore chez
les {g) Latins, dès le fécond fiècle. Notre planche n’en donne W
que trois exemples. 1°. Pauli epifeopi. Ces mots font furie
revers d’une ancienne bulle de plomb , publiée par {h) Fico-
roni. Ce favant homme ne doute point qu’elle n’apartienne
à un des deux évêques de Naples , du nom de Paul ; lefqoels
vécurent au viii®. fiècle. 1®. Sigillum Rotbeni Averfani (•) Mktm. smif.
epifeopi. Cette infeription eft empreinte fur un {i) fceau de
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?oo‘ NOÜVE'AtJ TRAITÉ
cire , ataché à une charte deiRobcrt évêque d’Averiâno ^
donnéel’aB iiij. j®. £K/?o/giï. Ce nom paroit fur un fceau'
'(? ¥ * ». X r. deftiné à marquer le nom de fon polTefleur, plutôt fur la cire
a>Ticii. I. ou la craie préparée, que (a) fiir le papier.
Les jambages des lettres de la Cxieme efpcce font terrai-
rp.ESPBCS, nés par des croilTans internes. Ils leur tiennent lieu pour l’or-
dinaire de bafes & de fommets. Voici les modèles de cette
écriture , repréfentés dans notre XXVIl®. planche, i®. Une
f») U n'Mt, (^) monoie de l’empereur Louis le débonaire donne au pic.
lOi. ». ». 40. mier côté Ludowicus imperator , & dans le champ Jioma en
monogramme ; au revers , SanSus Peints , & dans le mi-
lieu , Pafckalis , autour d’ÿpe croix. C’eft le pape Pafcal I.
dont il s’açit ici. a®. Pari , c’eft-à-dire Panjius , eft gravé
U) BmtntMi. fur un denier d’argent , repréfentant ("c) la tête de Clotaire
/' ‘57- II. avec un diadème perlé & une croix , plantée fur le front.
De l’autre côté , M. Bouteroue ne voit que la croix fans lé-
gende. 11 n’eft pourtant pas diôcile d’y découvrir Clotarius
en monogramme, j®. Maximinus monetarius Ancoté
(«5 iM.t. 148. médaille , au revers de laquelle on lit
CharibertusRex ,t^ . Diis Manibus. Tito AelioAuguJli libeno ^
Titiano Proximo , à Uhris Sacerdotalibus , defunSo Camun~
si annos’ xm. menfes iii. dies x/x. marito virgini dulcijUi-
mo Ù incomparabili benèqut mérita : quem Jitneravit Flavia
Ampelis coniux parijUîma,& reliquias ejus gehnijfulmperatoris
ipfa penulit eonfecravitque. Cum quo vixa annos xii. menfei
III.. dies XXI. fine ulld querella. Dans cectç belle épitaphe ( i )
(i) Nous fcxfliqaons sin<! en no tir
Jangne. » Aux Dieux Manet. A T*t“s
» Ælius , afranchi d'Augufle , & fur-
M nommé Tiriamu Proiimus. Il eut la
>> garde de* livtes faeerdotaos, U mou-
X nie à Camonte , après quanmie - deux
X aps , trois mois , dix- neuf jours de vie.
•> Ce fur un mari ineoni^rable , & d'une
.extrême douceur envers fa jeune &
X très - cbere époolê Flavia Ampelis.
X Après l'avoir nCeveli , die a con-
.1 duit fa pombe funèbre : elle a porté
X elle-même fes os & Tes cendres , avec
» la petmiffim de l'empereur , & les a
xconCutésaux Mânes. Elle a vécu avec
X fan digne epoux douze ans , trois mois,
du
» 8c vingt 8e un jours , lâns aucun liijec
» de plainte. « Depuis <]ue les empe-
reurs romains eurent emporté par bri-
gues le fouverain Ponti6car ; ils encenc à
leur difpolicion les livret racerdotan ,
où éroient renfermés les myftères abo-
minables du paganifmc. Augulle , e»
qualité de fouverain Poniife , permet à
Ampelis de faire cllc-méme , 8( fans le
minillère des prêtres , la confécratioa
des os de Ibo mari ; quoique ce fit une
cérémonie religieufe. On peut voir foc
cette inferiprioD , outre le livre cité dans
le tcxre , les mélanges de M. d'Orville
t. j.p. ISO. 8c la 4*. DilTert. rTAdricn
Reland , de mimm. Saxutrii. pt iti. ,
Diç::L..J by C'=- -ogls
DE’ D I P L O M A T I Q Ü E. «o t
du premier ficelé , publiée fa) par M. Papenbroc , les extré-
mités de quelques lettres font terminées en croilTanc , & les
E ôc les L un peu courbées.' j®. Jacobus IIJI. D^i graiiâ
Rex Scotorum, C’eft la légende (b) du premier ( i ) médailr
Ion, qui ait été frapé en Ecofle. 6«- Papia eft le nom de
la ville de Pavie , gravé au revers (c) d’une monoie de (i)
Charlemagne.
L’écritufe de la lêptième efpcce a des traits courbes adof-
fés & prolongés en demi-cercle au moins par le haut. Notre
planche en préfente deux exemples. i°. Eadward Rex. C’eft
la légende d'une {d) monoie ae S. Edouard le confefTeur ,
roi d’Angleterre , après le milieu du x i *. ficelé, a®. Sans plus.,
fans plus. C’eft une devilè du xv'. dont le fens nous eft
ablblument inconnu. Elle eft peinte en caraâcres renou-
vellés , au bas du (d) tableau , où Pierre le Baud préfente à
Jean de Chateaugiron fon livre de l’iiiftoire de Brétagne.
II. L’écriture conjointe & enclavée , mais formée de pu-
res lettres latines capitales , carées & mixtes , fans mélange
d’onciales , de minufcules , de curfives , de barbares &c d’ir-
régulicres , eft renfermée dans notre dixième genre , com-
'pofé de lêpt elpèces.
La première n’admet dans fes lettres ni ba&s ni fommets.
En voici deux modèles. : ’
1°. Precor ego Ilpericus non auferantur hinc offa mea.
Tempore nullo vola hinc tollantur offa Hilperici.
L’an 1643. on découvrit dans le préaü du cloître de l’ab-
ba'ie de S. Germain des Prés un tombeau de pierre avec ces
deux inferiptioBs. La (e) première , peinte en vermillon , fut
trouvée au dedans du cercueil. L^econde étoit gravée fur
le côté extérieur de la pierre , qui couvrok le tombeau. On
(i) Il cfb rare <le trouver des mé-
d4ÜIc^ proprcmcnc dires , frappes dans ta
grande Batagnc * avant le rcgnc d*Eli-
fabet. L'ufage n’en cû devenu frd.^ncnc
et) Europe qu’au ivi', Eccic. Ce fut le
pape Paul 11. qui cooimcnça à faire fra*
uerdcsiTi^daitlcï , pour les mettre dans
les fbndcmcns des ddiBces publics , qu’il
üiifoic conilruire ; afin d’ea marquer le
Tome II.
crms à la poftéiicé. En quoi il imiioic
les anciens empereurs. Voyez Platine
daj» la vie de ce Pape.
(1) Cette monoie a pour l^cnde du
côté de la croix : Cttrltii Rex Frxneerxm.
Ce titre ne peur convenir qu'à Cfaarlc-
rnagne , qui le tendit maitte ds riialie
avant que d'être empereur.
Cggg
II. PARTIE.
S*CT. III.
C«*P, XI.S
A»tÏci.i. I.
(x) Bmitveter.
memanent.dêfirif.
<ferx Fr. Oxdn-
derfii.p. lo. no,
(ê) SeleélHs
<■>7». t3> diplern.
SettU thefeur. ftt-
fxt.p.i*.
(r) t-e Btsne.
f, 8*. tel. i. ».io.
m. ESPECE.
rhenxrch. fr. /. t
tl.ii.
Ecricanp en pore*
lettre* capitales ,
coojoitues & en-
clavées.
X. genre.
I . ESPECBt
(e) Ah«*1. BmeJ.
t.i P, lip.W/l.dë
CM. de S, Garas.
p. II.
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ri. PARTIE,
SiCT. III.
Ch AF. XI.
Akticii. I.
il'. ESPECE.
{m) Tbef*ur, Mo~
fel. iti. I f. 88.
(h) Iltiil. f. I <.
tjih. J .7».
{c) ThefmHr. Mt-
rtl, ^.88. tab. i.
n. V.
(iMhU.f 5.1.
(t) Ibid. f. 84.
tàb. X.,|7. 4.
^/) fbid, tab. i.
». J.
601 NOUVEAU TRAITÉ
croit que ce Hilperic étoit quelque perfone de qualité &
peurctre un prince de la maifon royale de la première race
qui avoir fa fépulture dans cette abbaïe. Dans les deux li-
gnes d’écriture de ce monument , la même perfone eft apel-
léc Ilptrkus & Hilpericus. Les lettres n’en font point on-
ciales , comme l’a cru D. Mabillon. x°. Ht funt Reliquie
Beau Tecle , virginis & martyris^ que Hiconie oriunda fuit.
De Aine 'veto à Paulo Apofioio converfa Seluciam requievit.
Cette infeription , gravée fur une plaque de plomb , fut trou-
vée en j699- lorfqu’on ouvrit (i) la châfTe de fainte Thé-
cle , pour en tirer une portion des reliques de cette illulbre
vierge &c martyre. Dans ce modèle d’écriture enclavée, l’«
tient toujours la place de l’«.
Des lettres à traits arondis par le bout des jambages dif-
tin^uent la fécondé cfpèce. Notre planche lui fournit dix
modelés. I®, CLf^. Tibenus Claudius , Tièerii filius , Ap-
pii nepos. On lit ces noms écrits z49. ans avant J. C. dans
l’exergue d’une (a) médaille de la famille Claudia. M. Ha-
vercamp eft porté à croire que les lettres clv défignent le
numéro des matrices de cette monoie. a“. Lucius Antejlius.
Roma. C’eft la légende d’une {b) médaille, frapée à Rome,
iii. ans avant l’ère chrétienne , & dans le tems de la fé-
condé guerre Punique contre Annibal, j®. Appius Clast-.
dius , Titus Manlius , Quintus Marcius. Une médaille fra-
pée 174. ans avant J. C. donne (c) les noms de ces trium-
virs monétaires. Goltzius & Vaillant (</) ont mal rendu les
trois derniers figles de cette légende. 4°. Csuîus Calpur-
nius. Roma. Ces mots fout gravés for (<) une médaille , fra-
pée à Rome , 14^. ans avant l’cre chrétienne. Calpurnius
étoit fils de Lucius Manius Acilius Illvir.
Valetudinarius . C’eft laHégende (/) d’une médaille , qui
(i) Cette cbîlTc eft conrervée dans l'd-
gUrc dfc ChamaBdies. C’eft un ancien
monàftdré ,'*Int on a fait une Collé-
giale. La ponion de ni wéeleufes reli-
tjues ftit donnée i M. rârenevêoue de Pa-
lis , louis Antoine de Noailles. Voici
l’infcription en françois ; » Ce font ici
les ReEques de la bienheutenre Thé-
m de , TÎctgc le martyre , qui naquit à
» IcoDC. Mais ayant été convetiic à ta I
» foi , par l'Apôtre S. Paul 5 elle finit fes
'» jouts à Séléucic. n On trouve grand
nombre d’écritures dans le goût de cette
infeription. Voyei ei-apres , Oirifion II.
genre Vni. elpécel. Polygraphie elpa-
gnole planche I. apres le folio xvi i. Mu-
raror. Antiq. irai. col. iip. n. x. ti 8.
Mém. de l'Académ. des lofoript. t. 8.
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DE DIPLOM A‘TrQUÈ.\ .
reprëfence la Déell'e de la fanté. Acilius écoic mi des 'trium- -r*
virs chargés de veiller à l’entretien & à la décoration du- teni- 1 1. partie,
pleidecette Divinité. 6®. ,^a/iaj./îo772a.Cesmots(elilent du
côté de la tête, fie Manius Aciliiu , au revers (a) d’une mé- ARri*c‘i. *r
daille , ftapée à Rome 131. ans , avant J. C. Au lieu de U)iUd.,.^.
Manius j nous aimerions mieux lire Munatius 5 furtout li
rV n’èll”p’oint un A renverfé. 7°. Lucius Pifo Frugi ^Rorna.
Lxxy. C’eft ainfi que nous lifons le revers d’une {b) mé- H) nu. p.
daille de la famille Calpurnia. Elle fut ftapée au tems de '**• i- ”• '*•
Cicéron. Le mot Roma y eft écrit en monogramme .- ce qui
prouve , que cette maniéré d’écrire les noms , remonte à la
plus haute antiquité. Les chifres de la médaille marquent le
numéro des matrices , ou peutetre la valeur de cette mo-
lioie. 8*. AjjXXXII. Tiberius Claudius Tijperii filius
A§ii nepos. Nous trouvons (c) douze médailles avec cette M nu. p. *8.
infeription, excepté les chifres. On y voit les memes conjonc- i- d- f. s»i.
tions de lettres. Lei renverfé vaut cinquante, comme dans la'
loi romame , dont le P, Mabillon a {d} publié unftagnKnft^ W d, rtUptom.
L’A , qui précède le T renverlë, marque qu’il né faut compter ^ i ♦f-
(e) qu’une fois Lxxxii. 9^. Marcus Kargunteius. C’eftlenom (») v»Ur. Vrohi
d’un des triumvirs monétaires , au tems de la fécondé guerre Rofpan. //-
Punique. Il eft gravé for une (J) médaille de la famille An-
teftia. 10°. FræJeBus Claffi fi- orœ niaridmæ. Ex Senatus^ *{f)rVfIur‘.tn-
confultb. Une médaille , ftapée pis ordre du Sénat en l’hon-' *-P-
neur de Sexte Pompée , dans les premières années d’Au-
gufte , porte, (g-) cette légende, te Tréfor de Morel , dans (g)nu.p. ,i>-
la planche foivance , donne cinq médailles , avec la même
infoription fie les mêmes conjonctions de lettres , fons en ex-
cepter l’Æ. Les lettres conjointes ne font donc pas de l’in--
vention des Gocs , ni des autres peuples barbares , qui ont
rtiiné l’empire romain ; comme l’ont prétendu quelques fa-
vàns.
Une écriture inclinée au moins dans les baies Sc les fommets,
caraCtérife la troiftème efpèce de capitales conjointes fie en- ///. espece.
clavées. Notre planche n’en donne , qu’un modèle déjà pu-
bll^ par divers auteurs.; C’eft l’épitaphe luivante : Hic re-
quiejcit in pace bone tnemoAe FaUnopt , qui vixit plus
•Mtius annus ...’.. V r . Obiit X. KaUndas nunias ; ' '
indiSione quana anno xl régnante Domino nbfiro
• Ggggij
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II. PARTIE.
S £ C T. III.
Cha!>. XI.
A ■ T 1 C L I. I.
tr. ESPECE.
(«) EtMUTMtt.
p. 4».
(t) Thtf.MtrtL
g. i fi.j. i. n. 9-
(f) Wd.g. i(.
((I) lUJ.g. x>8
li)Grtpr.Turm.
•gft.tA. S)..
go4 NOUy^EAU TRAITÉ.
(i) Teudere. Cette infcription fépulcrale du vi'. ficcle , (cu^
ptée fur un marbre blanc , le voit dans l’Eglife de S. Loup ,
hors la ville de Narbonne. C’eft un monument important
pour la Diplomatique ; puifqu’on y trouve les dates de l’in-
didion &c du règne d’un prince , à qui une grande partie
de la France méridionale obéifTdit. Les antiquaires y remar-
queront encore , outre les figures du G , de l’H & du Q. les
mots menus &c annus , mis pour minus ’& annos..
Les lettres de la quatrième efpècc ont leurs fommets ic
leurs bafes tranchés à l’ordinaire. Sept modèles , 'gravés fur
notre planche , en font la preuve. i°. Marcus Aburius
Roma. La première médaille du Tréfbr numifinatique de
Morel , porte cette légende au revers. Cet Aburius fut tribun
du peuple l’an dè'Rome : c’eft-i-dire ipj. ans avant
J. C. z". Ambiorïx. ' Eburo. Le premier mot eft gravée
côté de la tête, fur une (a) monoie gauloife d'argent , du
poids du denier romain. Le fécond fe montre au revers.
Quand Céfar fit la conquête des Gaules , Ambiorix étoit roi
des Liégeois , nammts Eburones. ^ Imperator Au^Jlus
Tnbunitia potejlate XX.—^Ciefarea aueujla ^Cneio Domi-
tio Amplo , Caio Vetio Languido , Duumviris. Telle eft
la légende entière d’une belle (è) médaille , frapée trois ans.
avant l’ère chrétienne , en l’honneur d’Augufte , par la ville
de Sarragofle en Efpagne , fous le Duutnv^t des deux mo-
nétaires nommés au revers. 4“. MunicipiuM Çeaà^ris Julia
In^eratoA Augujlô ,.IIviris Lueïo t Ruhlio Antejlio.
Les deux côtés d’une (c) médaille , qui lai ville de Calahorra,
fur les confins de la GafcogtM ,"'&; mpei'à la gloire du même
empereur , donne cette légiemlei’ f". Opeimius eft écrit en
lettres monogrammatfques (<t) médaille dé la famille
romaine Opeimia. L’S eft^retranchée à la fin du mot,
félon l’ancienne maiièrt. On 6x(oit Najidiu , Opimiu ùc.
pour Najidius ^Opunius. 6®. Marcus Cato ,.eft la légende
( I ) De (OUI Jbr . Tlirodoticj
& Theudit i <)ctnicr , à
i]ai la date jpdilT^ con-
venir. Elle-tM^'ea l'année j^r. ’ dt-
xièiAe roi, des Wi/igotha ,
iodiâkaaqlMpMiDe. D. Roinard ( i > ptd-
(tod ÿc çOk Théodohe I. Si l'on fait
ce fentiinent r' on fijrce le nom duToi;‘
l'écrintte dn temt & la chronologie. On>
peut voit cette iofeription dans le pro-
logue de la Polygrapdiie elpagnole fol.
xvt, dans la nouvelle faifloire de Lac '
guedoc tora. i . Preuves pag. j.oum. 7.
&dàas Ct'égoice dé Tous coL tjS*.
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Gt -Ogll
DE DIPLOMATIQUE. <îoj
j’une monoie romaine de la valeur [a) de celles qu’on £z-
briquoit en Efclavonie , & dont on faifoit grand commerce.
Elle a au revers ViSrix , fous une vidoire tenant une palme.
7®. Juliœ Mam 'ue matris Aueu^i nojlri. C’ell {b) l’infcrip-
tion d’un tuyau de plomb , fait pour conduire l’eau dans les
bains de Marnée , mère de l’empereur Alexandre Sévère.
La cinquième efpècc d’écriture conjointe porte des bafes
& des fommets naiüam du corps des lettres ; comme l’on
voit dans les modèles fuivans, gravés fur notre planche XXVII.
1°. Publius Cxlius Diogne ou Dicgnetus. Ces mots font
gravés fur une (c) bague ou anneau de cuivre, qui ofre la fi-
gure d’un dauphin, a*’. Tu pro me navem iujuijli ^fufcipe cla-
vem. Ce vers hexametre eft empreint fur les {d) bulles de
plomb de Victor ü. Ce Pape voulut qu’elles repréfentalfent
S. Pierre , recevant une clé , oferte par une main fortant du
ciel. Ces bulles de plomb font déclarées fâuffes par le (é) P.
Hardouin. Mais c’eft un titre de leur vérité , d’autant plus va-
lable , que ce Jéfuite ne donne aucune preuve de fon opinion
fingulière ; à moins qu'on ne prenne pour une preuve la folle
chimère d’une troupe de fauffaires , qui n’ont celTé de for-
ger des monumens dans toute l’Europe jufqu’au ( y) tems de
l’empereur Charle-Quint. 3". Virduno yî/w/- , eft la légende
d’une ancienne (g-) monoie , frapée à Verdun. Fitur , eft là
pour fit. Lorfque le P. Hardouin rencontre de pareils mots
dans les diplômes ; il ne manque pas de dire que les fauf-
faires ont afeélé un langage barbare. 4". Æthertktd mone-
tarius. C’eft le nom de celui qui a frapé la {h) foixante &
deuxième monoie du roi Edouard l’ancien. Le chevalier Foun-
taine a lu Æthened \ faute d’.itention à li conjonélion du T
avec l'E. Durand monetarius : monétaire , qui fi-
fure fur ime monoie (i) d’Eadgard , qui monta fur lé trône
’ Angleterre l’àn 959. ff®. Hcarlemanus Rex , eft la légende
d’une monoie {k) de Carloman , fils de Louis le bègue , fra-
pée à Auxerre. 7®. Ælfred Rex. Oli lit ces mots fur une (/)
monoie d’Alfred le grand , le plus lavant & le meilleur des'
princes , qui aient porté la couronne en Angleterre. 8®. Hlo-
taniu imperator Augufius . — C’en la légende d’une
(m) monoie , à Venife , qui obéiftbit à l’empereur
Lothaire, 9®. Drihtfiir monetarms de Waîingefiord. Cette
ir. PARTIE.
SïCT. III.
Chat. XI.
AïTICli. l.
(<) Sffnter0i/t.
P-9S-
(i) ÀHliy, txfl,
t, J..^, Ilj.n.
V. ESPECE.
(c) Murxttr. an-
tiifiiit. itai. t. i.
tôt, 1 10,
(J) Htintr. dt
mi. i.a.io.
(*) Mf. du Rti.
(/) JUd. p. fu
(i) Btuttrtut.
p. J 70.». ;.
lai. J..
{.!)liid.t.f,n.f...
(t) ht Étant,
p. 141. ivl. i.n.j;
(I) Fnau, lai. i..
{n:}. iidi lai. pZ-
n.ii.
Jjiaitizad by Google
II. PARTIE.
S E C T. III.
C H A P. XI.
Article. I.
yl . ESPECE.
(a) ht H/iEffr.
p. ji ly.
(h) l'olitm. I,
f. 141. I4J.
W/. ESPECE.
(f ) Ment. Jt t A-
faAem.ties înferipi,
l.é.p. *67.
J
(<0 UiJ. p. «(4:
(t) 1U4. t. ri.
p. «4.
(P T«>».l.^^f4.
\g) Mém. iftA-
e*d. t. f. p, é^^.
**h
60S NOUVEAU TRAITÉ
légende , d’une (n) monoie de S. Edouard le confefleur , roi
d’Angleterre , n’a pas été bien déchifrée par le chevalier
Fountaine. Ce favant , làns avoir égard à la tranfpofition des
lettres fi commune fur les médailles , a lu Drintmer on de
ff^alingeford.
Les lettres , qui caraélérifent la fixicme efpèce du dixième
genre , ont des traits excédons & fuperflus. Notre planche en
ofre deux modèles. 1°. Dominas Cindafwinthus Rex. C’eft
la légende du côté de la tête d’une médaille ou monoie {a)
wifigotlîique, frapée à Cordoue enEfpagne. Remarquer 1’ V,
qui prend la forme de lY , dès le v 1 1 fiècle. a". Aelfred
me fecit geuwrcan. Selon (i) Hickes , cela fignifie , ALfredus
me jujfit fabricari. CettQ inlcription faxone du ix'. fiècle,
eft gravée fur une platjue d’or , terminée en cône , fur la-
quelle l’image d’un roi &c la figure d'un poilTon fijnt repré-
fentées avec un art admirable.
La dernière efpèce eft à traits courbes dans un plus grand
nombre de lettres qu’à l’ordinaire. Voici les quatre exemples,
qu’en donne notre planche. 1°. ^ In nomine Del fummi &
in honore fanSorum martyrum Agriguli dr Vitalis Arverno-
rum civitatis , hanc capfam ex eumoniâ , Carolo Rege anno
dteimo oitavo regni Jui , neenon HiSerio comité. C’eft (c)
rinfeription (i) aun reliquaire , confervé dans l’églilè ca-
thédrale de Clermont en Auvergne , depuis le règne de
Charlemi^e. Dans l'original il y a Arr , qu’on peut rendre
par Arvemte ou par Arvernorum. Capfa y eft écrit pour cap-
fam , 8c Agriguli pour Agricoli. La croix , marquée à la
tête de l’inlcription , eft une invocation implicite du nom
de J.C. z”. \HV. Hic fub arva. requiifcunt membra Genefl
Pape Ponteficis Megrans de monda , imperame Pren-
cepe Francorum Rege. Ce n’eft ici , que le commencement
& la fin de {d) l’épitaphe de S. Geneft , évêque de la ville
d’ Auvergne ou de Clermont, qui mourut en 661. M. Lan-’
cek)t {z) prétend (e) que cette infeription a été faite au v 1 1 1 .
(r) Elle cil de la xtiii'. aatiéc de
Cbaiicmagne , & noo de Châtie le lim-
pl.5 comme Foot pi^cendu les aateim
do nouveau (/} GmlU» ChrMjmi. Ils ont
cm que pai Elatunia , il woit entendre
ht Lhnagne. Mah ce mot ne veoc dite
autre chofe cju’eUmi^M. Voyei les
Mémoires de littdraiure de l'Acaddmic
des Itllcriptions. toin. vr. p. «y.
(l) Ce farast Acaddmiciea (g) a fait
pluGcnis remarques importantes Fur cette
épitaphe, i°. » Le tems que S. Geoefl a
» tenu le fidge dpilcopal avait été lai/ld
» en blanc : quelque curieux l'a temph
Diÿiti^eti by '.^oogle
DE DIPLOMATIQUE. ^07
ou IX'. ficelé. 11 cft vifible par les caraûères , qu’elle eft du — -
même tems que la précédente. Les e y prennent la place des partie.
i , & les Q la figure du P. La croix f & les H V , qui précè- xi.
dent Hic , nous fcmblent fignificr Christo Iesu ou Crux
Jesu. 5°. Haddehertus epifeopus , in Bononiâ civitatt , /'a-
tente Carolo Rcgi ,recipit jefto eorum iv. idus Dccembris.
Cette infeription {a) d’une chifle des SS. martyrs Agricole & (*) * pa.
Vital nous aprend , que leurs reliques furent tirées de Bou-
logne en Italie , par Hadebert évêque de Qermont , fur les
ordres du roi Cliarle : ce qui ne peut s’entendre de Charte
te fimple , quLn’avoit rien en ce pais ; mais de Charlemagne,
qui s’eu étoit rendu le maître des l’an 774. 4®. Franci f^ic-
tores : Parthi fugientes. Les François font vainqueurs : les
Parthes , c’eft-à-dire , les Turcs prennent la fuite. C’eft l’inC-
cription d’un tableau peint , (b) du tems de l’abbé Suger fur
tes vitres de l’églife de S. Denys en France , ou la prife de t» m»nttfch,fr4nf.
Nicéc en 1097. par l’armée des croifés , eft repréfentée.
Article
Ecritures capitales mêlées de lettres onciales , minufculei ,
curfives , renverfées ; de lettres grèques & barbares. II. Di-
vifion. Explication des yjZfl/icA«xxvm.xxix.xxx.6’ xxxi.
«
Le mélange des lettres onciales , minufcules & curfives
avec les capitales , a fouvent foit prendre le change aux plus
habiles littérateurs , fur l’écriture. De ce que les caraûcres
majufcules fe trouvent mêlés avec d’autres lettres de divers
genres & de diférentes clafles ; ils ont conclu que fut le dé-
clin de l’Empire les beaux caraélcres romains (c) perdirent ,
99 du Dombcc de lxii. mais il ne l'a iàic ans. » Cette billoirc fi contntre à la yi-
üjii avec goût ni avec adrefie. Il eft im- » licd , n'eft fondée , tjue fui le mot de
ùpoffiblc de ne pas s'aperceroir cjnc » fmft , qui fe trouve dans l'infcripcioD,
* LXII. a été aioucé depuis fort peu de » que l'auteur de la légende a entendu
» tems : les caraâcrcs n'en font qu'à » par celui de Pape ( pris au lêns dans le.
>1 fleur du marbre; au lieu que les autres » quel il eft entendu depuis fept cents
J. ont beaucoup plus de creux : la main » ans ; ) quoiqu'il foit connu de tout le
i> en étoit tremblante , elle ne s'eft point «monde, que Papa a été le fynoniiBO
a> fervi du cifeau. « i". La légende de S. >> Stfifctfm , te que ee n'eft que depniU'
Ceneft lupofe, qu'étant allé à Rome , il » Grcggire VII. qn'il a été plus ( patti-
y fut élu Pape , Se qn'il gouverna cette >» culieccmcut ) afeéié à l'évéque dc Ror
prtmiéte églife du monde pendant ll‘ » me. «
«
■ Digitized by Google
II. PARTIE.
' S £ C T. 1 1 t.
Ch A F. XI.
Article II.
(a) Honoré dt Su
Mnrù. ^^ex.fttr
Ueritij. /.
IIDIVISIGN.
Méluge d'écri-
p<n onciale avec
{ capitale.
I. GENRE,
/. ESPECE.
goi NOUVEAU TRAITÉ
leur forme , &c fe corrompirent long teins avant le go-
thique moderne. .. Cette corruption des carafteres , dit un
«de nos plus favans (a) critiques, fe remarque en France auffi
.. bien qu’ailleurs -, &c on ne trouve point d’écriture de la
.» première race de nos rois , qui ne fort mêlée de lettres ro-
« maines &c de lettres barbares. « Cependant ces caraûères
prétendus barbares des vi, vu. & vi 1 1'. ficdes , font ro-
jnains , comme les autres ; mais ils apartiennent aux écri-
tures onciale , minufcule , & curlive , oont l’iifage étoit jour-
nalier dans l’Empire romain.
Le mélange de lettres de diverlès écritures avec la capitale
,cft une fource féconde de genres Sc d’efpèces , qui va four-
nir la matière de cet article. Et pour n’en pas faire à deux '
fois ; nous y faifons aulfi entrer les écritures capitales , qui
admettent des leares renverfées , couchées en diférens fens,
des lettres grcques , barbares , irrégulières. En un mot , tout
mélange avee les capitales ; pourvu qu’il ne foit - pas en^
tiérement gothique , au moins dans quelques-uns de fes ca-
raûères , feit le fujet de notre fécondé divifion de la Claife
des écritures lapidaires &c métalliques.
§. I.
Planche XXViu. contenant le /. & //. genre des écritures
• capitales mélangées.
I. Cette planche repréfente , fous le premier genre , des
écritures renfermant’ diverles fortes de mélangés de lettres
onciales avec les capitales, pendant près de douze fiècles :
c’eft-à-dire depuis les rems fi) les plus brillans de 1 Empire
romain , jufqu’à l’étabUifement proprement dit des lettres
gothiques, dont la renailfance des beaux arts a commencé à
nous Faire fecouer le joug. Notre premier genre eft fub^-
vifë en douze elpèces , dont la première eft onciale dans les
C (i.) feulement. Notre planche en ofre fix exemples,
(i,) Ce cnraOèrc oncial corpmeiice as
pliii carda fc montrer Cur les médailles
vers le milieu du m*. (lècle. Quoiqu il
ne fur pas encore ordinaire fiir la fin de
ce fwclc fle au commencement du fuivancj
\°.Jovi
(i) Ce<]ue nous apcilons U belle an-
U<|uicé , quoique fore déchue depuis le
1 1 1*. fipck , n'cflccnféc finir qU||p tems
de l’cmpcreur Tbéodofe le jeune , qui ré-
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DE DIPLOMATIQUE. 609
T®. Jovi optimo maximo & Larihus Puteolarue civitaiis... -■ ■ ^
ImcÎo Aruntio & Caio Claudio Marcello , confulibus . Ce
n’eft ki qu’une partie de l’infcription (a) gravée fur un beau chat! xi.
marbre , confacré à Jupiter &c aux Lares de la ville de Auticie. ii.
Pouzol , fous le confulat de Lucius Aruntius , &c de Caius (») Sufitm. à
Claudius Marcellus: c’eft-à-dire, l’an zi. de J. C. z®. Hu- ’’
jus fepulcri jus ad heredes pertinet. Cette phrafe eft tirée ^
de l’infcription {b) du tombeau de Flavius Eleutherius , placé t*) f*
fur le bord du grand chemin près de Rome. 5®, Utere felix. #
Cette formule ou compliment , dont ufoient les anciens ,
fert d’infcription à un iceau de plomb , publié {c) par M. . W J /««W *■-
Ficoroni. Ce favant n’ofe en faire remonter l’age aux pre- 'f
miers ficelés , à caufe de l’6 arondi en forme de croifiant ;
mais les inlcri prions précédentes , o ’ (e tr''>uve ce car.r£lcre
oncial , lèvent tout (crupulc. NouscroyCiis donc que ce fceau
de plomb eft du iv. ou v'. fiècle au plus tard. 4®. Flureas
femper. On voit dans ces deux mots , gravés fu'- [d) une mé- (a) TSa::- ■>, i:>-
daille du vi'. fiècle,!’ 0 oncial,l’V mis pour l’0,&: l’S revêtue
de la figure du Z. y®. Dextera Domini Jecit virtutem : dex-
tera Domini exaliavit me. Roggerius Dei gratià Rex Si-
cilie , Ducatus Apulie & Principaiûs Capue. C'eft l’infcrip-
tion (e) d’une bulle de plomb, pendant à un diplôme de Ro- (0 Mumer.
ger , prince norman, & couronné premier roi de Sicile , le ''
zy. Décembre de l’an 1 1 jo. 6®. Une médaille de (f) Théo-
dora, fécondé femme de l’empereur Conftance Chlore , a t-
pour légende au revers , Pietas romana , & dans l’exergue ,
Confecratia.
La fécondé efpèce n’eft onciale que dans fes Cette fi- il. ESPECE,
gute le montre dans les modèles fuivans. 1®. Hic quiefeit
il fc IaUTc voir aflez fouveot. On le uoa- I duirent audi fur les rases igalemenc
ve dans |>lu(ieuis médailles de Gallien , ifolées. a°. Ce qui patoit plus concluanr,
d'Anrelien , de Probe & dans quelques ou du moins plus probable j e'cfl que
auites.Mais comme il ne s’y iliontre qu'eu bientôt aptôs ces G euttèreue dans le
qualité de lettre déraebée , Ibit ligle , corps meme des mots latins fur les mé-
foit nombre , & que bien d'autres lettres datllcs, On en compte plus de trente
gtéques s'y rencontrent également ; on avant Dioclétien dans la leule colicâioa
peut doutée fi cet G P** numiCnatique de Dom Anfelme Banduri.
tre gréque. Ce qui pouroii perruader du C'eft donc faute d'examen , que le P.
^nttaire , c'eft i". que parmi ces let- Lupi Jéfuite dit que (/) ce cataélète a (f) Ifittfh. de-
ttes, plnficurs latines , qui ne fauroient été tatcjoc&c employé avant le v*. fiècle. vera mirtjr. ih
feconibndre avec les gtéques , fe pro- h^r.%, iy>
Tome II. H h h h
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II. PARTIE.
Si CT. III.
C M À r. XI.
Akticli II.
(«) SmfUm. i
tAatiq. txfl.l.f.
fl.f7. ». 7 h »*■
(i) liui.fl. JJ.
». f.
(f) F«îb»»».
f. joo. ». i(.
(J) ifttr.
Hiflcm. f. 111.
((] Baldttlut tuf.
»i»i dt difit MT-
genieo. r, 14. ^,40.
fûggijù dt Pétri iti~
nert. f. 4S0.
(f) Heinttehtt de
Sigilht.f. 14 J.
Jir. ESPECE.
{/) Meffei Ifier.
iLfIem.f. JO.
tio NOUVEAU TRAITÉ
Cajiorius 1 qui vixit annos plus minus lx. Cette inicrtp-
tion (a) (ëpulcrale eft chrétienne. Le ftyle , le monogramme
de J. C. ic de la croix entre deux colombes , en font foi.
2“. Caio Rhefiano Colliberto Callijlio CoUibtnus. C’eft l’inf-
cription (^) d’un tombeau dreffé par les foins de CaiusCallif.
tio afranchi , pour Caius Rhefianus Ibn camarade , également
(i) afranchi 3**. Bonx Memorue. Hic requiefeit in pace
Aqilia Paulina , Lucii filia , (joa lauiabilis jemina ) quae
vixit annos plus minus lx. Depojîta die vil, Kalendas
Odohris , confulibus Ifidoro & Senatore , viris clarijUimis ,
confuübus. Cette épitaphe ('c)eft de l’an 43<. M. Fogeini a
lu die fexto KaL U ndoit )à.Kfeptimo. Il eft important ûc re-
marquer , que le premier chifre {d) vaut vi. Dans le mot
Aqilia , le q porte fuavec foi. 4“. Afellu benè mberenti qui
viexit annu Jex mefis o3o dies xxviii. Cette ancienne épi-
taphe d’un (ej jeune chrétien , nommé Afellus , fe rend ainû
en latin ordinaire : Afello benè merenti , qui vixit annos
fex , menfes o3o , dies xxviii. Nous croyons cette infaip-
tion lapidaire poftérieure au iv'. ûècle. On voit fur cette
pierre fépuicrale S. Pierre , qui ocupe le premier rang &c
S. Paul le’ fécond, avec cette infeription: Petrus. Paulus:
au lieu que furies bulles des pq>es S. Pierre paroit (f) céder la
première place à S. Paul. Ce monument fut découven dans le
cimetière de S. Hyppoltœ .furie chemin de Tivoli, & pré-
festè à démène XL qui le fk dépofet dans le Cabinet de
fa famille Albani.
La troificme efpèce eft onciale dans d’autres lettres d’une
feule forte Ji la fois. Les quatre modèles , figurés dans notre
planche , en font la preuve. Le premier ofre l’U oncial dans
ces mots : Tiberii Claudii , Caii Julii Cad filii , ColUna ,
Tiberius Fonteius. Dans ces [g) noms , tirés de l’honorable
congé , que l’empereur Galba acorda aux foldats vétérans ,
ri & l’L , l’F ac l’E fè confondent aifément , à caufe de leur
reffemblance. Le fécond modèle nous donne le o oncial r
Caius Julius , Cau Julii Otuaneuni filius , Rufus , Caii
Julii Cedomonis nepos , Epotfbrovidi pronepos , Sacerdos
(0 Scniigcr , dans lôn Uboricnx Index conffqucBcc il a In ; Cttie
du Ttéfot de Gruter , a cm fans fonde- CtUipio CeUiterim.
ment , que Calliftio droit on datif , 4c en
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DE DIPLOMATIQUE. tfii
Roma & Aumjîo ad aram qua ejl ad confluentem , Pra/àc- »
tus fabrûm dedicavit. inlcription {a) du monumenc, n. partie.
ëlévé fur le peut de la Charente à l’entrée de la ville de y/'
Saintes , doit s’entendre ainfi ; Caius Julius futnommé Ru- autjcli i r.
lus , fils de Caius Julius Otuaneunus , petit-fils de Caius Jut («) ^ i-a-
lius Cedoœon , aricre petit-fils d’Epoifbroyidus , Prêtre de buu*.
Rome & d’Ai^fte , à l'autel qui eft au confinant ( de U su^m. a^rV«!
Saône & du Rhône, ) Préfet des ouvriers , a dédié ce mo- expi.i.^.fi.ii.
nument ( à Tibère Céfàr. ) M. Mahudel & D. de Montfau-
con ont lu OSuaneunus &c Gedcmon , autrement écrits dans
l’original. Le troifième modèle nous prélênte le Q oncial :
Dominas legem dat Valerio Severo , Eutropi vivas. C’efi:
l’infcription de la fâmeufe (é) lampe antique du Cabinet du WDeUchaafe
grand duc de Tofcâne.Elle repréfente S. Pierre, qui conduit
un petit navire fort élégant , du milieu duquel s’élève un mât Lucent. f<*n. 5.
avec des voiles enflées par les vents. Au fommet eft ata- f'^ J'-^'"'*
chée une table de bronze , fur laquelle on a inféré des lee-
très d’argent , qui expriment notre inicripcion , dont le fêns
n’eft pas dificile à fatfir. Le quatrième modèle donne le q)
oncial dans le nom Cheldebert , gravé (c) fur une monoie (c) Le BUne.
du roi Childebert I. qui publia l’an jf j. une ordonancc J®-»- '•
touchant la célébration des fêtes , & pour abolir les reftes
de l’idolâtrie.
L’écriture de la quatrième efpèce réunit plufieurs lettres jy, espece.
onciales , ou qui tendent à le devenir ; comme l’on peut s’en
convaincre par les onze modèles , livrés dans notre plan-
che. I®. Eoba monetarius^Ai.Cynetnrit regina.C^ii la dou-
ble légende d’une monoie (</) de la reine des Merciens , {d) fountain*
époufc du roi Olïà , qui l’an 794. augmenta le tribut apellé
Romefcot ; c’eft-à-dire , tribut de Rome , ou denier de S.
Pierre. Le chevalier Fountaine n’a pas aperçu au revers de
cette monoie une fO onciale, qui lignifie monétaire. z°.Afz-
rat innocentiae Draconti , qui^ vixit annos v. menfes x.
dits xi. Dormit in pace. On loue dans cette ancienne {e) 1') 'B>u»»muti
épitaphe l’innocence d’un jeune enfant chrétien , qui n’avoit t'
pas encore fix ans acomplis. 3®. Hic in pace requiefcit Co-
luba virgo facrata Dei , que vixit in Domino annos plus
minus nonaginta. Depojîta fub die viil. idus aguflas. Opi-
lione vira confulari Confule. In ftcula, C’eft fépitaphe de
Hhhlx ij
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II. PARTIE.
Si CT. III.
Chat. XI.
Akti c L I. II.
(a) Di SanfCt-
Itmis vtrf. tm-
mtnt»r. Rtmâ.
I71«.
(I) Lt Blsnc.
p. l.». 4.
{c) ASjt trtuUt.
mnfitApril.ipio,
H) Rejlex. fur l»
eriiiq.i. i.p. ff.
(f) Ttm. 4-
p. 1011.
eii NOUVEAU TRAITÉ
faince Colombe vierge, qui après avoir fervi Dieu , auquel
elle s’étoit confacrée , pendanc quatre-vingt dix ans , mou-
rut en paix l’an jz4. Ce précieux (i) monument a été (a)
expliqué avec beaucoup de lumière , par M. Fontanini , ar-
chevêque d’Ancyre , & l’un des plus favans antiquaires de
notre ûècle. 4°. Sigebertus. Ce leul nom fournit deux let-
tres onciales. Il eft empreint fur une (,b) mUnoic fabriquée
à Marfeille, & que Bouteroue donne à Sigebert I. roid’Auf-
tralie ; fans douce à caufe de la ré^laricé des caraâères.
5®. Valdolina hic rtquiifcit in pacc. Vixit annus xxx. De-
fun3a eft f ubi fait Julius dies xxiii. Cette (a) épitaphe
(i) On y voit l'uCige de emei des
croix Tyr les tombeaux en mémoire de
I. C. aiachd à la croix pour aorte lâtui.
Ctlub» eft derit pour Crltani» , & Di
pour Dà , mgifitu pour , non
far la faute du graveur ; mais félon
ancien ufage. Les diphtongues te les
points font nanis de cette infeription ,
dont récriture paroit au coup d'ocil wro-
cbet de celle des plus anciens mil. en
capitale. Seulement il y a cjuclques vir-
gules ou petites lignes , qui marquent les
abréviations. La formule Is p«cr eft équi-
valente ü celles ci : In pnn Dmiai , In
part Chrifl» , In paet fiiti caihatica.
Elle lignifie que la mort des Chrétiens eft
un repos . un fbmmeil . dont ils Ibrtt-
ront un jour. Il n'apattieni qu'aux mau-
vais Pliilolbphes & aux Libertins de la
regarder comme l’ancancilTcmcnt de
l'homme. Les termes Kirj> facrata Dti
marquent que faintc Colombe avoir fait
un vceu perpétuel de virginité. Dans les
premiers ficelés du Chriteianifine . ces
voeux étoient fort communs. Mais les
Vierges les obfervoient dans la maifon
paternelle te dans leur famille. Ces mots,
In faeata font ici une aclamation , qui
exprime le défit te l'elpérance , que l'on
■ du bonheur éternel des fidèles , mdtts
dans la charité de I. C. te qui repofent
dans le tombeau : In yâc«/n vivas.
Quelques favans (c} ont cru voit dans
cette infeription fiipulcralela corruption,
te la décadence des caraéléres romains.
U Depuis Augufte jafqu'au fiècle des An-
a tonins , dit le (d) P. Honoré de faintc
n Marie , ou fe fctvii de caraâcru ca-
» rés d'une juftelTe admirable ; mais . . .
a toutes chofes déclinant avec l'empire ,
a les caraâetes romains perdirent cette
a belle forme . . . d'abord ils devinrent
a obliques . . . enfuite ils s'alongérent ,
a i la fin dégénérant en grolEcreté , ils
a parurent tootafait gothiques. « Mak
ceux qui voudront prendre la peine d'é-
tudier nos qnatte planches précédentes ,
ne trouveront dans cet alongement tc
cette obliquité de lettres , que la conti-
nuation des anciens cacaAércs romains,
alités jufqu'Xu tems du gothique mo-
derne.
(t) Ce feul monument jullifiroit le
ftyle te Torthographe des diplômes de la
première race de nos rek. On lit dans
l'un , comme dans les autres Tt^aiiffii
pour rttjMitfcit , amaj pour aaaai , fitit
our fecii. Avant nous , M. Bonteroue a
bferve , que (t) a cette &(on de par-
a 1er , Uii fuit , étoit ordinaire vers l'aa
aSpo. te 700. te jufqu'â la première
a race , te an commencement de la fé-
condé . « Cela n'a pas empéché les con-
tradiéiears des diplômes de les débiÿr ;
pateeque le même ftyle te la même or-
thographe y font employés. Le P. Ger-
mon eft celui de tons qui a plus pris k
tâche de faire valoir cette objeélion , ou
plutôt cette chicane , qui n'anonce pas
un critique fort verfé dans la cotmifian-
ce de l'Anriqoité. Cependant il ne tiendra
pas à l'auteur de l'article Dtplemanyaie,
inféré dans la nouvelle {f) Encyclopé-
die , que le public n'admire les diffirta-
timi fi favanttt <y fi jaittuafn da /*.
Gtrmtn d$ la Cbmpagau di Jtfai.
■ DE DIPLOMATIQUE. 6ii
chrétienne , gravée fur une (a) pierre de la hauteur d’un
pié , eft du vu* ficcle. EUe fut trouvée en 1660. dans un *’artie.
tombeau, <près de l’abbaie de S. Acheul , hors la ville Chap xr*
d’Amiens. 6*. Angio monetarius fe monrre au revers a»tich. ir".
d’une monoie (b) de France , ftapée à \fic. Cette ville (•)Buutruu.
& Rouen font jointes enfemble dans plulieurs anciens
titres (c) de Charlemagne , & de fês fuccelTeurs : preu- »*«i.
ve qu’elles n’étoient pas fort éloignées l’une de l’autre. Ce (0 <7.
n’eft donc pas Quentovic , fitué à l’embouchure de la Can-
che , & par conséquent allez éloigné de Rouen. 7*. Meio-
lus pour Metulus eft la légende d’une monoie de Charle- (i^ nu.}, ti.
magne, frapée à Melle, qu’on place ordinairement en Poitou, »• *■
& qu’on pouroir peutctre également trouver en Norman-
die, en fupofant que c’eft un nom de lieu. 8*. Othuuin. 1») /«i. ».
C’eft un nom propre , écrit au revers d’une {e) monoie "■**'
d’Offa , roi des Merciens. M. Fountaine avoue , qu’il
n’a pu déchifrer cette légende. 9“. Offa Rex Mercio- 1 j l
Tum. Lalnud. Une (/) monoie d Angleterre , frapée au ». «i.
VI 1 1*. llècle, porte ces dqpx noms, l’un au côté de la tête
& l’autre au revers. Le chevalier* Fountaine prend le der-
nier pour un des grands du royaume , aulfibien <\a'Eoba.
Nous avons vu , que celui-ci n’étoit qu’un monétaire. Il en
eft de même aparemment àlEalrued. 10®. Johannes & De- j
cibilis VP A. M. Ficoroni prend pour un chifre les trois
derniers caraâcres , & avoue en même rems qu’il en ignore (*)^»"}»«. ««/.
h lignification. M. Muratori (é) les explique par *• J ‘57.
tricii. Mais ils fignifient [/pati , c’eft-à-dire Conjules. M. Mu- (0 f»l-
ratori cite (1) lui-même d’anciens auteurs , qui donnent ce ti- '>5- ‘5J.
tre à ces deux ducs ou princes de Gayette. La bull^de plomb ,
liir laquelle leurs noms font empreints , porte au revers ;
Sandus Erafmus. ii“. Notre, dernier modèle eft cetre. Ci),
épitaphe en vers ïambes.
Hic Speciofa eondita
Simul cubât cum filia
Tranquilla facra virgine r (k) Lm ttrmûg dt
Que novies centejimâ
(i) Elle a M poblUe en lentes otdi- J Au lieu- fjÉr» , eelui.ci a lu tns , te (0 Pdypsfh.
mires par (k) Ambtofio Motalés & en j l'ancre tru ; parceiju'ils n’ont pas pris gat- Bfpân. freltg. fijt
cataaèta antique! par (/) DonNafairc, | de, que fl prefqgc joint à l'E produit l’Æ. Mirn.
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n. PARTIE.
S I CT. III.
Cm AK XI.
Art 10 II. II.
^14 NOUVEAU TRAITÉ
Quintaque Sexagejîmâ
Ærâ fubivit fanera ,• •
PoJkjuam mater mUlefmâ
Quand receffu ultima.
Cette infcription fêpulcrale d’uii goût Cngulicr , eft gravée
fur un caré de marbre , da,ns l’églilè de S. André ^ Cor-
doue. En voici la craduûion : Ici eft inliumée Speciofa avec
TranquUU là fille , qui confacra à Dieu fa virginité & finit
lès jours l’an de J. C. J17. Sa màe mourut la dernière ,1’an
966.
y. £SPEC£. Les lettres de la cinquième efpèce ont leurs baies &c fom-
mets courbes. Notre planche n’en donne point d’autres exem-
ples que CCS deux mots : P' enetus — Chario. Us lèrvent de
(a) l, Bimc légendes à une ancienne (a) monoie , frapée à Vannes en
i8.f. ». ji. Bretagne. Chardo eft le nom du monétaire. •» Dom Luc (é)
{h)Uid.f.M. ^ nous a donné un titre , dans lequel le mot de
U monetarius lignifie aufli Fermier ou Maître de la monoie, “
Plus ou moins de lettres à longues queues & en volutes ,
VI’ £SP£C£ tendant au nouveau gothil^ue , conftituent la lixièrae efpèce
d’écriture, mêlée d’onciales. En voki deiw modèles fingu-
licrs ,
m9nmrch, fr. t. i. rîc L
/I. II. •.}./.!<•. njainw^ • j; ,
' commencement du xi®. fiècle •* d’un caraâcre , qui dégé-
•* ncre en ce que nous apellons gothique mais gomique ,
•• qui n’eft pas encore bien formé. “ Cependant cette infcrip-
tion paroit nlus ancienne , &c c’eft beaucoup , li l’on y remar-
que des dilpofitions prochaines au gothique , qui ne com-
^nça tout de bon qu’au xi i'. fiède. x°. Æduwen meaga.
gehy. O Drihten Drihten hine a WarU the me hire at Jerte
bâton hyome feUe hire agenes JvilUs. Cette infaipt«m Dano-
faxone , gravée fur la circonférence d’un bouclier ( i ) d argent.
gravés fur notre planche. i'’.Kex t^kUpencus hoc te-
apide. C’eft rinfcripcion fëpulcrale (c) du roi Chilpe-
inhumédans la Bafilique de S. Vincent ou de S. Ger-
(i) Ce boneUer fat dfeouTert en An-
gleterre , fur U fin do dernier fideje , avec
cinq anneaux d'or d‘un grand prix , cent
pidee» d'argent , ftapd« 1« «g"'
iGuillaoinc le con<îuétaii* » ^ un plat <lc
sttec BidtaJ. üidat eoBjeâate que ®e
tidfor aura dtd eachd en retre .par quel-
que feigneuT Angloii , qui foofrant im-
patiemmenr la domination du monarque
noitnun , fe retira dam le* matais de 111e
d'Hi , a^s stoe tewM cosaïc fan lou-
veiaia.
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DE DIPLOMATIQUE. «rj
Hickes (a) la traduit ainfi en latin : O Domine , Domine ,
ilium femper de fende , qui me fecum circumgejlaverit : illi partie.
vota jua concédé. Le favant Anglois prend ces paroles pour c,îf //
une forte d’encbantement magique , & avoue qu’il n’entend a » t i e 1 1. i i,
pas les crois premiers mots; Mais en les raprochtnc de ce (») Dijin.
qu’il die dans fa Grammaire {h) francothéotiique , on peut
bien leur Ëdre lignifier : ma gagné , dans le combat. (*)V»/.
Des lettres fans bafes ni fommets , à traits quelquefois fé-
patés , forment la lêpticme eft>cce , donc notre planche ofre pu, espece
deux exemples. Le premier eft cette {c) épitaphe : Calenice , (o B$murrncti
dulces in pace ; c’eft-à-dite , dulcit in pace vivas. Le fécond
eft ceae inlcription d’un fceau en ttiangle ifocelle : Sigillum
Bemardi Ÿaganeli. Ce fceau (d) eft , lelon M. Manni , celui {d) M»mi ppi
d’un feigneur de la Emilie du pape Eugène III. dilciple de *»">*'• f. j.
S. Bernard. Paganelus , Paganellus , en françois,/’azy«e/,eft
le nom d’une illuftre &: ancienne £imille de baffe Norman»
die , à qui l’églife fut redevable au xi i=. lièclede quelques
fondations (e) confidérables. U ne iêtoit pas étonant , qu’un (,j
Pagatulus eut paffé en Italie , avec ces héros normans , qui p- su. «j- hl'*’
fondèrent dans ce beau pais des duchés , des principautés ic
des royaumes.
Le jambage du milieu de quelques M abaiffé , 6c les deux
autres élévés , donnem la huitième efpèce d’éctiture capitale , pju. espece
mêlée d’onciale. Voici les deux exemples , reprélèntés dans
notte planche. i°. Brith nwnetarius. C’eft la (f) légende, (y;
qu’on croüve au revers d’une monoie d’Ethelvulf, roi d’An- ».»."*
gletene en 837. 2,“. WiglafRex Merciorum. On lit ces mots
fur une autre [g) monoie anglofâxonc , du côté de la tête.
Wiglaf régnoit l’an 8 1 y. fin les Meteiens ou Anglois occi- » »•
dentaux.
• Une ou plufieurs fortes de lettres terminées pat des cour- ix . espece.
bes , qtmiqu’elles n’aient pas coutume de l’être ; conftituenc
la neuvième efpèce. Notre planche en dorme trois modèles,
ï®. ^^lum majus Ahatiffe mottafteriiParad^. C’eft l’inf-
cripsi^ du grand fceau , en ovale pointue , de l’abbeffis du ^
Paradis près de Florence. Chaque moc efti^aié partUrpoint,. p- if-
fait en forme d’étoile. L’écriture en eft affez belle, quoique
du commencement du xv'. fiècle. 2.*. Lotharlus Dei gratia
Romanorum impercuor Augu^us» C’eft la légende du grand
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II. PARTIE.
Se CT. III.
Ch AP. XI.
Axticie. .II.
(») P*/. }i7.
(I) Ta», t. ». >.
JP. ESPECE.
(f) Eifi. dt Ltr-
TMine. t. 1. fl. 4.
». iS. V.
XI‘. ESPECE.
(d) Lé BUnt.
f. 4». ». X.
(,) IW./. 14.
m. 1.
616 NOUVEAU TRAITÉ
(beau de l’empereur (i ) Lothaire II. couronné à Aix-la-Cha-
pelle le 15. Septembre riay. Elle eft repréfentée, fur notre
planche , telle qu’elle eft dans la célèbre Chronique {a) de
Godwic. Mais nous croyons que le C du commencement de
la dernière ligne , doit être à la fin , pour y faire la fonûion
du G. i°.Sigillu/n Ulrici de CAa/>e//e. Ce fceau d’un parti-
culier eft de l’an laSo. Il a été publié par Dom Hueber,
Bénédiain alleman , dans fon ifi) Autriche illuftrée.
Des lettres avec des fommets &c des bafes arondies , en for-
me d’offelets , &c quelques S en double ovale , caraûérifenc
la dixième efpèce. Nous nous fommes contentés d’en faire
graver un modèle. Le voici : Anthonii Del ^ratiâ Calabrix^
Lothoringie & Bari Ducis , Pomifinonfoni marqionis , Pro-
vincie ,Vaudemontis comitis. C’eft l’infcriptiou du grand (c)
fceau d’Antoine , duc de Lorraine depuis ijo8. jufqu’en
I J 44. Anthonii y eft clairement marqué : cependant D. Cal-
met a lu , Anthonius.
Plufieurs fortes d’onciales , avec d’autres lettres étrangères
d’une figure extraordinaire ou bifare , diftinguent l’onzième
efpèce du premier genre d’écritures mélangées. Cette efpèce^
eft repréfentée, par fept modèles, dans notre planche. i“. M^e~
roveus. Un tiers de loi (d) d’or donne cette légende du côté
de la tête , qui eft ornée d’un diadème. Si l’on en croit M.
le Blanc, la croix qui eft fur le revers , fait voir , que cette
monoie ne peut pas être du roi Mérovée , qui étoit payen.
La preuve eft foible. C’étoient des Chréaens , qui fondoienc
ou gravoient les monoies de ces rois barbares. Leur peuple
tout militaire n’avoit aucune conoilTance des arts. D ailleurs,
fl l’on atribue ce fol d’or à Mérovée, fils de Chiloéric ; il eft
dificile de l’aveu de notre favant médaillifte , de devmer ,
pourquo’i ce prince , qui ne fiit jamais roi fit batte de la
monoie. a®. Clodovius Rex. C’eft la légende W d une mo-
noie gravée autour du bufte de Clovis I. dont toute la tete
eft ornée d’uç diadème. De l’autre côté il y a mie croix enr
tre alpha & oméga. Ces deux lettres fignificatives du nom
de J. Ç.ontpaffl des inferiptions Upidaires & métalliques
filUthaite Ce dit aflex fonventdanj I riens luli’ens. Ceft fans
fes^ diplômes Kcmdné- \ qu’iU comptent ^haite “
J*» ; cc HW cftfMTi pat U» bifto- 1 «*. fiicle , p«i le prcfluci d? ““'J
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DE DIPLOMATIQUE. «17
dans les chartes & les fienatures ou foufcripcions. ^°.Theup — . sr
Theupo , qui fervent d’infcriptions (a) a deux médailles de
l’empereur Juftinien, font des abrégés de Théopolis. Antio- cha p. xr.
che fiic rebâtie fous ce beau nom , après les grands tremble- a r r i c 1 1. 1 1.
mens de terre, quelle éprouva l’an jx8. Les deux chifres , (■•)
gravés fur ces médailles , peuvent marquer , l’un l’année de *
Juftinien , 6c l’autre celui du réta,bliftcment de cette grande
ville. Mal-à-propos Dom Banduri donne-t-il ces deux mé-
dailles à ftmpeteur Juftin , mort des le premier d’Août de
l'an J 17. 4*. Theup. c’eft-à-dire , Thiopolis , fe lit encore
dans l’exergue d’une C3) médaille , qui porte fans équivoque (j) t-*n-
le nom de Juftinien. Dominas Jujlinianus Pater Patrice,
La (c) médaille , qui porte cette légende du côté de la tête, (,) uu.f. dt.
prélënte au revers des lettres renverfées fie barbares , qui fi- »• *•
gnifient Viüoria Augujlorum. 6®. aUntia. Rex Luivigil-
dus, C’eft ainfi qu’on doit lire les deux côtés d’une [i) mo- w Le m*ne.
noie ^ligothique , frapée à Valence en Efpagne ; fie non /
pas Liuvigildus Rex Valent, comme fait M. le Blanc. 7®,
Ludovicus Rix pour Rex , eft la légende (e) d’une monoie (e)Uid.f.
(i) de Louis le jeune. Et pour marquer le lieu , où elle a été
frapée , elle porte au revers , L/ris Biturica , Bourges.
L’écriture capitale mêlée d’onciales avec des M , dont le xii’ isfcee
jambage du milieu eft élevé , pendant que les deux autres
font abailTés , apartient à la douzième efpèce. Voici les mo-
dèles de cette écriture figurés fur notre planche. 1°. Cunradus
Dei gratta Romanorum Rex III. Telle eft l’infcription (f) f/j
du grand fceau de Conrad , élu roi des Romains ou de Ger- * *•
manie , dans l’alfemblée de Coblents l’an 1138. Dans le mo-
dèle de Heineccius , on voit des points , fur les trois I nu-
mériques. C’eft fans doute une bévue du graveur ou du def-
finateur. Les points fur les i n’étoient point en ulage dans
ce tems là. r®. Haroldus Dax Anglorum & fui milites
exultant ad Bosham. C’eft une des {g) inferiptions de l’an- uém.ietA-
cienne 6c curieufe tapilTerie de la cathédrale de Bayeux , fur iifirifi.
laquelle eft repréfentée la fameufe expédition de Guillaume ''
( i) » La (A) coaronne . <jâe le roi por-
» te , ell faite en forme de bonnet caré,
n avec des fleurons ou des fleurs de lys
» aux eitrfuùtds. Lothairc dernier en
Tome II.
O porte une fcmblable , fut un de Tes
» Iceanx , que nous a donuf le Lavant (t)
» P. Mabilloo. <<
{h) le BUne,
f. ue,
(>J De re Jiflem.
liii
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«
tfi8 NOUVEAU TRAITÉ ‘
- * le bâtard, duc de Normandie, en Angleterre. Simon Dux
^<^rchio. Ceft la légende (a) du fceau de Si-
cha j. XI. mon II. duc de Lorraine , qui régna depuis 1 176. julqu’en
A K TI eu II. 1107. D. Calmet a lu et devant Marchio. La figure , qu’H
{•) Hÿt. dt Ltt- a prife pour cette conjonâion , dent lieu de point , comme
MM». ». 1. fl. ». beaucoup d’autres anciennes inferiptions.
Ecritures capita- monoies de Conftantinople en commençant à
les œcWet de let- Tibère Conftantin , le mélange des minufcules eft alTez or-
ne» iDiDufcules. dinaire , furtoutpar raport aux b m n t u. Le t étoi^éja com-
mun fous Juftimen. Nous pouvons ici revendiquer les Tkeu-
polis , qui commencèrent fous lui & durèrent fous fon fuc-
cefleur. Mais ce ne font pas feulement les médailles , qui
admettent tm mélange d’écriture minufcule , parmi un plus
grand nombre de lettres capitales &c quelquefois d’onciales j
II*. GEN&E. notre fécond genre laifle voir ce mélange dans un nombre
d’autres inferiptions lapidaires &c métalliques.Nous diftinguons
dans cette planche XXVIII. jufqu’à fept fortes ou t^èces
d’écritures mélangées.
La première eft demi-onciale ; c’eft-à-dire mélangée de
lettres onciales & de minufcules. Elle tend même à l’écri-
ture curfive j comme il paroit par ce modèle ; Domiti > in
pace. Lea fecit. Cette épitaphe , aufli tendre que laconique ,
étoit peinte {b) en lettres rouges dans un des cimetières ^
Rome. Lea, qui fit dreffer cette infcription , parle au mort,
& lui fouhaite la paix du Seigneur.
La fécondé efpcce fe fait remarquer par des r minufcules ,
ou aprochantes des minufcules ; outre les jambages terminés
en triangles , en croilTans , avec quelques autres fingularités
dans l’écriture. t^.Chlotarius Rex. On lit ces mots au re-
vers d’une monoie , frapée à Marfeille. Bouteroue (c) la donne
au roi Clotaire I. r**. Rex Otbren — Eanaa Rex. C’eft la
double légende d’une monoie anglolaxone. Ces deux rois
ne paroilTcnt point fur h dixième planche du chevalier Foun-
taine. On ne Içait comment cet habile antiquaire a pu lire
X. O/- (d) fur cette monoie , Oshright, qui eft le nom d’un roi ou
S' iatrapejde Northumberland. ^°.Sigibertus Rix^Celit aure-
ff) U BUttc. vers d’une <e) monoie , frapée à Marfeille. Si l’on sien ra-
4j. ». J. porte à M. Bouteroue j on la donnera à Sigebert II. 4“^ fuc-
céda dans le royaume d’Auftrafie à Dagobert L l’an
l'.ESPECE.
it) Bmnimtitii
vtiri. f. i6i.
II . ESPECE.
(») pAf. 117.
». 4. J.
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de diplomatique. 6t9
4®. Eanred Rex — WJfred Rex. Les deux côtés d’une mo-
noie anglofaxone du ix'. fiècle , donnent cette (a) légende, n. partie.
ɰ. Pipinus Rex Equitaniorum. M. le Blanc {b) a lu Equi- J ‘
nariorum. U croit que la monoie , qui porte cette légende , a r t i c’^*. ii.
eft de Pépin I. roi d’Aquitaine , & fils de Louis le débonaire. (») f.*»». us. x.
Un mélange de minufcules , antérieur au vu', ficelé , ^mni.n. i.
diftingue la troifième efpcce, dont notre planche fournit dix
modèles. I ® . Dominas Bajilifcus , Pater Patrice , Augujlus. jjj
Cette légende eft gravée , du côté de la tète , fur une (c) x.
médaille de l’empereur Bafilifque , qui fut rélégué en Cap- i.
padoce , où l’on le fit mourir par la faim , Tan 477. a".
Dominas Tiberias Conjlantinus , Pater Patrice , Auga^as.
C’eft la légende d’une {d) médaille de l’empereur Tibere , WJUJ. f. Sfr.
qui fuccéda à Juftin l’an 578. 3**. ^ In pace anima dut-
cis Pauli ( ou Paulini ) presbyteri fancle PrifciUe Cette ins-
cription • tirée des Marbres de (e) Pefaro , a pam impor-
tante (i) à l’auteur de ce livre. 4°. Le revers d’une médaille »• i<<-
de (/) Jullinien , préfênte un I Surmonté d’une croix , aux (/■)
deux côtés duquel on lit anno xxiv. écrit perpendiculaire- '•
ment. Cela veut dire imperii anno xxiv. Crin , qu’on voit
dans l’exerme , peut être le nom abrégé du monétaire. 3®.
Dominas Mauritius Tiberias , perpétuas Augujlus. Dans
cette légende C^) du vi'. fiècle , l’A eft tranfpofé , l’V ren- (s) Bmdmi.
verfé , & l’abréviation 9 pour us eft employée. 6®. Dominas "■ ' *•
Tiberias Conjlantinus y perpétuas Augujlus. C’eft la légende
d’un {h) médaillon de l’empereur Tibere Conftantin. 7°. Zin- (j,) nu.f. es-',
num loci Quintini & Marturiae. Cette infeription (t) a été (1) SimurrHeii
tirée du cimetière de Prétextât à Rome. Zinnum loci eft la f- *•
même chofe que Jîgnum loci ; c’eft-à-dire , la marque du
lieu , où Quentin &c Marturie furent inhumés. 8°. IhS
Crijlus Rex regnantium.—~ Dominas Jujlinianus , fervus
Chrifti Dei. Cette légende d’une {k) médaille de Juftinien BW«r» » 1
eft fort remarquable, par l’abréviation des noms de Jésus,
^i)Le labarum ou monoeramme de
1. C. placé au milieu du haut de rioTcrip-
tion , £iic juger qu il en manque pref-
que la moitié. L'auteur dans fes (/) no.
tes la juge tics-aocienne. E^uidm , dit-
il , muiijuim mihi vidtiur h*e inferiptu
ttUktrrimd ilU , }«a «d Ditmm Pttriim
in -vinc$du vifitnr , mdn^iu fumenc in frt-
»'< hnhend» , ^ttnm Prtpytmtm Komtnt
Ecclefî* cum fut tante neiii exhitemi.
Nous croyons que celui qui a fait faite //> yUrmer. Pi-
cette épitaphe , aura fait anoncer ce que fnnrtnt.f.ios.
lui éioit ce Prêtre .avant le mot d«/n>,
conune//» , /rntrii &c.
I i i i ij
II. PARTIE.
St CT. III.
Chat. XI.
Axt(Cie. II.
(«) Lt Blmt.
f. }.
(*) Ihid.}. I«.
4. n. 14.
ly. ESPECE.
(c) TtHtit. t»h. ;.
». 4.
{4) Le BImu.
f. t)6.
(e) Fieermi fl.f.
U. f.p. i».
(/) Ihid.p. 60.
fl. lZ.~. *.
îg) Feitnlaine.
I. 2..&f l?l.
(,') ! f VUnc.
[. 14I »' >•
('} Foutrt. tab. 8.
•(k) Ibid. Off$.
». 4.
€to NOUVEAU TRAITÉ
& de Dieu , par l’orthographe & par la forme des caraûcres,
9°. Erpone monetarius, La monoie , qui (a) donne cette lé-
gende , fot ftapée à Aix , Aquis fit. Ce peut être la vill||
d’Aix-la-Chapelle , où nos rois de la première race avoieriP
un palais. 10^. Bertoaldus monetarius eft gravé au revers
d’une {b) ancienne monoie françoife , qui ne porte le nom
d’aucun roi , quoiqu’elle en repréfente la figure.
La quatrième efpèce de mélange fe diftingue par une écri-
ture capitale mêlée de minufcule , depuis le vu*, fiècle ,
jufqu’au xi'. On en trouve huit exemples dans notre plan-
che. 1°. Eûdmund. Rex. C’eft la légende d’une (c) monoie
d’Edmond , roi d’Angleterre en 940. a®. Eo^o gracia Dei
Rex : autre légende d’un denier {d) d’argent de Bozon , cou-
ronné roi de Provence l’an 879. ^^.Gaudentii — Primicirii.
Un ancien (e) fceau de plomb donne d’un côté le premier
mot , & de l’autre le fécond. Anciennement dans TEglife le
Primicier étoit le chef des notaires & des diacres. Il étoit
chargé de veiller fur les clercs & de leur faire oblèrver la
difcipline écléfiaftiquc. 4°. Thoma eft l’infcription {f) d’une
autre bulle de plomb. M. Ficoroni lit au revers Domine
Jesu , ou Dominas Jésus. N’y liroit-on pas mieux , notarii ?
On fait que l’N a counime de fe déguifer fous la figure de
l’H. Aethelweard Rex Anglorum. La monoie (g) anglo-
faxone du vi 1 1'. fiède qui donne cette légende , porte au
fevers Ennebe Raex. Le chevalier FwKaine avoue , qu’il
n’entend pas le dernier mot. C’eft Rex: tae pourl’e étant
fréquent chez les Anglofaxons ; on ne peut en douter. 6°.
Odo gratiâ Dei Rex, On lit cette formule fur une {h) mo-
noie , frapée dans la ville d’Angen ; en commençant par les
lettres , qui rempliffent le champ. On voit fur cette pièce le
monogramme , qui fervoit de fignature au roi Eudes dans
fes diplômes. 7®.' P'^iberehtus . Ce nom paroit au revers d’une
(i) monoie «PEcbert, qui au ix*^. fiècle réunit fiicceflivement
fous fa domination les fept petits royaumes d’Anglererre.
8°. Lulla eft le nom d’un monétaire, gravé fiir le revers /I:)
d’une monoie d’Oft'a , roi des Merciens en 757. Les trois o,
ou points blancs , entourés de perles , fervent à féparer les
lettres, & fignifient en même tems monetarius. Soaxvix. on
trouve l’O feul pour exprimer ce mot en abrégé.
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de diplomatique. 62.1
Les lettres eapitales mêlées de minulcules depuis le Com- ^
mencement du xi'. ficelé , font renfermées fous la cinquième
cfpèce , dont notre planche préfente ces cinq exemples. chVp. xi.
1 ®. Ex bénéficia fanSte Crucis > per Johanntm epijcopum Ù per A » t i c 1 1. il.
Albertum fanAte Crucis cafatum ,fa3us eft liber Letbertus : y. ESPECE,
tefte hac jaaSâ Ecclefiâ. Cette infeription fingulicre , gra-
vée fur un des piliers de la grande porte de l’ancienne égliie
de fainte Croix d’Orléans , a été publiée par (a) D. MabiUon, (4) Bt~
& depuis par M. Polluche , un de nos plus favans antiquai- »•*■*. s-t- fu-
ies. Ceft un aâe de manumilfion , qui fait foi , que Letbert
a été mis en liberté , par Jean évêque &c par Albert Vafial de
cette églife, en préfence de laquelle fut faite la (0 cérémo-
nie de cet afranchi/Temeilt. La formule , Tefie hac fanSâ cc-
clejlâ , la conjonûion du T avec l’E , les abréviations , ôc
furtout la figure d’une croix pour fignîSer Crucis , méritent
d’être remarquées, x®. Gerardus cames Vadanicefis , c’eft-à-
dire, Vadcuiice^. C’eft l’infcription {b) du fceau de Gérard h,'!.
IL comte de Yaudemont, Ce fceau ell pris d’un titre de * inramc.t. 1.
ed’an 1174. i°. Sigülum Nicolai fanSi Pétri ad vincula ,
Presbyteri cardinalis de Cufa. Le grand (c) fceau en ovale (c) A.i?r:M,iiHf,r.
pointue du favant cardinal de Cufa de l’an 14^1. donfie » s-
cette légende , dont les caraûcres font aflex beaux , & anon-
cent un renouvellement d’écriture. Le ^ tourné à gauche fait
l’ofice du D , comme fur la médaille de JufUnien , d’où nous
avons tiré le huitième modèle de la trotûème efpèce , & l’N
emprunte une fois la figure de l’H. 4°. Sigillum Bajlardi Da-
mini Atti d’i Safih ferato. C’eft l’infcription d’un fceau du
XV®. fiède , que M. Manni a publié dans fes Oblêrvations (dj (i) Ttm. 1. Si-
hiftoriques furies fceaux des bas tems. j°. Sigillum Adel- S'^/»»"»-
beronis Prepajiti fanSi Paulini Treverenjîs. Un.fceau pendant
( I ) Depuis ipic les empereurs eurcm
embralliî le Chridianirme , Icsairanchif-
Tcmen; ne Te fîicnc plus dans les temples
des £sai dieux. On condoiroit rcrcloTC
dans «ne dgbfe , où l'oisnftpit fur l'autel.
& oa liloic l'ade , par lecjucl un maître
afraBchilToit fon efdaxe. Un duphifieurs
dcldfitlii^ues (igooient oct aâe i lorfque
les lignarures etoicae en ufage i le tiers
le cetf ou rcfclave devenoie libre. Cette
mauitte d'afrandtir, aenimde imnsiuiifT-
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Ji0 m féur9 fimSis ecrlefas devinr fort a la
mode. Les afianebis furent apcilds ecké-
fialliques te tabulaires J paTcequ'cn leur
donnant la liberté dans les dglî£tt < on
eu dcrivoitraâefutdes tables. Us ^toient
eux te leur poderite fous la protcflion
de l'Eglife, ijui leur fuccddoii ond^ue-
. tbis au ddiàiit d'cnfans. Ce n'eCl pas iei
le lieu daprofondir cette matidie , donc
. nous patlcrons ailleuts.
Vil Nouveau traité
(a) d’Adelberon , fils de Sigefroi premier comte de Luxem-
II. PARTIE, bourg , &: Prévôt de S. Paulin de Trêves en 1037. donne
Ch A P ” E infèription.
A R T I c i I. Il, La fixicme efpcce eft caraâérifée par des lettres ou des
(m) CMimtt h^. traits détachés. Nous en avons fait graver trois modèles, i».
de UrrMne. 1. 1. Mambus Aviani Califii Avianus Viirinus filius libenur
ESPECE votum patri debitum. Don Naflarre {b) a publié cette
infcription fépulcrale ; fans dire un mot qui puilTe faciliter
effl,^j!^Pr*j!f. levure ^ l’intelligence de l’original. Nous avons lu Avia-
fei. XXV. ». IJ. ni ; parceque nous prenons les deux caraâères , qui fui vent
Avia pour une N , dont on a omis la ligne du milieu, & que
cette lettre porte fouvent un I avec elle. .SigillumChino
{e)Tem.^.SitiU. Ce fccau publié par (c) M. Manni eft de la fin du
xiv.oudu xv', riccleconimencé.}°.Erigermonetar{usCelKz\x
(i) Temi.txt. ». rcvcrs d’une monoie (d) d’Eadvic, roi des Anglofaxons en 9 j 9.
Exdvif. ». J. La dernière efpcce d’écriture mélangée du fécond genre
yjl. ESPECE, fe diftingue par des lettres terminées en étoiles , ou par trois
pointes. En voici deux modèles, qui font les derniers de notre
planche. i^.Eadred Rex-^Unbein moneiarius. C’eft la lé-*
(f) lUd. txh. 6. gende d’une («) monoie d’Eadred , roi d’Angleterre l’an 946.
Estired. ». f . a®. Ciolvulf Rcx Merciorum. Une autre monoie ( f) de Ceol-
(f) yyif ^ qyj f^gnoit l’an S 19. fur les Anglois occidentaux ,
" ”■ porte cette infcription , dont le chevalier Fountaine n’a point
déchifré le dernier mot 3 quoiqu’il ait donné à Ceolvlf le
titre de roi des Merciens.
§. II.
Ecriture curjive che:^ Us anciens Romains , confiatée par les
Ectitutc majaf- injcfiptions : planche XXIX. renfermant les m.
? I V. V. fi" v I . genres de la fécondé Divifion.
mctâlh^ac «clée o J J
criptions totale- I. L’écriturc cutfivc a été expofée à mille contradiâions ,
ment en ce caiac- dcpuis le renouvellement des lettres & des beaux arts. La
Supem. de re plupiiTt des littérateurs des derniers fiècles ont nié l’exiftence
dipem.f. ii<. de ce caraâère chez les Romains , & ont Eût honneur de
{h)Dtredifltm. fon mventkm aux nations barbares, qui ont partagé l’Em-
lut. 5». p. 45». pire. L’épitaphe de (g) Gaudence , mêlée de cîxrfive , les £â-
^(i)‘'p*/. i\o. meules chanes de Ravenne ,wbÜées par (A) D.Mabillon ,
tV/pfj. 6c celles que le marquis Ma^ (i) a fart imptimei dans foo
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III IV; K et ll^Genre.?
ïn^ ^
5XTv^iVi
-i?ipiX"\)ÊWEi^TX vxok
fECŸX ET Stéi
J^<^TEklÉ ép^E SVIS
jii p^ct
c>ec€ K6r Tr
(iepç/^4 ■ III id- (Va> iJUMTe»
^ co^&IT[lr^fé^^)àt^^ id arfiou^o
'^fj^drpol&o)o(gffi
’ mNOCBtMCQHiVtlX^HÇ^i^
f^AÉCVM^MVIXlTmjm
Aftmx oi^smp^oM
‘^^ù£SABCVt^VXiB\T^
ÏAjB\flr^V^^/f(^CA!hîo €&H£ ■
'_• ÛL
f
DE DIPLOMATIQUE.
hiïloire diplomatique , ont dû faire revenir les (àvans de
leurs préjugés , &c leur faire comprendre , que l’écrimre cou- partie.
rante ne vient pas moins des Romains que la capitale ou ma- c h * p. *xi
jufcule. A» Tic II. O.
Pcrfone n'a mieux prouvé l’exiftence du caraûcre curfif
romain , que M. Buonaruoti. Cet illuftre fénateur a fu (a) {•)Of€tvmK.So.
diftinguer , dans les anciennes infcriptions , avant M. Maffci , * w-
le caraâcre majufcule de celui , dont lê fèrvoient les Ro-
mains dans l’ufage ordinaire. Il prouve cette écriture cur-
five par des monumens fi certains , que les Germons & les
Hardouins mêmes auroient de la peine a en contefter la vé-
rité. La planche , dont nous donnons l'explication , repré- ' ^ '
fente une partie de ces monumens , renfermés fous le troi-
fiicme genre d’écriture mélangée. Ses efpèces font curfivesen iii'. genre.
tout ou en partie.
La première ofre une écriture capitale antique, à traits esp ec E
prolongés , vers la droite , bc vers la gauche , courbée dans
plufieurs de fes jambages , fie tendant a l’éçriture curfive , ou
la fupofant. Notre planche donne trois modèles de cette
eÿcce. i®. Diis Manibus Sexti Manlii Saturnini Vipia.
Keneria uxor fecit & fibi pojierifque. Cette ancienne (b) vnÇ-
cription fépulcrale n’a pas befoin d’éclaircilTement. a°. Sab-
batio (c) in pace Chrijti KaUndis Decembris, On doit fous- ‘“i'.
entendre defunSo. 3“. Depojla , c’eft-à-dire , depojîta ni.
idus junii in pace. Cette {d) épitaphe chrétiemie , au/fi bien
que la précédente , lailTe voir lin mélange trcs-lênfible de
lettres airfives.
La féconde efpèce fé diftingue par une écriture capitale
^maffive, à bouts arondis, mêlée de minufcule Sc de curfi-
ve. Le modèle gravé fur notre planche eft une infcripriôn
fépulcrale , trouvée dans le cimetière de S. Sévérin-lez-Bor-
deaux. Il eft évident quelle n’eft pas entière. Nous lalifons
ainfi : Pirgus, Saucilia Pafcajîa argenta ou aura invenit ti-
tulum fepulcri. Les quatre derniers mots font exprimés fur
notre planche par ces figles. A. i u. tit. s. Pirgus eft un
mot tiré du grec , , qui fignifie une tour , un monu-
ment. Ce mot étoit lié avec ce qui eft perdu de l’infcrip-
lion. Telle qu’elle eft , M. Baudelot (e) la fupofe chrétienne c*d. déi fn/frili
fans trop de fondement. U la fait remonter vers l’an 330. t.i.f ico.
(i) Eoi ftirdAn-
4-
(d) (iid.f. i;7.
//'. ESPECE^
.*
t. ■
by Google
II. PiRTII.
SlCT. III.
Ch AF. XI.
A K T 1 Cl F. II.
II/', ESPEECE.
Çm) Le Blme.
ir, ESPECE.
(I) Butnetmiui
Vetri.f. XXI.
(f) Menumentp-
vt CelHtnburàm.
(d) OfftrvMtitni
f. lYI.
(<} D( Tê dipltm
f. 114.
«14 NOUVEAU TRAITÉ
de Jefus - Chrift 8c l’explique ( i ) autrement que nous.
La troifième efpcce eft du moyen âge , 6c mêlée de mi-
nufcule 6c curflve. Le revers d’une (a) monoie de Charle-
magne nous fert ici d’exemple. M. le Blanc reconoit qu’il
n’a pu former aucun mot ni aucun fens de cette légende. Nous
y trouvonsMeriu/o, qu’on prend vulgairement pour le lieu où la
monoie fut frapée. C’eft la même fabrique, dont il raporte trois
monoies de fuite , dans la planche fuivante du même prince.
L’écriture cûrfive antique toute pure , ou mêlée feulement
de quelques onciales 6c minufcules , conftitue la quatrième
efpèce, dont quatre modèles figurent fur notre planche. i°i
Opus Atticianis Afrodijienis. Cette infcription (i) eft gra-
vée fur une ftatue , qui repréfente une des Mufes. Cet an-
tique eft dans la galerie du grand duc de Tofcane. M. Buo-
naruoti croit ({n Afrodijienis eft écrit pour Afrodifienjis ;
mais il vaut mieux ne rien changer. i“. Rujtidus ferbus.
Le dernier mot eft pour ftrvus. M. Gori {c) a pubUé cette
infcription peinte fur une ancienne brique. Cet h^ile an-
tiquaire y réconoit (2,) l’écritùtej qu’on apelle cuçGve , & dont
les Romains faifoient un ufage ordinaire j lorfqu’ils vouloient
écrire plus vite 6c avec moins de peiné! La lettre S s’y mon-
tre fous la figure qu’elle a dans les Pandeôesde Florence.
3*. Mercurius pater jUiae"' defunàae vi. idus Novembris ^
Urfo & Polemio cdnfuübiu. M. Bonaruoti {d) lit JUiae de.,
pojîta , 6c D. Mabillon [e) depàfiue. Nous préférons defunSa.
II yaau-defliiS de la 'même infcription , dies xxi. marqué
également par un D tranché. Ces deux favans ont publié ce
modèle d’«f3Snne écriture curCve. Ce n’eft qu’une portion
de l’épitâ^wûé Gaudence , datée du confulat d’Urfus & de
Polemiàs J c’eft-à-dire de l’an 338. de Jefus-Chrift. Quoique
(/) P. neirt I.
tcm.p. II. &ptiv.
f. I6i. I<7.
Il) Tem. 4.
p. loia.
(h J Mmuo». pi»
Cflnmt»r.p. J*.
) prend deux fois TA pour
l'Æ oublie fS pUedt ao-delTus de
Pitpi. Sans s'embaralTet de la ügnifica-
cion la plus ordinaire des filles A. I U ; il
lit ainn rinfetiption i PtrgHt. AueilU
Psfiap* nqmumici jurit , ou Aftiitait ,
ou Aqumptjievenis ufà titHlefue. M. Bau-
delor avou e , qu’il a plutôr denné que
lu. Nous fommes perfaadds , qu'il na
bien foie ni l'un ni l'autre, Il n’étoit Rudre
plus heureux en expliquant les inferip-
tions*qu'en fiifaoc le difcemcmenc (f)
des anciens diplômes; quoiqu’on aicafcc-
ti dans la nouvelle Encyclopédie (f) de
le citer comme juge fort expert en cette
matièce ; après que nous avions fait voie
fes écarts.
(a) Scripticnis (E) heeienus snlijÈettitf ,
aerpva , nt dickmr , pmllmmm ep , vel
tppjpamm tp , qtu cemmunitir utthMatHr ,
cum vellent m»jtri velecktu ccmimdi-
I4le firibtri. , . .
M. Bianchmi
DE DIPLOMATIQUE.' tfiy
M. Bianchini eut feit tirer cette infcription fur l’original,
qu’il en eût fourni le modèle d’une part à D. Mabillon &
de l’autre à M. Buonaruoti : cependaiu ces deux modèles ne
laiiTent pas de diférer confidérablement. L’inlcription eft à
fimple trait , dans les obièrvàtions de M. Buonaruoti fur les
anciens fragmens de verre. Comme nous ne voulons pas dé-
cider, quel eftle modèle le pkis conforme à l’original ; nous
avons ajouté dans notre planche celui du favant Italien , qui
paroit toutefois réduit. 4*. Mercurius pater filiae defiinaae
VI. idus Novtmhris , Urfo & Polemio confulibus.Me&.è'iï-
dent par ces infcriptions , que l’écriture curûve étoit en ufage
à Rome dès les premiers (i) fiècles.
Une écriture antique , niftique , mélangée de capitale ,
(1) Les écrivains , qui ^toicot nntât
Grecs , tantôt Syriens , & acoutum^ à
la forme de leurs caraâères particaliets ,
dlropioient fouvent le caraâere romain&
le rfasifoient pcefqae à Ia forme du leur.
D'où il ativoit que l'écriture curfÎTe va-
liait félon les diférenies maint , qui
remployaient , comme il arive encote
aujourdui. On remarque cette variété
dans la charte de pleine fécuriré , pu-
bliée par D. Mabillon, & dans celle de
l'an J 04. donnée par Lambecius au v 1 1
tome de la bibliothèque de l’Empereur.
On trouve encore plulîenrs antres preu-
ves de l’exillencc des caraâctet curlifs
chez les Romains dans les anciennes tof-
criptioDS chrétiennes des cimetières , ra-
poitées par Fabrctti , Bolius , Boldetri ,
& Lupi léfuite. Il faut lite rczplication
que ce dernier a donnée de l'épitaphe de
lainte Sévère martyre. M. Baureuet dans
Ibn (a) mf. gardé à la biblioth^ue dn
roi , ne parle pas d’après les raonumens
antiques fufifammenc examinés i lorfqu’il
réduit à des lettres monogrammatiques
Sr conjointes , toutes les minufcules Sc
curlïves , qui s'y rencontrent. » Il eft
» vrai , dit-il, qu'on trouve, dans les tné-
» daillcs 8c dans les infcriptions antiqnes ,
V. cettaines lettres jointes ; mais c'étoient
n des efpèces de monogrammes , qui fer-
» voient lïmplement pour abréger les
» légendes des médailles ou les infcrip-
" puons. « Mais le (avant ptofèlTeur de
Tome II,
/
Neuchâtel ne carde pas à reconoitre chez
les Romains une écriture liée , coulée
8c cutlive proprement dite. » On a auflî
U découvert , poutfuii-il, i Rome une
» iofetiption antique , que j'ai vue chez
U M. BiacKhioi. Les dernières lignes font'
n en cataâèrrs courans ; pareeque Tef-
» pace manquoic à la pierre. D. Mabillon
» !'a frit imprimer dans le Suplémcnc à
» Ton ouvrage dr r* diflemmticâ. J'ai au(0
» vu à Milan le Jofeph de la traduébon
» de Rufn , qui eft écrit fut des feuilles
» d'arbres , ou pour mieux dite , fur une
» efpèce de papier , compofé de filamens,
» cirés de l'écorce de quelque arbre.
» ( C'eft le papier d'Egypte. ) Les carac-
» rères de ce mf. qui eft du tems de
» Tfaéodofe font liés, aigus , 8c alTez di-
u ficiles à lire. Tout cela prouve , qu'il
U fc peut (aire , que les Syriens 8c les
» Ataues aientufé de caraélèies liés depuis
» plus de treize à quatorze cents ans. «
Mais cela prouve encore mieux que le P.
Germon (k) a parlé au hazard Sc en
homme^peu inftruit i lorfqu’il a exclu des
marbres 8c des médailles l'écriture cur-
fivr,uf tée en France du tems des rois Mé-
rovingiens,8c qui n’eft autre dans le (bnd
que celle des Romains. S'il y a des difé-
rences; elles ne (ont qu’accidentelles. L'et-
xenr du Jéfuite eft principalement venue
dece qu'il n'a conna,qu'ane forte d'écriture
latine dans l'empire tomain.Cettp erreur an
refte lui eft commune avec d’autres favans.
Kkkk
II. PARTIE.
S E CT. III.
Ch A P. XI.
A a T IC LE. II.
F*. ESPECE.
4
{*) Têm. 1,
f. 47- 4».
(») DiferpiSti» t ,
p. ft.
Di/ctfi. i.f. 4».
Digitized by
M NOUVEAU TRAITÉ
II. PARTIE.
S I C T. III.
C H A P. XI.
A R T 1 c l E. 11.
(4) Batnimuti
y ciri.f.xfi 1 1.
(I) liU.f.zls.
n . ESPECE.
d’onciale , & de curfive , diftingue la cinquième cfpcce. No-
tre planche lui fournit trois modèles. Le premier eft cette
infcription peinte fur un ancien (i) vafe , deftiné à conferver
le vin J Lthrarum pondo l.Ex cellario L. PurelUGemelUM.
La dernière lettre feule peut fignifîer Mafficumo\x Mameni~
num vinum.. La ligne perpendiculaire au côté droit nous
donne Cn, Lu, , c’eft-àl-dire , Crieio Lucio Munatio.
Gette manière de lire poura paroitte un peu hafardée ; mais
nous la croyons plus fuportable , que celle de M. Bianchini ,
qui lit Caefanniae , & croit- que c’eft le nom d’une dame,
fiir le fond de laquelle le vin avoir été recueilli.
Le fécond modèle eft -cette épitaphe {a) de l’an 19 j. de
J. C : Statilia jilexandra , annorutft qucuuordecim virgo :
mortua efi Tufeo & Annullino confuliêus , ix. Kalendas
Septemhris. Ici le t minufcule prend la forme de l’i fie de L
& le T majufcule , qui termine le mot est , fert encore à
commencer le mot Tufeo. Ces obfervations peuvent lèrvir
à déchifrer plulleurs autres monumens.
Le troilième modèle eft cette ancienne infcription (b) fé-
pulcrale : Diogenia ftliae bonae , quae vixit annos fexs ,
menfes decem , Diogenes pater infelix. Il faut (busentendre
pofuit. Diogetùa eft mis pour Diogeuiae. Dans ce modèle
rS eft prefque femblablc au T des Grecs* On en trouve^ de
cette figure dans les fameufês Pandeûss florentines.
Quelques lettres curfives , pluCeurs minufcules , & beau-
coup d’irrégulières caraâérifent la fixième efpèce de ce troi-
fièmc genre. Quatre inferiptions , écrites dans ce goût , fi-
gurent fur notre planche. 1®. Dits Manibus Q. Terentii
( i) C’eft une imptore Je cinq palmes
romaines de bantcat. Elle fut diicouvcrtc
en 1718. dans le jardin latndre. M.
(fjPaX.LXixii. Goti l'a rcptdfenti!c dans la favanie(c)
Prdface , qn'ii a mile à la tête des an
ciennes inlcriptions de M/ Ooni • Pa-
trice de Florence. La première ligne de
notre modèle eft très dificilc à lire. M.
Bianchini , qui a paiTè pour le plus Ta-
xant homme d Italie dans la conoilTaiice,
iks anciens caraftvfts , ne l’a point Hc- |
chifrée. M; GonJuf*mcme>a la modcftic
^invoquer le fccours d’autrui cn cette
ocaljonj mais en même teois , U donne
la clé de réoigme , en infînuant que ces
ctraéHres peuvent marquer la quantité
de vio , que le rafe coorenoic. La ligne
collatérale Sc perpendiculaire nefl pas
moins di/icile à déchifrer. M . Bianchini
Y trouve Cntf»nniMy M. Gori ne paroit
pas fatisfatt de cette leçon* Mais lupo*
Tant qu'oo peut l’admettre j il croit que
cela {ignihe , que la pcrfonc de ce aom
aura reçu ce vin en préfent ou écreoocs-
aux fctcs de Saturne. Ceci peut être apli^
qué à CnciusLucius Munatius, que nous
croyons voit dans cette partie de rinf-
ctiption»
Dig”' — ' by ■ lOgle
DE DIPLOMATIQUE.
Prifciani. Fixit annis quatuor , menJîBus feptem. Fruméntun
pullicum accepit menjibus novem. Terentia Sabina alumno
fccit. Cette épitaphe d’un enfent de quatre ans & fept mois ,
nouri aux dépens du public ,fut (a) trouvée l’an 1^96. dans
Je cimetière de S. Laurent , hors les murs de Rome. On y
voit des U femblables à ceux des diplômes. Le b ne difère
prefque pas desjf , que l’on trouve dans les chartes de nos
rois de la première race. Les points prennent la figure d’un
petit V , renyerfé vers la droite. 1». Èvagr^ni filiae carijjimc
berü merenti , que vixit annos novemdecim , menfeJ feptem i
v^inti très ; Maximus & Palame parentes fecerunt,
DeceJJit quarto nonas OSobris. Cette infcription {b) fépul-
crale tirée du même cimetière , ne varie pas moins, dans
1 orthographe , que nos plus anciens diplômes. La diphton-
gue «e y paroit dans un mot , & Ve (impie prend fâ place
en deux autres. Si le nom Evagreni eft celui de la fille
comme l’on n’en peut guère douter ; on a un nom féminin
^ec la terminailbn malculine. j®. Innocentia conjunx If-
fimans , quae cum eum vixit bene annis decem dies duo-
decim , quae de faeculo exibit id'tbus auguftis , Gaüicano
confule. Cette épitaphe de l’an 317. ou 330 a été copiée
{c) dans le cimetiere de Prifcille à Rome, Elle n’en ofre pas
moms un langage barbare. Conjunx pour conjux \ cum eum ,
pour cum eo , exibit pour exivit , prouvent que les règles
de lagramimire nécoient pas (Iiivies ,mcmc dans la capital
le de 1 Empire romain. Les lettres B , G, N , L de cette
infcripuon font remarquables. 4». Domitia Julianeti filU
^ mefis decem , oras Xex.
SVotts dejunta ejt idus ma^as. Cette épitaphe (d) du meme
cirnetiere enchérit fur la pr&édente , pour la barbarie du ftyle
& de l orthographe. Nous la rendons ainfi en latin ordinaire :
Domuite Julianeti JU'm in pace : quee vixit annis quatuor,
nunfes decem, horas fex. JVotis defunSa efi idus 'maias. Il
elt Imeulier aue l’X At. PC l— *7 ii..
il. PARTIE,
StCT. III.
Cm AT. XI.
A » T 1 c 1 1 1 1.
(a) ItH.fMtll.
(4) lilj. f. xxiri
(c) ïbiJ.f. XXX.
[J)ll>id.p. Si.
* .. UC J, Vj,
La dermere efpèce de mélanges eft efpagnole âc des bas
tt^. Le modelé que nous en donnons , d’après Don (e)
Nallarre , eft mêlé de capitale à traits ordinairement courbes.
Kkkk ij
ylt>. ESPECE.
Ftffifg. fti.
Digitized by Gt-'Ogle
II. PARTIE.
Si CT. III>
C H A F. XI.
A R T ICI I- II-
Eeriiure tournée
dan» de» fens con-
traires ^ fa pofi-
lion naturelle.
(a) A»«f. €Xfl.
I. i.fl.Tf-
• (b) Ntv» m9»t-
rudil. me»/» /4-
ttuar, I7if‘
IV'. GENRE.
'6t% NOUVEAU TRAITÉ
Voici comment nous le lifons ; Aqui ja^e Martino Meniti
de Hohoad B aoqufco. Ceft une épitaphe de l’Eglife de fainte
Marie de Peraza , dans l’archevêché de Brague. Nous aurions
pu acumuler beaucoup d’exemples de l’écriture inoderne ,
mêlée de curfive. Mais nous n’avons donné celui-ci , que
comme Cngulier en lui-même : quoique trop recent , pour •
prouver l’exiftence de l’ancienne écriture curfive.
II. Les écritures bifares font de tous les tems. Il y en a
(ij de renverfées , qu’on ne peut lire qu’avec le fecours d’un
miroir. 11 n’eft pas rare de rencontrer dans les (a) infcrip-
tions & même dans les mlT. des (t) écritures à rebours. On
peut raporter à ces bifareries la manière d’écrire en cer-
cles , expliquée par (3) quelques favans. Cette manière d’é-
crire* étoit employée dans lesteftamens ; lorfque les maitres
vouloient afranchir leurs efclaves au préjudice des loix ,
qui avoient mis des bornes à ces manumilTions. Les lettres
couchées , renverfées , tranfpofées , tournées en des fens
contraires à leur fituation ordinaire , venant à fe gliffer de
diférentes façons dans les écritures , forment le quatrième
genre de la planche , que nous expliquons. Il fe fubdivife
en douze efpcces, qu’il &ut lire Sc expliquer ks unes après
les autres.
(f) Jti/s-
vani NfiVtfnbr,
>7Vf- <7J-
(-0 * '■*-
ftiJeixUiiim. I. }•
t- JJ°-
,(») Trttx-'iu i*
frimâ fcrih. trig.
f. il. <).
("i) •> La plupart (t) des dcflcins de j
» Ldo:>ard de Vinci , célèbre peintre flo-
» temin , qui fleuriiToiti lanndu ivi'.
n (iècle Sc au commencement du fuivant,
»> qu'on garde dans la bibliothèque am-
» broilscnne à Milan , font acompaçnés
» d'eaplications écrite» de 1a droite a la
» gauche , qu'on ne peut lire que dans
» le miroir. C'étoit la manière d’écrire de
M Léonard. On ignore la carafe de cette
»• bifarreiie. «• ,
(a) » Dans le» anciens (d) mif. de la
•> lettre ( de Raban abbé de Fiilde è Hé-
» ribolde évéque d'Auxctre,) les noms
U iHthmfii»,SacT»mtntum , & ptulieuis
•• autre» -font écrits à rebours ; enfotte
J, que les dernière» lettre» font les pre-
«mières. « i jj
) Lptti (r) hif aixiUm mtditm fcri-
ÜMli fntfuifinguUrm jctularem , jw
Rtmaat bli fflttanl , fi qiimnih ftrvoi in
fraudtm crcditmun v*l legù fifit C*ni-
niani i^amtnta marumUim animmm ia~
Jtutrtni. Scilictt nomina firutrum incit-
culo fcriitbant , lajUai jaa fcriflura «r.
dintm ftnaïutt primam & dtincipi riU-
Mti tanquam itftalcri magh diltSti , ad
ItgHimwn ufqnt numermn , liUrtait do-
naiant , bat paila iUadntri. Verim pla-
çait «mats in fervùati rtihifrt ptcpitr
cireali iaetriitiuUncm .... Ntipat iaftli-
tam DtUribas asadam firibtadi ta trit
tcreti faiff* rvidtntijpsni probat Aaftnias
in Ludo feptctn fapicntium , abi Stlt-
atm fie Itjatntcm facit.
Reéiè oUm ioeptum Delphicus lulic
Dca»
I Quxrencem qaifmm primus fapieo-
nim foret >
Ut in orbe teretî nomina eorum ioi^
ctibetei ,
Ne primas effet , ne tel imus quiT-
quam.
- • i a» A
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DE DIPLOMATIQUE. <19
La première alanc lîmplement à rebours ou de droite à
gauche , en tout ou en partie, le vérifie par dix exemples. stA^Jn'
1°. Tiberius Caefar, Augufii jiLiiii \ imperator feptiès , Une Chap. xi.'
médaille de la première grandeur , également rare & élé- n.
gante donne cette légende. M. Vaillant (a) a lu V. pour VII. ^ ’
1°. Imperator Cajfius Pofiumus , plus , felix , Augujlus.
C’cft la légende d’une {b) médaille du plus célèbre des ty-
rans , qui fe révoltèrent contre l’empereur Gallien. Polhime
fut maitre des Gaules pendant fept ans. 3°. Constantius
MOBC. Les quatre dernières lettres pouroient lignifier Nobi-
lis Caefar ,• à moins qu’en les tranlpofant , on ne life Con B.
c’eft-à-mre Conjlantinopoli morte ta fecunda. C’eft le revers
d’une (c) médaille de Conftantius , dont les lettres font pla- (‘) uu. 1. 1.
cées a rebours ; tandis qu’elles font dans leur fens naturel
fur le premier côté. 4®.^ Childerici Regis. Cette infcription
de (d) l’anneau d’or du roi Chilperic I, eft orbiculaire ; c’eft-
à-dire , écrite au tour de la tête de ce prince. y°. Carolus , i.». 4. a/a4///»b,
liir une(e) monoiede Cliarlcmagne , commence par la droite
vers la gauche, Sc finit de gauche à droite. 6°. W^iniwl mo- ;.
netarius, C’eft le revers (j') d’une monoie d’Edmond , roi ( / j fuaumt.
d’Angleterre en 946. L’W y paroit fous la figure du P ; en- '**• n
forte qu’on liroit fans peine Pipini ; fi l’on n’étoit pas inf-
• truit de l’alphabet anglofaxon. 7°. Ethelflan monetarius fe
lit au revers d’une (^) monoie du roi Alfred. 8®. Ædljlan i.
Rex eft la légende d’une autre (b) monoie du roi Ethelftan.
9*. Ridt monetarius eft le revers d’une (z) monoie du meme
prince anglofaxon. 10®. Modur monetarius. C’eft la légende (»;/w.». ij.
d’une monoie (k) du roi Eadred. M. Fountaine , n’ayant pas s
fait atention au renverfement & à la ttanfpofition des let- ® »•
très, a lu Thurmod monetarius.
La féconde efpèce alant de gauche à droite , mais dont IV. £SPECE.
toutes les lettres font tournées à contre féns , lé prouve par les
modèles fuivans. 1°. Abertee monetarius Eolfric. Cette lé-
gende eft fur le revers d’une (l) monoie du roi Ethelftan. (/) nu. un. ».
Au lieu à' Eolfric, le chevalier Fountaine lit de Eofertric , f- tit.m.n.
York. Z*. Iborace civitas eft le revers d’une (m) monoie, i.m) iM.iai.f.
qui porte le nom de S. Pierre. Le doâe Anglican la croit • *•
na^e par l’autorité de l’archevêque d’York , plutôt pour
l’uiage du public , que pour payer au fuccelTeur de S. Pierre.
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tfjo NOUVEAU TRAITÉ
~ le tribut , que les Anglois s’étoienc engagés de lui payer ,*
II. PARTIE, pour l’entretien de leur Collège de Rome. 5°. Eanred Rex
Ch'aV. XL légende d’une fa) raonqie d’un roi de Northumbrie.
A R N I c 1 1. il. 4°. Connani filius Comitis. Filius eft ici pour filU. Cette int
{*)nu.t x.rt.r. cription paroit fur le contrefeel (b) de Conan, fils de Henri,
(i)Hmee.dtSi comtc de Pentlîiévre , au xi i'. ficelé,
î'iw Uans la troifième efpèce des écritures tournées en fens
/. X. ». t. contraires , la première ligne eft la fécondé , la fécondé la
///■, ESPACE, première , &c la troifième reprend fon rang. Quelquefois la
première eft la dernière , la féconde , & la troifième devient
la première &c la fécondé. Ces obfervations néceffaires , pour
déchifrer les ançiens monumens , font prouvées par les exem-
pies repréfentés fur notre planche. 1®, Offa {c)Rex Mercio-
"(dilbU lui monetarius. 3°. Hi^a {e) monetarius.
». If. ' * * Ces trois légendes d’autant de monoies anglofaxones , ne
(c) iiid. Burptd. formetoient point de fens ; fi elles étoient lues à la manière
- ordinaire.
IVLES P ECE. Dans la quatrième efpèce, la première ligne eft Ja fécondé ;
la féconde ayant fes lettres à contreféns eft la première , fie
( f] Uid. «i. }. la troifième eft difpofée à l’ordinaire. M. Foimtaine (f ) nous
"■ ‘* en a fourni un exemple dans la fixième monoie de Bürgred .
roi des Merciens. La vraie légende eft Duicci monetarius.
Le favant Anglois a fupofé que la ligne du milieu marchoit
de droite à gauche , fie fur ce pié il a lu ^cedud monetarius.
Mais la croix placée de l’autre côté avertit , qu’il faut de là
commencer à lire , fie que les lettres procèdent de gauche à
droite ; mais qu’elles font tournées à contrefens.
r-. ESPECE. Dans la cinquième efpèce , la fécondé ligne montant à la
première , fie la première defeendant à la fécondé ; les au- •
très lignes reprennent leur marche ordinaire. Cela fé prouve
(t) Uid. ub. t. par une (g) monoie du roi Ethelftan. Elle a pour légende
». i). Eboraca , écrit au tour de l’églife cathédrale d’York fie i2e-
gnal monetanus , dans l’exergue.
W'. ESPECE. La fixième efpèce va de droite à gauche , fie fes lettres
{h)ibid.i.9Ji.t. font fort défeélueufes. Une monoie (h) de S. Pierre, frapée
dans la ville d’Y ork en donne un modèle. On lit au premier
côté SanSi Pétri moneta. 1
yip. ESPECE. La feptième efpèce procède de gauche à droite , fie de.
droite à gauche en di^rens fens. En voici des exemples..
Dir" ■■ by G ’-OgU
DE DIPLOMATIQUE. 6}i
1®, ViSoria Principum. C’eft la légende d’une (a) médaille
de Theodahat , roi des Gots en Italie. On trouve des D en
formé .de P fur les monoies de Clovis , de Reccarede , &
de Juftinien. a®. ViSuria Chlotarii eft la légende d’une (A)
monoie de Clotaire II. frapée à Marfoille. Le nom de cette
-ville eft clairement exprimé par les caraélcres qui font dans
le champ de la médaille , aux deux côtés d’une croix , po-
fée for un petit globe.
Dans la huiuème efpèce , la première ligne fuit le train
acoutumé , & la fécondé eft renverfée & marche de droite à
gauche , comme on le voit fur une {c) monoie de Louis le
débonaire , dont la légende a paru indéchifirable à M. le
Blanc. Elle préfenie ces cara£lères :Sitdamciiti. Si l’on fait
atention â la reftemblance de l’M & de l’N , du T & de L
des anciens , &: au peu d’habileté des graveurs &; des mo-
noyeurs du ix*. fiècle ; on trouvera facilement ,
Senlis , dans cette légende.
Les lettres de la neuvième efpèce font renverses de haut
en bas &: vont de droite à gauche. Notre planche en ofre
Trois exemples. i^.Marci Aurelii Antonini. C’eft l’mfcrip-
tion d’un {i) entonoir de bronze , qui fervoit à l’empereur
Marc Aurèle. z". Publii Helvii Pertinacis. On lit ces mors
fur un plus grand (e) va(e de meme figure , lequel a fervi à
l’empereur Pertinax. 3°. Thtupolis. Anno //. imperii. C’eft
la légende d’une (f) médaille , frapée à Antioche la fécon-
dé année de l’empire de Phocas. Ce tyran ayant fait égor-
ger l’empereur Maurice , fut couronné par le Patriarche de
Conftantinople au mois de Novembre 6oi.
La X*. efpcce obfervela marche ordinaire ; mais elle a quel-
ques lettresrenverfées,tournéesàcontre fens ou couchées.Nous
en donnons treize modèles dans notre planche. 1°. Eburo-
vices , gravé [g) fur une monoie gauloife. i°, Coios , em-
preint fur une {h) pièce d’argent des Gaulois Helvétiens.
Ce mot eft pris par Bouteroue pour le nom de quelque ville
ou bourg. 3°. Parifîis civitas. Cette légende fe montre au
revers d’un (i) tiers de fols d’or de Clovis I. 4°. Dominus
Juûinianus ; &: au revers , Viüoria AuguJU. Cette légende
eft tirée d’une médaille (^) de l’empereur Juftinien. y “ . Fe-
lurias femper eft le revers d’une {l) médaille de Baduela ,
II-PARTIE.
StCT. III.
c H A P. XI.
article. II.
Ca) BmdMri.lt,
f. ill. ». 17.
(i) i» B/mmi.
f- iS-n. J.
Vin. ESPECE.
(e) l4 B!mc.
f. loi. M. n.ii.
IJf. ESPECE,
{d) dniijiii/.exfj,
». I.
(e) Itid. ». i,
f /) BmdMti.
I.X.f. <71.». II,.
X . ESPECE.
(gj Bouimur.
f. 41. ». I.
(*) liid.f. Si.
(ï, Le SUiK.
p. 14.». 1.
(k) Benduri. t.i.
^ i-
(!) Ibid.f.
Diçi-" J b., -Ogli
(<) uu.f. iii.
». jl.
(t) Lt Blttnc.
p. JJ ». 7.
(0 ÏHd.p. )S.
U) U BInt.
p. if. ». I.
NOUVEAU TRAITÉ
roi des Goths en Italie l’an j 4 1 .11 n’eft belbin d’aTcrtir, que
*S 1 c r *^ni * pour floreas. 6°. Vicuoriai augufiorum. MuUa
Chai*. XL Vota : anno u. Conob. Les deux premiers mots fignifient
Art te II II. .yiSorùe ou VlSoria Augujlorum. Il paroit par cette ins-
cription d’une (a) médaille de l’empereur Maurice , & par
plufieurs autres, que dès le vi*. Siècle , les monétaires d’en-
tre les Grecs ne lavoient plus alTez de latin , pour les com-
pofer. j°. ViSoriam regis. Majjllia. Cette légende paroit au
revers d’une {b) monoie de Clotaire II. Au haut d’une croix
une CO onciale renversée & un A donnent le nom latin de
la ville de Marlèille. Cependant M. le Blanc (c) dit que le
lieu où la pièce a été ^briquée n’eft point marqué. Il aura
pris l’M onciale , tournée à contre Sens , pour ïomiga , le-
quel joint à X alpha exprime le nom de J. C. 8“. Hcariber-
tus Rex. C’eft ainfi qu’on doit lire , & non pas Ntariber-
tus , comme a fait [d) M. le Blanc y Sans faire atention que
l’H &c l’N Se prêtent mutuellement leurs figures. La monoie
d’or , qui porte cette légende , eft de Cherebert I. qui ré-
gnoit à Paris l’an ^61.9°. Majjliia eft la légende d’une au-
tre monoie d’un roi du nom de (ij Cherebert. Elle eft mar-
quée B. ce qui pouroit fignifier fecundus , pour diftinguer
ce Roi 'Cherebert du premier. Quoiqu’il en Soit , celui-ci
n’a pu faire batre monoie à MarSeille , dont Sigebert Son
frère étoit maitre ; comme il paroit par une de Ses monoies ,
dont voici la légende : 10°. Sigebertus Rix. MaJ/îlia. Ainli
la monoie précédente eft de Charibert , fils de Clotaire IL
&c roi de ToulouSe , à qui l’Agenois , le Querci , le Périgord
&c la Novempopulanie huent cédés l’an 6 jb. 11°. Lauduno ,
(#) IW./.JI. *. '“'fi monoie, qui (e) ne porte le nom d’aucun roi , prou-
». JO. ve qu’elle a été frapée à Laon. Le nom de cette ville eft
écrit avec une L placée à contre Sens , &c le Surnom Cloato
pour clavato paroit au revers. 1 1”. Sareburco eft la légende
(/) ihid p. J», d’une pareille monoie , frapée à Sarbourg. M. le Blanc (/)
»• <7. a lu Areburcos & la mit au rang des lieux inconus , où l’on
batoit monoie , Ibus la première race des rois de France.
13°. Agnetis vico. Ce nom de lieu pareillement inconnu à
tf)PM. 41. (*) M. leBlaoc (j) icntngue que le
* nom de Cttcrebcit' cH ccric de qoR;re
rnaaièKS dil&taces [ut nuoicr 1
HcHAIIBIRTUS, CHARlIIRTytiCHt--
ftUflVi, HlRlIIRrVt,
M.
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U. PARTIE.
S I CT, III.
Ch A t. XI.
AK Tl c 1. t. II.
(«) IbU.
n. |.
DE DIPLOMATIQUE.
M. le Blanc eft marqué (a) fur la troificme pièce de lès mo-
nécaires L’V du dernier mot termine la croix , qui ocupe
le revers de cette monoie. La forme de cette croix paroit
monogrammatique. On y découvre aifément le T , l’U , qui
peut fervir à deux ulâges , deux L renverlées , l’O , l’F & l’I :
ce qui forme tout naturellement TuUo fit ; &c dcs-lors le lieu ,
où cette monoie, qu’on fupofe de la première race , fut fra-
Eée , n’eft plus inconnu. En commençant par le centre , on
ra tout de fuite ; Tullo fit , Agnetis vico.
La marche de droite à* gauche , avec quelcjues lettres cou- XI'. ESPECS;
chées & renverfées , conftitue l’onzième efpece , dont notre
planche ofre les deux exemples fui vans. i". Majfilia , fur
une {b) monoie de Sigebert I. Après ce mot , on trouve une
R , [dacée au-delTus d'une croix , acompagnée des lettres
MA. E(l-ce trop hafarder , que d’expliquer cette écriture
monogrammatique par Rex ou rtgnat Chrtflus Majfili» ?
Z*. Eardtf'lf fur une monoie (c) anglofaxone. C’eft le nom
d’un roi de Northumberland , qui fe retira à la cour de
Charlemagne l’an 808.
Les lettres de la dernière efpèce de notre quatrième genre Xll. espece.
font confondues. Notre planche en fournit trois exemples ,
fi) tM.f. 4;.
. n. 4.
fc) Fnmt. («i. ».
«. 4.
tirés des monoies de (^/) Philippe I. Roi de France, i*. P Ai- M) l* Btmc.
- - - - - - - . . ^
10.
Ecriture irr^u-
lierc dans la for-
me, 00 U poficiou
lipus Del dtxttrâ Rex. z*. Rex Del iexteri. PhiLipus. 3“.
Philipus Del dexterâ Rex. Ces trois monoies ont été frapécs
ùOrléans.
III. Nousn’apelons pas ici écriture irrégulière celle , qui eft
mélangée de lettres grcques & barbares , capitales & on-
ciales , minufcules & curfives , couchées & tournées lèns de
delTus deftbus ^ conjointes & enclavées , gothiques de tou-
tes les façons. Les autres genres renferment les premières ,
&: les gothiques font la matière de notre troilième divifion.
Le cinquième genre de la XX1X‘.' planche , que nous ex- Y'. GENKe»
pliquons , réfulte feulement de lettres ou d’écritures irrégu-
lières , foit dans leur forme , foit dans leur arangement. Ce
genre eft (ôudivifé en cinq efpcces.
La première , irrégulièrement inclinée , le manifèfte fur P-ESPECE;
deux monoies anglofaxones , publiées par M. Fountaine , à
la fin de la DilTettation épiftolaire de George Hickes. i".
Athelulfjnonetanus , eft le revers d’une {e) monoie d’Elfred,
lome II. LUI
(<} Fnmt. tA.
n. I.
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tfj4 NOUVEAU TRAITÉ
" "‘**** roi de Notthumbrie. z®. Diaruali monetarius fe lit au re-
II. PARTIE, vers d’une autre monoie {a) du meme Prince , firapée à Can-
Ch aV XI. torberi.
A R T I C L 1. il. La fécondé elpèce eft hëtéroclyte dans la forme de fes ca^
(») IM. ». I*. taâcres , comme l’on voit dans ces trois modèles , repréfen-
ESPECE, tés fur notre planche, i*. AlredRex. C’eft la légende (b)
(i) IM » I d’une monoie d’un roi anglofaxon , qui régnoit en Northum-
brie l’an 7^ Z®. eft le nom d’un autre roi du même
(t) IM. ». L. ^ Vigmuni eft celui du ^bricateur de la (c) monoie ,
qui porte ces légendes. 3®. Eadmand monetarius fe lit au
(rf) Ihu. /A*. J. *«vers d’une (</) monoie du roi Edmond I. qui fût affaftiné
>1. 11. l’an 94é. Dans cette légende , on voit un D. revêtu de la
figure du b minufcule.
///'. ESPECE. • Les lettres de la troifième efpcce font irrégulières feule-
ment dans leur difpofition. Les unes font chauées de la li-
gne , Ce les autres melinées de curé , à droite & à gauche ;
quoique très-régulières , quant à leur figure. Notre planche
(,) U S/Mt. donne un exemple , emprunté d’une monoie de fe) Louis
/>. 1 01 . 4. ». 17. le débonaire. On ht au revers Stratburgus. C’eft le nom , que
la ville de Stralbomg portoic , dès le tenu de S. Grégoire de
, Tours.
IV . ESPECE. La quatrième efpèceeft irréguUère dans la forme & l’é-- ,
lévation de fes lettres. Cette manière de tracer les caraâè-
res fe montre fiir deux nKMioies anglofaxones des vi i r. Ce.
IX®. fiècles. I®. Ojffa Rex — Ethelvad. Ces deux noms fe
{f) Tnnt.tth.i. lifenc fur tme monoie (/) d’OÆi , roi de Mercie en Angle-
» '1- terre, z®. Jf^erbald. monetarius. C’eft le nom du monoyeur ,
(c) IM. t»i. 8. marqué fiir le revers d’une (g') pièce de Ludica , roi des
tuUicsn. I. Merciens , l’an 8 z 3 . Dans ce modèle l’V , fermé par le haiR ,
a la valeur de Tv.
P . ESPECE. La cinquième efpèce fe diftingue par des lettres de d^
rentes hauteurs , dont plufieurs font conjointes , carées Ce
renverfées. Voici les exemples de cette écriture irrégulière
gravés fin notre planche. 1®. Coao/up. Ce nom eft empreint ,
(t) i« EU»c. au premier côté d’une {h) monme de Charlenugne. z®. Wu~
7.' «7.». }. duin — Aurelianis. Un denier d’ament (t) de Louis le dé- '
J'I ‘®®- bonaire donne cette légende. Hluduin , pour Hludovicus ,
ocupe un côté de cette monoie , Ce le nom latin de la ville
d’Orléans remplit le revers. Si l’on s’en taportok} à M. le
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DE DIPLOMATIQUE/ tfjj
(i) Blanc ; au lieu èiAureliams on liroic Arvermii^*. Ca~ ii partie.
raàu cft l'infctiption d’une monoie (a) de Charlemagne. Il s« ct. ni.
.y a au revers une croix cantonnée de ces qu^ lettm
•H A SS. qui femblent , dit notre favant médaillifte , faire ^ ^
partie du nom do Hajfia,l3. HeUè. Il faloit fe fouvenir que
TA emprunte quelquefois la figure de l’H , & que la lettre
fuivante eft fouvent un V renverfé. Les caraâères de ce re-
vers , joints à la figme de la (i) croix , fisrment un mono-
gramme , où l’on découvre facil||iwnc le mot Au^uflui.
4°. Le nom de la ville de Cantorberi , Dorohemia civitas ,
for de {b) légende à une monoie anglolâxone d’un roi , cu~ (4) »•
ning , dont le nom ri’eft point marqué, j*. Tkeodofii Prtf-
byteri , e(l l’infcripcion d’un fceau de plomb , fur lequel font
repréfencées les têtes de S. Pierre &: de S. Paul , & au mi-
lieu une croix patriarchale. S. Pierre iêmble n’ocuper que le
fécond rang , comme fur les bulles de plomb oes Papes.
M. Ficorom (c) prend celle , qui nous fert ici de modelé , u) i pUmti nti-
pour le fceau d’un Prêtre , cardinal de la fàinee Eglife ro- "•
maine.
IV. Les lettres grcques , furtout les majufcules , ont été Ecriture méian-
fbuvenc employées a écrire des infcripcions purement latines,
On en peut voir de cette forte dans les Antiquités (J) d’Ita- xm. t.p.u.
lie de Muratori , & dans les Réflexions fur la critique , par
(e) le P. Honoré de Sainte Marie. Au contraire dans les mfT. t»«. j.;. n.
on rencontre des phrafés Sc des mots grecs , écrits en carac-
tères (/) latins. Jordan, dans fon H'iMire d!ua veyage là- (/) H/Vk«/.'S,i.
tinin , dit avoir (g) vu dans la bUfliochèque de Sorbonne ^
’ 'O ^ (f)Pj,X.:ti.
( I ) U donne (i) pont un lerei* «aiâ-
rtmtiu ftmUMt celui de le (ecoode mo-
poic de Citailemagiie , où il lui Temblc
pouToit lire Anrnnis : mait oout n'y
ttoDvons peint cette ptdtendae lelTcm-
lùaiice. Oo ne voit pouu d'V ni dX for
celle de Cliailemagne , ni nidaie den
R , mais une fenleioeac. Pont lite ain£
la dcxnidte fyllabe d'drwraw i il £iat
(kiie noe tianrpolitioo fant exemple.
Quant au tevett de la ptdlènce monoie ,
on ne peut y lite Arvmû , Cua prendte
un A pour un E (âat ajouter une R. Si
Ton vouloir ajouter ; il vandtoit mieux
fuppldcr un T , qui d'ailleata ttwiretoit
on fondement dant la — bâte, ijni do-
mine fut toute l'inrcciptian : & ùot autre
addition , on liroii tout de fuite TarMM-
mil, Tetouenne. Maû Mutètte eft-il plus
(impie , comme il e({ d’un uiâge plus
ordinaire , de prendre la bâte pour
ui^ marine ifal^iation { Sc en lilâne
daiM , (ûtkaomd d'une ligne | il fera
tout naturel <le lite Amriliimit.
(i) Cette croix feule produit les les.
très r T V , qui jmntet k eeUes , qui
font dans le champ de la monoie ou cài-
daille , donaeoc le mot Amp^iu , qui
rd|K>nd i Cmnbu, empreint fur le pi«-
mter côcd.
LUI ij
{h) ht BUnc.
/.SI.
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II. PARTIE.
Sicr. III.
C H * F. XI
A R T I C 1 E. II.
•
!a) Aansl. Bt-
atd.t. ).f. 487.
TI'. GENRE.
P. ÇSPECM.
('^)P4^, é(.
». tixiü.
(f) tMlupmfh.
Ut. t.f. 7«. 77.
(J) L» fcince du
mtéUilUs. f.
(») Theftur. Ma-
rti. I. I. f. )i<.
uti. 1.
If) Marmarm
Pifuumt.f. lox.
eré 'NOUVEAU TRAITÉ
an P/eautier grec & latin fort ancien. Mais ce qu’il y a de par>
ticalier , ajoute-t-il , c’eft que le grec & le latin font en
mêmes caraâères. Le grec a palTé jufque dans nos cliartes.
Au x'. ficelé , Théotolon , archevêque de Tours , les fîgnoic
(a) en ce caraâère. Nous nous en tenons ici aux écritures
(i) mêlées des pierres , des marbres & des métaux. Les inf>
criptions , mélangées de caraâères grecs & latins , nous
ocupent uniquement. Ce mélange compofe le fixicme gen-
re oe notre fécondé dia^on , & ce genre eft foudivifé fur
notre planche en fêpt efpcces.
La première en langue grèque admet un mélange de ca-
raûcres grecs Sc latins. Cinq modèles , gravés fur notre plan-
che X3QX. en font la preuve, 1». Aw'oxopoc. îi»ùxXtipo(.
iàxu/iî9t>. it xpiiri. itTn. oV. uipaxa'ft. fll K«A. pap. ù-7nra% 7«
’ApiMtd. K. Vv^tn. Diofeorus NaucUrus hic dormit in pace.
Vixit annos LXXVI. Depofitus ix. Kalendas manias f
confulibus Arcadio Cxfare & Rufino. Cette infeription fê
trouve parmi les ijb) Marbres (r) de Pefaro. La f^re du
(1) D. Bernati' de Mootfaucon (r]
a proavé l'ofage de rndlicr les letties grj-
ejues avec les lacioes. Ce mclaoge dora eo
Orient jafijoe vers la fin du xi*. ficelé.
Il e(l üdtjnent dans les exergues des mé-
dailles des le commencemer.t du iv*.
fiécle y Sr même dds la fin du précédent.
Il ne ierriroic de rien d'alégnet , que
CCS moDoies ont été fabriquées dans les
villes gtéques ; pufqur des lettres ro-
maines , qui ne pouvoienr plus être cen-
lécs grcques alors , t ^oiit partout mê-
lées ! ce qui prouve toujours le mélan-
ge. On voit des lettres tournées à con-
tre lent , parmi d’autres , qui ne le font
pas. M On trouve , dit le [d) Pi Jobert ,
» un mélange de latin & de grec , non
» reniement dans le bas- empire , od la
n barbarie légnoit ; mais même dans
» les colonies du haut empire. $ , R , F,
U lenres latines , fe trouvent pour le
U C , P, O grecs. M. Spanbeim eo donne
» des exemples. Il faut donc bien pren-
>> dre garde il ne pat condamner ailé-
» ment les médailles , à caufe de quel-
» ques lettres niifes tes unes pour les
» autres. Car c’en étse novice dans le
X métier j que de ne pas lâvoit , qae.
, a ibttveoe on a mis E pour H Sce. »
Quoique depuis le grand Conftantm juf-
' qu'à Michel Rhangabé , c‘c(l-à-dirc ,
{tendant près de cinq cents ans , la feule
angne latine ait régné fut les moooies
batuet à Condancioople i on trouve ce-
pendant fut le revers des caraâcrcs grecs,
qui tantôt fervent de monogrammes ,
comme dans Focas 9 K , & dans Léon
' niàariquc A K 7 tantôt marquent les di-
vers monétaites. De meme qu'il fc trou-
ve des lettres grèques ifolécs fur les mé-
dailles latines ; on en rencontre anSi de
latines fur les gréques : par exemple,
(bus Tibère Claude (e) empereur.
(t) L’auteur (/) dit fut la^axar»:
Marmararii fvecai diitit mendum hic r/i.
Il obfcrve qu'Arcade fut créé Céfar en
' ; 8 7. C’èd pourquoi il conjcélure que le
fculpteur aura mis le K au lieu du B. qui
' devoir marquer le fécond conlùlat d'At-
’eade en 19t. Il croit fiiivant une loi
d'Hoooré 8r if Arcade, que le nom de Rufin
(ut éfacé de tous Ibs Inofiumcns publics;
’ mais que ceux des Chrétiens le coofervè-
icenr. Le i feul lignifie tvava frfalmi fàit
ou plutôt ï &«ri , tmrmm cjl.l
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DE DIPLOMATIQUE.
monogramme de J. C. y fert de point , pout féparer
chaque mot. Ce monument eft peutétre le (eul , où l’on
trouve les noms des confuls Arcade & Rufin enfemble,
1°. Ko»çw7<»o< <Ô Ai(wr é ri«ç. C’eft l’inlcription d’une (a) mé-
daille , atribuée mal-à-propos à l’empereur Léon l’Ifaurien
qui perfécuta les gens de lettres , & fit brûler la biblio-
thèque de Conftantinople , avec ceux qui en avoient la gar-
de. Cette médaille apartient à Léon IV. furnommé Cha-
zare ^ alTocié à l’empire l’an yy i. par Gonllantin copronyme.
J®. 'E’ipnvn ^ttviP^tan- Ces mots (ont gravés en caraâcres prêt
que tous latins fur une (b) médaille aufli rare que fingu-
hcre. Elle repréfente l’impératcice Irène , tenant dans fa main
droite un globe furmonté d’une croix , & dans fa gauche un
fceptre terminé p^ ce meme fymbolc de notre rédemption,
4°. Utxttix ©leViAoî. C’eft la légende (c) d’une médaille
des empereurs Michel le bègue & de fon fils Théophile ; l’un
& l’autre grands perfécuteurs des Catholiques ,• &: furtout
des Moines. y°. Kijiç»»7/ro{ <è Aiw n Qiâ /3«<riA<ç
‘Pomûi. D. Banduri. (d) donne la médaille, qui porte cette
légende ,.à Bafile le macédonien. Mais elle apartient à fes
deux fils Conftantin, déclaré Augufte l’an &«8. &Léon fur-
nommé le fage ; quoique fes- mœurs fùlTent très -déréglées.
La fécondé efpcce eft en langue & en lettres , partie
grcques & partie latines. Notre planche n’en fournit point
d’autre exemple . que cette légende d’une (e) médaille de
Jean Zimifque ; Ibfus Xrijlus BafiUus bafiléon. Cet empe-
reur d’Orient , apelé Zinufque , à caufe de la petitelfe de ù.
taille , pafte pour le premier , qui ait fait graver l’image de
notre Sauveur fur la monoie ^ avec f’inlcription ; Jesus-
Christ , Roi DES Rois-
La troificme efpèce eft en langue latine , avec mélange de
lettres grèques &c romaines. Voici les cinq modèles , que
nous en avons fait graver, i». jS Concorii — Theup. Ces
mots empreints au revers d’une ( f) médaille de Juftinien
s expliquent par, Btntti Concorditr, 'Th'copoLiSt Ce dernier
qu’on lit dans l’exergue, & les deux.chifres.qui fontdans lé
champ , aux côtés d’un grapd I furmonté d’une croix , figm-
ficnr, que cette tnonoica étéfranée à Antioche laiA'.annéede
l’empire de Juftinien y c’elLà-^e , l’an y4i. i«, Dominus
n. PARTIE.
SïCT. III.
Ch A». XI.
A * I ic 1 1. II.
Biuiduri.t.i,
f. 70 U
(0 IIU. f'yosi
(J) lUJ.p, 714.
U’. ESPECE.
(*) Ihid.p. 7} J.
HP. ESPECE.
(f) nu. p. fil.
II. PARTIE.
Se CT. III.
Ch À P. XI.
Articii. II.
{«) /W. f.
(i) nib. f. 7E4.
le) IM.f.7^4-
n. |l.
((/) OJftrwt. ft-
pri fr*m. ü vttri,
p. II.
/r. ESPECE.
(>) te Bhme.
p. 10. «. I-
(/) lUd. ».
(xJ IbiJ.p. ig.i.
(i>) Cemmeut. Je
rehés Fr/iiu, O*
riem.t. t.p. iff.
(i) l* BUat,
tfj* NOUVEAU TRAITÉ
Mauritius Ttberius , Pater Pturice , Augufius. C’eft la légen-
de {a) d’une médaille de l’empereur Maurice Tibère. j^.IAs
Xs, ou Jefus Chri^s, Rex regnantium. Cette belle légende eft
gravée fur une (o) médaille , qui porte les noms de Baille &c
de Condantin. Ces deux frères montèrent fur le trône l’an
97$. & régnèrent enfemble pendant cinquante ans. On ne
fait comment nos médailliftes ont pu donner cette monoie
à Balile le macédonien. 4°. Domiiue Zoe & Theodora. C’eft
l’infcription II ) d’une (c) médaille de deux foeurs,à qui l’empire
d’Orient fe fournit l’an 1 041. Les lettres Con Rom , {dacées
dans l’une Sc l’autre exergue , délignent les villes de ConC-
tantinople&: de Rome. y®. Gemello. béni, merenti. Bi[it
annos xt. Koun. Ko. zou. ge fou. a annis viiii. Zotdi. a.
C’eft-à-dire ; Gemello oeni merenti. Vixit annos quadragin~
ta , cum conjuge fuâ annis novem Juüâ, M. Buonaruoti {d)
a publié cette infeription , principalement pour prouver ,
que rj confone le enangeoit en Z chez les anciens.
La quatrième efpèce eft un mclai^e de lettres grèques dans
les anciennes infcriptioiu lapidaires & métalliques de France.
Notre planche en donne les exemples fuivans. 1°. Daga~
bertus. Ou atribue à Dagobert I. la monoie , qui {e) porte
cette légende. a“. Dagobertut Rex. C’eft l’inlcription d’une
autre (/) monoie du même roi. 3®. Redonis eft le nom de
la ville de Rennes , gravé lùr la 43^. monoie (g) des moné-
taires inconmu. M. Eckhart (b) s’eft égaré en voulaiu re-
drellbr M. le Blanc. Le premier a lu Redomis d’un côté ,
& Janterellus de l’autre 3 au lieu de Redonis Sc de Came-
rellus. En vain prétend-c-il que cette monoie a été &apée à
caule de la viâoire de Clotaire IL fur Sigebert. On peut
nier avec fondement , <jue la ligure nue & affilé teptelén-
cée fur la médaille , foit une viâoire -, comme le liipofe
le doâe aUeman. 4”. DruSoaldus monetanus. C’eft le nom
du monoyeur , qui a fabriqué (ij la des monoies , qui
(1) D. Acfïlme taiuluti penc ^u’on
dooic Je la fiacéticé de ceite médaille j
pareeqoe rimperairicc Zoe y eft reptd-
{êntée roos l'habit des Piiacefta du fté-
cle de ThéodoTe. Mais ne lapeUe-t-on
pas quelqoeibit les aocieones modes par
taptiee ob par ifaïuitt narift ! Le te- 1
yen , ijome notre Béoédiâia italien ,
o'eft pas conforme H ceux da rems. Ce-
dant on n'y voir qu'aoe croix au-def-
de deox X , qoi iêinbleat narqner
deux fois Xrifiai ; fans donte i canfc des
deux Irapétaoiccs , repréfentées ûu U
médaille.
Dlgitizedny Gc:-ogle
II. PARTIE.
S I c T. III.
c H A F. XI.
A RTI C Ll.'Ii.
(») Uùkm.
DE DIPLOMATIQUE. 6^9
ne portent le nom d’aucun roi. Une croix , & les lettres
T V dans le champ donnent TuUo en monogramme. C’cft
donc à Toul , où la pièce a été fabriquée. 5°. Maidcmundus
eft le nom du mon&aire , qui frapa dans la ville de Vienne
la tfi', des mêmes (à) monoies. 6°. Hic jacct inclufiu Te-
tapi {i) de jUrpe creatus Herluiniu ^undam voeatus nomincf
qui obiit quinquagenarius. Cette infcription d’un tombeau
de pierre , trouvé en 1 7^4. dans le parvis de S. Sulpice à Pa-
ris , pouroit être du vi. ou vu*, liccle. La croix du com-
mencement marque la fépulcure d’un Chrétien. Il eft dit
dans le petit difcours, qui acompagne cette infcription dans
le Merctxre de Mai 172.4. que l’auteur de l’Ecrit ou de la
Diftertation fur les dates , inférée daixs ce Mercure , fit tranf.
porter la pierre dans un lieu plus commode , pour l’exami-
ner à loifir. Nous avons été curieux de filvoir de M. l’abbé
Lebeuf quel étoit cet auteur : & il nous a apris , que c’étoic
Dom Nicolas Touftain, favanc Religieux de notre Congré-
gation ^ Ircfe de Dom Charles-François Touftain Ton ca-
det. Ce oemier a achevé ce que fon ainé avoir commencé ,
en déchifrant cette infcription. Ceft fur fa copie , que M.
Lebeuf l’a publiée , dans fon Hiftoiie de la ville [b) & de (t) Ttw. j.
tout le diocèle de Paris,
La cinquième efpèce eft un mélange de lettres grèques & especx.
latines en Efpagne. 1°. Liuvigildus . . . Rex. Valenùa. C’eft
la légende d’une monok (c> vifigothique du roi Leuvigiide , (,) i,
qui l’an 57a. réunit les deux Efpagnes , l’ultérieute ouMi.o.i.
U) Aa hende Tntfi on poonât ItK
TtJpi ou Ttttpidi. Si I'od veut avoir U
clé de ccRc inlcripiion fiagulière j il faut
prendre pour des TopeUcs pluGeurs con-
Iboes , <pii les ruiTcor. On y renaraue
ÿhtfieors lettres gtéijucs , le T ou C , des
H en forme d'R ou de K , tels qu’on en
trouve dans d'autres infcripcioos , des C ,
des Y. Il y a dans cette infcription ,
comme ailleurs des A en larme de B >
des £ en forme cTF , des 1 en forme d’L ,
des O en forme de D & de P. On trouve
un IR en conjooâiaa & quelques let-
tres enclavées. Celles qui font abailTées
à la lin peuveu marquer . que l'épluphe
ne procède plus pat vers. II le petu
bien laite , que quelques lettres de fépi-
Hpbe n'aient pas $ti bien titde* , ou que
le fculpreur ait &ic qnclques fautes. Ou ,
pouroit s’imaginer , qu’il fiodroit Hte il '
la fin J^ainsM ou faune Ka/mdu De-
etmiris L. Mais 1°. cette équivoque de
V. ou IV. qu’oo pouvoic Icvei ailcmenc
par un chiite , prouve que ce Q ne fi-
gaifie ni l’un ni l'autre. 1°. On ne dé-
ligne pas les chifres par la première let-
tre du nom dans les moonmens. y°. On
ne met point le nom de CnUtul. dans
une autre lettre. 4°, Le K ell vifible-
ment le iC ou TH , qu’on tend par I dans
oette pièce. Il ell nnunaicc d’exprimer i'
la fin d’une épitaphe , que tel ell morï
an moias à tel âge.
\
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II. PARTIE,
Si CT. III.
Chai. XI.
Articie II.
{«; IM ». II.
(t) Pilygr^h.
•ffém. Prtltf. fojl
f»i. xvüj,
n, ESPECB,
(f) Mickrslik, i.
/. lyo-
(</) VfiMni. Uêh.t.
Ojf*, ». 1.
(r) JlôÀ. I,
». S*&f- *70.
f7/. .£5i»£C£.
(/) Mmrm^r.Fi-
/kmr, f. 10 J.
tf4o NOUVEAU TRAITÉ
Efpagne proprement dite , &c la citérieure ou Septimanle.
Apres Liuvigtlius , on aperçoit un C , & un V renveri'é au
pié d’une croix : ce qui peut bien lignifier , Chrijlo vovet
Z®. Recefvînthus Rex : autre légende d’une (a) monoie de
Recefvinde, roi des Vifigoths,airociéau trône parfon père ,
l’an 6 J 3. i" .Innomme Dotnini, Locuber aefi indignus abbas
fccit , & duos coros is conjiruxit , & facrate funt fandorum
Del Eglejie pridie idus martias anno xxviiii. quarto
Zo gloriofi Domini nojlri Egicani. Cette infeription (i)
giiole , datée de la quatrième année du règne d’Egica
roi des Wifigoths, & par conféquent de l’an 690. de J. C.
a été (b) publiée par Don Naflare. Il l’a meme déchifrée ,
à l’exception de deux mots.
La fixième efpèc.e renferme un mélange de grèques arec
les latines en Angleterre. Ce mélange avoir lieu non feule-
ment dans les inferiptions ; mais encore dans (c) les mfT. de
ce pals. ^,Ipusnous fommes bornés à deux exemples , tirés des
monoies anglofaxones. i*. Offa Rex Merciorum. La mo-
noie , qui porte (d) cette légende, eft d’Offa, célèbre par fes
viâoires -, mais devenu odieux à la poftérité par le meurtre
d’Ethelbert roi d’EftaMÜe , qu’il fît mourir , par la perfidie
la plus indigne. 1". Leofrig monetarius Centuariens
Cantuanenjis, C’eft la légende d’une (e) monoie , que M.
Fountaine atribue au roi Ætheired I. qui régnoit en 866.
Mais le favant Anglots n’en aporte aucune preuve. On au-
roit autant de raifon de la donner au roi Æchelrcd IL qui
fut obligé l’an 1015. de fe réfugier à la cour de Richard IL
duc de Normandie.
Il y alongtemsqueles fa vans (1) ont remarqué un mélange
de lettres grèques avec les latines > dans les monumens la-
pidaires âc métalliques d’Italie. La feptième efpèce renfèrme*
(i) On J renurejut rvo au lieu de
rW.i , Eilt/it pour tccUJîd Sc trois points
entre les mots. Nous rendons ainli en la-
tin toiite l'inrcription Au nom de notre
Seieneur. Locuber abbd , quoiqu'indigoe,
a &t bâtir ces dgliCci , & y a lait conr-
(ruire deux chtnirs. Ces dglifes ont été
cenfacrifes Tous le nom des (aines de
Dieu le 14'. jour de Macs, la t;'. année
de Tagc de notre glorieux feigoeut £gica,
M
8t la 4*. de Ton regne. La formule
jturu rtfno , pour quMnt sait rtgni ou
rignmie , e(l (ingolicre.
(1) Ldtmdi infcTifiimn , dit un fa-
vant (/) Italien , fr*cii lianit
t»t fifnmmm fmijft tiiri dtSi amim-
advertmmi , (imftfyitt hnjufci tri m-
vtiitartau , qmn vrftrAtTt iW
fftrt frttiim.
Dig:" :ed by Cf -o^l
■Ta..-
DE DIPLOMATIQUE;' e^t
un nombre d’infcriptions mélangées de la forte. i°. Ro- — ^
mana. dulcifma. C. reqefcit. i. diem jud dep. iii K.mart.
Var. Tenu. Cette infcription publiée (a) parmi les marbres chY». x i.
de Pefaro s’explique ainû : Romana dulcijjima conjux requief- A » t i c le ii.
cit in diem judicii : depojita tertio Kedendas martias , V^a- (■•) Ai»n»»»r. Pi-
rane ou Karari & TertuÛo confulibus. L’auteur du livre {b)
cité a lu qua ou hic , où nous lifons 'conjux. L’efpérance de la
refiureûion des corps eft clairement marquée dans cette inC-
cription chrétienne de l’an 410. 1°. Ser^i Papae. La
bulle de (c) plomb , qui porte cette légende , eft vtaifembla- (c) Futrnt j
blement du Pape Sergius IL dont Lothaire fit examiner Sc
confirmer l’ordination l’an 844. 3°. Gregorii — -Papae C’eft
la légende {d) d’un autre fceau de plomb de Grégoire IV. W "• '
qui mt tiré de force de l’églife des faints martyrs Coftne ‘
Damien l’an 8 1.7. pour être placé fur le liège apoftolique.
Dans ces deux modèles Ie_r grec eft mis pour le G. latin.
4®, In nomine Domini iHr XP I. De donis fanSiJu-
mis fa,
itannes Baptefle edificatus ejl hanc civorius , fub tempore
vv Vidaliano
T ancol
Domno nojm Idoprando rege , ù vb Patemo domrûco
epefeopo , Ù cojlodes ejus vv Vidaliano & T ancol
Prbris , (t Refol Gafialdto. Gondelme indignus diaco~
nus fcripfi. Cette infcription (i) lapidaire , publiée par (e) (,) Tr-
ie marquis MafFéi , eft du tems de Luitprand, roi des Lom- mnji. f. elxxxi.
& Refol Gafialdio. Gondelme indignus diaco~
nus fcripfi. Cette infcription (i) lapidaire , publiée par (e) (,) Tr-
ie marquis MafFéi , eft du tems de Luitprand, roi des Lom- mnji. f. elxxxi,
bards , qui retira à prix d’argent des mains des Sarafins l’an
yiz. les précieufes Reliques de S. Auguftin , & les fit tranf-
porter à Pavie. Vrfis magefier cum difeepolis fuis 3u-
ventino & Juviano edificavet hanc, civorium. Vergondus ,
Téodoed f Fofeari. Cette infcription , [i) non moins barbare
(i] Elle eft fort claire ; S Ton veut la I tlont du P encre l'M ic TN. Les dm
leddrc ainlï : f» nmùnt Dtmini Jtfu prcmicrcs lectrct ont viCblemcncdidcon-
Clnqii. Dr tUmii fimSi Sthummii fervées du grec XPICFOC. Les gardiens
M , tiifctttum htc cAtrium, JM itm- ou euftodes , donc il eft parlé dans l'inf- ‘
ftrt Drnror mtflri LimlfrMtJi Rr{ir , (3* cription, étoiem des prêtres ou des clercs
fM Pjtunt dmrimcc tfifitf» , îfcujiê- chatgésdu foin dcséglifcs,ou qui aroicne
dibm tjtu vmrMUAiu Vuâiim»» ér Is garde des combeaui ou desRelitjoes
TancrI fnflyttrit (3* Rtfêl Gtljliddu. des Maaprt, Les Lombards apcUoicnt
L'abréviation X P S , lï fréquente dans GmJlaUn les officiers du Prince qui
toutes forces de monumens , n'a rien avoient l'intendance de Ton domaine, on
4e commun avVc l'inttodnéiion barbare qui rendoient la jufticc en qoalitéde pre-
du P dans calmmfmUri , pour cMimimimri, miers magifteats des villes,
dans éUmfnum pour ismman , dans (i) Voici cette infcription en latin ,
itmfHm pour dtmmm , te autres infer- J te en ortliographe régnlière ; Urfiu n>«-
Tome II, M m m m
II, PARTIE.
S E C T. III.
C H > r. XI.
AitricLE. II.
(«) »iV.
(i). OJirvm,,
frrf. f. xxiv.
(t) Pxs. (9.
m. ctxxz.
(i) Uid. f. iC4.
Ectirarc mjUe
de lentes eftim^es
barbares.
VII'. GEN RE.
<?4i NOUVEAU TRAITÉ
pour le ftyle que la précédente , a été donnée par (a) le même
auteur. La reiremblance des caraûcres de l’une &: de l'au-
tre ne permet pas de leur afligner une époque diférente.
6°. Sarina vixit annos xviiii. menfes Vt. dits xui.Ser-^
na fecit fe bibo. Ce dernier mot eft pour vivo. M. Buona-
ruori (é) a copié cette épitaphe dans le cimetière de S. Lau-
rent à Rome. On y voit le » grec , & le é y prend la place
de l’v confone, 7“. Auxenthio. pkilio. dulkijjimo. e béni,
merethi, AJlhianus nath. Bindeluus dekurio, Scutariorum.
Eudocia. Nice parenthes. In pace.Vikfîth ann. l. m. i. Or>
trouve cette infeription , mélangée de caraélères grecs &c
latins , dans le recueil des Marbres (c) de Péfaro. L’auteur (d)
la rendainlî : Augentio y feu Auxentio filio iulcijfimo ù béni
merenti AJhanus natione Bindelicus { feu Vindelicus ) ,De-
atrio Scutariorum & Eudocia Nice Parentes in pace. Vixit
annos L. menfem i. Le favant Italien oblèrve que le P de
flio eft un P & non une R. Le .corps des troupes, apelées
Scutariiy faifoit partie des gardes du Palais impérial. Ce nom
vient de ce qu’ils fe fervoient de boucliers , pour fe mettre
à couvert des coups de l’ennemi.
§. III.
Ecritures capitales, , mêlées de lettres réputées barbares ,
kitéroclites , grtques , enclavées , conjointes &c. expli-
cation de la planche XXX , renfermant les yxt. & Vili..
genres de la fécondé Divifon.
I. Les inferiptions de France ,d’Efpagne, d’Angleterre &c.
Admettent un m^ange fi fréquent de lettres latines de divers
ordres , grcques , enclavées , conjointes & irrégulièrement
difpofées ; que la plupart, des favans les ont qualifiées bar-
bares ; quoique chaque caraéfère en particulier fe retrouve
dans les anciens monumens romains. Notre (èpticme genre
commence à faire difeemer ces caraâères prétendus étran-
gers de ceux qui ne le font pas. Nous l’avons fubdivifé en.
cinq efpèces , toutes tirées des monoies ou médailles.
fiftT emm iifeifêdis f$ûs Jmuntina Jar- I diem de regUfe , dans laijacHc Urfus £c
viano âdifcMvà hêc ciborium. VcTgmdm I conflruîrc un ciboire ou labcraada^
Theodalf Ces crois derniers noms I Voyez du Cai^c au moc
dôsx ceux d‘aucaat de cuAodes ou gai- 1 . i . i
.. " r»
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enciat 'tes amfcùites, irri^mlimynuû'sfwccs.
[VtiL.
XLOM'vrvS •
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BÉCCARCtVS L
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B- LO CVM -ST^TvAM V
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VBl.fICiT.ÇEN
/^IVK DlEKXy
1
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DE DIPLOMATIQUE.
La pretnlcre cft un mélange de lettres eftimées faxenes en
France. Voici fes modèles. i°.Clodovius iîea:. Un tiers (a)
de fol d’or , repréfentant le bufte du grand Clovis , ceint
d’un diadème, porte cette infcriptipn. Il y a au revers une
croix entre un A & un n. Les madcmes enrichis de perles
^ de pierreries devinrent à la mode depuis Conllanlîin le
grand. Nos rois s’en fervirent à l’imitation des Empereurs
romains. Clodovius Rex. La monoie , (i) (jui donne
cette légende , eft encore atribuée à Clovis I. Mais la difé-
rence de quelques lettres , de l’orthogr^he & du bulle ,
nous oblige de la donner à Clovis II. 3°. Ùagobenhus Rex.
M. le Blanc croit que la [c) monoie , qui porte cette inf-
cription , ell de Dagobert I. à caufe que la tête a de la barbe
& paroit être d’un homme âgé. Cependant cette tête difère
totalement de celles des autres monoies , qu’il donne à ce
Prince.
La fécondé efpêce ell mélangée de lettres réputées là-
xones en Efpagne. Elle n’a que deux modèles , empruntés
des monoies de cepaïs. 1^ . Reccaredus Rex. hi.(d) pièce,
qui ofire cette légende, doit être de Reccarede II. roi des
Vrifigots l’an 6to ; li l’on en juge par la relTemblance des
lettres avec celles qui font gravées fur les monoies de fon
fuccelTeur. Cordoba. Pius. Ces mots font au revers d’une
II. PARTIE.
Se CT. III.
Ch A P. XI.
An T I CL I.II.
I‘. ESPECE.
(«) Lt Blant,
f. 14. ». I.
cti. 1. ». I». <3>
t-n-
IP. ESPECE.
(•) IM. f. )t.
». 7.
{•) UU. ». K.
monoie du roi Suincila , qui fuccéda à Reccarede II. l’an
6ti. &c devint l’an 613. monarque de toute l’Efpagne. L’é-
pithète pius fe rapone à ce Prince , dont le nom &c la tête
îbif gravés au premier côté de la monoie.
La troilième efpèce eft mêlée de lettres réputées faxones ///. ESPECE;
en Angleterre , & d’autres encore plus barbares avec les la-
tines. i". Walter Eadweardi monetarius. VP., fuit Wal-
ter, eft la lettre initiale ^Eadtreardi. M. Fountaine (/) ne (/) f»»»»»;»».
s’en étant point aperçu , a lu Waltere monetarius. La mo- Mi.7. ».«j.
noie, qui porte cette légende , eft d’Edouard l’ancien , qui
ïégnoit en Angleterre l’an 901.
dinenjîs. C’eft le revers d’une {^) monoie d’Edgard , qui is) tai- u
monta fur le trône des Anglofaxons l’an 937. 3*. cigfermo- *'
jietarius de Legeeeafier , aujourdui Chefler. M. Fountaine
(A) rend le premier mot par Sigeferth , prenant pour th un (i) un. tai. i;
id reoverfé 6c conjoint .avec un e. Cette légende eft gravée ••
M m m m ij
DiaiîizL ' 4y Google
II. PA F TI E.
SICT. III.
Chat. XI.
A R T 1 c l ï. II.
'(«) IMm
(l) Hiili ut. 1.
a. 11.
U) liiJ. n. )o
&i- 170.
lp\ ESFECB.
(J) IM. tMt. 9
»■ 5-
(e) HiJ. tsh, 6.
tsiircil, a. 1.
(/) liJt.ut. It.
n. I.
K. ESPECE.
It) C, Bl»r.€.
16. n. 1.
«44 NOUVEAU TRAITÉ
fur une monole d’EcheUbu» ou Aldeftan roi d’Angleterre >
au x'. ficelé. 4°. Eainow monetarius. C’eft la légende du
revers de la zz®. (a) monoie du même Prince. Il eft fiirpre-
nanc qu’un aulfi habile homme que le chevalier Fountaine
ait lu Eandnodmd , Sc qu’il ait prétendu trouver EaJmond
dans cet afiemblage bifare de caraâères. Branting mo-
netarius Northwieenjîs. On lit cette (h) infeription au revers
d’une monoie d’Ethelred II. qui fut facré &r couronné rot
d’Angleterre par S. Dunllan l’an 978. 6». Winjlan moneta-
rius IVincheJlrienfis. C’eft la légende d’une autre pièce de
(c) monoie du meme monarque. Quoiqu’il ait été aeufë d’im-
piété par des auteurs contemporains ; on lit dans le champ
de cette médaille Cntx au tour d’une croix. La monoie pré-
cédente montre une main entre A & fl : ce qui defigne ,
dit M. Fountaine , la confiance que ce Prince avoir en la di-
vine providence.
- La quatrième efpèce eft un autre mélange de lettres* de
figure bifare avec les romaines en Angleterre. 1°. Swefnerd
monetarius. La monoie anglofaxone , qui {d) porte cette
légende , a dans le champ , Dorovemia civitas : M. Founi-
tame n’en dit rien , & met cette pièce au nombre de celles ,
qu’on ne peut atribucr à perfone. Mais ne lêroit-ellé pas de
l’archeveque de Cantorberi f z® . Sarrow monetarius. M. Foun-
tainc a lu Saryyrd. C’eft le revers d’une («) monoie du roi
Edrède', qui luccéda à Edmond !, l’an 9^6. 3®. Eadmund
Rex.'- — Eremhbart morutarius. La monoie , qui donne cette
légende, fi l’on en croit M. Fountaine, apartient à Edmoi^roi
des Anglofaxons orientaux , qui foufrit le martyr l’an 1017.
Mais lare llèmblance des lettres avec celles de la précédentè
légende , nous porte à donner cette monoie à Edmond fuc-
ceffeur d’Adelftan.'4?. Harold Rex Anglorum. C’eft la lé-
gende d’une monoie de (/) Harold , qui fuccéda l’an 1036'.
a Canut le grand ; au royaume d’Angleterre.
La demiere efiièce de ce genre eft un mélange de lettres
barbares & de ^gures hétéroclites en France. En voici dix
exemples. 1". Exona fici. Une monoie atribuée à (a) Clo^
vis I. porte 'cette légende , qui nous aprend qu’elle fut fta-
péc à Eftbne dans le Parifis. Mais le mot fici , nous lèmble
étrelà pour/ïd, plutôt que pour r". icutUriw.CQ mec.
mm •
Dioitizfid hv C.f J luU
^ - ..
DE DIPLOMATIQUE. <?4j
paroic fur une monoie du côté de la tête. De l’autre côté , —
» dit M. le (a) Blanc, il y ale monogramme de Chriflusbc pour * partie.
» légende Araftes.’‘ Nous croyons y voir bien clairement Ara ^ y
fanda ChriJHfiwAra fanclte crucis.Ccaeïeçon convient mieux A r t » c i e. ir.
à la croix , qui remplit le champ de cette monoie de Théo- (») inj. p. j,.
doric I.ou II. .Sigebertus . MaJJîlia3oax.tro\ie (b) àonnela
monoie , qui porte cette légende , à Sigeben 1. 4°. Segibertus (“j lVbu«c'
Rex. La monoie , fur laquelle on lit cette (c) infcription , peut P- +)• »■ »■
bien erre de Sigebert II. à caufe de b diférence des lettres.
y°. Rimualdus monetarius. Ces mots font au revers d’une
{i) monoie frapée dans l’ancienne ville d’Alet , dont on voit
les ruines à deux mille de Saint-Malo. 6®. Cantovicino Jù.
M. le Blanc (e) a mal rendu cette légende d’une monoie ,
qu’on peut avec quelque fondement donnera DabobertIL (fjitij.f.jo
Il a lu Cantofiako. ft. 7®. Mettulo. M. le Blanc {f) n’a
pu fornaer aucun mot des caraûcres , marqués fur le revers
d’une monoie de Charlemagne (i) , où nous lifons ce mot. . .
8®. MwGWTTCette légended’une(^)autre monoie du même ». 4. '
Prince eft du nombre de celles , que notre favant médaillifle
lailTe à deviner. Ces caraélères expriment , b ville
de Mayence. 9®. Mwgw , Mougu ou Mougut pour Mon-
gontia. Ce nom de b même ville paroic encpre au revers
d’une monoie {h) de Charlemagne. Ces deux revers n’ont pu
être déchiftés par M. le Blanc. Ils font (j.) éfeélivemenr
( 1) M. Eckhart dans fa France ( foricn-
cale oc prend point Mettulum pour an lieu
parcicuiier. Nmmmi^^i'Wj.MtdolusyHe-
tHllttm ti4ri t 4tque tn tti*m
Bjtrbsrt fît* implicat} feriptum »Jiindunt,
TAêtMllum Jîvg M^olum Vnleputin Pie-
imvur^b cetnitatu fseert nune hUUi
dici exiftim/ft. Al te/erra idem io Burdegs-
tinfi trxâH t ^ quidem in lare Medpc va*
uuê refinre putnt. ^ Vide tfftA de eedem
in numnùs Pippini Btps diximm. Il ajou-
te & prouve méme^ que , M#-
itUlnm &c. veut dire une fabrique àt
rnonoiesou roffictnci où Ton les fâir. M.
Eckhart donne une page entière de mo
Aoics de CbaTlemagnc. la quatrième
porte d'un côté Cnrelms & fur le revers
Akrincus en lettres conjointes de bétéro-
dttes. Le doéle Allcman a lu Bmna. On
aoù pat ccc exemple de par bcaacoop
d'autres combietr on a fait de fautes en
lifaoclcr anciens monumensiparcequoia
n'a pas bien connu les caraâcrcs.
(») Ils marquent la ville de Majreaee y
où l*on voit de plus d'aotres moootes fous*
. Charlemagne , à qui celles-ci apanieo--
OCQC. Les monoies furtouc de ce mooar*
que, ont des a forts petits , que M. le
Blanc qualifie d'o micron, lis paroifTena'
dans leur plus grande petitefTc fur l'uno.
te l'autre pièce. La lettre pof?e en di-
fifrens fens , ef{ celte de toutes , qui a
dûparoitre laples dificilc à deviner. Mais
nous avons des lettres fur les monoier
anglofàxones de la même figure. Elle»*
ont précifémeot la même valeur. La fi-
ruation un peu difércme ne doit pas beau-
coup inquiéter ; après avoir va tous les*
reoverfemcDS de lettres nficés dans eer
. fièclc & les précédent. Les «xcmplca^.
(i)Tem,up,si^
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^4^ NOUVEAU TRAITE:
trés-di<îciles. lo®. Rodulfus hic fit Rex, C’eft la légende (a)
^sicT* in '* monoie de Rodolphe , frapée à Sens, Elle nous aprend
Ch^a 't. XI. que Rodolphe, duc de Bourgogne , fut élu dans cette ville
A K T I Cl I. II. roi de France par les Faélieux , apres la mort de Robert,
{•jiuj.f. I4J. duc de France, & frère du roi Eudes. M. le Blanc lit Rex
inclitus , prenant l’F pour une L.
fcriturcj encii- II. Le huitième genre , repréfenté dans la xxx'. planche,
riîteùhiKmcnT ’ compofé d’écriturcs capitales , mêlées de lettres con-
ji^fiScs.hiitiro- jointes , enclavées , irrégulicrcment difpofées , grèques , bar^
dites «te. bares &: monogrammaciques. C’eft le précis de tous les gen-
res de notre fécondé divilion. C’eft ainli que le dixième de
la première nous ofre , pour ainli dire , une récapitulation
exade de tous ceux , qui l’avoient précédé ; pareeque dans
l’une comme dans l’autre divilion , prefque tous les mêmes
genres d'écritures s’y reproduifent , fous la nouvelle forme
vin'. GENRE, de lettres conjointes , enclavées monogrammatiques. Ce
huitième genre n’eft Ibudivifé qu’en quatre elpèces , dont
voici l’expolition.
I*. E s ? ECE. La première eft un mélange de lettres couchées , renver-
fées , tournées à contre fens &c. Onze inferiptions lui lêr-
vent de modèles dans notre planche. i°, uiis Manibus.
Félix Taurinus filius Cafiuonis eerarii fratri pofuit, M. Le-
(h) Dijptrt. I. beuf en publiant (e) cette inlcription , lims la lire , dit qu’il y a
/• A- !• à deviner. Mais pendant qu'il ne veut dm qu’on devine ; il ne
doute nullement , qu’il ne faille lire Taurinus, Son graveur a
négligé de faire lentir la conjondion de l’I & de l’N.
1°. Claudiae V arenillae Claudii V areni confuLis filiae civi-
tas Fiüonum funus , locum , fiatuam , monimentum public} :
Marcus Cenforinus Pavius o\xPaulus,Legionis aueufiee Præ*
feSus , Praefes Provincîae Aquitanicae , Confiai defignatus ,
maritus honore contentas , fiuâ pecuniâ cunSa ponenda cur~
avit. Cette infeription , qui fe voit daiu l’églife cathédrale
fx>us en avons rmrt^s » pooroicoc
tm apuyés d'une inooité d'autres. L*N
de la ruicme monoie e(l d*unc figure
cxcraordioairc $ mais d ne lui manque
prefque nco » pour rcflcroblcr à TN de
(e) iOM, HJuduio , qu'on peut voir dans le (d) cin-
quième genre. Pour ce qui regarde le T »
Je la fepticme monoie ; libre de ne le
prendre que poar une croix , qui d^rer*
mine le commencement Sc la fin du mot.
Si le nom de Ma/igm ou Aùâfwi ou
/Mvr , oc paroic pas repr^fenter Tufifam-
mcot le coramencemenc du nom de Ma*
XHjitie ( on peut croire , qu'il eft ici en
allcinanf tel qu’on le parlote du tenu de
Cbailcmagne; ainfi que dans la monoie
précédente , le mot alicman to^êld cft
placé ùxx le letcrs.
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DE DIPLOMATIQUE. «47
de^oitiers ,cft au plus tard du commencement du i v*. ficelé.
Elle a été lue diverfement (i)par(a) D. Mabillon & {i>) D.
(i) » Un ttès-liabile homme , que
•• jai confult^ fur cette infcripiion , dit
n (() M. du Radier , la lit ainli : CIkm-
tt renillt Cluimni cm/ûlis fiUt troitas
■9 fUlrntm funu! , /««m , > nu-
ta nimtnium fntlUnm M, Ctnfcr Pnvim
a Ltittut Augnfti , fTefrttnr ( ou frtfrti-
»• ftt ) frcvincu Ajuiitniet , emfiil dt-
a figHmtU! , mnrilHi hm»»t cnitntui ,fna-
m (fit cm» ( ou etnditint ) fmndmn en-
ta ravit. Quelque déféreoce , ajoute l’au-
a teur , que je doive à (es tumicrci , je
a peofe qu'il lâut lire , CtutdU Vmt-
a nill» CUttdü V*rnù cnfttiit ; ayant re-
a marqué des points entre Cl. & le mot
a Varenillz , ainli qu'entre Cl. & V»-
a ttni. " La remarque e(l très judicieu-
tt dt dans le goût romain.
» Je regarde comme une faute la fa-
a çon de rendre stiaq. c. par fudjtu
ta euri , e»»fi ou cmdHimt. La lettre q
a n’ell peint un Q dans les anciens ca-
a taûcrcs romains, a II autoit mieux
valu dire dans cette infcription : Nous
ne femmes point perfuadés , que les
anciens o’culTent pas le q oncial , qui
k trouve dans des mlT. très-anciens &
qu'on croit au moins du iv'. (iccle. Mais
écoutons encore M. du Radier. » Cette
a figure ètoir , je penic , inconue , pour
a valoir le Q. C'ell un P renverl? , il le
a C eli l'abregè du mot cmjngt ; de ma-
a nière que je Hs avec un fens jullc fit»
a pro cntjngc pcundnm emmvit. Il y a
a dans celte inferiprion même la preuve
a de ce qne je dis à l'égard de la figure du
a q pour un p dans le mot Prcvinci* ,
aa qui ell la fin de la précédente ligne ,
a & au commencement de celle-ci. écrit
a comme on voit par un P , tracé avec
a la meme figure , auquel efl joint une
a R en cette forte. Ç « Cette dernière
figure fe trouve fur plufieurs autres mo-
numens pour lignifier P R.
Nous avions déjà fait tirer cette inf
cription ; quand nous l'avons trouvée
dans le Journal hiftoriqne , te nous l'a-
vions lue comme M. du Radier, à quel
2ue$ exceptions près. 11 fCmblc qu'on
si; liie Ctnftrmm ti non pas Cmftr.
On ne voit point ce nom parmi ceux
des anciennes familles romaines ; au lieu
que le premier ett fort connu. Peutètre
vaedroit il mieux lire l’aniiu que P»-
vîm. Le premier nom cil célèbre parmi
les Ronuiins : les exemples du lecond
ne fc voient point, où font très- rares.
Dailleurs on trouve fouvent dans les an-
ciennes inferiptions 3t les mlT. des L
abfolunenc fcmblabtes i des I. On le
voit même ici dans tUiae. Nous ne rc-
jettons pas Ligatas Angafii Propriter-
On fiiit pooriant un fens également bon
avec Ltgimit Augt^a frafcHut , Prafet.
Quoique fitâ fro ecajage falTc un fens
allez raifonablc ; en voici un qui pa-
coit encore plus lâtisfiùlânc •- faâ pua-
aid cmtSa ptatada taravit. La ville de
Poitiers décerne des oblîiqoes , un lieu
pour y énger une llacuc , te un monu-
metK public à la mémoire de Varenille,
Mais Cenforin fou mari , content de
cet honneur , fait faire de fon propre
argent toutes ces chofes , qui dévoient
être exécutées aux déms du Public. Il y
a de plus une rédondance, qu’on évite
dans les inferiptions , <f exprimer dans la
même ligae Ion mari tt fon époufe ;
puifqne l'un des deux en difoit alTcz. La
formule fàâ pumiâ ell fréquente dans
les anciens monumens , te l'on ne l’ex-
prime d'ordinaire que par le figle P.
Noos trouvons un Marcat Ctnftriaat
confui , huit ans avant l'ère chrétienne.
D’un antre cété nous avons deux Va-
tanes , l'un confui 00410. te l'autre en
4f<. Mais fi l'infcription regarde quel-
qu'un de ces perfonages il n'ell pas pof-
dble de les ajufler enfemble.
Une autre anriquité poitevine n'a guère'
moins donné d'exercice aux fâvans. C'cA
l'infcription gravée fur la clé de ta voûte
du choeur de l'églife cathédrale de Poi-
tiers , au-delTas de l'ancien fanâuaire.
BelU en a donné une vingtaine d'expli-
i carions, lâns donner la véritable. On peux
les voir à la fin des Annales d’Aquitaine
par Bouchet. La dificulté d'expliquer
cette infcription cil venne de ce qu'on l’a
! mal lac. La voici tcllq qu’on l'a publiée:
II. PARTIF..
S EC T. III.
Ch A P. XI.
Aa T i c 1 1. II.
(a) Saplem. dt
T» dtplem. p, I r y,
(i) I . l't/agc ht-
tu. p, I. (ja y.
(c) Jnmal dê
Vudaa. Décttab.
i7Jo.p. 4}j. &
A}4.
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II. PARTIE.
S Z C T. III.
C H A F. XI.
A > T I C L Z. II.
f») Jnirnul it
Vtrdxn Déetmiit
nso.f.
/«IV. Mm 1 7 1 1 •
f 54*- <y /««.
(h) Mém. dt lit-
ttfMt. de l'Acsd,
des Infeript, r.
/- 704*
(f) $$ÊfUm, À
rÀ^ti^. expi» t» fé
fi.xr.f. 41.
^48 NOUVEAU TRAITÉ
Martcne , MM. du (a) Radier & l’abbé (i) Belley. Elle eft
renfermée en quatre lignes , gravées fur un marbre blanc
long de lept piés , un pouce &c huit lignes , &c large d’un
pié neuf pouces &c une ligne. Les lettres de chaque ligne
font à très -peu de chofe près de la même hauteur ; mais ces
lignes vont toujours en üiminuant ; parceque le marbre n’a
pas alfez de largeur , pour contenir quatre lignes en aufli
gros caraêlères que ceux de la première. Le C. initial a
quatre pouces moins une ligne de hauteur Sc autant de lar-
geur. Dom Fonteneau , qui travaille avec fuccès à l’hiftoire
du Poitou , a bien voulu , à notre confidération , employer
quatre jours de fuite , pour déchifrer& examiner avec la plus
Icrupuleufe exaûitude toute l’infcription , les abréviations ,
les points & les autres traits , qui l’acomp^nent. Un favant &
curieux mémoire de dix-huit pages in-jolio a été le réfultat
de fon travail. Non feulement il y donne im alphabet des
lettres, qui entrent dans l’infcription; mais il examine en-
core chaque mot en particulier &c anatomife tous les carac-
tères les uns après les autres. C’eft fur fon mémoire que nous
avons fait defliner &: réduire l’infcription , telle qu’on la voit
fur notre planche. 1°, Aurelio SaturninoVeierano defunSo
annos quadraginta quinque , & Aurd'uxSecundinx conjugi
defuncù annos viginti quinque,ô‘Aurelio Secundino fratri de-
funclo annos.... Cette infeription (c) fépulcrale , copiée par
BoilTard à Gratz en Stirie , ofre quelques particularités ; telles
que la figure des ET , du chifre xxv. & des © , qui mar-
quent, que les perfbnes font mortes. 4". Diis manibus
0 Ayo
M V II bx
1 O I 1
DomFoQienin , Religieux de notre Gtn-
grégatioo, dont fut les lieux, l'a examinée
lui- même arec le feceutsd'une lunette à
longne vue , te a lu irès-diHiuélcment.
A. y
M. vîl ix“
I U AT
L'A veut dire Aaiu ; l'V formonté d'nne
bare lîgnifîe VnH -, l'o placé fur l'M.
donne militjim» } le C renvcrlé , mis au-
dclTut du vil, cil un O , qui o'eft pas
M.
bien fermé , te qui Urt d'ab;éviation i
ce chifre ; ainfi que l'o gravé fur l'X.
Le b de l'infcriprion de Bedi cil une
chimère. L’I de la dernière ligne vent dire
tN te le C reoverfé carnati. D. Fon-
cencau a cm qu'il lîgnifioit CJbrÿli , te que
l'N avec le petit trait , qui ell fous ia
diagonale pouteir fe tendre par ntmau.
D'abord ce lavant Religieux a donc lu i
ta dernière ligne , Ii> Chrijii atmint. Mais
depuis il c(i convenu avec nous , qu'il va-
loir mieux lire IncamMi. Voici donc
l'infcription expliquée : Anno vtaai
MIlLtSIMO SirriMO SZFTVAOZSIMO
INCARMATI.
Di.:
DE .DIPLOM ATIQirE.' €^^9
Marci Conceneti Manellini Mareas Congius Ju^inus. Si ma-
jor auSoritas patrimonii mei fuijfet ; ampliori titulo te proje-
cutus fuijfem , piiffime pater. M. le nurquis Maifëi a puBlié Sc
expliqué cette épitaphe dans fon Mufeum (a) Veronenfe ,
ainli que la fuivante. Diis manibus {J)) PubliiVirucate
P. F. Maximi & V alerta P. F, Urfee , Pubüi Virucate Ma-
ximinus & Tertius parentibus benè merentibus : quorum oh
memoriam dederunt coUegio nautarum Vico Arilica (vel Ari-
licenjî) confijlentium fejtertiûm quatuor millia numûm\ ut ex
reditu èjus \ fummm ) quodannis ( id eft quotannis ) rofas ( rofce )
eis deducantur & cibos ponendum , ficus (juxtà ) veterem con-
fuetudinem.Fioai avons fuivi l’expUcation du doâe Italien en
rendant la valeur des chifies , qui expriment la fomme léguée,
pour aporter tous les ans des mets U des rofes, furie tombeau des
deuxVirucates. Dans cette inlcripdon, les lefterces valant deux
as ou deux livres t£ demie , font marquées par L-L-S. Les im-
Srimeurs , pour leur commodité, ont mis une H en la place des
eux LL. qui faifoient livres èc ont retenu l’S qui fignihe
femi. De forte , dit Dom (c) Lancelot , que fejlertius eft dit
pour femijlertius 6°. Telafius monetarius. La monoie , qui
porte (d) cette légende , eft réputée apartenir au roi Chere-
bert I. à caufe qu’elle repréfente , comme les autres monoies
de ce prince , un calice à deux anfês, avec une croix audelTus.
7*. Carolus rex F rancorum. C’eft l’inlcription d’une (e) mo-
noie de Charlemagne. 8®. Une autre monoie a d'un côté :
Carolus imperator , Roma , & de l’autre : SanSus Petrus ;
& en monc^rame Stephanus. M. le Blanc n’a pu déchifrer
ce nom , qui ne peut être que celui du pape Eaenne V. Ce
qui prouve que cette pièce ne devoit pomt être rangée par-
mi les monoies de Charlemagne , mais de Charle le gros.
Les deux fuivantes portent dans leur monograme Johannes :
ce qui prouve encore que ces monoies ne conviennent ( i ) pas
( i) Nous Toyons aiofi 8c même d’une
manière plus claire, parmi les monoies de
Louis le oâmnaire , les monogrames if A-
drien 8c de Pafcal , 8c d'nne manière plus
obfcure cemi de Valentin , de Bènoit 8c
de Nicolas. Mais c’en une taiTon pour
dcet è Louis le dâionaire les monoies
1<. fc, }t. de la los*. page de M. le
Tome IL
Blanc , pour les refliniec à Louis II. fils
de Loihaire. Ceft encore une preure ,
qu’on lui a donné comme è Cita ayeul
le titre de fittuc Gtr Tes monotes. An fur-
plus la formule de cet monogrames ou
plutôt de ces iofcriptioni en figlet ,
S R. E N , c'efl-i-dire , SmtSt Rmutms
B(d<^ tfi/afm IIM*m , rupofe que la
Nnaa
II. PARTIE.
SacT. Ilf.
CHsr. XI.
A UT IC t s. II.
(») P*;. CUL Ttl.
{i) ItùUm.
(t) MithJ. Utim.
f. 6fO.
(d) Li Rtamr.
f. 4» ». I.
(«) UU. f. I7.
(/) nU.f.,z,
». 4.
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II.
ijo NOUVEAU TRAITÉ
à Charlemagne, mais à Cliarle le gros ou à Charlc le chauve.
Par TiE. 5|o. Hbthanusimperatorpius.Té\ï& eft la légende d’une autre
y {• monoie de {«) Lothaire , alTocié à l’empire par Louis le dé-
Sect.
Ch AP
Ae"iVÎi. II. bonaire, l’an 817. & couronné à Rome le j. avril 8zjt, par
(a) P*i- loi. le pape Pafcal I. M. le Blanc avoue que la fi|nification des
ta. figles , gravés datu le champ de la pièce , du coté du revers ,
lui eft mconnue. Nous voyons clairemenc dans ces figles :
Pafcalis Papa fanSa romana EccUJùe nofirca epifcopus , 10°.
Q. Fa6i Uermetis. Cette (i) infcuption eft gravée en creux
fur une petite planche , qui lotfqu’tm la noircit avec de l’en-
cre , rena les lettres blanches fur un fond noir. Elle a pu lêr-
vir egalement à cacheter fur la cire , & à former des figna-
nires ou Ibufcriptions. 11°. Qic jac ou Hic jacet Pindhia.
Cette infetiption fepulcrale fe trouve dans le (c) Prologue de
la polygraphie cfpagnole. Mais Don NalTare en la publiant,
a. laiflé à lès leûeurs le foin &c la peine de la déchifrer. Les
À y prenent la figure du B. renverfé &c contourné.
La féconde efpècc des écritures enclavées , & conjointes ,
eft mêlée de lettres eftimées barbares. Notre planche nç lui
donne que ces trois modèles. 1“ Hic rtquicfcit in pace ho ne
memorieOrios Leodanus. ,quivixit plus menus annos xxxy.
obiet fub die Ealendas aeujlas , indiUiont xy. annos xiiiJ.
rtgno donini nojln Leovildl re^is. Cette épitaphe (i) le voit
dans l’églife paroilliale de T rouillas fur le caïul de Languedoc ,
(t) Umrtutri mh-
tij. itsl. t. ]. ut.
II».
[t)Ttl,XK.U. I.
IV. ESPECE.
fa) l.e BUm.
f.71.
X*. lettre eft une R , à laquelle manque
un trait : quoique nous en trouvions
alors fous cette ibttac j S: que l’E fert
à . deux fouclioos I il i
fm. Mais cet ufage peut fc prouver pat;
{à) beaucoup d’eiemples patcils. Lrr
dçut n. ont «R ttaic de réuoioo faprujiti
ce qui éioit Rfors fort cotnmua.dans les
raonoics d'Angleterre. La deuxième inf-
ciiprion portera S^mHm KomsmÂ
fu tpifetpHt Vultnimm. Il n'cft queftion
qM de dounci à TB le même double
niage , qu'on lui atribuc dans la rodnoie
piéci'dentc. La troiCème aura cette inf-
etiption , Kmxpu Bofirt EteUfid. tpifetput
BpatScliu. Cette fotinulc fo itouve dans
les bulles mimes des Papes , au lieu de
SMiHi Rtmatt* udeJU. De plusl'I fêta
uq £ mal fatc ou mal tcpiircncd. Si l'oo
U i; U i l
cxplitiue mieux ces ligles i nous fommei
prm a y dounet les mains : c'eft affez
pout noos d'en avoir tenid rexpiication.
Ony douve l'rpoui l'i dans*»'
aufte oiiet >,qui font mis pour mimu Bc
Mit. eft dcric pour «NjiqCar ,
comme dans pluüauiE anciennes iedecip-
uons. Le fcruimcnclc plus commun.eft)
que les indidiions ont commeued le 4.
Septembic de Pah jit. La ly*. indie-
tion , jointe aux Calendes d'Août dans
l'infcripiion » indique l'an jSi. pour la
14'. atmdc du i^e de Lcovigilde ,
mort en f* J. II «ut donc que ce roi*
des WUigoths ait monté fnt le trône dès
l'an fit. Ainfi notre infetiption peut fer-
vit à corriger les liiftotiens , qui le font
td^ec deux années plus tard.
V •
DE ATlOUÉ. 6fi
^‘rès le pont de SefTé 8£ le Somail. EUe'nous à été cOm-»
nraniquM par M. l’Abbé Belley de l’Academie Royale dfc*
Infcriptions& Belles'lettrcs. Dora Thierri Ruinait (a) & DôA
NalTate (é) l’avoienr tléja publiée, fam la liie. Ces deuil fk»
vans ont fi peu veillé fur leur graveur , qu’ils lui ont pi<R
les points , qu’il a mis ftial“à-propoS fiït les i-. ^.Carûlvi eft
la légende au premier, côté (r) d’urte mOftoie de Charles
magne : elle a au revers Narbo, Au lieu de ce mot , M. li
Blanc , lit Ntufirite rex. Bononia , ou , comme il ajoute , toute
autre ville , qui commence de même. U étoit plus fimple dè
lire Nario , comme a fait \i) M. Eckhart. , L’^ renferme
auffi-bien un A qu’un X. On ne voit point que Charlemagne
ait pris fur fes monoies, ni peutctre ailleurs le titre de Neujtrié
Rex. Quand on met alors une grande croix fur le revers des
monoies , les intervalles des quatre angles font toujours rem-
plis de lettres , qui forment le nom de la ville , oÛ elles ont
été fabriquées, 3®. Æthelreirex Anglorum. La monoie , qui
(e) porte cette légende, apartient au roi Etheircd lï. qui montà
fur le trône des Anglois Pan 578 ; quoique le diCvalier Foun-
taine l’ait donnée à Etbeked I, qui fucceda à fbn frere Ethd-
bert l’an %66.
II. PARtiE.
itrt. III.
CUai-. XI.
A*t rcia. ’lt.
(«) Gregor. T«-
rm.^ir.cfk i iwl
(l)
EJhmn.ffl. XVI.
(c) Le Blmmc
f. S7.,.».
(i) Frxw. «riffli.
I. x.f. 95.
(f) Feimt. mt. t .
La troifième efpcce de ce huitième genre eft un mélange ESPrEê^
de lettres irrégulières dans leur forme ou leur arangement.
Notre planche lui fournit quatre modèles. 1*. Carlm. Ces
cinq lettres compofenr le monograme deCatloman , gravé
fiir une (f) monoie , au revers de laquelle M. le Blanc Ik
Aufirafiorum rex. Nous aim^ions mieux lire Arelate , Arles ,
où cette pièce aura été fabriquée, a”. Carolüi. La monoie
de Cliarlemagne , qui porte cette incription , eft une des
Ex , dont ce favant n’a pu déchifrer le revers. Nous y trou-
vons en monograme €adurci, Cahots. 3*. Carolus. C’eft le
nom du même prince , gravé for le pretmet côté d’une autre
(h) pièce , dont le revers n’a pas été hi par M. le Blanc. Nous
criions y voir Benebentum , Benevent. 4®. CarolusSilva-
neâi. Une médaille de Charlemagne , dont nous pollédOns
l’original , nous a donné cesdeux légendes. Elle n’eft point danS
le Traité des monoies de M. le Blanc. Nulle autre ne porte
ân revers le monograme de la ville de Senlis , où la pi^ a
été fobriquée : ce'qtd la rend ttès-fingulicre. On Ht SUra^
N nnn i}
(/) le
f. «7.». I.
(g) IHJ. e. 1.
(t) ïUd. m. 7.
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II. PARTIE.
Si c T. III.
C H A P. XL
A A T 1 c 1 1. ,11.
IV . ESPECB.
(a) Prtlei. fffl
fri. xviii.
m p-i- 17«-
(f) Jour», dtt ft-
vmi in ImriU f i .
lirai’.
E:rinires cacla-
léci.avec un mÉ-
bogc de leoxcs
•ocalci.
Eft NOUVEAU traité -
Tuafi dans ce.monograme SLVAT. Dans les monoies les mé'
ines craies onc (buvent plufieurs ufàges. Ainll on trouvera fans
peine dans celle-ci , inecis. Il faut fe fouvenir , qu’alors le
nom de la ville ocupoiç ordinairement tout le revers des
monoies. ^ ^ i ■'rivt ■;»! ù ■» . ,
La quatrième elpèce des écritures capitalj^ enclavées Se
conjointes, eil mêlée de lettres ncques U de latines minufi
cules &c curfives. Notre planche eS terminée par deux inferip-
tions de cette forte, i®. Maria fidelis Chrtfti in v'uâ fui ^
hune dili^ens locunt, ibique fummùm manens Çf rebus qua-
tuor déni uno fupervixit annos , eum penitentiâ rece^ in
pace , die feptimo idus manias , fecundo Reccifvinti regnan-
tis cum pâtre principis anno. Cette inlcripcion lépulcrale (ê
trouve dans la (a) Polygraphie d’efpagne. Ce monument fin-
gulier , pour le ftyle & les cataâères , eil daté de la féconde
année du roi Recefvince régnant avec Ton père : ce qui revient
à l’an 6 y O. de l’cte chrétienne, a®. Leuaelinus hic requifeit
in paee. Vixit camus L. defuntus efl , ubi ficit Genuarius
dies XV.- La croix , qui commence cette épiuphe , prouve
qu’elle eft chrétienne. Elle fut découverte dans un tombeau de
pierre, auprès de l’abbaie de S. Acheul d’Amiens l’an i£^o.
On la trouve dans les {J>\Recherches curieufes des monoies de
France , par M. Boutetoue. Le P. du Molinet (c) y voyok
des lettres gauloifés fi£. barbares, furtout l’L &c l’S. Mais la
première eft purement grèqiie , Sc la féconde eft l’f curfive
des Romains. Du refte cette infcrïption &; la précédente font
par£ütement conformes aux diplômes du vu®, ûècle , quant
m ftylé & à l’orthograp^. j.,
*.. > t‘>'i llt> . ni c:r ' ' jyi ' ’t.;' - ' '
Mélanges des lettres onciales , minufcuUs & curfives avec U»
capitales enclavées & conjointes. Explication de la planche
XXXI. contenant U ix®. genre de la fécondé Divifion.
I. Quoique cette planche ne fbit qu’une fuite de la pré-
cédente ; elle a cependant cela de particulier , qu’elle réunit
les écritures capitales , enclavées , conjointes & monogram-
matiques , avec des lettres de diférentes claflés fie de divers
ordres , introduites dans les ^criptions métaUtques fe
r ■ ' r.W ■
Digitized
ile^, minti^cuics et ctmeives, avec IcJ- capitales enclavées et con/ointcs.
JS LoevLvmj*
RiSVTORg ^
V -s
y^HiWbOEN^>
îçaeTooausj*
^/ICTMODOMteR'o
pCirOfflffîAVlA ^
&AlM‘j[EW
Maeitere&t
•IlIrARLl
LsfSîtoMc
^3IESeT lA
KinlD’i
'lOKAtDO
’treMOTCMlHXÎîFtoi''.
l
>€Tünx»soipeRïWGVsTüs
• B
RATÎK
:hs:s.<^
Digitized by C^ogle
DE DIPLOMATIQUE. ^J3
daires. Ce mélange compofe le dernier genre de notre fe-
conde divifion. Nous l’avons diltingué en trois efpcces. H. partie.
La première eft mêlée de lettres onciales. Elle le mani- ^ y*’
fefte dans les neuf infcriptions , que nous avons fait graver, AuticIe ii.
pour lui fervir de modèles. i°. In hoc loco rcconditus Amaf- ix'. genre.
vindu monacus , onejlus & mamijicus & karitate fervidtu , j especb
qui fuit mente fobrius Chrijli Del egregius , &c. Ceft ici le
commencement d’une épitaphe e^agnole du (i) x‘. fiècle,
publiée par (a) Aldrette , Dom (o) Mabillon , & Don An- (,j ^
tonio ^c) Naflarre.jCe dernier a mal lu quelques mots. <u u Un^
1?. Hic paufante JTq Germano in die Tranftationis dédit ei
Rex P ipinus fifeum Palatiolum , cum appenditiis fuis om- (î) Dtrtn difi.
nibus. Cette infeription du v 1 1 1 '. fiècle , qui conftatc la do- P- 4 1 f .
nation du fife &c de la terre de Palaifeau , faite par le roi Pe-
pin à l’églife de S. Germain des Prés , a déjà été publiée '
plufieurs w fois. Elle fert de bordure à im cartouche de U) Hijf. de i At-
marbre en caré , au milieu duquel on voit une croix an- *?'' ^
crée Sc d’un marbre paniculier. L’S y paroit fous la figure
du Z. Les lettres y font inférées les unes dans les autres avec ».
beaucoup d’art. D. Jaque Martin expliquant ce monument ,
en prend ocafion de reprocher à Voflius d’avoir pris la let-
tre Q pour un G. C’ell, dit notre Bénédiâin , une véritable
S. A la vérité on trouve des S , qui aprochent de cette fi-
gure; maisnos alphabets grecs & launs prouvent , que Voflius
n’a pas eu tort de croire , que c’eftim véritable G , de forme
onciale. 3“ Idem autoritate mandatas fortis .... ijftudjudig-
Jium CO .... ^ uriem huic tivitati f. . . enAu^fia Gemella
Tuccitana idem.... Varcum midtarum eft oBuntuuU a... bftata
converfa res ita popuü qu. ef. . . . tuUafti auftlium Salva-
toris eterno Deo cyus jurati pus f. ... in ... {q) uos funt
adverfario cum mautia egrejfto in popuü freofe .... viSoria
&^ufto(üa funt fanSe Colombe regu q Populi cum
gaudiofalv deftjanÜo Marty ris Siprano. Amen. On croit que
cette Infeription de Martos en Efpagne elf relative au tombeau
(i) VoicrU date de cette inlcnprioD
'fipolcraie > KuUtndM jiuuunM dteim» ,
mur , ttrd fuUtrtmfiu caa<»,
dtrmivil , Et vmrii htt <3>ét erd m-
tim dtttm UfyiÊt dttitt. JLig»»ut X)t-
•uat Ihtfn cihjh aitifimt. Ccft-i'dict ,
qo'Araafvinde motarat keemltedi , la*.
joui de Ddceaibte de l’an }8t. Le titm
de Pmfitr , (]ne lui donne l'dpitaphe ..
ne pennet pas de douter , qu’il
abud.
]
•J
S
I
H. PARTIE.
SlCT, III.
Ch A P XI.
A ft T 1 C L 1 II.
(.) nu, fa.
vtrf» ZT.
Vî4 NOUVEAU TRAITÉ
de fainte Colombe , qui fbufric le martyre à Cordouc l’an
8 J 3 . Il y eft aufli |«rl^ «le S. Cyprien & de l’ancienne ville
Augujla Gemella Tuccitana , fort connue dans l’antiquité.
Don Naflarre s’eft contenté de publier cette infeription mu-
tilée & d’un ftyle barbare , comme un modèle de l’écriture
ancienne , que les Efpagnols délivrés de la tyrannie des Mau-
res ou Mahométahs ont toujours conlèrvée ; mais il n’a point
entrepris de la lire , &c encore moins de l’expliquer. U en
a ufé de même à l’égard de la fuivante , qu’il croit Portu-
gaife j quoiqu’en qualité d’Efpaçnol la cliofe dût peu lui
coûter. 4”. Aullio o j'aitt , o rétamas offert ceo , con erî
mil y fateta ou fetenta. Santaulio a fait ceci , Petamas l’a
ofert , l’an mil foixante & dix de l’cre ; c’eft-à-dire , l’an
1031. de J. C. L’écriture de (a) cette infeription eft mêlée
de lettres minufcules &L conjointes fans conjondion aparente.
Plufieurs de fes caraderes étant douteux &; fort équivoques j
il eft très-dificile de la lire furement. Auflî ne la donnons-
nous , que comme un modèle d’écriture latine extraordi-
naire’; fans prétendre abfolument garantir l'explication, que
nous lui donnons , après avoir confulté de très-habiles gens.
3°. Cornes Stephanus & Adela comitiffa ,fuique heredes per-
donaverunt hominibus ifiius Patrie hutagium in perpetuum i
eo pa3o ut ipfius caflellum muro claudeUnt. (^uod fi quis
violaverit , anathema fit , Dathan quoque & Zihiron ma~
lediüionem habeat. Cette infcilpclon lapidaire du xi*. Cè-
de , gravée fur la porte de Blois , a été oubliée par Bemier
dans l’hiftoire de cette ville. Elle eft dans le ^le & la
forme des ades du tems , ou plutôt c’eft une vraie notice ,
dreÂTée pour conftaterà la poftérité l’acord fait entre le comte
& la comtefle de Blois d’une part , leurs fujets de l’autre. La
voici en franÇob : Le comte Etienne & la comtefle Adèle ,
tant pour eux que pour leurs héritiers; ont remis à perpétuité'
aux habitans de ce pa is le droit de boutage, ( ou les prefbtions
de vin ; ) à condition qu’ils conftruiroicnt un mut au tour du
château. Si quelqu’un donne ateinte à cet acord ; qu’il foie
anathème , & encoure la malédidion , prononcée contre Da-
than &c Abiron. On voit ici l’ufage d’employer des impré-
cations dans les ades. On fera voir ailleurs , qu’il remonte a la
plus haute antiquité. On trouve la fignificarion de boutagium
D „ -ridbyCoogk
de diplomatique,'
ou butagium dans le du Gange de la nouvelle édition, i " . Les ■ ■ ■■ *
vers fuivans font partie d’une ancienne infcripcion mutilée,
découverte en iJ44. & dépofée dans l’églile des Domini- chae.' xi.'
cains de Cordoue ; . arteci,. ri.
. , , Ambitns fcLcri glonam. de. merci cnioru
Rex tribuit eui coronam perfeSa fiuura
Tu 'aaque nutihus Martir nos manda divinis.
Idem fub erâ nobles centum jugulatur.
Sexagies & uno , feptem de KaUndis
' . ^ ^ ta Aprilis.
Don Nâflarre , en publiant (a) cette infcription , ne nous
fait point conoitre le nom du faînt Martyr , dont elle fait nffsn. fJ.Kliû
l’éloge. .Elle nous aprend , qu’il lut couronné le lêpticme '
des Kalendes d’ Avril , de l’cre efpagnole 96 1 : c’eft-à-dire le
16*. jour de Mars de Fan 9zj. de J. C. Les T de ce modèle
d’écriture doivent lurtoutêtfe remarqués. 7® . In erâ mcc.
quando mandata eft eetlefia fancü Martini Qfme per
Omalp. Petrus Garcia pefi ou petit romamum (i) ou com-
mune concdium. Cette mfcription de l’an de notre Seigneur
1167. eft trcs^dilicile à déchi&er. Elle figure dans (J>) la Po-
lygraphie efpagnole; mais l’auteur a oublié de l’éclaircir nai XXV, n, Ti.<
de nous en fâciliterja leéhire. 8^/« nomine Del fumi , in
honore /iî Mariae , fti Pétri ^ & fd Marcialit , vef quorum
Roliquiae hic candhte fuot f Iladdebertus epifcopus fier jufiii.
( id efi)fieri jujfi. Cectc Infcription d’un reliquaire , qu’oiv
conlerve dans la cathédrale de Clermont depuis l’an 786. x
été- publiée par le célèbre M. Lancelot , dans les Mémoires
(0 de littérature de l’Acadérrne royale de» Infbriptions «c (c)Tom.f.tter
Belles*L«tnes, Cet habile antiquaire nous apœnd , que lér
lettres en font à filigranes , Sc rdève modellemenc quelques-
fàvans^qui ont lu Andebertus pour Haddebertua , &; qui n’ont
pas repréfenté l’infcription telle qu’elle eft dans l’originali Mais,
par inadvertance fans doute , il ptend l’E du mot Mariao
pour une F. Quelquefois la diférence de çes deux let-,
nés eft peu feniible dans les anciens monumensi, & ibuveno.
. I'
' ('t) P<ulc(te s ici du CodcHc de Sc Eblanc toQi Ict>(b|9a do- lêr^
l.atrandclEn 11E7.0Ù le P<pc Atexanr l’^eot de Hdéiizé , Èl’excixiple doGrc|[#i£EF
dre 111. «communia rcmpeieui f rddd- liVU. . 1
.• r,
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6S6 NOUVEAU TRAITÉ
leur relTemblance eft parfaite. 5“. Le fécond côté (a) d’u»
l’empereur Frédéric II. nous donne ce vers hexa>
cÙIt.' XI. mètre pour épigraphe ;
Akticii. II. Roma caput mundi régit Oriis frena rotundi.
L’ancienne BaClique de S. Pierre de Rome eft repcéfentée
dans le champ de ce revers.
Ectimrei eoch- IL La lèconde efpcce de ce neuvième genre eft mêlée
minufcules. Cinq infcriptions , gravées fur notre
sc curfivea. planche , lui apartiennent. La première eft une épiuphe en
//*. ESPECE, vers, inccuftée dans un mur du cloicre de l’abbaie de S. Ger-
main d’Auxerre. Après l’avoir tirée nous mêmes , avec la
plus grande exaêlicude -, nous l’avons fait réduire & graver
telle qu’elle paroit fur notre planche. Voici comment on
doit la lire :
Hic fupjpUx ora , quantum jvnplex tenet hora ^
Quifquis fuppojuum forte le gis loculum.
Ac non ignores pro quo rogitaris ut ores ,
Profert hic titulus quem teneat tumuUis.
Hic Teodericus fitus ejl omninh dolendus ,
Gnarus & infgrUs ù ^afer & docilis.
Hune , augufie , tue nobis rapuére kalende.
Et levita fimul hue recubat Stephanus.
Cette inicriptionfépulcrale eft de la compoCtion deGlaber
Radulphe, moine Bénédiêlin de S. Germain d’Auxerre , & qui
nous a lailTé l’hiftoire de fon tems en cinq livres. Il moumt vers
{h)ïiim.cnm- l’an lofo. lèlon M. l’abbé (^.ILebeuf. Ce lavant Academi-
^ publié notre épitaphe en caraâères ordinaires. Les
fautes multipliées , qu’il a ( 1 )faites en la lilânt , prouvent la
nécelfité de recourir louvent aux originaux j les copies mêmes
de là main d’un habile antiquaire âant li défeêhieulës.
Le fécond modèle de la deuxième elpèce eft un fragment
( i) Il lit iiaïuUmm à la féconde ligne ,
•a lien de ImiUim : à la cioifidine , «rM-
rù pont rffkms : à la qnattidme, r»^ .
pour fttfm , ou fnfirt. Il prend le P
wee la marque d’abedeiadon pour une
R de on £. A la cioqnidme ligne il palTe
le mot IST entimd par une S cauchde,
æompagndc de deux pointa , placés i’un
aa-delfons de l'autre an-dedits : abiévia-
don tontclbit ordinaire dans les anciena
mlT, A la fepdème ligneij lit om; an lien
que lut la pierre oo trouve uu par nn #
tople. Enfin 1 la dernière ligne il Ut
Kir , oii Todginal porte ebirement Smc.
En relevant ces méprifea, noos n’oablioni
pas, qne nous fonunea capables de tosabet
dans de plu grandes.
d'iarcnpcioA
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DE DIPLOMATIQUE.
^ infcriptlon gravée fur lin marbre blanc , & publiée {a) dans
le prologue de la Polygraphic d’Efpagne. Ce que l’on en peut
lire fe réduit à ce texte mutilé : . . a cia. . excelfum Domi-
num men . . . pofcit ù veniam ChriJîL Jlebil. . . incUte quem
éignis tumulabi . . .feus & inlujîris htrus. Léo .... cunBis quoi
profuit ad ffem ....ob quoi continue leSor Dominum pof-
cens , ut venia maneat eterna & vivat perpétua vita ma . . .
era Dccc Don Naflare dit peu dvcnolês de cette épi-
taphe , & le peu qu’il en dit , git en conjeétures aflez foibles.
Ce qui paroit certain, c’eft qu’elle eft du ix'. ficelé, ou de
la fin du viii'.
Le troillème exemple d’écriture capitale enclavée & mêlée
de caraéleres minufcules, eft de l’an 921. C’eft encore une
épiraphe, publiée par (ê) le même favant efpagnol.
Clari teSa anteflis Martini quoque membra
Hic bujîorum Jacrâ more pontif & aulâ :
Qui Chriflo Jamulans petiit vitam adulefcens
Monaflicam , poUens que regulariter egit ,
jyiigitanam epifeopii rexit in arce
Églejlam y ad eroas latus eft ilich nempè ,
Sculptâ in marmore erâ nobles & centeftmâ
Sexagefimâ nonâ maiar. tertio idus.
Ledor commenda & Dominum piè oranio.
Cette épitaphe poétique contient l’éloge d’un moine ver-
tueux , nommé Martin , qui fut élevé fur le fiege épifcopal
de la ville d’Ecya , apellée Augufta ftrma dans Pline. Nous
avons déjà trouvé nobies pour nov 'us dans d’autres inferiptions
efpagnoles. Celle-ci n’a pas été bien lue par Don Naftare.
Au lieu àlepifcopii rexit , il ^ lu epifeopi irexit , &C maiar,
uno tertio idus, pour maiarum tertià idus. Le mot anteftis eft
mis au ptemier vers pour antiftitis , au fécond , /nore pontife
pour more pontificum ^ & au troificme adulefcens au lieu
à'adolefcens. Le fécond vers attelle , qu’au x'. fiècle on ne
donnoit la fépulture dans les églifes , qu’aux feuls évêques.
Le quatrième modèle eft cette infeription (c) du fceau de
l’empereur Louis de Bavière : Ludovicus quartus Dei gratiâ
Romanorum imperator femper Auguftus. Les caraélères en
font aflez beaux , quoiqu’antérieurs à la moitié du x; v' . fiècle.
Tome II. O b O O
H. PARTIE.
S* CT. ni.
Chat. XI.
A* r 1 c 1 1. II.
{•) Fol. nOi.
XVIÜ.
(i) IkU- ptfi fat.
mil. n. t.
(t) Ilrimccim dt
Sifil. 14b. iS.n.t.
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éj8 NOUVEAU TRAITÉ
**'**^"*"^ Le dernier modèle de la feconde'cfpèce (a) eft
ter Çende du fceau de Thierry I. de la maifon de Lorraine, qui
Ch A P. X I. rut fait comte de Flandre en i iz8 : Thiodoricus Dei gratiâ
(m) Cslmti hijl. Flandrenfium cornes.
ieUrr. t.i.pl.d. La ttoificme efpcce du neuvième genre de notre féconde
». xAAii/. divifion eft un mélange de lettres curfives. Notre planche
III. ESPECE. XXXI en ofre un modèle , dont les lettres liées d’une façon
extraordinaire , fon» crès-diiiciles à déchifrer. C’eft une épi-
{h) PMf. tt. taphe publiée dans {b) le livre intitulé Marmara Vifaurenfia.
En commençant par la figure du labarum , ou monograme
de J. C. , on lit enfuite : Locus Tertuli. vixitann. xxi.
La fimplicité de cette infeription fepulcrale prouve, qu’elle
eft ancienne.
Article III.
Ecriture gothique moderne : fis notions , fon origine , fes
commencemens , jon progrès , fa durée , fes genres & fes
efpices. 1 1 1*. Divifion de la claffe des écritures lapidaires
& métalliques.
Le mélange de lettres capitales , onciales , minufcules &:
curfives, de lettres renverlëes , tournées à contre fens,grè-
ques, conjointes & barbares, offre, comme l’on a vu, un fource
très-abondante de genres &: d’efpcces. C’eft furtout ce mélan-
ge , qui a produit ce que nous apellons vulgairement écriture
Sothique. Il eft difficile , Sc peutetre mcqie feroit-il ennuyeux
e la fuivre dans toutes fes branches. Jamais la bifarenc &c
le mauvais goût de concert ne fe font donnés plus d’effort
que dans cette écriture, née avec la fcholaftique, & dans la dé-
cadence des arts &c des bonnes études. La nvatière eft fi abon-
dante par la proximité des fièclei, qui en ont fait ufage , qu’on
furchargeroit le public à coup fur ; fi l’on ne vouloit rien
omettre. Sous ce prétexte néanmoins , nous ne nous croyons
pas difpenfés de doimcr des idées fufifantes d’une écriture ,
dont les principales efpcces méritent d’être connues ; pourvu
qu’en les expofant, on fâche fe tenir dans les bornes d’une fage
Quclcftlccatjc ro^ocrité.»
tère goihic)uc , & I. Le gothique moderne n’eft autre choie que 1 écriture
dénomînànon^'' ^*^**^^ dégénérée , &c chargée de traits bifares , abfurdes 5c
coZncacc'mcas.” fupcrflus. Cette dénomination ne lui fut point donnée , ni
Digitiz"^ ■ - - '■ otjle
DE DIPLOMATIQUE.
dès le'tems de fa naiffance , ni lors meme qu’il exerçoit une - ' ^
tyrannie abfolue , fur prefque toutes les écritures de l’Europe.
On croyoit alors voir des agrémens & des beautés , qu’on chap. Xf.
n’apercevoit plus dans la noble fimplicité des caraélères a»- article ni.
tiques. Mais à proportion , que le goût de la belle littérature
reprit fes anciens droits ; on fe pafliona pour les vraies lettres
latines , & l’on traita de gothiques celles , qui s’en étoient
écartées. Sous la plume des premiers reftaurateurs des belles
lettres , les caraéleres , qu’ils trouvèrent en ufage furent dé-
clarés gothiques. Et comme ils ne pouvoient les atribuer aux
anciens Romains ; ils les mirent fur le compte des Goths ,
qui avoient renverfé leur empire. *
Cés premiers littérateurs partant des écritures , dont ils
étoient environnés , pour fe tianfporter tout d’un coup dans
les ûccles les plus florilTans de la domination romaine , ne
pouvoient pas avoir des idées bien juftes de la fuccellion des
écritures. Ils n’en avoient pas étudié les révolutions &c les
métamorphofes.
A proprement parler , nous pouvons feire commencer le
gothique moderne au xii'. ficelé. On lui donneroit une ori-
gine plus reculée ; fi l’on recherchoit les premiers dépérifle-
mens de l’écriture , qui nous l’ont anoncé. M. le marquis
(a) MafFéi combat le fentiment de D. B. de Montfaucon ; [M)Vcnn.ilh^r.
pareequ’il fait remonter le gothique au xi'. ficelé. Voici les"^-
paroles du premier. » Dans la préface generale fur les anti-
•i quités (1.1 figurées, il eft dit, que le caraâcre gothique
(r) Cette manière de dèGgner rAnci'
quîté expliquée ,jrouroit bien n’étre rien
moins que âaeeuie poor Uom Bernard de
Montfaucon D'un autre côté le iîccJe de
mille, pour le xi^ /îècle , neprcfcnic
pas une idée fort claire : mais il uuc pré-
fumer • quelle clf dans le goût italien.
Au furplus le (avant Bincdiâin , dans la
préface aléguée , ne die pas un fcul mot
au fujec des lettres ou caraâèrcs gothi-
ques. 11 n'y parle {k) que de Tordre go-
tnique , qu’il fait remonter an xi fiècle.
Nous ne prétendons au refie rélever ici
qu’un défaut d'exaâitDde. O. de Mont-
nocoD a réellement aillcnia avancé l'opi-
nion , que M. Maiféi lui atribue. Par-
lant de kteres romaines , qu’il croyoit
apartenir au yi*. fiècle ; elles n’avoient (^)
!» n point eocore , dic-il , changé de ex//, t. t . pre/.
w forme, comme celles , que nous voyons p. xvi,
«RUR.fcxi'.Wcle, qui iigioitètent * /-
» enfin en ce car.aere , que nou. apc - /«»;.
Ions gothique : ce qui ariva dans 1 ^ r /
» fiècle . . . Ceft pcincipalcmcnt de- * ' f ^ ‘
>3 puis Tan mille , que ce (ont faits ces /jx
U changcmeiis de caraâèrcs en ce qne
» nous apellons gothique. Nous les
» voyons dans les inferiptions fépul- '
» craies , & nous y remarquons fucccffi-
dÉvement l’altération faite dans les lec-
M très romaines , qui aloit toujours en
13 augmentant depuis le commencement
» du ZI*, fièclc , & en s’écartant de plus
*> en plus de la première forme. Nous
O O O O ij
/•
«
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II. PARTIE.
S £ C T. III.
Chap. XI.
AkTIC££. 111.
( m) Vcfn ncirt
ftmht XXXII.
Comment le go-
tfaiqae moderne
s'eu il formé !
Sources diTcrfcs
de ce cvaâèie.
(t)P4f. itf.
(c) fan. i./tS.f.
ilajf, 1, n. 41.
6io NOUVEAU TRAITÉ
.1 commença des le ficelé de mille : quoique dans la vérité lè
» caradère , auquel on donna depuis le nom de gothique
.. n’ait régné fur les marbres , qu’au xiv'. ficelé , & corn-
..jnencé que vers la fin (O du précédent. » Mais qui pou-
roit fe perfuader , que les inferiptions des fceaux de Louis le
Jeune de l’an 1167, l’Hiftoire de Languedoc de l’an
1 188 , de la Polygraphie efpagnole des années 1 141. 1 1^4.
1188 , de Gattola de 1 130. & de tant d’autres ne (a) tien-
nent rien du gothiejue ?
IL La fource primitive du gothique eft Farondifleraenc
des lettres carées ou droites , ou plutôt des jambages perpen-
diculaires*, obliques, horizontaux. Cet arondiuement eft-
aulTi fenfible qu’ancien dans les 6. Celui des U le fuivit de
près. Si l’on en juge par les notes tyroniennes , à peine avoit-
il commencé à fe produire fur les marbres ; qu’il étoit déjà
d’un ufage ordinaire dans les mCT, L’ Cf) exaûement ronde
femble devoir auili fa naififance aux mlT. Indépendamment-
donneront dans !a Tyite par fièctet ces
M caraûèrcs gothiqaet , depuis
ficelé, jufau'au xvi*. ou iJsonc fîni,
» aux premières années do règne de
») François I. « Noos n'avons point vu
les rccQcils de gochique de D. Bernard
de Montfaucon. Ils Tonr aparamment per*
dus ou égarés. Si nous en< avions eu
communicattoiv} peutérre nous ferions'
nous un peu raprochés de Ton fyftème.
Mais CO jugeant des commencenieot du
goibi^uc formé par les monumeni ^ les
livres , <^uc nous avons confulcés ; nous
ne pouvons guère les faire remonter plus
haut que le milieu du xri*. Hccle , ni
placer Ton abolition en France avant le
règne de Heuti U. Nous parlons furcout
des inferiptions lapidaires^ métalliques.
Heinccciu$,dans (on (f; traité des fceaux,
s'éloigne un peo de l'opinioii de D.
Bernard fur le cena'de la nailTancc du
gothique. U Onoc (kuroit dire ^ajoutc-
» t'i! , avec quelle rapidité cette nou*
»vel]e manière d’écrire fc répandit par
n tout le monde chrétien. Car dès Teq^
« tréc dnxiii*. fiècle, en France comme
» en Danemark , les monoies commen-
n cèrent à recevoir l’infcription des Ict
M très rondes > au lieu quaupaiavanc les
» caraâères romains iiaaçots avoient
M cours par tour. « Surquoi il renvoie
au Cabinet royal de Danemark. Son
. auteur Jacobzus- dit éfeéHvemeot | que
(c) depuis Valdemar II. contemporaia
de Philippe augufle , les caraéUtes ro<
mains François commencèrent k âire
place aux ronds ou monacaux. Ce fono
précifémcnc ceux , que nous apelloos go-<
chiques. Une diffcrcation fur les com-
menccmens , & les progrès de la Typo
graphie de Liphk, imprimée en 1740..
10 4"- convient , qu’il ne faut pas déri-
. ver le gothique moderne de l'écriture der
aneiens Gotnsj mais de la minufeule du^
XII*. fièclc 3t de la curfîve romaine.
Cette obfcrvation ne fauroit être apli-
quée à la majufcule gothique ; mais feu*
lement à la minufeule & à la cur/îve.
{i) La fîxacioD du commencement du^
gothique à la lin du xixi*. hècle n'ed
pas cxaâc. Une foule de momimens dé-
pofenc contre cette prétenrion. On en
trouve même dès lors un bon nombre,
011 il régne fans réferve. Nous aurons
fouvent ocafîon de doner des preuves de-
l'une & de Paucre propofirion , A: furrout
de la première , dans les p'ar.chcs du
gothique moderne , qui vont fuivre.
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DE DIPLOMATIQUE. t6x
je toute conjeÛTire ; nous pouvons établir fon antiquité fur
des monumens antérieurs au iv«. fiécle. Les qj pouroient
bien remonter encore plus haut. Les mêmes noces font trcs-
fâvorables à cette prétention. Les autres lettres n’ont point
contraûé de rondeur ou de courbure univerfelle dans leur
contour , avant le plein gothique : mais plulieurs de leurs
traits , de droits qu’ils étoient auparavant , fe cambrèrent de
diverfes façons.
Les AF G b K LP X Z éprouvèrent bientôt ces altérations
dans un ou deux de leurs jambages : mais avant tous les autres ,
le P ne retint que fa halle de la quadrature , qui formoic
auparavant fa tete. Le q au contraire perdit une p9rcie de
là rondeur en s’élévant fur ime perpendiculaire : quoiqu’il y
ait tout lieu de déférer au q la prérogative de l’antiquité.
Malgré les courbures & les changemens arivés à toutes ces'
lettres ; elles ne celToient pas d’être réputées majufcules. C’ell
furtout dans les mlT. qu’elles dominuient , & c’eft là qu’elles
produifoienc ce que nous apellons écriture onciale.
De nouveaux arondilTemens , de nouvelles altérations
quoique crès^anciennes , abaillcrent les lettres à la condition
de minufcules &c de curlives. Le mélange avec les> majuf-
cules ouvrit une fécondé fource au gothique moderne. Rien
de plus ordinaire que d’y voir figurer \'n & le r avec les ca-
pitales. Ces difpofitions au gothique étoient encore éloignées.
En voici de plus prochaines.
Une troificme fource du gothique fe trouve dans la pro-
longation des baies &c. des fommets de chaque lettre. C’efl:
là la marque la plus caraâérilfique du gothique. Elle parut
néanmoins llifceptible de nouveaux acroilTemens. Ces baies
& ces fommets fe courbant en lignes convèxes vers le corps
de la lettre ^ donnèrent le gothique majufcule le plus pur &c
le mieux décidé. En même tems chaque lettre ne manqua
guère d’être écrafée :.les rondeurs excédèrent de beaucoup l’é-
tendue de la halle : & le contralle des pleins les plus mallifs avec
les déliés les plus fins , ne laillërent rien à defirer pour la con-
formation du plus parfait gothique. Tout ce qui va plus loin
en ce genre n’eft qu’afeélation fur afedation , barbarie fur
baib.irie. Telles font relativement au gothique toujours ma-
jufculc les pointes èc les angles multipliés , lesjamb.iges rom.-
n. P A RTIE
Se CT. III.
Ch AP. XI.
Aatlcle. 111
Diyiiized by C- --ogk
II. PARTIE.
Se c T. III.
Chat. XI.
Article. III.
(«) IVrtf» ilh^Tm
h1. 3JJ. 3J<.
(S) WJl. <U U
viil* de Pétris» M.
h9S‘9i-
(f) Xhid. Âvtrùf.
f. KXV,
6€t N. O U V E A U ‘ T R A I T É
pus en angles faillans & rentrans. Mais à l’égard du minull
eule ( I ) les angles & les pointes contribuent à fon eflcnce..
Il ne lui eft guère moins ertentiel d’être roide & ferré ; quoi-
que quelques-unes de lès efpèces le foient plus que les autres.
Mais ce caraftcre convient aufli à d’autres fortes d’écritures
& furtout à la faxone. ■>
M, MafFéi (a) fait naicre le gothique du dégoût qu’on avoit
de fuivre toujours la forme uutée , de l’envie de mieux faire,.
&c de la paflion pour les otnemens. Cette contagion avoit
déjà fait bien du progrès avant la fin du ix'. ficcle , & M. le
marquis eft fort éloigné de porter û haut l’origine du nou-
veau gcAhique. Les changemens furvenus dans l’architeûure
montrer, qu’au xiii'. fiècle. Alors, continue M. Mafféi ,
l’écriture gothique commença par cousber les traits des lettres.
On en ajouta quelques-uns à leurs extrémités. A force de
les étaidre &c de les prolonger , la figure de celles-ci fe trouva
totalement changée. Il n’auroit pas été inutile que nôtre fa-.
vant auteur eût dillingué les extrémités des lettres de celles
de leurs bafcs & Commets. Les unes n’en font que des qua-
lités accidentelles , les autres en font les parties intégrantes.
Si les commenccmens du gothique récent doivent en géné-.
ral fe tirer de la courbure de certains traits , &c de l’alonge-
ment de quelques autres aux extrémités des lettres ; on fera
remonter aifément ce gothique jufqu’aux 1 1 & ni'. Cèdes.
Combien en éfet ne découvre-t-on pas de traits fuperflus &c
de caraûères arondis , de . droits qu’ils étoient auparavant ,
(i) M. l'abbe Lcbçuf fcmble r^doire
toutes l<s elpèces de gothique ji ce ca-
taâire. » En maticte d'éctitute , dit-il ,
» te (I) véritable gothique confïAc dans
” ces lettres de lirres d'dglire toutes rem-
» plies de pomies , qui ont fort du-
» fage , depuis $. Louis , jufque fous
» François I. ic fes trois premiers fuc-
M cefTcnrs. " Mais il reconoii sllleurt (r)
le gothique miiurculc , qu'il défiiiit N*r
rrfrt/nuiitn dts Imrri euftimlei remainei
Mit fm Jififutéu. Ne pourait-oD pas dire
k même choFc du cacadlctc majufctik
lombard , Wifigmhiqoe , faxon 8t mé-
rovingien , donc les Ictries foiK égalei.
ment romainesS: un pen altérées i D'ail-
leurs li notre (avant Académicien veut
Te donner la peine de comparer les ca-
raébères du gothique majnrculc ; il con-
viendra avec nous que plulïeuts (ont em-
pruntes du petit romain. Il nous per-
mettra donc de aonclure.qn‘i] n'a pat ca-
taéWrifé le gothique moderne avec cette
précifioo , qu'on a droit d'atendre d'un
antiquaire aufli verfé que hii.daos l'étude
des momunem du baaage.
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de diplomatique. 6éi
dans les deux précédentes divifions d’écrimres lapidaires Sc T
métalliques î Et cependant ce ne font que des échantillons partie.
de lettres femblables , dont un bien plus grand nombre de chVp. xi!
monumens antiques font remplis. Combien n’en aperçoit- a » t i c 1 1. ii'.
on pas dans nos alphabets latins antérieurs au x‘. ficelé ? £c
qu’eft-ce toutefois que ces lettres , en comparaifon d’une in-
faîité d’autres , qu’on pouroit produire î Des mil', bien plus
anciens , on ne dit pas que le xni*. ficelé , mais même que
le IX. enfoumilTent des exemples fans nombre. La manière
avec laquelle on caraâérife ici le gothique moderne ne pa-
foit donc pas aflez aprofondie.
III. Depuis le commencement du xi 1 1'. ficelé, le gothi- tions^uà
que établit fon empite dans tous les états d’Europe, où l’écri- Uc a^îui^â
turc latine étoit reçue. Durant fon cours 8c celui du fuivant, du gothique nu -
fes progrès fiirent grands & rapides. Mais tandis qu’aux xv &c * ““lui-
XVI. d’une part il s’abolifibit 8c perdoit tous les jours de fon
crédit j de l’autre il étoit acueilli favorablement 8c porté aux
dernier( excès.' • * *
Il eft fort fingulier, qu’aux fiècles précédons, où il fem-
bloit avoir afermi fa domination de tous côtés ; on ne laifi'oit
pas de réclamer par des ( i ) faits alTez fréquens contre la bar-
barie de cette écriture. Ces exceptions à la vérité tombent
plutôt fur les monumens lapidaires, que fur les ('z) mlT; plutôt
iür les métaux , que fur les marbres & les pierres. Il en eft
peu néanmoins , qui fe foient totalement prefervées du go-
thique. 11 eft plus d’ufage , que la forme antique n’afefle que
quelques lettres , qu’un quart , qu’un tiers , qu’une moitié de
. <i) Leparramtta&mcmet'Æs'étoit
aHczblcn confcxvé fur lc$rc£4iux ca Lor-
raine,en Bohcmc& en plufieurs autres pais,
comme on en peut juger , pour ne point
parler des autres, parles fceaux Lvi. LX.
1.x 11. de rhifh>ire de Lorraine par D.
Cairoec. Le premier de i'an iifS.
le fécond de taai. & le troindme du
commcoccmenc du xiv^. fiécle , fuivanc
rhillorien. Mais il fcmble qu‘il faut lire
au fécond nit. Excepté l'Æ, les fceaux
LXii. de l’an t } (4 , xc. de i a) t , xcix
de 1199 ne prouvent pas moins en fa
Tcur de la durée du pur romain , juf
^u'au milieu du xiv*, /îéde. Mais cette
pzédileâioo de quclc|ues> uns pour l’an-
cien romain n’cmpècboic pas ie progrct
du goibiquc , ni que l'ufage ordinaire ne
Rit depuis le xii*. (iécle-dc s’employer
que Te pour \‘x ou l'ae.
(t) Prefque tous les écrivains des rofT.
s’étoient jetés dans le goût gothique , Rir ^
la fin du XII*. ûécle. Les caradères ,
dont ils fc fervoicnt , s’éloignem des ro>
mains par degrés. « Les poirtres («} sV (*) tsheufU^,
n introduihrent vers le XI 1 1*. fîécic ( 9 ^ P«rii. /. 1.
9 mtmt plutôt) & s'y multirliéreiit dans /«ararv.
» les deux fuivaus j enlbrtc que pour fbr-
» mer la lettre O , on vit ( )
» oaitre üx poUces. **
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664 NOUVEAU TRAITÉ,
l’infcription des monoies , &c racme fouvent des fceaux , juf-
3u’au xiv'. fiècle. Si donc par raport aux monumens lapi-
aires , 6c plus encore par raport aux métalliques , on pré-
tendoit diftinguer un gothique commençant , un gothi-
que croifTant , un démigothique , un gothique dominant 6c
un pur gothique ; on ne pouroit pas toujours les régler par
l’ordre destems. Ùn pareil fyftcme entr^neroit des exceptions
fort nombreufes , 6c par-là jetteroit fouvent dans la coniufion;
Il vaut donc mieux établir les diftinétions d’écritures gothiques
lapidaires & métalliques , fans avoir égard aux ficelés : faufà
tenir d’ailleurs regître d’indices plus propres à les caraélérifor.
« l.Tl-.l* • t»-
fe diftingue par le maffif de fes lettres , par la barbarie ôc Tirré-
gularité de les traits 6c le mclai^é de fes caraâères. Les figures
les plus ordinaires du gothique majufcule font celles-ci •
Le caraûère gothique minufçule eut peu d'accès fur les
monoies j mais il fut en grande vogue 6c fur les fceaux 6c fur
les monumens lapidaires. Il ne paroit murtant pas , qu’il y
ait été reçu avant le xiv. fiècle. Ce ne fut même que fur fon
déclin , que l’ufage en devint fréquent. Au fuivant il prit
abfolument le demis fur le ( i) gothique majufoule. Mais ce-
lui-ci ne laifla pas de fc foutenir aflez bien , jufqu’à ce qu’il
commençât à faire place aux beaux 6c anciens caraâères ro-
mains , renouvellés d’abord en Italie , puis en France , en-
fuite dans les autres royaumes , où l’écriture latine avoit cours.
Nous pouvons placer çe renouvellement fur les focaux des
Papes avant l’an 1430. S’il fit alors de grands progrès en Ita-
lie , où il avoit déjà fait bien des conquêtes , depuis le com-
mencement du XV®. fiècle ; la France n’y prit part, que fous
le règne de (a) Charle VIII. Ses monoies 6c particulièrement
( I ) M Lorfqu'on voit (.t) une écritare
® » en capitales gothiques j il eft commu-
' U n^em certain , qu'elle eA d'une date
•> plus ancienne que l’écricoce , qui cft
ft gothique minutcutc. n Depuis les der-
nières années du xiv*. fiècle , Tune &
l’autre furent empbpèes dans les inf-
' criptions jurqu’à Louis XII. La règle de
M. Lebenf eA par confèquenr fujette à
Men des exceptions , {c il ne feioit pas
Gàr de s'y arfter ; à snoins qu'on ne la
ceArcigne aux rems , qui ont précédé la
, fin du xiv‘. fiècle. : *
(x) Son épitaphe Alt écrite en carac-
tères romains. C’eA la plus ancienne de
celles de nos rois de l'abbaie de S. De-
nis en France , où l'on ait celTé de Ce fer-
vir du gothique , comme la plus ancienne
en gothique minufçule eA celle du roi
Châtie V. mort le 16. Septembre tjto.
celles ,
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DE D ITLOM ATI QUE. 66}
celles , qui forent frapées en Italie cbmmenqcténtàTO-pim
montrer , que des légendes en vrais caraÛères romains. In-^
fenlîblement nos fobriques de monoies fe défirent du gothi-
que , (bus les rois foivans. Mais il n’en'fot totalement bani ,
que fous Henri IL Le même ficelé vit abolir le gothique eni
France &: for les fceaux & for lesunarbres Ac dans les ( i ) ûa>
primeries. Il s’eft enraciné davantage dont les i|rayaunfes du
Nord. A peine les Anglois y ont-ils abroluraènt- renoncé de
nos joun par rapottà leur langue. Mais lesAllènaans ne croi-
coienr pas s’exprimer en bon dlesnan ; s’ils n’employdicm; en-
core les, caraâeres. gothiques. Ce qu’U y;de plus forprenantJ,
c'efi qu’encore aujourdui dans les divers Tribunaux: dé Ko«
me , on peint cei caraélères d’une! manière fi barbare i^tqu’il
faut avoir recours aux Banquiers pour déciiiâet'les expédia
tions, qu’ik font venir de ce païs-là, ■ >. n.,< no
a Pour reveoirauxAllemans l'an 1470. au phis tard leur
empereur Frédéric avoir fok givteribr fiqi fceaui’ancienfa-
raâcre romain. Une cardapas àmouvet'desâmitac^islMabcq
ne fot qu’aii iicclefoivant , que les exetnplès s’èiifoulhipliètciiiri
Sur ion déclin déjà le gothique majnfcuie patoiiTok Com-
munément banni des iceaux. Mais rien ne nous a plus for-
pris, que de voir le petit romain renouvellé ouplutâe'confervé
for des {a) fceaux aÛemansdu oommencemenr fiècte.
Ce romain minufcule s’y dV montré avant le petib gothique.
Car le plus ancien ufage exduoit des fceaux , comme des mo-
noies le pur minufcule. Dès l’an, r; ta. Dom Hueber nous
préfente trois fceaux en caraékères {x) minufcules , purement
(1) Xjc P. du Moulinet (S) a prétendit '
que Jo/Tc Bade ell le premier qui ait
spoité en Fnnce letcanâéret roniHou
tomainiŸ St <]u'avant lui coiù.lei impri-
meurs du royaume s'étoient fervis de
cataâèrct goiinquet. Bade vint
en France environ tan ijoo.u Le P. du,
H Moulinet (r) oublie que Badius s'a>
» cécqtircaioogcenii ^ Um aratit que:
n ds vqâu Au tcAeM,.Cheril-
U lier a"pmavé que nmprimerie de
’» France na {mot pemmencé par le
<0 tjiiquc } *£ qvoa y a ,!%it <k» impfyf-
».fiqBS en lettres rogiaiaçs , avant le
*> ràas de Jolfe Bade, u Voyez ccqnb
jKHii avons dit à ce rùiet ü:defbimK.
Time //.
$55- ■•41.4'.' . i. -r !V
(t) L'niiloire de Lorra^oe de D. Cal-
mer , fecauzzili fait voir oMinf-
.cripùondoüao iivunp femblabitécti-
tute. On y remarque de plus le Técan
xtiTi mais:poAéttesrà)li.iMritid di4zT*.
.fiécle. Quoiqu'on ne manque pas d'e-
ZcUplù de fceauz ceitaincmcnc oieo an-
cériearsii U date des chattes , aazquelles
àls'faoracaebés; on ne peut pas dise {
que ce Icçau ni ceux , qunn apoitc dans
de texte", remontent au tems od lé'gV-
thique ■ÿéétit vas 'tocare pw nftgcj Les
nqijns dts peytona^Oi , qu'ilspetten(, ne
le p'ennettent ÿas. ..
l .r . .-O l..)iilVIWt|.,l . .. .i' /i
U PART lE.
SeIct.III.
Chav. XI.
ASTI cas. lu.
(*) jlitfiriji ilU^r.
l»b. S.
[b] Jtmn. du ft-
VMHs da ) I . Jaav.
■■II* . -n
■ 1 >: i-- '
(r) BafU I. I.a
Tarr. de Bedim.
p. *a*.
,{d)Orij,df/m-
frim. de l‘MtÜ:
p. î+.é*«o*-
‘Coogl
^é8 NVUYi E AU T R AI TÉ
* roèptDS* & .l«->traier fceaa <^^^ publie «n minufcule gothi*
'sitir.^uî' ie Tan 13^1. Encore ce gôthiqiic eft-il mêlé
c 11 A r. X L avec. le petit romain. Ce dertxiec caraâore , qui dans la fuite
aiiica£ m. du:atiV®..ficelèièmbltiit avoir pris une JBUitarc de gothique,
pmac. réiisnça.ielleràu Kv^..juRia^|nroitre' dominant en cer-
tains cambBa^'comrac l’Ânait:liei.BiIaib en d’autres coixrées
dé) l’Allemagne , Sc 'peutccr&'d;bu, iès mômes , le gothique
étoit coujotirs le cdraâèxe «iominaac.' U peifbvcre encore au-
jourdui dans les livres idrics. m aUeman. C'ed fans doute
ce qui dégoûte les kkrQs^nstions d.'aprendre cette langue , ôc
les. pcive de b: leâorç Üsjjbeaucaup de bons livres , que pro»
duit l’AUemagde.iEnfidnaele. gothique ne parole plus dans
les.'impriinscKSt fi’iieiti^ell eiiiquelques villes de povince ,
qui imprâhcncriciiéiàre'ia' Civilité , & d’autres petits livres ,
où l’on fait aprendre à. lire aux enfâns ; aha de les préparer
à la üeâuGds^ vretcir L’écriture ltançoife:,'im^e
lapktsiWftLrdé'lià plàsicércoâe^ n’éft pas. encore abfolamens
pmi^ du ’ gothique. iiPhiûsurs lentes de ce caraâcre n’ont
puisibiliçiSh.rde la dëiiguicr. L’ufage fréquent 'de ce qu’on
aprile vfcih/o/’e’ poutoic bien un jour faite revivre cé
gothiqùç , dom nous avons taché de donner des notions
éxaéles. .Mais le fyfiiôinc des deinc demictes .planches de ce
vsüume fèraienoomnieux conoitte ia âlnne ^ le commem
“ ■ * ' œmeriev le J progrès , le regoe la hideur de cette écrh
tare veaiment i>acbate.y & qui décèle, le. mauvais goût deS .
fiôcksiybù fclle a été cultivée.! . . 1 .v. ...üm. •■
§. fir - ' ' ' '
» j I Çothi<jue mitalUque ^ hpid(âtttit fmrHpimj'ufcuU.Eiipli~
..'V 'i ' >1 * cau(^n dfe l(t piàn'ché XXXJ^’, où font réprifemh les cinq
premers gtmrt de iatif .ï^ivifmn dtsicrituru capitules^
O&nuntiKcnieiit il. Noas' mtendocs par «ijthiqne commençant-, non les
^ gothique mo- premiéts. tcliiS , OÙ réttftj^fem de ce caraélere bifare’j mais
l’éctiture., où l’on admetpen 4c gothique, par exemple; une
■ \ léfne fct fcpt rm;ht*èt. ^eft ptr-là c^e nous commençons h..
ÉLDIVISION- tmiûémè,divifîqiq.,4é la clafïeides écritures lapidaires & mé-
. «sdliques. PDarjpracéder<avecplusde clarté &- de méthode,nous.
Ïubdivifoïis le' g^thique ittodiine en majufculé&minufcule.,
te. svBcivmcm. Notre P. fidxiiviubnofreüntics grand nombre. d’inferipuonss
.1. ..V
Digi
Googh
Diçidian éa'Jhu\
■ï^ïfoRAIMVIMîIDI C ©@5)JITII4"
3.
* PIiILI PPV.riDEI iGRTÇîFRAn CrORVM : REV
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ET JDVX ^ WITAlr^ t
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* XPCTiVinaiT.XPGCïRCffN^rrîXPa ümPGTRTÇT
»-w«-
Mgi.iCKj by Googk:
en lettres majufcules ou capitales. La planche , 4oac il s'agit
ici de donner l’explication la plus .courte & la plus nette
qu’il fera poflîble, contient cinq genres d’écrkures j plus ou
moins mêlées de gothique. Le premier renferme lé gothique
commençant , & le partage en dix efpcces., _ n: jû
La prençdere eft d’une écriture ordinaire t mais tranthée.
En voici les modèles , gravés fur notre planche, j*. Sigillum
Haimundi comUif.C<& la légende d’on fceau (a) pendant à
une charte donnée en i o8 8. par Raymond de S. Gilles > comte
de Touloufe. Ce fceau ofre au revers ou contrefcél laqtoix de
Touloufe en plein. D’où il réfulte que les armoiries des ptim»
ces Sc des grands feigneurs commencèrent a être en ulage ,
plufieurs années avant la première croifade. a**.. Maria Dtt
^atiâ Romanorum imperatrix femper Augufi<^ On lit cette
infcription fur le grand (è) fceau de l’impétarrice Marie, fille
du duc de Brabant , & femme de l’empereur Otion LY. ebu-
ronné dans l’églife de S. Pierre à Rome < par Innoceiit lil;
l’an iao9. Marie eft repréfentde fut c^ liteau ^ tenant en fa
main droite une âeiu: de lys , dans fa gaucha un glotx: fans
croix , avec les fymbolesdu foleil & de la lune, PhMippus
Dei grand Francorum Rex. Une (c) monoie d’or fin, ape^ée
^ros royAl, porte cette légende. Elle eft de Pbilippetle.Bel ,
qui fuccéda à Philippe le Hardi , an mois d’oêlobre
I J.8 r . 4'’. Sigillum Àldcberti Dei gracia yîvaritnjts,epi^ppi.
Le Iceau de plomb, qui porte cçtte {dj légende, dl d’Ah
bert de Peyre évêque de Viviers en 1 30^. '
La fécondé efpèce eft d’une écriture à bafes &,fonunecs
natlTans. Notre planche en donne deux modèles. >i^;'iLe (ié)
fceau de Louis le jeune, après qu’il eut époulë: Eléonore L*u-
chelTe de Guyenne , porte au premier doté 9 iLudovûeut. D«i
gracia Francorum Rex ; 6C au revers : Et dux Aqvxcaaonmt.
Ce fceau eft antérieur à la dÜTolution du mariage de Louis
avec Eleonore en 1 1 y a. Par-là cette reine demeura dans la
pleine polTeilion de la Guyeuac , du Eoirou detla^Siin-
conge , & porta pour la doc ces tcois proviacesà Henti lL
duc de Normandie, qu’elle époufa. z'’. Sigilicao' Adalbenà
niarchionis & ducis Locc. D. Calmer f f ) rapporte le fceau',
qui donne cette infer^ion, au duc Adelbett , fondateur de
Boozonville > ât lui alugne pour dernière époque l’aQMo;7.
Pppp îj
IL PARTIE.-
S I e r. I i I,
Chat. X 1.
CA f. UR
/v £SP£CS.
• ■Jti'
tutd. I. J. fl, 1,
». }.
.'U
,i i''w»'T ,A)
• 1’,: .«■
(^) Hnniccim i*
.7 . A .<Oi -t
(f) Lr BUmt.
V.Wx'rrx
{i) Hifi> dt Lan-
gutd.t. f. fl. t.
». if.
ït, £SP£CÉ.
• 'rt Or>* dlf^tCd.
.V.'t
raint. r. t. lai. I.
». I.
î
NOUVEAtT TRAITÉ
**— — ***^- Mais le concrcfcel l’aigle eployée, qui paroit delTus, & fur-
n. PARTIE, tout certains caradcres purement gothiques, ne permettent
St CT. III. J 1^ donner tant d’antiquité.
Citup. XI.-' r , ^ 1 r*- , , ,
A K r 1 « t f. -'La trojnemc eipcce du gotluque commençant, a les bafes
/;/; ESPSCB. & fes l'ommets en -talus. Nous n’enavons fait graver fur notre
planche qu’un modèle , tiré d’une monoie (a)'danoife du
fi*,n rriikm ftH. xt t'^i fiècle. Ellc a d.’un côté pour légende Valdemarus M ,
y.iAi, if. a. 4*- ^ jg l’autre, Rex Z^anorum. Ce roi de Dannemark étoit
contemporain de Philippe Augufte.
If . ESPECE. La quatrième efpcce eft à gtifes , en guifede bafes U de
fommets* L’unique exemple , qu’en donne notre planche ,
(i) TUntkt I. eft tiré de l’Autriche (é)illuftrée, où le (ceau du Duc d’Au-
a. 4. f. 194- irkhe donne cette légende •. Liupoldut Dti gracia Dux
yJujUe [id eji , Aujlrics ) ac Stirie, Dom Hueber place la
date de ce (ceau entre les années i i99'Sc 1103.
y*. ESPECE. - La cinquième eft carafVérifée par des E formés d’un O
trahché Sc d’un-C> L’exemple qué nous en donnons, eft une
|f) it suac. (^) monoie de Plûlippe le Bel; Elle porte au premier côté ,
/. loi. ». 7- Philippus Rex, 3c au fécond Moneca duplex Turonenjisi
Le nom de double fut donné à cette monoie de billon ; par*
ccqu’elle valoir le double du denier Tounrois ou Parifis.
VI. ESPECE: Î-La futième cfpèce^ eft à traits arondis par les bouts dans
le* C‘& les E; pendant q\ie les autres lettres ont leurs baies
enpié de marmite ou queue d’aronde. Le Iccau duCliapitre
-Mt’ -' A\ :• dé béglife de Glilgou , appofô à une cliarte originale de
Robert 1 1. roi d’EcolTe , nous a fourni un modèle de cette
(i) Ml écriture , dans cette infcription (</) du revers ou contrefcel :
Aoj* SigiUuoi capüuü ecclefie GlaJ'guenfis. La charte eft de l’an
• I 3t s. Robcn Stuart ou Sénéchal d’Ecoftè en devint roi l’an
1370; par le -droit de fa mère, fille aînée de Robert I. fur-^
nommé de Brus. La dignité de grand Sénéchal donnoit en
ce royaume la même autorité , que les Maires du Palais
avoienc en France fous la première race;
yij. ESPECE. L’éefiture de la (èpcième efpèce eft carée & longue, SC
qüel^ues-ones de fes bafes ne font portées que d’un coté. Le
modac y que nous en donnons , eft cette infcriprion , tirée de
(1) W.*r.»,ii. Ja Polygraphic d’EfMgne:Lucu Pbtr. E. M. cxxx. vmi-.
-f > C’eft-à-dire Lucas Presb^ter. Era millefima eentejîma
' feptuagefima nona. Cette uifccipûoo «ft doQc.de l’an 1 141
Il
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DE DIPLOMATIQUE. €6^
Je râfe chrétienne , qui ne commence que trente-huit ans ^
^rcs celle d’Efpagne. D.ins la Polygraphie efpagnole on lit : ”
Lucius fresbyter , era niclxxx. & on remarque que la Cha». xi.
figure numérale, qui (îiit le centième, relTemble parfaite- Amcit. iii.
ment à notre chifre r. Dans la réalité c’eft une L qui vaut
cinquante. I.’X fermée par une ligne ondée ou ferpentine a
la valeur de deux X X. qui valent vingt.
LaJiuitième efpèce eft enclavée , conjointe & liée. On en viii.especx.
voit quatre modèles dans notre planche. i°. Le grand fceau
de Roger, prince norman & duc de la Fouille , porte dans
Ibn plus grand cercle cette légende-
D^ux femper vivas plus & clemens omni vas.
Après une t croix cantonée de quatre points, on lit cet autre'
vers dans le fécond cercle :
Hac cruce fignata Jlabunt nttnquam violata.-
Aux quatre angles de la croix , qui occupe l’aire du Iceau',
eft gravée cette fignature \ Ego Rogerius , qui fuprà , Dei
Çratiâ dux Apulie: Le fceau d'or C a-) , qui donne ces trois Gmt^» ad '■
tnlcriptions , eft attaché à un diplôme original, de-l’an 1 1 50; aiimtia cmf~
te gardé dans les archives du Mont-callin, Roger prenoit ^
dans fes chartes le titre de Chrijiianorum adjutor & clipeusi
Le jour de Noël de l’an- 1 rjo. il fe fit couronner roi de Si-
eile. ll ajoute à ce titre celtûde roi d’kalie, dans des diplo->
mes des années 1133. & 1 1 i®. Sigiüum Partis ecUfis
d’ Cajlro vWai^ciaat.G’eft la légende d’un fceau du xi v^ Cède
ou environ M. Manni l’a publié (b) dans. fes oblêrvations {h)Tmm f.Shit
hiftoriques fur les fceaux des bas liècles. 3". Sigiüum Mai^ca xi.f. 1 jj. '
uxons Antonii de Lendénaria. Le (e) fceau ^ qui porte cette (') lUJ. t. t.
légende^ paroit dù-xni'. 11 repréfente - une dame portant
far fa main un faucon. 4*^. Era ht. cccxxvr. PlabUis Mihini
Mas feeit hoc templum. Legrand bibliothécaire du roi d’Ef-
pagne , publiant ("df cette. infeription, incruftée dans le mur -
d’une églife du diocclè de Brague , a lailTé au leâeur la peine efpâa. Pr^. f4. .
dé là déchifrer. Elle eft del’aiv de- J. G. iz88. *xv.». y.
La neuvième efpèce de gothique commençant fa diftîn-- IX’. ESPEC£^-
gie par des lettres renverfées. En voici deux exemples 'gravés
r notre* planche, i®. Philippus Rtx- Francorumj 'Lz mo-
Bsie ■, qui porte .cetee- («> légcaoe , a été fabriquée- dans la. ville
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II. PARTIE.
Si CT. III.
C H A P. XI.
Article. III.
(«) Ibiii. f. 144.
b, cel, 1. KMm.
JT. ESPECE.
(b)IbiJ.f. 17 t.
n. I.
(0 P*f. I <4.
(éi) ftl. XX.
Progrès de Pècti-
tsre gocliiquc.
JI. GENRE.
I‘. ESPECE.
(e)rp»s.i./. Ij.
«70 NOUVEAU TRAITÉ
d’Arns, & apRrtient iiiconccftablement à Philippe Ai^ufte-,
qui polTéda l’Artois l’an 119t. après la mort de Philippe d’AU
face , comte de Flandres. PAiüfpus Rex Francorum. La
pièce de monoie , qui donne cette infcription , eft dans le
goût de la précédente. Cependant M. le Blanc (a) l’a inférée
parmi celles de Philippe de Valois. Ne faudroit-il pas la lel^
tituer à Philippe Augufte ?
La dixième efpèce eft mêlée de quelques lettres grèques ;
comme on peut le remarquer dans ces deux exemples de no-
tre planche. i«. XPS vincit, XPS régnât , XPS imperat. La
monoie (i) d’or fin , qui porte cette belle légende du côté
de la croix , eft encore de Philippe Augufte. Selon (c) M. le
Blanc , la plus ancienne monoie où l’on trouve cette infcrip-
tion , apartient à Louis le Gros ou à Louis le Jeune. Mais
rS grèque en forme de C latin n’y eft pas encore gothique.
Elle continue d’être gothique depuis Philippe Augufte juf-
qu’à Louis XL Sous Charle Vlll. l’S de Christus tantôt
conferve la figure du C gothique , tantôt fe change en S.
Mais les deux autres lettres grèques , fa voir X P ne s’écartent
jamais de leur ancienne figure. Au refte l'infcription Chrijius
vinciz &c. fiu le mot de l’armée chrétienne , dans une ba-
taille , qu’elle livra aux Sarrafins , fous le règne de Philippe I.
a°. C. Era Mcc & iiJi. Uber ColoJ'co venerabilLs epïf~
copus me feca. On voit cette kdcripcion de l’an de J. C.
1x66. fiir la .porte de l’cglife de Servaens , bâtie par un évê-
que de Ségovie , à une lieue de la ville de Prado en Efpagne.
Nous l’avons tirée dt (J) h Polywaplûe efpagnole. Mais il
n’y finit pas chetcber les moyens de la déchifrer. Ee C caté,
phuré au-defius de la première ligne , peut fignifier Christo.
. 11. On entend par gothique croiftant celui, ou l’pn trouve
un tiers ou un quart de letAes gothiques modernes. C’eft ce
qui cotnpofe le lêcond genre de notre première fubdivifion.
Les efpèces renfermées fous ce genre font au nombre de
quatre. • , « ,
La première d’une éccicore ordinaire , n’a que deux mo«
dcles gravés fiir imcre planche, i ° SigUlum Raymondi Vice-
tomitis Turenm. Lé uxau • qui donne au premier côté
cene infcription , eft aocériair à la moitié du xi 1 1‘. fiècle.-
M. Baluze l’a Eût gravet dans l’hiftoire (<) de la Maifoa
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DE DIPLOMATIQUE. <571
«T Auvergne. J PTû/id F rancorumRex . La mo-
noie d’or fin de Chai le (a) VIL d’où nous avons tiré cette
légende , cft probablement un de ces écus d’or à la couronne^
que Jacque Cœur , maître de la monoie , fît fabriquer ; lorf-
qu’en 1436. Paris eut été réduit fous l’obéifTance de Ton roi
légitime.
La fécondé efpcce de gothique croifTant fe diflingue par
des lettres à bafcs naiffantes des jambages. Nous avons fait
graver fur notre planche trois modèles de cerre écriture.
1®, Si^iUum Frederici Ducis Lothorin^e & Marckionis.
C’eft l’infcription du [h) fceau de Ferry II. duc de Lorraine ,
depuis 1107. jufqu’en 11,13.1°. Sigillum Henrici de Avau-
for. Cette légende eft empreinte fut le fceau (c) de Henri
’ Avaugour , fils d’Alain comte de Penthievre. Les hilloriens
de Bretagne àffiment à ce fceau l’an 11x9. pour époque.
3°. Alexander Deo rtüore Rex Scottorum. La chaire, à la-
quelle (lend le (d) fceau , qui porte cette légende, efl de l’an
1x37. C’eft fous le règne de cet Alexandre IL que le go-
diique commence fur les fceaux des rois d’Ecofle.
La troifième efpcce eft tranchée direélcment , & quelques-
unes de fes lettres font compliquées. Nous nous fommes con-
tentés dans notre planche d’en donner cet exemple , tiré du
Formulaire anelican («) de Madox : Secretum Jokannis de
Lafcy comiiis Lincolnienjîs & conjlabularii Cejlrienjis, Cette
infcriptioii , gravée au contrefeel du comte de Lincolne , co-
nétable de Chefter en Angleterre , eft du conrmencement
du X 1 1 1 *. fiècle.
La quatrième efpèce eft longue , conjointe, mêlée de lettres
fbuvent f^ bafes , Sc de caraâèrcs minufcules. Notre plan-
che en o^re un modèle , déjà publié , mais fort mal lu dans
la (f) Polygraphie efpagnole. C’eft une infeription lapidaire
de l’an 1x71. Voici de quelle manière nous’ la lifons : Sil-
vejlris Hotavius in erâ Mccc. ix. fecit iflam pontem Jokan-
nis Stéphanie Pro anime fue iftud fiât in menfe decemhris.
Cujlavu centum marabitinês. On ne fera pas furpris de trou-
ver dflnscetteinfcriptiond’Efpagne plufieursfolécifmes; après
qu^on en a vu un plus grand nombre dans celles d’Italie , où
l-’on a toujours mieux parlé latin qu’ailleurs. L» dernière
j^afe de l’infttiption fignifie » que le pont ,.donc il s’agit,..
n. PARTIF.
S ICI. in.
Cha P. Xi.
A* Tien. il/.
(•) Lt EI<ok.
f- 300. l. a, 1.
h loi.
n«. ESPECE.
(I ) Wfi. dt Ltr-
ramt. fl. i.a.jo.
U) Labia, hif. dt
t. JuMt
VII.
(d) Selt3. nmaif.
fi. 30.
IIP. £SP£C£.
W Tai. I.
IP. ESPECE.
(f) Etl, XXV..
». 4.
11. PARTIE.
.S IC T. iir.
C H A P. XI.
Ak T 1 C l E. III.
Ecriture capitale
à demi gothi<]uc.
III'. GENRE.
ESPECE.
{•) TMl-.in-i’
«.J.
(h) Lit, it mûri-
èus mit/, cmiM.
C0f.y.
I1‘. ESPECE.
(r) Leh. Pijl. dt
Prêt. t. 1. fl. 4.
n. 19.
(d) lUd. I. 1 .
/. 181.
éjt NOUVEAU TRAITÉ
coûta cent marabotins. La monoie d’or , apellée maraèotini^
doit fon origine à l’Efpagne.
III. On entend ici par demigothique , celui , dont envi-
ron une moitié des lettres font exadement gothiques , ou qui
par la grolCéreté & les bifareries de leurs traits aprochent du
put gothique. Le troihcme genre de la préfente foudiviUoa
renferme ce demigothique dillingué en fix cfpèces.
La première eft repréfentée dans notre planche par quatre
exemples , dont l’écriture n’a rien d’extraordinaire. 1°. Blan-
cha Regina Ludovicl Francorum Regis mater. C’eft l’in-
fcription d’une monoie d’or apellée chaife, & fabriquée avant
la moitié du xii i*. (iccle. On ne fait pourquoi M. le Blanc
(a) la rangée parmi celles de Louis VIII. Nous croirions
plutôt qu’elle fût frapée , pendant que S. Louis étoit fous la
tntcle de Blanche de Caftille fa mère. 1®. Sigillum comUatus
BUfenJîs in Blefenjî. Cette légende eft gravée fur ua foeau
rond de la Chambre des comptes de Blois. Ilparoit ^ xiiii à
-XIV®. Cède. 3®. Sigillum P itenciarUfanSi Germani dePratis
juxta Parifios. Le fceau en ogive , qui donne cette légende,
-eft du XIV®. fiècle. L’original fe conferve dans le cabinet de
4’abbaie de S. Germain des Près. Le Religieux , qui exerçok
alors l’office de Pitancier y paroit de bout , la tête décou-
verte , tenant de fa droite un couteau &c de fa gauche un
■poillbn. Ce fyrabole (èmble marquer, que l’abftinence de la
viande étoit religieufomentobforvée dani cette célèbre abbaie;
comme elle l’étoit par tous les moines, du tetns de (i) S. Au-
guftin Sc long-tems avant S. Benoît. Le champ du fceau eft
en échiquier. Sous les piés du Pitancier , paroit un écuftbn
chargé d’une efpèce de burette , furmontée de deux tour-
'teaux, avec une bordure de fleurs de lis. 4®. Séel Demi^iele
Jehanein Dalinei. Lc fceau du xiv®. fiècle , qui donne cette
légende ftançoife, repréfente la demoifelle jehanin de bout,
de front &c. tenant un écuflbn chargé de lofanges. . y
La fécondé efpèce eft d’une écriture , dont les lettres ont
leurs bafes-fit leurs fommers évafet. Notre planche en préfente
un modèle de la fin du xa®. fiècle > ou du commencement
du xiii*..C’eft cette infeription du fceau/c) de Bernard de
Machecou ; Sigillum Benardi i Macheco. Ce feigneur bré-
ton.eftun des témoins (d) de l’aâe de l«k foodatiotn ^ l’abbaie
de Villeneuve en 1 10 1. La
DÉ DIPLOMATIQUE.
' La troificme efpcce cft caraftérifce par des lettres , dont les
b.rfes & les fommcts font a demi-grifeSk Une infctiption (a)
cfpagnole de l’an iij8. de notre ère vulgaire , nous a fourni
le modèle fiiivant : Fino Don Pedro Perei ie.Villamthar ,
Alcalde dcl Rei en Cordoba, en die? e fine dias de febterà^
era MCC. nouaenta féfia. Maefire Uaniel mefiecit : Deux lo
benediga. Amen. OÙ nous liions nouaenta , en prenant la
lettre antépénultième pour une n , dont le lecond jambage
ne defeend pasalTez -, Don Naflarre a lu nova epta ; ce (pii ne
forme aucun fens. Morales lit Erâ Mcc.doys feriajextui
faute de bien conoitre les caradères gothiques modernes.
Les lettres de la quatrième cfpèce font terminées par des
fommets &: des baies en grifes. Voici les deux modèles de
cette écriture gravés fur notre planche. i^.Sigillum C antis
de Scala militis. Ce Iceau d’un chevalier d’une ancienne no-
blefle de Florence , eft de l’an 12.9;. ou environ. Il a été (c)
publié par Manni au fécond tome de lès Obfervations fur les
anciens fceaux des bas llècles. 1®. Rudolfus quartus Del gra^
tia Palatinus Archidux Aufirie, Stirie , Karinthie , Suevie ,
& Alfatie , Dominas Carniole , Marchie ac Portus-naonis i
natus anno Doniini mcccxxx. Le grand fceau de {d) Ro-
dolfe IV- archiduc d’Autriche , donne cette longue inferip-
.tion. Ce Irenu efl apole à une chaiie de l'au 1359.
La cinquième efpcce fe dilüngue par des lignes en zigzac.
Nous en avons un modèle, dans une monoie (e) du roi Jean ,
laquelle donne cette légende au premier côté ; Benediüum
fit nomen Domini nojlri Jefu Chrifli : Et dans le champ ,
Johannes Rex. Ces (derniers mots font écrits en zigzac : ce
qui en rend la leâure alTez dihcile.
- La dernière efpcce du troilième genre admet des lettres
xontournées. Un Iceau du xiv. au xv'. liècle nous en a fourni
ce modèle : Sigillum fratris Pétri Aturbatenfis , pour Atreba-
tenfis. Ce fceau eft du cabinet de l’abbaïe de S. Germain
des Prés. On voit dans le champ une Vierge debout , cou-
ronnée, & tenant l’enfant Jésus.
" IV. On trouve beaucoup d’inferiptions lapidaires &: mé-
•talliques , où le cara(ftère gothique prend le deftùs. Elles for-
ment le quatrième- genre de notre première lubdivilion , &c
le diftinguent en douze efpèces , dont notre plancheXXXlI.
' Tome II, Q q *1 4
II. PARTIS.
S E CT. 1 II.
C« AF. iX I.
A t.T I C l E. lU.
JU'. ESPECE.
■ f») ftljrgrsfb.
t/fâit. ftt. XVH,
tt. }.
(i) Et ctrmict
fentrtl dt Effàta
lib. iS.fet, tïS.
virpt. 1.
IV\ ESPECE.
(c) Ptg. f(. Si-
gil. vii.
(d) Au/Jrit iîlujlr.
ttb. 18. n. f.
y . ESPECE.
(t) it Bltnc.
p. 158. t, €oi, 1.
». J.
VIS. ESPECE,
Eciitutes capita-
les , où le gothi-
que cil dominaot.
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tf74 NOUVEAU TRAITÉ
fournit des modèles. Ceux de la première font i“. Secretum
II. PARTIE. Domine YoUndis, C’eft la légende du (a) contrelcel d’Yo-
chII XI* ^ Brétagne , dame de Penthiévre & comtelTe d’An-
Arti C I.Ï.1II. goulcme , en 1147. 2.°. Sigillum Pétri de Rojlrentn militis.
IV'. GENRE. Le fceau , qui porte (^) cette infcription , eft de l’an 1179.
V. ESPECE. Cette date eft du moins celle de la charte , à laquelle il eft
(•)LMn.h^.dt apofé. }°. Sit nomen Dominl benediSum. Ce verièt 1. du
irtt.fiiM 7>. pfeaume 1 1 1. fert de légende , au moins en partie , à une mo-
(i) JW. fct»» jjpjg {j’argent du roi Charle VIL L’écriture de ces trois
(#) U Blanc, modèles eft ordinaire.
p. }oo.i. cti.i. La fécondé efpèceeft à bafes & Ibmmecs évafés &: naiffans
’‘lJ. ESPECE. lettres. Cinq modèles de ce gothique figurent fur
notre planche. i“. mcclxxxx. in die viiii. ai Novebre. Le
fceau {d) italien , qui porte cette infcription , reprélènte un
(,/) Uanni t. J. horrible dragon ou fêrpent combattant avec un militaire ,
S'iti XV. p. 141. armé d’un bouclier 8c d’un glaive. M. Manni parcourt tous les
' ^ ’ hiftoriens d’Italie, qui ont lait mention de femblables lèrpens,
8c s’arête à celui, que rencontra un jour le cavalier Marzuc-
co. Il croit que c’eft ce dernier événement , qu’on a voulu
repréfenter fur le fceau , daté du 9. Novembre 12.90, Ce
lavant a lu 1 19 } . prenant in pour 1 1 1 . z°. Ferrarian cor-
(f ) Uuratm. an- di teneas , ô famé Georgi. Ce vers eft gravé fur le Iceau (e)
ihuii. iul. /.J. la ville de Fcnanr. S«ix>c C«nrge Ibn patron y eft repré-
fenté à cheval, boaé , épéroné, 8c perçant un lerpent avec
un dard. Ce fceau eft de l’an 1 300. ou environ. 3®. Sigillum
fratris Matei de Ordine fanSi Spiritâs in Saxiâ de u^e. Le
fceau , qui donne cette légende , eft du cabinet de la biblio^
thèque de S. Germain des Prés. Il eft elliptique & reprélënte
une croix patriarchale , fur le bout de laquelle une colombe
porte fon bec,en dépendant. Sur le lècond croifillon Ce voient
quelques caraûères prdque éfâcés , 8c qui pouroient bien fi-
gnifier, F ratris MatMi. Le long de la croix, il y a fix têtes de
chaque côté , les unes fur les autres. Nous croyons ce fceau
du XIV®. iiède. L’Ordre du S. Efpritde Montpellier fut apellé
de Saffîâ en Italie , du nom de aeatee Marûe in Saxiâ , bâ-
tie à Rouie, par Ina roi anglolâxon. 4®. Sigillum CaflellanU
Fra3evallis. Ceft l’inlcription du fceau de la châtellenie de
Fretteval en Beauce , reflbrtilTant au Baëliage de Blois. Ce
fceau rond du xiv®. fiècle eft du même cabinet. U porte le*
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DE DIPLOMATIQUE. 671
même écu que celui de la ville de Chaceaudun •, ü ce n’eft qüe
dans le champ il n’y a qu’une étoile à droite. Il eft fouvenc
£ût mention de Fretteval dans les diplômes des rois 6c des
Princes. j“. SigiUum Curie Comitatâs Sabinenjis . Le fceau,
fur lequel nous liions cette inlcription , eft gardé dans le ca-
binet de S. Germain des Prés. U eft rond , Bc porte deux clés
en fautoir , llirmontées d’une croix pâtée ; pour lignifier, que
le comté de la Sabina eft de l’Etat écléll;dtique.
La troificme elpcce eft compofée de lettres ,dont les baies
6l les Ibmmets font prefque nuis. Voici les deux exemples ,
?ue nous en donnons , dans notre planche, i". Fede Acatii
loretino. Le fceau , qui montre cette légende , eft un des
plus anciens de la colleékion de (a) M. Manni ; quoiqu’il ne
fbit que de l’année 12,68. Le D du mot Fede reflemble à im
O ; parcequ’on n’y a point ajouté une pointe lùpérieure, tour-
née vers la gauche. 2®. Sigillum Cafiriduni in Dunejio. C’eft
l’infcriprion du Iceau de la ville de Châteaudun en Dunois.
Nous le croyons du x i r i . au xi v®. llècle. Il eft du nombre de
ceux , qu’on conlèrve au cabinet de S. Germain des Prés.
Les lettres de la quatrième efpcce font à lignes ondées.
Cette forme paroit fur (b) un gros blanc du roi Jean. Au pre-
mier coté , dans le petit cercle, nn lir • Jnltnnnrt T)*i graciâ ;
6c au-dellous de la couronne du revers , Francorum Rex.
C’eft dans ces deux mots que l’ondulation fe manifefte.
La cinquième efpèce eft diférentiée des autres par des let-
tres ondées 6c à grires. Notre planche en doime crois modèles,
i”. Sieilum civium de fanSo îpolito. Le fceau, qui ofte cette
légende de l’an 1250, a été publié (c) par Raymond Duel-
lius , dans fes Extraits génésdogiques 6c hiftoriques. 2“. Si-
Mlum Ottonis Pomer. Le même auteur [d] a fait graver le
fceau de l’an i j<î8 , dont l’infcription nous fèrt ici de mo-
dèle. En général l’ondulation 6c les grifès font fréquentes
dans les écritures d’Allemagne au xrv®. fiècle.
Les lettres de la fixième efpècc font ondées 6c en méme-
lems hérilTécs de pointes. Notre planche ofre deux inferiprions
dans ce goût bifare. i*. Calochus von Olam. Ce modèle,
tiré du meme (e) compilateur , eft de l’an 1321. 2”. Sigillum
Geo rit epifeopi Patavienjis. Duellius lit Georgii. Le fceau de
l’évêque de Paftau, qui porte cette légende, eft de (/) l’an-
nce 1394.
II. PARTIE.
Sec T. III.
C H * P. XI.
Article. III.
III. ESPECE.
(») Ttm. t. Sifil.
ir. ESPECÉ.
{b) Lt Bivtc.
4. COi. J.
r. ESPECE,
(r) P^^. 17:
». If.
(I) IbiJ. f. lÿ j,
B, 10}.
VI. ESPECE.
179.
». 47.
[f)lbU. B. Iff.
n. 19 t.
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n. PARTIE.
S £ CT. III.
C H > P. XI.
Al.TlC.LE. III.
VIL ESPECE.
(<«) Poljt’rath.
tf/à.i. fui. XXV.
a. 1 1.
l'in. ESPECE.
(1} Aujirix
tàh, 4. a. J .
(c) Ibût. Ixb. 6.
n, f.
(i<; OJJtrvxt. [»■
fr» il jigH. ». 7.
Sigit. ii.f. 140.
14«.
IX , ESPECE.
(r) Jbii. ». x,Si~
g,l.4.{. il.
if) P*g- >»o-
a <4,
X ESPECE,
(g) T»«. i.Sigil.
X-t- 1.
676,. NOUVEAU fTRAITE '
L’écriture de la lèptième. efpècé eft apellée françoife pâr
les Elpagnols. Les traverfes de fes lettres font fouvent diC-
joinres ; comme l’on peut voir par le modèle , que nous avons
emprunté -de Don (a)^ Naflarre.' Nousjle lifons, ainli : Era
MCCC.LXii. anos, Foi efia ton começada yiii^ diat de
Maio emandova fq^eVomui notre Don Dints Rfi de Por~-
tugal e do Algarve.^e foi acahada... fragnaent d’infcription
eft de l'année i Ji4- qu’on croit être la dernière de Denys.
roi de Ponugal , furnommé le libéral &: le père de ta Patrie»
La huitième efpèce eft caraé^érilée, j^at.la maigreur de lès
lettres. Les trois modèles de cette éçriture , gravés fur notre
planche ,{bnt i*» Sigillum. Markuerdi de Alnartsperg. C’eft
rinfcription 'd’im fccau alleman de l’an i publié par (é)
D. Hueber. Sigillum Gerungi Deigratiâ ahbatis ecclefie
Medelicenfs. Le (c) fceau , qui porte cette légende , eft apofë
à une charte de l’année 1 177. gardée dans les archives de
l’abbaie de Melk en Autriche, j®, Jefu Chrijîe fili Del viVi,
miferere michi fratri Nicolao peccatori. jCette prière eft gra-
vée fur un fceau en ovale pointue de la fin du xti i'. fiècle.
M. Manni {d) le donne à Nicolas Boccafino , Général des
Dominicains , cardinal & depuis Pape , fous le nom de Be*-
noît XI, IJl favorifa la France, 6c l’églifc l’honore fous le titre
de Bienheureux. , " '7^
Les lettres de la neuvième efpèce font ovaliques ou à jam-i
bages epurbes. Voici les trois modèles gravés dans notre
planche» i Alfonfus Rex. C’eft la légende d’une monoie, qui,
nous a été communiquée par notre refpeéiable. 6c dofte ami
D. Pernot, bibliothécaire de S» Martin d^s. Champs. Elle eft
probablement ;d’Alfonfe XI. roi, de Caftille, qui gagna l’an,
1340. lafameufe bataille de Salado,ou plus de deux cents mille
Mahoraétans perdirent la vie. .z“. S. Mahwus. B. M : c’eft-
à-dire , Sigillum Mannus Benincafee Ald.nmu.ci. C’eft ainfi,.
que M; Manni lit {e\ cette infeription d’un Iceau italien du,
commencement du xi v*,. fiècle. ÿ' .Sigillum iVilholmi decani:
dePilichdorf. Lc fceau alleman de l’a^ r 3Ji._qui donne cettft
légende, a ^té .publié pat U) UueMius.. .' . ..v» ai^-
' La dixième eft d’une écriture allemande ôc ferrée ,. avec,
quelques angles faillâns. Notre planche eu donne un modèle»
uté'des obfervations ((f) 3e. M. Manni. Cdlcettc.iufcriptioni
Digitized Py
DE DIPLOMATIQUE.- ^77
du grand fceau de Ladiflas V. Roi de Hongrie &■ de Bohè-
me : Ladijlaus Dei graciâ Hungarie , Bohenûe , Dalmatie ,
CroacK , &c. Rex : Auflrie^ Surit Ù Luç^emburge Dvx ^ ac
' Moravie marchio 1451. Nous trouvons id pour la première
fois l’abréviation (fc. &c les chifres vulgaires , auxquels on a
donné le nom d’arabes. Le 1'. *chifre ell notre 4. le 3'. cil no-
tre y. fuivid’un petit trait, que nous prenons pour i. Ce y au-
roit du faire comprendre à M. Manni, que le fceau qui donne
cette légende, ne peut être de Ladidas IV. roi de Hongrie,
tué à la bataille de Varnes , gagnée par les Ottomans l’an
1444. Ce fceau apartient inconteftablement à Ladiflas V.
fils d’Albert d’Autriche. Il fut empoifonné à Prague par les
Hudites, aux progrès defquels il s’étoit fortement opofé. Les
antiquaires attentifs ne manqueront pas d’obfetver , que les
caraâères de cette infcription gothique du milieu du. xv'.
fiècle, font (il nujufcules.
Une écritute lâche caraûérife l’onzième efpèce. Notre
planche n’en ofre point d’autre exemple , que cette infcrip-
tion (d) du fceau de Rodolphe de Halbourg .* Rudolfus Dei
graciâ Romanorum Rex femper Augujlus. Rodolphe I. fût
couronné empereur à Aix-la-Chapelle l’an 1174. &c mourut
à Spire l’an 1191.
Les lettres la f1r>nTîAtr>c vipécc tlc gotlilquc dominant
font conjointes. En voici un modèle gravé lur notre plan-
che : Sigillum Balthafans Dei graciâ Thuringie Lantgravii ,
marchionis Mifnenjis. C’eft la légende du {b) iceau de Baltlia-
far , Landgrave de Turinge dans la liante Saxe , vers l’an 1349.
V. Les inferiptions précédentes nous ont donné un gothi-
que plus ou moins mêlé de lettres romames. Le cinquième
genre, qui termme cette xxxii'. planche, contient le put
II- l'ARTIE.
S* CT. 1 II.
C H A F. XI.
ARTlClt.Ur,
* Dans riiircrir-
tion gothique ,de
Tours puhhccd.Tns
le Journal de
Verdun , Février
I7f J.on rend les
quatre chifres. p.ir
i)ij. Ils lïgni.
fieiit 147,. Ui
Mtm, dt Trfvfiux
Sipumb. 1707.
or». 111. p. 1611.
é" fiùv.
XI . ESPECE.
{•YHtimtcimé
t»b. IX, n. 4.
XII. ESPECE.
(b) Ibid, lui, tj,
». 9.
Ecriture capi-
tale puremeoc go-
thique.
V'. GENRE.
(i) Nous ne pouvons nous dirpenfer
de réléver une néprifc du célébré M, Se-
cooITc , fur la durée du gothique iiiajuf-
culc. n Pour peu , dit ce c) (avant acadé-
•• imcien , qa'on conoilTe les monm ens
V» du moyen age ; on fait que l'ufagc d«i
Aicaraflé e socl)i,|ue maisircule oucapi
» tal a cédé vers la fn du xiv'. (ièrie.
Environ cent ans après cette époque , le
gothique inajiicttlc paruic cncot. dais
les Icgcndejdcs l'ccaux. & dcimunoieb
La plupart de celles , qoe Louis XI. St
Louis Xll. firent fraper en France , por-
tent l'cttipreiate de ce caraélcre capital.
Il ell à préfumer , qu'au lieu du xtv‘.
(iccle , M. SccoulTc aura voulu parler du UIJI. it VA*
xv'. & que c’eft tout au plus une faute infeript.
dimprsrllion ou de copi Ile ; faute cepen- '•
•tant, qui poutoit devei'it de conféquence,
fe trouvant conligncc dans l'Hifloire dc
i'Acadérnic royale des Infctipuons. '
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DE DIPLOMATIQUE,
bataille de Floddenfield, où il perdit la vie le Septembre
de l’an 1J13. ^ n. partie.
Les bafes & les fommets de la quatrième efpcce montrent ^ ^ H’ x î
des grifes. Notre planche ofire fix modèles de ce gothique. Article, iir.
I®. Cou ( id efl contrafigillum ) Johannis Ducis Britatmie , iv , ESPECE,
comit 'u Montfortis & Richemondi. C’eft l’infctiption du con-
trefcel de Jean de Montfort duc de Brétagnc. La date de ce .
monument eft de l’an t38o. a“. Sigillum Jacobi de Refaro. B*]i.
Le fceau ou type rond, qui donne cette légende , le trouve '<t.
dans le cabinet de S. Germain des Prés , &c paroit du x i v'. fiè-
cle. Il porte un cimier ou plutôt une tête en cafque , avec les
ornemens & au-deflbus un petit éculTon. 3®. Jacobus Dei
gratiâ Rex Scotorum. C’eft la légende d’une {b) monoie d’or (t) SeM. ««.
de Jacques I. troifième Roi d’Ecorte de la famille des Stuarts. ‘Hft-Scu.
Après une prifon de dix-huit ans , il fut rais en liberté par
les Anglois , 6c monta fur le trône l’an 1414. 4*’. Une mo-
noie de Louis XII , que M. Doyen , ancien avocat au Par-
lement , nous a communiquée , porte d’un côté en caraûères
majufcules , parfaitement gothiques : Ludovicus Dei gratiâ
Francorum Rex ,• &c de l’autre , Chrijlus vincit , Chrijlus
régnât , Chrijlus imperat. Lous XII. (umommé le père du
Peuple , fut facré à Reims par le Cardinal Briçonnet le 7.
avril 1498. J®. Sigillum curie Eeneralts Pntrîn:or)ii btati Pétri
in Tufciâ. Un fceau ou type du cabinet de S. Germain des
Prés porte cette infcription. Sur ce type de figure ronde ,
S. Pierre eft re^réfenté, tenant deux clés de fa gauche, aftis
fous un portail a trois tours , dont la principale eft furmontée
de deux autres clés en fautoir. 6®. Jacobus Dei graciâ Rex
Scotorum. C’eft l’infcription du grand fceau (c) de Jacquell.
roid’Ecofte, qui rè^na depuis l’an 1437. jufqu’cn 1440.
La cinquième efpcce eft en grifes à traits détachés. Nous ^ ESPECE.
en donnons ,dans notre planche , ce modèle de l’an 143 y :
Sigillum Generoji militis Domini Francifci de Ufeppis. Le
fceau de l’ancienne famille d’Ufeppi, fur lequel paroit cette
infcription dificile à déchifrer, a été publié, &c lâvamment
expliqué par fif) M. Manni. 7.10t.
Les bafes de la fixlème efpèce du pur gothique capital font yfj'
feulement en grifes. L’unique exemple., que nous en don-
nons, eft cette mfcription de l’an 142$ : Sigillum Marini Dei
I
1 r. PARTIE.
Sec T. li I.
Ch A P. X r.
A K T I c L E. III.
(aJ Pflj. lOJ.
H. )7I-
l'/I'. ESPECE,
(i) PȔ. I8i.
n. 8p.
rai'. ESPECE,
(r) IHd.f.IfS.
». }»7.
IX.ESPECE.
(i#) Jucihti M«-
y««/n rtgium. tah,
17- ». 4'.
X.£5P£C£.
(«) UitrMtri mr.-
ti<j, il»l. I, ).
c«/. 114.
(/J Mannil, 5.
Siji/. II.
(^) M*/.
t£g,t*b, I. ». 1.
xr. ESPECE.
680 NOUVEAU TRAITÉ
gracia epifcopi Racanati Le fceau, fur lequel cette infcription
eft gravée , fe trouve dans les Extraits (a ) généalogiques de
Duellius.
Les lettres de la fepticme efpèce font à grifes ondées. Le
même auteur (b) nous en a fourni le modèle fuivant : Si-
gillum Bernharii de Medlico. Le fceau qiii porte cette lé-
gende , eft de l’an 1 344.
L’écriture gothique capitale de la huitième efpèce eft com-
pofée de lettres ondées. Un fceau alleman (c) nous en a donné
cet exemple : Sigillum Martini de Planckenflain. Cette écri-
ture eft de l’an 1403,
La neuvième efpèce eft fingulierement courbée dans les
jambages de plufieurs lettres. Les deux modèles , que nous
en avons tait graver, font 1°. cette légende d’une {d) monoic
danoife : VaLdemarus Rex Danorum. Au revers , Nicholaus
epifeopus Roeskildenfis.CmevQonoiQ eft de ValdemarlI. qui
ocupoit le trône de Dannemark , en même-tems , que Philippe
augufte regnoie fur les François. Les caraétères de cette lé-
gende , font femblables à ceux, dont on ufoit alors en France.
z°. Sigillum Beate Marie de Malins. Cette infeription eft
gravée fur un fceau en ogive du cabinet de S. Germain des
Prés, Il pft du xiv'. fiècle , & repréfente plutôt un homme
qu’une femme , tenant l’enfant Jésus.
Les carafteres de la dixième elpôce de pur gothique font
un peu maigres. On le voit par les trois modèles fuivans gra-
ves fur notre planche. i“. Sigillum Abbatis facri conventûs
nwnajlerii fan3i Pétri Mutinenfis. Le fceau de (e) bronze
en ogive , qui donne cette infeription , étoit à l’ufage de
l’abbé de S. Pierre de Modène. S. Pierre y eft repréfenté te-
nant des clés &: le livre des Evangiles , &c S. Benoît y paroit à
gauche, portant d’une main fa crofleôc de l’autre le livre de fa
Réglé. Dans cette infeription du xiv', ficelé le T gothique
ne difère point de l’M pour \a.fi^\xK.z° .Jhouannes Neronis ar-
chiepifeopus Floretinus. Le fereau , qui porte (f) cette épi-
graphe, eft de l’an 1468. 3“, Johannes Dei gratiâ Rex
Dacie. — Moneta aurea regni Dacie. C’eft la légende d’une
[g) monoie d’or du roi Jean I. qui régna en Dannemark ,
£puis l’an 149$, jufqu’en 1^14.
L’onzième efpèce eft d’une écriture alongée. Le modèle ,
que
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>
\
DE DIPLOMATIQUE. ^8r
Îuenous en avons fàic graver, felit ainfi : Convocat hic natos
.udovicus ù inftruit ipfos. Ce vers (a) hexamètre eft peint
fur les vitres de la fàcrillie de l’abbaie de Denis en France ,
où l’on voir huit peintures , qui concernent la vie , les prin-
cipales aftions , la mort & les miracles du roi S. Louis. Cette
infcription eft d’environ l’an 1 3 10,
Les lettres de la douzième eipèce font anguleulês. Le fceaii
de la ville de Verone, publié par {b) le marquis MafFéi , nous
a fourni le mot , Verona , écrit en ce goût. Noos nécrosons
pas l’écriture de ce modèle plus ancienne que le xi 1 1'. ficelé.
La treizième efpèce eft diférentiée des autres, par des lettres
liées , conjointes & fans grifes. En voici trois exemples , re-
préfentés fur notre planche. 1°. Sigillum Officialium Domi-
norum Judicum Curie Peticionum. Un fceau ( c) tond ,'re-
préfentant faint Marc , donne cette infcription du xi v'. liècle.
La cour ou chambre des Requêtes , qu’elle fait conoitre ,
étoit établie à Venife dès l’an 1x44. comme il paroit par les
réglémens ,que fit la République , pour la dilcipline de ce
Tribunal. z“. Sigillum Albeni Marchionis EJlenfLs , Vicarii
civitatu Ferrariepro fandâ romand Ecclejîâ, ac Mutine Do-
mini generalis. Cette infcription du fceau ( d) d’Albert , mar-
quis d’Eft , lieutenant de l’églife romaine dans le Ferrarois ,
& Prince Ibuverainde Modène,cft de l’an 1489. ^'‘.Sigillum
Adam de Marcoci. Le cachet rond du cabinet de S. Germain
des Prés , qui donne cette légende , eft du xi v au xv'. fiècle.
L’écu porte une N , qui paroit encore à l’autre bout du ca-
chet. Les généalogiftes diront mieux que nous , quel eft cet
Adam de Marcouflis.
Les lettres de la quatorzième efpèce (ont conjointes , en
grifès & renverfées. Notre planche en offre trois exemples.
I. Sigillum Albeni Ducis Bavarie , comitis Patavienfis ,
confiliarii fratris fui Willelmi. Le fceau {e) d’Albert ,duc de
Bavière, ic comte de Pafifau , fur lequel ces titres font gravés ,
eft de l’an 1337. 1°. Sigillum Ântoni Capulupi epifeopi
Montis Corbini. Le fceau (f ) en ogive , qui donne cette
infcription, apu fervit depliis 1368. jufqu’en 1399. 3®. Si-
E'ilum Enrici Dei graciâ Regis Cajlelle & Legionis. C’eft
légende (g) d’un meau de plomb , pendant à un privilège
accordé l’an 1391. par Henri 111. roi de Caftille & de Leon.
Tome II R r r r
n. PARTIE.
S«CT. III.
Chat. XI.
A * T ic 1 1 III.
(«) Memtm. JiU
mtnareb. frtnf,
t. i.fl. tj.
XII'. ESPECE.
{h) Verm.illujlr.
f*rt. I. la, f.
ctl. 131.
XIII*. ESPCEE.
(e) Mmmu. i. (.
f. X,
nu. t. 7.
Sipl. I.
Zli'. ESPECE.
(t)
ttt. i8.n. 1.
(f) Maiuu. t. X.
SixU. S.
U) Pffyp“t^-
S»i/* 14-
S>iU. 1.
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II. PARTIE.
SiCT. III.
Chap. XI.
A RT 1 CL£. ni.
xy . ESPECE.
(a) Jâcobâi Muf.
tel- fiS.vjtb.xV.
n JJ-
Ecriture ««pitale
goihiquc mainvc.
VI*. GENRE.
/ .£ S P r c £.
(ÿ) Mmuni. /. J.
Sigil. 14.
II*. ESPECE.
(f) Antiquit. itaf.
/.}.«/. 117. ^
IIP. ESPECE
. (A) Mmailt. t.
Sijfî. 8. . ..
(f) /. r.
Stx«/. 4.p. JJ.
<;8z NOUVEAU TRAITE
La dernière efpèce de ce cinquième genre préfente des ca-
radcres gothiques renverfés. Ils parodient tels dans le mo-
dèle, qui termine cette planche, il efl: tiré d’une (a) monoie
d’Eric VII. roi de Dannemark. Au premier côté, pour légende >
Ericus , & au revers Rex Danorum. Cette monoie eft du
XIII.' fiècle. L’auteur du Mufeum regium a lu Amplement
Eric Rex \ ne s’apercevant pas, que les montans & la traverfe
de la croix donnent 1’ V & l’f, & ^ue la figure , qu’il a prife
pour un triangle, eft un A grec , initial àcOanorum ou J^anite^
§. II.
Suite de la première fubdivijîon des écritures, gothiques : ex~
plication de la partie de la planche xxxiii, où font ren^
fermés Us vi. & genres du gothique majufcuU.
I. Cette dernière planche repréfente le gothique dans Ibre
dernier état ; c’eft-à-dire , dans fa forme la plus grollière &
la plus difgracieufe. On rencontre fréquemment fur les
fceaux & les monoies des écritures gothiques mallives.
Nous en avons formé le fixième genre de notre première
fubdivifion. Il eft partagé en neuf efpcces , dont la première'
fe diftingue par des baies & des fommets Amples & prolon-
gés à l’excès. La première infeription de cette xxxi 1 1*. plan-
che en eft la preuve. Elle lè lit {b) alnA ; Sigillum civttatii-
Haemburgenjts . L’écriture de ce monument nous paroit du
xiv'. Aècle. Haimbourg ou Haymberg eft une ville de lai
balTe Autriclie , Air les confins de la Hongrie.
■ La fécondé efpèce de gothique maflif eft tranchée en ta-
lus. Le fteau de l’ancienne ville d’Aquilée , publié par {c).
M. Muratoti nous en a Ahutu un modèle , dans ce vers in-
forme , qui lui fert d’infeription : Urbs hec Aquilegie ca-
pud efl Italie. Cette écriture eft du xi 11*. ficcîo.
• Les lettres de la troifième efpèce font à baies & fommets
nailTans. Notre planche en ofre trois modèles , tirés Air au-
tant de fceaux italiens. 1®. Sigillum Collegii judicum Luca-'
ne civitatis. Cette infcription du foeau du {</) Collège des
Juges de la ville du Luque eft du commencement du x i v*..
fiècle. z“. Sigillum Partis commuais & Populi Pifani. Le
A:eau de la {e} Commune 8c du Peuple de Pife , fur lequel
eft gravée cette légende , eft du xiv*. Aècle commenvîii^A
Jy
fi Si.
i/at rni\f au/res CimIn}Yu^raUtesj4:ï^idaires,mfùiIIi\jue.'! K’c.
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V*v
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?v
* : ca)ïttnin :
coUeiîmijeîmèîettâbeia
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DE DIPLOMATIQUE. ^83
3°. Sigillum fedis epifcopatâs Fefulani. C’eft l’infcription
dufceau (a)cpifcopal de Fiefble en Tofcane. Nous le croyons
du meme fiècle.
- La quatrième efpèce eft triangulaire , fes jambages font
détachés & fes bafes & fommets font pointus. Voici lesqua*
tre modèles , que nous en donnons dans notre planciie. i°.Un
gros Tournois porte au premier côté Philippus Rex , & au re-
vers Turonus civis ( idejlcivitas. ) Quoiqu’on ne trouve point,
dans le Traité des monoies de M. le Blanc , de gros Tour-
nois parfaitement femblables à celui-ci ; il nous en ofre un
4e Philippe le bel , qui en aproche plus , que ceux des au-
tres Philippes. i». Une monoie, qui nous a été communi-
quée , a d’un côté , Eudo Dei gratiâ Dux ; & de l’autre ,
Burgundie , Marie. Eude IV. ouc de Bourgogne, le devint
de la Morée l’an 1310. 3®. Un autre gros Tournois a d’un
côté pour légende : Philippus Dux , & de l’autre Turonus.
Ducis. Cette monoie de Philippe le Hardi , duc de Bour-
gogne , doit avoir été batue après l’creftion de la Touraine
en Duché , faite par le roi Jean en 1 360. & avant l’homage
du Duché de Bourgogne , rendu en 1 3^4. au roi Charle V.
auquel Philippe remit le Duché de Touraine. 4®. Une pièce ,
à peu près du meme tenis , donne au premier côté : Petrus
Charpentier de Chefoi clericus 3 & au revers : Mandatant
novum do vobis. Cette monoie a été probablement batue,
pour être dillribifée aux pauvres , à qui l’on avoit lavé les
piés le Jeudi-faint. Perfone n’ignore , que cette religieufe &
ancienne cérémonie , qui retrace à nos yeux l’humilité in-
compréhenfible d’un Dieu fait homme , pour être notre mo-
dèle , eft apellée Mandatum , du premier mot de l’antienne ,
qu’on y chante.
La cinquième efpèce montre des lenres , dont les baies
& les fommets font en grifes. Le Tréfor choill des médailles
& des diplômes (i) d’EcolTe nous a fourni ce modèle : Ja-
cobus Dei gracia Rex Scotorum. C’eft la légende , qu’on
voit au premier côté du fl||pd fceau rond de J.ique IL qui
gouverna le royaume d’E^^e avec beaucoup de fagefte juf-
qu’en 1460. qu’il-fût tué d’un éclat de canon , au ficge de
Roxoborough.
La lixième fe diftingue par des grilès, des angles faillans ,
, Rrrr ij
II. PARTIE.
SiCT. 111.
C H A P. XI.
Article III.
(a) HiJ. t. 4.
4.
tV’. ESPECE.
V‘ ESPECE.
(h' Ta'y. 83 .
Vî‘. ESPECE.
11. PARTIE.
S I C T. III.
C H A P. XI.
A I T 1 c {. E. 11I<
K/I*. ESPECE.
(a) Tm>. 5. »/.
lit.
(*) P'.gnrt ,
tjfict XI 11, ». X.
rill. ESPECE.
(r) SiUS. »»-
mifm. d-fUm.
ScM. thtfmr. ut.
4J.
{d)Uid.t*i.JS*.
tci. X, », ],
(#} AntijuU. itM.
t. i.ttl. ij}.
«84 NOUVEAU TRAITÉ
it des conjondtions de lettres. Parmi les fceaux en types du
cabinet de 1’abb.iïe de S. Germain des Prés , nous en avons
trouvé un , qui nous a donné ce modèle : Sigillum Galaoti
de Malatejlis. Ce grand fceau rond montre une tête de pro-
fil très-faillante fi£ aflez bien faite , devant une étoile à nuit
Trayons, Le champ eft femé d’autres étoiles femblables , mais
plus petites & par tombes en treillis. On voit encore au tour
un cercle d’étoiles. Ce beau type eft du xiv. au xv®. ficelé.
Les lettres de la fepticme efpcce font conjointes & un
peu lèrrées. Les Antiquités italiemies du moyen âge nous
ont donné (a) ce modèle : Alberti marchionis Efienfis , P7-
carii civitatis Ferrarie , pro fan3â romana EccUJîi , ac Mu-
tine Domini generaiis. Le fceau d’Albert, marquis d’Eft, re-
préfente une aigle éployée. L’infeription que nous donnons
ici, difere un peu pour les caraûcres de celle, que nous avons
raponée vers la fin de la planche (i) précédente. Mais cet
illuftre marquis ayant vécu jufqu’en 139}. eut le tems de
faire retoucher & renouveller fon fceau ; fi toutefois la di-
férence des caraâcres ne vient pas des delQnateurs ou des
graveurs.
Des angles faillans Sc rentrans caraftérifent les lettres da
la huitième efpèce , dont voici les quatre modèles , figurés
fur notre plance. i*. Johannes Dei graciâRex Scottorum.
C’eft l’infcription fei du grand Iceau de Jean Bailtol ou Bail-
leul placé , mr le trône d’Ecoflè en 1191. par Edouard L dé-
trôné par le même roi d’Angleterre l’an 1x96. &c contraint
de fe réfugier en Normandie , fa patrie , où fa famille fub-
fifte encOTe avec diftinétion. Ce fceau étoit apofé à un di-
plôme de l’an 1 198 , donné au nom du roi Jean Bailleul ,
par Guillaume Wallace , à qui la garde &c le gouvernement
d'EcolTe avoient été donnés. i“. David Dei gracia Rex
Scotorum. — Dominus profeSor meus. Villa Ediabur^h. La
première partie de cette légende eft empreinte du coté de
la tête , & la fécondé au revers d’une (d) monoie d’argent
de David IL qui fuccèda l’an à Robert de Brus , le
reftaurateur de la monarchie d’Ec^re. 3“. Gregorius PapaXl.
C’eft la Jéeende d’une («) bulle de plomb de Grégoire XL qui
ocupa le laint Siège depuis 1370. jufqu’en 1378. 4®. Une
monoie de la ville de Cametino en Ombiie a pour légende
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DE 'DIPLOMATIQUE.
(fl) du côté de la croix SanSus tnantius , & au revers De
Camerino.
Les lettres de la dernière efpèce du gothique maflif font
à jambages doubles & triples. Un grand fceau en o|^ive ,
publié pair {i>) Thomas Madox , nous a fourni im modèle de
cette écriture finguliere. Voici l’infcription : Sigillum eccU-
Jîe fan3e Marie de Mertonâ. Ce Iceau eft du règne de Hen-
ri VIII. qui monta fur le trône d’Angleterre l’an ifop. &c
qui par une fuite, de l’ignorance , qui regnoit encore après
les commencemens du xvi‘. fiècle, fut déclaré, au giynd
étonement du monde chrétien , chef fuprème de VEglife an-
glicane , par le Parlement de la nation.
1 1. Le gothique moderne majufcule devint de plus en plus
irrégulier, barbare &: rullique. Ces qualités conftituent le
lêptième genre de notre première fubdivilion. Nous l’avons
diftingué en lêpt efpèces , plus hétéroclites &c plus lii^ulieres
les unes que les autres.
La première eft d’une écriture tranchée , 8c à queues
courbes relévées. Le modèle , que nous en donnons d^s
notre planche , n’eft qu’une partie d’une infcription publiée
par (c) M. Manni. Elle commence ainli : jinno Domini
MCCCXXVl. die Marti Terra de Signia dejîrutta fuit per
Cajlruccium & GibeUinos de Signe. Notre favant Italien a
raifon de donner cette inlcriptioii lapidaire,comme un exem-
ple de la grolCéreté du cizeau 8c de l’ignorance des artiftes
du xv®, ficelé.
Le gothique capital de la fécondé efpèce eft danois. Ses
lettres font courbes , brifées 8c anguleufes. L’infcription , que
nous ofrons pour exemple dans notre planche , eft cirée de
l’ouvrage (d) d’Olaus Wormius , imprimé en 1643. le
titre de Danicorum monumentorum libri fex. Ce lavant la
rend ainfi en danois 8c en latin : Eftter Guds Byrd cio cidlv,
ca lac Gangulff. Indgrawa Wigatarone oc hans ïon Oluff.
AnatoChrifo MCDLV. has Hueras & charaSeres fcuîpi cu-
ravit Wulfangus & filius ejus Olaits. Les caraâères de cette
infcription lapidaire forment ( 1 ) une croix> Notre auteur
( I ) S*w («) mtllitri , GtihlMM- I quMm amiil eircumi nfcriftimii cmôntnt
MtÊim tji/eitt , fsiricMM tÜ crux qian^m I fantm , cum nUqtmm teiuMI crmù tranf-
(treiur $U»artim altitmUn* , Uu» , | vttfaU , thaiU indafMm ^ traehdim-
U. PART U.
SïCT. III
Chap. XI.
Artpcii. III.
(•) ArgtUii
mennis Iialix lai.
4f. ». J.
JX«. ESPECE.
(i) Fmnularc
anglic.tai. i. n.Z.
Ecriture potht-
<]ue capitale irré-
gulière ou plus
Barbare.
VII'. GENRE.
I'. ESPECE,
(f) OJfcrvai. fo-
frà ifigil. aniiein,
c. i.^. 1 10.
W.ESPECE.
(J; Pag. »4J-
C') lUJ.t-
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II. PARTIE.
S E C T. III.
C H A P. XI.
Article. III.
Jir. ESPECE.
IP. ESPECE.
(a) De Sigil. ImS.
1 J. n. II.
P. £5 PE CE.
(l) Telypnfh.
tjfàn. f*l.
xxiv. vtrf9.
6%6 NOUVEAU TRAITÉ
trouve dans les chifres i4n- qui eft la huitièrae année du
rcgnedeChriftiernl. roi de Danemark. Il a cru qu’ils étoient
gothiques ; mais ils font romains & défignent l’an i j j j .
La troificme efpèce eft françoife , anguleufe , & pointue :
fes bafes & fes fommecs font conjoints. Un type ou fceau
rond en forme de cachet , emprunté du cabinet de l’abbaie
de S. Germain des Prés , nous a donné ce modèle ; Séel G.
de Tre^es. Au milieu de ce cachet du xiv. au xv'. fiècle,
on voit une Vierge de bout , de front, CQuronnée , tenant
l’ei^nt Jésus , acompagnée de deux rainceaux , chargés de
fleurs, en forme de lêps de vigne.
Les lettres de la quatrième efpèce Yont allemandes : elles
tendent à devenir carées ou triangulaires , & plufieurs de leurs
rondeurs fe changent en pointes. Nous en avons trouvé un
exemple dans l’infcription fuivante : Sigillum Comeniatons
domùs ordinis Teutonici in Prujfiâ & Livoniâ. Le fceau ,
qui porte cette légende a été publié par (a) Heineccius , qui
n’a point déchifré le dernier mot. Le grand maitre de l’or-
d9 Teutonnique s’en fervoit vers la fin du xiv®. fiècle,
au commencement du fiiivant. 11 repréfente la fainte Vierge
avec l’enfant Jésus fuyant en Egypte , & S. Jofeph à pié ,
tenant la bride de l’âne , qui leur fert de monture.
La cinquième efpèce eft portugaife , conjointe , liée , &
malhve. Voici fon modèle : Odemtro d^, cudode
Defcurlibcyro. do. Arcebifpo. Dont Johane. Epasqoc. x.dias
de Oclubo , da erâ Afcc. ... Cette épitaphe de l’an ii6i.
de J. C, eft gravée fur une pierre , ^u’on voit dans l’églife
de S. Martin de Soalhaens , au diocefe de Porto en Lufita-
nie. Don NalTarre l’a (b) donnée en entier; mais fans la lire,
Sc fans en faire conoitre le contenu. Les trois mots , qui fui-
vent O do ou Odemiro ,ont paru ('i J inintelligibles à d'habiles
Portugais , que nous avons confultés , pour en avoir l’expli-
cation. ^ •
( I ) £a atcndant de nouvelles lumièrci ,
Doai lêta-t-il pennis de liarardcr l'cxpli-
cation de ce fragment d'fpiiaphc ! En de-
vinant nous y trouvons ce fers : Ci git
Odemir , endormi dans le repos k les tii-
nèbtes ( le tombeau ) , où l’a mis l'ar-
ebevêrjue Don Jean Épafeoe le dixiè-
me joue d'Oâobte de l'cic u c c. La
ftrftnditHUre dlverpt nUis ùpfaiimm tfl
nttu, txirtmiuitt^Mmr Evemielifiienim
tbimni nemtut , iis tet fui Luem , yau
iafi ujfignutui , Ubyrrnthi ferfleui elium
ceafficiMitir item. Les notes , dont parle
W otmius font des croix. Les noms M«-
tht , Mure font au haut du càié gauche :
k/uui k Seiuth au côté droit.
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DE DIPLOMATIQUE. 6ij
La fixicme efpcce eft encore portugaife , &: fes lettres font
maflives & fi confufes , que notre favant (a) Polygraplie ef-
pagnol , ni Don Criftoval n'ont pu décliifrer l’infcription
(cpulcrale, qui nous fert ici de modèle. Le premier avertit »
qu’il ne la publie , que pour exciter les favans à l’expliquer.
Nous la lifons ainfi tant bien que mal : Odo Ovaa^ ecce obit^
Camo Tapperque dccejjît Kal. decembris , quum eerâ M ccc.
Cette épitaphe de l’an de J. C. 1161. eft gravée fur une (i)
tombe, que Don Nafl'arre a cru trîs-ancienne.
La fepticme efpcce eft provençale , anguleufe , brifée ,
disjointe , à -angles faillans & tentrans , &c mêlée de quelques
lettres minufcules. Le modèle , que nous donnons de ce go-
thique fingulier , nous a été communiqué par M. l’abbé
Lebeuf.C’eft une infcription repérée quatre fois, dans le cercle
intérieur d’un vieux grand ballin.de léton , apanenant à la
Confrérie de faint Pierre de Riez en Provence. Nous la li-
fons ainfi : Fa ne cavan a page. Des pcrfones habiles &: du
pais n’ont pu nous dire ce que ces mots fignifient. Probable-
ment les quêteurs de la Confrérie les prononçoient , en pré-
fentant le balTin , pour recevoir les (a) aumônes des alliftans;
III. Le gothique capital fe trouve fouveiu mêlé de mi-
nufcule , dans les infcriptions lapidaires &c métalliques. Ce
mélange forme le huitième &c dernier genre de notre pre-
mière (ubdivifion. Sous ce genre font renfermées cinq efpcces »
donc il s’agit d’aifigner les diférences.
La première eft compofée de lettres majufcules &c minuf-
cules a grifes &c prcfque é-galemenc nomb^îiifes. Elle a dans
notre planche pour snodcle cette infcription : Sigillum Jo-
li- PARTIE.
s E c T. III.
Chao. XI.
Article. III.
VI'. ESPECE..
(*) IlU.fit. t,r-
fixix. a. it.
W . ESPECE.
Ecrirare gothr-
quc, mclie de let-
tres majarcules 5:
minufcules.
VIII'.GENRE.
1'. ESPECS.
paiticulc Jt , dans le diflionaire Porcu
gais , lignifie 4 ou mh. Le mot Dt ii^cKr-
hhtjTt pouioit^ctc aullilenom dccjucl
i)uc Office de U mailbn de rarchcvcque.
LC en ce cas m3t(|ucroit le génitif.
(i)ElleeflpIa.^c dans la grande cha-
pelle du monallcic loyal de faint Maiiin
(TAcova. Elle rcprfrcntc une femme ,
dont rhabit fcmble être celui d'une re-
ligicufe , ponant une grande croix fur
£1 poiniiK , 8c un chapelet de cint] di-
aaincs atachd à fon cou. Au-dclfinis d'un
petit manteau , tjui defccnd à mi-coips ,
no voit un rang de globules . ouiouiie
qui tombe jirfqo'au bas de la robe.
(1) Ces aumônes po%iroiencècia dcfli-
nées i faire dire des Méfiés & des prières,
pour le repos des âmes des TrdpalKs , ou
a (aire inhumer les pauTics. Le mot C4-
«44 vient fans doute de C4V4r , qui fi-
gnific chez les Efpagnols 8c les Italiens ,
creufer , folToycr. ht nt CMvan 4 ftet^
vondrapeutftredire : Faites que les morts
ne foient pas enterrés . privés de la paiZw
CcII tout ce que nous pouvons dire d'une
infcription , dune le langage nous cA ia-
connu.
II. PARTIE.
Sic r. III.
Ch A P. XI.
Article. III.
II'. ESPECE.
^ (.l) Lob. hij}. do
Prêt. t. 1. fttÆU
m\ ESPECE,
(h) Ibid, fciiut.
Kl.
(() Ibid, fit/ui.
III.
ir. ESPECE.
fdi Tmb. llJl.t.
y-. ESPECE.
\e,Tab. y. n. 5.
( f) Mf. dtla W*
bliêtki^ du roi
Ecriture en put
petit tomaip.
1I‘. SUBDIVI-
SION.
I. GENRE.
J*. ESPECE.
g«8 NOUVEAU TRAITÉ
hannis Victcomitis dt Rohan. Le fceau , d’où nous l’avons tt-;
rée, eft de (a) l’an ij8o.
La fécondé efpcce eft la meme ; fi ce n’eft que (es lettres
font fans grifes. Voici fon modèle : Sigillum Pétri Caboumes.
Le fceau de Pierre de Caboumais eft daté de l’an 1395. dans
l’Hiftoire {b) de Brétagne.
Dans la troificme efpèce , la minufcule , tant demi-romaine
anguleufe que demi-gothique , eft dominance. L’exemple ,
que nous en donnons , eft cette légende : Séel Jean de la .
Bouexiere. Ce fceau (c) eft de l’année i^oi.
La quatrième efpèce ne difére de la précédente , qu’en ce
qu’file eft mêlée de pur petit romain de de gothique à pointes.
Notre planche en ofre un modèle , ciré d’uii fceau alleman ,
qui porte cette infeription : Sigillum Erkardi Prepofiti eccle~
fie in Undersdorff. Ce fceau en ogive de l’an 142.4. a été
donaé par D. Hueber , dans Ibn Autriche [d) illuftrée.
Le caratftère minufcule à txjintes & angles , domine dans la.
cinquième efpèce. Son modèle , gravé fur notre planche , eft
cette infeription d’im fceau impérial du xiv*. ficelé -.Karo-
lus quartus divina favente clemenciâ Romanorum imperator
femper Augujlus & Boemie Rex. Ce fceau de Charle IV. a
été publié par (e) Heineccius. Tous les anciens monumens
où les empereurs &c les rois s’apellent premier, fécond, troi-
liéme , quatrième &:c. font mis au nombre des jm^ftores
par (J) le P. Hardouin. Si cette imâginatign faifoit fortune;
quel abatis dans toutes les archives d’Europe !
§. III.
Gothique minufcule , & autres écritures contemporaines ,
lapidaires & métalliques : IP. Subdivifion. Explication
de la fkeonde partie de la planche XXXfiI.
I. Le caraélère minufcule gothique n’a pas tellement do-
miné dans les inferiptions , qu’il en ait totalement exclu- le
petit romain. Notre fécondé fiibdivi/ion eft employée à fiiire
conoitre ces deux écritures contemporaines , clont nous dif-
cinguons cinq genres. Le premier renferme le pur petit romain,
qui fut en ufage entre la fin du xn i'. fiècle le milieu du
XV®. Paflbns à fes efpèces.
La première n’a rien que d’ordinaire. Elle eft repréfentée
dans
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DE diplomatique: <8,
dans notre planche, par trois infcriptions. Peter Chajlner- S*
C’eft la légende d’un fceau (a) de l’an 1 3 1 z. confervé dans les
archives de Vienne en Autriche, x**. Sigillum Bernharii chat. xi.
Mander. Dom Hueber lit Manier. Le {b) fceau, qui porte Articli. m.
ce nom eft de la même année &: des memes archives. 3°. Si- ^ ^
gillum officii Cameranatûs collegii Revereniijjimorum Do-
minorum fancle Romane ecdejie Cardinalium, Le même au- *• «•
teur a lu Cameratus. Le (c) fceau, au tour duquel on lit cette (f) n,
infeription , eft de l’an 1419. Il eft en give , & l’on voit au
haut l’image de J. C. à mi-corps, beniftant de la main droite,
& tenant un globe furmonté d’une efpèce de trident dans fa
gauche. Au-dcftbus font aflîs fur un trône S. Pierre , portant
^ une double clé , &: S. Paul tenant un glaive élévé. Sous leurs
piés , paroit un éeuffon chargé .de deux clés en (autoir.
fécondé efpèce de petit romain eft fort maigre. Notre n*. ESTEce,
planche n’en fournit que deux exemples. i“. ALbenus Dei
gratiâ iux Aujirie , Stirie , Karinthie & Carniole , dominas
Marchief Sdavonie ae Portufnaonis , Cornes in Mabspurg^
Tyrol , &c. Le grand {d) fceau rond d’Albert V. Archiduc (J) itis. ut. iir,
d’Autriche , qui donne cette infeription, lèrvoit en 14x0.
à fceller les diplômes de ce Prince, qui dans la feule année
1438. réunit fur fa tête les couronnes de Hongrie , de Bohe- «
me &c d’Allemagne, x”. Séei Jehanne Conteje de Foix. Le
fceau (e) de Jeanne d’Albret,comteflede Foix,eft de l’an 143 x. (») iVfl.
II. Le caraûère minufcule ou petit romain , fans alliage '• J' F- 5*
de gothique , fe montre dans les mferiptions ; mais fouvent "ʫiture co petit
il y eft mêlé de lettres majufcules & curfives. Ce mélange romain , mêlée de
conftitue le lêcond genre de la préfente fubdivihon. Nous ^
l’avons partagé en quatre efpcces , dont les modèles font ii. c Ê N R E.
allemans , François &c lorains.
La première eft mêlée de quelques majufcules feulement. j«. ejpech.
Le fceau (J) rond de Leonard évêque de PalTau en J438. (f) AnjirU uinfir.
nous préfente un exemple de ce mélange. Voici l’infcription, »• ‘ï*
tranfportéc fur notre planche : Sigillum Leonarii epifeopi
ecdefùe Patavienjts. La dipthongue conjointe ce , négligée
pendant long, tems , fe montre dans cene légende,
t La fécondé efpèce eft mêlée de curfives. Nous en donnons jj, ^ sr ECt
un modèle , tiré de l’hiftoire de (g) Languedoc. C’eft l’inf- f.fi.s.
cripcion fuiyante 1 Séel Hugues feigneur Daipaiou. Ce ». jp,
Tom^e //,' S fff
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II PARTIE.
SXCT.' III.
Chap. XI.
‘Axticix. 111.
ur. ESPECE.
{•) Culrntt hifi.
dt Ltrr. t. i.
ftIM XI,
r.
jy. ESPECE.
f.
(c) Aufir, iUif/h.
tmi. ij. a. 15.
Ecriture minur-
cule, mjliBg^de
giiihiquc.
UI*. GENRE.
I*. ESPECE.
(tflT. If.M.XJO.
• {/] T»t. >1. a.
I7^.^ i>j.
JJ ESPECE.
00 NOUVEAU TRAITÉ’
iléAiîer mot Vft ^c*it ainfi far le fccaude Hugue, fire d’Ar-',
pajon , vicomte de Laucrec , en 1419. Mais le premier i eft
une r defticuée de fon petit trait , & Vu final fe prend ici
pour une n. Nous avons remarqué ailleurs , que ces deux
lettres minufcules fe confondent tellement pendant deux fic-
elés , qu’il n’y a que la force du lens , qui puifiTe les faire
dillinguer.
La troificme efpcce admet un mélange de lettres majuf-
cules & curfives. Notre planche lui fournit deux modèles.
1°. Si^illum Karoli Ducis Lotharingûe ù Marchionis.CcVt
l’infcription (a) du Iceau de Châtie II. duc de Lorraine, de-
puis l’an 1 390. )ufqu’en 1431. On y voit l’at , qui eft d’au-
tant plus remarquable , que des favans , fort célèbres à Paris »
ont tenu pour fulpeâs des aâes tranferits dans ces bas fiècles ;
uniquement parcequ’ils y avoient rencontré cette diphtongue.
X®, SigUlum Johannis Deigratiâ comuu Fuxi. Le (l>) fceau,
qui porte cette légende , eft de Jean de Grailli , corme de
Foix , & gouverneur de Languedoc en 14x5.
La quatrième efpèce eft mêlée de curfives romaines , de
maiufcules & de minufcules. Notre planche n’en préfente
point d’autre modèles (|ue ces mots : F ridrich Herr [u Ho-
nenberg. Cene infcription allemande eft gravée fur un fceau
(c) rond de l’an 1433. Le mot herr y qui fignifie feigneury n’y
paroit pas ; nous l’avons ajouté par forme d’e^Ücation , d’a^
près Dora Hueber.
III. On remarque fur les fceaux des écritures minufcules,
qui tiennent partie du caraâère romain , partie du gothique.
Nous en avons formé le troifième geme de notre fécondé
fubdivifion , compofé de trois efpèces.
La première eft plus romaine que gothique ; comme il par>
roit par les deux modèles, gravà fur notre planche. i“. Si-
gülum Marchardi de Tirenfiain. Le fceau , qui ofie cette
légende, eft de l’année 1 349. Raymond Duelhus ,qui Ta pu-
blié , dans fes Extraits (d) généalogiques & hiftoriques , a la
S. Marquarc&de Timjlain ; aparamment pour fùivre l’ortho-
graphe moderne d’Allemagne. x*,Si^um Pcaüi Haufeha*
mer. Le même (e) auteur au^l’vE 1 390. au fceau qui porte
cette infcnpdon.
La fécondé efpcce eft on mélange de pur petit romain
Digilized h«' Goojçli
DE diplomatique;
69t
Italique, avec le gothique à pointes. Pour en donner un exem-
pie , nous avons fait graver fur notre planche cette inlcrip-
tion : Séel Jehan de toix Viconte de Narbonne. Ce {a) fceau c h x i.
fcrvoit à donner l’authenticité aux aâesen.14^7. Aancti. ui.
La troificme efpcce eft mêlée de petit romain de go-
thique. Notre planche ofredeux exemples dp œ mélange. ^
i®. Rauol de Flandres. Rauol eft écrit pour Raoul. Le ca-
cher rond , qui donne cetre légende , repréfente un écureuil
(lirune bare, &c n’eft que du xv®.ficcle tout au plus. Ilapartienc
au cabinet de la bibliothèque de S. Germain des Prés.
gUlum JorigHaJib. 1477. Cette époque eft marqt^ée par des
chifres communs, qui ne reftemblent prefque point à ceux, que
nous apellons arabes. Dom Hueber , qui a publié (b) ce fceau , (jj Xa/Jr. uu^tr.
oe dit point fur <^uoi fondé, il leur donne la valeur de 1484. }t. s. i.
IV. Le caraûcrc demi-gothique étoit fort en ufagé, fur-. Ecriture minof-
tout au XI v', liccle. Il caraâérilè le quatrième genre de l’é- cuic à demi -go-
criture minufcule de la fécondé fubdiviflon. Trois *^pcces
font fubordonnées à ce genre, dans notre planche.
La première eft angloilê , françoife , & plus ou moins an- /. espece.
guleule. Voici lès modèles. 1°. Secretum Édwardi primo ge~
niti regis Anglie & Francie , Pnncipis Wallie , DucLs Cor-
nuvalïie , & Comitis Cejlrienjis. Cette infcription ( c) eft gra- umJUx ftrm,
vée au tour du fceau fecret ou contrefcel d’Edouard , créé nifu.iai.t.
Prince de Galles l’an i j4j. Ce-eontrcftel a pu être en ufage
depuis ce tems-là jufqu’en 1 3 ^ j . Edouard ayant alors ajouté
à ^s titres celui de Duc de Giiienne , qui ne paroit point
dans l’infcription. t®. Siel Alein de Quebriac. Ce Seigneur
bréton (d) vivoiten 1 370. 3°. Séel d’ Alain ySire du (e) Per~ (j) *
rier & du Plefeir baliclon & de Queftamhert. Alain du Per- ®"'- '• »•
lier étoit marécnal de Brétagne l’an 1387. itu. fitM»
La fécondé efpèce du caraélère minufcule demi-gothique ii>t.
eft anguleufe à pointes. Nous en donnons pour exemplecette • especes
infcription ; Sigillum Sifridi Dei gratta abbatis MeUicenJîs.
Sigefroi gouvemoic ea 1 3 8 1 . la célèbre abhaïe de Meik ,7/^;
dans la bafte Aurriche. mS. ■». ». n.
La troiûème efpcce eft à pointes. & un peu forrée. Le iir. espece;
foeau de Louis, Duc de Bavière , nous en fournit un modèle
dans cette légende : Sigillum Ludvici comitis palatini Reni
inurioris & fuperioris , Bavarie Dttâs. L’aâe (g’) fcellé
foeaudecePrinceeftdel’année 13; I. Sfffij
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II. PARTIE.
S C C T. III.
Ch AP. XI.
A AT I c L I. 111.
Ecritare minof-
ctile purement go-
(faiqix.
V. GENRE.
i. ESPECE.
(») Lit. hijt. it
1. 1.
1*7.
(I) StleH.Himifm.
9 àîpltm. Scu.
thtf.tti. il.
n ESPECE.
69i NOUVEAU TRAITÉ.
V. Depuis les dernières années du xiv'. ficcle jufiju^aa
XVI. le pur gothique minufcule eut grande vogue dans les^
inferiptions lapidaires & métalliques. On s’eo lervit furtout
en France , en ficofle, en Angleterre , en Allemagne & dans-
les Etats voifins. Ce caraélere forme le cinquième genre de
k fécondé fuhdivifiôn des écritures gothiques. Ce dernier
genre comprend dix efpèces , qui enchérirent les unes fur
les autres en laideur &c en bifareries.
La première eft françoife & écofloife, & fe diftingue par
fes angles. En voici trois modèles , qui figurent dans notre
planche. i°. S ici du Bailliage de Rueil en Brie. Le fceau
rond , qui porte cette épigraphe , eft du xiv. auxv*- fiècle»
On le conferve dans le cabinet de la bibliothèque de S. Ger-
main des Prés. U reprélènte deux perfonages , qui femblent
être les Apôtres S. Pierre 8c S. Paul , aux deux côtés d’une
croix maçonée 8c (bus une voûte d’Eglilè. Des rainceaux pa-
roilTent de chaque côté. a*. Séel Jehan Duc de Britaigne ^
comte de RichemontÇf de Montfort. Le (a) grand fceau , qui
donne cette légende , eft de Jean V. t^ui régna fur les Bré-
tons depuis le commencement du xv'. fiecle , jufqu’en 1 442.
3«. Sigillum Robeni Ducis Albanie , Guhernatoris Scotie.
C’eft l’infeription du fceau du Duc d’Albanie , qui gouverna
le royaume d’EcolTe pendant l’interrègne , caufé par la mort
de Robert 111. 8C la prHb» Jaque L Co-iccao- (4) eft tiré
d’une charte de l’an 14IJ.
La fécondé efpèce françoife eft anguleulè 8c ferrée. Les
deux exemples , que nous en donnons dans notre planche ,
(ont I*. Sigillum. : Telorum candor jplenduit , novum fidus
emieuit. Le fceau en pleine ogive , (ur lequel cette inferip-
tion eft gravée , n’eft que du xv*. fiècfe , 8c apartient à la
bibliothccjue de S. Germain des Prés. Ce type repréfente
S. François dans une églife , 8c recevant les ftigmares d’un
Séraphin. 11 y a au-delTous un écuftbn, repté(èntant trois tours
fur une porte. 2°. Sigillum Katherine de Comiers abbatijfè
Bellimonris. Le fceau de plomb en relièf, qui donne cette
légende , eft un moule ou type confêrvé , avec les antiques du
cabinet de la meme bibliothèque. L’abefte de Beaumonc-les-
Tours , à lac^uelle il apartenoit , mourut en 1490. félon les
Frères de famte Marche. U repréfente une Vierge , tenant
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DE DIPLOMATIQUE. 69i
feulement l’enfant Jésus fur fon bras gauche. Elle paroit
debout à l’entrée du portail d’une églife gothique.
La troifième efpcce eft allemande , anguleufe & un peu
ferrée. Raymond Duellius a publié trois fceaux , dont les
légendes nous ont fervi de modèles. i°. Sigillum Gregorii
archiepifcopi Sal^burgenjis. Le fceau portant cette infcrip-
rion , eft (a) de l'an 1 399. i“. Sigillum iohannis Pincernt
de Ried. En 1400. on (b) faifoit ufage du fceau , qui donne
cene légende. 3®. Sigillum Georgii Dei gracia epifeopi ec-
cltjîe Patavienjis. Dans cette infeription (c) du grand fceau
donc l’évêque de Paftâufe fervoic en 1413. l’n &: l’u font
entièrement femblables«
La quatrième efpèce eft françoife y ferrée , maigre & an-
gtleufe. On n’en trouve dans notre planche qu’un modèle
n court. C’eft le mot Mellun y gravé fur un fceau , ou
cachet rond , du xv®. ûccle , du cabinet de S. Germain
des Prés. L’infeription eft en forme d’écriteau fur une croix
haute, fleurdelifée Sc furmontée d’une crolTe.^
• La cinquième efpèce eft angloife , anguleufe & en grifes.
Le modèle que nous en. donnons eft fort coun. 11 conüfte en
ces deux mots ; Johan : gratiâ , qui font [et) partie de l’inf-
cripcion , qu’on lifoit fur le fceau de Jean évêque de Durham.
Ce prélat vivoit fous le règne de Richard II. roi d’Angle-
terre ; c’eft-à-dire vers la fin du xi v'- fiècle-
• La fixiètne efpèce eft allemande Se diverfemenc ondée.
Les crois modèles ,.qui lui apartiennent dans notre planche ,
font empruntés de Duellius. 1°. Sigillum Hertne^i von-
Hert^ogpirbau. Le fceau rond , char^ de cette infeription ,
apartient (e) à l’an 1387. Duellius a \\x Henntidi de Her^og-
pirpaum. a®. Sigillum Johanis IVaafx, Duellius lit (/) Wajer,
&c donne l’ann& 1400. pout époque au fceau , qui porte
cette légende. Sigillunfohctninu y olsnkayfer ou F olhuyjer.
Notre doâe alleinan (g) 3. hi Jannis Holtehayfer ^ a<uté
de l’an 14^4. le fceau , fur lequel eft gravée cette infeription ,
très-dificile à déchifrer.
• La feptième efpèce de pur gothique eft encore allemande.
Outre cette qualité , elle eft un peu ferrée & montre des
pointes. Dom Hueber nous a fourni les deux inferiptions ,
qui nous ont fervi de modèles. 1^. Rodulftu quartui Dû
II. PARTIE.
Seci. III.
Ch AP. XI.
Aaticli. III..
I/i', ESPEECE.
(«) DHtUi Exetr-
pl» tiitixlcf.
p. 197-n. ioi.
(i) IbU. ». J I J.
(f) Ihid.f. 100;
tMb. 16.». )44.
ESPECE.
y. ESPECE.
(d) Msdtx F*r.
DuU. xxglie.ixi.i.
yi. ESPECE,
(l) DiuEËxurp»,
p. I$4./»S. AO.
». A <4..
{f)lUd.p. tf».
tMb. A4. ». ) 14.
(s) Ibid.p. A07.
». 4A».
ni. ES^CE.
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n. PARTIE.
Sect. III.
C H A ?. XI.
Aktic l E. III.
(m) Anfir.
ùi.ll.B, I.
(,1) IM.téit.tf.
B. lE.
nu. ESPECE.
♦
IX. ESPECE.
(t) Pf»!m. 71.
«. II.
(i; AfKBij/ff.if,
«. it.
E94 nouveau traité
gracld archedux Aujlrie , Stirie & KarintkU , dotmnm Cani
nioU t Marchie ac Portusnaonis , cornes in Habspurg ,
Ternis & Kihurgj Marchio Borga ac Lantgravius { Alfatie. )
Le (a) fceaii rond , d’où nous avons tiré cette légende , ell
d’une grandeur plus qu’ordinaire. Il s’eft fconlcrvé depuis l’an
1} 6a. dans les archives de l’abbaïe de Mtlck en Autriche.
t°. Princeps gloriojijjime Michael archangele , memor nofirta
(legationis. ) Le dernier mot eft Ibus-entendu. Cette inlcrip-
tion eft (é) gravée fur un grand fceau en ogive , repréfentanc
S. Michel debout , en aube , & l’étole croilite fur la poitrine..
On voit à fes piés un Cardinal en prières. Ce fceau étoit à<
l’ufage de Julien cardinal du titre de S. Ange , Sc Légac
apoftolique en Allemagne l’an 14}).
La huitième efpèce eft partie anguleufe & partie trian*
gulaire. Nous en avons nouvë un modèle , fur un fceau rond
en forme de grand cachet , apartenant à la bibliothèque de
S. Germain des Prés. Ce tipe du xv'. fiècle a pour légende r
Séel delà Vicomté faim Philleben fusRille, dansl’EleéHoa
de Ponteaudemer. Le champ eft fémé d’étoiles. On voit une
mitre à gauche , une main tenant une crofte à droite ,
au-deftus une coquille.
La neuvième efpèce Ce diftingue de toutes les autres pac
des pointes triangulaires , qui lui fervent de bafes. Dans
beaucoup d’églifes de la campagne . on lè lcrt encore de li-
vres écrits en ce vilain caraâère. Nous en donnons quatre
modèles , tirés fur autant d’originaux du cabinet de S. Ger-
main des Prés. i“. Adorabunt {c) eum omnes reges , omnes
gentes fervient ei : quoniam (d) ipfe efl Rex regum & Do-
minas dominantium. Ces deux verfets de 1 Ecriture font gra-
vés fur un diptyque d’ivoire , que nous ne croyons pas plus
ancien que le xv'. liècle. a®. SéÀ de Henri Milles ou Vitller.
C’eft l’iqfcriptien d’un cachet rond du même tenu. Dans le
champ on aperçoit une Hcouronnéede fleurs de lys. }°.SéA
Cure de Pavart. Le cachet ou petit fèau portant cette lé*
gende eft du même Cède. Il repréfente un Prêtre en habits
tacerdotaux & tenant le faint Ciboire. 4°. Sigillum Pnora-
tus janSi Manini de Calteciâ. Le fceau en ogive , fur lequel
on lit cette infeription , eft pareillement du xv'. Cède. On
y voit faint Martin monté fur un cheval , &C coupant ioia
manteau y pour en revêtir un pauvre.
Digiîized by
DE DIPLOMATIQUE. €9^
la dhdème efpcce da pur gothique «ft ferrée & Wriffée
de pointes fblides'Sc latérales. Nous en donnons pour exem-
ple cette légende d’un fceau du xv'. Cède : Sigillum Decâtù
& Capituli ColUgii Beau Marie de Lamb'alâ. Ce fceau ori-
ginal du Chapitre de Lambale nous a été communiqué par
le R. P. Bibliothécaire de l’abbaïe de S. Germain des Prés •
ainfi que la plupart des autres monumens , employés dans nol
tre ouvrage. Les armes de Bréugne font fémées dans le champ
de ce fceau. On y voit une Vierge debout , couronnée , tenant
TEnfant Jésus , fous un portail d’églife. A côté paroit un
Chevalierà genoux,& tourné vers l’image de la mère de Dieu
& au-delTus un éculTon aux armes de Brétagne. *
Fin dü second Tome.
APPROBATION
^ Salzijsx , de tAcadimie Franfoiji , &
Un ^ Belles-Lettres , Profejfeur royal en
Mibreu , Garde de la Bibliothèque du Roi , Cenfeur
Royal.
Pai lu par ordre Monfeigneur le Ghancelier le Tome II. du nouvea»
Traité de Diplomatique , & je a’y ai rien trouvé qui put en empêchet
l'imprelEon. J'ai cru que le Public lecevtoit avec fadsfaâion , des re-
cherches aulli étendues , & aulü utiles, que le Ibnc celles de ce Traité.
A Paris le 17. Mars 1755. S ALLIER.
*'
%
II. PARTIE.
St CT. II I.
Ch A P. XI.
A ar I c L I Iir.
X . ESPECE.
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69f
ADDITIONS ET CORRECTIONS.
Tome I.
Ags jjp, ligne t!. avant ces
mots J les lettres , ajoute^ :
On pouroit d'après Loup de Fer-
rières épijl. 122. dilUnguer les let-
tres régulières des éclcIialHques ou
pontificales -, pareeque les premiè-
res éroient données par des abbés
tç les fécondés par des évêques.
Tes unes & les autres tenoient lieu
de démilToire , ou de certificat de
vie 0c de mœurs.
Pttg. SJ7- lignes 14. j au lieu
ie ces mots , la confiitution du ty-
ran Confiantin , lifex ; la confii-
tution d’Honoré 6c m Théodole
J|e jeune J faulTement atribuée par
quelques auteurs au tycaa Conf-
laptin. _
Pag. sSo. lig. 17. Le premier
mot explique la nature &c. lifev :
Le ptemier mot explique-t-il 1^
nature du cirographe , qui devoir
être également partagé encre les
parties Conci^âant«c • ni^
anonce-t-il le fceau capitulaire dif-
ringué de ceux des enanoifies di-
gnitaires ou pacticuliets !
Pag. jij. lig. I. 2. retranche^
tes mots : de la fin du" xuj',
fiècle , ou du commencement du
fuivant, & life:[ du milieu du xiii*.
fiècle.
Pag. 4J7. dans la note lig. 3.
d'Anecy , lifc\ , du Pui en Vêlai.
Ala finie la note ajouter : 11 y a
encore à la bibliothèque dû rpi ^n
nombre d’autres canulaires , très-
intérefiàns , donc nous n’avons
point parlé : tels font ceux de
Champagne , le regilhe de Phi-
lippe Augufie 0cc^
Pag. 460. not. col. J. lig. 27^
une Abbaïe , life:[ j un Prieucé.
Pag. 616. ô fuiv. 11 ne faut re-
garder,dans les explications de no-
creplanche,que comme des chifiws,
toutes les lettres étrangères aux
noms propres , qui fuivenc les mots
(itAii. 6c Kcfâ- Ainfi nous prenons
les deux premières lettres ae notre
infcripcion un pour 48. l*i de la fé-
condé ligne pour 5. Ici M. l'abbé
Bartheimi ajoute un A , qui peut
être fbn bon . mais que nous n’a-
vons point trouvé fur la pièce de
la bibuothèque du roi. Le K de la
4*. ligne fera pour 10. les K/i de
la 5‘. pour 14. les r< de la 6‘. poiîr
5 0. Il hiut ^ue M. B. ait eu com-
munication d’une copie diférente
de la porte ; puifque celle-ci pone
feulement N pour chifre , 6c au
mot fuivant KAMAMONA : au
lieu que la fienne ofre AMOMO-
NA précédé -du -chifteE. Le fi de
7'. ligne lîgnifira 40. le a de la 9».
) O. ou peocècre 3 1 : Ki de la i o^
15. ICI de 1 1*. 51. a delà i^'. 30.
A la même ligne M. B. ccoit qu’il
y a un K poucao. où nous n’avons
aperçu qu’un refte de lettre eh for-
me a accent grave. A la' 1 3 *. ligne
Ka vaudra x 1 ; d la 14°. rC , 5 a ;1
la 15'. «, / itS’.y, 3 :àla ly'.
K^'. 14 : i \ft ao'. K , ao : à la ai”.
i(,/;dIaaa*.K, ao:â la même
ligne.K, a'o:àlaa3'. C , a : i la
^4^ > , 8. à Id a5°.C, a. Le doâe
Académicien lit ici : M E E A E £ I-
K AsT A , où nous n’avons vu que
MEEAESITA. La railbn de
pes diféientes manières de lire la
même
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ADDITIONS ET
même infcription , vient de ce
que la copie , «ju’on nous a com-
muniquée à la bibliothèque du roi»
n’eft pas fi exaâe , que celles, dont
t’eft lervi M. l’abbé Barthelémi.
C'eft un fait que nous tenons de
lui-mcme> Enfin le K« de la 16°.
ligne voudta dite ai. Pat confé-
'quent il faut cbriger toutes nos
notes lelatives à cene infcription
conformément à ceschifres,& s’en
tenir i l’explication de l’un de nos
plus favans antiquaites. Un aurte
monument , également découvert
dans les ruines d’Amyclée , &
certainement antérieur dans l’or-
dre des faits hiftoriques , mais
poftérieur pour des caraâcres , lui
afervi de dénoument. Ce qui nous
a le plus fait regreter de n’avoir
pas vu cette nouvelle inlcription ;
c’ell qu'elle nous auroit fau évi-
ter plufieurs mécomptes j qft nous
nous fommes déterminé a réfor-
mer fur fa première infpeâion.
Le public ne tardera pas à jouir
des favantes Remanjutsac M. l’ab-
bé Barthelémi fur notre infcrip-
tion , contenant une fuite de Pie-
frellês d’Apollon Amycléen. Ces
remarquesdoi vent paroitre dans les
Mémoires , dont l’Académie des
Infcriptions enrichit de plus en plus
la Rqmblique des Lettres- >
Pag. 6} J. ajoutt\ kla jindela
note col. J M. d’Orville a publié
en 17}^. une diilêrtanon , où il
fixe l’age des infcriptions Dclia-
ques. Nous gênons par la préface
de la Défenle de l’alphabet de M.
Gori , qu’il rend ainfi notre inf-
eiiption , O Af TTOT AieOT
EIM’ ANAPIAS KAI 1 O
2 e E A A Z. Ejufdem lapidu fum
fiatua & bafis. Cette explication
Tome II,
CORRECTIONS. €97
revient à la nôtre. Mais il n’étoit
point nécefiaire de changer a F ï-
T-a AiTft en aFttot AiTor.
TOME IL
PA a E S2. col. /. ligne / 3. j*.
mais , li/e^ préfixé jamais.
Pag. di. aorisla i. note ajoute^i
Quoique le fameux Photius ait fa-
briqué une généalogie (a) de l’em-
pereur Bafile le macédonien fut
du papier antique en lettre ale-
xandrines , à peine pouvons-nous
croire , que leur difimâton d’avec
les gtèquet ordinaires remonte au-
deUus du vii°. fiècle. Les tiès-
aoidens m(T. alexandrins de France
& d’Angleterre ne difèrent point
des autres du meme tems par ra-
port au caraâère. Au relie nous
avons averti ailleurs , que le grec
de l'Egypte 6c de l’ille de Chipre
prit dans la fuite une forme apro-
chant du Coptique. C'ell apara-
ment certe écriture , que Plrâtius
üe propolâ pour modèle.
Pag. ys.nou i.àlafin de la li~
gne /. ajoute\ : que nous avons co-
Eées , d'après lé papiers de Oom
Pelletier.
Pag. 74. col. I. après la lig. ip.
ajoiue:^ .* M- Freion (b) prétend
hiftifier comme fort authentique
l'alphabet publié par (c) le P. Gré-
goire de Roftrenen capucin , & de-
ris (d) par D. Taillandier. Dans
préface du Diâionaire (e) Bas-
Bteton , celui -ci a bien voulu s’an-
torifer de notm fufrage , pour ré-
léguer fi»s deux alphabets armori-
cams au rang des ouvrages de ti-
magination. C^la figoifiër-il qu'ur»
homme fenfi tel que Fétoit D. le
Pelletier auroit dmml la torture tc
fin ùnagination j pour fabrûpter
Ttcc
(«] Ctneil.LeUe.
1. 1. Ctl. 11(1.
(l) Leur. xi. dit
x8. Nw. I75j.
p.
(r) DiLitéfisirê
VrMnt.
30.
(^) DifiiênMtrt J9
Is lén^ut Irtunt,
f, xli. tnuL vij,
(<*) Ihid' f. $Xir
mtèl. üj.
69S ADDITIONS ET
deux alphabets '? Loin d avoir
adopté un jugement -fi faux > D-
Taillandier ni nous n’avons jamais
fotmc le plus léger foupçon fur la
bonne foi de D. le Pelletier. Cet
aiireut n’énonce point dou il a
tiré fos alphabets : & quand il les
les auroit pris lui-mcnie fur des
monumens, relleroit eijcote à dif-
cuter , quelle eft leur authenticité
& leur antiquité. Car il ne fufit
pas d’indiquer un calice , une
croix , des pierres d’un vieux châ-
teau , comme font le P. de Rof-
trenen fe M. Freron , pour conf-
tater un ou deux alphabets pro-
pres des Brétons. Un vrai alpha-
bet celtique doit être apuyé fur
des monumens de la même lan-
gue anciens au moins d’environ
un millier d'années. S’ils font en
latin &c pat exemple poftéricurs à
Charlemagne , cjui nous garan-
tira , qu’ils font r«llement en ca-
roélctes particuliers aux Brétonsî
S’il fulit de rencontrer dans une
province quelques monumens en
lenres extraordinaires , fam ou
«une date , qiû en fixe Page ; nous
érigerons en autant d alphabets
nationaux de la plus haute ariti-
quité de miférables caraûèr« d’un
gothique finguUer ; n’eût-il que
trois a quatre cents ans. Sont-ce
donc là des alphabets en u%e
chez les Bt^ons du tems de Cé-
far , ou lorfqu’ils s’établirent dans
les Gaules J Mais ignore-^t-on , &
Célâr ne l’a-t-il pas dit dans les
termes Jes plus précis 3 que les
Druides n’ecrivoient rien , .li ce
n’eft en.caraûères grecs î Les mo-
numens d’ailleurs en Bréton , que
D. le PeUerier , malgré toutes fei
iccbetches > a pu découvrit , né
CORRECTIONS.
font-ils pas de fon propre aveu des
plus bas fiécles î Oomnien de mo-'
nnmensen France , en Efpagne,
en Portugal ficc. dont les carac-
tères aparticnnent à la cryptogra-
phie , ou ne peuvent paflêr que
pour des jeux d’imagination 1 hn
faudra-t-îl former des alphabets na-,
tionaux ? Qu’on nousptouve donc,
que les trois inferiptions cirées
ne font pas des ouvrages de gra-
veurs ignorant, ou, qui ont vou-'
lu donner des énigmes à deviner.
Qu’on nous pouve encore , qu’il
n’eft pas poftible de les raporter à
quelque mauvais gothique. Les
antiquaires ne nous demanderont
pas fans doute à. leur tour des
preuves des faits , que nous avan-
çons. Si quelqu’un le faifoir , nous ’
n’aurions qu’à le renvoyer à la Po- 0
Ivgraphie efpagnole & aux deux
demièllls planches de ce volume.
S’il exigeoit de plus une aplica-
tion plus détaillée de nos remar-
ques aux lettres des deux alpha-
Mts prétendus Btétons ; nous di-
rions, qu’on peut aifément y re-'
conoitre l’A , l’F , le G , l’H , PI
& l’Y gothiques. On y voit plu- •
fleurs lettres grèques tant foir peu
défigurées , comme le A , le K ,
le P , le S > le il & beaucoup
de latines tarées ou contour-
nées , comme les B . C E L
M N O R U &c. 11 y a plus t
nous pourions même auiirer, qu’il *
n’eft prefque aucune lente de ces
deux alphabets , dont on ne pût
découvrir la femblable , ou du
moins la trcs-aptochanre dans l’un
ou l’autre de nos alphabets , foir
des marbres & des bronzes , foit
des majufcules puifées -dans les
mif. iadns.
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ADDITIONS ET
Pag. Si. noc. col. 2. avant la
derr.nre figure , èface\ un \era.
Pag. çi. note 4. ajouteiç^ : On
peut concilier les deux opinions ,
en difant que les Loix des douze
tables furent gravées fur l'ivoire ,
avant le fac de Rome par les Gau-
lois , & qu'enfuite elles le furent
fut l’airain.
Pag. gi. lig. If. après confuU ,
ajoute^ : Le Pape Léon HL alar-
mé des fuites , que pouvoir avoir
l'addition Filioq.ue^ faite dans les
Eglifes de France & d’Efpagne au
fymbole vulgairement dit de Ni-
cée , le fit graver en grec & en
latin fur deux tables d’atgent , ex-
pofées à la vue du public , dans la
oafilique de S. Pierre. Léon IV.
fit aum graver eu 8 5 j . fur les por-
tes d’argent de l’égbfedu Vatican ,
les aâes de dépofition ic d'ex-
communication , drelTés dans le
concile de Rome contre Anallafe
cardinal du titre de S. Marcel.
Concil. Lab. t. S. p. /2ç. & feqq.
Pag. 106. lig. g. après grifes ,
<ûoute\ : Je ne fai fi nous devons
faite une mention particulière des
Heures , que D. Martène trouva
dans la bibliothèque de Fonte-
vrauld écrites fur du talc en let-
tres d'argent , & qu’on croit avoir
été i l’ufage d'un Duc de Btéta-
gne. P" oyage littér. part. 2. pag. i,
Pag, i/T. col. 2. lig. jg. après
fiècle , cqouter : quoiqu’il s’en
xtQuve déjà dès le précédent. Zigtie
r-
CORRECTIONS. €99
17. ajoute^ : Ce qui n’empêche
pas que l’a ne fiât admis dans les
diplômes d’Efpagne dès le x'.
Pag. 162. note /. ligne r. life^t
On trouve quelquefois cette eipèce
d’i dans la curfive Wiligothique i
mais il ne paroit jamais dans la
faxone. Pag. igg. l. g. le tfo. U-
fer le 6. Pag. igo. lig. 14. s’élève, •
lijcç^, fe pone. igi. lig. 12.
l’y J i«y- P“g- ^ss-ug. 14.
au lieu de , à eft peu près , lifrg ^
eft i peu près. Pag. sjg. 11 jr a
plufieurs «rations dérangées vis-â-
vis de la note i .
Pag. 6oi. lig. I. au lieu de ees
mots : publiée par M. Papenbroc ,
lifnf^ : publiée en 1746. par M.
François Oudendorp. Ce lavant a
lu l’infcription autrement que
nous en trois endroits.
Pag. 6 S4- lig. II. & 12. ajou-
ter : Cette manière de lire notre
inicription pottugaife , dont les
cataûères font de beaucoup pof-
térieurs au xi% fiècle , eft fiijète
1 de grandes dificultés. Tout bien
confidéré , nous aimerions mieux
lire ainfi : St. Anvio o foin. O fe
jama fofeji ( ou jamas ofiji ) capo
con feivily fanea. C’eft-à-dire :
Saint Anvio la fait. O fi jamais
quelqu’un lui fait injure ; qu’on
lui calTe la tête , avec les clavi-
cules : ou , J’ai faitfaint Antoine.
J’engage ma tête &’ mon cou , que
jamais il ne manquera.
COS'L(>7^dZ.
Diqi^ Google
i9T.
f igitizedijy CoogI
* -
Digitized by Google